Pape Paul III (1468-1549)

Alexandre Farnèse, pape de 1534 à 1549 : « dernier pape de la Renaissance et premier pape de la Réforme catholique », il convoqua le concile de Trente, approuva les Jésuites et fonda l'Inquisition romaine, sans jamais se défaire de son népotisme dynastique.

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Paul III (Paulus III), né Alessandro Farnese le 29 février 1468 à Canino (ou à Rome, les actes variant sur le lieu de naissance), dans le Latium, gouverne l'Église de Rome du 13 octobre 1534 au 10 novembre 1549. Sa figure est l'une des plus déroutantes de l'histoire de la papauté : élevé à la pourpre par Alexandre VI à vingt-cinq ans, père de quatre enfants, nés de sa liaison avec Silvia Ruffini avant son ordination[2], prélat humaniste façonné à la cour de Laurent le Magnifique, il fut un prince de la Renaissance dans toute sa splendeur mondaine — et c'est pourtant lui qui ouvrit l'ère de la Réforme catholique en convoquant le concile qui allait reformuler la foi face au protestantisme.[3][4]

Les historiens le résument d'une formule devenue classique : « le dernier pape de la Renaissance et le premier pape de la Contre-Réforme ».[5] En quinze ans de pontificat, ce vieillard rusé et tenace a posé les trois piliers institutionnels qui structureront le catholicisme pour quatre siècles : il a convoqué le concile de Trente (1545), approuvé la Compagnie de Jésus d'Ignace de Loyola (1540) et érigé l'Inquisition romaine confiée à une congrégation de cardinaux (1542). Aucune de ces décisions ne suffit à elle seule à faire un saint ; ensemble, elles ont changé le visage de l'Église.[6][7]

Le même pontife reste pourtant inséparable de son népotisme. Le 18 décembre 1534, six semaines après son couronnement (3 novembre 1534), il créa cardinaux deux de ses petits-fils, âgés de quatorze et seize ans ; il tailla pour son fils Pier Luigi Farnese un duché héréditaire de Parme et Plaisance, démembré des États pontificaux, dont l'assassinat sanglant de ce même fils en 1547 viendra empoisonner la fin du règne.[8][9] L'historiographie catholique ne canonise pas Paul III ; elle ne le condamne pas non plus. Elle tient ensemble le réformateur qui rendit l'initiative à Rome et le patriarche dynastique qui servit sa maison au prix d'un démembrement des États pontificaux.

Comprendre Paul III, c'est donc refuser deux récits faciles : ni le pape mondain dont la réforme ne serait qu'un placage politique, ni le héros de la Réforme catholique dont on gommerait les compromissions familiales. C'est restituer un homme de transition — façonné par un monde qui mourait, accoucheur d'un monde qui naissait — et mesurer combien la sainteté de l'Église ne dépend pas de la sainteté personnelle de ses pontifes, mais de la vérité qu'ils transmettent malgré leurs ombres.[10]

Pourquoi Paul III est le pape « charnière »

La mémoire commune retient surtout de Paul III deux images contradictoires : le vieux cardinal mondain dont la tradition fait le bénéficiaire de la faveur obtenue par sa sœur Giulia[11], et le pape austère qui lance le concile de Trente. La vérité est qu'il fut les deux à la fois, et que cette dualité est précisément ce qui rend son pontificat décisif.

Paul III, pape charnière : un pontificat partagé entre culture de la Renaissance et lancement institutionnel de la Réforme catholique. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Lorsqu'il est élu en 1534, l'Église traverse la pire crise de son histoire récente. Quinze ans plus tôt, Martin Luther a rompu avec Rome ; la Réforme protestante a déjà conquis une partie de l'Allemagne et de la Suisse ; l'Angleterre vient de se séparer sous Henri VIII (1534) ; le sac de Rome de 1527 a humilié la papauté et traumatisé la chrétienté. Ni Léon X ni Clément VII n'ont engagé le concile de réforme que beaucoup appelaient de leurs vœux : la Catholic Encyclopedia relève que Clément VII « avait horreur de l'idée de convoquer un concile général, prévoyant sans doute de graves difficultés avec la France ».[12]

Paul III rompt avec cette paralysie. Là où ses prédécesseurs reculaient, il engage l'Église dans une réforme structurelle — non sans lenteurs, non sans reculs, mais de façon irréversible. C'est sous lui que se mettent en place les instruments qui permettront, après sa mort, la reconquête catholique : un concile dogmatique, des ordres nouveaux, une discipline restaurée. Il n'a vu lui-même que les huit premières sessions, réunies à Trente, et il est mort avant d'en récolter les fruits ; mais sans son obstination, le concile n'aurait pas eu lieu.[13]

C'est ce qui fait de lui un pape inconfortable et instructif. Il illustre une vérité que l'Église a toujours tenue : Dieu se sert d'instruments imparfaits. Un homme dont la jeunesse fut scandaleuse, dont les méthodes restèrent souvent celles d'un prince italien, a pourtant été l'artisan d'une régénération spirituelle. Ni légende dorée, ni légende noire : Paul III demande un regard qui sépare ce qui a servi l'Église de ce qui l'a blessée.

Les sources principales

SourceNatureApport pour Paul III
The Catholic Encyclopedia, art. « Pope Paul III » (1911)Synthèse catholique de référenceBiographie d'ensemble, réformes, concile, bilan moral nuancé
Ludwig von Pastor, Histoire des papes depuis la fin du Moyen Âge, t. XI-XIIGrande histoire savante de la papautéRécit détaillé du pontificat, réforme, politique italienne
Bulle Sublimis Deus (2 juin 1537)Acte pontificalHumanité et liberté des peuples des Amériques
Bulle Regimini militantis Ecclesiae (27 septembre 1540)Acte pontificalApprobation de la Compagnie de Jésus
Bulle Licet ab initio (21 juillet 1542)Acte pontificalÉrection de la Congrégation de l'Inquisition romaine
Bulle Laetare Ierusalem (19 novembre 1544)Acte pontificalConvocation du concile de Trente
Consilium de emendanda ecclesia (1537)Rapport des cardinaux réformateursDiagnostic des abus de la Curie
Titien, Paul III et ses petits-fils (1546), CapodimonteSource iconographiquePortrait psychologique du pape âgé et de sa dynastie

Alexandre Farnèse avant le pontificat (1468-1534)

Avant d'être un réformateur, Alexandre Farnèse fut d'abord un enfant de la Renaissance romaine dans tout ce que cela comportait de brillant et d'ambigu. Sa carrière ecclésiastique débute non par une vocation, mais par la faveur — et il faudra des décennies pour que l'homme rejoigne la fonction.

Une naissance dans la haute aristocratie

Alessandro Farnese naît le 29 février 1468, probablement à Canino, dans la campagne du Latium — la Catholic Encyclopedia signale que les actes varient entre Rome et Canino —, au sein d'une famille de la noblesse féodale romaine.[14][15] Les Farnèse sont alors des seigneurs de second rang, riches en terres autour du lac de Bolsena et fournisseurs de capitaines aux grandes maisons italiennes. Son père, Pier Luigi Farnese, et sa mère, Giovannella Caetani — issue de la puissante famille des Caetani de Sermoneta — assurent à l'enfant une éducation soignée.[16]

Le jeune Alessandro étudie d'abord à Rome auprès de l'humaniste Pomponio Leto, puis à Florence, dans le palais de Laurent le Magnifique, où il se lie d'amitié avec le futur pape Léon X.[17] Il y acquiert une parfaite maîtrise du latin classique et de l'italien, le goût des lettres antiques et des arts — bref, toute la culture d'un prince humaniste. Cette formation explique le grand mécène qu'il deviendra ; elle ne le prédisposait guère à la sainteté.

Le « cardinal de la cornette » : une pourpre obtenue par la faveur (1493)

L'ascension d'Alexandre Farnèse doit beaucoup, selon la tradition, à sa sœur, Giulia Farnese, célèbre pour sa beauté, que cette tradition donne pour maîtresse du pape Alexandre VI (Rodrigo Borgia) : dès 1535, le noble vénitien Soriano consignait déjà le sobriquet moqueur visant Farnèse en raison de la relation entre sa sœur et Alexandre VI.[18] Le 20 septembre 1493, à vingt-cinq ans, Alessandro est créé cardinal-diacre des Saints-Côme-et-Damien par ce même Alexandre VI.[19] L'historiographie moderne y voit le fruit de cette faveur familiale plus que d'un mérite ecclésiastique ; la Catholic Encyclopedia, pour sa part, ne mentionne ni Giulia ni cette faveur et explique son avancement rapide par sa naissance et ses talents.[20][21]

Cette origine vaudra au jeune cardinal le surnom moqueur de « cardinal de la cornette » (cardinale della gonnella, littéralement « cardinal du jupon »), allusion transparente à la manière dont il avait obtenu le chapeau.[22][23] Le sobriquet est cruel, mais il dit une vérité de l'époque : la pourpre se distribuait alors comme un bien dynastique. Farnèse portera cette pourpre plus de quarante ans avant de devenir pape, ce qui fera de lui le plus ancien et le plus expérimenté des cardinaux.[24]

Silvia Ruffini et les enfants du cardinal

Dans sa jeunesse, comme nombre de prélats de son temps, le cardinal Farnèse mène une vie qui n'a rien d'ecclésiastique. De sa liaison durable avec une noble romaine, Silvia Ruffini, naissent quatre enfants — Costanza, Pier Luigi (le futur duc de Parme), Paolo et Ranuccio — recensés nommément par Miranda.[25] Deux de ses fils seront légitimés par bulle pontificale, en 1505 puis en 1513 — pratique courante mais révélatrice du climat moral de la Curie de la Renaissance.[26][27]

Ces enfants ne sont pas un détail biographique : ils seront le talon d'Achille du pontificat. Le népotisme de Paul III, qui assombrira tout son règne, n'est que la suite logique de cette paternité de jeunesse. Le pape réformateur restera, jusqu'à sa mort, un père et un grand-père soucieux d'établir sa lignée.

La conversion d'un prélat mondain et l'ordination sacerdotale (1519)

Un tournant intervient autour de 1513. Sous le pontificat de Léon X, le cardinal Farnèse semble rompre avec sa vie passée : il cesse sa liaison, se consacre davantage à ses devoirs et manifeste une piété nouvelle.[28] Nommé évêque de Parme dès 1509, il n'est cependant ordonné prêtre que le 26 juin 1519 — à cinquante et un ans — et consacré évêque le 2 juillet suivant par Léon X[29] — signe que, dans l'Église de la Renaissance, on pouvait être cardinal et évêque sans avoir reçu le sacerdoce.

« La piété et le zèle qui le caractérisèrent après son ordination sacerdotale firent oublier les écarts de ses premières années. » — The Catholic Encyclopedia, art. « Pope Paul III »[30]

Devenu évêque résidant, il s'efforce d'appliquer dans son diocèse de Parme une discipline que l'Église universelle ignore encore : visites pastorales, synode diocésain, réforme du clergé. Cette expérience locale de la réforme nourrira ses convictions de pape.[31] L'homme qui convoquera Trente n'est donc pas un converti tardif et superficiel, mais un évêque qui a vu de près la nécessité d'un redressement.

Doyen du Sacré Collège : le candidat de l'attente

En 1524, Farnèse devient cardinal-évêque d'Ostie et, à ce titre, doyen du Sacré Collège : le premier des cardinaux.[32] Lors des conclaves de 1521 et de 1523, son nom circule déjà comme papabile. Mais c'est un Médicis qui l'emporte à chaque fois. Farnèse attend. Sa longévité, sa science canonique, son habileté diplomatique et le souvenir de sa conversion en font, peu à peu, le candidat naturel d'une Église lasse des indécisions médicéennes.[33][34]

L'élection de 1534 : un conclave de deux jours

À la mort de Clément VII, le 25 septembre 1534, l'Église réclame un pape capable d'agir. Le conclave est d'une rapidité remarquable : réunis le 11 octobre, les cardinaux s'accordent sur le nom d'Alexandre Farnèse dès le 12 octobre 1534 — date d'élection retenue par la Catholic Encyclopedia — et confirment ce choix par un scrutin formel le matin du 13 octobre, presque à l'unanimité.[35][36][37] À soixante-six ans, le doyen du Sacré Collège prend le nom de Paul III. Il est couronné le 3 novembre 1534 sur le parvis de Saint-Pierre.[38]

« Il fut unanimement reconnu comme l'homme de l'heure [...]. Il ne perdit pas de temps à entreprendre les réformes les plus nécessaires. » — The Catholic Encyclopedia, art. « Pope Paul III »[39]

Le nouveau pape n'est ni un inconnu ni un improvisateur. Il a vécu sous dix pontificats, traversé le sac de Rome, observé l'effondrement de l'unité chrétienne. Il sait, mieux que quiconque, ce qu'il faut faire. Reste à savoir s'il en aura la force — et s'il saura résister à la tentation, pour lui presque naturelle, de confondre la cause de l'Église avec celle de sa maison.

  1. 12-13 octobre 1534
    Élection au souverain pontificat
    conclave de deux jours

    Alexandre Farnèse, doyen du Sacré Collège, est élu pape (accord des cardinaux le 12, scrutin formel le 13 au matin) et prend le nom de Paul III. Couronnement le 3 novembre.

  2. 18 décembre 1534
    Les petits-fils cardinaux
    le retour du népotisme

    Le pape crée cardinaux ses deux petits-fils, Alessandro Farnese (14 ans) et Guido Ascanio Sforza (16 ans).

  3. 2 juin 1537
    Sublimis Deus
    dignité des peuples des Amériques

    La bulle déclare les Indiens « véritablement hommes », capables de la foi et libres en leurs personnes et leurs biens.

  4. 1537
    Consilium de emendanda ecclesia
    le diagnostic des abus

    La commission des cardinaux réformateurs remet un rapport sans complaisance sur les maux de la Curie.

  5. 17 décembre 1538
    Excommunication d'Henri VIII
    rupture avec l'Angleterre

    La sentence longtemps suspendue est publiée contre le roi d'Angleterre schismatique.

  6. 27 septembre 1540
    Approbation des Jésuites
    Regimini militantis Ecclesiae

    Paul III approuve la Compagnie de Jésus fondée par Ignace de Loyola.

  7. 21 juillet 1542
    Inquisition romaine
    Licet ab initio

    Érection de la Congrégation suprême de l'Inquisition romaine et universelle.

  8. 13 décembre 1545
    Ouverture du concile de Trente
    l'œuvre d'une vie

    Après trois convocations avortées, le concile s'ouvre enfin à Trente.

  9. 1545 — 1547
    Le duché de Parme et le drame familial
    apogée et chute du népotisme

    Érection du duché de Parme et Plaisance pour Pier Luigi (1545), assassiné à Plaisance le 10 septembre 1547.

  10. 10 novembre 1549
    Mort de Paul III
    le chagrin pour dernier compagnon

    Le pape meurt au Quirinal, à 81 ans, accablé par les déchirements de sa propre famille.

Convoquer un concile contre vents et marées

Le concile impossible devenu réel : Mantoue et Vicence échouent, puis la bulle Laetare Ierusalem ouvre la voie à Trente. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'acte qui domine tout le pontificat, celui pour lequel l'histoire retient Paul III, est la convocation du concile de Trente. Ce qui paraît évident aujourd'hui fut, à l'époque, une décision d'un courage politique extrême : un concile pouvait raviver le conciliarisme — la thèse selon laquelle un concile est supérieur au pape — que la papauté redoutait depuis Constance et Bâle.[40][41]

Trois convocations avortées (Mantoue, Vicence)

Dès 1536, moins de deux ans après son élection, Paul III annonce un concile et le convoque à Mantoue pour mai 1537.[42] Mais les princes protestants le refusent, le duc de Mantoue pose des conditions inacceptables, et la guerre entre Charles Quint et François Ier rend tout rassemblement impossible. Le pape déplace alors la convocation à Vicence (bulle du 1ᵉʳ mai 1538), sans plus de succès.[43] Pendant huit ans, le concile reste une promesse sans cesse différée par les puissances séculières.

Ces échecs ne découragent pas le pape. Ils révèlent au contraire sa ténacité : là où Clément VII s'était servi des obstacles politiques comme d'un prétexte pour ne rien faire, Paul III les affronte les uns après les autres.

Laetare Ierusalem et l'ouverture de Trente (1545)

Le 19 novembre 1544, Paul III promulgue la bulle décisive, Laetare Ierusalem, qui convoque le concile à Trente — ville d'Empire mais de langue italienne, choisie comme compromis entre les exigences impériales et romaines.[44] La bulle assigne au concile trois buts : guérir la division confessionnelle, réformer l'Église dans ses membres et son chef, et rétablir la paix entre princes chrétiens pour organiser la défense contre les Turcs.[45][46]

« Réjouis-toi, Jérusalem, et rassemblez-vous, vous tous qui l'aimez. » — Incipit de la bulle de convocation Laetare Ierusalem, Paul III, 19 novembre 1544[47]

Après un dernier retard, le concile de Trente s'ouvre solennellement le 13 décembre 1545.[48] Du vivant de Paul III se tiennent les huit premières sessions : les sept premières fixent des fondements dogmatiques capitaux : le canon des Écritures et la valeur de la Tradition, le péché originel, et surtout le décret sur la justification (session VI, janvier 1547) qui répond point par point à la doctrine luthérienne du salut par la foi seule ; la huitième (11 mars 1547) ne vote aucun décret dogmatique et se borne à transférer le concile à Bologne.[49] Le détail de ces définitions appartient à l'article consacré au concile lui-même ; ce qui revient à Paul III, c'est de l'avoir rendu possible.

Le bras de fer avec Charles Quint et le transfert à Bologne (1547)

En mars 1547, sous prétexte d'une épidémie de typhus, la majorité des Pères transfère le concile à Bologne, ville des États pontificaux.[50][51] Charles Quint, qui voulait garder le concile sur terre d'Empire pour contrôler ses débats et ménager ses sujets protestants, s'y oppose violemment : les évêques impériaux restent à Trente. Le concile se trouve scindé, paralysé par le conflit entre le pape et l'empereur.

Cette crise révèle la limite du pouvoir pontifical face à la puissance impériale, mais aussi la fermeté de Paul III, qui refuse de soumettre le concile à la tutelle de Charles Quint. Plutôt que de céder, le pape suspend le concile en septembre 1549. Il mourra avant d'avoir pu dénouer la crise ; c'est à ses successeurs, Jules III puis Pie IV, qu'il reviendra de rouvrir et d'achever Trente.[52]

Les grands instruments de la Réforme catholique

1537-1542 : quatre actes de réforme. Paul III fait diagnostiquer les abus, approuve les Jésuites, érige le Saint-Office romain et affirme la dignité des peuples des Amériques. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le concile n'est qu'un volet de l'œuvre réformatrice de Paul III. En parallèle, il met en place — par des actes pontificaux propres, indépendants du concile — les institutions qui porteront la régénération catholique bien après sa mort.

La commission de réforme et le Consilium de emendanda ecclesia (1537)

Dès 1536, Paul III nomme une commission de neuf cardinaux et prélats réformateurs, parmi lesquels les plus grands esprits spirituels de l'époque : Gasparo Contarini, Gian Pietro Carafa (le futur Paul IV), Jacopo Sadoleto, Reginald Pole et Gregorio Cortese.[53][54] Leur rapport, le Consilium de emendanda ecclesia (« Avis sur la réforme de l'Église »), remis en 1537, est un document d'une franchise saisissante : il dénonce sans ménagement les abus de la Curie, la vénalité des charges, le cumul des bénéfices et la racine de tous les maux dans une conception trop juridique et trop intéressée de la fonction pontificale.[55]

« La source de ces maux a été que certains papes [...] se sont entourés de docteurs qui leur enseignaient que le pape est propriétaire de tous les bénéfices. » — Consilium de emendanda ecclesia, commission cardinalice, 1537[56]

Ce texte, qui circula bientôt — y compris entre les mains des protestants qui s'en servirent contre Rome — montre que la critique des abus venait d'abord de l'intérieur de l'Église. Paul III n'a pas eu besoin de Luther pour savoir ce qui n'allait pas ; il a chargé ses meilleurs cardinaux de le lui dire noir sur blanc.

L'approbation de la Compagnie de Jésus (1540)

Le 27 septembre 1540, par la bulle Regimini militantis Ecclesiae, Paul III approuve officiellement la Compagnie de Jésus fondée par Ignace de Loyola et ses premiers compagnons.[57] Il limite d'abord le nombre des profès à soixante, restriction qu'il lèvera en 1543 devant l'évidence de leur utilité.[58]

Cette décision, prise contre les réticences de plusieurs cardinaux qui se méfiaient d'un ordre nouveau, est l'une des plus fécondes de toute l'histoire de l'Église. Les Jésuites deviendront le fer de lance de la Réforme catholique : enseignement, missions lointaines, direction spirituelle, défense doctrinale. De l'Europe protestante aux missions du Japon et de la Chine, l'ordre approuvé par Paul III portera la foi catholique jusqu'aux extrémités du monde. Le pape ne pouvait en mesurer la portée ; il eut le discernement de l'autoriser.

L'Inquisition romaine et le Saint-Office (1542)

Face à la pénétration des idées protestantes en Italie même, et sur l'insistance du cardinal Carafa, Paul III réorganise l'Inquisition par la bulle Licet ab initio du 21 juillet 1542.[59] Il institue une Congrégation suprême de l'Inquisition romaine et universelle, composée de six cardinaux dotés d'une autorité centralisée sur tous les tribunaux de la péninsule.[60][61]

« [Cette congrégation est chargée] de maintenir et de défendre l'intégrité de la foi, d'examiner et de proscrire les erreurs et les fausses doctrines. » — Bulle Licet ab initio, Paul III, 21 juillet 1542[62]

Cette Inquisition romaine — qu'il ne faut pas confondre avec la tristement célèbre Inquisition espagnole, institution d'État sur laquelle la papauté n'avait guère de prise — est l'ancêtre direct de l'actuel Dicastère pour la doctrine de la foi. Son histoire propre, ses procédures et ses excès relèvent d'un article dédié ; ce qui revient à Paul III, c'est d'avoir voulu une instance romaine de discernement doctrinal à un moment où l'unité de la foi se déchirait.

Capucins, Théatins, Barnabites, Ursulines

Au-delà des Jésuites, Paul III favorise tout le bouillonnement d'ordres nouveaux qui caractérise la première Réforme catholique. Il confirme et protège les Capucins (branche réformée des Franciscains), les Théatins fondés par Carafa, les Barnabites, et les Ursulines d'Angèle Merici vouées à l'éducation des filles.[63][64] Là où ses prédécesseurs voyaient des nouveautés suspectes, Paul III reconnaît des forces de renouveau : c'est dans ces communautés ferventes, plus encore que dans les décrets, que se joue la régénération réelle de l'Église.

Décisions doctrinales et magistérielles

Paul III n'est pas un théologien, mais plusieurs de ses actes engagent directement le magistère et portent encore. Deux d'entre eux dépassent de loin la conjoncture italienne.

Sublimis Deus : la dignité humaine des peuples des Amériques (1537)

Le 2 juin 1537, Paul III promulgue la bulle Sublimis Deus, l'un des textes magistériels les plus lumineux de la Renaissance. Alors que des colons et certains théoriciens prétendaient que les Indiens d'Amérique étaient des êtres inférieurs, « brutes muettes » créées pour le service des Européens, le pape proclame solennellement leur pleine humanité et leur liberté.[65]

« Les Indiens sont véritablement des hommes, et ils ne sont pas seulement capables de comprendre la foi catholique mais, selon nos informations, ils désirent ardemment la recevoir. » — Bulle Sublimis Deus, Paul III, 2 juin 1537[66]

La bulle en tire une conséquence juridique d'une audace remarquable pour son temps : aucune privation de liberté ni de propriété ne peut leur être imposée, même s'ils sont encore en dehors de la foi du Christ.[67]

« Les dits Indiens et tous les autres peuples qui pourront plus tard être découverts par les chrétiens ne doivent en aucune manière être privés de leur liberté ni de la possession de leurs biens [...] et ne doivent pas être réduits en esclavage. » — Bulle Sublimis Deus, Paul III, 2 juin 1537[68]

Ce document, fondé sur le mandat missionnaire universel du Christ (« Allez, enseignez toutes les nations »), constitue l'un des premiers grands textes de l'Église sur la dignité inviolable de toute personne humaine, par-delà la race et la croyance. Il sera invoqué dans les débats sur la conquête, notamment par les dominicains défenseurs des Indiens. Que ce texte soit l'œuvre d'un pape par ailleurs si soucieux de sa propre dynastie n'enlève rien à sa portée : la vérité magistérielle ne dépend pas de la perfection de celui qui la formule.[69][70]

L'excommunication d'Henri VIII et le schisme anglican (1538)

Lorsque Henri VIII d'Angleterre rompt avec Rome (Acte de Suprématie, 1534), épouse Anne Boleyn et fait exécuter des fidèles du pape comme Thomas More et John Fisher (1535), Paul III prépare la sentence d'excommunication. Il la suspend d'abord dans l'espoir d'un retour, puis la publie solennellement le 17 décembre 1538, déliant les sujets anglais de leur obéissance au roi.[71][72]

L'excommunication n'empêche pas la consommation du schisme : l'Église d'Angleterre se sépare durablement. Mais elle marque la fermeté doctrinale d'un pape qui, sur la question de l'autorité de Rome et de l'indissolubilité du mariage, ne transige pas, fût-ce au prix de la perte d'un royaume entier. La cause des martyrs anglais, More et Fisher, sera l'un des fruits spirituels les plus éclatants de cette résistance.

Face au protestantisme : colloques et fermeté

Paul III n'exclut pas d'abord le dialogue. Il encourage, de concert avec Charles Quint, les colloques religieux entre catholiques et protestants, dont celui de Ratisbonne (1541), où le cardinal Contarini cherche un accord sur la justification.[73] L'échec de ces tentatives confirme que la rupture est profonde et que seul un concile pourra trancher. Le pape passe alors de la recherche du compromis à la réaffirmation dogmatique, qui sera l'œuvre de Trente. Pour la réfutation systématique des thèses de la Réforme, l'Église s'appuiera ensuite sur les décrets tridentins ; voir les réponses au protestantisme.

Le contexte politique : entre l'Aigle et le Lys

Aucune décision religieuse de Paul III ne se comprend hors de l'affrontement titanesque qui déchire alors l'Europe : la rivalité entre l'empereur Charles Quint (l'Aigle des Habsbourg) et le roi de France François Ier (le Lys). Le pape doit naviguer entre ces deux géants, dont la guerre rend tout concile impossible et toute croisade illusoire.

Une neutralité difficile

Paul III adopte une politique de neutralité prudente, refusant de se lier à l'un des deux souverains malgré leurs pressions constantes.[74][75] Cette indépendance lui vaut des accusations de duplicité : Charles Quint le soupçonne de favoriser la France, François Ier de servir l'Empire. En réalité, le pape cherche d'abord à préserver la liberté d'action de l'Église et à empêcher qu'un des deux camps ne se rende maître de l'Italie et de la papauté.

« Il employa une habileté diplomatique tortueuse pour éviter de prendre parti entre Charles Quint et François Ier. » — Encyclopædia Britannica, art. « Paul III »[76]

Il obtient un succès en négociant la trêve de Nice (1538) entre les deux rivaux, qu'il réunit sans qu'ils consentent à se rencontrer face à face. Cette trêve, fragile, donne quelques années de répit à la chrétienté.

Le front turc et la défense de la chrétienté

Comme tous les papes du XVIᵉ siècle, Paul III est hanté par la menace ottomane. Soliman le Magnifique presse aux frontières de la Hongrie et en Méditerranée. Le pape tente de fédérer les princes chrétiens dans une Sainte Ligue (1538) avec Venise et l'Empire ; la défaite navale de Prévéza, la même année, ruine ces espoirs.[77] La défense contre les Turcs reste, dans la bulle de convocation de Trente, l'un des trois objectifs assignés au concile — preuve que la réforme intérieure et la sécurité extérieure de la chrétienté étaient, pour lui, indissociables.

La guerre de Smalkalde

À la fin du règne, Paul III soutient Charles Quint dans la guerre de Smalkalde (1546-1547) contre la ligue des princes protestants allemands. Il fournit à l'empereur trois cent mille ducats et vingt mille fantassins, mais à des conditions strictes : interdiction de tout accord séparé avec les hérétiques.[78] La victoire impériale de Mühlberg (1547) ne profite pourtant pas au pape : devenu trop puissant, Charles Quint impose ses vues, multiplie les heurts à propos du concile et de Parme, et la fin du pontificat se referme sur une rupture de fait entre Rome et l'Empire.[79][80]

L'ombre du pontificat : le népotisme farnésien

La tension Farnèse : le pontificat de Paul III tient ensemble les instruments de réforme et une politique familiale qui culminera dans le duché de Parme. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Si la postérité hésite à grandir pleinement Paul III, c'est à cause de l'ombre tenace du népotisme. Chez lui, l'amour de la famille ne fut pas un travers occasionnel mais une politique de règne, poursuivie avec une constance qui finit par contredire l'œuvre réformatrice.

Les petits-fils cardinaux

Dès le 18 décembre 1534, à peine élu, Paul III crée cardinaux deux de ses petits-fils adolescents : Alessandro Farnese, quatorze ans, et Guido Ascanio Sforza, seize ans.[81][82] Le scandale est d'autant plus vif que ces promotions interviennent au moment où le pape réunit sa commission de réforme contre les abus. Le jeune Alessandro Farnese deviendra cependant l'un des plus grands mécènes de son siècle (l'église du Gesù, la villa de Caprarola), preuve que le népotisme pouvait produire, par accident, de belles choses — sans cesser d'être un abus.

Le duché de Parme et Plaisance pour Pier Luigi (1545)

Le sommet du népotisme est atteint en 1545, quand Paul III détache des États pontificaux les villes de Parme et de Plaisance pour en faire un duché héréditaire au profit de son fils Pier Luigi Farnese.[83][84] L'opération est juridiquement contestable — le pape aliène un bien de l'Église au profit de sa lignée — et politiquement explosive, car elle empiète sur les prétentions de Charles Quint en Italie du Nord.

Cette décision est la contradiction vivante du pontificat : l'homme qui avait fait dénoncer par ses cardinaux la confusion entre les biens de l'Église et les intérêts privés commet précisément cette faute, à grande échelle, pour établir sa dynastie. L'historiographie catholique la plus favorable ne cherche pas à l'excuser.

L'assassinat de Pier Luigi et le drame final (1547)

Le népotisme se retourne tragiquement contre son auteur. Le 10 septembre 1547, Pier Luigi Farnese est assassiné à Plaisance dans une conjuration de nobles locaux appuyée par le gouverneur impérial de Milan. Charles Quint occupe aussitôt Plaisance.[85][86] Pour le vieux pape, c'est un coup terrible : il perd à la fois un fils et le fruit de sa politique dynastique.

Le drame s'aggrave encore lorsque son petit-fils, le cardinal Alessandro, et son autre petit-fils Ottavio, négocient avec l'Empire le sort de Parme par-dessus la tête de leur grand-père. Sentir sa propre famille comploter contre lui, après lui avoir tout sacrifié, sera la blessure qui emportera le pape.[87]

Paul III mécène : Michel-Ange et la Rome nouvelle

Prince humaniste jusqu'au bout, Paul III est aussi l'un des plus grands mécènes de l'histoire pontificale. Son règne marque l'apogée de la Renaissance romaine et le passage de relais vers une Rome refaçonnée, dont une bonne part du visage actuel lui est due.[88][89]

Le Jugement dernier et la chapelle Pauline

Paul III confie à Michel-Ange l'achèvement de la fresque monumentale du Jugement dernier sur le mur de la chapelle Sixtine, achevée en 1541.[90][91] Il lui commande ensuite la décoration de sa chapelle Pauline au Vatican, où l'artiste peint, entre 1542 et 1549, la Conversion de saint Paul et la Crucifixion de saint Pierre — ses derniers grands cycles peints, méditations bouleversantes sur la grâce et le martyre.

Architecte de Saint-Pierre et le Capitole

En 1546, à la mort d'Antonio da Sangallo, le pape nomme Michel-Ange architecte en chef de la basilique Saint-Pierre.[92] L'artiste reprend le projet, simplifie le plan et conçoit la coupole qui couronne encore aujourd'hui Rome. Paul III lui confie aussi le réaménagement de la place du Capitole (Piazza del Campidoglio), chef-d'œuvre d'urbanisme qui transforme la colline médiévale en un forum monumental.

À cela s'ajoutent l'achèvement du palais Farnèse, l'une des plus belles demeures de Rome, et de nombreux travaux d'embellissement de la ville. Sous Paul III, Rome cesse d'être la cité humiliée du sac de 1527 pour redevenir la capitale artistique de l'Europe.

Le portrait du Titien

Titien, Paul III et ses petits-fils Alessandro et Ottavio Farnese, vers 1546, Museo di Capodimonte, Naples. L'image concentre presque tout le drame du pontificat : vieillesse politique, ambition familiale et méfiance dynastique.

L'image que la postérité garde du pape est celle qu'a fixée Titien. Vers 1543, puis surtout en 1546 avec le célèbre Paul III et ses petits-fils, le maître vénitien peint un vieillard au regard aigu, voûté mais redoutablement vivant, entouré de ses petits-fils Alessandro et Ottavio.[93] Le tableau, resté inachevé, est un extraordinaire document psychologique : on y lit la méfiance, la ruse, le poids des intrigues familiales. Aucune chronique ne dit autant que cette toile sur l'âme complexe du dernier pape de la Renaissance.

La mort et la postérité (1549)

Une fin marquée par le chagrin

Les dernières années de Paul III sont assombries par les déchirements de sa famille. La perte de Plaisance, l'assassinat de Pier Luigi, et surtout la trahison de ses petits-fils négociant avec l'Empire le sort de Parme, brisent le vieux pape. Au cours d'une entrevue orageuse avec son petit-fils le cardinal Farnèse, il arrache de rage sa calotte ; peu après, il tombe malade d'une violente fièvre et meurt au Quirinal le 10 novembre 1549, à quatre-vingt-un ans.[94][95]

« Cela brisa le cœur du vieillard, lorsqu'il apprit que son petit-fils préféré, le cardinal Farnèse, avait pris part à la transaction. » — The Catholic Encyclopedia, art. « Pope Paul III »[96]

Il y a une ironie tragique dans cette fin : le pape qui avait tout sacrifié à l'établissement de sa dynastie meurt victime de cette dynastie même. La leçon que l'Église en tire est ancienne :

« Si le Seigneur ne bâtit la maison, en vain travaillent les bâtisseurs. » — Psaume 127 (126), 1[97]

Le tombeau de Saint-Pierre

Paul III est inhumé dans la basilique Saint-Pierre, où s'élève un magnifique tombeau de bronze et de marbre sculpté par Guglielmo della Porta, élève de Michel-Ange, surmonté de la statue du pape bénissant.[98][99] Ce monument, l'un des plus beaux de la basilique vaticane, garde la mémoire d'un pontife qui aura, jusque dans sa sépulture, mêlé la grandeur de l'art et l'ambition d'une maison princière.

Le verdict de l'histoire : le pape charnière

Comment juger Paul III ? L'historiographie, catholique comprise, refuse les jugements simples. Sur le plan personnel et familial, son règne reste marqué par un népotisme que rien n'excuse pleinement et qui contredit son propre programme de réforme. Sur le plan institutionnel et spirituel, il fut le pape décisif qui sortit l'Église de la paralysie : sans lui, ni Trente, ni les Jésuites, ni les structures de la Réforme catholique n'auraient existé sous cette forme.[100][101]

La formule de Britannica reste la plus juste : Paul III est « le dernier pape de la Renaissance et le premier de la Contre-Réforme ».[102] Homme d'un monde finissant, il a eu le génie ou la grâce d'ouvrir la porte au monde qui venait. C'est précisément cette position de charnière — un pied dans la mondanité humaniste, un pied dans la régénération catholique — qui fait de lui une figure irremplaçable pour comprendre comment l'Église, blessée et divisée, a trouvé la force de se réformer de l'intérieur.

Son successeur direct, Jules III, rouvrira le concile ; Paul IV, l'ancien cardinal Carafa de sa commission de réforme, en durcira l'esprit ; et toute la lignée des papes de la Réforme catholique récoltera ce que Paul III a semé. La Réforme catholique tout entière, qui rendra à l'Église sa vigueur missionnaire et doctrinale, plonge ses racines dans ce pontificat de quinze ans.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Le Saint-Siège, page « Paul III » (vatican.va/content/vatican/fr/holy-father/paolo-iii.html, consultée le 5 octobre 2026) : « 220e Pape de l'Église catholique » ; « Début du pontificat 13.X, 3.XI.1534 » ; « Fin du pontificat 10.XI.1549 ».

    1
  2. Salvador Miranda, The Cardinals of the Holy Roman Church, notice « FARNESE, seniore, Alessandro (1468-1549) » (cardinals.fiu.edu/bios1493.htm) — quatre enfants naturels avec Silvia Ruffini (Costanza, Pier Luigi, Paolo et Ranuccio) ; ordination sacerdotale le 26 juin 1519, consécration épiscopale le 2 juillet 1519 par Léon X ; élection au pontificat le 13 octobre 1534, couronnement le 3 novembre 1534.

    2 25 29 37
  3. « Pope Paul III », dans The Catholic Encyclopedia, vol. XI, Robert Appleton Company, New York, 1911 (texte sur newadvent.org/cathen/11579a.htm) — synthèse catholique de référence sur la vie, les réformes et le pontificat d'Alexandre Farnèse.

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  4. « Paul III (pope) », Encyclopædia Britannica — notice biographique : « the last of the Renaissance popes and the first of the Counter-Reformation », népotisme, concile de Trente, neutralité entre Charles Quint et François Ier. Texte original anglais : « the last of the Renaissance popes and the first pope of the Counter-Reformation ».

    4 5 64 75 76 89 91 100 102
  5. Ludwig von Pastor, Histoire des papes depuis la fin du Moyen Âge, tomes XI-XII consacrés au pontificat de Paul III (éd. fr. Plon ; éd. orig. Geschichte der Päpste) — grande histoire savante de la papauté, récit détaillé du règne, de la réforme et de la politique italienne ; dont le récit du conclave d'octobre 1534 : hommages rendus à Farnèse dès le 12 octobre, puis scrutin formel le matin du 13.

    7 34 36 80 101
  6. Salvador Miranda, The Cardinals of the Holy Roman Church, « Consistories for the creation of Cardinals, 16th Century (1503-1605) » (cardinals.fiu.edu/consistories-xvi.htm) : « December 18, 1534 (I) » — Alessandro Farnese iuniore et Guido Ascanio Sforza di Santa Fiora, petit-fils du pape.

    8 81
  7. Ferdinand Gregorovius, History of the City of Rome in the Middle Ages, Londres, George Bell & Sons, 1900, t. VII, 1re partie, p. 351 — rapporte qu'en 1535 le noble vénitien Soriano consigna le sobriquet moqueur visant Farnèse en raison de la relation entre sa sœur Giulia et Alexandre VI (texte consulté via archive.org).

    11 18 20
  8. « Pope Clement VII », dans The Catholic Encyclopedia (newadvent.org/cathen/04024a.htm). Texte original anglais : « the pope seems to have had a horror of the idea of convoking a general council, foreseeing, no doubt, grave difficulties with France in any such attempt ».

    12
  9. « Council of Trent », dans The Catholic Encyclopedia, vol. XV, 1912 (newadvent.org/cathen/15030c.htm) — convocations successives (Mantoue 1537, Vicence 1538), ouverture du 13 décembre 1545, huit premières sessions sous Paul III (sessions I-VII dogmatiques : Écritures, péché originel, justification ; session VIII du 11 mars 1547 ordonnant le transfert), transfert à Bologne (1547) et suspension (proclamée le 13 septembre 1549, exécutée le 17).

    13 41 46 48 49 51 52
  10. « Pope Paul III », Wikipedia (encyclopédie en ligne, recoupée avec les sources primaires) — dates de naissance (29 février 1468, Canino), liaison avec Silvia Ruffini et les quatre enfants, surnom cardinale della gonnella, légitimations de 1505 et 1513, excommunication d'Henri VIII (17 décembre 1538), duché de Parme (1545), assassinat de Pier Luigi (10 septembre 1547), mécénat de Michel-Ange, tombeau de Guglielmo della Porta.

    15 22 26 32 71 84 86 90 92 95 99
  11. Will Durant, The Renaissance (The Story of Civilization, t. V), New York, Simon & Schuster, 1953, chapitre sur Alexandre VI et les Borgia — les Romains surnommèrent le jeune cardinal Farnèse « il cardinale della gonnella » (« le cardinal du jupon »), allusion à la faveur dont sa sœur Giulia jouissait auprès d'Alexandre VI. Texte anglais : « called him il cardinale della gonnella — the cardinal of the petticoat ».

    23
  12. Helge Gamrath, Farnese: Pomp, Power, and Politics in Renaissance Italy, Rome, L'Erma di Bretschneider, 2007 — monographie savante sur la maison Farnèse : Jules II légitime les deux fils aînés en juillet 1505 pour leur permettre d'hériter des biens Farnèse ; Léon X publie une seconde légitimation de Pier Luigi et légitime Ranuccio le 23 juin 1513 (Paolo étant déjà mort).

    27
  13. « Pope Paul III », The Catholic Encyclopedia, vol. XI, 1911. Texte original anglais : « the piety and zeal, which had characterized him after he was ordained priest, caused men to overlook the extravagance of his earlier years ».

    30
  14. « Pope Paul III », The Catholic Encyclopedia, vol. XI, 1911. Texte original anglais : « He was universally recognized as the man of the hour [...] lost no time in setting about the most needed reforms » (élection d'octobre 1534 et convocation d'un concile général dès juin 1536).

    39
  15. Paul III, bulle Laetare Ierusalem, 19 novembre 1544 — convocation du concile à Trente, fixée d'abord au dimanche de Lætare (15 mars 1545), avec trois objectifs : guérir la division confessionnelle, réformer l'Église, organiser la défense contre les Turcs. Ouverture effective le 13 décembre 1545.

    44 45 47
  16. Commission cardinalice de réforme (Contarini, Carafa, Sadoleto, Pole, Cortese, Giberti, Fregoso, Aleandro, Badia), Consilium de emendanda ecclesia (« Avis sur la réforme de l'Église »), remis à Paul III en 1537 — rapport dénonçant la vénalité des charges et le cumul des bénéfices ; document repris ensuite par les polémistes protestants.

    54 55 56
  17. Paul III, bulle Regimini militantis Ecclesiae, 27 septembre 1540 — approbation canonique de la Compagnie de Jésus fondée par Ignace de Loyola, d'abord limitée à soixante profès (limite levée en 1543).

    57
  18. Paul III, bulle Licet ab initio, 21 juillet 1542 — érection de la Suprême Congrégation de l'Inquisition romaine et universelle, commission de six cardinaux chargés « de maintenir et de défendre l'intégrité de la foi, d'examiner et de proscrire les erreurs et les fausses doctrines ». Texte original : « to maintain and defend the integrity of the faith and to examine and proscribe errors and false doctrines ».

    59 60 62
  19. Paul III, bulle Sublimis Deus, 2 juin 1537 (texte sur papalencyclicals.net/paul03/p3subli.htm) — déclaration de la pleine humanité des peuples des Amériques. Texte latin/anglais cité : « the Indians are truly men [...] are by no means to be deprived of their liberty or the possession of their property [...] nor should they be in any way enslaved ».

    65 66 67 68 69
  20. Bulle Cum redemptor noster, 17 décembre 1538 — renouvelle l'exécution de la bulle du 30 août 1535 (Eius qui immobilis, suspendue dans l'espoir d'un amendement d'Henri VIII), après la destruction du sanctuaire de saint Thomas Becket à Cantorbéry ; cf. History Today, « The Excommunication of Henry VIII » : « In the bull of excommunication promulgated on 17 December 1538... ». La Catholic Encyclopedia, art. « Pope Paul III » (vol. XI), ne traite pas cet épisode, d'où la citation de la bulle elle-même plutôt que de CE.

    72
  21. Titien (Tiziano Vecellio), Le Pape Paul III et ses petits-fils (Ritratto di Paolo III con i nipoti), 1546, huile sur toile (inachevée), Museo di Capodimonte, Naples — et Portrait de Paul III (vers 1543, même musée).

    93
  22. « Pope Paul III », The Catholic Encyclopedia, vol. XI, 1911. Texte original anglais : « It broke the old man's heart, when he learned that his favourite grandson, Cardinal Farnese, was a party to the transaction » (négociation du sort de Parme et Plaisance avec l'Empire).

    96
  23. Psaume 127 (126), 1 : « Nisi Dominus aedificaverit domum, in vanum laboraverunt qui aedificant eam » (Vulgate) — « Si le Seigneur ne bâtit la maison, en vain travaillent les bâtisseurs. »

    97