Pape Jules III (1487-1555)

Élu en 1550 après l'un des plus longs conclaves de l'histoire, Jules III rouvrit le concile de Trente, réconcilia l'Angleterre de Marie Tudor et fonda le Collège germanique — mais son pontificat reste marqué par sa Villa Giulia, son goût du repos et le scandale du cardinal Innocenzo del Monte.

Ignispedia

Jules III (Iulius III), né Giovanni Maria Ciocchi del Monte le 10 septembre 1487 à Rome, d'une famille toscane originaire de Monte San Savino, gouverne l'Église romaine du 7 février 1550 (élection ; couronné le 22 février[1]) au 23 mars 1555. Juriste de formation plutôt que théologien, il avait été le premier des trois légats co-présidents du concile de Trente sous Paul III : c'est lui qui en avait ouvert la première session le 13 décembre 1545.[2][3][4]

Son élection est le fruit de l'un des plus longs conclaves de l'histoire — dix semaines, soixante et un scrutins — au terme duquel le cardinal anglais Reginald Pole échoua à deux voix de la tiare et où del Monte s'imposa comme candidat de compromis entre la faction française d'Henri II, la faction impériale de Charles Quint et le clan Farnèse.[5][6]

Le pontificat oscille entre de grandes décisions et un retrait progressif des affaires. Jules III rouvrit le concile de Trente pour sa deuxième période (1551-1552), où furent définis les décrets sur l'Eucharistie, la pénitence et l'extrême-onction ; il réconcilia l'Angleterre de Marie Tudor avec Rome en envoyant le cardinal Pole comme légat (1554) ; il fonda le Collège germanique confié aux jésuites (1552) et soutint la jeune Compagnie de Jésus de saint Ignace de Loyola.[7][8][9]

Mais la mémoire historique retient surtout l'ombre : un pape qui, son zèle réformateur retombé, se retira dans sa Villa Giulia où il passa l'essentiel de son temps « dans l'aise et le repos », et dont le népotisme culmina dans le scandale d'Innocenzo del Monte, jeune garçon élevé au cardinalat. La grande tache de son pontificat, écrit l'historiographie catholique, fut le népotisme.[10][11] Comprendre Jules III, c'est tenir ensemble le juriste compétent qui rouvrit Trente et protégea les jésuites, et l'homme de plaisir qui laissa la réforme inachevée — sans confondre la sainteté de l'Église avec la sainteté personnelle de ses pontifes.

Pourquoi Jules III déconcerte les historiens

Peu de pontificats illustrent aussi nettement le contraste entre les actes et l'homme. En cinq ans, Jules III prend trois décisions qui pèseront durablement sur la Contre-Réforme : la réouverture du concile de Trente, la fondation du Collège germanique et l'appui décisif aux jésuites, sans compter la spectaculaire réconciliation de l'Angleterre. Aucune n'est mineure ; toutes annoncent l'Église tridentine.[12][13]

Et pourtant, le même pape passe à la postérité comme un amateur de villégiature, plus attaché à sa villa et à ses divertissements qu'au gouvernement de la chrétienté.[14][15] La notice de la Catholic Encyclopedia comme la synthèse de Pastor portent le même jugement : l'énergie du légat de Trente s'éteignit une fois la tiare obtenue.[16][17]

Ce double visage rend le personnage instructif. Il montre qu'un pontificat peut être fécond par ses institutions et décevant par son titulaire ; que la Providence se sert d'instruments imparfaits ; et que la distinction entre l'office et la personne — entre l'indéfectibilité de l'Église et la médiocrité possible d'un pape — n'est pas une excuse apologétique tardive, mais la condition pour comprendre ce pontificat sans s'y tromper.

Les sources principales

Le pontificat de Jules III est documenté par les actes pontificaux, les dépêches diplomatiques des ambassades impériale, française et vénitienne, et par la grande tradition historiographique sur la papauté de la Renaissance.

SourceNatureApport pour Jules III
The Catholic Encyclopedia, art. « Pope Julius III » (vol. 8, 1910)notice encyclopédique catholiquebiographie d'ensemble, dates, jugement sur le népotisme
Ludwig von Pastor, Histoire des papes, t. XIIIgrande synthèse documentéerécit détaillé du pontificat à partir des archives
New Catholic Encyclopedia / Encyclopedia.com, art. « Julius III »notice savantecommission de réforme, deuxième période de Trente
Décrets du concile de Trente, sessions XIII et XIV (1551)sources conciliairesdoctrine eucharistique et sacramentelle de la 2ᵉ période
Bulle Dum sollicita (31 août 1552)acte pontificalfondation du Collège germanique
Giorgio Vasari, Le Vite (1568)source artistique contemporaineVilla Giulia, protection de Michel-Ange

Comme pour tous les papes de la Renaissance, la règle est de distinguer les faits publics (actes, bulles, sessions conciliaires, dates de consistoire), bien établis, des rumeurs de cour, qu'il faut rapporter avec prudence sans les ériger en certitudes ni les passer sous silence.

Giovanni Maria Ciocchi del Monte : le juriste devenu cardinal

Une famille toscane au service de la curie

Giovanni Maria Ciocchi del Monte naît le 10 septembre 1487 à Rome — c'est le lieu que donne la Catholic Encyclopedia (vol. 8 : « Born at Rome, 10 September, 1487 ») —, où sa famille était établie au service de la curie, tout en rappelant son origine toscane, à Monte San Savino, près d'Arezzo.[18][19] Son oncle, Antonio Maria Ciocchi del Monte, fut un canoniste réputé et un cardinal influent : c'est dans son sillage que le neveu fit carrière dans l'Église et le droit.[20]

Le canoniste : Pérouse, Sienne et la curie

Le futur pape étudie la jurisprudence à Pérouse et à Sienne, puis la théologie sous le dominicain Ambrosius Catharinus.[21] Les contemporains le tiennent pour un brillant canoniste plus que pour un théologien — trait qui marquera tout son pontificat, où il excellera dans la procédure et l'administration plutôt que dans la doctrine.[22][23] Il succède à son oncle comme archevêque de Siponte (vers 1512), puis devient évêque de Pavie en 1520.[24][25]

Otage des Impériaux lors du sac de Rome (1527)

Sous Clément VII, del Monte est vice-légat de Pérouse, puis par deux fois préfet de Rome.[26][27] Lors du terrible sac de Rome de 1527, quand les troupes impériales mettent la ville à feu et à sang, il figure parmi les prélats livrés en otages aux Impériaux pour garantir l'exécution des accords entre le pape et l'empereur.[28][29] L'épisode forge sa connaissance des grandes puissances et nourrira la méfiance que la faction impériale lui gardera plus tard au conclave.

Cardinal et premier des légats co-présidents du concile de Trente (1545)

Créé cardinal-prêtre de San Vitale le 22 décembre 1536 par Paul III, del Monte devient l'un des hommes de confiance du pape pour la grande affaire du siècle : la convocation d'un concile général.[30][31] Nommé premier des légats co-présidents du concile en février 1545, c'est lui qui, le 13 décembre 1545, en ouvre la première session par une brève allocution.[32][33][34]

« Le concile fut ouvert le 13 décembre 1545 ; le cardinal del Monte, premier des trois légats, le présida. » — d'après The Catholic Encyclopedia, art. « Council of Trent »[35]

Cette présidence est décisive pour la suite : elle fait de lui, aux yeux de l'Europe, l'homme du concile. C'est aussi ce qui inquiétera Charles Quint, car del Monte avait soutenu le translatement du concile de Trente à Bologne en 1547 — une décision que l'empereur tenait pour une manœuvre hostile.[36][37]

Le conclave de 1549-1550 : dix semaines et soixante et un scrutins

La mort de Paul III et l'enjeu de Trente

Le cardinal Reginald Pole (1500-1558), grand favori du conclave de 1549-1550. Le 5 décembre 1549, il échoua à deux voix seulement de la tiare ; cinq ans plus tard, Jules III l'enverra comme légat réconcilier l'Angleterre de Marie Tudor avec Rome. Portrait par Sebastiano del Piombo, domaine public (Wikimedia).

Paul III meurt le 10 novembre 1549. Le conclave qui s'ouvre le 29 novembre 1549 est, au moment où il se tient, le plus nombreux de l'histoire — jusqu'à cinquante et un cardinaux présents — et l'un des plus longs.[38] Deux enjeux le dominent : faut-il, et à quelles conditions, rouvrir le concile de Trente (Charles Quint le veut, Henri II le refuse) ? Et à qui reviendront les duchés de Parme et Plaisance, revendiqués à la fois par l'empereur et par la maison Farnèse ?[39]

Reginald Pole à deux voix de la tiare

Le grand favori des premières semaines est le cardinal anglais Reginald Pole, figure spirituelle respectée et proche de la réforme catholique. Le 5 décembre 1549, il obtient vingt-six voix, à deux voix seulement de la majorité des deux tiers requise.[40] Mais Pole refuse d'être élu « par acclamation » nocturne, préférant attendre un vote en règle — et l'arrivée échelonnée des cardinaux français, à partir du 11 décembre, fait fondre son avance : il ne réunira plus que vingt-trois ou vingt-quatre voix.[41]

Le candidat de compromis

Combattu au départ par les deux camps — par les Impériaux à cause de son rôle dans le transfert du concile, par les Français à cause de sa naissance modeste et de rumeurs sur sa vie privée —, del Monte finit par rallier des soutiens contradictoires : les Français pour son hostilité supposée à l'Empire, les Farnèse parce qu'il s'engage à soutenir la revendication d'Ottavio Farnèse sur Parme, et quelques Impériaux parce que, si les instructions initiales de Charles Quint l'avaient expressément exclu de la liste des candidats[42], sa dernière lettre, peu avant le 7 février 1550, ne l'excluait plus nommément[43][44] Le 7 février 1550, au soixante et unième scrutin[45], il est élu « à l'unanimité » par accès et prend le nom de Jules III.[46] Il est couronné le 22 février 1550.[47]

Pourquoi le nom de Jules III

Le choix du nom est attesté comme fait : del Monte prend le nom de Jules III[48][49]. Mais son motif n'est documenté par aucune des sources principales : ni la notice de la Catholic Encyclopedia, ni Pastor n'en donnent la raison. L'hypothèse d'un hommage à Jules II — le pape qui avait créé cardinal son oncle Antonio Maria au consistoire du 10 mars 1511 — reste donc une hypothèse : plausible, mais non attestée.[50] Si elle est juste, le nom dirait d'abord une gratitude familiale — un signe avant-coureur, peut-être, du poids que la parenté pèsera sur ce pontificat.

Le concile de Trente, deuxième période (1551-1552)

L'angle de cet article étant le pontificat, on renvoie pour la doctrine et le détail des canons à l'article dédié sur le concile de Trente. Reste ici le rôle propre de Jules III : avoir rouvert le concile interrompu et avoir tenu sa deuxième période contre les vents politiques.

La réouverture du 1ᵉʳ mai 1551

Dès son élection, Jules III rétablit la confiance de Charles Quint en ramenant le concile à Trente et en convoquant sa reprise. La deuxième période s'ouvre le 1ᵉʳ mai 1551, sous la présidence du cardinal Marcello Crescenzi.[51][52] C'est un succès diplomatique : le pape réconcilie l'exigence impériale d'un concile en terre d'Empire avec l'autorité romaine.

Les décrets eucharistiques et sacramentels

Cette deuxième période est dogmatiquement majeure. La treizième session (11 octobre 1551) promulgue le grand décret sur la présence réelle et la transsubstantiation, contre les doctrines protestantes.[53][54] La quatorzième session (25 novembre 1551) définit les sacrements de pénitence et d'extrême-onction.[55][56]

« Si quelqu'un nie que, dans le très saint sacrement de l'Eucharistie, sont contenus vraiment, réellement et substantiellement le Corps et le Sang [...] de Notre-Seigneur Jésus-Christ [...], qu'il soit anathème. » — Concile de Trente, session XIII, canon 1 (11 octobre 1551)[57]

Ces définitions, rendues possibles par la réouverture voulue de Jules III, forment le socle de la théologie sacramentelle tridentine pour les siècles suivants.

La suspension du 28 avril 1552

La guerre rattrape le concile. En mars 1552, Maurice de Saxe, à la tête des princes protestants et allié à la France, reprend les armes contre Charles Quint et marche vers le Tyrol, menaçant Trente même.[58] Devant l'effondrement de la situation militaire, le concile est suspendu sine die le 28 avril 1552.[59][60] Il ne rouvrira qu'en 1562, sous Pie IV, pour sa troisième et dernière période. Jules III n'aura donc pas vu Trente s'achever, mais c'est sous son pontificat que les sacrements y reçurent leur définition.

La réconciliation de l'Angleterre (1554)

Le plus éclatant succès du règne vient d'outre-Manche. À la mort d'Édouard VI, l'avènement de Marie Tudor (1553), catholique fervente, ouvre la perspective d'un retour de l'Angleterre à la communion romaine, vingt ans après le schisme d'Henri VIII.[61]

Jules III envoie comme légat le cardinal Reginald Pole — l'ancien favori du conclave de 1550, Anglais lui-même et cousin de la reine. Le 30 novembre 1554, devant le Parlement, Pole absout solennellement le royaume et le réconcilie avec le Saint-Siège.[62][63]

« Un envoyé fut dépêché par le Parlement anglais auprès de Jules III pour l'informer de la soumission formelle du pays. » — d'après la notice « Pope Julius III »[64]

La réconciliation sera de courte durée — la mort de Marie en 1558 et l'avènement d'Élisabeth Iʳᵉ la renverseront —, mais elle reste, sur le moment, un triomphe pour Rome et le point culminant diplomatique du pontificat.

Le Collège germanique et l'appui aux jésuites (1552)

Face à l'avancée du protestantisme en Allemagne, Jules III prend une décision d'une portée immense pour la Contre-Réforme : la fondation du Collège germanique (Collegium Germanicum) à Rome, destiné à former un clergé allemand solide et romain.[65]

L'initiative revient au cardinal Giovanni Morone et à saint Ignace de Loyola ; le pape l'approuve, la dote d'une rente annuelle et la consacre par la bulle Dum sollicita du 31 août 1552.[66][67] La direction en est confiée à la Compagnie de Jésus ; Ignace ouvre le collège le 28 octobre suivant.[68]

« Jules III confirma la constitution de la Compagnie de Jésus le 21 juillet 1550, et fonda le Collège germanique pour former à Rome des prêtres allemands le 31 août 1552, en le dotant d'une rente annuelle. » — Encyclopedia.com, art. « Julius III »[69]

Le 21 juillet 1550, en effet, Jules III avait déjà confirmé et complété la règle de la Compagnie de Jésus par la bulle Exposcit debitum, prolongeant l'approbation initiale de Paul III.[70][71] Par ces actes, ce pape souvent jugé indolent a armé l'Église pour deux siècles de reconquête missionnaire et doctrinale : le Collège germanique formera des générations d'évêques de la Réforme catholique.

La guerre de Parme et la neutralité impossible (1551-1552)

La promesse faite aux Farnèse au conclave se retourne vite contre le pape. Ottavio Farnèse, petit-fils de Paul III, refusant de céder Parme, s'allie à la France. Jules III, d'abord favorable aux Farnèse, bascule alors du côté de Charles Quint et engage une guerre pour Parme (1551-1552) aux côtés des Impériaux.[72][73]

La campagne tourne mal : coûteuse, indécise, elle détourne le pape de la réforme et accélère la suspension du concile, dont elle est l'une des causes politiques.[74][75] Lassé, Jules III conclut la paix en 1552, renonçant à l'aventure militaire. L'épisode révèle la limite de sa politique : faute de pouvoir s'imposer entre la France et l'Empire, il choisit finalement le retrait et la neutralité — au prix de son prestige.

Le Jubilé de 1550

L'Année sainte de 1550 avait été proclamée par Paul III, mort avant de pouvoir l'ouvrir. C'est donc le nouveau pape qui, sitôt couronné, ouvre et préside le Jubilé : quelques jours après son élection, il ouvre l'Année sainte promulguée par son prédécesseur par la bulle Si pastores ovium, datée du 24 février 1550.[76] Des dizaines de milliers de pèlerins affluent à Rome. Le Jubilé donne au pontificat naissant un éclat populaire et inscrit Jules III dans la longue tradition des Années saintes romaines, inaugurée par Boniface VIII en 1300.

Le mécène : Villa Giulia, Palestrina, Michel-Ange

La Villa Giulia

La Villa Giulia, résidence de plaisance construite pour Jules III aux portes de Rome par Vignola, Ammannati et Vasari, Michel-Ange étant consulté. Le pape y passait, dit-on, l'essentiel de son temps « dans l'aise et le repos ». Aujourd'hui Musée national étrusque. Photo domaine public (Wikimedia).

Passé l'élan des premiers mois, Jules III se retire de plus en plus du gouvernement quotidien pour se consacrer à ses divertissements et à la construction de sa résidence de plaisance, la Villa Giulia, aux portes de Rome.[77] Il y emploie les plus grands : l'architecte Vignola (Jacopo Barozzi), assisté de Bartolomeo Ammannati et de Giorgio Vasari, tandis que Michel-Ange lui-même est consulté.[78][79] Le pape y passe, écrit-on, l'essentiel de son temps « dans l'aise et le repos ».[80]

Ce goût du loisir nourrit la réputation d'un pontife plus prince Renaissance que pasteur. La Catholic Encyclopedia résume le tableau : retiré dans le « luxurious palace » de la Villa Giulia, le pape y passait, écrit-elle, « most of his time in ease and comfort » — image qui, juste ou exagérée, collera à sa mémoire.[81][82]

Palestrina et la Cappella Giulia

Palestrina présente son premier livre de messes à Jules III : la célèbre gravure du frontispice du Missarum liber primus (Rome, 1554). Le pape avait nommé le compositeur maestro de la Cappella Giulia ; cette dédicace marque l'un des sommets du mécénat musical du pontificat. Gravure domaine public (Wikimedia).

Le mécénat de Jules III a pourtant laissé une trace impérissable dans l'histoire de la musique sacrée. En 1551, le pape nomme Giovanni Pierluigi da Palestrina maestro de la Cappella Giulia, le chœur de la basilique Saint-Pierre.[83] En 1554, Palestrina lui dédie son premier livre de messes (Missarum liber primus), dont le frontispice gravé le montre agenouillé, présentant son œuvre au pape.[84]

« Palestrina dédia à Jules III son premier livre de messes, paru en 1554 ; le pape l'avait pris à son service comme maître de la Cappella Giulia. » — d'après les notices musicologiques de référence[85]

En janvier 1555, Jules III admet même Palestrina parmi les chantres de la chapelle Sixtine sans examen et bien qu'il fût marié — faveur irrégulière qui sera annulée après la mort du pape, mais qui témoigne de la haute estime portée au plus grand polyphoniste de la Réforme catholique.[86]

La protection de Michel-Ange

Jules III est aussi le pape qui confirme et protège Michel-Ange comme architecte de la nouvelle basilique Saint-Pierre. Contre les deputati de la Fabrique qui critiquaient le vieux maître, le pape lui maintient sa pleine autorité sur le chantier, assurant la continuité de l'œuvre commencée sous Jules II.[87][88] Vasari rapporte l'affection et la confiance du pontife pour l'artiste, qu'il défendit jusqu'au bout.[89]

L'ombre du pontificat : Innocenzo del Monte et le népotisme

La grande tache du règne, de l'aveu même de l'historiographie catholique, fut le népotisme.[90] Il prit un visage particulièrement choquant avec Innocenzo Ciocchi del Monte.

Innocenzo était un jeune garçon de condition très modeste — un mendiant ramassé dans les rues de Parme, employé comme valet dans la maison del Monte, dont l'âge est diversement donné entre quatorze et dix-sept ans.[91] Devenu pape, Jules III le fit adopter par son frère, puis l'éleva au cardinalat dès son premier consistoire, le 30 mai 1550.[92] Le jeune homme se révéla totalement inapte à la charge.

Les contemporains s'en scandalisèrent ouvertement. Selon la synthèse historique courante, les cardinaux Reginald Pole et Gian Pietro Carafa (le futur Paul IV) auraient mis le pape en garde contre le scandale que l'élévation d'un jeune homme sans père ne manquerait pas de susciter — propos rapporté au second degré, dont le texte exact ne remonte à aucune dépêche ou source primaire identifiée.[93] Le poète Joachim du Bellay, alors à Rome, raillait dans Les Regrets (1558), au sonnet CV (« De voir mignon du Roy un courtisan honneste ») : « Un Ganymède avoir le rouge sur la teste ».[94]

La nature exacte de la relation entre le pape et son protégé reste débattue : les rumeurs contemporaines furent graves et insistantes, mais elles relèvent de la chronique scandaleuse de cour autant que de faits prouvés. Ce qui est historiquement certain, c'est l'indignité d'une promotion qui faisait d'un adolescent inculte un prince de l'Église — un abus de népotisme que l'Église réformée de Trente s'emploiera précisément à abolir.

La tentative de réforme inachevée

Il serait injuste de réduire Jules III au seul scandale. Au début de son pontificat, le juriste reprend le chantier de la réforme : il institue dès 1550 une commission de réforme réunissant les cardinaux de Cupis, Carafa, Sfondrato, Crescenzi, Cibo et Pole, et rédige plus de cinquante brefs sur la discipline ecclésiastique.[95][96]

Le 16 septembre 1552, il met en chantier une réforme d'ensemble touchant les bénéfices, les rapports entre clergé régulier et séculier, la discipline monastique, l'habit clérical et l'administration curiale.[97] Mais sa mort empêcha la publication de la bulle d'application, et l'élan retomba avec le retrait du pape des affaires.[98][99] La réforme attendra ses successeurs — Marcel II, puis surtout Paul IV et saint Pie V — pour passer des intentions aux actes.

Chronologie du pontificat

  1. 10 septembre 1487
    Naissance

    Naissance de Giovanni Maria Ciocchi del Monte, à Rome, d'une famille toscane de Monte San Savino.

  2. 6 février 1545
    Premier président du concile de Trente

    Paul III le nomme premier légat-président ; il ouvre la première session le 13 décembre 1545.

  3. 7 février 1550
    Élection

    Élu au 61ᵉ scrutin après un conclave de dix semaines ; couronné le 22 février 1550.

  4. 30 mai 1550
    Cardinalat d'Innocenzo del Monte

    Au premier consistoire, le pape élève au cardinalat son jeune protégé — origine du grand scandale du règne.

  5. 21 juillet 1550
    Confirmation des jésuites

    Bulle Exposcit debitum confirmant et complétant la règle de la Compagnie de Jésus.

  6. 1ᵉʳ mai 1551
    Réouverture du concile de Trente

    Début de la deuxième période ; décrets sur l'Eucharistie (11 oct.), la pénitence et l'extrême-onction (25 nov.).

  7. 28 avril 1552
    Suspension du concile

    La révolte de Maurice de Saxe et la guerre obligent à suspendre Trente sine die.

  8. 31 août 1552
    Collège germanique

    Bulle Dum sollicita fondant le Collège germanique, confié aux jésuites.

  9. 30 novembre 1554
    Réconciliation de l'Angleterre

    Le légat Reginald Pole réconcilie l'Angleterre de Marie Tudor avec Rome.

  10. 23 mars 1555
    Mort

    Mort de Jules III à Rome ; il est inhumé au Vatican.

Bilan : un pape de transition

Les ombres

Le bilan personnel est lourd. Jules III laisse l'image d'un pape qui, la réforme à peine entamée, préféra le repos au gouvernement ; dont le népotisme atteignit un degré scandaleux avec Innocenzo del Monte ; et dont la guerre de Parme fut une faute politique coûteuse.[100][101]

Les lumières

Et pourtant, les institutions qu'il a portées comptent parmi les plus durables de la Contre-Réforme. La réouverture de Trente a permis la définition des sacrements ; le Collège germanique et l'appui aux jésuites ont armé l'Église pour la reconquête ; la réconciliation de l'Angleterre, même éphémère, fut un sommet diplomatique ; le mécénat de Palestrina a donné à la liturgie sa musique la plus pure.[102][103][104]

Pourquoi Jules III compte aujourd'hui

Jules III est le pape-charnière entre la papauté mondaine de la Renaissance et la papauté austère de la Réforme catholique. Avec lui s'achève le temps des pontifes-princes ; après lui viendront Marcel II, l'intransigeant Paul IV et le saint réformateur Pie V. Son pontificat illustre une vérité que la foi catholique tient sans gêne : l'Église peut être servie par des instruments médiocres sans cesser d'être sainte, parce que sa sainteté vient du Christ et non de la perfection de ses ministres.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Couronné le 22 février 1550 par le cardinal Innocenzo Cibo (Cybo), en qualité de premier cardinal-diacre (protodiacre). Source indépendante de Wikipedia : S. Miranda, The Cardinals of the Holy Roman Church, notice d'Innocenzo Cibo (consistoire du 23 septembre 1513), http://cardinals.fiu.edu/bios1513.htm (passage vérifié) : « Participated in the conclave of 1549-1550, which elected Pope Julius III. He crowned Pope Julius III on February 22, 1550 » ; « Cardinal protodeacon ».

    1 47
  2. « Pope Julius III », The Catholic Encyclopedia, vol. 8, New York, Robert Appleton Company, 1910, New Advent, https://www.newadvent.org/cathen/08564a.htm. Passages vérifiés : naissance et mort (« Born at Rome, 10 September, 1487 ; died there, 23 March, 1555 »), formation (« studied jurisprudence at Perugia and Siena, and theology under the Dominican, Ambrosius Catharinus »), élection (« duly elected on 7 February, 1550, after a conclave of ten weeks »), retrait à la Villa Giulia (« He withdrew to his luxurious palace, the Villa Giulia... Here he spent most of his time in ease and comfort »), et le jugement : « The great blemish in his pontificate was nepotism ».

    2 10 16 18 20 21 22 24 26 28 30 32 42 46 49 64 80 81 90 100
  3. « Council of Trent », The Catholic Encyclopedia, vol. 15, New York, 1912, New Advent, https://www.newadvent.org/cathen/15030c.htm. Passages vérifiés : « Cardinals Giovanni del Monte, Marcello Cervini, and Reginald Pole were appointed in February, 1545, as the papal legates to preside at the council » ; première session fixée au 13 décembre 1545, tenue « after the first president of the council, Cardinal del Monte, had celebrated » ; deuxième période rouverte le 1ᵉʳ mai 1551 ; session XIII sur l'Eucharistie (11 octobre 1551) ; session XIV sur la pénitence et l'extrême-onction (25 novembre 1551) ; suspension le 28 avril 1552.

    3 7 12 33 35 51 54 56 60 102
  4. Art. « Julius III », Encyclopaedia Britannica, https://www.britannica.com/biography/Julius-III. Passages vérifiés : « he served as co-president of the Council of Trent in 1545, with cardinals Cervini (later Pope Marcellus II) and Pole » ; « Elected pope on Feb. 7, 1550... he appointed a commission that recommended resumption of the Council of Trent, which Julius reopened on May 1, 1551 ».

    4 34
  5. Synthèse au second degré : art. « 1549–1550 papal conclave », Wikipedia, compilant L. von Pastor (t. XIII) et K. M. Setton, The Papacy and the Levant. Relèvent de cette synthèse les précisions chiffrées et mécaniques : 26 voix pour Pole le 5 décembre 1549, arrivée des cardinaux français à partir du 11 décembre, 61 scrutins, refus d'une élection par acclamation nocturne, dernière lettre de Charles Quint n'excluant plus nommément del Monte. Le fait central — Pole à deux voix de la tiare — est corroboré par la Catholic Encyclopedia, vol. 12, art. « Pole, Reginald » (« nearly two-thirds of the votes »), et par la Catholic Historical Review 89/2 (2003) (« twenty-six votes (two short of the required majority) »). Le cadre, lui, est porté au primaire par la Catholic Encyclopedia, art. « Pope Julius III » : conclave de dix semaines, élection le 7 février 1550 « although the emperor had expressly excluded him from the list of candidates », compromis entre « the adherents of Farnese and the French party », promesse sur Parme tenue en faveur d'Ottavio Farnese.

    5 36 38 39 40 41 43 45 48 72
  6. Ludwig von Pastor, Histoire des papes depuis la fin du Moyen Âge, t. XIII (Jules III, Marcel II, Paul IV), trad. fr., Paris, Plon. Récit détaillé du conclave, de la guerre de Parme, du retrait du pape et du népotisme à partir des archives romaines et des dépêches diplomatiques ; référence de l'édition anglaise donnée par la bibliographie de la New Catholic Encyclopedia : The History of the Popes from the Close of the Middle Ages, Londres–Saint-Louis, 1938–1961, vol. 13, pp. 1–335. Texte consulté au niveau du chapitre « Jules III (1550-1555) » du miroir en ligne (sans pagination exacte disponible) : la commission de réforme y est donnée nommée dès mars 1550 ; la liste exacte de ses membres est citée verbatim d'après la New Catholic Encyclopedia (voir [^nce]).

    6 11 14 17 23 37 44 63 73 101
  7. Jules III, bulle Dum sollicita, 31 août 1552, fondant le Collegium Germanicum à Rome ; initiative du cardinal Giovanni Morone et de saint Ignace de Loyola ; direction confiée à la Compagnie de Jésus, ouverture le 28 octobre 1552. Passages vérifiés : The Catholic Encyclopedia (« at the instance of St. Ignatius issued the Bull of foundation for the Collegium Germanicum on 31 August, 1552, and granted it an annual subsidy ») et art. « Collegium Germanicum et Hungaricum » (« established on 31 August 1552... with the bull Dum sollicita... initiative... taken by Cardinal Giovanni Morone and Ignatius Loyola... formally opened it on 28 October »). Le texte latin de la bulle n'a pas été consulté directement.

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  8. « Pope Julius III », The Catholic Encyclopedia (réf. ci-dessus) et L. von Pastor, t. XIII : envoi du cardinal Reginald Pole comme légat en Angleterre sous Marie Tudor ; réconciliation solennelle du royaume avec Rome le 30 novembre 1554. Date confirmée par History of Parliament Online (« On 30 November the Pope's representative, Reginald Pole, formally forgave Parliament and the English people ») et par l'Oxford Dictionary of National Biography (notice Reginald Pole : « on St Andrew's day (30 November), Pole formally... »).

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  9. Sur la Villa Giulia (aujourd'hui Musée national étrusque) : la distribution des rôles — premier projet de Vignola (Jacopo Barozzi, 1551-1553), nymphée et jardins d'Ammannati sous la supervision de Vasari — suit la synthèse historico-artistique courante (art. « Villa Giulia », § Design), rapportée ici au second degré ; le point décisif — Michel-Ange consulté pour la Vigna Giulia — est attesté au primaire par Vasari lui-même (voir [^vasari]). Le retrait du pape dans sa villa est attesté par la Catholic Encyclopedia : « He withdrew to his luxurious palace, the Villa Giulia... Here he spent most of his time in ease and comfort » ; la New Catholic Encyclopedia (voir [^nce]) confirme qu'il « erected the luxurious Villa Giulia at the Porta del Popolo ».

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  10. The Catholic Encyclopedia (vol. 8) tranche pour Rome : « Born at Rome, 10 September, 1487 ». Certaines notices secondaires indiquent Monte San Savino (Toscane), berceau de la famille — ainsi la notice biographique « Julius III » (On This Day : « Birthplace: Monte San Savino, Tuscany »). La famille Ciocchi del Monte était toscane, établie au service de la curie romaine.

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  11. Passage vérifié de The Catholic Encyclopedia, art. « Pope Julius III » : « In 1512 he succeeded his uncle Antonio del Monte as Archbishop of Siponto (Manfredonia), and in 1520 as Bishop of Pavia, retaining, however, the administration of Siponto ». L'Oxford Dictionary of the Christian Church (notice « Julius III ») donne 1511 pour Siponte : le « vers 1512 » du corps de l'article maintient cette prudence.

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  12. Passages vérifiés de The Catholic Encyclopedia, art. « Pope Julius III » : « Later he became vice-legate of Perugia, and under Clement VII was twice appointed prefect of Rome » ; « After the Sack of Rome (1527) he was one of the hostages given by Clement VII to the Imperialists, and would have been killed by the imperial Landsknechte in the Campo di Fiori, had he not been secretly liberated by Cardinal Pompio Colonna ». La New Catholic Encyclopedia rend la même charge par « served two terms as governor of Rome ».

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  13. Créé cardinal-prêtre du titre de San Vitale le 22 décembre 1536 par Paul III. Voir The Cardinals of the Holy Roman Church, biographical dictionary (cardinals.fiu.edu).

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  14. Le fait est attesté — « The new pope took the name of Julius III » (The Catholic Encyclopedia, art. « Pope Julius III ») — mais le motif n'est donné par aucune des sources principales (ni la notice, ni L. von Pastor, Histoire des papes, t. XIII). Le lien familial, lui, est documenté : Antonio Maria Ciocchi del Monte fut créé cardinal par Jules II au consistoire du 10 mars 1511 (voir The Cardinals of the Holy Roman Church, consistoire du 10 mars 1511 ; GCatholic.org, « Cardinals Created by Julius II »). L'interprétation en termes de gratitude reste donc une hypothèse non attestée.

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  15. « Julius III, Pope », New Catholic Encyclopedia / Encyclopedia.com, https://www.encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/julius-iii-pope (article en ligne, sans pagination ; passages vérifiés verbatim) : « As early as 1550 he appointed a commission of Cardinals Domenico de Cupis, Gian Pietro Caraffa (later Paul IV), Francesco Sfrondato, Marcello Crescenzi, Innocenzo Cibo, and Reginald Pole to prepare a schema of reform. He wrote more than 50 briefs on reform, and on Sept. 16, 1552, he initiated a program to control the conferring of benefices, the relationships between regular and secular clergy, monastic discipline, clerical dress, and changes in curial administration. He planned a bull to implement these measures, but his death prevented its publication. » ; même article (vérifié verbatim) : constitution des jésuites confirmée le 21 juillet 1550, Collège germanique fondé le 31 août 1552 « at the suggestion of St. Ignatius », « appointed Michaelangelo chief architect of St. Peter's », Villa Giulia « erected » à la Porta del Popolo, scandale du chapeau donné à « a youth of 17, who was adopted by his brother, Baldovino del Monte ».

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  16. Concile de Trente, session XIII, Décret sur le très saint sacrement de l'Eucharistie, 11 octobre 1551 (canons sur la présence réelle et la transsubstantiation). Texte dans H. Denzinger, Enchiridion symbolorum, nᵒˢ 1635 sq. (numérotation Schönmetzer, vérifiée : la session XIII s'ouvre au n. 1635 — ancienne numérotation Denzinger-Bannwart : 873a). Latin vérifié mot à mot sur le texte conciliaire promulgué (Concilium Tridentinum, éd. latine : « Si quis negaverit in sanctissimo Eucharistiae sacramento contineri vere realiter et substantialiter corpus et sanguinem una cum anima et divinitate Domini nostri Iesu Christi ac proinde totum Christum sed dixerit tantummodo esse in eo ut in signo vel figura aut virtute: anathema sit » — seule la ponctuation diffère). Texte latin complet du canon 1 : « Si quis negaverit, in sanctissimo Eucharistiae sacramento contineri vere, realiter et substantialiter corpus et sanguinem una cum anima et divinitate Domini nostri Iesu Christi, ac proinde totum Christum; sed dixerit tantummodo esse in eo ut in signo vel figura aut virtute: anathema sit. »

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  17. Concile de Trente, session XIV, décrets sur les sacrements de pénitence et d'extrême-onction, 25 novembre 1551. Voir Denzinger, Enchiridion symbolorum, nᵒˢ 1667 sq. (numérotation Schönmetzer, vérifiée : la doctrine de la session XIV sur la pénitence s'ouvre au n. 1667 — ancienne numérotation Denzinger-Bannwart : 893a).

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  18. En mars 1552, Maurice de Saxe, allié à la France, reprend la guerre contre Charles Quint et marche vers le Tyrol, menaçant Trente. Le concile est suspendu sine die le 28 avril 1552. Sources : The Catholic Encyclopedia, art. « Council of Trent » ; L. von Pastor, Histoire des papes, t. XIII.

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  19. Site officiel du Jubilé, « Jubilees throughout History » (iubilaeum2025.va), passage vérifié : « 1550: Proclaimed by Paul III, presided over by Julius III » ; « A few days after his election, Pope Julius III opened the Holy Year promulgated by his predecessor Paul III, with the issuing of the Bull Si pastores ovium, dated 24 February 1550. » L'intitulé de la bulle et sa date sont donc corroborés ; la date du 24 février 1550 est celle de la bulle, le site ne précisant pas le jour du rite d'ouverture de la Porte Sainte. Titre corroboré par GCatholic.org (« Documents Issued in 1550 » : Bull Si pastores ovium proclaiming the Jubilee of 1550).

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  20. Giorgio Vasari, Le Vite de' più eccellenti pittori, scultori e architettori (Florence, 1568), « Vie de Michel-Ange », trad. angl. de Mrs. Jonathan Foster (Londres, Bohn, 1850-1852), vol. 5, « Life of Michelagnolo Buonarroti » — passages vérifiés (Wikisource, scan pp. 312-313 du vol. 5) : « In the same year, Pope Julius confirmed the Motu-proprio of Paul III. in respect to the fabric of San Pietro, and although the Sangallican faction found great fault with what Michelagnolo had ordered for the building, the Pontiff would at that time hear nothing of all they could say » ; « Nor would he suffer anything to be done without Michelagnolo's advice either at the Vigna Julia or the Belvedere ».

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  21. Sur le mécénat musical : Jules III nomme Giovanni Pierluigi da Palestrina maestro de la Cappella Giulia (chœur de Saint-Pierre) en 1551 ; Palestrina lui dédie son Missarum liber primus (premier livre de messes) en 1554, dont le frontispice gravé le montre agenouillé devant le pape ; en janvier 1555 (le 13 selon Grove), Jules III l'admet à la chapelle Sixtine sans examen bien qu'il fût marié — faveur annulée sous Paul IV avec une petite pension. Voir The Catholic Encyclopedia, art. « Giovanni Pierluigi da Palestrina » (https://www.newadvent.org/cathen/11421b.htm) et Grove Music (R. Sherr, 1994).

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  22. Jules III confirma l'autorité de Michel-Ange sur le chantier de Saint-Pierre contre les critiques de la Fabrique, garantissant la continuité du projet : Vasari, Vies, « Vie de Michel-Ange » (référence exacte en [^vasari]). Corroboré par la New Catholic Encyclopedia / Encyclopedia.com, art. « Julius III » (passage vérifié verbatim, voir [^nce]) : « appointed Michaelangelo chief architect of St. Peter's ».

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  23. Sur Innocenzo Ciocchi del Monte : jeune garçon de condition modeste ramassé dans les rues de Parme et employé comme valet dans la maison del Monte — la Catholic Encyclopedia précise « a youth of seventeen », adopté par Balduino, frère du pape —, puis créé cardinal au consistoire du 30 mai 1550 ; la même notice parle des « very disagreeable rumours » suscitées par cette élévation. La mise en garde prêtée aux cardinaux Pole et Carafa n'est rapportée qu'au second degré, par la synthèse courante (d'après Wikipedia, art. « Pope Julius III », qui cite la formule anglaise « the evil suppositions to which the elevation of a fatherless young man would give rise ») : aucune dépêche ni source primaire identifiée n'en donne le texte. Joachim du Bellay, Les Regrets (Paris, 1558), sonnet CV — texte vérifié mot à mot sur le texte validé de Wikisource d'après l'édition de 1558 : v. 1 « De voir mignon du Roy un courtisan honneste, » et v. 8 « Un Ganymède avoir le rouge sur la teste : » (numérotation CV = 105ᵉ sonnet, vérifiée ; aucune traduction n'est proposée dans l'article, la citation étant donnée dans le français original de 1558). Sources : « Pope Julius III », The Catholic Encyclopedia ; « Pope Julius III », Wikipedia (éléments de synthèse au second degré).

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  24. Sur la réforme : tous les éléments du corps de l'article (commission de 1550 et sa composition exacte, plus de cinquante brefs, programme du 16 septembre 1552 sur bénéfices, clergé régulier et séculier, discipline monastique, habit clérical et curie, bulle d'application non publiée du fait de la mort du pape) sont cités verbatim de la New Catholic Encyclopedia (voir [^nce]). En complément, Pastor, t. XIII, chap. « Jules III » (miroir en ligne, sans pagination exacte disponible) : commission nommée dès mars 1550.

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