Concile de Vienne (1311-1312)

Le concile de Vienne (1311-1312), quinzième concile œcuménique catholique, supprime l'ordre du Temple par provision apostolique, prépare une croisade jamais réalisée, promulgue des réformes disciplinaires et définit que l'âme rationnelle est forme du corps humain.

Ignispedia

Le concile de Vienne, réuni du 16 octobre 1311 au 6 mai 1312 sous le pape Clément V, est le quinzième concile œcuménique reconnu par l'Église catholique. Il se tient à Vienne, en Dauphiné, dans une ville alors extérieure au royaume de France, mais située à proximité de Lyon et donc accessible au pape, à la cour française et aux prélats occidentaux.[1]

Vienne concentre quatre dossiers : suppression des Templiers, projet de croisade, réforme ecclésiastique et définition doctrinale sur l'âme. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Il est surtout connu pour la suppression de l'ordre du Temple. Mais réduire Vienne à l'affaire des Templiers serait trompeur. Le concile traite aussi de la Terre sainte, de la réforme ecclésiastique, des Franciscains spirituels, des béguines, de l'usure, de l'Inquisition, de la discipline du clergé et de l'enseignement des langues orientales. Il contient en outre une définition doctrinale majeure : l'âme rationnelle ou intellective est vraiment, par elle-même et essentiellement, la forme du corps humain.[2][3]

Pourquoi ce concile était-il nécessaire ?

Une papauté déjà installée en climat avignonnais

Clément V, élu en 1305, est le premier pape de la période généralement appelée « papauté d'Avignon », même si son gouvernement reste itinérant avant l'installation durable de la curie à Avignon. Le concile est convoqué par la bulle Regnans in caelis du 12 août 1308, écrite à Poitiers. L'introduction des décrets signale explicitement que le pape est resté en France depuis son élection, ce qui situe Vienne dans un rapport de forces très particulier entre le Saint-Siège et la monarchie capétienne.[4]

Le roi Philippe IV le Bel pèse lourdement sur l'agenda. Il demande le jugement posthume de Boniface VIII, son ancien adversaire, et la suppression des Templiers. Britannica résume le contexte en une formule nette : le concile est convoqué par Clément V à l'insistance de Philippe IV, qui exige ces deux dossiers.[5]

Trois questions annoncées dès l'ouverture

Lors de la première session, le 16 octobre 1311, Clément V présente trois matières principales : l'affaire des Templiers, la Terre sainte et la réforme de l'Église. L'introduction de Tanner rapporte que l'assemblée comprend 20 cardinaux, 4 patriarches, environ 100 archevêques et évêques, ainsi que des abbés et prieurs.[6]

Ces trois dossiers ne sont pas juxtaposés au hasard. Les biens du Temple avaient été donnés pour la défense de la Terre sainte ; la croisade exigeait des finances et une paix entre princes chrétiens ; la réforme ecclésiastique devait répondre aux doléances envoyées par les évêques avant le concile. Vienne est donc un concile de crise : il essaie de régler simultanément un scandale judiciaire, un échec militaire et un besoin de réforme institutionnelle.

Où et quand le concile s'est-il réuni ?

La cathédrale Saint-Maurice de Vienne

Plaque commémorative du concile de Vienne (1311-1312) à la cathédrale Saint-Maurice. Photo Wikimedia Commons, août 2020.

Le choix de Vienne est politique. La ville est proche de Lyon, mais elle ne fait pas encore partie du royaume de France. Britannica note qu'elle appartient alors à un État pratiquement indépendant et ne sera acquise par la France qu'en 1349.[7]

Le concile s'ouvre dans la cathédrale Saint-Maurice. Les dates classiques sont : 16 octobre 1311 pour l'ouverture, 3 avril 1312 pour la deuxième session où la suppression des Templiers est promulguée, et 6 mai 1312 pour la troisième et dernière session.[8]

Un concile travaillé hors de la grande assemblée

Vienne ne fonctionne pas comme une assemblée moderne où tout serait débattu publiquement par tous les pères. Tanner souligne que le travail réel se fait surtout hors de la session plénière : dans le consistoire des cardinaux avec le pape et dans une commission élue par les pères conciliaires. La pleine assemblée confirme ensuite les bulles et décrets.[9]

Cette méthode explique une part de l'ambiguïté historique du concile. Plusieurs constitutions sont lues ou préparées à Vienne, mais certaines ne sont promulguées qu'après la mort de Clément V par Jean XXII dans les Clémentines, le 25 octobre 1317. La Catholic Encyclopedia note que ces textes entrent ensuite dans le Corpus Iuris Canonici.[10]

Qui sont les acteurs principaux ?

Clément V, pape sous pression

Clément V (pape de 1305 à 1314), portrait tiré de The Lives and Times of the Popes d'Artaud de Montor, édition américaine de 1911, Wikimedia Commons, domaine public.

Clément V apparaît dans ce dossier comme un pape pris entre prudence canonique et pression royale. Dans l'affaire des Templiers, l'introduction de Tanner laisse entendre que beaucoup de pères préféraient permettre à l'ordre de se défendre plutôt que le condamner sans preuve certaine.[11]

Le pape choisit finalement une voie juridique particulière : il ne condamne pas l'ordre par sentence définitive de culpabilité, mais le supprime par provision apostolique, au nom de l'utilité de l'Église. Le texte de Vox in excelso est capital sur ce point.

« Non par sentence définitive, mais par provision ou ordonnance apostolique, nous supprimons, avec l'approbation du saint concile, l'ordre des Templiers, sa règle, son habit et son nom. » — Clément V, Vox in excelso, 22 mars 1312[12]

Philippe IV le Bel, roi déterminant

Philippe IV ne se contente pas d'observer. En mars 1312, il tient une assemblée générale de son royaume à Lyon, puis se rend à Vienne le 20 mars. Tanner estime que son objectif est de « troubler » et de forcer les esprits du pape et des pères conciliaires. Des arrangements secrets ont lieu entre Clément V et les envoyés du roi du 17 au 29 février 1312, sans consultation des pères.[13]

La question de Boniface VIII montre la même pression. La Catholic Encyclopedia rapporte qu'à la deuxième session, Boniface VIII est déclaré pape légitime et absous des accusations portées contre lui ; mais un décret antérieur absolvant le roi de France de sa responsabilité dans l'affaire est aussi renouvelé.[14]

Les Templiers, absents comme corps constitué

L'ordre du Temple n'est pas jugé à Vienne dans les conditions d'un procès contradictoire complet. La grande difficulté est précisément là. Les accusations sont connues ; des enquêtes ont eu lieu ; certains membres ont avoué sous contrainte ; mais l'ordre comme corps religieux ne reçoit pas une pleine défense publique au concile.[15]

La suppression n'est donc pas formulée comme une condamnation doctrinale définitive des Templiers pris collectivement. Elle retire l'existence juridique de l'ordre, réserve les personnes et les biens au Siège apostolique, puis transfère largement les biens aux Hospitaliers afin qu'ils servent encore la Terre sainte.[16]

Que définit le concile ?

L'âme rationnelle est forme du corps humain

Le décret doctrinal le plus durable de Vienne affirme que l'âme rationnelle ou intellective est forme du corps humain. La formulation latine est brève, mais décisive : « substantia animae rationalis seu intellectivae vere ac per se humani corporis sit forma ».[17]

« L'âme rationnelle ou intellective est vraiment, par elle-même et essentiellement, la forme du corps humain. » — Concile de Vienne, constitution Fidei catholicae fundamento[18]

Cette définition répond aux débats médiévaux sur l'unité de l'homme. L'Église ne conçoit pas l'homme comme une âme étrangère enfermée dans un corps, ni comme un corps auquel l'âme serait seulement ajoutée de l'extérieur. L'âme est le principe formel vivant du corps humain. Cette doctrine sera reprise par le Vᵉ concile du Latran dans Apostolici regiminis et demeure fondamentale pour l'anthropologie catholique.[19]

Une définition anthropologique, pas un détail scolastique

L'enjeu dépasse la technique aristotélicienne. Si l'âme humaine est forme du corps, l'homme est une unité substantielle. Le corps n'est pas une prison méprisable ; il appartient à la personne. Inversement, l'âme intellective ne se réduit pas à une fonction biologique : elle est le principe spirituel qui rend possible la connaissance intellectuelle et la liberté.

Cette articulation explique pourquoi Vienne reste cité dans les articles contemporains sur l'âme, l'évolution et la dignité humaine. Le concile fixe une limite doctrinale : on ne peut pas séparer brutalement le salut de l'âme du destin du corps, ni réduire l'homme à une machine matérielle.

Quels canons le concile promulgue-t-il ?

Vox in excelso et la suppression des Templiers

La bulle Vox in excelso, datée du 22 mars 1312 et promulguée à la deuxième session le 3 avril, est le texte le plus célèbre du concile. Elle invoque la gravité du scandale, l'état du dossier et le danger de perdre ou de dilapider les biens de l'ordre.[20][21]

Le passage décisif affirme que plus de quatre cinquièmes des cardinaux et élus du concile jugent préférable de supprimer l'ordre par provision, pour l'honneur de Dieu, la préservation de la foi et l'aide de la Terre sainte.[22]

Point juridiqueCe que fait Vox in excelsoCe qu'il ne fait pas
Ordre du TempleSupprime règle, habit et nomNe prononce pas une sentence définitive de culpabilité collective
Nouveaux membresInterdit d'entrer dans l'ordre ou d'en porter l'habitNe crée pas un nouvel ordre templier réformé
BiensLes réserve au Siège apostoliqueNe les laisse pas aux pouvoirs laïcs
PersonnesRéserve leur sort à une décision ultérieureNe règle pas tout dans la même bulle
Exécution de Templiers en présence de Philippe IV le Bel, miniature du XVᵉ siècle issue d'un manuscrit de Boccace, Gallica / Wikimedia Commons, domaine public. L'image illustre la pression politique française autour du dossier templier ; le concile lui-même supprime l'ordre par provision apostolique, non par sentence définitive de culpabilité collective.

La suite est réglée par d'autres bulles. Ad providam, du 2 mai 1312, attribue les biens du Temple à l'ordre de l'Hôpital, sauf cas particuliers. Considerantes dudum, du 6 mai, règle la situation des personnes. D'autres textes de décembre 1312 et janvier 1313 précisent encore la question des biens.[23]

Terre sainte : une croisade votée, jamais réalisée

La Terre sainte est le deuxième grand dossier. Dans la troisième session, le 6 mai 1312, une lettre du roi de France est lue : Philippe promet de prendre la croix avec ses fils et de commencer la croisade dans les six ans. Une dîme ecclésiastique de six ans est décidée pour financer l'entreprise.[24]

Le projet échoue. La Catholic Encyclopedia note que la croisade n'eut jamais lieu, bien que les rois d'Angleterre et de Navarre y aient aussi consenti. Elle ajoute que les revenus français de la dîme furent utilisés par le roi de France pour la guerre contre la Flandre.[25]

Le résultat est révélateur : Vienne sait encore parler le langage universel de la croisade, mais l'Occident de 1312 n'a plus l'unité politique nécessaire pour transformer l'impôt conciliaire en expédition commune.

Réforme : doléances, discipline et Clémentines

Avant le concile, les évêques sont invités à apporter des propositions écrites de réforme. New Advent mentionne trois dossiers conservés : celui de Guillaume Durand, évêque de Mende, De modo celebrandi generalis concilii ; celui de Guillaume Le Maire (Guillelmus Maior), évêque d'Angers ; et celui de Jacques Duèze, futur Jean XXII.[26]

Les décrets touchent des sujets nombreux : franciscains spirituels, pauvreté des Mineurs, mendiants, visites des couvents par les évêques, béguines, heures canoniales, fondations religieuses, bénéfices, Inquisition, clergé et enseignement des langues orientales.[27]

Béguines et béghards : condamner l'erreur sans interdire toute pénitence féminine

Le décret sur les béguines est souvent mal compris. Il vise des femmes qui, sans règle approuvée ni profession religieuse, prêchent sur la Trinité, l'essence divine, les articles de foi et les sacrements, en entraînant des simples dans l'erreur. Le concile interdit donc ce mode de vie suspect et les soutiens religieux qui le favorisent.[28]

Mais le texte ajoute une nuance importante : il ne veut pas interdire aux femmes fidèles, avec ou sans vœu de chasteté, de vivre honnêtement dans leurs hospices, en esprit de pénitence et de service du Seigneur.[29]

SujetMesure de VienneNuance importante
Béguines suspectesInterdiction du mode de vie non approuvéLe texte vise les erreurs doctrinales et la prédication illégitime
Femmes pénitentesVie droite et humble permiseLe concile ne condamne pas toute piété féminine semi-communautaire
Religieux complicesDéfense de soutenir le mouvement interditLes privilèges contraires ne valent pas

Usure : une condamnation juridique forte

Vienne réaffirme que l'usure est un péché. Un décret vise même ceux qui prétendent obstinément que l'usure n'est pas péché : ils doivent être punis comme hérétiques. Le concile demande que les pouvoirs civils ne protègent pas les usuriers et que les restitutions soient prises au sérieux.[30]

Cette sévérité appartient au droit médiéval, mais elle révèle un principe durable : l'argent prêté ne peut pas devenir un instrument d'exploitation systématique du pauvre. Dans le contexte des villes, du commerce et des dettes princières, la question n'est pas marginale.

Langues orientales : Paris, Oxford, Bologne, Salamanque

Un canon remarquable fonde des chaires de langues orientales. Vienne ordonne que soient établies des écoles d'hébreu, d'arabe et de chaldéen auprès de la curie romaine et dans les universités de Paris, Oxford, Bologne et Salamanque. Deux experts par langue doivent être présents dans chacun de ces lieux.[31]

Le but est missionnaire et intellectuel : former des catholiques capables de lire, discuter, traduire et annoncer la foi dans les langues des peuples non latins. Ce canon montre que Vienne n'est pas seulement défensif ; il porte aussi une intuition de formation durable.

Inquisition, clergé et usages profanes

Les décrets associés à Vienne touchent aussi la gestion de l'Inquisition et les abus de pouvoir contre les évêques et clercs. Un long décret prévoit des peines contre ceux qui capturent des évêques, les détiennent ou les contraignent à résigner leurs bénéfices.[32]

La réforme des religieux et mendiants occupe une place importante. Les textes visent les abus financiers, les constructions trop somptueuses, les revenus accumulés, les interférences dans les testaments, les funérailles et la perception des dîmes. Le ton est très concret : le concile ne parle pas seulement de principes, mais de pratiques vérifiables.[33]

Comment le concile a-t-il été reçu ?

Un concile célèbre mais juridiquement complexe

Vienne est célèbre par son résultat politique, mais complexe par sa transmission juridique. Certains textes sont approuvés avec la mention « avec l'approbation du saint concile » ; d'autres sont liés au contexte conciliaire sans être faciles à attribuer. Tanner adopte l'opinion d'Ewald Müller selon laquelle 38 constitutions peuvent être comptées comme conciliaires, mais seulement 20 portent explicitement cette formule d'approbation.[34]

Cette complexité oblige à lire Vienne avec précision. Tout ce qui circule sous le nom de « concile de Vienne » n'a pas forcément le même statut formel. Mais le concile demeure bien le cadre historique où ces décisions sont discutées, approuvées, promulguées ou préparées.

Les Templiers : suppression durable, mémoire disputée

L'ordre du Temple ne renaît pas. Ses biens passent principalement aux Hospitaliers ; ses membres sont traités selon leur situation ; les principaux dignitaires restent réservés au jugement pontifical. Deux ans plus tard, en mars 1314, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay sont brûlés à Paris après être revenus sur leurs aveux.[35]

La mémoire est restée inflammable parce que le droit du concile et la légende noire se superposent. Historiquement, il faut tenir ensemble deux faits : les accusations ont produit un scandale immense ; mais la suppression n'est pas formulée comme une condamnation définitive de l'ordre pour hérésie collective. C'est précisément ce que Vox in excelso laisse voir.

Une réception doctrinale plus discrète mais durable

La définition sur l'âme n'a pas la célébrité populaire de l'affaire templière, mais elle a un poids théologique supérieur. Elle entre dans la mémoire doctrinale de l'Église et devient un repère pour l'anthropologie catholique. Sur ce point, Vienne prolonge Latran IV et prépare Florence et Latran V : l'homme est créé par Dieu comme unité de corps et d'âme, appelé non à fuir la création corporelle mais à être sauvé tout entier.

Que reste-t-il aujourd'hui de Vienne ?

Une leçon sur le rapport entre droit canonique et pression politique

Vienne montre comment un concile peut être profondément affecté par la pression d'un souverain. Philippe IV obtient l'essentiel dans l'affaire templière, mais Clément V garde une forme juridique qui évite de transformer la suppression en sentence définitive de culpabilité collective. Ce compromis est inconfortable, mais il est historiquement décisif.

Le concile rappelle ainsi qu'il faut lire les actes ecclésiastiques dans leur forme exacte. Une suppression par provision apostolique n'est pas une canonisation des méthodes politiques françaises, ni une déclaration que chaque Templier serait hérétique.

Une étape de la réforme médiévale

Comparé à Lyon II, Vienne est moins constructif institutionnellement : il ne laisse pas l'équivalent d'Ubi periculum sur le conclave. Comparé à Latran IV, il n'offre pas une synthèse pastorale aussi vaste. Mais il appartient à la même famille des conciles médiévaux d'Occident : foi, discipline, droit, finances, croisade et réforme y sont inséparables.

Son apport propre est double : d'un côté, la sortie canonique de la crise templière ; de l'autre, une série de décrets très concrets qui entrent dans les Clémentines et marquent le droit ecclésiastique.

Un jalon pour l'étude catholique des langues et des missions

Le canon sur les langues orientales demeure particulièrement intéressant. En demandant des enseignants d'hébreu, d'arabe et de chaldéen à la curie et dans quatre grands centres universitaires, Vienne anticipe une intuition durable : l'Église ne peut pas annoncer, défendre et expliquer la foi sans former des spécialistes des langues et des cultures qu'elle rencontre.[36]

Ce détail discret corrige l'image d'un concile seulement répressif. Vienne appartient bien à son temps, avec ses procédures dures et ses tensions politiques ; mais il porte aussi une exigence d'étude, de traduction et de mission intellectuelle.

Chronologie

  1. 12 août 1308
    Convocation du concile
    bulle Regnans in caelis

    Clément V convoque l'assemblée depuis Poitiers, dans un contexte dominé par l'affaire des Templiers et la pression française.[37]

  2. 16 octobre 1311
    Ouverture à Vienne
    première session

    Clément V présente les trois grands dossiers : Templiers, Terre sainte, réforme de l'Église.[38]

  3. 17-29 février 1312
    Négociations secrètes
    Clément V et les envoyés de Philippe IV

    Tanner signale des arrangements conclus sans consultation des pères conciliaires.[39]

  4. 22 mars 1312
    Vox in excelso
    suppression par provision

    Le pape décide la suppression de l'ordre du Temple, non par sentence définitive mais par provision apostolique.[40]

  5. 3 avril 1312
    Deuxième session
    promulgation de la suppression

    Philippe IV et ses fils sont présents lors de la promulgation conciliaire.[41]

  6. 2 mai 1312
    Ad providam
    biens des Templiers

    Les biens du Temple sont principalement attribués à l'ordre de l'Hôpital pour la cause de la Terre sainte.[42]

  7. 6 mai 1312
    Troisième session
    clôture

    Le concile se clôt ; plusieurs constitutions seront ensuite intégrées aux Clémentines par Jean XXII.[43]

Pour aller plus loin

  • Lire Lyon II : le concile précédent, autour de l'union avec les Grecs, de la croisade et du conclave.
  • Lire Florence : un autre concile d'union et de clarification doctrinale.
  • Lire L'âme immédiatement créée par Dieu : pour approfondir la doctrine catholique de l'âme spirituelle.
  • Retenir le cœur du sujet : Vienne supprime l'ordre du Temple par provision apostolique, affirme l'âme comme forme du corps humain et prépare une réforme juridique ensuite transmise par les Clémentines.

Notes et références

  1. Encyclopaedia Britannica, "Council of Vienne" : Vienne est choisie parce qu'elle est accessible et se trouve dans un État pratiquement indépendant, non acquis par la France avant 1349. Source consultée : https://www.britannica.com/event/Council-of-Vienne.

    1 7
  2. Norman P. Tanner (éd.), Decrees of the Ecumenical Councils, vol. 1, Georgetown University Press, 1990, "Council of Vienne 1311-1312", introduction ; texte anglais reproduit par Laikos : dossiers Templiers, Terre sainte, réforme, méthode de travail et réception. Source : https://www.laikos.org/council_of_vienne_13111312_a.htm.

    2
  3. Concile de Vienne, constitution Fidei catholicae fundamento, décret [1], dans Tanner/EWTN, "Council of Vienne" : le concile rejette comme erronée toute proposition niant que la substance de l'âme rationnelle ou intellective soit par elle-même et essentiellement forme du corps humain. Source : https://www.ewtn.com/catholicism/library/council-of-vienne-1542.

    3 17 18
  4. Tanner, introduction à Vienne, Laikos : convocation par la bulle Regnans in caelis du 12 août 1308 à Poitiers ; Clément V est resté en France depuis son élection.

    4 37
  5. Encyclopaedia Britannica, "Council of Vienne" : concile convoqué par Clément V à l'insistance de Philippe IV, qui demandait le procès posthume de Boniface VIII et la suppression des Templiers.

    5
  6. Tanner, introduction à Vienne, Laikos, passage d'ouverture (« The council began at Vienne on the 16 October 1311... ») : 20 cardinaux, 4 patriarches, environ 100 archevêques et évêques ; trois questions principales présentées par Clément V.

    6 38
  7. Johann Peter Kirsch, "Council of Vienne (1311-12)", The Catholic Encyclopedia, vol. 15, New York, Robert Appleton Company, 1912, New Advent : deuxième session le 3 avril 1312, troisième session et clôture le 6 mai 1312. Source : https://www.newadvent.org/cathen/15423a.htm.

    8
  8. Tanner, introduction à Vienne, Laikos, passage sur la méthode de travail : travail conduit hors de la pleine assemblée, par consistoire de cardinaux et commission élue par les pères, l'assemblée confirmant les bulles et décrets.

    9
  9. Kirsch, New Advent : des décrets furent promulgués plus tard, le 25 octobre 1317, par Jean XXII avec d'autres décrets de Clément V, sous la collection des Clémentines dans le Corpus Iuris Canonici.

    10 43
  10. Tanner, introduction à Vienne, Laikos, passage sur l'examen de l'affaire des Templiers : les pères conciliaires étudièrent longuement le dossier et auraient probablement préféré permettre à l'ordre de se défendre plutôt que le condamner sans preuve sûre.

    11 15
  11. Clément V, Vox in excelso, 22 mars 1312, dans Tanner/Daily Catholic part two : "not by definitive sentence, but by apostolic provision or ordinance, we suppress, with the approval of the sacred council, the order of Templars..." Source : https://www.dailycatholic.org/history/15ecume2.htm.

    12 40
  12. Tanner, introduction à Vienne, Laikos, passage sur la pression de Philippe IV : assemblée générale du roi à Lyon en mars 1312, arrangements secrets du 17 au 29 février 1312, arrivée du roi à Vienne le 20 mars.

    13 39
  13. Kirsch, New Advent : à la deuxième session, Boniface VIII est déclaré pape légitime et absous des accusations ; renouvellement d'un décret absolvant le roi de France de sa responsabilité dans l'affaire.

    14
  14. Clément V, Vox in excelso et Ad providam, Tanner/Daily Catholic part two : réserve des personnes et biens au Siège apostolique, puis transfert des biens à l'ordre de l'Hôpital pour la fin initiale d'aide à la Terre sainte.

    16
  15. Vᵉ concile du Latran, constitution Apostolici regiminis (1513), Denzinger-Hünermann § 1440 : reprise de la doctrine de Vienne et affirmation de l'immortalité de l'âme rationnelle individuelle.

    19
  16. Kirsch, New Advent : le 22 mars 1312 Clément annonce la suppression aux cardinaux ; le 3 avril, seconde session formelle en présence de Philippe IV et de ses trois fils, promulgation de la décision.

    20 41
  17. Tanner, introduction à Vienne, Laikos, passage sur le contexte de Vox in excelso : seconde session du 3 avril 1312, bulles suivantes Ad providam, Nuper in concilio, Considerantes.

    21
  18. Clément V, Vox in excelso, Tanner/Daily Catholic part two : plus de quatre cinquièmes des cardinaux et élus par le concile jugent préférable de supprimer l'ordre par ordonnance et provision apostolique.

    22
  19. Tanner, introduction à Vienne, Laikos, passage sur les bulles templières : Ad providam (2 mai 1312), Nuper in concilio (16 mai 1312), Considerantes (6 mai 1312), Licet dudum (18 décembre 1312), Dudum in generali concilio (31 décembre 1312), Licet pridem (13 janvier 1313).

    23 42
  20. Kirsch, New Advent : troisième session du 6 mai 1312, lecture d'une lettre de Philippe IV promettant de prendre la croix avec ses fils et de commencer la croisade dans les six ans.

    24
  21. Kirsch, New Advent : dîme ecclésiastique de six ans pour la Terre sainte ; la croisade ne se réalisa pas ; en France, les revenus furent employés par le roi à la guerre contre la Flandre.

    25
  22. Johann Peter Kirsch, « Council of Vienne (1311-12) », The Catholic Encyclopedia, vol. 15, 1912, New Advent, passage sur les propositions de réforme : mémoire de Guillaume Durand, évêque de Mende, celui de « Major, Bishop of Angers » — Guillaume Le Maire, évêque d'Angers de 1291 au 13 mai 1314, présent au concile en 1311 — et celui de Jacques Duèze, futur Jean XXII. Le mémoire de l'évêque d'Angers est édité dans la Collection des documents inédits sur l'histoire de France, Mélanges historiques, t. II (1877), p. 471 sqq. Source : https://www.newadvent.org/cathen/15423a.htm.

    26
  23. Kirsch, New Advent : liste des sujets traités par les décrets de Vienne et les Clémentines, dont Franciscains spirituels, pauvreté, mendiants, visites, béguines, heures, fondations, bénéfices, langues orientales, Inquisition et clergé.

    27
  24. Concile de Vienne, décret sur les béguines, Tanner/Daily Catholic / Laikos : femmes appelées béguines, sans obéissance ni règle approuvée, prêchant sur Trinité, essence divine, articles de foi et sacrements ; interdiction du mode de vie.

    28
  25. Concile de Vienne, décret sur les béguines, Laikos (« we in no way intend... to forbid any faithful women... from living uprightly in their hospices... ») : le concile ne veut pas interdire aux femmes fidèles de vivre honnêtement en esprit de pénitence et de service du Seigneur.

    29
  26. Concile de Vienne, décret [29] "that usury is a sin", Tanner/EWTN, "Council of Vienne" (« if indeed someone has fallen into the error of presuming to affirm pertinaciously that the practice of usury is not sinful, we decree that he is to be punished as a heretic ») : condamnation de ceux qui soutiennent obstinément que l'usure n'est pas péché, à punir comme hérétiques. Source : https://www.ewtn.com/catholicism/library/council-of-vienne-1542.

    30
  27. Concile de Vienne, décret sur les langues, Laikos (« schools be established... at Paris, Oxford, Bologna and Salamanca... Hebrew, Arabic and Chaldaic... two experts for each language in each place ») : écoles d'hébreu, arabe et chaldéen à la curie, Paris, Oxford, Bologne et Salamanque ; deux experts pour chaque langue et chaque lieu.

    31 36
  28. Concile de Vienne, décret [34], Laikos (« capture ecclesiastics frequently and detain them... until they resign their benefices ») : peines contre ceux qui capturent ou détiennent des évêques ou clercs et les contraignent à résigner leurs bénéfices.

    32
  29. Concile de Vienne, décret sur les abus des frères, Tanner/Laikos : revenus accumulés, interventions dans les procès, exécution de testaments, usure, bâtiments somptueux et richesses contraires à la pauvreté professée.

    33
  30. Tanner, introduction à Vienne, Laikos, passage sur les constitutions de la troisième session : « We adopt Mueller's opinion that 38 constitutions may be counted as such, but only 20 of these have the words "with the approval of the sacred council". » Il s'agit d'Ewald Müller, o.f.m., Das Konzil von Vienne, 1311-1312 : seine Quellen und seine Geschichte, Münster, Aschendorff, 1934.

    34
  31. Malcolm Barber, The Trial of the Templars, Cambridge University Press, 2e éd., 2006 : exécution de Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay à Paris en mars 1314, après leur rétractation publique. Récit corroboré par Kirsch, « Templars », New Advent : arrêtés comme relaps après la rétractation, ils sont brûlés sur ordre de Philippe IV. Source : https://www.newadvent.org/cathen/14493a.htm.

    35