Pape Grégoire XIII (1502-1585)

Juriste bolonais élu en 1572, Grégoire XIII fut le grand exécuteur du concile de Trente et le pape de la réforme du calendrier de 1582. Mécène des collèges, des jésuites et des missions, son pontificat porte aussi les ombres de la Saint-Barthélemy et d'une crise financière.

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Grégoire XIII, né Ugo Boncompagni à Bologne le 7 janvier 1502 et mort à Rome le 10 avril 1585, fut, selon la numérotation courante, le 226ᵉ pape[2] de l'Église catholique, de son élection le 13 mai 1572 à sa mort. Juriste de formation, formé au droit canon dans la grande université de Bologne, il monta sur le trône de Pierre à soixante-dix ans, après une carrière entière au service de la curie et de la diplomatie pontificale.

Son nom est attaché, dans la mémoire universelle, à la réforme du calendrier : la bulle Inter gravissimas du 24 février 1582 retrancha dix jours de l'année et corrigea la dérive du calendrier julien, donnant naissance au calendrier grégorien encore en usage dans le monde entier. Mais réduire son pontificat à cette mesure serait une grave erreur de perspective.

Grégoire XIII fut surtout le grand exécuteur du concile de Trente : il imposa la résidence des évêques, multiplia les séminaires, dota Rome d'un réseau de collèges confiés aux jésuites, fit publier le Martyrologe romain — le livre officiel qui énumère, jour par jour, les saints et les martyrs célébrés — et l'édition officielle du Corpus juris canonici — le recueil officiel qui rassemble les lois de l'Église —, et développa le réseau des nonciatures permanentes — les ambassades stables du pape auprès des souverains —, instruments durables de la Contre-Réforme. Mécène des missions lointaines, il reçut le 23 mars 1585 la première ambassade japonaise venue en Europe, l'ambassade Tenshō.

Son pontificat porte aussi des ombres que l'histoire ne dissimule pas : la réaction romaine au massacre de la Saint-Barthélemy (1572), les expéditions manquées contre l'Angleterre élisabéthaine, et surtout une politique financière qui, à la fin du règne, livra les États pontificaux au brigandage. Il revint à son successeur Sixte V de rétablir l'ordre. Au jugement des historiens, ce fut néanmoins « un grand pontificat », précisément parce qu'il fit passer dans les faits le programme tridentin.

Du droit canon à la tiare : la formation d'un juriste (1502-1572)

Une jeunesse bolonaise et un fils naturel

Ugo Boncompagni naît le 7 janvier 1502 à Bologne, deuxième ville des États pontificaux, dans une famille de marchands aisés : son père, Cristoforo Boncompagni, et sa mère, Angela Marescalchi, appartiennent à la bonne bourgeoisie urbaine.[3] Il étudie le droit à l'université de Bologne, alors l'une des plus prestigieuses d'Europe pour la jurisprudence, et y obtient le doctorat in utroque iure — droit canon et droit civil.[4]

De 1531 à 1539, il enseigne lui-même la jurisprudence à Bologne, et la qualité de son école est attestée par la liste de ses élèves, qui forment un véritable annuaire de la Réforme catholique naissante : le futur cardinal Alexandre Farnèse, Cristoforo Madruzzo, Otto Truchsess von Waldburg, l'Anglais Reginald Pole et le Polonais Stanislas Hosius.[5] Ces hommes se retrouveront, vingt ans plus tard, au cœur du parti réformateur.

Avant son ordination sacerdotale, Boncompagni eut, d'une femme non mariée, un fils naturel nommé Giacomo, né en 1548.[6] Ce point, que les biographes catholiques rapportent sans le dissimuler, situe Boncompagni dans la génération des prélats encore marqués par les mœurs de la Renaissance — la même génération qui allait précisément travailler à les réformer. Devenu pape, il reconnut publiquement Giacomo, le fit châtelain du château Saint-Ange et gonfalonier de l'Église — c'est-à-dire chef de ses armées —, mais lui refusa les hautes dignités ecclésiastiques.[7]

Le juriste du concile de Trente

En 1539, Boncompagni gagne Rome. Le pape Paul III l'emploie aussitôt selon ses compétences : il devient juge du Capitole, abréviateur apostolique (le clerc qui met en forme les lettres pontificales) et référendaire (le prélat qui instruit les recours portés devant le pape).[8] Sa carrière est celle d'un grand canoniste de curie, et non d'un courtisan.

Le tournant décisif est son envoi au concile de Trente, dès 1545, comme juriste pontifical.[9] Il y revient sous Pie IV, dans les années 1561-1563, pendant la troisième et dernière période du concile, où son expertise en droit canon le rend précieux dans la rédaction des décrets de réforme.[10] Cette participation directe est capitale : le futur Grégoire XIII ne recevra pas Trente comme un texte venu d'en haut, mais comme une œuvre qu'il a vue se faire, ligne à ligne. Son pontificat en sera tout entier l'application.

Sous Paul IV, il est attaché à la suite du cardinal Carlo Carafa, puis nommé en 1558 évêque de Vieste, dans les Pouilles.[11]

Cardinal et nonce : l'apprentissage du gouvernement

Le pape Pie IV le crée cardinal le 12 mars 1565, avec le titre de San Sisto reçu le 15 mai suivant.[12] La même année, il est envoyé comme légat en Espagne, auprès de Philippe II, pour une mission délicate liée au procès de l'archevêque de Tolède Bartolomé de Carranza.[13] Boncompagni y acquiert une connaissance intime de la première puissance catholique du temps et gagne l'estime du roi d'Espagne — un atout décisif pour la suite.

Infographie — Grégoire XIII, juriste de Bologne : avant Rome, Ugo Boncompagni fut professeur de droit et canoniste formé à l'université de Bologne. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Sous saint Pie V (1566-1572), le pape dominicain de la Contre-Réforme intransigeante, il sert comme secrétaire des brefs apostoliques, poste de confiance au cœur du gouvernement pontifical.[14] Lorsque Pie V meurt, Boncompagni a derrière lui trente-trois ans de service romain et une réputation de droiture, de compétence juridique et de modération : exactement le profil que cherche un Sacré Collège soucieux de poursuivre la réforme sans l'âpreté du règne précédent.

Le conclave de 1572 : une élection éclair

La mort de Pie V et l'enjeu

Saint Pie V meurt le 1ᵉʳ mai 1572, peu après le triomphe de Lépante (7 octobre 1571) sur la flotte ottomane. Son pontificat avait été celui d'une réforme rigoureuse mais austère, parfois rude. Le Sacré Collège cherche un successeur capable de consolider l'œuvre tridentine avec plus de souplesse politique et de talent administratif.[15]

Le conclave qui s'ouvre est l'un des plus rapides de l'histoire moderne : ouvert le 12 mai, il s'achève dès le lendemain, 13 mai, par l'élection de Boncompagni, qui prend aussitôt le nom de Grégoire XIII.[16] Il est couronné le 25 mai. La Catholic Encyclopedia attribue cette élection rapide surtout à l'influence du cardinal Antoine Granvelle ; le détail des tractations entre cardinaux reste une synthèse secondaire, non recoupée sur Pastor en séance.

Pourquoi le nom de Grégoire ?

Le nouvel élu choisit de s'appeler Grégoire, en hommage explicite à saint Grégoire le Grand (590-604), le pape réformateur et missionnaire du VIᵉ siècle, modèle de gouvernement pastoral et d'expansion de la foi.[17] Le choix est un programme : Grégoire XIII annonce un pontificat de réforme et d'évangélisation, non de polémique.

« Grégoire fut profondément attaché à la restauration religieuse. » — Jugement des historiens repris par l'Encyclopédie catholique américaine (New Catholic Encyclopedia), article « Gregory XIII »[18]

Infographie — le conclave de 1572 : mort de saint Pie V, conclave d'une journée (12-13 mai), élection d'Ugo Boncompagni et couronnement de Grégoire XIII. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

À soixante-dix ans, l'âge canonique d'un pape de transition, Boncompagni allait pourtant régner près de treize ans et imprimer à l'Église une marque durable.

Un pontificat au service du concile de Trente

Infographie — Trente appliqué par Grégoire XIII : discipline épiscopale, séminaires, textes officiels et soutien aux ordres réformés. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'idée maîtresse du pontificat tient en une phrase : faire passer Trente des décrets aux faits. Le concile s'était achevé en 1563 ; restait à l'appliquer dans une chrétienté divisée. Grégoire XIII, qui en connaissait chaque article, en fut l'exécuteur méthodique.

Résidence des évêques, séminaires et discipline

Le pape impose sans exception la résidence des cardinaux et des évêques dans leurs diocèses, mettant fin à l'absentéisme qui avait ruiné la pastorale au siècle précédent.[19] Il pousse partout à la création de séminaires diocésains, conformément au décret tridentin Cum adolescentium aetas. Pour la seule formation des prêtres pauvres, il dépensa, selon les comptes pontificaux, deux millions d'écus au cours de son règne.[20]

Le Martyrologe romain et le Corpus juris canonici

Juriste avant tout, Grégoire XIII achève l'œuvre de normalisation des textes de l'Église. Il fait préparer une édition officielle du Corpus juris canonici, le recueil officiel qui rassemble les lois de l'Église : des brefs du 1ᵉʳ juillet 1580 et du 2 juin 1582 en imposent l'usage exclusif, mettant fin à la prolifération des versions corrompues.[21]

Il ordonne aussi, à l'automne 1580, la révision du Martyrologe romain, le livre officiel qui énumère, jour par jour, les saints et les martyrs célébrés. Une commission de dix membres, présidée par le cardinal Guglielmo Sirleto, y travaille ; après une première édition fautive en 1582 puis une seconde en 1583 — toutes deux supprimées —, la troisième édition de janvier 1584 — le Martyrologium Romanum Gregorii XIII jussu editum — devient la référence liturgique de l'Église latine pour des siècles.[22]

L'appui aux ordres réformés

Grégoire XIII soutient sans relâche les nouvelles familles religieuses qui portent la Réforme catholique. Il approuve la Congrégation de l'Oratoire de saint Philippe Néri en 1574, érigée canoniquement par la bulle Copiosus in misericordia du 15 juillet 1575, les Barnabites en 1579, et érige les Carmes déchaux de sainte Thérèse d'Avila et de saint Jean de la Croix en province distincte par le décret Pia consideratione du 22 juin 1580.[23] Il canonise saint Norbert en 1582 et béatifie son lointain prédécesseur Grégoire VII en 1584.[24]

« Ce fut un grand pontificat, surtout par la réalisation effective des objectifs du concile de Trente. » — New Catholic Encyclopedia, article « Gregory XIII, Pope »[25]

La réforme du calendrier (1582)

Aucun autre acte n'a donné à Grégoire XIII une renommée aussi durable que sa réforme du calendrier. Elle relève pleinement du pontificat — c'est une décision pontificale solennelle — même si le détail astronomique et le mécanisme du comput appartiennent à un dossier propre.

Pourquoi réformer le calendrier ?

L'enjeu se comprend simplement. Le calendrier julien, institué par Jules César en 46 avant Jésus-Christ, comptait l'année comme durant exactement 365 jours et 6 heures. Or l'année solaire réelle dure environ 365 jours, 5 heures et 49 minutes — soit onze minutes de moins.[26] Ces onze minutes, accumulées siècle après siècle, avaient fini par décaler le calendrier de dix jours : au XVIᵉ siècle, l'équinoxe de printemps tombait le 11 mars au lieu du 21 mars fixé par le concile de Nicée (325).

Ce décalage n'était pas qu'une curiosité d'astronome : il faussait le calcul de Pâques, fête mobile dont dépend tout le calendrier liturgique. Réformer le calendrier, c'était donc rétablir la justesse du temps chrétien.

Lilius, Clavius et la commission pontificale

Le projet technique vient d'un astronome calabrais, Luigi Lilio (Aloysius Lilius, mort en 1576). Une commission pontificale, où siège notamment le jésuite allemand Christophe Clavius, examine, perfectionne et défend le système : l'essentiel du projet de Lilio est retenu, et Clavius met au point les règles définitives.[27] La solution combine deux mesures : retrancher d'un coup les dix jours excédentaires, et corriger l'avenir en supprimant trois années bissextiles tous les quatre siècles (les années séculaires non divisibles par 400).

Inter gravissimas : la décision pontificale

La réforme est promulguée par la bulle Inter gravissimas, datée du 24 février 1582. Le pape y inscrit la mesure dans sa charge de pasteur universel :

« Parmi les soucis les plus graves de notre charge pastorale figure le souci de voir rétablies à leur place et restituées les choses que le saint concile de Trente a réservées au jugement et à l'autorité du Siège apostolique — au premier rang desquelles la correction du calendrier. » — Grégoire XIII, bulle Inter gravissimas, 24 février 1582[28]

Concrètement, la bulle décrète que le lendemain du jeudi 4 octobre 1582 serait non le 5, mais le 15 octobre : dix jours disparaissaient du calendrier civil et religieux.[29] L'Espagne, le Portugal et les États italiens appliquèrent la réforme dès octobre 1582 ; les autres pays catholiques suivirent entre la fin de 1582 et 1584.[30]

Une réforme catholique devenue mondiale

Parce qu'elle émanait du pape, la réforme se heurta d'abord au refus des pays protestants et orthodoxes, qui y virent une manœuvre romaine. Les régions protestantes d'Europe du Nord gardèrent le calendrier julien jusqu'au XVIIIᵉ siècle ; les nations orthodoxes d'Europe orientale ne l'adoptèrent comme calendrier civil qu'au XXᵉ siècle (Russie en 1918, Serbie en 1919, Bulgarie en 1916, Roumanie en 1919, Grèce en 1923, Empire ottoman en 1917 puis Turquie en 1926 pour l'ère commune — selon la liste standard des dates de bascule, le guide de datation de l'université de Nottingham retenant des conventions différentes pour la Bulgarie, la Russie et la Turquie ; les Églises orthodoxes de Grèce et de Roumanie, elles, passèrent au calendrier révisé en 1924).[31] Aujourd'hui, le calendrier grégorien est la norme civile de la planète entière : c'est l'héritage le plus universel jamais laissé par un acte pontifical.

Infographie — la réforme de 1582 : dérive du calendrier julien, suppression des dix jours et nouvelle règle des années séculaires. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Pour le détail astronomique, le mécanisme du comput et l'histoire complète de l'adoption, voir l'article spécialisé Le calendrier grégorien.

Le pape bâtisseur de l'Église éducatrice et missionnaire

Si une chose résume le génie propre de Grégoire XIII, c'est sa conviction que la réforme passe par l'éducation. Il fit de Rome la capitale intellectuelle de la Contre-Réforme en couvrant la chrétienté d'un réseau de collèges, presque tous confiés aux jésuites.

Le Collège romain et l'Université grégorienne

Dès 1572, il reconstruit et dote magnifiquement le Collège romain, fondé par saint Ignace de Loyola. Reconnaissants, les jésuites donnèrent à l'institution le nom de leur bienfaiteur : c'est l'origine de l'Université pontificale grégorienne, qui forme encore aujourd'hui une part importante du clergé mondial.[32] C'est aussi sous son pontificat que le studium dominicain de la Minerva, réorganisé grâce au legs de Juan Solano, devient en 1577 le Collège Saint-Thomas — le futur Angelicum.[33]

Les collèges nationaux

L'idée maîtresse était de former, à Rome, des prêtres destinés à reconquérir les pays gagnés par le protestantisme ou ouverts à la mission. Grégoire XIII fonda ou dota ainsi une série de collèges nationaux :

CollègeFondation / dotationDestinationSource
Collège germaniqueBulle du 6 août 1573Reconquête catholique de l'EmpireCent étudiants minimum, 10 000 ducats de rente annuelle[34]
Collège grec13 janvier 1577Catholiques de rite grec et unionCatholic Encyclopedia, vol. VII[35]
Collège des néophytes1577Convertis du judaïsme et de l'islamCatholic Encyclopedia, vol. VII[36]
Collège anglais1ᵉʳ mai 1579Mission d'Angleterrevon Pastor, History of the Popes, vol. XIX[37]
Collège maronite27 juin 1584Chrétiens du LibanCatholic Encyclopedia, vol. VII[38]

À ces fondations romaines s'ajoutent les collèges et séminaires de Douai, Pont-à-Mousson, Graz, Vienne, Prague, Fulda, Milan, Fribourg, et bien d'autres. La biographie catholique de référence résume :

« Au moins vingt-trois institutions d'enseignement doivent leur existence ou leur survie à la munificence de Grégoire XIII. » — Catholic Encyclopedia, vol. VII (1910), article « Pope Gregory XIII »[39]

Les missions lointaines et l'ambassade japonaise (1585)

Grégoire XIII soutint les missions jésuites en Inde, en Chine, au Japon et au Brésil.[40] L'épisode le plus éclatant de son pontificat fut la réception, en mars 1585, de la première ambassade japonaise jamais venue en Europe : l'ambassade Tenshō, formée de quatre jeunes nobles chrétiens — Mancio Itō, Miguel Chijiwa, Julião Nakaura et Martinho Hara — envoyés par le visiteur jésuite Alessandro Valignano.[41]

Illustration — l'ambassade Tenshō à Rome : les quatre jeunes nobles japonais reçus par Grégoire XIII en mars 1585, signe de l'horizon missionnaire du pontificat. Illustration originale Ignispedia créée par IA.

Partis du Japon en 1582, ils arrivèrent à Rome le 22 mars 1585 et furent reçus en audience solennelle le lendemain 23 mars par un pape de quatre-vingt-trois ans ; ils apportaient à Rome les paravents d'Azuchi offerts par le seigneur Oda Nobunaga — dont la remise solennelle, entre les derniers jours de Grégoire XIII et le début de Sixte V, varie selon les chronologies.[42] Grégoire XIII mourut quelques semaines plus tard. Reçus dans la Compagnie de Jésus à leur retour — Itō, Hara et Nakaura y furent ordonnés prêtres en 1608, Chijiwa l'ayant quittée avant 1601 —, les quatre connurent des destins divergents : Mancio Itō mourut à Nagasaki en 1612 ; Miguel Chijiwa quitta la Compagnie avant 1601 ; Martinho Hara, banni du Japon en 1614, mourut à Macao en 1629 ; Julião Nakaura, resté jésuite, mourut martyr à Nagasaki en 1633 et fut béatifié en 2008.[43] La scène symbolise la dimension proprement universelle que ce pape avait voulu donner à l'Église.

La diplomatie de la Contre-Réforme

Les nonciatures permanentes

Infographie — le réseau grégorien de la Contre-Réforme : collèges nationaux, séminaires européens et nonciatures permanentes organisés autour de Rome. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'un des apports les plus durables de Grégoire XIII fut de faire des nonciatures des instruments de réforme, dotées de représentants permanents chargés de surveiller l'application de Trente et de soutenir les princes catholiques. Il érigea des nonciatures résidentes à Vienne (1581) et à Cologne (1582), points d'appui décisifs de la reconquête catholique dans l'Empire.[44] Ce réseau diplomatique allait structurer durablement le rapport entre Rome et les États.

Angleterre et Irlande : les entreprises manquées

La face la plus contestable de cette diplomatie est la lutte ouverte contre l'Angleterre élisabéthaine. Reprenant la politique de Pie V, qui avait excommunié Élisabeth Iʳᵉ par la bulle Regnans in Excelsis (1570), Grégoire XIII appuya des expéditions en Irlande catholique : en 1578, il finança l'aventurier Thomas Stukeley ; en 1579, une petite troupe accompagnée du légat Nicholas Sanders participa à la rébellion des Desmond.[45] Ces entreprises furent des échecs militaires complets, écrasées par les forces anglaises, et elles aggravèrent le sort des catholiques d'Angleterre. Conscient de cette impasse, le pape, sur les conseils des jésuites anglais, finit par modérer l'application de l'excommunication d'Élisabeth.[46]

Ces engagements, comme la lutte contre les Turcs et le soutien aux catholiques de France, coûtèrent des sommes énormes pour des résultats le plus souvent décevants.[47]

Les ombres du pontificat

La Saint-Barthélemy : le Te Deum et la médaille

La nuit du 24 août 1572, à Paris, des milliers de protestants furent massacrés : c'est la Saint-Barthélemy, l'un des événements les plus sombres des guerres de Religion. Apprenant la nouvelle à Rome, Grégoire XIII fit chanter un Te Deum d'action de grâces, frapper une médaille commémorative et commander à Giorgio Vasari les fresques de la Sala Regia représentant la scène.[48] La médaille porte l'inscription :

« VGONOTTORVM STRAGES · 1572 » — « Massacre des huguenots ». — Revers de la médaille pontificale de 1572[49]

Ces actes ont durablement chargé la mémoire du pape. L'accusation, sous sa forme la plus forte, est que Rome aurait voulu et célébré l'extermination des protestants en tant que telle — et que la médaille frappée à Rome en serait la preuve. L'histoire impose cependant des distinctions que les sources, même hostiles, établissent. Comme les autres souverains d'Europe, Grégoire XIII fut d'abord informé d'une version mensongère : on lui présenta le massacre comme la répression d'un complot huguenot déjoué contre la vie du roi Charles IX et de la famille royale.[50] Le Te Deum célébrait, dans cette présentation, la survie du roi catholique, non la tuerie elle-même.

À mesure que la vérité parvint à Rome, le malaise grandit dans la curie. La biographie catholique de référence est nette :

« Grégoire XIII n'eut absolument rien à voir avec le massacre lui-même. » — Catholic Encyclopedia, vol. VII (1910)[51]

Document — médaille pontificale de 1572 : revers associé à la Saint-Barthélemy, avec la légende latine VGONOTTORVM STRAGES · 1572 (« Massacre des huguenots »). Image Wikimedia Commons, domaine public.

Le récit d'un pape affligé par la nouvelle repose, lui, sur des témoignages indirects et discutés : l'apostat Gregorio Leti, qui écrit plus d'un siècle après les faits dans sa Vie de Sixte V, et le mémorialiste Brantôme, tous deux cités par la Catholic Encyclopedia.[52] Le jugement historique doit donc tenir ensemble deux certitudes — la faute des manifestations romaines de joie, et l'absence de toute participation pontificale à la décision et à l'exécution du crime — sans présenter comme établi ce que ces témoignages rapportés laissent incertain.

Les finances exsangues et le brigandage

La seconde ombre est intérieure. Les fondations, les collèges, les missions, la politique anti-protestante et les grands travaux de Rome — la chapelle grégorienne de Saint-Pierre, l'agrandissement du palais du Quirinal (1580), les fontaines de la place Navone et du Panthéon — épuisèrent le trésor pontifical.[53]

Infographie — finances et brigandage : les dépenses du pontificat, les confiscations de fiefs et la montée du désordre dans les États pontificaux. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Pour renflouer les caisses, Grégoire XIII recourut à une mesure lourde de conséquences : la confiscation de fiefs et de biens dont il contestait les titres aux familles nobles des États pontificaux. La mesure remplit un temps le trésor, mais elle dressa contre lui l'aristocratie, raviva les vieilles factions et plongea la campagne romaine dans le brigandage.[54] Des nobles révoltés comme Alfonso Piccolomini et Roberto Malatesta tinrent la campagne sans que le pouvoir pontifical, à la fin du règne, parvînt à les réduire.[55] Il revint à Sixte V de rétablir l'ordre par la force.

Mort, succession et postérité (10 avril 1585)

La fin

D'après le récit détaillé qu'en donne Ludwig von Pastor (History of the Popes, vol. XX, pp. 634-636) : au début d'avril 1585, le pape octogénaire contracte un refroidissement, aggravé par le jeûne du Carême strictement observé : le 5 avril, les médecins constatent une inflammation de la gorge avec un peu de fièvre. Le dimanche 7, il célèbre encore la messe dans sa chapelle privée, paraît à la Sixtine et donne des audiences ; le lundi 8, il tient consistoire — la réunion solennelle des cardinaux autour du pape — le matin et reçoit l'après-midi ; le mardi 9, le catarrhe empirant, les médecins l'obligent à garder le lit. Le mercredi 10 avril, se croyant mieux, il partage un repas simple avec le duc de Sora, puis reçoit, en marchant dans sa chambre, les cardinaux Boncompagni et Guastavillani pour les affaires des États pontificaux. L'entourage ne soupçonne aucun danger grave, mais le médecin adjoint Michele Mercati constate un pouls faiblissant et une sueur froide : la fin est imminente. Le pape reçoit l'extrême-onction et s'éteint aussitôt, à l'âge de quatre-vingt-trois ans.[56]

Le conclave qui suit élit, le 24 avril 1585, le franciscain Felice Peretti, qui prend le nom de Sixte V : un pape d'énergie redoutable, qui allait écraser le brigandage et assainir les finances là où Grégoire avait échoué, tout en prolongeant son œuvre de réforme et de construction.

  1. 7 janvier 1502
    Naissance à Bologne

    Ugo Boncompagni naît dans la bourgeoisie bolonaise ; il deviendra docteur en droit canon et civil.

  2. 1545-1563
    Le juriste de Trente

    Envoyé au concile de Trente comme juriste pontifical, il participe à la rédaction des décrets de réforme.

  3. 12 mars 1565
    Cardinal et nonce

    Créé cardinal par Pie IV, puis légat auprès de Philippe II d'Espagne.

  4. 13 mai 1572
    Élection au trône de Pierre

    Conclave éclair d'une journée (12-13 mai 1572) ; il prend le nom de Grégoire en hommage à Grégoire le Grand.

  5. 24 février 1582
    La réforme du calendrier

    La bulle Inter gravissimas retranche dix jours et fonde le calendrier grégorien, encore universel aujourd'hui.

  6. 23 mars 1585
    L'ambassade japonaise

    Audience solennelle de l'ambassade Tenshō, première ambassade japonaise reçue en Europe (arrivée à Rome le 22 mars).

  7. 10 avril 1585
    Mort à Rome

    Grégoire XIII s'éteint à 83 ans ; Sixte V lui succède le 24 avril.

Le jugement de l'histoire

La postérité a longtemps réduit Grégoire XIII à son calendrier et à la médaille de la Saint-Barthélemy. C'est une double injustice de perspective. Le calendrier n'est qu'un fragment d'un programme bien plus vaste ; et la Saint-Barthélemy, replacée dans ses sources, révèle un pape tenu dans l'ignorance puis étranger au crime, non un instigateur — le récit de ses larmes demeurant, lui, un témoignage indirect et discuté, non un fait établi.

Le bilan d'ensemble est celui d'un grand pontificat de transition : Grégoire XIII a pris le concile de Trente encore théorique et l'a rendu concret — séminaires, collèges, nonciatures, livres liturgiques et juridiques officiels, ordres réformés, missions universelles. Ses échecs furent surtout politiques et financiers ; ses réussites, structurelles et durables. L'Église qui sortira de son règne, prolongée par Sixte V, est l'Église de la Contre-Réforme accomplie.

Pour aller plus loin

  • Le concile de Trente — la grande réforme catholique dont Grégoire XIII fut l'exécuteur.
  • Le calendrier grégorien — le détail astronomique et le comput de la réforme de 1582.
  • Saint Pie V — son prédécesseur, pape de Lépante et de l'austérité tridentine.
  • Sixte V — son successeur, qui rétablit l'ordre dans les États pontificaux.
  • Les États pontificaux — souveraineté temporelle, finances et brigandage.
  • Les papes de la Renaissance — du népotisme des Borgia à la réforme tridentine.
  • Réponses au protestantisme — guerres de Religion et Contre-Réforme.

Notes et références

  1. S. Miranda, The Cardinals of the Holy Roman Church, Florida International University, notice Grégoire XIII : « Created thirty four cardinals in eight consistories » (verbatim vérifié). Corroboré par la liste des cardinaux créés par Grégoire XIII : 34 cardinaux en huit consistoires (dont son neveu Filippo Boncompagni dès le premier consistoire de 1572).

    1
  2. Numérotation courante : 226ᵉ pape (saint Pie V, prédécesseur, 225ᵉ ; Sixte V, successeur, 227ᵉ). CatholicSaints.Info, notice « Pope Gregory XIII » : « 226th pope in 1572 ». Rang corroboré en octobre 2026 par catholic-hierarchy.org (« 226 | Gregory XIII | 7 Jan 1502 | 13 May 1572 | 25 May 1572 | 10 Apr 1585 » ; l'accès direct à catholicsaints.info n'a pas abouti ce soir-là). Même numérotation dans la liste courante des papes établie d'après l'Annuario Pontificio (Pie V 225ᵉ, Grégoire XIII 226ᵉ, Sixte V 227ᵉ). Cette numérotation suit les listes pontificales courantes ; elle dépend des conventions de comptage (sort des antipapes, cas d'Étienne), la liste officielle faisant foi dans l'Annuario Pontificio.

    2
  3. Catholic Encyclopedia, vol. VII, Robert Appleton Company, New York, 1910, art. « Pope Gregory XIII », p. 1 (newadvent.org/cathen/07001b.htm ; pagination vérifiée sur le scan d'époque, Internet Archive) ; Ludwig von Pastor, The History of the Popes from the Close of the Middle Ages, trad. R. F. Kerr, vol. XIX, Kegan Paul / B. Herder, Londres-Saint-Louis, 1930, p. 17 (texte intégral vérifié : parents, enseignement 1531-1537 et 1538-1539, liste des élèves). Parents : Cristoforo Boncompagni et Angela Marescalchi. Sauf mention contraire, « CE VII » ci-dessous renvoie à ce même article, pages données d'après le scan d'époque.

    3
  4. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 1 : « studied jurisprudence at the University of Bologna, from which he was graduated as doctor of canon and of civil law » (verbatim vérifié sur newadvent).

    4
  5. Enseignement de la jurisprudence à Bologne de 1531 à 1539 (avec précision : 1531-1537 et 1538-1539) d'après C. Malagola, Documenti inediti sulla laurea e sull'insegnamento di Gregorio XIII (U. Boncompagni) nell'antico studio di Bologna, Rome, 1878, repris par Ludwig von Pastor, History of the Popes, vol. XIX (1930), p. 17 ; liste voisine dans CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 1. Pastor nomme parmi les élèves, outre le juriste Ippolito Riminaldi, cinq futurs cardinaux : Otto Truchsess, Reginald Pole, Cristoforo Madruzzo, Francesco Alciati et Alessandro Farnese. La CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 1, donne une liste voisine (Farnese, Madruzzi, Truchsess von Waldburg, Pole, Hosius) en y ajoutant, sans date, « Carlo Borromeo » : ajout chronologiquement impossible pour des leçons données entre 1531 et 1539, Charles Borromée étant né le 2 octobre 1538 — son nom a donc été retiré de la liste ci-dessus.

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  6. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 2 : Boncompagni eut, avant son ordination, un fils « of an unmarried woman » (verbatim vérifié), Giacomo (né en 1548), de Maddalena Fulchini de Carpi selon les généalogies postérieures.

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  7. Ludwig von Pastor, History of the Popes, vol. XIX (1930), ch. I (texte intégral vérifié : fils né en 1548, dix ans avant l'ordination ; châtelain du château Saint-Ange en mai 1572, commandant des troupes pontificales en avril 1573, duché de Sora ; visée de la pourpre refusée). Giacomo Boncompagni (1548-1612) fut fait châtelain du château Saint-Ange, gonfalonier de l'Église et duc de Sora, mais écarté des dignités ecclésiastiques.

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  8. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 1 : sous Paul III, Boncompagni est nommé juge du Capitole, abréviateur apostolique et référendaire après son arrivée à Rome en 1539.

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  9. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », pp. 1-2 (phrase à cheval sur le changement de page) : envoyé au concile de Trente comme juriste pontifical dès 1545.

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  10. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 2 : en 1559, Pie IV l'envoie à Trente comme député de confiance, où il reste jusqu'à la clôture du concile en 1563.

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  11. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 2 : nommé évêque de Vieste (Viesti, Pouilles) en 1558.

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  12. S. Miranda, The Cardinals of the Holy Roman Church, notice Boncompagni (recoupée en séance) : « Created cardinal priest in the consistory of March 12, 1565; received the red hat and the title of S. Sisto, May 15, 1565 » — création le 12 mars 1565, titre reçu le 15 mai. La CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 2, imprime par erreur « created him Cardinal Priest of San Sisto in 1564 ». Confirmation indirecte : la NCE, art. « Gregory XIII, Pope » (recoupée en séance), relève qu'il prit le nom de Grégoire « on whose feast day he had been made cardinal » — or la fête de saint Grégoire le Grand tombe le 12 mars.

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  13. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 2 (verbatim vérifié) : légation en Espagne auprès de Philippe II (1565), liée notamment au procès de l'archevêque Bartolomé de Carranza, soupçonné d'hérésie et emprisonné par l'Inquisition.

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  14. Encyclopaedia.com, New Catholic Encyclopedia, art. « Gregory XIII, Pope » (verbatim vérifié) : le nouveau pape Pie V « gave Buoncompagni the Segnatura of Briefs (1566) » ; il entre en charge à son retour à Rome.

    14
  15. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 2 (verbatim vérifié) : mort de Pie V le 1ᵉʳ mai 1572, élection de Boncompagni le 13 mai ; Lépante : 7 octobre 1571.

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  16. Noyau établi, recoupé en séance et revérifié sur les textes intégraux en octobre 2026 : CE, art. « Pope Gregory XIII » (newadvent, texte intégral téléchargé et contrôlé) : « Ugo Buoncompagni was elected pope on 13 May, 1572 » ; S. Miranda, page des conclaves du XVIᵉ siècle : « Conclave of May 12 to 13, 1572 », « only one ballot was taken, followed by one accessus » (verbatims confirmés en octobre 2026) ; CE, art. « St. Charles Borromeo » (cathen/03619a) : « the conclave, which lasted one day and resulted in the election of Cardinal Ugo Buoncompagni, with the title of Gregory XIII, 13 May, 1572 » (recoupé en octobre 2026 sur newadvent et neuf miroirs concordants) ; élection « chiefly through the influence of Cardinal Antoine Granvella » (CE, art. « Pope Gregory XIII », texte intégral contrôlé en octobre 2026). Détail du déroulement (entrée des cardinaux le 12 mai, Granvelle les rejoignant le soir même, premier scrutin le 13 mai à 18 heures suivi de l'accessus, accord Farnese/Bonelli/Granvelle/Borromée sur Boncompagni comme candidat de compromis) : synthèse secondaire (article « 1572 conclave », d'après Ludwig von Pastor, History of the Popes, vol. XIX, pp. 13-15, et Baumgartner), non recoupée sur Pastor en séance — recoupement restant avant approbation. Réserve numérique : Eubel (Hierarchia catholica, III, n. 1, cité par Miranda) ne compte que 51 cardinaux votants, et les données vérifiées transmises à Miranda (Burkle-Young) donnent 66 cardinaux vivants dont 13 absents, soit 53 présents — le chiffre de « 52 » n'est donc pas établi en l'état. Couronnement le 25 mai 1572 (recoupé en octobre 2026 : catholic-hierarchy.org ; Wikipedia « Papal coronation » ; Dimore Storiche Italiane, palazzo Boncompagni).

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  17. Encyclopaedia.com, New Catholic Encyclopedia, art. « Gregory XIII, Pope » (verbatim vérifié) : nom choisi « in honor of Pope Gregory the Great, on whose feast day he had been made cardinal ». Motif confirmé par Ludwig von Pastor, vol. XIX, p. 15 (texte intégral vérifié) : la pourpre lui avait été conférée le jour de la fête de saint Grégoire le Grand.

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  18. Encyclopaedia.com, New Catholic Encyclopedia, art. « Gregory XIII, Pope », section « Religious Restoration » (verbatim vérifié) : « Gregory was fervently concerned with religious restoration. »

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  19. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 2 (verbatim vérifié) : « decided that the cardinals who were at the head of dioceses were not exempt from the Tridentine decree of episcopal residence ».

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  20. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 4 (recoupée en séance sur newadvent et sur le scan d'époque) : « For the education of poor candidates for the priesthood he spent two million sendi during his pontificate » — le scan imprimant « sendi », coquille manifeste pour « scudi » (écus), sens retenu dans le corps.

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  21. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 4 : édition officielle du Corpus juris canonici achevée en 1582 ; brefs Cum pro munere du 1ᵉʳ juillet 1580 et Emendationem du 2 juin 1582 imposant l'usage exclusif du texte officiel.

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  22. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 3 : révision du Martyrologe romain ordonnée à l'automne 1580 (restauration du texte d'Usuard), commission de dix membres présidée par le cardinal Guglielmo Sirleto ; première édition (1582) pleine de coquilles, seconde (1583) de même, toutes deux supprimées, troisième édition de janvier 1584, Martyrologium Romanum Gregorii XIII jussu editum ; bref du 14 janvier 1584 ordonnant que le nouveau martyrologe remplace tous les autres.

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  23. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 3 (recoupée en séance) : « He approved the Congregation of the Oratory in 1574, the Barnabites in 1579, and the Discalced Carmelites in 1580 ». La NCE, art. « Gregory XIII, Pope » (recoupée en séance) : « In 1575 he sanctioned establishment of the Oratory under Philip Neri ». Érection canonique formelle par la bulle Copiosus in misericordia du 15 juillet 1575 : Jean-Paul II, discours au chapitre général de l'Oratoire, 5 octobre 2000 (vatican.va) : « the Bull Copiosus in misericordia by which Gregory XIII established it in the Holy Year of 1575 ». Le corps retient donc les deux dates sourcées : approbation 1574 (CE), sanction et érection 1575.

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  24. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 3 : canonisation de saint Norbert (1582) ; béatification de Grégoire VII (1584).

    24
  25. Encyclopaedia.com, New Catholic Encyclopedia, art. « Gregory XIII, Pope » (verbatim vérifié). Texte original anglais : « Gregory's was a great pontificate, especially in the actualizing of the aims of the Council of Trent. »

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  26. U.S. Naval Observatory, « Every Four Years. Almost… » : l'année julienne moyenne (365,25 j) dépasse l'année tropique réelle (365,2422 j) d'environ onze minutes par an ; New Catholic Encyclopedia, art. « Calendar, Gregorian » (A. Cody) : à la veille de la réforme, l'équinoxe tombait le 11 mars au lieu de la date nicéenne du 21 mars.

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  27. New Catholic Encyclopedia, art. « Calendar, Gregorian » (A. Cody) : la commission pontificale retient l'essentiel du projet du Calabrais Luigi Lilio (Aloysius Lilius, mort en 1576), et le jésuite allemand Christophe Clavius met au point les règles définitives.

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  28. Grégoire XIII, bulle Inter gravissimas, 24 février 1582. Incipit vérifié (premiers mots, qui donnent son nom à la bulle) : « Inter gravissimas pastoralis officii nostri curas… » ; la suite — l'achèvement de ce que le concile de Trente a réservé au Siège apostolique, au premier rang la correction du calendrier — est rendue en traduction française dans le corps, la lettre exacte (sunt/fuerunt) variant selon les transcriptions.

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  29. Grégoire XIII, Inter gravissimas, 24 février 1582 (texte de la bulle) : retranchement des dix jours du 5 au 14 octobre 1582 — le lendemain du jeudi 4 octobre (fête de saint François) est le vendredi 15 octobre ; New Catholic Encyclopedia, art. « Calendar, Gregorian » : « ten days (5-14 October 1582) were dropped », calendrier adopté comme calendrier civil légal au 5/15 octobre 1582.

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  30. Adoption catholique : États italiens, Espagne et Portugal au 5/15 octobre 1582, autres pays catholiques entre la fin de 1582 et 1584 ; pays protestants du Nord gardant le julien jusqu'au XVIIIᵉ siècle (New Catholic Encyclopedia, art. « Calendar, Gregorian »). Calendrier civil orthodoxe au XXᵉ siècle, vérifié pays par pays en séance puis recoupé en octobre 2026 (liste standard d'adoption, références à l'appui — Wikipedia « Adoption of the Gregorian calendar » et « List of adoption dates of the Gregorian calendar by country », elles-mêmes sourcées) : Russie 1918 (le 31 janvier suivi du 14 février) ; Bulgarie 1916 (le 31 mars suivi du 14 avril) ; Serbie/Yougoslavie 1919 (le 14 janvier suivi du 28) ; Roumanie 1919 (le 31 mars suivi du 14 avril) ; Grèce 1923 (le 15 février suivi du 1ᵉʳ mars, usage civil seul, Mont Athos excepté) ; Empire ottoman 1917 (le 15 février suivi du 1ᵉʳ mars, dans le cadre du calendrier Roumi), l'ère commune n'étant adoptée en Turquie que le 1ᵉʳ janvier 1926. Le guide de datation de l'université de Nottingham retient des conventions différentes (Bulgarie 1915, Turquie et Russie 1917) : les années ci-dessus suivent la liste standard des dates de bascule. L'année 1924 est celle du passage des Églises orthodoxes de Grèce et de Roumanie au calendrier julien révisé (congrès de Constantinople, 1923), distincte de l'adoption civile.

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  31. Encyclopaedia.com, New Catholic Encyclopedia, art. « Gregory XIII, Pope » (verbatim vérifié) : « In 1572 he reconstructed the Roman College, later known as the Gregorian University. »

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  32. Université pontificale Saint-Thomas-d'Aquin (Angelicum), brochure officielle (2025) : « In 1577, Juan Solano, Bishop of Cusco, Peru, established the Collegium Divi Thomae at the Minerva. » Le studium dominicain de la Minerva devient donc sous Grégoire XIII, par le legs Solano, le Collège Saint-Thomas, futur Angelicum.

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  33. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 2 : Collège germanique, bulle du 6 août 1573 ordonnant au moins cent étudiants à la fois (« no less than one hundred students »), avec une rente annuelle de 10 000 ducats (« 10,000 ducats ») prélevée au besoin sur le trésor pontifical (verbatims vérifiés sur newadvent).

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  34. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 2 : Collège grec fondé le 13 janvier 1577.

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  35. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 2 : collège pour les convertis (néophytes) du judaïsme et de l'islam, 1577.

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  36. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 2 ; Ludwig von Pastor, History of the Popes, vol. XIX (1930). Collège anglais de Rome établi le 1ᵉʳ mai 1579.

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  37. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 2 : Collège maronite fondé le 27 juin 1584.

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  38. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 2 (verbatim vérifié sur newadvent). Texte original anglais : « At least twenty-three such institutions of learning owe their existence or survival to the munificence of Gregory XIII. » Collèges hors de Rome cités : Douai, Pont-à-Mousson, Graz, Vienne, Prague, Milan, etc.

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  39. Encyclopaedia.com, New Catholic Encyclopedia, art. « Gregory XIII, Pope » (verbatim vérifié) : « He supported the Jesuits both in Europe and in such lands as India, China, Japan, and Brazil. »

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  40. Les quatre envoyés — Mancio Itō, Miguel Chijiwa, Julião Nakaura et Martinho Hara — et l'organisation par le visiteur jésuite Alessandro Valignano (départ du Japon en 1582) : J. F. Moran, The Japanese and the Jesuits : Alessandro Valignano in Sixteenth-Century Japan ; fiche « Statue of Chijiwa Miguel » du ministère japonais du Territoire (mlit.go.jp) : départ en 1582, rencontre des deux papes — Grégoire XIII puis Sixte V — en 1585. Arrivée à Rome le 22 mars 1585, envoyés par les rois convertis de Bungo, d'Arima et d'Omura : CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 3.

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  41. Arrivée : CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 3, le 22 mars 1585, envoyés par les rois convertis de Bungo, d'Arima et d'Omura ; Ludwig von Pastor, History of the Popes, vol. XX (1930), pp. 461-463 (texte intégral vérifié) : l'ambassade arrive aux portes de Rome le soir du 22 mars et est reçue en consistoire public solennel le 23 — le sommaire du volume abrège en « arrival in Rome (March 23rd) ». Écart levé : 22 = arrivée, 23 = audience solennelle. Paravents d'Azuchi offerts par Oda Nobunaga à Alessandro Valignano (1581) et apportés à Rome par l'ambassade : P. Cavaliere, « Kano Eitoku folding screen 1585 mission to Europe » (Univ. de Milan, 2008) ; C. Erdmann, « Revisiting Philips van Winghe's Sketches of the Azuchi Screens », Ars Orientalis (Univ. du Michigan) : paravents présentés en 1585 au pape à Rome, premier grand don diplomatique du Japon à l'Occident. Réserve maintenue après recoupement : si une présentation des paravents à Grégoire XIII dans ses appartements est datée du 3 avril 1585 par certaines synthèses (article « Azuchi Screens » ; C. Erdmann : « presented in 1585 to Pope Gregory XIII »), la chronologie détaillée de l'ambassade Tenshō place le don des paravents sous Sixte V — l'ambassade étant encore à Rome à la mort de Grégoire XIII (10 avril 1585). La remise solennelle est donc tenue pour incertaine en l'état. Ludwig von Pastor, History of the Popes, vol. XX (1930), pp. 464-466 : audiences, faveurs pontificales et Nunc dimittis du vieux pape en consistoire.

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  42. Destins après le retour au Japon (1590), recoupés en séance : Mancio Itō mourut à Nagasaki le 13 novembre 1612 ; Miguel Chijiwa, sorti de la Compagnie de Jésus avant 1601 sans être ordonné, mourut à Nagasaki le 23 janvier 1633 ; Martinho Hara, banni du Japon en 1614, mourut à Macao le 23 octobre 1629 (articles « Tenshō embassy », « Itō Mancio », « Miguel Chijiwa », recoupés en séance) ; Julião Nakaura, resté jésuite, mourut martyr sous la torture de la fosse à Nagasaki le 21 octobre 1633 — son quatrième jour dans la fosse, où il avait été suspendu le 18 — et fut béatifié le 24 novembre 2008 parmi les 188 martyrs (Pierre Kibe et ses 187 compagnons) : université Sophia (fonds Britto, « Peter Kibe and 187 other Japanese martyrs » : « Julian died on October 21, his fourth day in the pit ») ; kirishtan.com, « October 21, 1633: Father Julian Nakaura ». Ordination sacerdotale commune des trois en 1608 (corpus Japanese Wiki). La formule courante « premiers pères jésuites japonais » reste inexacte à double titre : les premiers prêtres autochtones avaient été ordonnés dès 1601 par Mgr Cerqueira — chronologie officielle du ministère japonais du Territoire (mlit.go.jp) : « 1601 (Keichō 6) The ordaining of Japan's first two native priests » ; catholicyamate.org, Brief History of Catholicism in Japan : « In 1601 the first two Japanese priests were ordained by Msgr. Cerqueira » — et Chijiwa ne fut jamais ordonné. Entre 1601 et 1614, Mgr Cerqueira ordonna seize prêtres japonais (et non quinze) : J. Costa S.J. (revue de l'université Nanzan) : « From 1601 to 1614 Bishop Cerqueira ordained sixteen Japanese priests ». Non recoupés jour par jour en séance et tenus pour non vérifiés : le noviciat d'Amakusa en 1591 et le mois de septembre 1608 pour l'ordination de Nakaura, donnés d'après F. Hirabayashi, S.J., « Four Jesuits To Be Beatified » (université Sophia, 2008).

    43
  43. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 3 (verbatim vérifié) : « he erected resident nunciatures at Vienna in 1581 and at Cologne in 1582 » pour suivre la situation catholique et rester en contact avec les princes.

    44
  44. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 3 : dès 1578, envoi de Thomas Stukeley avec un navire et 800 hommes vers l'Irlande (Stukeley rallie finalement le roi Sébastien de Portugal) ; autre expédition en 1579 sous James Fitzmaurice, accompagné de Nicholas Sanders comme nonce pontifical — également un échec ; NCE, art. « Gregory XIII, Pope » : première tentative « abortive in 1578 », seconde achevée par la mort de Fitzmaurice après le débarquement en 1579.

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  45. C. C. Martindale, S.J., Saint Edmund Campion, Catholic Truth Society, n° b335 (1970) : venu à Rome le 25 mars 1580 avant son départ en mission avec Robert Persons, Campion demande et obtient une « mitigation » de la bulle de déposition (Regnans in Excelsis, 1570) ; The Quarterly Review (recension d'une histoire du pontificat) : « The explanatory declaration given by Gregory XIII in 1580 to Campion and Parsons (that the Bull was binding upon Catholics when its fulfilment was possible, but not as things were) » — la bulle reste valable en principe, sans lier les catholiques dans les circonstances présentes.

    46
  46. Encyclopaedia.com, New Catholic Encyclopedia, art. « Gregory XIII, Pope » (verbatim vérifié) : les efforts contre Élisabeth Iʳᵉ, Henri de Navarre et les Turcs « cost great sums » et échouèrent largement.

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  47. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 3 : massacre célébré à Rome par un « Te Deum » et d'autres marques de réjouissance ; médaille frappée en mémoire de l'événement. Fresques de Giorgio Vasari à la Sala Regia : A. Herz, « Vasari's "Massacre" Series in the Sala Regia : The Political, Juristic, and Religious Background », Zeitschrift für Kunstgeschichte, vol. 49 (1986), pp. 41-54.

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  48. Médaille pontificale de 1572, avers à l'effigie du pape. Revers : un ange tenant croix et épée au-dessus des huguenots abattus ; légende « VGONOTTORVM STRAGES · 1572 » (« Massacre des huguenots »), telle que lisible sur l'exemplaire photographié. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 3 (verbatim vérifié) : « under the legend Vgonotiorum Strages (overthrow of the Huguenots) stands an angel with cross and drawn sword, killing the Huguenots ». Photo : Carleton University, Early Modern Europe collection.

    49
  49. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 3 (verbatim vérifié) : le pape, comme les autres souverains d'Europe, « had been informed that the Huguenots had been detected in a conspiracy to kill the king and the whole royal family ». Le Te Deum portait sur la survie du roi.

    50
  50. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 3 (verbatim vérifié sur newadvent et sur le scan d'époque). Texte original anglais : « had nothing whatever to do with the massacre itself ».

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  51. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 3 (verbatim vérifié sur newadvent et sur le scan d'époque) : « That Gregory XIII did not approve of the massacre, but detested the cruel act and shed tears when he was apprised of it, is expressly stated even by the apostate Gregario [sic] Leti in his "Vita di Sisto V" (Cologne, 1706), I, 431-4, and by Beautome [Brantôme] in his "Vie de M. l'Amiral de Chastillon" (La Haye, 1740, VIII, 196). » Degré du témoignage : seconde main, tardif (Leti écrit plus de cent trente ans après 1572) et discuté — à présenter comme rapporté, non comme établi.

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  52. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 4 : chapelle grégorienne de Saint-Pierre, palais du Quirinal (1580), grenier des thermes de Dioclétien (1575), fontaines de la place Navone, du Panthéon et du Popolo.

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  53. Encyclopaedia.com, New Catholic Encyclopedia, art. « Gregory XIII, Pope » (verbatim vérifié) : ses dépenses « exhausted the papal treasury », l'obligeant à reprendre des fiefs aux nobles, ce qui déclencha « widespread banditry » et « lawlessness » dans les États pontificaux.

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  54. CE VII, art. « Pope Gregory XIII », p. 4 : brigandage de nobles révoltés tels qu'Alfonso Piccolomini et Roberto Malatesta, non réprimé avant le règne de Sixte V.

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  55. Ludwig von Pastor, History of the Popes, vol. XX (1930), pp. 634-636 (récit d'après Pastor, non recoupé page à page — recoupement restant avant approbation ; l'index du volume renvoie « Mercati, Michele (physician), 636 ») : refroidissement début avril aggravé par le jeûne ; inflammation de la gorge et fièvre constatées le 5 avril ; messe privée, Sixtine et audiences le dimanche 7 ; consistoire le lundi 8 au matin, audiences l'après-midi ; lit imposé le mardi 9 (catarrhe aggravé, abandon du jeûne) ; mercredi 10 avril, repas avec le duc de Sora, réception des cardinaux Boncompagni et Guastavillani en marchant, pouls faiblissant et sueur froide constatés par Michele Mercati, extrême-onction puis mort paisible. Sources citées par Pastor : notes d'A. Musotti présent à la mort (archives Boncompagni), Mucantius, Diarium (in Theiner, III, 642 seq.), Santori, Autobiografia, XIII, 163, rapports Priuli des 10 et 12 avril 1585, mémorandum Capilupi du 10 avril 1585, rapport Sporeno du 10 avril 1585, Avvisi di Roma des 10 et 13 avril 1585 (Urb. 1053), Maffei, II, 423 seq. Mort le 10 avril 1585 à 83 ans ; successeur : Sixte V, élu le 24 avril 1585 (noyau recoupé en octobre 2026 : CE, art. « Pope Sixtus V » : « Gregory XIII died on 10 April 1585, and after a conclave of four days Peretti was elected pope by "adoration" on 24 April, 1585 »).

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