La prise de Rome (20 septembre 1870)

Le 20 septembre 1870, l'armée italienne ouvre la brèche de Porta Pia et s'empare de Rome, mettant fin aux États pontificaux. Récit sourcé de la fin du pouvoir temporel des papes, du pape « prisonnier du Vatican » et de la Question romaine jusqu'aux accords du Latran de 1929.

Ignispedia

La prise de Rome, le mardi 20 septembre 1870, est la conquête de la capitale des États pontificaux par l'armée du jeune royaume d'Italie, à l'issue d'un bref combat autour d'une brèche ouverte au canon près de la Porta Pia. Connue en italien sous le nom de Breccia di Porta Pia, elle met fin à plus de onze siècles de pouvoir temporel des papes sur Rome et le Latium, achève l'unification politique de la péninsule italienne, et fait de la Ville éternelle la capitale du royaume d'Italie[1].

L'événement militaire est court — quelques heures de bombardement, une soixantaine de tués (49 Italiens et 20 pontificaux pour l'ensemble de la campagne du Latium, d'après le général Cadorna) et près de deux cents blessés[2] — mais sa portée est immense. Le pape Pie IX, qui a ordonné à ses troupes une résistance purement symbolique afin que le monde voie qu'il cédait à la force et non au droit, refuse toute négociation, se retire dans les palais du Vatican et se proclame « prisonnier »[3]. Pendant cinquante-neuf ans, jusqu'en 1929, les papes ne franchiront plus les limites du Vatican : c'est la « Question romaine », plaie ouverte entre l'Église et l'État italien.

Vue par les artisans du Risorgimento, la journée du 20 septembre est l'aboutissement glorieux d'un rêve national ; elle deviendra une fête civile et le nom de milliers de rues « XX Settembre » dans toute l'Italie. Vue de l'Église, elle est d'abord ressentie comme une spoliation sacrilège, frappée d'excommunication par Pie IX dans l'encyclique Respicientes ea omnia du 1er novembre 1870[4]. Mais, avec le recul, des historiens comme Owen Chadwick y verront le paradoxe d'une papauté libérée pour sa mission universelle — lecture que le regard catholique prolonge en y reconnaissant une libération providentielle : déchargé du fardeau de gouverner un État, le Successeur de Pierre retrouvera une autorité morale universelle sans rivale, fondée non sur des canons mais sur la seule force de l'Évangile[5].

L'article qui suit reprend l'événement pièce par pièce : les sources et l'historiographie ; les origines du pouvoir temporel et la longue marche du Risorgimento ; le rôle protecteur de la France jusqu'à son effondrement à Sedan ; la figure de Pie IX, le Syllabus et le concile Vatican I ; les forces en présence et l'ordre de résistance pro forma ; le déroulement du 20 septembre heure par heure ; le plébiscite et le transfert de la capitale ; les cinquante-neuf ans du pape prisonnier ; et la réconciliation finale du Latran, en 1929.

« Je ne puis admettre les demandes exprimées dans votre lettre, ni adhérer aux principes qu'elle contient. » — Pie IX, réponse à Victor-Emmanuel II, 11 septembre 1870[6]

Sources et regard historique

La prise de Rome est l'un des événements les mieux documentés du XIXᵉ siècle. Elle se produit en pleine ère de la presse, de la photographie et des archives administratives modernes. Le difficile, pour l'historien, n'est pas de manquer de sources, mais de trier la propagande : récit héroïque du Risorgimento d'un côté, récit de la spoliation et du martyre de l'autre.

Les documents officiels et diplomatiques

L'événement est cadré par une série de documents datés et publics. L'échange épistolaire entre Victor-Emmanuel II et Pie IX (lettres du 8 et du 11 septembre 1870) fixe la confrontation politique ; il a été imprimé dès l'époque et figure dans les recueils diplomatiques[7]. Du côté pontifical, les actes de Pie IX — la lettre encyclique Respicientes ea omnia du 1er novembre 1870, puis Ubi nos du 15 mai 1871 — sont conservés et accessibles sur le site du Saint-Siège ; ils constituent la réponse magistérielle officielle à la conquête[8][9]. Du côté italien, la loi des Garanties du 13 mai 1871 et le décret faisant de Rome la capitale (loi du 3 février 1871) sont publiés au bulletin des lois du royaume[10].

Les témoins et les mémorialistes

Le général Raffaele Cadorna, qui commandait l'expédition, a laissé un récit détaillé, La liberazione di Roma nell'anno 1870 ed il plebiscito (Roma-Torino, Roux, 1889), source de première main sur les opérations militaires, même si elle est écrite par le vainqueur et justifie son action[11]. Côté pontifical, les rapports du général Hermann Kanzler et les nombreux mémoires de zouaves pontificaux — ces volontaires catholiques venus de toute l'Europe — donnent le point de vue des défenseurs[12]. La photographie entre ici dans l'histoire : le Romain Ludovico Tuminello photographie la brèche au lendemain immédiat de l'assaut — les reproductions courantes datent ce tirage du 21 septembre 1870 —, livrant l'une des premières images documentaires d'un fait de guerre européen[13].

L'historiographie : du mythe au travail critique

Pendant des décennies, l'historiographie italienne officielle a célébré le 20 septembre comme un acte fondateur et libérateur, tandis que l'historiographie catholique intransigeante y voyait un sacrilège pur et simple. Le travail critique moderne a dépassé ces deux récits. La biographie scientifique de référence sur le pape est celle du jésuite Giacomo Martina, Pio IX, en trois volumes parus à l'Université grégorienne (le tome 3 couvre 1867-1878) : elle évalue avec nuance la responsabilité de Pie IX comme souverain[14]. Pour le cadre français, Roger Aubert a donné dans l'Histoire de l'Église de Fliche et Martin une synthèse d'autorité[15]. Côté anglophone, Owen Chadwick (A History of the Popes 1830-1914) et, sur un mode plus polémique, David Kertzer (Prisoner of the Vatican) ont renouvelé l'analyse de la « Question romaine »[16][17].

Pourquoi Rome ? Le pouvoir temporel des papes

Pour comprendre l'émotion de 1870, il faut d'abord comprendre ce qui est en jeu : non pas une simple ville, mais un État souverain dirigé par le pape depuis le haut Moyen Âge.

Les États pontificaux, un État millénaire

Les États pontificaux (ou États de l'Église) sont nés au VIIIᵉ siècle, lorsque le roi des Francs Pépin le Bref donna au pape, en 756, les territoires arrachés aux Lombards — la fameuse « donation de Pépin »[18]. Pendant plus de mille ans, le pape fut donc à la fois chef spirituel de la catholicité et monarque temporel d'un vaste territoire couvrant Rome, le Latium, l'Ombrie, les Marches et la Romagne. Cette double fonction était considérée, dans la doctrine de l'époque, comme une garantie d'indépendance : un pape sujet d'un autre prince risquait de devenir l'instrument de sa politique.

L'unification de l'Italie, 1815-1870. Les États pontificaux (en violet) sont progressivement absorbés ; il ne reste plus, en 1870, que Rome et le Latium. Carte Wikimedia Commons, domaine public.

À son apogée, cet État faisait du pape l'un des grands souverains d'Europe. Mais au XIXᵉ siècle, le gouvernement pontifical — administration cléricale, justice ecclésiastique, absence de constitution moderne — était perçu par les élites libérales comme un anachronisme. Les insurrections de 1831, puis de 1848-1849, montrèrent que la légitimité du pouvoir temporel était profondément contestée à l'intérieur même de ses frontières[19].

Le Risorgimento et la « Question romaine »

Le Risorgimento — le mouvement d'unification nationale italienne — fit de Rome son objectif suprême. Pour les patriotes, une Italie unie sans Rome pour capitale était inconcevable : « Roma capitale » devint un mot d'ordre. Or Rome était le siège du pape. Toute la difficulté tient là : annexer Rome, c'était dépouiller le Saint-Père.

À partir de 1859-1861, le royaume de Sardaigne, dirigé par Victor-Emmanuel II et son ministre Cavour, unifia la péninsule à un rythme accéléré. En 1860, l'armée piémontaise envahit les Marches et l'Ombrie, écrasant l'armée pontificale à la bataille de Castelfidardo (18 septembre 1860)[20]. Les États pontificaux furent ainsi réduits au seul Latium autour de Rome. Le royaume d'Italie fut proclamé en mars 1861. Il ne lui manquait plus que deux pièces : la Vénétie (obtenue en 1866) et Rome.

Le rôle protecteur de la France (1849-1870)

Ce qui empêcha pendant vingt ans la prise de Rome, ce ne fut pas la petite armée pontificale, mais la France. En 1849, Louis-Napoléon Bonaparte — bientôt empereur Napoléon III — avait envoyé un corps expéditionnaire renverser l'éphémère République romaine et restaurer Pie IX, en fuite à Gaète. Depuis lors, une garnison française stationnait à Rome pour protéger le pape, par considération pour l'opinion catholique française dont l'empereur dépendait[21].

Cette protection plaçait Napoléon III dans une position intenable, écartelé entre les catholiques français et les nationalistes italiens. La Convention de septembre (1864) prévoyait un retrait français en échange de l'engagement italien de respecter le territoire pontifical ; les troupes françaises partirent en 1866. Mais elles revinrent dès 1867.

Mentana 1867 et les chassepots

En octobre 1867, Giuseppe Garibaldi lança une expédition de volontaires sur Rome aux cris de « Roma o morte » (« Rome ou la mort »). La France renvoya précipitamment un corps expéditionnaire, qui, allié aux troupes pontificales, écrasa les garibaldiens à la bataille de Mentana, le 3 novembre 1867[22]. Les soldats français y étrennaient un nouveau fusil, le chassepot, dont la supériorité fit merveille. Le général de Failly télégraphia à l'empereur une phrase restée célèbre :

« Sire, les Chassepots ont fait merveille ! » — Général Charles de Failly, télégramme à l'empereur Napoléon III, novembre 1867[23]

Mentana scella, pour trois ans encore, le maintien d'une garnison française à Rome. Tant que les soldats de Napoléon III veillaient, l'Italie n'osait pas franchir la frontière pontificale. La prise de Rome attendait simplement le moment où la France ne pourrait plus défendre le pape.

Pie IX, le Syllabus et le concile Vatican I

Le pape Pie IX (1792-1878), photographié par Adolphe Braun en 1875. Élu en 1846, il régna près de 32 ans. Wikimedia Commons, domaine public.

L'homme qui occupe le trône de Pierre en 1870 est un personnage considérable, dont le long règne — le plus long de l'histoire de la papauté après celui de saint Pierre — encadre toute la crise.

Du « pape libéral » au « pape du Syllabus »

Élu le 16 juin 1846, Pie IX — Giovanni Maria Mastai Ferretti — passa d'abord pour un réformateur. Ses premières mesures (amnistie politique, allègement de la censure, projets de modernisation) lui valurent une popularité immense et le surnom de « pape libéral »[24]. Mais la révolution de 1848, l'assassinat de son ministre Pellegrino Rossi, et sa fuite à Gaète devant la République romaine, le retournèrent durablement. Restauré par les baïonnettes françaises, il devint le pape de l'intransigeance face au monde moderne.

Cette évolution culmina en 1864 avec l'encyclique Quanta Cura et son annexe, le Syllabus des erreurs modernes, qui condamnait le rationalisme, le libéralisme, le socialisme et la prétention de soumettre l'Église à l'État[25]. La dernière proposition condamnée — selon laquelle « le Pontife romain peut et doit se réconcilier et transiger avec le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne » — devint le symbole d'une rupture frontale avec l'esprit du siècle. Sur le terrain politique, elle signifiait que Pie IX ne renoncerait jamais volontairement au pouvoir temporel.

Le concile Vatican I et l'infaillibilité (18 juillet 1870)

C'est dans ce climat que Pie IX convoqua le premier concile œcuménique du Vatican, ouvert le 8 décembre 1869. Son acte le plus retentissant fut la définition, par la constitution dogmatique Pastor Aeternus, de l'infaillibilité pontificale et de la primauté de juridiction du pape, votée le 18 juillet 1870[26].

« Le Pontife romain, lorsqu'il parle ex cathedra […] jouit, par l'assistance divine à lui promise en saint Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que fût pourvue son Église. » — Concile Vatican I, constitution Pastor Aeternus, ch. IV, 18 juillet 1870[27]

La coïncidence des dates est saisissante. Le concile renforça l'autorité spirituelle du pape au moment précis où il perdait toute autorité temporelle. Le lendemain du vote, le 19 juillet 1870, la France déclarait la guerre à la Prusse : la machine qui allait emporter le pouvoir temporel venait de se mettre en marche. Le 20 octobre 1870, un mois après la prise de Rome, Pie IX suspendit le concile sine die par la bulle Postquam Dei munere ; il ne fut jamais repris, puis fut formellement clos par Jean XXIII en 1960, à la veille du concile Vatican II[28].

L'occasion : la guerre franco-prussienne (1870)

Le calcul du gouvernement italien était simple : Rome tomberait dès que la France ne pourrait plus la défendre. L'été 1870 offrit cette occasion.

Le retrait des troupes françaises

La guerre franco-prussienne, déclarée le 19 juillet 1870, exigea le rappel de toutes les forces françaises disponibles. Le retrait de la garnison de Rome fut ordonné dès le début du mois d'août 1870 ; les derniers soldats français quittèrent Civitavecchia dans les semaines suivantes[29]. Puis vint la catastrophe : le 2 septembre 1870, l'armée française capitulait à Sedan et Napoléon III était fait prisonnier. Le 4 septembre, le Second Empire s'effondrait et la République était proclamée à Paris.

Le protecteur du pape avait disparu en quelques jours. Le gouvernement italien, dirigé par Giovanni Lanza et Quintino Sella, comprit aussitôt que l'heure était venue : une Italie qui n'agirait pas risquait de voir le parti républicain et garibaldien s'emparer de Rome à sa place, ce qui aurait été à la fois plus violent et plus dangereux pour la monarchie de Savoie[30].

La lettre de Victor-Emmanuel II (8 septembre 1870)

Victor-Emmanuel II (1820-1878), premier roi d'Italie. Sa lettre du 8 septembre 1870 demandait au pape d'accepter l'entrée des troupes royales. Wikimedia Commons, domaine public.

Plutôt qu'une invasion brutale, le roi voulut sauver les apparences d'une démarche pacifique. Il dépêcha auprès du pape le comte Gustavo Ponza di San Martino, porteur d'une lettre datée du 8 septembre 1870. Le roi s'y présentait au pape — « avec l'affection d'un fils, avec la foi d'un catholique, avec l'honneur d'un roi, avec le sentiment d'un Italien » —, invoquant l'ordre public et la protection du pontife pour demander l'entrée de ses troupes[31].

La lettre présentait l'occupation comme une « nécessité irrévocable pour la sécurité de l'Italie et du Saint-Siège », et demandait au pape d'autoriser l'entrée des troupes royales « pour le maintien de l'ordre » et la protection de la personne du pontife[32]. C'était demander à la victime de bénir le vol.

La réponse de Pie IX

Le pape reçut le comte le 10 septembre et lui répondit par écrit le 11 septembre 1870. Sa lettre, courte et glaciale, refusait tout :

« Je ne puis admettre les demandes exprimées dans votre lettre, ni adhérer aux principes qu'elle contient. […] Je prie Dieu d'accorder d'abondantes grâces à Votre Majesté, pour la délivrer de tout péril. » — Pie IX, lettre à Victor-Emmanuel II, 11 septembre 1870[33]

Recevant le messager, le pape laissa éclater son amertume devant ce qu'il appela une hypocrisie inutile — « Je puis bien céder à la violence, mais sanctionner l'injustice : jamais ! » (propos rapportés par O'Clery, auteur catholique contemporain)[34]. Le sens était clair : Pie IX ne céderait jamais de son plein gré. Il imposait à l'Italie de prendre Rome par la force des armes, afin que la spoliation fût manifeste aux yeux du monde et que sa protestation gardât toute sa valeur juridique. Dès le 11 septembre, le général Cadorna avait reçu l'ordre de franchir la frontière pontificale.

Les forces en présence

Le rapport de forces était écrasant. Il ne s'agissait pas d'une véritable bataille, mais d'une démonstration.

L'armée italienne de Cadorna

Le général Raffaele Cadorna (1815-1897), commandant le IVᵉ corps d'armée chargé de prendre Rome. Wikimedia Commons, domaine public.

Le général Raffaele Cadorna disposait du IVᵉ corps d'armée, fort d'environ 50 000 hommes massés autour de Rome, dont des bataillons d'infanterie, de cavalerie, et le corps d'élite des bersaglieri (chasseurs à pied réputés pour leur rapidité, reconnaissables à leurs chapeaux à plumes)[35]. Les troupes franchirent la frontière le 11 septembre 1870 et progressèrent presque sans combat. Civitavecchia, le port pontifical, se rendit le 16 septembre. Le 19 septembre, l'armée italienne encerclait Rome.

La petite armée pontificale et les zouaves

Le général Hermann Kanzler (1822-1888), commandant l'armée pontificale en 1870. Wikimedia Commons, domaine public.

Face à eux, le général Hermann Kanzler, pro-ministre des Armes, ne disposait que d'environ 13 000 hommes[36]. Cette petite armée avait une particularité remarquable : elle était internationale et volontaire. Le corps le plus célèbre, les zouaves pontificaux, rassemblait des jeunes catholiques venus de France, de Belgique, des Pays-Bas, du Canada, d'Irlande, d'Autriche, d'Espagne et d'ailleurs, qui avaient choisi de prendre les armes pour défendre le pape par pure conviction religieuse[37]. À leurs côtés servaient des carabiniers pontificaux, la légion d'Antibes (Français) et divers volontaires.

Zouaves pontificaux avant 1870. Ces volontaires catholiques venus de toute l'Europe défendaient le pape par conviction religieuse. Wikimedia Commons, domaine public.

Mais ces hommes, courageux et dévoués, étaient mal armés, dépourvus d'artillerie moderne et privés du seul appui qui comptait : la France. Militairement, l'issue ne faisait aucun doute. Leur sacrifice ne pouvait être que symbolique — et c'est précisément ce que le pape leur demanda.

L'ordre de Pie IX : une résistance « pro forma »

La décision la plus lourde de la journée ne fut pas militaire mais morale. Pie IX donna au général Kanzler un ordre explicite : opposer une résistance suffisante pour établir le fait de la violence, mais cesser dès qu'une brèche serait ouverte, afin d'éviter une effusion de sang inutile[38]. Le pape voulait un témoignage, pas un massacre.

« Pour ce qui est de la durée de la défense, j'estime de mon devoir d'ordonner qu'elle consiste seulement en une protestation qui atteste la violence qui nous est faite, et rien de plus. En d'autres termes, que les négociations pour la reddition s'ouvriront dès qu'une brèche aura été ouverte. » — Pie IX, lettre au général Kanzler, Vatican, 19 septembre 1870 (texte reproduit par O'Clery ; traduction française Ignispedia)[39]

Cet ordre explique tout le caractère du 20 septembre : un combat réel mais bref, des morts en petit nombre, et une capitulation rapide. La résistance devait être assez sérieuse pour que nul ne pût prétendre que le pape avait abandonné Rome de bon gré ; elle devait s'arrêter assez tôt pour que le sang versé restât minime.

Le 20 septembre 1870 : la brèche de Porta Pia

Le bombardement et la brèche

Aux premières heures du mardi 20 septembre 1870, vers 5 h 10 du matin, l'artillerie italienne ouvrit le feu sur le mur d'Aurélien, l'antique enceinte de Rome, sur le secteur compris entre la Porta Pia — dont la façade intérieure avait été dessinée par Michel-Ange — et la Porta Salaria[40]. Le tir se concentra sur un point pour y ouvrir une trouée.

La brèche dans le mur d'Aurélien, photographiée par Ludovico Tuminello au lendemain de l'assaut (tirage daté du 21 septembre 1870). L'une des premières photographies documentaires d'un fait de guerre. Wikimedia Commons, domaine public.

Après environ cinq heures de bombardement, une brèche d'une trentaine de mètres s'ouvrit dans la muraille. Vers 9 h 30 - 10 h du matin, les bersaglieri s'y engouffrèrent, suivis de l'infanterie. La tradition militaire italienne a fait de cet instant un moment fondateur : les chasseurs franchissant les décombres au son de la trompette[41]. Les premiers combats au corps à corps eurent lieu dans le quartier, autour de la Villa Patrizi et le long de la via qui porte aujourd'hui le nom de « via XX Settembre ».

La chronologie de la matinée peut se résumer ainsi :

  1. 20 septembre 1870 — 5 h 10
    Ouverture du feu

    L'artillerie italienne commence à bombarder le mur d'Aurélien, entre Porta Pia et Porta Salaria.

  2. vers 9 h 30 - 10 h
    La brèche est ouverte

    Une brèche d'environ trente mètres s'effondre. Les bersaglieri et l'infanterie pénètrent dans Rome.

  3. vers 10 h
    Le drapeau blanc

    Sur l'ordre de Pie IX, le drapeau blanc est hissé aux points attaqués. Le pape veut arrêter le combat.

  4. dans la matinée
    Cessez-le-feu

    Cadorna ordonne l'arrêt des tirs. Les pourparlers de reddition commencent.

  5. soir du 20 septembre
    La capitulation

    La convention de reddition est signée. L'armée pontificale dépose les armes ; la Cité léonine est d'abord laissée au pape.

Le drapeau blanc et la capitulation

« Les bersaglieri à la prise de Porta Pia », tableau de Michele Cammarano. La charge des chasseurs est devenue une scène fondatrice de l'imaginaire national italien. Wikimedia Commons, domaine public.

Conformément à sa consigne, le commandement pontifical fit hisser le drapeau blanc dès que la brèche fut franchie, vers 10 heures du matin[42]. Le général Kanzler ordonna alors le cessez-le-feu. Le combat avait duré quelques heures à peine. Dans la soirée, la convention de capitulation fut signée : l'armée pontificale, environ 13 000 hommes, déposait les armes ; les volontaires étrangers seraient rapatriés.

La convention prévoyait initialement de laisser au pape la Cité léonine — le quartier autour du Vatican et du Borgo, sur la rive droite du Tibre. Mais, dès le 21 septembre, le pape lui-même demanda au commandant italien d'y faire entrer ses troupes pour prévenir des désordres[43]. Le pape se retrouva confiné dans le seul palais du Vatican et ses dépendances immédiates. La Ville éternelle tout entière était désormais aux mains du royaume d'Italie.

Le bilan humain

Le combat fit relativement peu de victimes, conformément au caractère semi-symbolique de la résistance. Le général Cadorna donne, dans son mémoire, le bilan de l'ensemble de la campagne du Latium (11-21 septembre 1870), et toutes les synthèses s'accordent sur un bilan limité[44] :

CampTués (campagne du Latium, d'après Cadorna)Blessés (campagne du Latium, d'après Cadorna)
Armée italienne49141
Armée pontificale2049
Total69 tués190 blessés

Pour la seule journée du 20 septembre, les listes nominales relevées ensuite comptent 48 Italiens tués ; côté pontifical, les morts de la journée et les blessés décédés de leurs blessures dans les semaines suivantes portent le total à une vingtaine. L'ampleur reste modeste pour la conquête d'une capitale : c'est la conséquence directe de l'ordre de Pie IX de ne pas verser inutilement le sang[45]. Les soldats tombés ce jour-là — italiens comme pontificaux — seront ensuite honorés de part et d'autre, chacun selon son camp.

L'annexion : plébiscite et capitale

La conquête militaire devait être transformée en annexion légitime. Le gouvernement italien organisa pour cela un plébiscite.

Le plébiscite du 2 octobre 1870

Le 2 octobre 1870, les habitants de Rome et du Latium furent appelés à voter par oui ou par non sur le rattachement au royaume d'Italie sous Victor-Emmanuel II. Le résultat fut un raz-de-marée en faveur de l'annexion :

Périmètre« Oui »« Non »
Ville de Rome40 78546
Province de Rome77 520857
Ensemble du territoire annexé133 6811 507

Ces chiffres écrasants[46] doivent être lus avec le recul de l'historien : le scrutin se déroula sous occupation militaire, sans secret garanti, et une grande partie des catholiques fidèles au pape s'abstinrent par principe, refusant de cautionner la spoliation. Le plébiscite traduit donc à la fois une réelle aspiration nationale d'une partie des Romains et la pression du contexte. Sur le plan du droit international de l'époque, il offrit à l'Italie l'apparence d'une légitimité populaire.

Rome capitale de l'Italie

Le plébiscite romain d'octobre 1870, dans L'Illustrazione popolare du 24 novembre 1870. Le vote, organisé sous occupation militaire, scelle l'annexion de Rome au royaume d'Italie. Wikimedia Commons, domaine public.

Par la loi du 3 février 1871, Rome fut proclamée capitale du royaume d'Italie, supplantant Florence (qui l'avait elle-même été depuis 1865, après Turin)[47]. Dans le courant de l'année 1871, le roi, le gouvernement et le Parlement s'installèrent dans la Ville éternelle. Le Quirinal, ancien palais d'été des papes, devint la résidence royale — un symbole douloureux pour le Saint-Siège, qui y voyait une usurpation supplémentaire. Le rêve du Risorgimento était accompli : l'Italie était unifiée, de Turin à la Sicile, autour de sa capitale historique.

Le pape « prisonnier du Vatican »

C'est ici que commence la longue crise spirituelle et diplomatique connue sous le nom de « Question romaine », qui empoisonnera les relations entre l'Église et l'État italien pendant près de soixante ans.

La protestation : Respicientes ea omnia

Le 1er novembre 1870, Pie IX publia la lettre encyclique Respicientes ea omnia. Il y protestait solennellement contre l'« invasion injuste, violente, nulle et sacrilège » de ses États, déclarait nuls tous les actes accomplis contre les droits du Saint-Siège, et déclarait encourue l'excommunication majeure contre les envahisseurs et usurpateurs de ses provinces et de Rome — ainsi que leurs mandants, partisans et auxiliaires —, selon la forme de sa lettre apostolique du 26 mars 1860 (passage numéroté §13, dit « des usurpateurs », dans la version anglaise)[48].

« Nous déclarons que cette invasion […] est injuste, violente, nulle et sans valeur. » — Pie IX, lettre encyclique Respicientes ea omnia, 1er novembre 1870[49]

Par ce même acte, le pape posa le principe qui allait régir son attitude jusqu'à sa mort : se considérant comme dépouillé par la force et privé de la liberté nécessaire à l'exercice serein de son ministère, il refusait toute reconnaissance du fait accompli et se déclarait prisonnier.

La loi des Garanties (1871) et le refus pontifical

Le gouvernement italien voulut régler unilatéralement le statut du pape. La loi des Garanties (Legge delle Guarentigie) du 13 mai 1871 accordait au souverain pontife des prérogatives exceptionnelles : sa personne était déclarée sacrée et inviolable, il conservait l'usage des palais du Vatican, du Latran et de la villa de Castel Gandolfo, jouissait des honneurs souverains, du droit de légation, et recevait une dotation annuelle de 3 225 000 lires[50].

Pie IX rejeta catégoriquement cette loi. À ses yeux, une garantie octroyée par une loi de l'État italien — donc révocable à tout moment par ce même État — ne valait rien : elle faisait du pape un sujet soumis au bon vouloir de Rome, et non un souverain indépendant. Par l'encyclique Ubi nos du 15 mai 1871, il dénonça la loi comme inacceptable et refusa la dotation, qui ne fut jamais touchée par le Saint-Siège[51].

« Ces garanties […] ne peuvent en aucune manière nous assurer cette pleine et solide liberté dont, par institution divine, nous avons besoin pour gouverner l'Église universelle. » — Pie IX, lettre encyclique Ubi nos, 15 mai 1871[52]

Le Non Expedit

Pie IX tira une dernière conséquence de la situation : il interdit aux catholiques italiens de participer à la vie politique nationale du royaume usurpateur. Cette consigne, résumée par la formule latine Non expedit (« cela ne convient pas »), fut énoncée par Pie IX en audience le 11 octobre 1874, puis proclamée comme interdiction par le Saint-Office le 30 décembre 1886 (non expedit prohibitionem importat) : les fidèles ne devaient être ni électeurs ni élus aux élections législatives italiennes[53]. L'objectif était de ne pas reconnaître la légitimité de l'État issu de la spoliation.

Le Non expedit pesa lourdement sur la vie politique italienne pendant une génération, écartant les catholiques du Parlement et laissant le champ libre aux libéraux et aux laïcs. Il fut progressivement assoupli par saint Pie X (dès 1904-1905, notamment par l'encyclique Il fermo proposito du 11 juin 1905), puis aboli par Benoît XV en 1919, avec la naissance du Parti populaire italien de don Luigi Sturzo[54].

Un enfermement volontaire de 59 ans

À partir du 20 septembre 1870, Pie IX ne franchit plus jamais l'enceinte du Vatican, et ses successeurs imitèrent cette attitude. Léon XIII (1878-1903), saint Pie X (1903-1914), Benoît XV (1914-1922) et Pie XI (1922-1939, jusqu'en 1929) demeurèrent eux aussi « prisonniers » volontaires, refusant de cautionner par leur libre circulation la perte de Rome. Pendant cinquante-neuf ans, le pape fut un souverain sans territoire, reconnu par les puissances catholiques mais privé de tout État[55]. Pie IX mourut au Vatican le 7 février 1878, sans avoir cédé.

La portée spirituelle : une « défaite » providentielle ?

Au-delà du drame politique, la prise de Rome pose une question proprement théologique : la perte du pouvoir temporel fut-elle un malheur pour l'Église, ou une grâce déguisée ?

Le regard catholique : la fin d'un fardeau

Sur le moment, la quasi-totalité des catholiques vécut l'événement comme une catastrophe et une injustice. Mais, avec le temps, un autre regard s'imposa, y compris dans l'Église elle-même. En cessant d'être un prince temporel mêlé aux intrigues diplomatiques, aux questions de fiscalité et de police, le pape se trouva libéré pour sa mission spirituelle. Léon XIII, dès la fin du XIXᵉ siècle, put redéployer une diplomatie morale et une doctrine sociale (Rerum Novarum, 1891) d'une portée universelle que le souverain d'un petit État italien n'aurait jamais eue[56].

L'historien Owen Chadwick a résumé ce paradoxe : la papauté gagna en autorité morale ce qu'elle perdit en pouvoir politique. Privé d'armée et de territoire, le pape n'était plus suspecté de défendre des intérêts terrestres ; sa parole devint, pour le monde entier, celle d'une conscience désintéressée. Le regard catholique reconnaît rétrospectivement dans la chute du pouvoir temporel un dessein de la Providence, qui se sert même des injustices des hommes pour purifier son Église.

Léon XIII, Pie X, Pie XI : vers la réconciliation

La crise ne pouvait durer éternellement. Les papes successifs, tout en maintenant la protestation de principe, laissèrent peu à peu les catholiques se réinsérer dans la société italienne. La participation à la Première Guerre mondiale, où catholiques et patriotes combattirent côte à côte, rapprocha les cœurs. Quand Pie XI monta sur le trône en 1922, il donna dès le jour de son élection, le 6 février, sa première bénédiction Urbi et Orbi depuis la loggia extérieure de Saint-Pierre, donnant sur la place — geste symbolique d'ouverture après cinquante-deux ans de bénédictions données de l'intérieur[57]. La voie de la réconciliation était ouverte.

Les accords du Latran (11 février 1929)

La fin de la Question romaine

La signature des accords du Latran, 11 février 1929, au palais du Latran. Le cardinal Pietro Gasparri (pour le Saint-Siège) et Benito Mussolini (pour l'Italie) mettent fin à la Question romaine. Wikimedia Commons, domaine public.

La solution vint d'un pouvoir nouveau : le régime fasciste de Benito Mussolini, arrivé au pouvoir en 1922, chercha à se concilier l'Église pour asseoir sa légitimité. Après des années de négociations secrètes menées côté pontifical par le cardinal secrétaire d'État Pietro Gasparri, les accords du Latran (Patti Lateranensi) furent signés le 11 février 1929 au palais du Latran[58]. Ils comprenaient trois textes : un traité politique réglant la question territoriale, un concordat régissant les rapports Église-État en Italie, et une convention financière indemnisant le Saint-Siège pour les biens perdus en 1870.

L'État de la Cité du Vatican

Par le traité, l'Italie reconnaissait la pleine souveraineté du Saint-Siège sur un territoire minuscule mais réel : l'État de la Cité du Vatican, d'environ 44 hectares, dont le pape redevenait le souverain temporel — non plus un grand État, mais juste assez de terre pour garantir son indépendance absolue[59]. La convention financière prévoyait le versement de 750 millions de lires en numéraire et d'un milliard de lires en titres de rente d'État[60]. En retour, le Saint-Siège reconnaissait le royaume d'Italie avec Rome pour capitale, soldant définitivement la blessure de 1870.

Pie XI résuma le sens de ces accords par une formule restée célèbre, dans laquelle il reconnaissait dans cette réconciliation inattendue la main de Dieu :

« Il fallait peut-être un homme comme celui que la Providence Nous a fait rencontrer. » — Pie XI, allocution aux professeurs et étudiants de l'Université catholique, 13 février 1929[61]

Cinquante-neuf ans après la brèche de Porta Pia, la Question romaine était close. L'Église n'avait pas récupéré ses États — elle n'en voulait d'ailleurs plus — mais elle avait obtenu l'essentiel : un îlot de souveraineté garantissant que le Successeur de Pierre ne serait plus jamais le sujet d'aucun prince. Le 20 septembre 1870, qui avait paru être la fin d'une institution millénaire, s'était finalement révélé l'étape douloureuse vers une papauté plus libre et plus universelle que jamais.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Giacomo Martina, Pio IX (1867-1878), Università Gregoriana Editrice, Rome, 1990 (tome 3 de la biographie scientifique de référence du pape), partie consacrée à la perte de Rome et à la Question romaine.

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  2. Chiffres de Raffaele Cadorna, La liberazione di Roma, op. cit. (texte intégral : https://archive.org/details/laliberazionedi01cadogoog), pour l'ensemble de la campagne du Latium : 49 morts et 141 blessés italiens, 20 morts et 49 blessés pontificaux (repris par it.wiki « Presa di Roma », § Caduti). Recoupement : les listes nominales relevées ensuite comptent 48 Italiens tués le 20 septembre ; côté pontifical, la liste nominative mêle tués du 20 septembre et blessés décédés ensuite (jusqu'au 28 octobre). Variante : en.wiki « Capture of Rome » retient 49 tués et 132 blessés italiens. Toutes les sources s'accordent sur un bilan limité, conséquence de l'ordre pontifical de ne pas verser le sang inutilement.

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  3. Pie IX, lettre encyclique Respicientes ea omnia, 1er novembre 1870 ; texte italien officiel, vérifié : https://www.vatican.va/content/pius-ix/it/documents/epistola-encyclica-respicientes-ea-1-novembris-1870.html (aussi en latin, même dossier). Le pape y proteste contre l'invasion des États pontificaux et déclare encourus dans l'excommunication majeure les envahisseurs et usurpateurs, leurs mandants, partisans, auxiliaires et conseillers, « secondo la forma e il tenore » de sa lettre apostolique du 26 mars 1860. La numérotation « §13 » et l'intitulé anglais « Excommunication for Usurpers » suivent la présentation de la version anglaise (papalencyclicals.net) ; le corps de l'article en donne la traduction française (« Nous déclarons que cette invasion […] est injuste, violente, nulle et sans valeur » — cf. l'italien : « qualunque loro usurpazione… è ingiusta, violenta, nulla, irrita »).

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  4. Owen Chadwick, A History of the Popes 1830-1914, Oxford University Press, 1998, chapitres consacrés à Pie IX, à la perte de Rome et à ses conséquences pour l'autorité morale de la papauté.

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  5. Pie IX, lettre à Victor-Emmanuel II, 11 septembre 1870. Texte italien cité d'après Raffaele De Cesare, Roma e lo Stato del Papa (rééd. Longanesi, Milan), via la recherche universitaire récente qui le reproduit avec la note De Cesare (thèse Garofalo, 2024, eScholarship : https://escholarship.org/uc/item/2v33188r — page consultée le 4 octobre 2026, PDF inaccessible ce jour-là : collation de De Cesare au volume à reprendre) : « Io non posso ammettere le domande espresse nella sua lettera, né aderire ai principii che contiene » […] « Lo prego a concedere abbondanti grazie a V. M. per liberarla da ogni pericolo » — le corps de l'article en donne la traduction française. Le sens (refus glacial, aucun assentiment au fait accompli) est corroboré par le récit de l'audience du 10 septembre chez O'Clery, The Making of Italy, op. cit., pp. 486-487 : « I may indeed yield to violence, but give my sanction to injustice — never! »

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  6. Victor-Emmanuel II, lettre à Pie IX datée du 8 septembre 1870, portée par le comte Gustavo Ponza di San Martino et remise le 10 septembre. Texte intégral reproduit en anglais par Patrick Keyes O'Clery, The Making of Italy, 1856-1870, Londres, Kegan Paul, Trench, Trübner & Co., 1892, pp. 484-486 (texte vérifié sur archive.org, item makingofitaly00ocleuoft, le 4 octobre 2026) : « With the affection of a son, with the faith of a Catholic, with the honour of a king, with the feeling of an Italian, I address myself… » ; « I see that it is unavoidably necessary, for the safety of Italy and of the Holy See, that my troops… should advance… » — le corps de l'article en donne la traduction française. Teneur confirmée par Pie IX lui-même dans l'encyclique Respicientes ea omnia du 1er novembre 1870 (texte italien officiel, re-vérifié le 4 octobre 2026 : https://www.vatican.va/content/pius-ix/it/documents/epistola-encyclica-respicientes-ea-1-novembris-1870.html — « ostentando i nomi di figlio amoroso e di uomo cattolico »).

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  7. Pie IX, lettre encyclique Ubi nos, 15 mai 1871, sur les garanties offertes par l'État italien ; texte italien officiel, vérifié : https://www.vatican.va/content/pius-ix/it/documents/epistola-encyclica-ubi-nos-15-maii-1871.html (passage vérifié : « mai potremo in alcun modo ammettere o accettare quelle garanzie »). Le pape y refuse la loi des Garanties comme insuffisante à assurer sa liberté. Passage cité, version anglaise : « whatever else can be named a "guarantee" — cannot protect the due and free exercise of Our God-given power and cannot preserve the necessary liberty of the Church » (papalencyclicals.net) ; le corps de l'article en donne la traduction française.

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  8. Legge n. 214 del 13 maggio 1871, sulle prerogative del Sommo Pontefice e della Santa Sede e sulle relazioni dello Stato con la Chiesa (« loi des Garanties »). Son article 4 prévoyait pour le Saint-Siège une dotation annuelle de 3 225 000 lires, inscrite au grand-livre de la dette publique italienne comme rente perpétuelle, et ne fut jamais perçue par Pie IX ni ses successeurs jusqu'en 1929.

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  9. Raffaele Cadorna, La liberazione di Roma nell'anno 1870 ed il plebiscito : narrazione politico-militare, Roma-Torino, Roux, 1889 (métadonnées archive.org : publisher « Roma ; Torino : Roux », date 1889 ; 3ᵉ éd., Turin, 1898 ; texte intégral : https://archive.org/details/laliberazionedi01cadogoog). Mémoire du général commandant l'expédition, source de première main sur les opérations militaires, la chronologie de la journée et les chiffres du plébiscite (pp. 265 et suiv.). L'effectif d'environ 50 000 hommes est celui que retiennent les synthèses : it.wiki « Presa di Roma » (« circa 50 000 uomini ») et en.wiki « Capture of Rome » (50,000 Italiens contre 13,157 défenseurs) ; aucune source retrouvée ne corrobore la borne de 65 000.

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  10. Effectifs : côté pontifical, effectif nominal de 13 624 hommes — 8 300 Romains et 5 324 volontaires étrangers — pour un effectif réel d'environ 12 000, avec le tableau détaillé par corps, selon Patrick Keyes O'Clery, The Making of Italy, 1856-1870, Londres, Kegan Paul, Trench, Trübner & Co., 1892, pp. 490-491 (texte vérifié sur archive.org, item makingofitaly00ocleuoft, le 4 octobre 2026). L'article retient les ordres de grandeur (~50 000 contre ~13 000). Le « tableau Presa di Roma » cité dans la version précédente de cette note désignait l'article Wikipédia italien « Presa di Roma » (relais tertiaire, qui reprend ces chiffres d'après O'Clery). Voir aussi les rapports du général Hermann Kanzler, pro-ministre des Armes de Pie IX, sur l'effectif et la disposition de l'armée pontificale en septembre 1870, et les nombreux mémoires de zouaves pontificaux édités après 1870.

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  11. Photographie de Ludovico Tuminello (1824-1907) de la brèche de Porta Pia : les reproductions courantes (Wikimedia Commons, d'après Rai Cultura) datent ce tirage du 21 septembre 1870 (ex. File:Ludovico Tuminello - Veduta panoramica della breccia di Porta Pia scattata il 21 settembre 1870.jpg). Aucune fiche VIVE avec cote de tirage et datation au 20 septembre n'ayant pu être vérifiée, l'article s'en tient à la datation documentée du 21 septembre. Le cliché compte parmi les premières images photographiques documentaires d'un fait de guerre européen.

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  12. Roger Aubert, Le Pontificat de Pie IX (1846-1878), dans A. Fliche et V. Martin (dir.), Histoire de l'Église, t. 21, Bloud & Gay, Paris, 1952, partie sur la fin du pouvoir temporel.

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  13. David I. Kertzer, Prisoner of the Vatican: The Popes' Secret Plot to Capture Rome from the New Italian State, Houghton Mifflin, Boston, 2004. Étude critique de la Question romaine et de la stratégie pontificale après 1870.

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  14. Sur l'origine des États pontificaux et la « donation de Pépin » (756), voir Roger Aubert, Le Pontificat de Pie IX, op. cit. (parties introductives sur le pouvoir temporel), et Giacomo Martina, Pio IX (1867-1878), op. cit. ; le pouvoir temporel des papes a duré, sous des formes variables, du VIIIᵉ siècle à 1870.

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  15. Bataille de Castelfidardo, 18 septembre 1860 : l'armée pontificale, commandée par le général Louis de Lamoricière, est défaite par les troupes piémontaises du général Cialdini. Les Marches et l'Ombrie sont annexées au royaume de Sardaigne.

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  16. Bataille de Mentana, 3 novembre 1867 : les volontaires garibaldiens sont défaits par les troupes franco-pontificales, ce qui maintient la garnison française à Rome jusqu'en 1870.

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  17. Télégramme du général Charles de Failly à l'empereur Napoléon III après Mentana : « Sire, les Chassepots ont fait merveille ! » Formule restée célèbre, rapportée par la presse contemporaine et reprise par l'historiographie ; voir Roger Aubert, Le Pontificat de Pie IX, op. cit. (partie sur Mentana, novembre 1867).

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  18. Frank J. Coppa, Pope Pius IX: Crusader in a Secular Age, Twayne Publishers, Boston, 1979, sur l'évolution de Pie IX du réformisme initial à l'intransigeance d'après 1848.

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  19. Pie IX, encyclique Quanta Cura et Syllabus des erreurs modernes, 8 décembre 1864 ; texte italien officiel, vérifié : https://www.vatican.va/content/pius-ix/it/documents/encyclica-quanta-cura-8-decembris-1864.html (le Syllabus fut publié en annexe de Quanta Cura). La 80ᵉ et dernière proposition condamnée vise l'idée que le pontife doit « se réconcilier et transiger avec le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne ».

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  20. Concile Vatican I, constitution dogmatique Pastor Aeternus sur l'Église du Christ, 18 juillet 1870, ch. IV (infaillibilité pontificale) ; texte italien officiel, vérifié : https://www.vatican.va/content/pius-ix/it/documents/constitutio-dogmatica-pastor-aeternus-18-iulii-1870.html.

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  21. Le concile Vatican I fut suspendu sine die par Pie IX le 20 octobre 1870 (bulle Postquam Dei munere), à la suite de la prise de Rome ; il ne fut jamais repris, puis fut formellement clos par Jean XXIII en 1960, avant l'ouverture du concile Vatican II (synthèses : art. « First Vatican Council »).

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  22. Le retrait de la garnison française de Rome fut décidé au début d'août 1870, à la suite de la déclaration de guerre franco-prussienne (19 juillet 1870) ; il fut rendu définitif par l'effondrement du Second Empire après Sedan (2 septembre) et la chute de Napoléon III (4 septembre 1870). Voir Aubert, op. cit.

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  23. Audience du comte Ponza di San Martino par Pie IX, 10 septembre 1870 : récit détaillé chez Patrick Keyes O'Clery, The Making of Italy, 1856-1870, op. cit., pp. 486-487 (texte vérifié sur archive.org le 4 octobre 2026 ; auteur catholique contemporain, ancien zouave pontifical — propos rapportés, non procès-verbal) : « What is the good of this attempt at useless hypocrisy? Would it not be better to say plainly that they wish to despoil me of my kingdom? » […] « I may indeed yield to violence, but give my sanction to injustice — never! » — le corps de l'article en donne la traduction française. Voir aussi Martina, Pio IX (1867-1878), op. cit. (tome et page exacts non vérifiés cette session : collation au volume à reprendre).

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  24. Sur les zouaves pontificaux (bataillon créé en 1861, devenu régiment en 1867), volontaires catholiques venus par conviction religieuse défendre les États pontificaux — plus d'une trentaine de nationalités, Français, Belges et Hollandais en tête — voir Laurent Gruaz, Les Officiers français des Zouaves pontificaux (2017), et le récit du fondateur Athanase de Charette, Noces d'argent du régiment des zouaves pontificaux, 1860-1885 (Rennes, 1886).

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  25. Patrick Keyes O'Clery, The Making of Italy, 1856-1870, op. cit., pp. 519-520 (texte vérifié sur archive.org le 4 octobre 2026), reproduit le texte intégral de la lettre de Pie IX au général Kanzler datée du Vatican, 19 septembre 1870 — traduction anglaise d'O'Clery, original italien non collationné cette session : « As regards the duration of the defence I feel it my duty to command that this shall only consist in such a protest as shall testify to the violence done to us, and nothing more. In other words, that negotiations for surrender shall be opened as soon as a breach shall have been made. […] never let it be said that the Vicar of Christ, however unjustly assailed, had to give his consent to a great shedding of blood. » — le corps de l'article en donne la traduction française. Voir aussi Giacomo Martina, Pio IX (1867-1878), op. cit. (partie sur la prise de Rome ; tome et page exacts non vérifiés cette session : collation au volume à reprendre), et les rapports pontificaux des 19-20 septembre 1870.

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  26. Sur le déroulement militaire de la matinée du 20 septembre 1870 (bombardement à partir de 5 h 10 environ, brèche d'environ trente mètres, entrée des bersaglieri vers 9 h 30 - 10 h, drapeau blanc vers 10 h), voir Cadorna, La liberazione di Roma, op. cit. (https://archive.org/details/laliberazionedi01cadogoog), et P. K. O'Clery, The Making of Italy, op. cit., pp. 517-521 : à 9 h la brèche s'ouvre, colonnes d'assaut formées vers 9 h 30 derrière la Villa Patrizi, brèche déclarée praticable peu avant 10 h (texte vérifié sur archive.org le 4 octobre 2026). La mention « O'Clery, p. 712 » de la version précédente, transmise par le relais Wikipédia, est matériellement impossible pour l'édition originale anglaise (xxiii + 552 p.) : elle renvoie vraisemblablement à l'édition italienne compilée (La rivoluzione italiana, Milan, Ares, 2000), non vérifiée cette session.

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  27. Le drapeau blanc fut hissé sur les murs presque en même temps partout, sur ordre du commandement pontifical : Cadorna, La liberazione di Roma, op. cit. (texte vérifié sur archive.org le 4 octobre 2026 : « Fu spiegata per ogni dove bandiera bianca » ; à la Porta S. Pancrazio, « fino alle 10 circa… venne pure inalberata bandiera bianca ») ; O'Clery, The Making of Italy, op. cit., pp. 519-521 : ordre verbal du général Zappi porté à la Porta Pia, mouchoir blanc à la baïonnette à 10 h 05, drapeau du lieutenant Mauduit sur la brèche à 10 h 10 ; cessez-le-feu italien vers 10 h 30 (p. 522). Le libellé italien « verso le ore dieci… fu esposta la bandiera bianca » venait de l'article Wikipédia italien « Presa di Roma » (relais tertiaire). La localisation « sur le dôme de Saint-Pierre », reprise de l'article Wikipédia anglophone « Capture of Rome », n'a été vérifiée ni chez Cadorna ni chez O'Clery : retirée du corps en attendant la collation au volume (De Cesare, Martina). Cadorna ordonna alors le cessez-le-feu et l'ouverture des pourparlers de reddition.

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  28. La convention de reddition (signée à la Villa Albani le 20 septembre, vers 17 h 30) laissait initialement la Cité léonine (Borgo et Vatican) au pape : les troupes pontificales s'y replièrent et bivouaquèrent place Saint-Pierre (O'Clery, The Making of Italy, op. cit., pp. 522-523, texte vérifié sur archive.org le 4 octobre 2026). Le 21 septembre, le pape demanda au commandant italien d'y faire entrer des troupes pour prévenir des désordres ; Cadorna prévint son gouvernement et fit procéder en annonçant que ses troupes n'y resteraient pas — l'occupation s'élargit ensuite (27 septembre). Voir Antonello Battaglia, L'Italia senza Roma (Aracne, 2015), p. 194, et le texte de la capitulation (Google Books / Caruso), ainsi que Martina, op. cit. (tome et page exacts non vérifiés cette session : collation au volume à reprendre).

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  29. Résultats du plébiscite du 2 octobre 1870 sur le rattachement de Rome et du Latium au royaume d'Italie : 133 681 « oui » contre 1 507 « non » pour l'ensemble du territoire annexé ; 40 785 contre 46 pour la ville de Rome ; 77 520 contre 857 pour la province de Rome. Chiffres du mémoire de Cadorna (pp. 265 et suiv.), repris par l'Encyclopaedia Britannica (1911, p. 60), C. Cardia (Risorgimento e Religione, 2011, p. 185, note) et C. Pavone (Gli inizi di Roma Capitale, p. 34 et suiv.). Décompte officiel global confirmé par O'Clery, The Making of Italy, op. cit., pp. 537-538 : 135 291 suffrages, 133 681 « oui » contre 1 507 « non » (texte vérifié sur archive.org le 4 octobre 2026). Acte officiel d'annexion : décret royal du 15 octobre 1870, n° 5929 (it.wikisource). Le scrutin se tint sous occupation militaire et avec une forte abstention des catholiques fidèles au pape.

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  30. Loi du 3 février 1871 transférant la capitale du royaume d'Italie de Florence à Rome. Le gouvernement et le Parlement s'y installèrent dans le courant de 1871 ; le Quirinal, ancien palais pontifical, devint résidence royale.

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  31. Le Non expedit (« cela ne convient pas »), interdisant aux catholiques italiens de participer comme électeurs ou candidats aux élections législatives du royaume, fut énoncé par Pie IX en audience le 11 octobre 1874 (motif : le serment prêté par les députés pouvait passer pour une approbation de la spoliation du Saint-Siège), puis proclamé comme interdiction par le Saint-Office le 30 décembre 1886 (non expedit prohibitionem importat). Voir Catholic Encyclopedia (1913), art. « Non Expedit » (https://en.wikisource.org/wiki/Catholic_Encyclopedia_%281913%29/Non_Expedit), et Encyclopaedia Britannica, art. « Non expedit » (politique adoptée par le Saint-Siège dès 1868, confirmée par Pie IX en 1874).

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  32. Le Non expedit fut assoupli dès 1904 (dispenses locales là où les voix catholiques faisaient barrage aux anticléricaux), puis par l'encyclique Il fermo proposito du 11 juin 1905, et aboli sous Benoît XV en 1919, lors de la fondation du Parti populaire italien de don Luigi Sturzo (voir Catholic Encyclopedia, art. « Non Expedit », et Britannica, art. « Non expedit » : fin virtuelle en 1904-1905).

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  33. Sur ce geste d'ouverture — Pie XI donnant, dès le jour de son élection le 6 février 1922, sa bénédiction Urbi et Orbi depuis la loggia extérieure de Saint-Pierre, rompant avec cinquante-deux ans de bénédictions données de l'intérieur — voir John F. Pollard, The Vatican and Italian Fascism 1929-1932, Cambridge University Press, 1985.

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  34. Accords du Latran (Patti Lateranensi), 11 février 1929 : traité, concordat et convention financière, signés au palais du Latran par le cardinal Pietro Gasparri (pour le Saint-Siège) et Benito Mussolini (pour l'Italie). Le traité crée l'État de la Cité du Vatican (environ 44 hectares) et reconnaît la pleine souveraineté du Saint-Siège.

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  35. La convention financière des accords du Latran prévoyait le versement par l'Italie au Saint-Siège de 750 millions de lires en numéraire et d'un milliard de lires en titres de rente d'État, à titre d'indemnité pour les biens perdus en 1870.

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  36. Pie XI, allocution aux professeurs et étudiants de l'Université catholique du Sacré-Cœur, 13 février 1929, deux jours après la signature des accords, où il évoque Mussolini comme l'homme que la Providence lui avait fait rencontrer. Texte officiel : Acta Apostolicae Sedis 21 (1929), pp. 113-114 (PDF vérifié sur vatican.va le 4 octobre 2026) : « E forse ci voleva anche un uomo come quello che la Provvidenza Ci ha fatto incontrare […] ed è con profonda compiacenza che crediamo di avere con esso ridato Dio all'Italia e l'Italia a Dio » — le corps de l'article en donne la traduction française. Voir aussi Pollard, The Vatican and Italian Fascism 1929-1932, op. cit. (collation au volume à reprendre).

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