Les États pontificaux — appelés aussi États de l'Église — désignent l'ensemble des territoires d'Italie centrale sur lesquels le pape a exercé, pendant plus de mille ans, une souveraineté temporelle au même titre qu'un prince séculier. Nés au milieu du VIIIᵉ siècle de la donation de Pépin (754-756), ils s'étendent à leur apogée sur près de 44 000 km², du Latium à la Romagne, et ne disparaissent qu'avec la prise de Rome du 20 septembre 1870, lorsque les troupes du jeune royaume d'Italie ouvrent une brèche dans la muraille à la Porta Pia[1][2].
Cette double nature — un chef spirituel devenu chef d'État — n'a rien d'un accident. Elle naît d'une nécessité historique : à la chute de l'Empire romain d'Occident, l'évêque de Rome reste, dans une Italie livrée aux invasions, la seule autorité stable, nourricière et protectrice de la population. Quand l'Empire byzantin se révèle incapable de défendre l'Italie contre les Lombards, c'est vers le roi des Francs que se tourne le pape — et c'est l'épée franque qui fonde, par donation, le pouvoir temporel pontifical[3].
Pendant onze siècles, ce pouvoir connaît des fortunes contrastées : grandeur administrative des Constitutions égidiennes du cardinal Albornoz, faste politique de la Renaissance sous Jules II, mais aussi humiliations — la captivité de Pie VII déporté par Napoléon, les deux Républiques romaines (1798 et 1849), l'amputation progressive durant le Risorgimento. La fin survient en 1870 : le pape Pie IX se déclare « prisonnier du Vatican » et refuse toute compensation. La question romaine ne sera réglée qu'en 1929 par les accords du Latran, qui substituent à l'ancien État la minuscule Cité du Vatican — 44 hectares assurant l'indépendance spirituelle de la papauté sans le fardeau d'un grand royaume[4][5].
Loin d'être une parenthèse honteuse, cette histoire éclaire une question théologique profonde : pourquoi le successeur de Pierre a-t-il eu besoin d'une souveraineté civile, et que signifie sa perte ? La tradition catholique a lu dans ces événements à la fois la défense légitime de la liberté du Saint-Siège — thèse défendue avec force par Léon XIII — et, après coup, un dessein providentiel : libérée du poids d'un État, la papauté contemporaine a retrouvé une autorité morale universelle sans précédent[6].
Qu'est-ce que les États pontificaux ?
On appelle États pontificaux l'entité politique souveraine dont le pape était le monarque, distincte de son autorité spirituelle sur l'Église universelle. Le pape y était à la fois le chef religieux de la catholicité et le souverain civil de quelques millions de sujets : il battait monnaie, levait l'impôt, entretenait une armée, signait des traités, rendait la justice et nommait des gouverneurs[7].
Géographiquement, ces territoires formaient une large bande oblique traversant la péninsule, du Latium (autour de Rome) jusqu'à l'Adriatique, englobant l'Ombrie, les Marches, et — au nord — la riche Romagne avec Bologne, Ferrare et Ravenne. À cela s'ajoutaient, hors d'Italie, deux enclaves françaises : le Comtat Venaissin, cédé au Saint-Siège par Philippe III en 1273 (érigé en État papal en 1274), et Avignon, achetée par Clément VI en 1348, jusqu'à leur rattachement à la France révolutionnaire en 1791[8].
Il faut éviter un anachronisme courant : les États pontificaux n'étaient pas un bloc homogène mais une mosaïque de villes, de fiefs et de seigneuries aux statuts variés, soumis à des degrés divers d'autorité pontificale. C'est précisément cette difficulté de gouverner un territoire morcelé qui explique une grande partie de leur histoire politique mouvementée.
Comment la papauté est-elle devenue un État ?
Le Patrimoine de saint Pierre
Avant d'être un royaume, la souveraineté pontificale fut d'abord un patrimoine foncier. Dès le IVᵉ siècle, après la paix constantinienne, l'Église de Rome reçoit en héritage et en donation de vastes domaines — terres, fermes, immeubles — répartis dans toute l'Italie, la Sicile, la Gaule et l'Afrique. Cet ensemble de biens, géré par l'administration pontificale pour entretenir le clergé et nourrir les pauvres, est appelé le Patrimoine de saint Pierre (patrimonium sancti Petri)[9].
Ce patrimoine n'est pas encore un État : le pape y est propriétaire, non souverain. Mais au VIᵉ et VIIᵉ siècle, alors que l'autorité byzantine s'effondre en Italie, l'évêque de Rome assume de fait des fonctions civiles — ravitaillement de la ville, défense, négociation avec les envahisseurs. Grégoire le Grand (590-604) administre déjà Rome comme un véritable chef temporel, sans en porter le titre. Le terrain est prêt pour la mutation décisive du VIIIᵉ siècle.
La menace lombarde et la donation de Pépin (754-756)
Au milieu du VIIIᵉ siècle, l'Italie bascule. En 751, le roi lombard Aistulf s'empare de Ravenne, dernier bastion byzantin, et menace directement Rome. Le pape Étienne II (752-757), abandonné par Constantinople, prend une décision lourde de conséquences : il franchit les Alpes et se rend en personne auprès du roi des Francs Pépin le Bref, qu'il vient sacrer à Saint-Denis[10].
Pépin, redevable au Saint-Siège d'avoir légitimé sa dynastie carolingienne, s'engage par une promesse — la donation de Pépin — à restituer à l'Église romaine les territoires arrachés aux Byzantins. Deux campagnes militaires victorieuses contre les Lombards, en 754 puis en 756, lui permettent de tenir parole : il remet au pape l'exarchat de Ravenne et la Pentapole (Rimini, Pesaro, Fano, Senigallia, Ancône), qui s'ajoutent au duché de Rome[11].
C'est l'acte de naissance des États pontificaux. Pour la première fois, le pape devient juridiquement souverain temporel d'un territoire, et non plus seulement propriétaire foncier. La date de 756 est généralement retenue comme celle de la fondation de l'État pontifical, qui durera jusqu'en 1870[12].
La donation de Charlemagne (774)
En 774, le fils de Pépin, Charlemagne, achève l'œuvre paternelle. Ayant définitivement abattu le royaume lombard, il confirme et élargit la donation de son père lors d'une visite à Rome auprès du pape Adrien Iᵉʳ. Le sacre impérial de Charlemagne par Léon III le jour de Noël 800 scelle l'alliance entre la papauté et l'Empire d'Occident, et place le jeune État pontifical sous la protection — parfois pesante — de l'empereur[13][14].
La donation de Constantin : un faux fondateur
Pendant des siècles, la chancellerie pontificale invoqua un autre titre, bien plus ancien et prestigieux, pour fonder son pouvoir temporel : la donation de Constantin. Selon ce document, l'empereur Constantin, guéri de la lèpre et baptisé par le pape Sylvestre Iᵉʳ, aurait par gratitude cédé à la papauté la souveraineté sur Rome, l'Italie et tout l'Occident[15].
Or ce document était un faux. En 1440, l'humaniste Lorenzo Valla rédige son célèbre traité De falso credita et ementita Constantini donatione declamatio (Sur la donation de Constantin faussement crue et controuvée) et démontre, sur des bases historiques et philologiques, que le texte ne pouvait dater du IVᵉ siècle : son latin vulgaire, ses anachronismes de vocabulaire et d'institutions trahissent une rédaction du VIIIᵉ siècle[16][17].
Il faut le souligner avec netteté, car cela honore la rigueur intellectuelle de l'Église : la démonstration de Valla, clerc catholique au service du roi d'Aragon, fut acceptée par l'érudition ecclésiastique elle-même et fait de lui un pionnier de la critique historique moderne. La fausseté du document ne ruine en rien la légitimité réelle des États pontificaux : celle-ci repose sur la donation authentique de Pépin, non sur le mythe constantinien. L'Église n'avait pas besoin d'un faux — elle avait un vrai titre. La fresque de l'atelier de Raphaël au Vatican conserve la mémoire artistique de la légende, désormais reçue comme telle.
Comment l'État pontifical s'est-il organisé au Moyen Âge ?
Une mosaïque de villes et de seigneuries
Posséder un territoire ne suffit pas : encore faut-il le gouverner. Or, du IXᵉ au XIVᵉ siècle, l'autorité du pape sur ses États est souvent plus théorique que réelle. Les grandes familles romaines (Crescenzi, Tusculani, puis Colonna et Orsini) se disputent la ville ; les communes d'Ombrie et de Romagne revendiquent leur autonomie ; des seigneurs locaux — les signori — s'emparent des cités. Le long séjour des papes à Avignon (1309-1377) aggrave encore l'anarchie : privée de son souverain, l'Italie pontificale se désagrège[18].
Le cardinal Albornoz et les Constitutions égidiennes (1357)
C'est un homme remarquable qui sauve l'État pontifical de la dislocation : le cardinal espagnol Gil Álvarez Carrillo de Albornoz (vers 1310-1367), ancien archevêque de Tolède et homme de guerre. Envoyé en Italie comme légat par le pape avignonnais Innocent VI en 1353, il reconquiert méthodiquement, en quelques années, les villes rebelles et soumet les tyrans locaux[19].
Son chef-d'œuvre est juridique. Le 29 avril 1357, lors d'un parlement réuni à Fano, Albornoz promulgue les Constitutiones Sanctæ Matris Ecclesiæ, restées célèbres sous le nom de Constitutions égidiennes (du prénom latin du cardinal, Aegidius). Ce code en six livres organise pour la première fois de façon cohérente l'administration de l'État. Il y divise le territoire en cinq provinces — la Campagne et Maritime, le Patrimoine de saint Pierre, la Marche d'Ancône, le Duché de Spolète et la Romagne — chacune confiée à un gouverneur ou recteur doté de larges pouvoirs administratifs, financiers, judiciaires et militaires, mais subordonné au légat pontifical[20][21].
L'efficacité de ce code fut telle qu'il demeura la loi fondamentale des États pontificaux jusqu'en 1816, soit pendant près de cinq siècles — l'une des constitutions les plus durables de l'histoire européenne[22].
L'héritage de Mathilde de Toscane
L'État pontifical s'est aussi agrandi par voie successorale. La puissante comtesse Mathilde de Canossa (1046-1115), grande alliée du pape Grégoire VII lors de la querelle des Investitures, légua ses vastes domaines toscans et émiliens au Saint-Siège. Si l'application concrète de ce legs fut longtemps disputée avec l'Empire, il fournit un titre juridique que les papes invoqueront durant des siècles pour étendre leur autorité vers le nord de l'Italie[23].
L'apogée territorial à la Renaissance
Jules II, le « pape guerrier »
C'est à la Renaissance que l'État pontifical atteint sa pleine puissance politique. Le pape Jules II (Giuliano della Rovere, 1503-1513), figure énergique et batailleuse, se met lui-même à la tête de ses armées pour reconquérir les villes de Romagne échappées à l'autorité pontificale. Mécène génial — il commande à Michel-Ange la voûte de la chapelle Sixtine et lance la reconstruction de la basilique Saint-Pierre — il est aussi le restaurateur militaire de l'État[24].
Sa devise pourrait être celle de tous les papes-rois de cette époque : pour défendre l'indépendance du Saint-Siège dans une Italie déchirée entre la France, l'Espagne et l'Empire, il fallait un État fort. C'est l'ambiguïté assumée de la papauté de la Renaissance, dont la grandeur artistique va de pair avec un engagement temporel parfois excessif.
César Borgia et la reconquête de la Romagne
Le prédécesseur de Jules II, Alexandre VI (Rodrigo Borgia, 1492-1503), avait préparé le terrain par l'action militaire de son fils César Borgia, qui tailla dans la Romagne une principauté éphémère au service de la maison Borgia autant que de l'Église. À la mort d'Alexandre VI, Jules II récupéra ces conquêtes au profit de l'État pontifical, transformant l'ambition d'une famille en consolidation durable du domaine de saint Pierre[25].
L'extension maximale
Les agrandissements se poursuivent jusqu'au XVIIᵉ siècle : annexion de Ferrare en 1598 (à l'extinction de la maison d'Este), du duché d'Urbino en 1631, du duché de Castro en 1649. L'État pontifical atteint alors son extension maximale, environ 44 000 km², regroupant la majeure partie de l'Italie centrale et orientale[26]. Au milieu du XIXᵉ siècle, il compte plus de trois millions d'habitants — 3,13 millions au recensement officiel de 1853 — ce qui en fait l'un des États les plus peuplés d'Italie[27].
Comment gouvernait-on les États pontificaux ?
Une théocratie élective
Les États pontificaux présentaient une singularité unique en Europe : c'était une monarchie élective et ecclésiastique. Le souverain n'héritait pas du trône et n'avait pas de descendance : il était élu par le collège des cardinaux lors du conclave, et son règne s'achevait à sa mort. Cette absence de dynastie écartait le risque de luttes successorales héréditaires, mais introduisait une autre faiblesse : chaque pontificat pouvait renverser la politique du précédent, et l'âge avancé des papes élus rendait les règnes souvent brefs.
Le gouvernement central reposait sur le secrétaire d'État — véritable Premier ministre — et sur la Curie romaine, dont les congrégations cardinalices administraient à la fois l'Église universelle et l'État temporel. Les postes clés étaient occupés par des prélats, clercs juristes formant une bureaucratie compétente mais coupée d'une partie de la population laïque.
Les légations et délégations
Au XIXᵉ siècle, l'administration territoriale était organisée en grandes circonscriptions. À la suite de la réforme de Pie IX en 1850, le titre de légation fut réservé à cinq grandes régions, gouvernées par un cardinal-légat ; les autres provinces étaient des délégations dirigées par un prélat-délégué. La légation de Romagne, par exemple, réunissait Bologne, Ferrare, Forlì et Ravenne et comptait en 1859 1 014 582 habitants, Bologne en étant la ville principale[28].
Lumières et ombres d'un gouvernement de prélats
Il faut ici éviter les deux caricatures opposées. Le « gouvernement des prêtres » fut longtemps présenté par la propagande anticléricale et libérale comme rétrograde et obscurantiste ; la réalité est plus nuancée. Les États pontificaux entretenaient des universités réputées (Bologne, la Sapience de Rome), une assistance charitable considérable et un patrimoine artistique sans égal[29].
Mais les ombres sont réelles : fiscalité lourde, justice lente, méfiance envers les idées libérales et les chemins de fer, exclusion des laïcs des plus hautes fonctions. Au XIXᵉ siècle, alors que monte le nationalisme italien, ce décalage politique nourrit l'opposition au pouvoir temporel et fournit des arguments au Risorgimento.
La tourmente révolutionnaire et napoléonienne
La première République romaine (1798)
La Révolution française frappe de plein fouet l'État pontifical. Dès 1791, la France révolutionnaire annexe Avignon et le Comtat Venaissin. Puis, en février 1798, l'armée française du Directoire entre à Rome, proclame une République romaine et chasse le pape Pie VI, âgé de 81 ans, déporté en France où il meurt prisonnier à Valence en 1799. L'État pontifical semble alors aboli[30].
L'annexion de 1809 et la captivité de Pie VII
Restauré après l'élection de Pie VII en 1800, l'État pontifical entre bientôt en conflit avec Napoléon. L'Empereur exige que le pape ferme ses ports aux Anglais et adhère au blocus continental ; Pie VII refuse, estimant que sa charge de pasteur universel lui impose la neutralité entre les nations chrétiennes[31].
La rupture est brutale. Le 17 mai 1809, Napoléon décrète l'annexion des États pontificaux à l'Empire, ensuite organisés en départements du Tibre et du Trasimène (sénatus-consulte du 17 février 1810)[32]. Dans la nuit du 10 au 11 juin 1809, Pie VII riposte par la bulle Quum memoranda, qui excommunie les auteurs et complices de cette spoliation du Saint-Siège, sans nommer explicitement l'Empereur[33].
La réponse de Napoléon est l'enlèvement. Le pape est arrêté et déporté : d'abord à Savone (1809-1812), puis au château de Fontainebleau où il arrive le 20 juin 1812. Affaibli, isolé de ses conseillers, il finit par signer sous la contrainte un concordat de Fontainebleau (25 janvier 1813) qu'il rétracte courageusement deux mois plus tard, le 24 mars 1813[34][35]. La fermeté du vieux pape désarmé face à l'empereur tout-puissant est restée l'un des grands témoignages de l'indépendance spirituelle de la papauté.
La restauration de 1815
La chute de Napoléon rend justice au Saint-Siège. Au Congrès de Vienne (1814-1815), le secrétaire d'État, le cardinal Ercole Consalvi, obtient par sa diplomatie la restauration quasi complète des États pontificaux — à l'exception d'Avignon et du Comtat, définitivement français. Selon le dossier qu'Aleteia consacre au cardinal, Consalvi annonce à Rome, le 12 juin 1815, l'ampleur du succès : le Saint-Siège recouvre la quasi-totalité de ses provinces[36].
L'État pontifical entame alors sa dernière phase — qui sera aussi la plus dramatique.
Le Risorgimento et la chute
La fin des États pontificaux ne fut pas un effondrement soudain, mais une amputation par étapes, étalée sur près de quatre-vingts ans, depuis l'annexion d'Avignon par la France révolutionnaire jusqu'à la prise de Rome. La frise suivante en résume les grandes secousses.
- 1791Perte d'Avignonannexion par la France révolutionnaire
Le Comtat Venaissin (cédé en 1273, État papal en 1274) et Avignon (achetée par Clément VI en 1348) sont rattachés à la France.
- 1798-1799Première République romaineexil et mort de Pie VI
L'armée du Directoire proclame une République à Rome ; Pie VI, déporté, meurt prisonnier à Valence.
- 1809-1814Annexion napoléoniennecaptivité de Pie VII
Napoléon réunit les États pontificaux à l'Empire ; le pape est déporté à Savone puis à Fontainebleau.
- 1815RestaurationCongrès de Vienne
Le cardinal Consalvi obtient le retour quasi complet des États, sauf Avignon et le Comtat.
- 1849Seconde République romainerestauration par la France
Fuite de Pie IX à Gaète, République de Mazzini, puis rétablissement du pape par le corps expéditionnaire d'Oudinot.
- 1860Amputation majeureCastelfidardo
Après la défaite de l'armée pontificale, les Légations, les Marches et l'Ombrie sont annexées ; il ne reste que le Latium.
- 20 septembre 1870Prise de Romefin du pouvoir temporel
La brèche de la Porta Pia livre Rome au royaume d'Italie. Les États pontificaux cessent d'exister.
- 11 février 1929Accords du Latrannaissance de la Cité du Vatican
La question romaine est réglée ; le Saint-Siège reçoit la souveraineté sur les 44 hectares du Vatican.
Pie IX, du libéralisme à la République romaine de 1849
Élu en 1846, Pie IX passe d'abord pour un pape libéral et patriote : il amnistie les prisonniers politiques, accorde une constitution, suscite l'enthousiasme des nationalistes italiens. Mais la Révolution de 1848 le rattrape. Le 15 novembre 1848, son ministre Pellegrino Rossi est assassiné ; sous la pression de l'émeute, le pape s'enfuit déguisé et se réfugie à Gaète, dans le royaume de Naples[37].
À Rome, les révolutionnaires proclament en février 1849 la seconde République romaine, gouvernée par un triumvirat où domine Giuseppe Mazzini, et défendue militairement par Garibaldi. Pie IX fait alors appel aux puissances catholiques. La France — pourtant républicaine — envoie un corps expéditionnaire commandé par le général Oudinot, qui débarque à Civitavecchia le 25 avril 1849, assiège Rome et, après une dure résistance, fait tomber la République le 3 juillet 1849[38]. Pie IX rentre, mais transformé : désormais hostile au libéralisme, il deviendra le pape du Syllabus (1864) et du concile Vatican I (1869-1870).
L'amputation de 1859-1860
La création d'un royaume d'Italie unifié, sous l'impulsion du Piémont de Cavour et de Victor-Emmanuel II, condamne les États pontificaux. Après la guerre de 1859, les légations du nord — Romagne, puis bientôt l'Ombrie et les Marches — votent par plébiscite leur rattachement au royaume de Sardaigne. Pour réunir le nord et le sud de l'Italie, il ne reste qu'à traverser les États du pape[39].
L'armée pontificale, hâtivement reconstituée, est commandée par le général français Louis de Lamoricière et compte des volontaires venus de toute l'Europe — futurs zouaves pontificaux, parmi lesquels de nombreux Français et Belges venus défendre le pape par conviction religieuse. Le 18 septembre 1860, à la bataille de Castelfidardo (dans les Marches), ces troupes sont écrasées par l'armée piémontaise. Les Marches et l'Ombrie sont annexées ; le royaume d'Italie est proclamé le 17 mars 1861. Les États pontificaux sont désormais réduits au seul Latium autour de Rome, et ne survivent que grâce à la garnison française que Napoléon III maintient pour protéger le pape[40].
La brèche de Porta Pia (20 septembre 1870)
Le dénouement vient de la guerre. En juillet 1870 éclate la guerre franco-prussienne : Napoléon III rappelle aussitôt sa garnison de Rome, laissant le pape sans protection. L'armée italienne saisit l'occasion. Le 20 septembre 1870, dans la matinée, après plusieurs heures de bombardement commencé à l'aube, l'artillerie italienne ouvre une brèche dans la muraille antique au niveau de la Porta Pia, au nord-est de Rome[41].
Pie IX avait donné l'ordre de n'opposer qu'une résistance symbolique. Le cardinal Antonelli, secrétaire d'État, transmet au commandant des troupes pontificales, le général Kanzler, la consigne de se limiter à une défense d'honneur puis de capituler, afin d'éviter un combat sans espoir (paraphrase ; la formulation exacte de la consigne n'a pu être vérifiée)[42]. Après la mort de 49 soldats italiens et de 19 soldats pontificaux, le drapeau blanc est hissé. Rome vote son rattachement au royaume d'Italie par le plébiscite du 2 octobre 1870, puis est formellement annexée par le décret royal du 9 octobre 1870 (n° 5903), et devient en 1871 la capitale de l'Italie unifiée. Le pouvoir temporel des papes, vieux de onze siècles, prend fin[43][44].
La question romaine
Le « prisonnier du Vatican » et le non possumus
Pie IX refuse de reconnaître l'annexion. Il ne quitte plus l'enceinte du Vatican, se proclame « prisonnier » et excommunie les usurpateurs. Son attitude se résume dans une formule empruntée aux Actes des Apôtres, le non possumus — « nous ne pouvons pas » — par laquelle il signifie qu'aucune autorité humaine ne peut le contraindre à céder ce qu'il considère comme le patrimoine de l'Église universelle[45].
Cette résistance, qui peut sembler intransigeante, obéissait à une logique précise : en refusant tout accommodement, le pape entendait ne jamais légitimer la spoliation, et maintenir vivante la revendication de l'indépendance du Saint-Siège.
La loi des Garanties refusée (1871)
Pour régler la situation, le Parlement italien vote le 13 mai 1871 une loi des Garanties, destinée à fixer unilatéralement le statut du pape : inviolabilité de sa personne, libre exercice de son ministère, usage des palais du Vatican et du Latran, et une rente annuelle de 3,225 millions de lires[46][47].
Pie IX rejette catégoriquement cette loi par l'encyclique Ubi nos (15 mai 1871) et refuse de toucher la rente. Une loi octroyée par l'État occupant, révocable à tout moment, ne pouvait à ses yeux remplacer une vraie souveraineté. Comme le résumera la doctrine pontificale, le pape ne pouvait apparaître comme le simple « chapelain du roi d'Italie » : son indépendance spirituelle exigeait une garantie qui ne dépendît pas du bon vouloir d'un gouvernement[48].
Les accords du Latran (1929) et la Cité du Vatican
La question romaine demeure ouverte pendant près de soixante ans, sous quatre pontificats. Elle n'est résolue qu'en 1929. Le 11 février 1929, au palais du Latran, le cardinal secrétaire d'État Pietro Gasparri, au nom du pape Pie XI, et Benito Mussolini, chef du gouvernement italien, signent les accords du Latran, ratifiés le 7 juin 1929[49][50].
Ces accords comportent trois textes : un traité politique qui clôt la question romaine et crée l'État de la Cité du Vatican ; une convention financière dédommageant le Saint-Siège de la perte des anciens États ; et un concordat réglant la place de l'Église en Italie. Le pape renonce officiellement à toute prétention sur les anciens États pontificaux ; en échange, l'Italie reconnaît la pleine souveraineté du Saint-Siège sur les 44 hectares de la Cité du Vatican[51][52].
La solution est d'une grande sagesse : ce n'est plus un grand royaume, mais un territoire minuscule et symbolique, juste suffisant pour que le pape ne soit le sujet d'aucun État. La souveraineté territoriale n'est plus une fin en soi : elle devient le garant minimal de la liberté spirituelle.
Pourquoi l'Église a-t-elle voulu un pouvoir temporel ?
L'argument de l'indépendance spirituelle
La raison profonde du pouvoir temporel n'est pas l'ambition mondaine, mais l'indépendance. Pour gouverner librement l'Église universelle, le pape ne doit être le sujet d'aucun prince. S'il était citoyen d'un État, ses décisions spirituelles risqueraient d'être perçues comme dictées par ce gouvernement. La possession d'un territoire propre garantissait que le successeur de Pierre ne relève, temporellement, de personne.
C'est cette thèse que Léon XIII défendit avec la plus grande netteté après 1870 : dans son encyclique Inscrutabili Dei consilio (21 avril 1878, § 12), il soutient que cette souveraineté est nécessaire pour protéger et garder la pleine liberté du pouvoir spirituel, et qu'il est établi que, lorsque la souveraineté temporelle du Siège apostolique est en cause, c'est aussi la cause du bien public et du bien-être de toute la société humaine qui est en jeu (paraphrase ; texte anglais original en note)[53].
Cette doctrine éclaire pourquoi Pie IX et ses successeurs refusèrent obstinément la loi des Garanties : une liberté concédée par autrui n'est pas une liberté. Il fallait une souveraineté propre, fût-elle réduite à l'extrême.
Une lecture providentielle de la perte
Reste un paradoxe que la tradition catholique a médité : la perte des États pontificaux, vécue comme un drame en 1870, a finalement servi la mission spirituelle de la papauté. Délivrée du fardeau d'administrer trois millions de sujets, d'entretenir une armée et de mener une diplomatie de prince italien, la papauté contemporaine a retrouvé une autorité morale universelle qu'aucun pape-roi du XVIIIᵉ siècle n'avait connue.
L'État de la Cité du Vatican, né en 1929, incarne cet équilibre : assez de souveraineté pour garantir l'indépendance, pas assez pour faire du pape un acteur politique parmi d'autres. Le débat reste ouvert entre les historiens et les théologiens — Léon XIII demandait en 1878 que le Pontife romain fût rétabli dans la condition où le dessein de Dieu l'avait placé[54] — mais beaucoup voient dans la solution de 1929 l'aboutissement heureux d'une longue épreuve : ce que la force avait arraché, la Providence l'a converti en libération.
Onze siècles après la donation de Pépin, le pape n'est plus le souverain d'un royaume terrestre. Mais c'est peut-être parce qu'il a cessé d'être un prince temporel qu'il est devenu, aux yeux du monde, la conscience morale qu'on écoute par-delà les frontières.
Pour aller plus loin
- La papauté d'Avignon (1309-1377) — les sept papes, le palais et le cardinal Albornoz, reconquérant des États pontificaux.
- La décadence des papes Borgia — Alexandre VI, César Borgia et la papauté de la Renaissance.
- La Renaissance chrétienne — Jules II, Michel-Ange, Raphaël et le mécénat pontifical.
- Le couronnement de Charlemagne — l'alliance entre la papauté et l'Empire d'Occident.
- Le concile Vatican I (1869-1870) — interrompu par la prise de Rome, il définit l'infaillibilité pontificale.
- La Contre-Réforme catholique — le gouvernement de l'Église après le concile de Trente.
Notes et références
« Papal States », Wikipedia en anglais (https://en.wikipedia.org/wiki/Papal_States) : infobox « Before 1859 : 44,000 km² » ; et « États pontificaux », Wikipédia en français (https://fr.wikipedia.org/wiki/États_pontificaux), pour la fondation (756), l'organisation provinciale et la disparition en 1870. Chaque fait daté est en outre rattaché ci-dessous à sa notice spécialisée exacte.
1 14 18 23 24 25 26 29 30 39 44« États de l'Église (ou États pontificaux) », Encyclopédie Larousse en ligne, article « États de l'Église », consulté en 2026 : fondation par la donation de Pépin (756), durée jusqu'en 1870, capitale Rome.
2 7 12« Donation de Pépin », Wikipédia en français (https://fr.wikipedia.org/wiki/Donation_de_Pépin) : promesse de Pépin le Bref à Étienne II, campagnes de 754 et 756 contre Aistulf, remise de l'exarchat de Ravenne et de la Pentapole, confirmation et élargissement par Charlemagne en 774.
3 10 11 13« Roman question », Wikipedia en anglais (https://en.wikipedia.org/wiki/Roman_question), consulté le 4 octobre 2026, sections « Law of Papal guarantees » et « Lateran Treaty » : refus par Pie IX de la loi des Garanties et de la rente annuelle, refus des papes de quitter le Vatican, exigence que le pape ne paraisse pas simplement « chaplain of the King of Italy ». Le non possumus est ici le résumé par l'article de l'attitude de Pie IX, non une citation.
4 45 47 48Vatican News, article « Vatican City turns 91 » (11 février 2020) (https://www.vaticannews.va/en/vatican-city/news/2020-02/vatican-city-lateran-treaty-holy-see-pope.html), consulté le 4 octobre 2026 : « The world's smallest sovereign state was born on February 11, 1929, with the signing of the Lateran Treaty between the Holy See and the Kingdom of Italy. »
5 50 52Léon XIII, encyclique Inscrutabili Dei consilio, 21 avril 1878, § 12, texte intégral sur vatican.va (https://www.vatican.va/content/leo-xiii/en/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_21041878_inscrutabili-dei-consilio.html), vérifié le 4 octobre 2026. Texte anglais original du passage paraphrasé dans le corps : « not only because this sovereignty is essential to protect and preserve the full liberty of the spiritual power, but also because it is an ascertained fact that, when the temporal sovereignty of the apostolic see is in question, the cause of the public good and the well-being of all human society in general are also at stake » ; aucune traduction française officielle n'ayant pu être vérifiée en séance sur vatican.va (page française à chargement scripté), le corps en donne une paraphrase présentée comme telle. Le même § 12 porte : « We shall never cease to strive [...] that We may be restored to that condition of things in which the design of God's wisdom had long ago placed the Roman Pontiffs. »
6 53 54« Avignon », The Catholic Encyclopedia (https://studylight.org/encyclopedias/eng/tce/a/avignon.html) : vente de la ville à Clément VI par la reine Jeanne, comtesse de Provence, pour 80 000 florins, le 9 juin 1348 ; et « Comtat Venaissin », Wikipedia en anglais (https://en.wikipedia.org/wiki/Comtat_Venaissin), infobox « Annexed as a Papal state : 1274 » — le Comtat, échu à Philippe III devenu comte de Toulouse en 1271, est cédé par lui à la papauté en 1273 et devient territoire papal en 1274 (cf. aussi « 1791 Avignon–Comtat Venaissin status referendum », Wikipedia : « ceded it to the papacy in 1273 »).
8« Patrimony of Saint Peter », Wikipedia en anglais (https://en.wikipedia.org/wiki/Patrimony_of_Saint_Peter), consulté le 4 octobre 2026, introduction et section « Patrimonial possessions of the Church of Rome » : biens fonciers et revenus du Saint-Siège apostolique, simple propriété privée jusqu'au milieu du VIIIᵉ siècle, base légale donnée par Constantin en 321, accroissement par donations (Latran, domaines en Italie, Sicile, Gaule et Afrique), ancêtre patrimonial de l'État pontifical. Sur l'administration romaine par Grégoire le Grand (590-604), voir les biographies de référence de ce pape.
9« Donation of Constantine » et « Lorenzo Valla », notices encyclopédiques, Wikipedia (versions anglaises consultées en mai 2026) : contenu de la donation supposée (guérison de la lèpre de Constantin par le pape Sylvestre Iᵉʳ, cession de l'Occident), et démonstration par Valla en 1440 du caractère apocryphe du document sur des bases linguistiques (latin de style VIIIᵉ siècle).
15 16Lorenzo Valla, De falso credita et ementita Constantini donatione declamatio (1440). Édition critique bilingue : On the Donation of Constantine, éd. et trad. G. W. Bowersock, The I Tatti Renaissance Library 24, Harvard University Press, 2007 ; compte rendu dans la Bryn Mawr Classical Review (2008.01.31). Valla, clerc catholique, est considéré comme un pionnier de la critique historique et philologique moderne.
17« Albornoz, Gil Álvarez Carrillo de », Encyclopædia Universalis en ligne, consultée en mai 2026 : cardinal espagnol, ancien archevêque de Tolède, légat envoyé en Italie par Innocent VI en 1353 pour reconquérir et réorganiser les États pontificaux.
19« Constitutions égidiennes », Wikipédia en français (https://fr.wikipedia.org/wiki/Constitutions_égidiennes) : recueil de lois en six livres promulgué à Fano le 29 avril 1357 par le cardinal Albornoz, en vigueur de 1357 à 1816.
20 22« Constitutiones Sanctæ Matris Ecclesiæ », Wikipedia en anglais (https://en.wikipedia.org/wiki/Constitutiones_Sanct%C3%A6_Matris_Ecclesi%C3%A6) : sous les Constitutiones, les États pontificaux sont divisés en cinq provinces — le duché de Spolète, la marche d'Ancône, la Romagne, le Patrimoine de saint Pierre et la Campagne et Maritime ; et « Constitutions égidiennes », Wikipédia en français (https://fr.wikipedia.org/wiki/Constitutions_égidiennes) : chacune confiée à un gouverneur aux larges pouvoirs, subordonné au légat pontifical.
21« Papal States », Wikipedia en anglais (https://en.wikipedia.org/wiki/Papal_States), section Demographics : la population passe d'environ 2,36 millions d'habitants en 1816 à « just over 3.13 million by 1853 », d'après le recensement officiel pontifical (Ministero del commercio e lavori pubblici, Statistica numerativa delle popolazioni dello Stato pontificio alla fine del 1853, 1857, pp. xxi-xxii).
27« Légation des Romagnes », Wikipédia en français (https://fr.wikipedia.org/wiki/Légation_des_Romagnes), introduction : légation instituée par Pie IX le 22 novembre 1850, réunissant Bologne, Ferrare, Forlì et Ravenne, « en 1859, la légation compte 1 014 582 habitants », chef-lieu Bologne.
28Fondation Napoléon, article « Napoléon et le pape Pie VII : du Concordat signé en juillet 1801 à l'excommunication de l'Empereur en juin 1809 » (https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/articles/napoleon-et-le-pape-pie-vii-du-concordat-signe-en-juillet-1801-a-lexcommunication-de-lempereur-en-juin-1809/), consulté le 4 octobre 2026 : conflit autour du blocus et de la neutralité du Saint-Siège, bulle Quum memoranda des 10-11 juin 1809 portant excommunication des spoliateurs, enlèvement du pape (Savone puis Fontainebleau).
31 33 34Décret d'annexion du 17 mai 1809 et organisation en départements du Tibre et du Trasimène par sénatus-consulte du 17 février 1810 : voir « Pie VII », Wikipédia en français (https://fr.wikipedia.org/wiki/Pie_VII), et la notice de la Napoleon Series sur les conscrits de 1810 levés à Rome et Trasimène (https://www.napoleon-series.org/research/abstract/military/army/france/conscription/1811/c_conscripts15.html).
32« Pie VII » et « Concordat de Fontainebleau », Wikipédia en français (https://fr.wikipedia.org/wiki/Pie_VII) : enlèvement dans la nuit du 5 au 6 juillet 1809, captivité à Savone (1809-1812) puis à Fontainebleau (1812-1814), signature contrainte du concordat de Fontainebleau le 25 janvier 1813 et rétractation du pape le 24 mars 1813. Arrivée à Fontainebleau le 20 juin 1812 : Artaud, Vie du pape Pie VII, t. II, p. 296, et cardinal Pacca, Mémoires, cités dans l'étude « Passage du pape Pie VII dans la Nièvre en 1812 » (association La Trace-Claraz).
35Paraphrase — d'après le seul relais retrouvé, le dossier « Consalvi, le cardinal qui a tenu tête à Napoléon », Aleteia, janvier 2024 — du compte rendu du cardinal Ercole Consalvi sur la restauration des États pontificaux au Congrès de Vienne, daté dans ce relais du 12 juin 1815 (texte exact et édition non vérifiés ; aucune citation littérale) : le Saint-Siège recouvre la quasi-totalité de ses provinces, à l'exception d'Avignon et du Comtat Venaissin, restés à la France.
36« République romaine (1849) » (https://fr.wikipedia.org/wiki/République_romaine_(1849)) et « Roman Republic (1849–1850) », Wikipedia en anglais (https://en.wikipedia.org/wiki/Roman_Republic_(1849–1850)) : assassinat de Pellegrino Rossi le 15 novembre 1848, fuite de Pie IX à Gaète, triumvirat Armellini-Mazzini-Saffi, expédition française du général Oudinot (débarquement à Civitavecchia le 25 avril 1849) ; trêve négociée le 1ᵉʳ juillet, retraite de Garibaldi le 2 juillet, entrée des Français dans Rome le 3 juillet 1849 — datation retenue aussi par la fiche Ignispedia Pie IX.
37 38« Bataille de Castelfidardo », Wikipédia en français (https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Castelfidardo) : défaite des troupes pontificales du général Louis de Lamoricière le 18 septembre 1860, présence de volontaires européens (futurs zouaves pontificaux), annexion des Marches et de l'Ombrie, proclamation du royaume d'Italie le 17 mars 1861, États pontificaux réduits au Latium.
40« Capture of Rome », Wikipedia en anglais (https://en.wikipedia.org/wiki/Capture_of_Rome), consulté le 4 octobre 2026 : bombardement commencé à 5 h le 20 septembre 1870, brèche ouverte après quelques heures près de la Porta Pia, infobox 49 soldats italiens tués et 19 soldats pontificaux tués ; et « Prise de Rome », Wikipédia en français (https://fr.wikipedia.org/wiki/Prise_de_Rome), consulté le 4 octobre 2026, section « Action militaire » : ordre du cardinal Antonelli au général Kanzler de se limiter à une résistance symbolique, par volonté d'éviter un combat sans espoir — la formulation exacte de la consigne n'y figurant pas, le corps en donne une paraphrase présentée comme telle ; plébiscite d'annexion du 2 octobre 1870, suivi du décret royal du 9 octobre 1870 (n° 5903) proclamant l'annexion du Latium — voir « Presa di Roma », Wikipedia en italien (https://it.wikipedia.org/wiki/Presa_di_Roma), consulté le 4 octobre 2026, section « Conseguenze ».
41 42 43Loi des Garanties (loi du 13 mai 1871), texte reproduit dans la Digithèque MJP (Université de Perpignan, mjp.univ-perp.fr) ; et « Law of Guarantees », Catholic Encyclopedia (https://studylight.org/encyclopedias/eng/tce/l/law-of-guarantees.html) : dotation annuelle de 3 225 000 lires au Saint-Siège, palais du Vatican et du Latran réservés au pape. Refus de Pie IX exprimé par l'encyclique Ubi nos (15 mai 1871).
46« Accords du Latran », Wikipédia en français (https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_du_Latran) : signature le 11 février 1929 par le cardinal Pietro Gasparri (pour Pie XI) et Benito Mussolini, ratification le 7 juin 1929 ; texte intégral des trois conventions (traité politique créant l'État de la Cité du Vatican, convention financière, concordat) dans la Digithèque MJP (mjp.univ-perp.fr/traites/1929latran.htm).
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