Pape Innocent XII (1615-1700)

Élu en 1691, Innocent XII (Antonio Pignatelli) abolit le népotisme pontifical par la bulle Romanum decet Pontificem, fit des pauvres ses neveux, réforma la justice de la Curie, réconcilia Rome et Louis XIV et condamna le quiétisme de Fénelon.

Ignispedia

Innocent XII (Antonio Pignatelli), né à Spinazzola le 13 mars 1615, élu pape le 12 juillet 1691, est le 242ᵉ pape de l'Église catholique. Vieux prélat de soixante-seize ans au moment de son élection, ce Napolitain de haute naissance, rompu à la diplomatie pontificale, succède au bref pontificat d'Alexandre VIII et règne un peu plus de neuf ans, jusqu'à sa mort le 27 septembre 1700.[1][2][3]

Un acte domine son règne et lui assure une place singulière dans l'histoire de la papauté : par la bulle Romanum decet Pontificem (22 juin 1692), Innocent XII abolit le népotisme pontifical — il supprime la charge de cardinal-neveu, interdit aux papes d'enrichir leur parentèle et impose aux cardinaux de jurer d'observer le décret. Au népotisme, il oppose une formule que la tradition résume ainsi : « les pauvres sont ses neveux ».[4][5]

Le reste du pontificat prolonge cette ligne réformatrice. Innocent XII réorganise la justice des États pontificaux en concentrant les tribunaux dans un palais unique, la Curia Innocenziana du Montecitorio ; il réconcilie le Saint-Siège avec Louis XIV en obtenant en 1693 le désaveu des Articles gallicans de 1682 ; il condamne vingt-trois propositions semi-quiétistes des Maximes de Fénelon par le bref (acte pontifical en forme brève) Cum alias (1699), tout en restant fidèle aux pauvres et à la simplicité.[6][7][8]

Innocent XII en quatre dossiers — abolition du népotisme, réforme de la justice, charité aux pauvres et condamnation du quiétisme. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

À sa mort, survenue pendant le Jubilé de 1700, Innocent XII laisse l'image d'un pape réformateur, austère et charitable, qui clôt l'âge baroque du népotisme romain et prépare la papauté moderne. Son dernier acte politique — la lettre d'avis au roi d'Espagne Charles II sur le choix français suggéré par son Conseil d'État, attribuée au pape et discutée dès 1879 — sera invoquée parmi les causes de la guerre de la Succession d'Espagne, qui éclate après sa mort.[9][10]

Pourquoi Innocent XII compte-t-il ?

Le pape qui abolit le népotisme

L'importance première d'Innocent XII est institutionnelle. Depuis la Renaissance, presque tous les papes avaient gouverné l'Église par l'intermédiaire d'un cardinal-neveu — un parent élevé à la pourpre, enrichi de bénéfices et de domaines, chargé de la politique pontificale. Le système avait produit des fortunes scandaleuses : les Borghèse, les Barberini, les Pamphilj, les Chigi. Le bienheureux Innocent XI avait voulu y mettre fin : un projet de bulle, élaboré avec son auditeur Giovanni Battista de Luca et présenté en 1680, dut être abandonné devant l'opposition irréductible de la Curie.[11]

C'est Antonio Pignatelli — qui prit le nom d'Innocent XII[12][13] — qui acheva la réforme. La bulle Romanum decet Pontificem du 22 juin 1692 supprime la charge de cardinal-neveu, plafonne à douze mille écus les revenus du parent élevé à la pourpre et n'autorise plus qu'un seul parent à recevoir le chapeau, pour d'insignes mérites.[14][15] Le serment imposé aux cardinaux engage aussi leurs successeurs, et l'âge du népotisme romain s'achève avec ce texte.

Le pape des pauvres

Le second trait du règne est la charité sociale. Innocent XII détourne vers les indigents les ressources qu'on consacrait jadis à la famille pontificale. Il transforme une partie du palais du Latran en hospice pour les nécessiteux, soutient le grand complexe de San Michele a Ripa Grande, qui recueille orphelins et pauvres invalides, et multiplie les fondations charitables et éducatives.[16][17]

Michael Ott, dans la Catholic Encyclopedia (1910, vol. VIII, notice « Pope Innocent XII »), écrit : « Towards the poor, whom he called his nephews, he was extremely charitable » — envers les pauvres, qu'il appelait ses neveux, il fut extrêmement charitable[18]. À la place des neveux de chair que la coutume romaine enrichissait, le pape choisit les pauvres comme bénéficiaires de sa générosité[19].

Un pape réformateur dans la lignée d'Innocent XI

Le troisième trait est le style réformateur. Britannica le présente comme un pape réformateur, adversaire des abus du clergé, à commencer par le népotisme[20]. Innocent XII réduit le train de la cour, combat la simonie et la vénalité des offices, discipline le clergé par des édits successifs et rationalise l'administration de la justice. Il prolonge ainsi l'œuvre austère de son modèle, Innocent XI, dont il poursuivit l'esprit réformateur.[21][22][23]

Les sources du pontificat

Le règne d'Innocent XII est bien documenté : actes pontificaux, archives de la Curie réformée, correspondances diplomatiques françaises et impériales, dossiers de la querelle quiétiste. Comme pour tout pape de l'époque moderne, l'historien doit croiser ces sources et distinguer la fiche encyclopédique de l'étude critique.

SourceNatureCe qu'elle apportePrudence
Saint-Siège, liste officielle des papesfiche actuelle242ᵉ pape, dates du pontificat, identitéNotice synthétique
Enciclopedia dei Papi, « Innocenzo XII » (Treccani)synthèse critique italienneCarrière, conclave, réformes, jugement nuancéSource secondaire de référence
Bulle Romanum decet Pontificem (22 juin 1692)acte disciplinaire pontificalAbolition du népotisme, serment des cardinauxDocument officiel fondateur
Bref Cum alias (12 mars 1699)acte doctrinalCondamnation des vingt-trois propositions de FénelonTexte officiel sur le quiétisme
Catholic Encyclopedia (1910), « Innocent XII »notice érudite anglophoneCarrière, réformes, succession d'EspagneSource ancienne mais précise
L. von Pastor, Geschichte der Päpste, t. XIVhistoire monumentale des papesRécit le plus complet du pontificatVolume de référence érudit
Notices encyclopédiques modernes (Britannica, Wikipédia)synthèses généralesRepères chronologiques et bibliographiquesNiveaux de fiabilité variables

Lire un pape réformateur sans hagiographie ni dénigrement

Innocent XII n'a pas suscité de légende noire comparable à celle d'Innocent X et de la « papessa » Olimpia. La portée réelle de ses réformes se mesure aux actes officiels et à l'histoire critique : la bulle contre le népotisme ne fut approuvée qu'après de fortes résistances, et les réformes judiciaire et charitable, pour durables qu'elles furent, composèrent avec les moyens limités de l'épargne pontificale[24]. La monumentale Histoire des papes de Ludwig von Pastor, rédigée sur les Archives secrètes du Vatican, en donne le récit le plus complet.[25][26]

Avant le pontificat : un Napolitain au service de Rome

La maison Pignatelli

Les armes des Pignatelli — vieille noblesse napolitaine alliée aux Carafa et aux Caracciolo. Image : Pignatelli stemma, Wikimedia Commons, Peppe64, CC BY-SA 3.0.

Les Pignatelli sont une ancienne et puissante famille de la noblesse napolitaine. Antonio naît le 13 mars 1615 à Spinazzola, dans le royaume de Naples, fils de Francesco Pignatelli, marquis de Spinazzola, et de Porzia Carafa, des ducs d'Andria (fille de Fabrizio Carafa).[27][28] Par sa mère, il est apparenté aux Carafa — la famille du pape Paul IV — et son oncle maternel Vincenzo Carafa fut général de la Compagnie de Jésus.[29]

Cette haute naissance le place d'emblée dans l'élite romaine : confié dans sa jeunesse aux soins de son oncle maternel Vincenzo Carafa, général de la Compagnie de Jésus, il accomplit ses études au Collège romain puis gravit, par la carrière administrative et diplomatique, les étapes classiques du cursus curial.[30]

La formation et les premières charges

Élevé au Collège romain des jésuites, Antonio Pignatelli obtient le doctorat en droit canon et civil. À vingt ans, il entre dans la Curie romaine sous Urbain VIII, devient référendaire de la Signature apostolique, puis exerce une série de charges de gouvernement : vice-légat d'Urbino, gouverneur de Fano, de Viterbe et de Pérouse.[31][32][33]

De 1646 à 1649, il est inquisiteur de Malte — poste sensible où il administre la justice ecclésiastique dans l'île des Chevaliers.[34][35] Ces fonctions font de lui un homme d'expérience, connaisseur du droit et du gouvernement des hommes.

Les nonciatures : Toscane, Pologne, Vienne

La longue ascension d'Antonio Pignatelli — un demi-siècle au service de Rome avant la tiare. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Consacré archevêque titulaire de Larissa le 27 octobre 1652, Pignatelli passe ensuite au service diplomatique du Saint-Siège, qui sera le grand œuvre de sa vie. Il est successivement nonce en Toscane, puis nonce en Pologne (1660-1668), où il « régla les affaires ecclésiastiques troublées » du royaume, et enfin nonce à Vienne, à la cour de l'empereur Léopold Iᵉʳ (1668-1671).[36][37][38]

Ces longues missions à l'étranger — près de vingt ans hors de Rome — lui donnent une connaissance directe des grandes monarchies catholiques, de la France des Bourbons à l'Empire des Habsbourg. Elles forgent un diplomate patient, accoutumé à composer entre les couronnes.

Évêché, cardinalat et archevêché de Naples

De retour en Italie, Pignatelli devient évêque de Lecce (1671), puis secrétaire de la Congrégation des Évêques et Réguliers. Le bienheureux Innocent XI le crée cardinal le 1ᵉʳ septembre 1681, avec le titre de San Pancrazio, et lui confie l'évêché de Faenza (1682) puis la légation de Bologne.[39][40][41] Désigné en septembre 1686 pour Naples, il n'en prend effectivement la charge qu'à la fin 1687, une fois son successeur à Bologne nommé : il y gouverne ensuite, sa patrie, avec zèle pastoral jusqu'à son élection.[42][43]

À la mort d'Alexandre VIII, c'est donc un prélat de soixante-seize ans, riche d'un demi-siècle de service, qui figure parmi les candidats au trône de Pierre. Sa réputation d'austérité et son indépendance à l'égard des factions vont jouer en sa faveur.

Le conclave de 1691 : un compromis de cinq mois

La mort d'Alexandre VIII

Alexandre VIII (Pietro Ottoboni), élu en 1689, meurt le 1ᵉʳ février 1691 après seize mois d'un pontificat bref mais marqué, lui, par un retour du népotisme : le vieux pape vénitien avait comblé ses propres neveux de charges et de richesses.[44][45] Sa disparition rouvre la question lancinante de la réforme de la cour pontificale, qu'Innocent XI n'avait pu mener à son terme.

Zelanti, Français et Impériaux

Les cardinaux entrent en conclave le 11 février 1691.[46] Le Sacré Collège, fort d'une soixantaine de membres, se partage en trois camps : la faction française, conduite par les cardinaux protégés de Louis XIV ; la faction espagnole-impériale, fidèle aux Habsbourg ; et le parti des Zelanti, prélats soucieux d'élire un pape indépendant des couronnes et favorable à la réforme.[47][48]

Ni la France ni l'Espagne ne parviennent à imposer leur candidat. Le conclave s'enlise et dure cinq mois — l'un des plus longs du siècle. Le saint cardinal Gregorio Barbarigo est un moment pressenti, mais c'est finalement le nom de Pignatelli, réputé sans attache partisane, qui rallie les suffrages.[49][50]

L'élection du 12 juillet 1691

Le 12 juillet 1691, après cinq mois d'attente, le cardinal Antonio Pignatelli est élu pape, recueillant, selon les synthèses — le scrutin restant couvert par le secret du conclave —, cinquante-trois voix sur les soixante et un électeurs présents.[51][52] Il choisit le nom d'Innocent XII.[53][54][55]

Il est couronné le 15 juillet 1691 par le cardinal protodiacre Urbano Sacchetti, et prend possession de la basilique du Latran le 13 avril 1692.[56] Le compromis qui l'a porté au trône n'est pas une faiblesse : libéré des dettes envers les factions, le nouveau pape pourra gouverner avec une rare liberté d'action.

Romanum decet Pontificem : la fin du népotisme (1692)

Un mal séculaire

La bulle qui abolit le népotisme — suppression du cardinal-neveu, un seul parent admis à la pourpre, plafond de 12 000 écus, serment imposé aux cardinaux. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le népotisme — du latin nepos, le neveu — désignait l'usage par lequel le pape élevait un proche, le plus souvent un neveu, à la dignité de cardinal-neveu : véritable premier ministre, il cumulait les bénéfices (les revenus attachés à une charge d'Église), gérait les finances et préparait la fortune de la famille. Ce système, ancré depuis la Renaissance, avait enrichi les Borghèse, les Barberini et bien d'autres, au prix d'un scandale dont protestants et libertins faisaient leurs délices.[57][58]

Le bienheureux Innocent XI avait tenté l'abolition, mais son projet ne vit jamais le jour devant l'opposition de la Curie ; sous Alexandre VIII, on renoua au contraire avec la coutume.[59][60] Innocent XII fait de cette réforme la priorité de son règne, dès son élection.

Le contenu de la bulle

Le 22 juin 1692, le pape promulgue la bulle Romanum decet Pontificem — « Il convient au Pontife romain… ». Le texte est radical pour son temps. Il dispose que :[61][62]

  1. la charge de cardinal-neveu est abolie ;
  2. un pape ne pourra désormais élever à la pourpre qu'un seul de ses parents, et seulement si d'insignes mérites l'y appellent ;
  3. les églises, monastères, commendes, bénéfices et offices ecclésiastiques — ainsi que les pensions assises sur leurs fruits — conférés à ce parent cardinal sont plafonnés, tous revenus cumulés, à douze mille écus de monnaie romaine par an ; les émoluments des offices de la Curie romaine et les charges temporaires, révocables au gré du pape, sont exclus de ce calcul ; les sinécures traditionnellement réservées aux neveux sont supprimées ;
  4. les cardinaux souscrivent et jurent d'observer le décret.

« Il convient au Pontife romain… » — incipit de la bulle Romanum decet Pontificem (22 juin 1692)[63]

La bulle impose aux cardinaux de souscrire et de jurer le décret — y compris les absents et les futurs cardinaux, lors de la remise du chapeau — et charge les papes successeurs de révoquer les concessions qui excéderaient la mesure : Innocent XII transforme ainsi une résolution personnelle en loi de l'Église.[64]

Une réforme durable mais imparfaite

La bulle elle-même porte la trace des résistances qu'elle dut vaincre : approuvée de justesse par les cardinaux, elle prescrivait la « modération » plus qu'elle n'interdisait absolument.[65] Le népotisme des fortunes dynastiques avait cependant vécu : la charge de cardinal-neveu, abolie en droit, ne sera jamais rétablie.

La réforme d'Innocent XII marque ainsi un tournant : elle ne supprime pas d'un coup toute faveur familiale, mais elle interdit pour toujours le retour au système ancien et inscrit dans le droit le principe que le service de l'Église ne se confond pas avec l'intérêt d'une maison.

Le pape des pauvres et la charité

Les pauvres, ses neveux

San Michele a Ripa Grande — le grand hospice romain pour orphelins et vieillards, développé sous Innocent XI, Innocent XII et leurs successeurs. Photo : Wikimedia Commons, user Lalupa, domaine public.

À la suppression du népotisme, Innocent XII donne un contre-programme positif : la charité. Là où ses prédécesseurs versaient à leurs neveux les revenus de l'Église, il les détourne vers les indigents, qu'il appelle ses véritables neveux.[66][67] Le geste n'est pas seulement rhétorique : il transforme une partie du palais du Latran en hospice pour les nécessiteux et soutient les institutions d'assistance de Rome.

Le grand complexe de San Michele a Ripa Grande, sur le port fluvial du Tibre — fondé sous Innocent XI pour recueillir et former des orphelins (manufacture de tapis et de tapisseries) — s'agrandit sous son pontificat avec, en 1693, un hospice pour les pauvres invalides.[68] L'œuvre, poursuivie par Clément XI (qui y transfère les vieillards en 1709) et Clément XII, deviendra l'un des plus vastes établissements charitables de l'Europe.

Discipline du clergé et lutte contre les abus

La charité va de pair avec la rigueur morale. Innocent XII multiplie les édits — en 1691, 1696, 1699 — sur la discipline et la tenue du clergé, combat la simonie (le trafic des biens spirituels et des charges d'Église) dans la Chambre apostolique et impose à la cour pontificale des pratiques plus simples et plus économes.[69][70] Dès 1692, il s'attaque à la vénalité des offices (la vente des charges) : la bulle du 23 octobre supprime la vénalité des cléricats de Chambre et celle du 10 novembre celle des offices caméraux, avec remboursement des acquéreurs[71] ; en 1694, une coûteuse campagne parachève l'œuvre en rachetant les offices vénaux et en indemnisant leurs titulaires.[72]

Cette austérité tranche avec le faste baroque des pontificats précédents. Elle annonce une papauté plus administrative et plus pastorale, soucieuse de l'exemple donné autant que de la gloire de Rome.

Béatifications, canonisations et créations cardinalices

Le gouvernement spirituel d'Innocent XII ne se réduit pas à la réforme administrative. Au long de son pontificat, les répertoires lui attribuent trente créations cardinalices en quatre consistoires (12 décembre 1695, 22 juillet 1697, 14 novembre 1699, 21 juin 1700) — dont des nominations réservées in pectore (tenues secrètes), deux d'entre elles n'ayant jamais été publiées — le pape s'efforçant, conformément à son refus du népotisme, d'écarter les promotions de complaisance.[73]

Surtout, les répertoires attribuent à son pontificat plusieurs actes en faveur de la sainteté : la béatification d'Osanna Andreasi (1694), de Jeanne de Portugal (1692 ou 1693 selon les répertoires) et d'Humiliana de' Cerchi (1694), l'approbation du culte d'Angèle de Foligno (1693), la confirmation de celui de Marie de Cervelló (février 1692) et la canonisation de sainte Zita de Lucques — humble servante du XIIIᵉ siècle, patronne des domestiques — que les listes placent au 5 septembre 1696.[74] Une servante élevée sur les autels par le pape qui faisait des pauvres ses neveux : la résonance avec sa prédilection pour les humbles est frappante, sans qu'aucune pièce consultée n'établisse une intention personnelle du pape en ce choix.

La réforme de la justice et de la Curie

Ad radicitus, Romanus Pontifex et la concentration des tribunaux

L'une des œuvres les plus concrètes du règne est la réforme judiciaire. Par la bulle Ad radicitus submovendum (31 août 1692), Innocent XII entreprend de « déraciner » le désordre des juridictions romaines, où foisonnaient les tribunaux privés et les cours concurrentes[75][76] ; la bulle Romanus Pontifex (17 septembre 1692) en tire la conséquence : sur la suggestion de la Congrégation pour la réforme des tribunaux, elle supprime la pléthore des cours inférieures — un contemporain chiffre à quatre-vingt-dix-sept les tribunaux inférieurs supprimés — et concentre à Montecitorio les tribunaux suprêmes, à l'exception de celui du Gouverneur.[77]

Cette rationalisation vise à rendre la justice plus claire, plus rapide et moins coûteuse pour les sujets des États pontificaux — préoccupation de bon gouvernement rare pour l'époque.

Le palais de Montecitorio, la Curia Innocenziana

Le palais de Montecitorio — la Curia Innocenziana, où la Curie (les tribunaux pontificaux) fut inaugurée en 1696 ; elle abrite aujourd'hui la Chambre des députés italienne. Photo : Nick Kenrick, Wikimedia Commons, CC BY 2.0.

Pour loger cette justice réformée, Innocent XII achève le grand palais de Montecitorio, commencé sous Innocent X d'après les plans du Bernin et achevé par l'architecte Carlo Fontana : c'est la Curia Innocenziana (« la Curie d'Innocent »), le « Forum Innocentianum », où sont installés en 1696 les tribunaux pontificaux.[78][79][80] Le bâtiment réunit en un lieu unique les tribunaux dispersés de la Ville.

Le destin de l'édifice est éloquent : ce palais bâti pour rendre la justice pontificale abrite aujourd'hui la Chambre des députés de la République italienne.[81][82] La Curia Innocenziana demeure ainsi, en plein cœur de Rome, le monument le plus visible de l'esprit réformateur d'Innocent XII.

Les grands travaux et le commerce

Soucieux du bien-être matériel de ses sujets, le pape engage aussi de grands travaux. Il dote Civitavecchia d'un nouvel aqueduc et en fait un port franc (1692) ; il fait aménager le port d'Anzio (l'antique Antium) ; il ouvre deux bureaux de douane à Rome et fait tracer, pour le Jubilé de 1700, une nouvelle voie reliant l'Appienne antique à la Via Campana — la Via Appia Pignatelli.[83][84] Autant de chantiers tournés vers l'économie et la circulation, et non vers la seule gloire dynastique.

La réconciliation avec Louis XIV : la fin de la crise gallicane (1693)

L'héritage de la querelle de la régale

Louis XIV — le roi de France révoqua en 1693 l'application des quatre Articles gallicans de 1682, dénouant le contentieux des nominations épiscopales. Portrait : Hyacinthe Rigaud, Wikimedia Commons, domaine public.

Innocent XII hérite d'un grave conflit avec la France. Sous Innocent XI, le différend sur la régale — le droit que Louis XIV prétendait exercer sur les revenus et les bénéfices des évêchés vacants — avait dégénéré. En 1682, une assemblée du clergé de France avait voté les quatre Articles dits gallicans, qui limitaient l'autorité du pape au profit du roi et de l'épiscopat national.[85][86][87] Le Saint-Siège avait refusé d'instituer canoniquement les évêques nommés par le roi, et des dizaines de sièges restaient sans titulaire confirmé.

Pour l'analyse complète de cette doctrine, voir l'article Le gallicanisme ; ici, c'est le dénouement diplomatique qui importe.

Le désaveu de 1693

Le diplomate patient qu'était Pignatelli sut dénouer ce que la fermeté d'Innocent XI n'avait pu trancher. En septembre 1693, Louis XIV révoque l'application des quatre Articles : par lettre au pape, il ordonne de ne pas exécuter l'édit de 1682 — le Saint-Siège n'exigeait pas une rétractation doctrinale, mais cette prise de distance. De leur côté, les évêques qui avaient souscrit les Articles adressent à Rome des lettres de rétractation, et le pape, en retour, confirme leurs nominations : entre 1692 et 1693, tous les sièges vacants sont enfin pourvus. Le contentieux des nominations est clos ; l'affaire de la régale, elle, reste à résoudre.[88][89][90][91]

« En 1693, il amena le roi Louis XIV de France à révoquer la "Déclaration du clergé de France" adoptée en 1682. » — Catholic Encyclopedia (1910), notice « Innocent XII »[92]

Ce compromis n'abolit pas le gallicanisme comme courant d'idées, qui survivra longtemps. Mais il restaure la communion pratique entre Rome et la fille aînée de l'Église, et permet de pourvoir enfin les diocèses français. Pour Innocent XII, c'est une victoire de la patience diplomatique sur l'affrontement.

La condamnation du quiétisme : Fénelon et Cum alias (1699)

La querelle du « pur amour »

Fénelon contre Bossuet — la querelle du « pur amour », tranchée par le bref Cum alias du 12 mars 1699. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le pontificat affronte aussi une crise spirituelle. Le quiétisme — non la contemplation ni le saint abandon, que l'Église honore, mais les erreurs déjà condamnées chez l'Espagnol Miguel de Molinos en 1687 : une oraison « passive » qui efface la coopération humaine et un « abandon » poussé jusqu'à l'indifférence pour son propre salut — refait surface en France sous une forme adoucie. Madame Guyon enseigne un amour pur de Dieu, désintéressé jusqu'à l'indifférence à son propre salut. Sa cause est défendue par l'un des plus grands esprits du temps : François de Fénelon, archevêque de Cambrai et précepteur du petit-fils de Louis XIV.[93][94]

Contre lui se dresse Jacques-Bénigne Bossuet, évêque de Meaux, qui juge ces doctrines dangereuses pour la responsabilité morale et l'autorité de l'Église. En 1697, Fénelon publie l'Explication des maximes des saints sur la vie intérieure pour défendre une lecture mesurée du pur amour ; Bossuet riposte, et l'affaire, portée devant Louis XIV puis devant Rome, prend une ampleur européenne.[95][96]

Le bref Cum alias

Pressé par Louis XIV, scandalisé que le précepteur de son héritier soutînt de telles thèses, Innocent XII confie l'examen du livre à une commission. Le 12 mars 1699, le bref Cum alias condamne vingt-trois propositions tirées des Maximes des saints : selon les cas — dans le sens obvie des mots (le sens qui s'offre d'abord à la lecture) ou par l'enchaînement des pensées — elles sont qualifiées de téméraires, scandaleuses, malsonnantes, offensant les oreilles pies, pernicieuses en pratique et fausses en fait.[97][98] La condamnation est mesurée : elle ne frappe pas Fénelon d'hérésie formelle, mais elle écarte sans ambiguïté une spiritualité qui dissolvait l'espérance chrétienne et le désir légitime de la béatitude.

Sur le fond, l'Église maintient ce que le quiétisme menaçait : on peut et l'on doit aimer Dieu pour lui-même, mais le désir de son propre salut et l'espérance du Ciel demeurent des actes droits et voulus par Dieu, non des imperfections à dépasser.

L'admirable soumission de Fénelon

Le plus beau de l'épisode est la réponse de Fénelon. Apprenant la condamnation alors qu'il s'apprêtait à monter en chaire, l'archevêque de Cambrai annonça lui-même la sentence à ses fidèles et s'y soumit publiquement, sans réserve.[99][100]

« Nous adhérons à ce bref, mes très chers frères, tant pour le texte du livre que pour les vingt-trois propositions, simplement, absolument et sans ombre de restriction. » — Fénelon, mandement d'adhésion donné à Cambrai le 9 avril 1699, d'après la copie d'époque adressée à M. Mallet[101]

Cette obéissance, qui contraste avec la résistance des jansénistes, fit l'admiration de l'Europe et grandit Fénelon plus qu'aucune victoire. Pour l'examen doctrinal complet de la controverse, voir l'article Le quiétisme.

Le rappel de la condamnation du jansénisme

Sur l'autre front doctrinal du siècle, la Catholic Encyclopedia (1910) lui attribue la même fermeté : elle rapporte qu'en 1696 il renouvela la condamnation du jansénisme prononcée par ses prédécesseurs, dans la ligne de la bulle Cum occasione d'Innocent X (1653) — sans qu'aucun acte nominatif distinct n'ait été contrôlé pour cette date.[102] Le pape réformateur n'est donc pas un pape de la mollesse doctrinale : il tient les deux extrémités, contre le rigorisme janséniste comme contre l'illuminisme quiétiste.

Le Jubilé de 1700 et les grands travaux

L'Année sainte

Le pontificat se referme sur une Année sainte, le Jubilé de 1700, qui attire à Rome les pèlerins de toute la chrétienté. Innocent XII y prépare la Ville par ses travaux d'embellissement et de voirie, et veut ouvrir solennellement la Porte sainte de Saint-Pierre.[103][104][105] Mais la maladie l'en empêche.

Le 25 décembre 1699, déjà gravement atteint de goutte, le pape ne peut accomplir lui-même le rite d'ouverture de la Porte sainte : il s'en remet à un cardinal pour le représenter.[106][107] Le vieux pontife de quatre-vingt-quatre ans assiste de loin au grand Jubilé qu'il avait préparé.

Une mort pendant l'Année sainte

Innocent XII a la particularité de mourir pendant un Jubilé — selon les listes courantes des Jubilés, le premier cas dans l'histoire pontificale : l'Année sainte de 1700, ouverte sous son pontificat alors que la goutte l'empêchait d'ouvrir lui-même la Porte sainte, fut close sous son successeur Clément XI. Il faudra attendre le Jubilé de 2025 — ouvert par François, clos par Léon XIV le 6 janvier 2026 — pour voir un second Jubilé enjambant deux pontificats.[108] Sa fin, au cœur de l'Année sainte 1700, donne à son règne une gravité singulière : le pape réformateur s'éteint au moment même où Rome rassemble la chrétienté autour du tombeau de Pierre.[109][110]

La succession d'Espagne : le dernier conseil (1700)

Charles II sans héritier

Le dernier grand dossier du pontificat est politique. En 1700, le roi Charles II d'Espagne, dernier des Habsbourg d'Espagne, se meurt sans descendance, laissant en jeu le plus vaste empire d'Europe. Deux maisons revendiquent l'héritage : les Bourbons de France, par Philippe d'Anjou, petit-fils de Louis XIV, et les Habsbourg d'Autriche, par l'archiduc Charles, fils de l'empereur Léopold Iᵉʳ.[111][112]

Avant de tester, le roi mourant sollicite l'avis du pape sur le choix suggéré par son Conseil d'État : désigner Philippe d'Anjou, petit-fils de Louis XIV. D'après la Catholic Encyclopedia (Ott, 1910), qui suit ici Ranke, Innocent XII s'y déclara favorable[113] ; Treccani (Ago, 2000) décrit de même une simple approbation — « si dichiarò d'accordo » — d'un choix venu de Madrid[114].

Un avis lourd de conséquences

Le testament alla dans le sens de cet avis : à la mort du roi, Philippe devient Philippe V d'Espagne, premier Bourbon de Madrid.[115][116]

Cet avis — dont l'historicité même a été discutée dès 1879 par Onno Klopp, comme le rappelle la Catholic Encyclopedia — ne fut qu'un élément parmi d'autres : le testament, contesté par l'empereur Léopold qui réclamait l'Espagne pour son propre fils, alluma la guerre de la Succession d'Espagne (1701-1714), l'un des plus longs conflits du siècle.[117][118] Innocent XII, mort quelques semaines avant Charles II, n'en vit pas les effets.[119]

Mort et postérité

Les derniers jours

Le monument d'Innocent XII à Saint-Pierre, sculpté par Filippo della Valle, où la Charité et la Justice encadrent la figure du pape. Photo : Ricardo André Frantz, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Affaibli par la goutte depuis Noël 1699, Innocent XII décline tout au long de l'Année sainte. Il trouve la force, à Pâques 1700, de bénir la foule depuis le balcon du Quirinal, puis crée encore quelques cardinaux au mois de juin.[120][121] Il s'éteint à Rome le 27 septembre 1700, à l'âge de quatre-vingt-cinq ans, après plus de neuf ans de pontificat.[122][123]

Sépulture et mémoire

Le pape est inhumé dans la basilique Saint-Pierre du Vatican, dans un simple sarcophage. Ce n'est qu'en 1746, près d'un demi-siècle plus tard, qu'un monument funéraire lui est élevé — dessin de l'architecte Ferdinando Fuga, sculptures de Filippo della Valle : la figure du pape y est encadrée par les allégories de la Charité et de la Justice — les deux vertus mêmes qui résument son règne.[124][125] Selon les recensions usuelles des portraits pontificaux, Innocent XII serait le dernier pape à avoir porté la barbe.[126]

  1. 13 mars 1615
    Naissance à Spinazzola
    famille Pignatelli, royaume de Naples

    Antonio Pignatelli naît dans la haute noblesse napolitaine, apparenté aux Carafa.

  2. 1646-1649
    Inquisiteur de Malte
    première grande charge

    Après ses études au Collège romain et son entrée dans la Curie, il administre la justice ecclésiastique à Malte.

  3. 1660-1671
    Nonciatures
    Pologne puis Vienne

    Nonce en Pologne puis à la cour impériale, il devient un diplomate aguerri des grandes monarchies catholiques.

  4. 1681
    Créé cardinal
    par Innocent XI

    Innocent XI, dont il poursuivra l'œuvre réformatrice, l'élève à la pourpre ; désigné pour Naples en 1686, il en prend charge fin 1687.

  5. 12 juillet 1691
    Élu pape
    après un conclave de cinq mois

    Candidat de compromis indépendant des factions, il prend le nom d'Innocent XII.

  6. 22 juin 1692
    Romanum decet Pontificem
    abolition du népotisme

    La bulle supprime le cardinal-neveu et impose aux cardinaux de jurer d'observer la réforme.

  7. septembre 1693
    Réconciliation avec Louis XIV
    fin du contentieux des nominations

    Le roi révoque l'application des Articles de 1682 ; les sièges vacants sont pourvus, mais la régale reste en suspens.

  8. 12 mars 1699
    Cum alias
    condamnation de vingt-trois propositions semi-quiétistes

    Le bref condamne vingt-trois propositions des Maximes des saints ; Fénelon se soumet aussitôt.

  9. 1700
    Jubilé et succession d'Espagne
    dernier grand dossier

    Le pape aurait approuvé le choix de Philippe d'Anjou soumis par Charles II — avis attribué et discuté ; ce testament comptera parmi les causes de la guerre de Succession.

  10. 27 septembre 1700
    Mort à Rome
    pendant l'Année sainte

    Innocent XII s'éteint à quatre-vingt-cinq ans ; lui succède Clément XI.

Le conclave de 1700 et Clément XI

Le long conclave qui suit porte au trône le cardinal Gianfrancesco Albani : il prend le nom de Clément XI (élu le 23 novembre 1700).[127][128] Le nouveau pape héritera aussitôt de la guerre de la Succession d'Espagne, qui éclata après cet avis attribué à son prédécesseur.

Bilan du pontificat

Le règne d'Innocent XII est l'un des plus cohérents de l'époque baroque. Sur le plan institutionnel, il abolit le népotisme et réforme la justice pontificale — son œuvre la plus durable. Sur le plan moral, il fait de la charité aux pauvres le cœur de sa politique romaine. Sur le plan diplomatique, il réconcilie Rome avec la France et tranche avec mesure la querelle quiétiste.[129][130][131]

Reste l'image d'un vieux pape austère et bon, qui troqua les neveux de chair contre les pauvres, et qui referma, par la bulle de 1692, un long chapitre de l'histoire de la papauté. Avec lui s'achève l'âge du népotisme romain ; commence la papauté plus sobre du XVIIIᵉ siècle.

Pour aller plus loin

  • Pape Innocent XI — son modèle, dont il acheva la réforme anti-népotiste.
  • Pape Alexandre VIII — son prédécesseur, dont le népotisme avait relancé le débat.
  • Pape Clément XI — son successeur, l'un des cardinaux consultés sur la succession d'Espagne.
  • Pape Innocent X — le pape de la bulle Cum occasione contre le jansénisme, ferme rappelé en 1696.
  • Le gallicanisme — la crise des Articles de 1682, dénouée par la réconciliation de 1693.
  • Le quiétisme — les propositions féneloniennes sur le « pur amour » (un amour qui exclurait l'espérance et le désir du salut) condamnées par Cum alias.
  • La Contre-Réforme catholique — le grand cadre réformateur dans lequel s'inscrit le pontificat.
  • Les États pontificaux — le domaine temporel réorganisé par la réforme de la justice.

Notes et références

  1. « Innocenzo XII » (Renata Ago), Enciclopedia dei Papi (2000), Istituto della Enciclopedia Italiana Treccani : Antonio Pignatelli né en 1615 d'une famille napolitaine (père Francesco, marquis de Spinazzola ; mère Porzia Carafa), oncle maternel Vincenzo Carafa général des jésuites ; vice-légat d'Urbino (1643). Passage exact sur Malte : « Nel 1646 il giovane è promosso inquisitore di Malta [...] e lì rimane per tre anni » (soit 1646-1649). Nonce en Toscane (1652-1660), à Varsovie (1660-1668) et à Vienne (1668-1671), évêque de Lecce (1671), cardinal (1681), légat de Bologne. Passage exact sur Naples : « Nel settembre del 1686 Pignatelli riceve [...] la designazione alla Curia arcivescovile di Napoli, ma è solo alla fine del 1687 » qu'il peut quitter Bologne — d'où la synthèse : désigné en 1686, en charge fin 1687. Conclave de février-juillet 1691, élection le 12 juillet 1691 ; bulle Romanum decet Pontificem (22 juin 1692) contre le népotisme — projet de 1680 (Odescalchi-de Luca) pour des motifs moraux, politiques et financiers, approuvé de justesse sous un intitulé prescrivant la « modération » ; bulles du 23 octobre (cléricats de Chambre) et du 10 novembre 1692 (offices caméraux, avec remboursement des acquéreurs) contre la vénalité ; bulle Ad radicitus submovendum (31 août 1692) puis Romanus Pontifex (17 septembre 1692) et concentration des tribunaux à Montecitorio (Curia Innocenziana) — le chiffre de 97 tribunaux inférieurs supprimés vient d'un contemporain cité dans le développement sur Romanus Pontifex (Arch. d'État de Florence, Mediceo del Principato, 4016), qui excepte le tribunal du Gouverneur (« toltone il Governo ») ; assistance aux pauvres ; réconciliation avec Louis XIV (1692-1693) : envoi des bulles de nomination y compris aux signataires, sans exigence de rétractation doctrinale, l'affaire de la régale restant à résoudre ; jeunesse confiée aux soins de l'oncle Vincenzo Carafa ; approbation de Philippe d'Anjou pour la succession d'Espagne (« si dichiarò d'accordo ») ; mort le 27 septembre 1700, sans cause indiquée. Page contrôlée le 4 octobre 2026. https://www.treccani.it/enciclopedia/innocenzo-xii_(Enciclopedia-dei-Papi)/.

    1 10 22 24 27 29 30 33 34 37 40 42 44 47 50 54 60 65 69 71 76 77 79 84 104 110 114 119 122 129
  2. « Innocent XII », Wikipédia en français, version consultée le 10 juin 2026 : 242ᵉ pape, Antonio Pignatelli, naissance le 13 mars 1615 à Spinazzola, formation au Collège romain, inquisiteur de Malte, nonce en Pologne et à Vienne, évêque de Lecce et de Faenza, archevêque de Naples, cardinal (1681) ; conclave clos le 12 juillet 1691, couronnement le 15 juillet 1691 par Urbano Sacchetti ; bulle Romanum decet Pontificem (22 juin 1692) et formule « Les pauvres sont mes neveux » (section népotisme : « Il déclara lui-même : “Les pauvres sont mes neveux” ») ; bulle Ad radicitus submovendum (31 août 1692) ; Curia Innocenziana au Montecitorio (1696) ; hospice San Michele a Ripa ; réconciliation gallicane (1693) ; condamnation du quiétisme de Fénelon par Cum alias (12 mars 1699) ; travaux publics (aqueduc et port franc de Civitavecchia, port d'Anzio, Via Appia Pignatelli) ; conseil sur la succession d'Espagne (Philippe d'Anjou) ; goutte et impossibilité d'ouvrir la Porte sainte le 25 décembre 1699 ; mort le 27 septembre 1700, première mort pontificale pendant un Jubilé. https://fr.wikipedia.org/wiki/Innocent_XII.

    2 4 75 83 91 105 106 121
  3. "Innocent XII (pope)", Encyclopædia Britannica : Antonio Pignatelli né le 13 mars 1615 à Spinazzola (royaume de Naples), mort le 27 septembre 1700 à Rome (85 ans) ; études au collège jésuite de Rome, gouverneur de Viterbe et nonce en Toscane, Pologne et Autriche sous plusieurs papes ; cardinal en 1681 par Innocent XI ; élu pape le 12 juillet 1691 ; présenté comme un pape réformateur, adversaire des abus du clergé et surtout du népotisme, selon le résumé de la notice ; en 1693, il rompt l'impasse avec Louis XIV en lui faisant désavouer les quatre Articles gallicans de 1682 ; en 1699, condamnation des Maximes des saints de Fénelon, archevêque de Cambrai, sur l'insistance de Louis XIV. https://www.britannica.com/biography/Innocent-XII.

    3 6 20 21 86 89 130
  4. "Pope Innocent XII", The Catholic Encyclopedia, vol. VIII, Robert Appleton Company, New York, 1910 (New Advent) : né à Spinazzola près de Naples le 13 mars 1615, mort à Rome le 27 septembre 1700 ; entré dans la Curie à vingt ans, vice-légat d'Urbino, inquisiteur de Malte, gouverneur de Pérouse, nonce en Toscane, Pologne et Vienne, cardinal et évêque de Faenza (1682), archevêque de Naples (1687 selon cette notice, qui résume ; Treccani précise : désignation en septembre 1686, charge effective fin 1687) ; cardinaux entrés en conclave le 11 février 1691, élection de compromis le 12 juillet 1691 ; bulle Romanum decet Pontificem (22 juin 1692) limitant à un seul parent l'accès au cardinalat, souscrite et jurée par les cardinaux ; en 1693, Louis XIV abroge la « Déclaration du clergé de France » de 1682, les évêques se rétractant par écrit ; en 1696, condamnation renouvelée du jansénisme (formulation de la notice : « In 1696 he repeated his predecessor's condemnation of Jansenism », vérifiée le 4 octobre 2026, sans acte nominatif cité) ; bref Cum alias (12 mars 1699) condamnant 23 propositions semi-quiétistes des Maximes de Fénelon ; charité envers les pauvres — passage exact : « Towards the poor, whom he called his nephews, he was extremely charitable » — hospice au Latran, Curia Innocenziana (actuelle Chambre des députés italienne) ; conseil donné à Charles II d'Espagne de désigner le duc d'Anjou, à l'origine de la guerre de la Succession d'Espagne. https://www.newadvent.org/cathen/08022a.htm.

    5 8 15 17 18 23 26 31 36 41 43 46 52 58 62 67 70 80 82 87 90 92 98 102 116 117 123 131
  5. "Pope Innocent XII", Wikipedia en anglais, version consultée le 10 juin 2026, recoupée le 4 octobre 2026 : naissance le 13 mars 1615 à Spinazzola, fils de Francesco Pignatelli (4ᵉ marquis de Spinazzola) et de Porzia Carafa (princesse de Minervino) ; formation au Collegio Romano, doctorats en droit canon et civil ; référendaire de la Signature, gouverneur de Fano et Viterbe, inquisiteur de Malte (1646-1649), gouverneur de Pérouse ; archevêque titulaire de Larissa (consacré le 27 octobre 1652), nonce en Pologne (1660-1668) et en Autriche (1668-1671), évêque de Lecce (1671) et de Faenza (1682), cardinal-prêtre de San Pancrazio (1ᵉʳ septembre 1681), archevêque de Naples (1686-1691) ; conclave de cinq mois après la mort d'Alexandre VIII, élection le 12 juillet 1691 avec 53 voix sur 61 (chiffre rapporté par les seules synthèses encyclopédiques, le scrutin étant couvert par le secret du conclave) — « Pignatelli took his new name in honour of Pope Innocent XI » — couronnement le 15 juillet 1691 par Urbano Sacchetti, possession du Latran le 13 avril 1692 ; bulle Romanum decet Pontificem (1692) abolissant le cardinal-neveu ; Forum Innocentianum ; condamnation des 23 propositions de Fénelon (1699) ; canonisation de sainte Zita (5 septembre 1696) ; goutte déjà grave le 25 décembre 1699 (Porte sainte ouverte par un cardinal), santé minée par la goutte jusqu'à sa mort (cf. aussi Papal Artifacts : « ill health from the affects of gout »), bénédiction de Pâques 1700 depuis le Quirinal, mort le 27 septembre 1700 ; inhumation initiale en simple sarcophage à Saint-Pierre, puis monument de Filippo della Valle (dessin de Ferdinando Fuga) — la liste des tombeaux pontificaux (« List of extant papal tombs ») et la notice « Filippo della Valle » confirment : monument achevé en 1746 — dernier pape barbu ; successeur Clément XI. https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Innocent_XII.

    7 12 32 35 38 39 45 48 49 51 53 56 94 96 100 107 109 112 120 125 128
  6. Rôle d'Innocent XII dans la succession d'Espagne (1700) : la Catholic Encyclopedia (Michael Ott, 1910, vol. VIII, notice « Pope Innocent XII ») écrit : « It was greatly due to the arrogance of Martinitz that Innocent XII advised King Charles II of Spain to make a Frenchman, the Duke of Anjou, his testamentary successor, an act which led to the War of the Spanish Succession. » Cette version — un avis, lié à l'arrogance de l'ambassadeur impérial Martinitz, puis invoqué parmi les causes de la guerre de 1701-1714 — cite elle-même Ranke (History of the Popes, t. II, 1906, p. 425-427) et l'étude critique d'Onno Klopp (1879) discutant l'historicité du conseil. Treccani (Ago, 2000) nuance : le Conseil d'État espagnol suggéra Philippe d'Anjou, le roi sollicita l'approbation du pape, et Innocent « si dichiarò d'accordo » — une approbation d'un choix venu de Madrid, non une initiative romaine ; le pape mourut le 27 septembre 1700, « precedendo di poco il re di Spagna ». D'où la formulation prudente du corps : avis sollicité, approbation, cause parmi d'autres, historicité discutée. La Britannica de 1911 rapporte de même que le pape décida Charles II à tester en faveur du duc d'Anjou. https://www.newadvent.org/cathen/08022a.htm.

    9 111 113 115 118 127
  7. Bulle Romanum decet Pontificem (Innocent XII, 22 juin 1692), constitution apostolique contre le népotisme, texte latin collationné sur le Bullarium Romanum, éd. de Turin, t. XX (en ligne : Archive.org, « BR-Tomo-20 ») : § 4 — seuls les frères, neveux et autres parents ou alliés du pape, élevés au cardinalat pour leurs mérites insignes, voient leurs églises, monastères, commendes, bénéfices, offices et pensions plafonnés, tous revenus cumulés, à douze mille écus de monnaie romaine par an, hors les émoluments des offices de la Curie romaine et les charges temporaires révocables au gré du pape ; serment des cardinaux, présents, absents et futurs (lors de la remise du chapeau), sans possibilité d'en demander l'absolution ; devoir des successeurs de révoquer les concessions excessives (§ 5). La mention d'une reprise dans le Code de 1917 (can. 240 §2 ; 1414 §4 ; 1432 §1), héritée de la synthèse anglophone, a été retirée : ces trois canons, vérifiés dans le texte latin (Intratext), traitent des pouvoirs des cardinaux dans leurs titres et de l'érection comme de la collation des bénéfices, non des interdictions familiales. Précédent d'Innocent XI : Treccani (Ago), passage exact — Pignatelli « dava finalmente attuazione a un progetto a cui avevano a lungo lavorato papa Odescalchi e il suo auditore Giovanni Battista de Luca, e che entrambi avevano dovuto accantonare per l'opposizione irriducibile della Curia » ; « All'origine del progetto presentato nel 1680 [...] ». La fourchette « 1677-1686 » et la mention d'un vote manqué au Sacré Collège, héritées de synthèses secondaires, ne sont pas retenues dans le corps : seule la version Treccani (projet de 1680, opposition de la Curie) est attestée. Campagne de 1694 contre la vénalité des offices avec indemnisation des titulaires : Ph. Levillain (éd.), The Papacy: An Encyclopedia, 2002, p. 468, via la notice « Romanum decet pontificem » (Wikipedia anglophone, contrôlée le 4 octobre 2026) — ouvrage non consulté directement. https://en.wikipedia.org/wiki/Romanum_decet_Pontificem.

    11 14 57 59 61 63 64 72
  8. Salvador Miranda, The Cardinals of the Holy Roman Church, notice « Pignatelli, Antonio (1615-1700) » (consistoire du 1ᵉʳ septembre 1681), contrôlée le 4 octobre 2026 : naissance le 13 mars 1615 près de Spinazzola — « Fourth of the five children of Francesco Pignatelli, marquis of Spinazzola, and Porzia Carafa, of the dukes of Andria » — et précision onomastique : « His last name is also listed as Pignatelli del Rastrello » (d'où le maintien de la forme « del Rastrello » dans l'Infobox, comme variante répertoriée ; en revanche ni Treccani ni Miranda ne font de Porzia Carafa une « princesse de Minervino » — Treccani : le fief de Minervino, acheté par Porzia, donnait le titre de prince à Francesco, père d'Antonio — d'où la correction en « des ducs d'Andria »). La notice confirme en outre : inquisiteur à Malte de fin 1646 à février 1649 (soit 1646-1649), transfert au siège métropolitain de Naples le 30 septembre 1686, élection le 12 juillet 1691 — « Took the name Innocent XII », sans motif indiqué (ni hommage à Innocent XI, que ne mentionnent pas davantage Treccani ni la Catholic Encyclopedia). https://cardinals.fiu.edu/bios1681.htm.

    13 28 55
  9. « San Michele a Ripa », Wikipedia en anglais, contrôlée le 4 octobre 2026 : le complexe (orphelinat et hospice pour vieillards abandonnés) — en 1679, un neveu d'Innocent XI, Mgr Carlo Tommaso Odescalchi, commande à l'architecte Mattia de Rossi un hospice pour loger et former des enfants orphelins à la manufacture de tapis et tapisseries tissés ; s'y ajoutent en 1693 l'Ospizio dei Poveri Inabilito (pauvres invalides) et en 1709, sous Clément XI, le transfert des vieillards depuis l'Ospedale dei Mendicanti. La Catholic Encyclopedia (1910) atteste, elle, le refuge du Latran et les « nombreuses institutions charitables et éducatives », sans nommer San Michele ; Treccani (Ago) ne mentionne pas San Michele à propos d'Innocent XII et documente à la place le nouvel hospice apostolique de S. Giovanni in Laterano (revenu fixe de près de 28 000 écus par an). L'ancien lien roma.com, mort en octobre 2026 (domaine réutilisé, page disparue), n'est plus cité. https://en.wikipedia.org/wiki/San_Michele_a_Ripa.

    16 19 66 68
  10. Ludwig von Pastor, Histoire des papes depuis la fin du Moyen Âge (The History of the Popes from the Close of the Middle Ages), t. XXXII de l'édition anglaise — correspondant au t. XIV de la Geschichte der Päpste allemande —, rédigé d'après les Archives secrètes du Vatican : le volume couvre les pontificats d'Innocent XI, Alexandre VIII et Innocent XII. Référence érudite de fond sur le règne ; les faits précis du présent article (dates, chiffres, actes) ont été contrôlés sur Treccani (Ago), la Catholic Encyclopedia (1910) et les actes eux-mêmes, non page à page sur Pastor.

    25 124
  11. Créations cardinalices : le répertoire spécialisé de Salvador Miranda, The Cardinals of the Holy Roman Church (« Cardinals of the 17th Century », contrôlé le 4 octobre 2026), recense sous Innocent XII (1691-1700) quatre consistoires — 12 décembre 1695, 22 juillet 1697, 14 novembre 1699, 21 juin 1700 — pour trente cardinaux, avec des réservations in pectore publiées ensuite (19 décembre 1698, 24 novembre 1699) et deux nominations réservées au consistoire du 14 novembre 1699 dont les noms ne furent jamais publiés ; la notice « Pope Innocent XII », Wikipedia (en anglais), donne le même décompte (trente cardinaux, quatre consistoires, deux in pectore). http://cardinals.fiu.edu/consistories-xvii.htm. https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Innocent_XII.

    73
  12. Sainteté sous Innocent XII (actes attribués par les répertoires, sans contrôle des décrets originaux) : la date du 5 septembre 1696 pour sainte Zita de Lucques (servante du XIIIᵉ siècle, patronne des domestiques) vient des listes — la Catholic Encyclopedia (1910), notice « St. Zita », n'atteste pour 1696 que la solennelle approbation de son culte par Innocent XII. Les répertoires divergent sur Marie de Cervelló — canonisation au 15 février 1692 selon les listes de saints, confirmation de son culte immémorial au 13 février 1692 selon les notices (reprise au Martyrologe romain comme sainte le 8 novembre 1729) : les catégories d'actes n'étant pas établies par les décrets originaux, le décompte « seule canonisation du règne » n'est plus retenu. Béatifications et confirmations de culte : Osanna Andreasi (culte confirmé par bulle du 24 novembre 1694), Humiliana de' Cerchi (décret du 24 juillet 1694 reconnaissant son culte), Jeanne de Portugal (les listes donnent 1692 — notice anglophone, au 16 février — ou 1693), approbation du culte d'Angèle de Foligno (1693) ; Hélène Enselmini, parfois listée au millésime 1695, fut en réalité béatifiée par Léon X, acte seulement confirmé par Innocent XII — elle ne figure donc plus parmi ses béatifications. D'après les notices encyclopédiques, dont « Pope Innocent XII », Wikipedia (en anglais). https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Innocent_XII. Texte de la notice « St. Zita » de la Catholic Encyclopedia cité d'après sa reproduction (EWTN) : https://origin.ewtn.com/catholicism/library/st-zita-5155.

    74
  13. « Palazzo Montecitorio » : palais conçu sur des plans de Gian Lorenzo Bernini pour la famille Ludovisi, longtemps inachevé, puis repris et achevé par Carlo Fontana sous Innocent XII, qui le réserva aux seules fonctions publiques ; la Curia apostolica (les tribunaux pontificaux) y est installée et inaugurée en 1696 — « La Curia fu inaugurata nel 1696 » (Wikipedia en italien, recoupée le 4 octobre 2026) ; « In 1696 the Curia apostolica (papal law courts) was installed there » (Wikipedia en anglais) — d'où le nom de Curia Innocenziana / Forum Innocentianum. Il abrite depuis 1871 la Chambre des députés du Parlement italien. La date d'un achèvement définitif en 1697, avancée par une version antérieure de cette note, n'a été retrouvée dans aucune des sources contrôlées et n'est plus retenue. https://en.wikipedia.org/wiki/Palazzo_Montecitorio.

    78 81
  14. « Declaration of the Clergy of France » (Déclaration du clergé de France, 1682), Wikipedia (en anglais), consulté le 17 juin 2026 : texte en quatre articles voté par l'assemblée du clergé de France (1681-1682), rédigé notamment par Jacques-Bénigne Bossuet, évêque de Meaux, avec Charles-Maurice Le Tellier (archevêque de Reims) et Gilbert de Choiseul (évêque de Tournai) ; les quatre Articles gallicans affirment l'indépendance temporelle des rois, la supériorité du concile général sur le pape, le respect des canons et coutumes de l'Église gallicane, et le caractère non irréformable des jugements pontificaux sans le consentement de l'Église. Le 14 septembre 1693, Louis XIV en révoque l'application et adresse à Innocent XII une lettre ordonnant la non-exécution de l'édit de 1682 : le contentieux des nominations épiscopales est clos, mais, comme le souligne Ago (Treccani), l'affaire du droit de régale restait à résoudre. https://en.wikipedia.org/wiki/Declaration_of_the_Clergy_of_France.

    85 88
  15. Bref Cum alias (Innocent XII, 12 mars 1699) condamnant 23 propositions de l'Explication des maximes des saints sur la vie intérieure (1697) de François de Fénelon, archevêque de Cambrai. Distribution des censures d'après la Catholic Encyclopedia (1910), notice « Fénelon » (New Advent, 06035a, contrôlée le 4 octobre 2026) : propositions condamnées « dans le sens obvie des mots, ou bien par l'enchaînement des pensées » comme « téméraires, scandaleuses, malsonnantes, offensant les oreilles pies, pernicieuses en pratique et fausses en fait » — sans déclaration d'hérésie formelle ; contexte de la querelle avec Bossuet, évêque de Meaux, et pression de Louis XIV sur Rome ; soumission immédiate et publique de Fénelon. Mandement d'adhésion donné à Cambrai le 9 avril 1699 : formule collationnée le 4 octobre 2026 sur la copie d'époque conservée au Labo-Cambrai, ms 1450 (26), numérisée sur Gallica (ark:/12148/bd6t5255498b, 3 vues : mandement daté du 9 avril 1699, fin signée « François archevêque duc de Cambray » avec « Beauvais Secrétaire », adresse à « Monsieur Mallet docteur en théologie aux Carmes ») : « mes très chers frères » et « sans ombre de restriction » (l'adhésion) ; la condamnation qui suit porte, elle, « sans aucune Restriction ». https://www.newadvent.org/cathen/06035a.htm.

    93 95 97 99 101
  16. Jubilé (Année sainte) de 1700 : d'après la liste des jubilés ordinaires (« 1700 : Innocent XII et Clément XI »), l'Année sainte de 1700 est, selon les listes courantes, la première à avoir été ouverte sous un pontificat et close sous un autre — commencée sous Innocent XII, que la goutte empêcha d'ouvrir lui-même la Porte sainte le 25 décembre 1699, et achevée sous son successeur Clément XI, élu en novembre 1700 ; Innocent XII est ainsi, selon ces mêmes listes, le premier pape à mourir au cours d'une Année sainte. Le Jubilé de 2025 — ouvert par François le 24 décembre 2024 — a été clos par Léon XIV le 6 janvier 2026, en la fête de l'Épiphanie : dépêche Associated Press du 6 janvier 2026 (Vatican : clôture de l'Année sainte et fermeture de la Porte sainte de Saint-Pierre) et compte rendu de la clôture (Catholic Review / OSV News, janvier 2026) — sources postérieures à l'événement, qui remplacent la dépêche d'annonce CNA du 18 décembre 2025 citée dans une version antérieure de cette note. D'après « Jubilee (Christianity) », Wikipedia (en anglais), utilisée ici comme simple index des listes. https://en.wikipedia.org/wiki/Jubilee_(Christianity). https://srnnews.com/pope-closes-2025-holy-year-and-signals-his-pontificate-can-now-begin-in-earnest/.

    103 108
  17. Dernier pape barbu : la notice « Pope Innocent XII », Wikipedia (en anglais), le donne comme le dernier pape à porter la barbe ; ce point est repris, de façon convergente, par plusieurs recensions secondaires — Joel J. Miller, « That Curious Time When Every Pope Wore a Beard » (Patheos, 2014 : la mode passe avec Innocent XII, « No pope has worn a beard since ») et « Men with Beards » (The Catholic Thing, 25 avril 2023 : « the last pope to sport a beard was Innocent XII ») — mais aucune étude critique du portrait pontifical n'ayant été contrôlée, le corps reste formulé au conditionnel (« serait »). https://www.patheos.com/blogs/joeljmiller/2014/04/curious-time-every-pope-wore-beard/. https://www.thecatholicthing.org/2023/04/25/men-with-beards-a-review-of-the-popes-exorcist/.

    126