La création de l'État de la Cité du Vatican (11 février 1929)

Créé par le Traité du Latran le 11 février 1929, l'État de la Cité du Vatican est le plus petit État souverain au monde : 44 hectares, environ 800 résidents, garant de la liberté visible du Successeur de Pierre dans sa mission spirituelle universelle.

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L'État de la Cité du Vatican (Stato della Città del Vaticano) est créé le 11 février 1929 par l'article 3 du Traité du Latran signé entre le Saint-Siège et le Royaume d'Italie. Il entre formellement en existence le 7 juin 1929, jour de l'échange des instruments de ratification, et constitue depuis lors le plus petit État souverain du monde reconnu par le droit international : 44 hectares, 3,2 km de frontière partagés uniquement avec l'Italie, environ 800 résidents.[1][2]

L'objet de cet article n'est pas le récit diplomatique des accords du Latran — qui clôturent la « Question romaine » ouverte en 1870 — mais l'examen technique de l'État lui-même : son territoire, ses lois fondamentales, ses organes de gouvernement, sa citoyenneté, sa monnaie, ses symboles, sa diplomatie. Ces traits font de la Cité du Vatican un objet juridique unique au monde : un État réduit à sa plus simple expression, dont l'unique raison d'être est de garantir la liberté visible du Successeur de Pierre dans l'exercice de sa mission spirituelle universelle.

La distinction entre Saint-Siège (sujet de droit international perpétuel, fondé sur la primauté pétrinienne) et État de la Cité du Vatican (territoire souverain créé en 1929) est centrale. Le premier signe des concordats et envoie des nonces ; le second émet des passeports, frappe des euros et délivre des plaques d'immatriculation. Les deux ont le pape pour chef. Mais ils répondent à deux logiques juridiques distinctes que la pratique diplomatique catholique tient soigneusement séparées.[3]

L'État est aujourd'hui régi par la Loi fondamentale promulguée par le pape Léon XIV le 31 juillet 2026, à effet immédiat — quatrième constitution du Vatican après celles de Pie XI (1929), de Jean-Paul II (2000) et de François (13 mai 2023, devenue historique). Elle codifie l'ouverture de la présidence et de la composition de la Commission pontificale aux non-cardinaux, déjà mise en œuvre en 2025, et précise le rôle du conseiller général et du secrétaire général.[4][5]

Pourquoi un État, et pourquoi minuscule ?

La doctrine catholique de la souveraineté pontificale

Pie XI (Achille Ratti, 1857-1939 ; pape de 1922 à 1939), pontife fondateur de l'État de la Cité du Vatican. Photographie de Nicola Perscheid, vers 1922. Wikimedia Commons, domaine public.

Pour comprendre pourquoi l'Église a tenu, en 1929, à obtenir un État et non simplement une enclave administrative ou un statut spécial, il faut remonter à la doctrine catholique de la souveraineté pontificale.

Depuis le haut Moyen Âge, le Successeur de Pierre est tenu pour un sujet de droit international à part entière, non en raison d'un quelconque pouvoir temporel détenu en propre, mais en raison de sa primauté spirituelle universelle sur l'Église catholique. Cette doctrine, dont les racines médiévales remontent notamment à Innocent III (1198-1216) et à sa doctrine de la plenitudo potestatis — formulée entre autres dans la décrétale Per venerabilem de mai 1202[6] —, sans qu'il s'agisse encore du concept moderne de sujet de droit international, fonde la pratique multiséculaire selon laquelle le pape échange des ambassadeurs avec les souverains du monde entier — pratique maintenue par la plupart des puissances européennes même après la disparition des États pontificaux en 1870, à la double exception de l'Italie, sans relations avec le Saint-Siège de 1870 à 1929, et de la France, dont le gouvernement met fin aux relations officielles le 30 juillet 1904, avant leur rétablissement voté en 1921.[7][8]

Mais cette personnalité juridique abstraite, fondée sur la mission, posait depuis 1870 un problème pratique : où le pape résidait-il ? Sous quelle juridiction se trouvait l'administration centrale de l'Église ? Quel passeport portaient le cardinal préfet d'un dicastère ou le nonce envoyé à Berlin ? Tant que le pape était physiquement sur territoire italien, n'importe quel gouvernement de Rome pouvait, en théorie, restreindre sa correspondance, fouiller sa résidence, ou expulser des fonctionnaires ecclésiastiques. Le canoniste jésuite italien Felice M. Cappello formulait ainsi la doctrine dans sa Summa iuris publici ecclesiastici (Rome, 1928) : la liberté spirituelle suprême du pape exige, selon lui, une indépendance temporelle minimale mais réelle — indépendance que les Garanties de 1871 n'avaient jamais procurée.[9]

Le calcul de Pie XI : minimal pour rester crédible

Lorsque les négociations s'ouvrent secrètement en 1926, Pie XI fixe une exigence centrale : il ne veut pas refaire les États pontificaux. Le pape de 44 hectares raisonne en opposition explicite au pape des 44 000 km² d'avant 1859 — l'étendue maximale des États pontificaux avant les annexions du Risorgimento. Trois raisons à ce choix.

Premièrement, refuser politiquement l'idée d'un État pontifical élargi évite tout reproche de revanchisme à l'égard du jeune Royaume d'Italie. Pie XI ne demande pas le retour de Bologne, des Marches ou de l'Ombrie. Il demande la stricte enceinte autour de la basilique Saint-Pierre.

Deuxièmement, un territoire minimal réduit à zéro la tentation de transformer l'Église en acteur politique territorial. Une Vatican-City d'un km carré ne peut pas faire d'armée, ne peut pas administrer une population fiscale, ne peut pas faire de politique étrangère territoriale. Elle ne peut faire qu'une seule chose : abriter le successeur de Pierre et l'administration centrale de l'Église.

Troisièmement, le caractère minuscule rend juridiquement incontestable la nature exclusivement fonctionnelle de l'État. Personne ne peut prétendre que la Cité du Vatican est un État ordinaire à intérêts géopolitiques propres ; tout le monde voit qu'elle existe pour garantir la liberté spirituelle de l'Église, et rien d'autre.

Pie XI y donne la doctrine : un territoire volontairement réduit au minimum, simple point d'appui garantissant la liberté spirituelle du Successeur de Pierre. — Paraphrase de l'allocution Vogliamo anzitutto aux professeurs et étudiants de l'Université catholique du Sacré-Cœur de Milan, 13 février 1929[10]

Le pape donne ici la clé doctrinale de l'État vatican : le territoire n'est pas une fin, c'est un point d'appui ferme pour la mission. Tout l'édifice juridique de 1929 découle de cette image archimédienne.

Saint-Siège ou État de la Cité du Vatican ?

Le droit international distingue rigoureusement deux sujets :

CritèreSaint-SiègeÉtat de la Cité du Vatican
NatureSujet spirituel (Successeur de Pierre + Curie)État souverain au sens classique
FondementPrimauté pétrinienne, antérieure à 1929Traité du Latran (11 février 1929)
TerritoireAucun en propre44 hectares dans Rome
Représentation diplomatiqueNonces apostoliques (relations avec 184 États en janvier 2024)Plaques CV, passeports SCV
Adhésion aux traitésConcordats, conventions sur les religieuxConventions techniques (UPU, ITU, Schengen technique)
Présence à l'ONUObservateur permanent depuis le 6 avril 1964Membre de l'OSCE, observateur FAO

La règle pratique appliquée par la diplomatie pontificale est constante depuis 1929 : les traités politiques, diplomatiques et doctrinaux relèvent du Saint-Siège ; les traités techniques, postaux, monétaires, télécoms relèvent de l'État de la Cité du Vatican.[11][12] En 1964, le secrétaire général de l'ONU U Thant (en fonction de 1961 à 1971) accepte que ce soit le Saint-Siège, et non l'État de la Cité, qui reçoive le statut d'observateur permanent à New York — choix qui souligne le caractère universel et spirituel de la voix vaticane à l'ONU.[13]

Le 11 février 1929 : qu'est-ce qui est créé exactement ?

Trois documents, un seul jour, un seul État

Carte officielle de l'État de la Cité du Vatican telle qu'établie par l'annexe au Traité du Latran de 1929. Le périmètre suit les murs léonins et la bande de travertin qui ferme la place Saint-Pierre. Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Les accords du Latran se composent de trois textes signés le même jour : un Traité politique, un Concordat ecclésiastique, une Convention financière. Mais seul le Traité crée l'État de la Cité du Vatican. Le Concordat règle les rapports Église-État dans la péninsule italienne ; la Convention financière solde matériellement la spoliation de 1870. L'État, lui, naît exclusivement du Traité — 27 articles.[14]

Le cœur de ce Traité tient en cinq articles techniques que tout examen sérieux du Vatican comme État doit citer :

Article 2 — « L'Italie reconnaît la souveraineté du Saint-Siège dans le champ international comme un attribut inhérent à sa nature, en conformité avec sa tradition et avec les exigences de sa mission dans le monde. » (traduction française)[15]

Ce texte est essentiel : il reconnaît la souveraineté du Saint-Siège, il ne la crée pas. La souveraineté du Saint-Siège est inhérente à sa nature et antérieure au traité. L'Italie ne donne rien : elle constate.

Article 3 — « L'Italie reconnaît au Saint-Siège la pleine propriété et la puissance exclusive et absolue, ainsi que la juridiction souveraine, sur le Vatican, tel qu'il est actuellement constitué, avec toutes ses dépendances et bâtiments. » (traduction française)[16]

C'est l'article fondateur. La pleine propriété (piena proprietà) et la juridiction souveraine (giurisdizione sovrana) marquent une vraie souveraineté étatique, pas une simple extraterritorialité. L'Italie ne conserve pas de droits résiduels sur le sol vatican.

Article 4 — « La souveraineté et la juridiction exclusive sur la Cité du Vatican, que l'Italie reconnaît au Saint-Siège, comportent qu'aucune ingérence du Gouvernement italien ne peut s'y exercer, et qu'il n'y a là d'autre autorité que celle du Saint-Siège. » (traduction française)[17]

L'expression « aucune ingérence » (alcuna ingerenza) interdit positivement à l'Italie tout acte de juridiction, même administratif, sur le sol vatican.[18]

Article 24 — « Au regard de la souveraineté qui Lui appartient également dans le champ international, le Saint-Siège déclare qu'Il veut rester et restera étranger aux compétitions temporelles entre les autres États et aux réunions internationales convoquées à cet effet, sauf si les parties en lice s'accordent à faire appel à Sa mission de paix. […] La Cité du Vatican sera toujours et en tout cas considérée comme territoire neutre et inviolable. » (traduction française)[19]

L'article 24 inscrit dans le marbre la neutralité perpétuelle de la Cité du Vatican. Aucune armée étrangère ne peut entrer en territoire vatican, même en cas de conflit majeur impliquant l'Italie. Cette clause est mise à l'épreuve pendant la Seconde Guerre mondiale : entre septembre 1943 et juin 1944, plus de 4 000 personnes persécutées trouvent asile dans les instituts religieux de Rome et les biens extraterritoriaux du Saint-Siège.[20] Juridiquement, toute entrée en force sur le sol vatican eût constitué une violation du Traité : la neutralité de l'article 24, combinée à l'interdiction d'ingérence de l'article 4, faisait du territoire vatican un lieu juridiquement protégé, à l'abri en principe de toute entrée en force.[21]

Article 26 — « Le Saint-Siège […] déclare définitivement et irrévocablement composée, et donc éliminée, la "question romaine", et reconnaît le Royaume d'Italie sous la dynastie de la Maison de Savoie, avec Rome comme capitale de l'État italien. De son côté, l'Italie reconnaît l'État de la Cité du Vatican sous la souveraineté du Souverain Pontife. » (traduction française)[22]

Reconnaissance mutuelle finale, par formule symétrique : le Vatican reconnaît le Royaume d'Italie ; l'Italie reconnaît l'État de la Cité du Vatican.

Le territoire défini par l'annexe I

L'annexe I du Traité comprend une carte cadastrale détaillée signée par les deux parties. Elle délimite le territoire vatican à partir de quatre repères :

  • au nord et à l'ouest : les murs léonins du IXᵉ siècle, prolongés au XVᵉ par les remparts de Nicolas V et au XVIIᵉ par les fortifications d'Urbain VIII ;
  • au sud : la limite extérieure de la place Saint-Pierre, formée par la colonnade du Bernin (1656-1667) ;
  • à l'est : une bande de travertin posée à même les pavés de la Piazza Pio XII et de la Via della Conciliazione, qui marque visuellement la frontière internationale entre l'Italie et le Vatican.

Le territoire ainsi délimité couvre 0,44 km² (44 hectares), dont une grande part en Jardins du Vatican (jardins italiens, jardins anglais, bois).[23][24] La frontière internationale mesure 3,2 km, intégralement avec l'Italie.[25] Le point le plus haut, sur la colline du Vatican, culmine à 78 mètres ; le point le plus bas, place Saint-Pierre, à 19 mètres.[26] Le dôme de la basilique Saint-Pierre — 117,57 mètres de hauteur intérieure, 133,30 mètres du niveau de la rue au sommet de la croix — domine l'ensemble sans constituer un relief naturel.[27]

Trois remarques techniques.

Premièrement, le territoire vatican n'est pas un point isolé : il est en réalité une enclave dans Rome, sans connexion territoriale avec un autre État. Pour aller du Vatican à n'importe quel point hors Italie, on traverse forcément la péninsule italienne. Cette dépendance physique a été compensée juridiquement par les biens extraterritoriaux (basiliques majeures, palais pontificaux, Castel Gandolfo), qui jouissent d'immunités équivalentes aux ambassades.

Deuxièmement, le périmètre suit des murs antiques déjà existants. L'Italie n'a pas eu à céder du foncier ; elle a simplement reconnu juridiquement une enceinte qui existait depuis le IXᵉ siècle. La frontière vaticane est donc, du point de vue archéologique, l'une des plus anciennes d'Europe.

Troisièmement, la place Saint-Pierre est en territoire vatican, mais la sécurité publique sur la place (gestion des foules, accès des pèlerins, intervention en cas d'attentat) est confiée par convention à l'État italien (carabinieri italiens). Cette singularité s'explique par le caractère ouvert de la place : techniquement, n'importe quel pèlerin du monde peut s'y trouver à tout moment, et la police vaticane (à peine 130 gendarmes) ne suffirait pas à gérer 30 000 fidèles un mercredi d'audience.

Les organes du nouvel État : une absolue monarchie sui generis

Le Souverain Pontife, titulaire de la plénitude des pouvoirs

Le Palais du Gouvernorat (Palazzo del Governatorato), construit en 1928-1931 dans les Jardins du Vatican, abrite l'administration de l'État. Architecte : Giuseppe Momo. Photographie Jean-Pol Grandmont, Wikimedia Commons, CC BY 3.0.

Toutes les Lois fondamentales vaticanes (1929, 2000, 2023, 2026) font du Souverain Pontife le titulaire de la plénitude des pouvoirs sur l'État, selon une affirmation héritée du droit canonique classique. La formulation de 2023, devenue historique :

« Le Souverain Pontife, Chef de l'État de la Cité du Vatican, a la plénitude du pouvoir de gouverner, qui comprend les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. » — Loi fondamentale de l'État de la Cité du Vatican, 13 mai 2023, article 1 § 1[28]

Cette concentration de la totalité des trois pouvoirs entre les mains d'un seul homme fait de la Cité du Vatican la seule monarchie absolue subsistant en Europe au XXIᵉ siècle. Mais c'est une monarchie d'un genre particulier :

  • elle est élective : le pape est élu par le conclave des cardinaux électeurs, non par hérédité ;
  • elle est non héréditaire et viagère : aucun enfant ne succède au pape ;
  • elle est religieuse : la légitimité du chef d'État dérive entièrement de son élection comme évêque de Rome et Successeur de Pierre ;
  • elle est sans cour aristocratique : Paul VI, par le motu proprio Pontificalis Domus du 28 mars 1968, a aboli les charges de la cour pontificale — dont celles des Princes assistants au Trône — et réduit la Garde noble à un service d'honneur.[29]

Le pape exerce ses pouvoirs par délégation à des organes spécialisés, mais peut à tout moment reprendre lui-même l'exercice direct de l'un ou l'autre de ces pouvoirs. C'est une monarchie absolue par délégation, et non une monarchie constitutionnelle classique.

La Commission pontificale (législatif)

Le pouvoir législatif ordinaire est exercé par la Commission pontificale pour l'État de la Cité du Vatican (Pontificia Commissione per lo Stato della Città del Vaticano), instituée par Pie XII en 1939. Elle est composée de cardinaux et d'autres membres, dont le président, nommés par le pape pour cinq ans.[30]

Jusqu'en 2023, cette Commission n'était composée que de cardinaux. La grande nouveauté introduite par la Loi fondamentale de François (2023), puis confirmée par celle de Léon XIV (2026), réside précisément ici :

« La Commission pontificale pour l'État de la Cité du Vatican est composée de cardinaux et d'autres membres, dont le président, nommés par le Souverain Pontife pour cinq ans. » (traduction française) — Loi fondamentale 2023, article 8 § 1[31]

L'expression « d'autres membres » (altri membri), substituée à l'ancienne formule « cardinaux membres », ouvre explicitement la composition à des laïcs, hommes et femmes. Cette modification s'inscrit dans la politique de François de déclericalisation des fonctions administratives de la Curie et de l'État vatican, déjà engagée par la constitution apostolique Praedicate Evangelium (19 mars 2022) pour la Curie romaine.[32]

La Commission examine et approuve les lois ordinaires, le budget annuel, les conventions internationales techniques, et exerce un contrôle sur l'administration. Ses actes deviennent exécutoires après promulgation papale dans le journal officiel Acta Apostolicae Sedis — Supplementum (Supplemento per le leggi e disposizioni dello Stato della Città del Vaticano).

Le Gouvernorat (exécutif)

Le pouvoir exécutif est exercé par le Gouvernorat (Governatorato), dirigé par un Président. L'histoire de cette fonction connaît trois grandes phases.

1929-1952 : le Gouverneur unique. La Loi fondamentale de 1929 prévoyait la figure du Gouverneur de la Cité du Vatican (Governatore della Città del Vaticano), nommé par le pape pour diriger l'administration. Pie XI confie cette charge, dès la fondation de l'État en 1929, à Camillo Serafini (1864-1952), marquis et numismate. Serafini exerce cette charge jusqu'à sa mort, en 1952 — pendant vingt-trois ans.[33]

Camillo Serafini (1864-1952), premier et seul Gouverneur de l'État de la Cité du Vatican, 1929-1952. Nommé par Pie XI dès la fondation de l'État, ce numismate supervise aussi les premières monnaies vaticanes. Wikimedia Commons, domaine public.

1952-2000 : la vacance et le transfert. À la mort de Serafini, Pie XII ne nomme aucun successeur. Les fonctions exécutives sont transférées par fait à la Commission pontificale, qui devient à la fois législateur et administrateur. Cette situation de vacance dure quarante-huit ans — situation institutionnelle peu commentée mais juridiquement réelle.

2000-2023 : le Président de la Commission devient chef de l'exécutif. La Loi fondamentale de Jean-Paul II (26 novembre 2000) abolit officiellement la figure du Gouverneur et transfère les pouvoirs exécutifs au Président de la Commission pontificale, qui cumule désormais les deux fonctions. La distinction législatif/exécutif devient en pratique très ténue.[34]

Depuis 2023 : la séparation rétablie sous François. La Loi fondamentale de 2023 revient à une séparation organique des fonctions, en distinguant nettement la Commission (législatif) du Gouvernorat (exécutif), et en plaçant ces deux organes sous l'autorité directe du pape — plus médiatisés par la Secrétairerie d'État comme c'était le cas auparavant. Le 15 février 2025, François nomme sœur Raffaella Petrini, religieuse franciscaine de l'Eucharistie, Présidente de la Commission pontificale et Présidente du Gouvernorat, avec entrée en fonction le 1ᵉʳ mars 2025 — première femme à occuper ces fonctions dans l'histoire du Vatican.[35]

Le pouvoir judiciaire

Le pouvoir judiciaire est exercé en quatre instances, toutes sises au Vatican :

  • le Juge unique (Giudice unico) pour les contraventions et infractions mineures ;
  • le Tribunal (Tribunale) pour les délits ordinaires, présidé par un magistrat laïc nommé par le pape ;
  • la Cour d'appel (Corte d'Appello) ;
  • la Cour suprême (Corte di Cassazione), instance suprême.

Le droit applicable est, par renvoi général, le droit canonique comme première source, complété par le droit italien dans les matières non couvertes (pénal, civil, commercial). C'est un cas mondialement unique : un État qui adopte explicitement un droit étranger (italien) comme droit supplétif, tout en gardant comme source première son droit religieux propre (canon). Le préambule de la Loi fondamentale de 2023 a codifié cet équilibre : l'ordonnancement juridique vatican « reconnaît le droit canonique comme première source normative et critère interprétatif insubstituable » (traduction française).[36]

Citoyens, gardes, gendarmes

Une citoyenneté jure officii

Gardes suisses pontificaux en grand uniforme d'apparat. Corps fondé le 22 janvier 1506 par Jules II, intégré comme force armée de l'État de la Cité du Vatican en 1929. Wikimedia Commons, CC BY 2.0.

La citoyenneté vaticane est l'un des objets juridiques les plus singuliers du droit international. Elle ne s'acquiert pas par naissance sur le territoire (jure soli) ni par filiation (jure sanguinis), mais par la fonction (jure officii) — et elle se perd automatiquement lorsque la fonction cesse.[37]

La première loi sur la citoyenneté est la Loi n° III du 7 juin 1929, promulguée par Pie XI le jour même de l'entrée en vigueur du Traité. Elle prévoyait :

  • citoyenneté automatique pour les cardinaux résidant à Rome, les dignitaires de la Cour pontificale, les personnes résidant en permanence sur le territoire pour raisons de service ;
  • citoyenneté dérivée pour les conjoints et enfants de citoyens résidents (jure familiae) ;
  • perte automatique en cas de cessation de la résidence ou de la fonction.[38]

Cette loi est restée en vigueur sans modification majeure pendant 82 ans. Elle a été remplacée par la Loi sur la citoyenneté, la résidence et l'accès à la Cité du Vatican du 22 février 2011, sous Benoît XVI. La nouvelle loi maintient le principe jure officii mais en précise les modalités : trois catégories de citoyens (les cardinaux, les nonces ou autres diplomates du Saint-Siège, les autres personnes résidant en permanence pour raison de service). Elle codifie aussi le statut résiduel des anciens citoyens qui, à la perte de leur fonction, redeviennent automatiquement citoyens italiens en vertu d'une clause prévue par le Traité du Latran de 1929.[39]

Une conséquence pratique de cette construction : il n'existe pas de citoyens vaticans de naissance. Au moment d'écrire ces lignes, le nombre exact de citoyens vaticans tourne autour de 600 à 800 selon les sources et les époques.[40] La majorité sont des prêtres et religieuses, mais il y a aussi des Gardes suisses (citoyens vaticans pendant la durée de leur service), quelques diplomates et employés du Gouvernorat.

La Garde suisse pontificale : 1506-1929-aujourd'hui

La Garde suisse pontificale (Cohors pedestris Helvetiorum a sacra custodia Pontificis) ne naît pas en 1929 mais le 22 janvier 1506, quand Jules II accueille un premier contingent de 150 hallebardiers suisses commandés par Kaspar von Silenen d'Uri. Elle est le corps militaire le plus ancien au monde encore en activité ininterrompue (sauf brève parenthèse 1798-1814 sous Napoléon).[41]

Ce que les accords du Latran changent en 1929 n'est pas l'existence de la Garde, mais son statut juridique. Pendant cinquante-neuf ans (1870-1929), la Garde suisse était une milice papale opérant sur territoire italien ; elle ne pouvait pas être armée d'armes lourdes et son statut international était ambigu. À partir de 1929, elle devient :

  • la force armée de l'État de la Cité du Vatican ;
  • un corps reconnu par la Confédération helvétique comme une police, non comme une armée étrangère (déclaration du Conseil fédéral suisse de 1929) ;
  • responsable de la protection personnelle du pape et de la sécurité de l'enceinte vaticane.

L'effectif est aujourd'hui d'environ 135 hommes, porté à ce niveau à l'approche du Jubilé 2025.[42] Les conditions de recrutement sont restées canoniques depuis 1506 : être catholique pratiquant, citoyen suisse, homme, âgé de 19 à 30 ans, mesurer au minimum 174 cm, célibataire au début du service. La cérémonie d'assermentation annuelle a lieu le 6 mai, anniversaire du sac de Rome (1527) où 147 Gardes suisses moururent en protégeant Clément VII.

Le Corps de la Gendarmerie vaticane

Distinct de la Garde suisse, le Corps de la Gendarmerie (Corpo della Gendarmeria) est la police civile de l'État vatican. Hérité directement du Corps de la Gendarmerie pontificale fondé par Pie VII en 1816 dans les anciens États pontificaux, il est dissous brutalement en 1870 lors de l'invasion italienne, puis recréé sous une forme adaptée par Pie XI dans les jours qui suivent l'entrée en vigueur du Traité.

Ses missions :

  • maintien de l'ordre public sur le territoire vatican ;
  • sécurité aéroportée (héliport), routière (plaques CV), et publique ;
  • enquêtes judiciaires sous l'autorité du Promoteur de Justice ;
  • escorte du pape lors de ses déplacements hors du Vatican (mais en territoire italien, c'est la police italienne qui assure formellement la sécurité, en concertation avec les gendarmes vaticans en civil).

L'effectif actuel est d'environ 130 gendarmes, presque exclusivement des laïcs italiens recrutés sur concours canonique.

Comment fonctionne concrètement l'État ?

Monnaie, timbres, infrastructures

Premier timbre émis par les Poste Vaticane le 1er août 1929 — série dite Conciliazione. 13 valeurs de 5 centesimi à 10 lires. Les timbres précèdent les pièces de monnaie vaticanes d'environ 18 mois. Wikimedia Commons, domaine public.

L'État de la Cité du Vatican exerce son autonomie économique par trois piliers : la monnaie, les timbres, les recettes culturelles (Musées du Vatican). L'argent circule, mais l'État n'a aucune fiscalité ni douane intérieures — situation unique en Europe.

Monnaie. Le Traité du Latran prévoit, à l'article 20, le droit pour le Vatican de battre monnaie. Pie XI confie ce dossier à Camillo Serafini, lui-même numismate, qui supervise la création de la lira vaticana, à parité fixe avec la lire italienne. La frappe est sous-traitée à la Banca d'Italia. La lira vaticana reste en service de 1929 à 2002, quand le Vatican adopte l'euro par accord monétaire avec l'Union européenne du 29 décembre 2000, modifié et renouvelé en 2009. Le Vatican peut émettre des euros pour un montant facial maximum annuel d'environ 2,3 millions d'euros (initialement 670 000 euros en 2002), principalement destinés aux collectionneurs.[43]

Timbres. Le 1ᵉʳ août 1929, soit moins de deux mois après l'entrée en vigueur du Traité, sont émis les premiers timbres vaticans — série dite « Conciliazione » (Conciliation) en référence à la fin de la Questione romana. Treize valeurs de 5 centesimi à 10 lire, à l'effigie de Pie XI pour les hautes valeurs et aux clés croisées pour les basses. Les timbres précèdent les pièces de monnaie : ils sont la première manifestation tangible de la souveraineté vaticane, 18 mois avant la première frappe monétaire.[44]

L'Office philatélique des Poste Vaticane est aujourd'hui une institution prospère, à la fois service postal effectif et émetteur de timbres de collection dont les ventes constituent l'une des principales sources de revenu de l'État.

Infrastructures. L'État possède sa propre gare ferroviaire (Stazione Vaticana), inaugurée en 1934[45], reliée au réseau italien par un viaduc traversant les murs léonins. Elle ne dessert plus de service voyageurs régulier mais est encore utilisée pour des trains pontificaux occasionnels. Le héliport dans les Jardins, installé en 1976 par Paul VI, permet les déplacements rapides du pape. La Radio Vatican (Radio Vaticana), fondée par Marconi en personne et inaugurée par Pie XI le 12 février 1931, dispose d'antennes émettrices situées à Santa Maria di Galeria en territoire italien (extraterritorialité). Le pape envoie son premier message radiophonique « urbi et orbi » — à la ville et au monde — depuis ce site, étendant audiblement sa souveraineté spirituelle.

Drapeau, blason, hymne

L'État adopte le 7 juin 1929, jour même de l'entrée en vigueur du Traité, son drapeau et son blason officiels.

Drapeau de l'État de la Cité du Vatican adopté le 7 juin 1929 : deux bandes verticales jaune (héraldique : or) et blanche (argent), avec la tiare et les clés de saint Pierre. Wikimedia Commons, domaine public.

Le drapeau est carré (1:1), divisé verticalement en deux bandes :

  • côté hampe : jaune or (héraldique : or), symbole du pouvoir spirituel ;
  • côté flottant : blanc (héraldique : argent), symbole du pouvoir temporel.

Au centre de la bande blanche : la tiare pontificale (forme utilisée par Pie XI au moment de la promulgation, à trois couronnes) surmontant deux clés croisées : la clé d'or « qui ouvre dans les cieux », la clé d'argent « qui lie sur la terre » (Matthieu 16, 19). C'est l'unique drapeau national au monde dont le contenu héraldique tire son origine d'un verset biblique précis.

Le blason porte les mêmes éléments avec un campagne d'azur portant la tiare et les clés. L'hymne officiel est la Marche pontificale (Inno e Marcia Pontificale) composée en 1869 par Charles Gounod pour Pie IX, et adoptée comme hymne officiel par Pie XII le 16 octobre 1949. Exécutée pour la première fois en ce rôle le 24 décembre 1949, à la veille de l'ouverture de l'Année sainte 1950, elle remplace la Grande Marcia Trionfale de Vittorino Hallmayer (1857), hymne des États pontificaux conservé par le Vatican entre 1929 et 1949.[46]

Quatre Lois fondamentales en moins d'un siècle

Chronologie comparée

  1. 7 juin 1929
    Loi fondamentale n° I — Pie XI

    Première Loi fondamentale, promulguée par Pie XI le jour même de l'échange des ratifications du Traité du Latran. 21 articles. Établit la figure du Gouverneur, la Commission pontificale, l'organisation judiciaire en quatre degrés. Reste en vigueur 71 ans sans modification substantielle.

  2. 26 novembre 2000
    Loi fondamentale n° I — Jean-Paul II

    Promulguée par saint Jean-Paul II, entrée en vigueur le 22 février 2001, fête de la Chaire de saint Pierre. 20 articles, rédigée par une commission présidée par le cardinal Rosalio José Castillo Lara. Abolit officiellement la figure du Gouverneur (vacante depuis 1952) et transfère ses fonctions au Président de la Commission pontificale. Restructure l'administration.

  3. 13 mai 2023
    Loi fondamentale — François

    Promulguée par le pape François, entrée en vigueur le 7 juin 2023 — 94ᵉ anniversaire de l'État. 24 articles répartis en 5 titres (Dispositions générales, Fonction législative, Fonction exécutive, Fonction judiciaire, Dispositions finales). Sépare à nouveau Commission (législatif) et Gouvernorat (exécutif). Ouvre la Commission à des membres non cardinaux, dont des laïcs et des femmes. Place la gouvernance plus directement sous l'autorité personnelle du pape, en court-circuitant la Secrétairerie d'État.

  4. 15 février 2025
    Première femme à la tête de l'État vatican

    François nomme sœur Raffaella Petrini, religieuse franciscaine de l'Eucharistie, Présidente de la Commission pontificale et Présidente du Gouvernorat. C'est la première femme à occuper ces fonctions dans l'histoire du Vatican. Entrée en fonction le 1ᵉʳ mars 2025. Mise en œuvre concrète des ouvertures introduites par la Loi fondamentale de 2023.[47]

  5. 31 juillet 2026
    Loi fondamentale — Léon XIV

    Promulguée par Léon XIV, à effet immédiat : quatrième constitution après celles de 1929, 2000 et 2023, qu'elle remplace. Elle codifie l'ouverture de la présidence et de la composition de la Commission et du Gouvernorat aux non-cardinaux (motu proprio de novembre 2025), donnant son cadre définitif à la présidence exercée par sœur Raffaella Petrini depuis 2025, et précise le rôle du conseiller général et du secrétaire général.[48][49]

Ce que la Loi de 2023 avait changé en profondeur

La réforme du 13 mai 2023 fut la plus substantielle depuis 1929. Quatre changements majeurs :

Premièrement, ouverture de la Commission pontificale à des laïcs. Jusque-là, la composition était exclusivement cardinalice. La nouvelle formulation (« d'autres membres » à côté du Cardinal-Président) permet la nomination de laïcs et de religieuses. C'est la première fois depuis 1929 que l'organe législatif vatican n'est plus un collège purement clérical.[50]

Deuxièmement, rapport direct au pape, sans intermédiaire. La Loi de 2000 plaçait la Commission et le Gouvernorat sous la supervision de la Secrétairerie d'État. La Loi de 2023 supprime cette médiation : les organes de l'État rendent compte directement au pape. C'est une centralisation, mais aussi une clarification institutionnelle — l'État dépend du pape comme chef d'État, pas du secrétaire d'État comme premier ministre déguisé.

Troisièmement, séparation explicite législatif / exécutif. La fusion des deux fonctions chez le Président de la Commission depuis 2000 était critiquée pour son manque de séparation des pouvoirs. La Loi de 2023 rétablit deux figures distinctes : le Président de la Commission (législatif) et le Président du Gouvernorat (exécutif).

Quatrièmement, codification de la primauté du droit canonique. Le préambule a affirmé explicitement : l'ordonnancement juridique vatican « reconnaît le droit canonique comme première source normative et critère interprétatif insubstituable » (traduction française).[51] Ce n'est pas une nouveauté doctrinale (c'était la pratique depuis 1929), mais c'est une codification formelle qui clôt définitivement le débat sur l'éventuelle laïcité du droit vatican.

L'État vatican dans le concert international

184 missions diplomatiques et un siège à l'OSCE

Armoiries officielles de l'État de la Cité du Vatican. Les deux clés croisées d'or et d'argent — clés du Royaume confiées par le Christ à saint Pierre selon Matthieu 16, 19 — sont surmontées de la tiare pontificale. Wikimedia Commons, domaine public.

La création de l'État en 1929 transforme la diplomatie pontificale. Avant 1929, le Saint-Siège échangeait des nonces avec une cinquantaine de pays, et le terme « diplomatie du Vatican » relevait du langage vulgaire mais pas du droit international strict. Après 1929, deux personnalités juridiques coexistent — le Saint-Siège (sujet spirituel) et l'État de la Cité du Vatican (sujet territorial) — et la communauté internationale apprend à distinguer.

Aujourd'hui, le Saint-Siège entretient des relations diplomatiques formelles avec 184 États (chiffre officiel, janvier 2024)[52] et avec l'Union européenne ; il dispose d'observateurs permanents auprès de l'ONU, de la FAO, de l'OMS, de l'UNESCO, de l'OEA et de l'Union africaine ; il est État participant de l'OSCE depuis les négociations de 1973 (signataire originel de l'Acte final d'Helsinki, 1975)[53] et membre de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) depuis sa fondation en 1957.[54]

Pour la majorité des relations bilatérales, c'est techniquement le Saint-Siège qui est cocontractant. L'État de la Cité du Vatican n'apparaît comme cocontractant que pour les conventions techniques : adhésion à l'Union postale universelle (le 1ᵉʳ juin 1929, soit six jours avant même que le Traité n'entre en vigueur)[55], à l'Union internationale des télécommunications, accord monétaire avec l'UE de 2000, adhésion de facto à l'espace Schengen technique.[56]

Le 6 avril 1964 : observateur permanent à l'ONU

L'un des actes diplomatiques les plus importants pour la consolidation de la personnalité internationale du Saint-Siège est la décision du 6 avril 1964, sous le pontificat de Paul VI et le secrétariat général de l'ONU U Thant, d'admettre le Saint-Siège comme observateur permanent à l'Organisation des Nations unies. Ce statut, jamais demandé par Pie XI ni Pie XII, est sollicité par Paul VI dans l'esprit d'ouverture du concile Vatican II alors en cours.[57]

Décision juridiquement délicate : qui est observateur — le Saint-Siège ou l'État de la Cité du Vatican ? L'accord trouvé est explicite : c'est le Saint-Siège, pas l'État, qui dispose du statut. Cette précision n'est pas anodine. Elle signifie que la voix qui parlera à New York au nom du Vatican sera celle d'une autorité spirituelle universelle, pas celle d'un micro-État européen avec ses intérêts géopolitiques propres. Lorsque Paul VI prononce son fameux discours « jamais plus la guerre, jamais plus la guerre ! » à l'Assemblée générale le 4 octobre 1965, il parle comme Successeur de Pierre, pas comme chef d'un État.[58]

Le statut d'observateur s'est progressivement élargi : depuis la résolution 58/314 du 1ᵉʳ juillet 2004, le Saint-Siège bénéficie de droits étendus — droit de réponse, droit d'intervenir dans le débat général, droit de soumettre des propositions et des amendements — quasi équivalents à ceux d'un État membre, sans le droit de vote final.

Pourquoi pas membre à part entière ?

Question parfois posée : pourquoi le Saint-Siège ne demande-t-il pas son adhésion pleine à l'ONU ?

Trois raisons convergentes.

Premièrement, théologique. Le Saint-Siège refuse d'être réduit à un État. Sa mission est mondiale et spirituelle ; il s'adresse à tous les hommes, pas seulement à ses 800 résidents.

Deuxièmement, juridique. La pleine adhésion exigerait de soumettre des décisions politiques au vote de l'Assemblée générale. Le pape ne peut pas, sur des questions doctrinales (avortement, mariage, fin de vie), être lié par une majorité.

Troisièmement, prudentielle. Le statut d'observateur permet d'alerter, dénoncer, prier, proposer, sans engager mécaniquement l'Église dans les conflits politiques bilatéraux entre États. C'est exactement la neutralité active que Pie XI avait codifiée dans l'article 24 du Traité du Latran.

« Il n'a aucune puissance temporelle, aucune ambition d'entrer avec vous en compétition. » — Paul VI, discours à l'Assemblée générale des Nations unies, 4 octobre 1965[59]

Une réussite catholique discrète mais immense

Liberté de l'Église, garantie pratique

Près d'un siècle après sa création, l'État de la Cité du Vatican a démontré sa fonctionnalité doctrinale. Trois épreuves majeures l'attestent.

La Seconde Guerre mondiale (1939-1945). Lorsque l'Allemagne nazie occupe Rome (8 septembre 1943 – 4 juin 1944), le Vatican devient un havre pour des milliers de Juifs : selon les estimations des historiens, plus de 4 000 personnes trouvèrent asile dans les instituts religieux de Rome — couvents, paroisses, collèges pontificaux et biens extraterritoriaux (Latran, Castel Gandolfo, basiliques majeures) — entre septembre 1943 et juin 1944.[60] Le territoire vatican, déclaré neutre et inviolable par l'article 24, offrait à cet accueil son cadre juridique : c'est à l'abri de ce statut que les instituts religieux et les biens extraterritoriaux purent ouvrir leurs portes.[61][62]

La Guerre froide (1947-1989). Le Saint-Siège mène une diplomatie active mais discrète vis-à-vis du bloc soviétique (Ostpolitik de Casaroli sous Paul VI), pendant que Jean-Paul II depuis 1978 redonne courage aux Églises persécutées d'Europe centrale. La libre circulation des nonces, le secret de la correspondance pontificale, la confidentialité des archives — tout cela tient juridiquement à la souveraineté garantie en 1929.

Le XXIᵉ siècle des sanctions et des cyberattaques. Quand le dicastère pour la Doctrine de la Foi traite un dossier relevant de sa compétence, il le fait depuis le territoire vatican, sous la seule autorité du Souverain Pontife : illustration concrète de l'indépendance garantie en 1929.

Le pari archimédien

Pie XI, deux jours après la signature, résume ainsi la stratégie catholique sous-jacente à l'État de la Cité du Vatican : non un grand royaume terrestre — écarté en 1871 sous la forme de la « Loi des Garanties » — mais un point d'appui minuscule et ferme garantissant la liberté spirituelle de l'Église. Et ce point d'appui, il le construit à 44 hectares plutôt qu'à 44 000 km² parce qu'un grand État aurait noyé la mission.

Le calcul fut mis à l'épreuve dès la Seconde Guerre mondiale : pendant l'occupation allemande de Rome (8 septembre 1943 – 4 juin 1944), le statut neutre et inviolable inscrit à l'article 24 fournit le cadre juridique dans lequel l'asile put être offert aux persécutés — plus de 4 000 personnes accueillies dans les instituts religieux de Rome et les biens extraterritoriaux.[63][64] La Cité du Vatican s'est révélée un bouclier juridique calibré pour une mission spirituelle universelle.

Une leçon non datée

Du point de vue catholique, l'État de la Cité du Vatican rappelle trois vérités structurelles dont la portée dépasse de loin la diplomatie italo-vaticane :

  1. La mission spirituelle a besoin d'une garantie matérielle minimale. Refuser tout territoire (position des intransigeants en 1929) aurait laissé l'Église à la merci des États. Accepter un grand territoire aurait transformé l'Église en État. Le point d'appui est l'équilibre catholique.

  2. La souveraineté de l'Église ne dépend pas de la taille. Un État de 44 hectares peut être plus souverain qu'un État de 4 millions de km² si son ordre juridique est cohérent, sa mission claire, et sa direction unifiée. Le Vatican est le contre-exemple permanent à la sociologie qui mesure le pouvoir aux moyens matériels.

  3. La distinction Saint-Siège / État est doctrinalement nécessaire. Confondre les deux, c'est nationaliser le catholicisme. Les distinguer, comme le fait la pratique diplomatique depuis 1929, c'est protéger l'universalité catholique en lui assurant un siège visible sans la réduire à ce siège.

Pour aller plus loin

  • Lire Les accords du Latran (11 février 1929) : récit diplomatique complet des trois documents (Traité, Concordat, Convention financière) qui ont rendu possible la création de l'État.
  • Lire Les États pontificaux (756-1870) : histoire du pouvoir temporel antérieur, dont la disparition en 1870 a ouvert la Questione romana.
  • Lire Le concile Vatican I (1869-1870) : interrompu précisément par l'entrée des troupes italiennes à Rome qui ouvre la Questione romana.
  • Lire Le concile Vatican II (1962-1965) : sous le pontificat de Paul VI qui obtient en 1964 le statut d'observateur permanent à l'ONU.
  • Lire La basilique Saint-Jean-de-Latran : siège historique de la papauté et lieu de signature des accords.
  • Lire La basilique Saint-Pierre : monument central du territoire vatican depuis 1929.

Notes et références

  1. Treccani, Città del Vaticano, in Dizionario di Storia, treccani.it. Synthèse sur la nature juridique de la Cité du Vatican, sa relation au Saint-Siège, les chiffres officiels (44 hectares, population estimée), la Loi fondamentale de 2001 abolissant la figure du Gouverneur. La Cité du Vatican est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1984.

    1 7 24 34 40
  2. Saint-Siège — Secrétairerie d'État, Patti Lateranensi, 11 febbraio 1929, texte officiel signé par le cardinal Pietro Gasparri, vatican.va, Archivio Documenti. Source primaire : texte intégral du Traité (27 articles), du Concordat (45 articles) et de la Convention financière (3 articles). Les citations du corps sont données en traduction française ; originaux italiens : art. 2 — « L'Italia riconosce la sovranità della Santa Sede nel campo internazionale come attributo inerente alla sua natura, in conformità alla sua tradizione ed alle esigenze della sua missione nel mondo » ; art. 3 — « L'Italia riconosce alla Santa Sede la piena proprietà e la esclusiva ed assoluta potestà e giurisdizione sovrana sul Vaticano, com'è attualmente costituito, con tutte le sue pertinenze e dotazioni […] » ; art. 4 — « La sovranità e la giurisdizione esclusiva, che l'Italia riconosce alla Santa Sede sulla Città del Vaticano, importa che nella medesima non possa esplicarsi alcuna ingerenza da parte del Governo Italiano e che non vi sia altra autorità che quella della Santa Sede » ; art. 24 — « La Santa Sede […] dichiara che Essa vuole rimanere e rimarrà estranea alle competizioni temporali fra gli altri Stati ed ai Congressi internazionali indetti per tale oggetto, a meno che le parti contendenti facciano concorde appello alla sua missione di pace […] In conseguenza di ciò la Città del Vaticano sarà sempre ed in ogni caso considerata territorio neutrale ed inviolabile » ; art. 26 — « La Santa Sede […] dichiara definitivamente ed irrevocabilmente composta e quindi eliminata la « questione romana » e riconosce il Regno d'Italia sotto la dinastia di Casa Savoia con Roma capitale dello Stato italiano. […] Alla sua volta l'Italia riconosce lo Stato della Città del Vaticano sotto la sovranità del Sommo Pontefice ».

    2 14 15 16 17 18 19 21 22 61 63
  3. Jean-Luc Pouthier, Saint-Siège et État de la Cité du Vatican, in Pouvoirs, n° 162, La diplomatie pontificale, 2017, p. 5-22, droit.cairn.info. Analyse juridique de référence sur la dualité Saint-Siège / État de la Cité du Vatican : deux sujets de droit international distincts mais formant une « unité organique » au service de l'Église catholique.

    3 11
  4. Ishmael Adibuah / CNA (EWTN News), Pope Leo XIV Issues New Constitution, Allowing Non-Cardinals to Lead Vatican City State, 31 juillet 2026, ncregister.com. Promulgation le 31 juillet 2026, effet immédiat, remplacement de la constitution de 2023 ; ouverture de la présidence aux non-cardinaux (motu proprio de novembre 2025) ; 4ᵉ constitution depuis 1929.

    4 48
  5. Catholic World Report, New Vatican constitution corrects Francis-era anomaly, experts say, 6 août 2026, catholicworldreport.com. Confirme : loi datée du 31 juillet 2026 remplaçant intégralement celle du 13 mai 2023 ; 4ᵉ Loi fondamentale, la première promulguée par Pie XI le 7 juin 1929.

    5 49
  6. Innocent III, décrétale Per venerabilem (mai 1202), adressée à Guillaume VIII de Montpellier : voir le chapitre académique Per venerabilem: From Practical Necessity to Judicial Supremacy, taylorfrancis.com.

    6
  7. Rupture du 30 juillet 1904 : « Thus came to an end on the 30th of July 1904 the diplomatic relations which under the Concordat had subsisted between France and the Vatican for more than a hundred years » (Encyclopaedia Britannica, 11ᵉ éd., vol. 10, Wikisource) ; rétablissement voté par la Chambre des députés et le Sénat en 1921 (étude HAL, amu.hal.science).

    8
  8. Felice M. Cappello S.J. (1879-1962), Summa iuris publici ecclesiastici, Apud Aedes Pontificiae Universitatis Gregorianae, Rome, 1928 — manuel de droit public ecclésiastique de référence à la veille des accords du Latran ; le passage du corps en est une paraphrase de sa doctrine, non une citation littérale. Document publié alors que les négociations Pacelli-Barone se poursuivent secrètement ; analyse l'insuffisance juridique des Garanties de 1871 et la nécessité d'une souveraineté territoriale minimale. Voir aussi Pietro Gismondi, L'attività di diritto privato della Santa Sede, Giuffrè, Milan, 1951.

    9
  9. Pie XI, allocution Vogliamo anzitutto aux professeurs et étudiants de l'Université catholique du Sacré-Cœur de Milan, 13 février 1929, texte intégral sur vatican.va (titre officiel : Ai professori ed agli studenti). Le corps de l'article en donne une paraphrase : la formulation française souvent citée du « point d'appui ferme » est introuvable à l'identique dans le texte italien en ligne.

    10
  10. Hyginus Eugene Cardinale, Le Saint-Siège dans la communauté internationale, in Revue générale de droit, vol. 28, n° 4, 1997, p. 459-490, erudit.org. Étude canonico-juridique de référence sur les modalités de présence internationale du Saint-Siège et de l'État de la Cité du Vatican : conventions techniques relevant de l'État, traités politiques relevant du Saint-Siège, partage de fait entre les deux personnalités juridiques.

    12 56
  11. Vatican News, Le Saint-Siège, 60 ans de présence active à l'ONU, 7 octobre 2024, vaticannews.va. Référence pour les dates exactes (6 avril 1964, U Thant secrétaire général de l'ONU de 1961 à 1971, Paul VI pape), l'échange de 1964 fixant que c'est le Saint-Siège et non l'État qui est l'interlocuteur ONU, et le discours historique de Paul VI du 4 octobre 1965.

    13 57 58
  12. Liste des personnes protégées par les instituts religieux de Rome durant la Shoah (septembre 1943 – juin 1944), établie par le P. Gozzolino Birolo S.J. et publiée par l'historien Renzo De Felice en 1961 ; documentation complète retrouvée aux archives de l'Institut biblique pontifical et présentée le 7 septembre 2023 au musée de la Shoah de Rome, noms vérifiés avec la Communauté juive de Rome et Yad Vashem : plus de 3 200 Juifs identifiés nommément, cachés par plus d'une centaine d'ordres féminins et 55 congrégations masculines, total estimé à plus de 4 000 personnes accueillies.

    20 60 62 64
  13. Governatorato dello Stato della Città del Vaticano, Geografia, in Note Generali, vaticanstate.va. Source primaire officielle : superficie de 0,44 km² (44 hectares), bande de travertin marquant la frontière place Saint-Pierre, contrôle italien de la place.

    23
  14. CIA World Factbook, entrée Holy See (Vatican City), rubrique Géographie (repris par indexmundi.com, source CIA citée). Frontières terrestres : 3,2 km, intégralement avec l'Italie ; extrêmes d'altitude : point haut 78 m (Jardins du Vatican, colline du Vatican), point bas 19 m (place Saint-Pierre).

    25 26
  15. Saint-Siège, Dome and Lantern (pages du projet de réalité augmentée de la basilique Saint-Pierre), vatican.va. Source primaire : dôme de Michelangelo (1546-1593) — hauteur intérieure 117,57 m (du pavement à la voûte de la lanterne), hauteur extérieure 133,30 m (du niveau de la rue au sommet de la croix), diamètre extérieur 58,90 m.

    27
  16. Pape François, Legge Fondamentale dello Stato della Città del Vaticano, motu proprio du 13 mai 2023, entrée en vigueur le 7 juin 2023, vatican.va. Source primaire : 24 articles en 5 titres ; article 1 (plénitude des pouvoirs au pape), 2 (indépendance absolue et visible du Saint-Siège), 8 § 1 (composition de la Commission), 13 (budget), 24 (entrée en vigueur). La primauté du droit canonique figure au préambule, non à l'article 1. Originaux italiens : préambule — « riconoscere il diritto canonico quale prima fonte normativa e insostituibile criterio interpretativo » ; art. 1 — « Il Sommo Pontefice, Sovrano dello Stato della Città del Vaticano, ha la pienezza della potestà di governo, che comprende il potere legislativo, esecutivo e giudiziario » ; art. 8 § 1 — « La Pontificia Commissione per lo Stato della Città del Vaticano è composta da Cardinali e da altri membri, tra cui il Presidente, nominati dal Sommo Pontefice per un quinquennio ».

    28 30 31 36 51
  17. Paul VI, lettre apostolique en forme de motu proprio Pontificalis Domus (28 mars 1968), texte officiel sur vatican.va. Abolit notamment les charges de Principi assistenti al Soglio et fait du Corps des Gardes nobles pontificales une Guardia d'Onore à service honoraire.

    29
  18. Il Regno, Nuova « Costituzione » in Vaticano — Francesco, in Documenti, novembre 2023, ilregno.it. Commentaire éditorial de référence sur la Loi fondamentale 2023 : ouverture à des laïcs et femmes dans la Commission, rapport direct au pape, séparation des fonctions législative et exécutive.

    32 50
  19. Fonction de Gouverneur créée par la Loi fondamentale du 7 juin 1929, restée vacante à la mort de son titulaire en 1952 jusqu'à son abolition par la Loi fondamentale de Jean-Paul II (26 novembre 2000) — voir Treccani, Città del Vaticano ; années de naissance et de mort de Camillo Serafini, marquis et numismate (1864-1952) : Open Library.

    33
  20. Nomination par François le 15 février 2025, entrée en fonction le 1ᵉʳ mars 2025, première femme à ces fonctions : bulletin de la Sala Stampa relayé par EWTN Vatican, Sister Raffaella Petrini Appointed President of Vatican Governorate, ewtnvatican.com, et Catholic World Report, 15 février 2025, catholicworldreport.com.

    35 47
  21. Edoardo Vitale, The Current Legislation on Citizenship in the Vatican City State, in In Custodia Legis — Law Librarians of Congress, 11 juillet 2012, blogs.loc.gov/law/2012/07/the-current-legislation-on-citizenship-in-the-vatican-city-state/. Synthèse juridique sur la loi vaticane sur la citoyenneté du 22 février 2011 succédant à la loi n° III du 7 juin 1929 ; trois catégories de citoyens (cardinaux, diplomates du Saint-Siège, résidents pour raison de service) ; principe jure officii ; clause de récupération automatique de la citoyenneté italienne prévue par le Traité du Latran.

    37 39
  22. Nations unies — Législation comparée, Vatican City — Act of 7 June 1929 relative to citizenship and sojourn, in Laws Concerning Nationality, ST/LEG/SER.B/4, legal.un.org. Source primaire : texte officiel anglais de la Loi vaticane n° III du 7 juin 1929 sur la citoyenneté et le séjour, première législation matérielle du nouvel État, promulguée le jour même de l'entrée en vigueur du Traité du Latran.

    38
  23. Larousse, Garde pontificale suisse, in Encyclopédie Larousse en ligne, larousse.fr/encyclopedie/divers/Garde_pontificale_suisse/120860. Notice de référence sur la Garde suisse pontificale fondée le 22 janvier 1506 par Jules II, ses étapes historiques (sac de Rome 1527, parenthèse napoléonienne 1798-1814), son statut redéfini en 1929 par les accords du Latran, et son effectif actuel.

    41
  24. Effectif porté à 135 hommes à l'approche du Jubilé 2025 (recrutement de 25 gardes supplémentaires) : StratNews Global, New Recruits To World's Smallest Army, The Swiss Guard, stratnewsglobal.com. Corroboré par le commandant de la Garde Christoph Graf (passage de 110 à 135 hommes), relayé par Catholic World Report, Swiss Guards look to expand ranks as new members are sworn in, 5 mai 2018, catholicworldreport.com.

    42
  25. Conseil de l'Union européenne, Accord monétaire entre la République italienne, au nom de la Communauté européenne, et l'État de la Cité du Vatican, représenté par le Saint-Siège, signé le 29 décembre 2000, modifié le 17 décembre 2009, eur-lex.europa.eu. Source primaire : adoption de l'euro comme monnaie officielle au 1ᵉʳ janvier 2002, plafond annuel d'émission de pièces vaticanes (670 000 EUR initialement) ; l'accord monétaire UE-Vatican de 2009 (JO 2010/C 28/05) fixe la part fixe initiale à 2 300 000 EUR pour 2010, eur-lex.europa.eu.

    43
  26. Smithsonian Institution — National Postal Museum, Pontificate of Pius XI (1922-1939), in International Philately — Europe — Southern Europe — Vatican City, postalmuseum.si.edu. Référence muséale pour la première série philatélique vaticane (« Conciliazione », 1ᵉʳ août 1929, 13 valeurs de 5 centesimi à 10 lire) qui précède la première frappe monétaire vaticane d'environ 18 mois, et qui devient la première manifestation matérielle de la souveraineté du nouvel État.

    44
  27. ERIH — European Route of Industrial Heritage, Vatican City Railway Station : gare construite après le Traité du Latran et « opened on 2 October 1934 », erih.net.

    45
  28. Governatorato dello Stato della Città del Vaticano, Inno Pontificio e la sua storia, in Note Generali, vaticanstate.va. Source primaire officielle : Marche pontificale de Charles Gounod (1818-1893), adoptée « dal 16 ottobre 1949, per disposizione di Pio XII » ; exécutée « per la prima volta come nuovo inno ufficiale pontificio » le samedi 24 décembre 1949, veille de Noël et de l'ouverture de l'Année sainte 1950 ; précédent hymne de Vittorino Hallmayr (1857), entendu à Rome aussitôt après la réconciliation de 1929.

    46
  29. Bureau de presse du Saint-Siège, communiqué sur les relations diplomatiques, 8 janvier 2024 : 184 États en relations diplomatiques pleines avec le Saint-Siège (plus l'Union européenne et l'Ordre souverain de Malte), contre 183 en 2021. Relayé par Herald Malaysia, An overview of the Holy See's diplomatic relations, 9 janvier 2024, heraldmalaysia.com.

    52
  30. OSCE, page du Saint-Siège : « The Holy See has been a participating State since the early 1973 CSCE negotiations and is an original signatory state of the Helsinki Final Act 1975 », osce.org.

    53
  31. Secrétairerie d'État, intervention à la 51ᵉ session de la Conférence générale de l'AIEA, 17 septembre 2007 : « The Holy See […] is a member of it since its founding », à l'occasion du 50ᵉ anniversaire de l'entrée en vigueur du Statut (1957), vatican.va.

    54
  32. Union postale universelle, pays membres — Vatican : « Date of entry into UPU : 01.06.1929 », upu.int. Source primaire : l'adhésion précède de six jours l'entrée en vigueur du Traité du Latran (7 juin 1929).

    55
  33. Paul VI, Discours à l'Assemblée générale des Nations unies, New York, 4 octobre 1965, texte officiel français sur vatican.va. Source primaire : premier discours d'un pape à l'ONU, prononcé un an après l'obtention du statut d'observateur permanent en 1964 ; contient l'appel célèbre « jamais plus la guerre, jamais plus la guerre ! » et le passage cité dans le corps sur l'absence de puissance temporelle et d'ambition de compétition.

    59