L'Église est-elle contre la science ?

Le mythe du conflit entre Église catholique et science naît au XIXe siècle. Universités médiévales, Galilée, Mendel, Lemaître et Vatican II montrent une histoire plus complexe : tensions réelles, mais aucune hostilité doctrinale aux sciences.

Ignispedia

Dire que l'Église est contre la science paraît évident si l'on ne retient que le nom de Galilée. Mais ce procès de 1633, aussi réel que soit la faute qu'il représente, recouvre une histoire bien différente de la légende. L'Église catholique a fondé les premières universités d'Europe, financé l'astronomie pendant six siècles, compté parmi ses prêtres et moines plusieurs des pères fondateurs de la génétique, de la géologie, de la microbiologie et de la cosmologie moderne.

Le mythe d'une guerre permanente entre foi catholique et science est une construction récente — une thèse du XIXe siècle, forgée par deux auteurs anglo-américains de culture protestante, à charge documentée contre le catholicisme, à des fins polémiques précises[1], et réfutée depuis les années 1970 par l'historiographie académique sérieuse. Les grands historiens de la science — David Lindberg, Ronald Numbers, Peter Harrison — ont montré en détail que la relation entre l'Église et la science était bien trop complexe, féconde et nuancée pour être résumée par l'image simpliste du conflit.

La vraie question n'est pas : "L'Église a-t-elle fait obstacle à la science ?" Elle a parfois commis de vraies erreurs — Galilée suffit à l'admettre. La question est : "L'Église est-elle structurellement, doctrinalement anti-science ?" La réponse de l'histoire, de la théologie et de la philosophie est non. Mieux : la tradition catholique a fourni plusieurs des conditions intellectuelles qui ont rendu possible la naissance de la science moderne — l'intelligibilité du monde, la valeur de la raison, l'autonomie des causes secondes.

Ce qui oppose l'Église aujourd'hui, ce n'est pas la biologie, la physique ou l'astronomie. C'est le scientisme — la thèse philosophique selon laquelle seules les sciences expérimentales donneraient une connaissance vraie du réel. Cette thèse n'est pas scientifique : elle est philosophique, et une philosophie auto-réfutante.

Le mythe du conflit : une thèse du XIXe siècle

L'invention d'un récit : Draper et White

La représentation de l'Église comme ennemie de la science ne naît pas de l'Antiquité ni du Moyen Âge : elle est inventée au XIXe siècle par deux auteurs anglo-américains — un Britannique établi aux États-Unis et un Américain —, dans deux contextes polémiques précis.

Infographie originale Ignispedia — du récit polémique de 1874-1896 à l'histoire documentée depuis 1986. Créée par IA.

John William Draper (1811-1882), chimiste et historien britannique établi aux États-Unis, publie en 1874 History of the Conflict Between Religion and Science[2]. L'ouvrage paraît au lendemain du Concile Vatican I (1870) et de la définition du dogme de l'infaillibilité pontificale. Draper, hostile au catholicisme, présente toute l'histoire de la civilisation occidentale comme une guerre permanente entre la raison libre et la superstition cléricale. Son angle est délibérément anticatholique : il épargne relativement le protestantisme.

Andrew Dickson White (1832-1918), cofondateur de l'Université Cornell, prononce d'abord la conférence « The Battle-Fields of Science » (décembre 1869, Cooper Union de New York), publie The Warfare of Science en 1876, puis développe l'argument en deux volumes dans A History of the Warfare of Science with Theology in Christendom (1896)[3]. White affronte des critiques religieuses qui l'accusent de vouloir fonder une université sans enseignement théologique. Sa "thèse du conflit" lui sert de justification institutionnelle.

« L'histoire de la science n'est pas un simple enregistrement de découvertes isolées ; c'est le récit du conflit entre deux puissances adverses, la force expansive de l'intellect humain d'un côté, et la compression née de la foi traditionnelle et des intérêts humains de l'autre. » — John William Draper, History of the Conflict Between Religion and Science, D. Appleton & Co., New York, 1874, préface[4]

Ces deux ouvrages ont une qualité rhétorique réelle et une apparence d'érudition impressionnante. Ils ont profondément marqué la vulgarisation pendant plus d'un siècle. Leurs thèses sont pourtant démontées par les historiens depuis les années 1970.

La déconstruction par l'historiographie moderne

David C. Lindberg et Ronald L. Numbers coordonnent en 1986 God and Nature: Historical Essays on the Encounter Between Christianity and Science, publié par l'University of California Press[5]. La conclusion de ces essais, rédigés par des spécialistes de différentes périodes, est sans ambiguïté : la relation entre science et christianisme "était bien trop complexe et riche pour être résumée par la formule simpliste du conflit".

Ronald Numbers édite en 2009 Galileo Goes to Jail and Other Myths about Science and Religion, Harvard University Press — 25 chapitres réfutant 25 mythes spécifiques[6]. Parmi les légendes démontées : "l'Église interdisait les autopsies au Moyen Âge" (faux), "le christianisme a détruit la science grecque" (faux), "l'Église médiévale a supprimé les sciences naturelles" (faux), "Galilée a été emprisonné dans un cachot et torturé" (faux).

« Ce n'est que dans les trente dernières années du XXe siècle que les historiens des sciences ont mené une attaque soutenue contre cette thèse, et ce n'est que progressivement qu'un public plus large a commencé à en reconnaître les failles. » — Colin A. Russell, « The Conflict of Science and Religion », dans Gary B. Ferngren (dir.), Science and Religion: A Historical Introduction, Johns Hopkins University Press, Baltimore, 2002[7]

Peter Harrison, dans The Territories of Science and Religion (University of Chicago Press, 2015)[8], démontre quelque chose de plus fondamental : les concepts mêmes de "science" et de "religion" tels que nous les entendons aujourd'hui sont des constructions du XIXe siècle. En projetant ces catégories anachroniques sur le Moyen Âge et la Renaissance, Draper et White créaient une opposition qui n'existait pas comme telle pour les acteurs historiques.

Lawrence Principe, chimiste et historien des sciences à Johns Hopkins, estime que l'Église catholique fut probablement le mécène de la science le plus important et le plus durable de toute l'histoire[9]. John Heilbron, de l'Université de Berkeley, établit dans son étude sur les cathédrales utilisées comme observatoires solaires que l'Église catholique apporta à l'astronomie, pendant plus de six siècles, un soutien financier et social supérieur à celui de toute autre institution[10].

Mythe propagé par Draper-WhiteRéalité historique documentée
L'Église a cru que la Terre était plateAucun érudit chrétien médiéval sérieux ne niait la sphéricité de la Terre[11]
L'Église a interdit les dissections et autopsiesLes universités médiévales pratiquaient les dissections avec l'aval des autorités ecclésiastiques[12]
L'Église a supprimé la science grecqueLes moines irlandais et les copistes latins ont transmis et enrichi ce corpus[13]
Galilée a été torturé et emprisonnéRésidence surveillée en villa aristocratique, aucune torture avérée[14]
Giordano Bruno était un martyr de la scienceCondamné pour positions théologiques (pluralité des mondes éternels, nier la Trinité), pas pour ses thèses scientifiques[15]

Pourquoi le mythe persiste

Le mythe du conflit est commode pour deux camps symétriques : les scientistes qui veulent opposer science et foi, et certains religieux conservateurs qui dénoncent la science comme orgueil humain. Il caricature les deux parties — une science héroïque martyre, une religion obscurantiste — et profite à ceux qui veulent réduire les questions de sens à une guerre de territoire.

L'historiographie sérieuse rompt avec cette double caricature. L'histoire réelle est plus intéressante : une alliance féconde, traversée de tensions réelles, mais foncièrement différente du conflit de civilisations que Draper et White inventaient.


L'Église, fondatrice des universités médiévales

Les premières universités : des fondations ecclésiales

Laurentius de Voltolina, scène d'enseignement universitaire, XIVe siècle. Wikimedia Commons.

Les premières universités européennes naissent dans un contexte chrétien, et souvent grâce à des bulles papales qui leur confèrent leur statut juridique et leur autonomie.

Bologne (1088) se développe autour des études de droit romain — la redécouverte des textes de Justinien génère un besoin urgent de maîtres compétents. L'Authentica Habita de l'empereur Frédéric Barberousse (1158) lui accorde des privilèges, mais les premières décennies d'enseignement organisé se font dans le contexte des écoles cathédrales préexistantes[16].

Paris reçoit sa première charte royale de Philippe Auguste (15 janvier 1200), mais c'est la bulle Parens Scientiarum du pape Grégoire IX (1231) qui consacre son autonomie et lui vaut le surnom de "Magna Carta des universités"[17]. En août 1215, le cardinal légat Robert de Courson, au nom d'Innocent III, avait déjà organisé officiellement les études par une charte détaillée.

Oxford (depuis le XIIe siècle) et Cambridge (1209) se développent dans un cadre similaire. Padoue (1222), fondée par des professeurs et étudiants de Bologne cherchant l'indépendance, étend dès les années 1260 son enseignement à la médecine et à la philosophie naturelle. Toulouse (1229) naît dans le traité de Paris mettant fin à la croisade albigeoise : le comte Raymond VII devait financer 14 professeurs en quatre facultés, dont la théologie[18].

Le rapport de l'Encyclopédie Universalis est net : "C'est à l'appui pontifical que les universités doivent d'avoir gagné leur indépendance"[19]. Le chancelier de Notre-Dame de Paris délivrait dès 1179 la licentia docendi — l'autorisation d'enseigner — et les légats pontificaux jouaient un rôle déterminant dans la structuration de ces institutions.

Ce que ces universités enseignaient

Infographie originale Ignispedia — les fondations juridiques de l'université médiévale et sa culture du débat rationnel. Créée par IA.

Environ 30 % des programmes universitaires médiévaux couvraient des sujets relatifs au monde naturel[20] : logique, arithmétique, géométrie, astronomie (les sept arts libéraux), puis philosophie naturelle, médecine. Des débats intenses sur Aristote, l'optique, le mouvement, les mathématiques et la cosmologie y formaient des générations d'esprits. Ce n'est pas seulement une transmission — c'est une culture de la dispute rationnelle, des distinctions précises, de la preuve.

Contre une opinion trop largement répandue, l'enthousiasme des intellectuels du Moyen Âge pour la raison est bien documenté[21].

Cette liberté intellectuelle avait des limites, mais elles restaient étroites en pratique. L'historien William J. Courtenay relève qu'entre le XIIIe et le XVe siècle, l'université reconnaissait des travaux menés par des penseurs aux croyances différentes, exposait loyalement les positions adverses avant de les discuter, et laissait aux maîtres en théologie une autorité sur le contenu des cours souvent supérieure à celle des évêques ou du pape eux-mêmes[22]. Sur l'ensemble du Moyen Âge, Lütz recense environ cinquante tentatives de procès pour hérésie intentées contre des professeurs — « la plupart n'ayant d'ailleurs abouti à rien »[23]. Cinquante procédures en trois siècles, dans toute l'Europe universitaire, pour des dizaines de milliers de maîtres et d'étudiants : le chiffre dit l'exception, pas la règle.

L'Académie pontificale des sciences (1603)

L'Accademia dei Lincei (Académie des Lynx — l'animal symbolisant la vision acérée) est fondée le 17 août 1603 par le prince Federico Cesi[24]. C'est la première académie scientifique d'Europe — antérieure à la Royal Society de Londres (1660) et à l'Académie royale des Sciences de Paris (1666). Galilée en devient le 6e membre en 1611.

Après des vicissitudes, Pie IX la restaure en 1847 (Pontificia Accademia dei Nuovi Lincei). C'est Pie XI qui lui donne sa forme actuelle par le motu proprio In multis solaciis (28 octobre 1936)[25] : 80 académiciens internationaux, élus sur mérite scientifique, quelle que soit leur confession religieuse — l'effectif d'origine comptait 80 académiciens dont 70 nommés à vie, nombre porté à 80 membres à vie par Jean-Paul II en 1986[26]. Dès 1937, parmi les premiers membres figurent des Prix Nobel et des savants non-catholiques — mathématiciens orthodoxes, luthériens, et le mathématicien juif Tullio Levi-Civita, nommé en 1936, deux ans avant les lois raciales fascistes de 1938[27].

« À vous, nobles champions des arts et disciplines de l'humain, l'Église reconnaît la juste liberté de la méthode et de la recherche. » — Pie XII, discours à la session plénière de l'Académie pontificale des sciences, 3 décembre 1939 (traduction Ignispedia d'après le texte italien officiel : « la giusta libertà del metodo e dell'indagine »)[28]

Le président actuel (depuis 2017) est Joachim von Braun, économiste et agronome allemand, luthérien. Cette institution, siégeant dans la Casina Pio IV au cœur des jardins du Vatican, réfute par son existence même la thèse d'une Rome structurellement ennemie de la recherche scientifique.


Des savants catholiques à la naissance de la science moderne

Infographie originale Ignispedia — six savants catholiques, des cloîtres aux laboratoires. Créée par IA.

Ces noms ne sont pas des exceptions décoratives ajoutées après coup à une histoire supposément étrangère à l'Église. Ils appartiennent à la trame même de la science occidentale : universités, ordres religieux, observatoires, monastères, académies et réseaux savants ont souvent servi de lieux concrets à la recherche.

Roger Bacon et la méthode expérimentale

Roger Bacon (v. 1214/1220-1292) entre dans l'Ordre franciscain vers 1256. En réponse à un mandat du pape Clément IV (22 juin 1266), il rédige son Opus Maius, Opus Minus et Opus Tertium — trois traités envoyés directement au pape vers 1267-1268[29]. L'Opus Maius en sept parties couvre l'optique, les mathématiques, la philosophie naturelle et la science expérimentale. Sa formule fondatrice est restée célèbre :

« Sans expérience, rien ne peut être connu de manière adéquate. » — Roger Bacon, O.F.M., Opus Maius, pars VI (De Scientia Experimentali), vers 1267-1268[30]

Bacon est l'un des pères de la méthode expérimentale — et c'est un franciscain écrivant pour un pape.

Albertus Magnus et l'étude de la nature

Albertus Magnus (v. 1200-1280), dominicain et évêque, est canonisé en 1931 par Pie XI, qui le déclare Docteur de l'Église. Il est déclaré en 1941 patron des scientifiques des sciences naturelles[31]. Son corpus de plus de 40 ouvrages inclut des commentaires détaillés d'Aristote et des traités originaux sur la botanique, la minéralogie, la zoologie, l'astronomie, la météorologie et la chimie. Il "établit l'étude de la nature comme une science légitime dans la tradition chrétienne"[32].

Nicolas Copernic, chanoine

Nicolas Copernic (1473-1543) exerce comme chanoine à Frauenburg (Frombork, Pologne). Son manuscrit De revolutionibus orbium coelestium est achevé vers 1530. En 1533, son hypothèse héliocentrique est déjà connue jusqu'au pape Clément VII — qui l'écoute avec intérêt[33]. C'est le cardinal Schönberg et l'évêque Giese qui pressent Copernic de publier. Il dédie l'ouvrage au pape Paul III. Copernic ne fut jamais inquiété de son vivant[34]. L'ouvrage ne sera mis à l'Index que 73 ans après sa mort, en mars 1616 — comme mesure indirecte contre Galilée qui mêlait héliocentrisme et exégèse biblique. Les interdits seront levés en trois temps : en 1741, Benoît XIV fait accorder l'imprimatur à la première édition des œuvres complètes de Galilée, y compris une version expurgée du Dialogue ; en 1757, l'interdiction générale des ouvrages héliocentristes est retirée de l'Index (édition de 1758), seuls les titres nommément condamnés y demeurant ; en 1835, ces derniers titres sont à leur tour retirés de l'Index imprimé.

Frontispice de De revolutionibus orbium coelestium (Nuremberg, Johann Petreius, 1543). Wikimedia Commons.

Le frontispice de 1543 rappelle un fait souvent oublié : le livre fondateur de l'héliocentrisme moderne paraît avec une dédicace au pape Paul III, non comme un manifeste antichrétien.

Nicolas Steno, évêque fondateur de la géologie

Nicolas Steno (Niels Stensen, 1638-1686) est né luthérien à Copenhague. Il se convertit au catholicisme à Florence en 1667 après des études comparées. Ses Prodromus (1669), préface d'une dissertation sur la Toscane, établissent trois grands principes qui fondent encore la stratigraphie moderne[35] : le principe de superposition (les couches supérieures sont plus récentes), le principe d'horizontalité originelle, et le principe de continuité latérale des couches. Il est considéré comme le fondateur de la géologie et l'un des pères de la paléontologie. Ordonné prêtre en 1675, il devient évêque et vicaire apostolique pour l'Europe du Nord en 1677. Jean-Paul II le béatifie le 23 octobre 1988[36].

Gregor Mendel, moine et père de la génétique

Gregor Mendel, moine augustin et père de la génétique. Wikimedia Commons.

Gregor Mendel (1822-1884) reçoit le nom "Gregor" en entrant à l'Ordre de Saint-Augustin au monastère Saint-Thomas de Brno (Moravie). Il en devient abbé. Entre 1856 et 1863, ses expériences sur des milliers de plants de petits pois dans le jardin du monastère établissent les lois de l'hérédité. Il publie ses travaux en 1866 : Versuche über Pflanzenhybriden (Expériences sur les hybrides végétaux)[37]. L'importance de ses travaux n'est reconnue qu'en 1900, lorsque Hugo de Vries, Carl Correns et Erich von Tschermak les redécouvrent indépendamment. L'abbé augustin qui travaillait dans un jardin de monastère est le fondateur de la génétique.

Les jésuites et l'astronomie : 35 cratères lunaires

La Compagnie de Jésus (fondée en 1540) intègre très tôt les sciences dans ses Ratio Studiorum (plan d'études). Christopher Clavius (1538-1612), jésuite, est l'architecte principal de la réforme du calendrier grégorien (1582)[38]. Giovanni Riccioli (1598-1671) établit la nomenclature de la face visible de la Lune encore utilisée aujourd'hui[39]. Roger Boscovich (1711-1787), jésuite croate, formule une théorie des forces atomiques qui anticipera la physique moderne. Le jésuite Joseph MacDonnell recense 35 cratères lunaires portant le nom de savants jésuites[40] — un record sans équivalent pour aucune autre institution religieuse ou laïque.

L'abbé Spallanzani et la microbiologie

Lazzaro Spallanzani (1729-1799), ordonné prêtre en 1762, surnommé "l'Abbé Spallanzani", réfute la génération spontanée par des expériences sur des bouillons stérilisés — anticipant Louis Pasteur d'un siècle[41]. Il démontre que la fécondation requiert le contact matériel entre spermatozoïde et ovule, et étudie l'écholocation des chauves-souris.

L'abbé Breuil, pape de la Préhistoire

Henri Breuil (1877-1961), ordonné prêtre en juin 1900 au séminaire Saint-Sulpice, est surnommé "le pape de la Préhistoire"[42]. Spécialiste de l'art pariétal préhistorique (Lascaux, Altamira), il obtient en 1929 une chaire de Préhistoire au Collège de France, qu'il occupe jusqu'en 1947.


Galilée : une vraie faute, une légende grossie

Chronologie précise des faits

DateÉvénement
Printemps 1543De revolutionibus sort des presses de Petreius à Nuremberg (ouvrage dédié au pape Paul III) ; Copernic meurt le 24 mai 1543
1610Galilée publie le Sidereus Nuncius ; devient membre de l'Académie des Lincei en 1611
24 février 1616Les consulteurs du Saint-Office qualifient l'héliocentrisme de « philosophiquement absurde » et d'hérétique
Février 1616Le cardinal Bellarmin notifie à Galilée l'interdiction de "tenir, défendre ou enseigner" l'héliocentrisme
5 mars 1616La Congrégation de l'Index déclare la doctrine héliocentrique « fausse et tout à fait contraire à l'Écriture » (sans le mot « hérétique »)
22 février 1632Publication du Dialogo sopra i due massimi sistemi del mondo (Florence, avec l'imprimatur de Niccolò Riccardi, Maître du Sacré Palais, puis la licence de l'inquisiteur de Florence)
12 avril – 22 juin 1633Quatre interrogatoires devant le Saint-Office ; le 22 juin 1633, Galilée est déclaré véhémentement suspect d'hérésie pour avoir tenu l'héliocentrisme
1633-1642Résidence surveillée : Villa Médicis à Rome, puis Sienne chez l'archevêque Piccolomini, puis la villa louée d'Arcetri (Il Gioiello, bail de septembre 1631) ; Galilée y achève ses Discorsi (1638)
8 janvier 1642Mort de Galilée à Arcetri
1741Benoît XIV autorise les œuvres complètes de Galilée, Dialogue expurgé inclus
1757L'interdit général des livres héliocentristes est retiré de l'Index (éd. 1758) ; les titres nommés y restent
1835Les derniers titres (De Revolutionibus, Dialogue, Kepler) retirés de l'Index : fin de toute opposition officielle
31 octobre 1992Jean-Paul II reconnaît l'erreur des théologiens devant l'Académie pontificale des sciences

Les vraies raisons de la condamnation

Le procès de Galilée (1633) est souvent compris comme une condamnation de l'héliocentrisme par une Église irrationnelle. La réalité est plus précise et plus nuancée.

Premier facteur — juridique : Galilée avait reçu en 1616 l'injonction formelle du cardinal Bellarmin de ne pas "tenir, défendre ou enseigner" l'héliocentrisme. Son Dialogue des deux grands systèmes du monde (1632) viole cette injonction clairement, en présentant l'héliocentrisme comme "le meilleur des deux systèmes" derrière un voile de neutralité fictive[43].

Deuxième facteur — personnel et politique : Galilée bénéficiait depuis 1624 de la protection du pape Urbain VIII (Maffeo Barberini), ami personnel et admirateur. Le Dialogue ridiculise ouvertement la position géocentrique à travers le personnage de Simplicio — personnage que la cour pontificale identifie avec Urbain VIII lui-même. Le pape se sent trahi et trompé[44].

Troisième facteur — herméneutique : Galilée tentait non seulement de défendre l'héliocentrisme comme hypothèse scientifique, mais de réinterpréter l'Écriture Sainte pour la rendre compatible avec le système copernicien. Dans le contexte de la Contre-Réforme, toucher à l'interprétation des Écritures sans autorité théologique était un terrain miné.

Quatrième facteur — épistémique : En 1633, Galilée ne disposait pas encore des preuves physiques décisives de l'héliocentrisme. La parallaxe stellaire — preuve directe du mouvement terrestre — ne sera observée qu'en 1838 par Friedrich Wilhelm Bessel. L'argument des marées, que Galilée avançait, était en réalité erroné[45].

La légende vs la réalité

Plusieurs éléments de la légende populaire sont historiquement faux :

  • Galilée n'a pas été torturé. Il a été soumis à la menace de torture (procédure juridique standard de l'époque), mais cette menace n'a pas été exécutée[46].
  • Galilée n'a pas été emprisonné dans un cachot. Pendant les interrogatoires, il résida dans un appartement luxueux du palais de l'ambassade de Toscane à Rome (Villa Médicis). Sa résidence surveillée définitive se déroula dans sa villa louée d'Arcetri (Il Gioiello, louée depuis septembre 1631), où il put continuer ses travaux et recevoir des visiteurs — dont le jeune Milton en 1638[47].
  • "E pur si muove" (Et pourtant, elle tourne) est une légende. Cette phrase, attribuée à Galilée après son abjuration, n'est mentionnée dans aucune source contemporaine du procès et n'apparaît qu'au XVIIIe siècle, en 1757 dans un ouvrage de Giuseppe Baretti[48].
Infographie originale Ignispedia — la chronologie du dossier Galilée, des faits établis face à la légende. Créée par IA.

Comme l'établit l'étude classique d'Arthur Koestler sur la révolution astronomique, dont Manfred Lütz reprend ici la synthèse, l'Inquisition ne tortura pas Galilée, qui ne croupit dans aucun cachot, ne prononça jamais le fameux « et pourtant elle tourne » et ne fut pas davantage un martyr de la science[49].

Galilée lui-même avait anticipé la réponse catholique correcte au conflit apparent entre Écriture et science :

« Si l'Écriture ne peut errer, certains de ses interprètes et commentateurs le peuvent et de plusieurs façons. » — Galileo Galilei, Lettera a Benedetto Castelli (1613), cité par Jean-Paul II, Discours à l'Académie pontificale des sciences, 31 octobre 1992[50]

La reconnaissance de Jean-Paul II (1992)

Le 31 octobre 1992, au terme de onze années de travaux de la commission d'étude constituée le 3 juillet 1981, dont le cardinal Paul Poupard coordonna la phase conclusive, Jean-Paul II reconnaît formellement l'erreur devant l'Académie pontificale des sciences :

« La majorité des théologiens ne percevaient pas la distinction formelle entre l'Écriture sainte et son interprétation, ce qui les conduisit à transposer indûment dans le domaine de la doctrine de la foi une question de fait relevant de l'investigation scientifique. » — Jean-Paul II, Discours à l'Académie pontificale des sciences, 31 octobre 1992, § 9[51]

« L'erreur des théologiens d'alors, quand ils soutenaient la centralité de la terre, fut de penser que notre connaissance de la structure du monde physique était, d'une certaine manière, imposée par le sens littéral de l'Écriture Sainte. » — Jean-Paul II, Discours à l'Académie pontificale des sciences, 31 octobre 1992, § 12[52]

Cette reconnaissance est significative parce qu'elle identifie l'erreur précise : non pas un conflit intrinsèque entre science et foi, mais une confusion méthodologique — des théologiens qui avaient mélangé l'interprétation de l'Écriture avec une question d'astronomie qui leur échappait.


La chasse aux sorcières : une autre légende noire

Page de titre d'une édition du Malleus Maleficarum (Cologne, 1520). Le traité, rédigé en 1487 par le dominicain Heinrich Kramer, se prévaut d'une lettre d'approbation de la faculté de théologie de Cologne dont l'authenticité est débattue entre historiens. Wikimedia Commons.

Le procès de Galilée n'est pas la seule accusation qui pèse sur l'Église dans l'imaginaire collectif. La chasse aux sorcières des XVe-XVIIe siècles fonctionne souvent comme un second exemple censé prouver l'hostilité de « l'Église » à toute pensée rationnelle. L'historiographie récente — synthétisée notamment par l'historien allemand Wolfgang Behringer, spécialiste de référence du sujet — dessine un tableau beaucoup plus complexe, où responsabilité populaire, justice séculière et institutions ecclésiastiques ne se confondent pas.

Le scepticisme théologique médiéval face à la magie

Bien avant les grandes flambées de procès des XVIe-XVIIe siècles, la théologie médiévale la plus autorisée traitait déjà la croyance aux pouvoirs surnaturels des sorcières comme une illusion. Le Canon episcopi, texte canonique du Xe siècle largement diffusé dans l'Occident médiéval, range les récits de chevauchées nocturnes dans le « domaine de l'imagination » — une « hallucination », non un phénomène réel[53]. Wolfgang Behringer résume ainsi la conséquence pratique de cette prudence doctrinale : les doutes des premiers chrétiens sur l'efficacité réelle des pratiques magiques freinèrent durablement toute velléité de persécution[54].

Cette réserve théologique n'a pas empêché des lynchages populaires locaux : la croyance en la sorcellerie restait vivace dans les campagnes, et la population s'est mise par endroits à « faire justice elle-même »[55]. Mais elle explique pourquoi l'Église institutionnelle du haut Moyen Âge n'a organisé aucune persécution systématique — à l'inverse du traité privé du dominicain Kramer illustré ci-contre, qui se prévalait d'une approbation de la faculté de théologie de Cologne dont l'authenticité est débattue entre historiens[56].

L'Inquisition espagnole, frein plutôt que moteur

Le foyer le plus documenté de la chasse aux sorcières se situe en réalité en Europe centrale germanique, aux XVIe et XVIIe siècles, sous des juridictions le plus souvent laïques et locales — principautés, villes libres, tribunaux seigneuriaux. L'Inquisition espagnole, institution ecclésiastique centralisée souvent présentée comme l'archétype de la répression catholique, a suivi la trajectoire inverse : Behringer indique qu'elle avait d'abord participé à la persécution des sorcières avant d'en freiner la répression dès 1526[57]. L'historien Henry Kamen, spécialiste de l'Inquisition espagnole, tire de ce dossier une conclusion directement opposée à la légende : ce tribunal mit au contraire énergiquement fin à une superstition qui, dans d'autres pays, fit plus de victimes que toute autre vague de fanatisme religieux[58].

Ce constat rejoint celui déjà établi sur les archives complètes de l'Inquisition espagnole : le tribunal a, dans ce dossier comme dans les autres, freiné plutôt qu'attisé la répression.

Théologiens et tribunaux ecclésiastiques face au droit séculier

L'un des apports les plus utiles de l'historiographie récente est de distinguer où naissaient réellement les grandes vagues de procès :

« Toutes ces idées ne naissaient pas dans les universités ; elles fermentaient au sein de la population, ce qui interpella l'Église aussi bien que l'État. Si théologiens et tribunaux ecclésiastiques se montraient réservés ou s'y opposaient, le droit séculier, lui, y prêtait une oreille attentive. » — Manfred Lütz, Le christianisme en procès, Éditions Emmanuel, Paris, 2019, p. 154[59]

Cette distinction ne dédouane pas entièrement des autorités catholiques locales, qui ont participé par endroits et à certaines périodes à des procédures contre des personnes accusées de sorcellerie. Mais elle interdit de traiter « l'Église » comme un bloc homogène dans ce dossier : la pression venait majoritairement de la peur populaire et des juridictions civiles, tandis que les tribunaux ecclésiastiques et les facultés de théologie figuraient plutôt parmi les voix les plus réservées.

Un ordre de grandeur, pas des millions

Le nombre de victimes de la chasse aux sorcières a longtemps été gonflé jusqu'à plusieurs millions dans certains récits militants du XXe siècle. Les recherches historiques les plus sérieuses ramènent ce chiffre à une tout autre échelle : le chercheur danois Gustav Henningsen évalue à 50 000 le nombre total de victimes pour l'ensemble de l'Europe, dont environ 25 000 en Allemagne et les régions voisines — aussi bien catholiques que protestants[60]. Ce dernier point mérite d'être souligné : les persécutions les plus intenses touchent des territoires des deux confessions, ce qui contredit un récit qui ferait de la seule Église catholique la responsable exclusive du phénomène.


Georges Lemaître : le prêtre qui a découvert le Big Bang — et refusé le concordisme

Biographie d'un savant prêtre

Georges Lemaître naît le 17 juillet 1894 à Charleroi, Belgique. Il interrompt ses études d'ingénierie civile pour combattre comme officier d'artillerie pendant la Première Guerre mondiale. Docteur en sciences (mathématiques pures) à l'Université catholique de Louvain en 1920, il entre ensuite au séminaire de Malines et est ordonné prêtre en 1923[61]. Il se forme ensuite à Cambridge auprès d'Arthur Eddington (1923-1924), puis à Harvard et au MIT, où il soutient un second doctorat en 1927.

L'article de 1927 et la loi de l'expansion

Robert Millikan, Georges Lemaître et Albert Einstein au California Institute of Technology, janvier 1933. Wikimedia Commons.

En 1927, Lemaître publie dans les Annales de la Société Scientifique de Bruxelles un article décisif[62] : il établit que les galaxies s'éloignent les unes des autres selon une relation linéaire entre vitesse de récession et distance. Cette relation sera "redécouverte" et publiée par Edwin Hubble en 1929 sous le nom de "loi de Hubble". En 2018, l'Union Astronomique Internationale recommande de renommer cette relation loi de Hubble-Lemaître, reconnaissant la priorité du prêtre belge[63].

Lors d'un séminaire à Caltech en janvier 1933, après avoir entendu Lemaître exposer sa théorie devant Einstein lui-même, le physicien allemand se serait levé pour déclarer publiquement : « C'est l'explication la plus belle et la plus satisfaisante de la création que j'aie jamais entendue »[64]. Einstein, longtemps réticent face à l'idée d'un univers en expansion, finira par reconnaître que sa propre "constante cosmologique" — introduite en 1917 pour maintenir un univers statique — fut sa "plus grande erreur".

L'hypothèse de l'atome primitif (1931)

En mai 1931, Lemaître publie dans la revue Nature une note de quatre paragraphes proposant que l'Univers s'est expansé à partir d'un "atome primitif" initial — l'ancêtre direct de ce que l'on appellera le Big Bang[65]. Il développera cette hypothèse dans son ouvrage L'Hypothèse de l'atome primitif (1946).

Le refus du concordisme : Lemaître contre Pie XII

Infographie originale Ignispedia — Lemaître, distinguer science et théologie sans les opposer. Créée par IA.

Le 22 novembre 1951, Pie XII prononce devant l'Académie pontificale des sciences le discours "Fiat Lux", dans lequel il établit un parallèle entre la théorie du Big Bang et la doctrine chrétienne de la creatio ex nihilo[66]. Ce concordisme enthousiaste alarme Lemaître, qui n'était pas présent. Le prêtre-savant obtient une audience avec le pape avant un discours prévu en 1952 devant l'Union Astronomique Internationale réunie à Rome, et convainc Pie XII de supprimer les passages qui utilisaient le Big Bang comme preuve de l'existence de Dieu[67].

La position philosophique de Lemaître était ferme : science et foi sont comme deux « lignes parallèles » qui ne se croisent jamais — image ici donnée comme paraphrase de sa pensée, non comme une citation de Lemaître[68]. Utiliser la théorie du Big Bang comme preuve apologétique, c'est à la fois de la mauvaise science et de la mauvaise théologie — car une future découverte scientifique pourrait invalider cet argument, et la foi n'a pas besoin d'être étayée par la physique pour être raisonnable. Dès 1933, Lemaître formule cette conviction lors d'un entretien resté célèbre :

« Il y a deux voies pour arriver à la vérité. J'ai décidé de les suivre toutes les deux. » — Georges Lemaître, propos rapportés par Duncan Aikman, « Lemaître Follows Two Paths to Truth », The New York Times Magazine, 19 février 1933, p. 3[69]

« Une fois que l'on a compris que la Bible n'a pas la prétention d'être un manuel de science, la vieille controverse entre religion et science s'évanouit. » — Georges Lemaître, même entretien, The New York Times Magazine, 19 février 1933, p. 18[70]

Devenu président de l'Académie pontificale des sciences en 1960 (nommé par Jean XXIII avec le titre de prélat domestique), Lemaître incarne jusqu'à sa mort en 1966 la figure du savant croyant qui refuse à la fois l'opposition artificielle et le concordisme naïf.


Ce que l'Église enseigne vraiment sur la science

Gaudium et Spes §36 : l'autonomie légitime des réalités terrestres

Procession des Pères conciliaires à Saint-Pierre de Rome lors du concile Vatican II, octobre 1962. Wikimedia Commons.

Le Concile Vatican II formule en 1965, dans la constitution pastorale Gaudium et Spes, une position qui est le cœur de la doctrine catholique sur les sciences :

« Si, par autonomie des réalités terrestres, on veut dire que les choses créées et les sociétés elles-mêmes ont leurs lois et leurs valeurs propres, que l'homme doit peu à peu apprendre à connaître, à utiliser et à organiser, une telle exigence d'autonomie est pleinement légitime [...] C'est pourquoi la recherche méthodique, dans tous les domaines du savoir, si elle est menée d'une manière vraiment scientifique et si elle suit les normes de la morale, ne sera jamais réellement opposée à la foi : les réalités profanes et celles de la foi trouvent leur origine dans le même Dieu. » — Concile Vatican II, Constitution pastorale Gaudium et Spes, 7 décembre 1965, § 36[71]

Ce texte distingue nettement deux types d'autonomie :

  • Autonomie légitime : les réalités créées ont leurs propres lois, la science méthodique ne s'oppose pas à la foi — car Dieu est à l'origine des deux ordres de connaissance.
  • Autonomie illégitime : affirmer que les créatures sont indépendantes de Dieu serait une absurdité ontologique — "la créature sans Créateur s'évanouit".

Le §36 reconnaît aussi implicitement les erreurs passées : le Concile y déplore lui-même "certaines attitudes qui ont existé parmi les chrétiens eux-mêmes, insuffisamment avertis de la légitime autonomie de la science".

Humani Generis §§36-37 : évolution et âme humaine (Pie XII, 1950)

Pie XII tranche en 1950 une question que beaucoup pensaient explosive :

« C'est pourquoi le magistère de l'Eglise n'interdit pas que la doctrine de l'« évolution », dans la mesure où elle recherche l'origine du corps humain à partir d'une matière déjà existante et vivante — car la foi catholique nous ordonne de maintenir la création immédiate des âmes par Dieu — soit l'objet, dans l'état actuel des sciences et de la théologie d'enquêtes et de débats entre les savants de l'un et de l'autre partis [...] » — Pie XII, Encyclique Humani Generis, 12 août 1950, § 36[72]

Cette formulation est remarquable : la question de l'évolution du corps humain n'est pas condamnée — elle est ouverte à l'enquête scientifique. Ce que la foi catholique exige, c'est la création immédiate de l'âme par Dieu — ce qui n'est pas une affirmation de biologie, mais d'anthropologie métaphysique.

Le §37 condamne en revanche la polygenèse (l'idée que l'humanité descendrait de plusieurs couples originels indépendants), parce qu'elle rendrait inintelligible la doctrine du péché originel transmis d'un ancêtre commun[73].

Jean-Paul II en 1996 : "plus qu'une hypothèse"

Avant de lire cette phrase, il faut savoir ce qu'on lit. Le 22 octobre 1996, Jean-Paul II n'a pas prononcé de discours devant l'Académie pontificale des sciences : il lui a envoyé un message écrit. Le Saint-Siège lui-même le classe parmi les messages (dossier « pont_messages/1996 » sur vatican.va), alors que les allocutions réellement prononcées devant la même Académie, en 1992 et en 2000, sont rangées parmi les discours ; le texte se termine comme une lettre, « Du Vatican, le 22 octobre 1996 » ; et le pape avait été opéré de l'appendicite le 8 octobre 1996, deux semaines avant l'assemblée plénière — le Centre d'Étude et de Prospective sur la Science (CEP) soutient que l'audience prévue a été annulée et que le pape n'a pas reçu les académiciens[74]. Cela ne retire rien à l'authenticité du document : la phrase existe, en français, sur le site du Saint-Siège, dans un message signé « IOANNES PAULUS PP. II ». Mais cela dit exactement ce qu'elle pèse : un message écrit à une académie scientifique, le degré le plus bas de l'enseignement pontifical — ni encyclique, ni constitution, ni acte doctrinal —, qui n'enseigne rien de nouveau en matière de foi et rappelle Humani Generis.

Quarante-six ans après Humani Generis, le passage que l'on cite est celui-ci :

« Aujourd'hui, près d'un demi-siècle après la parution de l'encyclique, de nouvelles connaissances conduisent à reconnaître dans la théorie de l'évolution plus qu'une hypothèse. » — Jean-Paul II, Message à l'Académie pontificale des sciences, 22 octobre 1996, § 4[75]

Il précise le critère de ce changement d'appréciation :

« La convergence, nullement recherchée ou provoquée, des résultats de travaux menés indépendamment les uns des autres, constitue par elle-même un argument significatif en faveur de cette théorie. » — Jean-Paul II, Message à l'Académie pontificale des sciences, 22 octobre 1996, § 4[76]

Mais Jean-Paul II maintient la discontinuité ontologique :

« Si le corps humain tient son origine de la matière vivante qui lui préexiste, l'âme spirituelle est immédiatement créée par Dieu. » — Jean-Paul II, Message à l'Académie pontificale des sciences, 22 octobre 1996, § 5[77]

Et le même paragraphe écarte explicitement les lectures matérialistes :

« En conséquence, les théories de l'évolution qui, en fonction des philosophies qui les inspirent, considèrent l'esprit comme émergeant des forces de la matière vivante ou comme un simple épiphénomène de cette matière sont incompatibles avec la vérité de l'homme. » — Jean-Paul II, Message à l'Académie pontificale des sciences, 22 octobre 1996, § 5[78]

Et il nomme ce que Darwin ne peut pas expliquer par sélection naturelle :

« Avec l'homme, nous nous trouvons donc devant une différence d'ordre ontologique, devant un saut ontologique, pourrait-on dire. » — Jean-Paul II, Message à l'Académie pontificale des sciences, 22 octobre 1996, § 6[79]

Fides et Ratio : les deux ailes (Jean-Paul II, 1998)

L'encyclique Fides et Ratio ouvre sur une formule qui est devenue le symbole de la position catholique sur foi et raison :

« La foi et la raison sont comme les deux ailes qui permettent à l'esprit humain de s'élever vers la contemplation de la vérité. » — Jean-Paul II, Encyclique Fides et Ratio, 14 septembre 1998, Prologue[80]

L'image des "deux ailes" dit plusieurs choses à la fois : les deux sont nécessaires pour voler (une seule aile ne suffit pas) ; elles sont différentes dans leur nature ; elles tendent vers le même horizon — la Vérité. La raison humaine n'est pas l'adversaire de la foi. La foi n'est pas le substitut de la raison.

L'encyclique critique explicitement le scientisme (§ 88) : cette philosophie qui "se refuse à admettre comme valables des formes de connaissance différentes de celles qui sont le propre des sciences positives, renvoyant au domaine de la pure imagination la connaissance religieuse et théologique, aussi bien que le savoir éthique et esthétique"[81].

Benoît XVI à Ratisbonne : élargir la raison (2006)

Le discours de Ratisbonne (12 septembre 2006) contient une formule souvent citée hors contexte, mais dont la thèse centrale est importante pour le rapport foi-science :

« Ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu. » — Benoît XVI, Discours de Ratisbonne, 12 septembre 2006[82]

Infographie originale Ignispedia — quatre textes magistériels, une même ligne : autonomie scientifique et limites philosophiques. Créée par IA.

Benoît XVI critique ce qu'il appelle "la limitation autodécrétée de la raison à ce qui est susceptible de falsification dans l'expérience"[83]. La raison moderne, en se limitant au seul vérifiable-empirique, s'est amputée d'un espace qui lui appartient légitimement : la philosophie, l'éthique, la question de l'être. Ce n'est pas un appel à restreindre la science, c'est un appel à ne pas réduire la raison à la seule méthode scientifique.


La vraie adversaire : le scientisme

Ce qu'est le scientisme (et ce qu'il n'est pas)

Il faut distinguer soigneusement :

  • La science : ensemble de méthodes empiriques et rationnelles produisant des connaissances sur les phénomènes mesurables du monde naturel — une entreprise humaine admirable, que l'Église n'attaque pas.
  • Le scientisme : la thèse philosophique selon laquelle seules les sciences expérimentales donnent une connaissance vraie du réel, et que tout autre discours (éthique, métaphysique, théologique, esthétique) est au mieux métaphore, au pire absurdité.

Le scientisme n'est pas une conclusion de la science — c'est une position philosophique sur ce que la science peut faire. Et cette position n'est pas démontrable par aucune expérience de laboratoire. Elle se réfute elle-même.

Les origines intellectuelles du scientisme

Auguste Comte (1798-1857) formule le positivisme avec sa "loi des trois états" : l'humanité passe du stade théologique, au stade métaphysique, puis à l'état positif — où seule la science compte[84]. Le Cercle de Vienne (années 1920) radicalise cette position avec le principe de vérification : une proposition n'a de sens que si elle est empiriquement vérifiable ou analytiquement vraie[85]. Conséquence : les énoncés métaphysiques, éthiques et théologiques seraient des "pseudo-propositions" sans signification.

Karl Popper critique le principe de vérification et lui substitue le critère de falsification — une proposition est scientifique si elle peut être réfutée par une expérience[86]. Mais Popper lui-même reconnaît que la métaphysique, bien que non falsifiable, n'est pas sans signification — ce qui distingue sa position du scientisme pur.

Max Weber : la rationalisation chrétienne comme matrice occidentale

Le sociologue Max Weber (1864-1920), agnostique et fondateur de la sociologie moderne, apporte sur cette question un témoignage extérieur à l'apologétique catholique. Il observe que le moine occidental du Moyen Âge incarnait déjà à son époque le premier homme vivant selon la raison, et il en conclut qu'en Occident, le christianisme a porté des fruits incomparables dans le domaine de la connaissance — notamment par la démarche scientifique méthodique, qui faisait alors défaut à l'Inde, où les sciences naturelles étaient pourtant très développées[87]. Cette lecture ne prétend pas que « l'Église a inventé la science » par une causalité unique : elle situe la rationalisation monastique et scolastique parmi les conditions culturelles qui ont rendu possible l'émergence d'une science expérimentale spécifiquement occidentale — une thèse convergente avec celle de Peter Harrison citée plus haut.

L'auto-réfutation du scientisme

La critique la plus dévastatrice du scientisme vient de l'intérieur de la science. Jacques Monod (1910-1976), Prix Nobel de médecine 1965, athée convaincu, formule dans Le Hasard et la Nécessité (Éditions du Seuil, 1970) ce qui est en réalité une auto-réfutation du scientisme :

« La pierre angulaire de la méthode scientifique est le postulat de l'objectivité de la Nature. C'est-à-dire le refus systématique de considérer comme pouvant conduire à une connaissance "vraie" toute interprétation des phénomènes donnée en termes de causes finales, c'est-à-dire de "projet". [...] Il est évidemment impossible d'imaginer une expérience qui pourrait prouver la non-existence d'un projet, d'un but poursuivi, où que ce soit dans la nature. » — Jacques Monod, Le Hasard et la Nécessité, Éditions du Seuil, Paris, 1970, p. 37[88]

Autrement dit : le principe d'objectivité qui fonde la science est lui-même indémontrable scientifiquement. C'est une décision philosophique préalable à toute expérience. Si la science repose sur un présupposé qu'elle ne peut pas valider par ses propres méthodes, le scientisme — qui prétend que seule la science peut valider les affirmations — se réfute lui-même.

Ce que la science ne peut pas dire

Ludwig Wittgenstein en 1929. Wikimedia Commons.

Ludwig Wittgenstein (1889-1951) formule dans le Tractatus Logico-Philosophicus (1921) les limites logiques du discours scientifique :

« Nous sentons que, à supposer même que toutes les questions scientifiques possibles soient résolues, les problèmes de notre vie demeurent encore intacts. » — Ludwig Wittgenstein, Tractatus Logico-Philosophicus, § 6.52, traduction Gilles Gaston Granger, Gallimard, Paris, 1993[89]

Et dans le même ouvrage :

« Le sens du monde doit être en dehors de lui. [...] il n'y a en lui aucune valeur. » — Ludwig Wittgenstein, Tractatus Logico-Philosophicus, § 6.41[90]

La science décrit le monde — elle ne peut pas lui donner un sens. Elle peut expliquer comment fonctionne la sélection naturelle, elle ne peut pas dire si la vie a de la valeur. Elle peut calculer l'énergie d'une explosion atomique, elle ne peut pas décider si l'utiliser est juste ou injuste.

Stephen Hawking lui-même, dans l'une de ses dernières interrogations, pose la question que la physique ne peut pas résoudre :

« Qu'est-ce qui insuffle le feu aux équations et fait exister un univers pour elles à décrire ? » — Stephen Hawking, A Brief History of Time, Bantam Books, London, 1988, chapitre conclusif[91]

Cette question — pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien — est la question métaphysique par excellence. Elle est posée par un physicien athée, précisément parce qu'il sait qu'elle excède le cadre de la physique.

Le philosophe allemand Jürgen Habermas, l'une des figures majeures de la philosophie contemporaine, met en garde contre le même réductionnisme appliqué à l'être humain : étendre les catégories de la physique, de la neurophysiologie ou de la théorie de l'évolution à la totalité de l'expérience humaine produirait une image purement naturaliste de l'homme, qui désocialiserait entièrement la compréhension que nous avons de nous-mêmes[92].

Habermas ne conteste pas la physique, la neurophysiologie ou la théorie de l'évolution comme sciences : il conteste l'extension de leurs catégories à la totalité de l'expérience humaine — la liberté, la responsabilité, le sens, la relation à autrui — qui échappe structurellement à une description purement causale.

La science répond au "comment" — pas au "pourquoi"

La position catholique classique, formulée notamment par Thomas d'Aquin (1225-1274), distingue les causes secondes (les mécanismes naturels étudiés par la science) et la cause première (Dieu, qui donne l'être à ces mécanismes)[93]. Dieu n'est pas "une variable bouche-trou" entre deux inconnues scientifiques — il n'est pas l'hypothèse que l'on convoque faute d'explication naturelle. Il est la cause de l'être même du monde, y compris de ses régularités et de ses lois naturelles.

C'est pourquoi la science peut progresser indéfiniment dans la connaissance des mécanismes naturels sans jamais "trouver Dieu" ni "le réfuter" — parce que Dieu n'est pas un mécanisme parmi d'autres. Les sciences naturelles et la théologie répondent à des questions différentes. L'une étudie comment le monde fonctionne ; l'autre se demande pourquoi il y a un monde, et pourquoi il est intelligible.


Ce que l'Église doit honnêtement reconnaître

La faute réelle de Galilée

Il serait apologétiquement malhonnête de minimiser entièrement le cas Galilée. L'erreur ecclésiale est réelle, et Jean-Paul II ne l'a pas niée. Des théologiens ont transposé dans le domaine de la doctrine une question d'astronomie — erreur méthodologique grave.

Galilée lui-même n'avait pas tort sur l'essentiel de son intuition scientifique, même si ses preuves étaient incomplètes en 1633. Le fait qu'une institution de près de deux millénaires puisse reconnaître publiquement cette erreur en 1992 — par la voix du pape devant une assemblée internationale de scientifiques — est lui-même un acte que peu d'institutions sont capables de faire.

L'Index des livres prohibés

Page de titre de l'Index Librorum Prohibitorum de 1564, publié après le concile de Trente. L'Index relève d'une histoire réelle de contrôle doctrinal, mais il ne suffit pas à établir une hostilité générale de l'Église envers la méthode scientifique.

L'Index Librorum Prohibitorum, créé en 1559 sous Paul IV, a conduit à des interdits qui s'avérèrent erronés — non seulement pour Copernic (1616-1835) et Galilée, mais pour plusieurs autres auteurs dont les œuvres n'étaient pas hérétiques. Le fait que la liste ait souvent confondu critique théologique légitime et condamnation doctrinale indue représente un instrument imparfait dont l'abus a causé de réels dommages intellectuels. L'Index est aboli en 1966 par Paul VI.

Des représentations populaires corrigées par la science

Il serait également malhonnête de prétendre que la science n'a jamais rien corrigé dans les représentations religieuses populaires. Manfred Lütz relève un exemple concret et instructif :

« Les nouvelles connaissances scientifiques ont stimulé la pensée humaine et conduit à des réalisations techniques remarquables, dont les effets se sont étendus jusque dans la vie quotidienne. Il suffit de penser au paratonnerre, inventé en 1750 : jusqu'alors, éclairs et tonnerre étaient la preuve concrète de la colère de Dieu, de sa voix tonnante et de sa punition. » — Manfred Lütz, Le christianisme en procès, Éditions Emmanuel, Paris, 2019, p. 176[94]

Le paratonnerre n'a rien réfuté du contenu de la foi chrétienne — ni la Rédemption, ni la Résurrection, ni les sacrements. Il a corrigé une interprétation religieuse populaire particulière, qui n'a jamais été un dogme défini par l'Église : l'idée que la foudre serait un signal direct et univoque de la colère divine. C'est précisément la distinction que Gaudium et Spes § 36 formalisera deux siècles plus tard : la recherche scientifique méthodique a son autonomie légitime, y compris quand elle déplace des représentations pieuses populaires qui n'ont jamais engagé le dépôt de la foi.

Les tensions réelles dans l'histoire

D'autres tensions entre autorités ecclésiastiques locales et chercheurs ont existé, notamment sur les questions de dissection (dans certaines régions, à certaines périodes — mais jamais comme politique générale de l'Église), ou sur des questions géologiques et paléontologiques au XIXe siècle. Ces tensions sont réelles et ne doivent pas être effacées. Elles ne constituent pas pour autant une politique institutionnelle systématique d'opposition à la science — elles sont des épisodes d'une histoire longue et complexe, où la méconnaissance des méthodes scientifiques a parfois amené des responsables ecclésiaux locaux à des jugements imprudents.

La distinction honnête est entre :

  • des erreurs historiques réelles et reconnaissables, que l'Église reconnaît comme telles ;
  • une hostilité structurelle à la science, que l'histoire ne confirme pas.

Synthèse : foi, raison et méthode

Le rapport entre l'Église catholique et la science n'est ni une alliance parfaite ni un conflit permanent. C'est une histoire complexe, traversée de tensions réelles et de fécondités réelles, que la caricature du XIXe siècle a profondément déformée.

Sur l'essentiel, la doctrine catholique est claire :

  1. Le monde est intelligible parce qu'il vient d'un Créateur rationnel — ce présupposé est l'un des moteurs culturels qui a rendu possible la naissance de la science moderne en Occident chrétien.
  2. La raison humaine peut connaître le réel — ce n'est pas évident dans toutes les traditions philosophiques.
  3. Les sciences ont une autonomie légitime — elles n'ont pas besoin de citer la Bible pour étudier une cellule ou calculer une orbite.
  4. La science n'épuise pas la raison — les questions de sens, de valeur, de l'être et de Dieu n'appartiennent pas à la physique, mais ne sont pas pour autant irrationnelles.
  5. Le scientisme est une philosophie, pas une science — et une philosophie auto-réfutante.

La vraie opposition n'est pas entre catholicisme et science. Elle est entre deux réductions symétriques : une religion qui voudrait faire de la Bible un manuel de physique, et un scientisme qui voudrait faire de la méthode expérimentale une métaphysique totale. Le catholicisme sérieux refuse les deux.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Sur les appartenances confessionnelles : John William Draper, fils du pasteur wesleyen (méthodiste) John Christopher Draper (George F. Barker, notice biographique, 1886 ; Klaus Hentschel, 2002) ; Andrew Dickson White, issu d'un milieu épiscopalien de Homer, État de New York (notice biographique, relais secondaire — registre paroissial non produit). Deux ancrages protestants (méthodiste et épiscopalien), sans préjuger de leur pratique adulte. Les précisions d'état civil précédemment données ici (date et officiant du baptême de Draper ; paroisse et année du baptême de White) ont été retirées, faute de source primaire produite. Sur les mobiles : Colin A. Russell, « The Conflict of Science and Religion » (2002, cf. [^russell-2002]) — Draper « craignait le pouvoir exercé par l'Église catholique romaine » après le dogme de l'infaillibilité de 1870, et le livre de White devint « un manifeste dirigé [...] non pas tant contre la religion que contre la théologie dogmatique ».

    1
  2. John William Draper, History of the Conflict Between Religion and Science, D. Appleton & Co., New York, 1874, préface (p. vi). Original anglais : « The history of Science is not a mere record of isolated discoveries; it is a narrative of the conflict of two contending powers, the expansive force of the human intellect on one side, and the compression arising from traditionary faith and human interests on the other. » Ouvrage numérisé sur archive.org.

    2 4
  3. Andrew Dickson White, A History of the Warfare of Science with Theology in Christendom, D. Appleton & Co., New York, 1896 (2 vol.). Conférence initiale « The Battle-Fields of Science », Cooper Union, New York, décembre 1869 ; The Warfare of Science, D. Appleton & Co., New York, 1876 (copyright 1876, préface datée de mars 1876 — texte sur gutenberg.org) ; livraisons « The Warfare of Science I & II » dans Popular Science Monthly, vol. 8 (février-mars 1876). Ouvrage numérisé sur archive.org.

    3
  4. David C. Lindberg & Ronald L. Numbers (dir.), God and Nature: Historical Essays on the Encounter Between Christianity and Science, University of California Press, Berkeley / Los Angeles / London, 1986. Voir l'introduction générale, p. 5 : la relation entre science et christianisme "était bien trop complexe et riche pour être résumée par la formule simpliste du conflit".

    5 11
  5. Ronald L. Numbers (dir.), Galileo Goes to Jail and Other Myths about Science and Religion, Harvard University Press, Cambridge (MA) / London, 2009, xiii + 302 p., ISBN 978-0-674-03327-6. Voir notamment le chapitre 8 (Maurice A. Finocchiaro, « That Galileo Was Imprisoned and Tortured for Advocating Copernicanism ») sur Galilée, et la conclusion générale sur la thèse du conflit.

    6 12 13 14 15 46
  6. Colin A. Russell, « The Conflict of Science and Religion », dans Gary B. Ferngren (dir.), Science and Religion: A Historical Introduction, Johns Hopkins University Press, Baltimore, 2002, chap. « The Conflict of Science and Religion », pp. 3-12. Original anglais : « Only in the last thirty years of the twentieth century have historians of science mounted a sustained attack on the thesis and only gradually has a wider public begun to recognize its deficiencies. » Traduction française de l'article ; original ci-dessus. Sur Draper et White, le même chapitre : « Draper takes such liberty with history, perpetuating legends as fact, that he is rightly avoided today in serious historical study. »

    7
  7. Peter Harrison, The Territories of Science and Religion, University of Chicago Press, Chicago / London, 2015, xiii + 300 p., ISBN 978-0-226-18448-7. Basé sur les conférences Gifford (Edinburgh, 2011).

    8
  8. Appréciation de Lawrence M. Principe (Johns Hopkins) sur le mécénat scientifique de l'Église, dans « Myth 11. That Catholics Did Not Contribute to the Scientific Revolution », Ronald L. Numbers (dir.), Galileo Goes to Jail and Other Myths about Science and Religion, Harvard University Press, Cambridge (MA) / London, 2009. Formulation anglaise attestée (« it is clear from the historical record that the Catholic Church has been probably the largest single and longest-term patron of science in history... »), reprise notamment par la Society of Catholic Scientists et le National Catholic Register ; page exacte de la phrase non vérifiée dans l'édition 2009 : présentée ici comme paraphrase, pas comme citation mot à mot.

    9
  9. John L. Heilbron, The Sun in the Church: Cathedrals as Solar Observatories, Harvard University Press, Cambridge (MA) / London, 1999, p. 1 (phrase d'ouverture du livre) : "The Roman Catholic Church gave more financial and social support to the study of astronomy for over six centuries, from the recovery of ancient learning during the late Middle Ages into the Enlightenment, than any other, and, probably, all other, institutions." Paraphrase française dans le corps ; original anglais ci-dessus.

    10
  10. Sur la fondation de Bologne et l'Authentica Habita de Frédéric Barberousse (1158) : Le Décodé (Université Toulouse Capitole), "La constitution des premières grandes universités italiennes et françaises (XIe-XIIIe siècles)", consulté mai 2026.

    16
  11. Grégoire IX, bulle Parens Scientiarum, 13 avril 1231 — disponible dans les Chartularium Universitatis Parisiensis, éd. H. Denifle & A. Chatelain, t. I, Paris, 1889, doc. 79. Sur son rôle : Encyclopædia Universalis, "Les universités médiévales".

    17
  12. Sur la fondation de Toulouse dans le cadre du traité de Paris (1229) : Henri Carbonnell & Georges Livet (dir.), Histoire de Toulouse, Privat, Toulouse, 1982.

    18
  13. Encyclopædia Universalis, article "Moyen Âge — les universités médiévales" : "C'est à l'appui pontifical que les universités doivent d'avoir gagné leur indépendance."

    19
  14. Michael Shank, "Myth 2: That the Medieval Christian Church Suppressed the Growth of Science", dans Numbers (dir.), Galileo Goes to Jail, 2009, p. 19-27.

    20
  15. Appréciation de Georges Minois sur l'enthousiasme des intellectuels médiévaux pour la raison, rapportée par Manfred Lütz, Le christianisme en procès. Lumière sur 2000 ans d'histoire et de controverses, trad. fr., Éditions Emmanuel, Paris, 2019, p. 92. Ouvrage source de Minois non identifié avec certitude : présentée ici comme paraphrase, pas comme citation.

    21
  16. Paraphrase de la synthèse de William J. Courtenay sur l'université médiévale (XIIIe-XVe siècle), rapportée par Manfred Lütz, Le christianisme en procès, Éditions Emmanuel, Paris, 2019, pp. 94-95.

    22
  17. Manfred Lütz, Le christianisme en procès, Éditions Emmanuel, Paris, 2019, p. 93.

    23
  18. Sur la fondation de l'Accademia dei Lincei par Federico Cesi le 17 août 1603 : site officiel de l'Académie pontificale des sciences, www.pas.va, section "History".

    24
  19. Pie XI, Motu proprio In multis solaciis, 28 octobre 1936. Texte dans Acta Apostolicae Sedis, 28 (1936), p. 421-424.

    25
  20. Académie pontificale des sciences, The Pontifical Academy of Sciences: A Historical Profile (Extra Series 16), www.pas.va : "Initially made up of eighty Academicians, of whom seventy were appointed for life, in 1986 John Paul II raised the number of members for life to eighty". Présidence : Joachim von Braun, toujours en fonction en 2026 — audience de l'Académie avec Léon XIV le 14 février 2026 (pas.va) et session plénière le 24 septembre 2026 (vatican.va).

    26
  21. Sur la nomination de Levi-Civita malgré les lois raciales : Mariapia Abbate, "Tullio Levi-Civita and the Pontifical Academy of Sciences", dans Rendiconti Lincei : Scienze Fisiche e Naturali, 30 (2019), p. 791-799. Voir aussi site de l'Académie pontificale des sciences, www.pas.va.

    27
  22. Pie XII, discours à la session plénière de l’Académie pontificale des sciences, 3 décembre 1939 (« Man Ascends to God by Climbing the Ladder of the Universe » — première rencontre du pape avec l’Académie). Original italien : « A voi, pertanto, nobili campioni delle discipline e delle arti umane, la Chiesa riconosce la giusta libertà del metodo e dell'indagine » (Discorsi e Radiomessaggi di Sua Santità Pio XII, vol. I, p. 399-410). Texte anglais officiel sur pas.va, page « 1939, 3 December » : « To you, however, noble champions of the various disciplines of the human arts, the Church recognises your freedom of method adopted or research undertaken […] While, however, acknowledging this just freedom […] ». La citation française ci-dessus en est la traduction Ignispedia (« juste », non « pleine »).

    28
  23. Roger Bacon, O.F.M., Opus Maius, pars VI (De Scientia Experimentali), envoyé au pape Clément IV vers 1267-1268. Édition partielle anglaise : Robert Belle Burke (trad.), The Opus Majus of Roger Bacon, University of Pennsylvania Press, Philadelphia, 1928 (2 vol.). Sur la formule : part. VI, ch. 1. Texte latin : « Sine experientia nihil sufficienter sciri potest. »

    29 30
  24. Pie XII, décret de 1941 nommant Albertus Magnus patron des scientifiques des sciences naturelles. Voir aussi Pie XI, lettre décrétale In thesauris sapientiae (canonisation d'Albert le Grand et proclamation comme Docteur de l'Église), 16 décembre 1931 (Acta Apostolicae Sedis, 24 (1932), p. 5). Sur sa biographie scientifique : Encyclopædia Britannica, article "Saint Albertus Magnus".

    31
  25. Citation : "He established the study of nature as a legitimate science within the Christian tradition." — Encyclopædia Britannica, "Saint Albertus Magnus", édition en ligne, consulté mai 2026.

    32
  26. Sur la connaissance de l'héliocentrisme par le pape Clément VII en 1533 : Edward Rosen, Copernicus and the Scientific Revolution, Krieger, Malabar (FL), 1984, p. 186-189. Le lecteur Widmanstetter exposa la théorie copernicienne devant Clément VII, qui en fut "fort satisfait".

    33
  27. Sur l'histoire de Copernic et l'Index : Owen Gingerich, The Book Nobody Read: Chasing the Revolutions of Nicolaus Copernicus, Walker & Co., New York, 2004, p. 56-75 (étude de tous les exemplaires annotés de première édition). Les délais : mis à l'Index mars 1616, correction donec corrigatur requise (seulement 10 phrases à corriger dans l'édition de 1543), retiré de l'Index en 1835. Sur la levée en trois temps : 1741, imprimatur du Saint-Office sous Benoît XIV pour la première édition des œuvres complètes de Galilée (Maurice A. Finocchiaro, Retrying Galileo, 1633-1992, University of California Press, 2005, chap. « Galileo's Dialogue Unbanned, Sort Of: Toaldo's Edition and Calmet's Introduction (1741-1744) ») ; 1757, retrait général de l'interdit héliocentriste de l'Index (Karl von Gebler, Galileo Galilei and the Roman Curia, trad. angl. 1879) ; 1835, retrait des derniers titres de l'Index de Grégoire XVI (Pierre-Noël Mayaud, « La condamnation des livres coperniciens et sa révocation », Revue d'histoire ecclésiastique, 1997).

    34
  28. Nicolas Steno, De Solido intra Solidum Naturaliter Contento Dissertationis Prodromus, Florence, 1669 — fondation de la stratigraphie. Sur sa biographie : Alan Cutler, The Seashell on the Mountaintop: A Story of Science, Sainthood, and the Humble Genius Who Discovered a New History of the Earth, Dutton, New York, 2003.

    35
  29. Jean-Paul II, homélie de béatification de Nicolas Steno, 23 octobre 1988, Vatican.va.

    36
  30. Gregor Mendel, O.S.A., "Versuche über Pflanzenhybriden", Verhandlungen des naturforschenden Vereines in Brünn, 4 (1866), p. 3-47 (lu lors de deux séances de la Société d'histoire naturelle de Brünn, 8 février et 8 mars 1865). Réédition fac-similé : Mendelian Society, 1965.

    37
  31. Sur Christopher Clavius et la réforme grégorienne : John L. Heilbron, "Christopher Clavius and the Adoption of the Gregorian Calendar", dans Isis, 78 (1987), p. 246-252.

    38
  32. Sur Giovanni Riccioli et la nomenclature lunaire encore en usage pour la face visible de la Lune : Christopher M. Graney, Setting Aside All Authority: Giovanni Battista Riccioli and the Science against Copernicus in the Age of Galileo, University of Notre Dame Press, Notre Dame (IN), 2015.

    39
  33. Joseph F. MacDonnell, S.J., "The 35 Lunar Craters Named to Honor Jesuit Scientists", Fairfield University, consulté sur jesuitscience.net. Également : Aleteia France, "Pourquoi autant de cratères lunaires portent-ils le nom de jésuites ?", 19 juillet 2019.

    40
  34. Lazzaro Spallanzani, Saggio di osservazioni microscopiche relative al sistema della generazione, Modène, 1767 (réfutation de la génération spontanée) ; Opuscoli di fisica animale e vegetabile, Modène, 1776. Biographie : cath.ch, "Spallanzani, le prêtre sans lequel nous n'aurions pas d'éducation sexuelle", consulté mai 2026.

    41
  35. Henri Breuil, biographie : FranceArchives ; Paul G. Bahn, "Henri Breuil (1877-1961): The 'Pope of Prehistory'", dans Journal of World Prehistory, consulté mai 2026.

    42
  36. Sur la publication du Dialogo (1632) et les infractions à l'injonction de 1616 : Pierre Costabel & Michel-Pierre Lerner (introd.), Le Dialogue sur les deux grands systèmes du monde de Galilée, PUF, Paris, 1992.

    43
  37. Sur la dimension personnelle et politique du procès, notamment la trahison perçue par Urbain VIII : Rivka Feldhay, Galileo and the Church: Political Inquisition or Critical Dialogue?, Cambridge University Press, 1995, p. 201-233.

    44
  38. Sur l'absence de preuve décisive en 1633 : la parallaxe stellaire n'est observée qu'en 1838 par Friedrich Wilhelm Bessel (étoile 61 du Cygne). L'argument des marées de Galilée était en réalité erroné (Newton montrera que les marées viennent de l'attraction lunaire). Voir : Alexandre Koyré, Études galiléennes, Hermann, Paris, 1939 (3 vol.) — ouvrage académique fondamental.

    45
  39. Sur la résidence d'Arcetri et les visiteurs : Stillman Drake, Galileo at Work: His Scientific Biography, University of Chicago Press, 1978, p. 412-421. Sur la visite de Milton en 1638 : Milton lui-même mentionne l'entrevue dans Areopagitica (1644).

    47
  40. Sur le caractère apocryphe de "E pur si muove" : Antonio Favaro (dir.), Opere di Galileo Galilei, vol. XIX, Barbèra, Florence, 1907, p. 374 (note critique) ; la formule n'apparaît qu'en 1757 dans un ouvrage de Giuseppe Baretti, plus d'un siècle après le procès.

    48
  41. Paraphrase d'après Arthur Koestler, The Sleepwalkers: A History of Man's Changing Vision of the Universe, Hutchinson, London, 1959 (trad. fr. Les Somnambules, Calmann-Lévy, Paris, 1960), via la synthèse de Manfred Lütz, Le christianisme en procès, Éditions Emmanuel, Paris, 2019, pp. 138-139. Formulation exacte non vérifiée au primaire : présentée ici comme paraphrase, pas comme citation.

    49
  42. Jean-Paul II, Discours à l'Académie pontificale des sciences sur la conclusion des travaux de la commission Galilée, 31 octobre 1992. Texte intégral en français sur Vatican.va : https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/speeches/1992/october/documents/hf_jp-ii_spe_19921031_accademia-scienze.html

    50 51 52
  43. Manfred Lütz, Le christianisme en procès, Éditions Emmanuel, Paris, 2019, pp. 151-152, sur le Canon episcopi (Xe siècle) et le scepticisme théologique médiéval envers l'efficacité de la magie.

    53 55
  44. Paraphrase d'après Wolfgang Behringer, rapportée par Manfred Lütz, Le christianisme en procès, Éditions Emmanuel, Paris, 2019, p. 152. Voir aussi Wolfgang Behringer, Witches and Witch-Hunts: A Global History, Polity Press, Cambridge, 2004, sur le scepticisme initial face à la sorcellerie. Formulation exacte non vérifiée au primaire : présentée ici comme paraphrase.

    54
  45. Sur le débat autour de la lettre d'approbation de la faculté de théologie de Cologne imprimée en tête du Malleus Maleficarum : Joseph Hansen (fin XIXe siècle) soutient une falsification partielle par Kramer ; Christopher S. Mackay conteste cette thèse et juge la preuve « très fragile » (« The evidence for this is in my view very tenuous ») — voir Mackay (éd. et trad.), The Hammer of Witches: A Complete Translation of the Malleus Maleficarum, Cambridge University Press, Cambridge, 2009, introduction, et Jan Machielsen, Journal of the Oxford University History Society, 2009 (qui résume ainsi la position de Mackay : les preuves d'une falsification par Kramer des documents placés en tête du Malleus ne tiennent pas). L'affirmation d'une condamnation des procédures de Kramer par la faculté de Cologne en 1490, précédemment donnée ici, reposait sur la seule New World Encyclopedia et a été retirée faute de source savante précise.

    56
  46. Paraphrase d'après Wolfgang Behringer, rapportée par Manfred Lütz, Le christianisme en procès, Éditions Emmanuel, Paris, 2019, p. 147.

    57
  47. Paraphrase d'après Henry Kamen, rapportée par Manfred Lütz, Le christianisme en procès, Éditions Emmanuel, Paris, 2019, p. 154. Voir aussi Henry Kamen, The Spanish Inquisition: A Historical Revision, Weidenfeld & Nicolson, London, 1997, sur le rôle modérateur du tribunal. Formulation exacte non vérifiée au primaire : présentée ici comme paraphrase.

    58
  48. Manfred Lütz, Le christianisme en procès, Éditions Emmanuel, Paris, 2019, p. 154.

    59
  49. Estimation de Gustav Henningsen (chercheur danois, The Witches' Advocate: Basque Witchcraft and the Spanish Inquisition, 1609-1614, University of Nevada Press, Reno, 1980), rapportée par Manfred Lütz, Le christianisme en procès, Éditions Emmanuel, Paris, 2019, p. 157. Voir aussi Bengt Ankarloo & Gustav Henningsen (dir.), Early Modern European Witchcraft: Centres and Peripheries, Clarendon Press / Oxford University Press, Oxford, 1990. Page exacte de l'estimation non retrouvée : chiffre présenté via ce relais explicite, sans guillemets.

    60
  50. Sur la biographie de Lemaître : Jean-Pierre Luminet, L'Invention du Big Bang — Georges Lemaître, Seuil, Paris, 1997. Également : Dominique Lambert, Un atome d'univers — La vie et l'œuvre de Georges Lemaître, Lessius, Bruxelles, 2000 (biographie académique de référence).

    61
  51. Georges Lemaître, "Un Univers homogène de masse constante et de rayon croissant rendant compte de la vitesse radiale des nébuleuses extragalactiques", Annales de la Société Scientifique de Bruxelles, vol. 47A (1927), p. 49-59.

    62
  52. Sur la recommandation du nom « loi de Hubble-Lemaître » : Union Astronomique Internationale, Résolution B4, présentée et discutée à l'Assemblée générale de Vienne (août 2018), puis adoptée par vote électronique de l'ensemble des membres et annoncée le 29 octobre 2018 (communiqué iau1812 : « the IAU has decided to recommend the Hubble law to be renamed as the Hubble–Lemaître law »).

    63
  53. Propos rapportés par plusieurs témoins du séminaire de Caltech (janvier 1933). Sources : Dominique Lambert, Un atome d'univers — La vie et l'œuvre de Georges Lemaître, Lessius, Bruxelles, 2000, p. 158-162 ; Helge Kragh, Cosmology and Controversy, Princeton University Press, 1996, p. 55. La formulation exacte d'Einstein a connu plusieurs variantes selon les sources contemporaines.

    64
  54. Georges Lemaître, "The Beginning of the World from the Point of View of Quantum Theory", Nature, vol. 127, n° 3210, 9 mai 1931, p. 706.

    65
  55. Pie XII, Discours à l'Académie pontificale des sciences, 22 novembre 1951 ("Aux prises de l'univers" / "Un'Ora"). Texte dans Acta Apostolicae Sedis, 44 (1952), p. 31-43. Sur l'épisode : Dominique Lambert, "The Lemaître-Big Bang Controversy", conférence aux Archives UCLouvain, reproduite sur archives.uclouvain.be.

    66
  56. Sur l'intervention de Lemaître pour convaincre Pie XII de ne plus associer le Big Bang à la Genèse : Dominique Lambert, Un atome d'univers, Lessius, 2000, p. 190-205 ; Karl Schmitz-Moormann, "Pope Pius XII and the Cosmology of Georges Lemaître", Zygon, 31 (1996), p. 303-311.

    67
  57. Duncan Aikman, "Lemaître Follows Two Paths to Truth", The New York Times Magazine, 19 février 1933, p. 3 et 18 — entretien avec Georges Lemaître à Pasadena pendant son séjour au Mount Wilson Observatory. Reproduit et commenté dans Dominique Lambert, Un atome d'univers, Lessius, Bruxelles, 2000, p. 158-160. L'image des « lignes parallèles » n'a pas de source verbatim identifiée : c'est une paraphrase de la conviction exprimée par Lemaître dans cet entretien. Texte original anglais (extraits) : « There are two ways of arriving at the truth. I decided to follow them both. » ; « Once you realize that the Bible does not purport to be a textbook of science, the old controversy between religion and science vanishes. »

    68 69 70
  58. Concile Vatican II, Constitution pastorale Gaudium et Spes, 7 décembre 1965, § 36. Texte officiel français sur Vatican.va : https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_cons_19651207_gaudium-et-spes_fr.html

    71
  59. Pie XII, Encyclique Humani Generis, 12 août 1950, § 36. Texte officiel français sur Vatican.va : https://www.vatican.va/content/pius-xii/fr/encyclicals/documents/hf_p-xii_enc_12081950_humani-generis.html

    72
  60. Pie XII, Humani Generis, § 37 : "Mais quand il s'agit d'une autre vue conjecturale qu'on appelle le polygénisme, les fils de l'Eglise ne jouissent plus du tout de la même liberté." Texte officiel français sur Vatican.va : https://www.vatican.va/content/pius-xii/fr/encyclicals/documents/hf_p-xii_enc_12081950_humani-generis.html

    73
  61. Centre d'Étude et de Prospective sur la Science (cercle de Dominique Tassot), « Jean-Paul II et la théorie de l'évolution », le-cep.org/jean-paul-ii-et-la-theorie-de-levolution/ : selon le CEP, le pape n'aurait ni prononcé ce texte ni reçu les académiciens, l'audience prévue ayant été annulée. Thèse du CEP, présentée ici comme telle.

    74
  62. Jean-Paul II, Message à l'Académie pontificale des sciences, 22 octobre 1996, §§ 4-6. Texte officiel français sur Vatican.va : https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/messages/pont_messages/1996/documents/hf_jp-ii_mes_19961022_pont-accad-scienze.html

    75 76 77 78 79
  63. Jean-Paul II, Encyclique Fides et Ratio, 14 septembre 1998, Prologue. Texte officiel latin et français sur Vatican.va : https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_14091998_fides-et-ratio.html. La formule latine : "Fides et ratio binæ quasi pennæ videntur quibus veritatis ad contemplationem hominis attollitur animus."

    80
  64. Jean-Paul II, Fides et Ratio, § 88 : "Cette conception philosophique se refuse à admettre comme valables des formes de connaissance différentes de celles qui sont le propre des sciences positives, renvoyant au domaine de la pure imagination la connaissance religieuse et théologique, aussi bien que le savoir éthique et esthétique."

    81
  65. Benoît XVI, "Foi, raison et université — Souvenirs et réflexions", Discours à l'Université de Ratisbonne, 12 septembre 2006. Texte officiel français sur Vatican.va : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/speeches/2006/september/documents/hf_ben-xvi_spe_20060912_university-regensburg.html

    82 83
  66. Auguste Comte, Cours de philosophie positive (1830-1842), 6 vol. — la "loi des trois états" est formulée dans la 1re leçon. Édition récente : Hermann, Paris, 1975.

    84
  67. Sur le Cercle de Vienne et le positivisme logique : Moritz Schlick, Rudolf Carnap et A.J. Ayer, Language, Truth and Logic, Gollancz, London, 1936 (Ayer). Synthèse en français : Encyclopædia Universalis, "Cercle de Vienne" et "Empirisme logique".

    85
  68. Karl Popper, Logik der Forschung (1934), trad. fr. La Logique de la découverte scientifique, Payot, Paris, 1973 — la falsification comme critère de démarcation, non de signification.

    86
  69. Paraphrase de l'analyse de Max Weber sur le moine occidental et la rationalisation chrétienne, rapportée par Manfred Lütz, Le christianisme en procès, Éditions Emmanuel, Paris, 2019, p. 177. Voir aussi Max Weber, L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme (1904-1905), trad. fr. Jacques Chavy, Plon, Paris, 1964. Formulation exacte non vérifiée au primaire : présentée ici comme paraphrase.

    87
  70. Jacques Monod, Le Hasard et la Nécessité — Essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne, Éditions du Seuil, Paris, 1970, chap. 1, p. 32 pour la première phrase citée (« en termes de causes finales, c'est-à-dire de “projet” », conforme à l'original anglais « in terms of final causes — that is to say, of “purpose” »). La seconde phrase citée (« Il est évidemment impossible d'imaginer une expérience… ») appartient au même développement ; sa page exacte n'ayant pu être vérifiée au primaire, elle est présentée ici dans la continuité du même passage. Prix Nobel de physiologie ou médecine 1965.

    88
  71. Ludwig Wittgenstein, Tractatus Logico-Philosophicus (1921), trad. Gilles Gaston Granger, Gallimard, Paris, 1993. § 6.52 et § 6.41. Le § 6.41 est cité avec une coupe signalée par [...] (passage omis : « Dans le monde, tout est comme il est, et tout arrive comme il arrive ; »).

    89 90
  72. Stephen Hawking, A Brief History of Time, Bantam Books, London, 1988, ch. 11 ("The Unification of Physics"), p. 174 : "What is it that breathes fire into the equations and makes a universe for them to describe? The usual approach of science of constructing a mathematical model cannot answer the question of why there should be a universe for the model to describe."

    91
  73. Paraphrase de la mise en garde de Jürgen Habermas contre la naturalisation de l'esprit, rapportée par Manfred Lütz, Le christianisme en procès, Éditions Emmanuel, Paris, 2019, p. 282. Formulation exacte non vérifiée au primaire : présentée ici comme paraphrase, pas comme citation.

    92
  74. Thomas d'Aquin, Summa contra Gentiles, lib. III, ch. 70 (De providentia divina) — sur la distinction causes premières / causes secondes. Également : Summa Theologiae, Ia, q. 22, art. 3. Édition numérique : www.corpusthomisticum.org.

    93
  75. Manfred Lütz, Le christianisme en procès, Éditions Emmanuel, Paris, 2019, p. 176.

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