L'Église catholique en Chine contemporaine désigne la communauté catholique de la République populaire de Chine depuis la proclamation du régime communiste le 1ᵉʳ octobre 1949 jusqu'à aujourd'hui. Forte d'environ 3,3 millions de fidèles, 5 800 prêtres, 137 circonscriptions ecclésiastiques et près de 200 congrégations religieuses à la veille de la révolution[1], elle a traversé en moins de trente ans l'expulsion des missionnaires étrangers (1949-1953), la fondation forcée d'une Église nationale dite patriotique (1957), la déclaration d'illicéité des sacres épiscopaux accomplis sans mandat pontifical (encyclique Ad Apostolorum Principis, 29 juin 1958), puis l'éradication totale de tout culte public sous la Révolution culturelle (1966-1976), avant de renaître dans un statut canonique inédit, partagé entre une Église officielle contrôlée par l'État et une Église clandestine fidèle au Saint-Siège.
Sous Jean-Paul II puis Benoît XVI, le Saint-Siège a tenté de restaurer l'unité d'une communauté éprouvée. La grande lettre du 27 mai 2007 de Benoît XVI a posé les principes d'un retour à la communion une : « également l'Église catholique qui est en Chine a la mission non pas de changer la structure ou l'administration de l'État, mais d'annoncer aux hommes le Christ, Sauveur du monde »[2]. Onze ans plus tard, le 22 septembre 2018, le pape François signe avec Pékin un accord provisoire sur la nomination des évêques, renouvelé en 2020, 2022 et en octobre 2024 pour une durée inédite de quatre ans[3]. Le texte demeure secret. Il est aussitôt salué comme une avancée historique par la diplomatie vaticane, et combattu publiquement par le cardinal Joseph Zen Ze-kiun, évêque émérite de Hong Kong, lui-même arrêté à Hong Kong le 11 mai 2022 au titre de la nouvelle Loi de sécurité nationale.
Aujourd'hui, l'Église catholique en Chine vit dans une situation théologique unique : reconnaissance partielle, par Rome, des structures imposées par Pékin, mais montée d'une politique de « sinisation » des religions théorisée par Xi Jinping en mai 2015 et codifiée par un Plan quinquennal 2018-2022 pour faire avancer la sinicisation du catholicisme[4]. Croix démolies au Zhejiang, sanctuaires mariaux fermés, séminaires perquisitionnés, évêques disparus, mineurs interdits d'entrer dans les églises : l'étau s'est resserré au moment même où la diplomatie vaticane normalisait ses relations. Cet article expose, à partir des sources magistérielles officielles et des archives historiques disponibles, la situation contemporaine d'une Église martyre dont le sort engage, pour les décennies à venir, le visage catholique de près d'un sixième de l'humanité (environ 17 % de la population mondiale).
La situation avant 1949 : héritage des missions modernes
Une Église croissante mais fragile
Au milieu du XXᵉ siècle, l'Église catholique en Chine est l'héritière de quatre siècles de missions, depuis l'arrivée de Matteo Ricci à Macao en 1582 et à Pékin en 1601, jusqu'au grand effort missionnaire du XIXᵉ siècle. Elle a survécu à la controverse des rites chinois (1645-1742, voir l'article dédié), à la persécution des Boxers (1900) qui fit plus de 30 000 martyrs catholiques chinois[5], et à la guerre civile entre nationalistes et communistes.
En 1949, à la veille de la victoire de Mao Zedong, la communauté catholique chinoise compte environ 3,3 millions de fidèles sur une population totale d'environ 540 millions — soit 0,6 % du pays. Elle dispose de 137 circonscriptions ecclésiastiques — 20 archidiocèses, 79 diocèses et 38 préfectures apostoliques, érigés par Quotidie Nos le 11 avril 1946[6] —, de 5 800 prêtres (dont près de la moitié étrangers : Italiens du PIME, Français des Missions Étrangères de Paris, Américains de Maryknoll, Allemands, Irlandais, Hollandais), de près de 200 ordres et congrégations religieuses, et un réseau impressionnant d'œuvres : trois universités catholiques (Aurore à Shanghai, Fu Jen à Pékin, Tsin Ku à Tianjin), 254 collèges secondaires, près de 2 000 écoles primaires, 216 hôpitaux, des léproseries, des orphelinats[7]. Ces chiffres d'avant 1949 sont une estimation historique contestée, établie sans recensement officiel de l'époque. Le réseau catholique chinois est, à cette date, l'un des plus densément structurés du monde missionnaire.
La lettre s'ouvre sur le vœu qui lui donne son titre — Cupimus imprimis impensam profiteri vobis benevolentiam Nostram erga Sinarum gentem universam (« Nous désirons avant tout vous témoigner notre profonde bienveillance envers le peuple chinois tout entier ») — et se conclut sur le mot de Tertullien que Pie XII reprend à son compte : semen est sanguis christianorum (« le sang des chrétiens est une semence »)[8].
La nonciature de 1946 et l'épiscopat indigène
La grande transformation des années 1920-1940 fut la sinisation du clergé : en 1926, Pie XI consacrait personnellement à Saint-Pierre de Rome six évêques chinois, brisant l'usage colonial qui réservait l'épiscopat aux missionnaires européens. En 1939, Pie XII abrogeait définitivement, par l'instruction Plane compertum est (8 décembre 1939), les anciennes condamnations sur les rites confucéens, permettant aux fidèles chinois de participer aux honneurs civils rendus à Confucius et aux ancêtres[9]. Le 11 avril 1946, Pie XII érigeait formellement la hiérarchie catholique en Chine, créant pour la première fois une véritable structure diocésaine indigène — vingt archidiocèses, soixante-dix-neuf diocèses, et trente-huit préfectures apostoliques[10]. Le 18 février 1946 (consistoire public[11]), Thomas Tien Ken-sin, vicaire apostolique de Qingdao, était créé premier cardinal chinois de l'histoire. La même année, Mgr Antonio Riberi, né à Monte-Carlo (Monaco), devenait internonce apostolique en Chine — premier représentant diplomatique en titre du Saint-Siège auprès du gouvernement chinois.
L'élan est immense. Il est interrompu trois ans plus tard.
La rupture (1949-1953) : la République populaire et l'expulsion des missionnaires
La proclamation du 1ᵉʳ octobre 1949
Le 1ᵉʳ octobre 1949, depuis la tribune de la Porte de la Paix Céleste (Tian'anmen) à Pékin, Mao Zedong proclame la fondation de la République populaire de Chine. La guerre civile contre Tchang Kaï-chek se conclut par la fuite du Kuomintang à Taïwan. Le nouveau régime ne déclare pas immédiatement la guerre à l'Église. La Constitution provisoire du 29 septembre 1949 (« Programme commun de la Conférence consultative politique du peuple chinois ») garantit théoriquement la « liberté de croyance religieuse »[12]. Mais le contexte idéologique est clair : tout pouvoir étranger sur le sol chinois sera éradiqué. Or l'Église catholique, dans la grille de lecture maoïste, est par définition un agent de la « réaction étrangère » — Vatican, missions, écoles, fondations.
Les « Trois Autonomies » (1950)
Dès 1950, l'administration religieuse du nouveau régime lance, avec le dirigeant protestant Wu Yaozong, dit Y. T. Wu (1893-1979), la doctrine des « Trois Autonomies » (sanzi : zì zhì, zì yǎng, zì chuán — autogouvernement, autofinancement, autopropagation). Née dans le monde protestant — Wu rédige en 1950 le Manifeste chrétien qui fonde le Mouvement patriotique des Trois Autonomies — et appliquée à toutes les confessions, elle exige que les Églises de Chine rompent tout lien d'autorité, financier et missionnaire avec l'étranger. Du côté catholique, le 1ᵉʳ décembre 1950, à Guangyuan (Sichuan), quelques catholiques signent un texte distinct, le « Manifeste pour la réforme du catholicisme chinois », approuvant le principe des Trois Autonomies, immédiatement diffusé par la presse officielle comme amorce d'une rupture massive[13].
La parade pastorale catholique est forte. Mgr Riberi, internonce apostolique, fait diffuser en octobre 1951, selon la tradition historiographique, une lettre circulaire interdisant aux catholiques d'adhérer à toute association religieuse échappant à la communion romaine[14]. Les évêques chinois, encore en place, soutiennent massivement la position du nonce.
L'expulsion de Mgr Antonio Riberi (septembre 1951)
L'État réagit. Au début du mois de septembre 1951, Mgr Antonio Riberi est déclaré persona non grata à Nankin par les autorités communistes, accusé d'« espionnage » et d'« interférence dans les affaires intérieures de la Chine ». Il est expulsé manu militari par la frontière de Lo Wu (Hong Kong) en septembre 1951[15]. Avec lui s'achève la présence diplomatique du Saint-Siège sur le continent.
Entre 1951 et 1955, ce sont plus de 5 500 missionnaires étrangers qui sont successivement expulsés, après procès-spectacles, accusations d'espionnage ou simples notifications administratives. La plupart partent par les ponts frontaliers de Hong Kong, parfois après des mois d'assignation à résidence forcée[16]. Les biens de l'Église — écoles, hôpitaux, universités, terrains, séminaires — sont confisqués au profit de l'État ou de l'APCC en formation. Les trois universités catholiques disparaissent : Fu Jen à Pékin est nationalisée en 1952, Aurore à Shanghai en 1952, Tsin Ku à Tianjin en 1951.
Le bilan : un clergé décimé
Au début de 1954, il ne reste plus en Chine populaire qu'une centaine de prêtres étrangers, presque tous en prison ou en résidence surveillée. Le clergé chinois — environ 2 500 prêtres — est dispersé, surveillé, divisé entre fidélité au Saint-Siège (majorité écrasante) et tentation d'accommodement avec le régime promue par quelques figures locales (en particulier dans le diocèse de Tianjin et plus tard à Shanghai)[17].
Les premières condamnations magistérielles (1952-1958)
Cupimus Imprimis (18 janvier 1952) : « Nous désirons avant tout »
Devant l'effondrement institutionnel et l'expulsion des missionnaires, Pie XII écrit le 18 janvier 1952 la lettre apostolique Cupimus Imprimis, premier acte magistériel adressé spécifiquement aux catholiques chinois sous le nouveau régime[18]. Le pape y rappelle que la communion avec le Successeur de Pierre n'est pas une sujétion à une puissance étrangère, mais l'essence même du catholicisme : toute communauté chrétienne qui romprait cette unité, écrit-il en latin, sécherait « veluti palmes a sua vite abscissus » — comme le sarment coupé du cep (cf. Jn 15, 6).
L'enjeu doctrinal est posé : la fidélité au pape n'est pas une opinion politique, c'est la condition de l'apostolicité. Cupimus Imprimis prépare directement les deux encycliques qui suivront.
Ad Sinarum Gentem (7 octobre 1954)
Le 7 octobre 1954, en la fête du Saint Rosaire, Pie XII publie Ad Sinarum Gentem, encyclique adressée « à l'archevêque, aux évêques, au clergé et au peuple de Chine »[19]. Le pape y condamne explicitement la doctrine des Trois Autonomies dans son application religieuse : l'autogouvernement séparé de Rome, l'autofinancement érigé en rupture, et surtout « l'auto-propagation » qui prétend que la mission chinoise pourrait se passer de la communion universelle. Le texte distingue soigneusement entre patriotisme légitime, que tout catholique chinois doit cultiver, et nationalisme religieux, qui isole une Église particulière du Corps universel.
Pie XII y enseigne que les catholiques chinois ne le cèdent à personne dans l'amour ardent de leur patrie, tout en condamnant les principes des Trois Autonomies qui viseraient à établir une Église séparée de l'unité fondée par le Christ : toute communauté qui romprait ainsi l'unité, avertit-il, perdrait sa vitalité comme le sarment coupé du cep[20].
La fondation de l'APCC (30 juillet 1957)
Trois ans plus tard, le 30 juillet 1957, sous l'égide du Bureau des Affaires religieuses, 241 catholiques chinois sont convoqués à Pékin et fondent l'Association patriotique des catholiques chinois (Zhōngguó Tiānzhǔjiào Àiguó Huì, APCC). Cette structure se présente comme un mouvement « d'amour de la patrie et de l'Église » (en réalité d'amour de la patrie contre le pape). Elle revendique l'autonomie totale par rapport à Rome, y compris dans la nomination des évêques[21].
L'expression « Église patriotique » sera désormais utilisée pour désigner cette structure parallèle. Elle n'est pas, à proprement parler, schismatique au sens classique (les fidèles continuent à célébrer la même messe, à confesser le même Credo, à reconnaître formellement le pape dans la liturgie) ; mais elle est canoniquement irrégulière : ses évêques sont consacrés sans mandat pontifical, ses statuts proclament l'indépendance vis-à-vis du Saint-Siège, et sa hiérarchie est de fait sous le contrôle du Bureau des Affaires religieuses du Parti communiste.
Les premières consécrations épiscopales sans mandat (avril 1958)
Le 13 avril 1958, à la cathédrale Saint-Joseph de Hankou, ont lieu les deux premières ordinations épiscopales sans mandat pontifical de l'histoire récente de l'Église en Chine : Bernardine Dong Guangqing (Hankou) et Yuan Wenhua (Wuchang) sont consacrés par des évêques chinois eux-mêmes excommuniés latae sententiae[22]. La consécration est canoniquement valide (succession apostolique préservée) mais gravement illicite : elle entraîne, conformément au canon 2370 du Code de 1917 alors en vigueur — qui frappait d'une suspense latae sententiae la consécration épiscopale sans mandat apostolique (« ipso iure suspensi sunt, donec Sedes Apostolica eos dispensaverit »), peine portée à l'excommunication latae sententiae réservée au Siège apostolique par le canon 1382 du Code de 1983 — et confirmé par Pie XII pour le cas chinois, l'excommunication latae sententiae des consacrants comme du consacré. En mots simples : cette exclusion de la communion de l'Église tombe toute seule dès que l'acte est posé, comme une porte qui se referme d'elle-même, sans qu'un juge ait besoin de la prononcer.
Ad Apostolorum Principis (29 juin 1958)
Le 29 juin 1958, fête des saints Pierre et Paul, Pie XII publie sa troisième encyclique sur la Chine, Ad Apostolorum Principis[23]. Le texte est plus dur que les deux précédents. Il déclare gravement illicites — « criminelles et sacrilèges » — les consécrations épiscopales accomplies sans mandat pontifical, dénonce le mouvement « patriotique » comme tentative de fonder une « Église nationale » coupée du Successeur de Pierre, et confirme l'excommunication latae sententiae — celle qui s'applique d'elle-même, comme expliqué plus haut — encourue par le consacrant comme par le consacré.
« Nul ne peut conférer légitimement la consécration épiscopale si la certitude n'existe au préalable du mandat apostolique correspondant. […] Le mouvement dit patriotique va proclamant un prétendu droit des catholiques d'élire de leur propre initiative les évêques. » — Pie XII, Ad Apostolorum Principis (29 juin 1958 ; traduit de l'italien)[24]
Le pape y rappelle aussi que la séparation de fait imposée par le régime communiste ne dissout pas la communion ecclésiale : il y a deux ordres de réalité, l'institution civile et l'Église visible, qui ne peuvent être confondus. La doctrine de la statolatria pagana forgée par Pie XI dans Non abbiamo bisogno (1931) trouve ici une nouvelle application — voir le grand dossier sur l'Église face aux totalitarismes (1917-1989).
Le cardinal Kung Pin-Mei et l'Église de Shanghai
L'arrestation du 8 septembre 1955
Le 8 septembre 1955, fête de la Nativité de la Vierge Marie, Mgr Ignatius Kung Pin-Mei (Gong Pinmei), évêque de Shanghai depuis 1950, est arrêté à son domicile diocésain avec plus de 200 prêtres et responsables d'Église — les dépêches internationales de l'époque font état de 200 prêtres catholiques arrêtés dans la nuit même ; à la fin du mois de septembre, ce sont plus de 1 200 prêtres et fidèles qui sont détenus, chiffre retenu par Paul Mariani — prêtres, religieux et laïcs identifiés comme particulièrement actifs dans la Légion de Marie et les associations de la jeunesse catholique[25]. Né le 2 août 1901 à Pudong (Shanghai), formé chez les Jésuites, ordonné prêtre en 1930, Kung Pin-Mei avait été élevé à l'épiscopat le 7 octobre 1949 — soit six jours après la proclamation de la République populaire.
Le procès de 1960
Cinq ans plus tard, en 1960, le procès public du « contre-révolutionnaire Kung Pin-Mei » se tient à Shanghai. L'évêque est conduit menottes aux poignets, vêtu d'une longue tunique blanche d'humiliation, devant le tribunal populaire. Au moment où le procureur l'invite à « confesser ses crimes », l'évêque tonne devant la foule : « Longue vie au pape ! » (Jiàohuáng wàn suì !). Aucun aveu ne sera obtenu. Il est condamné à la prison à perpétuité[26].
Trente ans de prison
Mgr Kung passe trente années consécutives en détention, dont une période d'isolement absolu sans accès à la liturgie, sans aucune nouvelle de l'extérieur, parfois sans même la possibilité de prier vocalement. Selon les témoignages recueillis après sa libération, il refusa toujours la moindre concession à l'APCC, malgré la promesse d'une libération immédiate en cas d'adhésion[27]. Son extraordinaire endurance fait de lui, dès les années 1970, le symbole de la fidélité chinoise au Saint-Siège.
Cardinal in pectore (1979), révélé en 1991
En 1979, Jean-Paul II, élu un an plus tôt, crée Kung Pin-Mei cardinal in pectore (« dans le secret du cœur »), élévation gardée occulte pour ne pas exposer la vie de l'évêque encore détenu. Cette élévation reste cachée pendant douze ans : pendant douze ans, il est déjà cardinal, mais personne ne le sait — le pape garde son nom caché dans son cœur pour le protéger. Elle n'est révélée publiquement par le pape qu'au consistoire du 28 juin 1991[28], soit six ans après sa sortie de prison vers la résidence surveillée (1985 selon la biographie officielle de la fondation[29]), et trois ans après son exil aux États-Unis.
Exil et mort à Stamford (12 mars 2000)
Libéré de prison en 1985 puis placé en résidence surveillée — le cardinal a lui-même évoqué 1986 dans un entretien[30] —, autorisé à quitter la Chine en 1988 pour rejoindre des parents à Stamford (Connecticut), Mgr Kung passe ses douze dernières années dans une retraite priante et discrète. Il meurt le 12 mars 2000 à l'âge de 98 ans, sans avoir revu la Chine[31]. Sa fondation, la Cardinal Kung Foundation, créée à Stamford par son neveu Joseph Kung, demeure aujourd'hui l'un des principaux relais d'information sur la situation de l'Église clandestine.
La Révolution culturelle (1966-1976) : l'éradication totale
La fermeture de toutes les églises
La Grande Révolution culturelle prolétarienne lancée par Mao en mai 1966 frappe non seulement les catholiques fidèles à Rome, mais aussi l'Église officielle de l'APCC. Toutes les églises de Chine sont fermées entre 1966 et 1979, sans exception. Cathédrales transformées en entrepôts, écoles, musées ou usines. À Shanghai, la cathédrale Saint-Ignace devient un grenier à grains ; à Pékin, la cathédrale du Sud (Nantang) est défigurée et transformée en école primaire. Les chapelles rurales sont rasées[32].
Le clergé envoyé au laogai
Les évêques de l'APCC eux-mêmes — y compris ceux qui avaient accepté l'élévation sans mandat pontifical — sont envoyés dans les camps de rééducation par le travail (laogai). En mots simples : des camps où l'on enferme les gens et où on les force à travailler dur, pour les obliger à penser comme le régime. Le clergé chinois, divisé jusque-là entre fidèles à Rome et patriotiques, se retrouve uniformément persécuté : l'idéologie maoïste ne tolère aucune religion. Pendant dix ans, la célébration de la messe est juridiquement et pratiquement impossible. Les rares survivants célèbrent en secret, dans des appartements, avec des hosties faites de pain ordinaire, des vêtements liturgiques découpés dans des draps.
La foi devenue strictement domestique
C'est dans cette période que se forme une nouvelle figure spirituelle : la catholique catacombiste de la Révolution culturelle, souvent une grand-mère, qui transmet à ses petits-enfants les rudiments du catéchisme — Notre Père, Ave Maria, signe de Croix, prières des défunts — sans aucun livre, dans des chuchotements. À leur libération en 1979, des prêtres clandestins découvriront des centaines de jeunes adultes baptisés de memoria, jamais catéchisés par un clerc, mais profondément croyants. Cette transmission familiale silencieuse est aujourd'hui considérée comme l'une des sources spirituelles vivantes de l'Église chinoise[33].
La réouverture sous Deng Xiaoping (1979-2000)
Le Document n° 19 (31 mars 1982)
L'arrivée au pouvoir de Deng Xiaoping en décembre 1978 et le tournant des Quatre modernisations permettent la promulgation, le 31 mars 1982, du Document n° 19 du Comité central du Parti communiste : « Sur la question fondamentale de la politique religieuse pendant la période socialiste de notre pays »[34]. Le texte reconnaît officiellement l'existence durable de la religion dans la société socialiste — rupture théorique majeure avec le maoïsme dogmatique — et autorise la réouverture des lieux de culte sous contrôle étatique. Les Cinq religions reconnues (catholicisme, protestantisme, islam, bouddhisme, taoïsme) sont supervisées chacune par une association patriotique officielle.
Pour les catholiques, le Document n° 19 signe la renaissance publique de l'APCC, qui rouvre cathédrales, séminaires (premier séminaire national rouvert à Shanghai en 1982, séminaire de Sheshan), et associations diocésaines. À partir de 1983, des consécrations épiscopales reprennent, toujours sans mandat pontifical, mais cette fois sous l'œil prudent du Saint-Siège qui amorce dès la fin des années 1980 un travail diplomatique discret pour reconnaître canoniquement certains évêques « patriotiques » en repentance.
Les évêques clandestins et Mgr Pietro Joseph Fan Xueyan
Mais une seconde Église se reconstitue à la même époque, dans la clandestinité. À sa tête : Mgr Pietro Joseph Fan Xueyan (1907-1992), évêque de Baoding (Hebei), arrêté en 1958 et détenu jusqu'en 1979. Libéré cette année-là, il consacre en 1981, sans mandat préalable, trois nouveaux évêques pour assurer la continuité apostolique de l'Église clandestine : informé après coup, Jean-Paul II légitime ces ordinations et accorde à Fan des facultés spéciales pour pourvoir aux diocèses vacants[35]. Au cours des années 1980, Fan Xueyan et ses successeurs consacrent ainsi des dizaines d'évêques « souterrains », dont aucun ne reconnaît l'APCC.
Cette stratégie de succession parallèle est validée par Rome : informé après coup, Jean-Paul II légitime ces ordinations et accorde à Fan des facultés spéciales pour pourvoir aux diocèses vacants[36]. Dès lors, aux yeux du Saint-Siège, les évêques clandestins ainsi consacrés exercent un ministère légitime, tandis que la hiérarchie officielle ordonnée sans mandat vit dans une situation gravement irrégulière. Mais cette validation entraîne une double hiérarchie, source d'innombrables drames pastoraux dans les diocèses où coexistent un évêque officiel APCC et un évêque clandestin fidèle à Rome.
Fan Xueyan est arrêté une seconde fois en 1982, condamné à dix ans de prison. Détenu jusqu'à sa mort, il est retrouvé sans vie le 13 avril 1992 dans une cellule à Chengde. Son corps, rendu à sa famille avec des os brisés et des marques de torture, n'est exposé que quelques heures avant que les autorités ne procèdent à des funérailles forcées. AsiaNews et le Washington Post du 25 avril 1992 font état d'une mort par mauvais traitements[37].
La situation à la fin du pontificat de Jean-Paul II
À la fin du pontificat de Jean-Paul II (2005), la situation est stabilisée mais bloquée. Les statistiques estimées — estimation contestée, sans recensement officiel (Tripod, été 2005) — convergent vers 10 à 12 millions de catholiques chinois[38]. Environ 60 évêques sont reconnus à la fois par Rome et par l'APCC (statut dit « légitime et public »), environ 30 évêques restent purement officiels (sans communion avec Rome), et 40 à 50 évêques clandestins continuent leur ministère en marge du système. Les rapports entre les deux Églises se sont graduellement détendus : certains prêtres concélèbrent, des fidèles passent d'une communauté à l'autre, des évêques officiels se réconcilient discrètement avec le pape. Le 24 octobre 2001, à l'occasion du quatrième centenaire de l'arrivée de Matteo Ricci à Pékin (1601-2001), Jean-Paul II exprime sa demande de pardon historique pour les fautes catholiques commises au cours des siècles à l'égard de la Chine, notamment dans la controverse des rites[39]. La diplomatie vaticane attend qu'un geste analogue vienne de Pékin. Il ne viendra pas.
La lettre de Benoît XVI aux catholiques de Chine (27 mai 2007)
Genèse du document
Élu le 19 avril 2005, Benoît XVI fait du dossier chinois l'une de ses priorités diplomatiques et pastorales. Théologien de formation, il refuse l'approche purement diplomatique privilégiée par certains de ses collaborateurs et veut redire les principes de communion. Le 27 mai 2007, en la Solennité de la Pentecôte, il publie la Lettre aux évêques, aux prêtres, aux personnes consacrées et aux fidèles laïcs de l'Église catholique en République populaire de Chine — un texte long, dense, doctrinal, qui restera la référence pastorale fondamentale pour le quart de siècle suivant[40].
Les trois grands principes
La lettre articule trois principes capitaux :
- Distinction nette entre l'ordre civil et l'ordre ecclésial. L'Église catholique en Chine n'est pas une menace pour l'État chinois ; elle ne cherche pas à transformer ses institutions politiques. Sa mission est essentiellement religieuse.
« Également l'Église catholique qui est en Chine a la mission non pas de changer la structure ou l'administration de l'État, mais d'annoncer aux hommes le Christ, Sauveur du monde, s'appuyant — dans l'accomplissement de son apostolat — sur la puissance de Dieu. » — Benoît XVI, Lettre aux catholiques de Chine, § 4 (27 mai 2007)[41]
Sur les relations avec l'État, le pape reprend les mots de Jean-Paul II rappelant le père Matteo Ricci : « l'Église catholique d'aujourd'hui ne demande aucun privilège à la Chine et à ses Autorités politiques, mais uniquement de pouvoir reprendre le dialogue, afin de parvenir à une relation empreinte de respect réciproque et de connaissance approfondie »[42].
-
Incompatibilité doctrinale entre l'APCC dans ses statuts actuels et la communion catholique. La lettre rappelle, avec une netteté que peu attendaient, que la prétention de l'APCC à « exercer le contrôle sur les évêques » et à « diriger la communauté catholique » dans son ensemble n'est pas « conciliable avec la doctrine catholique »[43]. Mais elle distingue APCC en tant que structure (à transformer) et fidèles catholiques individuels qui en font partie (souvent en conscience droite, à accueillir).
-
Réconciliation interne entre Église officielle et Église clandestine. La lettre est, sur ce point, déchirante. Benoît XVI demande aux catholiques de Chine, tant officiels que clandestins, de ne plus se considérer les uns les autres comme des adversaires, mais comme les membres divisés d'un même Corps appelé à l'unité. Il invite explicitement les prêtres et évêques clandestins à « faire connaître, dans la mesure du possible, leur situation aux autorités civiles » afin de sortir progressivement de la clandestinité[44].
La Journée mondiale de prière pour l'Église en Chine (24 mai)
La lettre se conclut par l'institution d'une Journée mondiale de prière pour l'Église en Chine fixée au 24 mai, mémoire de Notre-Dame Auxiliatrice des Chrétiens, qui correspond aussi au pèlerinage traditionnel chinois au sanctuaire marial de Sheshan, près de Shanghai[45]. Benoît XVI compose pour l'occasion une « Prière à Notre-Dame de Sheshan », traduite en mandarin, distribuée à grande échelle dans les communautés chinoises de la diaspora.
« l'engagement de tous ceux qui, en Chine, au milieu des difficultés quotidiennes, continuent à croire, à espérer, à aimer, afin qu'ils ne craignent jamais de parler de Jésus au monde et du monde à Jésus » — Benoît XVI, Prière à Notre-Dame de Sheshan (mai 2008), citée dans l'Angélus du 25 mai 2008[46]
La réception en Chine et les sanctions
La réception du document est immédiate et contrastée. Les évêques clandestins le saluent comme une libération doctrinale, ceux de l'APCC réagissent prudemment. Les autorités chinoises interdisent la diffusion du texte officiel en Chine continentale : il circule par photocopies, par mémoire, et surtout via Internet (jusqu'au filtrage progressif). En 2008, en représailles, les autorités de Shanghai imposent les premières restrictions massives sur Sheshan : interdiction des pèlerinages diocésains organisés depuis Hong Kong, contrôles d'identité à l'entrée du sanctuaire, fermeture progressive du parc adjacent[47]. La situation se durcira encore après 2020.
L'accord provisoire de 2018 : un tournant controversé
Genèse et négociation
Élu le 13 mars 2013, François confie le dossier chinois au cardinal Pietro Parolin, son nouveau secrétaire d'État (nommé le 31 août 2013). Parolin reprend une négociation diplomatique entamée sous Benoît XVI mais interrompue par les ordinations sauvages de 2010-2011 (ordination épiscopale de Lei Shiyin à Leshan le 29 juin 2011, sans mandat pontifical : excommunication latae sententiae — qui s'applique d'elle-même, comme expliqué plus haut[48]). Cinq années de négociations secrètes aboutissent à la signature, le 22 septembre 2018 à Pékin, d'un Accord provisoire entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine sur la nomination des évêques[49].
Le contenu connu
Le texte intégral demeure secret — cas exceptionnel d'un accord diplomatique entre deux États dont le contenu n'est pas publié. Les éléments connus, par communiqués officiels et fuites contrôlées, sont les suivants :
- la République populaire de Chine présente les candidats à l'épiscopat selon une procédure interne où l'APCC joue un rôle déterminant ;
- le pape conserve un droit de veto, c'est-à-dire qu'aucun nom ne peut être imposé contre sa volonté explicite ;
- sept évêques chinois excommuniés sous Benoît XVI parce qu'ordonnés sans mandat sont réintégrés dans la communion catholique par François simultanément à la signature ;
- la Conférence des évêques de Chine (non reconnue par Rome jusqu'alors) entre dans une phase d'intégration progressive ;
- les diocèses clandestins demeurent dans l'ambiguïté : certains de leurs évêques sont reconnus par l'État dans le cadre du nouvel accord, mais le statut juridique de l'ensemble du clergé clandestin reste à clarifier.
Les premières ordinations sous le nouvel accord
La première mise en œuvre publique de l'accord est l'ordination épiscopale de Mgr Anthony Yao Shun, évêque de Jining (Mongolie-Intérieure), en la cathédrale Notre-Dame du Rosaire de Jining (Ulanqab, Mongolie-Intérieure) le 26 août 2019. Pour la première fois depuis 1958, une ordination épiscopale en Chine continentale se déroule avec mandat pontifical reconnu publiquement par les deux parties[50]. Le geste est salué à Rome comme la concrétisation diplomatique d'une normalisation.
Les renouvellements (2020, 2022, 2024)
| Date de renouvellement | Durée | Particularité |
|---|---|---|
| 22 octobre 2020 | 2 ans | Premier renouvellement, signé en pleine crise Covid |
| 22 octobre 2022 | 2 ans | Renouvellement malgré l'arrestation du cardinal Zen six mois plus tôt |
| 22 octobre 2024 | 4 ans | Doublement de la durée — jusqu'en 2028 |
Le renouvellement du 22 octobre 2024, signé pour quatre ans (le double des renouvellements précédents, donc jusqu'au 22 octobre 2028), traduit l'engagement durable du Saint-Siège dans la voie ouverte en 2018, malgré l'arrestation et le procès du cardinal Zen entre-temps[51]. Après ce renouvellement, l'accord a continué d'être appliqué : Léon XIV a nommé Mgr Francis Li Jianlin à la préfecture apostolique de Xinxiang le 11 août 2025, ordonné évêque à Xinxiang le 5 décembre 2025 ; la Salle de presse du Saint-Siège a salué le 6 décembre 2025 la reconnaissance civile de Mgr Joseph Zhang Weizhu comme évêque émérite ; puis Mgr Paolo Liu Honggang a été ordonné à Datong le 31 août 2026, sixième ordination du pontificat dans le cadre de l'accord[52]. Le communiqué de la Salle de presse du Saint-Siège insiste sur le caractère « provisoire » du dispositif et exprime l'espoir d'un « approfondissement et d'un élargissement » du dialogue. La diplomatie vaticane décrit l'accord comme une « digue » permettant d'éviter de nouvelles ruptures, et non comme un règlement définitif.
Le cardinal Joseph Zen et l'opposition publique
De Shanghai à Hong Kong : itinéraire d'un confesseur
Né le 13 janvier 1932 à Shanghai, Joseph Zen Ze-kiun (en cantonais : Chan Yat-kwan) entre chez les salésiens en 1944, fuit le continent à 16 ans en 1948 pour échapper à la révolution maoïste, est ordonné prêtre à Turin en 1961, et devient l'un des principaux pasteurs de la diaspora chinoise de Hong Kong. Évêque de Hong Kong en 2002, créé cardinal par Benoît XVI le 24 mars 2006[53], il devient rapidement la voix la plus écoutée du catholicisme chinois à l'étranger.
La rupture publique avec la diplomatie vaticane
Zen soutient initialement, dans les années 2000, la politique de rapprochement de Benoît XVI. Mais à mesure que la diplomatie de François s'oriente vers un accord avec Pékin, il devient l'un de ses critiques les plus tranchants. Le 24 septembre 2018, deux jours après la signature de l'accord, il publie une Lettre ouverte aux cardinaux[54], où il dénonce ce qu'il considère comme un abandon des évêques et fidèles clandestins. Dans un entretien à Reuters à Hong Kong le 19 septembre 2018, il s'oppose publiquement à l'accord en préparation, qu'il juge contraire aux intérêts de l'Église clandestine restée fidèle à Rome au prix de lourdes persécutions[55].
L'arrestation du 11 mai 2022
Le 11 mai 2022, alors âgé de 90 ans, le cardinal Zen est arrêté à Hong Kong par la police de sécurité nationale au titre de la nouvelle Loi de sécurité nationale imposée par Pékin en juin 2020. Le motif officiel n'est pas religieux mais financier : il est accusé de « collusion avec des forces étrangères » pour son rôle d'administrateur du 612 Humanitarian Relief Fund, fonds humanitaire qui avait soutenu les manifestants pro-démocratie de 2019[56]. Il est relâché sous caution dans la journée.
La condamnation et le rayonnement mondial
Après plusieurs semaines d'audiences, le verdict tombe le 25 novembre 2022 : le cardinal Zen est reconnu coupable, comme cinq de ses coaccusés (dont la chanteuse Denise Ho et l'avocat de droits humains Margaret Ng), pour défaut d'enregistrement de l'association ; il est condamné à une amende de HKD 4 000 (environ 510 USD)[57]. La modicité de la peine, désirée par les autorités pour ne pas trop alimenter le scandale international, n'enlève rien à la portée symbolique du verdict : c'est la première fois qu'un cardinal en exercice est condamné à Hong Kong pour activité civique, et la première condamnation d'un cardinal en exercice par un régime communiste depuis celle du cardinal József Mindszenty en Hongrie en 1949[58].
Reçu par le pape François à Rome en janvier 2023[59], le cardinal Zen continue de plaider publiquement la cause de l'Église clandestine, sans rompre formellement avec le Saint-Siège, tout en maintenant sa critique de la stratégie chinoise du Vatican.
La « sinisation » des religions sous Xi Jinping
La doctrine de mai 2015 et l'invention d'un concept
Élu Secrétaire général du Parti communiste chinois en novembre 2012, Xi Jinping lance progressivement, à partir de mai 2015, lors de la Conférence du Front uni, une doctrine désormais centrale : la « sinisation » (Zhōngguóhuà) des religions. Le concept est repris et systématisé à la Conférence nationale du travail religieux d'avril 2016. Toute religion présente sur le territoire de la République populaire doit être adaptée à la « culture chinoise », à « la voie socialiste » et à « la direction du Parti »[60]. Le concept ne se confond pas avec l'inculturation au sens chrétien : il ne s'agit pas d'incarner l'Évangile dans la culture chinoise (ce qu'a tenté Matteo Ricci dans la controverse des rites chinois), mais de subordonner la religion à l'idéologie du Parti.
Le « Plan quinquennal pour faire avancer la sinicisation du catholicisme » (2018-2022)
En juin 2018, le Conseil chinois des évêques (organe officiel non reconnu par Rome) et l'APCC publient conjointement un document intitulé « Plan quinquennal pour faire avancer la sinicisation du catholicisme en notre nation (2018-2022) »[61]. Le texte impose à toutes les paroisses :
- l'adaptation de la prédication aux « valeurs socialistes fondamentales » énoncées par le 18ᵉ congrès du PCC ;
- le hissage du drapeau national aux entrées de toutes les églises ;
- la réécriture de l'histoire de l'Église dans une perspective patriotique ;
- l'indigénisation visuelle des œuvres d'art religieuses (suppression progressive des images jugées trop « occidentales ») ;
- la formation des séminaristes à la pensée de Xi Jinping et à « l'histoire glorieuse du PCC ».
Un nouveau plan 2023-2027 a été lancé fin 2023, étendant ces orientations.
Les démolitions de croix au Zhejiang (2014-2016)
Entre janvier 2014 et fin 2016, la province côtière du Zhejiang — surnommée « la Jérusalem chinoise » en raison de sa forte densité chrétienne (1,3 million de protestants et 220 000 catholiques) — est l'objet d'une campagne dite « Trois rectifications, une démolition » visant les édifices religieux. Entre 1 500 et 1 800 croix sont abattues du sommet des églises catholiques et protestantes par les autorités locales, plusieurs édifices entiers (dont la grande église protestante de Sanjiang, 2014) sont rasés. Le chiffre cité par ChinaAid en février 2016 — 1 700 croix démolies — est aujourd'hui le plus largement repris[62].
La fermeture progressive de Sheshan
Le sanctuaire marial de Sheshan, à Songjiang près de Shanghai, est l'un des plus grands lieux de pèlerinage catholique d'Asie. Construit entre 1925 et 1935 sur une colline visible depuis la mégalopole, il abrite une basilique en pierre, un calvaire monumental, et une statue de bronze de la Vierge tenant l'Enfant Jésus. Depuis 2008 (premier anniversaire de la lettre de Benoît XVI), les autorités de Shanghai limitent progressivement l'accès au sanctuaire pendant le mois de mai, surtout pour les pèlerins venus de Hong Kong et de la diaspora. La pandémie de Covid-19 sert de prétexte à une fermeture quasi totale depuis 2020 : seuls quelques fidèles locaux sont admis, le parc adjacent reste fermé au public, et la grande célébration du 24 mai est interdite[63]. La date instituée par Benoît XVI comme Journée mondiale de prière pour l'Église en Chine est ainsi vidée de sa signification publique sur le territoire chinois — mais demeure célébrée à travers le monde.
Mgr James Su Zhimin et les évêques disparus
Mgr James Su Zhimin, évêque clandestin de Baoding (Hebei), arrêté pour la première fois en 1977 (15 ans d'emprisonnement, jusqu'en 1993), puis arrêté en mars 1996 au cours d'une procession vers le sanctuaire marial de Donglu, évadé un mois plus tard, et recapturé le 8 octobre 1997, n'a jamais été revu publiquement depuis novembre 2003[64]. À cette date, des proches l'avaient aperçu brièvement à l'hôpital de Baoding, sous garde policière. Né en 1932, il aurait aujourd'hui 94 ans. Ses neveux et le diocèse en exil supposent qu'il est mort en détention, sans qu'aucune confirmation officielle n'ait été obtenue. Le cas est symbolique d'une catégorie entière d'évêques disparus, ni libérés, ni officiellement condamnés, ni déclarés morts.
L'arrestation de Mgr Joseph Zhang Weizhu (mai 2021)
Le 20 mai 2021, près de 100 policiers chinois perquisitionnent l'usine désaffectée de Shaheqiao (Hebei) qui servait depuis 2018 de séminaire clandestin au diocèse de Xinxiang. Le lendemain 21 mai 2021, Mgr Joseph Zhang Weizhu, évêque clandestin de Xinxiang reconnu par Rome, est arrêté à son domicile[65]. Atteint d'un cancer, il avait subi une opération peu de temps avant l'arrestation. Détenu les années suivantes — le Saint-Siège a demandé par voie diplomatique sa libération —, il a ensuite remis sa charge : le pape Léon XIV a accepté sa démission du gouvernement pastoral et nommé Mgr Francis Li Jianlin évêque de la préfecture apostolique de Xinxiang le 11 août 2025, dans le cadre de l'accord provisoire ; celui-ci a été ordonné à Xinxiang le 5 décembre 2025. Les autorités chinoises ont ensuite accordé à Mgr Zhang la reconnaissance civile comme évêque émérite, geste salué par la Salle de presse du Saint-Siège comme un nouveau pas du dialogue[66]. L'affaire, postérieure à l'accord provisoire de 2018 et à son premier renouvellement, est l'une des principales pierres d'achoppement dans la critique de l'accord par le cardinal Zen et par les évêques de la diaspora.
L'interdiction des mineurs dans les églises
Une dimension moins médiatisée mais profonde de la sinisation est l'application stricte d'une interdiction faite aux mineurs de moins de 18 ans d'entrer dans les lieux de culte et de recevoir une formation religieuse. Cette politique, amorcée par le Document n° 6 du 5 février 1991 (circulaire du Comité central du Parti et du Conseil des Affaires d'État sur l'amélioration du travail religieux, qui renforça le contrôle et l'enregistrement des activités religieuses) mais inégalement appliquée, est rigoureusement appliquée à partir de 2018 avec l'entrée en vigueur des Règlements révisés sur les affaires religieuses (1ᵉʳ février 2018), qui prohibent les activités religieuses impliquant des mineurs[67] : panneaux à l'entrée des cathédrales, vidéo-surveillance, expulsion des familles avec enfants, dénonciation des parents par les écoles. La transmission familiale, ressource principale de l'Église catholique chinoise depuis la Révolution culturelle, est ainsi explicitement visée.
État de l'Église catholique chinoise en 2026
Combien de catholiques ? Statistiques contestées
Aucun recensement officiel chinois ne fournit de chiffre fiable. L'estimation la plus couramment retenue, due au Holy Spirit Study Centre de Hong Kong (bulletin statistique, édition 2023), situe le nombre des catholiques chinois autour de 10 millions (pic à 12 millions estimé vers 2005, légère décrue depuis, bilan Catholic World Report du 22 décembre 2024) : c'est une estimation contestée, sans recensement officiel[68]. L'Église officielle (APCC) revendique environ 6 millions de fidèles dans environ 6 000 paroisses, 70 évêques publics (reconnus simultanément par Rome et par l'État pour la plupart depuis 2018), 3 800 prêtres, 5 600 religieuses et environ 10 grands séminaires. L'Église clandestine est estimée entre 4 et 6 millions de fidèles, 40 à 60 évêques (dont une partie disparus ou âgés), plusieurs centaines de prêtres, et un réseau dense de communautés rurales en particulier dans le Hebei et le Shanxi. Les frontières entre les deux Églises sont devenues poreuses depuis 2018 : de nombreux prêtres clandestins ont accepté un enregistrement public à condition de garder leur loyauté à Rome.
La hiérarchie : entre intégration et opacité
À la suite de l'accord provisoire de 2018, tous les évêques de Chine continentale sont, en principe, en communion canonique avec le Saint-Siège[69]. Mais cette unité juridique masque trois fragilités :
- Les évêques clandestins âgés ou disparus n'ont pas été remplacés selon les procédures canoniques traditionnelles ; certains diocèses se retrouvent administrés par des évêques officiels que les fidèles clandestins ne reconnaissent pas pleinement.
- Plusieurs nominations post-2018 ont eu lieu sans accord explicite du pape (cas signalés à Shanghai en avril 2023 lors du transfert non concerté de Mgr Joseph Shen Bin), ce qui contredit ouvertement l'esprit de l'accord[70].
- La Conférence des évêques de Chine (organisme officiel) n'inclut toujours pas les évêques clandestins reconnus par Rome ; l'unité reste donc de jure mais pas de facto.
Le rôle du cardinal Stephen Chow à Hong Kong
Dans ce contexte tendu, le pape François fait, en mai 2021, un choix pastoral remarqué : il nomme Stephen Chow Sau-yan, jésuite hongkongais né en 1959, comme évêque de Hong Kong, ordonné le 4 décembre 2021. Le 30 septembre 2023, lors du consistoire ordinaire, François le crée cardinal (titre San Giovanni Battista de La Salle)[71]. Chow se présente comme une figure de « pont » entre la diaspora, Hong Kong et le continent ; il effectue du 17 au 21 avril 2023 une visite officielle à Pékin (première visite d'un évêque de Hong Kong depuis 1985)[72], reçoit en novembre 2023 son homologue de Pékin Mgr Joseph Li Shan, et tente une diplomatie patiente qui contraste avec la franchise de son prédécesseur Zen. Sa nomination cardinale concentre dans un seul homme la complexité de l'Église chinoise contemporaine : profondément chinois, profondément catholique romain, profondément attaché à la liberté d'expression hongkongaise, profondément engagé dans le dialogue avec Pékin.
Une vie sacramentelle qui résiste
Malgré les restrictions, les statistiques ecclésiastiques montrent une vitalité paradoxale : environ 50 000 à 80 000 baptêmes adultes par an depuis le début des années 2000, un nombre d'ordinations sacerdotales annuelles comparable à celui de la France (60 à 100 selon les années), des congrégations religieuses chinoises en croissance, et l'apparition de mouvements de spiritualité laïque appropriés au contexte (groupes de jeunes professionnels urbains, pèlerinages familiaux silencieux, lectio divina en cellules d'appartements)[73].
Théologie d'une Église éprouvée et hypothèses d'avenir
Une succession apostolique éprouvée
La succession apostolique en Chine est aujourd'hui valide mais fragilisée par soixante-dix ans d'irrégularités. L'Église clandestine, depuis Mgr Fan Xueyan jusqu'aux successions parallèles des années 1980-1990, a maintenu une chaîne épiscopale ininterrompue au prix d'innombrables sacrifices. L'Église officielle, malgré sept évêques excommuniés réintégrés en 2018, dispose elle aussi d'une succession apostolique valide (la consécration sans mandat est gravement illicite mais sacramentellement valide, principe rappelé par Ad Apostolorum Principis[74]). L'unité de la communion catholique en Chine demeure donc, au plan strictement sacramentel, intacte ; mais au plan juridique et pastoral, elle exige encore une réconciliation interne longue.
Les saints chinois : 120 martyrs canonisés en 2000
Le 1ᵉʳ octobre 2000, fête nationale chinoise (anniversaire de la proclamation de la République populaire), Jean-Paul II canonise solennellement à Saint-Pierre 120 martyrs de Chine — 87 Chinois et 33 missionnaires étrangers, tombés entre 1648 et 1930, principalement durant la persécution des Boxers de 1900[75]. Le choix de la date provoque la fureur de Pékin, qui dénonce une « insulte à la dignité nationale ». Cette canonisation collective fait de l'Église chinoise l'une des plus richement martyrologiques du XXᵉ siècle, après l'Église polonaise et russe. Plusieurs causes de béatification contemporaines sont en cours : Mgr Pietro Fan Xueyan, le cardinal Kung Pin-Mei, divers prêtres et religieuses morts en détention. Aucune cause n'a abouti à ce jour, en raison notamment de la difficulté à recueillir les preuves diocésaines en Chine continentale.
Le défi pastoral
Le défi pastoral aujourd'hui est triple :
- Maintenir la communion entre Rome et la Chine, malgré la pression idéologique de la sinisation, sans masquer les violations concrètes de la liberté religieuse ;
- Réconcilier l'Église officielle et l'Église clandestine sans humilier celle qui a souffert le martyre ni exclure celle qui a accepté de vivre dans la légalité ;
- Transmettre la foi à la nouvelle génération chinoise, urbaine, formée à l'idéologie du Parti, dans une société de surveillance numérique où la confession ne peut plus se présumer secrète.
Hypothèses d'avenir : effondrement, intégration ou nouveau printemps ?
Trois scénarios sont aujourd'hui discutés par les observateurs catholiques :
| Scénario | Description | Indicateurs à observer |
|---|---|---|
| Effondrement contrôlé | La sinisation absorbe l'Église catholique dans une structure étatique, vidée de sa substance romaine. La communion devient nominale. | Multiplication des nominations contestées ; éloignement des évêques clandestins ; reformulation idéologique du Credo |
| Intégration patiente | L'accord provisoire évolue vers un accord définitif, avec garanties accrues pour Rome ; l'Église clandestine s'intègre progressivement à l'Église officielle réformée. | Renouvellement durable de l'accord ; réintégration symbolique d'évêques clandestins ; libération des prisonniers |
| Nouveau printemps caché | Comme dans la Pologne communiste, la pression suscite une renaissance souterraine, ferventée par des laïcs cultivés et urbains. Le rapport de forces s'inverse à long terme. | Croissance silencieuse des baptêmes adultes ; vocations sacerdotales en hausse ; figures spirituelles nouvelles |
Aucun de ces scénarios n'est exclusif. L'histoire de l'Église en Chine depuis 1949 est faite d'alternances paradoxales : la persécution n'a pas tué la foi, l'accommodement diplomatique n'a pas immédiatement procuré la liberté, la fidélité au pape a coûté trente ans de prison à un évêque mais a fini par produire un cardinal mondialement vénéré. Le mystère pascal y est inscrit comme dans peu d'autres histoires nationales contemporaines.
Pour un catholique, ces trois scénarios ne sont pas trois paris équivalents entre lesquels il faudrait choisir à froid : la mission de l'Église en Chine n'est pas de changer la structure ou l'administration de l'État, mais « d'annoncer aux hommes le Christ, Sauveur du monde »[76]. Benoît XVI a confié cette mission à la prière de toute l'Église — notamment la Journée mondiale de prière du 24 mai et la Prière à Notre-Dame de Sheshan[77] — dans la confiance du mystère pascal : c'est en passant par la croix avec le Christ que l'Église éprouvée de Chine porte déjà son fruit.
Pour aller plus loin
- La controverse des rites chinois (1645-1742) — pour comprendre l'héritage missionnaire et les blocages historiques qui ont retardé la sinisation légitime du catholicisme chinois.
- L'Église face aux totalitarismes (1917-1989) — pour situer le cas chinois dans la grande matrice doctrinale des combats catholiques contre les totalitarismes du XXᵉ siècle.
- L'Église clandestine sous le communisme (1917-1991) — pour la doctrine et la pratique de la succession apostolique parallèle, dont la Chine est aujourd'hui l'un des derniers terrains d'application.
- Les missions jésuites au Japon — pour comparer deux histoires d'Église martyres en Extrême-Orient.
- La renaissance chrétienne — pour des cas analogues de retours du christianisme après une persécution communiste.
Notes et références
Sur l'état de l'Église catholique en Chine à la veille de la révolution communiste, voir Jean-Paul Wiest, Maryknoll in China: A History 1918-1955, M.E. Sharpe, New York, 1988, ISBN 978-0-87332-419-4, p. 421-428 (statistiques globales) ; Anthony Lam Sui-ki, The Catholic Church in Present-Day China: Through Darkness and Light, Holy Spirit Study Centre, Hong Kong, 1997, ch. I ; et Claude Soetens, L'Église catholique en Chine au XXᵉ siècle, Beauchesne, Paris, 1997, p. 287-310.
1 7Benoît XVI, Lettre aux évêques, aux prêtres, aux personnes consacrées et aux fidèles laïcs de l'Église catholique en République populaire de Chine, 27 mai 2007 (solennité de la Pentecôte). Texte intégral en français sur vatican.va. Le texte est divisé en deux parties : une partie doctrinale (§ 1-17) et des orientations pastorales (§ 18-23).
2 40 41 42 43 44 76Sur l'accord provisoire Saint-Siège–RPC du 22 septembre 2018 et ses renouvellements, voir le communiqué de la Salle de presse du Saint-Siège du 22 septembre 2018 ; Sergio Centofanti et Bernardo Cervellera (éd.), Chiesa in Cina: il dialogo possibile, San Paolo, Milan, 2019 ; et les analyses suivies de Bernardo Cervellera dans AsiaNews (2018-2024).
3 49 69« Plan quinquennal pour faire avancer la sinicisation du catholicisme dans notre nation (2018-2022) », publié conjointement par la Conférence des évêques catholiques chinois (BCCCC) et l'Association patriotique des catholiques chinois (CCPA), juin 2018. Traduction anglaise du texte intégral sur chinalawtranslate.com. Un nouveau plan 2023-2027 prolonge ces orientations.
4 61Sur la persécution des Boxers et le martyre des catholiques chinois en 1900, le chiffre de plus de 30 000 catholiques massacrés est énoncé explicitement par Catholic World Report, « A Long and Rich History », 13 avril 2011 (« more than 30,000 Catholics were massacred during the Boxer Uprising ») ; et la documentation présentée par la Congrégation pour les Causes des Saints dans le cadre de la canonisation des 120 martyrs de Chine du 1ᵉʳ octobre 2000, dont la majorité tomba pendant la révolte des Boxers.
5Pie XII, constitution apostolique Quotidie Nos, 11 avril 1946, AAS 38 (1946) : érection de 20 provinces ecclésiastiques (archidiocèses), 79 diocèses et 38 préfectures apostoliques. Chiffres repris dans la New Catholic Encyclopedia, art. « China, Christianity in ».
6 10Pie XII, Cupimus Imprimis, lettre apostolique aux évêques, au clergé et au peuple de Chine ayant la communion avec le Siège apostolique, 18 janvier 1952, AAS 44 (1952), pp. 153-158 (la lettre ne comporte pas de paragraphes numérotés). Texte latin original : Documenta Catholica Omnia, PDF du texte intégral. Les passages latins cités dans l'article (Cupimus imprimis… Sinarum gentem universam ; veluti palmes a sua vite abscissus, d'après Jn 15, 6 ; semen est sanguis christianorum, d'après Tertullien, Apologétique 50) sont traduits par nos soins.
8 18Sacrée Congrégation de la Propagande, instruction Plane compertum est, approuvée par Pie XII le 8 décembre 1939, Acta Apostolicae Sedis XXXII (1940), pp. 24-26. Le texte autorise les fidèles chinois à participer aux cérémonies civiles d'honneur à Confucius et aux ancêtres, mettant fin à plus de deux siècles d'interdiction. Voir George Minamiki, The Chinese Rites Controversy from Its Beginning to Modern Times, Loyola University Press, Chicago, 1985, ISBN 978-0-8294-0457-2, p. 197-219.
9Consistoire public du 18 février 1946 : Pie XII y crée 32 nouveaux cardinaux, dont Thomas Tien Ken-sin, premier cardinal chinois de l'histoire. Voir Acta Apostolicae Sedis 38 (1946).
11Programme commun de la Conférence consultative politique du peuple chinois, adopté le 29 septembre 1949, article 5. Pour le contexte, voir Roderick MacFarquhar et John K. Fairbank (éd.), The Cambridge History of China, vol. 14, The People's Republic, Part 1: The Emergence of Revolutionary China, 1949-1965, Cambridge University Press, 1987.
12Le « Manifeste pour la réforme du catholicisme chinois » du 1ᵉʳ décembre 1950 (Guangyuan, Sichuan) fut publié dans le Renmin Ribao (Quotidien du Peuple) du 8 décembre 1950. Pour une étude détaillée, voir Beatrice Leung, Sino-Vatican Relations: Problems in Conflicting Authority 1976-1986, Cambridge University Press, 1992, p. 32-37.
13Sur les directives écrites de Mgr Riberi interdisant aux catholiques toute adhésion aux associations échappant à la communion romaine, voir la série des Missions Étrangères de Paris reprise par FSSPX.News, « The Patriotic Association of Chinese Catholics (8) », 17 août 2022 : après la déclaration du clergé de Nankin (publiée par le Quotidien du Peuple le 31 mai 1951), « Msgr. Riberi sent a letter in Latin to the bishops expressing disapproval of its contents », et « on several occasions thereafter, Msgr. Riberi did not fail to warn pastors and faithful against the Movement of the Three Autonomies ». Le jour exact parfois avancé (18 octobre 1951) n'a pas pu être corroboré par une seconde source indépendante : il est retiré du corps de l'article, qui ne retient que le mois d'octobre 1951 transmis par la tradition historiographique.
14Sur la déclaration de l'internonce Antonio Riberi comme persona non grata et son expulsion de Nankin vers Hong Kong en septembre 1951, voir Beatrice Leung et William Liu, The Chinese Catholic Church in Conflict: 1949-2001, Universal Publishers, Boca Raton, 2004 ; Landry Védrenne, The Diplomatic Relations between the Holy See and the Republic of China from 1942 to 2012: History, Challenges, and Perspectives, mémoire de master, National Chengchi University, Taipei, juin 2012 ; et Olivier Sibre, Le Saint-Siège et l'Extrême-Orient : de Léon XIII à Pie XII (1880-1952). La nonciature est transférée à Taïwan en 1952.
15Sur l'expulsion massive des missionnaires de Chine entre 1949 et 1955, voir Jean-Paul Wiest, Maryknoll in China: A History 1918-1955, M.E. Sharpe, New York, 1988, p. 442-477 ; Jean-Pierre Charbonnier, Histoire des chrétiens de Chine, Desclée, Paris, 1992 (rééd. Indes savantes, 2007) ; et Beatrice Leung et William Liu, The Chinese Catholic Church in Conflict: 1949-2001, op. cit.
16Ordres de grandeur (estimation, sans recensement officiel de l'époque) : entre 1951 et 1955, environ 5 000 prêtres et religieuses catholiques sont contraints de quitter la Chine (voir « The Catholic Church in Contemporary China: How Does the New Regulation on Religious Affairs Influence the Catholic Church? », Religions 10(7), 2019, art. 446, d'après Charbonnier 2010, p. 214-246) ; en février 1957, la Catholic Herald (« Only 23 Missioners Left In China », archives, 8 février 1957) ne recense plus que 23 missionnaires étrangers (contre 5 916 neuf ans plus tôt), aux côtés de 22 évêques chinois, 2 676 prêtres et 5 744 religieux — ce qui encadre les chiffres de « une centaine » d'étrangers au début 1954 et d'environ 2 500 prêtres chinois.
17Pie XII, Ad Sinarum Gentem, encyclique, 7 octobre 1954, AAS 47 (1955), p. 5-14. Texte latin officiel sur le site du Saint-Siège : vatican.va. Traduction française dans la Documentation catholique n° 1187, 19 décembre 1954.
19 20Sur la fondation de l'Association patriotique des catholiques chinois, voir Beatrice Leung et William Liu, The Chinese Catholic Church in Conflict: 1949-2001, Universal Publishers, Boca Raton, 2004, ISBN 978-1-58112-514-0, p. 67-89.
21Les deux premières ordinations épiscopales sans mandat pontifical du 13 avril 1958 à Hankou (Bernardine Dong Guangqing et Yuan Wenhua) sont documentées dans Anthony Lam, The Catholic Church in Present-Day China, op. cit., p. 78-82, et reprises dans Beatrice Leung et William Liu, The Chinese Catholic Church in Conflict: 1949-2001, op. cit.
22Pie XII, Ad Apostolorum Principis, encyclique, 29 juin 1958. Texte italien officiel sur vatican.va ; texte anglais officiel sur vatican.va. L'encyclique ne parle pas de « nullité des nominations » : elle déclare les consécrations sans mandat « gravement illicites, c'est-à-dire criminelles et sacrilèges » (« gravely illicit, that is, criminal and sacrilegious ») et rappelle l'excommunication réservée specialissimo modo au Siège apostolique, encourue automatiquement par le consacrant comme par le consacré. Texte original italien : « nessuno può conferire legittimamente la consacrazione episcopale se prima non sia certa l'esistenza dell'apposito mandato apostolico » ; « il movimento cosiddetto patriottico va proclamando un preteso diritto dei cattolici di eleggere di propria iniziativa i vescovi ».
23 24 74Sur l'arrestation du 8 septembre 1955, voir Paul P. Mariani, Church Militant: Bishop Kung and Catholic Resistance in Communist Shanghai, Harvard University Press, Cambridge (MA), 2011, ISBN 978-0-674-06153-2 (résumé éditeur : « the party arrested Kung and 1,200 other leading Catholics ») ; National Catholic Register, « How the Church Was Destroyed in Shanghai » (« Bishop Kung and 1,200 Shanghai Catholics were arrested » le 8 septembre 1955) ; Catholic World Report, « A profile in courage: Cardinal Kung and Catholic resistance in Shanghai », 8 septembre 2023 (« By the end of the month, over 1,200 priests and lay faithful were arrested, interrogated, and imprisoned ») ; sur les 200 prêtres arrêtés dans la nuit même, voir Christianity Today, « China's Cardinal Ignatius Kung: Loyal to Very End », mars 2000 (d'après les agences internationales : « the overnight arrest [...] of 200 Catholic priests ») ; et la chronologie officielle de la Cardinal Kung Foundation, cardinalkungfoundation.org.
25Sur le procès de 1960 et le « Longue vie au pape ! », voir Paul P. Mariani, Church Militant: Bishop Kung and Catholic Resistance in Communist Shanghai, Harvard University Press, Cambridge (MA), 2011, ISBN 978-0-674-06153-2, p. 178-196. Étude définitive en langue anglaise.
26Sur les conditions de détention et l'isolement, voir Paul Mariani, Church Militant, op. cit., p. 224-237 ; et le témoignage de Joseph Kung Wei-Chuan dans la Cardinal Kung Foundation Newsletter, septembre 2000.
27La création de Mgr Kung comme cardinal in pectore est révélée par Jean-Paul II au consistoire du 28 juin 1991. Voir l'allocution de Jean-Paul II du 28 juin 1991, Acta Apostolicae Sedis 84 (1992), p. 13-15 ; et le récit dans George Weigel, Witness to Hope: The Biography of John Paul II, HarperCollins, 1999, ISBN 978-0-06-018793-6, p. 633-636.
28Cardinal Kung Foundation, communiqué officiel du 12 mars 2000, repris dans le New York Times du 13 mars 2000 (édition imprimée, p. B7) et dans L'Osservatore Romano du 14 mars 2000 (hommage en première page). Date de libération retenue : 1985 (sortie de prison après trente ans de détention depuis l'arrestation du 8 septembre 1955, puis résidence surveillée jusqu'au départ pour les États-Unis en 1988), selon la biographie officielle de la fondation (cardinalkungfoundation.org : « In 1985, he was released from jail to serve another term of 10 years of house arrest ») et Paul Mariani, Church Militant ; un entretien du cardinal lui-même, recueilli par la fondation, donne 1986 : c'est la date 1985, corroborée par ces sources convergentes, qui est retenue dans l'article, la divergence étant signalée dans le corps du texte.
29 30 31Sur la Révolution culturelle et l'éradication totale du culte catholique en Chine entre 1966 et 1976, voir Jean-Pierre Charbonnier, Histoire des chrétiens de Chine, Desclée, Paris, 1992 (rééd. Indes savantes, 2007), p. 401-435 ; et Anthony Lam, The Catholic Church in Present-Day China, op. cit., p. 105-128.
32 33Sur la question fondamentale de la politique religieuse pendant la période socialiste de notre pays, Document n° 19 du Comité central du Parti communiste chinois, 31 mars 1982. Traduction anglaise et commentaire dans Donald MacInnis, Religion in China Today: Policy and Practice, Orbis, Maryknoll (NY), 1989, ISBN 978-0-88344-462-7, p. 8-26.
34Sur Mgr Pietro Joseph Fan Xueyan (1907-1992), libéré en 1979, les trois consécrations de 1981 accomplies sans mandat préalable puis légitimées par Jean-Paul II avec l'octroi de facultés spéciales, voir la synthèse de la Conférence épiscopale américaine, Understanding the Roman Catholic Church in China ; Anthony Lam, The Catholic Church in Present-Day China, op. cit., p. 145-152 ; The Division of the Roman Catholic Church in Mainland China: History and Challenges, Religions 8(3), 2017, art. 39 ; et la fiche biographique compilée par AsiaNews, « Mgr Pietro Joseph Fan Xueyan, bishop of Baoding », 13 avril 2012 (vingtième anniversaire de sa mort).
35 36Sur les circonstances de la mort de Mgr Fan Xueyan le 13 avril 1992, voir UCA News, « Leader of underground Church community Bishop Joseph Fan Xueyan dies », 24 avril 1992 ; et Washington Post, 25 avril 1992 (édition imprimée). La rentrée du corps avec des os brisés et des traces de torture, ainsi que les funérailles forcées, sont documentées par la Cardinal Kung Foundation et la Sœur de Sainte-Thérèse de Baoding dans des récits recueillis en 1993.
37Estimation des 10 à 12 millions de catholiques en Chine à la fin du pontificat de Jean-Paul II : voir Holy Spirit Study Centre, Tripod, vol. XXV, n° 137 (été 2005), dossier « Catholic Church in China: Statistics », p. 28-43. Les estimations basses (5-6 millions) viennent des chiffres officiels de l'APCC, qui ne comptent pas les fidèles clandestins.
38Jean-Paul II, message à l'occasion du quatrième centenaire de l'arrivée de Matteo Ricci à Pékin, 24 octobre 2001, sur vatican.va. Le pape y exprime « la profonde tristesse » devant les « erreurs et les limites » des chrétiens dans leur rencontre historique avec la culture chinoise, en particulier dans la controverse des rites.
39Sur le sanctuaire de Notre-Dame de Sheshan et la Journée mondiale de prière du 24 mai, voir Benoît XVI, Lettre aux catholiques de Chine, 27 mai 2007, § 19. Le sanctuaire de Sheshan, à Songjiang, près de Shanghai, a été construit entre 1925 et 1935 (dédicace en 1935) sur l'emplacement d'une chapelle de 1844. Élevé au rang de basilique mineure par Pie XII (bref Compertum Habemus du 12 septembre 1942, AAS 34 (1942), pp. 387-388).
45Benoît XVI, Prière à Notre-Dame de Sheshan, composée à l'occasion de la première Journée mondiale de prière pour l'Église en Chine (24 mai 2008). Le passage cité reprend le texte officiel français tel que Benoît XVI le cite lui-même dans l'Angélus du 25 mai 2008 (vatican.va).
46 77Sur les restrictions imposées à Sheshan depuis 2008 et la fermeture quasi totale depuis 2020, voir le rapport AsiaNews, « Sheshan's shrine is closed but its amusement park is open », 8 mai 2018 ; et les communiqués annuels du diocèse de Hong Kong appelant les pèlerins de la diaspora à célébrer le 24 mai « en union spirituelle avec Sheshan » puisque l'accès physique est désormais impossible.
47 63Sur l'ordination épiscopale sans mandat de Joseph Lei Shiyin comme évêque de Leshan le 29 juin 2011 et son excommunication latae sententiae, voir le communiqué de la Salle de presse du Saint-Siège du 4 juillet 2011, repris dans L'Osservatore Romano du 5 juillet 2011.
48Sur l'ordination épiscopale de Mgr Anthony Yao Shun comme évêque de Jining (Mongolie-Intérieure) le 26 août 2019 en la cathédrale Notre-Dame du Rosaire de Jining (Ulanqab), avec mandat pontifical reconnu publiquement par les deux parties, voir la déclaration du directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni, du 27 août 2019 ; AsiaNews, 27 août 2019 ; et National Catholic Register / Catholic World Report, « First Chinese bishop consecrated after Vatican-China deal », 27 août 2019.
50Sur le renouvellement quadriennal du 22 octobre 2024 (en vigueur jusqu'au 22 octobre 2028), voir le communiqué officiel de la Salle de presse du Saint-Siège du 22 octobre 2024 et l'analyse de Vatican News, « Holy See–China provisional agreement on the appointment of bishops extended », 22 octobre 2024. Sur l'application continue sous Léon XIV : nomination de Mgr Francis Li Jianlin à la préfecture apostolique de Xinxiang par Léon XIV le 11 août 2025 après acceptation de la démission de Mgr Joseph Zhang Weizhu, puis ordination épiscopale à Xinxiang le 5 décembre 2025, voir EWTN Vatican, « China ordains 18th bishop under Vatican agreement » (ewtnvatican.com) ; voir aussi Vatican News, « Bishop of the Apostolic Prefecture of Xinxiang consecrated in China », 5 décembre 2025. Sur la reconnaissance civile de Mgr Zhang Weizhu comme évêque émérite, voir la déclaration du directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni, le 6 décembre 2025 (press.vatican.va : « We are pleased to learn that today the episcopal dignity of His Excellency Giuseppe Zhang Weizhu, bishop emeritus of the Apostolic Prefecture of Xinxiang, has been civilly recognized » — mesure présentée comme le fruit du dialogue et « a new and important step »). Sur la poursuite en 2026, voir National Catholic Register / Catholic World Report, « Sixth Chinese bishop ordained under Pope Leo XIV », 31 août 2026 (ncregister.com : ordination de Mgr Paolo Liu Honggang à Datong, nommé par Léon XIV le 10 août 2026, troisième consécration en deux mois et sixième du pontificat dans le cadre de l'accord).
51 52 66Cardinal Joseph Zen Ze-kiun SDB, créé cardinal par Benoît XVI au consistoire du 24 mars 2006, titre Santa Maria Madre del Redentore a Tor Bella Monaca. Évêque émérite de Hong Kong depuis le 15 avril 2009. Voir la fiche biographique sur le site du Holy See Press Office et la biographie Joseph Zen Ze-kiun: A Salesian Cardinal between Hong Kong and the Universal Church éditée par les salésiens en 2014.
53Cardinal Joseph Zen, Lettre ouverte aux cardinaux, 24 septembre 2018, disponible sur son blog personnel oldyosef.hkdavc.com. Réédition en français dans La Croix, édition du 5 octobre 2018, p. 11-12.
54Sur l'opposition publique du cardinal Zen à l'accord de 2018, voir son entretien à Reuters, Hong Kong, 19 septembre 2018 ; National Catholic Register (2018) ; The Tablet (2018) ; Catholic News Agency (2018). La formule selon laquelle le cardinal Parolin « manipulerait » le pape ne figure dans aucun entretien retrouvé : en février 2018, le cardinal Zen avait reproché au cardinal Parolin d'avoir instrumentalisé la lettre de Benoît XVI de 2007 (Catholic World Report, 6 février 2018), non de manipuler la personne du pape ; l'attribution antérieure est donc retirée.
55Sur l'arrestation du cardinal Zen le 11 mai 2022, voir Reuters, « Hong Kong police arrest Cardinal Zen on national security charges », 11 mai 2022 ; Vatican News, 11 mai 2022 ; communiqué du Salesianum et du diocèse de Hong Kong.
56Sur le verdict du 25 novembre 2022, voir NPR, « Hong Kong court convicts Cardinal Zen, 5 others over fund to help arrested protesters », 25 novembre 2022 ; et Washington Post, édition du 26 novembre 2022.
57Sur le procès du cardinal József Mindszenty, primat de Hongrie, jugé à Budapest du 3 au 5 février 1949 et condamné à la prison à vie le 8 février 1949 par le tribunal populaire du régime communiste hongrois, voir les Historical Documents of the Office of the Historian du département d'État américain (history.state.gov : procès du 3 au 5 février 1949, verdict annoncé le 8 février, prison à vie).
58Sur l'audience privée accordée par François au cardinal Zen le 6 janvier 2023 à Sainte-Marthe (au lendemain des funérailles de Benoît XVI, passeport restitué temporairement par les autorités de Hong Kong), voir Catholic World Report, « Cardinal Zen meets Pope Francis, prays at Benedict XVI's tomb », 7 janvier 2023, d'après America Magazine (« It was wonderful. He was so very warm! ») ; voir aussi Radio Veritas Asia, « Pope Francis meets with Cardinal Zen in private audience », janvier 2023.
59Sur la doctrine de la sinisation des religions énoncée par Xi Jinping à la Conférence du Front uni de mai 2015, voir State Council Information Office of the PRC, China's Policies and Practices on Protecting Freedom of Religious Belief, Livre blanc, avril 2018 ; et l'analyse de Massimo Introvigne, Bitter Winter, série d'articles 2018-2024 sur la Sinicization of Religion.
60Sur la campagne de démolition des croix au Zhejiang entre 2014 et 2016, voir ChinaAid, Annual Persecution Reports, 2014, 2015 et 2016 ; et Marie-Eve Reny, Authoritarian Containment: Public Security Bureaus and Protestant House Churches in Urban China, Oxford University Press, 2018, ISBN 978-0-19-068566-5. Le chiffre de 1 700 croix démolies est cité dans le rapport ChinaAid, Cross Demolition Continues in Zhejiang Province, février 2016.
62Sur Mgr James Su Zhimin — arrêté en mars 1996 lors d'une procession vers le sanctuaire de Donglu, évadé un mois plus tard, recapturé le 8 octobre 1997, aperçu pour la dernière fois en novembre 2003 —, voir la fiche USCIRF, Religious Prisoners of Conscience — James Su Zhimin, uscirf.gov ; et UCA News, dossier « Su Zhimin: 25 years of disappearance », novembre 2021.
64Sur l'arrestation de Mgr Joseph Zhang Weizhu le 21 mai 2021 et le raid sur le séminaire clandestin de Shaheqiao, voir AsiaNews, « Catholic underground Bishop Zhang Weizhu of Xinxiang arrested », 24 mai 2021 ; USCIRF, fiche dédiée ; et l'analyse de Gerard O'Connell dans America Magazine, 24 mai 2022.
65Sur le Document n° 6 (Comité central du PCC et Conseil des Affaires d'État, circulaire « On Some Problems Concerning Further Improving Work on Religion », 5 février 1991, qui réaffirme le Document n° 19 tout en resserrant le contrôle), voir James Tong, « Belief in Control: Regulation of Religion in China » (texte anglais du Document n° 6 daté du 5 février 1991 en annexe de Mickey Spiegel, Freedom of Religion in China, Human Rights Watch, Appendice 1, p. 27-32). Sur les Règlements révisés sur les affaires religieuses entrés en vigueur le 1ᵉʳ février 2018, voir USCIRF, Annual Report 2019 — China (les nouvelles règles « effectively banned "unauthorized" religious teachings »). Sur l'interdiction faite aux mineurs de participer aux activités religieuses depuis février 2018 (interdiction d'accès aux églises, cours et camps de jeunes de moins de 18 ans prohibés), voir le Holy Spirit Study Centre (Tripod, « Implementation of the new Regulations », 23 novembre 2018) et la soumission au Rapporteur spécial de l'ONU sur la liberté de religion (« new legislation limiting the right of children to participate in religious activities », février 2018).
67Sur les statistiques 2024 et la décrue récente du nombre de catholiques chinois, voir Catholic World Report, « China's Catholics in 2024: a year in review », 22 décembre 2024 ; et le Holy Spirit Study Centre Statistical Bulletin, édition annuelle 2023.
68Sur le transfert non concerté de Mgr Joseph Shen Bin à Shanghai en avril 2023, voir la déclaration du porte-parole du Saint-Siège Matteo Bruni début avril 2023 (installation apprise par la presse) ; la régularisation par le pape François le 15 juillet 2023 ; et à cette occasion l'interview du cardinal Pietro Parolin aux médias du Vatican (reprise dans L'Osservatore Romano, « For the good of Catholics in China », juillet 2023), qui reconnaît que le transfert avait été décidé sans concertation, en violation de l'esprit de collaboration de l'accord de 2018. Aucune déclaration du cardinal Parolin à L'Osservatore Romano en date du 5 avril 2023 n'a été retrouvée : l'attribution antérieure est donc retirée.
70Sur la nomination cardinale de Stephen Chow Sau-yan SJ le 30 septembre 2023, voir le communiqué du Bureau de presse du Saint-Siège du 9 juillet 2023 et la fiche du College of Cardinals Report, collegeofcardinalsreport.com.
71Sur la visite de Mgr Stephen Chow à Pékin du 17 au 21 avril 2023, première visite d'un évêque de Hong Kong depuis 1985, voir la notice biographique de l'Académie pontificale des sciences (pass.va : « It was the first visit to Beijing by a bishop from Hong Kong since 1985 ») et la fiche du College of Cardinals Report ; la presse internationale parlait d'une première visite « en près de trente ans » (National Catholic Reporter, 17 avril 2023).
72Sur la vitalité contemporaine de l'Église catholique chinoise (50 000-80 000 baptêmes adultes annuels), voir le Tripod du Holy Spirit Study Centre, vol. XLI, n° 200 (2021), dossier statistique annuel ; et l'analyse de Anthony Lam, « Catholic Vocations in China », Asia Focus, 2019.
73Jean-Paul II, homélie de canonisation des 120 martyrs de Chine, basilique Saint-Pierre, 1ᵉʳ octobre 2000, sur vatican.va. Le groupe comprend des laïcs, des religieuses, des prêtres, des évêques, et même un jeune catéchumène de 18 ans, saint Chi Zhuzi, arrêté sur la route alors qu'il se préparait au baptême et écorché vif en 1900 pour avoir refusé d'apostasier.
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