Pape Paul V (1552-1621)

Élu en 1605, le pape Paul V (Camillo Borghese) est le pape juriste de la Contre-Réforme : l'interdit de Venise, la controverse sur la grâce qu'il refuse de trancher, la première affaire Galilée, l'achèvement de la façade de Saint-Pierre et le népotisme des Borghese.

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Paul V (Paulus V), né Camillo Borghese le 17 septembre 1552 à Rome, dans une famille noble venue de Sienne, et mort à Rome le 28 janvier 1621, gouverne l'Église pendant près de seize ans, du 16 mai 1605 à sa mort. Il est compté comme le 233ᵉ pape de l'Église catholique, successeur de Léon XI et prédécesseur de Grégoire XV.[2][3]

Juriste avant d'être théologien, formé au droit civil et canonique à Pérouse et à Padoue, élu à cinquante-deux ans comme candidat de compromis au terme d'un conclave houleux, Paul V est le type même du pape administrateur de la Contre-Réforme, héritier du concile de Trente. Son pontificat se joue sur un fil : défendre l'indépendance et les droits de l'Église face aux États modernes naissants, sans rouvrir les fractures de la chrétienté.[4][5]

Trois grandes affaires marquent son règne. L'interdit de Venise (1606-1607) l'oppose à la République sérénissime sur l'immunité du clergé : c'est, semble-t-il, la dernière fois qu'un pape lance cette arme médiévale, et elle se révèle émoussée. La controverse de Auxiliis, ce débat brûlant sur la grâce et le libre arbitre entre dominicains et jésuites, il la clôt sans la trancher, interdisant aux deux camps de se traiter d'hérétiques. Enfin, c'est sous son autorité que se déroule, en 1616, la première phase de l'affaire Galilée : un décret de congrégation, et non une définition pontificale solennelle.[6][7][8]

Pape bâtisseur, il achève la basilique Saint-Pierre en lui donnant sa façade, dresse la chapelle Pauline de Sainte-Marie-Majeure où il repose, et fait jaillir sur le Janicule la grande fontaine de l'Acqua Paola. Pape népote aussi, il élève son neveu Scipione Borghese et enrichit sa famille au point de faire des Borghese l'une des plus grandes maisons de Rome. À sa mort, en pleine Guerre de Trente Ans, la papauté a perdu une part de sa puissance politique mais reste, plus que jamais, le centre spirituel et artistique de la catholicité.[9][10][11]

Pourquoi Paul V compte-t-il ?

Le pape juriste de la Contre-Réforme

Paul V en cinq dossiers — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Camillo Borghese n'est pas un théologien de cabinet : c'est un canoniste de premier ordre, docteur en droit civil et canonique, que la Curie a employé comme auditeur, nonce et inquisiteur avant de l'élire.[12] Son pontificat porte la marque de cette formation. À la différence d'Innocent III — théologien formé à Paris autant que juriste formé à Bologne[13] —, Paul V raisonne d'abord en juge attaché aux droits, aux immunités et aux procédures de l'Église. C'est ce réflexe juridique qui explique aussi bien sa fermeté contre Venise que sa prudence dans la controverse sur la grâce : il défend des principes de droit, non des thèses spéculatives.

Le pape de l'interdit de Venise

Paul V semble avoir été le dernier pape à lancer un interdit général contre un État[14] — le dernier exemple connu à l'échelle d'un territoire étendu. Le bras de fer avec la République de Venise, en 1606-1607, est un moment-clé de l'histoire des rapports entre l'Église et le pouvoir civil : il révèle que l'arme des censures, redoutable au Moyen Âge, ne fait plus reculer un État souverain de l'âge moderne. Le compromis final, négocié par la France, laisse à Venise l'essentiel de ses prétentions. Après 1607, aucun pape ne semble plus avoir lancé d'interdit général contre un État.[15]

Le pape de la première affaire Galilée

C'est sous Paul V qu'intervient, en 1616, le premier acte de l'affaire Galilée : la suspension « en attendant correction » (donec corrigatur) du De revolutionibus de Copernic et l'admonestation de Galilée par le cardinal Robert Bellarmin.[16][17] L'épisode pèse lourd dans la légende d'une Église ennemie de la science. Il demande pourtant d'être lu avec exactitude : il s'agit d'un décret de congrégation romaine, non d'une définition pontificale ex cathedra — c'est-à-dire d'un acte solennel où le pape engage son autorité infaillible —, et la distinction de niveau d'autorité est décisive pour comprendre ce que l'Église a, ou n'a pas, engagé.[18]

Les sources principales

La vie de Camillo Borghese et le déroulé de son pontificat reposent d'abord sur les archives romaines qu'il a lui-même contribué à organiser, et sur les grands répertoires biographiques des papes. L'article Pope Paul V de la Catholic Encyclopedia (New York, 1911) donne la trame classique : naissance, carrière, interdit de Venise, achèvement de Saint-Pierre, mort.[19] L'Encyclopædia Britannica et les notices modernes complètent et nuancent, notamment sur la date de naissance et le népotisme.[20]

Pour l'interdit de Venise, les sources se dédoublent : côté pontifical, les brefs de Paul V et les écrits polémiques des cardinaux Bellarmin et Baronius ; côté vénitien, les Considerazioni du servite Paolo Sarpi, théologien-consulteur de la Sérénissime, mises à l'Index dès 1606.[21][22] La controverse de Auxiliis est documentée par les actes de la Congregatio de Auxiliis et par l'article de la Catholic Encyclopedia qui en retrace les quatre-vingt-cinq sessions.[23] Enfin, l'affaire Galilée s'appuie sur des pièces primaires bien conservées : le décret de l'Index du 5 mars 1616, le procès-verbal de l'admonestation et l'attestation manuscrite de Bellarmin de mai 1616.[24][25]

Camillo Borghese avant la tiare

Une famille siennoise montée à Rome

De Sienne à la tiare : le cursus juridique et curial de Camillo Borghese — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Camillo Borghese naît à Rome le 17 septembre 1552, premier fils de Marcantonio Borghese et de Flaminia Astalli, d'une famille noble originaire de Sienne qui y avait occupé d'importantes fonctions et qui revendiquait — selon la Catholic Encyclopedia — sainte Catherine de Sienne comme parente.[26][27] Son père, Marcantonio Borghese, Siennois établi à Rome au moins depuis 1537, y exerce avec succès la profession d'avocat, jusqu'à devenir l'avocat de l'empereur Charles Quint puis de Philippe II ; son second mariage avec une Romaine l'enracine dans le patriciat de la Ville.[28] La Catholic Encyclopedia (1911) donne encore l'année 1550 ; mais le Dizionario Biografico Treccani, la Britannica et les notices modernes retiennent le 17 septembre 1552, cohérent avec ses cinquante-deux ans à l'élection et ses soixante-huit ans à sa mort.[29]

Le juriste : Pérouse, Padoue et la Curie

Le jeune Camillo est, selon la formule de la Catholic Encyclopedia, « soigneusement formé à la jurisprudence à Pérouse et à Padoue », où il devient « un canoniste d'une habileté marquée ».[30] Il conquiert le doctorat in utroque iure, le grade qui sanctionne la maîtrise du droit civil et du droit canonique. Cette double compétence le destine non à la chaire de théologie mais aux tribunaux et aux chancelleries de l'Église : il entre dans la magistrature pontificale, devient vice-légat à Bologne puis auditeur de la Chambre apostolique. Toute sa carrière se construit sur le droit, et non sur la prédication ou la spéculation doctrinale.

Nonce en Espagne, cardinal et inquisiteur

En 1593, Clément VIII l'envoie comme nonce extraordinaire en Espagne auprès de Philippe II : mission diplomatique délicate, au cœur de la grande puissance catholique de l'époque.[31] De retour à Rome, il est créé cardinal par Clément VIII en 1596 et reçoit la lourde charge de cardinal-vicaire de Rome, c'est-à-dire de gouverneur spirituel de la Ville au nom du pape.[32] Dans les années qui suivent, il siège au cœur de l'appareil doctrinal : il devient membre puis responsable du Saint-Office, l'Inquisition romaine, et participe aux grands dossiers de la Curie. La Catholic Encyclopedia souligne un trait qui pèsera dans son élection : il « se tenait à l'écart de tous les partis et factions, consacrant tout son temps libre à ses livres de droit ».[33]

« Il se tenait à l'écart de tous les partis et factions, consacrant tout son temps libre à ses livres de droit. » — Catholic Encyclopedia, Pope Paul V, vol. XI, New York, 1911[34]

Cette réputation de neutralité et de compétence juridique, plus que tout éclat personnel, va faire de lui l'homme du compromis lorsque s'ouvre, au printemps 1605, l'un des conclaves les plus mouvementés du siècle.

L'élection du 16 mai 1605

Deux conclaves en deux mois

L'année 1605 voit se succéder trois papes. Clément VIII meurt le 3 mars 1605, après treize ans de règne.[35] Le conclave de mars élit le cardinal Alessandro de' Medici, qui prend le nom de Léon XI le 1ᵉʳ avril ; mais le vieux pape, tombé malade dès son couronnement, meurt vingt-six jours plus tard, le 27 avril 1605.[36] Les cardinaux doivent donc se réunir une seconde fois en moins de deux mois.

Le candidat de compromis

Le conclave de mai 1605 est âprement disputé entre les factions issues des créations de Clément VIII (groupe Aldobrandini) et celles du cardinal Montalto, sur fond de rivalité entre la France et l'Espagne.[37] Les candidats de poids — l'historien Baronius, le théologien Robert Bellarmin — se neutralisent : Baronius est récusé par l'Espagne, qu'il avait heurtée dans ses Annales, et Bellarmin refuse de lever le petit doigt pour sa propre cause. Les tensions montent au point qu'une rixe éclate entre cardinaux, le cardinal Alfonso Visconti en sortant blessé (plusieurs fractures) — l'historien des élections pontificales Frederic J. Baumgartner y voit le seul cas connu de violence faisant un blessé dans un conclave.[38][39]

Faute de majorité des deux tiers pour un favori, les chefs de faction se rabattent sur le seul nom acceptable par tous : Camillo Borghese. À cinquante-deux ans, relativement jeune, réputé neutre entre les grandes puissances, juriste sans engagement partisan, il réunit les suffrages et est élu le 16 mai 1605.[40][41]

Le choix du nom et le couronnement

Le nouvel élu prend le nom de Paul V, dans la lignée de Paul III et Paul IV, papes de la Réforme catholique. Il est couronné le 29 mai 1605 et prend possession de la basilique du Latran, cathédrale de Rome.[42] Le pontificat qui s'ouvre durera près de seize ans : l'un des plus longs du XVIIᵉ siècle, et l'un des plus chargés de conflits de juridiction.

L'interdit de Venise (1606-1607)

Les lois vénitiennes et l'arrestation de deux clercs

L'interdit de Venise (1606-1607) — chronologie du dernier exemple connu d'interdit pontifical général. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Au tournant du siècle, la République de Venise affirme face à l'Église la souveraineté de l'État sur son territoire. Deux lois cristallisent le conflit : l'une, de 1604, interdit de fonder de nouveaux établissements religieux sans l'aval du gouvernement ; l'autre, de 1605, prohibe l'aliénation des biens des laïcs au profit de l'Église — un coup porté à la mainmorte ecclésiastique.[43] Surtout, Venise fait arrêter et juger par ses tribunaux civils deux ecclésiastiques, le chanoine Scipione Saraceni et l'abbé Marcantonio Brandolin, accusés de crimes de droit commun. Pour Rome, c'est une violation directe de l'immunité du clergé : un clerc ne relève que des tribunaux de l'Église.[44]

L'excommunication et l'interdit du 17 avril 1606

Après une protestation formelle restée sans effet, Paul V passe à l'acte. Le 17 avril 1606, par le bref Superioribus mensibus, il prononce l'excommunication du doge, du Sénat et du gouvernement de Venise pris collectivement, et place l'ensemble du territoire vénitien sous interdit : suspension publique des sacrements et du culte.[45][46] La République, dirigée par le doge Leonardo Donà, ne plie pas. Sur le conseil de son théologien Paolo Sarpi, elle déclare l'interdit nul et abusif et ordonne au clergé de continuer à célébrer la messe comme si de rien n'était, sous peine de bannissement.[47]

Paolo Sarpi contre Bellarmin et Baronius

Le conflit devient une guerre de plumes européenne. Côté vénitien, le servite Paolo Sarpi, nommé consulteur de la République en janvier 1606, défend la thèse que l'État tient son pouvoir de Dieu directement et que l'obéissance religieuse ne peut contredire les lois civiles.[48] Ses Considerazioni sopra le censure sont mises à l'Index dès septembre 1606. Côté pontifical, les cardinaux Robert Bellarmin et Cesare Baronius réfutent Sarpi et exposent la doctrine du pouvoir indirect du pape sur le temporel — sans dissimuler, selon plusieurs sources, leurs réserves sur l'opportunité d'un interdit qui risquait de braquer Venise.[49][50]

Sarpi paiera cher son rôle. Excommunié en 1607, il échappe de peu à un attentat, le 5 octobre 1607, frappé de plusieurs coups de stylet ; comme son chirurgien s'étonnait du caractère grossier des blessures, on lui prête alors un mot resté célèbre, jeu de mots sur le stylet et le style :

« Je reconnais le style de la Curie romaine. » — Mot attribué à Paolo Sarpi après l'attentat du 5 octobre 1607[51]

L'expulsion des jésuites

Quelques ordres seulement obéissent à l'interdit pontifical et refusent de célébrer : au premier rang, les jésuites, mais aussi les capucins et les théatins. Venise les expulse de tout son territoire en mai 1606.[52][53] Pour la Compagnie de Jésus, identifiée à la cause romaine, c'est un bannissement durable : les jésuites ne seront réadmis à Venise qu'en 1656-1657, un demi-siècle plus tard.[54]

La médiation française et le compromis de 1607

Ni Venise ni Rome ne peuvent l'emporter de force. La sortie de crise vient de la diplomatie française : le roi Henri IV mandate le cardinal François de Joyeuse pour négocier un compromis. Au printemps 1607, un arrangement est trouvé : les deux clercs emprisonnés sont remis à la France — et non directement à Rome —, et Paul V lève les censures.[55][56] La République ne révoque aucune de ses lois et se borne à promettre de se conduire « avec sa piété accoutumée », formule volontairement vague qui sauve les apparences pontificales tout en lui laissant la victoire de fond.[57] La Catholic Encyclopedia situe la levée des censures au 22 mars 1607[58], la plupart des récits modernes au 21 avril 1607, date de la réconciliation solennelle (remise des deux clercs au cardinal de Joyeuse et levée de l'interdit)[59] ; l'écart entre les deux dates pouvant tenir à la distinction entre l'accord négocié et sa mise en œuvre.

La fin de l'arme de l'interdit

La leçon est retenue par toute l'Europe : un État moderne et déterminé peut tenir tête à l'interdit pontifical. Venise a maintenu son culte, gardé ses lois, et la papauté a dû transiger. Après 1607, aucun pape ne semble plus avoir lancé d'interdit général contre un État.[60] L'épisode marque, plus qu'une défaite, le basculement d'un ordre médiéval où la censure spirituelle commandait la politique vers un monde où l'Église devra défendre ses droits par d'autres voies que la contrainte.

La controverse de Auxiliis : grâce et liberté

Báñez contre Molina : le nœud théologique

Báñez contre Molina : les deux écoles de la grâce que Paul V décide de ne pas départager. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Comment concilier la toute-puissance de la grâce divine et la liberté de l'homme ? Si la grâce de Dieu est efficace par elle-même, que reste-t-il du libre arbitre ? Et si l'homme reste libre de l'accepter ou de la refuser, n'est-ce pas son consentement qui décide du salut, au détriment de la primauté de Dieu ? Ce vieux problème, déjà débattu par saint Augustin, enflamme à la fin du XVIᵉ siècle deux grandes écoles.[61]

Les dominicains, derrière le théologien espagnol Domingo Báñez, tiennent que la grâce efficace meut infailliblement la volonté par une prémotion physique : l'efficacité vient de Dieu seul. Les jésuites, derrière Luis de Molina et sa Concordia liberi arbitrii cum gratiae donis (Lisbonne, 1588), répondent par la science moyenne (scientia media) : Dieu connaît d'avance ce que chaque créature libre ferait dans toute circonstance possible, et accorde sa grâce en conséquence, sans forcer la liberté.[62][63] Chaque camp soupçonne l'autre d'hérésie : les jésuites taxent les dominicains de calvinisme déguisé, les dominicains taxent les jésuites de pélagianisme.

La Congrégation de Auxiliis

Pour trancher, Clément VIII institue dès 1598 une commission spéciale, la Congregatio de Auxiliis (« congrégation sur les secours [de la grâce] »).[64] Les débats sont interminables : conférences publiques entre généraux des deux ordres, examens du livre de Molina, séances présidées par le pape lui-même — le cardinal Borghese, futur Paul V, y assiste. Au total, la controverse aura connu quatre-vingt-cinq sessions entre 1598 et 1607, sans qu'aucun consensus n'émerge.[65]

Le décret de 1607 : ne pas trancher

Devenu pape, Paul V hérite du dossier. Un projet de bulle condamnant Molina avait été préparé ; il ne sera jamais promulgué.[66] En 1607, le pape juriste choisit la voie de la prudence plutôt que de la définition. Il met fin à la controverse par un décret qui ne tranche pas le fond : chaque ordre peut continuer d'enseigner sa propre doctrine, mais il est interdit aux deux camps de se traiter mutuellement d'hérétiques, et la publication de nouveaux écrits sur la grâce est soumise à autorisation.[67][68]

Cette non-décision est elle-même une décision majeure. En refusant de canoniser une école contre l'autre, Paul V préserve l'unité entre deux corps religieux essentiels à la Contre-Réforme, et laisse la question ouverte à la libre discussion des théologiens — où elle demeure aujourd'hui encore. C'est un acte typiquement borghésien : non un jugement doctrinal, mais une mesure d'ordre qui désamorce un conflit sans prétendre épuiser le mystère.

La première affaire Galilée (1616)

La dénonciation du copernicanisme

1616 : un décret de congrégation, pas une définition pontificale. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

À partir de 1610, ses observations à la lunette font de Galilée le champion de l'héliocentrisme de Copernic : la Terre tourne autour du Soleil, qui est immobile au centre du monde. La thèse heurte la lecture littérale de certains passages de l'Écriture. En 1615, des dominicains florentins — Lorini, puis Caccini — dénoncent Galilée au Saint-Office.[69][70] L'affaire remonte jusqu'à Rome, où Paul V demande à une commission de qualificateurs d'examiner les propositions coperniciennes.

Le décret du 5 mars 1616 et l'admonestation de Bellarmin

Le 24 février 1616, les qualificateurs rendent un verdict sévère : l'immobilité du Soleil est jugée « absurde en philosophie et formellement hérétique », le mouvement de la Terre « au moins erroné dans la foi ».[71][72] Sur cette base, Paul V ordonne au cardinal Robert Bellarmin d'admonester Galilée de ne plus tenir ni défendre l'opinion copernicienne. Puis, le 5 mars 1616, la Congrégation de l'Index publie un décret qui suspend « jusqu'à correction » le De revolutionibus de Copernic et condamne la doctrine — qualifiée de « fausse doctrine pythagoricienne, tout à fait contraire à la Sainte Écriture » — du mouvement de la Terre et de l'immobilité du Soleil.[73]

« Cette fausse doctrine pythagoricienne, tout à fait contraire à la Sainte Écriture, du mouvement de la Terre et de l'immobilité du Soleil. » — Décret de la Sacrée Congrégation de l'Index, 5 mars 1616[74]

Pour mettre fin aux rumeurs, Bellarmin remet à Galilée, le 26 mai 1616, une attestation écrite : Galilée n'a pas été condamné ni n'a abjuré, mais on lui a notifié l'interdiction de tenir la doctrine copernicienne.

« La doctrine attribuée à Copernic — que la Terre se meut autour du Soleil et que le Soleil se tient immobile au centre du monde — est contraire aux Saintes Écritures, et ne peut donc être ni défendue ni tenue. » — Cardinal Robert Bellarmin, attestation manuscrite remise à Galilée, 26 mai 1616[75]

Quel niveau d'autorité ?

Tout l'enjeu de l'épisode tient à la nature de l'acte. Ce n'est pas une définition pontificale solennelle, prononcée ex cathedra par Paul V engageant l'infaillibilité : c'est un décret disciplinaire de congrégation romaine, approuvé par le pape, mais qui ne relève pas du magistère infaillible.[76] La théologie catholique a toujours distingué les actes par lesquels le pape engage sa pleine autorité doctrinale et les décisions administratives des dicastères. Le décret de 1616 met un livre à l'Index et impose une consigne de prudence ; il n'érige pas le géocentrisme en dogme. Cette distinction n'efface pas l'erreur de fait — l'Église a eu tort sur le plan scientifique — mais elle interdit d'en conclure que le magistère infaillible se serait trompé. Le dossier complet, avec le procès de 1633 et la réhabilitation moderne, est traité ailleurs.[77]

Le gouvernement de l'Église et du monde

Le serment d'allégeance anglais

En Angleterre, au lendemain de la Conspiration des Poudres (1605), le roi Jacques Iᵉʳ impose aux catholiques un serment d'allégeance qui leur fait nier, sous une forme jugée équivoque, le pouvoir du pape de délier les sujets de leur fidélité au souverain. Paul V condamne ce serment par deux brefs, en 1606 et 1607, comme contenant « beaucoup de choses manifestement contraires à la foi et au salut ».[78] La polémique enfle, opposant le roi Jacques lui-même, Bellarmin et les théologiens. Mais le pape prend soin de distinguer la fidélité civile, qu'il recommande, de la soumission religieuse qu'on ne peut exiger : dans sa lettre du 9 juillet 1606 à Jacques Ier — dont le texte n'a pu être collationné et que la Catholic Encyclopedia ne fait que résumer —, il promet, selon ce résumé, d'exhorter tous les catholiques du royaume à être soumis et loyaux envers leur souverain en tout ce qui n'est pas contraire à l'honneur de Dieu.[79]

Les missions et la liturgie chinoise

Paul V soutient l'élan missionnaire de la Contre-Réforme. Dans le sillage de Matteo Ricci et de Nicolas Trigault, il accorde, par le bref Romanae Sedis Antistes du 27 juin 1615, aux jésuites de Chine un privilège remarquable : l'autorisation de célébrer la liturgie en chinois classique — et de porter pendant les offices le bonnet liturgique appelé jijin.[80] Ordonner en revanche un clergé autochtone lui paraît encore prématuré : sur ce point, il ne suit pas les jésuites.[81] Cette ouverture, en avance sur son temps, restera largement lettre morte à cause de la querelle des rites chinois qui éclatera plus tard ; mais elle témoigne d'une intelligence missionnaire de l'inculturation que l'Église ne retrouvera pleinement qu'au XXᵉ siècle.

Les Archives apostoliques et la Bibliothèque vaticane

Le pape juriste laisse une trace durable dans la mémoire de l'Église. Vers 1610-1612, il fait rassembler en un lieu unique du palais apostolique les registres dispersés de la papauté et crée ce qui deviendra l'Archivio Apostolico Vaticano — longtemps appelé « Archives secrètes », au sens de réservées au pape et à ses officiers.[82] La date de 1612, avec la nomination du premier archiviste, est tenue pour l'acte de fondation. Paul V enrichit également la Bibliothèque vaticane, fidèle à sa nature d'homme de cabinet et de droit.[83]

Canonisations et béatifications

Pontife de la Contre-Réforme, Paul V place sur les autels les grandes figures de la rénovation catholique. Il canonise sainte Françoise Romaine (1608) et saint Charles Borromée (1610), l'archevêque-modèle de la réforme tridentine.[84][85] Il béatifie une constellation de saints qui seront canonisés peu après par son successeur : Ignace de Loyola (1609), Thérèse d'Ávila (1614), Philippe Néri (1615), Isidore le Laboureur et François Xavier (1619).[86] À travers eux, c'est tout l'esprit de la réforme catholique — sainteté épiscopale, mystique, missionnaire et populaire — que Paul V offre en exemple à la chrétienté.

Le pape bâtisseur de la Rome baroque

La façade de Saint-Pierre par Maderno

La Rome de Paul V : trois chantiers majeurs du baroque romain. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le titre de gloire le plus visible de Paul V est l'achèvement de la basilique Saint-Pierre, en chantier depuis un siècle.[87] L'architecte Carlo Maderno allonge la nef — transformant le plan en croix grecque de Michel-Ange en croix latine — et élève entre 1607 et 1612 la grande façade qui ferme aujourd'hui la place. Sur l'entablement court une inscription monumentale qui grave pour les siècles le nom du pape Borghese :

« En l'honneur du Prince des Apôtres, Paul V Borghèse, Romain, souverain pontife, l'an 1612, la septième année de son pontificat. » — Inscription de la façade de Saint-Pierre de Rome, 1612[88]

Le détail révèle le pape autant que le bâtisseur : la postérité a parfois reproché à cette dédicace de mettre en avant le nom de PAVLVS V BVRGHESIVS plus que celui du Christ ou de Pierre. Le chantier, lui, demeure : c'est sous Paul V que Saint-Pierre prend sa silhouette définitive.[89]

La chapelle Pauline de Sainte-Marie-Majeure

Dès 1605, Paul V fait édifier à Sainte-Marie-Majeure, par l'architecte Flaminio Ponzio, une somptueuse chapelle — dite Cappella Paolina ou chapelle Borghese — pour abriter l'antique icône mariale Salus Populi Romani, « Salut du peuple romain ».[90] Consacrée en 1613, ornée de marbres, de fresques et de bronzes dorés aux armes des Borghese, elle est l'un des joyaux du baroque romain naissant. C'est là, devant la Vierge protectrice de Rome, que le pape choisira d'être inhumé.

L'Acqua Paola et le Fontanone du Janicule

Soucieux du bien commun de la ville, Paul V restaure entre 1610 et 1612 l'ancien aqueduc de Trajan pour donner de l'eau saine aux quartiers du Janicule et du Trastevere, jusque-là réduits à l'eau saumâtre ou polluée.[91] L'eau nouvelle prend son nom : l'Acqua Paola. À son débouché s'élève sur le Janicule la grande fontaine monumentale, Il Fontanone, dont les cinq arcades de marbre — en partie tirées de monuments antiques — inspireront plus tard la fontaine de Trevi.[92] Le geste est à la fois utile et politique : il inscrit le nom du pape dans la pierre et l'eau de Rome.

Le népotisme Borghese

Le cardinal-neveu Scipione Borghese

Le cardinal-neveu et la maison Borghese : anatomie du népotisme pontifical. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Quelques mois après son élection, Paul V élève au cardinalat son neveu Scipione Caffarelli-Borghese (1577-1633), fils de sa sœur Ortensia, à qui il fait porter le nom des Borghese.[93] Scipione devient le cardinal-neveu par excellence : véritable premier ministre du pontificat, surintendant de l'État pontifical, il concentre un pouvoir et une fortune immenses. Mécène fastueux, il protège Le Caravage, dont il acquiert des dizaines de toiles, et découvre le génie du jeune Gian Lorenzo Bernin ; la Villa Borghese et sa galerie, qu'il fait bâtir, restent l'un des plus grands écrins d'art de Rome.[94][95]

Une famille enrichie, un mécénat fastueux

Le népotisme de Paul V ne s'arrête pas à Scipione. Ses frères reçoivent charges et titres ; son petit-neveu Marcantonio II épouse une Orsini et acquiert principautés et terres, faisant des Borghese l'une des plus puissantes maisons de Rome.[96][97] L'historiographie voit en Paul V un cas d'école du népotisme pontifical de l'époque moderne. Le jugement doit rester équilibré : la pratique, choquante pour nous, était alors ordinaire et défendue comme un moyen de gouverner par des hommes sûrs ; et le mécénat des Borghese a légué à l'Église et à l'humanité des chefs-d'œuvre. Il n'en reste pas moins que l'enrichissement familial, sur les ressources de l'État pontifical, demeure l'ombre la plus nette de ce pontificat.

La Guerre de Trente Ans et la mort (1618-1621)

Le soutien à la Ligue catholique

Les dernières années de Paul V sont assombries par l'embrasement de l'Europe. En 1618, la défenestration de Prague ouvre la Guerre de Trente Ans, vaste affrontement entre princes catholiques et protestants. La papauté se range, par des subsides et son appui diplomatique, du côté de l'empereur Ferdinand II et de la Ligue catholique.[98] Le 8 novembre 1620, la bataille de la Montagne Blanche, près de Prague, donne aux Habsbourg catholiques une victoire éclatante sur les insurgés de Bohême — succès célébré à Rome comme un triomphe de la foi.

La Montagne Blanche et l'apoplexie

À la fin de 1620, Paul V est frappé d'une première attaque d'apoplexie.[99][100] Affaibli par une série d'attaques, il meurt au palais du Quirinal, à Rome, le 28 janvier 1621, à soixante-huit ans.[101] Il est inhumé, comme il l'avait voulu, dans la chapelle Pauline de Sainte-Marie-Majeure, devant la Salus Populi Romani. Le conclave élit en quelques jours son successeur, le cardinal Alessandro Ludovisi, qui prend le nom de Grégoire XV.[102]

Le jugement de l'histoire et de l'Église

Le pontificat de Paul V est celui d'un tournant. Avec lui s'achève l'âge où la papauté pouvait courber les États par la censure spirituelle : l'interdit de Venise sonne le glas de cette arme. Avec lui, l'Église apprend aussi la prudence doctrinale — refuser de trancher la querelle de la grâce fut une sagesse autant qu'un aveu d'impuissance. Et avec lui, enfin, s'ouvre le dossier le plus lourd pour la mémoire moderne, celui de Galilée : un acte de congrégation, non une définition infaillible, mais une erreur de fait dont l'Église fera plus tard l'examen.

Reste l'image d'un pape juriste, bâtisseur et népote, qui dota Saint-Pierre de sa façade, Rome de ses fontaines et sa famille d'une fortune princière. Ni grand mystique ni grand théologien, Camillo Borghese fut un administrateur tenace de la Contre-Réforme, défenseur intransigeant des droits de l'Église, à une époque où ces droits commençaient partout à reculer devant l'État souverain. C'est peut-être cela, sa vraie place dans l'histoire : le dernier pape de l'ancienne puissance médiévale, et l'un des premiers à devoir composer avec le monde moderne.

Chronologie

  1. 17 septembre 1552
    Naissance à Rome

    Naissance de Camillo Borghese, d'une famille noble originaire de Sienne établie à Rome.

  2. 1593
    Nonce en Espagne

    Clément VIII l'envoie comme nonce extraordinaire auprès de Philippe II d'Espagne.

  3. 1596
    Cardinal et vicaire de Rome

    Créé cardinal par Clément VIII, il devient cardinal-vicaire de Rome.

  4. 16 mai 1605
    Élection au pontificat

    Élu pape comme candidat de compromis après un conclave houleux ; couronné le 29 mai.

  5. 17 avril 1606
    Interdit de Venise

    Excommunication et interdit contre la République de Venise par le bref Superioribus mensibus.

  6. 1607
    Compromis vénitien et décret de Auxiliis

    Levée des censures sur Venise grâce à la médiation française ; clôture de la controverse de Auxiliis sans définition.

  7. 1610-1612
    Saint-Pierre, Acqua Paola, Archives

    Achèvement de la façade de Saint-Pierre par Maderno, fontaine de l'Acqua Paola, fondation des Archives apostoliques.

  8. 5 mars 1616
    Première affaire Galilée

    Décret de l'Index suspendant le De revolutionibus de Copernic ; admonestation de Galilée par Bellarmin.

  9. 8 novembre 1620
    La Montagne Blanche

    Victoire catholique en Bohême au début de la Guerre de Trente Ans, soutenue par le pape.

  10. 28 janvier 1621
    Mort à Rome

    Mort de Paul V après une apoplexie ; inhumé dans la chapelle Pauline de Sainte-Marie-Majeure.

Pour aller plus loin

Notes et sources

Notes et références

  1. Le numéro 233 suit la numérotation qui exclut Étienne, élu en 752 et mort avant son sacre — retiré de la liste pontificale à l'édition de 1961 — ; les listes qui l'incluent comptent Paul V 234ᵉ (par ex. la Wikipedia en anglais simplifié, Pope Paul V, « 234th Pope »). Même numéro 233 sur catholicsaints.info (« 233rd pope in 1605 »). Cf. Wikipedia, List of popes, note sur Étienne.

    1 2
  2. Silvano Giordano, Paolo V, papa, Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 81, Treccani, 2014 (passages naissance et mort collationnés en séance sur treccani.it). Naissance à Rome le 17 septembre 1552, premier fils de Marcantonio Borghese et de Flaminia Astalli — « Camillo Borghese nacque a Roma il 17 settembre 1552, primo figlio di Marcantonio e di Flaminia Astalli, sua seconda moglie » ; le père, Siennois présent à Rome au moins depuis 1537, avocat à succès devenu l'avocat de Charles Quint puis de Philippe II ; mort de Paul V le 28 janvier 1621 au palais du Quirinal, après une brève maladie — « Paolo V morì il 28 gennaio 1621 nel palazzo del Quirinale, dopo una breve malattia ».

    3 26 28 101
  3. Catholic Encyclopedia, Pope Paul V, vol. XI, Robert Appleton Company, New York, 1911 (en ligne sur newadvent.org). Source de référence pour la parenté revendiquée avec sainte Catherine de Sienne, la formation juridique à Pérouse et Padoue, la carrière curiale, l'interdit de Venise, l'achèvement de Saint-Pierre et la mort. Elle donne la naissance au 17 septembre 1550, date que l'historiographie récente corrige en 1552 (voir note Treccani). Texte original : « Born at Rome, 17 Sept., 1550 […] carefully trained in jurisprudence at Perugia and Padua, becoming a canonist of marked ability […] claimed St. Catherine for a relative. » Sur Venise (texte collationné en séance sur newadvent.org, notice Pope Paul V) : « he removed the censures 22 March, 1607 » ; sur l'Angleterre, voir note [^ce-lettre-jacques].

    4 12 19 27 30 32 33 34 44 46 49 56 57 58 83 84 87
  4. Encyclopædia Britannica, Paul V (pope). Retient la naissance du 17 septembre 1552, comme le Dizionario Biografico Treccani et Wikipedia, et insiste sur le népotisme Borghese et le contexte politique du pontificat.

    5 11 20 29 99
  5. Wikipedia, Venetian Interdict (consulté en juin 2026). Lois vénitiennes de 1604-1605, bref d'excommunication et d'interdit du 17 avril 1606, médiation française et levée des censures au printemps 1607 ; l'article présente l'interdit de 1606-1607 comme le dernier exemple d'interdit papal appliqué à un territoire étendu, des interdits locaux ayant encore été prononcés ensuite.

    6 14 15 43 45 55 60
  6. Catholic Encyclopedia, Congregatio de Auxiliis, vol. IV, New York, 1908 (texte collationné en séance sur newadvent.org). Histoire de la controverse sur la grâce de 1598 à 1607 : soixante-huit sessions (1602-1605) puis dix-sept débats sous Paul V — « after twenty years of discussion public and private, and eighty-five conferences in the presence of the popes, the question was not solved but an end was put to the dispute » ; projet de bulle contre Molina non promulgué, décret final de Paul V autorisant les deux écoles et interdisant les censures mutuelles. Voir aussi Catholic Encyclopedia, Controversies on Grace : Paul V, au conseil de saint François de Sales, « permitted both systems ».

    7 23 61 63 64 65 66 67
  7. Décret de la Sacrée Congrégation de l'Index, 5 mars 1616, mettant le De revolutionibus orbium caelestium de Nicolas Copernic à l'Index « donec corrigatur ». Texte et contexte d'après inters.org (« Decree against Copernicanism, 1616 ») et les documents de 1616 réunis par D. Allchin. Verdict des qualificateurs du Saint-Office, 24 février 1616. Texte original (extrait) : « falsam illam doctrinam Pythagoricam, divinaeque Scripturae omnino adversantem, de mobilitate terrae et immobilitate solis. »

    8 16 24 69 71 73 74
  8. St. Peter's Basilica, notices architecturales (VisitVaticanCity, Wikipedia) et Encyclopædia Britannica, Carlo Maderno. Allongement de la nef en croix latine et façade (1607-1612). Inscription latine de la façade, vérifiée en séance sur relevés concordants — Web Gallery of Art (St. Peter's: Façade by Maderno), Wikipedia (Saint Peter's Basilica), sacred-destinations.com — : « IN HONOREM PRINCIPIS APOST PAVLVS V BVRGHESIVS ROMANVS PONT MAX AN MDCXII PONT VII. » La traduction française du corps suit le rendu anglais de la Web Gallery of Art : « (In honour of the Prince of Apostles, Paul V Borghese, a Roman, Supreme Pontiff, in the year 1612, the seventh of his pontificate) ».

    9 88 89
  9. Wikipedia, Scipione Borghese (consulté en juin 2026). Neveu de Paul V par sa sœur Ortensia, créé cardinal en 1605, cardinal-neveu tout-puissant, mécène du Caravage et du Bernin, bâtisseur de la Villa Borghese.

    10 93 94
  10. Catholic Encyclopedia, Pope Innocent III, vol. VIII, New York, 1910 (en ligne sur newadvent.org) : « He received his early education at Rome, studied theology at Paris, jurisprudence at Bologna, and became a learned theologian and one of the greatest jurists of his time. » Innocent III était donc lui aussi juriste : l'opposition du corps de l'article ne porte que sur le style de gouvernement, non sur la formation.

    13
  11. Cardinal Robert Bellarmin, attestation manuscrite remise à Galilée, 26 mai 1616 (texte sur l'UMKC Law, Famous Trials — Galileo). Texte original anglais (traduction du document) : « …the doctrine attributed to Copernicus, that the Earth moves around the Sun, and that the Sun is stationary in the centre of the world and does not move from east to west, is contrary to the Holy Scriptures and therefore cannot be defended or held. »

    17 25 75
  12. Voir l'article Ignispedia L'Église est-elle contre la science ? pour le dossier complet de l'affaire Galilée, la distinction entre décret de congrégation et magistère infaillible, le procès de 1633 et la relecture moderne par l'Église.

    18 76 77
  13. Wikipedia, Paolo Sarpi (consulté en juin 2026). Servite, consulteur de Venise (janvier 1606), auteur des Considerazioni sopra le censure (mises à l'Index en septembre 1606), excommunié en 1607, victime de l'attentat du 5 octobre 1607. La Britannica de 1911 (Sarpi, Paolo) rapporte le mot adressé au chirurgien sous la forme « Agnosco stylum Curiae Romanae » ; les notices modernes donnent la variante « Agnosco stylum Romanae Curiae ». La forme latine exacte n'étant pas établie par les sources primaires consultées, le corps de l'article s'en tient au mot français attribué (« Je reconnais le style — et le stylet — de la Curie romaine »).

    21 48 51
  14. Sylvio Hermann De Franceschi, « Raison d'État et raison d'Église. La France et l'Interdit vénitien (1606-1607) », Chrétiens et sociétés, revue en ligne (OpenEdition). Analyse du conflit, du rôle de Paolo Sarpi et de la médiation d'Henri IV par le cardinal de Joyeuse.

    22 47 50 52
  15. Encyclopedia.com, Paul V, d'après le New Catholic Encyclopedia. Détaille la nonciature extraordinaire en Espagne (1593) auprès de Philippe II.

    31
  16. Wikipedia, May 1605 papal conclave (consulté en juin 2026). Déroulé du conclave : factions Aldobrandini et Montalto, candidatures de Baronius et Bellarmin, rixe et blessure du cardinal Visconti, élection de Borghese comme candidat de compromis acceptable par toutes les factions.

    35 37 38 40
  17. Catholic Encyclopedia, Pope Leo XI, vol. IX, New York, 1910. Pontificat de vingt-six jours (1ᵉʳ-27 avril 1605), maladie contractée lors de la prise de possession du Latran.

    36
  18. Frederic J. Baumgartner, historien des élections pontificales, auteur de Behind Locked Doors: A History of the Papal Elections (Palgrave Macmillan, 2003). L'appréciation d'unicité est rendue ici en paraphrase de son propos tel que rapporté par la presse (ABC News, The conclave so heated it erupted in a fist fight) : il y voit le seul cas connu de violence faisant un blessé dans un conclave. La page exacte de l'ouvrage n'ayant pu être collationnée, aucune citation littérale n'est reprise. Le déroulé (rixe, blessure du cardinal Visconti) est concordamment rapporté par Wikipedia, May 1605 conclave.

    39
  19. Walks in Rome, « May 16th, 1605 — Election of Pope Paul V ». Confirme la date d'élection du 16 mai 1605.

    41
  20. Wikipedia, Pope Paul V (consulté en juin 2026). Données convergentes sur le couronnement (29 mai 1605), les canonisations et béatifications, le successeur Grégoire XV et les circonstances de la mort.

    42 85 86 100 102
  21. The Expulsion and Return of the Jesuits to Venice, 1606-57 (Institute of Jesuit Sources). Expulsion des jésuites, capucins et théatins en mai 1606 ; réadmission des jésuites en 1656-1657.

    53 54
  22. La date du 21 avril 1607 est donnée par plusieurs récits indépendants : The Expulsion and Return of the Jesuits to Venice, 1606-57 (Institute of Jesuit Sources) — « On April 21, 1607, the papacy and Venice signed a peace treaty » ; Seattle Catholic, The Venetian Interdict of 1606-1607 (« negotiated a settlement (April 21, 1607) ») ; la biographie contemporaine de William Bedell — « On the 21st of April, 1607, prisoners were given up to de Joyeuse [...] the Interdict was declared to be removed ». La formule de la Catholic Encyclopedia sur la levée au 22 mars 1607 (« he removed the censures 22 March, 1607 », voir note [^ce-paul-v]) n'est pas reprise par ces récits.

    59
  23. Luis de Molina, Concordia liberi arbitrii cum gratiae donis, divina praescientia, providentia, praedestinatione et reprobatione, Lisbonne, 1588. Œuvre fondatrice du molinisme et de la doctrine de la scientia media. Voir aussi Catholic Encyclopedia, Luis de Molina, vol. X, New York, 1911.

    62
  24. De Auxiliis Controversy, notice de l'encyclopédie en ligne Conimbricenses.org. Précise la portée du décret de 1607 et les prohibitions de publication ultérieures sur la grâce.

    68
  25. Wikipedia, Galileo affair (consulté en juin 2026). Dénonciations de Lorini et Caccini (1615), procédure de 1616 et distinction avec le procès de 1633.

    70
  26. Vatican Observatory, « Heliocentrism Condemned 400 Years Ago ». Reproduit le verdict des qualificateurs du 24 février 1616 : héliocentrisme jugé « foolish and absurd in philosophy, and formally heretical ».

    72
  27. Wikipedia, Oath of Allegiance of James I of England (consulté en juin 2026). Serment imposé après la Conspiration des Poudres (1605) et condamné par Paul V dans des brefs de 1606 et 1607 comme « contenant beaucoup de choses manifestement contraires à la foi et au salut ».

    78
  28. Catholic Encyclopedia, Pope Paul V, paragraphe sur l'Angleterre (texte collationné en séance sur newadvent.org) : résumé de la lettre du 9 juillet 1606 à Jacques Iᵉʳ. Texte original : « On 9 July, 1606, he wrote a friendly letter to James I of England […] He promises to exhort all the Catholics of the realm to be submissive and loyal to their sovereign in all things not opposed to the honour of God. » Il s'agit du résumé rédigé par l'Encyclopédie, non d'une citation littérale du bref : le corps de l'article le présente donc comme une paraphrase non vérifiée sur le texte du bref. La même notice date de « 22 Sept., 1606, and 23 Aug., 1607 » les deux brefs de condamnation du serment.

    79
  29. Bref Romanae Sedis Antistes du 27 juin 1615, obtenu par Nicolas Trigault. Les deux concessions sont documentées sous ce même nom de bref : Thierry Meynard, Archivum Historicum Societatis Iesu, vol. XC, fasc. 179 (2021-I) — « On 27 June 1615, with the Brief Romanae Sedis Antistes, Pope Paul V authorized the missionaries in China to wear a hat, later called jijin 祭巾 in Chinese, during holy services » ; Joseph Jennes, « A propos de la liturgie chinoise : Le Bref Romanae Sedis Antistes de Paul V (1615) », Neue Zeitschrift für Missionswissenschaft 2 (1946), pp. 241-254, pour le volet liturgique. En revanche, Paul V « décida qu'il était trop tôt pour ordonner des prêtres chinois » — « he decided it was too early to ordain Chinese priests » (Hong Kong Journal of Catholic Studies n° 14, 2023, p. 194, texte vérifié en séance) : le « privilège de Paul V » (« Paul V's privilege »), de toute façon peu appliqué (« was not put into practice », ibid.), ne couvre que le chinois liturgique et les adaptations autorisées. Voir aussi Wikipedia, Chinese Rites controversy.

    80 81
  30. Archivio Apostolico Vaticano, site officiel, et Wikipedia, Vatican Apostolic Archive. Réunion des registres pontificaux et fondation des Archives apostoliques par Paul V vers 1610-1612 (premier archiviste nommé en 1612) ; le terme secretum signifie « réservé » au pape.

    82
  31. Press.vatican.va, Cappella Borghese de Sainte-Marie-Majeure, et Wikipedia, Salus Populi Romani. Chapelle Pauline élevée par Flaminio Ponzio (1605-1611), consacrée en 1613, abritant l'icône Salus Populi Romani ; chapelle funéraire de Paul V.

    90
  32. Wikipedia, Fontana dell'Acqua Paola, et The Paideia Institute. Restauration de l'aqueduc de Trajan (1610-1612), fontaine monumentale du Janicule (Il Fontanone) par Giovanni Fontana et Flaminio Ponzio, marbres en partie tirés de monuments antiques.

    91 92
  33. Wikipedia, Galleria Borghese. Villa et galerie Borghese, écrin de la collection d'art réunie par le cardinal Scipione Borghese.

    95
  34. Encyclopædia Britannica, Borghese family. Origine siennoise de la famille, ascension à Rome, enrichissement et élévation sous Paul V.

    96
  35. Wikipedia, House of Borghese. Alliances (mariage avec les Orsini), principautés et fortune de la maison Borghese aux XVIIᵉ-XVIIIᵉ siècles.

    97
  36. Encyclopædia Britannica, Battle of White Mountain, et Wikipedia, Thirty Years' War. Défenestration de Prague (1618), soutien pontifical à l'empereur Ferdinand II et à la Ligue catholique, victoire de la Montagne Blanche le 8 novembre 1620.

    98