Saint Ignace de Loyola (Loyola, 1491 – Rome, 1556), né Íñigo López de Loyola, est l'un des saints qui ont le plus marqué l'histoire de l'Église moderne. Gentilhomme basque, courtisan et homme d'armes, il était promis à une carrière de soldat lorsqu'un boulet de canon lui brisa la jambe au siège de Pampelune, le 20 mai 1521.[1][2] Cette blessure, qui ruina ses rêves de gloire militaire, fut le commencement d'une conversion qui allait faire de lui un pèlerin, un mystique et le fondateur de la Compagnie de Jésus.
De sa longue convalescence naquit une découverte spirituelle d'une portée immense : en observant les mouvements intérieurs que laissaient en lui ses lectures et ses rêveries, Íñigo apprit à distinguer ce qui vient de Dieu de ce qui en éloigne. Cette intuition, mûrie dans la solitude de Manrèse, devint le cœur de son livre le plus célèbre, les Exercices spirituels, et d'un art spirituel qui porte aujourd'hui son nom : le discernement des esprits.[3][4]
Béatifié par Paul V en 1609, canonisé par Grégoire XV le 12 mars 1622 — le même jour que François Xavier, Thérèse d'Avila, Philippe Néri et Isidore le Laboureur —, Ignace a laissé à l'Église un ordre religieux, une méthode de prière et une devise restée célèbre : Ad maiorem Dei gloriam, « pour la plus grande gloire de Dieu ».[5][6] Cet article retrace l'homme et le saint ; la fondation et l'histoire de l'ordre qu'il a créé sont traitées à part dans La fondation de la Compagnie de Jésus.
Le gentilhomme basque (1491-1521)
Naissance à Loyola
Íñigo López de Loyola naît en 1491 — l'année exacte reste incertaine — au château de Loyola, près d'Azpeitia, dans la province basque de Guipúzcoa.[7][8] Ses premiers biographes, Juan de Polanco et Pedro de Ribadeneira, hésitaient entre 1491, 1493 et 1495 — le registre baptismal d'Azpeitia ne commençant qu'en 1537 — ; la tradition a retenu 1491.[9] Il est le dernier d'une famille nombreuse de la petite noblesse basque, les Oñaz y Loyola. Baptisé du nom basque d'Íñigo (forme d'Eneko), il ne prendra le nom latinisé d'Ignace (Ignatius) que bien plus tard, à Paris, pendant ses études — par dévotion envers saint Ignace d'Antioche, à ce qu'il confia lui-même à François Borgia.[10]
Íñigo, courtisan et homme d'armes
Orphelin de mère très tôt, le jeune Íñigo est envoyé vers 1506 à Arévalo, dans la maison de Juan Velázquez de Cuéllar, grand trésorier de Castille, où il reçoit l'éducation d'un gentilhomme de cour.[11][12] Il y goûte les armes, les fêtes, les intrigues et la lecture des romans de chevalerie — l'Amadis de Gaule et les récits courtois qui nourrissaient l'imagination des jeunes nobles. Lui-même décrira plus tard, dans son Récit du pèlerin, cet homme « adonné aux vanités du monde », avide surtout de gloire et d'honneur militaire.[13]
Vers 1517, après la disgrâce de son protecteur, Íñigo entre au service du duc de Nájera, vice-roi de Navarre, comme gentilhomme d'armes.[14] C'est dans ce service qu'il connaîtra l'événement qui va briser sa vie d'avant.
Le boulet de Pampelune (20 mai 1521)
Le 20 mai 1521, les troupes françaises assiègent la citadelle de Pampelune, capitale de la Navarre. La garnison espagnole, très inférieure en nombre, songe à se rendre ; Íñigo, par point d'honneur, pousse à la résistance. Pendant l'assaut, un boulet de canon lui fracasse la jambe droite et blesse l'autre.[15][16] La place tombe aussitôt.
Traité avec égards par les Français, il est ramené sur une civière jusqu'au château de Loyola. Là, les os mal ressoudés forment une protubérance disgracieuse ; par souci d'élégance — pour pouvoir encore porter le collant des courtisans —, Íñigo fait de nouveau briser et remettre sa jambe, puis scier un bout d'os qui saillait, tandis qu'on étire à l'aide de poids le membre raccourci par un mauvais reboutement — le tout sans anesthésie. Il en gardera toute sa vie une claudication.[17] Cette vanité héroïque, qui le cloue des mois sur un lit, va devenir l'instrument de sa conversion.
La conversion d'un soldat (1521-1523)
Le lit de convalescence : deux livres pour rien
Immobilisé de longs mois, Íñigo réclame des romans de chevalerie pour tromper l'ennui. Il n'y en a pas au château. On ne lui apporte que deux livres pieux : la Vita Christi (Vie du Christ) de Ludolphe le Chartreux, et une Légende dorée (Flos Sanctorum) — le recueil de vies de saints de Jacques de Voragine.[18][19] Faute de mieux, il les lit.
Et quelque chose se passe. En rêvant tour à tour de prouesses chevaleresques pour conquérir une grande dame, et d'exploits spirituels à la manière de saint François ou de saint Dominique, Íñigo remarque une différence dans ce que ces rêveries laissent en lui :
« Quand il pensait aux choses du monde, il y prenait grand plaisir ; mais lorsque, par lassitude, il les laissait, il se trouvait sec et mécontent. Au contraire, quand il pensait à aller à Jérusalem nu-pieds […], non seulement il était consolé tant qu'il y pensait, mais après les avoir quittées, il restait content et joyeux. » — Saint Ignace, Récit du pèlerin, n° 8[20]
La naissance du discernement des esprits
Cette observation — apparemment minuscule — est l'une des plus fécondes de l'histoire de la spiritualité. Íñigo comprend peu à peu que ces mouvements intérieurs ne sont pas neutres : les uns, qui laissent une joie durable, viennent du bon esprit ; les autres, qui laissent un vide amer, viennent d'ailleurs.[21][22] Il vient de découvrir, par l'expérience, ce qu'il appellera plus tard le discernement des esprits — distinction entre consolation et désolation — qui formera les règles les plus précieuses des Exercices spirituels.
Ce thème, central dans la spiritualité ignatienne, est développé pour lui-même dans Qu'est-ce que le discernement des esprits ?. Ici, il suffit de retenir que toute la sainteté d'Ignace est sortie de cette attention au cœur, apprise sur un lit de douleur.
Montserrat : la veillée d'armes (mars 1522)
Guéri mais transformé, Íñigo quitte Loyola au début de 1522, décidé à se faire pèlerin de Jérusalem. Il s'arrête au sanctuaire bénédictin de Montserrat, en Catalogne. Là, devant la statue de la Vierge noire, il accomplit un geste lourd de sens pour un ancien soldat : après une confession générale de trois jours, il passe la nuit du 24 au 25 mars 1522 en veillée d'armes, à la manière des chevaliers — mais pour offrir sa vie à Dieu.[23][24] Au matin, il dépose son épée et son poignard devant l'autel de Marie ; dès la veille au soir, il avait donné ses riches habits à un mendiant et revêtu l'habit de pèlerin — une toile grossière achetée auparavant dans un village voisin —, et il part.[25]
Manrèse : la nuit et la lumière du Cardoner (1522-1523)
Tout près de Montserrat, dans la petite ville de Manrèse, Íñigo s'arrête pour quelques jours — il y restera presque un an (1522-1523). Ce séjour est le creuset de toute sa spiritualité.[26][27] Il y mène une vie de pénitence extrême : il mendie, jeûne, laisse pousser ses cheveux et ses ongles, prie sept heures par jour.
Il y traverse aussi une terrible épreuve intérieure : des scrupules obsédants sur ses péchés passés le poussent presque au désespoir, jusqu'à la tentation du suicide. C'est en surmontant cette nuit qu'il affine sa science des esprits. Puis vient l'illumination décisive. Un jour, assis au bord du fleuve Cardoner, il reçoit une grâce de lumière si grande que, dira-t-il, il y apprit plus en une seule fois qu'en tout le reste de sa vie :
« Les yeux de son entendement commencèrent à s'ouvrir : non qu'il vît quelque vision, mais il comprit et connut beaucoup de choses, tant spirituelles que touchant la foi […]. Et cela avec une si grande clarté que toutes ces choses lui parurent nouvelles. » — Saint Ignace, Récit du pèlerin, n° 30[28]
C'est à Manrèse, nourri de cette expérience, qu'Íñigo commence à rédiger les notes qui deviendront les Exercices spirituels.[29][30]
Le pèlerin et l'étudiant (1523-1535)
Jérusalem (1523)
Fidèle à son projet, Íñigo s'embarque à Barcelone au printemps 1523 et gagne, par Rome et Venise, la Terre sainte. Il arrive à Jérusalem en septembre 1523, brûlant d'y demeurer pour convertir les musulmans. Mais le provincial franciscain de Terre sainte — seul habilité par le Saint-Siège à retenir les pèlerins, sous peine d'excommunication —, après un premier accueil réservé du gardien du couvent, lui ordonne de repartir avec le convoi.[31][32][33] Íñigo obéit — première grande leçon d'obéissance d'un homme qui rêvait d'héroïsme solitaire.
De Barcelone à Salamanque : l'épreuve de l'Inquisition
De retour en Espagne, Íñigo fait une découverte humiliante pour un gentilhomme de trente-trois ans : pour aider les âmes, il lui faut étudier. Il se met donc à apprendre le latin sur les bancs de l'école, à Barcelone, parmi les enfants.[34] Puis il étudie à Alcalá (1526) et à Salamanque (1527).
Partout, il rassemble des compagnons et donne déjà des bribes d'Exercices spirituels — ce qui attire sur lui l'attention de l'Inquisition. Soupçonné de ressembler aux alumbrados (illuminés), il est interrogé et brièvement emprisonné à plusieurs reprises ; à chaque fois, sa doctrine est reconnue exempte d'erreur. Mais les sentences restreignent son apostolat : à Alcalá, il doit prendre l'habit des autres étudiants et s'abstenir de prêcher les vérités de la foi ; à Salamanque (Récit, n° 70), innocenté sur sa vie comme sur sa doctrine et autorisé à enseigner le catéchisme, il lui est seulement interdit de trancher entre péché mortel et péché véniel — dans les deux cas jusqu'à quatre années d'études accomplies.[35][36][37] Comprenant qu'il n'avancera pas en Espagne, il décide de gagner Paris.
Paris : Sainte-Barbe, Xavier et Favre
En février 1528, Íñigo entre à l'université de Paris, alors la plus prestigieuse d'Europe. Il y reprend tout à la base, au collège Montaigu, puis au collège Sainte-Barbe, et y obtient le grade de maître ès arts le 14 mars 1535 — après la licence de théologie en 1534 ; le doctorat, la maladie le chassant de Paris en mars 1535, il ne le fera jamais.[38][39] C'est aussi à Paris qu'il commence à se faire appeler Ignace.
Surtout, il y rencontre les hommes qui formeront le noyau de son œuvre. Il partage sa chambre de Sainte-Barbe avec deux étudiants qu'il gagne lentement à Dieu en leur faisant faire les Exercices : un jeune noble navarrais brillant et ambitieux, François Xavier, et un Savoyard d'une grande douceur, Pierre Favre — ordonné prêtre en mai 1534, il célébrera la messe des vœux de Montmartre.[40] Autour d'eux se rassemblent Diego Laínez, Alonso Salmerón, Nicolás Bobadilla et Simão Rodrigues.
Les vœux de Montmartre (15 août 1534)
Le 15 août 1534, fête de l'Assomption, Ignace et ses six premiers compagnons se réunissent dans une chapelle de Montmartre — le sanctuaire du martyre de saint Denis. Là, pendant la messe célébrée par Favre, le seul prêtre du groupe, ils prononcent des vœux de pauvreté et de chasteté, et font le vœu d'aller en pèlerinage à Jérusalem ; à défaut, de se mettre à la disposition du pape.[41][42]
Ce petit groupe d'« amis dans le Seigneur » n'est pas encore un ordre religieux. Mais le germe de la Compagnie de Jésus est planté.
De La Storta à la Compagnie de Jésus
Ordination et l'attente (1537-1538)
La guerre entre Venise et les Turcs rend le voyage à Jérusalem impossible. Ignace et les compagnons non encore prêtres — Xavier, Laínez, Rodrigues, Bobadilla, Codure et Le Jay — sont ordonnés prêtres à Venise le 24 juin 1537 ; Salmerón, encore trop jeune, le sera ultérieurement, tandis que Favre, Broët et Hoces l'étaient déjà. Ils attendent ensuite une année entière qu'un passage s'ouvre — il ne s'ouvrira jamais.[43] Fidèles à leur vœu de réserve, ils se tournent alors vers Rome pour se mettre à la disposition du pape. Ignace, lui, retarde sa première messe : il la célébrera seulement à Noël 1538, à la basilique Sainte-Marie-Majeure, dans la chapelle de la Crèche.[44]
La Storta : « Je vous serai favorable à Rome »
Sur la route de Rome, à l'automne 1537, en priant dans une chapelle de La Storta (à quelques lieues de la Ville), Ignace reçoit une vision décisive. Il voit le Père le placer auprès de son Fils portant sa croix, et entend une parole qui le bouleverse et l'oriente définitivement vers Rome :
« Je vous serai favorable à Rome. » (Ego ero vobis Romae propitius) — Parole reçue par Ignace à La Storta, rapportée par son compagnon Diego Laínez dans son allocution de 1559[45]
Ignace comprendra que cette faveur promise n'excluait pas l'épreuve : la croix portée par le Christ annonçait aussi la sienne. Cette vision scelle la décision de mettre le groupe au service direct du Successeur de Pierre.[46]
L'approbation de la Compagnie (1540)
À Rome, devant le pape Paul III, les compagnons délibèrent sur leur avenir : faut-il rester un groupe dispersé, ou se constituer en ordre religieux ? Ils choisissent de fonder une compagnie nouvelle, marquée par un quatrième vœu d'obéissance au pape pour les missions. Après examen, Paul III l'approuve par la bulle Regimini militantis Ecclesiae, le 27 septembre 1540.[47][48] La Compagnie de Jésus est née.
Le récit détaillé de cette fondation, de ses débuts et de son expansion est traité dans l'article dédié La fondation de la Compagnie de Jésus ; les grandes missions qui en sortirent — Inde, Japon, Chine, Amérique — sont évoquées dans Les missions jésuites au Japon.
Le général malgré lui (1541-1556)
En avril 1541, les premiers compagnons élisent Ignace Supérieur général. Il refuse d'abord, par humilité ; réélu à l'unanimité et pressé par son confesseur, il accepte enfin.[49] Il fera profession solennelle à la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs.
Pendant quinze ans, l'ancien soldat se révèle un gouvernant et un organisateur de génie. De sa chambre romaine, il dirige par une correspondance immense — près de 7 000 lettres conservées, le plus grand corpus épistolaire du XVIᵉ siècle — un ordre qui passe de dix hommes à un millier à sa mort.[50][51] Il rédige patiemment les Constitutions de la Compagnie, fonde le Collège romain (futur université Grégorienne) et le Collège germanique, multiplie les collèges à travers l'Europe et envoie ses fils jusqu'aux extrémités du monde.
La mort (31 juillet 1556)
Usé par les pénitences de sa jeunesse, les maladies et le labeur, Ignace meurt à Rome le 31 juillet 1556, presque seul, sans les derniers sacrements qu'on tardait à lui apporter, croyant le danger moins proche.[52] Son corps repose aujourd'hui dans l'église du Gesù, à Rome, sous un autel monumental.[53]
Les Exercices spirituels : le chef-d'œuvre d'Ignace
Un petit livre qui change des vies
Le livre des Exercices spirituels n'est pas un traité à lire : c'est un manuel pratique destiné à celui qui accompagne une retraite. Né des notes de Manrèse, mûri pendant vingt ans, il propose un parcours d'environ quatre semaines où le retraitant, par la prière, la méditation de la vie du Christ et l'examen de sa propre vie, cherche à se libérer de ses attachements désordonnés pour découvrir et choisir la volonté de Dieu sur lui.[54][55] Approuvé par Paul III en 1548, ce mince volume est devenu l'un des textes spirituels les plus influents de l'histoire de l'Église.
Le Principe et Fondement
Tout l'édifice repose sur une première méditation, le Principe et Fondement (n° 23), qui pose le sens de l'existence humaine avec une sobriété toute militaire :
« L'homme est créé pour louer, honorer et servir Dieu, notre Seigneur, et, par ce moyen, sauver son âme. Et les autres choses sur la terre sont créées pour l'homme, afin de l'aider à poursuivre la fin pour laquelle il est créé. » — Saint Ignace, Exercices spirituels, n° 23[56]
De ce principe découle la fameuse « indifférence » ignatienne : l'homme doit user des créatures « autant qu'elles le conduisent vers sa fin, et s'en dégager autant qu'elles l'en détournent » — ce tantum quantum (« autant que ») qui n'est pas froideur, mais liberté du cœur pour mieux choisir Dieu.[57][58]
Le discernement des esprits
Au cœur des Exercices se trouvent les règles du discernement des esprits (n° 313-336) : comment reconnaître, dans le va-et-vient des consolations et des désolations, ce qui vient de Dieu, ce qui vient de l'ennemi, et comment se conduire dans l'un et l'autre cas.[59][60] Ignace y formule une règle d'or restée célèbre — ne jamais changer, en temps de désolation, les résolutions prises auparavant dans de bonnes dispositions :
« En temps de désolation, il ne faut jamais faire de changement, mais demeurer ferme et constant dans les résolutions où l'on était le jour qui a précédé cette désolation. » — Saint Ignace, Exercices spirituels, règle 5 de la première semaine (n° 318)[61]
Il enseigne aussi l'agere contra — « agir contre » l'inclination mauvaise — et invite, contre la lâcheté de la désolation, non à changer de cap mais à changer de conduite : plus de prière, de méditation, d'examen et de pénitence (règle 6, n° 319).[62][63]
Le Suscipe : l'offrande de toute liberté
Le sommet des Exercices, la Contemplation pour parvenir à l'amour (n° 230-237), s'ouvre sur la prière la plus célèbre d'Ignace, le Suscipe (« Prends, Seigneur ») : c'est son premier point (n° 234) — l'offrande de toute liberté en réponse aux bienfaits reçus — avant la contemplation de Dieu présent (n° 235) et agissant (n° 236) en toutes créatures, jusqu'au colloque final (n° 237). Elle résume tout son chemin, du soldat avide d'honneurs à l'homme totalement remis à Dieu :
« Prends, Seigneur, et reçois toute ma liberté, ma mémoire, mon intelligence et toute ma volonté, tout ce que j'ai et possède. Tu me l'as donné : à Toi, Seigneur, je le rends. Tout est tien ; disposes-en selon ta pleine volonté. Donne-moi ton amour et ta grâce : cela me suffit. » — Saint Ignace, Exercices spirituels, n° 234[64]
La spiritualité ignatienne
Ad maiorem Dei gloriam
Toute la vie d'Ignace tient dans une formule devenue la devise des jésuites : Ad maiorem Dei gloriam — « pour la plus grande gloire de Dieu », souvent abrégée AMDG.[65] Ce n'est pas un slogan, mais une boussole : en tout choix, chercher non le bien seulement, mais le plus grand bien pour la gloire de Dieu et le service des âmes. De là vient le magis ignatien (« davantage ») — non l'activisme, mais le désir d'aimer et de servir toujours plus.[66][67]
Trouver Dieu en toutes choses
La spiritualité d'Ignace n'est pas faite pour le cloître seul : elle veut unir la prière et l'action. Son collaborateur Jérôme Nadal (1507-1580), interprète de sa spiritualité, a forgé pour le décrire une expression restée la signature de l'esprit jésuite — « contemplatif dans l'action » :
« En tout ce qu'il faisait, en toute occasion, il contemplait la présence de Dieu et goûtait les choses spirituelles ; il était contemplatif dans l'action même — ce qu'il avait coutume d'exprimer en disant : il faut trouver Dieu en toutes choses. » — Jérôme Nadal, à propos de saint Ignace[68]
Trouver Dieu en toutes choses : cette formule résume l'apport ignatien à la spiritualité catholique. Le travail, l'étude, le gouvernement, le voyage missionnaire ne sont pas des obstacles à l'union à Dieu, mais des lieux où Le rencontrer.
Sentir avec l'Église
Homme de la Réforme catholique, Ignace a voulu former des chrétiens profondément enracinés dans l'Église au moment même où la chrétienté se déchirait — voir La Réforme protestante. Les Exercices se terminent par les Règles pour avoir le vrai sens de l'Église (n° 352-370), où il invite à penser, juger et sentir avec l'Église militante, jusque dans une obéissance qui frappe par sa radicalité :
« Pour être sûrs en tout, nous devons toujours tenir ceci : ce que je vois blanc, je le crois noir, si l'Église hiérarchique le décide ainsi. » — Saint Ignace, Exercices spirituels, règle 13 « pour sentir avec l'Église » (n° 365)[69]
Cette formule provocante n'est pas un éloge de l'aveuglement : elle exprime la confiance d'un homme convaincu que le même Esprit qui le conduisait intérieurement gouvernait aussi l'Église, et qu'on ne pouvait opposer l'un à l'autre.[70]
« Allez, embrasez le monde »
La tradition jésuite attribue à Ignace, envoyant ses fils en mission, une exhortation enflammée : Ite, inflammate omnia — « Allez, embrasez tout ». La formule, souvent rattachée à l'envoi de François Xavier aux Indes, est sous cette forme brève et avec ce rattachement un mot de tradition, non une parole historiquement attestée d'Ignace à Xavier. Mais l'esprit en est authentiquement ignatien : l'historien Georg Schurhammer signale le témoignage du P. Olivier Manare, qui connut personnellement Ignace, lui attribuant une exhortation voisine — Itote, omnia accendite et inflammate (« Allez, embrasez et enflammez tout »).[71] Elle n'en exprime pas moins, avec justesse, le souffle apostolique qui anima toute sa vie.
Les écrits de saint Ignace
Au-delà des Exercices, Ignace a laissé plusieurs textes essentiels qui permettent de connaître l'homme de l'intérieur. Le tableau ci-dessous les récapitule :
| Écrit | Nature | Date | Intérêt |
|---|---|---|---|
| Exercices spirituels | Manuel de retraite | 1522-1548 | Le cœur de la spiritualité ignatienne |
| Récit du pèlerin (Autobiographie) | Récit dicté | 1553-1555 | Sa conversion racontée à la troisième personne |
| Journal spirituel | Notes mystiques | 1544-1545 | Larmes, messes, discernement sur la pauvreté |
| Constitutions | Règle de l'ordre | 1547-1556 | Le gouvernement de la Compagnie |
| Lettres (env. 7 000) | Correspondance | 1518-1556 | Direction, gouvernement, missions |
Le Récit du pèlerin (ou Autobiographie, Acta) est particulièrement précieux : pressé par ses compagnons, Ignace y a dicté ses souvenirs — de sa conversion en 1521 à son arrivée à Rome — à Luís Gonçalves da Câmara, entre 1553 et 1555. Par humilité, il parle de lui à la troisième personne, comme « le pèlerin ».[72] Le Journal spirituel (1544-1545), notes intimes échappées à la destruction, dévoile un mystique aux larmes abondantes, attentif au moindre signe de la volonté divine jusque dans la rédaction des Constitutions.[73]
Culte, béatification et canonisation
Béatification (1609) et canonisation (1622)
La réputation de sainteté d'Ignace fut immédiate. Il fut béatifié par le pape Paul V le 27 juillet 1609, puis canonisé par Grégoire XV le 12 mars 1622.[74][75] Ce 12 mars 1622 est resté célèbre comme l'une des plus grandes journées de l'histoire des canonisations : le même jour, Grégoire XV inscrivit au catalogue des saints cinq géants de la sainteté espagnole et italienne du siècle.
| Saint canonisé le 12 mars 1622 | Identité | Lien |
|---|---|---|
| Ignace de Loyola | Fondateur des jésuites | — |
| François Xavier | Apôtre des Indes et du Japon | → |
| Thérèse d'Avila | Réformatrice du Carmel, docteur | — |
| Philippe Néri | Fondateur de l'Oratoire, « apôtre de Rome » | — |
| Isidore le Laboureur | Patron de Madrid et des agriculteurs | — |
Patron des Exercices spirituels (1922)
Trois siècles plus tard, le pape Pie XI — lui-même grand promoteur de la retraite — voulut consacrer ce qui restait le don le plus universel d'Ignace à l'Église. Par la constitution apostolique Summorum Pontificum (1922), il proclama saint Ignace patron céleste de tous les Exercices spirituels et des retraites, et de tout ce qui aide à les faire.[76] La même année, par la lettre apostolique Meditantibus Nobis, il célébra conjointement Ignace et François Xavier.[77]
Fête, reliques et patronages
La fête de saint Ignace est fixée au 31 juillet, jour de sa mort.[78] Ses reliques sont vénérées à l'église du Gesù, à Rome, église mère des jésuites. Au-delà des Exercices, la piété l'a fait patron des soldats, des éducateurs et de nombreux diocèses et institutions ; son nom est porté par d'innombrables collèges, universités et paroisses à travers le monde.
Que retenir de saint Ignace de Loyola ?
Saint Ignace de Loyola appartient à cette famille de saints que Dieu a saisis en plein élan d'orgueil pour les retourner. Il rêvait de gloire militaire ; un boulet de canon a fait de lui un pèlerin. Il voulait être le premier à la cour ; il est devenu le serviteur des âmes. Sa vie illustre, mieux qu'un traité, ce qu'il enseignait : Dieu se sert même de nos blessures et de nos défaites pour nous conduire à Lui.
Son génie propre fut de donner une méthode à la vie intérieure. Là où d'autres laissaient la prière à l'inspiration, Ignace a forgé un art du discernement, un chemin de liberté par l'indifférence, une manière de trouver Dieu en toutes choses sans fuir le monde. C'est pourquoi, près de cinq siècles après sa mort, sa spiritualité reste vivante bien au-delà des jésuites : tout chrétien qui apprend à relire ses désirs, à distinguer consolation et désolation, à offrir au Seigneur « toute sa liberté », est un héritier du pèlerin de Loyola.
« Il y a peu d'hommes qui se rendent compte de ce que Dieu ferait d'eux s'ils s'abandonnaient entièrement entre ses mains. » — Saint Ignace, lettre à Ascanio Colonna (1543)[79]
Pour aller plus loin
- La fondation de la Compagnie de Jésus (1521-1556) — l'histoire institutionnelle de l'ordre fondé par Ignace, ses débuts et son organisation.
- Saint François Xavier (1506-1552) — le premier compagnon d'Ignace, apôtre des Indes et du Japon, canonisé avec lui en 1622.
- Qu'est-ce que le discernement des esprits ? — l'art spirituel né de la conversion d'Ignace, au cœur des Exercices.
- Les missions jésuites au Japon (1549-1644) — l'élan missionnaire issu de la Compagnie de Jésus.
- La Réforme protestante (1517-1555) — le contexte de crise dans lequel Ignace fonda son ordre au service de l'Église.
- Saint Thomas More (1478-1535) et Saint François de Paule (1416-1507) — d'autres figures de sainteté de la même période.
Notes et références
Wikipédia (FR), article « Ignace de Loyola » (consulté en juin 2026) : né en 1491 (année incertaine : hésitation de Polanco et Ribadeneira entre 1491, 1493 et 1495, registre baptismal d'Azpeitia postérieur ; Catholic Encyclopedia : « Born in 1491 », d'après Astráin) au château de Loyola à Azpeitia (Guipúzcoa) ; nom basque Íñigo López de Loyola, latinisé en Ignace à Paris pendant ses études (dévotion à saint Ignace d'Antioche, selon son propos rapporté à François Borgia) ; éducation à Arévalo chez Juan Velázquez de Cuéllar, puis service du duc de Nájera ; blessure de Pampelune le 20 mai 1521 ; convalescence et lectures (Vita Christi de Ludolphe le Chartreux, Légende dorée de Jacques de Voragine) ; Montserrat (mars 1522, veillée d'armes, dépôt de l'épée) ; Manrèse (1522-1523, scrupules, illumination du Cardoner, début des Exercices) ; pèlerinage à Jérusalem (1523) ; études à Barcelone, Alcalá, Salamanque (démêlés avec l'Inquisition), Paris (1528-1535, collèges Montaigu puis Sainte-Barbe, maître ès arts le 14 mars 1535, licence de théologie en 1534 — Catholic Encyclopedia, newadvent.org/cathen/07639c.htm) ; rencontre de François Xavier et Pierre Favre (ordonné prêtre en mai 1534) ; vœux de Montmartre le 15 août 1534 ; ordination à Venise le 24 juin 1537 (Ignace, Xavier, Laínez, Rodrigues, Bobadilla, Codure et Le Jay) ; première messe à Rome (Noël 1538, Sainte-Marie-Majeure) ; approbation de la Compagnie par Paul III (Regimini militantis Ecclesiae, 27 septembre 1540) ; élu Supérieur général (1541) ; rédaction des Constitutions, env. 7 000 lettres (première conservée 1518, dernière la veille de sa mort — Portal to Jesuit Studies, Boston College, d'après l'édition Institute of Jesuit Sources), fondation du Collège romain ; mort à Rome le 31 juillet 1556 ; inhumé à l'église du Gesù ; Journal spirituel (1544-1545) ; fête le 31 juillet.
1 7 9 10 11 14 15 17 18 23 26 29 32 34 36 38 40 41 43 44 47 49 50 52 53 73 78Encyclopædia Britannica, « St. Ignatius of Loyola, Spanish priest and theologian » : biographie générale — naissance à Loyola, jeunesse de courtisan et de soldat, blessure de Pampelune, conversion par les lectures pieuses, Montserrat et Manrèse, pèlerinage à Jérusalem, études jusqu'à Paris, premiers compagnons, fondation et approbation de la Compagnie de Jésus, généralat, Exercices spirituels, mort en 1556.
2 8 12 16 19 24 27 30 33 37 39 42 51 55Saint Ignace de Loyola, Récit du pèlerin (Autobiographie / Acta Patris Ignatii), dicté à Luís Gonçalves da Câmara, 1553-1555 (cf. Wikipédia FR « Récit du pèlerin ») : Ignace y parle de lui à la troisième personne (« le pèlerin ») ; n° 8, différence entre les pensées du monde (qui laissent « sec et mécontent ») et les pensées de Dieu (qui laissent « content et joyeux ») — première intuition du discernement des esprits ; n° 30, l'illumination au bord du Cardoner (« les yeux de son entendement commencèrent à s'ouvrir ») ; n° 46-47, l'accueil du gardien puis l'ordre du provincial de Terre sainte ; n° 70, la sentence de Salamanque. Texte critique : Acta Patris Ignatii, Monumenta Historica Societatis Iesu, 1904 (aucune « 1re traduction française 1922 » n'a pu être identifiée : ni titre, ni traducteur, ni éditeur). Traductions françaises courantes : E. Thibaut, Exercices spirituels ; Testament (Arléa, 2002) et A. Thiry, Le récit du pèlerin (Salvator, 2006) ; les libellés français reproduits suivent l'usage courant et restent à collationner sur l'exemplaire papier — la numérotation des paragraphes, elle, est stable d'une édition à l'autre. Contrôle anglais : trad. O'Conor, 1900 (ccel.org).
3 13 20 21 25 28 31 35 72Spiritualité ignatienne — discernement des esprits : cf. Prie en Chemin, « Lexique ignatien » et « Le discernement des esprits selon Ignace » (prieenchemin.org) ; distinction consolation/désolation, indifférence comme disponibilité active, magis (« davantage »), agere contra (agir contre l'inclination désordonnée), tantum quantum (user des créatures « autant que » elles conduisent à Dieu). Voir l'article Ignispedia « Qu'est-ce que le discernement des esprits ? ».
4 22 58 60 63 67Canonisation d'Ignace de Loyola par le pape Grégoire XV, 12 mars 1622, en même temps que François Xavier, Thérèse d'Avila, Philippe Néri et Isidore le Laboureur. Sources : EWTN Vatican, « The Greatest Canonization in History: March 12, 1622 » ; America Magazine, « 6 things you didn't know about the canonization… » (mars 2022) ; jesuits.global, « Sainthood and canonization… 12th March ».
5 75Devise Ad maiorem Dei gloriam (AMDG), « pour la plus grande gloire de Dieu » (forme longue : Ad maiorem Dei gloriam inque hominum salutem), cf. Wikipédia EN « Ad maiorem Dei gloriam » : formule attribuée à Ignace, reprise et diffusée par Jérôme Nadal (cf. son Exhortation en Espagne, 1554) ; liée au magis ignatien (« davantage »). La datation d'une première occurrence (lettre à Simão Rodrigues, mars 1542) n'est établie par aucune référence identifiée.
6 65 66Vision de La Storta (automne 1537), cf. Wikipédia EN « La Storta » : sur la Via Cassia près de Rome, Ignace voit le Père l'associer au Fils portant sa croix et entend « Je vous serai favorable à Rome ». Parole rapportée par Diego Laínez dans son allocution de 1559 : « Ego ero vobis Romae propitius » (cité par le décret 2 de la 35e Congrégation générale, 2008). Variante d'ordre des mots dans la Catholic Encyclopedia (1913) : « Ego vobis Romae propitius ero » ; sens identique. Ignace songea d'abord que la promesse pouvait annoncer le martyre.
45 46Pape Paul III, bulle Regimini militantis Ecclesiae, 27 septembre 1540 : approbation canonique de la Compagnie de Jésus (cf. Wikipédia FR « Ignace de Loyola » et l'article Ignispedia « La fondation de la Compagnie de Jésus »). Le nombre des membres limité d'abord à soixante par la bulle, plafond levé par Paul III en 1544.
48Saint Ignace de Loyola, Exercices spirituels (traduction française du P. Pierre Jennesseaux, S.J., éd. 1913, sur livres-mystiques.com — en vouvoiement ; la page jesuites.com/exercices-spirituels n'est qu'une présentation, sans le texte) : n° 23, Principe et Fondement (« L'homme est créé pour louer, honorer et servir Dieu… ») et indifférence/tantum quantum ; n° 230-237, Contemplation pour parvenir à l'amour ; n° 313-336, règles du discernement des esprits, dont règle 5 de la première semaine (n° 318) et règle 6 (n° 319) ; n° 352-370, Règles pour avoir le vrai sens de l'Église, dont la règle 13 (n° 365) sur le « blanc / noir » si l'Église hiérarchique le décide. Les citations reproduites suivent le libellé français moderne d'usage courant (tutoiement) et diffèrent par endroits de Jennesseaux — ex. n° 318, où Jennesseaux donne « avant la désolation, ou au temps même de la consolation » (et non « le jour qui a précédé »), et n° 365 « Pour ne nous écarter en rien de la vérité… ». Autre variante signalée : « louer, honorer et servir » vs « louer, respecter et servir » ; numérotation interne des règles variable selon les éditions, la plage des paragraphes étant stable.
54 56 57 59 61 62 69 70Saint Ignace de Loyola, prière Suscipe (« Prends, Seigneur, et reçois… »), Exercices spirituels, n° 234 — premier point de la Contemplation pour parvenir à l'amour (n° 230-237) ; points suivants n° 235-237, colloque final suivi du Notre Père au n° 237. Libellé français moderne (tutoiement) vérifié sur chemin-neuf.media (« Prends Seigneur et reçois ») et prieenchemin.org ; Jennesseaux 1913 (livres-mystiques.com) vouvoie (« Prenez, Seigneur… disposez-en selon votre bon plaisir »). Source confirmée par IgnatianSpirituality.com (« Suscipe, the Radical Prayer ») et Wikipédia EN « Suscipe ».
64Jérôme Nadal (1507-1580), collaborateur d'Ignace et interprète de sa spiritualité — le secrétaire d'Ignace depuis 1547 est Juan Alfonso de Polanco —, formule « contemplatif dans l'action » (in actione contemplativus) : « trouver Dieu en toutes choses ». Texte latin (Orationis observatio, éd. 1962, p. 162) : « …ut Dei praesentiam rerumque spiritualium affectum sentiret atque contemplaretur, simul in actione contemplativus (quod ita solebat explicare : Deum esse in omnibus inveniendum) ». Le libellé français cité est une traduction libre, fidèle au sens. Cf. jesuites.com (« Jérôme Nadal et le Récit du pèlerin ») et Wikipédia FR « Jérôme Nadal ». La formule est une caractérisation d'Ignace par Nadal, non une parole d'Ignace lui-même.
68« Ite, inflammate omnia » (« Allez, embrasez tout / le monde »), exhortation attribuée par la tradition à Ignace envoyant ses fils en mission, souvent rattachée à l'envoi de François Xavier. Cf. The Jesuit Post, « Ite Inflammate Omnia » (thejesuitpost.org) : sous cette forme brève et avec ce rattachement, tradition non attestée comme telle. Mais l'historien Georg Schurhammer signale le témoignage du P. Olivier Manare, qui connut personnellement Ignace, lui attribuant une exhortation voisine — « Itote, omnia accendite et inflammate » — dans Francisco Javier, su vida y su tiempo, t. I (Europa 1506-1541, Gobierno de Navarra, 1992), cf. Educate Magis, « Ite inflammate omnia: Networking as a Way of Proceeding ».
71Béatification d'Ignace de Loyola par le pape Paul V, 27 juillet 1609 (cf. Wikipédia EN « Ignatius of Loyola » et notices jésuites). Une lecture de Wikipédia FR donne une date divergente (avril 1609) ; la date du 27 juillet 1609 est la plus largement attestée.
74Pie XI, constitution apostolique Summorum Pontificum (1922) déclarant saint Ignace « patron céleste de tous les Exercices spirituels », et lettre apostolique Meditantibus Nobis (3 décembre 1922, fête de saint François Xavier) honorant conjointement Ignace et Xavier. Cf. Wikipédia EN « Ignatius of Loyola » et The WM Review, « Pius XI: The Spiritual Exercises and modernity ».
76 77Saint Ignace, lettre à Ascanio Colonna, 1543 : « There are very few people who realize what God would make of them if they abandoned themselves entirely into his hands, and let themselves be formed by his grace. » (cité par The Jesuit Post, 31 juillet 2014, et JesuitPrayer.org). Traduction française ci-dessus ; parole distincte du Suscipe (n° 234), fidèle à son esprit.
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