Pape Innocent VII (1404-1406)

Troisième pape romain du Grand Schisme d'Occident, le juriste abruzzais Cosimo Migliorati jura d'abdiquer pour l'unité de l'Église ; débordé par les révoltes de Rome et le népotisme de son neveu, il refonda pourtant l'Université de Rome avant de mourir en 1406.

Ignispedia

Pape Innocent VII (Innocentius VII), de son nom de baptême Cosimo Migliorati, est élu le 17 octobre 1404 et meurt le 6 novembre 1406. Juriste abruzzais né à Sulmona, ancien collecteur pontifical en Angleterre, archevêque de Ravenne puis de Bologne, il est le troisième pape de la lignée romaine du Grand Schisme d'Occident, cette déchirure de quarante ans (1378-1417) où la chrétienté latine fut partagée entre un pape à Rome et un antipape à Avignon.[1][2][3]

Son pontificat, qui dure à peine plus de deux ans, est dominé par une promesse et un échec. La promesse est solennelle : avant même d'entrer au conclave, les cardinaux romains jurent — et Innocent VII avec eux — de ne rien négliger pour éteindre le schisme, jusqu'à déposer la tiare si l'unité l'exige.[4][5] L'échec est tout aussi clair : entravé par la méfiance envers son rival Benoît XIII, par l'ingérence du roi Ladislas de Naples et par la brièveté de son règne, il meurt sans avoir rapproché les deux obédiences.[6][7]

Un pontificat très bref, pris entre serment d'unité, Rome révoltée et refondation du Studium Urbis. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Sa Rome, elle, est ingouvernable. Deux jours après l'élection, Ladislas est aux portes de la ville ; en août 1405, le népotisme du pape éclate au grand jour quand son neveu Ludovico Migliorati fait massacrer onze citoyens romains, déclenchant un soulèvement qui jette le pape et sa cour sur les routes de Viterbe.[8][9] Innocent VII ne rentre dans sa ville qu'en mars 1406, après avoir excommunié Ladislas et obtenu la soumission du peuple romain.[10][11]

Et pourtant, ce pape débordé laisse une trace lumineuse : à Rome qui renaît, il refonde l'Université par la bulle Ad exaltationem Romanae Urbis (1406), rédigée par l'humaniste Leonardo Bruni, et rassemble autour de lui les plus grandes plumes du premier humanisme.[12][13] L'histoire catholique retient de lui un homme pieux et lettré — la Catholic Encyclopedia (1910) ne voit dans son népotisme que « l'unique tache » d'un pontife « par ailleurs vertueux » — et un maillon légitime de la chaîne de Pierre, que ni le schisme ni la confusion des hommes n'ont pu rompre.[14][15]

Pourquoi Innocent VII compte-t-il dans l'histoire de la papauté ?

Le pape légitime de la lignée romaine

Innocent VII appartient à la lignée romaine retenue par l'Église, face à l'obédience avignonnaise de Clément VII puis Benoît XIII. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Comprendre Innocent VII, c'est d'abord comprendre où il se situe dans le Grand Schisme d'Occident. Depuis 1378, deux hommes se prétendaient pape : l'un à Rome — élu par les cardinaux après la mort de Grégoire XI —, l'autre à Avignon. Innocent VII appartient à la lignée romaine : il succède à Boniface IX, lui-même successeur d'Urbain VI, et précède Grégoire XII.[16][17]

Or cette lignée n'est pas un détail d'archive : c'est celle que l'Église catholique a retenue comme légitime. La preuve la plus simple est numismatique et onomastique : quand un pape ultérieur reprend le nom et le numéro, il les compte à partir des papes romains, jamais des avignonnais. Le « Benoît XIII » légitime du XVIIIᵉ siècle ignore le « Benoît XIII » d'Avignon ; le futur « Clément VII » légitime ignore l'antipape Clément VII.

« Si l'omission délibérée des papes d'Avignon de la liste officielle n'est pas une preuve absolue, elle constitue au moins une très forte présomption en faveur de la légitimité des papes romains Urbain VI, Boniface IX, Innocent VII et Grégoire XII. » — The Catholic Encyclopedia, article « Western Schism », vol. 13, 1912[18]

Innocent VII n'est donc pas un « antipape de plus » : il est l'un des véritables successeurs de Pierre d'une époque tragique où la chrétienté, de bonne foi, ne savait plus toujours qui suivre. Saint Vincent Ferrier lui-même tint durablement pour l'obédience d'Avignon — il ne se détacha de Benoît XIII qu'en 1416 — quand sainte Catherine de Sienne avait, dès l'origine, adhéré au pape romain Urbain VI : des saints ont donc pu se tromper d'obédience sans perdre la foi — preuve que la crise portait sur un fait (l'identité du vrai pape) et non sur le dogme.[19][20][21]

Le pape qui jura d'abdiquer pour l'unité

Le second titre d'Innocent VII à la mémoire est un serment. Réunis au conclave d'octobre 1404, les cardinaux décident que celui d'entre eux qui sera élu devra tout mettre en œuvre pour finir le schisme, abdication comprise. C'est ce qu'on appelle une capitulation électorale : un engagement souscrit avant l'élection.[22][23]

L'idée est audacieuse. Elle prépare la voie de cession (via cessionis) qui dominera la décennie suivante : si les deux prétendants renoncent simultanément, l'Église pourra élire un pape unique et incontesté. Innocent VII n'y parviendra pas — mais le principe qu'il a juré sera précisément celui qui, dix ans plus tard, mettra fin au schisme au concile de Constance, quand Grégoire XII, son successeur, abdiquera pour le bien de l'unité.[24][25]

Le pape humaniste de la Rome qui renaît

Enfin, Innocent VII compte par ce qu'il a semé plus que par ce qu'il a récolté. Dans une Rome dépeuplée, appauvrie, traumatisée par un siècle d'absence des papes et par le schisme, il relance le Studium Urbis, l'Université romaine, et appelle à son service la fine fleur du premier humanisme : Leonardo Bruni, Antonio Loschi, Pier Paolo Vergerio, Francesco da Fiano.[26][27] La mort interrompt le projet, mais la direction est donnée : Rome redeviendra une capitale de la culture. En cela, ce pape de transition annonce déjà la Renaissance pontificale du siècle suivant.[28]

Cosimo Migliorati avant la tiare

Un fils de Sulmona, entre noblesse militaire et négoce

Sulmona, dans les Abruzzes, ville natale de Cosimo Migliorati. Source : Wikimedia Commons, Superchilum, CC BY-SA 4.0.

Cosimo — ou Cosmato — Migliorati naît à Sulmona, dans les Abruzzes, vers 1336.[29][30] La date n'est pas absolument fixée : les biographes hésitent entre 1336 et 1339, faute d'acte de naissance conservé.[31][32] Sa famille, sans être princière, appartient à une bourgeoisie solide, de tradition militaire mais aussi engagée dans le négoce — un milieu d'hommes pratiques, ni grands seigneurs ni petites gens.[33]

La carrière de Cosimo commence sur place : recteur de l'église Santa Maria Annunziata de Sulmona, puis archiprêtre de la ville dans les années 1370.[34] Rien, à ce stade, ne le destine à Rome. C'est le droit qui l'en arrachera.

Le juriste : Pérouse, Padoue, le décret

Migliorati étudie le droit civil et canonique dans deux des grandes universités italiennes de son temps, Pérouse et Padoue.[35][36] Il y conquiert le grade de decretorum doctor — docteur en droit canon — attesté vers 1383.[37] Le canoniste milanais Giovanni da Legnano, l'un des plus grands juristes de l'époque, le remarque et le pousse vers la curie romaine.[38][39]

Cette formation juridique n'est pas anecdotique : comme tant de papes du Moyen Âge tardif — on songe à son homonyme Innocent VI, lui aussi juriste —, Cosimo Migliorati doit son ascension non à la naissance mais à la compétence administrative. La papauté de ce temps est une machine de gouvernement qui a faim de bons légistes.

Le collecteur pontifical en Angleterre

Entré dans la curie sous Urbain VI, Migliorati devient clerc de la Chambre apostolique, puis collecteur des revenus pontificaux dans le royaume d'Angleterre, charge qu'il exerce une dizaine d'années.[40][41] La fonction est délicate : il s'agit de lever, pour Rome, les taxes ecclésiastiques d'un royaume lointain, souvent rétif aux ponctions romaines.

Cette longue mission anglaise fait de lui un homme d'expérience internationale, rompu aux finances, à la diplomatie et aux résistances des pouvoirs séculiers — un bagage rare qui expliquera sa rapide montée. De retour en Italie, il gravit en quelques années les degrés de la hiérarchie.

Archevêque, cardinal, légat

La basilique Santa Croce in Gerusalemme, titre cardinalice de Cosimo Migliorati à partir de 1389. Source : Wikimedia Commons, Fallaner, CC BY-SA 4.0.

Le 4 novembre 1387, Migliorati est nommé archevêque de Ravenne ; le 19 juin 1389, il est transféré à l'archevêché de Bologne.[42] Quelques mois plus tard, le 18 décembre 1389, le nouveau pape Boniface IX le crée cardinal-prêtre de Santa Croce in Gerusalemme — l'une des basiliques constantiniennes de Rome.[43][44]

Devenu cardinal, il est envoyé dès 1390 comme légat apostolique en Lombardie et en Toscane, avec pour mission de pacifier le conflit entre Gian Galeazzo Visconti, maître de Milan, et les communes de Bologne et de Florence.[45] Quatorze ans durant, il est l'un des piliers du gouvernement de Boniface IX. Quand celui-ci meurt, le 1ᵉʳ octobre 1404, le cardinal de Santa Croce est l'un des prélats les plus respectés de la curie romaine.[46][47]

Le conclave d'octobre 1404 et le serment d'unité

La mort de Boniface IX et les envoyés d'Avignon

Boniface IX s'éteint le 1ᵉʳ octobre 1404.[48] Sa mort survient à un moment singulier : des ambassadeurs de Benoît XIII, le pape d'Avignon, se trouvent justement à Rome pour discuter d'une éventuelle issue au schisme.[49][50]

Les cardinaux romains tentent alors un coup hardi. Ils demandent aux envoyés avignonnais : si nous renonçons à élire un nouveau pape, votre maître abdiquera-t-il, pour que l'Église élise un pasteur unique ? La réponse est brutale : Benoît XIII n'abdiquera jamais.[51][52] Devant ce refus, les cardinaux estiment qu'ils ne peuvent laisser le siège romain vacant — abandonner l'élection reviendrait à livrer l'obédience romaine à l'antipape. Ils décident donc de procéder à l'élection.[53]

La capitulation électorale : abdiquer s'il le faut

La capitulation électorale de 1404 place l'unité visible de l'Église au cœur de l'élection. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Mais avant d'entrer en conclave, le 12 octobre 1404, les neuf cardinaux présents prêtent un serment : quel que soit l'élu, il devra poursuivre par tous les moyens l'extinction du schisme — y compris, si le bien de l'Église le demande, par sa propre abdication.[54][55]

« Chacun s'engagea par un serment solennel à ne rien laisser de côté, et même, s'il le fallait, à déposer la tiare, pour mettre fin au schisme. » — d'après The Catholic Encyclopedia, article « Pope Innocent VII », vol. 8, 1910[56]

Cette clause est l'une des plus fortes du Moyen Âge tardif. Elle reconnaît implicitement que, dans une crise aussi extraordinaire, l'unité visible de l'Église peut valoir le sacrifice de la dignité suprême — non parce que la papauté serait à la merci des cardinaux, mais parce qu'un vrai pape peut librement renoncer à son office, comme l'avait fait Célestin V un siècle plus tôt. Le serment de 1404 ouvre ainsi la voie qui, à Constance, sauvera l'Église.[57]

L'élection et le couronnement

Le 17 octobre 1404, le cardinal Cosimo Migliorati est élu à l'unanimité et prend le nom d'Innocent VII.[58][59] Il est couronné le 11 novembre 1404.[60][61]

L'annonce de l'élection provoque aussitôt une émeute du parti gibelin à Rome, hostile au pouvoir temporel des papes ; l'ordre n'est rétabli que grâce à l'intervention armée du roi Ladislas de Naples.[62][63] Dès les premières heures, le pontificat porte sa marque : un pape légitime, élu dans la concorde du Sacré Collège, mais immédiatement prisonnier d'une ville et d'un royaume qui le dépassent.

Rome ingouvernable : le peuple, les Colonna, Ladislas de Naples

Une ville en armes

La Rome de 1404 n'est plus la capitale de la chrétienté qu'elle fut. Un siècle de papauté d'Avignon, puis le schisme, l'ont laissée pauvre, factieuse, déchirée entre les grandes maisons rivales — les Colonna et les Savelli d'un côté, les Orsini de l'autre.[64] La commune romaine, jalouse de ses libertés, supporte mal l'autorité temporelle du pape et rêve d'une république.[65][66]

Innocent VII hérite de cette poudrière. Deux jours seulement après son élection — dès le 19 octobre 1404 —, Ladislas d'Anjou-Durazzo, roi de Naples, paraît aux portes de Rome avec son armée, officiellement pour « protéger » le pape, en réalité pour étendre son influence sur la ville et sur les États de l'Église.[67]

Ladislas de Naples, « pacificateur » ambigu

Ladislas protège Rome contre le désordre, mais subordonne aussi la sortie du schisme à ses calculs napolitains. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le 27 octobre 1404, de nouveaux accords sont ratifiés au Vatican entre le pape, la commune romaine et Ladislas.[68] Le roi de Naples est solennellement institué « suprême pacificateur » entre les factions, et reçoit du pape le rectorat de Campagne et Maritime pour cinq ans.[69] Le 5 novembre, satisfait, il repart vers Naples.[70]

L'arrangement est lourd de pièges. En échange de sa protection, Ladislas obtient un droit de regard sur la politique pontificale : Innocent VII se serait engagé à ne rien négocier avec Benoît XIII sans que l'antipape reconnaisse d'abord les droits de Ladislas sur Naples.[71] Autrement dit, la résolution du schisme universel se trouvait suspendue à une querelle dynastique italienne. Le « pacificateur » était en réalité le principal obstacle à la paix de l'Église.[72][73]

Le poids du népotisme : Ludovico Migliorati

À cette faiblesse politique, Innocent VII en ajoute une autre, plus personnelle : le népotisme. Comme tant de pontifes de son temps, il élève les siens — mais il faut distinguer ses deux neveux. Le cardinal-neveu est Giovanni Migliorati, archevêque de Ravenne, créé cardinal-prêtre de Santa Croce in Gerusalemme au consistoire du 12 juin 1405.[74] Ludovico Migliorati, lui, n'a jamais été cardinal : c'est un condottiere, ancien soldat de Gian Galeazzo Visconti, que son oncle fait capitaine de la milice pontificale puis recteur de Todi (avril 1405).[75] La Catholic Encyclopedia de 1910 confond les deux neveux en attribuant à Ludovico l'élévation au cardinalat ; la documentation postérieure établit qu'il s'agit de Giovanni.[76][77]

« Le népotisme fut l'unique tache de ce pontife par ailleurs vertueux, estimé pour sa piété et son savoir. » — d'après The Catholic Encyclopedia, vol. 8, 1910[78]

Ce jugement résume tout : Innocent VII n'était ni cynique ni corrompu ; il fut trop faible avec sa famille, et cette faiblesse allait coûter cher à Rome et à lui-même.[79]

La révolte de 1405 et la fuite à Viterbe

Le massacre de l'hôpital du Saint-Esprit

L'hôpital Santo Spirito in Sassia, près du Vatican, théâtre du massacre qui déclencha la fuite de 1405. Vue de Giovanni Battista Falda, 1665. Source : Wikimedia Commons, domaine public.

Le 16 août 1405, la commune romaine envoie quatorze citoyens réclamer au pape la garde du Ponte Molle (le pont Milvius), enjeu stratégique de la ville.[80] Voyant dans cette députation une menace, Ludovico Migliorati en fait arrêter onze, qui sont conduits à l'hôpital Santo Spirito in Sassia — à deux pas du Vatican — et là massacrés ; leurs corps sont jetés par les fenêtres dans la rue.[81][82]

« Ludovico dei Meliorati en fit capturer onze, qui furent conduits à l'hôpital du Saint-Esprit in Sassia, où ils furent égorgés. » — Enciclopedia dei Papi, « Innocenzo VII », Treccani, 2000[83]

L'horreur du crime — perpétré dans un hôpital, lieu de charité par excellence, et tout près du tombeau de Pierre — embrase Rome.

Le soulèvement et l'exil

Parcours simplifié de la fuite d'août 1405, du secteur Vatican-Santo Spirito vers Viterbe. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

La réplique populaire est immédiate et violente : les Romains incendient les maisons des cardinaux, attaquent les positions pontificales, menacent le Castel Sant'Angelo.[84] La ville échappe totalement au pape. En août 1405, Innocent VII et toute la curie fuient Rome pour se réfugier à Viterbe.[85][86]

L'épisode est l'un des plus humiliants de l'histoire pontificale médiévale : un pape légitime, chassé de sa propre cité par le crime des siens, contraint à l'exil à quelques lieues de Rome. Il y restera plus de six mois.[87]

Le retour à Rome (mars 1406)

La pacification est lente et patiente. En novembre 1405, le pape fait nommer Francesco Panciatichi sénateur de Rome pour rétablir l'ordre ; en janvier 1406, un parlement de la ville vote la soumission de Rome au pape.[88] Le 13 mars 1406, Innocent VII rentre solennellement au Vatican.[89]

Restait à régler le cas de Ladislas de Naples, qui avait soutenu les révoltés et dont les troupes occupaient encore le Castel Sant'Angelo.[90] Le 18 juin 1406, le pape proclame en consistoire la déchéance de Ladislas pour « parjure, trahison et conspiration » ; le 24 juin, l'excommunication est publiée à Saint-Pierre.[91] Devant la fermeté pontificale, le roi cède, retire ses troupes et, en août 1406, se réconcilie : il est réinstitué « défenseur, conservateur et gonfalonier de l'Église ».[92][93] Innocent VII avait reconquis son autorité — mais le temps lui manquait déjà.

Le schisme : l'unité voulue, l'unité manquée

La via cessionis : la voie de la double abdication

La via cessionis demande aux deux prétendants de renoncer ensemble pour permettre l'élection d'un pape unique. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Tout le drame du pontificat tient dans le contraste entre le serment de 1404 et la paralysie des actes. Innocent VII avait juré d'œuvrer à l'unité ; il convoque même un concile général dès la fin de 1404 pour traiter du schisme.[94][95] Mais ce concile ne se réunit jamais.[96]

La solution que tout le monde envisageait alors était la via cessionis : que les deux prétendants — Innocent VII à Rome, Benoît XIII à Avignon — renoncent ensemble, afin qu'un conclave unique élise un pape incontesté. C'était la voie la plus simple en théorie, la plus difficile en pratique, car elle exigeait des deux hommes une humilité simultanée.

Pourquoi Innocent VII n'a pas réussi

L'historiographie catholique est lucide sur les causes de l'échec. Elles sont au nombre de trois, et aucune n'est doctrinale.[97][98]

D'abord, la méfiance. Benoît XIII (Pedro de Luna), juriste obstiné, avait fait savoir qu'il n'abdiquerait jamais ; pourquoi Innocent VII se dépouillerait-il le premier, au risque de livrer l'Église à un homme résolu à ne pas tenir parole ?[99][100] Ensuite, l'ingérence de Ladislas de Naples, qui avait conditionné toute négociation à ses propres intérêts dynastiques.[101] Enfin, la brièveté du règne : deux ans, dont six mois d'exil et des mois de reconquête de Rome, ne laissaient guère de place à la haute diplomatie.[102]

« L'obstination de Benoît, la révolte des Romains contre son neveu Ludovico, et surtout la brièveté du règne d'Innocent, firent échouer tous ses efforts. » — New Catholic Encyclopedia, article « Innocent VII », W. R. Bonniwell[103]

Il faut le dire sans faux-fuyant : Innocent VII voulut sincèrement l'unité, mais il fut un pape empêché, plus subi que subissant son temps.[104][105]

De Pise à Constance : la suite

Le serment juré en 1404 ne produit pas son fruit sous Innocent VII, mais trouve son accomplissement dans l'abdication de Grégoire XII à Constance. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'échec d'Innocent VII n'a pas été stérile. Le principe qu'il avait juré — la possibilité d'une abdication pour l'unité — a continué de cheminer. Lorsque les deux obédiences se révélèrent incapables de s'entendre, une partie des cardinaux des deux camps convoqua le concile de Pise (1409), qui crut résoudre le schisme en déposant les deux prétendants et en élisant un troisième pape — créant en réalité une troisième obédience et aggravant la confusion.

C'est seulement le concile de Constance (1414-1418), le plus grand de la fin du Moyen Âge, qui dénoua la crise : l'antipape pisan fut déposé, Benoît XIII abandonné de presque tous, et surtout Grégoire XII — le successeur direct d'Innocent VII — abdiqua librement en 1415, après avoir d'abord reconvoqué légitimement le concile.[106] L'élection de Martin V en 1417 rendit enfin à l'Église un pape unique et incontesté. Le geste que Grégoire XII accomplit en 1415 était exactement celui qu'Innocent VII avait juré d'accomplir en 1404.[107][108]

La refondation de l'Université de Rome

La bulle Ad exaltationem Romanae Urbis (1406)

La bulle Ad exaltationem Romanae Urbis inscrit le renouveau de Rome dans l'étude du droit, de la théologie, des lettres et du grec. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Au milieu de tant d'épreuves, Innocent VII trouva l'énergie d'un grand dessein culturel. Le 1ᵉʳ septembre 1406, peu avant sa mort, il promulgue la bulle « Ad exaltationem Romanae Urbis » (« Pour l'exaltation de la Ville de Rome »), qui réorganise et dote le Studium Urbis, l'Université de Rome.[109][110]

Le projet est ambitieux : il s'agit de doter Rome de facultés dignes d'une capitale, d'y enseigner non seulement le droit et la théologie, mais aussi les lettres classiques et même le grec — langue alors presque oubliée en Occident.[111] Innocent VII voulait lier organiquement le Studium, la Ville et le renouveau de la culture antique.[112]

Les humanistes au service du pape

Bulle de plomb d'Innocent VII, témoin matériel de la chancellerie pontificale du pontificat. Source : Wikimedia Commons, Portable Antiquities Scheme / The Trustees of the British Museum, CC BY-SA 2.0.

Pour porter ce dessein, Innocent VII s'entoure de l'élite intellectuelle de son temps. La bulle elle-même est rédigée par Leonardo Bruni, l'un des pères de l'humanisme florentin, secrétaire apostolique.[113][114] Gravitent aussi autour du pape Antonio Loschi, Pier Paolo Vergerio — auteur du premier grand traité humaniste sur l'éducation — et Francesco da Fiano.[115]

« Sa mort interrompit la formation d'une possible hégémonie romaine dans le développement de la culture humaniste. » — Enciclopedia dei Papi, « Innocenzo VII », Treccani, 2000[116]

C'est l'un des paradoxes les plus touchants de ce pontificat : ce pape débordé par les émeutes et le schisme a posé, sans le voir aboutir, l'une des premières pierres de la Renaissance romaine. Là où ses contemporains ne virent qu'un règne agité et bref, l'historien voit une graine.[117]

Mort et lignée : vers Grégoire XII et Constance

Mort le 6 novembre 1406, tombeau à Saint-Pierre

Tombe d'Innocent VII sous la basilique Saint-Pierre. Source : Wikimedia Commons, Riccardov, domaine public.

Innocent VII meurt à Rome le 6 novembre 1406, après deux ans et vingt jours de pontificat.[118][119] Il est inhumé dans la basilique Saint-Pierre — alors l'ancienne basilique constantinienne, qui sera démolie au siècle suivant pour faire place à la basilique actuelle.[120][121]

Le jugement de la postérité catholique est, dans l'ensemble, bienveillant. On retient un homme vertueux, pieux et savant, dont le pontificat fut sabordé par des circonstances qui le dépassaient et par la seule faiblesse du sang.[122][123] Il ne fut ni un grand réformateur comme Innocent VI, ni un saint comme certains de ses prédécesseurs — mais il ne déshonora ni la tiare ni la foi.

Grégoire XII et la fin du schisme

À sa mort, les cardinaux romains se réunissent et élisent, le 30 novembre 1406, le vénérable Angelo Correr, qui prend le nom de Grégoire XII.[124] Lui aussi avait juré, avant son élection, d'abdiquer si Benoît XIII en faisait autant — reprenant exactement l'engagement de 1404.[125]

C'est ce Grégoire XII, doux et timoré, qui aura l'honneur historique de mettre fin à la lignée romaine du schisme : en 1415, devant le concile de Constance, il convoque d'abord légitimement l'assemblée, puis renonce librement au pontificat, sauvant ainsi l'unité de l'Église.[126] Le serment qu'Innocent VII n'avait pu honorer, son successeur l'accomplit. La lignée romaine — Urbain VI, Boniface IX, Innocent VII, Grégoire XII — s'achève sur ce geste de renoncement, et avec lui s'achève le plus long schisme de l'histoire de la papauté.[127]

Ce que révèle ce pontificat

Le bref pontificat d'Innocent VII est une leçon de théologie de l'Église déguisée en chronique politique. Trois enseignements s'en dégagent.

D'abord, l'indéfectibilité du siège de Pierre ne dépend ni de la force des papes ni de la clarté des circonstances. Au cœur du schisme, alors que des saints eux-mêmes hésitaient sur l'obédience à suivre, la succession apostolique ne s'est pas interrompue : la chaîne légitime a couru, invisible mais réelle, d'Urbain VI à Martin V. L'Église confesse que le Christ a bâti son Église sur Pierre et que « les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle » (Mt 16, 18) — non parce que les hommes seraient parfaits, mais parce que la promesse est divine.[128]

Ensuite, le schisme d'Occident ne fut jamais une hérésie. Les deux obédiences partageaient la même foi, les mêmes sacrements, le même Credo ; elles divergeaient sur un fait — l'identité du vrai pape — non sur le dogme. C'est pourquoi l'Église a pu, une fois la crise dénouée, réintégrer les fidèles des deux camps sans abjuration : ils n'avaient pas quitté la foi, seulement suivi de bonne foi une fausse piste.[129]

« Le Pontife romain, en raison de sa charge de Vicaire du Christ et de pasteur de toute l'Église, possède sur elle un pouvoir plénier, suprême et universel, qu'il peut toujours exercer librement. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 882[130]

Enfin, l'histoire d'Innocent VII rappelle que la sainteté d'un pontificat ne se mesure pas à ses succès visibles. Cet homme n'a pas fini le schisme ; il a fui sa ville ; il a trop aimé son neveu. Mais il a juré l'humilité de l'abdication quand il fallait la jurer, et il a semé une université quand tout brûlait autour de lui. La Providence écrit droit avec des lignes courbes : le grain qu'Innocent VII a mis en terre — le principe du renoncement pour l'unité, et le renouveau de la culture romaine — a levé après lui, chez Grégoire XII et dans la Rome de la Renaissance.[131][132]

Chronologie

  1. vers 1336
    Naissance à Sulmona

    Cosimo Migliorati naît dans les Abruzzes, d'une famille de tradition militaire et marchande.

  2. années 1370
    Archiprêtre de Sulmona

    Recteur puis archiprêtre dans sa ville natale, avant les études de droit à Pérouse et Padoue.

  3. vers 1383
    Docteur en droit et entrée à la curie

    Devenu decretorum doctor, il entre au service d'Urbain VI ; collecteur pontifical en Angleterre.

  4. 4 novembre 1387
    Archevêque de Ravenne

    Première grande charge épiscopale ; transféré à Bologne en juin 1389.

  5. 18 décembre 1389
    Créé cardinal

    Boniface IX le fait cardinal-prêtre de Santa Croce in Gerusalemme.

  6. 1390
    Légat en Lombardie et Toscane

    Mission de paix entre Gian Galeazzo Visconti et les communes de Bologne et Florence.

  7. 1er octobre 1404
    Mort de Boniface IX

    Le siège romain est vacant ; des envoyés de Benoît XIII se trouvent à Rome.

  8. 12 octobre 1404
    Serment du conclave

    Les neuf cardinaux jurent d'œuvrer à l'unité, abdication comprise.

  9. 17 octobre 1404
    Élu pape Innocent VII

    Couronné le 11 novembre ; émeute gibeline réprimée avec l'aide de Ladislas de Naples.

  10. août 1405
    Massacre de Santo Spirito et fuite

    Le neveu Ludovico fait égorger onze citoyens ; le pape fuit à Viterbe en août 1405.

  11. 13 mars 1406
    Retour à Rome

    Après la soumission de la ville, Innocent VII rentre solennellement au Vatican.

  12. 24 juin 1406
    Excommunication de Ladislas

    Déchéance pour parjure et trahison ; réconciliation en août 1406.

  13. 1er septembre 1406
    Bulle Ad exaltationem Romanae Urbis

    Refondation de l'Université de Rome, rédigée par Leonardo Bruni.

  14. 6 novembre 1406
    Mort d'Innocent VII

    Inhumé à Saint-Pierre ; Grégoire XII lui succède le 30 novembre.

Pour aller plus loin

  • Le Grand Schisme d'Occident (1378-1417) — le grand dossier de la double papauté dont Innocent VII fut l'un des pontifes romains légitimes.
  • Pape Boniface IX (1389-1404) — le prédécesseur, qui fit de Migliorati un cardinal et lui légua une Rome agitée.
  • Pape Grégoire XII (1406-1415) — le successeur qui, par son abdication à Constance, accomplit le serment d'unité juré en 1404.
  • Pape Innocent VI (1352-1362) — autre pape-juriste du Moyen Âge tardif, réformateur de la cour d'Avignon.
  • La papauté d'Avignon (1309-1377) — l'exil rhénan dont le schisme fut la conséquence directe.

Article Ignispedia — catégorie Histoire de l'Église, série « Les papes ». Sourcing : Catholic Encyclopedia (1910, 1912), Encyclopædia Britannica, Enciclopedia dei Papi (Treccani, 2000), New Catholic Encyclopedia (W. R. Bonniwell), Wikipédia (FR/EN), bulle Ad exaltationem Romanae Urbis (1406), Catéchisme de l'Église catholique.

Notes et références

  1. The Catholic Encyclopedia, vol. 8, Robert Appleton Company, New York, 1910, article « Pope Innocent VII » (Cosimo Migliorati), repris par New Advent : naissance vers 1336 à Sulmona, études de droit, collecteur pontifical en Angleterre une dizaine d'années sous Urbain VI, archevêque de Ravenne (élu le 4 novembre 1387, sacré le 5 décembre, sans pouvoir prendre possession du siège), puis de Bologne (19 juin 1389, en conservant l'administration de Ravenne), cardinal-prêtre de Santa Croce in Gerusalemme créé par Boniface IX (18 décembre 1389), légat en Lombardie et Toscane (1390), serment des cardinaux d'œuvrer à l'unité jusqu'à déposer la tiare, élection du 17 octobre 1404, népotisme — l'article de 1910 attribue par erreur le cardinalat au neveu Ludovico Migliorati, « seule tache d'un pontife vertueux, estimé pour sa piété et son savoir » ; le cardinal-neveu fut en réalité Giovanni Migliorati —, fuite à Viterbe, retour en 1406, projet d'université, mort le 6 novembre 1406. URL : https://www.newadvent.org/cathen/08019a.htm.

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  2. Enciclopedia dei Papi, « Innocenzo VII », par Amedeo De Vincentiis, Istituto della Enciclopedia Italiana (Treccani), Rome, 2000 : notice biographique de référence — naissance à Sulmona en 1336 (Cosmato Migliorati), famille de tradition militaire et marchande, recteur puis archiprêtre de Sulmona (années 1370), decretorum doctor en janvier 1383, collecteur des revenus caméraux en Angleterre, archevêque de Ravenne (4 novembre 1387) puis de Bologne (19 juin 1389, en conservant l'administration de Ravenne), cardinal de Santa Croce in Gerusalemme (18 décembre 1389), légat en Lombardie et Toscane (1390), mort de Boniface IX (1er octobre 1404), conclave du 12 octobre avec serment d'unité, élection du 17 octobre 1404, Ladislas aux portes de Rome deux jours après l'élection, accords du 27 octobre avec la commune et Ladislas, délégation de quatorze citoyens le 16 août 1405 et massacre de onze d'entre eux à l'hôpital Santo Spirito in Sassia par Ludovico Migliorati, fuite à Viterbe, retour au Vatican le 13 mars 1406, déchéance (18 juin) et excommunication (24 juin 1406) de Ladislas, réconciliation d'août 1406, bulle Ad exaltationem Romanae Urbis (1er septembre 1406) rédigée par Leonardo Bruni, humanistes au service du pape (Bruni, Francesco da Fiano, Loschi, Cencio Rustici, Vergerio, Bartolomeo da Montepulciano), mort du 6 novembre 1406. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/innocenzo-vii_(Enciclopedia-dei-Papi)/. Textes originaux : « Ma già due giorni dopo Ladislao d'Angiò-Durazzo, re di Napoli, si trovava alle porte dell'Urbe » ; « Ludovico dei Meliorati ne fece catturare undici che furono condotti all'ospedale di S. Spirito in Sassia ove furono trucidati » ; « la morte interruppe la formazione di una possibile egemonia romana nello sviluppo della cultura umanistica ».

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  3. Encyclopædia Britannica, article « Innocent VII (pope) » : Cosimo Migliorati né en 1336 à Sulmona, études de droit civil et canon à Pérouse et Padoue, parrainé par Giovanni da Legnano, curie sous Urbain VI, dix ans en Angleterre, évêque de Bologne, archevêque de Ravenne (1387), cardinal sous Boniface IX, élu le 17 octobre 1404 par neuf cardinaux, serment des cardinaux pour finir le schisme, convocation d'un concile général fin 1404 jamais réuni, Ladislas de Naples institué « défenseur » de l'Église et condition mise aux négociations avec Benoît XIII, fuite à Viterbe en août 1405 après les meurtres commis par le neveu (le jour précis du 6 août, donné par la seule Britannica, n'est pas confirmé par Treccani, qui date la délégation romaine au 16 août sans dater la fuite), retour à Rome en mars 1406, projet de restauration de l'Université de Rome, mort le 6 novembre 1406. URL : https://www.britannica.com/biography/Innocent-VII.

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  4. New Catholic Encyclopedia, article « Innocent VII, Pope », par W. R. Bonniwell (repris par Encyclopedia.com) : confronté dès son élection à une Église déchirée par le schisme occidental, il convoque un concile mais l'obstination de Benoît XIII, la révolte des Romains contre son neveu Ludovico et surtout la brièveté de son règne font échouer ses efforts ; à son retour à Rome (mars 1406), il projette la réorganisation de l'Université de Rome mais la mort l'interrompt. URL : https://www.encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/innocent-vii-pope. Texte original : « the obstinacy of Benedict, the rebellion of the Romans against his nephew Ludovico, and above all, the shortness of Innocent's reign frustrated all his efforts ».

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  5. Bulle « Ad exaltationem Romanae Urbis » d'Innocent VII, 1er septembre 1406 : acte de réorganisation et de dotation du Studium Urbis (Université de Rome), prévoyant l'enseignement des disciplines classiques et du grec ; rédigé par l'humaniste Leonardo Bruni, alors secrétaire apostolique, dans le cadre d'un projet liant l'université, la Ville de Rome et le renouveau de la culture antique (cf. Enciclopedia dei Papi, « Innocenzo VII », Treccani, 2000).

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  6. The Catholic Encyclopedia, vol. 13, Robert Appleton Company, New York, 1912, article « Western Schism », repris par New Advent : récit du schisme de 1378-1417, légitimité retenue de la lignée romaine (Urbain VI, Boniface IX, Innocent VII, Grégoire XII), présomption tirée de l'omission des papes d'Avignon de la liste officielle, voie de cession (via cessionis), conciles de Pise (1409) et de Constance (1414-1418), abdication de Grégoire XII (1415), élection de Martin V (1417). URL : https://www.newadvent.org/cathen/13539a.htm. Texte original : « If the deliberate omission of the Avignon popes from the official list is not proof positive, it is at least a very strong presumption in favour of the legitimacy of the Roman popes Urban VI, Boniface IX, Innocent VII, and Gregory XII. »

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  7. The Catholic Encyclopedia, Robert Appleton Company, New York, article « St. Vincent Ferrer », repris par New Advent : le missionnaire dominicain fut l'un des adhérents les plus résolus de Benoît XIII et ne l'abandonna qu'en 1416, quand le roi Ferdinand d'Aragon lui retira son soutien. URL : https://www.newadvent.org/cathen/15437a.htm. Texte original : « Vincent was one of the most resolute and faithful adherents of Benedict XIII, and by his word, sanctity, and miracles he did much to strengthen Benedict's position. It was not until 1416, when pressed by Ferdinand, King of Aragon, that he abandoned him. »

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  8. The Catholic Encyclopedia, Robert Appleton Company, New York, article « St. Catherine of Siena », repris par New Advent : dès l'éclatement du schisme, Catherine adhéra avec enthousiasme au pape romain Urbain VI, qui la convoqua à Rome en novembre 1378. URL : https://www.newadvent.org/cathen/03447a.htm. Texte original : « From the outset Catherine enthusiastically adhered to the Roman claimant, Urban VI, who in November, 1378, summoned her to Rome. »

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  9. Wikipedia (anglais), article « Pope Innocent VII » : Cosimo de' Migliorati né vers 1336/1339 à Sulmona, pape du 17 octobre 1404 au 6 novembre 1406, troisième pape romain du schisme, opposé à l'antipape Benoît XIII, couronnement le 11 novembre 1404, émeute à l'annonce de l'élection, meurtre de onze citoyens par le neveu Ludovico (août 1405), fuite à Viterbe, retour en 1406, occupation du Castel Sant'Angelo par les troupes de Ladislas, inhumation dans la basilique Saint-Pierre, successeur Grégoire XII élu le 30 novembre 1406. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Innocent_VII.

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  10. Wikipédia (français), article « Innocent VII » : Côme Migliorati, né à Sulmona, études de droit à Pérouse et Padoue, carrière sous Urbain VI et Boniface IX, archevêque de Ravenne puis de Bologne, cardinal de Santa Croce in Gerusalemme, élu le 17 octobre 1404, pape de la lignée romaine du Grand Schisme, conflits avec le peuple romain et Ladislas de Naples, fuite à Viterbe (1405), retour à Rome (1406), refondation de l'Université de Rome, mort le 6 novembre 1406, sépulture à Saint-Pierre, successeur Grégoire XII.

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  11. Salvador Miranda, « The Cardinals of the Holy Roman Church » (Florida International University) : consistoire du 12 juin 1405 — Giovanni Migliorati, neveu d'Innocent VII, archevêque de Ravenne, créé cardinal-prêtre de Santa Croce in Gerusalemme (« Cardinal of Ravenna ») ; notice biographique de Cosimo Migliorati (consistoire du 18 décembre 1389) : élu archevêque de Ravenne le 4 novembre 1387, sacré le 5 décembre 1387 sans pouvoir prendre possession du siège (opposition de Guido da Polenta, partisan de Clément VII), transféré à Bologne le 19 juin 1389 en conservant l'administration de Ravenne jusqu'au 15 septembre 1400, date à laquelle il la résigne en faveur de son neveu Giovanni, futur cardinal ; Innocent VII ne tint qu'un seul consistoire (11 cardinaux), dont Ludovico Migliorati ne fit jamais partie. URLs : http://cardinals.fiu.edu/bios1389.htm et http://cardinals.fiu.edu/bios1405.htm.

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  12. Catéchisme de l'Église catholique, § 552-553 : sur la primauté de Pierre dans le collège des Douze, fondée sur la confession de Césarée et la parole du Christ : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l'Hadès ne tiendront pas contre elle » (Mt 16, 18). L'indéfectibilité de l'Église et la perpétuité de la succession de Pierre reposent sur cette promesse divine, non sur la qualité morale ou politique de chaque pontife.

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  13. Catéchisme de l'Église catholique, § 882 : « Le Pontife romain, en raison de sa charge de Vicaire du Christ et de pasteur de toute l'Église, possède sur elle un pouvoir plénier, suprême et universel, qu'il peut toujours exercer librement. » Le paragraphe cite le concile Vatican II, Lumen gentium, n° 22, en continuité avec la constitution Pastor aeternus du premier concile du Vatican (1870) sur la primauté de droit divin du successeur de Pierre.

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