Le Moyen-Orient n'est pas une terre de mission lointaine pour le christianisme : il en est le berceau. C'est à Jérusalem que naît l'Église le jour de la Pentecôte, à Antioche que les disciples reçoivent pour la première fois le nom de « chrétiens »[1], à Alexandrie, Édesse, Nisibe et Césarée que se forge la première théologie. Avant d'être un christianisme d'Europe, la foi chrétienne fut, pendant des siècles, une foi du Proche-Orient, parlant grec, syriaque, copte et arménien.
De cette splendeur antique subsiste aujourd'hui une mosaïque d'Églises d'une richesse unique : chalcédoniens fidèles à Byzance, Églises orthodoxes orientales non-chalcédoniennes, Église assyrienne de l'Orient, et surtout les Églises catholiques orientales — maronite, grecque-melkite, chaldéenne, syriaque, copte et arménienne — en pleine communion avec le Siège de Pierre. Cette diversité est née de deux grandes ruptures christologiques du Vᵉ siècle, le concile d'Éphèse (431) et le concile de Chalcédoine (451), puis de treize siècles de coexistence sous l'islam.
Aujourd'hui, ce christianisme bimillénaire est menacé d'extinction sur sa propre terre. Décimé par les génocides de 1915-1923, fragilisé par les guerres d'Irak et de Syrie, frappé par l'État islamique en 2014, il a vu sa part démographique chuter d'environ 13 à 20 % de la population du Moyen-Orient strict vers 1900[2] à environ 5 % aujourd'hui sur ce même périmètre — 3 % sur le périmètre élargi Moyen-Orient–Afrique du Nord du Pew Research Center[3][4]. « Un Moyen-Orient sans ou avec peu de chrétiens n'est plus le Moyen-Orient », avertit Benoît XVI[5].
Cet article retrace deux mille ans d'histoire : les origines apostoliques, les schismes christologiques, la longue patience sous l'islam, la naissance des Églises catholiques orientales unies à Rome, le siècle des génocides, et l'exode contemporain — sans oublier la sollicitude constante des papes, de Léon XIII au voyage de François en Irak, pour ce « berceau » que l'Église refuse de laisser devenir un musée.
Le berceau du christianisme : Jérusalem, Antioche, Alexandrie
Jérusalem, l'Église-Mère
Tout commence à Jérusalem. C'est là que, selon les Actes des Apôtres, l'Esprit Saint descend sur les apôtres le jour de la Pentecôte, et que Pierre prononce la première prédication chrétienne. La communauté primitive, présidée par Jacques dit « frère du Seigneur », tenu par les Pères pour premier évêque de la ville et martyrisé vers 62-63, fait de Jérusalem la « Mère de toutes les Églises »[6]. Après la destruction du Temple en 70, la tradition rapporte que les chrétiens se réfugièrent à Pella, en Transjordanie[7].
Jérusalem ne fut élevée que tardivement au rang de patriarcat : son autonomie ecclésiastique, détachée d'Antioche, fut reconnue par le concile de Chalcédoine en 451, le titre patriarcal étant formalisé sous Justinien au VIᵉ siècle[8]. Mais sa primauté d'honneur spirituelle, comme lieu de la Croix et de la Résurrection, ne fut jamais contestée.
Antioche, où l'on fut « chrétiens » pour la première fois
La grande métropole chrétienne de l'Orient antique fut Antioche, sur l'Oronte (aujourd'hui Antakya, en Turquie). Fondée par des disciples chassés de Jérusalem après le martyre d'Étienne, qui se mirent à prêcher aux païens[9], l'Église d'Antioche reçut Barnabé puis Paul de Tarse, qui y travaillèrent une année entière. Pierre lui-même y vint, probablement vers l'an 44 selon la chronologie traditionnelle, ce qui fait d'Antioche un siège apostolique de premier rang[10]. C'est là que le mot décisif fut prononcé :
« Et c'est à Antioche que, pour la première fois, les disciples reçurent le nom de « chrétiens ». » — Actes des Apôtres 11, 26 (traduction liturgique)[11]
Après la chute de Jérusalem en 70, Antioche devint la métropole du christianisme en Orient ; le concile de Nicée (325) confirma, par son canon 6, le maintien de ses prérogatives existantes sur les Églises de son ressort[12]. C'est aussi à Antioche qu'apparaît, autour de l'an 107, sous la plume de saint Ignace d'Antioche, la toute première attestation écrite de l'expression « Église catholique » :
« Là où paraît l'évêque, que là soit la communauté, de même que là où est le Christ Jésus, là est l'Église catholique. » — Saint Ignace d'Antioche, Lettre aux Smyrniotes, VIII[13]
D'Antioche sortiront deux des plus grands docteurs de la chrétienté : saint Jean Chrysostome, né vers 347, prêtre d'Antioche avant d'être appelé à Constantinople en 397 et sacré archevêque en 398, surnommé Chrysostome — « Bouche d'or » — pour son éloquence inégalée[14] ; et toute l'école exégétique antiochienne, attentive au sens littéral et historique de l'Écriture.
Édesse, la Mésopotamie et le christianisme syriaque
À l'est de l'Empire romain, dans la zone tampon avec la Perse, naît un christianisme de langue syriaque — un dialecte de l'araméen, la langue même du Christ. Son foyer est Édesse (aujourd'hui Şanlıurfa). La tradition syriaque, recueillie dans la Doctrine d'Addaï, rapporte que l'apôtre Thomas envoya son disciple Addaï (identifié à Thaddée) évangéliser le roi Abgar V d'Édesse ; ces récits, qui mêlent histoire et hagiographie, expriment la conscience très ancienne d'une fondation apostolique de l'Église mésopotamienne[15].
D'Édesse, l'Évangile gagne Nisibe, Arbèles et Séleucie-Ctésiphon, capitale de l'Empire perse. Les écoles d'Édesse et de Nisibe deviennent deux des grands centres intellectuels du monde syriaque[16]. C'est là que rayonne saint Éphrem le Syrien (vers 306-373), diacre, le plus grand poète et hymnographe de l'Orient chrétien, surnommé « la Harpe de l'Esprit Saint », proclamé docteur de l'Église en 1920 par Benoît XV[17]. Ce christianisme syriaque deviendra prodigieusement missionnaire : il atteindra l'Inde, l'Asie centrale, et jusqu'à la Chine des Tang.
Alexandrie : l'école et le désert
Troisième grand pôle, Alexandrie d'Égypte. La tradition copte y voit la fondation de saint Marc l'évangéliste[18]. La ville abrite l'une des plus anciennes écoles catéchétiques connues, le Didascalée, illustré par Clément d'Alexandrie puis par Origène, le plus puissant exégète du IIIᵉ siècle[19]. Surtout, c'est dans les déserts d'Égypte que naît le monachisme chrétien : saint Antoine le Grand (vers 251-356) organise la vie érémitique, saint Pacôme invente la vie cénobitique communautaire. De là, l'idéal monastique se répandra dans toute la chrétienté, d'Orient comme d'Occident.
Les Pères d'Orient et la pentarchie
Aux IVᵉ et Vᵉ siècles, le Proche-Orient est le cœur battant de la théologie. Les grands conciles œcuméniques s'y tiennent — Nicée (325), Constantinople (381), Éphèse (431), Chalcédoine (451) —, tous en terre orientale. La chrétienté antique s'organise autour de cinq sièges patriarcaux, la pentarchie : Rome, Constantinople, Alexandrie, Antioche, Jérusalem. Trois de ces cinq sièges — Antioche, Alexandrie, Jérusalem — sont au Moyen-Orient. Cette théorie, formalisée par l'empereur Justinien (Novelle 131) et entérinée par le concile in Trullo en 692, exprime une chrétienté dont le centre de gravité reste alors résolument oriental[20].
Les grandes ruptures christologiques du Vᵉ siècle
Les querelles sur la personne du Christ — comment concilier sa divinité et son humanité — vont, au Vᵉ siècle, fracturer durablement le christianisme oriental en plusieurs familles ecclésiales qui subsistent jusqu'à aujourd'hui. Comprendre cette géographie confessionnelle est indispensable pour saisir la situation actuelle.
Le concile d'Éphèse (431) et l'Église de l'Orient
Le concile d'Éphèse, troisième concile œcuménique, se tient du 22 juin au 31 juillet 431. Présidé par Cyrille d'Alexandrie, il condamne Nestorius, patriarche de Constantinople, qui refusait d'appeler Marie Theotokos — « Mère de Dieu » — lui préférant Christotokos — « Mère du Christ ». Le concile proclame solennellement Marie Theotokos, affirmant ainsi l'unité de la personne du Christ, vrai Dieu et vrai homme[21].
Une partie de l'Église perse, attachée à la tradition théologique antiochienne et hors de l'Empire romain, refusa de recevoir Éphèse. Ainsi naquit l'Église de l'Orient — longtemps appelée par convention « nestorienne », terme aujourd'hui jugé impropre par les historiens[22]. Loin d'être marginale, cette Église fut l'une des plus missionnaires de l'histoire : elle évangélisa la Perse, l'Asie centrale, l'Inde — les chrétiens de saint Thomas —, et la Chine, où la stèle de Xi'an, gravée en chinois et en syriaque et érigée en 781, atteste une mission chrétienne dès 635[23].
Le concile de Chalcédoine (451) et les Églises non-chalcédoniennes
Vingt ans plus tard, le concile de Chalcédoine (451), quatrième concile œcuménique, énonce la formule christologique de référence : le Christ est « reconnu en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation », concourant « en une seule personne et une seule hypostase »[24].
« Un seul et même Christ, Fils, Seigneur, Fils unique, reconnu en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation. » — Définition de foi du concile de Chalcédoine, 451[25]
Mais une partie considérable de l'Orient — l'Égypte copte, une large fraction de la Syrie, l'Arménie — rejeta Chalcédoine, jugeant que parler de « deux natures » revenait à diviser le Christ. De ce refus naquirent les Églises orthodoxes orientales : l'Église copte d'Égypte, l'Église syriaque orthodoxe (dite « jacobite », du nom de l'évêque Jacques Baradée qui en releva la hiérarchie au VIᵉ siècle), l'Église apostolique arménienne, auxquelles s'ajoutent les Églises éthiopienne, érythréenne et malankare[26]. Ceux qui, au contraire, demeuraient fidèles à Chalcédoine et à l'empereur byzantin furent appelés par leurs adversaires melkites — du syriaque malkā, « roi » : littéralement « les royalistes », « ceux de l'empereur »[27].
« Monophysites » ou miaphysites ? une clarification décisive
Pendant des siècles, on a qualifié ces Églises de « monophysites », c'est-à-dire de tenants d'une seule nature (celle de l'hérétique Eutychès, qui absorbait l'humanité du Christ dans sa divinité). Les recherches modernes ont montré que cette étiquette est inexacte. Ces Églises rejettent aussi bien Nestorius qu'Eutychès ; elles professent une christologie dite miaphysite, où les natures divine et humaine sont unies « en une seule nature incarnée » sans confusion ni absorption. La différence avec Chalcédoine relevait largement du vocabulaire et de la défiance politique envers Constantinople[28].
L'Église catholique a officiellement reconnu cette convergence par deux déclarations christologiques communes d'une portée historique. Avec l'Église copte d'abord :
« Nous confessons que notre Seigneur, Dieu, Sauveur et Roi de nous tous, Jésus-Christ, est Dieu parfait quant à sa divinité, homme parfait quant à son humanité. En lui, sa divinité est unie à son humanité en une union réelle, parfaite, sans mélange, sans confusion, sans altération. » — Déclaration commune de Paul VI et du pape copte Shenouda III, 10 mai 1973[29]
Puis avec l'Église syriaque orthodoxe :
« Les confusions et les schismes survenus entre nos Églises au cours des siècles, nous le réalisons aujourd'hui, n'affectent ni ne touchent en rien la substance de notre foi. » — Déclaration commune de Jean-Paul II et du patriarche Ignace Zakka Iᵉʳ Iwas, 23 juin 1984[30]
Une mosaïque ecclésiale à la veille de l'islam
À l'aube du VIIᵉ siècle, le Proche-Orient chrétien est donc profondément divisé : chalcédoniens (melkites) fidèles à Byzance ; non-chalcédoniens (coptes, syriaques, arméniens) ; Église de l'Orient en terre perse. Cette fragmentation, en partie nourrie par les rivalités entre Constantinople et les identités régionales, affaiblira la résistance de la région face à la conquête arabe — interprétation largement soutenue par les historiens, sans qu'elle épuise les causes de l'effondrement byzantin[31].
| Famille ecclésiale | Concile rejeté ou reçu | Aire principale | Continuité aujourd'hui |
|---|---|---|---|
| Chalcédoniens (melkites) | Reçoivent Chalcédoine (451) | Syrie, Palestine, villes grecques | Orthodoxes et grecs-melkites catholiques |
| Églises orthodoxes orientales | Rejettent Chalcédoine | Égypte, Syrie, Arménie | Coptes, syriaques, arméniens orthodoxes |
| Église de l'Orient | Hors d'Éphèse (431) | Perse, Mésopotamie | Assyriens (non catholiques) et Chaldéens catholiques |
Sous le croissant : treize siècles de patience (VIIᵉ-XVᵉ siècle)
La conquête arabo-musulmane (635-642)
En l'espace d'une génération, les armées arabes issues d'Arabie conquièrent l'essentiel du Proche-Orient chrétien : Damas capitule en 635, Jérusalem en 637 ou 638, Alexandrie en 641[32]. Du jour au lendemain, la majorité des chrétiens d'Orient passe sous domination musulmane — une domination qui durera, pour la plupart, jusqu'à aujourd'hui.
Le statut de dhimmi et l'impôt de la jizya
Selon l'historiographie du droit islamique classique, les chrétiens, comme les juifs, sont reconnus comme « gens du Livre » et placés sous le statut de dhimmi : un pacte de protection (dhimma) leur garantit, en principe, « la sécurité de la vie, de la liberté et des biens » et le droit de pratiquer leur culte, mais au prix d'un impôt de capitation, la jizya, et de nombreuses restrictions juridiques et sociales — interdiction de construire de nouvelles églises, de porter les armes, de témoigner contre un musulman, signes vestimentaires distinctifs[33]. Le Pacte d'Omar, attribué à la conquête du Levant, codifia ce statut qui acquit valeur canonique dans la jurisprudence islamique[34].
Le statut de dhimmi n'était pas une persécution permanente — il connut des périodes de relative tolérance et de brillante contribution chrétienne à la civilisation arabe (médecine, philosophie, traduction des Grecs). Mais il instituait une infériorité juridique structurelle qui, par paliers de plusieurs siècles, éroda les communautés : conversions intéressées, mariages, pressions fiscales, humiliations, émigration. Selon des estimations historiographiques fragiles, à manier avec prudence, les chrétiens formaient encore environ 60 % de la population au IXᵉ siècle, avant de devenir peu à peu une minorité[35].
Saint Jean Damascène, dernier Père grec à la cour du calife
Symbole de cette première coexistence, saint Jean Damascène (vers 676-749) appartient à une grande famille chrétienne de Damas dont le père gérait les finances du califat omeyyade ; Jean lui succéda dans cette charge avant de tout quitter pour le monastère de Saint-Sabas, près de Jérusalem. Théologien des images contre l'iconoclasme byzantin, il est considéré comme le dernier des Pères de l'Église grecque[36] — preuve qu'au cœur même de l'islam naissant, la pensée chrétienne d'Orient gardait une vigueur intacte.
Les croisades : une parenthèse latine
Entre 1095 et 1291, les croisades établissent en Terre Sainte des États latins éphémères et un patriarcat latin de Jérusalem. Cette période, marquée par des malentendus durables entre Latins et chrétiens d'Orient mais aussi par des rapprochements — notamment avec les Maronites du Liban —, est traitée en détail dans les articles consacrés aux croisades et à la première croisade. Après la chute de Saint-Jean-d'Acre en 1291, l'Orient latin disparaît, et les chrétiens locaux se retrouvent seuls face aux pouvoirs musulmans.
Les unions avec Rome : la naissance des Églises catholiques orientales
À partir du Moyen Âge tardif, et surtout aux XVIᵉ-XVIIIᵉ siècles, des fractions de chaque Église orientale rétablissent la pleine communion avec Rome, tout en conservant leur liturgie, leur droit et leur hiérarchie propres : ce sont les Églises catholiques orientales, traitées en détail dans l'article les Églises catholiques orientales. Six d'entre elles sont enracinées au Moyen-Orient.
Les Maronites du Liban
Les Maronites, qui tirent leur nom de saint Maron, ermite syrien du tournant des IVᵉ-Vᵉ siècles, sont la seule Église orientale à affirmer une fidélité ininterrompue à Rome. Réfugiés dans les montagnes du Liban, ils renouèrent des liens étroits avec la papauté à l'époque des croisades : le patriarche maronite chercha l'union dès 1182, et le patriarche Jérémie Al-Amshitti fut le premier à se rendre à Rome, au IVᵉ concile du Latran (1215). L'union fut définitivement consolidée au XVIᵉ siècle, couronnée par la fondation du Collège maronite de Rome par Grégoire XIII en 1584[37]. Les Maronites demeurent aujourd'hui le socle du christianisme libanais.
Les Chaldéens catholiques (1553-1830)
De l'Église de l'Orient se détacha, en 1553, une branche entrée en communion avec Rome : Yohannan Soulaqa fut ordonné par le pape Jules III et reconnu patriarche. Après des vicissitudes de près de trois siècles, Rome confirma en 1830 Yohannan VIII Hormizd comme patriarche de Babylone des Chaldéens, avec siège à Mossoul[38]. Les Chaldéens catholiques sont depuis la principale communauté chrétienne d'Irak.
Les grecs-melkites catholiques (1724)
En 1724, à Damas, l'élection du patriarche Cyrille VI Tanas provoqua une scission du patriarcat melkite d'Antioche : une partie passa en communion avec Rome — l'Église grecque-melkite catholique —, l'autre demeurant orthodoxe. Rome confirma formellement l'union en 1730[39]. Présents en Syrie, au Liban et en Galilée, les melkites catholiques sont d'importants artisans du dialogue entre Orient et Occident.
Syriaques, coptes et arméniens catholiques
Trois autres unions complètent la mosaïque :
- L'Église syriaque catholique : en 1782, Michel Jarweh, métropolite d'Alep, se déclara catholique et fonda la lignée patriarcale ininterrompue, réfugiée au monastère de Charfet (Liban)[40].
- L'Église copte catholique : après un premier vicariat dès 1741, le patriarcat copte catholique d'Alexandrie fut rétabli par Léon XIII en 1895[41].
- L'Église arménienne catholique : le patriarcat de Cilicie des Arméniens fut établi par Abraham Pierre Iᵉʳ Ardzivian, ratifié par Benoît XIV en 1742[42].
- 1182-1215Maronites du Liban
Renouvellement de l'union avec Rome dès 1182 ; le patriarche maronite participe au IVᵉ concile du Latran (1215). Fidélité présentée comme ininterrompue.
- 1553Chaldéens catholiques
Yohannan Soulaqa, issu de l'Église de l'Orient, est reconnu patriarche par Jules III. Patriarcat de Babylone des Chaldéens confirmé en 1830.
- 1724Grecs-melkites catholiques
Cyrille VI Tanas, élu à Damas, entre en communion avec Rome ; union confirmée en 1730. Scission du patriarcat melkite d'Antioche.
- 1742Arméniens catholiques
Patriarcat de Cilicie des Arméniens établi par Abraham Pierre Iᵉʳ Ardzivian, ratifié par Benoît XIV.
- 1782Syriaques catholiques
Michel Jarweh, métropolite d'Alep, se déclare catholique et fonde la lignée patriarcale, réfugiée à Charfet.
- 1895Coptes catholiques
Léon XIII rétablit le patriarcat copte catholique d'Alexandrie, après le vicariat de 1741.
Le système ottoman du millet
Sous l'Empire ottoman, les communautés chrétiennes furent organisées en millets — des « nations » fondées sur la confession religieuse. Le Rûm millet, regroupant les orthodoxes, était dirigé par le patriarche œcuménique de Constantinople, érigé en millet-bachi après la prise de la ville en 1453 : il administrait, taxait et jugeait les chrétiens en matière de mariage, d'héritage et d'état civil[43]. Ce système donna aux Églises une autonomie communautaire réelle, mais figea aussi leur statut de minorités tolérées et surveillées.
Le Patriarcat latin de Jérusalem rétabli (1847)
Au XIXᵉ siècle, l'attention de Rome pour l'Orient se ravive. Le Patriarcat latin de Jérusalem, simple siège titulaire depuis 1374, est rétabli comme siège résidentiel par Pie IX le 23 juillet 1847, par la lettre apostolique Nulla Celebrior ; Mgr Joseph Valerga en devient le premier patriarche résident[44]. C'est le retour d'une présence catholique latine structurée en Terre Sainte.
Léon XIII et Orientalium Dignitas (1894)
Le grand acte magistériel de cette renaissance est la lettre apostolique Orientalium Dignitas, de Léon XIII, datée du 30 novembre 1894. Elle interdit aux missionnaires latins de « latiniser » les catholiques orientaux et affirme la dignité éminente de leurs traditions propres[45] :
« Leur antiquité est auguste, c'est elle qui donne sa noblesse aux différents rites, elle est un joyau éclatant pour l'Église entière, elle confirme l'unité divinement donnée de la foi catholique. » — Léon XIII, Orientalium Dignitas, 30 novembre 1894[46]
Le siècle des génocides (1915-1923)
La fin de l'Empire ottoman fut, pour les chrétiens d'Orient, une catastrophe sans précédent. En quelques années, des communautés vieilles de quinze siècles furent en grande partie anéanties en Anatolie et en Mésopotamie.
Le génocide arménien (1915)
Le génocide arménien débute symboliquement le 24 avril 1915, lorsque le pouvoir Jeune-Turc fait arrêter à Constantinople plusieurs centaines d'intellectuels et de notables arméniens. Suivent les déportations massives, les marches de la mort vers le désert syrien, les massacres. Les estimations varient selon les sources, d'environ 600 000 à 1,5 million de victimes, ce dernier chiffre étant celui de la mémoire arménienne et des déclarations pontificales[47]. Les Arméniens étaient un peuple chrétien — apostoliques en majorité, mais aussi catholiques et protestants.
L'Église catholique a reconnu solennellement ce drame. Jean-Paul II, dans une déclaration commune signée en Arménie avec le catholicos Karékine II le 27 septembre 2001, parle de « l'extermination d'un million et demi de chrétiens arméniens, dans ce que l'on appelle généralement le premier génocide du XXᵉ siècle »[48]. Quatorze ans plus tard, le pape François reprend l'expression lors d'une messe à Saint-Pierre pour le centenaire :
« Le premier [de ces grands fléaux], largement considéré comme "le premier génocide du XXᵉ siècle", frappa votre propre peuple arménien, première nation chrétienne, ainsi que les Syriens catholiques et orthodoxes, les Assyriens, les Chaldéens et les Grecs. » — Pape François, homélie de la messe de rite arménien, 12 avril 2015[49]
Le Sayfo, génocide des Syriaques et des Assyriens
Parallèlement, les chrétiens syriaques, assyriens et chaldéens de l'Empire ottoman furent victimes du Sayfo — mot syriaque signifiant « l'épée ». Sa phase la plus meurtrière se situe en 1915. Les estimations, très incertaines faute de recensements fiables, vont d'environ 250 000 à 300 000 morts, soit près de la moitié de la population concernée — certaines sources avançant des chiffres plus élevés encore[50].
Le génocide des Grecs et l'échange de populations
Les Grecs orthodoxes d'Anatolie, notamment ceux du Pont, subirent à leur tour une destruction systématique entre 1914 et 1922, dont les estimations s'échelonnent d'environ 300 000 à 900 000 victimes selon les définitions retenues[51]. Le processus fut parachevé par la Convention d'échange de populations gréco-turque, signée à Lausanne le 30 janvier 1923 : environ 1,5 million de Grecs orthodoxes furent transférés vers la Grèce et environ 400 000 musulmans vers la Turquie — le premier échange forcé de populations de l'histoire moderne, fondé sur le seul critère religieux[52].
La fin du christianisme anatolien
L'effet conjugué des génocides et de l'échange de 1923 fut l'effacement quasi total du christianisme en Asie Mineure, terre pourtant évangélisée dès l'âge apostolique, patrie des sept Églises de l'Apocalypse et lieu des premiers conciles. En une décennie, ce qui fut un foyer majeur de la chrétienté devint une terre presque entièrement musulmane.
Le Grand Liban, refuge chrétien (1920)
À l'inverse, le démembrement de l'Empire ottoman offrit aux chrétiens un sanctuaire politique. Sous mandat français, le général Gouraud proclama le 1ᵉʳ septembre 1920 l'État du Grand Liban, conçu comme un foyer sûr pour les Maronites du Mont-Liban[53]. Le Liban devint ainsi le seul pays du Proche-Orient où les chrétiens conserveraient un poids politique majeur — équilibre fragile qui structure encore le pays.
Le magistère des papes pour l'Orient chrétien
Vatican II et « les deux poumons » de l'Église
Le concile Vatican II consacre aux Orientaux un décret entier, Orientalium Ecclesiarum (21 novembre 1964), qui reconnaît l'égale dignité des Églises catholiques orientales et leur droit à conserver leurs traditions propres[54]. Jean-Paul II prolongera cette doctrine dans sa lettre apostolique Orientale Lumen (2 mai 1995), popularisant l'image selon laquelle l'Église doit « respirer avec ses deux poumons », l'oriental et l'occidental[55].
Jean-Paul II en Terre Sainte et à Damas
Le pontificat de Jean-Paul II fut jalonné de gestes envers l'Orient : le pèlerinage jubilaire en Terre Sainte en mars 2000, puis, en mai 2001, la visite à Damas, où il devint le premier pape à entrer dans une mosquée, celle des Omeyyades, qui abrite la tombe vénérée de saint Jean-Baptiste :
« [Puissions-nous] présenter nos deux importantes communautés religieuses comme des communautés engagées dans un dialogue respectueux, et plus jamais comme des communautés en conflit. » — Jean-Paul II, grande mosquée des Omeyyades, Damas, 6 mai 2001[56]
Le Synode de 2010 et Ecclesia in Medio Oriente (2012)
Face à l'hémorragie chrétienne, Benoît XVI convoque en octobre 2010 une Assemblée spéciale pour le Moyen-Orient du Synode des évêques. Il en signe l'exhortation post-synodale, Ecclesia in Medio Oriente, au Liban le 14 septembre 2012. Le document, placé sous le thème « communion et témoignage », rappelle l'enracinement historique des chrétiens et l'enjeu décisif de leur maintien :
« Un Moyen-Orient sans ou avec peu de chrétiens n'est plus le Moyen-Orient, car les chrétiens participent avec les autres croyants à l'identité si particulière de la région. » — Benoît XVI, Ecclesia in Medio Oriente, § 31[57]
« Sans communion, il ne peut pas y avoir de témoignage : le grand témoignage est précisément la vie de communion. » — Benoît XVI, Ecclesia in Medio Oriente, § 37[58]
Benoît XVI y défend aussi la liberté religieuse comme « le sommet de toutes les libertés [...], un droit sacré et inaliénable »[59], et souligne que la présence chrétienne au Moyen-Orient « n'est ni nouvelle ni accidentelle, mais historique »[60].
Les chrétiens d'Orient aujourd'hui : l'exode et le martyre
Une présence en chute libre
Le constat démographique est dramatique. Les chrétiens, qui formaient entre 13 et 20 % de la population du Moyen-Orient strict au début du XXᵉ siècle[61], n'en représentent plus aujourd'hui qu'environ 5 % sur ce même périmètre (3 % sur le périmètre élargi Moyen-Orient–Afrique du Nord)[62][63]. Selon le Pew Research Center, les chrétiens ne comptaient plus que pour 3 % de la population de la région Moyen-Orient–Afrique du Nord en 2020, soit environ 13 millions de personnes, en recul continu sous l'effet de l'émigration, d'une natalité plus faible et d'une population vieillissante[64]. Pays par pays, le tableau est celui d'un effondrement inégal mais général.
| Pays | Communauté principale | Présence chrétienne | Tendance |
|---|---|---|---|
| Liban | Maronites | Environ un tiers de la population | En recul mais encore majeur |
| Irak | Chaldéens catholiques | De 1,4 million (1987) à environ 250 000 ou moins | Effondrement |
| Syrie | Grecs-orthodoxes, melkites, syriaques | D'environ 1,5 million à environ 300 000 depuis 2011 | Effondrement |
| Égypte | Coptes | Environ 10 % de la population | Forte, mais sous pression |
| Terre Sainte | Latins, grecs, melkites | Environ 1 à 2 % | Émigration continue |
| Turquie | Restes arméniens, syriaques, grecs | Moins de 0,2 % | Quasi-disparu |
Le Liban, dernier équilibre
Le Liban reste le seul pays de la région où les chrétiens — Maronites en tête — forment une part majeure de la population, estimée à environ un tiers, sans recensement officiel depuis 1932 pour ne pas raviver les tensions confessionnelles[65]. Par convention politique, la présidence de la République revient à un maronite. Le patriarche maronite actuel, Béchara Boutros Raï, créé cardinal par Benoît XVI en 2012, est une voix écoutée du Proche-Orient[66].
L'Irak : Mossoul, la plaine de Ninive et l'État islamique (2014)
Nulle part l'effondrement n'a été aussi brutal qu'en Irak. La communauté, majoritairement chaldéenne catholique, comptait environ 1,4 million de fidèles en 1987 ; elle est tombée, après la guerre de 2003 et les violences qui ont suivi, à moins de 250 000 selon la plupart des Églises[67]. Le coup le plus dur vint à l'été 2014 : le 10 juin 2014, l'État islamique s'empare de Mossoul, puis de toute la plaine de Ninive. Les maisons chrétiennes sont marquées de la lettre arabe ن (noun), pour « Nazaréen ». Sommés de se convertir, de payer la jizya ou de fuir, tous les chrétiens quittent Mossoul — une première dans les seize siècles d'histoire chrétienne de la ville, comme l'a souligné le patriarche chaldéen d'alors, le cardinal Louis Raphaël Iᵉʳ Sako[68]. La plaine de Ninive fut libérée en 2017, mais les retours demeurent partiels.
La Syrie martyre
En Syrie, la guerre civile ouverte en 2011 a fait fondre une communauté d'environ 1,5 million de chrétiens à quelque 300 000[69]. Le drame le plus emblématique reste l'enlèvement, le 22 avril 2013, des deux archevêques d'Alep — Mgr Boulos Yazigi, grec-orthodoxe, et Mgr Yohanna Ibrahim, syriaque-orthodoxe —, dont on est toujours sans nouvelles[70]. Le jésuite Paolo Dall'Oglio, infatigable artisan du dialogue, disparut à Raqqa en juillet 2013. À Maaloula, l'un des derniers villages où l'on parle encore l'araméen, langue du Christ, les combats de 2013 ont meurtri la mémoire vivante du christianisme oriental.
Les Coptes d'Égypte et les 21 martyrs de Libye
L'Égypte abrite la plus grande communauté chrétienne du Moyen-Orient : les Coptes, environ 10 % de la population, en immense majorité orthodoxes, sous la conduite du pape Tawadros II, avec une petite Église copte catholique[71]. Cette communauté a payé un lourd tribut au terrorisme : attentat de la cathédrale Saint-Marc du Caire (décembre 2016, 29 morts), attentats jumeaux du dimanche des Rameaux 2017 à Tanta et Alexandrie (au moins 43 morts)[72].
Ces violences ont des précédents : dans la seconde moitié de juin 1981, Zaouia-el-Hamra, faubourg du Caire voisin de Choubra, est le théâtre d'un massacre confessionnel. Jean-Pierre Péroncel-Hugoz, correspondant du Monde au Caire, en donne un récit dans Le radeau de Mahomet, cité par François Brune : les affrontements reprennent pendant trois ou quatre jours, tandis que les forces de l'ordre présentes restent inactives[73]. Il décrit des appartements incendiés sur leurs occupants chrétiens et des églises détruites, mais laisse indéterminé le déclenchement des violences : « Nul ne saura qui a commencé, ni comment, ni pourquoi », ni si les premiers incidents avaient fait des morts ou seulement des blessés[74].
C'est en Égypte aussi qu'est né l'un des témoignages les plus saisissants du martyre contemporain. Le 15 février 2015, l'État islamique diffuse la vidéo de la décapitation, sur une plage de Libye, de 21 ouvriers chrétiens — vingt Coptes égyptiens et un Ghanéen —, tués en haine de la foi, plusieurs mourant le nom de Jésus aux lèvres. Geste œcuménique inédit, le pape François a décidé en mai 2023 d'inscrire ces 21 martyrs coptes au Martyrologe romain, les reconnaissant comme témoins du Christ vénérés par toute l'Église[75].
La Terre Sainte et la Turquie
En Terre Sainte, les chrétiens ne représentent plus qu'environ 1 à 2 % de la population, et l'émigration vide peu à peu Jérusalem et Bethléem — passée de 86 % de chrétiens en 1950 à environ 10 % au dernier recensement (2017)[76]. Le Patriarcat latin de Jérusalem y maintient une présence active sous la conduite du cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche depuis 2020, premier cardinal résidant à Jérusalem (2023)[77]. En Turquie, enfin, le christianisme a quasiment disparu — moins de 0,2 % de la population —, et la reconversion de Sainte-Sophie en mosquée le 24 juillet 2020 a été ressentie comme un symbole douloureux. Le pays a aussi vu l'assassinat du père Andrea Santoro, abattu en prière à Trabzon en 2006, et de Mgr Luigi Padovese, vicaire apostolique d'Anatolie, tué en 2010[78].
Le pape François et « l'œcuménisme du sang »
Le voyage en Irak (2021)
Du 5 au 8 mars 2021, le pape François devient le premier pape de l'histoire à se rendre en Irak, au cœur même de la terre d'Abraham et des chrétiens martyrs. Il rencontre le grand ayatollah chiite Ali al-Sistani à Najaf, préside une prière interreligieuse dans la plaine d'Ur des Chaldéens, célèbre la messe à Erbil, et prie au milieu des églises détruites de Mossoul. À Bagdad, il rend hommage à la communauté :
« La présence très ancienne des chrétiens sur cette terre et leur contribution à la vie du pays constituent un riche héritage qui veut pouvoir se poursuivre au service de tous. » — Pape François, discours aux autorités, Bagdad, 5 mars 2021[79]
Devant les ruines de Mossoul, il lance un appel resté célèbre :
« Si Dieu est le Dieu de la paix — et il l'est —, il ne nous est pas permis de faire la guerre en son nom. [...] La fraternité est plus forte que le fratricide, l'espérance est plus forte que la mort. » — Pape François, prière pour les victimes de la guerre, Mossoul, 7 mars 2021[80]
Abou Dhabi et la fraternité humaine (2019)
Deux ans plus tôt, le 4 février 2019, François signait à Abou Dhabi, avec le grand imam d'Al-Azhar Ahmad Al-Tayyeb, le Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune — un texte sans précédent dans les relations entre le catholicisme et l'islam sunnite, affirmant la commune dignité des personnes et condamnant la violence au nom de Dieu[81].
L'œcuménisme du sang
De ces drames, François a tiré une intuition spirituelle profonde, l'« œcuménisme du sang » : les chrétiens de toutes confessions — catholiques, orthodoxes, coptes, syriaques — qui meurent ensemble pour le nom du Christ sont déjà unis dans le martyre, par-delà les divisions historiques.
« [Ceux qui], en confessant Jésus-Christ le Seigneur, ont réalisé l'œcuménisme du sang. » — Pape François, discours à une délégation du Patriarcat œcuménique, 28 juin 2014[82]
Les 21 martyrs coptes de Libye, inscrits au Martyrologe romain alors qu'ils n'étaient pas catholiques, sont l'expression la plus parfaite de cet œcuménisme du sang.
Le berceau ne doit pas devenir un musée
L'enjeu, pour l'Église, n'est pas seulement humanitaire ni patrimonial : il est théologique. Les chrétiens d'Orient ne sont pas une survivance pittoresque, mais les héritiers directs des Églises apostoliques, dépositaires de liturgies, de langues et de traditions spirituelles que l'Occident a souvent oubliées. Leur disparition appauvrirait l'Église universelle elle-même, qui ne respirerait plus, selon le mot de Jean-Paul II, « avec ses deux poumons »[83].
Surtout, leur présence est un témoignage au sens le plus fort — martyria. Demeurer chrétien à Mossoul, à Alep ou en Haute-Égypte, c'est confesser le Christ au prix de tout. C'est pourquoi le maintien d'une présence chrétienne vivante au Moyen-Orient, et non sa muséification, demeure l'objectif constant du Saint-Siège, fidèle à la conviction de Benoît XVI : la communion et le témoignage sont inséparables, et « le grand témoignage est précisément la vie de communion »[84].
Pour aller plus loin
- Les Églises catholiques orientales — les 23 Églises sui iuris (autonomes, de droit propre) en communion avec Rome.
- Le grand schisme d'Orient — la rupture de 1054 entre Rome et Constantinople.
- La chute de Constantinople (1453) — la fin de l'Empire byzantin et ses conséquences pour les chrétiens d'Orient.
- Les croisades (1095-1291) et La première croisade.
- Le concile d'Éphèse (431) — la définition de Marie Theotokos.
- La liturgie orientale — les rites byzantin, syriaque, copte, arménien et chaldéen.
Notes et références
Actes des Apôtres 11, 26 (traduction liturgique officielle, AELF). Le verset rapporte la naissance du nom « chrétiens » à Antioche, vers les années 40.
1 11Sur la part chrétienne au début du XXᵉ siècle (estimations, faute de recensements fiables d'époque) : la synthèse « Christianity in the Middle East » (Wikipedia anglophone, consultée le 4 octobre 2026) retient 13 à 20 % et environ 5 % aujourd'hui pour le Moyen-Orient strict, en s'appuyant notamment sur D. Womack, « Christians in and from the Middle East: Lessons from the World Christian Encyclopedia », International Bulletin of Mission Research, vol. 46 (2022), p. 15-24 (données de la World Christian Encyclopedia). Précision de périmètre : Ph. Jenkins, The Lost History of Christianity, HarperOne, 2008 — environ 5 millions de chrétiens dans tout le Moyen-Orient vers 1900, et 15 à 20 % en Asie Mineure ottomane. L'écart avec les 3 % de Pew (note pew-2025 ci-dessus) tient au périmètre : Pew compte toute la zone MENA, Afrique du Nord musulmane incluse.
2 3 61 62Pew Research Center, « Religious groups' changing sizes in the Middle East and North Africa, 2010-2020 », 9 juin 2025 (pewresearch.org/religion/2025/06/09/religion-in-the-middle-east-and-north-africa/) : les chrétiens, première minorité religieuse de la région, en représentent 3 % en 2020 (2,9 %, soit environ 12,9 millions), contre 3,3 % en 2010. Périmètre : Moyen-Orient + Afrique du Nord ; décennie 2010-2020 uniquement. Sur le début du XXᵉ siècle et le périmètre Moyen-Orient strict (environ 5 % aujourd'hui), voir la note demo-1900 ci-dessous.
4 63 64Benoît XVI, exhortation apostolique post-synodale Ecclesia in Medio Oriente, signée au Liban le 14 septembre 2012, § 31 (texte français, vatican.va).
5 57Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, II, 1 : Jacques le Juste, « frère du Seigneur », « premier [fait] évêque de l'Église de Jérusalem » ; II, 23 : son martyre (lapidation, vers 62-63 — cf. Josèphe, Antiquités judaïques, XX, ix, 1). Sur la fuite des chrétiens à Pella avant le siège de 70 : Catholic Encyclopedia, article « Jerusalem (A.D. 71-1099) », New Advent (newadvent.org/cathen/08355a.htm), d'après Eusèbe.
6 7Sources primaires : Justinien, Novelle 131 (545), qui fixe l'ordre des cinq sièges ; concile in Trullo (692), c. 36, qui renouvelle le c. 28 de Chalcédoine (451) sur la préséance de Constantinople. Élévation de Jérusalem en patriarcat à Chalcédoine même (451, sessions VII-VIII : les trois Palestines détachées d'Antioche au profit de Juvénal), rang confirmé par Justinien. Synthèse : Catholic Encyclopedia, « Patriarch and Patriarchate » ; Encyclopædia Britannica, « Pentarchy ».
8 20Catholic Encyclopedia, article « Church of Antioch », New Advent (newadvent.org/cathen/01567a.htm) ; sur la fondation de l'Église d'Antioche (Ac 11, 19-26), la venue de Pierre (« St. Peter himself came to Antioch (Gal., ii, 11), probably about the year 44 »), et le canon 6 de Nicée (325) maintenant les prérogatives existantes (« the Bishop of Antioch […] over those who are under them »).
9 10 12Saint Ignace d'Antioche, Lettre aux Smyrniotes, VIII, 2 (vers 107). Édition de référence : P.-Th. Camelot, Ignace d'Antioche. Lettres, coll. Sources Chrétiennes n° 10, Cerf. Première attestation écrite de l'expression « Église catholique ». Texte grec original : « ὅπου ἂν φανῇ ὁ ἐπίσκοπος, ἐκεῖ τὸ πλῆθος ἔστω, ὥσπερ ὅπου ἂν ᾖ Χριστὸς Ἰησοῦς, ἐκεῖ ἡ καθολικὴ ἐκκλησία ».
13Encyclopædia Britannica, « St. John Chrysostom » : né à Antioche vers 347, docteur de l'Église ; prêtre d'Antioche dès 386, appelé à Constantinople à l'automne 397, sacré évêque le 26 février 398 (Oxford Reference : épiscopat 26 fév. 398 – 20 juin 404).
14Doctrine d'Addaï (texte syriaque ancien) ; NASSCAL, e-Clavis: Christian Apocrypha, « Doctrine of Addai ». Tradition syriaque de l'évangélisation d'Édesse par Addaï, disciple de Thomas, et du roi Abgar V — à recevoir comme tradition, non comme fait historiquement établi.
15Catholic Encyclopedia, articles « Edessa » (newadvent.org/cathen/05282a.htm) et « Nisibis » (newadvent.org/cathen/11084c.htm), New Advent ; sur la diffusion du christianisme syriaque, l'école des Perses fondée à Édesse au départ d'Éphrem après 363, et sa réorganisation à Nisibe.
16Sur saint Éphrem le Syrien (vers 306-373), proclamé docteur de l'Église par Benoît XV, lettre encyclique Principi Apostolorum Petro, 5 octobre 1920. Surnom traditionnel : « la Harpe de l'Esprit Saint ».
17Sur l'Église d'Alexandrie : tradition de saint Marc fondateur ; école catéchétique (Didaskaleion), attestée comme institution existante dès la fin du IIᵉ siècle par Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, VI (Pantène, Clément, Origène) ; monachisme égyptien (Antoine le Grand, vers 251-356 ; Pacôme). Source complémentaire : notice historique de l'Église copte orthodoxe d'Alexandrie (lacopts.org).
18 19Concile d'Éphèse (première session le 22 juin 431, clôture le 31 juillet 431), IIIᵉ concile œcuménique, présidé par Cyrille d'Alexandrie : condamnation et déposition de Nestorius, proclamation de Marie Theotokos. Texte de référence : H. Denzinger, Symboles et définitions de la foi catholique (Enchiridion Symbolorum), n° 250-253 (approbation de la lettre de Cyrille à Nestorius, déposition du 22 juin 431). Voir aussi la Catholic Encyclopedia, « Council of Ephesus ».
21Sur l'Église de l'Orient (dite « nestorienne », terme jugé impropre) : expansion missionnaire en Perse, Inde (chrétiens de saint Thomas) et Chine. Stèle de Xi'an, érigée le 7 janvier 781, bilingue chinois-syriaque, attestant une mission dès 635 (Alopen). Source : Wikipedia, « Church of the East » ; « Xi'an Stele ».
22 23Définition de foi du concile de Chalcédoine (8 octobre-1ᵉʳ novembre 451), IVᵉ concile œcuménique. Texte de référence : H. Denzinger, Symboles et définitions de la foi catholique (Enchiridion Symbolorum), n° 301-302. Formule « en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation ».
24 25Sur les Églises orthodoxes orientales (non-chalcédoniennes) et la christologie miaphysite (distincte du monophysisme d'Eutychès, condamné à Chalcédoine : Denzinger, n° 301-302). Reconnaissance magistérielle de la convergence : déclarations communes de 1973 et 1984 citées ci-dessus (textes sur vatican.va). Voir aussi la Catholic Encyclopedia, « Monophysites and Monophysitism » ; Encyclopædia Britannica, « monophysite » (sur Sévère d'Antioche et la réévaluation moderne du terme).
26 28Sur le terme « melkites », du syriaque malkā (« roi »), désignant à l'origine, de façon péjorative, les chrétiens fidèles à Chalcédoine et à l'empereur byzantin. Sources : Wikipedia, « Melkite » ; Catholic Encyclopedia, « Melchites ».
27Déclaration commune du pape Paul VI et du pape copte orthodoxe Shenouda III, Rome, 10 mai 1973 (vatican.va). Texte officiel anglais : « We confess that our Lord and God and Saviour and King of us all, Jesus Christ, is perfect God with respect to His divinity, perfect man with respect to His humanity. His divinity is united with His humanity... without mingling, without commixtion, without confusion, without alteration. »
29Déclaration commune de Jean-Paul II et du patriarche syriaque orthodoxe Ignace Zakka Iᵉʳ Iwas, 23 juin 1984 (vatican.va). Texte officiel anglais : « The confusions and schisms that occurred between their Churches in the later centuries... in no way affect or touch the substance of their faith. »
30Dates des conquêtes arabes, selon la chronologie couramment retenue : Damas (635), Jérusalem (637/638), Alexandrie (641) ; sur la prise de Jérusalem, voir aussi la Catholic Encyclopedia, « Jerusalem (A.D. 71-1099) » (newadvent.org/cathen/08355a.htm). Sur le rôle des divisions christologiques dans l'affaiblissement byzantin — thèse historiographique soutenue mais non exclusive. Sources : Wikipedia, « Siege of Damascus (634) », « First Muslim conquest of Jerusalem », « Siege of Alexandria (641) ».
31 32Sur le statut de dhimmi, l'impôt de capitation (jizya) et le Pacte d'Omar. Source : Encyclopedia.com, « Dhimmi » : protection conditionnelle (« security of life, liberty, and property ») assortie de restrictions juridiques et socio-économiques strictes.
33 34Sur le déclin démographique progressif des chrétiens d'Orient (estimations historiographiques, à manier avec prudence : environ 60 % de la population encore chrétienne au IXᵉ siècle). Source : Wikipedia, « Spread of Islam ».
35Sur saint Jean Damascène (vers 676-749), issu d'une famille de hauts fonctionnaires chrétiens de la cour omeyyade de Damas, moine à Saint-Sabas, dernier des Pères grecs et théologien des images. Sources : Encyclopædia Britannica, « St. John of Damascus » (né vers 675 à Damas, mort en 749) ; Catholic News Agency.
36Encyclopædia Britannica, « Maronite church » ; CNEWA, profil « The Maronite Church » (cnewa.org). Saint Maron (IVᵉ-Vᵉ s.) ; recherche d'union dès 1182 ; patriarche au IVᵉ concile du Latran (1215) ; Collège maronite de Rome fondé par Grégoire XIII en 1584.
37Sur l'Église chaldéenne catholique : Yohannan Soulaqa, en communion avec Rome (1553, ordonné par Jules III) ; patriarcat de Babylone des Chaldéens confirmé en 1830 (Yohannan VIII Hormizd), siège à Mossoul. Sources : CNEWA, profil « The Chaldean Catholic Church » (cnewa.org) ; Annuario Pontificio (statut du patriarcat de Babylone des Chaldéens).
38Sur l'Église grecque-melkite catholique : union d'Antioche en 1724 (Cyrille VI Tanas), confirmée par Rome en 1730. Sources : CNEWA, profil « The Melkite Greek Catholic Church » (cnewa.org) ; Annuario Pontificio (statut du patriarcat d'Antioche des grecs-melkites).
39Sur l'Église syriaque catholique : Michel Jarweh, métropolite d'Alep, se déclare catholique en 1782 et fonde la lignée patriarcale, réfugiée au monastère de Charfet (Liban). Source : CNEWA, profil « The Syriac Catholic Church » (cnewa.org).
40Sur l'Église copte catholique : premier vicariat dès 1741, patriarcat rétabli par Léon XIII en 1895. Source : CNEWA, profil « The Coptic Catholic Church » (cnewa.org).
41Sur l'Église arménienne catholique : patriarcat de Cilicie des Arméniens établi par Abraham Pierre Iᵉʳ Ardzivian, ratifié par Benoît XIV en 1742. Sources : CNEWA, profil « The Armenian Catholic Church » (cnewa.org) ; Annuario Pontificio (statut du patriarcat de Cilicie des Arméniens).
42Sur le système ottoman du millet et le Rûm millet dirigé par le patriarche œcuménique (érigé en millet-bachi après 1453). Sources : Wikipedia, « Rum millet » ; Encyclopædia Britannica, « Eastern Orthodoxy under the Ottomans, 1453-1821 ».
43Sur le Patriarcat latin de Jérusalem, rétabli comme siège résidentiel par Pie IX le 23 juillet 1847 (lettre apostolique Nulla Celebrior) ; premier patriarche résident : Mgr Joseph Valerga. Sources : Wikipedia, « Latin Patriarchate of Jerusalem » ; site officiel du Patriarcat latin (lpj.org).
44Léon XIII, lettre apostolique Orientalium Dignitas, 30 novembre 1894. Texte latin : Acta Leonis XIII, t. XIV (1894) ; texte anglais sur papalencyclicals.net. Défense des rites orientaux et interdiction de leur latinisation. Texte anglais : « Their antiquity is august... it is a brilliant jewel for the whole Church, it confirms the God-given unity of the Catholic Faith. »
45 46Sur le génocide arménien (déclenché le 24 avril 1915). Estimations divergentes : environ 600 000 à 664 000 (bornes basses, Britannica et USHMM) jusqu'à 1,2-1,5 million (mémoire arménienne et déclarations pontificales). Sources : Encyclopædia Britannica, « Armenian Genocide » ; United States Holocaust Memorial Museum, « The Armenian Genocide (1915-16) ».
47Déclaration commune de Jean-Paul II et du catholicos Karékine II, Saint-Etchmiadzin, 27 septembre 2001 (vatican.va). Texte officiel anglais : « The extermination of a million and a half Armenian Christians, in what is generally referred to as the first genocide of the twentieth century... »
48Pape François, homélie de la messe pour les fidèles de rite arménien, basilique Saint-Pierre, 12 avril 2015 (vatican.va). Texte officiel anglais : « The first, which is widely considered "the first genocide of the twentieth century", struck your own Armenian people... as well as Catholic and Orthodox Syrians, Assyrians, Chaldeans and Greeks. »
49Sur le Sayfo (« l'épée » en syriaque), génocide des chrétiens syriaques, assyriens et chaldéens (1915). Estimations très variables, d'environ 250 000 à 300 000 morts, certaines sources avançant davantage. Sources : Wikipedia, « Sayfo » ; SyriacPress.
50Sur le génocide des Grecs ottomans / pontiques (1914-1922), estimations contestées. Sources : Wikipedia, « Greek genocide ».
51Convention concernant l'échange des populations grecques et turques, signée à Lausanne le 30 janvier 1923 : environ 1,5 million de Grecs orthodoxes et 400 000 musulmans déplacés sur critère religieux. Source : Wikipedia, « Convention Concerning the Exchange of Greek and Turkish Populations » ; ministère turc des Affaires étrangères (texte de la convention).
52Sur la proclamation de l'État du Grand Liban par le général Gouraud le 1ᵉʳ septembre 1920, sous mandat français, comme foyer pour les Maronites. Source : Encyclopædia Britannica, « Lebanon — French mandate » ; Wikipedia, « Greater Lebanon ».
53Concile Vatican II, décret Orientalium Ecclesiarum sur les Églises catholiques orientales, 21 novembre 1964 (vatican.va).
54Jean-Paul II, lettre apostolique Orientale Lumen, 2 mai 1995 (vatican.va) ; image de l'Église qui respire « avec ses deux poumons », oriental et occidental, reprise de Viatcheslav Ivanov.
55 83Jean-Paul II, discours lors de la rencontre avec les responsables musulmans à la grande mosquée des Omeyyades, Damas, 6 mai 2001 (texte français, vatican.va). Premier pape à entrer dans une mosquée.
56Benoît XVI, Ecclesia in Medio Oriente, § 37 (texte français, vatican.va).
58 84Benoît XVI, Ecclesia in Medio Oriente, § 26 (texte français, vatican.va) : « La liberté religieuse est le sommet de toutes les libertés. Elle est un droit sacré et inaliénable. »
59Benoît XVI, Ecclesia in Medio Oriente, § 24 (texte français, vatican.va) : la présence chrétienne « n'est ni nouvelle ni accidentelle, mais historique ».
60Sur la démographie chrétienne du Liban (environ un tiers de la population ; dernier recensement officiel en 1932) et le cardinal Béchara Boutros Raï, patriarche maronite, créé cardinal en 2012. Sources : Wikipedia, « Christianity in Lebanon », « Demographics of Lebanon », « Bechara Boutros al-Rahi » ; Pew (2025).
65 66Sur les chrétiens d'Irak : environ 1,4 million en 1987, moins de 250 000 aujourd'hui selon la plupart des Églises ; prise de Mossoul par l'État islamique le 10 juin 2014 ; marquage des maisons de la lettre « noun » ; exode total des chrétiens de Mossoul ; cardinal Louis Raphaël Iᵉʳ Sako, alors patriarche de Babylone des Chaldéens (2013-2026 : démission acceptée par Léon XIV le 10 mars 2026, son successeur Amel Shamon Nona ayant été élu en avril 2026). Sources : Wikipedia, « Christianity in Iraq » ; Vatican News (mars 2024) ; Angelus News et Catholic Review (mars-avril 2026).
67 68Sur les chrétiens de Syrie : d'environ 1,5 million à environ 300 000 depuis 2011 ; enlèvement des archevêques d'Alep Boulos Yazigi (grec-orthodoxe) et Yohanna Ibrahim (syriaque-orthodoxe) le 22 avril 2013, toujours disparus ; disparition du P. Paolo Dall'Oglio à Raqqa (juillet 2013) ; village araméophone de Maaloula. Sources : Wikipedia, « Christianity in Syria », « Paul Yazigi » ; Agenzia Fides.
69 70Sur les Coptes d'Égypte (environ 10 % de la population, majoritairement orthodoxes ; pape Tawadros II) et les attentats de 2016-2017 (cathédrale Saint-Marc du Caire, décembre 2016 ; dimanche des Rameaux 2017 à Tanta et Alexandrie). Sources : Wikipedia, « Botroseya Church bombing », « Palm Sunday church bombings » ; Human Rights Watch (12 avril 2017).
71 72François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le Jardin des Livres, 2004, p. 236, note 253, citant Jean-Pierre Péroncel-Hugoz, Le radeau de Mahomet, Paris, Lieu Commun, 1983, p. 159-160.
73 74Sur les 21 martyrs coptes de Libye, décapités par l'État islamique le 15 février 2015 (20 Coptes égyptiens et 1 Ghanéen), inscrits au Martyrologe romain par le pape François en mai 2023 (première commémoration catholique le 15 février 2024). Source : Wikipedia, « 21 Coptic Martyrs of Libya » ; Catholic News Agency.
75Sur les chrétiens de Terre Sainte (environ 1 à 2 % ; Bethléem de 86 % en 1950 à environ 10 % en 2017) et le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem depuis 2020, créé cardinal en 2023. Sources : Wikipedia, « Emigration of Christians from Israel and Palestine », « Pierbattista Pizzaballa ».
76 77Sur la quasi-disparition du christianisme en Turquie (moins de 0,2 % de la population) ; reconversion de Sainte-Sophie en mosquée (10 juillet 2020, première prière le 24 juillet 2020) ; assassinats du P. Andrea Santoro (Trabzon, 5 février 2006) et de Mgr Luigi Padovese (3 juin 2010). Sources : Wikipedia, « Hagia Sophia », « Andrea Santoro », « Murder of Luigi Padovese ».
78Pape François, voyage apostolique en Irak (5-8 mars 2021), premier pape à s'y rendre ; discours aux autorités, Bagdad, 5 mars 2021 (texte français, vatican.va). Rencontre avec le grand ayatollah Ali al-Sistani à Najaf (6 mars), prière interreligieuse à Ur, messe à Erbil, visite de Mossoul et Qaraqosh.
79Pape François, prière pour les victimes de la guerre, place Hosh al-Bieaa, Mossoul, 7 mars 2021 (texte français, vatican.va).
80Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune, signé par le pape François et le grand imam d'Al-Azhar Ahmad Al-Tayyeb, Abou Dhabi, 4 février 2019 (texte français, vatican.va).
81Pape François, discours à la délégation du Patriarcat œcuménique de Constantinople, 28 juin 2014 (texte français, vatican.va) : notion d'« œcuménisme du sang ».
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