Pape Clément XII (1652-1740)

Élu en 1730 à soixante-dix-huit ans, Clément XII (Lorenzo Corsini) prononça par la bulle In eminenti la première condamnation de la franc-maçonnerie, jugea le cardinal Coscia, embellit Rome (fontaine de Trevi, façade du Latran) et gouverna l'Église aveugle, depuis son lit.

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Clément XII (Lorenzo Corsini), né à Florence le 7 avril 1652, élu pape le 12 juillet 1730, est le 246ᵉ pape de l'Église catholique. Patricien florentin de la grande maison Corsini, longtemps trésorier des papes avant d'être cardinal, il accède au trône de Pierre à soixante-dix-huit ans — l'un des plus âgés de l'histoire — et règne près de dix ans, jusqu'à sa mort le 6 février 1740.[1][2][3]

Un acte assure à son pontificat une place singulière : par la bulle In eminenti apostolatus specula (28 avril 1738), Clément XII prononce la première condamnation pontificale de la franc-maçonnerie, interdisant sous peine d'excommunication aux catholiques d'adhérer aux loges. Ce texte fondateur sera confirmé puis renouvelé par toute une série d'actes pontificaux, de Benoît XIV (Providas Romanorum, 1751) jusqu'à Léon XIII (Humanum genus, 1884).[4][5][6]

Le reste du règne est dominé par deux lignes de force. D'abord un redressement : Clément XII hérite d'une cour gangrenée par le favori de son prédécesseur, le cardinal Niccolò Coscia, qu'il fait juger, condamner et emprisonner, avant de rétablir des finances exsangues. Ensuite un mécénat d'une ampleur exceptionnelle : aveugle et bientôt alité, le vieux pape n'en couvre pas moins Rome de monuments — la fontaine de Trevi, la façade de Saint-Jean-de-Latran, la chapelle Corsini et les premiers musées du Capitole, parmi les plus anciens musées publics du monde.[7][8][9]

Clément XII en quatre dossiers — condamnation de la franc-maçonnerie, redressement après le scandale Coscia, grands chantiers romains et fermeté doctrinale. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Sur le plan doctrinal, Clément XII tient sans faiblir les positions de ses prédécesseurs : il maintient la bulle Unigenitus contre le jansénisme, fait observer sans aucune exception la condamnation des rites chinois (décret du 25 septembre 1735) et, simultanément, tend la main aux Églises d'Orient (collège grec d'Ullano, synode maronite de 1736). En 1737, il canonise saint Vincent de Paul, saint Jean-François Régis, sainte Catherine de Gênes et sainte Julienne Falconieri. Il s'éteint à quatre-vingt-sept ans, laissant l'image d'un pape diminué par le corps mais ferme par l'esprit, qui gouverna l'Église depuis son lit.[10][11][12][13][14][15]

Pourquoi Clément XII compte-t-il ?

Le pape qui condamna la franc-maçonnerie

L'importance première de Clément XII est doctrinale et historique. C'est sous son règne que l'Église rencontre pour la première fois, comme adversaire organisé, la franc-maçonnerie spéculative, née à Londres en 1717 et répandue à travers l'Europe en moins de vingt ans.[16] Par la bulle In eminenti apostolatus specula du 28 avril 1738, le pape interdit aux catholiques toute appartenance aux loges, sous peine d'excommunication encourue par le fait même, dont seul le souverain pontife peut relever, hors l'article de la mort.[17]

Cette condamnation n'est pas un épisode isolé : elle inaugure une doctrine constante. Benoît XIV la confirmera par la bulle Providas Romanorum (1751), et Léon XIII la systématisera dans l'encyclique Humanum genus (1884).[18] Clément XII ouvre donc, à lui seul, l'un des grands dossiers de l'histoire moderne de l'Église face aux sociétés secrètes.

Le redresseur après le scandale Coscia

Le deuxième trait du règne est l'assainissement d'une administration corrompue. Sous Benoît XIII, le pouvoir réel avait été accaparé par un favori vénal, le cardinal Niccolò Coscia, dont les malversations avaient ruiné le Trésor et scandalisé Rome.[19][20] Dès son élection, Clément XII rompt avec ce système : il fait traduire Coscia en justice, exiger restitution des sommes détournées, et rétablit l'ordre dans la Chambre apostolique.

Ce redressement a un coût. Pour combler le déficit, le pape rétablit la loterie publique que Benoît XIII avait supprimée par scrupule moral — décision pratique qui rapporta près d'un demi-million d'écus par an et finança les grands travaux du règne.[21][22]

Le bâtisseur de la Rome baroque tardive

Le troisième trait est le mécénat artistique. Malgré la cécité qui le frappe dès 1732, Clément XII engage une politique de grands chantiers qui marque durablement le visage de Rome : la fontaine de Trevi, commencée en 1732 d'après les plans de Nicola Salvi ; la nouvelle façade de Saint-Jean-de-Latran, confiée à l'architecte florentin Alessandro Galilei ; la somptueuse chapelle Corsini dans la même basilique ; et l'achat de la collection d'antiques du cardinal Albani, qui donne naissance aux musées du Capitole.[23][24]

Ce paradoxe — un pape aveugle qui embellit sa ville comme nul autre — résume tout le pontificat : un corps défaillant au service d'une volonté intacte.

Les sources du pontificat

Le règne de Clément XII est documenté par les actes pontificaux, les archives de la Chambre apostolique réformée, les dossiers du procès Coscia, le texte de la bulle antimaçonnique et l'abondante correspondance diplomatique de la guerre de Succession de Pologne. Comme pour tout pape de l'époque moderne, l'historien doit croiser ces sources et distinguer la fiche encyclopédique de l'étude critique.

SourceNatureCe qu'elle apportePrudence
Saint-Siège, page « Pontifes » (liste officielle numérotée)fiche actuelle246ᵉ pape — « 246 Clément XII 12,16.VII.1730 6.II.1740 Lorenzo Corsini »https://www.vatican.va/content/vatican/fr/holy-father.index.html
Bulle In eminenti apostolatus specula (28 avril 1738)acte magistérielTexte intégral de la condamnation de la franc-maçonnerieDocument officiel fondateur
Catholic Encyclopedia (1908), « Pope Clement XII »notice érudite anglophoneCarrière, conclave, réformes, Églises d'OrientSource ancienne mais précise
Wikipédia (français et anglais), « Clément XII »synthèses généralesRepères chronologiques, chantiers, bibliographieNiveaux de fiabilité variables
L. von Pastor, Histoire des papes, t. XXXIVhistoire monumentale des papesRécit le plus complet du pontificat (Clément XII : p. 301-510 ; Benoît XIII : p. 98-299 du même tome)Volume de référence érudit à exploiter

Lire un pape bâtisseur sans hagiographie ni dénigrement

Clément XII n'a pas suscité de légende noire. Le risque est inverse : celui d'une lecture purement esthétique, qui réduirait son règne à une galerie de monuments romains. La méthode honnête consiste à mesurer la portée réelle de ses actes — la condamnation maçonnique, le redressement financier, la fermeté doctrinale, le mécénat — à partir des documents officiels et de l'histoire critique, au premier rang de laquelle la monumentale Histoire des papes de Ludwig von Pastor, rédigée sur les archives vaticanes.[25]

Avant le pontificat : un Florentin de la maison Corsini

La maison Corsini

Les armes de Clément XII — le blason pontifical reprend les armes de la maison Corsini, vieille noblesse florentine qui avait déjà donné à l'Église saint André Corsini. Source : Wikimedia Commons, d'après le fichier C o a Clemente XII.

Les Corsini sont une des grandes familles patriciennes de Florence. Lorenzo naît le 7 avril 1652, fils de Bartolomeo Corsini, marquis de Sismano et de Casigliano, et d'Elisabetta Strozzi, alliée à l'une des plus illustres maisons toscanes.[26][27][28] La famille comptait déjà un saint : André Corsini (1302 – 6 janvier 1373), carme et évêque de Fiesole, canonisé en 1629 — ascendance spirituelle dont le futur pape tirera fierté.[29]

Lorenzo est aussi le neveu du cardinal Neri Corsini (1614-1678), frère de son père, qui lui lègue une riche bibliothèque. Cette haute naissance, ce patrimoine et ces relations curiales tracent d'emblée une voie romaine au jeune Florentin.[30][31]

Études, renoncement à l'aînesse et entrée dans l'état ecclésiastique

Formé chez les jésuites au Collège romain, Lorenzo Corsini obtient ensuite le doctorat en droit à l'université de Pise.[32] Destiné d'abord au siècle, il n'embrasse pas immédiatement la carrière ecclésiastique. C'est seulement après la mort de son oncle, puis de son père, qu'un tournant s'opère.

En 1685, à trente-trois ans, Lorenzo renonce à son droit d'aînesse en faveur de son frère et entre dans l'état ecclésiastique.[33] Selon l'usage du temps, il achète à Innocent XI, pour trente mille écus, une charge prélatice, et consacre fortune et loisir à enrichir la bibliothèque héritée de son oncle.[34]

Trésorier général et cardinal

L'ascension de Lorenzo Corsini — du droit pisan à la pourpre, un demi-siècle de service avant la tiare. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Nommé archevêque titulaire de Nicomédie le 10 avril 1690 par Alexandre VIII[35], Corsini est désigné nonce à Vienne, à la cour impériale, en 1691.[36][37] En 1696, il reçoit la charge difficile de trésorier général de la Chambre apostolique et gouverneur du château Saint-Ange — fonction de premier plan qui le place au cœur des finances pontificales et lui donne une connaissance intime de l'administration de l'État.[38][39]

Le 17 mai 1706, Clément XI le crée cardinal, avec le titre de Santa Susanna ; il passera ensuite à San Pietro in Vincoli, puis deviendra cardinal-évêque de Frascati (1725).[40] À la mort de Benoît XIII, c'est donc un vieux prince de l'Église de soixante-dix-huit ans, riche d'un demi-siècle d'expérience curiale, qui figure parmi les papabili — malgré son âge et sa vue déjà chancelante.

Le conclave de 1730 : quatre mois et un vieillard de 78 ans

La mort de Benoît XIII et l'ombre de Coscia

Benoît XIII (Pietro Francesco Orsini), pape dominicain et saint homme, meurt le 21 février 1730. Son règne avait été terni par un grave défaut de gouvernement : il avait abandonné l'administration temporelle à son ancien collaborateur de Bénévent, le cardinal Niccolò Coscia, dont la vénalité et les malversations avaient indigné Rome et vidé le Trésor.[41][42] Le conclave qui s'ouvre se trouve donc placé sous le signe d'une attente : restaurer l'ordre et la moralité de la cour.

Un conclave long et divisé

Les cardinaux entrent en conclave dans un Sacré Collège partagé entre les factions des couronnes — France, Espagne, Empire — et le parti des prélats soucieux d'indépendance. Aucun candidat ne s'impose rapidement. Le conclave dure quatre mois, l'un des plus longs de la période.[43] Le grand âge et la cécité naissante de Corsini sont les seuls obstacles à son élection ; pour le reste, il apparaît comme le meilleur choix possible, selon le mot de la Catholic Encyclopedia.

« Après quatre mois de délibérations, le Sacré Collège s'unit sur le cardinal Corsini, le meilleur choix possible, n'eussent été ses soixante-dix-huit ans et sa vue défaillante. » — Catholic Encyclopedia (1908), notice « Pope Clement XII »[44]

L'élection du 12 juillet 1730

Le 12 juillet 1730, le cardinal Lorenzo Corsini est élu pape ; il est intronisé le 16 juillet.[45] Il choisit le nom de Clément XII, en hommage à Clément XI, qui l'avait élevé à la pourpre. Le compromis qui l'a porté au trône n'est pas une faiblesse : libéré de dettes envers les factions, et fort de sa longue expérience du Trésor, le nouveau pape pourra s'attaquer sans délai au dossier qui presse — l'héritage empoisonné de Coscia.

Le procès du cardinal Coscia et le redressement

L'héritage empoisonné de Benoît XIII

L'affaire Coscia — du favori tout-puissant de Benoît XIII au cardinal jugé, excommunié et emprisonné sous Clément XII. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le cardinal Niccolò Coscia, créature de Benoît XIII, avait régné en maître sur les affaires temporelles du pontificat précédent. Trafic de bénéfices, ventes de charges, détournements : son administration avait épuisé les caisses de l'État pontifical et donné à toute l'Europe le spectacle d'une cour livrée à un favori.[46][47] La première tâche du nouveau pape était claire : faire justice.

La condamnation de Coscia

Clément XII n'épargne pas le coupable malgré sa dignité cardinalice. Coscia est jugé, condamné à une lourde amende, excommunié et frappé de dix ans d'emprisonnement.[48] Le pape exige des anciens ministres de Benoît XIII la restitution des sommes indûment perçues. Le geste est rare : un pape qui fait emprisonner un cardinal pour corruption envoie à la Curie un signal sans équivoque sur la fin de l'impunité des favoris.

Le rétablissement des finances et la loterie

Reste à combler le déficit. Clément XII prend une décision pragmatique et contestée : il rétablit la loterie publique que Benoît XIII, par scrupule moral, avait interdite.[49] La mesure rapporte une somme annuelle considérable — proche d'un demi-million d'écus[50] — qui renfloue le Trésor et finance les grands travaux du règne. Mesure de gouvernement temporel, non de doctrine : il s'agissait de combler le déficit et de financer les chantiers, ce que la loterie permit effectivement, quitte à rompre avec la rigueur de son prédécesseur.

In eminenti apostolatus specula : la franc-maçonnerie condamnée (1738)

Qu'est-ce que la franc-maçonnerie naissante ?

Pour comprendre l'enjeu, il faut se rappeler ce qu'était alors la franc-maçonnerie. La maçonnerie spéculative — distincte des anciennes corporations de bâtisseurs — naît à Londres en 1717 avec la fondation de la première Grande Loge. En une vingtaine d'années, elle se répand en France, en Italie, dans l'Empire : sociétés discrètes, recrutant des hommes de toute religion et de toute condition, liés par un serment de secret prêté sur la Bible.[51] C'est cette nouveauté — une fraternité initiatique transconfessionnelle, échappant au contrôle de l'Église comme de l'État — que Rome va condamner.

Le contexte : Florence, Fleury et les jacobites

Selon la reconstitution la plus courante, la condamnation a un déclencheur politique autant que doctrinal. À Florence, ville natale du pape, une loge s'était constituée, mêlant Anglais protestants, libres penseurs et exilés. En France, des partisans jacobites — fidèles des Stuart catholiques en exil — avaient formé une loge secrète et cherché à influencer le cardinal André-Hercule de Fleury, premier ministre de Louis XV.[52] Leurs manœuvres tournèrent court ; Fleury, qui faisait interdire les assemblées maçonniques, pressa alors le pape de prohiber l'adhésion des catholiques. Le prétendant Stuart lui-même, « Jacques III » résidant à Rome, soutenait la démarche après que les loges hanovriennes eurent supplanté les jacobites à la tête de la maçonnerie française en 1737.[53][54]

Le contenu de la bulle

La première condamnation de la franc-maçonnerie — secret, serment, hommes de toute religion, soupçon de mal, excommunication réservée au pape. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le 28 avril 1738, Clément XII promulgue la bulle In eminenti apostolatus specula — « Du haut sommet de l'apostolat… ». Le texte condamne les sociétés de Liberi Muratori ou Francs-Maçons et avance plusieurs motifs précis :[55][56]

  1. ces sociétés admettent des hommes de toute religion et de toute secte, ce qui menace la pureté de la foi ;
  2. leurs membres sont liés par un serment de secret prêté sur la Bible, et par des règles cachées ;
  3. ce secret même rend les associations suspectes : si elles ne faisaient pas le mal, elles ne haïraient pas autant la lumière ;
  4. plusieurs États civils ont déjà interdit ces réunions comme dangereuses pour l'ordre public ;
  5. en conséquence, le pape les condamne et défend, et l'adhésion entraîne l'excommunication encourue par le fait même, dont l'absolution est réservée au souverain pontife, hors l'article de la mort.

« Si elles ne faisaient pas le mal, elles ne haïraient pas autant la lumière. » — argument central de la bulle In eminenti apostolatus specula (28 avril 1738)[57]

La bulle est rédigée d'un point de vue religieux et non politique : elle ne distingue pas entre maçonnerie jacobite et hanovrienne, mais frappe le principe même de la société secrète serment et secret.[58] À Florence, l'application fut sévère : l'Inquisition y poursuivit les membres des loges, et le poète Tommaso Crudeli fut arrêté le 9 mai 1739 — plus d'un an après la bulle —, emprisonné, puis libéré en avril 1741.[59]

Une condamnation maintes fois renouvelée

L'acte de Clément XII n'est pas resté lettre morte. La doctrine fut confirmée et précisée par ses successeurs : Benoît XIV par la bulle Providas Romanorum (1751), Pie VII par Ecclesiam a Jesu Christo (1821), Léon XII par Quo graviora, Pie VIII par Traditi humilitati (1829), Grégoire XVI par Mirari vos (1832), Pie IX à plusieurs reprises entre 1846 et 1873, puis, au siècle de la maçonnerie triomphante, Léon XIII par l'encyclique Humanum genus (1884).[60][61] Pour l'examen d'ensemble des doctrines initiatiques et de la position de l'Église, voir l'article L'ésotérisme ; ici, c'est le caractère inaugural de la bulle de 1738 qui importe : Clément XII est le premier pape à nommer et à condamner la franc-maçonnerie comme telle.

Fermeté doctrinale : jansénisme, rites chinois, Églises d'Orient

Le maintien d'Unigenitus contre le jansénisme

Sur le front du jansénisme, Clément XII ne cède rien. Il maintient avec vigueur la bulle Unigenitus Dei Filius de Clément XI (1713), qui avait condamné les propositions de Pasquier Quesnel, et tient tête aux appelants — ces évêques et clercs français qui, refusant la bulle, en appelaient à un futur concile.[62][63][64] Le pape réformateur n'est donc pas un pape de la mollesse doctrinale : il prolonge sans faiblir la ligne de ses prédécesseurs contre le rigorisme janséniste.

Le renouvellement de la condamnation des rites chinois

De même, sur la grande querelle des rites chinois, Clément XII renouvelle la condamnation déjà portée par Clément XI (Ex illa die, 1715). L'évêque de Pékin, François de la Purification, avait ordonné en 1733, par deux lettres pastorales, d'observer la bulle selon les accommodements accordés aux missionnaires ; le 25 septembre 1735, Clément XII annule ces deux lettres pastorales et ordonne que la bulle soit observée sans aucune exception.[65] Cette position, que parachèvera Benoît XIV par Ex quo singulari (1742), s'inscrit dans la longue controverse ouverte au XVIIᵉ siècle ; pour l'analyse complète, voir l'article dédié à la controverse des rites chinois.

L'ouverture aux Églises d'Orient

La fermeté doctrinale s'accompagne, fait notable, d'une politique d'ouverture vers les chrétiens d'Orient. Clément XII fonde à Ullano, en Calabre, le Collège Corsini destiné aux étudiants grecs ; il appelle à Rome des moines grecs-melkites du Mont-Liban et leur assigne l'antique église de Santa Maria in Domnica ; il envoie enfin l'orientaliste Joseph Simon Assemani en mission au Levant, à la fois pour y chercher des manuscrits et pour présider, comme légat, le concile national des maronites de Louwaizé (30 septembre 1736).[66][67][68]

Ce double mouvement — fermeté contre les déviations internes, main tendue aux Églises orientales unies — éclaire la cohérence d'un pontificat soucieux de l'unité catholique sous toutes ses formes.

Le pape bâtisseur : Trevi, le Latran et le Capitole

La fontaine de Trevi

La fontaine de Trevi — chef-d'œuvre du baroque tardif, dont Clément XII lança les travaux en 1732 d'après les plans de Nicola Salvi. Source : Wikimedia Commons, fichier Trevi Fountain, Rome, Italy.jpg.

Le mécénat de Clément XII a laissé à Rome son monument le plus célèbre. En 1732, le pape ouvre un concours puis lance la construction de la fontaine de Trevi (Fontana di Trevi), confiée à l'architecte Nicola Salvi.[69][70] Adossée au palais Poli, alimentée par l'antique Aqua Virgo, la fontaine déploie une scénographie de divinités marines et de rochers qui en fait l'aboutissement du baroque romain. Elle ne sera achevée qu'en 1762, sous Clément XIII, mais c'est bien Clément XII qui en a décidé et engagé l'œuvre.[71]

La façade de Saint-Jean-de-Latran et la chapelle Corsini

La façade du Latran — œuvre du Florentin Alessandro Galilei, achevée en 1735, qui donne à la cathédrale de Rome son visage actuel. Source : Wikimedia Commons, photographie de Jastrow, CC BY 2.5.

Clément XII dote la cathédrale de Rome, Saint-Jean-de-Latran, de sa grande façade orientale. Le concours, remporté par le Florentin Alessandro Galilei, aboutit en 1735 à la monumentale façade à colossal ordre de pilastres qui donne aujourd'hui encore à la basilique son visage.[72][73][74] Dans la même basilique, le pape fait édifier la somptueuse chapelle Corsini, dédiée à son saint ancêtre André Corsini, où il choisira d'être enseveli.

Les musées du Capitole et le mécénat des arts

Les musées du Capitole — ouverts au public par Clément XII en 1734, parmi les plus anciens musées du monde. Source : Wikimedia Commons, fichier Capitoline museum2.jpg.

En 1733, Clément XII achète pour soixante mille écus la collection d'antiques du cardinal Alessandro Albani et l'installe au Capitole, ouvert au public en 1734 : ainsi naissent les musées du Capitole (Musei Capitolini), considérés comme l'un des plus anciens musées publics du monde.[75][76] Le pape agrandit également la Bibliothèque vaticane et enrichit ses collections. Loin d'une simple coquetterie de prince, ce mécénat ouvre au public un patrimoine jusque-là réservé : il participe de l'idée naissante d'un bien culturel commun.

Travaux utiles : le port d'Ancône et les assèchements

Le bâtisseur ne néglige pas l'utile. Clément XII fait aménager le port d'Ancône, qu'il érige en port franc et dote d'une route d'accès, pour stimuler le commerce de l'Adriatique.[77] Il entreprend aussi de drainer les marais malariens des environs du lac Trasimène, œuvre d'hygiène publique au bénéfice des populations des États pontificaux. Le mécénat artistique s'accompagne ainsi d'une préoccupation de bon gouvernement économique et sanitaire.

Les canonisations de 1737

Le 16 juin 1737, dans la basilique du Latran qu'il venait de doter de sa façade, Clément XII célèbre une grande cérémonie de canonisation : il inscrit au catalogue des saints Vincent de Paul, apôtre de la charité et fondateur des Lazaristes et des Filles de la Charité ; Catherine de Gênes (Caterina Fieschi Adorno), grande mystique du purgatoire ; et Julienne Falconieri, fondatrice des Servites de Marie.[78] Quelques semaines plus tôt, le 5 avril 1737, il avait déjà canonisé le jésuite Jean-François Régis, missionnaire du Vivarais.[79]

Parmi ces quatre figures, Catherine de Gênes occupe une place à part dans l'histoire de la spiritualité. Son Traité du purgatoire fait d'elle un témoin majeur de la doctrine catholique sur la purification des âmes :

« Il est vrai, comme je le vois, que l'amour qui procède de Dieu et rejaillit dans l'âme cause en elle un contentement inexprimable ; mais ce contentement n'enlève pas une étincelle de leur peine aux âmes du purgatoire. [...] Ainsi les âmes du purgatoire ont tout ensemble une joie extrême et une extrême souffrance sans que l'une soit un obstacle pour l'autre. »[80] — Sainte Catherine de Gênes, Traité du purgatoire, § 14, canonisée par Clément XII en 1737[81]

En canonisant ensemble un grand charitable, un missionnaire, une mystique et une fondatrice, Clément XII rappelle, au cœur d'un siècle gagné par les Lumières et les sociétés secrètes, la diversité vivante de la sainteté catholique. Le culte de saint Vincent de Paul, en particulier, connaîtra à partir de là une diffusion universelle.[82]

Politique européenne : la guerre de Succession de Pologne

Le pontificat de Clément XII coïncide avec la guerre de Succession de Pologne (1733-1738), conflit européen opposant la France, l'Espagne et la Savoie à l'Autriche et la Russie. Les États pontificaux en subissent durement le contrecoup : les armées étrangères traversent le territoire de l'Église, lèvent des contributions et ne tiennent guère compte de la neutralité que le vieux pape s'efforce de maintenir.[83][84][85]

Diminué, aveugle, sans grande force militaire, Clément XII ne peut que protester contre ces violations de la souveraineté pontificale et tenter, par la diplomatie, de préserver ses sujets. L'épisode illustre l'affaiblissement politique de la papauté au XVIIIᵉ siècle, prise entre des monarchies qui ne la consultent plus guère sur les affaires du monde — contraste éloquent avec le rôle d'arbitre que pouvaient encore jouer ses prédécesseurs du siècle précédent.

Mort et postérité

Un pape aveugle gouvernant depuis son lit

Le monument de Clément XII dans la chapelle Corsini du Latran, qu'il fit construire et où ses restes furent transférés en 1742. Source : Wikimedia Commons, Alessandro Vasari / Istituto Nazionale per la Grafica.

Le trait le plus frappant du règne tient à l'infirmité du pape. Atteint d'une vue déjà faible à son élection, Clément XII perd complètement la vue dès 1732 ; rongé par la goutte, il est bientôt contraint de garder le lit, d'où il donne ses audiences et gouverne l'Église.[86][87] Le spectacle d'un pontife octogénaire et aveugle, dirigeant depuis sa chambre la condamnation de la franc-maçonnerie, le procès d'un cardinal et la construction de la plus belle fontaine de Rome, a quelque chose de saisissant : la volonté intacte d'un corps ruiné.

Une mort à quatre-vingt-sept ans

Clément XII s'éteint à Rome le 6 février 1740, à l'âge de quatre-vingt-sept ans, emporté par les complications de la goutte, après près de dix ans de pontificat.[88][89] D'abord déposé à Saint-Pierre, son corps est transféré le 20 juillet 1742 dans la chapelle Corsini du Latran qu'il avait fait élever — réunissant dans la mort le pape, sa famille et son saint ancêtre.

  1. 7 avril 1652
    Naissance à Florence
    famille Corsini, grand-duché de Toscane

    Lorenzo Corsini naît dans la haute noblesse florentine, apparenté aux Strozzi et à saint André Corsini.

  2. 1685
    Renoncement à l'aînesse
    entrée dans l'état ecclésiastique

    À trente-trois ans, il cède son droit d'aînesse et embrasse la carrière ecclésiastique.

  3. 1696
    Trésorier général
    Chambre apostolique

    Au cœur des finances pontificales et gouverneur du château Saint-Ange, expérience décisive pour l'avenir.

  4. 17 mai 1706
    Créé cardinal
    par Clément XI

    Clément XI, dont il reprendra le nom, l'élève à la pourpre ; il sera cardinal-évêque de Frascati en 1725.

  5. 12 juillet 1730
    Élu pape
    après un conclave de quatre mois

    À soixante-dix-huit ans, candidat de compromis, il prend le nom de Clément XII.

  6. 1730-1731
    Procès du cardinal Coscia
    redressement des finances

    Le favori vénal de Benoît XIII est jugé, excommunié et emprisonné ; la loterie est rétablie pour renflouer le Trésor.

  7. 1732
    Cécité et grands chantiers
    Trevi, Latran, Capitole

    Devenu aveugle, le pape lance la fontaine de Trevi, la façade du Latran et, en 1734, les musées du Capitole.

  8. 16 juin 1737
    Canonisations
    Vincent de Paul et deux saintes

    Le pape canonise Vincent de Paul, Catherine de Gênes et Julienne Falconieri (Jean-François Régis l'avait été dès le 5 avril).

  9. 28 avril 1738
    In eminenti apostolatus specula
    première condamnation de la franc-maçonnerie

    La bulle interdit aux catholiques l'adhésion aux loges sous peine d'excommunication.

  10. 6 février 1740
    Mort à Rome
    aveugle et alité, à 87 ans

    Clément XII s'éteint après dix ans de règne ; lui succède Benoît XIV.

Le conclave de 1740 et Benoît XIV

Le très long conclave qui suit — six mois — porte finalement au trône le savant cardinal Prospero Lambertini, qui prend le nom de Benoît XIV (élu le 17 août 1740). L'un des papes les plus cultivés de l'histoire prolongera plusieurs lignes de son prédécesseur : il confirmera la condamnation de la franc-maçonnerie (Providas, 1751) et clora la querelle des rites chinois (Ex quo singulari, 1742).

Bilan du pontificat

Le règne de Clément XII présente un double visage. D'un côté, un pape diminué : élu trop vieux, vite aveugle et alité, impuissant devant les armées qui foulent ses États. De l'autre, un pape agissant : il rétablit la moralité de la cour après le scandale Coscia, redresse les finances, embellit Rome comme nul autre depuis le XVIIᵉ siècle, tient ferme contre le jansénisme et les rites chinois, ouvre la voie aux Églises d'Orient, et surtout ouvre le grand dossier de la franc-maçonnerie par une bulle dont la doctrine sera confirmée de Benoît XIV à Léon XIII, pendant près d'un siècle et demi.[90][91][92][93][94]

Reste l'image paradoxale d'un vieux pape aveugle et bâtisseur, qui gouverna l'Église depuis son lit et dont la décision la plus lourde de conséquences fut, dans l'ordre doctrinal, la première parole de Rome contre les loges. Avec lui, la papauté du XVIIIᵉ siècle affirme à la fois sa fermeté doctrinale et son effacement politique.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. « Clément XII », Wikipédia en français, version consultée le 10 juin 2026 : Lorenzo Corsini, 246ᵉ pape, naissance le 7 avril 1652 à Florence (père Bartolomeo Corsini, marquis de Sismano ; mère Elisabetta Strozzi), formation au Collège romain et doctorat de droit à Pise, archevêque titulaire de Nicomédie et nonce à Vienne (1691), trésorier général (1696), cardinal (1706), cardinal-évêque de Frascati ; conclave de quatre mois et élection le 12 juillet 1730 ; cécité à partir de 1732 ; bulle In eminenti apostolatus specula (28 avril 1738) contre la franc-maçonnerie ; maintien d'Unigenitus contre le jansénisme ; grands chantiers (fontaine de Trevi, façade du Latran, chapelle Corsini, musées du Capitole) ; guerre de Succession de Pologne et traversée des États pontificaux ; canonisations de 1737 ; mort le 6 février 1740, sépulture dans la chapelle Corsini du Latran. https://fr.wikipedia.org/wiki/Cl%C3%A9ment_XII.

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  2. "Pope Clement XII", Wikipedia en anglais, version consultée le 10 juin 2026 : naissance le 7 avril 1652 à Florence, fils de Bartolomeo Corsini et d'Elisabetta Strozzi, parent éloigné de saint André Corsini et neveu du cardinal Neri Corsini ; archevêque titulaire de Nicomédie (1690-1691) et nonce à Vienne, trésorier général et gouverneur du château Saint-Ange (1696), cardinal-prêtre de Santa Susanna (17 mai 1706), puis San Pietro in Vincoli, cardinal-évêque de Frascati (1725-1730) ; conclave de quatre mois après la mort de Benoît XIII, élu pape le 12 juillet 1730 à soixante-dix-huit ans (aucun pape élu plus âgé depuis), intronisé le 16 juillet 1730, nom choisi en l'honneur de Clément XI ; cécité et gouvernement depuis le lit ; bulle In eminenti apostolatus (28 avril 1738), première condamnation pontificale de la franc-maçonnerie ; cardinal Niccolò Coscia, favori de Benoît XIII, fortement amendé, excommunié et condamné à dix ans de prison ; loterie publique rétablie (près d'un demi-million d'écus par an) ; fontaine de Trevi, façade de Saint-Jean-de-Latran (Alessandro Galilei, 1735), chapelle Corsini, palais de la Consulta, achat de la collection Albani (60 000 écus) et ouverture des musées du Capitole (1734), port franc d'Ancône, drainage des marais près du lac Trasimène ; renouvellement de la condamnation des rites chinois (1735) ; mort le 6 février 1740 à quatre-vingt-sept ans (goutte), restes transférés au Latran le 20 juillet 1742 ; prédécesseur Benoît XIII, successeur Benoît XIV. https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Clement_XII.

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  3. "Pope Clement XII", The Catholic Encyclopedia, vol. IV, Robert Appleton Company, New York, 1908 (New Advent), texte intégral vérifié le 4 octobre 2026 : né à Florence le 7 avril 1652, élu le 12 juillet 1730, mort à Rome le 6 février 1740 ; après la mort de son oncle et de son père, Lorenzo, âgé de trente-trois ans, renonce en 1685 à son droit d'aînesse et entre dans l'état ecclésiastique, achète à Innocent XI pour 30 000 écus une charge prélatice et enrichit la bibliothèque héritée de son oncle ; archevêque titulaire de Nicomédie et choisi comme nonce à Vienne (année 1691 retenue par la notice — la date précise d'acte, 10 avril 1690, est donnée par Treccani (voir la note Treccani) —, sans jamais gagner la cour impériale, Léopold Ier prétendant choisir le nonce sur une liste de trois noms) ; trésorier général et gouverneur du château Saint-Ange (1696) ; après quatre mois de délibérations, le Sacré Collège s'unit sur le cardinal Corsini, « le meilleur choix possible » n'eussent été ses soixante-dix-huit ans et sa vue défaillante ; la loterie publique, supprimée par Benoît XIII, est rétablie et « versa au trésor une somme annuelle de près d'un demi-million d'écus » (« an annual sum amounting to nearly a half million of scudi ») ; fondation à Ullano, en Calabre, du Collège Corsini pour les étudiants grecs (« founded at Ullano, in Calabria, the Corsini College for Greek students »), appel à Rome des moines grecs-melkites du Mont-Liban avec l'église Santa Maria in Domnica, envoi de Joseph Simon Assemani au Levant « pour y poursuivre sa recherche de manuscrits et présider comme légat un concile national des maronites » (« continuing his search for manuscripts and presiding as legate over a national council of Maronites ») ; façade du Latran, chapelle Corsini ; mort en 1740. https://www.newadvent.org/cathen/04030a.htm.

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  4. Bulle In eminenti apostolatus specula (Clément XII, 28 avril 1738), texte intégral (Papal Encyclicals Online) : condamnation des sociétés de Liberi Muratori ou Francs-Maçons ; motifs invoqués — admission d'hommes de toute religion et de toute secte, serment de secret prêté sur la Bible, règles cachées, soupçon de mal attaché au secret (« si elles ne faisaient pas le mal, elles ne haïraient pas autant la lumière »), interdictions déjà prononcées par plusieurs États civils ; condamnation et défense de ces sociétés, l'adhésion entraînant l'excommunication encourue par le fait même, dont nul ne peut être relevé, hors l'article de la mort, que par le Pontife romain (« under pain of excommunication [...] incurred by the very deed [...] from which no one can obtain the benefit of absolution, other than at the hour of death, except through Ourselves or the Roman Pontiff of the time »). https://www.papalencyclicals.net/clem12/c12inemengl.htm.

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  5. "In eminenti apostolatus", Wikipedia en anglais, version consultée le 10 juin 2026 : bulle promulguée par Clément XII le 28 avril 1738, première condamnation pontificale de la franc-maçonnerie, interdisant aux catholiques d'adhérer aux loges sous peine d'excommunication ; contexte des sympathisants jacobites en France ayant formé une loge secrète et cherché à influencer le cardinal André-Hercule de Fleury, qui pressa le pape de publier la bulle ; soutien du prétendant Stuart « Jacques III » résidant à Rome après la prise de contrôle de la maçonnerie française par les loges hanovriennes en 1737 ; rédaction d'un point de vue religieux et non politique, sans distinction entre maçonnerie jacobite et hanovrienne ; application à Florence par l'Inquisition et arrestation du poète Tommaso Crudeli ; doctrine renouvelée par Benoît XIV (Providas Romanorum, 1751) et Léon XIII (Humanum genus, 1884). https://en.wikipedia.org/wiki/In_eminenti_apostolatus.

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  6. « Papal ban of Freemasonry », Wikipédia en anglais, version consultée le 4 octobre 2026 : l'interdit d'In eminenti apostolatus fut « reiterated and expanded » par Benoît XIV en 1751 (Providas Romanorum), Pie VII en 1821 (Ecclesiam a Jesu Christo), Léon XII (Quo graviora), Pie VIII en 1829 (Traditi humilitati), Grégoire XVI en 1832 (Mirari vos) et les écrits de Pie IX (1846, 1849, 1864, 1865, 1869, 1873), avant Humanum genus de Léon XIII (1884). https://en.wikipedia.org/wiki/Papal_ban_of_Freemasonry ; liste concordante : « Papal documents relating to Freemasonry ». https://en.wikipedia.org/wiki/Papal_documents_relating_to_Freemasonry.

    6 61 93
  7. « Chinese Rites Controversy », New Catholic Encyclopedia (Encyclopedia.com), texte intégral vérifié le 4 octobre 2026 : en 1733, l'évêque de Pékin François de la Purification ordonne, par deux lettres pastorales, d'observer la bulle Ex illa die selon les accommodements de Mezzabarba ; « Clement XII annulled the two pastoral letters of Bishop of Beijing on Sept. 25, 1735, ordering that the bull Ex illa die be observed without any exceptions » ; Benoît XIV clora la querelle par Ex quo singulari (5 juillet 1742). https://www.encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/chinese-rites-controversy.

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  8. « Maronites », Encyclopaedia Britannica, 11ᵉ éd. (1911) : Clément XII envoie en Syrie Assemani, maronite formé au collège romain de Grégoire XIII ; au concile tenu au monastère de Louwaizé le 30 septembre 1736, l'Église maronite reçoit de Rome une constitution. https://www.studylight.org/encyclopedias/eng/bri/m/maronites.html ; « Lebanese Council of 1736 », Wikipédia en anglais, consultée le 4 octobre 2026 : Joseph Assemani arrive à Beyrouth le 17 juin 1736 avec les instructions de la Propagande et préside le synode comme légat de Clément XII. https://en.wikipedia.org/wiki/Lebanese_Council_of_1736.

    13 68
  9. Canonisations de 1737, notices recoupées le 4 octobre 2026 : la notice « Pope Clement XII » de la Catholic Encyclopedia résume d'un mot les quatre noms — « He canonized Sts. Vincent de Paul, John Francis Regis, Catherine Fieschi Adorni, Juliana Falconieri » (https://www.newadvent.org/cathen/04030a.htm) ; le 16 juin 1737, à la basilique Saint-Jean-de-Latran, Clément XII canonise Vincent de Paul (FAMVIN, « June 16: Canonization of St. Vincent de Paul » ; Catholic Encyclopedia : « canonized by Clement XII on 16 June, 1737 » ; cérémonie « held at the Lateran Basilica »), Catherine de Gênes (canonisée en 1737 par Clément XII) et Julienne Falconieri (Catholic Encyclopedia : « Clement XII canonized her in 1737 »). Jean-François Régis, lui, avait été canonisé dès le 5 avril 1737 (voir la note Régis). https://famvin.org/en/2016/06/17/june-16-canonization-st-vincent-de-paul/ ; https://en.wikisource.org/wiki/Catholic_Encyclopedia_%281913%29/St._Vincent_de_Paul ; https://www.newadvent.org/cathen/08556a.htm.

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  10. Saint Jean-François Régis (1597-1640), jésuite, missionnaire du Vivarais : béatifié par Clément XI le 18 mai 1716, canonisé par Clément XII le 5 avril 1737 — avant la cérémonie collective du 16 juin. Catholic Encyclopedia, « St. John Francis Regis » (« On 5 April, 1737, Clement XII promulgated the decree… ») : https://www.heiligenlexikon.de/CatholicEncyclopedia/Johannes_Franz_Regis.html ; https://en.wikipedia.org/wiki/John_Francis_Regis.

    15 79
  11. Ludwig von Pastor, The History of the Popes from the Close of the Middle Ages (éd. anglaise, B. Herder / Kegan Paul), histoire monumentale de la papauté rédigée à partir des archives secrètes du Vatican : le pontificat de Clément XII y est traité dans le volume XXXIV, p. 301-510 (celui de son prédécesseur Benoît XIII occupant les p. 98-299 du même tome). Ouvrage de référence érudit pour l'étude critique du règne. Notice de l'auteur : https://en.wikipedia.org/wiki/Ludwig_von_Pastor.

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  12. « Clemente XII, papa », Alberto Caracciolo, Dizionario Biografico degli Italiani, Treccani, consulté le 4 octobre 2026 : Lorenzo Corsini naît à Florence le 7 avril 1652 de Bartolomeo, marquis de Sismano, Casigliano, Civitella, Laiatico et Orciatico, Castagnetolo, Tresana et Giovagallo, et d'Elisabetta Strozzi ; il grandit sous la protection de son oncle (zio) le cardinal Neri Corsini, qui écrit en 1670 à son frère Bartolomeo pour favoriser l'ascension du neveu dans la Curie ; à la mort de son père, en 1685, Lorenzo, primogenito, entre dans la carrière ecclésiastique ; nommé archevêque de Nicomédie le 10 avril 1690 par Alexandre VIII. https://www.treccani.it/enciclopedia/papa-clemente-xii_(Dizionario-Biografico)/.

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  13. Saint André Corsini (Andrea Corsini, 1302 – 6 janvier 1373), carme, évêque de Fiesole, ancêtre de la maison Corsini : canonisé par le pape Urbain VIII le 22 avril 1629. La date du 6 janvier 1373 est celle de Butler (Lives of the Saints, d'après deux Vies originales : « on the 6th of January, 1373 ») ; la variante « 1374 » que donnent certains répertoires vient du comput florentin (année commençant le 25 mars). Sa mémoire faisait la fierté spirituelle de la famille florentine dont est issu Lorenzo Corsini, futur Clément XII, qui lui dédiera la chapelle Corsini du Latran. Notices : https://en.wikipedia.org/wiki/Andrea_Corsini ; http://www.ecatholic2000.com/butler/vol2/february11.shtml.

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  14. Rôle de Fleury, recoupements indépendants (octobre 2026) : « Papal ban of Freemasonry », Wikipedia — en mars 1737, une loge française sollicite l'approbation du cardinal de Fleury, qui fait traiter les francs-maçons en traîtres et interdire leurs assemblées ; cette interdiction et l'enquête italienne conduisent, en 1738, à la promulgation d'In eminenti par Clément XII. https://en.wikipedia.org/wiki/Papal_ban_of_Freemasonry ; récit convergent : « Seeds of Dissent », The Midnight Freemasons — Fleury, qui faisait enquêter l'Inquisition, voulait toute la maçonnerie interdite, et Clément XII, ne voulant pas heurter le roi, l'écouta. http://www.midnightfreemasons.org/2023/08/seeds-of-dissent-origins-of-anti.html.

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  15. Tommaso Crudeli (1702/1703-1745), poète et juriste florentin, membre de la loge de Florence : arrêté par l'Inquisition le 9 mai 1739, emprisonné (église Santa Croce), libéré en avril 1741 — soit un an après la bulle du 28 avril 1738. Notices concordantes, vérifiées le 4 octobre 2026 : http://freemasonry.bcy.ca/biography/crudeli_t/crudeli_t.html (« On May 9, 1739, Tommaso Crudeli… was taken into custody ») ; https://en.wikipedia.org/wiki/Tommaso_Crudeli (« May 9, 1739 – Arrested in Florence by the Holy Inquisition… April 1741 – Released from prison »).

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  16. « Clement XII, Pope », New Catholic Encyclopedia (reproduite sur Encyclopedia.com), version consultée le 17 juin 2026 : pontificat du 12 juillet 1730 au 6 février 1740 ; condamnation du cardinal Coscia à dix ans d'emprisonnement pour avoir abusé de la confiance de son prédécesseur ; bulle In eminenti (1738) condamnant la franc-maçonnerie sous peine d'excommunication, le pape objectant le caractère « secret » de ces sociétés ; soumission exigée à la bulle Unigenitus de Clément XI (1713) contre le jansénisme, soumission obtenue de la congrégation bénédictine de Saint-Maur ; fondation d'un séminaire de rite grec à Ullano et envoi de Joseph Assemani présider un synode maronite au Liban ; érection de la Fontana di Trevi et travaux à Saint-Jean-de-Latran. https://www.encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/clement-xii-pope.

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  17. « Trevi Fountain », Wikipedia en anglais, version consultée le 17 juin 2026 : concours de projet lancé par Clément XII en 1730 ; commande finalement confiée à l'architecte Nicola Salvi (après une première attribution contestée à Alessandro Galilei) ; début des travaux en 1732 ; fontaine officiellement inaugurée le 22 mai 1762 sous Clément XIII, l'achèvement étant assuré par Giuseppe Pannini après la mort de Salvi (1751). https://en.wikipedia.org/wiki/Trevi_Fountain.

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  18. « Archbasilica of Saint John Lateran », Wikipedia en anglais, version consultée le 17 juin 2026 : la grande façade orientale de la cathédrale de Rome, lancée par Clément XII, fut l'objet d'un concours remporté par le Florentin Alessandro Galilei et achevée en 1735 ; l'inscription gravée porte « CLEMENS XII PONT MAX ANNO V », datant l'œuvre de la cinquième année du pontificat. https://en.wikipedia.org/wiki/Archbasilica_of_Saint_John_Lateran.

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  19. « Capitoline Museums », Wikipedia en anglais, version consultée le 17 juin 2026 : achat de la collection d'antiques du cardinal Alessandro Albani en 1733, sous Clément XII ; ouverture au public en 1734 ; l'institution est présentée comme « le plus ancien musée public du monde », entendu comme un lieu où l'art pouvait être contemplé par tous les citoyens. https://en.wikipedia.org/wiki/Capitoline_Museums.

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  20. Sainte Catherine de Gênes, Traité du purgatoire, § 14 (« Joie et douleur de l'âme du Purgatoire »), trad. Pierre Debongnie, C.SS.R., dans Sainte Catherine de Gênes (1447-1510) : la grande Dame du pur amour — Vie et doctrine et Traité du purgatoire, Desclée de Brouwer, Bruges, 1960. Libellé français vérifié le 4 octobre 2026 sur la réimpression autorisée de cette même traduction (Éditions du Soleil Levant, Namur, avec l'autorisation de Desclée de Brouwer) : les phrases citées s'y trouvent mot à mot, les […] marquant les phrases intermédiaires omises.

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  21. Saint Vincent de Paul (1581-1660), fondateur de la Congrégation de la Mission (Lazaristes) et, avec sainte Louise de Marillac, des Filles de la Charité : canonisé par Clément XII le 16 juin 1737. Son culte connut ensuite une diffusion universelle ; il fut proclamé patron de toutes les œuvres de charité par Léon XIII en 1885. Notice : https://en.wikipedia.org/wiki/Vincent_de_Paul.

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  22. « War of the Polish Succession », Wikipedia en anglais, version consultée le 17 juin 2026 : conflit ouvert le 10 octobre 1733 (combats jusqu'en 1735, règlement formel par le traité de Vienne de 1738) opposant, pour Stanislas Leszczyński, la France, l'Espagne, la Savoie-Sardaigne et Parme, à la monarchie des Habsbourg, la Russie, la Saxe et la Prusse ; le traité confirme Auguste III roi de Pologne et redistribue plusieurs territoires italiens. Les États pontificaux, neutres, subirent le passage des armées. https://en.wikipedia.org/wiki/War_of_the_Polish_Succession.

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