La Curie romaine

La Curie romaine est l'ensemble des dicastères, tribunaux et offices par lesquels le pape gouverne l'Église catholique dans le monde entier, depuis les réformes de Sixte-Quint jusqu'à celle du pape François en 2022.

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La Curie romaine est l'ensemble des institutions — la Secrétairerie d'État, les dicastères, les tribunaux et les offices économiques — par lesquelles le pape exerce son gouvernement pastoral et administratif sur l'Église catholique tout entière. Selon la formule inaugurale de la constitution qui la régit aujourd'hui, elle est « l'institution que le Pontife romain utilise ordinairement dans l'exercice de son office pastoral suprême et de sa mission universelle dans le monde »[1]. Distincte à la fois du Saint-Siège — le sujet de droit international constitué par le pape et ses organes —, de l'État de la Cité du Vatican — le territoire souverain né des accords du Latran en 1929 — et de la Secrétairerie d'État — qui n'en est qu'une composante, bien que la plus proche du pape —, la Curie romaine forme, depuis le Moyen Âge, l'appareil de gouvernement central du catholicisme.

Son histoire traverse cinq réformes majeures : la bulle Immensa Aeterni Dei de Sixte V en 1588, qui institue les premières congrégations permanentes ; la constitution Sapienti Consilio de Pie X en 1908 ; Regimini Ecclesiae Universae de Paul VI en 1967, qui applique les orientations du concile Vatican II ; Pastor Bonus de Jean-Paul II en 1988 ; et la constitution Praedicate Evangelium du pape François, promulguée le 19 mars 2022 et entrée en vigueur le 5 juin 2022, qui régit aujourd'hui son organisation en seize dicastères, trois organismes de justice, plusieurs organismes économiques et trois services rattachés directement à la personne du pape[2].

Cette dernière réforme a introduit un principe canonique inédit : en vertu de son caractère vicaire — la Curie n'exerce aucun pouvoir propre, mais le pouvoir même du pape qui la constitue —, tout fidèle baptisé, y compris un laïc non ordonné, peut désormais présider un dicastère[3]. Ce principe s'est incarné concrètement dès 2025-2026, avec la nomination de plusieurs femmes à la tête de dicasteries jusqu'alors réservées à des cardinaux, sous les pontificats de François puis de Léon XIV.

Loin d'être une simple administration technocratique, la Curie romaine se comprend, dans la tradition catholique, comme un instrument au service de la communion ecclésiale et non comme un pouvoir en soi. C'est ce que rappelait le pape François dans son célèbre discours des « quinze maladies » du 22 décembre 2014, où il invitait la Curie à se reconnaître comme « un petit modèle de l'Église »[4], appelé comme tout corps ecclésial à la conversion permanente.

Qu'est-ce que la Curie romaine ? Nature et fondement théologique

Une institution « vicaire » au service du pape

La Curie romaine n'est pas un gouvernement autonome superposé à l'autorité pontificale : elle en est l'instrument. La constitution Praedicate Evangelium le formule sans ambiguïté dans son article 5, consacré précisément au « caractère vicaire » de la Curie :

« Toute institution curiale accomplit sa mission en vertu du pouvoir reçu du Pontife romain, au nom duquel elle agit avec un pouvoir vicaire dans l'exercice de son munus primatial. Pour cette raison, tout fidèle peut présider un dicastère ou un organisme, étant pris en compte la compétence, le pouvoir de gouvernement et la fonction de ce dernier. » — Pape François, Constitution apostolique Praedicate Evangelium, art. 5, 19 mars 2022[5]

Ce principe change radicalement la logique juridique qui prévalait depuis des siècles : l'autorité d'un préfet de dicastère ne procède pas de son rang hiérarchique personnel — cardinal, évêque, prêtre ou laïc —, mais uniquement de la fonction que le pape lui confie. C'est cette logique qui rend possible, depuis 2022, la nomination de laïcs et de religieuses non ordonnées à la tête d'organismes qui gouvernent des pans entiers de la vie de l'Église universelle.

Palais apostolique, 2024. Ypsilon from Finland, Wikimedia Commons, CC0.

L'article premier de la même constitution situe cette fonction vicaire dans le cadre plus large de la mission pastorale du pape :

« La Curie romaine est l'institution que le Pontife romain utilise ordinairement dans l'exercice de son office pastoral suprême et de sa mission universelle dans le monde. Elle est au service du Pape, Successeur de Pierre, et des évêques, successeurs des apôtres — selon les modalités propres à la nature de chacun — en exerçant sa fonction propre dans un esprit évangélique, en travaillant pour le bien et au service de la communion, de l'unité et de l'édification de l'Église universelle, et en répondant aux besoins du monde dans lequel l'Église est appelée à accomplir sa mission. » — Pape François, Praedicate Evangelium, art. 1[6]

Le fondement conciliaire : Christus Dominus et la collégialité épiscopale

La légitimité théologique de la Curie romaine, telle que la comprend le catholicisme post-conciliaire, repose sur le décret Christus Dominus du concile Vatican II sur la charge pastorale des évêques, promulgué le 28 octobre 1965[7]. Le décret affirme que le pape « se sert » des dicastères de la Curie dans l'exercice de son pouvoir suprême, plénier et immédiat sur l'Église universelle — un pouvoir qui reste toujours personnellement pontifical, jamais délégué à une bureaucratie autonome :

« Dans l'exercice de son pouvoir suprême, plénier et immédiat sur l'Église universelle, le Pontife romain se sert des dicastères de la Curie romaine ; c'est donc en son nom et par son autorité que ceux-ci remplissent leur tâche pour le bien des Églises et le service des pasteurs sacrés. » — Concile Vatican II, décret Christus Dominus, § 9, 28 octobre 1965[8]

C'est le même paragraphe qui, en demandant une « nouvelle organisation » des dicastères « plus en rapport avec les besoins des temps, des pays et des rites », ouvre la voie aux cinq réformes qui se succéderont de 1967 à 2022. Le paragraphe suivant, moins connu mais décisif, anticipe de plus d'un demi-siècle le principe vicaire de 2022 : il demande explicitement que les dicastères « entendent davantage des laïcs, réputés pour leurs qualités, leur science et leur expérience »[9] — la même intuition conciliaire que la réforme de 2022 conduira jusqu'à son terme logique en confiant à des laïcs et à des religieuses non ordonnées la présidence même de certains dicastères.

« Les Pères du Concile estiment très utile que ces mêmes dicastères entendent davantage des laïcs, réputés pour leurs qualités, leur science et leur expérience, en sorte que ces laïcs aussi jouent dans les affaires de l'Église le rôle qui leur revient. » — Concile Vatican II, Christus Dominus, § 10[10]

Distinguer Curie romaine, Saint-Siège, État de la Cité du Vatican et Secrétairerie d'État

La langue courante confond souvent ces quatre réalités, qui restent pourtant juridiquement distinctes. Le Saint-Siège est le sujet de droit international constitué par le pape et les organes qui l'assistent dans le gouvernement de l'Église universelle — antérieur de plusieurs siècles à l'État territorialLe Saint-Siège. L'État de la Cité du Vatican est le territoire souverain de 44 hectares créé par les accords du Latran du 11 février 1929, gouverné par le Gouvernorat sous l'autorité du papeLa création de l'État de la Cité du Vatican (11 février 1929). La Curie romaine, objet du présent article, est l'appareil de gouvernement pastoral de l'Église universelle — distinct du Gouvernorat, qui n'administre que le territoire vatican. La Secrétairerie d'État, enfin, n'est qu'une composante de la Curie, mais la plus proche du pape : elle coordonne l'action des dicastères et conduit la diplomatie pontificaleLa Secrétairerie d'État.

L'article 12 de Praedicate Evangelium fixe la composition officielle de la Curie romaine dans ces termes :

« § 1. La Curie romaine est composée de la Secrétairerie d'État, des dicastères et des organismes, tous juridiquement égaux. § 2. L'expression institutions curiales désigne les unités de la Curie romaine dont il est question au § 1. § 3. Les services de la Curie romaine sont la Préfecture de la Maison Pontificale, l'Office des Célébrations Liturgiques du Souverain Pontife et le Camerlingue de la Sainte Église Romaine. » — Praedicate Evangelium, art. 12[11]

Ce paragraphe introduit une nouveauté importante par rapport aux réformes antérieures : les dicastères et les autres organismes sont désormais déclarés « tous juridiquement égaux »[12] — abolissant la hiérarchie implicite qui plaçait autrefois la Congrégation pour la Doctrine de la Foi au-dessus des autres dicastères.

Aux origines de la Curie : du consistoire médiéval aux congrégations permanentes

Le consistoire, gouvernement collégial du pape et des cardinaux

Avant l'apparition des congrégations spécialisées, le pape gouvernait l'Église en s'entourant du consistoire — l'assemblée des cardinaux réunis autour de lui — assisté d'offices déjà anciens : la chancellerie apostolique, chargée de la rédaction et de l'expédition des actes pontificaux, la chambre apostolique, responsable des finances, et la dataria, compétente pour les grâces et dispenses. Le terme même de « curie romaine » apparaît pour la première fois dans un document du pape Urbain II en 1089[13], preuve que l'idée d'un gouvernement central structuré autour du pape est déjà ancienne à la fin du XIᵉ siècle — bien avant les grandes réformes de l'époque moderne. Cette période longue, de l'Avignon pontifical au concile de Trente, voit la question de la réforme de la Curie rester une préoccupation constante de la société ecclésiastique et civile[14].

Le premier jalon de la Curie moderne au sens strict — une institution permanente et spécialisée, distincte du consistoire ponctuel — est la bulle Licet ab initio de Paul III, datée du 21 juillet 1542, qui institue une commission permanente de six cardinaux chargée de veiller sur les questions de foi[15]. C'est la « Sainte Inquisition romaine et universelle », ancêtre direct de l'actuel Dicastère pour la Doctrine de la FoiDicastère pour la Doctrine de la Foi.

Paul III et la naissance du Saint-Office (1542)

Paul III par Titien (1545-1546), musée de Capodimonte. Wikimedia Commons / WGA, domaine public.

La bulle Licet ab initio confie à cette commission de cardinaux la lutte contre les hérésies naissantes de la Réforme protestante. Ses compétences s'élargissent rapidement : en 1555, Paul IV étend son autorité aux questions morales ; en 1571, Pie V fonde une congrégation distincte pour l'Index des livres interdits ; en 1588, Sixte V étend encore le domaine d'action de l'institution à tout ce qui concerne, directement ou indirectement, la foi et la morale[16]. Cette dynamique d'extension progressive des compétences, typique du gouvernement pontifical de l'époque moderne, aboutira à la grande réforme structurelle de 1588.

La grande réforme de Sixte V : la bulle Immensa Aeterni Dei (1588)

C'est avec Sixte V que la Curie romaine acquiert sa première architecture véritablement systématique. Par la bulle Immensa Aeterni Dei, promulguée le 22 janvier 1588, le pape institue quinze congrégations permanentes de cardinaux, dotées chacune de compétences définies et spécialisées[17]. Environ la moitié de ces congrégations concernent le gouvernement des États pontificaux (l'Annone, la Marine, les Routes et les Eaux, la Consulte d'État), tandis que les autres organisent le gouvernement de l'Église universelle : l'Inquisition, les Rites et cérémonies sacrées, l'Index des livres interdits, l'érection des églises et les nominations consistoriales, les Réguliers, les Évêques[18].

Cette réforme a un effet politique et ecclésiologique majeur : en confiant à des organismes collégiaux spécialisés des compétences autrefois exercées de façon diffuse par le Sacré Collège dans son ensemble, elle brise le pouvoir corporatif des cardinaux en tant que groupe et le redistribue selon des fonctions précises — jetant ainsi les bases du gouvernement curial moderne, où chaque cardinal préfet répond directement au pape pour un domaine circonscrit[19]. Certains historiens du gouvernement pontifical y voient la première authentique « constitution apostolique » de la Curie romaine, au sens où on l'entend aujourd'hui[20].

  1. 21 juillet 1542
    Licet ab initio — Paul III

    Institution de la Sainte Inquisition romaine et universelle, commission permanente de six cardinaux chargée de la foi. Ancêtre direct de l'actuel Dicastère pour la Doctrine de la Foi.

  2. 22 janvier 1588
    Immensa Aeterni Dei — Sixte V

    Création de quinze congrégations permanentes de cardinaux, première architecture systématique de la Curie moderne.

  3. 29 juin 1908
    Sapienti Consilio — Pie X

    Réorganisation et simplification des dicastères, suppression des organismes devenus inutiles après la perte des États pontificaux.

  4. 15 août 1967
    Regimini Ecclesiae Universae — Paul VI

    Réforme post-conciliaire : mandats de cinq ans, admission d'évêques non-cardinaux comme membres des congrégations.

  5. 28 juin 1988
    Pastor Bonus — Jean-Paul II

    Codification de la Curie en conformité avec le nouveau Code de droit canonique de 1983.

  6. 19 mars 2022 — 5 juin 2022
    Praedicate Evangelium — François

    Promulgation le 19 mars 2022, entrée en vigueur le 5 juin, jour de la Pentecôte. Seize dicastères, principe vicaire, tout baptisé peut présider un organisme curial.

Adapter le gouvernement de l'Église à son temps : les réformes modernes

Pie X et la simplification de 1908 : Sapienti Consilio

Après la perte des États pontificaux en 1870, plusieurs des quinze congrégations créées par Sixte V — celles qui géraient l'administration territoriale (Annone, Routes, Marine) — n'avaient plus d'objet. Pie X engage donc, avec la constitution Sapienti Consilio du 29 juin 1908, la troisième grande réforme de l'histoire de la Curie[21] : elle supprime les dicastères devenus inutiles, concentre les prérogatives des organismes survivants et instaure une nouvelle architecture des tribunaux[22]. Cette réforme est intimement liée à un second chantier majeur du même pontificat : la codification du droit canonique, officiellement lancée en mars 1904 et qui aboutira au premier Code de droit canonique de 1917[23]. C'est également en 1908, dans le cadre de cette même réforme, que Pie X institue le Tribunal suprême de la Signature apostolique comme cour d'appel et de cassation pour tous les tribunaux ecclésiastiques, doublée d'une compétence de tribunal administratif[24].

Paul VI, Vatican II et Regimini Ecclesiae Universae (1967)

Infographie originale Ignispedia créée par IA — six jalons historiques, synthèse des réformes documentées dans cette section.

Le 28 octobre 1965, au terme des débats conciliaires ayant abouti à Christus Dominus, les évêques réunis à Vatican II demandent explicitement au pape Paul VI de réorganiser les dicastères « en ce qui concerne leur nombre, leur dénomination, leur compétence »[25]. Paul VI répond à cette demande par la constitution Regimini Ecclesiae Universae, promulguée le 15 août 1967[26]. Cette réforme post-conciliaire introduit trois innovations durables : les membres des congrégations peuvent désormais être choisis parmi des évêques non-cardinaux, et non plus seulement parmi les cardinaux comme depuis Sixte V[27] ; les nominations à la tête des dicastères et comme membres sont limitées à des mandats de cinq ans[28] — principe que la réforme de 2022 reprendra et généralisera ; enfin, la Secrétairerie d'État est restructurée, avec la suppression de la Chancellerie des Brefs apostoliques et la transformation de l'ancienne Congrégation pour les Affaires ecclésiastiques extraordinaires en un Conseil pour les affaires publiques de l'Église, distinct mais étroitement lié à la Secrétairerie d'État[29].

Jean-Paul II et la codification de Pastor Bonus (1988)

Le nouveau Code de droit canonique promulgué par Jean-Paul II en 1983 rendait nécessaire une mise à jour de l'organisation curiale héritée de 1967. La constitution Pastor Bonus, promulguée le 28 juin 1988, répond à cette exigence en redéfinissant la Curie comme « l'ensemble des dicastères et des organismes qui aident le Souverain Pontife dans l'exercice de sa charge suprême de pasteur pour le bien et le service de l'Église universelle et des Églises particulières »[30]. Pastor Bonus distingue précisément la Secrétairerie d'État, neuf congrégations (Doctrine de la Foi, Églises orientales, Culte divin et discipline des sacrements, Causes des saints, Évêques, Évangélisation des peuples, Clergé, Instituts de vie consacrée, Éducation catholique), plusieurs conseils pontificaux, les tribunaux, les offices administratifs et les commissions pontificales[31]. Cette architecture restera en vigueur pendant plus de trente ans, jusqu'à son remplacement par Praedicate Evangelium en 2022.

La Curie romaine aujourd'hui : la constitution Praedicate Evangelium (2022)

Une réforme mûrie pendant neuf ans

Infographie originale Ignispedia créée par IA — la réforme de 2022, d'après Praedicate Evangelium, préambule et normes générales.

Élu en mars 2013 sur un mandat implicite de réforme de la Curie, le pape François confie dès le début de son pontificat à un Conseil de cardinaux (le « C9 ») le soin d'élaborer une nouvelle constitution. Le texte, mûri pendant neuf années de consultations, est promulgué le 19 mars 2022, en la solennité de saint Joseph, et entre en vigueur le 5 juin 2022, jour de la Pentecôte[32]. Praedicate Evangelium — littéralement « Prêchez l'Évangile », premiers mots du texte tirés de l'évangile selon saint Marc[33] — remplace intégralement Pastor Bonus et abandonne le vocabulaire ancien de « congrégations » et de « conseils pontificaux » au profit d'un terme unique : le dicastère, du grec dikastèrion, qui désignait dans l'Antiquité un tribunal ou une cour de justiceDicastère pour la Doctrine de la Foi.

Le principe directeur de la réforme, énoncé dès le préambule, place l'évangélisation au cœur du gouvernement central de l'Église — d'où la place, désormais première, du Dicastère pour l'Évangélisation, présidé par le pape lui-même. Le texte affirme aussi que la réforme n'est jamais une fin en soi :

« La réforme n'est pas une fin en soi, mais un moyen pour apporter un fort témoignage chrétien. » — Pape François, Praedicate Evangelium, préambule, § 12[34]

Le principe vicaire : tout baptisé peut gouverner un dicastère

L'innovation la plus commentée de la réforme de 2022 reste l'article 5 déjà cité : parce que l'autorité d'un dicastère procède du pape et non du rang hiérarchique de son titulaire, « tout fidèle peut présider un dicastère ou un organisme »[35]. Un commentaire canonique paru à la Revue L'Année canonique souligne que ce principe rompt avec un présupposé implicite jusqu'alors jamais formellement remis en cause : l'autorité gouvernementale au sein de la Curie ne dépend pas du degré hiérarchique propre à la personne qui assume la fonction, mais du fait qu'il s'agit toujours, quelle que soit l'identité du titulaire, de l'autorité même du Pontife romain assumée par l'institution curiale en question[36].

Ce principe puise sa justification théologique dans le baptême lui-même : Praedicate Evangelium rappelle que « tout chrétien, en vertu de son baptême, est un disciple missionnaire »[37], reprenant une intuition déjà présente dans l'exhortation apostolique Evangelii Gaudium de 2013. La première application concrète de ce principe intervient dès janvier 2025, lorsque le pape François nomme sœur Simona Brambilla préfète du Dicastère pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique[38] — un poste auparavant toujours confié à un cardinal.

Mandats, collégialité et limite d'âge

Praedicate Evangelium reprend et durcit le principe des mandats limités introduit par Paul VI en 1967 :

« Le préfet, ou son équivalent, les membres, le secrétaire, le sous-secrétaire et les autres officiaux affectés comme chefs de bureau, leurs équivalents et experts, ainsi que les consulteurs, sont nommés par le Pontife romain pour un mandat de cinq ans. » — Praedicate Evangelium, art. 17 § 1[39]

Une seconde disposition fixe une limite d'âge stricte, cohérente avec celle qui s'applique déjà aux évêques diocésains depuis Vatican II :

« Les membres qui ont atteint l'âge de quatre-vingts ans perdent leur charge. » — Praedicate Evangelium, art. 17 § 3[40]

Cette double contrainte — mandat quinquennal et limite d'âge — explique le rythme soutenu des nominations observé depuis 2022 : plusieurs préfets nommés sous Jean-Paul II ou Benoît XVI ont atteint la limite d'âge ou l'échéance de leur second mandat au cours des années 2025-2026, ouvrant la voie à un renouvellement générationnel significatif de la Curie sous Léon XIV.

Les seize dicastères, instruments du gouvernement pastoral

La colonne vertébrale de la Curie réformée est constituée de seize dicastères, tous juridiquement égaux entre eux depuis 2022[41], chacun structuré autour d'un préfet, de membres, d'un secrétaire, de sous-secrétaires et d'officiaux[42].

DicastèreArticles de la constitutionCompétence principale
ÉvangélisationArt. 53-68Missions, nouvelle évangélisation ; présidé par le pape lui-même
Doctrine de la FoiArt. 69-78Doctrine, mœurs, delicta graviora ; héritier direct du Saint-Office de 1542
Service de la CharitéArt. 79-81Charité au nom du pape ; héritier de l'Aumônerie apostolique
Églises orientalesArt. 82-87Relations avec les Églises catholiques orientales
Culte divin et Discipline des sacrementsArt. 88-97Liturgie, sacrements
Causes des SaintsArt. 98-102Procès de béatification et de canonisation
ÉvêquesArt. 103-112Nomination et gouvernement des évêques diocésains
ClergéArt. 113-120Formation et discipline des prêtres et diacres
Instituts de Vie Consacrée et Sociétés de Vie ApostoliqueArt. 121-127Ordres religieux, congrégations, instituts séculiers
Laïcs, Famille et VieArt. 128-141Mouvements laïcs, pastorale familiale, défense de la vie
Promotion de l'Unité des ChrétiensArt. 142-146Œcuménisme
Dialogue InterreligieuxArt. 147-152Relations avec les autres religions
Culture et ÉducationArt. 153-162Universités catholiques, patrimoine culturel de l'Église
Service du Développement Humain IntégralArt. 163-174Justice sociale, migrants, écologie intégrale, santé
Textes LégislatifsArt. 175-182Interprétation authentique du droit canonique
CommunicationArt. 183-188Médias du Saint-Siège (Vatican News, L'Osservatore Romano, etc.)

Lecture du tableau : chaque dicastère est cité avec la plage d'articles qui lui est consacrée dans la constitution Praedicate Evangelium*, promulguée le 19 mars 2022[43].*

Le Dicastère pour l'Évangélisation, présidé par le pape lui-même

Infographie originale Ignispedia créée par IA — deux sections au service de l'évangélisation, Praedicate Evangelium, art. 53-68 ; intitulés simplifiés.

Signe de la priorité affirmée par Praedicate Evangelium, le Dicastère pour l'Évangélisation ouvre désormais la liste des seize dicastères — une place jusqu'alors occupée par la Doctrine de la Foi. Il réunit deux anciennes institutions distinctes, la Congrégation pour l'Évangélisation des Peuples (héritière de la Propaganda Fide fondée en 1622) et le Conseil pontifical pour la Nouvelle Évangélisation, et présente la particularité d'être présidé directement par le pape, chaque section étant dirigée par un pro-préfet.

Le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, la plus ancienne congrégation vivante

Palais du Saint-Office. Geobia, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Héritier direct de la Sainte Inquisition romaine et universelle instituée par Paul III en 1542, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi est la plus ancienne institution curiale encore en fonction. Son histoire institutionnelle complète — de l'Inquisition au Saint-Office (1908), puis à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (1965) et enfin au Dicastère actuel (2022) — fait l'objet d'un article Ignispedia spécifique.

📖 Voir l'article détaillé : Dicastère pour la Doctrine de la Foi — histoire complète depuis 1542, préfets successifs, compétences actuelles.

Le Dicastère pour le Service de la Charité, héritier de l'Aumônerie apostolique

Nouveauté de 2022, ce dicastère élève au rang de dicastère l'ancienne Aumônerie apostolique (Elemosineria Apostolica), office chargé depuis des siècles de distribuer l'aumône pontificale aux pauvres de Rome et du monde au nom du pape. Sa transformation en dicastère à part entière traduit la volonté de Praedicate Evangelium de placer la charité concrète envers les plus pauvres au même rang institutionnel que le gouvernement doctrinal ou disciplinaire de l'Église[44].

Les organismes de justice : les trois tribunaux du Saint-Siège

Distincts des dicastères, trois tribunaux exercent au nom du pape la fonction judiciaire de l'Église universelle, régis par les articles 189 à 204 de Praedicate Evangelium[45].

La Pénitencerie apostolique, tribunal de la miséricorde

Infographie originale Ignispedia créée par IA — trois organismes de justice, synthèse de Praedicate Evangelium, art. 189-204.

La Pénitencerie apostolique est le plus ancien tribunal encore en activité de tout le Saint-Siège : ses origines remontent à la fin du XIIᵉ siècle, lorsqu'un cardinal paenitentiarius reçoit du pape la délégation d'accorder absolutions et dispenses en matière de conscience, tant au for interne qu'au for externe[46]. Érigée en office curial permanent au XIIIᵉ siècle, ses compétences sont élargies à plusieurs reprises aux XIVᵉ et XVᵉ siècles, avant d'être radicalement recentrées par Pie V en 1569, qui restreint son domaine presque exclusivement au for interne — c'est-à-dire aux questions de conscience et d'absolution qui ne relèvent d'aucune autre juridiction ecclésiastique, y compris les cas les plus graves réservés au Siège apostolique[47]. Contrairement aux deux autres tribunaux, la Pénitencerie apostolique ne publie jamais ses décisions : le secret absolu qui protège le for interne est au fondement même de son fonctionnement.

Le Tribunal de la Rote romaine

La Rote romaine est le tribunal d'appel ordinaire du Saint-Siège, compétent en particulier pour les causes de nullité de mariage jugées en seconde instance après un premier jugement diocésain[48]. Issue de la chancellerie apostolique médiévale, elle est érigée en tribunal véritable par Innocent III, qui lui donne le pouvoir de prononcer sentence ; Jean XXII lui donne son premier règlement propre par la constitution Ratio Juris en 1331, et Benoît XIV en redéfinit la compétence par la constitution Iustitiae et Pacis en 1747[49]. Aujourd'hui composée d'une vingtaine de juges appelés « auditeurs », qui statuent en formation de trois (des « tours »), la Rote romaine reste la juridiction de référence pour le droit matrimonial canonique dans le monde entier[50].

Le Tribunal suprême de la Signature apostolique

La Signature apostolique est le tribunal suprême de l'Église, instituée sous sa forme moderne par Pie X en 1908, dans le cadre de la même réforme Sapienti Consilio qui simplifie l'ensemble des congrégations[51]. Elle exerce une double fonction : cour de cassation, elle connaît des recours en nullité contre les sentences de la Rote romaine ; tribunal administratif, elle juge les recours contre les actes administratifs des dicastères de la Curie[52]. Elle veille en outre à la bonne administration de la justice dans l'ensemble de l'Église catholique[53].

Les organismes économiques : administrer le patrimoine du Saint-Siège

Les scandales financiers qui ont affecté le Saint-Siège au tournant des années 2010 — de l'affaire Vatileaks aux enquêtes sur la gestion immobilière de la Secrétairerie d'État — ont conduit le pape François à réorganiser en profondeur les organismes économiques de la Curie, dont Praedicate Evangelium consacre l'architecture actuelle.

L'Administration du patrimoine du Siège apostolique (APSA)

Infographie originale Ignispedia créée par IA — les fonctions économiques, d'après la section sur les organismes économiques de Praedicate Evangelium.

L'APSA est l'organisme chargé d'administrer et de gérer les biens immeubles et meubles du Saint-Siège, ainsi que d'assurer les services de trésorerie, de comptabilité et d'achats nécessaires au fonctionnement quotidien de la Curie romaine[54]. Elle exécute ses opérations financières par l'intermédiaire de l'Institut pour les œuvres de religion (IOR), la banque du Vatican, distincte de la Curie proprement dite mais étroitement liée à elle[55]. Sa gouvernance associe un président, un secrétaire et un conseil composé de cardinaux, d'évêques, de prêtres et de laïcs chargés d'orienter la stratégie et d'évaluer les performances de l'institution[56].

Le Secrétariat et le Conseil pour l'économie

Créés simultanément le 24 février 2014 par le motu proprio Fidelis Dispensator et Prudens, le Secrétariat pour l'économie et le Conseil pour l'économie exercent respectivement le pouvoir exécutif et le pouvoir de contrôle sur l'ensemble des affaires économiques et financières du Saint-Siège et de l'État de la Cité du Vatican[57]. Cette double structure, née dans le contexte des réformes financières engagées après les scandales du début des années 2010, illustre la volonté de séparer la gestion opérationnelle (Secrétariat) de sa surveillance collégiale (Conseil, composé de cardinaux, d'évêques et d'experts laïcs) — un principe de transparence et de contrôle croisé que Praedicate Evangelium consolide en 2022 en inscrivant ces deux organismes dans le texte constitutionnel lui-même[58].

Le Bureau du Réviseur général et le Comité pour les investissements

Praedicate Evangelium inscrit également dans son architecture le Bureau du Réviseur général, chargé de l'audit indépendant des comptes de l'ensemble des administrations du Saint-Siège, ainsi que le Comité pour les investissements, responsable de définir la stratégie de placement des fonds du Saint-Siège en conformité avec la doctrine sociale de l'Église — en excluant notamment les investissements incompatibles avec l'enseignement moral catholique[59]. Le transfert de la gestion du personnel du Saint-Siège, autrefois confiée à la Secrétairerie d'État, vers le Secrétariat pour l'économie constitue l'un des changements structurels les plus significatifs de la réforme de 2022[60].

Les services rattachés directement à la personne du pape

Infographie originale Ignispedia créée par IA — trois services, d'après Praedicate Evangelium, art. 12 § 3.

L'article 12 § 3 de Praedicate Evangelium distingue enfin trois services, distincts des dicastères et des tribunaux, parce qu'ils sont attachés à la personne même du pape plutôt qu'au gouvernement général de l'Église[61] :

  • la Préfecture de la Maison pontificale, qui organise l'agenda, les audiences et les cérémonies du pape ;
  • l'Office des Célébrations liturgiques du Souverain Pontife, responsable des liturgies présidées personnellement par le pape ;
  • le Camerlingue de la Sainte Église romaine, dont la fonction la plus connue — administrer temporairement le Saint-Siège durant la vacance du siège apostolique, entre la mort ou la démission d'un pape et l'élection de son successeur — remonte à la tradition médiévale de l'Église, bien avant la constitution des congrégations modernes.

La Curie romaine en chiffres

DonnéeChiffreAnnée de référence
Effectif total du Saint-Siège3 114 personnes2023
Femmes employées par le Saint-Siège812 personnes (26,1 %)2023
Progression de la part des femmesde 19,3 % à 26,1 %2013-2023
Nombre de dicastères16depuis 2022
Nombre de tribunaux3depuis 1908/2022
Juges de la Rote romaineenviron 21 « auditeurs »actuel
Mandat des officiaux curiaux5 ans renouvelablesdepuis 1967/2022
Âge limite de charge80 ansdepuis 2022

Lecture du tableau : le Saint-Siège dans son ensemble — Curie romaine, nonciatures et institutions rattachées — emploie plus de trois mille personnes ; la part des femmes y a augmenté de sept points de pourcentage en dix ans[62].

Une institution appelée à se convertir : le discours des quinze maladies

« Un petit modèle de l'Église » : la Curie comme corps à guérir

François, 27 avril 2014 (portrait ; ne représente pas le discours à la Curie). Jeffrey Bruno, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.

Toute présentation de la Curie romaine resterait incomplète si elle en faisait un simple organigramme administratif. Dans la tradition catholique, la Curie est d'abord un corps ecclésial, appelé comme tout corps ecclésial à la conversion. C'est le sens du discours prononcé par le pape François le 22 décembre 2014, à l'occasion des vœux de Noël adressés à la Curie, resté célèbre sous le nom de « discours des quinze maladies » :

« Il est beau de penser à la Curie romaine comme à un petit modèle de l'Église, c'est-à-dire comme à un "corps" qui cherche sérieusement et quotidiennement à être plus vivant, plus sain, plus harmonieux et plus uni en lui-même et avec le Christ. » — Pape François, discours à la Curie romaine, 22 décembre 2014[63]

Ce discours n'est pas un exercice de dénigrement institutionnel : il s'inscrit dans la longue tradition catholique de l'examen de conscience, appliquée cette fois à une institution et non à un individu. Le pape y affirme d'ailleurs, dans la même allocution, qu'« une Curie qui ne s'autocritique pas, qui ne se met pas à jour, qui ne cherche pas à s'améliorer est un corps infirme »[64] — refusant ainsi tout autant l'autosatisfaction institutionnelle que le mépris cynique de la fonction curiale elle-même.

Trois maladies emblématiques

Parmi les quinze maladies spirituelles énumérées par le pape François, trois ont particulièrement marqué la réception du discours, tant à l'intérieur de la Curie que dans l'opinion catholique mondiale. La première est celle du bavardage et du commérage, dont le pape souligne la progression insidieuse :

« C'est une maladie grave, qui commence simplement, peut-être seulement par un peu de bavardage, et s'empare de la personne en la transformant en "semeur de zizanie". » — Pape François, discours du 22 décembre 2014[65]

La deuxième maladie dénoncée est celle du « visage funèbre », à l'opposé de la joie évangélique attendue de tout serviteur de l'Église : « l'apôtre doit s'efforcer d'être une personne courtoise, sereine, enthousiaste et gaie qui transmet la joie où qu'elle se trouve »[66]. La troisième, souvent citée comme la plus incisive, est celle de « l'immortalité », c'est-à-dire la tentation de se croire indispensable ou irremplaçable dans une fonction curiale — tentation directement contredite, quelques années plus tard, par l'introduction des mandats limités et de la limite d'âge de quatre-vingts ans dans Praedicate Evangelium[67].

Léon XIV et la continuité de la réforme (2025-2026)

Élu le 8 mai 2025[68], le pape Léon XIV a choisi, dès son audience à la Curie romaine du 24 mai 2025, de réaffirmer explicitement « l'importance de la réforme de la Curie promue par le pape François »[69] — une continuité assumée plutôt qu'une rupture. Cette continuité s'est traduite, dès la première année du pontificat, par une série de nominations qui appliquent concrètement le principe vicaire de l'article 5 : plusieurs femmes, religieuses ou laïques, ont accédé à des fonctions de gouvernement jusqu'alors réservées à des cardinaux.

Nommé(e)FonctionDateParticularité
Sœur Simona BrambillaPréfète du Dicastère pour les Instituts de Vie consacrée6 janvier 2025 (sous François)Première femme préfète d'un dicastère romain[70]
Sœur Raffaella PetriniPrésidente du Gouvernorat de l'État de la Cité du Vatican1ᵉʳ mars 2025 (sous François)Première femme à la tête du Gouvernorat[71]
Mgr Petar RajičPréfet de la Maison pontificale30 mars 2026 (sous Léon XIV)Ancien nonce apostolique en Italie et Saint-Marin[72]
María Montserrat AlvaradoPréfète du Dicastère pour la Communication2 juin 2026, effective au 1ᵉʳ novembre 2026Première femme laïque (non religieuse) préfète d'un dicastère[73]
Sœur Alessandra SmerilliPréfète du Dicastère pour le Service du Développement humain intégral30 juin 2026 (sous Léon XIV)Troisième femme à diriger un dicastère romain[74]

Lecture du tableau : entre janvier 2025 et juillet 2026, cinq nominations illustrent concrètement, sous deux pontificats successifs, le principe vicaire introduit par Praedicate Evangelium*.*

Infographie originale Ignispedia créée par IA — deux cadres institutionnels distincts ; la nomination au Gouvernorat ne constitue pas une nomination dans la Curie.

Sœur Alessandra Smerilli, économiste salésienne, succède au cardinal Michael Czerny, préfet du même dicastère depuis 2022, arrivé à la limite d'âge de quatre-vingts ans fixée par l'article 17 de la constitution[75] — illustration concrète, deux ans après le discours des « quinze maladies », du principe selon lequel nul n'est irremplaçable dans le gouvernement de l'Église. María Montserrat Alvarado, ancienne présidente de la chaîne américaine EWTN News, devient pour sa part la première femme totalement laïque, sans état de vie consacrée, à diriger un dicastère du Saint-Siège[76] — accomplissement le plus littéral, à ce jour, du principe énoncé à l'article 5 de Praedicate Evangelium : « tout fidèle peut présider un dicastère »[77].

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Pape François, Constitution apostolique Praedicate Evangelium sur la Curie romaine et son service à l'Église dans le monde, art. 1, 19 mars 2022, texte officiel en français sur vatican.va.

    1 6
  2. Pape François, Praedicate Evangelium, préambule, § 12, 19 mars 2022, vatican.va. Promulgation le 19 mars 2022, entrée en vigueur le 5 juin 2022 ; voir aussi Wikipedia (en), Praedicate evangelium, en.wikipedia.org/wiki/Praedicate_evangelium.

    2 34
  3. Pape François, Praedicate Evangelium, art. 5, 19 mars 2022, vatican.va.

    3 5 35 77
  4. Pape François, discours à l'occasion de la présentation des vœux de Noël à la Curie romaine, 22 décembre 2014, texte officiel en français sur vatican.va.

    4 63 64 65 66
  5. Concile Vatican II, décret Christus Dominus sur la charge pastorale des évêques dans l'Église, promulgué par Paul VI le 28 octobre 1965, texte officiel en français sur vatican.va. Décret voté par 2 319 voix contre 2.

    7
  6. Concile Vatican II, Christus Dominus, § 9, 28 octobre 1965, vatican.va.

    8 25
  7. Concile Vatican II, Christus Dominus, § 10, 28 octobre 1965, vatican.va.

    9 10
  8. Pape François, Praedicate Evangelium, art. 12 § 1-3, 19 mars 2022, vatican.va.

    11 12 41 61
  9. Sur la première attestation documentaire de l'expression « curie romaine » dans un acte d'Urbain II en 1089, et sur les origines médiévales (consistoire, chancellerie apostolique, chambre apostolique, dataria), voir Wikipédia, Curie romaine, fr.wikipedia.org/wiki/Curie_romaine, qui renvoie notamment à Paul Poupard, Connaissance du Vatican, Beauchesne, 1974, et à Yves Bruley, Histoire de la papauté, Éditions du CLD, 2008.

    13
  10. Yves Bruley, Histoire de la papauté, Éditions du CLD, 2008 ; voir aussi François Jankowiak, La Curie romaine de Pie IX à Pie X : le gouvernement central de l'Église et la fin des États pontificaux (1846-1914), École française de Rome, coll. « Bibliothèque des Écoles françaises d'Athènes et de Rome », 2007, sur la longue durée des débats de réforme curiale entre l'époque avignonnaise et le concile de Trente.

    14
  11. Dicastère pour la Doctrine de la Foi, Histoire, page officielle, doctrinafidei.va/fr/profilo/storia.html. Fondation par la bulle Licet ab initio de Paul III, 21 juillet 1542 ; extension des compétences morales par Paul IV en 1555 ; fondation de la Congrégation de l'Index par Pie V en 1571 ; extension par Sixte V en 1588 ; renommée Saint-Office par Pie X en 1908 ; suppression de la Congrégation de l'Index et réintégration de ses compétences par Benoît XV en 1917 ; renommée Congrégation pour la Doctrine de la Foi par Paul VI en 1965 ; renommée Dicastère par François en 2022.

    15 16
  12. Philippe Levillain (dir.), The Papacy: An Encyclopedia, New York/Londres, Routledge, 2002, article Immensa aeterni Dei ; voir aussi Wikipedia (en), Immensa aeterni Dei, en.wikipedia.org/wiki/Immensa_aeterni_Dei et Congrégation pour les Causes des Saints, Historical note, vatican.va/roman_curia/congregations/csaints/documents/rc_con_csaints_pro_20051996_en.html. Bulle Immensa Aeterni Dei promulguée le 22 janvier 1588, instituant quinze congrégations permanentes de cardinaux.

    17 18 19 20
  13. Sur la réforme Sapienti Consilio de Pie X (29 juin 1908), sa liaison avec la codification du droit canonique lancée en mars 1904, et sa qualification comme « troisième grande réforme » de l'histoire de la Curie, voir Ressources liturgiques — Association Sacrosanctum Concilium, La Constitution apostolique Sapienti consilio du 29 juin 1908, ressources-liturgiques.fr.

    21 22 23
  14. Encyclopédie Universalis, Signature apostolique, tribunal suprême de la, universalis.fr/index/tribunal-supreme-de-la-signature-apostolique ; Larousse, Tribunal suprême de la Signature apostolique, larousse.fr/encyclopedie/divers/tribunal_supr%C3%AAme_de_la_Signature_apostolique/144295. Institution sous sa forme de cour d'appel et de cassation par Pie X en 1908.

    24 51
  15. Wikipedia (en), Pope Paul VI's reform of the Roman Curia, en.wikipedia.org/wiki/Pope_Paul_VI's_reform_of_the_Roman_Curia. Constitution Regimini Ecclesiae Universae promulguée le 15 août 1967, en réponse à la demande des Pères conciliaires du 28 octobre 1965 ; mandats de cinq ans ; admission d'évêques non-cardinaux comme membres ; restructuration de la Secrétairerie d'État.

    26 27 28 29
  16. Pape Jean-Paul II, Constitution apostolique Pastor Bonus sur la Curie romaine, art. 1, 28 juin 1988, texte français relayé sur laportelatine.org/documents/magistere/constitution-apostolique-1988-curie-romaine-pastor-bonus.

    30
  17. Pape Jean-Paul II, Pastor Bonus, 28 juin 1988, liste des neuf congrégations et des organismes curiaux tels qu'énumérés dans le texte, relayé sur laportelatine.org/documents/magistere/constitution-apostolique-1988-curie-romaine-pastor-bonus.

    31
  18. Wikipedia (en), Praedicate evangelium, en.wikipedia.org/wiki/Praedicate_evangelium. Constitution développée pendant neuf ans par le Conseil des cardinaux (C9), promulguée le 19 mars 2022, entrée en vigueur le 5 juin 2022 (Pentecôte).

    32
  19. Évangile selon saint Marc 16, 15 : « Allez dans le monde entier, proclamez l'Évangile (praedicate Evangelium) à toute la création », verset donnant son titre à la constitution apostolique de 2022.

    33
  20. Sur le principe du caractère vicaire des institutions curiales et son application aux laïcs, voir Revue L'Année canonique, 2022/1, articles Réflexions sur la mission canonique confiée aux laïcs dans la constitution Prædicate Evangelium et Des fidèles du Christ laïcs à des postes de gouvernement et de responsabilité au sein de la Curie romaine, droit.cairn.info/revue-l-annee-canonique-2022-1-page-143 et droit.cairn.info/revue-l-annee-canonique-2022-1-page-179.

    36 37
  21. Vatican News, Sœur Simona Brambilla devient la première femme préfète au Vatican, 6-7 janvier 2025, vaticannews.va/fr/pape/news/2025-01/s-ur-simona-brambilla-premiere-femme-prefete-au-vatican.html ; voir aussi CathoBel, Qui est Simona Brambilla, la première préfète d'un dicastère de la Curie romaine ?, janvier 2025. Nomination le 6 janvier 2025 comme préfète du Dicastère pour les Instituts de Vie consacrée et les Sociétés de Vie apostolique, avec le cardinal Ángel Fernández Artime comme pro-préfet ; ancienne supérieure générale des Missionnaires de la Consolata (2011-2023), secrétaire du même dicastère depuis le 7 octobre 2023.

    38 70
  22. Pape François, Praedicate Evangelium, art. 17 § 1 et § 3, 19 mars 2022, vatican.va.

    39 40 67
  23. Pape François, Praedicate Evangelium, art. 13 (structure standard des dicastères : préfet, membres, secrétaire, sous-secrétaires, officiaux), art. 26 (sessions ordinaires et plénières), 19 mars 2022, vatican.va.

    42
  24. Pape François, Praedicate Evangelium, articles 53 à 188 (titres III à VII, section consacrée aux seize dicastères), 19 mars 2022, vatican.va.

    43 44
  25. Pape François, Praedicate Evangelium, art. 189 à 204 (Pénitencerie apostolique, art. 190-193 ; Tribunal suprême de la Signature apostolique, art. 194-199 ; Tribunal de la Rote romaine, art. 200-204), 19 mars 2022, vatican.va.

    45
  26. Sur les origines de la Pénitencerie apostolique remontant à la fin du XIIᵉ siècle, son érection en office curial permanent au XIIIᵉ siècle et sa restructuration par Pie V en 1569 recentrant sa compétence sur le for interne, voir Omnes, La Pénitencerie apostolique, le « Tribunal de la miséricorde », omnesmag.com/en/news/penitentiary-apostolic ; voir aussi École française de Rome, Souverain et pontife — IV. Tribunaux et offices de Curie, books.openedition.org/efr/1873.

    46 47
  27. Aleteia, La Rote romaine, qu'est-ce que c'est ?, 21 mai 2024, fr.aleteia.org/2024/05/21/quest-ce-que-la-rote-romaine ; voir aussi Tribunal de la Rote romaine, Profil, vatican.va/content/romancuria/fr/organismi-di-giustizia/tribunale-della-rota-romana/profilo.html. Érection en tribunal par Innocent III ; premier règlement par la constitution Ratio Juris de Jean XXII, 1331 ; compétence redéfinie par la constitution Iustitiae et Pacis de Benoît XIV, 1747 ; environ vingt-et-un juges auditeurs statuant en formation de trois.

    48 49 50
  28. Tribunal suprême de la Signature apostolique, Profil, vatican.va/content/romancuria/fr/organismi-di-giustizia/supremo-tribunale-della-segnatura-apostolica/profilo.html. Fonction de cour de cassation contre les sentences de la Rote romaine et de tribunal administratif contre les actes des dicastères curiaux ; composition de cardinaux, évêques et prêtres nommés pour cinq ans, présidée par un cardinal préfet.

    52 53
  29. Administration du Patrimoine du Siège Apostolique (APSA), Profil, vatican.va/content/romancuria/fr/organismi-economici/amministrazione-del-patrimonio-della-sede-apostolica/profilo.html. Gestion du patrimoine mobilier et immobilier du Saint-Siège ; exécution des opérations financières par l'intermédiaire de l'Institut pour les œuvres de religion (IOR) ; gouvernance par un président, un secrétaire et un conseil de cardinaux, évêques, prêtres et laïcs.

    54 55 56
  30. Wikipédia, Secrétariat pour l'économie, fr.wikipedia.org/wiki/Secr%C3%A9tariat_pour_l'%C3%A9conomie. Création simultanée du Secrétariat et du Conseil pour l'économie par le motu proprio Fidelis Dispensator et Prudens du pape François, le 24 février 2014.

    57
  31. Pape François, Praedicate Evangelium, titre consacré aux organismes économiques, 19 mars 2022, vatican.va ; voir aussi Secrétariat pour l'économie, Profil, vatican.va/content/romancuria/fr/organismi-economici/segreteria-per-leconomia/profilo.html et Conseil pour l'économie, Profil, vatican.va/content/romancuria/fr/organismi-economici/consiglio-per-l_economia/profilo.html.

    58 59 60
  32. Vatican News, Les femmes davantage présentes au Vatican, mars 2023, vaticannews.va/fr/vatican/news/2023-03/journee-femmes-vatican-statistiques-plus-de-femmes.html. Effectif du Saint-Siège de 3 114 personnes, dont 812 femmes (26,1 %), contre 19,3 % en 2013.

    62
  33. Wikipedia (en), Pope Leo XIV, en.wikipedia.org/wiki/Pope_Leo_XIV. Élection de Robert Francis Prevost comme pape sous le nom de Léon XIV le 8 mai 2025.

    68
  34. Sur la réaffirmation par le pape Léon XIV, lors de son audience à la Curie romaine du 24 mai 2025, de « l'importance de la réforme de la Curie promue par le pape François », voir Papa Leone XIV — Papa Prevost, La réforme de la Curie romaine selon le pape Léon XIV, 4 juillet 2025, papeleonxiv.fr/2025/07/04/la-reforme-de-la-curie-romaine-selon-le-pape-leon-xiv.

    69
  35. ZENIT, Sœur Raffaella Petrini nommée présidente du Gouvernorat de la Cité du Vatican, 17 février 2025, fr.zenit.org/2025/02/17/soeur-raffaella-petrini-nommee-presidente-du-gouvernorat-de-la-cite-du-vatican ; voir aussi Vatican News, Vatican : Sœur Raffaella Petrini nommée présidente du Gouvernorat, 2025. Nomination le 15 février 2025, prise de fonction le 1ᵉʳ mars 2025 ; religieuse franciscaine de l'Eucharistie, secrétaire générale du Gouvernorat depuis novembre 2021, succède au cardinal Fernando Vérgez Alzaga.

    71
  36. ZENIT, Deux nominations à des postes clefs au Vatican, 31 mars 2026, fr.zenit.org/2026/03/31/deux-nominations-a-des-postes-clefs-au-vatican ; voir aussi Vatican News, Nominations de Léon XIV : substitut, préfet de la Maison pontificale et nonce en Italie, mars 2026. Nomination de Mgr Petar Rajič, né à Toronto de parents croates, ancien nonce apostolique en Italie et à Saint-Marin, comme préfet de la Maison pontificale le 30 mars 2026.

    72
  37. Vatican News, Léon XIV nomme une femme, laïque, préfète du dicastère pour la Communication, 2 juin 2026, vaticannews.va/fr/pape/news/2026-06/maria-montserrat-alvarado-nommee-prefete-dicastere-communication.html ; voir aussi Aleteia, Maria Montserrat Alvarado, la première femme laïque à la tête d'un dicastère au Vatican, 3 juin 2026. Nomination effective au 1ᵉʳ novembre 2026 ; née au Mexique, diplômée de Florida International University et George Washington University, ancienne du Becket Fund for Religious Liberty (2009-2023), présidente et directrice des opérations d'EWTN News depuis 2023.

    73 76
  38. Vatican News, Sœur Smerilli, nouveau préfet du dicastère pour le Développement humain intégral, 30 juin 2026, vaticannews.va/fr/vatican/news/2026-06/vatican-s-ur-smerilli-prefete-dicastere-developpement-integral.html ; voir aussi ZENIT, Une nouvelle préfète au Dicastère du développement humain intégral, 3 juillet 2026. Sœur salésienne et économiste, succède au cardinal Michael Czerny, préfet depuis 2022, ayant atteint la limite d'âge de quatre-vingts ans ; troisième femme à diriger un dicastère de la Curie romaine.

    74 75