Benoît XIII (Benedictus XIII), né Pietro Francesco Orsini le 2 février 1649 à Gravina, gouverne l'Église de Rome du 29 mai 1724 au 21 février 1730. Fils aîné des ducs Orsini de Gravina, il renonce à son héritage princier pour devenir frère prêcheur sous le nom de Vincenzo Maria, et restera dominicain jusqu'à sa mort — au point de continuer, une fois pape, à mener une vie de religieux dans le palais apostolique.[1][2]
Avant la tiare (la tiare est la couronne que porte le pape, c'est-à-dire avant son pontificat), Orsini fut pendant un demi-siècle l'un des évêques les plus zélés de son temps : cardinal à vingt-trois ans, archevêque de Manfredonia, de Cesène puis de Bénévent de 1686 à 1730, dont trente-huit ans avant son élection (siège conservé jusqu'à sa mort), il y consacra des centaines d'églises, tint des synodes, prêcha sans relâche et reconstruisit son diocèse après deux tremblements de terre. Élu pape malgré lui à soixante-quinze ans, au terme d'un conclave de deux mois bloqué entre Bourbons et Habsbourg, il se consacra en pontife à ce qu'il connaissait le mieux : la liturgie, les ordinations, les consécrations d'autels et les canonisations.[3][4]
Son pontificat est l'un des plus contrastés de l'époque moderne. D'une sainteté personnelle largement reconnue, mais faible politiquement : tandis qu'Orsini priait, jeûnait et consacrait, son favori bénéventin, le cardinal Niccolò Coscia, accaparait le gouvernement temporel et, avec sa coterie bénéventine, dilapidait le trésor pontifical : en six ans, un excédent initial de plus de 270 000 écus se mua en un déficit de 120 000 écus, chiffres donnés par Gaspare De Caro.[5][6] L'histoire a retenu de Benoît XIII l'image d'un religieux admirable égaré dans une tâche de prince, qui « ne se souciait en rien des grandes affaires d'État » pour se tout entier livrer aux fonctions sacrées.[7]
Il ne faut pas le confondre avec le « Benoît XIII » du Grand Schisme d'Occident, l'antipape espagnol Pedro de Luna (1394-1423). C'est précisément pour reprendre ce nom à un usurpateur — et honorer son prédécesseur dominicain Benoît XI — qu'Orsini choisit ce numéro.[8][9]
Faut-il confondre Benoît XIII avec le « Benoît XIII » du Grand Schisme ?
Deux hommes, un seul numéro
Le nom de Benoît XIII a été porté par deux personnages que tout sépare. Le premier, Pedro Martínez de Luna, cardinal aragonais, fut élu à Avignon en 1394 dans l'obédience schismatique du Grand Schisme d'Occident ; déposé par le concile de Constance le 26 juillet 1417, il s'obstina jusqu'à sa mort à Peñíscola en 1423 et reste classé par l'Église parmi les antipapes.[10] Le second, Pietro Francesco Orsini, est un pape légitime du XVIIIᵉ siècle, dominicain, élu en 1724.
La distinction n'est pas une curiosité d'érudit : elle touche à la légitimité même de la succession apostolique. Reconnaître Pedro de Luna comme un vrai « Benoît XIII » reviendrait à valider la ligne d'Avignon contre Rome. En reprenant ce numéro pour lui-même, Orsini a posé ce qu'on peut lire comme un acte canonique discret : le « Benoît XIII » d'Avignon n'a jamais compté, et la place est libre.
Pourquoi Orsini choisit le nom de Benoît XIII
Selon les sources, le nouvel élu songea d'abord à se faire appeler Benoît XIV, comme s'il fallait tenir compte du numéro porté par l'Aragonais. Il y renonça vite : puisque Pedro de Luna n'avait été qu'un schismatique, son titre ne pouvait pas grever la numérotation légitime. Orsini prit donc le nom de Benoît XIII, à la fois pour réclamer le numéro usurpé et pour honorer la mémoire de Benoît XI (Niccolò Boccasini, 1303-1304), lui aussi frère prêcheur.[11][12][13]
On peut lire dans ce geste la marque de la personnalité d'Orsini telle que les sources la dépeignent : un homme d'ordre, attaché à la rigueur canonique, qui préférait rétablir le droit que ménager les susceptibilités. Pour un dominicain, reprendre le nom d'un pape dominicain tout en effaçant celui d'un antipape avait une double saveur : fidélité à l'Ordre des Prêcheurs et fidélité au siège de Pierre.
De l'héritier des Orsini au frère prêcheur
La maison Orsini de Gravina
Pietro Francesco Orsini naît le 2 février 1649 à Gravina, dans les Pouilles, alors province du royaume de Naples. Il est le fils aîné de Ferdinando III Orsini, huitième duc de Gravina, et de Giovanna Frangipani della Tolfa.[14][15] Les Orsini comptent parmi les plus anciennes et les plus puissantes familles de l'aristocratie romaine ; ils ont déjà donné deux papes au Moyen Âge — Célestin III et Nicolas III — et une multitude de cardinaux. Pietro Francesco sera le troisième et dernier Orsini à monter sur la chaire de Pierre.[16]
Comme fils aîné, il est destiné à hériter du duché. Sa formation est celle d'un jeune prince : lettres, philosophie, droit. Rien ne le prédispose à la vie religieuse — sinon une piété précoce et obstinée, que sa famille tente longtemps de contrarier.
L'entrée chez les dominicains et la renonciation à l'héritage
À dix-huit ans, lors d'un voyage d'étude à Venise, le jeune Orsini prend une décision qui scandalise les siens : il entre dans l'Ordre des Prêcheurs le 12 août 1668, contre la volonté de sa mère et de son oncle, le cardinal Virginio Orsini. Il renonce officiellement à ses droits de primogéniture le 9 février 1669 à Rome, puis fait profession religieuse quatre jours plus tard, le 13 février, au couvent de Santa Sabina, et reçoit le nom de frère Vincenzo Maria.[17][18]
Cette renonciation en faveur de son frère Domenico[19] est un geste radical : l'héritier d'un duché abandonne titre, terres et fortune pour la pauvreté du cloître. Toute la suite de sa vie en porte la marque. Là où d'autres cardinaux nobles gardaient le train de leur rang, Orsini conservera, jusque sur le trône pontifical, les habitudes d'un frère mendiant.
« Il rejeta délibérément son héritage de fils aîné du duc de Gravina pour devenir frère Vincenzo Maria de l'Ordre des Prêcheurs. » — d'après la New Catholic Encyclopedia[20]
Frère Vincenzo Maria
Devenu dominicain, Orsini enseigne la philosophie, prêche, et embrasse pleinement la vie régulière. C'est dans ce climat — étude scolastique, prédication, ascèse — que se forme l'homme qui gouvernera un jour l'Église. Sa dévotion à saint Philippe Néri, à qui il attribuera plus tard sa survie miraculeuse lors d'un tremblement de terre, naît dans ces années de jeunesse religieuse.[21]
Cette identité de frère prêcheur n'est pas un détail biographique : elle explique à la fois la grandeur spirituelle de son pontificat — l'amour de la liturgie, le zèle des sacrements, la rigueur doctrinale — et ses limites politiques — l'inexpérience du gouvernement temporel, la naïveté devant les courtisans, l'incompréhension des jeux diplomatiques européens.
Le cardinal-archevêque modèle (1672-1724)
Un cardinal à vingt-trois ans
Frère Vincenzo Maria n'aurait jamais cherché les honneurs ; ils vinrent à lui par la politique familiale. Lorsque son frère Domenico épousa Ludovica Altieri, nièce du pape Clément X, la maison Orsini négocia, comme condition du mariage, la pourpre pour le jeune dominicain. Orsini fut ainsi créé cardinal le 22 février 1672, à vingt-trois ans, avec le titre de San Sisto, malgré sa résistance.[22][23] Il fut ordonné prêtre par Clément X lui-même.[24]
Le contraste est saisissant entre la promotion fulgurante et la volonté du promu. Orsini ne voulait ni du chapeau ni de la fortune ; il accepta par obéissance, comme il acceptera plus tard la tiare.
Siponto, Cesène, Bénévent
Le jeune cardinal demanda très vite une charge pastorale réelle, plutôt qu'une sinécure curiale. Il fut nommé archevêque de Manfredonia (le siège de Siponto, dans les Pouilles) le 28 janvier 1675, puis évêque de Cesène en 1680, et enfin archevêque de Bénévent le 18 mars 1686 — siège qu'il conservera, fait unique, jusqu'à sa mort, même après son élévation au pontificat.[25][26][27]
Dans chacun de ces diocèses, Orsini imposa la même méthode : visites pastorales systématiques, synodes diocésains, réforme de la discipline du clergé, catéchisme, missions populaires. À Siponto, il fonda un séminaire et un Monte frumentario, forme de crédit agricole destinée à protéger les paysans de l'usure. C'est le modèle de l'évêque tridentin appliqué à la lettre, dans la ligne de saint Charles Borromée.[28]
Bénévent : trente-huit ans de gouvernement pastoral
Bénévent fut l'œuvre de sa vie. Enclave pontificale en plein royaume de Naples, le diocèse était à l'abandon : son prédécesseur, le cardinal Castaldi, n'y avait jamais résidé. Orsini trouva, selon Treccani, des églises « dans un état si déplorable qu'on le croirait à peine ».[29] En trente-huit ans d'épiscopat bénéventin avant son élection (1686-1724) — il conserva ensuite le siège jusqu'à sa mort en 1730 —, il transforma entièrement la province ecclésiastique.
Le bilan matériel et spirituel de ce gouvernement est considérable :
| Domaine | Réalisations à Bénévent (1686-1724) |
|---|---|
| Quadrillage pastoral | 25 vicariats foranes pour encadrer le clergé rural |
| Consécrations | 356 églises consacrées ; 1 463 autels |
| Synodes | 2 synodes provinciaux et de nombreux synodes diocésains |
| Prédication | plus de 4 000 sermons prêchés en personne |
| Ordres religieux | fondation de couvents dominicains, introduction des Piaristes (1707) et des Carmes déchaux (1710) |
| Charité | Monte frumentario (1694) doté de 1 000 tomoli de blé et de 12 663 ducats |
Source : Enciclopedia dei Papi, art. Benedetto XIII.[30]
Le résultat ne fut pas seulement administratif. Orsini visait une réforme des mœurs, et il put la croire largement accomplie. En 1696, il écrivait au cardinal Fabrizio Spada qu'il n'existait plus « dans la ville un seul cas certain de concubinage, quand on en comptait auparavant par centaines ».[31]
« Il n'y a plus dans la ville un seul cas certain de concubinage, quand on en comptait auparavant par centaines. » — Pietro Francesco Orsini, lettre au cardinal Fabrizio Spada, 1696[32]
Les tremblements de terre de 1688 et 1702
Deux séismes majeurs frappèrent Bénévent pendant son épiscopat. Le 5 juin 1688, l'archevêque fut enseveli sous les décombres de ses appartements et en réchappa ; il attribua sa survie à l'intercession de saint Philippe Néri et publia un récit des prodiges qu'il rapportait au saint.[33] Un second tremblement de terre, en 1702, dévasta de nouveau églises et édifices. Orsini finança la reconstruction par un Monte delle fabbriche ecclesiastiche créé en 1703.[34]
Ces épreuves achevèrent de forger sa réputation : un évêque qui partageait le sort de son peuple, reconstruisait de ses propres deniers, et lisait dans les catastrophes un appel surnaturel. C'est cette stature de pasteur héroïque qui, malgré lui, le désigna pour Rome.
Le conclave de 1724 et l'élection d'un pape malgré lui
Deux mois de blocage entre Bourbons et Habsbourg
À la mort d'Innocent XIII, en mars 1724, le conclave s'ouvrit le 20 mars dans une Europe coupée en deux : d'un côté la faction des Bourbons (France et Espagne), de l'autre la faction des Habsbourg (l'Empereur). Deux mois durant, chaque camp bloqua les candidats trop marqués de l'autre. Orsini, vieux cardinal de soixante-quinze ans réputé pour son inexpérience politique et son détachement des affaires d'État, devint paradoxalement le seul nom acceptable des deux côtés : son élection réunit les voix des deux camps.[35][36]
La neuvaine à saint Philippe Néri
Affligé par la longueur du conclave, Orsini commença une neuvaine à son patron pour que l'élection cessât d'être différée. Mais avant la fin de la neuvaine, il comprit avec effroi que c'était lui-même qu'on allait choisir.[37]
« Ce long retard pesait lourdement sur l'âme d'Orsini, qui commença une neuvaine de prières à son patron, saint Philippe Néri, afin que l'élection d'un nouveau pape ne fût plus différée. Avant la fin de la neuvaine, il vit avec terreur qu'il serait lui-même choisi. » — d'après Catholic Encyclopedia, art. Pope Benedict XIII[38]
Un pape qui refuse la tiare
Élu le 29 mai 1724 contre ses protestations répétées, Orsini refusa encore après le scrutin, invoquant son âge, sa faiblesse physique, son incapacité, et la résolution qu'il avait prise de ne jamais devenir pape. Il ne céda, « en larmes », qu'averti des graves dangers que ferait courir à l'Église une réouverture du conclave.[39][40] Ce fut, dit-on, le maître général de l'Ordre des Prêcheurs, Agustín Pipia, qui emporta sa soumission au nom de l'obéissance religieuse.[41]
« Contre ses protestations souvent répétées, il fut choisi le 29 mai 1724, et même après le vote final il refusa de céder, arguant que son âge, sa faiblesse physique et son incapacité devaient l'exempter d'une si grave responsabilité. » — d'après Catholic Encyclopedia[42]
Il fut couronné le 4 juin 1724 et prit possession de la basilique du Latran le 24 septembre suivant.[43] L'homme qui montait sur le trône avait tout d'un saint et rien d'un prince : c'est là toute l'ambiguïté de son règne.
Un pape resté moine
La vie dominicaine au Vatican
Devenu pape, Orsini ne changea pas de vie. Il garda l'habit et les observances dominicaines, mangea frugalement, multiplia jeûnes et oraisons, conserva son attachement fervent aux reliques et continua d'exercer en personne le ministère des sacrements. Il retint l'archevêché de Bénévent, qu'il administra par un vicaire général et qu'il alla visiter deux fois, en 1727 et 1729.[44][45]
Le futur Benoît XIV (le cardinal Prospero Lambertini, que Benoît XIII créa cardinal) résuma plus tard, avec une affectueuse lucidité, ce décalage entre la sainteté de l'homme et son incompétence de gouvernant : Orsini, disait-il en substance, « n'avait aucune idée de la manière de régner ».[46] La même tendresse perce dans le mot que Lambertini lui consacra : on aime avec respect ce pontife qui faisait reculer son carrosse plutôt que de disputer le passage à un charretier.[47]
Le liturge et le pasteur de Rome
Ce que Benoît XIII aimait, c'était l'autel. Il prit un plaisir manifeste à consacrer des églises, à conférer les ordres, à administrer les sacrements, à instruire le peuple. Il consacra personnellement au moins 139 évêques — lignée épiscopale si vaste que l'immense majorité des évêques catholiques vivants au début du XXIᵉ siècle remontent par lui, de proche en proche, au cardinal Scipione Rebiba (1541).[48] Il inaugura en 1725 l'escalier de la Trinité-des-Monts (la scalinata de la place d'Espagne), chef-d'œuvre baroque dessiné par Francesco de Sanctis et financé par le legs de 20 000 écus du diplomate français Étienne Gueffier.[49] Et il refonda en 1727 l'université de Camerino — fondation médiévale qu'il réorganisa par la bulle Liberalium disciplinarum (15 juillet 1727), avec ses facultés de théologie, de droit, de médecine et de mathématiques.[50]
« Il mettait sa joie à consacrer des églises, à administrer les sacrements et à donner l'instruction religieuse. » — d'après la New Catholic Encyclopedia[51]
La réforme de la discipline ecclésiastique
Fidèle à l'évêque réformateur qu'il avait été, Benoît XIII voulut purifier les mœurs du clergé. Il combattit le luxe et la pompe mondaine des cardinaux, légiféra sur l'habit ecclésiastique, fulmina contre le port de la perruque par les clercs, et abolit les loteries à Rome et dans les États pontificaux.[52][53] Ces mesures, parfois jugées tatillonnes, procédaient d'une conviction profonde : la réforme de l'Église commence par la sainteté visible de ses ministres.
Le concile romain de 1725
Pourquoi un concile provincial pendant le Jubilé
L'acte le plus original du pontificat fut le concile provincial romain de 1725, tenu au Latran du 15 avril au 29 mai 1725, pendant l'année jubilaire et malgré l'opposition d'une bonne partie de la Curie.[54] L'intention de Benoît XIII était pédagogique : donner l'exemple aux évêques en réunissant lui-même, comme évêque de Rome, le synode que chacun d'eux devait tenir dans son diocèse.
Ce que le concile décrète
Le concile traita de toute la discipline tridentine : résidence des évêques, visites diocésaines, conférences pastorales, sincérité dans l'administration, immunités ecclésiastiques, formation du clergé, surveillance de la moralité publique.[55][56] C'était la transposition romaine, à l'échelle de l'Église universelle, de la méthode que Benoît XIII avait appliquée quarante ans à Bénévent.
Unigenitus imposé : le dossier janséniste
Le concile de 1725 fut aussi le théâtre de l'engagement de Benoît XIII contre le jansénisme. Il y exigea une acceptation sans réserve de la bulle Unigenitus de Clément XI (1713), qui avait condamné cent une propositions de Quesnel.[57] Par ses pressions, il obtint en 1728 que le cardinal de Noailles, archevêque de Paris longtemps réticent, se soumît enfin à la bulle.[58][59]
L'attitude de Benoît XIII fut pourtant nuancée, et c'est elle qui lui valut le plus de critiques de l'historiographie catholique ultérieure. Dominicain attaché à la doctrine thomiste de la grâce efficace et de la prédestination sans prévision des mérites, il tint à préciser, dans un bref aux Prêcheurs, que cette doctrine n'était pas condamnée par Unigenitus.[60] Sa préoccupation constante fut de ne pas aggraver, par une sévérité excessive, la division du monde catholique — quitte à laisser planer une ambiguïté que ses adversaires lui reprochèrent.[61]
Les grandes canonisations du pontificat
Les saints de la Contre-Réforme
C'est sans doute par ses canonisations que Benoît XIII a le plus durablement marqué la piété catholique. En quelques années, ce pape liturge inscrivit au calendrier quelques-unes des plus grandes figures de la Contre-Réforme et de l'évangélisation :
| Date | Saint(s) canonisé(s) | Identité |
|---|---|---|
| 31 décembre 1726 | Louis de Gonzague et Stanislas Kostka | jeunes jésuites, patrons de la jeunesse |
| 27 décembre 1726 | Jean de la Croix | docteur mystique du Carmel |
| 27 décembre 1726 | Pèlerin Laziosi (Peregrino Laziosi) | servite, patron des malades du cancer |
| 1726 | Toribio de Mogrovejo et François Solano | apôtres de l'Amérique espagnole |
| 24 mai 1728 | Grégoire VII | pape réformateur du XIᵉ siècle (canonisation équipollente, c'est-à-dire reconnaissance d'un culte ancien sans procès ordinaire) |
| 19 mars 1729 | Jean Népomucène | martyr du secret de la confession |
Sources : Catholic Encyclopedia et notices biographiques.[62][63]
Le 13 août 1729, Benoît XIII béatifia en outre Vincent de Paul, apôtre de la charité : ce n'est que huit ans plus tard, le 16 juin 1737, que Clément XII le canonisa.[64]
Il proclama en outre Pierre Chrysologue Docteur de l'Église le 19 février 1729.[65] L'ensemble dessine le portrait d'un pape pour qui la sainteté canonisée est le premier service rendu à l'Église : plus que des décrets politiques, il voulait offrir aux fidèles des modèles à imiter.
Grégoire VII et la querelle de l'Office
Une de ces canonisations tourna pourtant à l'incident diplomatique. En canonisant Grégoire VII le 24 mai 1728, Benoît XIII fit insérer au bréviaire, pour le 25 mai, un Office dont les leçons exaltaient le grand pape réformateur — y compris son pouvoir de déposer l'empereur Henri IV et de délier ses sujets de leur serment de fidélité.[66]
L'affirmation, reprise du Dictatus papae, heurta de plein fouet les souverains catholiques du XVIIIᵉ siècle, jaloux de leur autorité. Plusieurs cours catholiques s'en offensèrent et en interdirent la lecture sur leurs territoires.[67] L'épisode illustre une tension permanente du règne : un pape tout entier tourné vers le sacré réveillait, sans le vouloir, les vieux conflits entre le sacerdoce et l'empire.
L'ombre du pontificat : le cardinal Coscia
Un favori de Bénévent
Pendant que Benoît XIII priait et consacrait, le gouvernement réel lui échappait. Il l'avait remis à un homme venu de Bénévent : Niccolò Coscia, son ancien secrétaire, qu'il combla d'honneurs — archevêque in partibus (titulaire d'un siège disparu), coadjuteur de Bénévent, secrétaire des Mémoriaux, puis cardinal en 1725.[68] Autour de Coscia se forma une coterie de Bénéventins (Santamaria, Lercari, Fini) qui isola le pape des informations critiques et accapara les leviers du pouvoir.[69]
La ruine des finances pontificales
Le bilan fut désastreux. Coscia « commit une longue série d'abus financiers à son propre profit, causant la ruine du trésor pontifical ».[70] Benoît XIII avait hérité de finances saines ; il laissa, à sa mort, un déficit de quelque 120 000 écus, là où l'on comptait au début de son gouvernement une marge active de plus de 270 000 écus — chiffres donnés par Gaspare De Caro dans Treccani.[71][72] Le pape réformateur, qui avait si bien administré Bénévent, vit ses propres réformes économiques détournées par la corruption de ses proches.
« Tout l'argent de Rome va à Bénévent »
Le scandale était public. Montesquieu, de passage en Italie, nota que tout l'argent de Rome partait vers Bénévent, parce que les Bénéventins gouvernaient la faiblesse du pape.[73] Le contraste entre la sainteté personnelle d'Orsini et la rapacité de son entourage devint le sujet de toute l'Europe — et la principale cause du jugement sévère que l'histoire portera sur son pontificat.
Le gouvernement temporel : réformes et échecs
La congrégation de l'Agriculture
Benoît XIII tenta pourtant de transposer à l'échelle des États pontificaux les méthodes éprouvées à Bénévent. Il créa en octobre 1725 une congrégation sur l'Agriculture, dotée d'une juridiction sur tout le territoire pontifical, pour réviser le budget de l'Annone, organiser le crédit agricole et alléger la fiscalité. En six ans, il promulgua trente-huit constitutions en ce sens.[74] L'intention était juste ; l'exécution fut sabotée par la corruption du groupe au pouvoir, qui détourna les fonds vers des clientèles parasitaires.[75]
La Monarchia Sicula et la paix avec Naples
Homme de paix, Benoît XIII chercha à éteindre les conflits hérités de ses prédécesseurs. Il régla le vieux litige de la Monarchia Sicula — les privilèges ecclésiastiques que revendiquaient les rois de Naples et de Sicile — en révoquant la constitution rigoriste de Clément XI (1715) et en accordant au roi le droit de nommer un juge spirituel pour les affaires ecclésiastiques.[76] La solution, conciliante jusqu'à la faiblesse, apaisa les princes mais affaiblit les positions romaines : elle est de la même eau que toute sa politique, où le souci de la concorde l'emportait toujours sur l'affirmation du droit.
Mort et postérité
La mort du 21 février 1730
Benoît XIII mourut à Rome le 21 février 1730, dans sa quatre-vingt-deuxième année, après avoir contracté un catarrhe en célébrant les funérailles d'un cardinal.[77][78] Conformément à sa fidélité dominicaine, il fut enseveli non dans la basilique vaticane, mais dans l'église de son ordre, Santa Maria sopra Minerva, où Pietro Bracci sculpta son tombeau.[79] Jusqu'au bout, le frère prêcheur l'avait emporté sur le prince.
Le procès de Coscia
À peine Benoît XIII enterré, la colère longtemps contenue éclata. Son successeur Clément XII fit excommunier et juger Coscia ; le favori, convaincu de malversations, fut condamné à dix ans de prison.[80][81] Le contraste est cruel : le règne d'un saint s'achevait par le procès retentissant de son homme de confiance.
Une cause de béatification
La mémoire de Benoît XIII garde pourtant le parfum de sa sainteté personnelle. Une cause de béatification fut ouverte dès 1755 à Tortone puis refermée, rouverte à Tortone le 21 février 1931 puis close en 1940 à cause des doutes liés à l'affaire Coscia ; elle a été rouverte le 17 janvier 2004, le procès diocésain conduit à Rome s'ouvrant en 2012 et s'achevant le 24 février 2017 au Latran. Orsini porte aujourd'hui le titre de Serviteur de Dieu, sans avancement ultérieur connu à ce jour.[82]
Le jugement de l'histoire
Comment juger un tel pontificat ? Les contemporains furent durs. Le juriste et historien napolitain Pietro Giannone (1676-1748) — auteur de l'Istoria civile del Regno di Napoli (1723), mise à l'Index, qui lui valut l'excommunication pour son parti pris antipapal : un témoin brillant mais hostile — railla un pape qui, indifférent aux grandes affaires, ne songeait qu'aux cérémonies :
« Ne se souciant en rien des grandes affaires d'État ni de la monarchie pontificale, il était tout entier livré aux cérémonies et fonctions ecclésiastiques, aux baptêmes, à consacrer des temples et des autels, à bénir des cloches. » — Pietro Giannone, cité par l'Enciclopedia dei Papi[83]
La sentence est injuste autant que révélatrice. Injuste, parce qu'elle réduit à des « cérémonies » ce qui était, pour Benoît XIII, le cœur même de la mission de l'Église : sanctifier les âmes. Révélatrice, parce qu'elle pointe sa vraie faiblesse — l'abandon du gouvernement temporel à des mains indignes. L'historiographie équilibrée reconnaît qu'Orsini ne manquait ni de capacités administratives ni de zèle, comme l'avait prouvé Bénévent ; mais qu'il fut trahi par le choix de collaborateurs corrompus et par son incapacité à dominer la Curie et les puissances.[84][85][86] Sans faire de lui un corrompu — Treccani souligne son honnêteté personnelle —, il faut nommer sa part de responsabilité : confier le gouvernement à des hommes indignes, puis écarter comme des calomnies les accusations portées contre eux, c'est la culpa in eligendo (la faute dans le choix des collaborateurs) qui, malgré lui, fit renaître autour de lui les maux du népotisme qu'il voulait fuir.[87]
Reste l'image, transmise par son successeur Benoît XIV lui-même, d'un pontife d'une humilité désarmante, plus prompt à céder le passage qu'à le disputer.[88] D'une sainteté personnelle tenue pour reconnue, mais faible dans son gouvernement : Benoît XIII demeure l'exemple le plus net de ce que peut être un moine sur le trône de Pierre, quand la sainteté n'a pas reçu en partage le génie politique.
Chronologie
| Date | Événement | Source principale |
|---|---|---|
| 2 février 1649 | Naissance de Pietro Francesco Orsini à Gravina | Saint-Siège, Treccani |
| 12 août 1668 | Entrée chez les dominicains (Venise) | Treccani |
| 9 février 1669 | Renonciation à la primogéniture (Rome) ; profession à Santa Sabina le 13 février | Treccani |
| 22 février 1672 | Création cardinalice par Clément X (titre de San Sisto) | Treccani, Wikipédia |
| 28 janvier 1675 | Archevêque de Manfredonia (Siponto) | Treccani |
| 1680 | Évêque de Cesène | Treccani |
| 18 mars 1686 | Archevêque de Bénévent (jusqu'en 1730) | Treccani |
| 5 juin 1688 | Séisme de Bénévent ; Orsini enseveli et sauvé | Treccani |
| 1702 | Second séisme de Bénévent ; reconstruction | Treccani |
| 29 mai 1724 | Élection au pontificat après deux mois de conclave | Saint-Siège, Catholic Encyclopedia |
| 4 juin 1724 | Couronnement | Wikipédia |
| 15 avril – 29 mai 1725 | Concile provincial romain du Latran | Treccani |
| 31 décembre 1726 | Canonisation de Louis de Gonzague et Stanislas Kostka | Wikipédia |
| 27 décembre 1726 | Canonisation de Jean de la Croix | Wikipédia |
| 24 mai 1728 | Canonisation équipollente de Grégoire VII ; querelle de l'Office | Wikipédia |
| 19 mars 1729 | Canonisation de Jean Népomucène | Wikipédia |
| 13 août 1729 | Béatification de Vincent de Paul (canonisé le 16 juin 1737 par Clément XII) | Catholic Online |
| 21 février 1730 | Mort à Rome ; sépulture à Santa Maria sopra Minerva | Saint-Siège, Wikipédia |
| 1730 | Excommunication et procès du cardinal Coscia sous Clément XII | Encyclopedia.com |
Pour aller plus loin
Articles connexes
- Pape Innocent XIII
- Pape Clément XII
- Pape Benoît XIV
- Saint Jean de la Croix
- Saint Louis de Gonzague
- Pape saint Grégoire VII
- Le jansénisme et la bulle Unigenitus
- Le Grand Schisme d'Occident
- Le concile de Constance
- Les États pontificaux
Sources principales
- Saint-Siège, fiche officielle Benedetto XIII, liste des souverains pontifes : 245e pape, 29 mai / 4 juin 1724 – 21 février 1730, né à Gravina.
- Gaspare De Caro, art. Benedetto XIII, Enciclopedia dei Papi, Istituto dell'Enciclopedia Italiana Treccani, 2000.
- Michael Ott, art. Pope Benedict XIII, The Catholic Encyclopedia, vol. 2, Robert Appleton Company, 1907 ; transcription New Advent.
- Benedict XIII, Pope, New Catholic Encyclopedia, version en ligne Encyclopedia.com.
- Ludwig von Pastor, Histoire des papes depuis la fin du Moyen Âge, t. XXXIV (pontificat de Benoît XIII), pour le récit détaillé du règne et de l'affaire Coscia.
Notes et sources
Notes et références
Saint-Siège, fiche officielle Benedetto XIII, liste des souverains pontifes, consultée le 10 juin 2026 : 245e pape, nom séculier Pietro Francesco (Vincenzo Maria) Orsini, début du pontificat le 29 mai 1724 (couronnement le 4 juin 1724), fin le 21 février 1730, naissance à Gravina. URL : https://www.vatican.va/content/vatican/en/holy-father/benedetto-xiii.html
1 77Gaspare De Caro, art. Benedetto XIII, Enciclopedia dei Papi, Istituto dell'Enciclopedia Italiana Treccani, 2000. Donne : naissance à Gravina le 2 février (1649 pour la plupart des biographes et le Saint-Siège ; 1650 selon les calculs du Vignato, variante signalée par Treccani), famille des ducs Orsini de Gravina, prise d'habit dominicain à Venise le 12 août 1668, renonciation à la primogéniture à Rome le 9 février 1669 et profession à Santa Sabina quatre jours plus tard, cardinalat du 22 février 1672 (titre de San Sisto) sous Clément X, archevêchés de Siponto (1675), Cesène (1680) et Bénévent (1686-1724), bilan pastoral de Bénévent (25 vicariats, 356 églises consacrées, 1 463 autels, 2 synodes provinciaux, plus de 4 000 sermons, Monte frumentario de 1694), réforme morale, tremblements de terre de 1688 et 1702, conclave de 1724, concile romain du 15 avril – 29 mai 1725, attitude sur Unigenitus et la grâce efficace, rôle et corruption du cardinal Coscia, congrégation de l'Agriculture (octobre 1725), déficit final de 120 000 écus face à une marge active initiale de plus de 270 000 écus, mort le 21 février 1730 et sépulture à Santa Maria sopra Minerva. La date exacte de la prise d'habit dominicaine (12 août 1668) est confirmée par l'Ordre des Prêcheurs lui-même (« On 12 August 1668, he received the habit », page d'enquête pour la cause de canonisation, archive : https://web.archive.org/web/20170812165421/http://www.op.org/en/content/inquiry-process-canonisation-dominican-pope-benedict-xiii) ; Britannica 1911 (et la New Catholic Encyclopedia) ne donne que l'année 1667, sans date précise. Textes originaux italiens cités : « le chiese della città e diocesi erano in condizioni sì deplorevoli che appena si crederebbe » ; lettre au cardinal Spada de 1696 sur l'absence de concubinage à Bénévent « il non esservi in città nemmeno un solo certo concubinato, quando prima se ne contavano a centinaia ». URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/benedetto-xiii_(Enciclopedia-dei-Papi)/
2 5 14 17 19 21 22 25 28 29 30 31 32 33 34 35 54 55 60 61 68 69 71 74 75 84 87Michael Ott, art. Pope Benedict XIII, The Catholic Encyclopedia, vol. 2, Robert Appleton Company, 1907 ; transcription New Advent. Donne : participation antérieure d'Orsini à quatre conclaves dans l'esprit des zelanti, ouverture du conclave de 1724 le 20 mars, blocage de deux mois, neuvaine à saint Philippe Néri, refus réitéré de l'élection, soumission « en larmes » le 29 mai 1724, maintien de l'archevêché de Bénévent et visites de 1727 et 1729, concile provincial romain du Latran de 1725 exigeant l'acceptation sans réserve d'Unigenitus, soumission du cardinal de Noailles en 1728, règlement de la Monarchia Sicula. L'en-tête de l'article porte par coquille « died 23 February, 1730 » ; Treccani (« B. morì il 21 febbraio 1730 »), le Saint-Siège et toute l'historiographie récente retiennent le 21 février 1730. Textes originaux anglais cités : « Against his oft repeated protestations he was chosen 29 May, 1724, and even after the final vote was taken he refused to yield, arguing that his age, his physical weakness, his incapacity… should exempt him from such a grave responsibility » ; « he commenced a novena of prayers to his patron, St. Philip Neri, that the election of a new pope might be no longer delayed ». URL : https://www.newadvent.org/cathen/02431a.htm
3 11 36 37 38 39 42 58 62 76Benedict XIII, Pope, New Catholic Encyclopedia, version en ligne Encyclopedia.com, consultée le 10 juin 2026. Précise : naissance à Gravina le 2 février 1649, renonciation à l'héritage de fils aîné du duc de Gravina pour devenir frère Vincenzo Maria de l'Ordre des Prêcheurs, choix du nom (d'abord envisagé comme Benoît XIV en l'honneur du dominicain Benoît XI, puis ramené à Benoît XIII parce que l'antipape schismatique Pedro de Luna avait porté ce titre de 1394 à 1423), épiscopat de 38 ans à Bénévent, élection après plus de deux mois de conclave et acceptation très réticente, concile provincial romain de 1725, vie menée « comme un frère dominicain », joie à consacrer des églises et administrer les sacrements, fulmination contre le port de la perruque par les clercs, appétit de Coscia pour les pots-de-vin, mort le 21 février 1730, qualité religieuse réelle mais graves carences en administration et diplomatie, et procès de Coscia (dix ans de prison) sous Clément XII. URL : https://www.encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/benedict-xiii-pope
4 8 12 18 20 40 44 51 52 57 59 80 85Wikipédia (en), art. Pope Benedict XIII, consultée le 10 juin 2026. Précise : naissance le 2 février 1649 à Gravina, fils aîné de Ferdinando III Orsini, 8e duc de Gravina ; troisième et dernier pape de la maison Orsini ; entrée chez les dominicains, nom de Vincenzo Maria ; cardinal le 22 février 1672 sous Clément X ; archevêchés de Manfredonia, Cesène et Bénévent ; soumission obtenue par le maître général Agustín Pipia ; couronnement le 4 juin 1724 ; prise de possession du Latran le 24 septembre 1724 ; inauguration de l'escalier de la Trinité-des-Monts (1725) ; fondation de l'université de Camerino (1727) ; canonisations (Louis de Gonzague et Stanislas Kostka le 31 décembre 1726 ; Jean de la Croix et Peregrino Laziosi le 27 décembre 1726 ; Toribio de Mogrovejo et François Solano ; Grégoire VII le 24 mai 1728 ; Jean Népomucène le 19 mars 1729) ; béatification de Vincent de Paul le 13 août 1729 (canonisé le 16 juin 1737 par Clément XII) ; Pierre Chrysologue proclamé Docteur de l'Église le 19 février 1729 ; consécration personnelle d'au moins 139 évêques ; abus financiers de Coscia ruinant le trésor ; mort le 21 février 1730 après un catarrhe contracté à des funérailles ; sépulture à Santa Maria sopra Minerva, tombeau de Pietro Bracci ; cause ouverte en 1755 puis refermée, rouverte en 1931 puis close en 1940, rouverte le 17 janvier 2004, procès diocésain à Rome ouvert en 2012 et conclu le 24 février 2017, titre de Serviteur de Dieu. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Benedict_XIII
6 9 10 13 15 16 23 24 26 41 43 45 46 53 63 65 70 78 79 81 82Pietro Giannone, Vita (éd. F. Nicolini, Naples, 1905, pp. 127 s.), jugement sur Benoît XIII repris par Gaspare De Caro, art. Benedetto XIII, Enciclopedia dei Papi, Treccani, 2000 : « Così faceva in Roma, essendo papa, come in Benevento, essendo arcivescovo, non comprendendo, finché visse, che si fosse l'essere papa: e, per ciò, niente curando delle cose grandi di Stato, né della papal monarchia, era tutto inteso alle cerimonie e funzioni ecclesiastiche, a battesimi, a consacrar templi e altari, a benedir campane, alla mondizia e polizia degli abiti ed ornamenti di sacristia, e cose simili » (extrait traduit dans le corps de l'article).
7 83Remigius Ritzler & Pirminus Sefrin, Hierarchia Catholica Medii et Recentioris Aevi, vol. V (1667-1730), Padoue, 1952 — ouvrage de référence pour la prosopographie de l'épiscopat et du Sacré Collège à l'époque moderne. Confirme la chronologie de la carrière d'Orsini : création cardinalice du 22 février 1672 (titre de San Sisto), promotion au siège de Manfredonia-Siponto (1675), transfert à Cesène (1680) puis à Bénévent (1686), siège conservé jusqu'à sa mort en 1730 malgré son accession au pontificat.
27Mot attribué au cardinal Prospero Lambertini, futur Benoît XIV, sur l'humilité de Benoît XIII, rapporté par Wikipédia (en), art. Pope Benedict XIII, consultée le 10 juin 2026 : on aime avec respect ce pontife qui faisait reculer son carrosse plutôt que de disputer le passage à un charretier. Lambertini observait par ailleurs qu'Orsini « n'avait aucune idée de la manière de régner ».
47 88Wikipédia (en), art. Scipione Rebiba et Pope Benedict XIII, consultées le 18 juin 2026, et Encyclopædia Britannica. Benoît XIII, dont les ordres descendaient du cardinal Scipione Rebiba (évêque créé en 1541), consacra personnellement au moins 139 évêques pour des sièges allemands, français, anglais et du Nouveau Monde ; par cette descendance, l'immense majorité des évêques catholiques de rite latin vivants au début du XXIᵉ siècle rattachent leur lignée épiscopale, de consécration en consécration, au seul Rebiba — dont on ne connaît plus le consécrateur (probablement Gian Pietro Carafa, futur Paul IV, sans document subsistant). Chiffres par nature mouvants : la page anglophone Scipione Rebiba, consultée le 18 juin 2026 puis vérifiée le 5 octobre 2026, donne « nearly 95 % of Catholic bishops alive today ». URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Scipione_Rebiba
48Encyclopædia Britannica, art. Spanish Steps, et Wikipédia (en), art. Spanish Steps, consultées le 18 juin 2026. L'escalier monumental reliant la piazza di Spagna à l'église de la Trinité-des-Monts fut dessiné par l'architecte Francesco de Sanctis, construit de 1723 à 1725 sous Benoît XIII, et financé par le legs (environ 20 000 écus) du diplomate français Étienne Gueffier, représentant de la France auprès du Saint-Siège ; l'ouvrage compte 135 marches. URL : https://www.britannica.com/place/Spanish-Steps
49Università degli Studi di Camerino, page officielle La nostra storia, et Wikipédia (it), art. Università degli Studi di Camerino, consultées le 18 juin 2026. L'université de Camerino, d'origine médiévale (privilèges remontant à 1336), fut refondée par Benoît XIII par la bulle Liberalium disciplinarum du 15 juillet 1727, qui rétablit le Studium generale avec ses facultés de théologie, jurisprudence, médecine et mathématiques. URL : https://www.unicam.it/ateneo/la-nostra-storia
50Concilium Romanum in Sacrosancta Basilica Lateranensi celebratum anno universalis iubilaei MDCCXXV (actes officiels du concile provincial romain de 1725), Rome, 1725 ; repris dans J. D. Mansi, Sacrorum Conciliorum nova et amplissima collectio. Les décrets, organisés en titres, reprennent la discipline tridentine : résidence et visites des évêques, conférences ecclésiastiques, sincérité dans l'administration des bénéfices, immunités ecclésiastiques, formation et tenue du clergé, surveillance des mœurs publiques.
56Béatification (13 août 1729) et canonisation (16 juin 1737) de Vincent de Paul : béatifié le 13 août 1729 par Benoît XIII, canonisé le 16 juin 1737 par Clément XII. Notices : Catholic Online, St. Vincent de Paul ; Wikipédia (en), art. Vincent de Paul. URL : https://www.catholic.org/saints/saint.php?saint_id=326 ; https://en.wikipedia.org/wiki/Vincent_de_Paul
64Michael Ott, art. Pope Benedict XIII, The Catholic Encyclopedia (transcription New Advent) : l'extension à l'Église universelle, en 1728, de l'Office de Grégoire VII — avec le récit de l'excommunication et de la déposition d'Henri IV — suscita un vif scandale dans bien des cours d'Europe (« At many courts of Europe grave offense was taken ») ; Wikipédia (en), art. Roman Breviary et Pope Gregory VII, consultées le 10 juin 2026, en relais pour le détail des leçons du bréviaire au 25 mai (pouvoir de déposer l'empereur et de délier ses sujets de leur serment). La liste fermée des États ayant interdit ces leçons, donnée par la seule Wikipédia sans source primaire citée, n'est pas reprise ici. URL : https://www.newadvent.org/cathen/02431a.htm ; https://en.wikipedia.org/wiki/Roman_Breviary
66 67Ludwig von Pastor, Histoire des papes depuis la fin du Moyen Âge (Geschichte der Päpste seit dem Ausgang des Mittelalters), t. XXXIV (éd. anglaise d'Ernest Graf), consacré aux pontificats de Benoît XIII et Clément XII. Référence académique majeure pour le récit détaillé du règne, du gouvernement de Coscia et de la ruine du trésor pontifical, fondé sur les Archives secrètes du Vatican. URL : https://archive.org/details/thehistoryofthep35pastuoft
72 86Observation de Montesquieu sur le détournement de l'argent romain au profit de Bénévent et de l'entourage du pape, rapportée par Wikipédia (en), art. Pope Benedict XIII, consultée le 10 juin 2026 (d'après les notes de voyage de Montesquieu en Italie). Le mot souligne que les Bénéventins « dirigeaient la faiblesse » du pape.
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