Le grand schisme d'Occident est la rupture interne de l'Église catholique entre 1378 et 1417, pendant laquelle deux puis trois hommes prétendent simultanément être pape légitime. Ce schisme n'est pas une séparation de communions ecclésiales distinctes comme le schisme d'Orient : il ne crée pas une nouvelle Église à côté de Rome. Il fracture la même communion catholique latine autour de la question de fait de l'identité du vrai successeur de Pierre.[1]
À la mort du pape Grégoire XI, de retour à Rome après près de soixante-dix ans de papauté d'Avignon, les seize cardinaux réunis à Rome élisent le 8 avril 1378 Urbain VI (Bartolomeo Prignano), archevêque de Bari. Quelques mois plus tard, treize de ces mêmes cardinaux, réfugiés à Fondi sous protection napolitaine, déclarent l'élection nulle et élisent contre lui Clément VII (Robert de Genève), qui s'installe à Avignon. La chrétienté latine se divise alors entre une lignée romaine soutenue par l'Italie, l'Empire et l'Angleterre, et une lignée d'Avignon soutenue par la France, l'Écosse et une grande partie de l'Espagne.[2][3]
Pendant trente-neuf ans, l'Église catholique vit avec deux papes — puis trois après que le concile de Pise de 1409 a prétendu déposer les deux lignes pour élire Alexandre V, sans obtenir l'obéissance des autres. C'est le concile de Constance (1414-1418), convoqué avec l'appui de Sigismond, roi des Romains (couronné empereur en 1433 seulement), qui éteint la crise : Jean XXIII de la ligne pisane est déposé le 29 mai 1415, Grégoire XII de la ligne romaine renonce librement le 4 juillet 1415, Benoît XIII de la ligne d'Avignon est déposé le 26 juillet 1417, et Martin V est élu le 11 novembre 1417, restaurant la communion visible autour d'un seul successeur de Pierre.[4][5]
L'épisode laisse une double cicatrice doctrinale. D'un côté, il révèle la solidité institutionnelle de la papauté : malgré la confusion, la communion catholique n'éclate pas en plusieurs Églises ; elle attend, prie et finit par retrouver son unité. De l'autre, le schisme nourrit la tentation conciliariste — l'idée qu'un concile général serait au-dessus du pape — que Florence (1439, primauté romaine réaffirmée), la bulle Execrabilis de Pie II (1460, qui condamne l'appel au concile contre le pape), Latran V (1516, primauté du pape sur tout concile réaffirmée par Pastor aeternus de Léon X) puis Vatican I (1870, définition dogmatique de la primauté) écarteront définitivement comme contraire à la constitution divine de l'Église.[6][7][8][9]
Pourquoi parle-t-on de schisme d'Occident ?
Un schisme dans l'Occident, pas entre l'Occident et l'Orient
Le mot « schisme » désigne en droit catholique le refus de soumission au Souverain Pontife ou le refus de communion avec ceux qui lui sont soumis.[10] Cette définition vaut autant pour le schisme d'Orient — où deux ensembles d'Églises apostoliques cessent de communier ensemble — que pour le schisme d'Occident. Mais les deux situations sont profondément différentes.
Le schisme d'Orient (1054 et siècles suivants) sépare durablement la communion catholique latine et les Églises byzantines : deux ecclésiologies, deux disciplines, deux traditions liturgiques entières restent debout, mais elles ne célèbrent plus l'Eucharistie ensemble. Le schisme d'Occident, au contraire, ne fait éclater aucune Église locale en deux : c'est la même Église latine qui se voit demander, dans chaque royaume, de discerner laquelle des deux ou trois autorités romaines est la vraie.[11]
La Catholic Encyclopedia souligne la distinction en termes très clairs. La querelle n'est pas une révolte contre la papauté comme institution : c'est, écrit-elle, « une déplorable confusion sur une question de fait », où la majorité des fidèles « étaient ignorants ou trompés, mais non coupables » — situation que la théologie classique appelle ignorance invincible.[12]
Pourquoi cette ignorance fut-elle générale
Comprendre la mécanique du schisme suppose de comprendre l'état du monde en 1378. La papauté venait de passer près de soixante-dix ans à Avignon, dans le sud du royaume de France, par décision de Clément V en 1309 puis de ses successeurs. Cette « captivité » avait profondément francisé la curie : sur les seize cardinaux qui élurent Urbain VI, onze étaient français, quatre italiens, un espagnol.[13]
Lorsque Grégoire XI ramène le siège pontifical à Rome en janvier 1377, après avoir été pressé antérieurement par sainte Brigitte de Suède (morte en 1373) et, de façon immédiate, par sainte Catherine de Sienne en 1376-1377, l'opération n'est ni stabilisée ni acceptée par tous. Une partie des cardinaux français rêve de revenir à Avignon ; les Romains, eux, ont peur de perdre à nouveau le pape. Ce contexte d'instabilité est la matrice du schisme : il ne suffit pas de revenir à Rome, encore faut-il que le peuple romain accepte l'élection d'un pape qui pourrait choisir, à son tour, de repartir.[14][15]
Comment la crise éclate-t-elle en 1378 ?
La mort de Grégoire XI et la pression du peuple romain
Le pape Grégoire XI meurt à Rome le 27 mars 1378. Les seize cardinaux présents dans la ville se réunissent au Vatican pour le conclave, dans un climat de tension extrême. Une foule romaine, redoutant qu'un pape français ne ramène la curie à Avignon, entoure le palais et exige à grands cris « Romano lo volemo, o almanco italiano ! » — « Nous voulons un Romain, ou au moins un Italien ! ».[16] Les cardinaux décident finalement, le 8 avril, d'élire Bartolomeo Prignano, archevêque de Bari, qui prend le nom d'Urbain VI.
L'élection présente trois traits décisifs. D'abord, Prignano n'est pas cardinal : comme Urbain V seize ans plus tôt (1362), il est élu hors du Sacré Collège. Ensuite, il est italien et napolitain, ce qui rassure la foule sans déclencher de bataille de cardinaux français pour le siège. Enfin, les cardinaux, après l'avoir intronisé sous la pression, le reconnaissent publiquement — y compris en lui demandant des nominations, en lui adressant des lettres officielles, en participant à son couronnement le 18 avril.[17] C'est cette reconnaissance publique des cardinaux eux-mêmes, étendue sur plusieurs semaines, qui rendra plus tard très difficile de soutenir que l'élection aurait été nulle pour cause de violence.
Urbain VI et l'humiliation des cardinaux
Urbain VI est un homme austère, intransigeant, brusque. Élevé dans la curie d'Avignon, il devient pape avec un projet de réforme drastique : supprimer le luxe, les pensions, le népotisme et la fréquentation politique des cardinaux. La Catholic Encyclopedia note qu'il se brouilla vite avec le Sacré Collège : sa réforme de la Curie partait d'une intention juste, mais il la mena sans la prudence nécessaire, allant jusqu'à invectiver publiquement les cardinaux, et son tempérament rétif fit le reste.[18]
Plutôt que de réformer avec patience, il humilie publiquement les cardinaux, refuse de promouvoir leurs candidats et tient des propos blessants en consistoire. Les cardinaux français se sentent à la fois trompés (ils l'avaient cru maniable) et menacés (ils craignent réellement pour leur dignité). En quelques semaines, le pape légitimement élu transforme ses propres électeurs en adversaires personnels.[19][20]
Dès 1378, dans ses lettres à Urbain VI, Catherine lui reproche de mal user de l'honneur que Dieu lui a fait et le supplie de maîtriser son tempérament impétueux.[21]
Catherine de Sienne, qui défendra jusqu'à sa mort la légitimité d'Urbain VI, est elle-même obligée de l'avertir : sa cause est juste, mais son tempérament est en train de la perdre. La sainte n'invente pas un autre pape ; elle supplie le pape vrai de devenir digne de son office.
La déclaration de Fondi et l'élection de Clément VII
Entre mai et juillet 1378, les cardinaux français quittent peu à peu Rome pour Anagni, puis pour Fondi, dans le royaume de Naples, sous la protection de la reine Jeanne Ière. Ils y rédigent une déclaration commune : l'élection d'Urbain VI, disent-ils, avait été extorquée par la peur du peuple romain et serait donc nulle de plein droit. Le 9 août 1378, ils publient cette déclaration et le siège est officiellement déclaré vacant.[22]
Le 20 septembre 1378, treize d'entre eux élisent à Fondi Robert de Genève, cardinal-évêque de la Sabine, qui prend le nom de Clément VII. Il s'installe peu après à Avignon, où il reprend l'appareil administratif resté en place sous Grégoire XI.[23] L'épisode crée une situation inédite dans l'histoire de l'Église : non pas une élection de pape contre un autre pape rival d'un autre courant, mais une élection de pape par les mêmes cardinaux qui venaient d'élire et de reconnaître son adversaire.
Robert de Genève n'est pas un personnage anodin. Il avait servi comme légat papal pendant la guerre des Huit Saints, et c'est lui qui, en février 1377, avait autorisé à Cesena le massacre de plusieurs milliers de civils par les compagnies bretonnes, après le meurtre de soldats pontificaux — ce qui lui a valu le surnom postérieur de « boucher de Cesena ».[24] Le visage moral de chaque camp pèsera lourd dans la perception des fidèles : Urbain VI sera odieux par caractère, Robert de Genève par antécédent.
Deux lignées papales : qui est légitime ?
La ligne romaine : Urbain VI et ses successeurs
La ligne romaine compte quatre papes :
| Pape | Dates de pontificat | Notes |
|---|---|---|
| Urbain VI (Bartolomeo Prignano) | 1378-1389 | Pape légitime initial, mort le 15 octobre 1389 |
| Boniface IX (Pietro Tomacelli) | 1389-1404 | Élu à Rome ; refuse toute négociation avec Avignon |
| Innocent VII (Cosmato de' Migliorati) | 1404-1406 | Pontificat bref, mort le 6 novembre 1406 |
| Grégoire XII (Angelo Correr) | 1406-1415 | Élu sous serment d'abdication ; abdique le 4 juillet 1415 |
C'est cette ligne que l'Église catholique reconnaît aujourd'hui comme légitime. Le critère décisif n'est pas géographique, mais juridique : l'élection d'Urbain VI a été conduite par les cardinaux compétents, validée par leur participation publique au couronnement et leur correspondance officielle pendant plusieurs semaines, sans contestation immédiate.[25]
La ligne d'Avignon : Clément VII puis Benoît XIII
La ligne d'Avignon ne compte que deux figures principales :
- Clément VII (Robert de Genève), antipape de 1378 à 1394. Mort à Avignon le 16 septembre 1394.
- Benoît XIII (Pedro Martínez de Luna), antipape de 1394 à 1423. Élu le 28 septembre 1394 par les cardinaux fidèles à Avignon, il jure d'abdiquer si cela peut rendre l'unité — promesse qu'il ne tiendra jamais.[26]
Pedro de Luna, originaire d'Illueca en Aragon, est un canoniste brillant et un homme d'une volonté indomptable. La France retire son obédience en 1398, le tient assiégé dans son propre palais d'Avignon, puis lui rend en partie son soutien avant de la lui retirer définitivement. Pedro de Luna refuse toute abdication, considère que seul le pape légitimement élu peut renoncer, et se replie en 1411 dans le château de Peñíscola en Espagne, où il continuera de signer ses bulles « Benoît XIII » jusqu'à sa mort à Peñíscola, retenue ici au 23 mai 1423 — une datation discutée, la notice de la Catholic Encyclopedia donnant aussi le 29 novembre 1422.[27]
Le verdict catholique moderne
L'historiographie catholique du XXᵉ siècle a stabilisé la position officielle de l'Église : la ligne romaine est la ligne légitime, et les papes d'Avignon comme ceux de Pise sont des antipapes. L'Annuario Pontificio ne les compte pas parmi les papes légitimes : ni les papes d'Avignon ni ceux de Pise ne sont rangés dans la vraie lignée de saint Pierre, forte présomption en faveur de la légitimité romaine.[28]
Une preuve indirecte est donnée par les noms des papes ultérieurs. Lorsque Angelo Roncalli est élu en 1958, il prend le nom de Jean XXIII ; or il y avait déjà eu, au XVᵉ siècle, un Jean XXIII — mais celui-ci, élu par le concile de Pise et déposé à Constance, n'a jamais été considéré comme légitime. Le nouvel Jean XXIII peut donc reprendre le numéro sans contradiction, signifiant ainsi publiquement que l'Église considère le précédent comme antipape.[29]
Comment les fidèles pouvaient-ils s'orienter ?
Une carte d'Europe coupée en deux
Les royaumes choisissent leur obédience selon des logiques politiques autant que religieuses. La France, l'Écosse, la Castille, l'Aragon et la Navarre se rangent peu à peu derrière Avignon. L'Italie centrale, l'Empire, l'Angleterre, la Hongrie, la Pologne et le royaume de Naples (au début) suivent Rome.[30]
Pour un curé de paroisse, un évêque de campagne ou un fidèle ordinaire, la situation est vertigineuse. Il prie chaque jour à la messe « en union avec notre saint Père le pape N. » — mais lequel est-il ? Celui que prie son roi, ou celui que prie son confesseur ? Et que vaut le sacrement du baptême reçu d'un prêtre ordonné par un évêque consacré dans l'obédience adverse ?
L'Église a heureusement un cadre canonique pour ce genre de situation : l'Ecclesia supplet — en cas d'erreur commune ou de doute positif et probable, l'Église supplée le pouvoir de gouvernement qui ferait défaut (can. 144, § 1). Concrètement, cette suppléance couvre les actes qui requièrent une juridiction : les absolutions sacramentelles et l'assistance au mariage, par exemple, reçues de bonne foi par des fidèles qui ne pouvaient pas distinguer la juridiction vraie. Elle ne garantit donc pas la validité des sacrements en général — le baptême ou l'eucharistie, eux, ne dépendent pas d'une juridiction — mais elle sécurise les actes de gouvernement : la continuité de la vie sacramentelle des fidèles ordinaires n'a donc jamais été rompue, même quand la communion hiérarchique était brouillée.[31][32]
Les saints face au schisme : un discernement contrasté
Le schisme produit un phénomène remarquable : des saints canonisés se retrouvent dans les deux camps. Sainte Catherine de Sienne (✝ 1380) défend ardemment Urbain VI ; saint Vincent Ferrier (✝ 1419), au contraire, soutient longtemps Benoît XIII d'Avignon, avant de l'abandonner publiquement en 1416 pour préparer Constance.[33]
Ce double exemple a une portée théologique précise. Il montre que la sainteté ne suffit pas à trancher une question de fait quand les éléments objectifs sont disputés. Catherine et Vincent étaient l'un et l'autre tournés vers le Christ, animés du désir de l'unité, prêts à mourir pour leur conviction. Mais ils n'avaient pas accès aux mêmes informations, ni au même jugement sur la régularité matérielle de l'élection de 1378. L'Église, dans sa miséricorde, n'a jamais reproché à Vincent Ferrier sa conviction subjective : elle l'a canonisé en 1455, sans réviser la légitimité d'Urbain VI.[34]
Dans une autre lettre à Urbain VI, elle le supplie, au nom du Christ crucifié, de réfréner les mouvements impétueux de sa nature et de se faire, par la vertu, un cœur grand surnaturellement, comme Dieu le lui a fait grand naturellement.[35]
Catherine meurt à Rome le 29 avril 1380, à trente-trois ans, après avoir offert toute sa vie pour la navicella — la barque de Pierre. Elle sera canonisée par Pie II en 1461 et proclamée docteur de l'Église par Paul VI en 1970.[36]
Le concile de Pise (1409) : trois papes au lieu d'un
L'illusion conciliaire
Pendant trente ans, les fidèles, les universités et les princes tentent de trouver une issue. Quatre voies sont discutées :
- la via cessionis — abdication simultanée des deux papes ;
- la via compromissi — décision conjointe par un tribunal arbitral ;
- la via facti — guerre, en forçant l'un à céder ;
- la via concilii — réunion d'un concile général qui imposerait l'unité.
Les deux papes refusent successivement de tenir leur parole d'abdiquer. Excédés, plusieurs cardinaux des deux obédiences se réunissent et convoquent un concile à Pise, qui s'ouvre le 25 mars 1409. Quatre patriarches, vingt-deux cardinaux, environ quatre-vingts évêques, des théologiens et des représentants des royaumes y siègent.[37]
Le concile, soutenu notamment par Jean Gerson et Pierre d'Ailly, déclare le 5 juin 1409 Grégoire XII et Benoît XIII « schismatiques et hérétiques » et prononce leur déposition. Le 26 juin, les cardinaux élisent à leur place Alexandre V (Pietro Filargo). Celui-ci meurt rapidement, le 3 mai 1410 ; ses cardinaux élisent alors Jean XXIII (Baldassare Cossa).[38]
L'aggravation au lieu de la résolution
La Catholic Encyclopedia donne le verdict : Pise n'a pas mis fin au schisme, elle l'a triplé. Ni Grégoire XII (qui conserve l'Allemagne et Naples) ni Benoît XIII (qui garde l'Espagne et l'Écosse) n'ont reconnu la déposition. Le pape pisan, lui, est reconnu par la France, l'Angleterre et une partie de l'Italie.[39] L'Église catholique se retrouve avec trois lignes de papes simultanées.
Du point de vue catholique ultérieur, le concile de Pise n'est pas un concile œcuménique : il n'a été convoqué ni par un pape légitime, ni reconnu rétroactivement par l'autorité pontificale. Il n'apparaît donc pas dans la liste officielle des vingt et un conciles œcuméniques. Alexandre V et Jean XXIII de Pise sont classés parmi les antipapes.[40]
Le concile de Constance (1414-1418)
Convoqué avec l'appui de Sigismond, sauvé par l'humilité de Grégoire XII
Le roi des Romains Sigismond (couronné empereur en 1433 seulement) presse Jean XXIII de Pise de convoquer un nouveau concile à Constance, dans l'Empire. Le concile s'ouvre le 5 novembre 1414. Sigismond y arrive solennellement la nuit de Noël 1414 et exerce sur les débats une « influence profonde et continue ».[41]
Le point juridique le plus délicat est celui-ci : un concile œcuménique réclame une convocation pontificale. Or, des trois papes en lice, lequel a le droit de convoquer ? Jean XXIII y participe, mais s'enfuit dès qu'il sent l'assemblée se retourner contre lui. La solution viendra de Grégoire XII, pape légitime de la ligne romaine. Le 4 juillet 1415, son légat, le cardinal Jean Dominici et le prince Charles Malatesta, lit en son nom une bulle qui d'abord reconvoque officiellement le concile (lui donnant ainsi le statut canonique de concile pontifical), puis prononce son abdication libre. Le geste est unique dans l'histoire : un pape légitime se démet de son office pour rendre l'unité à l'Église.[42][43]
Déposition de Jean XXIII et procès de Jan Hus
Jean XXIII de Pise, après sa fuite, est rattrapé, conduit prisonnier à Constance, jugé pour simonie, mauvaise vie et hérésie, et déposé le 29 mai 1415. Il accepte la sentence. Son cas est le plus simple des trois : il ne défend même pas sa cause et reconnaît la décision conciliaire.[44]
Pendant le concile, en juillet 1415, est aussi conclu l'autre grand dossier : celui des thèses de Jan Hus, théologien bohémien influencé par Wycliffe. Hus avait reçu un sauf-conduit impérial pour venir s'expliquer. Le concile juge ses propositions hérétiques (notamment sur l'Eucharistie, la prédestination et l'autorité), le condamne, et le livre au bras séculier. Il est brûlé le 6 juillet 1415.[45] Sur le sauf-conduit, la position du concile fut que la garantie impériale protégeait contre la violence illégale mais ne soustrayait pas un accusé d'hérésie au jugement de ses juges légitimes — position que Sigismond lui-même finit par admettre, déclarant le 1er janvier 1415 qu'il n'empêcherait pas le concile de juger selon le droit.[46] L'affaire Hus est juridiquement distincte du schisme, mais elle se déroule simultanément et marquera profondément la Bohême — préfigurant les guerres hussites et, plus tard, le terrain de la Réforme protestante.
Le décret Haec Sancta : limite et lecture catholique
Le 6 avril 1415, dans la 5ᵉ session, le concile vote le décret Haec Sancta synodus. Le texte affirme que le concile « légitimement réuni dans le Saint-Esprit, formant le concile général représentant l'Église catholique militante, tient son pouvoir immédiatement du Christ, et tous, de quelque état ou dignité qu'ils soient, même papale, sont tenus de lui obéir en ce qui concerne la foi, l'extirpation du schisme et la réforme de l'Église dans son chef et ses membres ».[47]
Ce texte est la racine doctrinale du conciliarisme. Lu sans nuance, il revient à placer le concile au-dessus du pape — ce qui contredit la constitution divine de l'Église. La réception catholique ultérieure a donc opéré un travail de discernement :
- Le concile de Constance comme tel est partiellement œcuménique : ses sessions à partir de l'abdication de Grégoire XII (juillet 1415) sont reconnues, ainsi que celles qui ont conduit à l'élection de Martin V.
- Le décret Haec Sancta est considéré comme un texte d'urgence canonique, valable pour sortir du schisme, et non comme une doctrine permanente sur le rapport pape-concile.[48][49]
- Martin V approuve les décrets du concile « conciliariter conclusa » — c'est-à-dire ceux qui ont été conclus conciliairement et qui concernent la foi — mais refuse de transformer cette approbation en doctrine générale sur la supériorité du concile.
Florence (1439), Latran V (1512-1517) et surtout Vatican I (1870) avec Pastor Aeternus tranchent définitivement la question : le pape possède « pleine puissance, suprême et universelle sur toute l'Église », et cette autorité ne dérive pas du consentement d'un concile.[50]
Le décret Frequens : un legs durable
Le concile vote aussi, le 9 octobre 1417, le décret Frequens, qui prescrit la tenue régulière de conciles généraux : un au bout de cinq ans, puis un septennal, puis un tous les dix ans.[51] Ce décret n'a jamais été appliqué dans toute sa rigueur, mais il a laissé une trace : l'Église moderne, sans accepter la thèse conciliariste, a réellement tenu plusieurs conciles majeurs (Trente, Vatican I, Vatican II) et garde la conviction qu'un concile œcuménique est un moment exceptionnel de discernement.
Déposition de Benoît XIII (26 juillet 1417)
Reste le cas le plus dur : Pedro de Luna. Retranché à Peñíscola en Espagne, il refuse d'abdiquer. Les royaumes ibériques, encore fidèles, négocient avec le concile. Sigismond rencontre Benoît XIII à Perpignan en 1415 ; les pourparlers échouent. Les souverains finissent par retirer leur obéissance. Le 26 juillet 1417, le concile déclare Pedro de Luna schismatique, hérétique et parjure, et prononce sa déposition.[52][53]
Pedro de Luna ne se soumet pas : il continue de se considérer comme pape, nomme de nouveaux cardinaux, et meurt en 1423 en pleine certitude d'être le vrai successeur de Pierre. L'un de ses derniers cardinaux élira après sa mort un éphémère Clément VIII d'Avignon, qui finira par se rallier à Martin V en 1429. La ligne d'Avignon disparaît alors définitivement.[54]
L'élection de Martin V
Le 11 novembre 1417, jour de la saint-Martin (d'où son nom), les vingt-trois cardinaux des trois obédiences confondues et trente représentants des cinq « nations » du concile élisent à l'unanimité Oddone Colonna, qui prend le nom de Martin V. C'est la première élection commune depuis 1378, et elle se fait avec l'approbation universelle.[55]
L'élection de Martin V éteint juridiquement le schisme. Reste à reconstruire : Martin V revient lentement à Rome (il y entre en septembre 1420), restaure les bâtiments ruinés, réorganise l'administration pontificale, fonde l'université de Louvain en 1425, et meurt le 20 février 1431. C'est l'un des pontificats les plus importants du XVᵉ siècle, parce qu'il reconstruit pas à pas une papauté visible, romaine et catholique.[56]
Le conciliarisme : une hérésie née du schisme ?
La thèse et ses défenseurs
Le conciliarisme est la doctrine selon laquelle un concile général représentant toute l'Église serait, dans certaines situations, au-dessus du pape. Né de la nécessité de sortir du schisme, il devient un programme politique et théologique : limiter le pouvoir pontifical, soumettre les futurs papes aux décrets conciliaires, instaurer une sorte de constitution synodale permanente.
Ses grands défenseurs sont des hommes saints et brillants. Jean Gerson (✝ 1429), chancelier de l'université de Paris, et Pierre d'Ailly (✝ 1420), évêque de Cambrai puis cardinal, jouent un rôle décisif à Constance — d'Ailly dès Pise, que Gerson approuve sans y siéger. Leur intention n'est pas révolutionnaire : ils cherchent un instrument canonique pour sortir d'une crise sans précédent. Mais leur formulation, isolée de son contexte de nécessité, ouvre la voie à des prétentions hétérodoxes.[57][58]
La condamnation progressive
Plusieurs étapes ferment le débat dans le sens catholique :
| Étape | Date | Contenu |
|---|---|---|
| Bulle Execrabilis (Pie II) | 1460 | Condamne le recours à un concile contre le pape[59] |
| Bulle Pastor aeternus gregem (Latran V, Léon X) | 19 décembre 1516 | Réaffirme la primauté pontificale au Vᵉ concile du Latran[60] |
| Pastor aeternus (Vatican I) | 18 juillet 1870 | Définit dogmatiquement la primauté universelle et l'infaillibilité pontificale[61] |
| Lumen gentium (Vatican II) | 21 novembre 1964 | Confirme la primauté tout en articulant la collégialité épiscopale[62] |
La position catholique actuelle est fixée dans le Catéchisme, n. 882 : « Le Pontife romain, en raison de sa charge de Vicaire du Christ et de pasteur de toute l'Église, a sur celle-ci un pouvoir plénier, suprême et universel, qu'il peut toujours exercer librement. »[63]
Le conciliarisme dans sa version forte est donc hétérodoxe. Mais il faut distinguer : le fait que le concile de Constance ait pu, dans une situation extrême, intervenir pour sortir du schisme, n'a rien de scandaleux — il ne nie pas la primauté, il sert l'unité. C'est la généralisation de ce cas exceptionnel en doctrine permanente qui pose problème.
Collégialité épiscopale ≠ conciliarisme
Vatican II, en redécouvrant la collégialité des évêques avec et sous le pape (Lumen gentium 22), n'a pas réhabilité le conciliarisme. Les évêques forment un collège qui agit toujours avec son chef : il n'y a pas, dans la doctrine catholique, de collège épiscopal sans le successeur de Pierre, ni d'autorité conciliaire qui s'exercerait contre lui.[64] La distinction est subtile pour le lecteur moderne, mais elle est décisive : la communion catholique se vit dans l'unité visible du pape et des évêques, pas dans leur opposition.
Que faut-il retenir aujourd'hui ?
Le schisme comme épreuve de la promesse du Christ
Le schisme d'Occident est l'une des plus grandes humiliations de l'histoire catholique. Pendant trente-neuf ans, des fidèles ont vécu sans savoir où était exactement le successeur de Pierre. Des saints se sont trompés de bonne foi. Des conciles ont navigué entre nécessité canonique et tentations hétérodoxes. Et pourtant, l'Église n'a pas disparu.
C'est précisément ce qui frappe quand on relit la promesse de Matthieu 16, 18 — « les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle ». Cette promesse ne dit pas que l'Église sera épargnée des crises : elle dit qu'aucune crise ne la détruira. Le grand schisme d'Occident est l'une des plus grandes preuves expérimentales de cette promesse. Une institution humaine pure n'aurait jamais survécu à trente-neuf ans de papauté triple. L'Église a survécu, s'est réformée et s'est purifiée.
Une leçon sur la papauté
Le schisme révèle ce que la papauté est, et ce qu'elle n'est pas. Elle n'est pas un absolutisme caractériel : Urbain VI a été pape légitime, mais son tempérament a précipité la crise. Elle n'est pas non plus un simple symbole interchangeable : la question de qui est pape a réellement compté, parce que l'unité visible passe par une personne précise, reconnaissable, en communion avec laquelle on prie.[65]
La papauté est un service de l'unité, qui suppose une responsabilité personnelle énorme. Le schisme rappelle à chaque pape — et à chaque catholique — qu'on peut être légitime et indigne, qu'on peut être saint et se tromper, et que l'Église ne tient debout que par la promesse du Christ, jamais par la qualité humaine de ses pasteurs seuls.
Une leçon sur le conciliarisme et la synodalité
L'épisode trace enfin une ligne nette. Il existe une synodalité authentique dans la tradition catholique : des conciles, des synodes, des consultations larges, des décisions partagées entre le pape et les évêques. Et il existe un conciliarisme illégitime, qui prétendrait soumettre le pape à une assemblée. La différence n'est pas politique : elle est ecclésiologique. L'Église n'est pas un parlement, c'est un corps mystique dont la tête visible est le successeur de Pierre.
Vatican II a su réintroduire la dimension synodale sans tomber dans le conciliarisme. Les synodes du XXIᵉ siècle continueront ce travail délicat : faire vivre la collégialité réelle des évêques, sans dissoudre la primauté pontificale dans une majorité conciliaire. Le schisme d'Occident reste, sur ce point, une borne historique : aucune crise ne justifie de remplacer Pierre par un comité.
Pour aller plus loin
- Lire Le grand schisme d'Orient pour la rupture précédente entre Rome et Constantinople (1054).
- Lire Le schisme de Photius pour comprendre les tensions d'Orient au IXᵉ siècle.
- Lire Le concile de Trente pour le grand concile postérieur qui répondra à la Réforme protestante.
- Retenir la distinction principale : 1378-1417 est une crise interne à l'Église latine ; 1054 est une rupture entre Occident et Orient. Les deux schismes ne sont pas de même nature.
Notes et références
Louis Salembier, "Western Schism", The Catholic Encyclopedia, vol. 13, New York, Robert Appleton Company, 1912, New Advent : Western Schism. Notice catholique de référence sur les causes, les acteurs, les obédiences, le concile de Pise, Constance et la légitimité de la ligne romaine.
1 2 12 13 14 16 19 22 28 30 32 65Michael Ott, "Pope Urban VI", The Catholic Encyclopedia, vol. 15, New York, Robert Appleton Company, 1912, New Advent : Pope Urban VI. Notice détaillée sur Bartolomeo Prignano (non cardinal au moment de son élection, conclave ouvert le 7 avril 1378, couronnement), sa réforme de la Curie « sans la prudence nécessaire », ses invectives contre les cardinaux et son tempérament rétif, puis la rupture avec les cardinaux français.
3 17 18 20 25Joseph Wilhelm, "Council of Constance", The Catholic Encyclopedia, vol. 4, New York, Robert Appleton Company, 1908, New Advent : Council of Constance. Notice de référence sur l'ouverture du concile (5 novembre 1414), la fuite et déposition de Jean XXIII (29 mai 1415), l'abdication de Grégoire XII (4 juillet 1415), la déposition de Benoît XIII (26 juillet 1417), l'élection de Martin V (11 novembre 1417) et la portée canonique des décrets.
4 29 41 42 44 45 46 53Concile de Constance, décret Haec Sancta synodus, 5ᵉ session, 6 avril 1415. Texte latin et traduction anglaise dans Norman P. Tanner (éd.), Decrees of the Ecumenical Councils, Sheed & Ward / Georgetown University Press, 1990, vol. 1 (concile de Constance) ; texte accessible en ligne : Council of Constance, session 5. La version française du corps en est une traduction fidèle.
5 47Pie II, bulle Execrabilis, 18 janvier 1460 : déclare « exécrable » tout appel d'une décision du pape à un concile futur. Réception confirmée par Léon X dans Exsurge Domine (15 juin 1520), qui rappelle la constitution de Pie II frappant de telles appellations des peines des hérétiques.
6 59Concile de Latran V, bulle Pastor aeternus gregem suum de Léon X, 11ᵉ session, 19 décembre 1516, dans Norman P. Tanner (éd.), Decrees of the Ecumenical Councils, vol. 1. Le concile condamne explicitement le conciliarisme et rappelle la primauté du Pontife romain sur tout concile.
7 49 60Concile Vatican I, constitution dogmatique Pastor aeternus, 18 juillet 1870, ch. 3 et 4, Vatican.va : Pastor aeternus. Le concile définit la primauté universelle et l'infaillibilité du pape, fermant définitivement la question conciliariste.
8 48 50 61Concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen gentium, 21 novembre 1964, nn. 22-23, Vatican.va : Lumen gentium. Doctrine sur la collégialité épiscopale avec et sous le pape, distinguant la communion catholique authentique du conciliarisme.
9 62 64Code de droit canonique, canon 751, Vatican.va : cic_lib3-cann747-755_en.html. Définition juridique du schisme comme refus de soumission au Souverain Pontife ou de communion avec ceux qui lui sont soumis.
10Johann Peter Kirsch, "Schism", The Catholic Encyclopedia, vol. 13, New York, Robert Appleton Company, 1912, New Advent : Schism. Distinction classique entre hérésie et rupture de communion.
11Catherine de Sienne, lettres à Urbain VI (1378) : première lettre écrite de Florence après l'élection (numérotation Tommasèo n° T302), puis lettres suivantes dont celle qui adjure le pape en ces termes : « Mitigate a little, for the love of Christ crucified, those sudden impulses which nature forces on you. […] As God has given you a great heart naturally, so I beg and want you to make it great supernaturally » (trad. V. D. Scudder, Saint Catherine of Siena as Seen in Her Letters, lettres « To Urban VI », texte en ligne). Éd. critique : S. Noffke, The Letters of Catherine of Siena, 2000-2008, 4 vol. (la correspondance de 1378-1380 aux vol. III-IV ; vol. IV = lettres 231-373). Les passages du corps en sont des paraphrases. Voir aussi le Centre international d'études cateriniennes.
15 21 35John Henry Boyle, "Robert of Geneva", The Catholic Encyclopedia, vol. 13, New York, Robert Appleton Company, 1912, New Advent : Robert of Geneva. Notice sur Robert de Genève : légat en Haute-Italie (1376-1378), massacre de 4000 personnes à Cesena (« executioner of Cesena »), élection à Fondi le 20 septembre 1378, mort à Avignon le 16 septembre 1394.
23 24Michael Ott, "Pedro de Luna", The Catholic Encyclopedia, vol. 11, New York, Robert Appleton Company, 1911, New Advent : Pedro de Luna. Notice sur Pedro de Luna (Illueca, Aragon, 1328) : élu le 28 septembre 1394, retrait d'obédience de la France publié le 27 juillet 1398, déposé au concile de Constance le 26 juillet 1417, mort à Peñíscola — la notice donne deux dates possibles, 29 novembre 1422 ou 23 mai 1423.
26 27 52 54Code de droit canonique, canon 144, § 1 : en cas d'erreur commune de fait ou de droit, ou de doute positif et probable de droit ou de fait, l'Église supplée le pouvoir exécutif de gouvernement, pour le for externe comme pour le for interne ; le § 2 étend cette suppléance à certaines facultés, dont celle d'absoudre (can. 966) et l'assistance au mariage (can. 1111, § 1). Texte officiel : Code of Canon Law, Cann. 129-144.
31"St. Vincent Ferrer", The Catholic Encyclopedia, vol. 15, New York, Robert Appleton Company, 1912, New Advent : Vincent Ferrer. Notice sur Vincent Ferrier : ferme adhérent de Benoît XIII, il l'abandonne en 1416 à la demande de Ferdinand d'Aragon et annonce le retrait d'obédience à Perpignan, un 6 janvier ; mort à Vannes le 5 avril 1419, canonisé par Calixte III le 3 juin 1455.
33 34Paul VI, proclamation de sainte Catherine de Sienne comme Docteur de l'Église, 4 octobre 1970, Vatican.va : Mirabilis in Ecclesia Deus. Catherine est la deuxième femme docteur de l'Église, avec Thérèse d'Avila proclamée une semaine plus tôt, le 27 septembre 1970.
36Joseph Wilhelm, "Council of Pisa", The Catholic Encyclopedia, vol. 12, New York, Robert Appleton Company, 1911, New Advent : Council of Pisa. Notice sur le concile de Pise (convoqué pour le 25 mars 1409 ; déposition le 5 juin 1409 ; élection d'Alexandre V le 26 juin 1409, mort le 3 mai 1410, puis Baldassare Cossa comme Jean XXIII), son non-statut œcuménique et le passage à trois prétendants.
37 38 39 40Michael Ott, "Pope Gregory XII", The Catholic Encyclopedia, vol. 7, New York, Robert Appleton Company, 1910, New Advent : Gregory XII. Notice sur Angelo Correr, élu le 30 novembre 1406 sous serment d'abdication, son abdication libre du 4 juillet 1415 (14ᵉ session, par ses procureurs le cardinal Dominici et Charles Malatesta) et sa mort à Recanati le 18 octobre 1417.
43Concile de Constance, décret Frequens, 39ᵉ session, 9 octobre 1417 : un concile général cinq ans après Constance, un deuxième sept ans plus tard, puis un tous les dix ans. Texte dans Norman P. Tanner, Decrees of the Ecumenical Councils, Sheed & Ward / Georgetown University Press, 1990, vol. 1.
51Johann Peter Kirsch, "Pope Martin V", The Catholic Encyclopedia, vol. 9, New York, Robert Appleton Company, 1910, New Advent : Martin V. Notice sur Oddone Colonna : élu à l'unanimité le 11 novembre 1417 par les représentants des cinq nations (nom choisi en l'honneur de saint Martin de Tours), couronné le 21 novembre, mort à Rome le 20 février 1431.
55 56"Jean de Charlier de Gerson", The Catholic Encyclopedia, vol. 6, New York, Robert Appleton Company, 1909, New Advent : Jean de Charlier de Gerson. Notice sur Gerson (né à Gerson le 14 décembre 1363, mort à Lyon le 12 juillet 1429), chancelier de l'université de Paris, qui approuve Pise sans y siéger et joue un rôle important au concile de Constance.
57"Pierre d'Ailly", The Catholic Encyclopedia, vol. 1, New York, Robert Appleton Company, 1907, New Advent : Pierre d'Ailly. Notice sur Pierre d'Ailly (né à Compiègne en 1350, mort vers 1420 à Avignon), évêque de Cambrai (1397) puis cardinal (1411), qui propose la voie du concile général et tient un premier rôle au concile de Constance.
58Catéchisme de l'Église catholique, n. 882, Vatican.va : CEC 882. Le pape, comme Vicaire du Christ et pasteur de toute l'Église, a sur elle un pouvoir plénier, suprême et universel.
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