Jean XXIII (Ioannes XXIII), né Angelo Giuseppe Roncalli le 25 novembre 1881 à Sotto il Monte, dans une famille de métayers de la campagne de Bergame, fut pape du 28 octobre 1958 au 3 juin 1963. Élu à 76 ans au terme d'un conclave de onze scrutins, du 25 au 28 octobre 1958 — aucun pape n'avait été élu à un âge aussi avancé depuis Clément XII, élu à 78 ans en 1730[1] —, présenté par beaucoup comme un simple « pape de transition », il devint au contraire l'un des pontifes les plus aimés et les plus déterminants du XXᵉ siècle.[2][3]
Moins de trois mois après son élection, il prit le monde catholique de court en annonçant, le 25 janvier 1959, un concile œcuménique — qui deviendra Vatican II —, un synode pour le diocèse de Rome et la révision du droit canonique.[4][5] Ce vieil homme que l'on croyait inoffensif ouvrit ainsi, avec plus de 2 500 Pères conciliaires, le plus nombreux des conciles de l'histoire de l'Église, qu'il inaugura le 11 octobre 1962 par le discours Gaudet Mater Ecclesia, refusant d'écouter les « prophètes de malheur ».[6][7][8]
Pasteur avant d'être théoricien, il marqua aussi son pontificat par deux grandes encycliques sociales, Mater et Magistra (1961) et surtout Pacem in Terris (1963), première encyclique de l'histoire adressée « à tous les hommes de bonne volonté », et par une diplomatie audacieuse qui lui fit lancer un appel à la paix au plus fort de la crise des missiles de Cuba.[9][10][11]
Emporté par un cancer de l'estomac alors que son concile n'en était qu'à sa première session, il mourut le 3 juin 1963 dans un deuil mondial. Béatifié en 2000 par Jean-Paul II et canonisé en 2014 par le pape François — qui le dispensa du second miracle habituellement requis —, il est aujourd'hui honoré comme saint Jean XXIII, fêté le 11 octobre.[12][13]
Pourquoi Jean XXIII est le pape qui a rouvert les fenêtres de l'Église
La mémoire populaire a fixé de Jean XXIII l'image d'un grand-père débonnaire, rond et souriant, le « bon pape » qui plaisantait sur son tour de taille et caressait la tête des enfants. Cette image est juste, mais elle masque l'essentiel : derrière la bonhomie se cachait un pasteur d'une liberté intérieure rare, capable de poser en quatre ans des actes que ses prédécesseurs n'avaient pas osés en un demi-siècle.
La mémoire populaire résume son pontificat par une image qu'elle lui prête, sans qu'on en connaisse de source verbatim : il aurait expliqué la convocation du concile par le geste d'ouvrir une fenêtre pour laisser entrer l'air frais dans une Église qui en avait besoin.[14] En revanche, le mot d'aggiornamento, la « mise à jour », est bien de lui : il figure dans sa propre allocution du 25 janvier 1959.[15] Mais cette ouverture ne fut jamais, chez lui, une rupture : Roncalli était un homme profondément traditionnel, formé à l'école de la piété lombarde, nourri de saint François de Sales et des Pères, fidèle au dogme et à la liturgie romaine — au point d'ajouter le nom de saint Joseph au Canon de la messe et de défendre le latin.[16][17]
Comprendre Jean XXIII, c'est donc tenir ensemble trois figures que tout semblait opposer : le paysan de Bergame resté simple jusque sous la tiare ; le diplomate aguerri qui avait passé trente ans dans les chancelleries de Sofia, d'Istanbul et de Paris ; et le pape réformateur qui, au soir de sa vie, lança l'Église dans la plus grande entreprise spirituelle du siècle. Aucune de ces trois figures n'efface les autres, et c'est leur union qui fait l'originalité de ce pontificat.
Les sources principales
Avant d'entrer dans le récit, il faut situer les sources sur lesquelles repose la connaissance de ce pontificat encore proche de nous.
| Source | Nature | Apport pour Jean XXIII |
|---|---|---|
| Le Journal de l'âme (Il Giornale dell'Anima) | Notes spirituelles personnelles, 1895-1962 | Vie intérieure, humilité, examen de conscience du jeune séminariste au pape |
| Biographie officielle du Saint-Siège (vatican.va) | Notice hagiographique et chronologique | Dates canoniques, étapes de la carrière, parcours spirituel |
| Encyclopædia Britannica, art. « Saint John XXIII » | Synthèse savante moderne | Faits, dates, contexte politique recoupés |
| Encycliques sur vatican.va (Mater et Magistra, Pacem in Terris…) | Sources primaires magistérielles | Textes intégraux et numéros de paragraphes |
| Actes et discours pontificaux (AAS, Radio Vatican) | Sources primaires | Discours d'ouverture du concile, appel sur Cuba, discours de la lune |
Les sources sont donc à la fois primaires (les écrits et discours du pape lui-même, conservés aux Acta Apostolicae Sedis et dans les archives de Radio Vatican) et secondaires (biographies historiques, dont celle de Peter Hebblethwaite et la notice du Saint-Siège). Pour les faits diplomatiques sensibles — l'aide aux Juifs, le rôle dans la crise de Cuba —, on signalera quand les chiffres relèvent d'estimations.
Du paysan de Bergame au patriarche de Venise
L'article porte sur le pontificat ; mais on ne comprend pas le pape sans l'homme. Roncalli arriva sur le trône de Pierre avec un demi-siècle d'expérience pastorale et diplomatique, qui explique presque tout de ses décisions ultérieures.
Une enfance de métayers lombards
Angelo Giuseppe Roncalli naît le 25 novembre 1881 à Sotto il Monte, un village de la province de Bergame, quatrième de treize enfants d'une famille de métayers pauvres.[18][19] Cette origine paysanne ne le quittera jamais : devenu pape, il aimera rappeler qu'il y a trois manières de se ruiner — le jeu, les femmes et l'agriculture — et que son père « avait choisi la plus ennuyeuse ».[20] Entré au séminaire de Bergame à douze ans, il commence dès 1895 ses notes spirituelles qui deviendront Le Journal de l'âme.[21][22]
Boursier de la fondation Cerasoli, il poursuit ses études à Rome au séminaire de l'Apollinaire et est ordonné prêtre le 10 août 1904, en l'église Santa Maria in Montesanto, sur la Piazza del Popolo.[23]
Le secrétaire de l'évêque et l'aumônier de guerre
Dès 1905, le jeune prêtre devient secrétaire du nouvel évêque de Bergame, Mgr Giacomo Radini-Tedeschi, qu'il sert avec dévotion jusqu'à la mort du prélat, le 22 août 1914 ; il enseigne en parallèle l'histoire ecclésiastique au séminaire diocésain.[24] Cet évêque social et réformateur fut son premier maître ; Roncalli lui consacrera plus tard une biographie.
Quand l'Italie entre en guerre, le 23 mai 1915, Roncalli est mobilisé comme sergent du service de santé, d'abord brancardier dans les hôpitaux de Bergame, puis aumônier militaire avec le grade de lieutenant.[25] L'expérience des blessés et des mourants marquera durablement sa sensibilité de pasteur.
Trente ans de diplomatie : Sofia, Istanbul, Paris
À partir de 1921, Roncalli est appelé à Rome pour réorganiser l'Œuvre de la propagation de la foi, puis entame une longue carrière diplomatique qui le tiendra éloigné de l'Italie pendant près de trente ans.
- 3 mars 1925Délégué apostolique en Bulgariesacré archevêque titulaire d'Areopoli
Roncalli reçoit l'ordination épiscopale le 19 mars 1925 et choisit pour devise Oboedientia et pax (« obéissance et paix »). Il passe dix ans dans un pays majoritairement orthodoxe, apprenant la patience œcuménique.
- 12 janvier 1935Délégué apostolique en Turquie et en Grècerésidence à Istanbul
Dans une Turquie laïcisée par Atatürk, il représente le Saint-Siège auprès de chrétientés minoritaires.[26] C'est là que, pendant la Seconde Guerre mondiale, il s'emploie à sauver des Juifs persécutés.
- 23 décembre 1944Nonce apostolique en Franceauprès du gouvernement provisoire
Charles de Gaulle ayant exigé le départ du nonce précédent, jugé trop proche de Vichy, Roncalli doit recoller les morceaux entre Rome et la France de la Libération.
- 12-15 janvier 1953Cardinal et patriarche de Venisecréé par Pie XII
Au terme de sa carrière diplomatique, il reçoit enfin une charge proprement pastorale : il a 71 ans et se croit au seuil de la retraite.
L'aide aux Juifs persécutés (1940-1944)
Pendant son séjour à Istanbul, le délégué apostolique Roncalli intervient en faveur de Juifs menacés par la déportation, en particulier des Juifs de Hongrie et des Balkans. Usant des courriers diplomatiques, de l'aide des Sœurs de Notre-Dame de Sion et de son influence personnelle, il fait transmettre des certificats de baptême « de convenance », des visas et des certificats d'immigration vers la Palestine.[27][28] Les estimations du nombre de personnes ainsi protégées varient fortement selon les sources — de plusieurs milliers à plusieurs dizaines de milliers ; il convient de les présenter comme des estimations rapportées, et non comme des chiffres établis.[29]
Le nonce de la Libération (1944-1953)
Nommé nonce en France par Pie XII fin 1944, Roncalli hérite d'un poste délicat. Son prédécesseur, Mgr Valerio Valeri, jugé trop proche du régime de Vichy, avait été déclaré indésirable par le général de Gaulle.[30][31] Surtout, le gouvernement provisoire réclamait l'éviction de plusieurs évêques accusés de collaboration. Roncalli obtint que les dossiers — souvent réduits à de simples coupures de presse — fussent réellement instruits : au terme de l'enquête, trois évêques seulement quittèrent leur siège, au lieu de la trentaine initialement visée.[32] Il y gagna une réputation de diplomate à la fois ferme, patient et conciliant.
Le 12 janvier 1953, Pie XII le crée cardinal, et le nomme trois jours plus tard patriarche de Venise.[33][34] Par un privilège ancien, c'est le président de la République française, Vincent Auriol, qui lui remet la barrette cardinalice. À 71 ans, Roncalli pense couronner là une longue carrière par quelques années de gouvernement pastoral, avant la mort.
L'élection de 1958 : le « pape de transition »
Tout, dans l'élection de 1958, concourait à faire de Roncalli un pape intérimaire. C'est précisément ce malentendu qui rend son pontificat si étonnant.
La fin du long règne de Pie XII
Le 9 octobre 1958, Pie XII meurt après dix-neuf ans d'un pontificat impérial, austère et solitaire. L'Église, qui n'a connu qu'un seul visage depuis 1939, entre en conclave dans l'incertitude.[35]
Onze tours de scrutin
Le conclave s'ouvre le 25 octobre. Après onze tours de scrutin, le patriarche de Venise est élu pape le 28 octobre 1958, à 76 ans — le plus âgé des élus depuis plus de deux siècles.[36][37] Beaucoup de cardinaux, désireux d'un répit après le long règne précédent, voient en lui un pasteur âgé et conciliant qui ne bousculera rien : la presse parle aussitôt d'un « pape de transition ».[38][39]
Le choix du nom « Jean »
Le nouveau pape surprend dès son premier acte en choisissant le nom de Jean — qu'aucun pape n'avait porté depuis plus de cinq siècles, le dernier « Jean XXIII » ayant été l'antipape Baldassare Cossa, déposé au temps du Grand Schisme d'Occident. En reprenant ce nom et ce numéro, Roncalli tranchait du même coup une vieille ambiguïté de la numérotation pontificale.[40] Selon les récits concordants des biographes, il expliqua son choix aux cardinaux avec tendresse — paroles rapportées, prononcées à huis clos et non publiées aux AAS :
« Le nom de Jean nous est doux, car c'est le nom de notre père ; il nous est cher, car c'est le nom de l'humble église paroissiale où nous avons reçu le baptême ; c'est le nom solennel d'innombrables cathédrales répandues dans le monde entier. » — Jean XXIII, allocution du 28 octobre 1958[41]
Couronné le 4 novembre 1958, fête de saint Charles Borromée, le « pape de transition » allait vite démentir toutes les prévisions.
Le coup de tonnerre du 25 janvier 1959
À peine trois mois après son élection, Jean XXIII pose l'acte qui définira tout son pontificat — et que personne n'avait vu venir.
Le 25 janvier 1959, clôturant la semaine de prière pour l'unité des chrétiens, il réunit les cardinaux présents à Rome dans la salle capitulaire de la basilique Saint-Paul-hors-les-murs et leur annonce un triple projet : un synode pour le diocèse de Rome, un concile œcuménique pour l'Église universelle, et la révision du Code de droit canonique.[42][43]
« Nous vous annonçons, en tremblant un peu d'émotion, mais en même temps avec une humble fermeté de propos, le nom et la proposition d'une double célébration : un synode diocésain pour la Ville, et un concile œcuménique pour l'Église universelle. » — Jean XXIII, allocution de Saint-Paul-hors-les-murs, 25 janvier 1959[44]
L'accueil fut glacial. Le pape lui-même raconta plus tard avoir attendu en vain que les cardinaux se pressent pour le féliciter :
« Humainement, on aurait pu s'attendre à ce que les cardinaux, après avoir écouté l'allocution, se pressent autour de nous pour exprimer leur approbation et leurs vœux. Il y eut au contraire un silence impressionnant et dévot. » — Jean XXIII, propos rapportés sur la réaction de la Curie[45]
Ce « silence dévot » disait toute la stupeur d'une Curie qui ne souhaitait pas de concile. Mais le vieux pape avait pris sa décision : la révision du droit canonique « devait accompagner et couronner » les deux assemblées.[46][47] La commission de révision fut instituée dans la foulée ; son travail n'aboutira qu'en 1983, sous Jean-Paul II, avec le nouveau Code de droit canonique.[48]
Gouverner l'Église : les grands actes du pontificat
Avant même que le concile ne se réunisse, Jean XXIII réforma en profondeur le gouvernement de l'Église par une série d'actes qui portent sa marque.
Le synode romain de 1960
En janvier 1960, Jean XXIII tient le premier synode diocésain de l'histoire de Rome — une première que relève aussi l'historiographie savante —, conçu comme une répétition à petite échelle du concile à venir.[49][50] L'expérience, vite éclipsée par Vatican II, montre néanmoins le souci pastoral du pape pour son propre diocèse, dont il visite paroisses, prisons et hôpitaux — une nouveauté qui frappe les Romains.
L'internationalisation du Sacré Collège
Le pape paysan brise un plafond resté inchangé depuis près de quatre siècles. Par sa bulle Postquam verus du 3 décembre 1586, Sixte V avait fixé à soixante-dix le nombre maximal de cardinaux, par référence aux soixante-dix anciens d'Israël.[51] Dès son premier consistoire, le 15 décembre 1958, Jean XXIII dépasse ce nombre, et le Sacré Collège atteindra plus de quatre-vingts membres.[52]
Surtout, il internationalise l'Église. Au consistoire de mars 1960, il crée le premier cardinal japonais (Peter Tatsuo Doi), le premier cardinal philippin (Rufino Santos) et, fait historique, le premier cardinal noir africain de l'époque contemporaine, Laurean Rugambwa, du Tanganyika.[53] Le visage du collège qui élira ses successeurs commence à ressembler à celui de l'Église réelle.
Saint Joseph dans le Canon de la messe
Homme de tradition autant que de réforme, Jean XXIII ordonne en 1962 l'ajout du nom de saint Joseph au Canon romain — la prière eucharistique demeurée inchangée depuis des siècles. La mesure, promulguée par le décret Novis hisce temporibus, prend effet le 8 décembre 1962.[54] La même année, l'encyclique Veterum Sapientia (22 février 1962) réaffirme avec force la place du latin dans la formation et la liturgie de l'Église, preuve que l'aggiornamento du pape n'était pas une table rase.[55]
La doctrine sociale et la paix : les encycliques
Jean XXIII a publié huit encycliques. Deux d'entre elles comptent parmi les textes majeurs du magistère social et international du XXᵉ siècle.
| Encyclique | Date | Objet principal |
|---|---|---|
| Ad Petri Cathedram | 29 juin 1959 | Vérité, unité et paix dans la charité ; programme du pontificat |
| Princeps Pastorum | 28 novembre 1959 | Missions, clergé autochtone, rôle des laïcs |
| Mater et Magistra | 15 mai 1961 | Doctrine sociale ; christianisme et progrès social |
| Pacem in Terris | 11 avril 1963 | Paix, droits de l'homme, désarmement, communauté internationale |
Mater et Magistra (1961)
Publiée le 15 mai 1961, soixante-dix ans après Rerum Novarum de Léon XIII, l'encyclique Mater et Magistra (« Mère et éducatrice ») actualise la doctrine sociale catholique.[56] Jean XXIII y défend la dignité du travailleur, le principe de socialisation (la multiplication des relations sociales et de l'intervention des pouvoirs publics), le bien commun, et surtout la solidarité internationale envers les pays en développement, dont la misère ne saurait laisser indifférents les peuples riches.[57]
Pacem in Terris (1963)
Signée le Jeudi saint 11 avril 1963, moins de deux mois avant sa mort, Pacem in Terris (« Paix sur la terre ») est le testament spirituel et politique de Jean XXIII. Elle inaugure une nouveauté retentissante : c'est la première encyclique de l'histoire adressée non seulement aux catholiques, mais « à tous les hommes de bonne volonté ».[58][59] Elle s'ouvre par une affirmation devenue célèbre :
« La paix sur la terre, objet du profond désir de l'humanité de tous les temps, ne peut se fonder ni s'affermir que dans le respect absolu de l'ordre établi par Dieu. » — Jean XXIII, Pacem in Terris, n° 1 (11 avril 1963)[60]
Dans le contexte de la guerre froide, au lendemain de la crise de Cuba, l'encyclique fonde la paix sur le respect des droits et devoirs de l'homme, le bien commun, la protection des minorités et des réfugiés, et appelle explicitement à l'arrêt de la course aux armements :
« La justice, la sagesse, le sens de l'humanité réclament par conséquent qu'on arrête la course aux armements ; elles réclament la réduction parallèle et simultanée de l'armement existant dans les divers pays, la proscription de l'arme atomique, et enfin le désarmement dûment effectué d'un commun accord et accompagné de contrôles efficaces. » — Jean XXIII, Pacem in Terris, n° 112[61]
Le texte introduit aussi une distinction restée féconde, héritée de la sagesse pastorale du pape : il faut savoir distinguer l'erreur de celui qui se trompe, et reconnaître que des mouvements historiques nés de doctrines fausses peuvent contenir des éléments positifs et évoluer.[62][63] Cette distinction ouvrira la voie au dialogue de l'Église avec le monde moderne.
Le pape et le monde : une diplomatie de la paix
L'ancien nonce ne cessa jamais d'être diplomate. Mais il mit son métier au service d'une audace nouvelle : parler par-dessus les blocs, directement aux consciences.
L'appel au plus fort de la crise de Cuba (octobre 1962)
En octobre 1962, le monde frôle la guerre nucléaire : les États-Unis ont découvert l'installation de missiles soviétiques à Cuba. Sollicité discrètement par l'intermédiaire du journaliste américain Norman Cousins, Jean XXIII rédige un appel qu'il lance sur Radio Vatican le 25 octobre 1962, en français, langue de la diplomatie.[64][65]
« Nous supplions tous les gouvernements de ne pas rester sourds à ce cri de l'humanité. Qu'ils fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour sauver la paix ; qu'ils continuent à négocier. » — Jean XXIII, appel radiophonique du 25 octobre 1962[66]
Le lendemain, le message s'étale dans la presse mondiale, y compris dans la Pravda soviétique.[67][68] L'historiographie attribue d'abord le dénouement aux négociations directes entre Kennedy et Khrouchtchev ; le rôle du pape fut un appui moral qui offrit aux deux dirigeants une porte de sortie honorable, non une médiation décisive — c'est ainsi qu'il faut l'apprécier.[69]
L'entrebâillement de la « fenêtre de l'Est »
Cette autorité morale conduisit Jean XXIII à entrouvrir prudemment le dialogue avec le bloc communiste, amorce de ce qu'on appellera l'Ostpolitik du Saint-Siège. Le 7 mars 1963, il reçoit en audience Rada Adjoubeï, fille de Nikita Khrouchtchev, et son mari Alexis, rédacteur en chef des Izvestia — un geste sans précédent qui fit grand bruit.[70] La même année, il reçut le Prix Balzan pour la paix, remis en mars 1963 ; les quatre membres soviétiques du conseil général de la fondation approuvèrent ce choix, avec l'aval de Khrouchtchev.[71][72][73]
L'ouverture de Vatican II : le rôle de Jean XXIII
Le déroulé du concile, ses débats et ses documents relèvent de l'article Vatican II. Mais l'ouverture du concile, le 11 octobre 1962, est inséparable de la personne du pape.
Le discours Gaudet Mater Ecclesia (11 octobre 1962)
Au matin du 11 octobre 1962, fête de la Maternité de la Vierge, Jean XXIII inaugure le concile par le discours Gaudet Mater Ecclesia (« L'Église, notre Mère, se réjouit »).[74] Il y entend se démarquer nettement des esprits chagrins qui ne voient dans le monde moderne que décadence :
« Il Nous arrive souvent, dans l'exercice quotidien de Notre ministère apostolique, d'avoir les oreilles offensées en apprenant ce que disent certains qui, bien que brûlants de zèle, manquent de mesure et de prudence. Dans la situation actuelle de la société, ils ne voient que ruines et calamités. Il Nous semble nécessaire de dire Notre complet désaccord avec ces prophètes de malheur, qui annoncent toujours des catastrophes, comme si le monde était proche de sa fin. » — Jean XXIII, Gaudet Mater Ecclesia, 11 octobre 1962[75]
Il y définit aussi l'esprit pastoral qu'il souhaite donner au concile, qui ne se réunit pas pour condamner mais pour soigner :
« L'Épouse du Christ préfère recourir au remède de la miséricorde plutôt que de brandir les armes de la sévérité. » — Jean XXIII, Gaudet Mater Ecclesia, 11 octobre 1962[76]
Le « discours de la lune » (soir du 11 octobre 1962)
Le soir même, une foule immense défile aux flambeaux place Saint-Pierre. Pris de court, le pape s'avance à la fenêtre du Palais apostolique et improvise quelques mots restés dans les mémoires sous le nom de discorso della Luna, le « discours de la lune » :[77]
« On dirait que même la lune s'est hâtée ce soir : regardez-la, là-haut, qui contemple ce spectacle. […] Rentrant chez vous, vous trouverez vos enfants. Faites une caresse à vos enfants et dites-leur : ceci est la caresse du Pape. » — Jean XXIII, allocution improvisée du 11 octobre 1962[78]
Cette tendresse spontanée, qui contrastait avec la majesté solennelle de son prédécesseur, scella l'affection populaire pour il Papa buono.
« Il Papa buono » : la sainteté d'un pasteur
Le surnom de « bon pape » ne fut pas une trouvaille de communicants : il jaillit du peuple, qui reconnut en Roncalli une bonté évangélique transparente.
Le Journal de l'âme
Publié après sa mort, Le Journal de l'âme (Il Giornale dell'Anima) rassemble les notes spirituelles tenues du séminaire jusqu'à la papauté.[79] On y découvre, sous la rondeur de l'homme public, une vie intérieure d'une grande exigence : examens de conscience minutieux, désir d'humilité, abandon à la Providence. C'est l'un des grands classiques spirituels du XXᵉ siècle, qui révèle que la sérénité du pape était le fruit d'un long combat.
L'humilité comme méthode de gouvernement
Témoin de cette humilité, ce mot qu'on lui prête et qui résume sa manière : interrogé une nuit d'insomnie sur les soucis qui l'accablaient, il se serait dit à lui-même : « Mais qui gouverne l'Église, toi ou l'Esprit Saint ? Eh bien, dors tranquille, Angelo. »[80] Au-delà de l'anecdote, cette confiance désarmante fut le ressort de sa liberté : un homme qui ne se prend pas pour le sauveur de l'Église ose poser des actes que la peur retient.
La maladie et la mort (3 juin 1963)
Le pape qui avait rouvert les fenêtres de l'Église n'en verrait pas le printemps. Dès septembre 1962, un cancer de l'estomac est diagnostiqué — la même maladie qui avait emporté plusieurs membres de sa famille.[81][82] Le mal est tenu secret ; le pape ouvre le concile en pleine douleur.
Après la clôture de la première session, son état se dégrade. Le 3 juin 1963, vers 19h49, Jean XXIII meurt d'une péritonite consécutive à la perforation de son estomac, à 81 ans, alors que son concile n'a tenu qu'une seule de ses quatre sessions.[83][84] La tradition rapporte ses dernières pensées, tournées vers l'unité des chrétiens qui fut l'horizon de sa vie :
« Le secret de mon ministère se trouve dans ce crucifix… Ut unum sint — que tous soient un. » — Jean XXIII, paroles de ses derniers jours[85]
Le deuil fut mondial. L'Italie décréta trois jours de deuil national ; croyants et incroyants, dirigeants de l'Est et de l'Ouest s'inclinèrent devant la mémoire d'un homme qui avait su parler à tous. Il revint à son successeur, Paul VI, de reprendre et de mener à son terme le concile inachevé.
Béatification et canonisation
La réputation de sainteté de Jean XXIII fut immédiate et universelle. Sa cause fut introduite et menée avec une rapidité remarquable.
Le 3 septembre 2000, Jean-Paul II le béatifie, lors de la même cérémonie que le pape Pie IX.[86][87] Le miracle reconnu pour la béatification est la guérison inexpliquée, en 1966, de sœur Caterina Capitani, religieuse italienne des Filles de la Charité atteinte d'une grave hémorragie sur tumeur de l'estomac — la maladie même dont le pape était mort.[88]
Le 27 avril 2014, le pape François le canonise, conjointement avec Jean-Paul II.[89][90] Fait notable, François dispensa Jean XXIII du second miracle habituellement requis pour une canonisation, exerçant l'autorité reconnue au pape en cette matière : le porte-parole du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi, précisa le 5 juillet 2013 que c'était la volonté du pape de reconnaître ainsi la sainteté du « grand pape du concile ».[91]
Sa fête liturgique fut fixée au 11 octobre, jour anniversaire de l'ouverture de Vatican II — manière de lier à jamais le saint et l'œuvre de sa vie. Il Papa buono repose désormais sous l'autel de saint Jérôme, dans la basilique Saint-Pierre, où son corps est vénéré par les pèlerins du monde entier. Lors de l'exhumation de 2001, les responsables vaticans décrivirent le corps comme remarquablement bien conservé ; le Saint-Siège n'a jamais employé à ce propos les mots de « miracle » ni d'« incorruptibilité », la conservation s'expliquant par l'embaumement et le cercueil triple scellé.[92][93]
Pour aller plus loin
- Le concile Vatican II, la grande œuvre de son pontificat, dont il ne vit que la première session
- Le pape saint Paul VI, son successeur, qui mena le concile à son terme
- Le pape vénérable Pie XII, son prédécesseur, dont le pontificat austère contraste avec le sien
- Le pape saint Jean-Paul II, qui le béatifia et fut canonisé le même jour que lui
- Rerum Novarum et la doctrine sociale, dont Mater et Magistra prolonge l'enseignement
- Le Code de droit canonique de 1983, aboutissement de la révision qu'il lança en 1959
- La crise moderniste, arrière-plan de la prudence doctrinale de l'Église qu'il connut dans sa jeunesse
Notes et références
Clément XII (Lorenzo Corsini), né le 7 avril 1652, élu pape le 12 juillet 1730 à 78 ans — aucun élu d'un âge aussi avancé depuis lors (« No pope has since been elected at an older age than Clement XII »), cf. Catholic Encyclopedia, art. « Pope Clement XII », et « Pope Clement XII », Wikipedia, https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Clement_XII.
1« Saint John XXIII — Biography, Vatican II, Pacem in Terris & Facts », Encyclopædia Britannica, https://www.britannica.com/biography/Saint-John-XXIII.
2 19 20 24 30 38 82 84« Biographie de Sa Sainteté Jean XXIII », notice officielle du Saint-Siège (livret de la canonisation, 27 avril 2014), vatican.va, https://www.vatican.va/content/john-xxiii/fr/biography/documents/hf_j-xxiii_bio_20190722_biografia.html. La version anglaise de la même notice : « ANGELO GIUSEPPE RONCALLI was born in Sotto il Monte [...] on 25 November 1881. The fourth of thirteen children, he was baptized that same day. »
3 18 21 23 33 36Jean XXIII, allocution aux cardinaux à la basilique Saint-Paul-hors-les-murs, 25 janvier 1959 (fête de la Conversion de saint Paul), annonçant le synode romain, le concile œcuménique et la révision du droit canonique. Texte italien officiel aux AAS 51 (1959), pp. 65-69 — le passage cité (« Pronunciamo innanzi a voi, certo tremando un poco di commozione, ma insieme con umile risolutezza di proposito, il nome e la proposta della duplice celebrazione... ») p. 68. Traduction de travail consultable sur vatican2voice.org, https://vatican2voice.org/91docs/announcement.htm.
4 42 44 46« Curial horror greeted John XXIII's announcement of ecumenical council », National Catholic Reporter, https://www.ncronline.org/news/vatican/curial-horror-greeted-john-xxiiis-announcement-ecumenical-council. Sur le « silence dévot » de la Curie.
5 45« The bishops and the “periti”: Key church leaders at Vatican II », Angelus News, https://angelusnews.com/news/us-world/the-bishops-and-the-periti-key-church-leaders-at-vatican-ii/ : plus d'évêques présents qu'à aucun des 20 conciles précédents, venus de plus de pays, de cultures et de langues que jamais.
6« “The biggest meeting in the history of the world” », The Tablet, https://www.thetablet.co.uk/other/the-biggest-meeting-in-the-history-of-the-world : Vatican II, premier concile vraiment mondial, « quite possibly […] the biggest meeting in the history of the world » (John O'Malley, What Happened at Vatican II, 2008) ; plus de 2 500 évêques de 116 pays.
7Discours d'ouverture Gaudet Mater Ecclesia de Jean XXIII (11 octobre 1962). Passages sur les « prophètes de malheur » et le « remède de la miséricorde ». Texte de référence : latin officiel aux Acta Apostolicae Sedis 54 (1962), pp. 786-795 ; citations françaises : traduction du latin officiel.
8 74 75 76Jean XXIII, encyclique Mater et Magistra, 15 mai 1961, texte intégral (fr.) sur vatican.va, https://www.vatican.va/content/john-xxiii/fr/encyclicals/documents/hf_j-xxiii_enc_15051961_mater.html.
9 56 57Jean XXIII, encyclique Pacem in Terris, 11 avril 1963, texte intégral (fr.) sur vatican.va, https://www.vatican.va/content/john-xxiii/fr/encyclicals/documents/hf_j-xxiii_enc_11041963_pacem.html. Citations des n° 1 et 112 ; adresse « à tous les hommes de bonne volonté ».
10 58 60 61 62« Pope John XXIII and the Cuban missile crisis », Radio Vaticana (archives), https://www.archivioradiovaticana.va/storico/2015/04/23/pope_john_xxiii_and_the_cuban_missile_crisis_/en-1138957. Appel radiophonique du 25 octobre 1962.
11 64 66« Canonization of Pope John XXIII and Pope John Paul II », Wikipedia, https://en.wikipedia.org/wiki/Canonization_of_Pope_John_XXIII_and_Pope_John_Paul_II. Canonisation du 27 avril 2014 ; dispense du second miracle ; déclaration du P. Federico Lombardi (5 juillet 2013).
12 89 91Jean-Paul II, homélie de la béatification de Jean XXIII et Pie IX, 3 septembre 2000, vatican.va, https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/en/homilies/2000/documents/hf_jp-ii_hom_20000903_beatification.html.
13 86Formule de la « fenêtre ouverte » abondamment reprise par la mémoire et la presse, sans verbatim établi dans les écrits ou discours publiés du pape ; voir Encyclopædia Britannica, art. « Saint John XXIII », et la littérature historique sur Vatican II.
14Le mot est bien de Jean XXIII lui-même : « ...all'auspicato e atteso aggiornamento del Codice di Diritto Canonico, che dovrebbe accompagnare e coronare questi due saggi di pratica applicazione... », allocution aux cardinaux, Saint-Paul-hors-les-Murs, 25 janvier 1959, AAS 51 (1959), p. 68.
15« Q: Pope John XXIII added St. Joseph to the Canon (Eucharistic Prayer I) of the Mass in 1962… », Adoremus Bulletin, https://adoremus.org/2021/01/q-pope-john-xxiii-added-st-joseph-to-the-canon-eucharistic-prayer-i-of-the-mass-in-1962-several-years-ago-st-joseph-was-also-added-to-eucharistic-prayers-ii-iii-and-iv-what-was-the-reason-for/. Décret Novis hisce temporibus, effectif au 8 décembre 1962.
16 54Jean XXIII, constitution apostolique Veterum Sapientia, 22 février 1962, sur l'étude et l'usage du latin dans l'Église. Texte sur vatican.va.
17 55Jean XXIII (Angelo Roncalli), Le Journal de l'âme (Il Giornale dell'Anima), notes spirituelles tenues de 1895 à 1962, publiées à titre posthume (éd. fr. Cerf / Cana). Source de référence pour la vie intérieure du pape.
22 79« Pope Saint John XXIII as military chaplain », Radio Vaticana (archives), http://www.archivioradiovaticana.va/storico/2014/09/11/pope_saint_john_xxiii_as_military_chaplain_/en-1106380.
25Salvador Miranda, « Angelo Giuseppe Roncalli », The Cardinals of the Holy Roman Church, https://cardinals.fiu.edu/bios1953.htm : « Apostolic delegate and apostolic vicar in Turkey, and apostolic delegate ad interim in Greece, January 12, 1935 » (transfert préalable au siège titulaire de Mesembria le 30 novembre 1934). Corroboré par GCatholic, https://gcatholic.org/dioceses/org/nunciature-066.htm (délégation en Grèce : 1935.01.12 – 1944.12.23).
26« Pope John XXIII and the Jews », International Raoul Wallenberg Foundation, https://www.raoulwallenberg.net/roncalli/articles-11/pope-john-xxiii-jews/. Sur l'aide de Roncalli aux Juifs durant son poste à Istanbul.
27« Pope John XXIII and Judaism », Wikipedia, https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_John_XXIII_and_Judaism. Estimations variables (de quelques milliers à plusieurs dizaines de milliers) à présenter comme rapportées et non établies.
28 29« Blessed Angelo Roncalli, Blessed John XXIII », America Magazine, https://www.americamagazine.org/content/all-things/blessed-angelo-roncalli-blessed-john-xxiii. Sur la nonciature en France et l'épuration des évêques (trois départs seulement).
31 32« Patriarchate of Venezia », Catholic-Hierarchy, https://www.catholic-hierarchy.org/diocese/dvene.html. Roncalli patriarche de Venise à partir du 15 janvier 1953.
34« 1958 papal conclave », Wikipedia, https://en.wikipedia.org/wiki/1958_papal_conclave ; « Conclave – October 1958 », Catholic-Hierarchy, https://www.catholic-hierarchy.org/event/c1958.html. Élection au onzième tour le 28 octobre 1958.
35 37« The Curious Case of John XXIII », National Catholic Register, https://www.ncregister.com/blog/the-curious-case-of-john-xxiii. Sur le nom « Jean », l'antipape Cossa et la réputation de « pape de transition ».
39 40Jean XXIII, explication du choix de son nom devant les cardinaux (28 octobre 1958) — paroles rapportées par les biographes, sans publication aux AAS. Texte original : « The name is sweet to us because it is the name of our father, dear to us because it is the name of the humble parish church where we were baptized, the solemn name of numberless cathedrals scattered throughout the world… »
41« 65 years ago, John XXIII announced the Second Vatican Council », Aleteia, 24 janvier 2024, https://aleteia.org/2024/01/24/65-yrs-ago-john-xxiii-announced-the-second-vatican-council/.
43« Code of Canon Law », Encyclopædia Britannica, https://www.britannica.com/topic/Code-of-Canon-Law. La commission de révision instituée par Jean XXIII en 1959 aboutit au Code promulgué par Jean-Paul II en 1983.
47 48« The Roman Synod of 1960 », Rorate Caeli, https://rorate-caeli.blogspot.com/2010/12/roman-synod-of-1960.html. Premier synode diocésain de l'histoire de Rome, tenu en janvier 1960.
49« The Roman Synod, the first of its kind, took place in January 1960 », art. « Pope John XXIII, Conciliar and Contemporary Episcopal Pastoral Governance », New Blackfriars (Cambridge).
50Sixte V, bulle Postquam verus, 3 décembre 1586, fixant à soixante-dix le nombre maximal de cardinaux, par référence aux soixante-dix anciens d'Israël (Nb 11, 16). Ce plafond resta en vigueur jusqu'aux créations de Jean XXIII.
51« Consistories of the 20th century », cardinals.fiu.edu (Salvador Miranda), https://cardinals.fiu.edu/consistories-xx.htm. Effectifs et listes des consistoires de Jean XXIII.
52« Laurean Rugambwa », The Cardinals of the Holy Roman Church (Salvador Miranda), https://cardinals.fiu.edu/bios1960.htm#Rugambwa. Premier cardinal noir africain de l'époque contemporaine, créé par Jean XXIII au consistoire du 28 mars 1960.
53« Pacem in Terris, le testament anti-guerre de Jean XXIII », cath.ch, https://www.cath.ch/newsf/pacem-in-terris-le-testament-anti-guerre-de-jean-xxiii/.
59 63« Preventing War: Pope John XXIII and the Cuban Missile Crisis », Crisis Magazine, https://crisismagazine.com/opinion/preventing-war-pope-john-xxiii-and-the-cuban-missile-crisis.
65 67« Amid nuclear fears, remember pope helped avert Armageddon », Crux, https://cruxnow.com/analysis/2017/08/amid-nuclear-fears-remember-pope-helped-avert-armageddon. Sur le rôle moral, non décisif, du pape.
68 69« Religion: Pope Meets Communist », TIME, https://time.com/archive/6807812/religion-pope-meets-communist/. Audience de Rada Adjoubeï, fille de Khrouchtchev, le 7 mars 1963.
70 72« H.H. John XXIII », Fondation Balzan, https://www.balzan.org/en/prizewinners/h-h-john-xxiii. Prix Balzan pour la paix et la fraternité entre les peuples.
71« John XXIII, Pope, Bl. », New Catholic Encyclopedia via Encyclopedia.com, https://www.encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/john-xxiii-pope-bl : « The International Balzan Foundation awarded him its Peace Prize for 1962; the four Soviet members of the foundation's general council concurred in this decision, and Nikita Khrushchev approved of their action. »
73« Saint John XXIII and his speech of the moon », Radio Vaticana (archives), https://www.archivioradiovaticana.va/storico/2016/04/27/saint_john_xxiii_and_his_speech_of_the_moon_/en-1225847. Allocution improvisée du soir du 11 octobre 1962. Texte original italien : « Tornando a casa, troverete i bambini. Date una carezza ai vostri bambini e dite: questa è la carezza del Papa. »
77 78Anecdote spirituelle largement rapportée par les biographes de Jean XXIII (cf. Peter Hebblethwaite, John XXIII: Pope of the Council, Geoffrey Chapman, 1984) illustrant sa confiance et son humilité de gouvernement.
80« History, Pathogenesis, and Management of Familial Gastric Cancer: Original Study of John XXIII's Family », International Journal of Surgical Oncology (2013), https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1155/2013/385132 : mort le 3 juin 1963 d'une péritonite due à la perforation d'un carcinome gastrique ; corps embaumé (formaldéhyde).
81 83 93Dernières paroles de Jean XXIII, rapportées par son entourage (sans procès-verbal officiel), tournées vers l'unité des chrétiens (ut unum sint, cf. Jn 17, 21), thème central de son pontificat.
85« Meet the women behind the miracles credited to John Paul II and John XXIII », U.S. Catholic, https://uscatholic.org/news-item/meet-the-women-behind-the-miracles-credited-to-john-paul-ii-and-john-xxiii/. Guérison de sœur Caterina Capitani (1966).
87 88Pape François, homélie de la messe de canonisation de Jean XXIII et Jean-Paul II, 27 avril 2014, vatican.va, https://www.vatican.va/content/francesco/en/homilies/2014/documents/papa-francesco_20140427_omelia-canonizzazioni.html.
90« Pilgrims View Body of Pope John XXIII in New Coffin » (dépêche AP), Beliefnet, https://www.beliefnet.com/faiths/catholic/2001/06/pilgrims-view-body-of-pope-john-xxiii-in-new-coffin.aspx : à l'ouverture du cercueil en 2001, les responsables vaticans décrivent le corps comme remarquablement bien conservé ; un masque de cire protège le visage. Cf. « Return Of The Good Pope », Catholic Herald, 8 juin 2001, https://archive.catholicherald.co.uk/article/8th-june-2001/1/return-of-the-good-pope. Le service d'information du Vatican n'a jamais employé à ce propos les mots de « miracle » ni d'« incorruptible ».
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