La Secrétairerie d'État (en italien Segreteria di Stato, en latin Secretaria Status) est le secrétariat papal : l'organisme le plus proche du pape au sein de la Curie romaine, chargé de l'assister directement dans l'exercice de sa mission universelle[1]. Fondée le 31 décembre 1487 par la constitution apostolique Non debet reprehensibile d'Innocent VIII, elle est la plus ancienne institution encore vivante de la Curie romaine — antérieure de plus d'un siècle à la création du système des congrégations permanentes par Sixte Quint en 1588.
Dirigée par un cardinal secrétaire d'État, considérée à ce titre comme l'équivalent d'un « premier ministre » ou d'un « ministère des Affaires étrangères et de l'Intérieur » combinés du plus petit État du monde, la Secrétairerie d'État se compose aujourd'hui de trois sections fixées par la constitution Praedicate Evangelium de 2022 : la Section pour les Affaires générales, qui traite les affaires quotidiennes du pape et coordonne les autres dicastères ; la Section pour les Relations avec les États et les Organisations internationales, qui conduit la diplomatie pontificale auprès d'environ 184 États (chiffre de janvier 2025)[2] ; et la Section pour le Personnel diplomatique du Saint-Siège, créée en 2017[3].
L'institution a traversé cinq siècles de transformations : la tutelle des cardinaux-neveux jusqu'en 1692, la naissance de la diplomatie pontificale moderne sous la Révolution française et la Restauration, les grandes réformes de Pie X (1908), Paul VI (1967) et Jean-Paul II (1988), puis l'ajout d'une troisième section par François en 2017 et la codification actuelle par Praedicate Evangelium en 2022. Elle a aussi connu, à partir de 2019, l'une des crises les plus graves de son histoire récente : un investissement immobilier hasardeux à Londres qui a coûté au Saint-Siège environ 140 millions d'euros[4], dessaisi la Secrétairerie de la gestion de ses avoirs financiers par décision du pape François fin 2020, et abouti à la première condamnation pénale d'un cardinal par un tribunal du Vatican en décembre 2023 — verdict dont la cour d'appel a ordonné en mars 2025 un nouvel examen partiel (nullité relative), sans l'annuler[5].
Cet article ne reprend pas l'histoire complète de la Curie romaine dans son ensemble, ni la définition juridique du Saint-Siège, déjà traitées ailleurs dans Ignispedia. Il porte spécifiquement sur la Secrétairerie d'État : ses origines, sa structure actuelle, la charge de cardinal secrétaire d'État à travers l'histoire, ses grands artisans diplomatiques, et la crise financière qui a bouleversé son fonctionnement au tournant des années 2020.
Qu'est-ce que la Secrétairerie d'État ? Nature et place dans le gouvernement de l'Église
Un « secrétariat papal », pas un dicastère ordinaire
Praedicate Evangelium distingue soigneusement la Secrétairerie d'État des seize dicastères de la Curie romaine : l'article 12 de la constitution énumère la Curie comme composée « de la Secrétairerie d'État, des dicastères et des organismes, tous juridiquement égaux »[6], plaçant donc la Secrétairerie en tête de l'énumération, avant même les dicastères. L'article 44 précise sa nature propre :
« La Secrétairerie d'État, en tant que secrétariat papal, assiste étroitement le Pontife romain dans l'exercice de sa mission suprême. » — Praedicate Evangelium, art. 44[7]
Cette formule — « secrétariat papal » (secretariatus papalis) — signale une différence de nature, non de simple préséance protocolaire. Un dicastère gouverne un domaine défini de la vie de l'Église (doctrine, évangélisation, clergé, liturgie...) ; la Secrétairerie d'État, elle, sert la personne même du pape dans l'exercice quotidien de sa charge, sans domaine de compétence limité a priori. C'est ce qui explique son rôle de coordination transversale entre les autres institutions curiales.
Distinguer Secrétairerie d'État, Saint-Siège, Curie romaine et État du Vatican
Le langage courant confond fréquemment ces quatre réalités juridiquement distinctes. Le Saint-Siège est le sujet de droit international constitué par le pape et les organismes qui l'assistent — une souveraineté antérieure de plusieurs siècles à tout territoire. La Curie romaine est l'appareil complet de gouvernement pastoral de l'Église universelle, composé de la Secrétairerie d'État et de seize dicastères. L'État de la Cité du Vatican est le territoire souverain de 44 hectares créé par les accords du Latran du 11 février 1929, administré par le Gouvernorat — une entité entièrement distincte de la Secrétairerie d'État, même si les deux sièges partagent le même territoire. La Secrétairerie d'État, objet du présent article, n'est donc qu'une composante — certes la plus proche du pape — de cet ensemble plus vaste qu'est la Curie romaine.
Le Cardinal Secrétaire d'État, premier collaborateur du pape
Le cardinal secrétaire d'État est traditionnellement désigné comme le « premier ministre » du Saint-Siège, bien que l'analogie reste imparfaite : contrairement à un chef de gouvernement démocratique, il ne dispose d'aucune légitimité propre et tient l'intégralité de son autorité d'une délégation révocable du pape[8].
Des origines médiévales à l'abolition du népotisme (1487-1692)
Innocent VIII et la naissance du secrétariat apostolique (1487)
Avant le XVᵉ siècle, la correspondance et les affaires courantes du pape étaient traitées par un collège de secrétaires apostoliques sans hiérarchie stable. Le 31 décembre 1487, le pape Innocent VIII promulgue la constitution Non debet reprehensibile, qui organise ces secrétaires en un véritable secrétariat apostolique chargé des affaires les plus importantes de politique générale, des questions ecclésiastiques et de la foi[9]. C'est l'acte de naissance de l'institution qui deviendra, cinq siècles plus tard, la Secrétairerie d'État.
Au tournant du XVIᵉ siècle, sous le pontificat de Léon X, apparaît la fonction de secrétaire intime (secretarius intimus), chargé de la correspondance pontificale rédigée dans les langues vernaculaires — par opposition aux brefs et bulles en latin, gérés par d'autres bureaux. Cette fonction deviendra progressivement le noyau des affaires diplomatiques du Saint-Siège, en particulier sous l'autorité des cardinaux-neveux au cours du XVIIᵉ siècle[10].
Le siècle des cardinaux-neveux : un secrétariat sous tutelle familiale
Du milieu du XVIᵉ siècle à la fin du XVIIᵉ, la charge de secrétaire du pape reste subordonnée au cardinal-neveu (cardinalis nepos), parent du pape régnant élevé au cardinalat et placé à la tête des affaires ecclésiastiques[11]. Pie V institutionnalise cette fonction en 1566 comme surintendance des affaires ecclésiastiques, ouvrant ce que les historiens appellent l'« âge d'or » du népotisme curial, qui culmine avec des figures comme le cardinal Scipion Borghèse sous Paul V ou le cardinal Francesco Barberini sous Urbain VIII[12].
« Le cardinal-neveu fut, pendant plus d'un siècle, le canal par lequel s'écoulaient dans un sens les bénéfices, dans l'autre l'or. » — Description synthétique de la fonction rapportée par l'historiographie du népotisme pontifical[13]
Le secrétaire du pape, sous cette tutelle, n'est encore qu'un exécutant du cardinal-neveu, lui-même souvent davantage préoccupé de politique familiale que de gouvernement de l'Église universelle.
Innocent XI, Innocent XII et la fin du népotisme (1678-1692)
La rupture décisive intervient en deux temps. Le 1ᵉʳ avril 1678, la constitution Romanus Pontifex d'Innocent XI supprime le collège des secrétaires apostoliques hérité du XVᵉ siècle, amorçant la centralisation de la fonction[14]. Puis, le 22 juin 1692, la bulle Romanum decet Pontificem d'Innocent XII abolit définitivement le népotisme pontifical : plus aucun parent d'un pape régnant ne pourra désormais recevoir bénéfices, offices ou pensions du fait de sa seule parenté[15]. Le dernier cardinal-neveu de l'histoire, Pietro Ottoboni, avait été créé en 1689, trois ans avant cette abolition[16].
Cette réforme transforme en profondeur le secrétariat du pape : privé de sa tutelle familiale, le cardinal secrétaire d'État devient, à partir de 1692, le principal collaborateur direct du pape dans le gouvernement intérieur et extérieur de l'Église — une fonction professionnelle et non plus dynastique[17].
- 31 décembre 1487Fondation du secrétariat apostolique
Innocent VIII promulgue Non debet reprehensibile, qui organise les secrétaires du pape en un corps structuré.
- 1566Institutionnalisation du cardinal-neveu
Pie V place le secrétariat sous la surintendance d'un cardinal-neveu, ouvrant l'âge d'or du népotisme curial.
- 1ᵉʳ avril 1678Suppression du collège des secrétaires
Innocent XI, par Romanus Pontifex, supprime le collège hérité du XVᵉ siècle et amorce la centralisation de la fonction.
- 22 juin 1692Abolition du népotisme
Innocent XII, par Romanum decet Pontificem, met fin à la charge de cardinal-neveu. Le secrétaire d'État devient le premier collaborateur direct du pape.
- 1814-1846Ercole Consalvi et la diplomatie moderne
Consalvi, considéré comme le fondateur de l'institution moderne, négocie face à Napoléon puis au congrès de Vienne. Grégoire XVI scinde temporairement la charge ; Pie IX la réunifie en 1846 en deux sections.
- 29 juin 1908Sapienti Consilio
Pie X réorganise la Curie et intègre la Congrégation pour les Affaires ecclésiastiques extraordinaires à la Secrétairerie d'État (effective 1909).
- 1944-1958Pie XII, son propre secrétaire d'État
À la mort de Maglione, Pie XII laisse la charge vacante pendant quatorze ans et gouverne avec deux pro-secrétaires, Montini et Tardini.
- 15 août 1967Regimini Ecclesiae Universae
Paul VI sépare formellement la Secrétairerie d'État du Conseil pour les affaires publiques de l'Église, tout en les gardant étroitement liés.
- 29 juin 1988Pastor Bonus
Jean-Paul II réunifie l'ensemble en deux sections : Affaires générales et Relations avec les États.
- 21 novembre 2017Troisième section
François crée la Section pour le Personnel diplomatique du Saint-Siège.
- 19 mars 2022Praedicate Evangelium
La constitution codifie la structure actuelle à trois sections, articles 44 à 52.
Du XVIIIᵉ siècle aux grandes réformes du XXᵉ siècle
La Révolution française et la naissance de la diplomatie pontificale moderne
L'ancêtre direct de l'actuelle Section pour les Relations avec les États naît dans la tourmente révolutionnaire. Le 28 mai 1793, Pie VI institue la Congregatio super negotiis ecclesiasticis extraordinariis Regni Galliarum — une congrégation extraordinaire chargée exclusivement des affaires ecclésiastiques posées par la Révolution française et la constitution civile du clergé[18]. Après la chute de Napoléon, Pie VII élargit sa compétence à l'ensemble des gouvernements du monde et la renomme Congregatio extraordinaria praeposita negotiis ecclesiasticis orbis catholici[19].
Cette période voit émerger la figure d'Ercole Consalvi (secrétaire d'État de 1800 à 1806 puis de 1814 à 1823), considéré par l'historiographie comme le véritable fondateur de l'institution moderne[20]. Négociateur du Concordat de 1801 avec Napoléon puis artisan de la restauration des États pontificaux au congrès de Vienne (1814-1815), Consalvi transforme la Secrétairerie d'un office curial parmi d'autres en un véritable instrument de politique étrangère structuré.
Le gouvernement de la Secrétairerie connaît ensuite des variations institutionnelles : sous Grégoire XVI (1831-1846), la charge est temporairement scindée en deux offices distincts pour les affaires intérieures et extérieures, avant que Pie IX ne la réunifie en 1846 en deux sections placées sous des substituts différents — préfigurant, à un siècle de distance, la structure actuelle[21].
Sapienti Consilio (1908) : Pie X organise trois sections
Le 29 juin 1908, Pie X promulgue la constitution Sapienti Consilio, qui engage la première grande réforme moderne de la Curie romaine[22]. Cette réforme réorganise l'ensemble de l'appareil curial et, dans ce cadre, la Congrégation pour les Affaires ecclésiastiques extraordinaires — héritière directe de l'institution de Pie VI et Pie VII — est intégrée en 1909 à la Secrétairerie d'État comme l'une de ses sections, aux côtés d'une section pour les affaires ordinaires et d'un bureau de la chancellerie des brefs apostoliques[23].
Cette réforme marque durablement l'histoire de la fonction. Le premier titulaire à en éprouver pleinement les effets est le cardinal Rafael Merry del Val, secrétaire d'État de 1903 à 1914, dont le nom reste associé à la ligne doctrinale intransigeante de la lutte antimoderniste sous Pie X[24].
Le long intérim de Pie XII : quand le pape est son propre secrétaire d'État (1944-1958)
L'épisode le plus singulier du XXᵉ siècle survient à la mort du cardinal Luigi Maglione, secrétaire d'État depuis 1939, le 22 août 1944. Pie XII, qui avait lui-même occupé la charge de 1930 à 1939 avant son élection, décide de ne nommer aucun successeur et de gouverner personnellement la Secrétairerie, assisté de deux pro-secrétaires d'État sans le titre cardinalice : Giovanni Battista Montini (futur Paul VI), responsable des affaires ordinaires, et Domenico Tardini, responsable des affaires extraordinaires[25]. En 1953, Pie XII tente de les créer cardinaux tous les deux ; l'un et l'autre déclinent l'honneur[26]. Montini quitte finalement la Curie en 1954 pour devenir archevêque de Milan, sans jamais avoir reçu la pourpre du vivant de Pie XII.
La charge de cardinal secrétaire d'État reste ainsi vacante pendant quatorze ans, jusqu'à l'élection de Jean XXIII en 1958, qui nomme aussitôt Tardini secrétaire d'État avec le titre cardinalice complet[27]. Cet épisode illustre à quel point la fonction demeure, par nature, une délégation révocable de l'autorité pontificale : le pape peut, en théorie comme en pratique, se passer entièrement d'un titulaire et exercer lui-même la charge.
Regimini Ecclesiae Universae (1967) : Paul VI et le Conseil pour les affaires publiques
Devenu pape en 1963, Paul VI engage la réforme de la Curie voulue par le concile Vatican II. La constitution apostolique Regimini Ecclesiae Universae du 15 août 1967 donne un nouveau visage à la Secrétairerie d'État : elle supprime la chancellerie des brefs apostoliques (l'ancienne troisième section) et transforme l'ancienne Congrégation pour les Affaires ecclésiastiques extraordinaires en un organisme distinct de la Secrétairerie, quoique étroitement lié à elle, sous le nom de Conseil pour les affaires publiques de l'Église[28].
Cette période voit l'émergence d'une figure centrale du gouvernement curial moderne : Mgr Giovanni Benelli, nommé substitut pour les Affaires générales en mars 1967, poste qu'avait lui-même occupé Montini vingt ans plus tôt sous Pie XII[29]. Aux côtés du cardinal secrétaire d'État Jean-Marie Villot (1969-1979) et de Mgr Agostino Casaroli, secrétaire du Conseil pour les affaires publiques, Benelli devient un rouage si central de la Curie que la presse romaine le surnomme parfois le « vice-pape »[30]. Toutes les relations entre le pape, les congrégations romaines, l'épiscopat mondial et les gouvernements étrangers transitent alors par ce trio[31].
Pastor Bonus (1988) : la structure à deux sections héritée de Jean-Paul II
Le 29 juin 1988, Jean-Paul II promulgue la constitution apostolique Pastor Bonus, qui réunifie la Secrétairerie d'État et le Conseil pour les affaires publiques de l'Église en une seule institution à deux sections : la Section pour les Affaires générales (héritière de la première section historique) et la Section pour les Relations avec les États (héritière du Conseil pour les affaires publiques)[32]. Cette architecture à deux sections, restée en vigueur pendant près de trente ans, constitue le socle direct de la structure actuelle.
Sous cette constitution, le cardinal secrétaire d'État demeure le supérieur commun des deux sections, chacune dirigée par un prélat distinct : un substitut pour les Affaires générales (archevêque, assisté d'un assesseur) pour la première, un secrétaire pour les Relations avec les États (archevêque, assisté d'un sous-secrétaire) pour la seconde[33]. C'est sous ce régime que se déploient les grands pontificats diplomatiques de la fin du XXᵉ siècle, en particulier celui du cardinal Agostino Casaroli.
La Secrétairerie d'État aujourd'hui : la structure de Praedicate Evangelium (2022)
Trois sections, un même service du pape
Après neuf années de consultations, François promulgue le 19 mars 2022 la constitution apostolique Praedicate Evangelium, qui refond l'ensemble de la Curie romaine tout en conservant, pour la Secrétairerie d'État, l'architecture héritée de 1988 — enrichie d'une troisième section créée en 2017. L'article 45 § 2 en fixe la structure en trois sections : les Affaires générales, sous la direction du substitut assisté de l'assesseur ; les Relations avec les États et les Organisations internationales, sous la direction de leur propre secrétaire, assisté du sous-secrétaire et d'un sous-secrétaire pour le secteur multilatéral ; et le Personnel diplomatique du Saint-Siège, sous la direction du secrétaire pour les représentations pontificales, assisté d'un sous-secrétaire[34].
| Section | Créée / codifiée | Responsable | Compétences principales |
|---|---|---|---|
| Affaires générales | 1487 (origine) · structure actuelle 1988 | Substitut, assisté de l'assesseur | Service quotidien du pape, coordination des dicastères, actes pontificaux, sceaux |
| Relations avec les États et Organisations internationales | 1793-1814 (origine) · Section depuis 1988 | Secrétaire pour les Relations avec les États | Diplomatie bilatérale, concordats, organisations internationales |
| Personnel diplomatique du Saint-Siège | 21 novembre 2017 | Secrétaire pour les représentations pontificales | Sélection, formation et carrière des diplomates pontificaux |
La Section pour les Affaires générales : le service quotidien du pape
La Section pour les Affaires générales assure, selon l'article 46, « le traitement des affaires concernant le service quotidien du Pontife romain » et favorise « la coordination entre ces mêmes dicastères, organismes et services »[35]. Ses compétences, détaillées à l'article 47, sont vastes : rédaction des constitutions apostoliques et documents pontificaux, publication des actes officiels dans les Acta Apostolicae Sedis, transmission d'orientations au Dicastère pour la Communication, et garde des sceaux pontificaux[36]. L'article 48 y ajoute l'organisation des réunions périodiques des chefs des institutions curiales, le traitement des nominations, la préparation des actes relatifs aux ordres pontificaux et la publication des statistiques ecclésiales mondiales[37].
Depuis la création du Dicastère pour la Communication en 2015, la Section pour les Affaires générales n'administre plus directement les médias du Saint-Siège (Radio Vatican, L'Osservatore Romano) : elle conserve un rôle d'orientation de la politique de communication pontificale, mais la gestion opérationnelle relève désormais d'un dicastère distinct[38].
À la tête de cette section se trouve le substitut pour les Affaires générales, traditionnellement nommé ad nutum Sanctitatis Suae (« au gré de Sa Sainteté »), c'est-à-dire révocable à tout instant par le pape sans procédure particulière — une charge unique dans la Curie par sa proximité et sa précarité protocolaire combinées[39]. C'est ce poste qu'ont occupé successivement, au fil du XXᵉ et du XXIᵉ siècle, Montini, Benelli, Eduardo Martínez Somalo, Giovanni Battista Re, Leonardo Sandri, Fernando Filoni, Angelo Becciu (2011-2018), puis Edgar Peña Parra à partir de 2018.
La Section pour les Relations avec les États : la diplomatie pontificale
La Section pour les Relations avec les États et les Organisations internationales, selon l'article 49, traite « des questions qui doivent être traitées avec les autorités civiles » et représente le Saint-Siège auprès des organisations internationales[40]. C'est elle qui négocie les concordats, prépare les visites officielles du pape, accrédite les nonces apostoliques et représente la voix du Saint-Siège dans les enceintes multilatérales — l'Organisation des Nations unies, où le Saint-Siège dispose du statut d'observateur permanent depuis 1964, l'OSCE, l'AIEA, l'UPU et l'UIT. Cette section fonctionne comme le véritable ministère des Affaires étrangères du Saint-Siège, tandis que la diplomatie pontificale dans son ensemble — nonciatures, statut international, réseau de représentations — fait l'objet d'un traitement propre dans l'article Le Saint-Siège.
Depuis janvier 2020, cette section comprend également, pour la première fois de son histoire, une responsable laïque et féminine : Francesca Di Giovanni, juriste sicilienne née en 1953, nommée sous-secrétaire pour le secteur multilatéral. Elle devient ainsi la première femme — et la première personne non ordonnée — à occuper une fonction de direction au sein de la Secrétairerie d'État, un poste jusque-là toujours réservé à un clerc[41].
« Une excellente nouvelle pour trois raisons » — parce qu'une femme accède pour la première fois à une fonction de direction à la Secrétairerie d'État, parce qu'une laïque y accède, et parce que cette nomination s'inscrit dans une reconnaissance plus large du rôle des femmes dans le gouvernement de l'Église. — L'Osservatore Romano, édition française, 15 février 2020, commentant la nomination de Francesca Di Giovanni[42]
La Section pour le Personnel diplomatique du Saint-Siège (2017)
Le 21 novembre 2017, François crée par décision motu proprio une troisième section, dédiée exclusivement au personnel diplomatique du Saint-Siège — sélection, formation initiale et continue, conditions de vie et de service des agents en poste dans les nonciatures du monde entier[43]. Cette création répond à une préoccupation pastorale explicite : manifester l'attention du pape et des supérieurs de la Secrétairerie envers des diplomates souvent isolés, en poste dans des contextes parfois difficiles, voire dangereux[44]. La section renforce l'ancien office du délégué pour les représentations pontificales, désormais élevé au rang de responsable de section à part entière[45].
Le Cardinal Secrétaire d'État : une charge sans équivalent protocolaire
Une fonction de délégation, jamais de droit propre
Contrairement à un ministre d'un gouvernement démocratique, le cardinal secrétaire d'État ne détient aucune parcelle de souveraineté qui lui soit propre : toute son autorité procède d'une délégation du pape, révocable à tout moment[46]. C'est précisément ce qu'illustre l'épisode de la vacance de 1944-1958 : le pape peut se substituer lui-même à son secrétaire d'État sans qu'aucune règle constitutionnelle ne l'en empêche.
Onze secrétaires d'État en un siècle et quart
Depuis le début du XXᵉ siècle, la charge a été exercée par les onze cardinaux suivants — avec une vacance de quatorze ans sous Pie XII, rappelée dans le tableau :
| Secrétaire d'État | Période | Pape(s) servis | Fait marquant |
|---|---|---|---|
| Rafael Merry del Val | 1903-1914 | Pie X | Ligne antimoderniste |
| Pietro Gasparri | 1914-1930 | Benoît XV, Pie XI | Négociateur des accords du Latran (1929) |
| Eugenio Pacelli | 1930-1939 | Pie XI | Devient Pie XII en 1939 |
| Luigi Maglione | 1939-1944 | Pie XII | Diplomatie de la Seconde Guerre mondiale |
| (charge vacante — Pie XII agit seul, assisté des pro-secrétaires Montini et Tardini) | 1944-1958 | Pie XII | Aucun titulaire nommé pendant quatorze ans |
| Domenico Tardini | 1958-1961 | Jean XXIII | Préparation du concile Vatican II |
| Amleto Giovanni Cicognani | 1961-1969 | Jean XXIII, Paul VI | Déroulement du concile Vatican II |
| Jean-Marie Villot | 1969-1979 | Paul VI, Jean-Paul Iᵉʳ, Jean-Paul II | Trois papes servis en dix ans |
| Agostino Casaroli | 1979-1990 | Jean-Paul II | Architecte de l'Ostpolitik vaticane |
| Angelo Sodano | 1991-2006 | Jean-Paul II, Benoît XVI | Plus long mandat depuis Gasparri |
| Tarcisio Bertone | 2006-2013 | Benoît XVI | Affaire Vatileaks (2012) |
| Pietro Parolin | depuis le 15 octobre 2013 | François, Léon XIV | Accord provisoire avec la Chine (2018) |
Ce tableau ne retient que les titulaires du XXᵉ et du XXIᵉ siècle ; la liste complète, depuis Innocent VIII, compte plusieurs dizaines de noms et reste consultable dans les archives officielles de la Secrétairerie d'État[47].
Un siècle de diplomatie pontificale : grands artisans et grands dossiers
Pietro Gasparri et la fin de la Question romaine (1929)
Cardinal secrétaire d'État de 1914 à 1930, Pietro Gasparri conduit les négociations qui aboutissent, le 11 février 1929, à la signature des accords du Latran, mettant fin à près de soixante ans de « Question romaine » née de la prise de Rome en 1870. Cet épisode, déjà traité en détail dans l'article dédié aux accords du Latran, illustre le rôle historique de premier plan que peut jouer un secrétaire d'État dans la résolution d'une crise séculaire entre le Saint-Siège et un État.
Agostino Casaroli et l'Ostpolitik vaticane
Entré à la Secrétairerie d'État en 1961 sous Jean XXIII, Agostino Casaroli devient, à partir des années 1960, le principal artisan de ce que la presse appelle l'Ostpolitik vaticane : une politique de dialogue prudent avec les régimes communistes d'Europe de l'Est, destinée à préserver un minimum de vie sacramentelle pour les catholiques vivant derrière le rideau de fer[48]. Il signe des accords avec la Hongrie en 1964 et la Yougoslavie en 1966, et représente le Saint-Siège à l'ouverture de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe le 3 juillet 1973[49]. Conseiller de trois papes successifs — Jean XXIII, Paul VI et Jean-Paul II — pendant trente ans, Casaroli devient cardinal secrétaire d'État en titre de 1979 à 1990.
Son objectif, qu'il résumera lui-même comme la recherche d'un « moyen de ne pas mourir » pour l'Église sous les régimes athées, consistait à privilégier les négociations discrètes sur la nomination d'évêques plutôt que la confrontation publique, quitte à s'exposer à la critique de certains catholiques qui y voyaient une forme de compromission[50].
Angelo Sodano et Tarcisio Bertone : continuité et crises
Angelo Sodano, secrétaire d'État de 1991 à 2006 sous Jean-Paul II puis au début du pontificat de Benoît XVI, exerce le plus long mandat depuis celui de Gasparri. Tarcisio Bertone, qui lui succède de 2006 à 2013, doit affronter en 2012 l'affaire dite Vatileaks — la fuite de documents confidentiels du bureau même du pape, révélant des tensions internes à la gouvernance curiale et alimentant, dans la presse internationale, une image de dysfonctionnement administratif au sommet du Saint-Siège.
Pietro Parolin et l'accord provisoire avec la Chine
Nommé cardinal secrétaire d'État le 15 octobre 2013 par le pape François, à 58 ans — le plus jeune titulaire de la charge depuis Pacelli en 1930 —, Pietro Parolin conduit le dossier diplomatique le plus délicat du pontificat : l'accord provisoire sur la nomination des évêques en Chine, signé le 22 septembre 2018[51].
Cet accord, dont les termes précis n'ont jamais été rendus publics, établit un processus conjoint de validation des nominations épiscopales entre Pékin et le Saint-Siège, mettant fin en théorie à la pratique chinoise d'ordinations épiscopales unilatérales sans mandat pontifical[52]. Reconduit en 2020, 2022, puis prolongé de quatre années supplémentaires en octobre 2024, l'accord demeure l'objet de débats vifs au sein même de l'Église catholique, certains observateurs saluant une protection minimale de la communion ecclésiale en Chine, d'autres dénonçant des reculs face aux autorités du Parti communiste chinois[53].
La crise financière de 2019-2023 : l'affaire de l'immeuble de Londres
L'investissement du fonds Mincione et l'achat du 60 Sloane Avenue
À partir de 2014, alors qu'il occupe le poste de substitut pour les Affaires générales — la charge numéro deux de la Secrétairerie d'État —, Mgr Angelo Becciu engage des fonds de la Secrétairerie dans un placement géré par le financier italien Raffaele Mincione, qui acquiert environ 45 % d'un immeuble de luxe situé au 60 Sloane Avenue, dans le quartier londonien de Chelsea[54]. La restructuration ultérieure de l'opération, censée en clarifier la propriété, aggrave en réalité la perte : l'opération dans son ensemble coûte au Saint-Siège jusqu'à 200 millions de dollars, selon les estimations reprises par la presse au moment du procès[55] — d'autres évaluations, retenues par la juridiction d'appel du Vatican en 2025, chiffrent la perte nette autour de 139 millions d'euros sur un investissement total avoisinant 350 millions de livres sterling[56].
Le motu proprio du 26 décembre 2020 : la Secrétairerie dessaisie de ses avoirs
Face à l'ampleur du scandale, révélé publiquement à partir de 2019, le pape François décide de retirer à la Secrétairerie d'État la gestion de l'ensemble de ses avoirs financiers. Le 26 décembre 2020, il promulgue la lettre apostolique en forme de motu proprio Concernant certaines compétences en matière économique et financière[57] :
« La propriété des fonds et des comptes bancaires, des placements mobiliers et immobiliers, y compris les participations dans des sociétés et des fonds d'investissement, jusqu'ici détenus au nom de la Secrétairerie d'État, est transférée à l'Administration du Patrimoine du Siège apostolique. » — Pape François, Motu proprio du 26 décembre 2020, art. 1 § 1 (traduction française, texte original en italien et en anglais)[58]
Le texte précise que le motif de la réforme est « une meilleure organisation de l'administration, du contrôle et de la supervision des activités économiques et financières du Saint-Siège, en vue d'une gestion transparente et efficace et d'une séparation claire des compétences et des fonctions »[59]. La Secrétairerie d'État doit transférer l'intégralité de ses liquidités détenues à l'Institut pour les œuvres de religion (l'« IOR », souvent appelé « banque du Vatican ») et dans les banques étrangères au plus tard le 4 février 2021[60]. La supervision de cette nouvelle organisation est confiée au Secrétariat pour l'Économie, érigé à cette occasion en véritable secrétariat papal pour les affaires économiques et financières[61].
Le procès Becciu (2021-2023) : première condamnation pénale d'un cardinal par le Vatican
L'enquête pénale ouverte par le promoteur de justice du Vatican aboutit à l'ouverture, en juillet 2021, d'un procès hors norme surnommé par la presse le « procès du siècle » vatican : dix accusés, dont un cardinal — une première absolue dans l'histoire judiciaire du Saint-Siège —, quatre-vingt-six audiences étalées sur plus de deux ans[62]. Le 16 décembre 2023, le tribunal du Vatican rend son verdict :
« Le cardinal Angelo Becciu, première personnalité de rang cardinalice jugée et condamnée par un tribunal pénal du Vatican, est reconnu coupable de deux chefs de détournement de fonds et d'un chef de fraude aggravée, et condamné à cinq ans et six mois de prison. » — Synthèse du verdict du tribunal du Vatican, 16 décembre 2023, rapportée par les agences internationales[63]
Becciu est acquitté des chefs d'abus de fonction et de subornation de témoin, mais reconnu coupable de détournement pour l'investissement initial de 200 millions d'euros dans le fonds Mincione ainsi que pour un don de 125 000 euros de fonds vaticans à une association caritative dirigée par son propre frère[64]. Cinq autres accusés sont condamnés à des peines allant de trois à sept ans de prison, avec obligation de rembourser plusieurs millions d'euros de dommages au Saint-Siège ; trois autres sont reconnus coupables de chefs moindres et condamnés à des amendes[65].
L'appel de 2025 : un rebondissement procédural, pas une annulation
Le procès en appel s'ouvre en septembre 2025. Le 17 mars 2025 — antérieurement à l'ouverture des audiences d'appel proprement dites —, la cour d'appel du Vatican, présidée par Mgr Alejandro Arellano Cedillo, rend une décision de seize pages déclarant une « nullité relative » portant sur certains actes de l'instruction : quatre décrets pris par le pape François en cours d'enquête, modifiant les règles procédurales sans promulgation publique, sont jugés avoir fragilisé le droit à une défense équitable de certains accusés[66]. Cette décision n'annule pas le jugement de première instance ni ses verdicts de culpabilité : elle impose seulement un nouvel examen partiel de certains éléments du dossier, et ordonne au bureau du promoteur de justice de déposer l'intégralité non caviardée des pièces d'instruction[67]. L'affaire reste, à ce jour, l'épisode judiciaire le plus retentissant de l'histoire récente de la Secrétairerie d'État — et la démonstration la plus visible des limites qu'a pu connaître, avant 2020, le contrôle interne de ses avoirs financiers.
Léon XIV et la continuité de la Secrétairerie d'État (2025-2026)
Élu pape le 8 mai 2025, Léon XIV (Robert Francis Prevost) fait savoir dès le lendemain de son élection que l'ensemble des responsables de la Curie romaine, y compris le cardinal secrétaire d'État Pietro Parolin, sont prolongés dans leurs fonctions jusqu'à nouvel ordre — une pratique habituelle de transition qui évite toute vacance brutale du gouvernement curial au changement de pontificat. Parolin demeure ainsi en fonction et continue de représenter le Saint-Siège dans les grandes enceintes internationales, notamment lors d'une intervention à l'Organisation des Nations unies le 19 mai 2025.
Le 5 juin 2025, le nouveau pape reçoit en audience l'ensemble des supérieurs et officiels de la Secrétairerie d'État dans la salle Clémentine du palais apostolique. Il y définit les deux exigences qu'il attend de l'institution :
« [Notre travail suppose] l'incarnation et la catholicité [comme] deux dimensions essentielles [...] Ensemble, nous partageons les questions, les difficultés, les défis et les espérances du Peuple de Dieu. » — Pape Léon XIV, discours aux supérieurs et officiels de la Secrétairerie d'État, 5 juin 2025[68]
Reprenant une exhortation de saint Paul VI datant de 1963, Léon XIV demande que « ce lieu ne soit pas pollué par des ambitions ou des antagonismes »[69] — rappel que la proximité immédiate avec le pape, qui fait la force institutionnelle de la Secrétairerie d'État depuis 1487, expose aussi structurellement ses membres à la tentation des rivalités de pouvoir, comme l'a montré la crise financière des années 2019-2023.
Le 30 mars 2026, Léon XIV procède à un premier changement significatif d'organigramme : l'archevêque Paolo Rudelli, jusqu'alors nonce apostolique en Colombie, est nommé nouveau substitut pour les Affaires générales, succédant à Edgar Peña Parra, qui occupait cette fonction depuis 2018[70]. Le cardinal Pietro Parolin, pour sa part, demeure secrétaire d'État, tandis que Mgr Paul Richard Gallagher — premier titulaire anglophone du poste, en fonction depuis le 8 novembre 2014 — continue de diriger la Section pour les Relations avec les États et les Organisations internationales[71].
Pour aller plus loin
- Le Saint-Siège — la définition juridique du sujet de droit international que sert la Secrétairerie d'État, et l'histoire complète de la diplomatie pontificale.
- La Curie romaine — l'ensemble des seize dicastères et organismes dont la Secrétairerie d'État coordonne l'action.
- La création de l'État de la Cité du Vatican (11 février 1929) — le territoire souverain, distinct de la Secrétairerie d'État, administré par le Gouvernorat.
- Les accords du Latran (11 février 1929) — l'accord diplomatique négocié par le cardinal Pietro Gasparri, alors secrétaire d'État.
- Le Vatican — panorama général du territoire, de ses institutions et de son histoire.
Notes et références
Pape François, constitution apostolique Praedicate Evangelium sur la Curie romaine et son service à l'Église dans le monde, 19 mars 2022, art. 44, texte officiel français sur vatican.va.
1 7Salle de presse du Saint-Siège, note annuelle sur les relations diplomatiques du Saint-Siège : 184 États entretiennent des relations diplomatiques avec le Saint-Siège (communiqué de janvier, relayé par Herald Malaysia ; chiffre confirmé à 184 en juin 2025 par Rome Reports).
2Pape François, Praedicate Evangelium, 19 mars 2022, art. 45 §§ 1-2, texte officiel français sur vatican.va.
3 34National Catholic Reporter, « Vatican appeals court makes major ruling in financial fraud case », 2025, ncronline.org/vatican/vatican-appeals-court-makes-major-ruling-financial-fraud-case ; recoupé avec OSV News, « Vatican appeals court declares partial mistrial in Cardinal Becciu trial », 17 mars 2025, osvnews.com/vatican-appeals-court-declares-partial-mistrial-in-cardinal-becciu-trial, et Vatican News, « Vatican: Appeal trial for London property case opens Monday », septembre 2025, vaticannews.va/en/vatican-city/news/2025-09/vatican-appeal-trial-opens-over-management-of-holy-see-finances.html.
4 5 56 62 66 67Pape François, Praedicate Evangelium, 19 mars 2022, art. 12 §§ 1-3, texte officiel français sur vatican.va.
6David M. Cheney, Secretariat of State, base de données prosopographique, catholic-hierarchy.org/diocese/dxsta.html, consultée en 2026 ; sur le statut révocable ad nutum du substitut pour les Affaires générales, voir aussi le profil officiel de la Secrétairerie d'État sur vatican.va.
8 24 46Philippe Boutry, Souverain et pontife : recherches prosopographiques sur la Curie romaine à l'âge de la Restauration (1814-1846), chap. V « Secrétariats de Curie », Publications de l'École française de Rome, 2002, texte intégral sur books.openedition.org/efr/1874.
9 10Sur le système du cardinal-neveu et son abolition, synthèse encyclopédique recoupée avec Wikipédia (fr), Cardinal-neveu, fr.wikipedia.org/wiki/Cardinal-neveu, et Wolfgang Reinhard, Nepotismus: Der Funktionswandel einer papstgeschichtlichen Konstante, Römische Quartalschrift für christliche Altertumskunde und Kirchengeschichte, 1975 (référence académique de fond sur le népotisme pontifical, citée par l'historiographie francophone du sujet).
11 12 13 16Philippe Boutry, « La Secrétairerie d'État avant 1870 : l'État temporel et ses héritages », Mélanges de l'École française de Rome. Italie et Méditerranée, tome 116, n° 1, 2004, p. 17-31, DOI 10.3406/mefr.2004.10079, texte sur persee.fr.
14 15 17 20Sur l'origine de la Congrégation pour les Affaires ecclésiastiques extraordinaires (Pie VI, 28 mai 1793 ; Pie VII, après 1814) et son intégration à la Secrétairerie d'État en 1909 sous Pie X, voir Wikipedia (en), Section for Relations with States, en.wikipedia.org/wiki/Section_for_Relations_with_States, qui synthétise notamment Annuario Pontificio et les actes de Sapienti Consilio (1908) et Regimini Ecclesiae Universae (1967).
18 19 23 28Philippe Boutry, Souverain et pontife : recherches prosopographiques sur la Curie romaine à l'âge de la Restauration (1814-1846), Publications de l'École française de Rome, 2002 — sur la scission de la charge sous Grégoire XVI et sa réunification par Pie IX en 1846, chap. V, books.openedition.org/efr/1874.
21Pape Pie X, constitution apostolique Sapienti Consilio, 29 juin 1908, texte latin intégral sur documentacatholicaomnia.eu ; sur son interprétation historique, voir Friedrich Speiser, « La réorganisation de la Curie romaine par la constitution Sapienti Consilio du 29 juin 1908 », 1909.
22Sur la vacance de la charge de secrétaire d'État de 1944 à 1958 et le rôle des pro-secrétaires Giovanni Battista Montini et Domenico Tardini, voir Wikipedia (en), Domenico Tardini et Pope Pius XII, en.wikipedia.org/wiki/Domenico_Tardini ; sur le refus du cardinalat par les deux prélats en 1953, mêmes sources.
25 26 27Sur Giovanni Benelli, substitut pour les Affaires générales de mars 1967 à juillet 1977 sous Paul VI, et son rôle central aux côtés du cardinal Jean-Marie Villot et de Mgr Agostino Casaroli, voir Encyclopædia Universalis, notice « Giovanni Benelli », universalis.fr/encyclopedie/giovanni-benelli.
29 30 31Secrétairerie d'État, page de profil officielle, Saint-Siège, vatican.va/content/romancuria/fr/segreteria-di-stato/segreteria-di-stato/profilo.html — structure organisationnelle actuelle héritée de Pastor Bonus (1988) et complétée en 2017 et 2022.
32 33 39Pape François, Praedicate Evangelium, 19 mars 2022, art. 46, texte officiel français sur vatican.va.
35Pape François, Praedicate Evangelium, 19 mars 2022, art. 47, texte officiel français sur vatican.va.
36 38Pape François, Praedicate Evangelium, 19 mars 2022, art. 48, texte officiel français sur vatican.va.
37Pape François, Praedicate Evangelium, 19 mars 2022, art. 49, texte officiel français sur vatican.va.
40Vatican News, édition française, « Francesca Di Giovanni devient sous-secrétaire pour les Relations avec les États », 15 janvier 2020, vaticannews.va/fr/vatican/news/2020-01/francesca-di-giovanni-une-femme-sous-secretaire.html ; commentaire cité d'après L'Osservatore Romano, édition française, « Francesca Di Giovanni, une excellente nouvelle pour trois raisons », 15 février 2020, osservatoreromano.va/fr/news/2020-02/francesca-di-giovanni-une-excellente-nouvelle-pour-trois-raison.html.
41 42Secrétairerie d'État, communiqué du 21 novembre 2017 sur la création de la Section pour le Personnel diplomatique du Saint-Siège, rapporté par America Magazine, « Pope Francis continues his reform of the Curia with new section for diplomatic personnel », 21 novembre 2017, americamagazine.org/faith/2017/11/21/pope-francis-continues-his-reform-curia-new-section-diplomatic-personnel.
43 44 45Secrétairerie d'État, Elenco dei Segretari di Stato (liste officielle des secrétaires d'État depuis les origines), Saint-Siège, vatican.va/content/dam/wss/roman_curia/secretariat_state/documents/rc_seg-st_doc_20090915_segretari-stato_it.html.
47Sur le rôle d'Agostino Casaroli dans l'Ostpolitik vaticane, voir Encyclopædia Universalis, notice « Agostino Casaroli », universalis.fr/encyclopedie/agostino-casaroli ; et Le Temps, « Infatigable négociateur, le cardinal Casaroli raconte dans ses Mémoires sa bataille contre les pays de l'Est », compte rendu de ses mémoires Il martirio della pazienza, letemps.ch/societe/infatigable-negociateur-cardinal-casaroli-raconte-memoires-bataille-contre-pays-lest.
48 49 50Sur la signature de l'accord provisoire sino-vatican du 22 septembre 2018 et ses renouvellements successifs (2020, 2022, octobre 2024), voir France 24, « Le Vatican scelle un accord historique avec la Chine sur la nomination des évêques », 22 septembre 2018, france24.com/fr/20180922-vatican-scelle-accord-historique-chine-nomination-eveques-francois-eglise ; et Vatican News, édition française, « L'Accord provisoire entre le Saint-Siège et la Chine prolongé de quatre ans », octobre 2024, vaticannews.va/fr/pape/news/2024-10/saint-siege-chine-l-accord-provisoire-prolonge-de-quatre-ans.html.
51 52 53NPR, « A cardinal is convicted of embezzlement and sentenced to 5 1/2 years in Vatican trial », 16 décembre 2023, npr.org/2023/12/16/1219839096/cardinal-vatican-embezzlement-trial-guilty ; recoupé avec Al Jazeera, « Senior cardinal convicted of embezzlement in historic Vatican fraud trial », 16 décembre 2023, aljazeera.com/news/2023/12/16/cardinal-and-nine-others-to-receive-verdict-in-historic-vatican-fraud-trial, et TIME, « Vatican Court Convicts Cardinal of Major Financial Crimes », 16 décembre 2023, time.com/6548448/vatican-court-convicts-cardinal-becciu-financial-crimes.
54 55 63 64 65Pape François, lettre apostolique en forme de motu proprio concernant certaines compétences en matière économique et financière, 26 décembre 2020, texte officiel (italien/anglais) sur vatican.va/content/francesco/en/motu_proprio/documents/papa-francesco-motu-proprio-20201226_una-migliore-organizzazione.html ; traduction française de l'article 1 § 1 par la rédaction, à partir du texte anglais officiel ; recoupé avec Vatican News, « Management of funds of Secretariat of State passes to APSA », novembre 2020, vaticannews.va/en/vatican-city/news/2020-11/administration-funds-secretariat-state-apsa.html.
57 58 59 60 61Pape Léon XIV, discours aux supérieurs et aux officiels de la Secrétairerie d'État, salle Clémentine, 5 juin 2025, texte officiel français sur vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2025/june/documents/20250605-segreteria-distato.html.
68 69Vatican News, édition française, « Nominations de Léon XIV : substitut, préfet de la Maison pontificale et nonce en Italie », 30 mars 2026, vaticannews.va/fr/vatican/news/2026-03/nomination-leon-xiv-prefet-maison-pontificale-nonce-italie.html.
70Sur Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire pour les Relations avec les États depuis le 8 novembre 2014, premier titulaire anglophone du poste, voir Wikipédia (fr), Paul Richard Gallagher, fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Richard_Gallagher.
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