Grégoire IX (Gregorius IX), de son nom Ugolino dei Conti di Segni, fut pape de 1227 à 1241. Neveu ou proche parent du grand Innocent III, canoniste formé à Paris et à Bologne, cardinal-évêque d'Ostie et doyen du Sacré Collège, il monte sur le Siège de Pierre déjà très âgé et gouverne l'Église pendant quatorze années décisives, à l'apogée de la papauté médiévale.[1][2]
Son pontificat est d'abord celui d'un législateur. En 1234, il fait promulguer les Décrétales — le Liber Extra —, compilation officielle du droit pontifical rédigée par le dominicain Raymond de Peñafort : un monument juridique qui restera le socle du droit de l'Église jusqu'au Code de 1917.[3][4] C'est aussi le pape qui organise l'Inquisition pontificale (1231-1233) et qui donne sa charte à l'université de Paris par la bulle Parens Scientiarum (1231).[5]
Grégoire IX est surtout l'ami et le canonisateur de saint François d'Assise. Cardinal protecteur des Franciscains du vivant même de François, il l'aime, le conseille, défend sa Règle, puis le canonise dès le 16 juillet 1228, moins de deux ans après sa mort.[6][7] Sous son pontificat sont aussi élevés sur les autels saint Antoine de Padoue, saint Dominique et sainte Élisabeth de Hongrie : une moisson de sainteté qui exprime la confiance de l'Église dans le surgissement des ordres mendiants.
Mais ce pape de droit et de sainteté fut aussi un lutteur. Tout son règne est dominé par un duel sans merci avec l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen, le plus brillant et le plus inquiétant souverain de son temps. Excommunié dès 1227 pour avoir différé sa croisade, frappé de nouveau en 1239, Frédéric II fut dénoncé par Grégoire IX comme la Bête montant de la mer ; l'empereur, en retour, le traita de bête sauvage et de second Balaam. Ce conflit, où se rejoue la question médiévale par excellence — l'Église se gouverne-t-elle elle-même, ou l'empereur dispose-t-il du pape ? —, n'était pas tranché à la mort de Grégoire, survenue en août 1241 alors que les armées impériales campaient sous Rome.[8][9]
Pourquoi Grégoire IX compte-t-il ?
Le pape qui a codifié le droit de l'Église
Avant Grégoire IX, le droit de l'Église était dispersé dans une mosaïque de recueils partiels — les quinque compilationes antiquae — souvent redondants, parfois contradictoires.[10] En confiant à Raymond de Peñafort la rédaction d'une compilation unique, officielle et exclusive, et en l'imposant aux universités de Bologne et de Paris, Grégoire IX fait basculer l'Occident dans l'âge du droit codifié. Les Décrétales de 1234 sont à l'histoire juridique de l'Église ce que le Code Napoléon sera au droit civil français : un texte fondateur, étudié, commenté et appliqué pendant près de sept siècles.[11]
Le pape de saint François et des ordres mendiants
Le XIIIᵉ siècle voit surgir une forme nouvelle de vie religieuse : non plus le moine cloîtré dans son abbaye, mais le frère mendiant qui prêche par les routes, vit de l'aumône et évangélise les villes naissantes. Grégoire IX comprend, mieux que quiconque dans la curie, que ces Franciscains et Dominicains sont une grâce pour l'Église. Il les protège, les structure, leur confie l'enseignement, la prédication et bientôt l'Inquisition. Canoniser François, Dominique et Antoine, c'est inscrire dans le marbre que cette révolution spirituelle vient de Dieu.[12]
Le pape du long duel avec l'Empire
Enfin, Grégoire IX est le pape qui affronte Frédéric II, héritier de la lutte que Grégoire VII puis Alexandre III avaient menée pour la libertas Ecclesiae. L'enjeu n'est pas une querelle d'orgueil entre deux vieillards intraitables : c'est la question de savoir si le successeur de Pierre peut gouverner librement la chrétienté, ou s'il doit plier devant un empereur qui rêve d'une Église soumise à l'État. Grégoire IX a tenu, jusqu'à son dernier souffle, que le pape ne se courbe pas devant César.[13]
Ugolino dei Conti di Segni avant la tiare
Une naissance à Anagni, dans l'ombre d'Innocent III
Ugolino naît à Anagni, dans le Latium, cité qui donnera plusieurs papes à l'Église. Sa date de naissance est débattue : la tradition, reprise par la Catholic Encyclopedia, le fait naître vers 1145, ce qui lui donnerait près de cent ans à sa mort ; la critique historique moderne penche plutôt pour 1170 environ.[14][15] L'écart importe peu pour l'essentiel : Ugolino appartient à la puissante maison des comtes de Segni, la même famille que le pape Innocent III, dont il est le neveu ou le proche parent. Cette parenté le place d'emblée au cœur du gouvernement de l'Église.
Il se forme aux deux grandes sciences de son temps, dans les deux capitales intellectuelles de la chrétienté : la théologie à Paris, le droit à Bologne.[16] De cette double formation naîtra l'homme : un esprit à la fois spirituel et juridique, capable d'aimer un saint comme François et de bâtir un code comme les Décrétales.
Cardinal-diacre, puis cardinal-évêque d'Ostie
En décembre 1198, son oncle Innocent III le crée cardinal-diacre de Sant'Eustachio.[17] En 1206, il devient cardinal-évêque d'Ostie et Velletri — l'un des sièges suburbicaires les plus prestigieux, traditionnellement réservé au plus haut dignitaire du Sacré Collège. Vers 1218-1219, sous Honorius III, Ugolino accède au décanat du Sacré Collège : il est désormais le premier des cardinaux.[18]
Pendant trois décennies, il sert l'Église dans les plus hautes fonctions diplomatiques. Innocent III puis Honorius III l'envoient comme légat en Lombardie et en Toscane, régions traversées par l'hérésie cathare et déchirées par les luttes entre cités. Ugolino y apprend l'art du gouvernement, la négociation, la fermeté — et le contact direct avec les mouvements spirituels nouveaux.
Le protecteur des ordres nouveaux
C'est comme cardinal qu'Ugolino noue le lien décisif de sa vie : il devient le cardinal protecteur des Franciscains. La Catholic Encyclopedia rapporte un détail révélateur : du temps où il était cardinal-évêque d'Ostie, Ugolino « revêtait souvent l'habit de saint François ».[19] Loin d'être un prélat distant, il aime ces frères pauvres au point de partager leur signe.
« Cet homme fut une lumière, méprisé des riches et pourtant préparé pour le moment fixé. [...] Le Seigneur l'envoya dans sa vigne pour en arracher les épines et les ronces. » — Grégoire IX, bulle Mira circa nos, à propos de François d'Assise, Pérouse, 1228[20]
Ce lien fait d'Ugolino le pont entre la hiérarchie de l'Église et le printemps spirituel du XIIIᵉ siècle. Quand il deviendra pape, il ne fera qu'élever au rang de politique pontificale ce qu'il pratiquait déjà comme cardinal : la confiance dans les mendiants.
L'élection de 1227
La mort d'Honorius III
Honorius III meurt le 18 mars 1227. Dès le lendemain, 19 mars 1227, les cardinaux réunis élisent Ugolino, qui prend le nom de Grégoire IX — en hommage, sans doute, à Grégoire VII, le grand pape réformateur de la liberté de l'Église.[21] L'élection est rapide et sans contestation : le doyen du Sacré Collège, expérimenté et respecté, s'imposait naturellement.
Un vieillard à la tête de la chrétienté
Grégoire IX accède au pontificat déjà très âgé — octogénaire selon la chronologie traditionnelle. On aurait pu attendre un règne de transition, bref et prudent. Ce fut l'inverse : quatorze années d'une activité débordante, d'une énergie que ses adversaires eux-mêmes admiraient. La vieillesse de Grégoire IX dément le préjugé d'un « pape de fin de carrière » : c'est l'un des pontificats les plus créateurs du Moyen Âge.
Un programme : croisade, réforme, défense de la foi
Trois grands chantiers structurent son règne dès les premiers mois : relancer la croisade promise pour la Terre sainte, réformer l'Église par le droit et les ordres nouveaux, défendre la foi contre l'hérésie. Ces trois objectifs vont, chacun à leur manière, le précipiter dans le conflit avec Frédéric II, dans la codification du droit et dans la fondation de l'Inquisition.
Grégoire IX et saint François d'Assise
Le cardinal protecteur et l'ami
L'amitié d'Ugolino et de François est l'un des plus beaux chapitres de l'histoire spirituelle du Moyen Âge. Le cardinal soutient François dans les heures de doute, défend l'idéal de pauvreté radicale tout en lui donnant une forme viable dans l'Église, et veille sur la jeune communauté quand elle grandit trop vite pour son fondateur.[22][23] François, de son côté, voit en Ugolino un protecteur fidèle et le désigne lui-même comme gardien de l'Ordre.
La Règle de 1223 et le rôle d'Ugolino
Quand l'Ordre franciscain doit se doter d'une Règle approuvée, c'est encore Ugolino qui aide à formuler le texte définitif — la Regula bullata — confirmé par Honorius III en 1223. Le cardinal y joue le rôle délicat de médiateur entre l'intransigeance de François sur la pauvreté absolue et les exigences pratiques d'un ordre devenu international.[24] C'est là tout l'art d'Ugolino : sauver l'esprit en lui donnant un corps qui dure.
La canonisation de François : Mira circa nos (1228)
François meurt le 3 octobre 1226. Moins de deux ans plus tard, le 16 juillet 1228, Grégoire IX le canonise solennellement à Assise et pose, dès le lendemain, la première pierre de la basilique qui doit l'abriter.[25][26] La bulle de canonisation, Mira circa nos (« Les merveilles que Dieu a accomplies parmi nous »), datée de Pérouse, fixe sa fête au 4 octobre.[27]
« Il ne vécut désormais plus pour lui-même, mais pour le Christ, qui est mort pour nos péchés. » — Grégoire IX, bulle Mira circa nos, sur saint François d'Assise, 1228[28]
Canoniser si vite l'homme des stigmates — premier stigmatisé reconnu de l'histoire de l'Église —, c'était poser un acte de discernement audacieux et confiant. Grégoire IX, qui avait connu François vivant, savait ce qu'il faisait : il scellait du sceau de l'Église la sainteté d'un homme qu'il avait aimé.[29]
Claire d'Assise et les Pauvres Dames
Grégoire IX prolonge cette protection auprès de Claire d'Assise et de ses Pauvres Dames — les futures Clarisses. Il rédige pour elles une règle et entretient une correspondance spirituelle où perce une réelle tendresse paternelle. Là encore, il défend leur idéal de pauvreté tout en cherchant à le rendre canoniquement tenable dans la durée.
Une moisson de saints
Le pontificat de Grégoire IX est l'un des plus féconds en canonisations de toute l'histoire médiévale. En quelques années, il élève sur les autels les grandes figures du renouveau spirituel :
| Saint canonisé | Date | Lieu | Signification |
|---|---|---|---|
| François d'Assise | 16 juillet 1228 | Assise | Le fondateur des Mineurs, premier stigmatisé reconnu |
| Antoine de Padoue | 30 mai 1232 | Spolète | Le grand prédicateur franciscain, docteur futur |
| Virgile de Salzbourg | 1233 | — | Évangélisateur de la Carinthie |
| Dominique de Guzmán | 3 juillet 1234 | Rieti | Le fondateur des Frères Prêcheurs |
| Élisabeth de Hongrie | 27 mai 1235 | Pérouse | La princesse de la charité, modèle des laïcs |
Cette table dit l'orientation profonde du pontificat : reconnaître publiquement que Dieu suscite des saints nouveaux pour des temps nouveaux. En canonisant à la fois le fondateur des Franciscains et celui des Dominicains, Grégoire IX bénit les deux poumons de la réforme mendiante.[30]
Le duel avec Frédéric II
Le serment de croisade non tenu
Frédéric II de Hohenstaufen, roi de Sicile, roi de Germanie et empereur, avait fait le vœu solennel de partir en croisade. Année après année, il diffère. Pour Grégoire IX, ce n'est pas un détail diplomatique : un empereur chrétien qui parjure son serment de croisé compromet le salut de la Terre sainte et défie l'autorité spirituelle qui a reçu ce vœu.[31]
La première excommunication (29 septembre 1227)
En septembre 1227, Frédéric s'embarque enfin à Brindisi, puis fait demi-tour au bout de trois jours, invoquant une épidémie qui ravage son armée. Grégoire IX, refusant l'excuse, excommunie l'empereur le 29 septembre 1227 ; il renouvellera solennellement la sentence le Jeudi saint de 1228.[32][33] Le motif est clair : nul, fût-il empereur, n'est au-dessus de la parole donnée à Dieu et à l'Église.
La croisade de l'excommunié (1228-1229)
Survient alors un épisode unique dans l'histoire : Frédéric II part en croisade tout en étant excommunié. En 1228-1229, par la négociation plus que par les armes, il obtient du sultan d'Égypte la restitution de Jérusalem et s'y fait couronner roi.[34][35] Le paradoxe est total : l'empereur frappé d'anathème reconquiert la Ville sainte que la chrétienté pleurait. Grégoire IX y voit une provocation — une croisade menée contre la volonté de l'Église, pour la gloire d'un seul homme. Pendant l'absence de Frédéric, les troupes pontificales entrent dans le royaume de Sicile : c'est la « guerre des Clefs ».
La paix de San Germano (1230)
De retour en Italie, Frédéric repousse les armées pontificales mais cherche un accord. La paix de San Germano, conclue le 23 juillet 1230[36], met fin au conflit ; l'excommunication est levée à Ceprano le 28 août 1230, et l'empereur va jusqu'à dîner avec le pape à Anagni en signe de réconciliation.[37] Suit une décennie de paix armée, fragile, où chacun consolide ses forces. Pendant ces années, Grégoire IX peut se consacrer à son œuvre législative et spirituelle.
La seconde excommunication (20 mars 1239)
La trêve se brise sur l'Italie. Frédéric veut soumettre les villes lombardes et faire de la péninsule un bloc impérial encerclant les États pontificaux. Pour Grégoire IX, c'est la liberté même du Saint-Siège qui est menacée. Le 20 mars 1239, dimanche des Rameaux, il excommunie de nouveau l'empereur.[38][39] Cette fois, la rupture est définitive : ce sera la guerre jusqu'à la mort.
La guerre des mots : la Bête et le Dragon
Le conflit déborde le champ des armes pour devenir une guerre de propagande d'une violence inouïe, la première de cette ampleur dans l'histoire européenne. Dans son encyclique de 1239, Grégoire IX désigne Frédéric comme la Bête montant de la mer de l'Apocalypse, « pleine de noms de blasphème ».[40]
Dans cette encyclique, le pape applique à l'empereur les images de l'Apocalypse (chap. 13) : la bête qui monte de la mer, marquée de noms de blasphème[41].
L'empereur réplique avec une égale véhémence : il compare le pape au cavalier du cheval roux qui ôte la paix de la terre, le traite de bête sauvage, d'antéchrist, de « second Balaam » qui vend bénédictions et malédictions.[42] Cette surenchère apocalyptique, plus passionnée que raisonnée, dit l'enjeu vécu par les contemporains : on ne se disputait pas une province, on croyait jouer le sort de la chrétienté.
Le concile empêché et le désastre de la Giglio (1241)
Pour faire juger l'empereur par l'Église universelle, Grégoire IX convoque un concile à Rome pour Pâques 1241. Frédéric II décide de l'empêcher par la force. Le 3 mai 1241, au large de l'île de Giglio (au nord de la Toscane), la flotte pisane alliée à l'empereur écrase la flotte génoise qui transportait les prélats vers Rome : de nombreux cardinaux, archevêques et évêques sont capturés et jetés en prison.[43][44] Le coup est terrible : le concile ne pourra se tenir.
Grégoire IX meurt le 22 août 1241, à Rome, alors que les armées de Frédéric campent aux portes de la Ville.[45] Le duel n'est pas tranché : il faudra attendre Innocent IV et le premier concile de Lyon (1245) pour que l'Église dépose solennellement l'empereur. Mais c'est Grégoire IX qui aura tenu la ligne, jusqu'au bout, sans céder.
Voici, résumé sous forme de frise, le déroulé du grand affrontement :
- 29 septembre 1227Première excommunicationLa croisade différée
Grégoire IX frappe d'anathème Frédéric II, qui a fait demi-tour au lieu de partir pour la Terre sainte.
- 1228-1229La croisade de l'excommunié
Frédéric reprend Jérusalem par la négociation, tout en étant excommunié ; les troupes pontificales entrent en Sicile (« guerre des Clefs »).
- 23 juillet 1230Paix de San Germano
Réconciliation : traité signé à San Germano ; l'excommunication est levée à Ceprano le 28 août. Suit une décennie de paix armée.
- 20 mars 1239Seconde excommunication
Dimanche des Rameaux : la rupture devient définitive sur la question de la domination impériale en Italie.
- 1239La guerre des mots
Grégoire dénonce Frédéric comme la Bête de l'Apocalypse ; l'empereur le traite de bête sauvage et de second Balaam.
- 3 mai 1241Désastre de la Giglio
La flotte impériale capture les prélats venant au concile de Rome convoqué par le pape.
- 22 août 1241Mort de Grégoire IX
Le pape meurt à Rome, l'armée impériale aux portes de la Ville. Le duel reste ouvert.
Les Décrétales de Grégoire IX (1234)
Pourquoi un nouveau code de droit ?
Au début du XIIIᵉ siècle, le droit de l'Église formait un maquis. Au Décret de Gratien (vers 1140) s'étaient ajoutés cinq recueils privés de décrétales — les quinque compilationes antiquae — qui se recoupaient, se contredisaient parfois, et qu'aucune autorité n'avait unifiés.[46] Trouver la norme applicable exigeait une érudition que peu de juristes possédaient. Grégoire IX lui-même, dans le préambule de la bulle promulgatrice, invoque « l'inconvénient de devoir recourir à plusieurs recueils contenant des décisions très diverses et parfois contradictoires ».[47]
Raymond de Peñafort, l'artisan
Pour mener à bien l'entreprise, Grégoire IX choisit son chapelain et confesseur, le dominicain catalan Raymond de Peñafort, l'un des plus grands canonistes de son temps. En environ quatre ans, Raymond rassemble, élague et harmonise quelque 1 970 chapitres, supprimant les répétitions, tranchant les contradictions, modifiant au besoin le texte des décrétales anciennes pour les rendre cohérentes — un travail non de simple compilateur, mais de véritable éditeur législatif.[48] La plupart des textes proviennent des compilations antérieures ; cent quatre-vingt-onze sont des décrétales nouvelles de Grégoire IX lui-même.
Rex pacificus : la promulgation (5 septembre 1234)
Le 5 septembre 1234, par la bulle Rex pacificus, Grégoire IX promulgue l'œuvre et l'envoie aux universités de Bologne et de Paris, cœurs de l'enseignement du droit. La portée de l'acte est décisive : le pape déclare que cette compilation fait seule autorité, interdit à quiconque d'en composer une autre sans permission pontificale expresse, et prive de force légale toute décrétale non incluse.[49][50] On passe ainsi du droit coutumier accumulé au droit positif promulgué.
« Que tous usent de cette seule compilation dans les jugements et dans les écoles. » — Principe de la bulle Rex pacificus, Grégoire IX, 5 septembre 1234[51]
Cinq livres : juge, jugement, clergé, mariage, crime
L'ouvrage, appelé Liber Extra (le « livre [des décrétales rassemblées] en dehors » du Décret de Gratien), s'organise en cinq livres, que les juristes médiévaux retenaient par un vers mnémotechnique : iudex, iudicium, clerus, connubia, crimen — le juge (organisation et hiérarchie), le jugement (procédure), le clergé (vie et discipline des clercs), le mariage (droit matrimonial), le crime (droit pénal et hérésie).[52] Cette architecture limpide, héritée de Bernard de Pavie, deviendra le plan de référence de toute la science canonique.
Une autorité qui dure jusqu'en 1917
Les Décrétales de Grégoire IX entrent au cœur du Corpus Juris Canonici, aux côtés du Décret de Gratien, du Liber Sextus de Boniface VIII (1298), des Clémentines (1317) et des Extravagantes. Cet ensemble, approuvé comme authentique par Grégoire XIII en 1582, restera le droit vivant de l'Église pendant près de sept siècles, jusqu'à la promulgation du premier Code de droit canonique en 1917.[53][54] Peu de papes peuvent se prévaloir d'une œuvre aussi durable.
La fondation de l'Inquisition pontificale (1231-1233)
De l'enquête épiscopale à l'enquête pontificale
La lutte contre l'hérésie cathare, organisée depuis le concile de Latran III (1179) et la décrétale Ad abolendam de Lucius III (1184), reposait jusque-là sur les évêques.[55] Le concile de Latran IV (1215) avait durci l'arsenal. Mais l'enquête diocésaine se révélait inégale, parfois molle, parfois brutale. Grégoire IX décide de professionnaliser la répression de l'hérésie en la confiant à des juges délégués directement par le pape.
Excommunicamus, Ille humani generis et les dominicains
La constitution Excommunicamus (février 1231) reprend et systématise l'arsenal antihérétique.[56] Surtout, par une série de bulles d'avril 1233 — dont Ille humani generis (20 avril 1233), adressée aux prieurs dominicains de Toulouse et d'Albi —, Grégoire IX délègue à l'ordre dominicain des pouvoirs d'enquête pontificaux.[57] L'Inquisition pontificale est née : non comme une nouveauté brutale, mais comme la régularisation d'une procédure jusque-là dispersée. Le détail de son fonctionnement, de ses garanties et de la légende noire qui l'entoure est traité dans l'article consacré aux hérétiques et la légende noire de l'Inquisition.
Conrad de Marbourg : les premiers excès et leur correction
L'institution connaît, dès ses débuts, de graves dérives. Conrad de Marbourg, nommé par Grégoire IX inquisiteur pour le Saint-Empire en 1231, mène une procédure expéditive et fait exécuter rapidement plusieurs nobles allemands. La protestation des évêques rhénans conduit Rome à modérer ses pouvoirs ; Conrad est assassiné le 30 juillet 1233.[58] Ce cas montre un trait souvent ignoré : dès l'origine, la papauté surveille ses propres inquisiteurs et peut les désavouer. La fondation de l'Inquisition par Grégoire IX n'est pas une dérive de fanatisme, mais une tentative — imparfaite — d'encadrer juridiquement une répression qui, livrée aux foules ou aux princes, était bien plus aveugle.
L'université de Paris : Parens Scientiarum (1231)
La grève de 1229 et l'arbitrage du pape
En 1229, un conflit violent oppose les maîtres et étudiants de Paris à l'évêque et à la régente du royaume. La corporation universitaire entre en grève ; les cours s'arrêtent deux ans durant, et une partie des maîtres se disperse vers Reims, Toulouse et Oxford.[59] Grégoire IX, lui-même ancien étudiant de Paris, intervient comme arbitre et scelle le rétablissement par la bulle Parens Scientiarum, promulguée le 13 avril 1231.
La « mère des sciences »
Le nom de la bulle est un programme : Parens Scientiarum, « la mère des sciences ». Le texte garantit à l'université la liberté d'établir ses propres statuts, encadre le pouvoir du chancelier et consacre l'autonomie de la corporation savante.[60]
En préambule, la bulle célèbre Paris, mère des sciences, comme une nouvelle Cariath-Sépher : une cité des lettres dont l'éclat fait espérer des fruits plus grands encore, chère à ses maîtres comme à ses étudiants.[61]
En protégeant ainsi l'université de Paris, Grégoire IX favorise l'essor de la scolastique : c'est dans ce cadre, et grâce à cette liberté garantie par Rome, que pourront bientôt enseigner Albert le Grand, Thomas d'Aquin et Bonaventure. Loin de l'image d'une Église hostile au savoir, le pape se fait ici le garant institutionnel de la vie intellectuelle de la chrétienté.[62]
Le pape, les Juifs et le Talmud
Une enquête sur le Talmud (1239)
Le pontificat de Grégoire IX inaugure aussi une page délicate : l'examen du Talmud. En 1239, alerté notamment par le converti Nicolas Donin, Grégoire IX adresse aux rois et prélats de la chrétienté des lettres ordonnant de saisir et d'examiner les livres talmudiques, soupçonnés de contenir des blasphèmes contre le Christ et la foi chrétienne.[63] L'affaire débouchera, après la mort de Grégoire, sur la fameuse disputation de Paris (1240) et l'autodafé de manuscrits talmudiques en 1242, sous le règne de saint Louis.
Il faut ici, en honnêteté historique, distinguer les niveaux. La démarche de Grégoire IX visait des textes jugés injurieux, non l'existence du judaïsme comme tel : la doctrine constante de l'Église, rappelée par Innocent III dans la bulle Sicut Judaeis, protégeait par ailleurs les personnes juives contre les violences et les conversions forcées. L'épisode du Talmud n'en demeure pas moins un moment de tension que l'historiographie catholique sérieuse ne cherche ni à dissimuler ni à exagérer, mais à comprendre dans son contexte, sans projeter sur le XIIIᵉ siècle les catégories d'aujourd'hui.
Mort et héritage
22 août 1241
Grégoire IX meurt le 22 août 1241, à Rome, au terme d'un règne de plus de quatorze ans, alors que l'armée de Frédéric II campe sous les murs de la Ville.[64] Selon la chronologie traditionnelle, il s'éteint presque centenaire. Son successeur, Célestin IV, élu dans une Rome assiégée, ne régnera que dix-sept jours ; il faudra près de deux ans pour élire Innocent IV, qui reprendra le combat.
Un héritage immense
Peu de pontificats médiévaux laissent une trace aussi profonde. Grégoire IX lègue à l'Église :
- un code de droit — les Décrétales — qui la régira jusqu'en 1917 ;
- une institution — l'Inquisition pontificale — pour le meilleur et pour le pire de ses applications ultérieures ;
- une constellation de saints — François, Antoine, Dominique, Élisabeth — qui demeurent parmi les plus aimés de la chrétienté ;
- la charte de la plus grande université du Moyen Âge ;
- et l'exemple d'un pape qui, très âgé, n'a jamais cédé sur la liberté de l'Église face au plus puissant prince de son temps.
Ce que révèle ce pontificat
La liberté de l'Église face au pouvoir temporel
Le duel avec Frédéric II n'était pas une querelle d'ambitions. Il posait la question décisive : le successeur de Pierre peut-il gouverner librement, ou doit-il devenir un chapelain de l'Empire ? En tenant bon jusqu'à la mort, Grégoire IX a transmis intacte aux papes suivants la conviction que l'autorité spirituelle ne relève d'aucun trône. C'est la même cause que celle de Grégoire VII et d'Alexandre III, défendue dans des conditions nouvelles.
Le droit au service de la communion
Codifier le droit n'est pas, pour l'Église, un geste bureaucratique. Un droit clair protège le faible contre l'arbitraire, garantit des procédures, ordonne la vie commune. Les Décrétales de Grégoire IX ont donné à la chrétienté un langage juridique commun, de Lisbonne à Cracovie. Le pape canoniste a compris que la charité a besoin d'institutions pour durer.
La sainteté reconnue, non subie
Enfin, ce pontificat révèle une Église confiante dans l'action de Dieu. En canonisant si vite François et Dominique, Grégoire IX n'a pas cédé à une mode : il a discerné, au cœur d'un siècle troublé, le passage de l'Esprit. Le même pape qui bâtissait des codes savait s'agenouiller devant un saint en haillons. C'est là, peut-être, le secret de sa grandeur : avoir tenu ensemble le droit et la sainteté, la fermeté du gouvernant et la tendresse de l'ami de François.
Sources
Sources primaires et corpus médiévaux
Les actes du pontificat sont rassemblés dans les Registres de Grégoire IX édités par Lucien Auvray (Bibliothèque des Écoles françaises d'Athènes et de Rome), source de premier ordre pour la diplomatie pontificale. Les bulles majeures — Mira circa nos (canonisation de François), Rex pacificus (promulgation des Décrétales), Parens Scientiarum (université de Paris), Excommunicamus et Ille humani generis (Inquisition) — sont citées d'après leurs éditions et les recueils canoniques. Le texte des Décrétales figure dans l'édition de référence d'Emil Friedberg, Corpus Iuris Canonici, vol. II, Leipzig, 1879-1881.[65][66]
Sources savantes modernes
Sur Frédéric II et le conflit, la monographie de référence est David Abulafia, Frederick II: A Medieval Emperor, Allen Lane, 1988.[67] Sur le droit canonique, voir James A. Brundage, Medieval Canon Law, Longman, 1995, et l'étude de l'édition des Décrétales par Raymond de Peñafort.[68][69] Sur les Franciscains, John R. H. Moorman, A History of the Franciscan Order from its Origins to the Year 1517, Oxford, 1968, et Augustine Thompson, Francis of Assisi: A New Biography, Cornell University Press, 2012.[70][71] Le récit classique de la guerre de propagande se lit chez Philip Schaff, History of the Christian Church, vol. V.[72]
Sources encyclopédiques et de référence
Les notices croisées — Catholic Encyclopedia (1907), Encyclopædia Britannica, Wikipedia — fournissent le cadre factuel et chronologique de base, à confronter systématiquement aux sources primaires et aux monographies.[73][74]
Chronologie
| Date | Événement | Portée |
|---|---|---|
| vers 1145 (ou 1170) | Naissance d'Ugolino à Anagni | Maison des comtes de Segni, parent d'Innocent III |
| Décembre 1198 | Cardinal-diacre de Sant'Eustachio | Entrée à la curie sous Innocent III |
| 1206 | Cardinal-évêque d'Ostie | Au sommet du Sacré Collège |
| vers 1218-1219 | Doyen du Sacré Collège | Premier des cardinaux |
| 19 mars 1227 | Élection comme pape | Succède à Honorius III |
| 29 septembre 1227 | Première excommunication de Frédéric II | La croisade différée |
| 16 juillet 1228 | Canonisation de saint François d'Assise | Bulle Mira circa nos |
| 23 juillet 1230 | Paix de San Germano | Réconciliation avec l'empereur |
| 13 avril 1231 | Bulle Parens Scientiarum | Charte de l'université de Paris |
| Février 1231 | Constitution Excommunicamus | Organisation de l'Inquisition |
| 20 avril 1233 | Bulle Ille humani generis | Inquisition confiée aux dominicains |
| 5 septembre 1234 | Promulgation des Décrétales (Rex pacificus) | Code de droit jusqu'en 1917 |
| 27 mai 1235 | Canonisation de sainte Élisabeth de Hongrie | Modèle de charité laïque |
| 20 mars 1239 | Seconde excommunication de Frédéric II | Rupture définitive |
| 3 mai 1241 | Désastre naval de la Giglio | Le concile de Rome empêché |
| 22 août 1241 | Mort à Rome | L'armée impériale aux portes de la Ville |
Pour aller plus loin
- Pape Honorius III — le prédécesseur de Grégoire IX, qui approuva la Règle franciscaine de 1223.
- Pape Innocent III — l'oncle d'Ugolino et le plus puissant pape du Moyen Âge.
- Pape Innocent IV — le pape qui, au concile de Lyon I (1245), déposera Frédéric II.
- Concile de Lyon I (1245) — l'aboutissement du conflit avec l'Empire.
- Concile de Latran IV (1215) — le grand concile d'Innocent III dont Grégoire IX prolonge l'œuvre.
- Saint François d'Assise — l'ami que Grégoire IX canonisa en 1228.
- Les hérétiques et la légende noire de l'Inquisition — l'institution organisée par Grégoire IX.
- L'université de Paris et la scolastique — la corporation savante dotée de sa charte par Parens Scientiarum.
- Le Code de droit canonique de 1917 — l'héritier lointain des Décrétales de Grégoire IX.
- Pape Alexandre III — autre grand pape canoniste et défenseur de la liberté de l'Église.
Notes et références
Charles George Herbermann et al. (dir.), "Pope Gregory IX", The Catholic Encyclopedia, vol. VI, Robert Appleton Company, New York, 1909, repris par New Advent : naissance à Anagni vers 1145, neveu d'Innocent III, formation à Paris et Bologne, cardinal-diacre de Sant'Eustachio (1198), cardinal-évêque d'Ostie (1206), élection le 19 mars 1227, canonisations de François (16 juillet 1228), Antoine de Padoue (30 mai 1232), Dominique (3 juillet 1234, bulle datée de Rieti) et Élisabeth de Thuringe (27 mai 1235), excommunications de Frédéric II, mort le 22 août 1241 « presque centenaire ». URL : https://www.newadvent.org/cathen/06796a.htm.
1 14 16 19 21 25 30 32 37 45 64 73"Pope Gregory IX", Wikipedia (encyclopédie collaborative, à confronter aux sources primaires) : Ugolino dei Conti di Segni, né à Anagni (datation disputée v.1145 / v.1170), parent d'Innocent III, cardinal-diacre (déc. 1198), cardinal-évêque d'Ostie (1206), doyen du Sacré Collège (1218/19), élu le 19 mars 1227, mort le 22 août 1241 ; excommunications de Frédéric II (1227, 1239), croisade de 1228-1229 et reprise de Jérusalem, bataille navale de la Giglio (3 mai 1241), ordre d'examen du Talmud (1239). URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Gregory_IX.
2 15 17 18 34 38 43 63 74"Decretals of Gregory IX", Wikipedia et notices canoniques : compilation dite Liber Extra, promulguée le 5 septembre 1234 par la bulle Rex pacificus, rédigée par Raymond de Peñafort, organisée en cinq livres (iudex, iudicium, clerus, connubia, crimen), env. 1 971 chapitres, envoyée aux universités de Bologne et Paris avec interdiction de toute autre compilation sans autorisation pontificale ; base du droit canonique jusqu'au Code de 1917, intégrée au Corpus Iuris Canonici. Formule latine exacte de Rex pacificus (E. Friedberg (éd.), Corpus Iuris Canonici, vol. II, Leipzig, 1879, pp. 2-3) : « Volentes igitur, ut hac tantum compilatione universi utantur in iudiciis et in scholis... ». URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Decretals_of_Gregory_IX.
3 10 46 47 49 51 53 65James A. Brundage, Medieval Canon Law, Longman, Londres-New York, 1995 : exposé de référence sur la formation du droit canonique classique, le rôle des Décrétales de Grégoire IX (Liber Extra) dans le Corpus Iuris Canonici, leur structure en cinq livres et leur autorité jusqu'au Code de 1917.
4 11 50 52 54 68Grégoire IX, bulle Parens Scientiarum, 13 avril 1231 : charte fondatrice de l'université de Paris au sortir de la grève de 1229, garantissant la liberté de la corporation et encadrant le pouvoir du chancelier. Voir le dossier de l'article Ignispedia L'université de Paris et la scolastique et les éditions du texte (La Porte latine, sources universitaires). Incipit latin contrôlé (« Parens scientiarum Parisius velut altera Cariath Sepher, civitas litterarum... ») : https://la.wikisource.org/wiki/Parens_scientiarum.
5 59 60 61Grégoire IX, bulle de canonisation de saint François d'Assise Mira circa nos, datée de Pérouse, 1228 (texte fixant la fête au 4 octobre). Traduction française d'après le texte latin ; voir le texte anglais sur Papal Encyclicals Online et EWTN Library. URL : https://www.papalencyclicals.net/greg09/g9mira.htm. Passages cités dans l'article vérifiés conformes à cette traduction de référence (octobre 2026).
6 20 27 28John R. H. Moorman, A History of the Franciscan Order from its Origins to the Year 1517, Clarendon Press, Oxford, 1968 : rôle du cardinal Ugolino comme protecteur des Franciscains, médiation pour la Regula bullata de 1223, relations avec François et Claire d'Assise, canonisation de François.
7 12 22 24 70David Abulafia, Frederick II: A Medieval Emperor, Allen Lane / Oxford University Press, 1988 : biographie de référence de Frédéric II — vœu de croisade différé, excommunication de 1227, croisade de 1228-1229 et reprise de Jérusalem, guerre des Clefs, paix de San Germano (1230), rupture de 1239, guerre de propagande, désastre de la Giglio (1241).
8 13 31 33 35 44 67Philip Schaff, History of the Christian Church, vol. V, The Middle Ages, A.D. 1049-1294, § 43 (« Gregory IX. and Frederick II. 1227-1241 », texte contrôlé verbatim) : encyclique pontificale de 1239 comparant l'empereur à la bête qui monte de la mer (Apocalypse 13), « pleine de paroles de blasphème », et l'appelant aussi dragon vomissant des eaux de persécution ; réplique impériale comparant le pape au cavalier du cheval roux, et l'appelant bête sauvage (belua), antéchrist et second Balaam. URL : https://ccel.org/ccel/schaff/hcc5/hcc5.ii.viii.ii.html.
9 39 40 41 42 72Augustine Thompson, O.P., Francis of Assisi: A New Biography, Cornell University Press, Ithaca, 2012 : biographie critique de François d'Assise, mort le 3 octobre 1226, stigmates de l'Alverne, relations avec le cardinal Ugolino, contexte de la canonisation de 1228.
23 71Sur la canonisation du 16 juillet 1228 à Assise et la pose de la première pierre de la basilique le lendemain : dossiers historiques sur saint François et la basilique d'Assise (cf. Walks in Rome, "16 July 1228: Canonisation of St Francis of Assisi", et Key to Umbria, Assisi).
26Sur François d'Assise comme premier stigmatisé reconnu de l'histoire de l'Église, voir l'article Ignispedia Les stigmatisés.
29Date du traité : le 23 juillet 1230 (signature à San Germano ; absolution de l'empereur à Ceprano le 28 août) selon l'historiographie récente ; la Catholic Encyclopedia (1909) donnait le 20 juillet 1230.
36Étude académique sur l'édition des Décrétales : "The Authoritative Text: Raymond of Penyafort's Editing of the Decretals of Gregory IX (1234)", montrant que Raymond ne fut pas un simple compilateur mais un véritable éditeur, élaguant, harmonisant et modifiant les textes pour les rendre cohérents (Columbia / Medievalists.net, 2018).
48 69Grégoire IX, constitution Excommunicamus, février 1231, systématisant l'arsenal antihérétique de Latran III et Latran IV. Voir Edward Peters, Inquisition, University of California Press, 1988, chap. 2 ; texte canonique dans E. Friedberg (éd.), Corpus Iuris Canonici, Leipzig, 1879-1881, vol. II.
55 56 66Grégoire IX, bulle Ille humani generis, 20 avril 1233, adressée aux prieurs dominicains de Toulouse et d'Albi, déléguant à l'ordre des Prêcheurs les pouvoirs d'enquête pontificaux. Texte dans C. Douais (éd.), Documents pour servir à l'histoire de l'Inquisition dans le Languedoc, Renouard, Paris, 1900, vol. I.
57Sur Conrad de Marbourg (vers 1180-1233), confesseur de sainte Élisabeth de Hongrie puis inquisiteur du Saint-Empire nommé par Grégoire IX : Norman Cohn, The Pursuit of the Millennium, Oxford University Press, 1970, chap. 4 ; assassiné le 30 juillet 1233, peu après la protestation des évêques rhénans qui conduisit Rome à modérer ses pouvoirs.
58Sur le rôle de la papauté et des universités médiévales dans l'essor de la science et de la pensée, voir l'article Ignispedia L'Église est-elle contre la science ?.
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