Saint Jean-François Régis (1597-1640)

Saint Jean-François Régis, jésuite languedocien surnommé « l'apôtre du Velay et du Vivarais » et « le marcheur de Dieu », parcourut à pied les montagnes du Massif central pour évangéliser les paysans, convertir les huguenots et soulager les pauvres. Confesseur infatigable et père des pauvres, il mourut en mission à La Louvesc le 31 décembre 1640 (30 selon la Catholic Encyclopedia) ; béatifié en 1716 et canonisé en 1737, son tombeau y vit naître la vocation du curé d'Ars.

Ignispedia

Jean-François Régis (1597-1640) est un prêtre jésuite français, l'une des grandes figures missionnaires de la Réforme catholique dans les montagnes du Massif central. Pendant la dernière décennie de sa vie, il parcourut à pied, « surtout en hiver », les hauteurs glacées du Velay, du Vivarais, du Forez et des Cévennes pour ranimer la foi des paysans, ramener à l'Église les huguenots et soulager les plus pauvres.[1][2]

La postérité l'a surnommé « l'apôtre du Velay et du Vivarais » et « le marcheur de Dieu » : nul relief, nulle neige, nul hameau perdu ne l'arrêtait dès lors qu'une âme y attendait Dieu.[3][4] Confesseur infatigable, il restait à jeun au confessionnal jusqu'au soir ; prédicateur d'une simplicité bouleversante, il convertissait les foules rurales ; père des pauvres, il arracha au vice de nombreuses femmes exploitées ou tombées dans la prostitution, défendit les dentellières du Puy et multiplia les œuvres de charité.

Au cœur de cet apostolat brûlait une piété eucharistique ardente et de longues nuits de prière, qu'il tenait pour « le secret de sa fécondité ».[5] Refusé pour les missions lointaines du Canada dont il rêvait, il fit des montagnes d'Auvergne et du Vivarais sa « Nouvelle-France », jusqu'à y mourir épuisé, le 31 décembre 1640, à La Louvesc, au terme d'une dernière mission dans la neige.[6][7]

Infographie Ignispedia — Les grandes étapes de la vie de saint Jean-François Régis, du noviciat jésuite aux missions d'hiver du Velay et du Vivarais. Créée par IA.

Béatifié en 1716 par Clément XI, canonisé en 1737 par Clément XII, il repose à La Louvesc, devenu l'un des grands sanctuaires de France. Sa tombe a vu naître la vocation du futur curé d'Ars et l'œuvre de sainte Thérèse Couderc. Sa fête est fixée au 16 juin chez les jésuites de France et au diocèse de Nîmes (au 2 juillet dans les autres provinces) ; le martyrologe romain l'inscrit au 31 décembre.[8][9]

Un fils du Languedoc dans la Compagnie de Jésus (1597-1631)

Une naissance à Fontcouverte (1597)

Jean-François Régis naît le 31 janvier 1597 à Fontcouverte, dans le département actuel de l'Aude, en plein pays languedocien.[10][11] Son père, Jean Régis, est un riche marchand récemment anobli pour le rôle qu'il a joué dans les guerres de la Ligue ; sa mère, Marguerite de Cugunhan, appartient par naissance à la petite noblesse terrienne de la région ; il est le second de quatre fils du couple.[12][13] L'enfant grandit donc dans une famille aisée et profondément chrétienne, qui lui donne une éducation soignée.

La Languedoc de la fin du XVIᵉ siècle sort à peine des guerres de religion : catholiques et protestants s'y côtoient dans la méfiance, et de vastes contrées ont basculé dans la Réforme. C'est dans ce paysage de fractures religieuses que se forme la sensibilité du futur missionnaire — un homme qui consacrera sa vie, non aux polémiques savantes, mais à la reconquête des âmes une par une.

Le collège de Béziers et la vocation

Vers l'âge de quatorze ans, Jean-François est envoyé au collège des jésuites de Béziers (l'actuel lycée Henri-IV).[14][15] Il s'y distingue par son intelligence, sa conduite exemplaire et sa serviabilité, sans pour autant fuir la bonne humeur de ses camarades. Les biographes notent sa sensibilité extrême à la critique — trait de caractère qu'il devra dompter toute sa vie par l'humilité.

Au terme de cinq années d'humanités, le jeune homme a découvert sa voie. La Compagnie de Jésus, fondée par saint Ignace de Loyola, est alors la grande force enseignante et missionnaire de l'Église en France ; ses collèges forment l'élite et ses pères rêvent des terres lointaines sur les traces de saint François Xavier. Entrer chez les jésuites, en 1616, c'est se donner à ce vaste élan de Réforme catholique.

Le noviciat de Toulouse (1616) et les années d'études

Le 8 décembre 1616, en la fête de l'Immaculée Conception de Marie — détail que la tradition jésuite a toujours souligné —, Jean-François Régis entre au noviciat de la Compagnie de Jésus à Toulouse.[16][17] Commence alors la longue formation des jésuites, qui le mène à travers le Midi et le Massif central :

PériodeLieuÉtape
1616-1618ToulouseNoviciat
1618-1619CahorsÉtudes de rhétorique
1619-1622BillomEnseignement de la grammaire (régence)
1622-1625TournonPhilosophie au scolasticat
1625-1627Le Puy-en-VelayEnseignement de la grammaire (régence)
1627-1628AuchEnseignement de la grammaire (régence)
1628-1630ToulouseThéologie

En mots simples : la régence désigne les années où le jeune jésuite, avant d'être prêtre, enseigne à son tour au collège ; le scolasticat est la maison où il étudie la philosophie.[18] L'enseignement encadre donc ici les études : Billom avant Tournon, Le Puy et Auch après.

Pendant ses années d'enseignement, le jeune scolastique commence déjà à prêcher dans les bourgs voisins, avec un effet saisissant sur ses auditeurs.[19] C'est au cours de cette régence, au pied des volcans d'Auvergne et dans les rues du Puy-en-Velay, qu'il découvre le peuple des montagnes auquel il consacrera sa vie.

L'ordination et la peste de Toulouse (1631)

Sa théologie achevée, Régis brûle d'être ordonné : il sollicite même un raccourcissement du cursus, tant l'attire le ministère des âmes.[20] Il est ordonné prêtre au printemps 1631 et célèbre sa première messe au temps de la Trinité.[21][22] (Les sources divergent ici davantage qu'il n'y paraît : outre l'écart entre « mai 1631 » et la fête de la Trinité — le 15 juin de cette année-là —, plusieurs notices jésuites situent l'ordination un an plus tôt, au 16 juin 1630[23] ou au 19 mai 1630[24]. Faute de pouvoir trancher sans consulter les registres originaux, Ignispedia retient ici la datation de la Catholic Encyclopedia et de Réflexion chrétienne, la plus détaillée sur le déroulement des études, tout en signalant honnêtement cette divergence d'un an.)

À peine prêtre, l'épreuve le révèle : la peste ravage Toulouse, et Régis se dévoue aussitôt auprès des malades, sans crainte de la contagion.[25] Ce baptême du feu annonce déjà l'homme qu'il sera — celui qui court vers la misère que tous fuient. Dès le début de 1632, ses supérieurs l'affectent définitivement au ministère des missions : ce sera l'œuvre des dix dernières années de sa vie.

L'apôtre du Velay et du Vivarais

Le choix des montagnes et des pauvres

Ses premiers postes de missionnaire itinérant le conduisent d'abord à Pamiers, puis, de mai 1632 à septembre 1634, au collège jésuite de Montpellier — certaines notices ajoutent un passage par Privas durant ces années[26][27] —, d'où il rayonne pour la mission auprès des huguenots, visiter les hôpitaux et arracher au vice les femmes exploitées ou tombées dans la prostitution.[28] Il restera ensuite rattaché près de six ans au diocèse de Viviers.[29] Puis, à partir de 1633, il s'enfonce dans les hautes terres : il évangélise plus de cinquante districts à travers le Vivarais, le Forez et le Velay, avec des conversions retentissantes.[30] Le recteur de Montpellier écrira :

« Tout le monde s'accorde à reconnaître que le Père Régis a un talent merveilleux pour les missions. » — le recteur du collège de Montpellier, rapporté par la Catholic Encyclopedia[31]

Carte Ignispedia — Les terres de mission de saint Régis : du Languedoc aux montagnes du Velay et du Vivarais. Créée par IA.

Son choix est délibéré : laisser aux autres les villes et les gens de qualité, et prendre pour lot les paysans abandonnés des montagnes, ceux que des décennies de guerres et d'incurie avaient laissés sans catéchisme ni sacrements. « Mon partage, ce sont les brebis abandonnées », disait-il en substance.[32]

Le marcheur de Dieu : les missions d'hiver

Le surnom de « marcheur de Dieu » dit tout : Régis parcourait à pied, par tous les temps, des distances considérables pour atteindre les hameaux les plus reculés.[33][34] Selon le diocèse de Carcassonne et Narbonne, il était d'une stature peu commune pour l'époque — près d'1,90 mètre — et capable de couvrir jusqu'à quarante kilomètres par jour dans ses tournées pastorales.[35] Il avait délibérément choisi les mois d'hiver — « les mois terribles de l'hiver », dit la Catholic Encyclopedia — pour ses missions de montagne, parce que c'est en cette saison morte que les paysans, retenus chez eux par la neige, étaient enfin disponibles pour l'écouter.[36][37]

On le voyait franchir des cols enneigés, traverser des torrents glacés, dormir dans des granges, prêcher dans des églises gelées où il passait des heures.[38] Cette ascèse du froid, qui finit par le tuer, n'était pas chez lui une prouesse sportive mais une stratégie d'amour : aller chercher l'âme là où elle se trouve, au prix de son propre corps.

Une jambe brisée, guérie en pleine mission (novembre 1637)

En route pour une seconde mission au hameau de Marthes, en novembre 1637, Régis escaladait un raidillon rocheux lorsqu'un arbrisseau auquel il se retenait céda sous son poids : il se brisa la jambe dans la chute.[39][40] Plutôt que de rebrousser chemin, il parcourut encore une demi-douzaine de kilomètres appuyé sur un bâton et sur le bras de son compagnon, puis exigea d'être conduit directement au confessionnal plutôt que chez un chirurgien.[41][42]

Le curé de la paroisse, le retrouvant assis plusieurs heures plus tard, voulut enfin examiner la blessure : selon le récit qu'en donnent les Vies des saints, la fracture fut trouvée miraculeusement guérie, sans le moindre soin médical.[43][44] Cet épisode, rangé parmi les faits extraordinaires que ses contemporains lui attribuaient déjà de son vivant, prépare la reconnaissance ultérieure de miracles lors de son procès de canonisation.

La prédication simple et la conversion des huguenots

La prédication de Régis était d'une simplicité directe, sans ornements savants : il parlait au cœur du peuple illettré, et « d'innombrables conversions en résultaient ».[45] Loin des controverses théologiques abstraites, il ramenait les protestants à la foi catholique par la clarté de l'exposé, la chaleur de la charité et la sainteté visible de sa vie.[46][47]

Cette méthode lui valut aussi des oppositions. Certains lui reprochèrent un zèle impétueux, des « satires et invectives » qui braquaient plus qu'elles ne convertissaient ; des prêtres jaloux le dénoncèrent même à l'évêque de Viviers par de fausses accusations.[48] Mais « la patience et l'humilité du saint », jointes à l'appui de protecteurs influents, finirent par dissiper les préventions.[49]

« Si vous me connaissiez, vous m'en donneriez bien davantage. » — saint Jean-François Régis, répondant à un pécheur qui venait de le frapper[50]

Le confesseur infatigable

Régis fut surtout un confesseur héroïque. Les biographes rapportent qu'il demeurait à jeun au confessionnal jusqu'au soir, écoutant sans relâche les pénitents qui affluaient.[51] Quand on lui suggérait de réserver son ministère aux gens en vue, il répondait que ceux-là ne manqueraient jamais de confesseurs :

« Les personnes de qualité ne manqueront pas de confesseurs ; mon partage, ce sont les brebis abandonnées. » — saint Jean-François Régis[52]

Cette préférence absolue pour les petits, les pécheurs et les délaissés est la signature de toute sa pastorale. Là où d'autres voyaient une populace grossière, lui voyait des âmes rachetées par le sang du Christ, dignes qu'on leur donnât le meilleur de soi jusqu'à l'épuisement.

Le père des pauvres : la charité en actes

L'accueil des femmes et les refuges

L'œuvre la plus délicate de Régis fut le relèvement des femmes exploitées ou tombées dans la prostitution. Il les arrachait au vice, leur trouvait un gagne-pain honnête et fondait des refuges où elles pouvaient persévérer après leur conversion.[53][54] Entreprise périlleuse : des hommes débauchés, furieux de se voir privés de leur proie, le menacèrent les armes à la main.

« L'éclat de son visage, son intrépidité et la force de ses paroles leur faisaient tomber les armes des mains. » — la Catholic Encyclopedia, à propos des agresseurs désarmés par saint Jean-François Régis[55]

Pour donner à ces femmes un avenir, il ne se contenta pas de bonnes paroles : il leur procura un travail. C'est ici que sa charité rejoint l'histoire économique d'une région.

La dentelle du Puy

Au Puy-en-Velay, la dentelle faisait vivre des milliers de femmes pauvres. Quand un arrêt du parlement de Toulouse menaça d'interdire son commerce — ce qui aurait jeté à la rue une multitude de dentellières —, Régis prit leur défense, obtenant que l'activité fût maintenue et que la « dentelle du Puy » pût continuer d'être fabriquée et vendue.[56][57] La tradition lui attribue d'avoir ainsi sauvé du chômage des dizaines de milliers d'ouvrières, ce qui lui valut le titre de patron des dentellières.[58][59]

Infographie Ignispedia — Les quatre grands visages de la charité de saint Régis, surnommé le père des pauvres. Créée par IA.

Il forma même certaines des femmes qu'il avait relevées au métier de dentellière, unissant en un seul geste le salut de l'âme et la subsistance du corps : qu'elles ne retombent pas dans la misère qui les avait perdues.[60] Cette intelligence de la pauvreté réelle fait de lui un précurseur de l'action sociale catholique.

Les confréries du Saint-Sacrement et l'œuvre du Bouillon

Dès ses premières missions, Régis institua des confréries du Saint-Sacrement, associations de laïcs vouées à l'adoration eucharistique et à la collecte de l'aumône pour les indigents.[61] Il y joignit des œuvres concrètes, dont la fameuse « œuvre du Bouillon » : une distribution organisée de soupe aux nécessiteux, ancêtre des soupes populaires.[62][63]

Ces fondations révèlent sa méthode : ne pas se contenter de prêcher la charité, mais lui donner des structures durables que les laïcs feraient vivre après son départ. La dévotion eucharistique et le service des pauvres y étaient inséparablement liés — l'autel et la table du pauvre formant à ses yeux un seul mystère.

Le grenier des pauvres

En temps de famine, Régis organisa la distribution de blé aux affamés à partir d'un grenier qu'il alimentait par la charité.[64] La tradition hagiographique rapporte que ce grenier, ouvert sans compter à la misère, se trouva réapprovisionné au-delà de toute attente, signe pour les contemporains de la providence qui bénissait son audace de charité.[65] On le surnomma le « père des pauvres ».[66]

Il faut le dire avec exactitude : Régis ne mena pas de combat politique contre la pauvreté structurelle de son temps. Son génie fut d'un autre ordre — se faire le serviteur concret de chaque misère rencontrée, et d'entraîner derrière lui, par les confréries, tout un peuple de bienfaiteurs. À l'image de son contemporain saint Vincent de Paul, il fit de la charité organisée une véritable école de sainteté.

La spiritualité de saint Jean-François Régis

L'amour de l'Eucharistie

Toute l'action de Régis jaillissait d'une dévotion eucharistique d'une rare intensité. Les sources affirment que son amour de l'Eucharistie ne fut surpassé par aucune autre orientation spirituelle ; c'est devant le Saint-Sacrement qu'il puisait l'énergie surhumaine de ses courses missionnaires.[67] Les confréries du Saint-Sacrement qu'il fondait partout n'étaient que le débordement, dans le peuple, de sa propre adoration.

Cette centralité de l'Eucharistie le rattache à la grande floraison spirituelle du XVIIᵉ siècle français — celle qui verra bientôt, avec saint Claude La Colombière et la dévotion au Sacré-Cœur, l'Église redécouvrir l'amour brûlant du Christ présent sous les espèces.

L'austérité et la prière nocturne

Derrière l'activité débordante de l'apôtre se cachait une mortification extrême. Régis se nourrissait de lait et de fruits, dormait à même le plancher de sa chambre plutôt que dans un lit, et passait des nuits entières en prière, tenant cette oraison nocturne pour « le secret de sa fécondité ».[68][69] Cette rigueur ne visait jamais que lui-même :

« Dur avec lui-même, doux avec les autres. » — résumé de sa vie spirituelle selon Nominis[70]

Pourtant, jamais cette dureté envers lui-même n'altérait sa sérénité. Comme on lui demandait un jour s'il n'était pas épuisé après une journée de labeur, il répondit avec une gaieté désarmante :

« Non : je suis frais comme une rose. » — saint Jean-François Régis[71]

Cet équilibre entre l'action la plus rude et la contemplation la plus exigeante est la marque des grands saints missionnaires : le confessionnal et l'oratoire ne s'opposaient pas, l'un nourrissait l'autre.

L'obéissance et l'humilité éprouvées

La sainteté de Régis fut passée au creuset de l'épreuve intérieure. Ses supérieurs, parfois inquiets de ses projets de charité jugés trop optimistes, lui firent abandonner certains de ses desseins — ce qui le faisait souffrir ; mais l'obéissance faisait taire toute objection.[72] Sensible à la critique depuis l'enfance, il dut conquérir de haute lutte cette humilité qui finit par désarmer même ses détracteurs.

Une calomnie le poursuivit jusqu'au-delà de la mort : soixante-douze ans après son décès — vers 1712, précise une notice américaine[73] —, un ecclésiastique hostile aux jésuites répandit la fable selon laquelle Régis aurait été chassé de la Compagnie, la lettre de renvoi de Rome n'arrivant qu'après sa mort. Cette légende, entièrement réfutée par une enquête pontificale, n'a jamais résisté à l'examen des faits.[74][75]

Le rêve du Canada

Régis avait ardemment désiré être envoyé au Canada, alors l'une des missions les plus périlleuses de la Compagnie, sur les traces de saint Jean de Brébeuf et des martyrs de la Nouvelle-France.[76][77] Ce rêve lui fut refusé : ses supérieurs avaient besoin de lui en France. Après ses derniers vœux, en 1633, l'un d'eux trancha en lui assignant plutôt les Cévennes, le Velay et le Vivarais : ce serait désormais, lui dit-on selon le diocèse de Carcassonne et Narbonne, « ton Canada ».[78]

« Il rêvait d'aller, avec tant d'autres frères jésuites, évangéliser la Nouvelle-France. » — Wikipédia, Jean-François Régis[79]

Infographie Ignispedia — La spiritualité de saint Régis : l'adoration eucharistique et la prière nocturne fécondent les missions, le confessionnal et le service des brebis abandonnées. Créée par IA.

Loin de s'en attrister, il fit des montagnes glacées du Vivarais sa propre terre de mission lointaine, obtenant de passer « les mois terribles de l'hiver » sur les hauteurs, et les autres saisons à accueillir dans les villes les femmes exploitées ou tombées dans la prostitution.[80] Sa « Nouvelle-France » à lui fut le Velay sous la neige — et il y donna sa vie aussi sûrement qu'un martyr des terres lointaines.

La mort à La Louvesc (décembre 1640)

La dernière mission dans la neige

À l'hiver 1640, malgré le peu de forces qui lui restait, Régis voulut prêcher une dernière mission dans le hameau de La Louvesc, perché à plus de mille mètres dans les montagnes du Vivarais (actuelle Ardèche).[81][82] En route avec le frère Bideau, surpris par le froid et la neige, il contracta une pneumonie (ou pleurésie).[83][84]

Arrivé épuisé pour les fêtes de Noël, il prêcha et confessa encore, « ayant dépensé avec un courage héroïque le peu de forces qu'il lui restait ».[85] Le mal eut raison de lui en quelques jours.

« Je vois Notre Seigneur et Notre Dame qui m'ouvrent le paradis »

Le 31 décembre 1640, peu avant minuit, le frère qui l'assistait recueillit ses dernières paroles. Le missionnaire, le regard tourné vers une vision, murmura :[86][87]

« Ah ! mon frère, je vois Notre Seigneur et Notre Dame qui m'ouvrent le paradis… Seigneur, entre tes mains je remets mon esprit. » — dernières paroles de saint Jean-François Régis, La Louvesc, 31 décembre 1640[88][89]

Cette ultime prière, qui reprend le mot du Christ en croix (Lc 23, 46) et de saint Étienne mourant (Ac 7, 59), scelle une vie tout entière configurée au don de soi. Régis s'éteignit à 43 ans, presque jour pour jour onze mois après sa naissance.[90][91] (Quelques sources anciennes datent sa mort du 30 décembre ; la tradition du sanctuaire et les notices liturgiques retiennent le 31 décembre, veille de l'an.)[92][93]

Un tombeau aussitôt vénéré

Dès ses funérailles, le 2 janvier 1641, la foule afflua vers son tombeau, et les pèlerins ne cessèrent plus de venir.[94][95] Des faits extraordinaires, déjà rapportés de son vivant[96], furent ensuite attribués à son intercession sur sa tombe : la Catholic Encyclopedia rapporte les foules de pèlerins et les guérisons miraculeuses attribuées par les dévots[97], dans la tradition toujours vivante du sanctuaire[98]. Le hameau perdu de La Louvesc devint, par la seule force de la dévotion populaire, l'un des grands lieux de pèlerinage du royaume.

Le culte et l'héritage

Béatification (1716) et canonisation (1737)

Infographie Ignispedia — De la mort en mission à La Louvesc à la basilique de 1888 : la glorification de saint Jean-François Régis. Créée par IA.

La cause de Jean-François Régis suivit son cours. Il fut béatifié le 18 mai 1716 par le pape Clément XI, puis canonisé le 5 avril 1737 par Clément XII, qui promulgua le décret de canonisation.[99][100] Le pape Benoît XIV fixa ensuite sa fête au 16 juin — date gardée par les jésuites de France et le diocèse de Nîmes, tandis qu'elle se célèbre le 2 juillet dans les autres provinces et que le martyrologe romain l'inscrit au 31 décembre.[101][102] Le tableau ci-dessous récapitule les grandes étapes de sa vie et de sa glorification.

ÉtapeDateLieu / acteur
Naissance31 janvier 1597Fontcouverte (Aude)
Noviciat jésuite8 décembre 1616Toulouse
Philosophie1622-1625Tournon
Ordination sacerdotale1631 (certaines notices : 1630)Toulouse
Premières missions1632Montpellier, Velay, Vivarais
Mort en mission31 décembre 1640 (30 selon la Catholic Encyclopedia)La Louvesc (Vivarais)
Béatification18 mai 1716Clément XI
Canonisation5 avril 1737Clément XII
Fête au 16 juin (2 juillet ailleurs ; martyrologe au 31 décembre)XVIIIᵉ s.Benoît XIV

La Louvesc, sanctuaire et basilique

Le tombeau de saint Régis fit de La Louvesc un sanctuaire national. La vieille église reçut en 1888 le titre et les privilèges de basilique.[103][104] Les reliques du saint connurent une histoire mouvementée : dispersées et menacées pendant la Révolution — la tradition rapporte qu'une partie fut jetée à la Loire en 1793 puis récupérée —, elles furent solennellement reconnues et réintégrées au XIXᵉ siècle.[105]

Basilique Saint-Régis de La Louvesc — Le sanctuaire construit autour du tombeau de saint Jean-François Régis. Photo Wikimedia Commons, licence libre, auteur indiqué sur la page source.

Aujourd'hui encore, les pèlerins montent à La Louvesc « de partout, avec une immense confiance dans la puissance de sa prière ».[106] Le sanctuaire demeure un haut lieu de la spiritualité jésuite et vellave.

Thérèse Couderc et le Cénacle

La sainteté de Régis fut féconde au point de susciter d'autres saints. Au début du XIXᵉ siècle, pour accueillir et instruire les femmes et les jeunes filles qui montaient en pèlerinage à La Louvesc, une jeune religieuse, sainte Thérèse Couderc (1805-1885), fonda sur place une congrégation qui deviendra les Religieuses de Notre-Dame du Cénacle.[107][108] Thérèse Couderc fut elle-même canonisée en 1970.

Ainsi, du tombeau de l'apôtre du Vivarais jaillit, deux siècles plus tard, une famille religieuse vouée à la retraite spirituelle et à l'accueil — preuve que la charité de Régis n'avait pas fini de porter du fruit.

Le Curé d'Ars et la postérité du nom Régis

En 1804 (certaines sources disent 1805), un jeune homme du nom de Jean-Marie Vianney vint en pèlerinage prier sur le tombeau de saint Régis à La Louvesc : ce fut, selon la Catholic Encyclopedia, le commencement de sa vocation.[109][110] Devenu le curé d'Ars et l'un des plus grands confesseurs de l'histoire de l'Église, Vianney aurait déclaré sur son lit de mort :

« Tout le bien que j'ai fait, c'est à lui que je le dois. » — saint Jean-Marie Vianney, le curé d'Ars, à propos de saint Jean-François Régis[111]

Le nom de Régis essaima bien au-delà : œuvres de charité, congrégations, et jusqu'aux institutions d'enseignement jésuite qui portent encore son nom à travers le monde. L'« œuvre de Saint-François-Régis » se consacra notamment à aider les pauvres à régulariser leurs unions et leurs mariages, prolongeant la miséricorde du saint envers les plus fragiles.[112]

Patronages et fête

Saint Jean-François Régis est honoré comme patron des dentellières, des travailleurs sociaux et des enfants illégitimes — autant de domaines où s'exerça de son vivant sa charité.[113] Sa fête liturgique est fixée au 16 juin par les jésuites de France et au diocèse de Nîmes, au 2 juillet dans les autres provinces ; le martyrologe romain l'inscrit au 31 décembre, jour de sa mort.[114][115]

Figure éclatante de la Contre-Réforme catholique et compagnon spirituel des grands missionnaires de la Compagnie de Jésus, Jean-François Régis demeure, par-delà les siècles, le témoin que l'Évangile se prêche autant avec les pieds qu'avec les lèvres : en allant, par tous les froids, chercher l'âme là où elle est.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Catholic Encyclopedia (New Advent), « St. John Francis Regis », vol. VIII : newadvent.org. Né le 31 janvier 1597 à Fontcouverte (Aude) ; père Jean, riche marchand anobli pour les guerres de la Ligue, mère Marguerite de Cugunhan, de la noblesse terrienne ; collège jésuite de Béziers à quatorze ans ; noviciat de Toulouse le 8 décembre 1616 (Immaculée Conception) ; rhétorique à Cahors (1618-1619), régence à Billom (1619-1622), philosophie au scolasticat de Tournon (1622-1625), régence au Puy (1625-1627) puis à Auch (1627-1628), théologie à Toulouse (1628-1630) ; ordonné, première messe au temps de la Trinité 1631 ; peste de Toulouse ; missions à partir de 1632 (base Montpellier mai 1632-sept. 1634) ; plus de cinquante districts du Vivarais, du Forez et du Velay ; mot du recteur : « Father Regis has a marvellous talent for the Missions » ; relèvement des femmes exploitées, refuges, agresseurs désarmés par « the brightness of his countenance » ; austérité (lait et fruits, dort par terre), « No, I am as fresh as a rose » ; désir du Canada refusé, choix des « terrible months of winter » ; supérieurs lui font abandonner certains projets, obéissance ; calomnie 72 ans après sa mort, réfutée ; mort à La Louvesc le 30 décembre 1640 (datation propre à cette notice ; le sanctuaire et les notices liturgiques retiennent le 31) ; béatifié le 18 mai 1716 (décret Clément XI) ; canonisé le 5 avril 1737 (Clément XII) ; fête le 16 juin (Benoît XIV) ; foules de pèlerins au tombeau dès la mort et guérisons miraculeuses attribuées par les dévots ; vocation du Curé d'Ars à La Louvesc (1804) ; parole du lit de mort « Everything good that I have done, I owe to him » (de Curley, St. Jean-François Régis, Lyon 1893, p. 371, cité par la notice) ; basilique de La Louvesc (1888) ; Religieuses du Cénacle (Sœurs de Saint-Régis) ; œuvre de Saint-François-Régis pour la régularisation des unions.

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  2. Wikipédia (FR), « Jean-François Régis » : fr.wikipedia.org. Né le 31 janvier 1597 à Fontcouverte ; collège jésuite de Béziers (actuel lycée Henri-IV) ; noviciat de Toulouse en 1616 ; ordonné en 1630-1631 ; surnoms « l'apôtre du Velay et du Vivarais » et « le marcheur de Dieu » ; missions de montagne surtout en hiver pour atteindre les paysans ; refuge pour filles repenties ; défense des dentellières du Puy ; visites d'hôpitaux et de prisons ; « œuvre du Bouillon » ; rêve d'évangéliser la Nouvelle-France, retenu en France par ses supérieurs ; mort le 31 décembre 1640 d'une pneumonie contractée dans les tempêtes de neige, après des heures dans l'église glaciale de décembre ; reliques menacées à la Révolution (jetées à la Loire en 1793 selon la tradition, puis récupérées et reconnues).

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  3. Jésuites de la Province d'Europe occidentale francophone, « Découvrir Lalouvesc et saint Jean-François Régis » : jesuites.com. Présentation du « marcheur de Dieu », missionnaire des montagnes du Velay et du Vivarais, et du sanctuaire jésuite de Lalouvesc ; arrivée à Lalouvesc pour Noël 1640 avec le frère Bideau, pneumonie, mort le 31 décembre 1640.

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  4. Réflexion chrétienne, « Saint Jean François Régis, Jésuite — apôtre du Vivarais (1597-1640), fête le 31 décembre » : reflexionchretienne.fr. Spiritualité centrée sur l'Eucharistie (« son amour de l'Eucharistie n'a pu être dépassé par aucune autre orientation spirituelle ») et la prière nocturne, tenue pour « le secret de sa fécondité » ; reste à jeun au confessionnal jusqu'au soir ; « les personnes de qualité ne manqueront pas de confesseurs ; mon partage, ce sont les brebis abandonnées » ; fondateur de confréries du Saint-Sacrement et de l'« œuvre du Bouillon » ; défense des dentellières (jusqu'à ~40 000 ouvrières) ; grenier de blé pour les pauvres en temps de famine ; « père des pauvres » ; mort le 31 décembre 1640, « Seigneur, je remets mon esprit », à 43 ans et 11 mois.

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  5. Sanctuaire de La Louvesc, « Saint Régis » : saintregislalouvesc.org. Né le 31 janvier 1597 à Fontcouverte, mort le 31 décembre 1640 à La Louvesc à 43 ans ; dernières paroles : « Ah, mon frère, je vois Notre Seigneur et Notre Dame qui m'ouvrent le Paradis » ; La Louvesc devient lieu de pèlerinage dès les funérailles (2 janvier 1641) ; sainte Thérèse Couderc (1805-1885) y fonde une congrégation pour accueillir et instruire les pèlerines, à l'origine des Religieuses de Notre-Dame du Cénacle (canonisée en 1970).

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  6. Nominis (Église catholique en France), « Saint Jean François Régis » : nominis.cef.fr. Né en 1597 dans l'ancien diocèse de Narbonne, à Fontcouverte (Aude) ; entré très tôt dans la Compagnie de Jésus à Béziers, envoyé au Puy ; l'un des plus grands prédicateurs du XVIIᵉ siècle à travers le Velay, le Vivarais et le Forez, régions marquées par les guerres de Religion ; ordonné prêtre le 16 juin 1630 ; qualifié de « dur avec lui-même, doux avec les autres » ; « père des pauvres » ; mort épuisé de fatigue et de froid en mission à La Louvesc le 31 décembre 1640 ; fête le 16 juin (jésuites de France, diocèse de Nîmes) ou le 2 juillet (autres provinces) ; inscrit au martyrologe romain au 31 décembre.

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  7. Diocèse de Viviers (Ardèche), notice « Saint Jean-François Régis » : ardeche.catholique.fr. Né le 31 janvier 1597 à Fontcouverte, entre Narbonne et Carcassonne, second de quatre fils ; collège jésuite de Béziers puis noviciat de Toulouse à dix-neuf ans ; missions à travers Auch, Cahors, Tournon, Le Puy et Aubenas, en particulier dans les zones rurales et montagnardes ; fondation de l'« œuvre du Bouillon » au Puy-en-Velay vers ses quarante ans, ouverture d'un refuge pour jeunes femmes, défense de la dentelle ; mort le 31 décembre 1640 en pleine mission de Noël à La Louvesc ; tombeau devenu lieu de pèlerinage, Religieuses du Cénacle fondées sur place par sainte Thérèse Couderc ; une paroisse des cantons de Satillieu et Saint-Félicien porte aujourd'hui son nom.

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  8. The Jesuits, province d'Asie du Sud-Est, « December 12th: St. John Francis Regis, SJ » : jesuit.org.sg. Collège jésuite de 1611 à 1616 puis noviciat de Toulouse ; ordonné le 19 mai 1630 (datation divergente) ; missionnaire itinérant d'abord à Pamiers, puis à Montpellier (huit ans) et dans le diocèse de Viviers (six ans) ; à Lalouvesc, froid entrant par une fenêtre brisée au-dessus de son confessionnal, diagnostic de pneumonie ; dernières paroles rapportées en anglais : « I see our Lord and our Lady opening the gates of Paradise for me » ; basilique construite sur son tombeau, devenue un grand lieu de pèlerinage français.

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  9. Franciscan Media, « Saint John Francis Regis » : franciscanmedia.org. Entré chez les jésuites à dix-huit ans ; prédication directe et sans emphase, efficace sur des auditoires très divers ; priorité donnée aux pauvres par le confessionnal, la messe et les visites de prisons et d'hôpitaux ; ministère mené notamment à Montpellier, Privas et Le Puy ; dix dernières années consacrées aux missions et aux œuvres sociales ; mort le 30 décembre 1640 (datation divergente), dernières paroles rapportées : « Entre tes mains je remets mon esprit » ; canonisé en 1737.

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  10. Diocèse de Carcassonne et Narbonne (Aude), « Saint Jean-François Régis » : aude.catholique.fr. Né le 31 janvier 1597 à Fontcouverte, village des Corbières ; stature robuste, environ 1,90 m, capable de parcourir jusqu'à quarante kilomètres par jour dans ses tournées ; noviciat jésuite de Toulouse à dix-neuf ans ; première messe à la Trinité 1630 ; après ses derniers vœux en 1633, affecté aux Cévennes, au Velay et au Vivarais, qu'un supérieur qualifia de « ton Canada » ; « marcheur de Dieu » pendant huit ans, fondateur de l'œuvre du Bouillon et de l'œuvre du Refuge, patron des dentellières ; mort le 31 décembre 1640, fête le 16 juin.

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  11. Alban Butler, Vies des saints (Lives of the Saints, édition révisée), 16 juin, « St. John Francis Regis » : ecatholic2000.com. « In his works of mercy God often helped him by miracles » ; seconde mission à Marthes en novembre 1637 : chute sur un raidillon, jambe brisée, six milles encore parcourus avec l'aide de son compagnon, confessionnal préféré au chirurgien, fracture trouvée miraculeusement guérie (« the fracture was found to be miraculously healed ») ; réponse au pécheur qui l'avait frappé : « If you only knew me, you would give me much more than that ».

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  12. Sanctoral.com, « Saint John Francis Regis, Jesuit missionary » : sanctoral.com. Entré dans la Compagnie de Jésus à Toulouse à dix-neuf ans (1616), surnommé « l'ange du collège » par ses condisciples ; ordonné prêtre en 1630 ; service des pestiférés de Toulouse puis des pauvres de sa ville natale avant l'affectation aux missions ; fondation d'associations de laïcs pour l'aide aux prisonnières et de confréries du Saint-Sacrement ; épisode d'une jambe brisée sur un chemin de montagne gelé en route pour Marthes en novembre 1637, guérie sans soin médical pendant qu'il confessait ; réponse à un pécheur qui l'avait frappé : « If you only knew me, you would give me much more than that » ; mort de pleurésie après douze années de labeur missionnaire, à quarante-quatre ans ; canonisé par Clément XII en 1737.

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  13. Wikipedia (EN), « John Francis Regis » : en.wikipedia.org. Born 31 January 1597 at Fontcouverte ; Jesuit ; established safe houses and found employment for at-risk women and orphans ; founded the « Confraternity of the Blessed Sacrament » for charitable collections ; established hostels for prostitutes and trained them as lacemakers ; preaching « simple and direct », appealing to the uneducated peasantry, numerous conversions ; died of pneumonia aged forty-three on 31 December 1640 at Lalouvesc ; beatified by Clement XI on 18 May 1716 ; canonized by Clement XII on 5 April 1737 ; patron saint of lacemakers, medical social workers, and illegitimate children ; the 1804 visit of Jean-Baptiste Vianney (the Curé of Ars) to his remains was the beginning of his vocation.

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  14. Encyclopedia.com (notices biographiques compilées), « Regis, John Francis, St. » : encyclopedia.com. Confirme la naissance le 31 janvier 1597 à Fontcouverte et la mort le 31 décembre 1640 à La Louvesc ; collège jésuite de Béziers à quatorze ans, entrée dans la Compagnie le 8 décembre 1616, ordination à Toulouse en 1631 ; ministère auprès des huguenots, des hôpitaux, des prisons et des femmes en difficulté à Montpellier, Privas et Le Puy ; guérisons attribuées à son vivant ; situe vers 1712 le faux rapport prétendant son renvoi de la Compagnie, démenti par une enquête pontificale ; influence sur la vocation de Jean-Baptiste Vianney ; béatifié le 18 mai 1716, canonisé le 5 avril 1737.

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