Concile de Florence (1431-1449)

Florence, XVIIe concile œcuménique, tente l'union avec les Grecs, définit le Filioque, le purgatoire et la primauté romaine, tout en affrontant la crise conciliariste de Bâle.

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Le concile de Florence est le XVIIᵉ concile œcuménique reconnu par l'Église catholique. Son intitulé complet, 1431-1449, oblige à distinguer plusieurs réalités : le concile s'ouvre à Bâle dans la suite de Constance, est transféré à Ferrare en 1438, puis à Florence en 1439, avant de se poursuivre à Rome-Latran pour les unions avec d'autres Églises orientales.[1][2]

Les recueils doctrinaux retiennent des bornes plus resserrées pour les sessions œcuméniques : 1438-1445 chez Tanner, qui exclut les sessions bâloises postérieures à la 25ᵉ jusqu'à la dernière, le 25 avril 1449 ; la section florentine du Denzinger court quant à elle du 26 février 1439 à août 1445.[3][4] Les dates 1431 et 1449 encadrent donc le dossier historique large, de l'ouverture bâloise à la fin de la crise conciliariste.

Son moment décisif est le 6 juillet 1439, dans la cathédrale Santa Maria del Fiore : la bulle Laetentur caeli proclame l'union entre Rome et les Grecs sur les quatre dossiers qui avaient cristallisé la séparation : le Filioque, le purgatoire, l'usage du pain azyme ou fermenté, et la primauté du pontife romain.[5][6]

Jean VIII Paléologue vient en Italie pour chercher une union religieuse qui puisse aussi ouvrir une aide occidentale contre la menace ottomane. Médaille de Pisanello, 1438, Metropolitan Museum of Art via Wikimedia Commons, domaine public.

Florence est donc un concile à double visage. Du côté catholique, il produit l'une des définitions les plus précises du Moyen Âge tardif sur la procession du Saint-Esprit et la primauté romaine. Du côté historique, l'union échoue presque aussitôt dans la réception orientale : l'Orient orthodoxe retiendra surtout la pression politique, le refus de Marc d'Éphèse et l'impossibilité de faire vivre une union signée sans réception ecclésiale réelle.[7][8]

Pourquoi ce concile était-il nécessaire ?

La crise conciliariste héritée de Constance

Le concile naît dans l'ombre de Constance. Le décret Frequens avait prévu la convocation régulière de conciles généraux ; Martin V convoque donc une assemblée à Bâle, mais meurt le 20 février 1431 avant que l'organisation soit stabilisée.[9] Son successeur, Eugène IV, confirme d'abord les actes de son prédécesseur, puis se heurte rapidement à une assemblée dominée par l'idée conciliariste : le concile prétend agir comme pouvoir permanent supérieur au pape.[10]

La question n'est pas seulement administrative. Si un concile général peut se maintenir, transférer ses sessions, juger le pape et imposer une constitution oligarchique à l'Église, la primauté romaine reçue dans la tradition catholique est directement atteinte. Florence devient ainsi le concile où deux problèmes se croisent : l'unité avec l'Orient et l'unité de gouvernement dans l'Occident latin.

L'urgence byzantine

L'autre urgence vient de Constantinople. Au XVe siècle, l'Empire byzantin n'est plus qu'une puissance très affaiblie, encerclée par l'expansion ottomane. L'empereur Jean VIII Paléologue sait que l'aide militaire occidentale dépend largement d'une réconciliation avec Rome.[11]

La démarche n'est pourtant pas seulement diplomatique. Les débats de Ferrare-Florence sont longs, techniques et théologiques. Les Grecs arrivent avec leurs évêques, théologiens, moines et dignitaires ; les Latins alignent cardinaux, dominicains, canonistes et spécialistes des Pères. L'union est politiquement urgente, mais elle ne peut être proclamée qu'en abordant les points doctrinaux qui divisent les Églises depuis des siècles.[12]

Où et quand le concile s'est-il réuni ?

De Bâle à Ferrare

Le concile s'ouvre à Bâle en 1431, dans un contexte encore marqué par les guerres hussites et par le programme de réforme de Constance. Mais la majorité bâloise entre progressivement en conflit avec Eugène IV. Lorsque la question grecque devient concrète, Bâle veut imposer un lieu qui lui convienne ; les Byzantins, eux, demandent une ville italienne proche de la mer, plus accessible et plus sûre pour une délégation orientale.[13]

Eugène IV approuve alors la minorité favorable aux Grecs et transfère le concile à Ferrare par décret de fin 1437-début 1438. Le concile ferrarais s'ouvre en janvier 1438 ; le pape y fait son entrée solennelle à la fin du mois. Les Grecs, environ sept cents selon la Catholic Encyclopedia, arrivent avec l'empereur Jean VIII et le patriarche Joseph II de Constantinople.[14]

De Ferrare à Florence

À Ferrare, les premières grandes discussions portent sur le purgatoire, puis surtout sur le Filioque. La peste et les difficultés financières poussent ensuite Eugène IV à transférer l'assemblée à Florence en janvier 1439. La première session florentine se tient le 26 février 1439.[15]

Florence n'est pas un simple changement de décor. La ville des Médicis offre les ressources matérielles nécessaires au maintien de la délégation grecque ; elle devient aussi le théâtre symbolique d'une rencontre entre l'Orient byzantin, la papauté romaine et l'humanisme italien naissant. La proclamation de Laetentur caeli dans Santa Maria del Fiore donnera au concile son nom le plus durable.[16]

Qui sont les acteurs principaux ?

Eugène IV

Eugène IV doit mener deux combats simultanés. Face à Bâle, il défend la capacité du pape à transférer ou dissoudre un concile lorsque l'unité de l'Église l'exige. Face aux Grecs, il cherche une union doctrinale qui ne soit pas une simple trêve diplomatique. Son décret Moyses vir Dei du 4 septembre 1439 condamne les thèses bâloises qui présentaient comme vérités de foi la supériorité du concile sur le pape.[17]

Eugène IV préside la phase décisive du concile et impose le transfert hors de Bâle contre la majorité conciliariste. Portrait d'Eugène IV, Wikimedia Commons, domaine public.

Sa position n'est pas celle d'un administrateur isolé. La crise de Bâle menaçait de produire un nouveau schisme occidental, jusqu'à l'élection de l'antipape Félix V par les irréductibles bâlois en 1439. Florence doit donc être lu comme un concile d'union avec l'Orient, mais aussi comme une réponse romaine au conciliarisme tardif.[18]

Jean VIII Paléologue et le patriarche Joseph II

Jean VIII Paléologue arrive avec une intention claire : obtenir l'union et l'aide occidentale. Mais il ne contrôle pas mécaniquement la conscience des évêques grecs. Le patriarche Joseph II, âgé, accompagne la délégation et signe avant sa mort une déclaration admettant le Filioque, le purgatoire et la primauté romaine. Il meurt le 10 juin 1439, avant la proclamation officielle de l'union.[19]

Cette mort complique la réception. Le texte final sera signé par la plupart des représentants grecs, mais sans patriarche vivant de Constantinople pour le porter ensuite. La fracture entre décision diplomatique, assentiment théologique et réception populaire devient l'une des clefs de l'échec.

Bessarion, Isidore de Kiev et Marc d'Éphèse

Trois figures dominent la mémoire orientale du concile. Bessarion, métropolite de Nicée, défend finalement l'union et deviendra cardinal. Isidore de Kiev, métropolite de Kiev et de toute la Russie, soutient également l'accord et sera envoyé comme légat en Russie, où il sera rejeté par les autorités moscovites.[20]

Bessarion, métropolite grec devenu cardinal, incarne la minorité orientale durablement favorable à l'union et jouera un rôle majeur dans la transmission des lettres grecques en Occident. Justus van Gent et Pedro Berruguete, vers 1473-1475, Louvre via Wikimedia Commons, domaine public.

Marc d'Éphèse, au contraire, refuse de signer. Dans la mémoire orthodoxe, il devient le témoin qui empêche Florence d'être reçu comme concile œcuménique oriental. L'Orthodox Church in America le présente explicitement comme un défenseur de l'orthodoxie à Florence et rapporte sa formule de refus de compromis en matière de foi.[21]

Que définit le concile ?

Le Filioque

Le premier point de Laetentur caeli est trinitaire. Florence définit que le Saint-Esprit est éternellement du Père et du Fils, qu'il tient son être subsistant du Père et du Fils ensemble, et qu'il procède éternellement de l'un et de l'autre comme d'un seul principe et d'une spiration unique.[22]

« qu'il procède éternellement de l'un et de l'autre comme d'un seul principe et d'une spiration unique » — Concile de Florence, Laetentur caeli, DS 1300[23]

La précision est capitale : Florence ne pose pas deux sources concurrentes dans la Trinité. Elle veut confesser que le Fils reçoit du Père tout ce qu'il est, sauf être Père, et que la procession du Saint-Esprit « par le Fils » dans le langage grec peut être comprise comme équivalente, sur le fond doctrinal, à l'affirmation latine « du Père et du Fils ».[24]

Le concile ajoute que l'insertion des mots « et du Fils » dans le symbole a été faite licitement et raisonnablement pour clarifier la vérité de foi dans une nécessité historique précise.[25]

Pain azyme et pain fermenté

Le second dossier concerne l'eucharistie. Les Latins utilisent du pain azyme ; les Grecs, du pain fermenté. Florence définit que le Corps du Christ est véritablement consacré dans l'un ou l'autre pain de froment, selon la coutume de chaque Église.[26]

La question de l'épiclèse n'est en revanche pas tranchée par ce décret, qui ne porte que sur la matière du pain (DS 1303).[27]

Ce point désamorce une accusation réciproque : l'usage latin n'invalide pas l'eucharistie, et l'usage grec n'est pas à abolir. L'union florentine ne demande donc pas l'uniformité rituelle. Elle demande une communion de foi permettant la légitimité de rites différents.

Purgatoire, ciel et enfer

Florence formule aussi une doctrine précise du sort des âmes. Ceux qui meurent dans l'amour de Dieu, mais avant d'avoir réparé par de dignes fruits de pénitence, sont purifiés après leur mort ; les suffrages des vivants, messes, prières, aumônes et œuvres de piété, leur sont utiles.[28]

Le concile affirme en même temps la vision immédiate de Dieu pour les âmes pleinement purifiées, avec des degrés selon les mérites, et la descente immédiate en enfer des âmes mortes en état de péché mortel ou avec le seul péché originel, avec des peines inégales.[29]

Primauté romaine

Le passage le plus important pour l'ecclésiologie catholique est DS 1307. Florence définit que le Siège apostolique et le pontife romain détiennent le primat sur tout l'univers, que le pape est successeur de Pierre, vrai vicaire du Christ, tête de toute l'Église, père et docteur de tous les chrétiens.[30]

« le pontife romain est quant à lui le successeur du bienheureux Pierre prince des apôtres et le vrai vicaire du Christ, la tête de l'Église entière, le père et le docteur de tous les chrétiens » — Concile de Florence, Laetentur caeli, DS 1307[31]

Le texte maintient ensuite l'ordre des patriarcats : Constantinople après Rome, puis Alexandrie, Antioche et Jérusalem, avec leurs privilèges et droits propres. Florence ne supprime donc pas la structure patriarcale orientale ; il la réinscrit dans une communion où Rome possède la primauté universelle.[32]

DossierDéfinition florentinePortée
FilioqueL'Esprit procède du Père et du Fils comme d'un seul principeClarifie la doctrine latine sans poser deux causes séparées
SymboleL'ajout « et du Fils » est licite et raisonnableDéfend l'usage latin du Credo
EucharistiePain azyme et fermenté sont validesReconnaît la légitimité des rites oriental et occidental
PurgatoirePurification post mortem et utilité des suffragesFixe une formule reprise dans la théologie catholique
PrimautéLe pape est tête de toute l'Église et vicaire du ChristPréfigure les définitions de Vatican I

Quels autres décrets le concile promulgue-t-il ?

Exsultate Deo pour les Arméniens

Le 22 novembre 1439, le décret Exsultate Deo s'adresse aux Arméniens. Il reprend le décret d'union avec les Grecs et donne une synthèse célèbre des sept sacrements : baptême, confirmation, eucharistie, pénitence, extrême-onction, ordre et mariage.[33]

Le Denzinger note plusieurs formulations devenues classiques : les sacrements de la Nouvelle Loi contiennent la grâce et la confèrent à ceux qui les reçoivent comme il convient ; chaque sacrement requiert une matière, une forme et un ministre avec l'intention de faire ce que fait l'Église.[34]

Cantate Domino pour les Jacobites

Le 4 février 1442, le décret Cantate Domino est adressé aux Jacobites, c'est-à-dire aux Coptes et Éthiopiens dans le vocabulaire latin de l'époque. Il contient une profession doctrinale très ferme sur la Trinité, le Christ, les conciles reçus, les sacrements et l'appartenance à l'Église.[35]

Ce décret est souvent cité pour sa formule stricte sur le salut hors de l'Église. Pour le lire correctement, il faut tenir ensemble deux choses : le texte exprime la conviction catholique classique sur la nécessité de l'unité ecclésiale, mais il doit être interprété dans la continuité de tout le magistère, notamment les distinctions postérieures sur l'ignorance invincible et l'appartenance ordonnée à l'Église.[36][37]

Le texte dit : « La sainte Église romaine croit fermement, professe et prêche qu'aucun de ceux qui se trouvent en dehors de l'Église catholique, non seulement païens mais encore juifs ou hérétiques et schismatiques ne peuvent devenir participants à la vie éternelle, mais iront dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges à moins qu'avant la fin de leur vie ils ne lui aient été agrégés ».[38] Le Père Bernard Sesboüé rappelle que cette affirmation s'inscrit dans l'image antique d'un monde alors présumé presque entièrement chrétien, où un tel refus ne pouvait venir que d'un endurcissement coupable : ce présupposé historique ne fait pas partie du dogme, et le décret se lit dans le développement homogène du magistère, avec Lumen Gentium 14 et 16.[39]

Comment le concile a-t-il été reçu ?

Un succès doctrinal romain

Du point de vue catholique, Florence fournit un dossier doctrinal majeur. Sur le Filioque, il reprend et précise Lyon II. Sur le purgatoire, il fixe une formulation concise qui sera reprise dans la théologie latine. Sur la primauté romaine, il donne une définition conciliaire explicite avant Vatican I.[40]

Il faut aussi noter le résultat institutionnel : la ligne de Bâle est marginalisée, l'antipape Félix V finit par renoncer en 1449, et le conciliarisme comme projet de gouvernement permanent sort affaibli du conflit.[41]

Un échec de réception en Orient

L'échec oriental est tout aussi réel. La signature du 6 juillet 1439 ne devient pas la réception vivante de l'Église byzantine. À Constantinople, les anti-unionistes s'appuient sur le refus de Marc d'Éphèse ; à Moscou, Isidore de Kiev est rejeté ; après la chute de Constantinople en 1453, l'union apparaît encore davantage comme une tentative liée à l'urgence politique byzantine.[42][43]

Le concile révèle donc une loi ecclésiale fondamentale : une union ne peut pas être seulement signée par des représentants. Elle doit être confessée, enseignée, célébrée et reçue. Florence a obtenu un acte doctrinal très fort ; il n'a pas obtenu l'adhésion durable des Églises orientales séparées.

Que reste-t-il aujourd'hui de Florence ?

Un texte clef pour le dialogue catholique-orthodoxe

Florence reste incontournable dans le dialogue entre catholiques et orthodoxes parce qu'il concentre les points encore sensibles : primauté, procession de l'Esprit, réception des conciles, diversité liturgique, purgatoire et rôle du peuple de Dieu dans l'acceptation d'une union. Même lorsqu'il est refusé par l'orthodoxie, il oblige à formuler précisément ce qui sépare.

Un modèle partiel pour les Églises orientales catholiques

Le concile a aussi laissé une intuition durable : l'unité catholique n'exige pas la latinisation complète. Les Grecs peuvent conserver leur pain fermenté ; les patriarcats ont leurs droits ; les Arméniens, Syriens, Chaldéens et Maronites sont reçus dans une logique de communion qui n'abolit pas automatiquement leurs traditions propres.[44]

Ce principe deviendra décisif dans l'histoire des Églises catholiques orientales : communion avec Rome, confession de la foi catholique, mais maintien d'un rite, d'une discipline et d'une mémoire orientale.

Une leçon sur les conciles eux-mêmes

Florence enseigne enfin qu'un concile doit être lu selon ses actes, sa réception et son autorité réelle. Bâle, Ferrare, Florence et Latran forment un seul dossier historique, mais toutes les prétentions formulées dans ce long processus n'ont pas le même poids. L'Église catholique reçoit Florence comme concile œcuménique dans la ligne d'Eugène IV, non comme validation des prétentions révolutionnaires de la majorité bâloise.

Chronologie

  1. 1 février 1431
    Convocation de Bâle
    Martin V

    Martin V prévoit un concile dans la logique de Frequens, mais meurt avant que le dossier soit stabilisé.[45]

  2. 1431-1437
    Conflit avec Bâle
    conciliarisme

    La majorité bâloise revendique une autorité supérieure au pape et entre progressivement en rupture avec Eugène IV.[46]

  3. 8-10 janvier 1438
    Ouverture à Ferrare
    transfert papal

    Eugène IV transfère le concile hors de Bâle ; la première session ferraraise déclare Bâle transféré.[47]

  4. 9 avril 1438
    Arrivée des Grecs
    Jean VIII et Joseph II

    Les sessions solennelles commencent à Ferrare avec l'empereur byzantin, le patriarche et les représentants orientaux.[48]

  5. 26 février 1439
    Première session florentine
    palais papal

    Le concile s'installe à Florence après la peste et les difficultés financières de Ferrare.[49]

  6. 6 juillet 1439
    Laetentur caeli
    union avec les Grecs

    La bulle d'union est proclamée à Florence ; Marc d'Éphèse refuse de signer.[50][51]

  7. 22 novembre 1439
    Exsultate Deo
    décret pour les Arméniens

    Le concile donne notamment une synthèse des sept sacrements.[52]

  8. 4 février 1442
    Cantate Domino
    décret pour les Jacobites

    Le décret pour les Coptes et Éthiopiens formule une profession doctrinale étendue.[53]

  9. 1449
    Fin de la crise bâloise
    renonciation de Félix V

    L'antipape élu par Bâle renonce ; la dernière session bâloise, que Tanner ne compte pas au nombre des sessions œcuméniques, se tient le 25 avril 1449, ce qui clôt politiquement la séquence conciliariste.[54]

Pour aller plus loin

  • Lire Constance : le concile précédent, indispensable pour comprendre Frequens et la crise conciliariste.
  • Lire Lyon II : première grande tentative médiévale d'union avec les Grecs.
  • Lire Orthodoxie : les objections orientales au Filioque, à la primauté romaine et à la réception de Florence.
  • Lire Purgatoire : Florence est l'un des jalons magistériels majeurs de la doctrine catholique.

Notes et références

  1. L. Van der Essen, "The Council of Florence", The Catholic Encyclopedia, vol. 6, New York, Robert Appleton Company, 1909, New Advent, vérifié : le concile est présenté comme continuation de Bâle, transféré à Ferrare puis Florence ; première session à Ferrare le 10 janvier 1438. Source : https://www.newadvent.org/cathen/06111a.htm.

    1
  2. Norman P. Tanner (éd.), Decrees of the Ecumenical Councils, vol. 1, Georgetown University Press, 1990, "Ecumenical Council of Florence (1438-1445)", texte anglais reproduit par EWTN, vérifié : sommaire Sessions 1-4 (1438), 5-8 (1439), 9-10 (1440), 11 (1442), 12 (1443), 13 (1444), 14 (1445) ; session 6 du 6 juillet 1439 (définition de Florence), session 7 du 4 septembre 1439 (contre Bâle), session 8 du 22 novembre 1439 (Arméniens), session 11 du 4 février 1442 (Coptes) ; les Grecs présents dès le 9 avril 1438, transfert à Florence le 10 janvier 1439. Source : https://www.ewtn.com/catholicism/library/ecumenical-council-of-florence-1438-1445-1461.

    2 3
  3. Concile de Florence, bulle Laetentur caeli, 6 juillet 1439, dans Heinrich Denzinger, Enchiridion Symbolorum, éd. française numérisée 1957, §§1300-1308, PDF local Benoît : procession du Saint-Esprit, ajout du Filioque, pain azyme/fermenté, purgatoire, sort des âmes et primauté romaine.

    4 6
  4. Eugène IV, bulle Laetentur caeli, 6 juillet 1439, Vatican.va, texte latin vérifié : datum « pridie nonas iulii 1439 », in sessione publica synodali in ecclesia maiori. Source : https://www.vatican.va/content/eugenius-iv/la/documents/bulla-laetentur-caeli-6-iulii-1439.html.

    5 50
  5. L. Van der Essen, "Council of Florence", New Advent : annonce formelle de Laetentur Coeli le 6 juillet 1439 dans la cathédrale de Florence ; les Grecs partent ensuite.

    7
  6. Orthodox Church in America, "Saint Mark, Archbishop of Ephesus", notice liturgique du 19 janvier, vérifiée : « stalwart defender of Orthodoxy at the Council of Florence », seul à refuser de signer le Tomos d'union, « There can be no compromise in matters of the Orthodox Faith. » Source : https://www.oca.org/saints/lives/2015/01/19/100228-saint-mark-archbishop-of-ephesus.

    8 21 43 51
  7. L. Van der Essen, New Advent : bulle de Martin V du 1er février 1431, mort de Martin V le 20 février 1431, confirmation initiale par Eugène IV.

    9 45
  8. L. Van der Essen, New Advent : rappel de la théorie conciliaire issue de Constance, conflit avec Eugène IV, prétention de la majorité bâloise à une autorité permanente.

    10 46
  9. George P. Majeska, "Council of Ferrara-Florence", Encyclopedia of Russian History, Encyclopedia.com : le contexte byzantin du XVe siècle et la menace ottomane font de l'union une nécessité politique pour Constantinople. Source : https://www.encyclopedia.com/philosophy-and-religion/christianity/roman-catholic-and-orthodox-churches-councils-and-treaties/council-ferrara-florence.

    11
  10. L. Van der Essen, New Advent : arrivée d'environ 700 Grecs à Ferrare, avec Jean Paléologue, le patriarche Joseph, Marc d'Éphèse, Isidore de Kiev, Bessarion de Nicée et d'autres représentants.

    12 48
  11. L. Van der Essen, New Advent : ambassade bâloise à Constantinople en 1435, refus byzantin d'un concile à Bâle ou Avignon, préférence pour une ville italienne proche de la mer.

    13
  12. L. Van der Essen, New Advent : transfert par décret du 30 décembre 1437 ou 1er janvier 1438 ; ouverture à Ferrare le 8 janvier et première session le 10 janvier 1438.

    14 47
  13. L. Van der Essen, New Advent : transfert à Florence en raison des difficultés financières et de la peste à Ferrare ; première session florentine le 26 février 1439.

    15 49
  14. L. Van der Essen, New Advent : Laetentur Coeli, proclamé dans la cathédrale de Florence le 6 juillet 1439.

    16
  15. Eugène IV, décret Moyses vir Dei contre le concile de Bâle, 4 septembre 1439, dans Denzinger, éd. 1957, §§1309 : condamnation des trois propositions bâloises sur la supériorité du concile général.

    17
  16. Norman P. Tanner (éd.), Decrees of the Ecumenical Councils, texte anglais reproduit par EWTN, vérifié : session 9 du 23 mars 1440, monition contre l'antipape Félix V (Amédée, ex-duc de Savoie, dressé en idole par la faction bâloise) ; Introduction : les sessions bâloises postérieures à la 25ᵉ jusqu'à la dernière, le 25 avril 1449, ne sont pas des sessions œcuméniques. Source : https://www.ewtn.com/catholicism/library/ecumenical-council-of-florence-1438-1445-1461.

    18 41 54
  17. L. Van der Essen, New Advent, vérifié mot à mot : le patriarche « died, 10 June », non sans avoir « drawn up and signed a declaration in which he admitted the Filioque, purgatory, and the papal primacy ». Source : https://www.newadvent.org/cathen/06111a.htm.

    19
  18. L. Van der Essen, "The Council of Florence", The Catholic Encyclopedia, New Advent, vérifié : Isidore de Kiev parmi les représentants grecs, artisan de l'union avec Bessarion, envoyé après Florence comme légat et cardinal en Russie, où les princes moscovites refusent les décrets florentins ; il est jeté en prison puis s'échappe vers l'Italie. Source : https://www.newadvent.org/cathen/06111a.htm.

    20 42
  19. Concile de Florence, Laetentur caeli, DS 1300, dans Denzinger, éd. 1957 : définition de la procession du Saint-Esprit du Père et du Fils comme d'un seul principe et d'une unique spiration.

    22 23
  20. Concile de Florence, Laetentur caeli, DS 1301, dans Denzinger, éd. 1957 : interprétation de la formule patristique "du Père par le Fils" et distinction des mots grecs et latins cause/principe.

    24
  21. Concile de Florence, Laetentur caeli, DS 1302, dans Denzinger, éd. 1957 : l'ajout "et du Fils" au symbole est défini comme licite et raisonnable.

    25
  22. Concile de Florence, Laetentur caeli, DS 1303, dans Denzinger, éd. 1957 : validité de la consécration dans le pain de froment azyme ou fermenté selon les coutumes occidentale et orientale.

    26 27
  23. Concile de Florence, Laetentur caeli, DS 1304, dans Denzinger, éd. 1957 : purification après la mort et utilité des suffrages des vivants.

    28
  24. Concile de Florence, Laetentur caeli, DS 1305-1306, dans Denzinger, éd. 1957 : vision de Dieu pour les âmes purifiées et peines inégales pour les âmes mortes en état de péché mortel ou originel.

    29
  25. Concile de Florence, Laetentur caeli, DS 1307, dans Denzinger, éd. 1957 : primat du Siège apostolique et du pontife romain sur tout l'univers.

    30 31
  26. Concile de Florence, Laetentur caeli, DS 1308, dans Denzinger, éd. 1957 : ordre des patriarcats, Constantinople après Rome, puis Alexandrie, Antioche et Jérusalem.

    32
  27. Concile de Florence, bulle Exsultate Deo pour les Arméniens, 22 novembre 1439, dans Denzinger, éd. 1957, §§1310-1328.

    33 52
  28. Concile de Florence, Exsultate Deo, DS 1310-1313, dans Denzinger, éd. 1957 : nombre des sacrements, différence avec les sacrements de l'ancienne Loi, matière-forme-ministre-intention.

    34
  29. Concile de Florence, bulle Cantate Domino pour les Jacobites, 4 février 1442, texte anglais dans Tanner/EWTN, lignes sur la profession de foi proposée à Abdala, archevêque d'Édesse, et sur l'acceptation des décrets grecs, arméniens et jacobites.

    35 53
  30. Concile de Florence, Cantate Domino, DS 1330-1353, dans Denzinger, éd. 1957 : profession trinitaire, christologique et ecclésiologique du décret pour les Jacobites.

    36
  31. Voir l'article Ignispedia Hors de l'Église, point de salut pour l'interprétation catholique complète de cette formule, de Florence à Vatican II et au Catéchisme.

    37
  32. Concile de Florence, bulle Cantate Domino, 1442, cité dans Matthieu Lavagna, La question difficile de l'enfer, page PDF 44 (pagination imprimée, éditeur et année non visibles dans l'extrait), citant le concile de Florence, bulle Cantate Domino, 1442 ; lecture : Bernard Sesboüé, l'affirmation s'inscrit dans un monde présumé presque entièrement chrétien avant les grandes découvertes du XVIᵉ siècle, présupposé hors dogme ; à lire avec Lumen Gentium 14 et 16.

    38 39
  33. Voir l'article Ignispedia Orthodoxie, section sur Florence : Laetentur caeli, DS 1300-1308, Marc d'Éphèse, Bessarion et la réception orthodoxe.

    40
  34. L. Van der Essen, New Advent : après les Grecs, les Latins poursuivent les unions avec les Arméniens (1439), Jacobites de Syrie (1442), Mesopotamiens, Chaldéens/Nestoriens et Maronites de Chypre (1445).

    44