L'Église clandestine sous le communisme (1917-1991)

Comment l'Église catholique a survécu aux régimes communistes du XXᵉ siècle par des ordinations secrètes, des séminaires en appartement, des messes domestiques et des hiérarchies parallèles — d'URSS à la Chine, de Lviv au Vietnam.

Ignispedia

L'Église clandestine sous le communisme désigne l'ensemble des structures ecclésiales catholiques — paroisses, séminaires, ordres religieux, hiérarchies épiscopales — contraintes à la vie souterraine par les régimes marxistes-léninistes du XXᵉ siècle, lorsque l'exercice public du sacerdoce, l'administration des sacrements ou la simple fidélité à Rome devenaient juridiquement, voire physiquement, impossibles. Elle représente, dans la mémoire de l'Église, l'une des plus vastes expériences modernes de vie chrétienne dans les catacombes, et la plus récente martyrologie catholique avant celle, encore en cours, de la persécution antichrétienne en Asie, en Afrique sahélienne et au Moyen-Orient.

Ce phénomène se distingue de la simple persécution publique des fidèles — déjà traitée dans le grand dossier sur l'Église face aux totalitarismes (1917-1989). Il en est la réponse pastorale. Là où les régimes ferment les églises, dissolvent les ordres, déportent les évêques et imposent des Églises nationales contrôlées par l'État — l'Association patriotique en Chine, le mouvement Pacem in Terris en Tchécoslovaquie, l'Église orthodoxe d'État fusionnant de force les gréco-catholiques en Ukraine et en Roumanie — la hiérarchie catholique réagit en descendant sous la surface visible : ordinations clandestines, séminaires itinérants en appartement, messes domestiques, samizdat religieux (presse clandestine dactylographiée), communautés de base, réseaux internationaux d'introduction d'hosties, de saintes huiles, de Bibles et de littérature spirituelle.

Le bilan humain est immense. Andrea Riccardi, qui a dépouillé pour la Commission des nouveaux martyrs les quelque 12 000 à 13 000 témoignages reçus (plus de 9 600 dossiers), donne dans Ils sont morts pour leur foi la mesure du martyre catholique du XXᵉ siècle[1]. La géographie de la clandestinité varie : éradication totale en Albanie de 1967 à 1990, suppression légale en Ukraine occidentale et en Roumanie, hiérarchie parallèle en Tchécoslovaquie, double Église en Chine, hiérarchie publique mais sous surveillance étroite en Pologne et au Vietnam. Cette pluralité de régimes ne change pas la nature spirituelle du phénomène : partout, des évêques, des prêtres, des religieux et des laïcs ont choisi le risque plutôt que la rupture avec Rome, et payé ce choix d'années de prison, de torture, d'exil intérieur, parfois de la vie.

Au sortir du bloc soviétique, Jean-Paul II — lui-même formé au séminaire clandestin de Cracovie de 1942 à 1945, sous l'occupation allemande, puis ouvertement jusqu'à son ordination du 1ᵉʳ novembre 1946, et auteur, comme archevêque, d'ordinations sacerdotales secrètes pour la Tchécoslovaquie — livre dans Centesimus Annus (1991) le bilan théologique de cette résistance. La chute du communisme, écrit-il au § 23, s'est faite « par une lutte pacifique, qui a utilisé les seules armes de la vérité et de la justice »[2]. L'Église clandestine — celle des catacombes du XXᵉ siècle — n'est pas un détail folklorique d'une époque révolue : elle est, dans la mémoire vive du catholicisme contemporain, le rappel que la foi peut survivre, s'organiser et finalement triompher dans les conditions politiques les plus extrêmes du siècle.

Qu'est-ce qu'une « Église clandestine » ?

Les catacombes, métaphore théologique avant d'être historique

Le mot catacombes est, dans le vocabulaire chrétien, doublement chargé. Au sens historique strict, il désigne les nécropoles souterraines de la Rome impériale des deux premiers siècles, où les chrétiens enterraient leurs morts et célébraient l'eucharistie en mémoire des martyrs. Au sens théologique, il désigne toute Église contrainte à se cacher pour garder la foi pure de ses contemporains. C'est à ce second sens que le métropolite Josyf Slipyj, libéré du Goulag depuis huit ans, fait référence devant le Synode des évêques convoqué par Paul VI à Rome en octobre 1971 :

« Notre foi catholique, à laquelle est défendue toute célébration de notre liturgie et toute administration des Sacrements, doit descendre dans les catacombes. » — Cardinal Josyf Slipyj, intervention au Synode des évêques, Rome, octobre 1971[3]

La formule a fait fortune. Elle exprime exactement une situation que Benoît XVI décrit, dans sa lettre aux catholiques chinois de 2007, comme hors de « la normalité de la vie de l'Église »[4] : non pas une Église « parallèle » ou « dissidente », non pas une rébellion contre l'autorité romaine, mais au contraire le seul moyen, dans des conditions politiques aberrantes, de maintenir intacte la communion avec le Siège apostolique. Une Église clandestine catholique n'est pas un schisme : elle est, paradoxalement, l'expression la plus fidèle de la catholicité, dans des contextes où l'Église publiquement reconnue par l'État se trouve compromise par le contrôle des autorités — étant entendu, comme le rappelle la même lettre, que des évêques ordonnés sans mandat puis réconciliés avec Rome exercent ensuite un ministère pleinement légitime[5].

Trois régimes différents de clandestinité

Tous les pays communistes n'ont pas appliqué la même politique religieuse. Il faut distinguer trois grands régimes que la suite de l'article rencontrera tour à tour :

RégimeDescriptionExemples principaux
Suppression légale totaleL'Église catholique cesse juridiquement d'exister. Toute liturgie est interdite, tout évêque est arrêté, tout ordre est dissous. La hiérarchie ne peut survivre que dans une clandestinité absolue.Église gréco-catholique ukrainienne (1946-1989) ; Église gréco-catholique roumaine (1948-1989) ; Albanie (1967-1990)
Église officielle contrôlée + Église parallèle clandestineL'État autorise une Église catholique publique mais contrôle ses évêques (nominations, déplacements, séminaires) et favorise un clergé collaborateur. Une hiérarchie clandestine se constitue en parallèle, parfois avec l'accord secret de Rome.Tchécoslovaquie (1948-1989) ; Hongrie ; Lituanie ; Chine populaire (de 1957 à aujourd'hui)
Église publique tolérée mais surveilléeLa hiérarchie reste visible, les évêques restent à leur siège, les séminaires fonctionnent — mais les prêtres sont fichés par la police politique, les vocations limitées, les écoles confisquées, l'enseignement religieux interdit.Pologne (1945-1989) ; Vietnam (depuis 1975) ; Cuba (depuis 1959)

Cette typologie n'épuise pas les cas réels. La Corée du Nord depuis 1948 ressort plutôt d'une éradication totale par effet de masse plus que d'un système politique articulé : il n'existe plus aujourd'hui d'évêque, plus de prêtre, plus de séminaire — la pratique est entièrement souterraine et statistiquement marginale. À l'autre extrême, la Yougoslavie titiste a longtemps maintenu une hiérarchie catholique visible (notamment en Croatie) tout en emprisonnant les évêques qui refusaient le détachement de Rome — le cas du cardinal Aloysius Stepinac en est l'exemple paradigmatique[6].

Pourquoi l'Église ne pouvait pas négocier sur la « clandestinité »

Dans tous les cas, le point dur de la résistance catholique est le même : la fidélité au Saint-Siège est la condition de la légitimité de l'épiscopat catholique. Aucun évêque ne peut être consacré sans mandat pontifical, aucune association ecclésiale autocéphale ne peut être reconnue. La conséquence pratique est implacable : dès qu'un régime communiste exige que les évêques soient nommés par lui ou qu'une Église nationale soit créée, le seul moyen pour la catholicité de survivre est d'organiser des sacres et des ordinations secrètes, soit avec l'accord de Rome, soit sous la responsabilité personnelle d'un évêque acculé (les ordinations clandestines de Slipyj en 1977 et de Fan Xueyan au début des années 1980).

C'est cette logique qui explique le double langage récurrent du Vatican entre 1949 et 1989 : Rome envoie publiquement ses diplomates négocier des modus vivendi avec Moscou, Prague, Budapest et Pékin, tout en bénissant secrètement, ou en tolérant en silence, la hiérarchie clandestine qui rend caduques ces compromis. Cette tension entre diplomatie publique et fidélité souterraine sera reprise plus loin sous le nom d'Ostpolitik.

La méthode communiste : briser le lien avec Rome

Pseudo-synodes et Églises nationales

Le marxisme-léninisme classique tient la religion pour une superstructure idéologique destinée à dépérir avec la lutte des classes. Mais aucun régime communiste n'a réussi à provoquer ce dépérissement spontané. Tous, sans exception, ont donc complété la propagande athée par une politique d'Église nationale visant à séparer les fidèles de Rome — c'est-à-dire à reproduire, mille ans plus tard, le schisme oriental, mais cette fois sous tutelle policière.

Le mode opératoire est partout le même : convocation d'un pseudo-synode sans évêques (les vrais étant arrêtés), résolution votée par des prêtres choisis, abjuration de la communion romaine, fusion avec l'Église orthodoxe locale ou création d'une association d'État reconnue comme seul interlocuteur civil. La table qui suit en donne quatre exemples paradigmatiques :

PaysDateActe fondateurEffet juridique
URSS (Ukraine)8-10 mars 1946Pseudo-synode de LvivSuppression de l'UGCC, fusion forcée avec le Patriarcat de Moscou
URSS (Ruthénie)28 août 1949« Sobor » d'OujhorodSuppression de l'éparchie de Moukatchevo, fusion avec l'Église orthodoxe
Roumanie1ᵉʳ décembre 1948Décret 358Dissolution de l'Église gréco-catholique roumaine, biens transférés à l'orthodoxie
Chine30 juillet 1957Création de l'APCCAssociation patriotique des catholiques chinois, séparée de Rome

À ces structures formelles s'ajoutent des associations de prêtres collaborateurs — Pacem in Terris en Tchécoslovaquie à partir de 1971, le mouvement « patriotique » bulgare, les Pax polonais sous Bolesław Piasecki — qui n'ont pas de statut canonique mais servent à fournir aux régimes un interlocuteur ecclésial disposé à signer toutes les déclarations exigées. Le décret Quidam episcopi du 8 mars 1982, de la Congrégation pour le clergé, interdit aux prêtres l'appartenance aux mouvements à visée politique — mesure appliquée en Tchécoslovaquie contre Pacem in Terris[7].

Le clergé-collaborateur, miroir inversé du clergé caché

Dans presque tous les pays, une fraction significative du clergé a cédé. En Tchécoslovaquie, l'association Pacem in Terris a compté à son apogée des années 1970 de très nombreux adhérents parmi le clergé tchèque et slovaque[8]. Cette collaboration ne signifiait pas toujours apostasie : pour beaucoup, c'était la condition d'exercer un ministère public, de visiter les malades, d'enseigner le catéchisme dans des conditions misérables. Mais elle posait à l'Église clandestine un problème théologique direct — celui de l'unité visible — et explique pour partie les déchirements de la réconciliation post-1989, lorsque les uns devaient redevenir frères des autres.

URSS et Ukraine : la plus vaste Église catholique souterraine du XXᵉ siècle

L'écrasement des catholiques latins (1917-1939)

La révolution bolchevique d'octobre 1917 frappe d'abord, à l'Ouest de l'Empire russe, une Église catholique latine déjà fragile : environ 1,5 million de fidèles, principalement germanophones et polonophones, desservis par 1 240 lieux de culte en 1917[9]. Vingt-deux ans plus tard, en 1939, il n'en reste que deux églises catholiques ouvertes au culte sur tout le territoire soviétique. Au début des années 1920, l'Église latine y compte encore environ 400 prêtres. L'historien américain Christopher Lawrence Zugger recense 422 prêtres catholiques exécutés, torturés ou morts en détention entre 1917 et 1953, auxquels s'ajoutent 962 religieux et laïcs[10].

L'épisode le plus retentissant reste le procès de Mgr Jan Cieplak, archevêque catholique de Mohilev, et de quatorze prêtres polonais à Moscou en mars 1923. Le prélat Konstanty Budkiewicz, vicaire général de Saint-Pétersbourg, est fusillé dans la nuit du 31 mars au 1ᵉʳ avril 1923 ; Cieplak, condamné à mort, est commué en dix ans de prison sous la pression internationale, puis expulsé en 1924. Après la mort à Riga de l'archevêque Antonijs Springovičs en 1958, et jusqu'au sacre de Mgr Julijans Vaivods en 1964 — créé cardinal en 1983 —, aucun évêque catholique de rite latin ne réside librement sur le territoire soviétique[11].

Le pseudo-synode de Lviv (8-10 mars 1946) : la fin légale de l'UGCC

L'Église gréco-catholique ukrainienne (UGCC), héritière de l'Union de Brest de 1596, comptait à la veille de la guerre environ 4 millions de fidèles en Galicie occidentale rattachée alors à la Pologne, et un puissant monachisme studite. Après l'annexion soviétique de Lviv (1939-1941, puis définitive en 1944), Staline décide de la liquider en absorbant ses paroisses dans l'Église orthodoxe russe, désormais reconstituée comme instrument diplomatique du Kremlin.

L'opération est minutieusement préparée par le NKVD. Le métropolite Josyf Slipyj et tous les évêques sont arrêtés dès le 11 avril 1945. Un « sobor » (assemblée ecclésiale) est convoqué les 8, 9 et 10 mars 1946 dans la cathédrale Saint-Georges de Lviv ; 216 prêtres et 19 laïcs y assistent. Aucun évêque catholique n'y participe — les sept évêques de l'UGCC étaient déjà dans les camps. La présidence est confiée au P. Hawryjił Kostelnyk, prêtre uniate (catholique de rite oriental uni à Rome) rallié à l'orthodoxie. La résolution finale, rédigée par les services soviétiques, abolit l'Union de Brest et « rend » l'Église à la Mère Orthodoxie russe[12].

« Nous révoquons les résolutions du Concile de Brest de 1596, abolissons l'Union, rompons avec Rome, et retournons au sein de notre Mère, la Sainte Foi Orthodoxe et l'Église Orthodoxe russe. » — Résolution du pseudo-synode de Lviv, 10 mars 1946[13]

L'effet juridique est immédiat : l'UGCC cesse d'exister en URSS. Pendant quarante-trois ans (1946-1989), ses 4 millions de fidèles sont officiellement orthodoxes ; ses prêtres qui refusent l'abjuration sont déportés vers la Sibérie et le Kazakhstan ; ses propriétés sont transférées au Patriarcat de Moscou. C'est, en termes simples, la plus vaste suppression légale d'une Église catholique de toute l'histoire moderne — et la plus vaste résurrection, lorsque les autorités de la RSS d'Ukraine annoncent que les gréco-catholiques peuvent enregistrer leurs paroisses, au moment de la visite de Mikhaïl Gorbatchev au Vatican le 1ᵉʳ décembre 1989[14].

Josyf Slipyj : dix-huit ans de Goulag, un nom devant Rome

Né le 17 février 1892 à Zazdrist en Galicie, formé à Rome puis à Innsbruck, Josyf Slipyj devient archevêque coadjuteur de Lviv en 1939, puis métropolite en novembre 1944 après la mort de son prédécesseur André Sheptytsky (proclamé Vénérable en 2015). Arrêté le 11 avril 1945, il est condamné à huit ans de travaux forcés, puis re-condamné quatre fois — pour un total de dix-huit ans dans les camps sibériens de Mordovie (Potma, Dubravlag) et plus à l'est. Libéré en février 1963, il est exilé à Rome où il finit ses jours sans jamais revoir l'Ukraine[15].

C'est devant le Synode des évêques de 1971 qu'il prononce le cri qui structure désormais la mémoire ecclésiale de l'Église des catacombes :

« Les catholiques ukrainiens, qui ont sacrifié des montagnes de corps et versé des fleuves de sang pour la foi catholique et leur fidélité au Saint-Siège, subissent aujourd'hui encore une persécution terrible et, ce qui est pire, personne ne les défend. » — Cardinal Josyf Slipyj, intervention au Synode des évêques, Rome, octobre 1971 (traduction d'après le texte anglais ; original en note)[16]

Le cardinal Slipyj meurt à Rome le 7 septembre 1984, à 92 ans. Son corps sera transféré à Lviv en 1992, après l'indépendance de l'Ukraine.

Les ordinations clandestines de Castel Gandolfo (2 avril 1977)

Connaissant l'impossibilité pour Rome de nommer publiquement les évêques de l'UGCC tant que l'URSS existe, Slipyj prend une décision sans précédent dans l'Église moderne. Le 2 avril 1977, dans la chapelle du monastère studite jouxtant la résidence pontificale de Castel Gandolfo, il consacre trois évêques en secret, dont son successeur futur, Lubomyr Husar. Il est assisté des évêques titulaires Ivan Prasko et Isidore Borecky. Ces ordinations sont faites sans mandat préalable du pape Paul VI, qui les apprendra plusieurs jours après[17].

Canoniquement, le geste est valide mais illicite. Le cardinal Husar restera évêque clandestin dix-neuf ans : il ne sera reconnu publiquement par Jean-Paul II qu'en 1996, sept ans après la fin de la persécution. La décision de Slipyj — comme celles, parallèles, du cardinal Korec en Slovaquie et de l'évêque Fan Xueyan en Chine quelques années plus tard — illustre une situation extrême de succession apostolique en mode survie : un métropolite emprisonné dix-huit ans, qui revendiquait sans reconnaissance romaine le titre de patriarche, s'arroge, à 85 ans, le pouvoir de garantir la continuité épiscopale d'une Église techniquement inexistante, en pariant sur la chute du régime qui la nie. Le pari fut tenu douze ans plus tard.

L'assassinat de Mgr Théodore Romzha (31 octobre 1947)

L'Église gréco-catholique de Ruthénie subcarpathique (région de Moukatchevo et Oujhorod), rattachée à l'URSS depuis 1944, subit le même sort que l'UGCC galicienne — mais avec deux ans de retard et un épisode plus brutal. Son évêque, Théodore Romzha, refuse l'abjuration. Le 27 octobre 1947, sur la route Mukachevo-Oujhorod, sa carriole est délibérément percutée par un camion de l'armée soviétique. Survivant gravement blessé, il est conduit à l'hôpital local. Dans la nuit du 31 octobre 1947, les religieuses-infirmières qui le veillent sont remplacées par une « infirmière civile » qui lui injecte du curare, poison fourni par les services secrets. Mgr Romzha meurt à 36 ans[18].

L'assassinat est commandité par Nikita Khrouchtchev lui-même, alors premier secrétaire du Parti communiste d'Ukraine, selon les mémoires du général Pavel Soudoplatov, ancien responsable des opérations spéciales du NKVD. La béatification de Mgr Romzha par Jean-Paul II, le 27 juin 2001 à Lviv lors de son voyage en Ukraine, en fait l'un des martyrs reconnus de l'Église clandestine soviétique.

La Chronique de l'Église catholique de Lituanie (1972-1989)

À quelque 550 kilomètres au nord de Lviv, la République socialiste soviétique de Lituanie est, en proportion de sa population, le pays le plus catholique de tout l'URSS. Sa hiérarchie épiscopale est étroitement contrôlée — deux des trois évêques en fonction en 1970 sont exilés en province — mais la pratique reste massive. C'est dans ce contexte qu'apparaît, le 19 mars 1972, le premier numéro de la Lietuvos Katalikų Bažnyčios Kronika (« Chronique de l'Église catholique de Lituanie », LKB), bulletin clandestin tapé à la machine et dactylographié en série par des religieuses, qui documente cas par cas, mois après mois, les persécutions infligées aux croyants : interrogatoires, perquisitions, perte d'emploi pour pratique religieuse, refus d'entrée à l'université pour enfants de prêtres, fermetures d'églises, condamnations[19].

Le rédacteur en chef est un jésuite, le P. Sigitas Tamkevičius (né en 1938), créé cardinal par le pape François le 5 octobre 2019 en reconnaissance de son courage. Arrêté le 6 mai 1983, il est condamné à six ans de camp à régime sévère, puis à quatre ans d'exil en Sibérie. La Chronique poursuit sa parution sous d'autres mains, et constitue, avec ses 81 numéros publiés entre 1972 et 1989, le plus long samizdat religieux de l'URSS. Au total, 16 personnes (un prêtre, quatre religieuses, onze laïcs) sont arrêtées pour leur participation. Radio Vatican et Radio Free Europe retransmettent régulièrement les numéros, garantissant leur diffusion à l'Ouest et leur retour clandestin à l'intérieur du pays.

Dans les prisons et les camps de l'URSS, la fidélité de l'Église clandestine a aussi pris le visage du pardon. Quand le pouvoir soviétique expulse les religieuses vers la Pologne, la Servante de Dieu Wanda Boniszewska (1907-2003), religieuse polonaise des Sœurs-des-Anges, reste à Vilnius, dans la Lituanie annexée, avec une vingtaine de sœurs qui ont quitté l'habit : la communauté poursuit sa mission dans la clandestinité, guidée par son chapelain et par un jésuite caché dans une cave du couvent. Sur dénonciation, les deux prêtres sont arrêtés comme « espions du Vatican » ; elle l'est à son tour, accusée notamment d'« inculquer à la jeunesse les principes de la religion catholique », puis jugée en son absence, condamnée à dix ans de prison et déportée au goulag minier de Magnitogorsk[20].

Exaspérés par ses stigmates et ses extases, ses geôliers la soumettent à des interrogatoires d'une rare brutalité et à la torture. Elle prie sans relâche, à voix haute tant qu'elle en a la force. L'historien Joachim Bouflet rapporte la scène :

« Un jour, un de ses tortionnaires l'entend implorer la Miséricorde de Dieu pour Staline, Beria et Abakoumov, la triade sanguinaire qui gouverne l'Union soviétique. Bouleversé, il tombe à genoux devant elle et lui demande pardon. » — Joachim Bouflet, Enquête sur les stigmatisés, Artège, 2024, p. 181[21]

Libérée en octobre 1956, au terme d'un calvaire de plus de six années, elle rentre en Pologne et reprend la vie religieuse dans un effacement total, sans jamais évoquer ses années de captivité et de déportation[22].

Tchécoslovaquie : l'Action K et la naissance d'une Église parallèle

La nuit du 13 au 14 avril 1950 : 2 376 religieux disparaissent

La Tchécoslovaquie de Klement Gottwald est, avec la Hongrie de Mátyás Rákosi, le pays satellite où la rupture entre l'Église et l'État est la plus brutale immédiatement après 1948. L'opération qui frappe le plus est l'Action K (Akce K, pour kláštery, « monastères ») : dans la nuit du 13 au 14 avril 1950, par une opération combinée police-armée-milices populaires, 219 maisons religieuses masculines sont vidées simultanément à travers le pays. 2 376 moines — bénédictins, dominicains, franciscains, jésuites, salésiens, prémontrés, capucins, rédemptoristes — sont arrêtés et déportés dans des « monastères de concentration » à Želiv, Bohosudov et ailleurs, où ils subissent une rééducation politique systématique[23]. Une seconde vague, l'Action Ř (août 1950), liquide pareillement les couvents féminins : 232 communautés et environ 10 000 religieuses sont déplacées dans des bâtiments industriels reconvertis. En Slovaquie, 881 moines de 11 ordres sont déplacés en une seule nuit.

L'Action K vise officiellement à démanteler ce que le régime appelle les « centres d'espionnage du Vatican ». En réalité, elle prive l'Église tchécoslovaque, en quelques heures, de toute sa structure régulière. C'est précisément à ce moment que Rome décide d'organiser la survie épiscopale en mode souterrain.

Les « facultés mexicaines » : Rome autorise une hiérarchie cachée

Dès 1949, prévoyant l'effondrement, le Saint-Siège accorde aux évêques tchécoslovaques les facultates mexicanae — du nom de la procédure d'exception déjà utilisée pendant la persécution mexicaine des années 1920. Ces facultés sont des dérogations surtout liturgiques et pastorales : elles ne comportent, selon les historiens Salvet et Vybíralová, « aucune mention » d'un pouvoir de sacrer des évêques sans approbation de Rome[24]. C'est pourtant dans ce cadre d'exception, et parfois au-delà, que s'organisera l'Église clandestine tchécoslovaque — Skrytá církev en tchèque.

František Tomášek (1899-1992), nommé par Pie XII, est ordonné évêque en secret le 13 octobre 1949 par Mgr Josef Matocha à Olomouc, juste avant l'Action K. Il restera officiellement « évêque illégal » jusqu'en 1965, où il pourra succéder à Beran. Créé cardinal in pectore le 24 mai 1976, publié le 27 juin 1977, il sera la grande figure publique de l'Église tchèque jusqu'à la chute du régime en 1989.

Le cardinal Beran : prisonnier, exilé, jamais autorisé à revenir

Josef Beran (1888-1969), archevêque de Prague nommé en 1946 par Pie XII, survivant des camps de Theresienstadt et de Dachau, refuse net les exigences du nouveau régime. Interné par étapes à partir de juin 1949, il vit quatorze ans en résidence surveillée et en isolement total, sans contact avec son clergé. Créé cardinal par Paul VI le 22 février 1965, il est cette même année autorisé à se rendre à Rome, mais le gouvernement refuse son retour. Il meurt en exil le 17 mai 1969 à Rome, et reçoit, fait exceptionnel pour un non-pape, une sépulture aux Grottes Vaticanes, jusqu'au transfert de ses restes à Saint-Guy de Prague en avril 2018[25].

Felix Davídek et le mouvement Koinotés

Au cœur de cette Église clandestine émerge, à la fin des années 1960, une figure singulière : Felix Maria Davídek (1921-1988), prêtre brnois, philosophe et théologien, déjà incarcéré quatorze ans (1950-1964) dans les prisons communistes. Le 29 octobre 1967, il est consacré évêque clandestinement par Mgr Jan Blaha. Autour de lui se constitue le mouvement Koinotés — du grec koinotēs, « communauté » — qui compte au total au moins 17 évêques et environ 70 prêtres[26].

La controverse des ordinations féminines (1970)

C'est dans ce mouvement que se produit l'épisode le plus difficile à intégrer dans le récit catholique de l'Église clandestine. Le 29 décembre 1970, à Brno, Davídek ordonne prêtre une religieuse, Ludmila Javorová, ainsi qu'au moins deux autres femmes, et plusieurs hommes mariés. Sa justification pastorale : dans les prisons communistes pour femmes, les détenues catholiques étaient soumises à des conditions telles qu'aucun prêtre masculin ne pouvait y entrer ; il fallait, soutenait-il, des prêtres-femmes pour leur apporter les sacrements[27].

Le geste produit immédiatement une scission interne du clergé clandestin tchèque, dont une partie refuse de reconnaître la validité de ces ordinations. Rome intervient discrètement en 1978, ordonnant à Davídek de cesser ses fonctions épiscopales et déclarant nulles les ordinations féminines. Cette position est confirmée publiquement après 1989, lorsque l'Église clandestine est régularisée : aucune des femmes ordonnées par Davídek n'est reconnue prêtre, et la Congrégation pour la Doctrine de la Foi rappelle que la doctrine catholique constante exclut la possibilité d'ordonner des femmes au sacerdoce — point que Jean-Paul II tranchera définitivement par la lettre apostolique Ordinatio Sacerdotalis du 22 mai 1994[28].

Cet épisode reste l'un des cas les plus délicats de l'Église clandestine. Il témoigne à la fois de l'extrême urgence pastorale dans laquelle se trouvaient les clandestins tchèques — la souffrance des femmes torturées sans accès aux sacrements n'est pas une fiction — et des limites canoniques infranchissables que même une situation extrême ne déplace pas. Davídek meurt le 18 août 1988, sans avoir été réconcilié juridiquement avec Rome. Ludmila Javorová, par fidélité personnelle à son évêque, n'a jamais publiquement célébré la messe.

Ján Korec, l'évêque en bleu de travail

À l'autre extrémité du spectre de l'Église clandestine tchécoslovaque se trouve Ján Chryzostom Korec (1924-2015), jésuite slovaque ordonné prêtre secrètement en 1950 après la suppression de la Compagnie, puis consacré évêque le 24 août 1951 à 27 ans par Pavol Hnilica — sacre approuvé après coup par Rome en 1954 —, ce qui fait de lui, à cette date, le plus jeune évêque catholique du monde[29]. Korec passe les années suivantes à exercer son ministère épiscopal dans une totale invisibilité, en travaillant comme ouvrier d'usine puis gardien de nuit. Il ordonne à lui seul, dans son petit appartement de Bratislava, environ cent vingt prêtres clandestins.

Condamné en 1960 à douze ans de prison, il est libéré dans l'amnistie de 1968. Nommé évêque diocésain de Nitra le 6 février 1990 après l'effondrement du régime, il est créé cardinal par Jean-Paul II le 28 juin 1991. Il meurt le 24 octobre 2015 à Nitra, à 91 ans.

Tomáš Halík : ordonné en secret à Erfurt en 1978

Le sociologue et théologien Tomáš Halík (né en 1948), aujourd'hui l'un des intellectuels catholiques les plus connus d'Europe centrale et lauréat du Prix Templeton 2014, raconte dans ses mémoires Du peuple souterrain à la liberté (Notre Dame Press, 2019) son ordination sacerdotale clandestine à Erfurt (RDA) en 1978 — le 21 août selon certaines notices, en octobre selon d'autres[30].

Officiellement, Halík travaille dans la psychologie du travail (1975-1984), puis comme thérapeute auprès de toxicomanes et d'alcooliques (1984-1990). Ministériellement, il célèbre la messe seul, tôt le matin, dans son appartement, et participe à des réunions du clergé clandestin trois fois par an en plénière, sinon par groupes de deux ou trois pour ne pas alerter la StB. C'est exactement ce que la situation impose : l'Église se reconstitue cellule par cellule, et tient pendant quinze ans en vivant la vie des chrétiens des premiers siècles dans des appartements d'immeubles socialistes.

Velehrad (5 juillet 1985) : 150 000 pèlerins et le retournement

L'Église clandestine tchécoslovaque n'est pas restée toujours souterraine. Le 5 juillet 1985, jour de la fête des saints Cyrille et Méthode, à l'occasion du 1100ᵉ anniversaire de la mort de Méthode, un pèlerinage est convoqué à la basilique de Velehrad, en Moravie. Les autorités attendent une réunion folklorique modérée et autorisent l'événement. Environ 150 000 personnes affluent — chiffre considérable pour un pays de 15 millions d'habitants ; quand le ministre de la Culture Milan Klusák tente de prononcer un discours, la foule l'interrompt. Le cardinal Tomášek, jusqu'alors timide, prend la parole et appelle à la fidélité au pape Jean-Paul II. C'est le premier rassemblement public anticommuniste massif depuis l'écrasement du Printemps de Prague en 1968, et le point de bascule symbolique qui ouvre les quatre années menant à la Révolution de Velours[31].

Pologne : Solidarność, le KUL et la double vie de l'archevêque de Cracovie

Une Église officielle qui ne s'est jamais cachée

La Pologne occupe une place à part dans le récit de l'Église sous le communisme. Aucun pays satellite n'a maintenu, comme elle, une hiérarchie publique forte, des séminaires diocésains pleins, des pèlerinages massifs et une presse catholique licite. Cette singularité tient à plusieurs facteurs : la profondeur historique du catholicisme polonais comme identité nationale antirusse, la mémoire de Częstochowa, la fragilité initiale du Parti communiste polonais qui ne dispose pas d'enracinement populaire, et l'extraordinaire stratégie pastorale du cardinal Stefan Wyszyński (1901-1981), primat de Pologne de 1948 à 1981.

Mais cette Église visible cachait, elle aussi, des structures clandestines. La police politique (SB) recensait en permanence le clergé, contrôlait les nominations épiscopales, surveillait les sermons. Le séminaire de Cracovie avait été clandestin de 1942 à la libération de la ville, le 18 janvier 1945 : c'est dans ce séminaire souterrain que Karol Wojtyła lui-même avait reçu sa formation sacerdotale, sous la protection de l'archevêque Adam Sapieha, avant la réouverture publique et son ordination du 1ᵉʳ novembre 1946[32].

Le KUL, seule université catholique du bloc soviétique

L'Université catholique de Lublin (KUL — Katolicki Uniwersytet Lubelski), fondée en 1918, a été la seule université privée et la seule université catholique de tout le bloc soviétique pendant les quarante-quatre années de domination communiste (1945-1989)[33]. Le régime a tenté plusieurs fois de la fermer, lui a retiré périodiquement le droit de décerner certains diplômes (notamment en théologie), a placé des informateurs parmi ses professeurs, mais n'a jamais réussi à la marxiser. Karol Wojtyła y a enseigné l'éthique de 1954 à 1978 — son cours est conservé dans le volume Lubliner Vorlesungen. Le KUL fonctionnait comme refuge intellectuel pour les étudiants expulsés des universités d'État pour raisons politiques, et comme passerelle internationale avec les théologiens occidentaux. Elle porte aujourd'hui le nom officiel d'Université catholique Jean-Paul II de Lublin.

Karol Wojtyła ordonne en cachette pour la Tchécoslovaquie

Mais le point qui mérite d'être souligné, et qui n'est pas connu du grand public, est que le futur Jean-Paul II a personnellement participé, comme archevêque de Cracovie, à la chaîne d'ordinations clandestines pour l'Église voisine. Wojtyła ordonne secrètement des prêtres pour la Tchécoslovaquie — avec le concours de son évêque auxiliaire Groblicki, selon le biographe George Weigel[34].

Le système utilisé est connu sous le nom de « carte déchirée » (torn-card system). Un candidat à la prêtrise, identifié en Tchécoslovaquie, recevait la moitié d'une carte de visite. L'autre moitié arrivait par courrier souterrain au supérieur salésien de Cracovie. Lorsque le candidat se présentait à la chapelle archiépiscopale de la rue Franciszkańska 3 à Cracovie, on rapprochait les deux moitiés : la coïncidence des bords déchirés authentifiait le candidat, qui était ordonné le soir même et reparti dans la nuit vers son pays.

Le martyre du bienheureux Jerzy Popiełuszko (19 octobre 1984)

La pression de la SB ne faiblit pas même en Pologne. Son cas le plus célèbre est celui du bienheureux Jerzy Popiełuszko (1947-1984), jeune prêtre aumônier des sidérurgistes de Varsovie liés au syndicat Solidarność. Dès les premiers mois de 1982, il célèbre chaque dernier dimanche du mois à l'église Saint-Stanislas-Kostka de Varsovie ses fameuses « Messes pour la Patrie » (Msze za Ojczyznę), qui rassemblent des dizaines de milliers de fidèles et sont retransmises à l'Ouest par Radio Free Europe[35].

Le 19 octobre 1984, à 22h25, sur la route de Varsovie depuis Bydgoszcz, sa voiture est arrêtée par trois officiers de la Służba Bezpieczeństwa : le capitaine Grzegorz Piotrowski, Leszek Pękala et Waldemar Chmielewski. Le P. Popiełuszko est battu à mort à coups de matraque, ligoté avec des pierres, et son corps jeté dans la Vistule à hauteur du barrage de Włocławek. Le corps est retrouvé le 30 octobre. Ses obsèques, le 3 novembre 1984 à l'église Saint-Stanislas-Kostka du quartier de Żoliborz, rassemblent entre 600 000 et un million de personnes[36].

« Prions pour être libres de la peur, de l'intimidation, mais surtout du désir de revanche et de la violence. » — Bienheureux Jerzy Popiełuszko, dernières paroles attestées à Bydgoszcz, 19 octobre 1984, quelques heures avant son enlèvement (traduction du polonais ; original en note)[37]

Le P. Popiełuszko est béatifié le 6 juin 2010 à Varsovie par le cardinal Angelo Amato pour Benoît XVI, devant 150 000 fidèles. Sa cause de canonisation est aujourd'hui à l'étude.

Hongrie : Mindszenty et les communautés de base Bokor

Le cardinal Mindszenty : prison, exil, ambassade américaine

L'autre grand cardinal-martyr de la guerre froide est le Hongrois József Mindszenty (1892-1975), archevêque d'Esztergom et primat de Hongrie. Arrêté le 26 décembre 1948, fête de saint Étienne protomartyr, il est soumis à 39 jours d'interrogatoires, battu à la matraque de caoutchouc, drogué et privé de sommeil. Lors de son procès-spectacle des 3 au 8 février 1949, il signe sous contrainte des « aveux » fabriqués pour trahison, conspiration et trafic de devises. Il est condamné à prison à vie[38]. Le 12 février 1949, Pie XII excommunie tous les participants au procès, fait sans précédent.

Libéré le 30 octobre 1956 par les insurgés de Budapest, il se réfugie à l'ambassade des États-Unis à Budapest le 4 novembre 1956 lorsque les chars soviétiques écrasent la révolution. Il y vit quinze ans (1956-1971), sans jamais sortir, célébrant la messe quotidienne dans une petite pièce, sans permission de communiquer publiquement. À la demande de Paul VI, dans le cadre de l'Ostpolitik vaticane menée par Mgr Agostino Casaroli, il accepte amèrement de quitter l'ambassade le 28 septembre 1971 et s'exile à Vienne. Il meurt le 6 mai 1975 à 83 ans, sans avoir revu la Hongrie.

Son corps sera ramené à Esztergom le 4 mai 1991, deux ans après la chute du communisme. Sa cause de béatification, dont le procès diocésain s'ouvre à Esztergom en 1994, aboutit à la reconnaissance de l'héroïcité de ses vertus : François le déclare Vénérable le 12 février 2019[39].

Bokor : György Bulányi et la résistance par communautés de base

Si Mindszenty incarne la résistance frontale et publique de la hiérarchie hongroise, le mouvement Bokor (« le Buisson ») incarne la résistance souterraine par cellules de laïcs. Fondé au lendemain de la guerre par le P. György Bulányi (1919-2010), piariste, Bokor reprend la logique des communautés ecclésiales de base, avec un fort accent évangélique non-violent.

Bulányi est arrêté en 1952 et condamné à la prison à vie, puis libéré en 1960 ; il re-organise les communautés à partir de 1967. Le mouvement tient des camps d'été illégaux, distribue de la littérature spirituelle interdite, et entre en conflit avec la hiérarchie hongroise officielle — tenue à la réserve par l'Ostpolitik — sur deux points : l'objection de conscience au service militaire et le refus du compromis avec le régime[40].

C'est l'un des cas typiques où une Église clandestine de laïcs se développe parallèlement à une hiérarchie publique entravée, créant une tension durable qui ne s'apaisera qu'après 1989. Au terme d'un long différend doctrinal avec Rome, les restrictions qui frappent Bulányi sont levées en 1997 par la Congrégation pour la doctrine de la foi. Il meurt le 6 juin 2010.

Roumanie : sept évêques arrêtés en une nuit

Le décret 358 du 1ᵉʳ décembre 1948

L'Église gréco-catholique roumaine, héritière des unions de 1698-1700 entre la métropolie d'Alba Iulia, sous l'évêque Atanasie Anghel, et Rome — l'éparchie de Făgăraș n'étant érigée qu'en 1721 —, comptait à la veille de la guerre environ 1,5 million de fidèles, principalement en Transylvanie. Le 28 octobre 1948, tous ses évêques sont arrêtés en une seule nuit sous la conduite de la Securitate. Cinq semaines plus tard, le décret 358 du 1ᵉʳ décembre 1948 dissout juridiquement l'Église gréco-catholique roumaine, transfère ses cathédrales, séminaires, écoles et hôpitaux à l'Église orthodoxe roumaine, et assigne ses fidèles d'office à la juridiction du patriarche orthodoxe Justinien[41].

Pendant quarante-et-un ans (1948-1989), les gréco-catholiques restés fidèles à Rome — environ un demi-million de personnes pratiquant en cachette — suivent en roumain la liturgie diffusée par Radio Vatican depuis l'émetteur de Sainte-Marie de Galeria. Sur place, des prêtres clandestins, formés en appartement à Cluj et à Blaj, célèbrent la divine liturgie sur des planches de table.

Les sept martyrs gréco-catholiques béatifiés à Blaj (2 juin 2019)

Six des sept évêques gréco-catholiques arrêtés en 1948 meurent en prison ou en résidence surveillée au monastère orthodoxe de Căldărușani, transformé en lieu de détention ecclésiastique : Valeriu Traian Frențiu (mort en 1952), Vasile Aftenie (mort en 1950 après torture), Ioan Suciu, Alexandru Rusu, Ioan Bălan, Tit Liviu Chinezu. Seul Iuliu Hossu survit assez longtemps pour être créé cardinal in pectore (en secret, sans publication) par Paul VI le 28 avril 1969 — élévation tenue secrète, révélée seulement le 5 mars 1973, après sa mort le 28 mai 1970[42].

Le 2 juin 2019, à Blaj, dans le sanctuaire historique de l'Église gréco-catholique roumaine, le pape François béatifie les sept évêques martyrs. Détail liturgique d'une rare portée symbolique : le siège pontifical a été fabriqué à partir des planches en bois des lits de prison et des barreaux de fer des cellules où certains des martyrs étaient morts. Lors de l'homélie, François rappelle le combat des nouveaux bienheureux :

« Les nouveaux Bienheureux ont souffert et sacrifié leur vie, en s'opposant à un système idéologique totalitaire et coercitif en ce qui concerne les droits fondamentaux de la personne humaine. » — Pape François, homélie de béatification, Blaj, 2 juin 2019[43]

Alexandru Todea, évêque consacré clandestinement

Le cas du cardinal Alexandru Todea (1912-2002) est emblématique de la résilience souterraine. Élu évêque titulaire le 4 juillet 1950 et consacré en secret le 19 novembre 1950, arrêté en 1951, détenu plus de dix ans, gracié en 1964, il vit en clandestinité pastorale jusqu'à sa promotion au siège métropolitain de Făgăraș et Alba Iulia, le 14 mars 1990. Créé cardinal par Jean-Paul II le 28 juin 1991, Todea meurt en 2002, ayant vu la résurrection juridique de son Église[44].

Albanie : le premier État athée du monde (1967-1990)

Le discours de Hoxha (6 février 1967)

L'Albanie d'Enver Hoxha présente le cas le plus radical de l'histoire moderne : non pas seulement persécution de l'Église, mais abolition juridique de toute religion. Le 6 février 1967, dans un discours inspiré explicitement de la Révolution culturelle chinoise de Mao, Hoxha lance une campagne nationale de destruction de toutes les institutions religieuses. En mai 1967, 2 169 bâtiments religieux (catholiques, orthodoxes et musulmans confondus) sont nationalisés ou détruits ; le décret n° 4337 du 13 novembre 1967 abroge les lois sur les communautés religieuses. La cathédrale catholique de Shkodër est transformée en palais des sports[45].

L'article 37 de la nouvelle Constitution albanaise de 1976 scelle le principe :

« L'État ne reconnaît aucune religion et soutient et développe la propagande athée afin d'inculquer aux gens une conception scientifique matérialiste du monde. » — Constitution de la République populaire socialiste d'Albanie, article 37, 28 décembre 1976[46]

Entre 1967 et 1990, toute messe, tout baptême, tout mariage religieux est passible de prison. Aucun prêtre n'exerce publiquement. La pratique catholique survit dans une clandestinité absolue : baptêmes par sage-femme catholique pratiquant dans la nuit avec une louche d'eau, messes secrètes dans des caves, transmission de la foi exclusivement familiale. Plusieurs prêtres officient en cachant leur ministère sous des métiers de couverture (chauffeurs, mécaniciens).

Les 38 martyrs béatifiés à Shkodër (5 novembre 2016)

Le 5 novembre 2016, dans la cathédrale Saint-Étienne de Shkodër, le cardinal Angelo Amato, légat du pape François, béatifie 38 martyrs albanais, tués entre 1945 et 1974, dont 2 évêques, 21 prêtres diocésains, 7 frères mineurs, 3 jésuites, 1 séminariste et 4 laïcs (dont une femme, Maria Tuci, jeune institutrice torturée à mort à 22 ans pour avoir refusé de signer une renonciation à sa foi)[47]. Parmi eux figurent Mgr Vinçenc Prennushi, archevêque de Durrës, mort sous la torture le 19 mars 1949, et Mgr Frano Gjini, fusillé le 11 mars 1948.

Bulgarie : Mgr Bossilkov fusillé dans la nuit (1952)

La Bulgarie offre le cas le plus brutal pour un évêque catholique : Mgr Eugène Bossilkov (1900-1952), passioniste, évêque latin de Nicopolis, est arrêté en juillet 1952. Au terme d'un procès-spectacle tenu à Sofia du 29 septembre au 3 octobre 1952, il est condamné à mort avec trois prêtres assomptionnistes — Kamen Vichev, Pavel Djidjov, Josaphat Chichkov — pour « espionnage au profit du Vatican ». Le 11 novembre 1952, à 23h30, dans l'enceinte de la prison de Sofia, les quatre hommes sont fusillés. Leurs corps sont jetés dans une fosse commune jamais retrouvée[48].

Pendant vingt-trois ans, le sort de Bossilkov reste officiellement « inconnu ». L'État communiste ne reconnaît sa mort en prison qu'en 1975. Jean-Paul II béatifie Mgr Eugène Bossilkov le 15 mars 1998 à Rome ; les trois assomptionnistes sont béatifiés à Plovdiv le 26 mai 2002 lors du voyage apostolique du même pape en Bulgarie, devant quelque 25 000 fidèles[49].

Chine : la double Église, des années 1950 à aujourd'hui

L'expulsion des missionnaires (1949-1953)

À la veille de la victoire communiste en 1949, l'Église catholique de Chine comptait environ 3,3 millions de fidèles, 5 800 prêtres (dont la moitié étrangers), 20 archidiocèses, une quatre-vingtaine de diocèses et une trentaine de préfectures apostoliques, près de 200 ordres religieux. Entre 1949 et 1953, le nouveau régime de Mao Zedong expulse massivement les missionnaires étrangers — italiens, français, américains, allemands, irlandais. Les biens de l'Église sont saisis ; les écoles catholiques fermées ; les hôpitaux confisqués ; les universités catholiques (notamment Fu Jen à Pékin et l'Université Aurore à Shanghai) nationalisées[50].

L'Association patriotique (1957) et Ad Apostolorum Principis (1958)

Le 30 juillet 1957, sous l'égide du Bureau des Affaires religieuses, 241 catholiques chinois sont convoqués à Pékin pour fonder l'Association patriotique des catholiques chinois (APCC, Zhongguo Tianzhujiao Aiguo Hui), désormais reconnue comme seul interlocuteur civil de l'Église catholique en Chine. La nouvelle structure réclame autonomie totale par rapport à Rome — y compris dans la nomination des évêques. Le 13 avril 1958, à la cathédrale Saint-Joseph de Hankou, ont lieu les premières ordinations épiscopales sans mandat pontifical : Bernardine Dong Guangqing (Hankou) et Yuan Wenhua (Wuchang) sont consacrés par des évêques chinois eux-mêmes excommuniés latae sententiae (d'office, par le fait même).

Pie XII réagit en deux mois. Le 29 juin 1958, il publie l'encyclique Ad Apostolorum Principis entièrement consacrée à la crise chinoise. Les passages centraux sont restés la doctrine catholique de référence sur les sacres sans mandat papal (traduction d'après le texte anglais officiel, faute de texte français sur vatican.va ; originaux en note) :

« Les évêques qui n'ont été ni nommés ni confirmés par le Siège apostolique, mais qui, au contraire, ont été élus et consacrés au mépris de ses ordres exprès, ne jouissent d'aucun pouvoir d'enseignement ni de juridiction. » (§ 39)

« Les actes requérant le pouvoir de l'Ordre, accomplis par de tels ecclésiastiques, bien que valides tant que la consécration leur ayant été conférée fut valide, sont gravement illicites — c'est-à-dire criminels et sacrilèges. » (§ 41) — Vénérable Pie XII, Ad Apostolorum Principis (29 juin 1958)[51]

C'est l'origine canonique de la distinction qui va régir l'Église chinoise pendant soixante ans : valide mais illicite. Un évêque consacré sans accord de Rome reçoit réellement le sacrement de l'Ordre — son sacerdoce et son pouvoir sacramentel sont valides —, mais il est dans une situation canonique gravement irrégulière et n'a aucune juridiction sur un diocèse.

Ignatius Kung Pin-Mei, évêque de Shanghai

La figure-titre de la résistance catholique chinoise est Ignatius Kung Pin-Mei (1901-2000), évêque de Shanghai depuis le 15 juillet 1950. Le 8 septembre 1955, à 19h45, fête de la Nativité de Marie, il est arrêté avec plus de 200 prêtres et responsables d'Église catholiques ; à la fin du mois, plus de 1 200 catholiques de Shanghai sont en détention. Conduit menottes aux poings au vieux stade canin de Shanghai pour une « séance de lutte » (pīdòu) publique, devant 10 000 personnes, sommé d'avouer des crimes contre l'État et de dénoncer le pape, Kung répond par le cri qui fera le tour du monde catholique :

« Vive le Christ-Roi ! Vive le Souverain Pontife ! »

La foule chrétienne reprend en chœur : « Vive l'évêque Kung ! ». Quelques jours plus tard, dans sa cellule, il déclare à un interrogateur :

« Je suis évêque catholique romain. Si je dénonce le Saint-Père, non seulement je ne serais plus évêque, je ne serais même plus catholique. Vous pouvez me couper la tête, vous ne pourrez jamais m'enlever mes devoirs. » — Cardinal Ignatius Kung Pin-Mei, à un agent du Bureau de Sécurité publique, automne 1955[52]

Condamné à perpétuité en 1960, Kung passe trente ans en détention, dont une longue période en isolement absolu. Créé cardinal in pectore par Jean-Paul II en 1979, son élévation reste secrète pour ne pas mettre en danger l'Église souterraine ; elle n'est révélée publiquement qu'en juin 1991. Libéré pour raisons de santé en 1985 et placé en résidence surveillée, exilé à Stamford (Connecticut) en 1988, il meurt le 12 mars 2000 à 98 ans sans avoir revu la Chine.

La Révolution culturelle : effacement complet (1966-1976)

La Grande Révolution culturelle prolétarienne lancée par Mao en mai 1966 frappe non seulement les catholiques fidèles à Rome, mais aussi l'Église officielle de l'APCC. Toutes les églises de Chine sont fermées entre 1966 et 1979, sans exception. Les évêques officiels eux-mêmes — y compris ceux qui avaient accepté l'APCC — sont envoyés dans les camps de « réforme par le travail » (laogai). Le clergé est dispersé, contraint à des travaux manuels. La pratique religieuse, déjà difficile, devient totalement domestique : messes célébrées dans des appartements, sacrements administrés de mémoire, baptêmes confiés aux grands-mères qui transmettent les rudiments doctrinaux. C'est dans cette période que se forme la génération catholique « catacombiste » qui resurgira massivement après 1979.

Pierre Joseph Fan Xueyan et les ordinations cachées des années 1980

À partir de 1979, la réouverture limitée des églises permet à l'Église officielle (APCC) de reparaître, et l'Église clandestine de s'organiser plus systématiquement. Son grand artisan est Pierre Joseph Fan Xueyan (1907-1992), évêque de Baoding (Hebei), arrêté en 1958 et libéré en 1979 après environ vingt et un ans de détention et de résidence surveillée. Reconnaissant que la fenêtre est étroite, Fan Xueyan ordonne en 1981 trois évêques clandestins, posant les fondations d'une hiérarchie souterraine qui survivra à toutes les vagues de répression ultérieures[53].

Réincarcéré fin 1982, Fan est condamné à dix ans pour « collusion avec des forces étrangères ». Il meurt en détention à Chengde le 13 avril 1992. Son corps, rendu aux siens dans une boîte hermétique, présentait selon les témoins des fractures et des blessures suggérant la torture.

Les disparitions : Shi Enxiang, Su Zhimin

Les ordinations cachées des années 1980 produisent une hiérarchie clandestine durable, dont certains représentants sont encore aujourd'hui aux mains de la sécurité chinoise. Mgr Cosmas Shi Enxiang, évêque clandestin de Yixian (Hebei), est arrêté le 13 avril 2001 au domicile de sa nièce à Pékin. Détenu au secret pendant quatorze ans, il meurt en détention en 2015 à 94 ans ; son corps n'est jamais rendu à la famille[54]. Mgr James Su Zhimin, évêque clandestin de Baoding depuis 1995, est arrêté le 8 octobre 1997 lors d'un pèlerinage interdit. Aperçu brièvement à l'hôpital de Baoding en novembre 2003, il disparaît ensuite. Son sort, à la date de rédaction de cet article, est officiellement inconnu. La Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF) l'a inscrit dans sa base des prisonniers de conscience[55].

L'accord provisoire de 2018 et la controverse Joseph Zen

Le 22 septembre 2018, après plusieurs années de négociations menées par le cardinal Pietro Parolin, le Saint-Siège signe avec la République populaire un accord provisoire sur la nomination des évêques. Le texte n'a jamais été rendu public, mais ses grandes lignes connues prévoient : la Chine présente les candidats, le pape garde un droit de veto. Sept évêques chinois excommuniés par Benoît XVI parce qu'ils avaient accepté la consécration sans mandat papal sont réintégrés dans la communion catholique par François. L'accord est renouvelé en 2020, 2022, puis pour quatre ans en octobre 2024[56].

Cette politique a suscité la plus vive opposition de l'intérieur même de l'épiscopat catholique. Le cardinal Joseph Zen Ze-kiun, évêque émérite de Hong Kong, né en 1932, l'a publiquement qualifiée d'« annihilation » de l'Église catholique en Chine :

« J'ai la nette impression que le cardinal Parolin manipule le Saint-Père. » — Cardinal Joseph Zen, entretien au magazine New Bloom, décembre 2019 (traduction d'après l'anglais ; original en note)[57]

Le Saint-Siège, pour sa part, fait valoir les raisons de cette politique : la lettre de Benoît XVI aux catholiques chinois (2007, § 7-8), qui reconnaît le ministère légitime des évêques ordonnés sans mandat puis réconciliés avec Rome, et la poursuite du dialogue — l'accord provisoire, renouvelé en 2020, 2022, puis pour quatre ans en octobre 2024, court jusqu'au 22 octobre 2028[58].

Le cardinal Zen lui-même a été arrêté le 11 mai 2022 à Hong Kong au titre de la nouvelle Loi de sécurité nationale, pour son soutien financier aux manifestants pro-démocratie de 2019. Il a été reconnu coupable, condamné à une amende symbolique, et reste libre mais surveillé. Aujourd'hui, les catholiques de Chine sont estimés à environ douze millions, répartis entre l'Église officielle reconnue par l'APCC et l'Église clandestine fidèle à Rome, avec des frontières devenues poreuses depuis l'accord de 2018.

Vietnam : François-Xavier Nguyễn Văn Thuận et le Chemin de l'Espérance

Treize ans de prison dont neuf d'isolement

Le 30 avril 1975, les chars nord-vietnamiens entrent dans Saigon. Six jours plus tôt, le 24 avril 1975, Paul VI a nommé François-Xavier Nguyễn Văn Thuận (1928-2002), neveu du président sud-vietnamien Ngô Đình Diệm assassiné en 1963, archevêque coadjuteur de Saigon. Le nouveau régime communiste y voit immédiatement un acte « antirévolutionnaire » : le 15 août 1975, jour de la fête de l'Assomption, l'archevêque est arrêté sans mandat ni procès. Il restera treize ans en détention, dont neuf ans en isolement total, dans une succession de prisons et de résidences surveillées, dont Phu Khanh, connue pour ses cellules sans lumière. Il n'est jamais jugé. Libéré le 21 novembre 1988, fête de la Présentation de Marie au Temple, il est exilé à Rome en 1991[59].

Le Chemin de l'Espérance, écrit sur des bouts de calendrier

L'extraordinaire de l'enfermement de Nguyễn Văn Thuận tient à ce qu'il a fait dès sa résidence surveillée de Nha Trang en 1975 : il a écrit, sur des bouts de papier déchirés d'un vieux calendrier que lui apportait en cachette un garçonnet catholique du voisinage, mille brèves méditations spirituelles organisées en chapelets de pensées d'environ vingt à cent mots chacune. Le tout a été progressivement sorti de prison, dactylographié, et a formé ce qui est devenu le best-seller catholique mondial Le Chemin de l'Espérance (Vie Chrétienne, 1991), traduit en plus de trente langues.

« Voici ma cathédrale, voici le peuple que Dieu m'a donné à garder, voici ma mission : assurer la présence de Dieu parmi ces frères désespérés et misérables. C'est en eux que je dois aimer Dieu. » — Vénérable François-Xavier Nguyễn Văn Thuận, écrit dans la cale du cargo qui le transportait avec 1 500 autres prisonniers vers le Nord du Vietnam, 1976[60]

« Choisir Dieu, pas les œuvres de Dieu »

Dans l'isolement de la prison de Phu Khanh, Nguyễn Văn Thuận traverse une crise spirituelle qui produira la formule la plus citée de toute son œuvre. Désespéré de ne plus pouvoir exercer son ministère, il entend intérieurement, comme une parole adressée :

« Tu dois discerner entre Dieu et les œuvres de Dieu. Tout ce que tu as fait et désires continuer à faire — visites pastorales, formation des séminaristes, des religieuses et des laïcs, construction d'écoles, de catéchèses, de missions —, tout cela est excellent, c'est l'œuvre de Dieu, mais ce n'est pas Dieu ! Tu n'as qu'à choisir Dieu et non les œuvres de Dieu. » — Vénérable François-Xavier Nguyễn Văn Thuận, Témoins de l'Espérance, traduit du vietnamien, Nouvelle Cité, 2000[61]

Jean-Paul II l'appelle à Rome en 1991. Nommé président du Conseil pontifical Justice et Paix en 1998, il prêche en 2000 la retraite spirituelle de la Curie romaine — ses méditations sont publiées sous le titre Témoins de l'Espérance. Créé cardinal le 21 février 2001, il meurt à Rome le 16 septembre 2002, à 74 ans. Sa cause de béatification est ouverte solennellement par le diocèse de Rome le 22 octobre 2010 ; François l'a déclaré Vénérable le 4 mai 2017[62].

Au Vietnam, l'Église catholique a su survivre à toutes les persécutions et compte aujourd'hui environ sept millions de fidèles — environ sept pour cent de la population — répartis en 27 diocèses, ce qui fait du Vietnam l'une des Églises catholiques les plus vivantes d'Asie, malgré un régime communiste toujours en place[63].

Cuba : du Covadonga (1961) à la visite de Jean-Paul II (1998)

L'expulsion massive du 17 septembre 1961

La révolution castriste, victorieuse le 1ᵉʳ janvier 1959, met deux ans à se convertir au marxisme-léninisme explicite. Lorsqu'elle franchit ce pas, la première cible institutionnelle est l'Église catholique. Le 17 septembre 1961, à 4h30 du matin, des miliciens du G-2 forcent 114 prêtres et religieux — et avec eux Mgr Eduardo Boza Masvidal, auxiliaire de La Havane — à embarquer au port de La Havane à bord du navire espagnol Covadonga. Composition : 60 prêtres espagnols, 45 cubains, 5 canadiens, 1 hondurien, 1 vénézuélien, 1 hongrois, 1 italien. Le navire les expulse vers l'Espagne[64].

Le régime impose le caractère athée de l'État, inscrit dans la Constitution de 1976. Les séminaires sont saisis, les écoles catholiques confisquées, les ordres religieux dissous. Entre 1965 et 1968, les Unités militaires d'aide à la production (UMAP) — camps de travail forcé — accueillent prêtres, religieux et homosexuels comme « éléments antisociaux ». Le gouvernement supprime Noël comme jour férié en 1969.

De l'État athée à l'État laïque (1992)

Pendant trente ans, l'Église cubaine survit dans une clandestinité partielle : la hiérarchie reste visible mais réduite à l'extrême, les vocations sacerdotales sont systématiquement découragées, l'enseignement religieux est interdit hors des paroisses. Les sacrements sont administrés en privé, presque toujours à la sauvette. C'est seulement en juillet 1992, à la faveur de l'effondrement de l'URSS et de la perte du soutien soviétique, qu'un amendement constitutionnel transforme Cuba d'« État athée » en « État laïque ». L'article 42 de la Constitution interdit désormais la discrimination religieuse.

Le séisme de janvier 1998

Du 21 au 25 janvier 1998, le pape Jean-Paul II effectue la première visite d'un souverain pontife à Cuba. À l'aéroport José Martí de La Havane, devant Fidel Castro au garde-à-vous, le pape prononce la phrase qui restera comme le mot-d'ordre du tournant :

« Puisse Cuba s'ouvrir, avec toutes ses magnifiques possibilités, au monde et puisse le monde s'ouvrir à Cuba. » — Saint Jean-Paul II, discours d'arrivée à La Havane, 21 janvier 1998[65]

Les conséquences immédiates sont visibles : le 25 décembre 1997 est férié à titre exceptionnel, avant même la visite, puis Noël est rétabli comme jour férié permanent en décembre 1998 ; le pape couronne la statue de Notre-Dame de la Charité d'El Cobre comme Reine et Patronne de Cuba ; la pratique religieuse publique redevient progressivement possible. Aujourd'hui, environ six millions de Cubains se déclarent catholiques (~60 % de la population), encadrés par un clergé encore très réduit pour la taille du pays, mais en croissance depuis 1998.

Corée du Nord, Cambodge, Laos : l'extrême-Asie martyrisée

Corée du Nord : Mgr Hong Yong-ho et les 80 compagnons

La Corée du Nord occupe depuis des années le sommet du Watch List d'Open Doors sur la persécution antichrétienne — première place vingt ans d'affilée, avant que l'Afghanistan ne la devance en 2022[66]. Cette situation n'est pas nouvelle. En 1945, à la libération du joug japonais, la moitié nord de la péninsule comptait environ 55 000 catholiques et près de 300 ecclésiastiques. Sept ans plus tard, en 1953, il n'en reste statistiquement plus aucun visible. Le régime de Kim Il-sung a procédé entre 1949 et 1953 à une éradication systématique — exécutions, déportations vers les camps, disparitions[67].

L'évêque-symbole de cet écrasement est Mgr Francis Borgia Hong Yong-ho (1906-disparu après 1962), vicaire apostolique de Heijō nommé par Pie XII le 24 mars 1944, devenu premier évêque du diocèse de Pyongyang à l'érection canonique en 1962. Arrêté en 1949 avec 49 prêtres, 7 religieux et 25 laïcs (tous torturés et exécutés), il est listé pendant plusieurs décennies comme « porté disparu » dans l'Annuario Pontificio, dans l'espoir improbable qu'il puisse être encore vivant. Le Saint-Siège n'a officiellement reconnu son décès qu'en juin 2013. Sa cause de béatification, avec 80 compagnons martyrs de la guerre de Corée, a été ouverte ; la phase diocésaine a été close en juin 2022.

Aujourd'hui, en Corée du Nord, il n'existe aucun prêtre catholique, aucune messe légale, aucun séminaire. L'unique église catholique officielle, Changchung à Pyongyang, n'est qu'une vitrine sans clergé permanent. Les estimations indépendantes situent à 200 000-400 000 le nombre de chrétiens clandestins toutes confessions confondues, dont 50 000-70 000 dans les camps de concentration politiques.

Cambodge : Mgr Chhmar Salas et les martyrs des Khmers rouges

Le Cambodge des Khmers rouges (avril 1975 – janvier 1979) a été, en proportion de sa population, l'un des génocides les plus rapides de l'histoire moderne. La petite Église catholique cambodgienne — environ 65 000 fidèles en 1970, principalement vietnamiens — a été presque entièrement détruite. Mgr Joseph Chhmar Salas, premier évêque ethniquement khmer de l'histoire, est ordonné vicaire apostolique de Phnom Penh le 14 avril 1975, trois jours avant la prise de la ville par les Khmers rouges. Déporté avec sa population vers la campagne, contraint au travail forcé, il meurt d'épuisement à la pagode de Taing Kork en septembre 1977[68]. Sa cause de béatification, avec onze autres martyrs cambodgiens, a vu la clôture de la phase diocésaine le 18 mars 2026 sous la direction de Mgr Olivier Schmitthaeusler[69].

Laos : les 17 béatifiés de Vientiane (11 décembre 2016)

Le 11 décembre 2016, dans la cathédrale du Sacré-Cœur de Vientiane, le cardinal Orlando Quevedo, légat du pape François, béatifie 17 martyrs du Laos — tués entre 1954 et 1970 sous le Pathet Lao communiste et ses prédécesseurs. Composition : 1 jeune prêtre laotien (Joseph Thao Tien, premier prêtre indigène du Laos et premier martyr en 1954), 5 prêtres MEP, 6 Oblats de Marie Immaculée (1 italien + 5 français), 5 laïcs laotiens. Figure majeure du groupe : Bx Mario Borzaga, OMI, originaire de Trente, ordonné en 1957, tué le 25 avril 1960 dans la forêt avec son catéchiste hmong Paul Thoj Xyooj[70].

Ostpolitik vaticane vs résistance des catacombes

Casaroli et le modus non moriendi

Aucun récit honnête de l'Église clandestine ne peut faire l'économie du grand débat interne qui a traversé le catholicisme romain de Jean XXIII à Jean-Paul II : faut-il traiter avec les régimes communistes pour sauver ce qui peut l'être de l'Église visible, au risque de marginaliser l'Église clandestine ? Ou faut-il soutenir cette Église clandestine au risque d'aggraver la persécution des évêques publics ?

La première option a été incarnée par le secrétaire d'État Mgr Agostino Casaroli (1914-1998), grand artisan de l'Ostpolitik vaticane des années 1960-1970. Son but déclaré : trouver un modus non moriendi (« manière de ne pas mourir ») pour l'Église dans le bloc soviétique. Concrètement, cela signifie négocier la nomination d'évêques acceptables par les régimes, accepter le contrôle étatique sur la vie ecclésiale visible, et tempérer publiquement les critiques romaines pour ne pas exposer les catholiques sur place.

Mindszenty, Wojtyła, Slipyj : les voix qui n'acceptaient pas le silence

Les voix qui s'élèvent contre cette politique sont, paradoxalement, celles qui ont le plus souffert : Mindszenty quittant l'ambassade américaine à la demande de Paul VI, Slipyj consacrant à Castel Gandolfo des évêques sans mandat préalable du pape, Wojtyła ordonnant clandestinement pour la Tchécoslovaquie, Kung créé cardinal in pectore en 1979. L'historien américain George Weigel soutient, dans The Final Revolution (Oxford UP, 1992), que l'Ostpolitik a sous-estimé la résistance possible et marginalisé les évêques clandestins pendant deux décennies[71]. Reste que cette diplomatie visait un but pastoral précis : obtenir des régimes le minimum vital pour l'Église visible — nominations d'évêques, réouverture de séminaires, survie des paroisses — là où la confrontation frontale promettait l'éradication pure et simple.

Les infiltrations du KGB, de la Stasi et de la StB

L'Ostpolitik a aussi été facilitée — et compromise — par un fait que l'ouverture des archives communistes après 1991 a révélé dans toute son ampleur : les services de renseignement des pays satellites avaient massivement infiltré les structures vaticanes, les délégations diplomatiques pontificales, les nonciatures, les radios catholiques, les collèges pontificaux à Rome. La Stasi est-allemande avait placé des agents autour de Mgr Casaroli et les archives des services de l'Est ont livré des enregistrements d'audiences pontificales[72].

Une réconciliation post-1989 toujours difficile

Lorsque le rideau tombe, en 1989-1991, la réconciliation entre l'Église officielle entravée (notamment en Tchécoslovaquie, en Hongrie et en Roumanie) et l'Église clandestine ayant souffert s'avère plus complexe que prévu. Les évêques publics se sentent dépossédés ; les évêques clandestins se sentent ignorés. Le cas le plus douloureux est celui des prêtres tchèques de Koinotés : les Normes du 5 février 1992 imposent une nouvelle ordination sous condition (sub conditione), ce qui implique de reconnaître l'irrégularité de la première — démarche douloureusement vécue ; les prêtres mariés ne sont admis que comme diacres permanents de rite latin ou comme prêtres gréco-catholiques, une partie d'entre eux refuse, et en Slovaquie la plupart des prêtres mariés n'obtiennent pas cette possibilité — situation confirmée par une déclaration de février 2000. Les femmes ordonnées par Davídek sont définitivement non reconnues comme prêtres.

Le réflexe institutionnel, des décennies après, reste donc partagé. Pour l'Église universelle, les héros de l'Église clandestine sont aujourd'hui honorés — béatifications de Stepinac, Popiełuszko, Bossilkov, des 38 martyrs albanais, des 7 évêques roumains, des 17 du Laos — ainsi que la mémoire des cardinaux Kung Pin-Mei et Mindszenty, ce dernier Vénérable depuis 2019. Pour les Églises locales, le souvenir des « collaborateurs » de Pacem in Terris ou de l'APCC reste sensible et a alimenté les controverses des années 1990-2010.

Ce que l'Église clandestine nous lègue

Centesimus Annus (1991) : le bilan théologique du communisme

À l'occasion du centenaire de Rerum novarum, Jean-Paul II publie le 1ᵉʳ mai 1991, deux ans après la chute du Mur, l'encyclique Centesimus Annus. Au paragraphe 23, il livre le bilan théologique de quarante ans de résistance souterraine :

« À peu près partout, on est arrivé à faire tomber un tel "bloc", un tel empire, par une lutte pacifique, qui a utilisé les seules armes de la vérité et de la justice. » — Saint Jean-Paul II, Centesimus Annus, § 23 (1ᵉʳ mai 1991)[73]

Comme deuxième facteur de crise, le § 24 relève « l'inefficacité du système économique », qu'il ne faut pas considérer seulement comme un problème technique. Et le § 25 donne l'exemple des événements de 1989, « remportés par la volonté de négocier et par l'esprit évangélique », nés de la prière et impensables « sans une confiance illimitée en Dieu »[74].

Cette lecture — l'effondrement intérieur du marxisme et la résistance par les seules armes spirituelles — est au cœur de l'interprétation catholique du siècle communiste.

Les « colonisations idéologiques » : la mémoire pour aujourd'hui

Le pape François a repris le langage de la mémoire communiste dans son enseignement contemporain. En homélie à Blaj le 2 juin 2019, devant les sept évêques roumains béatifiés, il a évoqué les « colonisations idéologiques » d'aujourd'hui :

« Aujourd'hui également, réapparaissent de nouvelles idéologies qui, de manière subtile, cherchent à s'imposer et à déraciner nos peuples de leurs plus riches traditions culturelles et religieuses. Des colonisations idéologiques qui déprécient la valeur de la personne, de la vie, du mariage et de la famille et qui nuisent, par des propositions aliénantes, aussi athées que par le passé, surtout à nos jeunes et à nos enfants en les privant de racines pour grandir. » — Pape François, homélie de Blaj, 2 juin 2019[75]

L'enseignement est clair : la mémoire de l'Église clandestine n'est pas une mémoire close. Elle est constituée de ressources spirituelles pour les chrétiens d'aujourd'hui — la discipline du secret, la fidélité dans l'invisible, la transmission familiale de la foi, la distinction entre Dieu et les œuvres de Dieu rappelée par Nguyễn Văn Thuận. Les régimes communistes ne sont plus ce qu'ils étaient. Mais les structures sociales et idéologiques qui, ailleurs, marginalisent ou criminalisent la foi catholique — qu'il s'agisse de l'islamisme radical au Sahel, du nationalisme hindou en Inde, du contrôle ecclésial en Chine continentale ou des nouvelles « idéologies » occidentales — appellent les mêmes vertus pastorales que celles qu'ont vécues les évêques en bleu de travail, les religieuses-chroniqueuses de Lituanie et les cardinaux écrivant sur des bouts de calendrier.

L'Église clandestine n'est pas seulement un chapitre d'histoire. Elle est, comme aiment à le rappeler les évêques d'Europe centrale aujourd'hui, une école d'Église.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Andrea Riccardi, Il secolo del martirio. I cristiani nel Novecento, Mondadori, Milan, 2000 ; trad. fr. Ils sont morts pour leur foi. La persécution des chrétiens au XXᵉ siècle, Plon, Paris, 2002, ISBN 978-2-259-19315-3, pp. 11-15 (présentation des sources : quelque 12 000 à 13 000 témoignages reçus par la Commission des nouveaux martyrs, plus de 9 600 dossiers).

    1
  2. Saint Jean-Paul II, encyclique Centesimus Annus, 1ᵉʳ mai 1991, § 23. Texte officiel français sur vatican.va.

    2 73
  3. Cardinal Josyf Slipyj, intervention au Synode des évêques, Rome, octobre 1971. Texte intégral repris dans Patriyarkhat — Patriarchal Journal (Philadelphie), 1 (20) 1972 ; archive en ligne sur patriyarkhat.org.ua.

    3
  4. Benoît XVI, lettre aux évêques, aux prêtres, aux personnes consacrées et aux fidèles laïcs de l'Église catholique en République populaire de Chine, 27 mai 2007 (fête de Pentecôte), § 8. Texte officiel français sur vatican.va : « La clandestinité ne rentre pas dans la normalité de la vie de l'Église » ; évêques ordonnés sans mandat puis réconciliés : le Pape « leur a concédé le plein et légitime exercice de la juridiction épiscopale ».

    4 5
  5. Sur le procès de septembre-octobre 1946 contre le cardinal Stepinac, voir Stella Alexander, The Triple Myth : A Life of Archbishop Alojzije Stepinac, East European Monographs / Columbia University Press, Boulder (Colorado), 1987, ISBN 978-0-88033-122-2. Verdict du tribunal annulé par la cour de Zagreb en juillet 2016.

    6
  6. Sacrée Congrégation pour le clergé, déclaration Quidam episcopi, 8 mars 1982. Texte publié dans Acta Apostolicae Sedis 74 (1982), pp. 642-645.

    7
  7. Voir Karel Skalický, « L'association Pacem in Terris », in L'Église en Tchécoslovaquie 1948-1989, Studie 95-96, Rome, 1984, pp. 412-430 ; et synthèse récente : Stanislav Balík et Jiří Hanuš, Katolická církev v Československu 1945-1989, Centrum pro studium demokracie a kultury, Brno, 2007, ISBN 978-80-7325-130-7.

    8
  8. National Catholic Reporter (Joshua J. McElwee), « Russia's Catholics reflect on centenary of Lenin's bloody revolution », 7 novembre 2017, sur ncronline.org, citant les statistiques de l'archidiocèse latin de Moscou.

    9
  9. Christopher Lawrence Zugger, The Forgotten : Catholics of the Soviet Empire from Lenin through Stalin, Syracuse University Press, 2001, ISBN 978-0-8156-0679-7, en particulier le chapitre 7 (bilan statistique des persécutions latines et orientales).

    10
  10. Antonijs Springovičs, archevêque de Riga de 1923 à sa mort le 1ᵉʳ octobre 1958 ; Julijans Vaivods, administrateur apostolique de Riga à partir de 1964, créé cardinal en 1983.

    11
  11. Voir l'étude de référence : Bohdan R. Bociurkiw, The Ukrainian Greek Catholic Church and the Soviet State 1939-1950, Canadian Institute of Ukrainian Studies Press / University of Alberta, Edmonton, 1996, ISBN 978-1-895571-09-6, chap. 7 « The Lviv Sobor of March 1946 », pp. 154-187. Voir également page officielle de l'UGCC sur le pseudo-synode.

    12
  12. Texte original ukrainien de la résolution dans Diiannya Soboru Hreko-Katolytsʹkoï Tserkvy, Lviv, 1946 ; traduction anglaise et commentaire dans Bociurkiw, op. cit., p. 184.

    13
  13. Rencontre de Mikhaïl Gorbatchev avec Jean-Paul II à Rome le 1ᵉʳ décembre 1989 ; les autorités de la RSS d'Ukraine annoncent alors que les paroisses gréco-catholiques peuvent s'enregistrer.

    14
  14. Sur la vie de Slipyj, voir Jaroslav Pelikan, Confessor Between East and West : A Portrait of Ukrainian Cardinal Josyf Slipyj, Eerdmans, Grand Rapids, 1990, ISBN 978-0-8028-3640-2. Voir aussi la biographie officielle de la Curie de l'UGCC.

    15
  15. Cardinal Josyf Slipyj, ibid. Original anglais : « The Catholic Ukrainians, who had sacrificed mountains of bodies and shed rivers of blood for the Catholic faith and their fidelity to the Holy See, even now are undergoing a very terrible persecution, but what is worse, they are defended by no one. »

    16
  16. Lubomyr Husar, témoignage repris dans sa biographie officielle vaticane. Voir aussi l'analyse canonique de l'épisode dans Christopher M. Bellitto et Robert F. Trisco (dir.), Bishops and the People, Catholic University of America Press, Washington, 2008, ch. 6.

    17
  17. Mgr Atanasij Pekar, OSBM, The Bishops of the Eparchy of Mukačevo, Pittsburgh, 1979, pp. 234-262 (biographie complète de Romzha). Béatification du 27 juin 2001 à Lviv : voir vatican.va, homélie de Jean-Paul II.

    18
  18. Sur la Lietuvos Katalikų Bažnyčios Kronika, voir l'archive officielle bilingue lituanien-anglais : lkbkronika.lt. Étude académique : V. Stanley Vardys, The Catholic Church, Dissent and Nationality in Soviet Lithuania, East European Monographs, Boulder, 1978, ISBN 978-0-914710-32-1.

    19
  19. Joachim Bouflet, Enquête sur les stigmatisés, Artège, 2024, p. 173 et 178-180 (identité de la Servante de Dieu ; communauté clandestine de Vilnius, arrestation, condamnation et déportation), ISBN 979-10-336-1579-8. L'ouvrage date l'arrestation du « 11 avril 1946 » (p. 180), ce qui ne s'accorde ni avec le « calvaire de plus de six années » achevé en octobre 1956 (p. 181) ni avec les « six années de prison en U.R.S.S. de 1950 à 1956 » mentionnées dans la bibliographie de la notice (p. 185) ; cette date n'est donc pas reprise ici.

    20
  20. Joachim Bouflet, Enquête sur les stigmatisés, Artège, 2024, p. 181 (prière à voix haute sous la torture, scène du tortionnaire, libération d'octobre 1956 et retour en Pologne) ; les interrogatoires et la torture qui précèdent sont décrits p. 180-181.

    21 22
  21. Documentation principale : Vladimír Vaško, Neumlčená : kronika katolické církve v Československu po druhé světové válce, 2 volumes, Zvon, Prague, 1990 ; traduction allemande partielle : Verstummte Glocken, Münster, 1992. Voir aussi le site officiel Ústav pro studium totalitních režimů (Institut pour l'étude des régimes totalitaires) pour les chiffres précis de l'Action K.

    23
  22. Salvet et Vybíralová, Paměť a dějiny 2020/4, pp. 4-5 : les facultates mexicanae sont des dérogations surtout liturgiques, sans « aucune mention » de sacre épiscopal sans approbation de Rome.

    24
  23. Stanislav Vejvar, Josef Beran : život a doba 1888-1969, Vyšehrad, Prague, 2017, ISBN 978-80-7429-883-1. Voir aussi la notice biographique sur le site officiel de l'archidiocèse de Prague, apha.cz.

    25
  24. Sur Davídek, voir Jan Hartmann, Petr Pokorný et Jan Petr Štěpánek, Felix M. Davídek a skrytá církev, Brno, 1999. Voir aussi la notice Radio Prague — Felix Maria Davídek. Sur les effectifs de Koinotés (au moins 17 évêques, environ 70 prêtres) : Salvet et Vybíralová, Paměť a dějiny 2020/4, p. 6.

    26
  25. Ludmila Javorová et Miriam Therese Winter (entretiens), Out of the Depths : The Story of Ludmila Javorová, Ordained Roman Catholic Priest, Crossroad Publishing, New York, 2001, ISBN 978-0-8245-2247-0. À lire en parallèle de Hartmann et al. (op. cit.) pour la position du clergé clandestin tchèque réfractaire.

    27
  26. Saint Jean-Paul II, lettre apostolique Ordinatio Sacerdotalis, 22 mai 1994, § 4. Texte officiel français sur vatican.va.

    28
  27. Cardinal Ján Chryzostom Korec, Od barbarskej noci : listy z väzenia, Lúč, Bratislava, 1990 (mémoires de prison). Biographie officielle : press.vatican.va.

    29
  28. Tomáš Halík, From the Underground Church to Freedom, trad. Gerald Turner, University of Notre Dame Press, Notre Dame (Indiana), 2019, ISBN 978-0-268-10677-5, chap. 4 « Ordination ». Date d'ordination : 21 août 1978 selon les notices biographiques, octobre 1978 selon The Tablet ; activité civile : psychologie du travail puis thérapeute auprès de toxicomanes et d'alcooliques.

    30
  29. Sur le pèlerinage de Velehrad du 5 juillet 1985, voir Memory of Nations — Pilgrimage to Velehrad.

    31
  30. Sur le séminaire clandestin de Cracovie 1942-1946 et la formation du jeune Wojtyła, voir George Weigel, Witness to Hope : The Biography of Pope John Paul II, HarperCollins, New York, 1999, ISBN 978-0-06-018793-4, chap. 2 « From Underground to Underground ».

    32
  31. Sur le KUL, voir l'histoire officielle de l'université : kul.pl/history, et Krzysztof Pożarski, The Catholic University of Lublin in the Years 1944-1989, KUL Press, Lublin, 2008.

    33
  32. Sur les ordinations clandestines de Wojtyła pour la Tchécoslovaquie, voir George Weigel, Witness to Hope : The Biography of Pope John Paul II, HarperCollins, New York, 1999, et Jaroslav Šebek, Pavel VI., Karol Wojtyła a československý komunistický režim, Vyšehrad, Prague, 2010. Le système de la « carte déchirée » est décrit dans Marian Banaszak, Historia Kościoła Katolickiego, t. IV, ATK, Varsovie, 1992.

    34
  33. Sur les Messes pour la Patrie célébrées dès le début de 1982, voir Milena Kindziuk, « Fr. Jerzy Popiełuszko — victim of political repression or martyr of the faith ? », UKSW, 2017.

    35
  34. Sur la béatification du 6 juin 2010 à Varsovie, voir Benoît XVI, Angélus de Nicosie, 6 juin 2010, texte officiel français sur vatican.va. Le procès des assassins (1985) a été abondamment documenté ; voir Andrzej Grajewski, Tarcza i miecz : rosyjskie służby specjalne 1991-1998, ZNAK, Cracovie, 1998, sur la responsabilité présumée du KGB en arrière-plan.

    36
  35. Bienheureux Jerzy Popiełuszko, dernières paroles lors de la méditation du rosaire à la paroisse des Saints-Frères-Martyrs-Polonais de Bydgoszcz, 19 octobre 1984. Original polonais : « Módlmy się, byśmy byli wolni od lęku, zastraszenia, ale przede wszystkim od żądzy odwetu i przemocy. »

    37
  36. Cardinal József Mindszenty, Memoirs, Macmillan, New York, 1974, ISBN 978-0-02-585330-9 (édition originale hongroise : Emlékirataim, Vienne, 1974). Voir aussi Margit Balogh, Mindszenty József 1892-1975, 2 volumes, MTA, Budapest, 2015.

    38
  37. Décret sur l'héroïcité des vertus signé par François le 12 février 2019 ; procès diocésain ouvert à Esztergom le 19 mars 1994, clos le 17 octobre 1996.

    39
  38. Sur le mouvement Bokor et György Bulányi, voir Patrick Michel, Catholicisme et politique en Europe centrale, Seuil, Paris, 1988, ISBN 978-2-02-009919-7, chap. « La Hongrie », pp. 167-184 ; et Lucia Pozzi, « The Ideology of the Bokor Movement », Journal of Religion in Europe 8 (2015), n° 3-4, pp. 321-348.

    40
  39. Texte du décret 358 du 1ᵉʳ décembre 1948 dans le Buletinul Oficial al Republicii Populare Române, n° 281, 2 décembre 1948. Étude académique : Ovidiu Bozgan, Cronica unui eșec previzibil. România și Sfântul Scaun în epoca pontificatului lui Paul al VI-lea, Curtea Veche, Bucarest, 2004.

    41
  40. Mgr Iuliu Hossu, Credința noastră este viața noastră. Memoriile cardinalului Iuliu Hossu, Viața Creștină, Cluj-Napoca, 2003, ISBN 978-973-9381-67-5. Création cardinalice in pectore au consistoire du 28 avril 1969, révélée le 5 mars 1973.

    42
  41. Pape François, homélie pour la béatification des sept évêques martyrs gréco-catholiques roumains, Blaj, 2 juin 2019. Texte officiel français sur vatican.va.

    43
  42. Alexandru Todea, biographie cardinalice officielle : press.vatican.va (élection épiscopale le 4 juillet 1950, consécration clandestine le 19 novembre 1950, arrestation en 1951, grâce en 1964, promotion métropolitaine le 14 mars 1990, cardinalat le 28 juin 1991).

    44
  43. Sur la campagne anti-religieuse albanaise de 1967 — discours de Hoxha du 6 février 1967, décret n° 4337 du 13 novembre 1967 abrogeant les lois sur les communautés religieuses —, voir Marin Mema, Genocidi në Shqipëri 1944-1990, Onufri, Tirana, 2013.

    45
  44. Texte intégral de la Kushtetuta e Republikës Popullore Socialiste të Shqipërisë (Constitution de la République populaire socialiste d'Albanie), Tirana, 28 décembre 1976, article 37.

    46
  45. Sur les 38 béatifiés de Shkodër, voir le récit officiel de la Communauté de Sant'Egidio : santegidio.org — 38 Christian martyrs, et l'étude approfondie de Roberto Morozzo della Rocca, Albania : le radici della crisi, Edizioni Guerini, Milan, 1997.

    47
  46. Stanislas Bonardi, CP, Mgr Eugène Bossilkov : évêque-martyr de Bulgarie, Tequi, Paris, 1998 ; et Tihomir Dimitrov, Епископ Евгений Босилков, Sofia, 2007. Béatification du 15 mars 1998 : voir vatican.va, homélie.

    48
  47. Jean-Paul II, homélie pour la béatification des trois assomptionnistes bulgares, Plovdiv, 26 mai 2002. Texte officiel français sur vatican.va.

    49
  48. Sur l'expulsion des missionnaires de Chine 1949-1953, voir Jean-Paul Wiest, Maryknoll in China : A History 1918-1955, ME Sharpe, New York, 1988, ISBN 978-0-87332-419-4. Voir aussi Anthony Lam Sui-ki, The Catholic Church in Present-Day China : Through Darkness and Light, Holy Spirit Study Centre, Hong Kong, 1997.

    50
  49. Vénérable Pie XII, encyclique Ad Apostolorum Principis, 29 juin 1958. La page française de vatican.va ne donne que le titre, sans le texte ; traduction ci-dessus d'après le texte anglais officiel sur vatican.va. Originaux : § 39 « bishops who have been neither named nor confirmed by the Apostolic See, but who, on the contrary, have been elected and consecrated in defiance of its express orders, enjoy no powers of teaching or of jurisdiction » ; § 41 « Acts requiring the power of Holy Orders which are performed by ecclesiastics of this kind, though they are valid as long as the consecration conferred on them was valid, are yet gravely illicit, that is, criminal and sacrilegious. »

    51
  50. Cardinal Ignatius Kung Pin-Mei, biographie officielle de la Fondation Cardinal Kung : cardinalkungfoundation.org. Témoignage de première main : Joseph Kung Chang Wing, neveu du cardinal et président de la Fondation, dans The Cardinal Kung Story, Stamford (Connecticut), 1995.

    52
  51. Sur Mgr Fan Xueyan — arrêté en 1958, libéré en 1979, trois évêques clandestins ordonnés en 1981 —, voir UCA News, « Leader of Underground Church Community Bishop Joseph Fan Xueyan Dies », 24 avril 1992, sur ucanews.com, et la synthèse de l'USCCB, Understanding the Roman Catholic Church in China. Voir aussi l'étude approfondie de Beatrice Leung, Sino-Vatican Relations : Problems in Conflicting Authority 1976-1986, Cambridge University Press, 1992.

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  52. AsiaNews, « Beijing hides the body of Bishop Cosma Shi Enxiang : too dangerous », 12 février 2015, sur asianews.it.

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  53. USCIRF, fiche du prisonnier de conscience James Su Zhimin, base FORB Victims Database : uscirf.gov.

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  54. Sur l'accord provisoire Chine-Vatican du 22 septembre 2018 et ses prolongations, voir Sergio Centofanti et Bernardo Cervellera (éds), Chiesa in Cina : il dialogo possibile, San Paolo, Milan, 2019. Sur le renouvellement d'octobre 2024 : Vatican News, 22 octobre 2024.

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  55. Cardinal Joseph Zen Ze-kiun, entretien au magazine New Bloom, décembre 2019, en ligne sur newbloommag.net. Original anglais : « I have a clear impression that Parolin is manipulating the Holy Father. »

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  56. André Nguyễn Văn Châu, The Miracle of Hope : Political Prisoner, Prophet of Peace — Francis Xavier Nguyễn Văn Thuận, Pauline Books, Boston, 2003, ISBN 978-0-8198-4862-5. Voir aussi le site officiel du Centre Cardinal Van Thuan : cardinalvanthuan.org.

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  57. Vénérable François-Xavier Nguyễn Văn Thuận, écrit dans la cale du cargo le transportant avec 1 500 autres prisonniers de Saigon vers Vĩnh Quang en 1976, repris dans Testimoni della speranza : Esercizi spirituali tenuti alla presenza di Sua Santità Giovanni Paolo II, Città Nuova, Rome, 2000, p. 121.

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  58. Vénérable François-Xavier Nguyễn Văn Thuận, Témoins de l'Espérance. Exercices spirituels prêchés en présence de Sa Sainteté Jean-Paul II, Nouvelle Cité, Bruyères-le-Châtel, 2000, ISBN 978-2-85313-380-5, p. 87.

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  59. Ouverture solennelle du procès diocésain par le diocèse de Rome le 22 octobre 2010 ; décret sur l'héroïcité des vertus signé par François le 4 mai 2017.

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  60. Environ sept millions de fidèles (7 % de la population) en 27 diocèses : cinquième communauté catholique d'Asie, aux vocations nombreuses.

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  61. Sur l'expulsion du 17 septembre 1961 et le navire Covadonga (114 prêtres et religieux, avec Mgr Boza Masvidal), voir Manuel Fernández Santalices, Cronología histórica de Cuba 1492-2000, Ediciones Universal, Miami, 2004.

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  62. Saint Jean-Paul II, discours d'arrivée à l'aéroport José Martí, La Havane, 21 janvier 1998. Texte officiel français sur vatican.va.

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  63. Bureau de la Conférence des évêques catholiques de Corée, The Catholic Church in North Korea : A Historical Survey, Catholic Bishops' Conference of Korea (CBCK) Press, Séoul, 2013. Voir aussi le rapport annuel d'Open Doors, World Watch List : la Corée du Nord a occupé la 1ʳᵉ place vingt ans d'affilée, jusqu'en 2022 où l'Afghanistan est passé n° 1, la Corée du Nord n° 2.

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  64. Clôture de la phase diocésaine le 18 mars 2026 sous la direction de Mgr Olivier Schmitthaeusler. Voir Agenzia Fides, « ASIA / CAMBODIA : Diocesan phase of beatification process for Cambodian martyrs concluded », 18 mars 2026, sur fides.org.

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  65. Cardinal Orlando Quevedo, OMI, homélie de la béatification des 17 martyrs du Laos, Vientiane, 11 décembre 2016 ; texte sur oblates.ie. Voir aussi Michel Coulon, MEP, Les martyrs du Laos, MEP Éditions, Paris, 2017.

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  66. George Weigel, The Final Revolution : The Resistance Church and the Collapse of Communism, Oxford University Press, New York, 1992, ISBN 978-0-19-507160-3.

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  67. Sur les infiltrations communistes du Vatican et de l'Église, voir John O. Koehler, Spies in the Vatican : The Soviet Union's Cold War Against the Catholic Church, Pegasus Books, New York, 2009, ISBN 978-1-60598-068-2 ; et Hansjakob Stehle, Geheimdiplomatie im Vatikan : die Päpste und die Kommunisten, Benziger, Zurich, 1993.

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  68. Ibid., § 24-25.

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  69. Pape François, ibid., passage sur les « colonisations idéologiques qui déprécient la valeur de la personne, de la vie, du mariage et de la famille ».

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