Paul IV (Paulus IV), né Gian Pietro Carafa le 28 juin 1476 dans le royaume de Naples, gouverne l'Église de Rome du 23 mai 1555 au 18 août 1559. Élu à près de soixante-dix-neuf ans, ce vieux cardinal napolitain incarne, plus que tout autre, le visage austère et redoutable de la Réforme catholique : là où son prédécesseur lointain Paul III avait ouvert l'ère du redressement par le concile et les ordres nouveaux, Carafa entend réformer l'Église par la contrainte, le Saint-Office et la discipline de fer.[2][3]
Sa vie est celle d'un réformateur intégral avant d'être celle d'un pape. Cofondateur des Théatins avec saint Gaétan de Thiene en 1524, il a renoncé à ses revenus épiscopaux pour mener une vie d'ascèse ; il fut l'artisan principal de l'érection, par Paul III en 1542, de l'Inquisition romaine — c'est à son instigation que fut prise la bulle Licet ab initio —, et il en fut l'inquisiteur le plus zélé.[4] Devenu pape, il fait de ce tribunal l'instrument central de son gouvernement, publie le premier Index pontifical des livres interdits effectivement promulgué (1559 — un tirage romain de 1557 avait été retiré avant promulgation) et refuse obstinément de rouvrir le concile de Trente, qu'il juge inutile : Rome, croit-il, peut réformer seule.[5][6][7]
Mais l'intransigeance doctrinale se double chez lui de deux ombres qui assombrissent tout le règne. La première est politique : haïssant la domination espagnole sur sa Naples natale, Paul IV déclenche contre Philippe II une guerre désastreuse qui amène le duc d'Albe aux portes de Rome (1557). La seconde est familiale : ce pape rigoriste se laisse longtemps gouverner par ses neveux Carafa, dont il découvre tardivement les abus avant de les chasser dans une disgrâce spectaculaire.[8][9][10]
Comprendre Paul IV, c'est tenir ensemble deux vérités. D'un côté, un zèle réformateur sincère, héroïque même, qui a purifié la Curie et armé l'Église contre l'hérésie. De l'autre, une rigueur sans mesure — celle qui crée le ghetto de Rome, emprisonne des cardinaux et fait régner la peur — au point qu'à sa mort le peuple romain se soulève et jette sa statue dans le Tibre. Aucun pontificat ne montre mieux que la sainteté de l'Église ne se confond pas avec la douceur de ses pontifes, et que le zèle, sans la charité, peut blesser ce qu'il prétend sauver.[11][12]
Pourquoi Paul IV est le pape le plus intransigeant de la Réforme catholique
La mémoire commune retient de Paul IV une silhouette austère et terrible : un vieillard barbu, maigre, aux colères célèbres, qui gouverne par la peur du Saint-Office. Cette image n'est pas fausse, mais elle masque ce qui fait l'intérêt historique de son pontificat : Carafa représente une voie particulière de la Réforme catholique, distincte de celle de Paul III.
Là où Paul III avait misé sur le concile (Trente), les ordres nouveaux (Jésuites, Capucins) et une diplomatie prudente, Paul IV mise sur la répression doctrinale directe, exercée depuis Rome par l'Inquisition et l'Index. Il se méfie des conciles, où il voit le risque du conciliarisme et un partage de l'autorité pontificale ; il préfère réformer d'en haut, par décret et par procès.[13][14] Cette conviction explique à la fois sa grandeur — il a effectivement assaini la Curie et frappé les abus sans complaisance — et son échec relatif : une réforme qui s'impose par la terreur ne change pas les cœurs.
Carafa illustre ainsi une question permanente de l'histoire de l'Église : peut-on réformer la foi sans la charité ? Son pontificat, bref et orageux, donne une réponse nuancée. Il a montré qu'un pape pouvait être personnellement irréprochable, intransigeant sur la doctrine, et néanmoins détesté parce qu'il avait oublié que l'Évangile se propose et ne s'impose pas. Ni légende noire d'un fanatique, ni hagiographie d'un saint réformateur : Paul IV demande un regard qui distingue le zèle qui a servi l'Église de la dureté qui l'a blessée.
Les sources principales
| Source | Nature | Apport pour Paul IV |
|---|---|---|
| The Catholic Encyclopedia, art. « Pope Paul IV » (1911) | Synthèse catholique de référence | Biographie d'ensemble, réformes, Inquisition, bilan nuancé |
| Encyclopædia Britannica, art. « Paul IV » | Notice savante | Caractère, refus du concile, guerre anti-espagnole, ghetto |
| Ludwig von Pastor, Histoire des papes depuis la fin du Moyen Âge, t. XIV | Grande histoire savante de la papauté | Récit détaillé du pontificat et de la politique italienne |
| Bulle Cum nimis absurdum (14 juillet 1555) | Acte pontifical | Création du ghetto de Rome, statut des Juifs |
| Bulle Cum ex apostolatus officio (15 février 1559) | Acte pontifical | Nullité de l'élection d'un hérétique au souverain pontificat |
| Index librorum prohibitorum « pauliste » (1559) | Acte de censure | Premier Index pontifical romain effectivement promulgué (tirage romain de 1557 retiré), sévérité extrême |
| Paix de Cave-Palestrina (12 septembre 1557) | Acte diplomatique | Fin de la guerre contre l'Espagne |
Gian Pietro Carafa avant le pontificat (1476-1555)
Avant d'être un pape redouté, Carafa fut pendant un demi-siècle l'un des prélats réformateurs les plus ardents de son temps. Son intransigeance de vieillard ne fut pas une dérive du pouvoir : elle prolongeait une vie entière vouée à la rigueur ascétique et à la lutte contre les abus.
Une naissance dans la haute noblesse napolitaine
Gian Pietro Carafa naît le 28 juin 1476 à Capriglia Irpina, près d'Avellino, au sein de l'une des plus grandes familles de la noblesse napolitaine, les Carafa.[15] Sa mère, Vittoria Camponeschi, appartient elle aussi à la haute aristocratie du royaume.[16] Destiné très jeune à l'Église, le garçon reçoit une solide formation humaniste : il acquiert une connaissance approfondie du grec et de l'hébreu, science rare qui fera de lui, plus tard, un juge particulièrement attentif aux textes scripturaires et aux déviations doctrinales.[17][18]
Cette origine napolitaine n'est pas un détail : elle façonnera toute sa politique. Carafa gardera sa vie durant une haine viscérale de la domination espagnole sur Naples — souvenir des humiliations subies par sa famille — qui le poussera, devenu pape octogénaire, à entrer en guerre contre la plus grande puissance catholique de son temps.[19]
L'évêque de Chieti et le fondateur des Théatins (1524)
Nommé évêque de Chieti — Theate en latin — par Jules II le 30 juillet 1505[20], Carafa se distingue d'emblée par son zèle pastoral ; il est sacré évêque le 18 septembre 1506. Mais le tournant de sa vie intervient en 1524, lorsqu'il renonce à ses bénéfices ecclésiastiques pour fonder, avec saint Gaétan de Thiene (Gaetano Thiene), une congrégation de clercs réguliers vouée à la pauvreté évangélique, à la prédication et au service des malades.[21][22] Du nom latin de son siège épiscopal, ces religieux seront appelés les Théatins — premier des grands ordres proprement réformateurs qui précèdent la Contre-Réforme.
Ce geste est capital pour comprendre l'homme. Carafa n'est pas un prélat mondain converti sur le tard, comme le fut Alexandre Farnèse : c'est un ascète de conviction, qui a librement quitté l'honneur et le revenu pour la pauvreté. Sa dureté future envers les tièdes et les hérétiques s'enracine dans cette exigence qu'il s'est d'abord appliquée à lui-même. La régularité des Théatins, leur austérité, leur réforme du clergé séculier annoncent déjà le programme du pontificat.
Cardinal et inquisiteur : la naissance du Saint-Office (1536-1542)
Le 22 décembre 1536, Paul III crée Carafa cardinal-prêtre et l'appelle dans la grande commission de réforme dont sortira le célèbre rapport Consilium de emendanda ecclesia (1537), réquisitoire sans complaisance contre les abus de la Curie.[23][24] Mais c'est dans un autre domaine que Carafa va laisser son empreinte la plus durable.
Convaincu que la pénétration des idées protestantes en Italie exige une riposte centralisée, c'est à son instigation que Paul III érige, par la bulle Licet ab initio du 21 juillet 1542, la Congrégation romaine et universelle de l'Inquisition — le futur Saint-Office.[25][26] Carafa en devient l'un des six inquisiteurs généraux, et de loin le plus zélé : sans attendre une dotation de la Chambre apostolique, il fait aménager à ses frais une maison pour les séances du tribunal, et lui donne l'élan répressif qui le caractérisera.[27][28]
Cette intransigeance dit tout de l'homme : pour lui, la défense de la foi prime sur tout lien naturel, sur toute douceur, sur toute considération de personne. Le détail des procédures, des excès et de l'histoire propre de ce tribunal appartient à l'article consacré à l'Inquisition ; ce qui revient à Carafa, c'est d'en avoir été le véritable architecte spirituel — et d'avoir fait de cet instrument, une fois devenu pape, le cœur de son gouvernement.
Le doyen redouté du Sacré Collège
Au fil des années, Carafa devient une puissance morale du Sacré Collège : austère, savant, incorruptible, mais aussi cassant, soupçonneux et porté aux antipathies violentes.[29] On le craint plus qu'on ne l'aime. Sa réputation d'inflexibilité doctrinale en fait, aux yeux du parti rigoriste, le champion d'une réforme sans compromis ; aux yeux des autres, un homme dont l'élection serait une menace. Cette ambivalence pèsera lourd sur le conclave de 1555.
L'élection de 1555 : le conclave de la surprise
À la mort de Marcel II, dont le pontificat n'avait duré que vingt-deux jours, le conclave s'ouvre dans un climat tendu. Charles Quint redoute par-dessus tout l'élection de Carafa, dont l'hostilité aux Habsbourg est notoire, et fait pression pour l'écarter.[30][31] Mais le vieux cardinal, soutenu par le parti réformateur et par l'habileté de la faction française, l'emporte : le 23 mai 1555, à près de soixante-dix-neuf ans, Gian Pietro Carafa est élu pape.[32][33] Il prend le nom de Paul IV, en hommage à Paul III qui l'avait fait cardinal, et il est couronné le 26 mai 1555.[34]
Les vœux de Charles Quint contre cette élection furent tout simplement ignorés : l'empereur voyait monter sur le trône de Pierre son adversaire le plus déclaré.[35]
L'homme qui ceint la tiare n'est pas un improvisateur. Il a derrière lui un demi-siècle de réforme, l'expérience du Saint-Office, une science théologique reconnue et une volonté de fer. Mais il porte aussi en lui les germes des deux catastrophes du règne : son âge — qui le rend dépendant de son entourage familial — et sa haine de l'Espagne, qui va l'entraîner dans une guerre ruineuse. Le pontificat sera court, mais d'une intensité brûlante.
- 23 mai 1555Élection au souverain pontificatà près de 79 ans
Gian Pietro Carafa, doyen rigoriste du Sacré Collège, est élu pape et prend le nom de Paul IV. Couronnement le 26 mai.
- 14 juillet 1555Cum nimis absurdumcréation du ghetto de Rome
La bulle impose aux Juifs des États pontificaux l'enfermement dans un quartier clos et de lourdes restrictions.
- décembre 1555Alliance avec la Francecontre les Habsbourg
Paul IV s'allie à Henri II de France pour chasser les Espagnols de Naples : c'est l'engrenage de la guerre.
- 1556 — 1557La guerre de Carafale duc d'Albe aux portes de Rome
Le duc d'Albe envahit les États pontificaux ; l'armée espagnole marche sur Rome.
- 12 septembre 1557Paix de Cave-Palestrinala fin du rêve napolitain
Paul IV doit traiter avec l'Espagne victorieuse, sans avoir rien gagné.
- janvier 1559Disgrâce des neveux Carafale réveil du pape
Découvrant les abus de ses neveux, le pape les chasse de Rome et les dépouille de leurs charges.
- 15 février 1559Cum ex apostolatus officiocontre les hérétiques au pouvoir
La bulle déclare nulle l'élection d'un hérétique au souverain pontificat.
- 18 août 1559Mort de Paul IVl'émeute romaine
Le pape meurt à Rome ; le peuple se soulève, libère les prisons du Saint-Office et décapite sa statue.
Un pontificat de fer : réformer par la contrainte
Le programme de Paul IV tient en une idée simple et radicale : purifier l'Église par la discipline. Convaincu que les maux de la chrétienté viennent du relâchement moral et de l'infiltration hérétique, il déploie une réforme aussi sincère qu'impitoyable, où le gouvernement spirituel prend les traits d'une enquête permanente.
La réforme de la Curie et du clergé
Dès son élection, Paul IV s'attaque aux abus avec une énergie sans précédent. Il chasse de Rome les évêques absentéistes qui résidaient à la cour au lieu de leurs diocèses, traque la simonie, réduit les dépenses, réforme les ordres religieux relâchés et impose au clergé une discipline sévère.[36][37] Son austérité personnelle donne du poids à ses exigences : il vit pauvrement, prie longuement, et ne tolère aucun luxe dans son entourage immédiat.
Cette réforme, réelle et féconde, prépare le terrain sur lequel bâtiront ses successeurs. Mais elle se fait dans un climat de terreur : les délations se multiplient, les soupçons frappent au hasard, et la Curie vit dans la crainte des colères pontificales. Le bien accompli reste inséparable de la peur qui l'accompagne.
L'Inquisition romaine comme instrument de gouvernement
L'ancien inquisiteur ne se déjuge pas. Devenu pape, il fait de l'Inquisition romaine le centre de son pouvoir. Il assiste personnellement aux séances du tribunal, tenues devant lui ; il en étend la compétence ; il encourage les procès, y compris contre les plus hauts personnages.[38][39][40] Sous lui, le Saint-Office n'est plus seulement une instance de discernement doctrinal : c'est l'organe central du gouvernement de l'Église, devant lequel nul, pas même un cardinal, ne se sent à l'abri.
Cette dérive — faire du tribunal de la foi l'instrument ordinaire du pouvoir — explique l'impopularité du règne et la violence de la réaction qui suivra sa mort. Le zèle de Carafa pour l'orthodoxie était authentique ; sa méthode, qui confondait gouvernement pastoral et police doctrinale, a marqué durablement la mémoire romaine.
L'Index librorum prohibitorum (1559)
Le couronnement de cette politique de censure est la publication, en 1559, du premier Index librorum prohibitorum proprement pontifical effectivement promulgué — l'« Index pauliste » (un premier tirage romain, imprimé en 1557, avait été retiré avant promulgation).[41] Ce catalogue des livres interdits, d'une sévérité extrême, frappe non seulement les œuvres ouvertement hérétiques, mais des éditions entières de la Bible en langue vulgaire, des humanistes comme Érasme dont l'œuvre complète est condamnée, et nombre d'auteurs alors estimés.[42]
Frappant des classes entières de livres et l'œuvre intégrale de quelque 550 auteurs, cet Index fut jugé trop sévère jusque dans les milieux intellectuels catholiques, au point que sa dureté même en rendit l'application impossible.[43]
Sa rigueur même le rendit inapplicable, et le concile de Trente devra en assouplir les clauses dès 1564 (Index tridentinus). L'histoire propre de l'Index, créé sous Paul IV et aboli par Paul VI en 1966, relève d'un développement dédié ; ce qui revient à Carafa, c'est d'avoir donné à la censure pontificale sa forme la plus systématique — et la plus contestée.
Le refus du concile de Trente
Décision majeure et révélatrice : Paul IV ne rouvre pas le concile de Trente, suspendu depuis 1552.[44] Pour ce pape, un concile est inutile, voire dangereux : Rome possède déjà, avec l'Inquisition et le pouvoir pontifical, tous les moyens de réformer l'Église. Il se défie des assemblées conciliaires, où il voit le spectre du conciliarisme.
« Il était ennemi des méthodes conciliaires et ne réunit pas de nouveau le concile de Trente, suspendu depuis 1552, préférant gouverner par des commissions. » — D'après Encyclopædia Britannica, art. « Paul IV »[45]
Ce choix marque une rupture dans la dynamique de la Réforme catholique ouverte par Paul III. Il faudra attendre son successeur Pie IV pour que le concile soit rouvert (1562) et mené à son terme (1563). Paul IV aura donc, paradoxalement, interrompu pendant quatre ans la grande œuvre dogmatique du siècle, persuadé que la fermeté romaine suffisait là où il fallait, en réalité, la réflexion collégiale de tout l'épiscopat.
Décisions doctrinales et magistérielles
Plusieurs actes de Paul IV engagent directement le magistère et la discipline canonique. Deux d'entre eux, d'esprit opposé, illustrent à la fois la grandeur et la dureté de sa conception de l'autorité.
Cum ex apostolatus officio (1559)
Le 15 février 1559, Paul IV promulgue la bulle Cum ex apostolatus officio, l'un des textes les plus saisissants de l'histoire du droit canonique.[46] Hanté par la crainte qu'un crypto-protestant ne parvienne au souverain pontificat, il y codifie la règle ancienne selon laquelle un hérétique manifeste ne peut être validement élu pape : une telle élection serait, de soi, nulle et non avenue.[47]
« Si jamais il apparaissait qu'un évêque, voire le pontife romain lui-même, avait dévié de la foi avant son élévation, celle-ci serait nulle, invalide et sans effet. » — Bulle Cum ex apostolatus officio, Paul IV, 15 février 1559 (synthèse du dispositif)[48]
Ce texte, inspiré par la lutte contre l'hérésie, connaîtra une postérité inattendue : les courants sédévacantistes du XXᵉ siècle l'invoqueront pour contester la légitimité de papes contemporains. Cet usage est sans fondement en droit : les lois pénales et disciplinaires portées par le Siège apostolique avant 1983 ont été abrogées par le Code de 1983 (can. 6, § 1, 3°-4°), et l'élection pontificale est aujourd'hui régie par la constitution Universi Dominici Gregis de Jean-Paul II (22 février 1996), révisée par les motu proprio De aliquibus mutationibus (2007) et Normas nonnullas (2013) de Benoît XVI ; cet usage sédévacantiste de la bulle est sans réception canonique connue.[49] Replacé dans son contexte, le texte dit surtout l'obsession doctrinale d'un pape pour qui la pureté de la foi du chef de l'Église était l'enjeu suprême.
Les procès de cardinaux : Morone et Pole
L'intransigeance de Paul IV n'épargne pas les princes de l'Église. Il fait emprisonner au château Saint-Ange le cardinal Giovanni Morone, qu'il soupçonne — à tort — d'hérésie, et engage des poursuites contre le cardinal anglais Reginald Pole, dont il rappelle la légation et met la pureté doctrinale en doute.[50][51] Or Morone, réhabilité après la mort de Paul IV, présidera plus tard la dernière phase du concile de Trente : le pape avait frappé un innocent et l'un des meilleurs esprits de la réforme.
Ces procès montrent jusqu'où pouvait aller la suspicion de Carafa : ni le rang, ni les services rendus, ni l'orthodoxie réelle ne protégeaient de l'enquête. C'est cette dérive — soupçonner même les artisans de la réforme — qui isole le pape et nourrit l'amertume contre lui.
Le pape et les Juifs : Cum nimis absurdum (1555)
L'un des actes les plus lourds de conséquences du pontificat, et l'un des plus durement jugés par l'histoire, est la bulle Cum nimis absurdum du 14 juillet 1555.[52] Quelques semaines après son élection, Paul IV y impose aux Juifs des États pontificaux un régime de ségrégation d'une sévérité nouvelle.
« Puisqu'il est par trop absurde et inconvenant que les Juifs, que leur propre faute a voués à une servitude perpétuelle, sous prétexte que la charité chrétienne les tolère et souffre leur présence parmi nous, fassent preuve d'une telle ingratitude... » — Incipit de la bulle Cum nimis absurdum, Paul IV, 14 juillet 1555[53]
La bulle crée le ghetto de Rome : les Juifs, présents dans la ville depuis l'Antiquité, sont contraints de vivre enfermés dans un quartier clos sur la rive du Tibre, dont les portes se ferment la nuit.[54][55] Elle leur impose le signe distinctif — chapeau jaune pointu pour les hommes, voile jaune pour les femmes —, leur interdit de posséder des biens immobiliers, d'exercer la médecine auprès des chrétiens et la plupart des métiers, et les soumet à la prédication forcée.[56]
Ces mesures, qui prolongeaient et durcissaient des restrictions médiévales, eurent des effets durables et douloureux : le ghetto romain ne sera définitivement aboli qu'en 1870. L'historiographie catholique contemporaine ne cherche pas à les justifier. Elles relèvent d'une conception de la « servitude perpétuelle » des Juifs que l'Église a depuis explicitement répudiée, notamment dans la déclaration Nostra aetate de Vatican II (1965), qui condamne tout antisémitisme et reconnaît le lien spirituel unissant l'Église au peuple juif. Mesurer la distance entre Carafa et Nostra aetate, c'est mesurer un véritable développement de la conscience morale de l'Église.
La politique anti-espagnole : la guerre contre Philippe II
Le dossier qui, plus que tout autre, ruina le crédit politique de Paul IV est sa guerre contre l'Espagne. Là où Paul III avait pratiqué une neutralité prudente entre les puissances, le pape napolitain laisse parler sa passion — et entraîne la papauté dans une aventure désastreuse.
Le Napolitain contre les Habsbourg
Paul IV n'a jamais pardonné à l'Espagne la domination des Habsbourg sur le royaume de Naples, sa patrie. Devenu pape, il considère Charles Quint puis son fils Philippe II non comme des protecteurs de la catholicité, mais comme des occupants dont il faut libérer l'Italie.[57][58] Cette obsession, nourrie par ses neveux qui y voient l'occasion de s'agrandir, le pousse, en décembre 1555, à conclure une alliance avec la France d'Henri II contre l'Empire.
« Sa haine des Habsbourg et des Espagnols le conduisit à s'allier à la France pour chasser les forces espagnoles de Naples. » — D'après Encyclopædia Britannica, art. « Paul IV »[59]
La guerre de Carafa et le duc d'Albe
La riposte espagnole est foudroyante. En 1556, Fernando Álvarez de Toledo, duc d'Albe, vice-roi de Naples et l'un des plus grands capitaines de son temps, envahit les États pontificaux et marche sur Rome.[60][61] L'armée pontificale, mal préparée, ne peut résister ; le secours français, conduit par le duc de Guise, arrive trop tard et trop faiblement. La victoire espagnole de Saint-Quentin (août 1557), en France même, achève de ruiner les espoirs du pape.
Ce conflit, appelé guerre de Carafa, dont Ludwig von Pastor a donné le récit détaillé dans son Histoire des papes, met la papauté dans la position humiliante de combattre — et de perdre face à — la première puissance catholique d'Europe, pour une cause purement dynastique et patriotique.[62] Le spectacle d'un pape ligué avec la France et battu par l'Espagne catholique fit scandale dans toute la chrétienté.
La paix de Cave (1557)
Acculé, Paul IV doit traiter. La paix de Cave-Palestrina, signée le 12 septembre 1557, met fin à la guerre.[63] Le duc d'Albe, par déférence pour la dignité pontificale, s'incline devant le pape vaincu et restitue les territoires occupés ; mais Paul IV n'a rien gagné, et le rêve d'une Italie libérée des Espagnols s'effondre. Cette défaite politique brise l'élan du pontificat et ouvre, pour le vieux pape, le temps des désillusions.
L'ombre du pontificat : le népotisme des neveux Carafa
Comme tant de papes de la Renaissance, Paul IV n'échappa pas au népotisme — et chez ce rigoriste, le contraste entre la sévérité affichée et la complaisance familiale fut particulièrement choquant.
Carlo et Giovanni Carafa
Dès son élection, le pape élève ses neveux à de hautes charges. Carlo Carafa, ancien homme de guerre à la moralité douteuse, est créé cardinal et devient le véritable maître de la politique pontificale ; son frère Giovanni Carafa reçoit le duché de Paliano, taillé sur les terres confisquées aux Colonna.[64][65] Ce sont eux qui, pour servir leurs ambitions, poussent le pape âgé à la guerre contre l'Espagne.
Le paradoxe est cruel : le pape qui traque l'absentéisme et la simonie, qui emprisonne des cardinaux pour soupçon d'hérésie, laisse pendant des années sa famille gouverner à sa place et s'enrichir de biens d'Église. Aveuglé par l'affection et par son grand âge, Paul IV ignore longtemps la conduite scandaleuse de ses neveux.
La disgrâce de janvier 1559
Le réveil est brutal. En janvier 1559, informé de l'étendue des abus, de la corruption et des intrigues de ses neveux, Paul IV les chasse de Rome dans une disgrâce spectaculaire, les dépouille de leurs charges et de leurs honneurs, et fait connaître publiquement sa réprobation.[66][67] Le geste, tardif mais sincère, montre que le rigorisme du pape n'était pas feint : dès qu'il sut, il frappa sa propre maison comme il avait frappé les autres.
Cette disgrâce ne suffit pourtant pas à effacer le mal : pendant trois ans, la politique de l'Église avait été dévoyée au profit d'une famille. Le népotisme de Paul IV, plus encore que celui de Paul III, restera comme la contradiction vivante d'un pontificat qui prétendait tout réformer.
Le procès et l'exécution sous Pie IV
L'épilogue est sanglant. Sous le pontificat suivant, Pie IV fait juger les neveux Carafa pour leurs crimes. À l'issue d'un procès retentissant, Carlo Carafa est étranglé et Giovanni Carafa décapité en 1561.[68] Quelques années plus tard, leur mémoire sera partiellement réhabilitée, mais le destin tragique des neveux scelle, aux yeux de la postérité, le désastre familial d'un règne où la grandeur réformatrice et la faiblesse dynastique n'ont cessé de se contredire.
La mort et la postérité (1559)
L'émeute romaine et la statue jetée au Tibre
Paul IV meurt à Rome le 18 août 1559, à quatre-vingt-trois ans.[69][70] La nouvelle de sa mort déclenche aussitôt une explosion de joie populaire d'une rare violence. La foule romaine, exaspérée par des années de répression, prend d'assaut le palais de l'Inquisition, libère les prisonniers du Saint-Office et incendie les archives du tribunal.[71][72]
Le symbole le plus parlant est le sort réservé à sa statue. Érigée au Capitole, l'effigie du pape défunt est renversée par la foule, coiffée par dérision d'un chapeau jaune — celui-là même qu'il avait imposé aux Juifs —, puis décapitée, et sa tête roulée dans les rues avant d'être jetée dans le Tibre.[73]
Rarement la mémoire d'un pape aura suscité une telle haine populaire. Cette scène, à elle seule, résume l'échec humain du règne : un pape personnellement intègre, sincèrement réformateur, mais dont la dureté avait fait de Rome une ville de peur.
Le verdict de l'histoire : le zèle sans la mesure
Comment juger Paul IV ? L'historiographie, catholique comprise, refuse l'éloge comme la caricature. Sur le plan personnel, l'homme fut irréprochable : ascète, désintéressé, profondément croyant, dévoré du désir de purifier l'Église. Sur le plan institutionnel, il a réellement assaini la Curie, frappé les abus et armé Rome contre l'hérésie — autant d'acquis dont la Contre-Réforme héritera.[74][75]
Mais sur le plan du gouvernement, son pontificat fut un avertissement. En réformant par la terreur, en gouvernant par le Saint-Office, en sacrifiant le concile à sa défiance, en se laissant gouverner par sa famille et en jetant la papauté dans une guerre désastreuse, Paul IV a montré que le zèle sans la mesure peut blesser la cause qu'il sert. Sa rigueur servit de repoussoir : ses successeurs, de Pie IV à saint Pie V, mèneront la réforme avec une fermeté tempérée par la prudence et l'esprit conciliaire.
Carafa demande ainsi un regard qui sépare le réformateur authentique du gouvernant impitoyable. Son pontificat, bref et orageux, appartient pleinement à l'histoire de la Réforme catholique — non comme un modèle, mais comme la preuve vivante que l'Église se réforme par la sainteté et la vérité bien plus que par la peur.
Pour aller plus loin
- Le pape Paul III (1468-1549) — le pape qui ouvrit la Réforme catholique et fit cardinal le futur Paul IV.
- Le pape Jules III et le pape Marcel II — les prédécesseurs immédiats de Carafa.
- Le concile de Trente (1545-1563) — l'œuvre dogmatique que Paul IV refusa de rouvrir, achevée sous ses successeurs.
- L'Inquisition romaine — le tribunal que Carafa contribua à fonder et fit gouverner l'Église.
- La Réforme catholique (Contre-Réforme) — le grand mouvement dont le pontificat de Paul IV est l'un des visages les plus austères.
- La Réforme protestante et Martin Luther — la crise doctrinale que Paul IV voulut juguler par la censure et l'Inquisition.
Notes et références
Numérotation usuelle des souverains pontifes : Paul IV y figure au n° 223, entre Marcel II (n° 222) et Pie IV (n° 224) — voir la « List of popes », Wikipedia, https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_popes). Les numérotations anciennes divergent sur les premiers siècles et sur le cas d'Étienne II, d'où la mention « usuelle ».
1« Pope Paul IV », Wikipedia (en anglais), https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Paul_IV — naissance le 28 juin 1476 à Capriglia Irpina, famille Carafa de Naples, mère Vittoria Camponeschi, renoncement de 1524 et fondation des Théatins avec saint Gaétan de Thiene, création cardinalice de décembre 1536, élection du 23 mai 1555, mort du 18 août 1559, émeute populaire (chapeau jaune, décapitation, statue jetée dans le Tibre) ; faits recoupés avec la Catholic Encyclopedia et S. Miranda (FIU).
2 15 23 32 69« Paul IV », Encyclopædia Britannica, https://www.britannica.com/biography/Paul-IV (notice en ligne, mise à jour le 14 août 2026) — caractère (« violent antipathies, austerity, uncompromising reformism »), refus de rouvrir le concile de Trente, haine des Habsbourg et alliance française, guerre contre l'Espagne, ghetto de Rome de 1555, népotisme des neveux. Texte original : « an enemy to conciliar methods... did not reassemble the Council of Trent (which had been suspended since 1552) ».
3 6 8 13 19 29 30 37 39 44 45 55 57 59 61 65 67 75Roberto de Mattei, « Paul IV and the Heretics of His Time » : « The Bull Licet ab initio of July 21st 1542, with which Paul III had instituted this organism, in accord with Carafa's suggestion, was a declaration of war on heresy » — https://www.robertodemattei.it/en/paul-iv-and-the-heretics-of-his-time/ ; cf. Reuben Parsons : le tribunal fut créé « on July 21, 1542, by a Bull, "Licet ab initio," of Pope Paul III., and at the suggestion of Cardinal Caraffa » ; The Catholic Encyclopedia (Loughlin, art. « Pope Paul IV », https://www.catholic.com/encyclopedia/pope-paul-iv) : Carafa « was the head and front of every effort made by Paul III in the interest of reform. He reorganized the Inquisition in Italy on papal lines ».
4 26James F. Loughlin, « Pope Paul IV », dans The Catholic Encyclopedia, vol. XI, Robert Appleton Company, New York, 1911 — texte intégral : https://www.catholic.com/encyclopedia/pope-paul-iv (reprise de l'édition 1907-1912) — connaissance du grec et de l'hébreu, renoncement aux bénéfices en 1524 et Théatins, méfiance de l'empereur envers Carafa archevêque de Naples, statue « thrown down and mutilated by the hostile populace », bilan moral nuancé du pontificat.
5 14 17 21 24 25 27 31 36 38 51 58 72 74Paul IV, Index librorum prohibitorum, édition pontificale romaine de 1559 (« Index pauliste ») — catalogue des livres interdits frappant l'œuvre intégrale de quelque 550 auteurs (dont Érasme) ainsi que des éditions de la Bible en langue vulgaire, jugé trop sévère jusque dans les milieux catholiques et assoupli par le concile de Trente (Index tridentinus, 1564) : notice « Index Librorum Prohibitorum », Wikipedia, https://en.wikipedia.org/wiki/Index_Librorum_Prohibitorum — L'Index sera aboli par Paul VI en 1966. Un premier Index romain avait été imprimé en 1557 sous la direction de Paul IV puis retiré avant promulgation ; l'Index de 1559 est le premier effectivement promulgué : même notice (« The first Roman Index was printed in 1557 under the direction of Pope Paul IV (1555–1559), but then withdrawn for unclear reasons. In 1559, a new index was finally published »), d'après Horatio F. Brown, Studies in the History of Venice, vol. 2, New York, Dutton, 1907, p. 70.
7 41 42 43Paix de Cave-Palestrina, 12 septembre 1557 — fin de la guerre de Carafa : invasion des États pontificaux par Fernando Álvarez de Toledo, duc d'Albe (1556), victoire espagnole de Saint-Quentin (août 1557), restitution des territoires occupés sans gain pour la papauté. Voir Encyclopædia Britannica, art. « Paul IV ».
9 60 63Sur le népotisme et le destin des neveux : Carlo Carafa, cardinal et véritable maître de la politique pontificale, et Giovanni Carafa, duc de Paliano — disgraciés et chassés de Rome en janvier 1559, jugés sous Pie IV, puis Carlo étranglé et Giovanni décapité en 1561. Sources : Wikipedia, « Pope Paul IV », https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Paul_IV ; Encyclopædia Britannica, « Paul IV », https://www.britannica.com/biography/Paul-IV
10 64 66 68Sur la mort (18 août 1559) et l'émeute populaire : mise à sac du palais de l'Inquisition, libération des prisonniers du Saint-Office, et statue du pape au Capitole coiffée d'un chapeau jaune, décapitée après un simulacre de procès et jetée dans le Tibre. Source : Wikipedia, « Pope Paul IV », https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Paul_IV — recoupée avec The Catholic Encyclopedia (statue « thrown down and mutilated »), https://www.catholic.com/encyclopedia/pope-paul-iv
11 70 71 73Paul IV, bulle Cum nimis absurdum, 14 juillet 1555 — création du ghetto de Rome, signe distinctif jaune, interdiction de la propriété immobilière et de la plupart des métiers, prédication forcée. Incipit latin : « Cum nimis absurdum et inconveniens existat... ». Sur le contenu et la postérité de la bulle (ghetto aboli en 1870), voir la notice « Cum nimis absurdum », Wikipedia : https://en.wikipedia.org/wiki/Cum_nimis_absurdum
12 52 53 54 56S. Miranda, « CARAFA, Gian Pietro (1476-1559) », The Cardinals of the Holy Roman Church, Florida International University, consistoire du 22 décembre 1536 : https://cardinals.fiu.edu/bios1536.htm — filiation (Giovanni Antonio Carafa et Vittoria Camponeschi), connaissance approfondie du grec et de l'hébreu, évêque de Chieti, démission de Brindisi le 8 août 1524 et fondation des Théatins avec Gaetano di Thiene, vœux de Charles Quint contre l'élection « ignored », élection du 23 mai 1555, couronnement le 26 mai 1555 par le cardinal Pisani, mort le 18 août 1559 à 21 h 30.
16 18 22 35Date de provision : nommé évêque de Chieti par Jules II le 30 juillet 1505 selon Eubel, Hierarchia Catholica, t. III, p. 141 n. 4, et Catholic-Hierarchy, page « Pope Paul IV (Gian Pietro Carafa) » : https://www.catholic-hierarchy.org/bishop/bcarafa.html (« 30 Jul 1505 Appointed Bishop of Chieti », « 18 Sep 1506 Ordained Bishop ») ; sacre épiscopal le 18 septembre 1506 (unanime). S. Miranda (FIU, https://cardinals.fiu.edu/bios1536.htm) et GCatholic donnent le 30 juillet 1506 pour l'élection : divergence d'un an sur l'acte de provision, tranchée ici en faveur d'Eubel et de Catholic-Hierarchy.
20Ludwig von Pastor, The History of the Popes, vol. XII : Paul III (1534-1549), éd. R. F. Kerr, 2ᵉ éd., Kegan Paul, Londres, 1923, p. 507 — sur l'installation matérielle du tribunal en 1542 : « It was reported that, without waiting for a financial grant from the Camera Apostolica, he fitted up a house at his own expense as a place where the Inquisition might hold its sessions » (« on rapporte que, sans attendre une dotation financière de la Chambre apostolique, il aménagea à ses frais une maison pour les séances de l'Inquisition » ; Pastor lui-même reste prudent — it was reported that — et parle d'une maison, a house, non de la propre maison de Carafa).
28« Conclave de mai 1555 » — élection de Gian Pietro Carafa le 23 mai 1555, opposition de Charles Quint, choix du nom de Paul IV en hommage à Paul III, couronnement le 26 mai 1555 par le cardinal Pisani : S. Miranda, FIU, https://cardinals.fiu.edu/bios1536.htm, recoupé avec Catholic-Hierarchy, https://www.catholic-hierarchy.org/bishop/bcarafa.html, et Wikipedia, https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Paul_IV
33 34Ludwig von Pastor, The History of the Popes, vol. XIV : Marcellus II (1555) and Paul IV (1555-1559), éd. R. F. Kerr, Kegan Paul, Londres, 1924 — présence personnelle du pape aux séances, sans périodicité hebdomadaire attestée : p. 264, « A witness worthy of belief testifies that Paul IV., at a sitting of the Inquisition, reminded the Cardinals... » ; en juin 1559, congrégations tenues quotidiennement devant lui pour le procès Morone, p. 306, « E stato ogni di congregatione d'inquisitione avanti S.S., dove si sono letti sempre i processi di Morone » (G. A. Calegari à Commendone, 10 juin 1559 ; Avvisi di Roma des 10 et 17 juin 1559, cités par Pastor). Cf. New Catholic Encyclopedia, art. « Paul IV » : « Even during his war with Spain he attended its sessions. »
40Paul IV, bulle Cum ex apostolatus officio, 15 février 1559 — codification de la règle excluant les hérétiques manifestes de l'élection pontificale, dans le contexte de la lutte contre le cardinal Giovanni Morone (emprisonné au château Saint-Ange) et des soupçons portés sur le cardinal Reginald Pole. Texte invoqué à tort par les courants sédévacantistes contemporains. Notice : https://en.wikipedia.org/wiki/Cum_ex_apostolatus_officio
46 47 48 50Code de droit canonique (1983), can. 6, § 1, 3°-4° : https://www.vatican.va/archive/cod-iuris-canonici/fra/documents/cic_libro1_cann1-6_fr.html — abrogation des lois pénales et disciplinaires antérieures non reprises ; et constitution apostolique Jean-Paul II, Universi Dominici Gregis (22 février 1996), texte consolidé en vigueur sur vatican.va (avec note des modifications apportées par le motu proprio Normas nonnullas de Benoît XVI, 2013), après le motu proprio De aliquibus mutationibus in normis de electione Romani Pontificis du 11 juin 2007 restaurant la majorité des deux tiers : https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/apost_constitutions/documents/hf_jp-ii_apc_22021996_universi-dominici-gregis.html
49Ludwig von Pastor, The History of the Popes from the Close of the Middle Ages, vol. XIV : Marcellus II (1555) and Paul IV (1555-1559), trad. angl. R. F. Kerr, Kegan Paul, Londres (éd. fr. Histoire des papes depuis la fin du Moyen Âge, t. XIV, Plon ; éd. orig. Geschichte der Päpste) — texte intégral : https://archive.org/details/historyofpopesfr0000past_i1t8 — récit détaillé du règne, de la réforme, de la guerre de Carafa et du népotisme.
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