Pape Grégoire XV (1621-1623)

Alessandro Ludovisi, pape de 1621 à 1623 : premier pape formé par les jésuites, il réforme l'élection pontificale par le scrutin secret (Aeterni Patris Filius), canonise les cinq saints de 1622 (Ignace, Xavier, Thérèse, Philippe Néri, Isidore) et fonde la Congrégation de Propaganda Fide pour les missions du monde entier.

Ignispedia

Grégoire XV (Gregorius XV), né Alessandro Ludovisi à Bologne le 9 janvier 1554 et mort à Rome le 8 juillet 1623, fut pape du 9 février 1621 à sa mort. Vieux et malade au moment de son élection — il avait soixante-sept ans et souffrait de maux d'estomac chroniques —, il ne régna que vingt-neuf mois.[1][2] Pourtant, peu de pontificats brefs ont laissé une empreinte aussi durable : ce fils de la noblesse bolonaise, premier pape entièrement formé par les jésuites, fut un législateur fécond dont plusieurs décisions ont façonné l'Église pour des siècles.[3]

Trois actes ont fixé sa place dans l'histoire. D'abord la réforme de l'élection pontificale : par les bulles Aeterni Patris Filius (1621) et Decet Romanum Pontificem (1622), il imposa le scrutin secret écrit et un cérémonial précis du conclave, base canonique des élections papales jusqu'au XXe siècle.[4][5] Ensuite la grande canonisation du 12 mars 1622 : en un seul jour, il éleva sur les autels cinq géants de la Réforme catholique — Ignace de Loyola, François Xavier, Thérèse d'Ávila, Philippe Néri et Isidore le Laboureur.[6][7] Enfin, la fondation de la Congrégation de Propaganda Fide (1622), premier organe permanent du Saint-Siège pour gouverner les missions du monde entier, qui restera pendant trois siècles et demi le cœur de l'effort missionnaire catholique.[8][9]

À ces trois piliers s'ajoute une diplomatie active dans la guerre de Trente Ans naissante : Grégoire XV soutint financièrement l'empereur Ferdinand II et la Ligue catholique, obtint le transfert de la dignité électorale palatine au duc Maximilien de Bavière, et reçut en remerciement la fameuse bibliothèque palatine de Heidelberg, dont les manuscrits enrichissent encore la Vaticane.[10][11]

Grégoire XV en trois actes — la loi du scrutin secret au conclave (Aeterni Patris Filius, 1621), la canonisation des cinq saints du 12 mars 1622 et la fondation de la Congrégation de Propaganda Fide pour les missions (1622). Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le revers de ce pontificat est un népotisme assumé. Dès le troisième jour, Grégoire XV fit cardinal son neveu de vingt-cinq ans, Ludovico Ludovisi, qui devint le véritable bras droit du gouvernement pontifical. La Catholic Encyclopedia en juge ainsi : « Ludovico, il est vrai, fit avancer par tous les moyens les intérêts de sa famille, mais il mit aussi ses brillants talents et sa grande influence au service du bien de l'Église, et fut sincèrement dévoué au pape. »[12]

Pourquoi Grégoire XV compte-t-il ?

Le pape qui a fixé les règles du conclave

Avant Grégoire XV, l'élection du pape restait un processus mal encadré, exposé aux pressions des factions de cardinaux et des monarques catholiques. En imposant le scrutin secret écrit, le vote individuel et l'interdiction de voter pour soi-même, la bulle Aeterni Patris Filius a professionnalisé le conclave. Ces règles, complétées par le cérémonial de Decet Romanum Pontificem, formèrent « la base canonique des élections pontificales jusqu'au XXe siècle » : le conclave de 1623, qui élit Urbain VIII, fut le premier à les appliquer.[13][14] Peu de papes peuvent se prévaloir d'avoir réglé pour trois siècles la manière même dont leurs successeurs seraient choisis.

Le pape des « cinq saints » de 1622

Le 12 mars 1622, sur le parvis de Saint-Pierre tendu de tentures et illuminé, Grégoire XV canonisa cinq saints dont les noms résument la grande renaissance catholique du XVIe siècle : le fondateur des jésuites Ignace de Loyola, l'apôtre des Indes François Xavier, la réformatrice du Carmel Thérèse d'Ávila, le fondateur de l'Oratoire Philippe Néri et le paysan castillan Isidore le Laboureur.[15][16] Jamais l'Église n'avait inscrit autant de saints au même jour, ni rassemblé en une seule cérémonie une telle concentration de figures majeures de la Contre-Réforme.

Le pape fondateur de la Propagation de la Foi

En créant, le 6 janvier 1622, la Congrégation de Propaganda Fide, Grégoire XV dota l'Église de son premier ministère central des missions. Jusque-là, l'évangélisation du Nouveau Monde et de l'Asie dépendait largement des couronnes d'Espagne et du Portugal par le régime du patronato. La nouvelle congrégation entendait rendre au Saint-Siège la direction de l'effort missionnaire et coordonner la prédication de l'Évangile « jusqu'aux extrémités de la terre ».[17][18] Cet organe, longtemps appelé simplement « la Propagande », survit aujourd'hui sous le nom de Dicastère pour l'évangélisation.

Alessandro Ludovisi avant le trône

Une naissance dans la noblesse bolonaise

Alessandro Ludovisi naît à Bologne le 9 janvier 1554, troisième des sept enfants de Pompeo Ludovisi, comte de Samoggia, et de Camilla Bianchini.[19] Les Ludovisi sont une famille de la noblesse bolonaise, ville alors intégrée aux États pontificaux et l'un des grands centres juridiques de l'Italie. Toute la carrière du futur pape portera la marque de ce milieu : la rigueur du droit, l'attachement à Rome et un solide réseau d'alliances.

L'élève des jésuites du Collège romain

Le jeune Alessandro est envoyé à Rome pour ses études supérieures. Il y suit les humanités et la philosophie au Collège romain, l'établissement fondé par saint Ignace de Loyola et devenu le fleuron pédagogique de la Compagnie de Jésus.[20][21] Cette formation est décisive : Grégoire XV sera le premier pape façonné par la ratio studiorum jésuite, et l'on comprend mieux, à la lumière de cette dette de jeunesse, qu'il ait tenu à canoniser solennellement Ignace et Xavier. La proximité de toute sa vie avec la Compagnie de Jésus s'enracine dans ces années de collège.

Le juriste et l'homme de curie

Ludovisi obtient ensuite, à l'université de Bologne, le doctorat in utroque iure — en droit canon et en droit romain — le 4 juin 1575.[22] Son ascension est celle d'un grand juriste de curie. Le pape Grégoire XIII, lui aussi bolonais, le nomme juge du Capitole ; Clément VIII en fait un référendaire des deux Signatures (1593-1596), puis vice-gérent de Rome (1597-1598) et auditeur de la Sacrée Rote romaine (1599-1612), le plus haut tribunal de l'Église.[23][24] Pendant treize ans, Ludovisi siège ainsi parmi les meilleurs canonistes de son temps — expérience qui nourrira sa législation pontificale.

Archevêque de Bologne et nonce en Savoie

En 1612, le pape Paul V le nomme archevêque de sa ville natale, Bologne (12 mars 1612 ; consécration épiscopale le 1ᵉʳ mai).[25][26] La même année, il est envoyé comme nonce apostolique en Savoie pour arbitrer le conflit entre le duc de Savoie et l'Espagne au sujet du Montferrat — mission diplomatique délicate qui révèle ses talents de négociateur.[27] Évêque résident et diplomate, il incarne le type idéal du prélat tridentin, formé par le concile de Trente à unir le gouvernement pastoral et le service du Saint-Siège.

Le cardinal de Paul V

Le 19 septembre 1616, Paul V crée Ludovisi cardinal-prêtre ; il reçoit en 1618 le titre de Santa Maria in Traspontina.[28] Cardinal âgé et respecté, réputé pour sa droiture et son savoir juridique, il n'appartient à aucune des grandes factions qui divisent le Sacré Collège — atout décisif quand viendra l'heure du conclave.

L'élection de 1621

La succession de Paul V

Paul V meurt le 28 janvier 1621. Le conclave qui s'ouvre est dominé par la rivalité entre la France et l'Espagne, et par les ambitions du puissant cardinal Scipione Borghèse, neveu du défunt pape. C'est précisément l'influence de Borghèse qui porte au trône le cardinal Ludovisi : « Le 9 février, Ludovisi lui-même fut élu successeur de Paul V, principalement par l'influence du cardinal Borghèse », note la Catholic Encyclopedia.[29] Candidat de compromis, vieux et conciliant, Ludovisi rassemble sur son nom des cardinaux que tout opposait.

Un pape âgé et malade

À son élection, Alessandro Ludovisi a soixante-sept ans et une santé fragile, minée par des troubles digestifs.[30] Beaucoup voient en lui un pape de transition, destiné à un règne court. L'histoire leur donnera raison sur la durée — vingt-neuf mois — mais les démentira sur la portée : malgré l'âge et la maladie, Grégoire XV déploiera une activité législative et diplomatique remarquable, en s'appuyant sur un entourage jeune et énergique.

Le nom de Grégoire

L'élu choisit de régner sous le nom de Grégoire, en hommage à son protecteur et compatriote bolonais Grégoire XIII (1572-1585), le pape de la réforme du calendrier et grand promoteur des collèges et des missions.[31] Le choix annonce un programme : prolonger l'œuvre tridentine de formation du clergé et d'expansion de la foi.

Ludovico Ludovisi, le cardinal-neveu

Le troisième jour de son pontificat, Grégoire XV élève au cardinalat son neveu Ludovico Ludovisi, âgé de vingt-cinq ans, et lui confie de fait la surintendance des affaires de l'Église.[32] Ce jeune homme brillant devient l'un des cardinaux-neveux les plus actifs de l'histoire : il gouverne la Secrétairerie d'État, mène la diplomatie, protège les ordres religieux et se fait grand mécène des arts. Le pape nomme aussi son frère Orazio capitaine général de l'Église et duc de Fiano.[33] Ce déploiement familial, typique de la Rome baroque, vaudra au pontificat le reproche de népotisme — reproche réel, mais qu'il faut peser au regard de l'efficacité du gouvernement Ludovisi.

La réforme du conclave

Pourquoi réformer l'élection du pape ?

Le scrutin secret au conclave (1621) — Aeterni Patris Filius impose le bulletin écrit et secret, le vote pour un seul candidat et l'interdiction de voter pour soi, afin de réduire l'emprise des factions et des rois sur l'élection du pape. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Aux XVIe et XVIIe siècles, le conclave est devenu un champ de bataille pour les factions cardinalices et les grandes puissances catholiques. Les pratiques d'acclamation (élection « par inspiration », souvent orchestrée) et de compromis ouvraient la porte aux manœuvres, aux pressions et au droit d'exclusion (le jus exclusivæ) que France, Espagne et Empire prétendaient exercer.[34] Grégoire XV, vieux canoniste, voulut assainir ce mécanisme et soustraire l'élection du successeur de Pierre à l'intrigue.

Aeterni Patris Filius (15 novembre 1621) : le scrutin secret

La bulle Aeterni Patris Filius, du 15 novembre 1621, fait du scrutin secret écrit le mode ordinaire de l'élection.[35] Trois formes restent reconnues — le scrutin (scrutinium), le compromis et la quasi-inspiration —, mais c'est le scrutin qui devient la règle, entouré de garanties strictes : chaque cardinal écrit le nom de son candidat, un seul, sur un bulletin ; nul ne peut voter pour lui-même ; le secret du vote est protégé. Le but, dit la bulle, est d'abolir les abus nés des élections tumultueuses et des pressions extérieures.[36][37]

« Désormais l'élection se fera par scrutin secret : chaque cardinal donnera sa voix à un seul candidat, et nul ne pourra se la donner à lui-même. » — Grégoire XV, bulle Aeterni Patris Filius, 15 novembre 1621 (substance dispositive)[38]

Decet Romanum Pontificem (1622) : le cérémonial

L'année suivante, la bulle Decet Romanum Pontificem (12 mars 1622) complète la première en fixant le cérémonial détaillé du conclave : forme et pliage des bulletins, manière de les déposer, de les compter et de les brûler, organisation matérielle de la réclusion.[39][40] Ensemble, les deux textes constituent un véritable code de l'élection pontificale, d'une précision inédite.

Une législation qui dure jusqu'au XXe siècle

La force de cette réforme tient à sa longévité. Le système Ludovisi resta la base canonique des conclaves jusqu'au début du XXe siècle, et plusieurs de ses principes — secret du vote, bulletin individuel, interdiction de voter pour soi — demeurent au cœur du droit actuel.[41][42] Le conclave de 1623, qui porta Maffeo Barberini sur le trône sous le nom d'Urbain VIII, fut le premier appliqué selon les nouvelles règles.[43] Un pape de vingt-neuf mois avait ainsi réglé, pour trois siècles, le rite de sa propre succession.

Les canonisations du 12 mars 1622

Cinq saints en un jour

Les cinq saints du 12 mars 1622 — en un seul jour, Grégoire XV canonise Ignace de Loyola et François Xavier (jésuites), Thérèse d'Ávila (Carmel réformé), Philippe Néri (Oratoire) et Isidore le Laboureur (patron de Madrid). Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le 12 mars 1622, dans une basilique Saint-Pierre somptueusement décorée, Grégoire XV proclame d'un même décret la sainteté de cinq serviteurs de Dieu.[44][45] L'événement est sans précédent : c'est la première canonisation collective de plusieurs saints le même jour, et l'une des cérémonies les plus retentissantes de la Réforme catholique. Rome se couvre de processions, feux d'artifice, concerts et représentations, et des fêtes analogues éclatent jusqu'à Madrid, Lisbonne, Goa, Mexico et au Japon, partout où prêchent jésuites et carmes.[46]

Le tableau ci-dessous récapitule les cinq saints et ce qu'ils représentent.

SaintPaysOrdre / œuvreApport
Ignace de LoyolaEspagne (Pays basque)Fondateur de la Compagnie de JésusExercices spirituels, éducation, missions
François XavierEspagne (Navarre)Jésuite, « apôtre des Indes »Évangélisation de l'Inde, du Japon
Thérèse d'ÁvilaEspagne (Castille)Réformatrice du CarmelOraison mystique, docteur de l'Église (1970)
Philippe NériItalie (Florence/Rome)Fondateur de l'Oratoire« Apôtre de Rome », joie spirituelle
Isidore le LaboureurEspagne (Madrid)Paysan, laïcPatron de Madrid et des agriculteurs

« Quatre Espagnols et un saint »

Un mot resté célèbre court alors dans Rome. Comme quatre des cinq nouveaux saints sont espagnols — seul Philippe Néri est italien (romain d'adoption) —, des plaisants de la Ville résument la cérémonie d'une formule mordante : « Le pape a canonisé quatre Espagnols et un saint. »[47] La pointe trahit l'agacement romain devant la domination espagnole sur l'Italie de ce temps, mais aussi la dévotion particulière des Romains pour leur cher Philippe Néri, « l'apôtre de Rome ».

« Le pape a canonisé quatre Espagnols et un saint. » — Mot attribué aux Romains après la canonisation du 12 mars 1622[48]

Une moisson de la Réforme catholique

Au-delà de l'anecdote, cette canonisation a une signification spirituelle profonde. En un seul geste, l'Église scelle la sainteté de la Contre-Réforme : l'ardeur missionnaire des jésuites avec Ignace et Xavier, la réforme mystique du Carmel avec Thérèse, la sanctification du clergé séculier avec l'Oratoire de Philippe Néri, et la sainteté du simple laïc au travail avec Isidore le Laboureur — paysan madrilène du XIIᵉ siècle, ouvrier agricole au service de Juan de Vargas, béatifié par Paul V en 1619 et désormais patron de Madrid et des agriculteurs.[49] Le message est limpide : la voie de la sainteté est ouverte au religieux comme au prêtre, au missionnaire comme au paysan.

« Sachez que, même à la cuisine, le Seigneur chemine parmi les casseroles, vous aidant dans les choses intérieures et extérieures. » — Sainte Thérèse d'Ávila, Livre des fondations, ch. 5[50]

La même année, Grégoire XV béatifie en outre le franciscain Pierre d'Alcántara (18 avril 1622) et le dominicain Albert le Grand, confirmant l'élan d'un pontificat tourné vers l'exaltation des saints réformateurs.[51][52]

La Congrégation de Propaganda Fide

Pourquoi une congrégation des missions ?

Propaganda Fide (1622), le ministère mondial des missions — Grégoire XV crée une congrégation de treize cardinaux pour gouverner depuis Rome l'évangélisation des continents, et soustraire les missions à la tutelle exclusive des couronnes d'Espagne et du Portugal. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Au début du XVIIe siècle, la diffusion de l'Évangile hors d'Europe dépend presque entièrement des couronnes ibériques. Par le régime du patronato real (espagnol) et du padroado (portugais), les rois nomment les évêques, financent les missions et contrôlent les départs de missionnaires vers l'Amérique, l'Afrique et l'Asie. Ce système a permis des évangélisations héroïques — en Chine, au Japon, aux Indes —, mais il mêle l'intérêt de la foi et l'intérêt des couronnes, et laisse le Saint-Siège à l'écart de la direction de l'œuvre missionnaire.[53]

6 janvier 1622 : la naissance de la Propagande

Le 6 janvier 1622, en la solennité de l'Épiphanie — fête de la manifestation du Christ aux nations —, Grégoire XV institue la Sacrée Congrégation de Propaganda Fide (« pour la propagation de la foi »).[54] La congrégation est confirmée et dotée de ses pouvoirs par la bulle Inscrutabili divinæ providentiæ du 22 juin 1622, qui revendique pour le pape, au plus haut degré, le devoir et le droit de répandre la foi comme tâche première du pasteur des âmes.[55][56]

« Insondables sont les desseins de la divine Providence […] : c'est au Pontife romain qu'il revient, comme à un bon pasteur, de porter l'Évangile aux nations qui ne connaissent pas encore le Christ. » — Grégoire XV, bulle Inscrutabili divinæ providentiæ, 22 juin 1622 (substance)[57]

Francesco Ingoli et l'organisation

La nouvelle congrégation réunit treize cardinaux, deux prélats et un secrétaire.[58] Le premier secrétaire, le prêtre de Ravenne Francesco Ingoli, en demeurera l'âme pendant vingt ans : c'est lui qui structure l'administration, recueille l'information sur l'état des missions du monde entier, et donne à la Propagande sa première doctrine missionnaire.[59] Sous son impulsion naîtront, peu après, le Collège urbain de formation des missionnaires et une imprimerie polyglotte pour publier catéchismes et grammaires dans les langues d'évangélisation.

Reprendre les missions à la tutelle des couronnes

Du patronage ibérique à Propaganda Fide — Grégoire XV ne supprime pas l'élan missionnaire de l'Espagne et du Portugal, mais donne à Rome un instrument stable pour coordonner les missions, former un clergé local et limiter la confusion entre évangélisation et intérêts impériaux. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'enjeu profond de Propaganda Fide est de rendre au Saint-Siège la direction des missions et de promouvoir un clergé indigène dans les terres de mission, contre la tendance des couronnes à traiter l'Église locale comme un prolongement de leur administration.[60] Cette orientation — confier l'Évangile à des pasteurs nés du pays — restera l'un des grands principes de la congrégation, parfois en tension avec les puissances coloniales.

Une institution séculaire

De Propaganda Fide fut, pendant plus de trois siècles et demi, le gouvernement central de toutes les missions catholiques. Réorganisée par les papes successifs, elle a été renommée Congrégation pour l'évangélisation des peuples (1967), puis intégrée en 2022 au Dicastère pour l'évangélisation.[61] Quatre siècles après sa fondation, l'institution voulue par Grégoire XV demeure au cœur de la mission de l'Église.

Grégoire XV et la guerre de Trente Ans

Le soutien à Ferdinand II et à la Ligue catholique

Grégoire XV et la guerre de Trente Ans (1621-1623) — subsides à l'empereur Ferdinand II et à la Ligue catholique, transfert de l'électorat palatin à Maximilien de Bavière, et bibliothèque palatine de Heidelberg envoyée à la Vaticane. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Élu un an après la bataille de la Montagne Blanche (8 novembre 1620), où l'armée impériale et la Ligue catholique écrasèrent les insurgés protestants de Bohême, Grégoire XV engagea résolument la papauté du côté de la maison de Habsbourg et de la Ligue catholique. Il versa à l'empereur Ferdinand II et au duc de Bavière des subsides considérables — de l'ordre, selon les estimations, de plusieurs centaines de milliers de florins, voire d'un million de ducats d'or sur l'ensemble du pontificat — pour soutenir la cause catholique dans l'Empire.[62][63]

Le transfert de l'électorat palatin à Maximilien de Bavière

Le grand succès diplomatique de Grégoire XV fut le transfert de la dignité électorale : la charge de prince-électeur du Saint-Empire, enlevée à l'électeur palatin Frédéric V (le « roi d'un hiver » de Bohême, calviniste), fut attribuée au catholique Maximilien Ier de Bavière.[64][65] Cette translation, obtenue au début de 1623, renforçait la majorité catholique au collège électoral impérial et constituait, pour Rome, une victoire stratégique majeure dans le grand conflit confessionnel.

La bibliothèque palatine de Heidelberg

En gratitude, Maximilien de Bavière offrit au pape l'un des plus précieux trésors du protestantisme allemand : la Bibliotheca Palatina de Heidelberg, capitale de l'électeur palatin, prise par les troupes catholiques. Riche d'environ 3 500 manuscrits et de milliers d'imprimés, cette bibliothèque fut transportée à Rome en 1623 et incorporée à la Bibliothèque vaticane, où une partie de ses fonds porte encore le nom de Palatini.[66][67] L'opération fut confiée au savant grec Leone Allacci, arrivé à Heidelberg en décembre 1622 : il fit emballer les livres dans 196 caisses acheminées à dos de mulets à travers les Alpes ; retardé par le mauvais temps, le convoi n'atteignit le lac de Côme que le 25 mai 1623, et la Vaticane reçut finalement 184 caisses le 9 août 1623, peu après la mort du pape.[68]

« Par reconnaissance envers le pape Grégoire XV, Maximilien lui fit présent de la bibliothèque palatine de Heidelberg, contenant environ 3 500 manuscrits. » — Catholic Encyclopedia, article Pope Gregory XV[69]

Les subsides à la Pologne contre les Turcs

Grégoire XV ne soutint pas seulement la cause catholique dans l'Empire. Il vint aussi en aide au roi de Pologne Sigismond III Vasa, engagé contre l'Empire ottoman ; ses subsides contribuèrent à l'effort polonais lors de la campagne aboutissant à la bataille de Khotyn (1621), où l'armée polono-lituanienne du grand hetman Jan Karol Chodkiewicz contint l'offensive du sultan Osman II jusqu'aux premières neiges d'automne, arrêtant l'avance turque en Europe centrale.[70][71][72] Fidèle à la longue tradition pontificale de défense de la chrétienté, le vieux pape se montra un allié des princes catholiques sur les deux fronts, occidental et oriental.

La question de la Valteline

Le pontificat dut enfin affronter l'épineuse affaire de la Valteline, vallée alpine catholique stratégique reliant le Milanais espagnol au Tyrol autrichien, disputée entre l'Espagne et la France. Pour éviter une rupture entre les deux grandes puissances catholiques, Grégoire XV accepta en 1623 que des garnisons pontificales occupent provisoirement les forts de la vallée, comme dépôt neutre, en attendant un règlement.[73] Solution prudente, mais fragile : la crise rebondira sous son successeur. Elle illustre la position d'arbitre que la papauté cherchait à tenir entre la France et l'Espagne.

Autres actes du pontificat

La bulle Omnipotentis Dei contre la sorcellerie (1623)

Le 20 mars 1623, Grégoire XV promulgue la constitution Omnipotentis Dei, dernière grande ordonnance pontificale relative à la sorcellerie.[74] Le texte, souvent mal compris, est en réalité plus mesuré que la législation antérieure : il réserve la peine de mort aux seuls cas où il serait « prouvé qu'on a conclu un pacte avec le démon et commis un homicide avec son aide », et adoucit les peines pour les autres cas.[75] Loin d'une furie répressive, l'acte montre une volonté de proportionner la sanction à la gravité réelle des faits, dans le climat des grandes chasses aux sorcières qui ravageaient alors l'Europe protestante comme catholique.

Le mécénat des Ludovisi : Guercin, Villa Ludovisi, Saint-Ignace

Le pontificat coïncide avec un sommet du baroque romain, porté par le cardinal-neveu Ludovico Ludovisi, l'un des plus grands mécènes de son siècle. Il fait venir à Rome le peintre Guercin (Guercino), lui aussi originaire de la région de Bologne, et constitue dans sa Villa Ludovisi une collection d'antiques et de tableaux parmi les plus fameuses d'Europe.[76] C'est encore lui qui, après la mort de son oncle, lancera la construction de l'église Saint-Ignace de Rome, au cœur du Collège romain, pour honorer le fondateur des jésuites tout juste canonisé — l'église même où Grégoire XV repose aujourd'hui.

Réformes administratives et juridiques

Vieux canoniste, Grégoire XV laissa une œuvre administrative importante. Outre la réforme du conclave et la création de Propaganda Fide, il réorganisa plusieurs congrégations romaines, légiféra sur les bénéfices ecclésiastiques et la discipline du clergé, et veilla à l'application des décrets du concile de Trente. Son court règne fut, en proportion, l'un des plus denses en actes de gouvernement du début du XVIIe siècle.[77]

La mort et l'héritage

La mort au Quirinal (8 juillet 1623)

Vingt-neuf mois de pontificat — l'élection de février 1621, la réforme du conclave, la fondation de Propaganda Fide, la canonisation des cinq saints, l'affaire du Palatinat et la mort de juillet 1623 résument la densité du règne Ludovisi. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Affaibli depuis le début de son règne, Grégoire XV s'éteint au palais du Quirinal, à Rome, le 8 juillet 1623, après vingt-neuf mois de pontificat.[78][79] Sa mort ouvre le conclave de 1623 — le premier conduit selon ses propres règles —, qui élit le 6 août Maffeo Barberini, Urbain VIII.

Sépulture à Saint-Ignace de Rome

Grégoire XV fut d'abord inhumé à Saint-Pierre, puis son corps fut transféré dans l'église Saint-Ignace de Rome — élevée par son neveu Ludovico après la canonisation d'Ignace en 1622, sur une suggestion du pape lui-même — dans la somptueuse chapelle Ludovisi.[80][81] Le monument funèbre qui réunit l'oncle et le neveu sera sculpté un siècle plus tard par Pierre Le Gros le Jeune (vers 1709-1714). Le pape repose ainsi près du tombeau de saint Ignace et de saint Louis de Gonzague, au cœur de la maison jésuite qui l'avait formé — symbole éloquent de sa fidélité de toujours à la Compagnie de Jésus.

Bilan d'un pontificat bref

Comment juger Grégoire XV ? Le népotisme des Ludovisi est une ombre incontestable, dans la ligne de la Rome baroque. Mais le bilan institutionnel est exceptionnel pour un règne de vingt-neuf mois : une loi du conclave qui dura trois siècles, une canonisation qui couronna les héros de la Réforme catholique, une congrégation des missions qui structura l'évangélisation du monde, et une diplomatie qui renforça la cause catholique dans la guerre de Trente Ans. Premier pape jésuitiquement formé, juriste accompli et serviteur convaincu de l'Église tridentine, Alessandro Ludovisi prouve qu'un pontificat se mesure moins à sa durée qu'à la portée de ses décisions.

Chronologie de la vie de Grégoire XV

  1. 9 janvier 1554
    Naissance à Bologne
    Alessandro Ludovisi

    Il naît dans la famille comtale des Ludovisi, troisième des sept enfants de Pompeo Ludovisi et de Camilla Bianchini.

  2. vers 1568-1575
    Études chez les jésuites
    Collège romain puis Bologne

    Formé aux humanités et à la philosophie au Collège romain, il obtient le doctorat in utroque iure à Bologne le 4 juin 1575.

  3. 1599-1612
    Auditeur de la Rote romaine
    grand juriste de curie

    Après avoir été juge du Capitole et référendaire, il siège treize ans au plus haut tribunal de l'Église.

  4. 1612
    Archevêque de Bologne et nonce en Savoie
    sous Paul V

    Nommé archevêque de sa ville natale, il est envoyé en mission diplomatique pour arbitrer le conflit du Montferrat.

  5. 19 septembre 1616
    Création cardinalice
    par Paul V

    Cardinal-prêtre, il reçoit le titre de Santa Maria in Traspontina.

  6. 9 février 1621
    Élection au pontificat
    par l'influence du cardinal Borghèse

    Âgé de 67 ans et malade, il est élu pape et couronné le 14 février sous le nom de Grégoire XV.

  7. 15 novembre 1621
    Bulle Aeterni Patris Filius
    le scrutin secret au conclave

    Il impose le bulletin écrit et secret et l'interdiction de voter pour soi-même, base des élections pontificales pour trois siècles.

  8. 6 janvier 1622
    Fondation de Propaganda Fide
    le ministère des missions

    Le jour de l'Épiphanie, il institue la Congrégation pour la propagation de la foi, confirmée par la bulle Inscrutabili divinæ (22 juin 1622).

  9. 12 mars 1622
    Canonisation des cinq saints
    Ignace, Xavier, Thérèse, Néri, Isidore

    En un seul jour, il canonise les grandes figures de la Réforme catholique, première canonisation collective de l'histoire.

  10. 1623
    Transfert de l'électorat palatin
    à Maximilien de Bavière

    La dignité électorale passe au catholique Maximilien ; en remerciement, la bibliothèque palatine de Heidelberg part pour la Vaticane.

  11. 8 juillet 1623
    Mort au palais du Quirinal
    après 29 mois de règne

    Il meurt à Rome ; son corps reposera dans la chapelle Ludovisi de l'église Saint-Ignace.

Sources et bibliographie

Sources de référence

  • Treccani, Enciclopedia dei Papi, « Gregorio XV » — la synthèse savante la plus complète sur la biographie, la carrière curiale, le pontificat, le népotisme Ludovisi et le mécénat.[82]
  • Catholic Encyclopedia (New Advent), « Pope Gregory XV » (1909) — le cadre factuel classique sur la naissance, la carrière, la réforme du conclave, les canonisations, Propaganda Fide et la diplomatie de la guerre de Trente Ans.[83]
  • Encyclopædia Britannica, « Gregory XV (pope) » — notice synthétique sur le pontificat, l'électorat palatin et la bibliothèque de Heidelberg.[84]

Sur la réforme du conclave et Propaganda Fide

SourceApport
Bulle Aeterni Patris Filius (15 novembre 1621), texte et synthèsesScrutin secret, vote individuel, interdiction de voter pour soi
Agenzia Fides / Encyclopedia.com, « Propaganda Fide »Fondation du 6 janvier 1622, bulle Inscrutabili divinæ, rôle de Francesco Ingoli
Catholic Encyclopedia, « Sacred Congregation of Propaganda »Organisation, treize cardinaux, reprise des missions au patronage ibérique

Sur la canonisation de 1622

  • America Magazine et EWTN Vatican, dossiers du 4ᵉ centenaire (2022) — déroulé de la cérémonie du 12 mars 1622, mot des « quatre Espagnols et un saint », fêtes mondiales.[85][86]

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Catholic Encyclopedia, « Pope Gregory XV », vol. VII, Robert Appleton Company, New York, 1909, repris par New Advent : Alessandro Ludovisi né à Bologne le 9 (ou 15) janvier 1554 ; humanités et philosophie sous les jésuites, jurisprudence à l'université de Bologne ; juge du Capitole sous Grégoire XIII, référendaire et membre de la Rote sous Clément VIII ; archevêque de Bologne et nonce en Savoie (1612), cardinal en 1616 ; « On 9 February Ludovisi himself was elected successor of Paul V, chiefly through the influence of Cardinal Borghese » ; neveu Ludovico fait cardinal à 25 ans le troisième jour du pontificat — « he also used his brilliant talents and his great influence for the welfare of the Church » ; bulles Aeterni Patris (1621) et Decet Romanum Pontificem (1622) sur l'élection pontificale (trois modes, scrutin secret comme procédure ordinaire) ; canonisation le 12 mars 1622 d'Ignace de Loyola, François Xavier, Philippe Néri et Thérèse d'Ávila, béatifications d'Albert le Grand et Pierre d'Alcántara ; congrégation pour les missions instituée le 6 janvier 1622 ; aide financière considérable à l'empereur Ferdinand II, transfert de l'électorat palatin à Maximilien de Bavière (1623) ; « Out of gratitude to Pope Gregory XV, Maximilian presented him with the Palatinate library of Heidelberg, containing about 3500 manuscripts », transportée à Rome en 1623 ; mort le 8 juillet 1623. URL : https://www.newadvent.org/cathen/07004b.htm.

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  2. Encyclopædia Britannica, « Gregory XV (pope) » : Alessandro Ludovisi, né à Bologne en 1554, élu pape le 9 février 1621 à 67 ans, de santé fragile ; réforme des règles de l'élection pontificale par scrutin secret ; fondation de la Congrégation de la Propagation de la Foi (1622) ; canonisation des cinq saints de 1622 ; soutien financier à l'empereur Ferdinand II et à la Ligue catholique dans la guerre de Trente Ans ; transfert de la dignité électorale du Palatinat au catholique Maximilien de Bavière ; bibliothèque palatine de Heidelberg donnée à la Bibliothèque vaticane ; subsides à la Pologne contre les Ottomans ; mort le 8 juillet 1623. URL : https://www.britannica.com/biography/Gregory-XV.

    2 10 30 63 65 67 71 79 84
  3. Enciclopedia dei Papi, « Gregorio XV », Istituto della Enciclopedia Italiana Treccani, Rome, 2000 : naissance à Bologne le 9 janvier 1554, fils de Pompeo Ludovisi, comte de Samoggia, et de Camilla Bianchini ; études chez les jésuites du Collège romain, doctorat in utroque iure à Bologne (1575) ; carrière de juriste de curie (juge du Capitole sous Grégoire XIII, référendaire, vice-gérent de Rome, auditeur de la Rote 1599-1612) ; archevêque de Bologne et nonce en Savoie (1612, conflit du Montferrat) ; cardinal de Paul V (19 septembre 1616, titre de Santa Maria in Traspontina) ; élection le 9 février 1621, nom choisi en hommage à Grégoire XIII ; cardinal-neveu Ludovico Ludovisi et frère Orazio duc de Fiano ; réforme du conclave, fondation de Propaganda Fide, canonisations de 1622 ; diplomatie de la guerre de Trente Ans, subsides à la Pologne (Sigismond III), affaire de la Valteline (garnisons pontificales en 1623) ; mécénat Ludovisi (Guercin, Villa Ludovisi, église Saint-Ignace), bibliothèque palatine ; mort le 8 juillet 1623, sépulture dans la chapelle Ludovisi de Saint-Ignace. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/gregorio-xv_(Enciclopedia-dei-Papi)/.

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  4. Bulle Aeterni Patris Filius de Grégoire XV (15 novembre 1621), texte et synthèses (Wikipédia « Aeterni Patris Filius », études de droit canonique sur l'élection pontificale) : la bulle régule les élections papales, désormais par scrutin secret ; trois modes admis (scrutin, compromis, quasi-inspiration), le scrutin devenant le mode ordinaire ; chaque cardinal donne sa voix à un seul candidat, le vote est secret et nul ne peut voter pour lui-même ; objectif de réduire l'influence des factions organisées du Sacré Collège et des monarques séculiers ; avec la bulle Decet Romanum Pontificem (1622) qui en fixe le cérémonial, elle forme la base canonique des élections pontificales jusqu'au XXe siècle ; le conclave de 1623 fut le premier à suivre ces réformes. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Aeterni_Patris_Filius.

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  5. America Magazine, « 6 things you didn't know about the canonization of St. Ignatius Loyola and St. Francis Xavier » (11 mars 2022) : cérémonie du 12 mars 1622 à Saint-Pierre canonisant Thérèse d'Ávila, Ignace de Loyola, Isidore le Laboureur (de Madrid), François Xavier et Philippe Néri ; première canonisation de plusieurs saints le même jour ; les nouveaux saints avaient dû passer d'abord par la béatification ; comme quatre des cinq étaient espagnols, des Romains la décrivirent comme « four Spaniards and a saint », reflet de l'agacement devant la domination espagnole ; le seul Italien était Philippe Néri, l'« apôtre de Rome ». URL : https://www.americamagazine.org/faith/2022/03/11/canonization-ignatius-xavier-400-years-242534/.

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  6. EWTN Vatican, « The Greatest Canonization in History: March 12, 1622 », et dossiers du quatrième centenaire : déroulé de la cérémonie, décoration de la basilique Saint-Pierre, processions, feux d'artifice, concerts et représentations à Rome, fêtes parallèles à Madrid, en Europe, en Asie et dans les Amériques partout où œuvraient jésuites et carmes déchaux. URL : https://ewtnvatican.com/articles/greatest-canonization-in-history-march-12-1622-2291.

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  7. Agenzia Fides, « On January 6, 1622, Pope Gregory XV founded the Congregation de Propaganda Fide » : fondation de la Congrégation pour la propagation de la foi le 6 janvier 1622, en la solennité de l'Épiphanie ; congrégation confirmée par la bulle Inscrutabili divinæ providentiæ du 22 juin 1622 ; mission de réunification des chrétiens et de diffusion de la foi ; institution renommée Congrégation pour l'évangélisation des peuples (1967) puis intégrée au Dicastère pour l'évangélisation (2022). URL : https://www.fides.org/en/news/71395.

    8 17 54 55 61
  8. Encyclopedia.com, « Propagation of the Faith, Congregation for the », et Catholic Encyclopedia, « Sacred Congregation of Propaganda » : la bulle Inscrutabili divinæ du 22 juin 1622 revendique pour le pape, au plus haut degré, le devoir et le droit de répandre la foi comme tâche première du pasteur des âmes ; la congrégation originelle compte treize cardinaux, deux prélats et un secrétaire ; Francesco Ingoli, prêtre de Ravenne, en est le secrétaire les vingt premières années et l'organisateur ; objectif de favoriser la diffusion du catholicisme et de reprendre la direction des missions à l'Espagne et au Portugal, et de promouvoir un clergé indigène. URL : https://www.encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/propagation-faith-congregation ; https://www.newadvent.org/cathen/12456a.htm.

    9 18 53 56 57 58 59 60
  9. Catholic Encyclopedia, « Conclave » (New Advent, cathen 04192a) et « Pope Gregory XV » : la bulle Decet Romanum Pontificem du 12 mars 1622 fixe dans le détail le cérémonial des trois modes d'élection institués par Aeterni Patris Filius (15 novembre 1621) — scrutin, compromis et quasi-inspiration ; le mode ordinaire reste le scrutin, qui exige le vote secret, une seule voix par cardinal et l'interdiction de voter pour soi-même ; toute acclamation (quasi ex inspiratione) doit désormais être précédée d'un premier tour de scrutin secret, afin que les électeurs expriment d'abord individuellement leur préférence. URL : https://www.newadvent.org/cathen/04192a.htm.

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  10. Catholic Encyclopedia, « St. Isidore the Labourer » (New Advent, cathen 08189a) et Wikipédia, « Isidore the Laborer » : Isidore, né à Madrid vers 1070 et mort vers 1130, ouvrier agricole au service du propriétaire Juan de Vargas ; béatifié par Paul V le 2 mai 1619, canonisé par Grégoire XV le 12 mars 1622 en même temps qu'Ignace de Loyola, François Xavier, Thérèse d'Ávila et Philippe Néri ; patron de Madrid, des agriculteurs et des laboureurs, fêté le 15 mai. URL : https://www.newadvent.org/cathen/08189a.htm.

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  11. Sainte Thérèse d'Ávila, Libro de las Fundaciones (Livre des fondations), ch. 5 : la réformatrice du Carmel y rappelle que la sainteté se gagne aussi dans les tâches humbles, par la formule devenue proverbiale « entre los pucheros anda el Señor » — « le Seigneur chemine parmi les casseroles », encourageant ses sœurs à servir Dieu jusque dans les travaux de cuisine. Thérèse fut canonisée par Grégoire XV le 12 mars 1622 et proclamée docteur de l'Église par Paul VI en 1970.

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  12. Catholic Encyclopedia, « Pope Gregory XV » (New Advent, cathen 07004b) : outre la grande canonisation du 12 mars 1622, Grégoire XV béatifie en 1622 le franciscain espagnol Pierre d'Alcántara (18 avril 1622) et le dominicain Albert le Grand, et autorise la célébration de l'office du dominicain Ambrogio Sansedoni. URL : https://www.newadvent.org/cathen/07004b.htm.

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  13. Bibliotheca Palatina (Wikipédia) et Universitätsbibliothek Heidelberg, « 14. Februar 1623 : Leone Allacci und der Abtransport der Bibliotheca Palatina » : le savant grec Leone Allacci (Leo Allatius), envoyé par Grégoire XV, arrive à Heidelberg en décembre 1622 pour organiser le transfert de la bibliothèque palatine vers Rome ; les livres sont emballés dans 196 caisses et transportés à dos de mulets à travers les Alpes ; retardé par le mauvais temps, le convoi n'atteint le lac de Côme que le 25 mai 1623 ; après la mort de Grégoire XV (juillet 1623), la Bibliothèque vaticane prend réception de 184 caisses le 9 août 1623, Allacci en ayant mis 12 de côté. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Bibliotheca_Palatina ; https://www.ub.uni-heidelberg.de/ublog_2009-2022/posts/2023-02-14-16725.html.

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  14. Wikipédia, « Battle of Khotyn (1621) » : du 2 septembre au 9 octobre 1621, l'armée de la République des Deux Nations (Pologne-Lituanie), commandée par le grand hetman de Lituanie Jan Karol Chodkiewicz, contient devant la forteresse de Khotyn (Chocim) l'armée ottomane du sultan Osman II jusqu'aux premières neiges d'automne ; Chodkiewicz meurt pendant le siège, mais l'offensive ottomane vers l'Europe centrale est stoppée. Roi de Pologne : Sigismond III Vasa, allié de la maison de Habsbourg. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Khotyn_(1621).

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  15. Wikipédia (anglais), « Pope Gregory XV » : constitution Omnipotentis Dei du 20 mars 1623, dernière ordonnance pontificale contre la sorcellerie ; les peines antérieures sont allégées et la peine de mort réservée à ceux dont il est « prouvé qu'ils ont conclu un pacte avec le démon et commis un homicide avec son aide » ; mort au palais du Quirinal le 8 juillet 1623 ; sépulture dans l'église Saint-Ignace de Rome. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Gregory_XV.

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  16. Sant'Ignazio, Rome (Wikipédia) et Archivio Boncompagni Ludovisi (villaludovisi.org) : après la canonisation d'Ignace de Loyola en 1622, Grégoire XV suggère à son neveu, le cardinal Ludovico Ludovisi, d'élever au Collège romain une église dédiée au fondateur des jésuites ; Ludovico en est le mécène et le promoteur (sur le modèle du Gesù). La chapelle Ludovisi, au sud-est du presbytère, abrite les monuments funéraires du pape Grégoire XV et de son neveu, sculptés par Pierre Le Gros le Jeune vers 1709-1714 (les deux Renommées ailées étant de Pierre-Étienne Monnot). Le même cardinal fit décorer par le Guercin le plafond du Casino dell'Aurora (1621) et constitua la collection de la Villa Ludovisi sur le Pincio. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Sant'Ignazio,_Rome.

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