Innocent XIII (Innocentius XIII), né Michelangelo dei Conti le 13 mai 1655 à Poli, dans les États pontificaux, fut pape du 8 mai 1721 au 7 mars 1724. Issu de l'une des plus illustres familles de la noblesse romaine, la maison Conti, qui avait déjà donné à l'Église les papes Innocent III, Grégoire IX et Alexandre IV, il choisit son nom de règne en mémoire du plus grand d'entre eux.[1][2]
Élu à soixante-cinq ans au terme d'un conclave orageux de cinq semaines, marqué par l'un des derniers grands coups d'éclat du veto impérial, Innocent XIII était un diplomate chevronné : ancien nonce en Suisse puis au Portugal, cardinal et évêque, il passait pour un homme prudent, mesuré et conciliant.[3][4]
Son pontificat fut bref et miné par la maladie — il souffrait d'une hernie et de la pierre. En moins de trois ans, il dut pourtant affronter les grands dossiers de l'Église des Lumières : l'investiture des royaumes de Naples et de Sicile à l'empereur Charles VI, l'épineuse querelle des rites chinois qui le dressa contre les jésuites, le maintien de la bulle Unigenitus contre le jansénisme, et la concession très critiquée du chapeau de cardinal à l'abbé Dubois, ministre du Régent de France.[5][6]
Pour Ignispedia, Innocent XIII incarne le pape de transition du début du XVIIIᵉ siècle : prince diplomate sans grande marge de manœuvre, fidèle continuateur de la ligne doctrinale de Clément XI, il laissa un règne effacé par sa brièveté, mais ferme sur l'essentiel — le maintien de la constitution doctrinale Unigenitus et la discipline des missions.
Pourquoi le pontificat d'Innocent XIII marque l'histoire
On range volontiers Innocent XIII parmi les papes mineurs du XVIIIᵉ siècle : un règne de moins de trois ans, sans concile, sans grande bulle dogmatique, sans canonisation retentissante. Cette image est exacte, mais elle masque l'intérêt réel du personnage et de son pontificat.
Il marque d'abord la continuité du gouvernement romain au lendemain du long règne de Clément XI : même fermeté contre le jansénisme, même exigence d'obéissance des missionnaires d'Asie, même souci de tenir le Saint-Siège à distance des passions des grandes couronnes. Innocent XIII ne fut pas un novateur ; il fut un gardien.
Il marque ensuite l'apogée et les limites du jeu diplomatique d'une papauté désormais privée de poids militaire. En investissant l'empereur Charles VI des royaumes de Naples et de Sicile, Innocent XIII consacrait, à contrecœur, l'effacement temporel du Saint-Siège déjà amorcé sous son prédécesseur — tout en sauvant la forme juridique de la suzeraineté pontificale.
Il marque enfin l'un des épisodes les plus tendus de l'histoire des relations entre Rome et la Compagnie de Jésus. Sa défiance envers les jésuites — que seule la notice anglophone de Wikipedia, sans nommer de source, fait remonter à sa nonciature du Portugal —, nourrie par leur résistance aux décrets sur les rites chinois — jusqu'à leur interdire d'accueillir des novices —, témoigne de la défaveur croissante qui pèsera sur la Compagnie jusqu'à sa suppression en 1773. Le personnage pose ainsi, à sa manière, la question récurrente du pontificat moderne : que peut un pape sans armée, et comment fait-il obéir une Église devenue mondiale ?
Les sources principales
Le tableau ci-dessous récapitule les sources de référence sur lesquelles s'appuie cet article, des grandes notices encyclopédiques aux travaux sur le conclave de 1721.
| Source | Nature | Apport pour Innocent XIII |
|---|---|---|
| Saint-Siège, page « Pontifes » (liste officielle numérotée, https://www.vatican.va/content/vatican/fr/holy-father.index.html) | liste officielle | 244ᵉ pape — « 244 Innocent XIII 8,18.V.1721 7.III.1724 Michelangelo Conti Poli (Italie) » |
| The Catholic Encyclopedia / Catholic Answers, « Pope Innocent XIII » | Synthèse catholique de référence | Famille Conti, carrière curiale, conclave de 1721, choix du nom, investiture impériale, Dubois, Unigenitus, rites chinois |
| Encyclopædia Britannica, « Innocent XIII » | Synthèse encyclopédique | Dates, nonciatures, cardinalat, investiture de Naples (1722), défiance envers les jésuites, soutien au prétendant Stuart |
| Wikipedia (en), « Pope Innocent XIII » | Synthèse encyclopédique | Détail de la carrière, santé (hernie, pierre), couronnement, béatifications, saint Isidore docteur, sépulture |
| Wikipédia (fr), « Innocent XIII » | Synthèse encyclopédique | Ascendance des Conti de Poli, nonciatures, protestation contre l'occupation de Parme et Plaisance |
| Encyclopedia.com, « Innocent XIII, Pope » | Notice biographique | Bref interdisant aux jésuites de recevoir des novices, maintien d'Unigenitus, soutien à Jacques Stuart |
| Papal Artifacts, « Pope Innocent XIII » et « The Election of Pope Innocent XIII » (http://www.papalartifacts.com/portfolio-item/pope-innocent-xiii/ et http://www.papalartifacts.com/may-8-1721-election-pope-innocent-xiii-2/, textes vérifiés en texte intégral le 4 octobre 2026) | Notice biographique | Investiture de Naples et de Sicile accordée en 1722, interdiction de recevoir des novices sous trois ans sans preuve d'obéissance |
| Papal conclave of 1721, étude du conclave | Histoire électorale | Déroulé du conclave, veto impérial contre Paolucci (2 avril), élection au 75ᵉ scrutin (8 mai 1721) |
Michelangelo dei Conti : l'héritier d'une dynastie de papes
La maison Conti, des Segni à Poli
Michelangelo dei Conti naît le 13 mai 1655 à Poli, petite seigneurie des monts Prénestins, à l'est de Rome.[7][8][9] Il appartient à la maison Conti, l'une des plus anciennes et des plus prestigieuses de la noblesse romaine, ducs de Poli et de Guadagnolo. Son père est Carlo II, duc de Poli[10] ; sa mère est nommée Isabella Muti par les données Wikidata reprises par Wikipédia[11], Isabella Monti par la notice de Salvador Miranda[12].
L'éclat de cette famille tient surtout à son passé pontifical. Avant Michelangelo, les Conti — ou Conti di Segni — avaient déjà donné à l'Église trois grands papes du Moyen Âge : Innocent III (1198-1216), le plus puissant pontife de la chrétienté médiévale ; Grégoire IX (1227-1241), le pape du Liber Extra et de la fondation de l'Inquisition pontificale ; et Alexandre IV (1254-1261).[13][14] Hériter d'un tel nom n'était pas un mince fardeau : tout au long de sa vie, Michelangelo dei Conti porta la conscience d'une lignée illustre, qu'il honorera précisément en choisissant son nom de règne.
Formation : le Collège romain et le droit
Élevé pour le service de l'Église, le jeune Conti reçut une solide formation. Il étudia d'abord à Ancône, puis fut envoyé à Rome au Collège romain, tenu par les jésuites, avant de fréquenter l'université de la Sapience (La Sapienza), où il obtint le doctorat dans les deux droits — canonique et civil.[15][16]
Cette formation explique son profil : non pas un théologien de combat, ni un mystique, mais un juriste et un administrateur, taillé pour la diplomatie et le gouvernement des âmes par le droit. C'est l'homme du forum, des chancelleries et des nonciatures, plus que celui de la chaire ou du cloître.
Le diplomate : gouvernements, Suisse et Portugal
La carrière de Conti suivit la voie royale des prélats curiaux. Référendaire de la Signature apostolique dès 1691 (14 août 1691), il administra ensuite plusieurs provinces des États pontificaux : gouverneur d'Ascoli (1691-1692), puis de la Campagne et Maritime (Frosinone, 1692-1693) et de Viterbe (1693-1695).[17][18] Il y gagna une réputation d'administrateur compétent et pondéré.
En 1695 (élu le 13 juin, sacré évêque le 16 juin), il fut promu archevêque titulaire de Tarse, ce qui ouvrait la voie aux grandes missions diplomatiques. Il fut aussitôt envoyé comme nonce apostolique en Suisse, résidant à Lucerne (nommé le 1ᵉʳ juillet 1695), où il défendit les intérêts catholiques dans un pays partagé entre cantons catholiques et réformés.[19][20][21]
« Il fut archevêque titulaire de Tarse et nonce à Lucerne, puis nonce à Lisbonne. » — d'après The Catholic Encyclopedia, « Pope Innocent XIII »[22]
Puis vint la mission la plus importante : la nonciature de Lisbonne. Désigné pour Lisbonne en 1697 selon la Catholic Encyclopedia[23], Conti y fut nommé nonce le 24 mars 1698 et y resta jusqu'à sa création cardinalice en 1706[24][25][26] : l'année 1698, retenue ici, est celle de la prise de poste effective. C'est au Portugal, foyer d'un puissant empire missionnaire jésuite, que se forgea — selon la notice anglophone de Wikipedia, qui rapporte cette tradition sans en nommer la source — sa défiance durable envers la Compagnie de Jésus, défiance qui pèsera lourd sur son pontificat.[27][28]
Le cardinal de Clément XI, évêque d'Osimo et de Viterbe
Le mérite du nonce fut reconnu par Clément XI, qui le créa cardinal-prêtre le 7 juin 1706.[29][30] Conti reçut ensuite la charge de deux diocèses : il fut évêque d'Osimo à partir de 1709, puis évêque de Viterbe et Tuscania de 1712 à 1719.[31] Il exerça un temps la charge de camerlingue du Sacré Collège (1716-1717), preuve de la confiance de ses pairs.
Au moment de la mort de Clément XI, en mars 1721, le cardinal Conti était donc un homme de soixante-cinq ans, expérimenté, respecté et conciliant, mais sans éclat particulier ni ambition affichée. C'est précisément ce profil de modération qui allait faire de lui, après des semaines de blocage, le candidat de compromis.
Le conclave de 1721 et le veto de l'empereur
La mort de Clément XI et l'ouverture du conclave
Clément XI s'éteignit le 19 mars 1721 après plus de vingt ans de règne. Le conclave appelé à lui donner un successeur s'ouvrit le 31 mars 1721 dans une atmosphère lourde : l'Europe sortait à peine de la guerre de Succession d'Espagne, et les grandes puissances — la France, l'Espagne de Philippe V, l'Empire de Charles VI — entendaient peser sur le choix du nouveau pape.[32] Seuls vingt-sept cardinaux entrèrent d'abord en conclave, leur nombre montant à une quarantaine au fil des jours.
Fabrizio Paolucci écarté par le jus exclusivae
Le favori des premiers scrutins fut le cardinal Fabrizio Paolucci, secrétaire d'État de Clément XI, candidat des cardinaux « zelanti » soucieux de l'indépendance de l'Église. Son élection parut imminente : lors d'un scrutin, il ne lui manqua que trois voix.[33]
C'est alors qu'intervint l'un des derniers grands usages du droit d'exclusion (jus exclusivae), par lequel les souverains catholiques pouvaient écarter un candidat qui leur déplaisait. Le 2 avril 1721, le cardinal Michael Friedrich von Althann, seul cardinal de la couronne présent, prononça au nom de l'empereur Charles VI l'exclusion officielle de Paolucci.[34] L'effet fut immédiat et brutal :
« Le 2 avril au matin, pas une seule voix ne se porta sur le cardinal secrétaire d'État. » — d'après l'étude du conclave de 1721[35]
Ce coup de force impérial, jugé scandaleux par beaucoup, prolongea le blocage de plusieurs semaines.
L'élection au soixante-quinzième scrutin (8 mai 1721)
Privés de leur favori, les cardinaux durent chercher un homme de compromis. Le nom du cardinal Conti s'imposa peu à peu, précisément parce qu'il était acceptable par tous les camps : prudent, diplomate, sans inimitié déclarée envers les grandes couronnes.[36][37] Après plus de cinq semaines et soixante-quatorze scrutins infructueux, l'accord se fit enfin.
Le 8 mai 1721, au soixante-quinzième scrutin, Michelangelo dei Conti fut élu pape avec cinquante-quatre voix sur cinquante-cinq.[38] La Catholic Encyclopedia résume sobrement cette élection laborieuse :
« Après la mort de Clément XI, il fut élu pape dans un conclave orageux, le 8 mai 1721. » — The Catholic Encyclopedia, « Pope Innocent XIII »[39]
Le nom d'Innocent, hommage à Innocent III
Le nouveau pape choisit aussitôt un nom lourd de sens. Il prit celui d'Innocent XIII, en mémoire de son glorieux ancêtre Innocent III, le plus grand pape de la maison Conti.[40][41]
« En mémoire d'Innocent III, à la lignée duquel il appartenait, il choisit le nom d'Innocent XIII. » — The Catholic Encyclopedia, « Pope Innocent XIII »[42]
Ce choix n'était pas qu'un geste de piété familiale : il affichait une revendication de continuité avec l'âge d'or de la papauté médiévale, à un moment où le Saint-Siège, militairement effacé, ne pouvait plus guère gouverner que par son autorité morale. Innocent XIII fut couronné le 18 mai 1721 par le cardinal protodiacre Benedetto Pamphili.[43]
Un pontificat bref et souffrant
La maladie au cœur du règne
Le trait le plus déterminant du pontificat d'Innocent XIII est sans doute le plus humble : sa santé ruinée. Le pape souffrait d'une hernie ancienne et de calculs (la « pierre »), maux qui le handicapèrent gravement et l'obligèrent à de longues périodes d'inactivité.[44] Cette infirmité, plus encore que la brièveté du règne, explique le caractère limité et défensif de son action : Innocent XIII gouverna en homme malade, contraint de déléguer et de temporiser.
Conscient de ses forces déclinantes, il gouverna avec mesure, s'appuyant sur un petit cercle de proches. Il tint deux consistoires et créa trois cardinaux, dont son propre frère, Bernardo Maria dei Conti.[45] La promotion d'un parent fut critiquée comme un retour discret du népotisme, que Innocent XII avait pourtant solennellement banni en 1692 ; mais la pratique d'Innocent XIII resta sobre au regard des excès du siècle précédent.
L'investiture de Naples et la diplomatie italienne
Naples et la Sicile données en fief à Charles VI (1722)
Le grand acte diplomatique du règne concerne le royaume de Naples. Au terme de la guerre de Succession d'Espagne, Naples était passé sous la domination de l'empereur Charles VI. Or le royaume était théoriquement un fief du Saint-Siège, dont les rois devaient recevoir l'investiture des mains du pape. En 1722 — année confirmée explicitement par la Catholic Encyclopedia, qui écrit que Charles VI prêta son serment d'allégeance en 1722[46] —, Innocent XIII se résolut à investir l'empereur Charles VI de la souveraineté sur les royaumes de Naples et de Sicile.[47][48][49]
« L'année suivante, il investit l'empereur du Saint-Empire Charles VI de la souveraineté sur le royaume de Naples. » — Encyclopædia Britannica, « Innocent XIII »[50]
L'acte était à double tranchant. D'un côté, il entérinait la perte de fait de toute influence pontificale sur l'Italie du Sud et liait Rome à la maison de Habsbourg. De l'autre, il sauvait la forme juridique de la suzeraineté : en exigeant que l'empereur sollicitât l'investiture, le pape rappelait que, sur le papier au moins, Naples et la Sicile relevaient encore de Saint-Pierre. C'était la diplomatie d'un Saint-Siège réduit à défendre des principes plus que des territoires.
Parme et Plaisance : une protestation sans effet
La même impuissance se vérifia ailleurs. Lorsque les grandes puissances disposèrent des duchés de Parme et de Plaisance — eux aussi fiefs pontificaux — sans tenir compte des droits de Rome, Innocent XIII protesta, mais sa protestation resta sans effet.[51][52] Le sort de ces principautés se réglait désormais entre cours européennes, le pape n'étant plus qu'un spectateur juridiquement lésé. Là encore, le pontificat illustre le déclin temporel de la papauté à l'âge des grands États.
Le cardinalat de Dubois : une concession contestée
L'épisode le plus critiqué du règne fut la promotion de Guillaume Dubois au cardinalat, en 1721. Ancien précepteur de Philippe d'Orléans, devenu premier ministre du Régent de France, Dubois était un homme d'État habile, dont la vocation ecclésiastique passait, aux yeux de ses contemporains, pour n'être qu'un instrument de carrière.[53][54]
Pressé par la cour de France, qui en faisait une condition de bonnes relations, Innocent XIII céda et accorda la pourpre à Dubois, tout en l'exhortant — en vain — à changer de vie.[55] La concession choqua jusque dans l'entourage du pape : elle parut un compromis humiliant, arraché par la Realpolitik. Elle révèle la marge étroite d'un pape contraint de ménager les puissances pour préserver l'essentiel.
Le combat doctrinal : Unigenitus et le jansénisme
Sur le terrain de la foi, Innocent XIII fut un continuateur ferme. L'affaire majeure héritée de son prédécesseur était la réception de la bulle Unigenitus Dei Filius (1713), par laquelle Clément XI avait condamné cent une propositions jansénistes de l'oratorien Pasquier Quesnel.[56] En France, une partie de l'épiscopat — les appellants — refusait toujours de s'y soumettre, faisant appel à un futur concile.
Innocent XIII maintint sans fléchir la ligne romaine. Il exigea la soumission à Unigenitus et rejeta la requête des évêques français qui demandaient un assouplissement.[57][58]
« Il insista sur la soumission à la constitution Unigenitus (1713) de Clément XI. » — d'après Encyclopedia.com, « Innocent XIII, Pope »[59]
Ce refus prolongeait, sans la dénouer, la crise gallicane qui empoisonnait l'Église de France. La bulle Unigenitus et la doctrine janséniste qu'elle vise sont traitées en détail dans l'article Prédestination et jansénisme ; Innocent XIII n'y ajouta pas de texte dogmatique nouveau, mais en assura la continuité d'application.
Innocent XIII et les jésuites : la querelle des rites chinois
Un parti pris contre les jésuites
L'autre grand dossier doctrinal et missionnaire fut celui des rites chinois. Fallait-il permettre aux chrétiens de Chine d'honorer Confucius et leurs ancêtres selon les rites traditionnels, comme le soutenaient les jésuites, ou y voir une idolâtrie incompatible avec la foi, comme l'avait tranché Clément XI ? Ce dossier complexe est traité en détail dans l'article La controverse des rites chinois.
Innocent XIII hérita de la position rigoureuse de son prédécesseur, et prit nettement le parti des adversaires de la Compagnie de Jésus : dans le différend des jésuites avec les dominicains et d'autres sur le maintien des rites chinois parmi les convertis, écrit la Catholic Encyclopedia, il « se rangea du côté des adversaires des jésuites ».[60][61]
La menace sur les novices jésuites
Sa réaction prit une forme concrète et sévère. Selon la New Catholic Encyclopedia (reprise par Encyclopedia.com), corroborée sur ce point par la notice Papal Artifacts, Innocent XIII interdit aux jésuites de recevoir des novices s'ils ne prouvaient pas, sous trois ans, leur obéissance aux décrets sur les rites.[62][63] Aucune des deux notices n'en donne l'intitulé ni la date — ni l'un ni l'autre n'ont pu être établis en session, la bibliographie renvoyant aux actes du pontificat (Bullarium Romanum, t. 21, pp. 867-958) et à L. Pastor (History of the Popes, t. 34, section Innocent XIII, pp. 1-97 de l'édition anglaise), dont le dépouillement n'a pas été mené ici ; le passage reste donc une paraphrase attribuée aux notices, non la citation d'un acte dont la cote exacte serait connue.[64]
La Britannica confirme la fermeté du pape, qui « commanda » à la Compagnie d'obéir aux décrets de Clément XI interdisant ces rites[65] — le décret du Saint-Office Cum Deus optimus du 20 novembre 1704, confirmé par la constitution Ex illa die du 19 mars 1715 (la Britannica écrit « bulle de 1713 », datation erronée : 1713 est l'année d'Unigenitus contre le jansénisme). La mort prématurée du pape laissa cette mesure en suspens, mais elle annonçait clairement la défaveur croissante dont les jésuites allaient pâtir au XVIIIᵉ siècle.
Le pape et la cause catholique en Europe
Le soutien au prétendant Stuart
Fidèle à la tradition romaine de soutien aux souverains catholiques, Innocent XIII appuya la cause des Stuart d'Angleterre. Il reconnut Jacques Stuart, le « Vieux Prétendant » (Jacques III pour les jacobites), comme roi légitime d'Angleterre, lui accorda une pension annuelle et lui promit des subsides — jusqu'à cent mille ducats — à la condition expresse du rétablissement de la religion catholique dans le royaume.[66][67]
« Il reconnut Jacques, le Vieux Prétendant, comme roi d'Angleterre et lui promit des subsides à la condition du rétablissement du catholicisme romain en Angleterre. » — d'après Encyclopædia Britannica, « Innocent XIII »[68]
Ce soutien, conforme à la politique de ses prédécesseurs, demeura sans effet pratique : la cause jacobite était déjà compromise, et l'Angleterre protestante hors de portée de l'influence romaine.
Malte et Venise contre les Turcs
Plus efficace fut son aide à l'ordre de Malte, rempart de la chrétienté en Méditerranée. Innocent XIII secourut les Hospitaliers de Malte — comme les Vénitiens — dans leur lutte contre les Turcs, prolongeant le rôle traditionnel de la papauté comme protectrice de la chrétienté face à la pression ottomane en Méditerranée.[69]
Béatifications et saint Isidore docteur de l'Église
Malgré la brièveté de son règne, Innocent XIII présida plusieurs actes liturgiques notables. Il béatifia notamment Jean Népomucène, le martyr du secret de la confession (31 mai 1721), ainsi que d'autres serviteurs de Dieu.[70] Surtout, le 25 avril 1722, il proclama saint Isidore de Séville docteur de l'Église, honorant l'un des plus grands savants de l'Antiquité chrétienne tardive, encyclopédiste et père de la culture médiévale.[71]
Cet acte, modeste en apparence, s'inscrit dans la cohérence du personnage : un pape lettré et juriste, héritier d'une tradition d'érudition catholique, soucieux de mettre en valeur les grands docteurs de la foi face aux confusions doctrinales de son temps.
La mort et la postérité (7 mars 1724)
Épuisé par la maladie, Innocent XIII s'éteignit à Rome le 7 mars 1724, à près de soixante-neuf ans, après un règne de deux ans, neuf mois et vingt-huit jours.[72][73] Il fut inhumé dans les grottes de la basilique Saint-Pierre. Le conclave qui suivit élut un religieux dominicain, le cardinal Orsini, qui prit le nom de Benoît XIII.
- 13 mai 1655Naissance à Polila maison Conti
Michelangelo dei Conti naît dans la famille ducale de Poli, héritière des papes Innocent III, Grégoire IX et Alexandre IV.[74]
- 1695-1706Nonce en Suisse puis au Portugalla carrière diplomatique
Archevêque titulaire de Tarse, il représente le Saint-Siège à Lucerne (1695) puis à Lisbonne (nommé le 24 mars 1698, en poste jusqu'en 1706).[75][76]
- 7 juin 1706Créé cardinal par Clément XIévêque d'Osimo puis de Viterbe
Reconnaissance de la carrière du nonce, qui reçoit la pourpre et deux diocèses.[77]
- 2 avril 1721Veto impérial contre Paoluccile jus exclusivae
Au nom de Charles VI, le cardinal Althann exclut le favori Fabrizio Paolucci, prolongeant le conclave.[78]
- 8 mai 1721Élection au 75ᵉ scrutinle compromis Conti
Avec cinquante-quatre voix sur cinquante-cinq, le cardinal Conti est élu et prend le nom d'Innocent XIII.[79]
- 1722Investiture de Naples et de Sicile à Charles VIdiplomatie d'un Saint-Siège affaibli
- 7 mars 1724Mort d'Innocent XIIIgrottes de Saint-Pierre
Le pape malade meurt après un règne bref ; le conclave suivant élira Benoît XIII.[83]
Le bilan d'un règne effacé
Innocent XIII ne laissa ni grand texte dogmatique, ni concile, ni réforme d'envergure. Affaibli par la maladie et par la brièveté de son pontificat, il fut surtout un gestionnaire prudent d'un héritage reçu de Clément XI. Sur le plan temporel, son règne confirme le déclin du Saint-Siège : investiture résignée de Naples et de Sicile, protestation vaine pour Parme et Plaisance, concession humiliante du chapeau à Dubois.
Mais sur le plan doctrinal, son bilan est celui d'une ferme continuité : maintien de la constitution Unigenitus (1713) contre les pressions gallicanes, exigence d'obéissance des missionnaires d'Asie, fermeté envers une Compagnie de Jésus qu'il jugeait insoumise. Pape faible devant les rois, il fut constant devant l'erreur — dans la droite ligne de son prédécesseur.
Pourquoi Innocent XIII compte aujourd'hui
Innocent XIII compte d'abord comme témoin du déclin temporel de la papauté à l'aube des Lumières : son pontificat montre un Saint-Siège réduit à défendre des principes juridiques là où il régnait jadis. Il compte ensuite pour l'histoire des relations entre Rome et les jésuites : sa défiance et sa restriction sur les novices témoignent de la défaveur croissante qui frappera la Compagnie jusqu'en 1773. Il compte enfin comme figure de continuité doctrinale, gardien fidèle de la condamnation du jansénisme et de la discipline des rites chinois. Pris dans une époque qui ne lui laissa ni le temps ni les moyens d'agir, Innocent XIII tint, là où il le pouvait, la ligne de ses prédécesseurs avec une fermeté tranquille.
Pour aller plus loin
- Pape Clément XI (1649-1721), prédécesseur dont Innocent XIII prolongea fidèlement la politique
- Pape Benoît XIII, successeur dominicain élu au conclave de 1724
- Pape Innocent XII (1615-1700), le pape qui abolit le népotisme pontifical en 1692
- La controverse des rites chinois, dossier missionnaire qui dressa Innocent XIII contre les jésuites
- Prédestination et jansénisme, pour comprendre l'enjeu de la bulle Unigenitus maintenue par Innocent XIII
- Pape Clément XIV, qui supprima la Compagnie de Jésus en 1773, un demi-siècle après la restriction qu'Innocent XIII imposa aux novices jésuites
Notes et références
« Pope Innocent XIII », Wikipedia (https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Innocent_XIII), pour la naissance le 13 mai 1655 à Poli, l'ascendance Conti et les papes Innocent III, Grégoire IX et Alexandre IV, le père Carlo II duc de Poli, les études à Ancône, au Collège romain et à la Sapience, le double doctorat en droit, la carrière curiale (référendaire 1691, gouverneur de la Campagne et Maritime puis de Viterbe), l'archevêché titulaire de Tarse et la consécration de 1695, les nonciatures de Suisse (Lucerne, 1695-1698) et du Portugal (Lisbonne, 1698-1706), le cardinalat du 7 juin 1706, les évêchés d'Osimo (1709) et de Viterbe (1712-1719), la charge de camerlingue (1716-1717), le couronnement du 18 mai 1721 par le cardinal Benedetto Pamphili, la santé (hernie et calculs), la création de trois cardinaux dont son frère Bernardo Maria, les béatifications (Jean Népomucène, 31 mai 1721), la proclamation de saint Isidore de Séville docteur de l'Église le 25 avril 1722, la mort le 7 mars 1724 et la sépulture dans les grottes de Saint-Pierre. La notice est aussi la seule à faire remonter l'hostilité de Conti envers les jésuites à sa nonciature du Portugal, sous une forme prudente et sans source nommée : « where he is believed to have formed those unfavourable impressions of the Jesuits which afterwards influenced his conduct towards them » (section Cardinalate).
1 7 13 15 17 19 24 27 29 31 41 43 44 45 57 70 71 73 74 77 83« Pope Innocent XIII », The Catholic Encyclopedia / Catholic Answers (https://www.catholic.com/encyclopedia/pope-innocent-xiii ; texte vérifié sur https://www.newadvent.org/cathen/08023a.htm), pour la naissance le 13 mai 1655 (la CE écrit « Born at Rome », contre Poli qu'attestent Miranda — « Birth. May 13, 1655, Poli, diocese of Palestrina » —, Britannica et la liste officielle du Saint-Siège — « Poli (Italie) » ; l'article retient Poli), le père Carlo II duc de Poli, les études au Collège romain, les charges cérémonielles reçues sous Alexandre VIII (1690), l'archevêché titulaire de Tarse et la nonciature de Lucerne (1695) puis de Lisbonne (1697), le cardinalat de 1706 et les diocèses de 1709 et 1712, l'élection « dans un conclave orageux le 8 mai 1721 », le choix du nom en mémoire d'Innocent III, l'investiture de Charles VI et le serment d'allégeance de 1722, l'opposition vaine à l'investiture de Parme et Plaisance, la pension et la promesse de 100 000 ducats au prétendant Jacques III, le parti pris contre les jésuites sur les rites chinois, l'exigence de soumission à Unigenitus, la concession du cardinalat à Dubois sous la pression française, et le secours aux Vénitiens et surtout à l'île de Malte dans leur lutte contre les Turcs. Textes originaux : « After studying at the Roman College he was introduced into the Curia by Alexander VIII » ; « In 1695 he was made Titular Archbishop of Tarsus and nuncio at Lucerne, and in 1697, nuncio at Lisbon » ; « Soon after his succession he invested Emperor Charles VI with the Kingdom of Sicily and received his oath of allegiance in 1722 » ; recoupement du 4 octobre 2026 (textes vérifiés en texte intégral) : l'investiture de 1722 porta sur les deux royaumes, Naples et la Sicile, tous deux fiefs pontificaux — la notice Papal Artifacts écrit que Clément XI avait refusé d'investir Charles VI « with Naples and Sicily », puis qu'« Innocent granted the investiture in 1722 » (voir note papal) ; la CE ne nomme que la Sicile, Britannica que Naples, d'où la formulation réunifiée retenue dans l'article ; « After the death of Clement XI he was elected pope in a stormy conclave on May 8, 1721 » ; « In the dispute of the Jesuits with the Dominicans and others, concerning the retention of various Chinese Rites among the Catholic converts of China, Innocent XIII sided with the opponents of the Jesuits » ; « In memory of Innocent III, to whose lineage he belonged, he chose the name of Innocent XIII » ; « He also assisted the Venetians and especially the Island of Malta in their struggle against the Turks ». NB : la CE date la désignation pour Lisbonne de 1697, tandis que la biographie de Salvador Miranda donne la nomination au 24 mars 1698 : l'article retient 1698, année de la prise de poste effective.
2 10 20 22 23 36 39 40 42 46 48 52 54 55 60 66 69 75 81« Papal conclave of 1721 », étude du conclave (https://en.wikipedia.org/wiki/Papal_conclave_of_1721 ; cf. aussi J. P. Adams, Sede Vacante 1721, California State University Northridge), pour l'ouverture du conclave le 31 mars 1721, les vingt-sept cardinaux présents au départ et la quarantaine atteinte en avril, la candidature de Fabrizio Paolucci (à trois voix de l'élection), le veto impérial de Charles VI prononcé par le cardinal Michael Friedrich von Althann le 2 avril 1721, et l'élection de Michelangelo dei Conti au soixante-quinzième scrutin le 8 mai 1721 par cinquante-quatre voix sur cinquante-cinq. Texte original : « On 8 May in the morning, in the seventy-fifth ballot, Cardinal Michelangelo de' Conti was elected pope, receiving fifty-four votes out of fifty-five ».
3 32 33 34 35 37 38 78 79« Innocent XIII », Encyclopædia Britannica (https://www.britannica.com/biography/Innocent-XIII), pour la naissance le 13 mai 1655 à Poli près de Palestrina, la mort à Rome le 7 mars 1724, le pontificat de 1721 à 1724, l'élection du 8 mai 1721, les nonciatures de Suisse et du Portugal, le cardinalat (1706) et l'évêché d'Osimo (1709) conférés par Clément XI, l'investiture de l'empereur Charles VI sur le royaume de Naples (1722), la défiance envers les jésuites de Chine et l'ordre de se soumettre aux prohibitions de Clément XI sur les rites (que la notice date de « 1713 » — datation erronée, voir le corps de l'article : décret Cum Deus optimus de 1704, constitution Ex illa die du 19 mars 1715 ; 1713 est l'année d'Unigenitus), et la reconnaissance du prétendant Jacques Stuart comme roi d'Angleterre avec promesse de subsides conditionnés au rétablissement du catholicisme. Texte original : « In the following year he invested the Holy Roman emperor Charles VI with sovereignty over the Kingdom of Naples ».
4 5 8 25 30 47 50 65 67 68 72 80« Innocent XIII, Pope », Encyclopedia.com (https://www.encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/innocent-xiii-pope — texte de la New Catholic Encyclopedia, J. S. Brusher, vérifié en texte intégral), pour les études d'abord à Ancône puis chez les jésuites à Rome, les gouvernements successifs d'Ascoli, Frosinone et Viterbe, l'envoi en Suisse en 1695 puis à Lisbonne trois ans plus tard comme internonce, le bref interdisant aux jésuites de recevoir des novices s'ils ne donnaient pas dans les trois ans satisfaction quant à leur obéissance, l'insistance sur la soumission à la constitution Unigenitus (1713), et la reconnaissance de Jacques Stuart comme roi d'Angleterre avec subsides conditionnés au rétablissement du catholicisme. Texte original : « forbade the Jesuits to receive novices if within three years they did not satisfy him as to their obedience ». La notice ne donne ni l'intitulé ni la date de ce bref ; sa bibliographie renvoie aux actes du pontificat dans le Bullarium Romanum, t. 21, pp. 867-958 (édition Mainardi-Cocquelines, Rome 1733-1762), ainsi qu'à L. Pastor, History of the Popes, t. 34 (section Innocent XIII, pp. 1-97 de l'édition anglaise) — références vérifiées le 4 octobre 2026, dépouillement non mené en session. Seconde notice indépendante, recoupement du 4 octobre 2026 (texte vérifié en texte intégral) : la notice Papal Artifacts (« The Election of Pope Innocent XIII », http://www.papalartifacts.com/may-8-1721-election-pope-innocent-xiii-2/, même texte que « Pope Innocent XIII », http://www.papalartifacts.com/portfolio-item/pope-innocent-xiii/) confirme la mesure : « Innocent went as far as forbidding the Jesuits to receive novices within three years unless they could prove their obedience to the pope on this matter » ; elle n'en donne pas davantage l'intitulé ni la date (voir note papal).
6 53 58 59 62 64Salvador Miranda, « CONTI, Michelangelo (1655-1724) », The Cardinals of the Holy Roman Church — Biographical Dictionary, Florida International University (https://cardinals.fiu.edu/bios1706-ii.htm, consistoire du 7 juin 1706 — texte vérifié en texte intégral). Naissance et filiation : « Birth. May 13, 1655, Poli, diocese of Palestrina. Second child of Carlo II Conti, duke of Poli, and d'Isabella Monti ». Pour les études (Ancône, Collège romain chez les jésuites, La Sapienza : doctorat in utroque iure, dans les deux droits canonique et civil), le référendariat aux Tribunaux suprêmes de la Signature apostolique (14 août 1691), les gouvernements d'Ascoli (17 août 1691 – décembre 1692), de la Campagne et Maritime à Frosinone (6 décembre 1692 – mai 1693) et de Viterbe (6 mai 1693 – juin 1695), l'élection à l'archevêché titulaire de Tarse (13 juin 1695) et le sacre (16 juin 1695), la nonciature en Suisse (1ᵉʳ juillet 1695) puis au Portugal (24 mars 1698). Textes originaux : « later at La Sapienza University, Rome (doctorate in utroque iure, both canon and civil law) » ; « Referendary of the Supreme Tribunals of the Apostolic Signature of Justice and Grace, August 14, 1691 » ; « Nuncio in Portugal, March 24, 1698 ». NB : Miranda date la nomination à Lisbonne au 24 mars 1698, quand la Catholic Encyclopedia donne 1697 (année de la désignation) ; la New Catholic Encyclopedia fait partir Conti pour Lisbonne trois ans après 1695, soit 1698, mais prolonge son titre jusqu'en 1710 — l'article retient la fin effective de 1706, année de la création cardinalice. Origine probable du « 17 May, 1706 » de la CE : « Created cardinal priest in the consistory of June 7, 1706, in replacement of Cardinal Gabriele Filippucci, who declined the cardinalate in the consistory of May 17, 1706 » — la CE a retenu la date du consistoire du refus Filippucci, non celui de la création de Conti.
9 12 16 18 21 26 76« Innocent XIII », Wikipédia (https://fr.wikipedia.org/wiki/Innocent_XIII), pour l'ascendance des Conti de Poli et de Guadagnolo, la mère Isabella Muti (données Wikidata de l'infobox), le détail des nonciatures, et la protestation sans effet du pape contre l'occupation des duchés de Parme et de Plaisance par les puissances en 1723.
11 14 51Sur l'attitude d'Innocent XIII envers la Compagnie de Jésus. Le fait attesté est son parti pris contre les jésuites dans la querelle des rites chinois : voir la Catholic Encyclopedia (« il se rangea du côté des adversaires des jésuites ») et la New Catholic Encyclopedia (interdiction de recevoir des novices). En revanche, l'idée que son hostilité serait née pendant sa nonciature de Lisbonne ne figure, sous une forme prudente (« he is believed to have formed those unfavourable impressions of the Jesuits »), que dans la notice anglophone de Wikipedia (section Cardinalate), qui ne nomme aucune source à l'appui. De même, aucun projet de suppression de l'ordre n'est attesté par la Catholic Encyclopedia, la New Catholic Encyclopedia, Britannica ni Wikipedia : cette affirmation a donc été retirée de l'article. La suppression de la Compagnie ne sera prononcée qu'en 1773 par Clément XIV.
28 61Papal Artifacts, « Pope Innocent XIII » (http://www.papalartifacts.com/portfolio-item/pope-innocent-xiii/) et « The Election of Pope Innocent XIII » (http://www.papalartifacts.com/may-8-1721-election-pope-innocent-xiii-2/) — même texte biographique sur les deux pages, vérifié en texte intégral le 4 octobre 2026. Pour l'investiture : « His predecessor, Clement XI, had refused to invest Emperor Charles VI (1711 – 1740) with Naples and Sicily because he had not been consulted about their transfer to the empire. Innocent granted the investiture in 1722 ». Pour les jésuites : « Innocent went as far as forbidding the Jesuits to receive novices within three years unless they could prove their obedience to the pope on this matter ». La notice ne donne ni l'intitulé ni la date d'un acte pontifical.
49 63 82« Unigenitus », The Catholic Encyclopedia (https://www.newadvent.org/cathen/15128a.htm), pour la bulle Unigenitus Dei Filius publiée à Rome le 8 septembre 1713 par Clément XI, condamnant cent une propositions tirées de l'ouvrage de Pasquier Quesnel (Réflexions morales) ; cf. Enchiridion symbolorum de Denzinger, n^os 2400-2502. C'est cette constitution, héritée de son prédécesseur, qu'Innocent XIII maintint sans assouplissement face aux évêques appelants.
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