Honorius III, né Cencio (que la tradition nomme Cencio Savelli) à Rome vers le milieu du XIIᵉ siècle (date exacte de naissance inconnue), gouverne l'Église catholique du 18 juillet 1216 à sa mort, le 18 mars 1227. Romain de naissance, ancien camérier de la Curie et auteur du Liber Censuum — le grand registre comptable de la papauté —, il succède au puissant Innocent III et précède Grégoire IX.[1][2]
Son pontificat est l'un des plus féconds du Moyen Âge pour la vie religieuse : en un peu plus de dix ans, Honorius III confirme par bulle les trois grands ordres qui vont transformer l'Église — les Dominicains en 1216, les Franciscains en 1223 et l'Ordre du Carmel en 1226, qui deviendra à son tour l'un des grands ordres mendiants. Rares sont les pontificats qui auront couvert de leur autorité, en si peu de temps, trois familles spirituelles aussi décisives.[3][4][5]
Diplomate plus que guerrier, il poursuit les deux grands projets d'Innocent III — la reconquête de la Terre sainte et la réforme de l'Église — mais par la douceur plutôt que par la force.[6] Il relance la cinquième croisade, couronne empereur son ancien élève Frédéric II le 22 novembre 1220, pacifie l'Europe chrétienne d'un bout à l'autre, et dote le droit canonique de l'un de ses premiers recueils officiels, la Compilatio quinta.[7][8]
Il n'occupe pas le premier rang de la mémoire catholique, éclipsé par son prédécesseur Innocent III et par son successeur Grégoire IX. Son dossier n'en est pas moins capital. Et son nom traîne une curiosité tenace : un grimoire de magie noire lui fut faussement attribué quatre siècles après sa mort — une imposture qu'il faut démonter, car elle salit la mémoire d'un pape doux et bâtisseur.[9]
« La règle et la vie des frères mineurs est celle-ci : observer le saint Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ en vivant dans l'obéissance, sans rien en propre et dans la chasteté. » — incipit de la Regula bullata de saint François d'Assise (chapitre I ; latin : « Regula et vita Minorum Fratrum haec est, scilicet Domini nostri Jesu Christi sanctum Evangelium observare vivendo in obedientia, sine proprio et in castitate » ; traduction française citée), confirmée par la bulle Solet annuere d'Honorius III, 29 novembre 1223[10]
Pourquoi Honorius III compte-t-il ?
Le pape qui a confirmé trois grands ordres
Le XIIIᵉ siècle voit naître une forme de vie religieuse entièrement nouvelle : non plus le moine attaché à son monastère, mais le frère mendiant qui prêche par les routes, vit de l'aumône et porte l'Évangile au cœur des villes. Cette révolution spirituelle a un parrain juridique : Honorius III. C'est lui qui confirme l'Ordre des Prêcheurs de saint Dominique par la bulle Religiosam vitam du 22 décembre 1216[11], la Règle des frères mineurs de saint François d'Assise par la bulle Solet annuere du 29 novembre 1223[12], et l'Ordre du Carmel par la bulle Ut vivendi normam du 30 janvier 1226[13].
Sans cette caution pontificale, les intuitions de Dominique et de François seraient peut-être restées des aventures locales, suspectes aux yeux d'une hiérarchie inquiète des prédicateurs errants. En les approuvant, Honorius fait entrer dans la légalité de l'Église ce qui deviendra la grande sève missionnaire des siècles suivants.
Le pape de la douceur après le règne de fer d'Innocent III
Innocent III (1198-1216) avait été le pape le plus puissant du Moyen Âge, maniant l'interdit et l'excommunication comme des armes de gouvernement. Honorius III, déjà âgé à son élection, choisit le chemin inverse. La Catholic Encyclopedia résume ce contraste d'un trait :
« Il poursuivit les mêmes buts que son prédécesseur, mais par la bonté et l'indulgence plutôt que par la force et la sévérité. » — Catholic Encyclopedia, « Pope Honorius III », 1910 (traduit de l'anglais ; original : « Like his famous predecessor Innocent III, he had set his mind on the achievement of two great things, the recovery of the Holy Land and a spiritual reform of the entire Church; but quite in contrast with him he sought these achievements by kindness and indulgence rather than by force and severity »)[14]
Cette douceur n'est pas faiblesse : elle est méthode. Honorius patiente, négocie, multiplie les délais accordés à Frédéric II, réconcilie les cités italiennes en guerre. Le risque de cette patience — on le verra — fut de laisser l'empereur abuser de l'indulgence pontificale. Mais elle valut au pape ce jugement de la Catholic Encyclopedia : il mérita (en anglais : « he deserved the gratitude of the world as the great pacificator of his age ») « la gratitude du monde comme le grand pacificateur de son temps ».[15]
Le « grand pacificateur » de la chrétienté
Comprenant qu'aucune croisade n'était possible tant que les princes chrétiens se faisaient la guerre, Honorius III déploie une diplomatie d'une ampleur remarquable. De l'Angleterre du jeune Henri III à l'Espagne de la Reconquête, du Portugal à la Scandinavie, de la Bohême à la Hongrie, peu de dossiers européens échappent à son arbitrage.[16][17] Là encore, son arme n'est pas l'épée mais la lettre, le légat, la médiation patiente.
Ne pas confondre avec le faux « Grimoire du pape Honorius »
Une mise au point s'impose d'emblée, car elle revient sans cesse. Il existe un livre de magie noire intitulé Le Grimoire du pape Honorius, qui prétend dater du XIIIᵉ siècle et porter l'autorité d'Honorius III pour des opérations de nécromancie. C'est un faux : sa première impression connue date de 1629 (XVIIᵉ siècle), avec une édition attestée en 1670, soit quelque quatre cents ans après la mort du pape (1227).[18] Le présent article y consacre plus loin une section, car cette calomnie occulte mérite d'être démontée point par point.
De Cencio Savelli au pape Honorius
Un Romain au service de la Curie
Cencio est un enfant de Rome, traditionnellement rattaché à la famille Savelli et donné pour fils d'un certain Aimeric — une appartenance que la recherche récente conteste, aucun acte contemporain ne le nommant Savelli.[19][20] Sa carrière est celle d'un grand commis de l'Église : d'abord chanoine de Sainte-Marie-Majeure, il devient camérier (camerlingue) de l'Église romaine en 1188, c'est-à-dire l'administrateur des finances pontificales.[21] En 1193, le pape Célestin III le crée cardinal-diacre de Sainte-Lucie in Silice ; il sera ensuite cardinal-prêtre des Saints-Jean-et-Paul, puis vice-chancelier de l'Église romaine.[22][23]
Cette trajectoire — finances, archives, chancellerie — façonne un homme d'ordre et de méthode, plus administrateur que théologien militant. On le voit d'ailleurs au pied du Christ dans la mosaïque de l'abside de Saint-Paul-hors-les-Murs, qu'il commanda lui-même vers 1220.[24] Elle explique aussi la pièce maîtresse de son œuvre d'avant-pontificat.
Le Liber Censuum : l'archiviste de la papauté
Comme camérier, Savelli achève en 1192 un travail considérable : le Liber Censuum Romanae Ecclesiae, commencé sous Clément III.[25] Ce registre recense méthodiquement les revenus, donations, privilèges et contrats de l'Église romaine — qui doit quoi au Saint-Siège, quelles abbayes et quels royaumes lui sont tributaires. Il demeure aujourd'hui l'une des sources les plus précieuses pour l'histoire économique et administrative de la papauté médiévale.[26]
Loin d'être un simple livre de comptes, le Liber Censuum est un instrument de gouvernement : il fixe la mémoire des droits de l'Église à une époque où tout repose sur la coutume et le parchemin. Savelli y apparaît déjà comme l'homme qui veut donner forme écrite et durable à ce qui flotte dans l'usage — la même intuition qui présidera, trente ans plus tard, à la Compilatio quinta.
Précepteur de Frédéric II
En 1197, Cencio Savelli reçoit une mission lourde de conséquences : il devient précepteur du jeune Frédéric, futur empereur Frédéric II, orphelin confié par l'impératrice Constance à la tutelle d'Innocent III.[27][28] Le cardinal romain enseigne donc l'enfant qui deviendra le plus brillant et le plus retors des souverains de son siècle.
Ce lien personnel pèsera sur tout le pontificat : devenu pape, Honorius traitera Frédéric avec une indulgence de vieux maître envers son ancien élève, espérant toujours de lui la croisade promise — et toujours déçu.
L'élection par compromis de 1216
Innocent III meurt à Pérouse le 16 juillet 1216. Deux jours plus tard, le 18 juillet 1216, dix-neuf cardinaux s'y réunissent pour lui donner un successeur. L'état troublé de l'Italie et la peur d'un schisme les poussent à une élection par compromis : ils délèguent le choix à deux d'entre eux, Ugolino d'Ostie (le futur Grégoire IX) et Guido de Préneste.[29][30] Leur choix tombe sur Cencio Savelli, qui accepte la tiare à contrecœur et prend le nom d'Honorius III.
La suite cérémonielle est rapide : consacré à Pérouse le 24 juillet, couronné à Rome le 31 août, il prend possession du Latran le 3 septembre 1216.[31] Le peuple romain, ravi d'avoir pour pontife un enfant du pays connu pour sa bonté, l'accueille avec liesse.[32]
Les trois grands ordres religieux confirmés
C'est ici que se joue la grandeur durable d'Honorius III. Le tableau suivant récapitule les fondations religieuses qu'il a couvertes de son autorité.
| Ordre confirmé | Fondateur | Bulle pontificale | Date |
|---|---|---|---|
| Ordre des Prêcheurs (Dominicains) | Dominique de Guzmán | Religiosam vitam | 22 décembre 1216 |
| Val des Écoliers | maîtres de l'Université de Paris | Exhibita nobis | 7 mars 1219 |
| Ordre des frères mineurs (Franciscains) | François d'Assise | Solet annuere | 29 novembre 1223 |
| Ordre du Carmel (Carmes) | ermites du mont Carmel | Ut vivendi normam | 30 janvier 1226 |
Les Dominicains : la bulle Religiosam vitam (1216)
Le premier acte majeur du nouveau pape est aussi l'un des plus lourds de conséquences. Le 22 décembre 1216, à peine quatre mois après son couronnement, Honorius III promulgue la bulle Religiosam vitam qui donne reconnaissance universelle à l'Ordre des Prêcheurs de saint Dominique.[33] L'ordre, alors implanté dans le Midi toulousain — il avait reçu l'année précédente une approbation locale de l'évêque de Toulouse —, allait essaimer vers Paris, Bologne et Rome à partir de l'envoi de 1217 ; sa naissance avait coïncidé avec la croisade albigeoise, dans le sud de la France, où les futurs Dominicains s'étaient illustrés par la prédication contre l'hérésie cathare.[34]
Religiosam vitam est considérée comme la bulle de confirmation de l'Ordre : elle place l'institut sous la protection directe du Saint-Siège et lui assigne la règle de saint Augustin.[35] En reconnaissant un ordre voué tout entier à la prédication doctrinale — chose alors inédite —, Honorius arme l'Église d'un instrument décisif contre l'hérésie et pour la formation des fidèles.
Les Franciscains : la bulle Solet annuere (1223)
Le deuxième grand acte concerne François d'Assise. En 1221, François avait donné à ses frères une règle de vie, dite Regula prima, que Rome n'avait pu approuver faute d'assise juridique suffisante. Sur le conseil du cardinal Ugolino (le futur Grégoire IX, protecteur de l'ordre), François se retire en 1223 à l'ermitage de Fonte Colombo pour réviser le texte.[36][37]
La règle révisée — la Regula bullata — est approuvée par la bulle Solet annuere du 29 novembre 1223.[38] C'est la version définitive, après celles de 1209 et 1221, que les frères mineurs observent encore aujourd'hui : son incipit, cité en exergue de cet article, ramasse tout l'idéal franciscain en une phrase — vivre le saint Évangile « sans rien en propre ». La bulle elle-même, qui reprend intégralement le texte de la Règle avant de la confirmer, s'ouvre sur l'incipit qui lui donne son nom :
« Honorius episcopus servus servorum Dei dilectis filiis, fratri Francisco et aliis fratribus de Ordine Fratrum Minorum, salutem et apostolicam benedictionem : Solet annuere Sedes Apostolica piis votis et honestis petentium desideriis favorem benivolum impertiri… » (« Honorius, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, à ses fils bien-aimés frère François et aux autres frères de l'Ordre des frères mineurs, salut et bénédiction apostolique : le Siège apostolique a coutume d'accorder sa faveur bienveillante aux pieux désirs et aux honnêtes demandes des solliciteurs… » ; traduction de l'article) — bulle Solet annuere d'Honorius III, 29 novembre 1223[39]
Par cet acte, le pape grave dans le marbre canonique l'intuition la plus pauvre et la plus évangélique du Moyen Âge : la vie selon l'Évangile, sans propriété ni pouvoir.
Les Carmes : la bulle Ut vivendi normam (1226)
Le troisième grand acte est plus discret mais tout aussi durable. Le 30 janvier 1226, Honorius III approuve par la bulle Ut vivendi normam la règle des ermites du mont Carmel, donnée par saint Albert de Jérusalem.[40] Cet ordre contemplatif, né en Terre sainte, transplantera bientôt en Occident une spiritualité de l'oraison et du silence dont sortiront, des siècles plus tard, sainte Thérèse d'Avila et saint Jean de la Croix. Son statut mendiant se précise après coup : en 1247, Innocent IV adapte la règle aux conditions de l'Occident (Quae honorem) et lui donne son approbation définitive.[41]
Ainsi, en l'espace de dix ans, trois familles spirituelles — prédicateurs, mineurs, contemplatifs — reçoivent de la main d'Honorius III leur acte de naissance canonique.
Le Val des Écoliers et les autres fondations
Honorius ne s'en tient pas aux trois grands ordres. Le 7 mars 1219, par la bulle Exhibita nobis, il approuve la congrégation du Val des Écoliers, née de quatre maîtres en théologie de l'Université de Paris qui avaient renoncé à leurs chaires pour la vie religieuse.[42] On lui attribue aussi des privilèges aux Crucifères et l'extension, contestée par les historiens, de l'indulgence de la Portioncule accordée à saint François.[43] Ce pape administrateur fut, de manière constante, un patron généreux des charismes nouveaux.
Frédéric II et la cinquième croisade
Le couronnement impérial du 22 novembre 1220
Honorius III ne voyait qu'un seul prince capable de reconquérir la Terre sainte : son ancien élève Frédéric II.[44] Le 22 novembre 1220, il le couronne empereur du Saint-Empire à Rome, espérant hâter ainsi le départ de la croisade.[45][46] En échange, Frédéric renouvelle son serment d'allégeance à la papauté, confirme le tribut annuel dû pour la Sicile et réaffirme sa volonté de partir pour l'Orient.[47]
Le pape consent même, à contrecœur, à reconnaître le fils de Frédéric, Henri, comme roi des Romains, unissant ainsi sur une même tête le royaume de Sicile et l'Empire — une concentration de puissance pourtant dangereuse pour la papauté, prise entre les deux.[48]
Les serments sans cesse différés
Là est le drame du pontificat. Frédéric II avait juré de partir dès 1217 ; il multiplia ensuite les promesses et les reculs, qu'Honorius, par indulgence de vieux maître, accepta l'un après l'autre.[49][50] La liste de ces délais est édifiante :
| Échéance promise | Issue |
|---|---|
| 24 juin 1219 | reportée |
| 29 septembre 1219 | reportée |
| 21 mars 1220 | reportée |
| 1er mai 1220 | reportée |
| août 1221 | reportée |
| juin 1225 | reportée |
| août 1227 (accord de San Germano, 25 juillet 1225) | après la mort d'Honorius |
Honorius reconnaissait le dilemme avec un réalisme désabusé :
« Sans la coopération de l'empereur, une croisade victorieuse était impossible. » — Catholic Encyclopedia, « Pope Honorius III », 1910 (traduit de l'anglais ; original : « without the co-operation of the emperor a successful crusade was impossible »)[51]
Il redoutait qu'une mesure trop dure ne provoquât une rupture irréparable. C'est seulement sous son successeur Grégoire IX que Frédéric, enfin parti puis excommunié, accomplira sa croisade — dans des conditions paradoxales.
Damiette : l'échec de 1221
Faute de l'empereur, la cinquième croisade partit sans lui. Lancée à la suite du concile de Latran IV (1215), prêchée et financée à grand-peine — le pape et les cardinaux versant le dixième, le reste du clergé le vingtième de leurs revenus pendant trois ans —, elle aboutit en Égypte.[52][53] Les croisés d'André II de Hongrie et de la basse Rhénanie s'emparèrent de Damiette, mais, faute d'unité et à cause de la rivalité entre les chefs et le légat pontifical Pélage, l'expédition tourna au désastre : Damiette fut reperdue le 8 septembre 1221.[54][55]
Le bras de fer larvé avec l'empereur
Voyant Frédéric abuser de son indulgence et empiéter sur les nominations ecclésiastiques en Apulie, maltraiter le roi Jean de Jérusalem, Honorius tenta sur la fin des mesures plus sévères.[56] Mais la rupture ouverte n'eut pas lieu de son vivant : elle éclatera, frontale, sous Grégoire IX. Honorius mourut sans avoir vu ni la croisade aboutie, ni l'empereur tenir parole — « sans voir la réalisation de ses espérances ».[57]
Le « grand pacificateur » de l'Europe chrétienne
Puisque la croisade supposait la paix entre chrétiens, Honorius III en fit l'œuvre de sa vie. Le tableau ci-dessous donne un aperçu de l'étendue de son arbitrage.
| Région | Intervention | Date approximative |
|---|---|---|
| Angleterre | Protection du jeune roi Henri III, suzeraineté pontificale | 1216-1219 |
| Italie | Réconciliation de Pise et Gênes, Milan et Crémone, Bologne et Pistoia | 1217-1219 |
| Empire latin d'Orient | Couronnement de Pierre de Courtenay, empereur de Constantinople | 9 avril 1217 (la CE 1910 donnait le 12 avril) |
| Espagne | Paix entre Ferdinand III et Alphonse IX, croisade anti-maure | 1218-1219 |
| Portugal | Défense de l'archevêque de Braga contre Alphonse II | 1220-1223 |
| Scandinavie | Libération du roi Valdemar de Danemark | 1224 |
| France | Croisade de Louis VIII contre les Albigeois | 1226 |
L'Angleterre du jeune Henri III
Depuis qu'Innocent III avait fait de l'Angleterre un fief pontifical, le pape y disposait d'une autorité suprême. À la mort de Jean sans Terre (19 octobre 1216), son fils Henri III, âgé de neuf ans, eut besoin de la protection papale contre les barons révoltés et le prince Louis de France.[58][59] Le 19 janvier 1217, Honorius écrit à Guillaume le Maréchal, comte de Pembroke et tuteur du jeune roi, pour qu'il prépare la guerre contre les rebelles ; le 11 septembre 1217, Henri III est reconnu roi incontesté.[60] Par ses légats Gualo puis Pandulf, le pape gouverna de fait l'Angleterre pendant ces années, le jeune roi et les barons le reconnaissant comme suzerain du royaume.[61]
L'Espagne, le Portugal et la Reconquête
Dans la péninsule Ibérique, Honorius travailla à la fois à la paix entre princes chrétiens et à la guerre contre l'islam. Il obtint une paix durable entre Ferdinand III de Castille et Alphonse IX de León, protégea le jeune roi Jacques d'Aragon, et lança une croisade anti-maure en 1218-1219.[62][63] Au Portugal, de 1220 à 1223, il défendit l'archevêque de Braga contre le roi excommunié Alphonse II.[64] La Reconquête trouva en lui un soutien constant.
L'Empire latin de Constantinople
Honorius hérita aussi de la situation née de la quatrième croisade, qui avait installé un Empire latin à Constantinople. Le 9 avril 1217 — la Catholic Encyclopedia de 1910 donnait le 12 avril, divergence laissée ici visible faute de pièce nouvelle —, il couronna Pierre de Courtenay empereur de Constantinople, et protégea ensuite ses successeurs Robert et le roi Démétrius de Thessalonique.[65][66] Il s'efforça aussi de régler les conflits entre Grecs et Latins à Chypre — une diplomatie d'Orient aussi délicate qu'incertaine.
Les marges de la chrétienté : Prusse, Scandinavie, Europe centrale
Peu de régions échappèrent à son attention. En Bohême (1223), son légat protégea les droits de l'Église contre le roi Ottokar ; en Hongrie, il défendit le roi André II contre son fils rebelle ; au Danemark (1224), il obtint la libération du roi Valdemar, captif du comte Henri de Schwerin ; en Suède, il défendit les droits de l'Église et promut le célibat du clergé.[67][68] Il soutint encore l'évêque Christian dans l'évangélisation des païens de Prusse, appelant plusieurs provinces ecclésiastiques à préparer une croisade en 1222.[69] De la Baltique à la Méditerranée, la chrétienté entière passa par son arbitrage.
L'œuvre canonique et intellectuelle
La Compilatio quinta : l'un des premiers recueils officiels de décrétales
Honorius III laisse une trace majeure dans l'histoire du droit de l'Église. Dès 1217, il fait mettre en recueil ses propres décrétales, à l'exemple d'Innocent III qui avait fait autoriser la Compilatio tertia en 1210.[70] Le travail, confié au canoniste Tancrède de Bologne, aboutit vers le 2 mai 1226 à la Compilatio quinta, promulguée par la bulle Novae causarum et envoyée aussitôt à l'Université de Bologne. Les historiens du droit canon la regardent comme l'un des plus anciens livres officiels de droit canonique de l'histoire de l'Église.[71]
C'est une étape décisive : l'Église se dote ainsi d'un code authentique, promulgué par le pape lui-même et destiné à l'enseignement universitaire. Honorius prépare ainsi directement le grand recueil de son successeur, le Liber Extra de Grégoire IX (1234), socle du droit canonique pour sept siècles.
Super Specula : la formation théologique du clergé
Pape lettré, Honorius III exigea du clergé une formation sérieuse, surtout en théologie.[72] Il refusa de confirmer l'élection épiscopale de certains clercs jugés trop ignorants, et déposa même un évêque pour illettrisme.[73] Par la bulle Super Specula Domini, il ordonna que de jeunes clercs doués aillent étudier la théologie dans des écoles reconnues, pour revenir ensuite enseigner dans leurs diocèses.[74] Il combla de privilèges les universités de Paris et de Bologne — investissant dans l'intelligence de la foi autant que dans son gouvernement.
Les canonisations d'Honorius III
Honorius III canonisa six ou sept saints.[75] La Catholic Encyclopedia en détaille quatre, repris dans le tableau suivant :
| Saint canonisé | Fonction | Date de canonisation |
|---|---|---|
| Guillaume de Bourges | archevêque de Bourges (mort en 1209) | 17 mai 1218 |
| Hugues de Lincoln | évêque de Lincoln (mort en 1200) | 18 février 1220 |
| Guillaume de Roskilde | abbé au Danemark (mort en 1203) | 21 janvier 1224 |
| Guillaume d'York | archevêque d'York (mort en 1154) | 18 mars 1226 |
Il enquêta également sur les miracles attribués à saint Maurice de Carnoët, abbé cistercien, et canonisa probablement saint Raynier, évêque d'Aquila.[76] Par ces actes, Honorius continua de tisser le lien entre Rome et les Églises lointaines de l'Europe du Nord.
Un pape écrivain
Au-delà du Liber Censuum et de la Compilatio quinta, Honorius III fut un auteur fécond. On lui doit une Vie de Célestin III, une Vie de Grégoire VII, un Ordo Romanus (guide du cérémonial ecclésiastique), trente-quatre sermons et une abondante correspondance.[77] Sa figure est celle d'un homme de plume et d'archives autant que de gouvernement — bien loin de l'image sulfureuse que lui vaudra, quatre siècles plus tard, le faux grimoire de magie noire qui usurpera son nom.[78]
Le faux « Grimoire du pape Honorius »
Un grimoire de magie noire attribué faussement au pape
Le nom d'Honorius III a été sali par l'une des plus célèbres impostures occultes de l'histoire. Il existe un livre de magie intitulé Le Grimoire du pape Honorius, qui prétend offrir des recettes pour invoquer et commander les démons — et qui se réclame de l'autorité d'un pape.[79] À ne pas confondre avec le Liber Juratus médiéval attribué à Honorius de Thèbes : c'est un texte distinct, sans lien avec ce grimoire tardif.[80] La première édition connue est française et date de 1629 (XVIIᵉ siècle), avec une édition attestée en 1670 ; elle affirme remonter au XIIIᵉ siècle et à Honorius III.[81]
Pourquoi c'est une imposture
Les preuves de la falsification sont accablantes. Le texte, dont la première impression connue date de 1629 (édition attestée en 1670), paraît donc quelque quatre cents ans après la mort du pape (1227).[82] Les analyses relèvent des anachronismes flagrants : le grimoire renvoie à des ouvrages magiques postérieurs, comme l'Heptameron (1531), et à des textes médiévaux qui n'ont jamais existé. L'examen paléographique date les manuscrits survivants des XVIIᵉ-XVIIIᵉ siècles, et les éditions imprimées portent de fausses dates destinées à les vieillir artificiellement.[83]
Ce que l'Église et les historiens en disent
L'occultiste Arthur Edward Waite lui-même, pourtant familier de cette littérature, jugeait l'ouvrage sans détour :
« C'est une imposture malveillante et assez habile, indéniablement calculée pour tromper les ignorants de son époque enclins à la magie, et plus encore les prêtres ignorants, puisqu'elle prétend transmettre la sanction expresse du Siège apostolique pour des opérations de magie infernale et de nécromancie. » — A. E. Waite, historien de l'occultisme[84]
L'Église, de son côté, ne trouve aucune preuve historique qu'un tel livre ait jamais été autorisé par un pape.[85] Le procédé est limpide : revêtir une magie subversive du costume rassurant de l'autorité pontificale, à une époque de tensions entre catholicisme et courants ésotériques. Attribuer à Honorius III — pape doux, administrateur, protecteur des Dominicains, des Franciscains et des ermites du Carmel — un manuel de nécromancie relève de la pure calomnie posthume. Le vrai Honorius III ne commandait pas aux démons : il confirmait les fils de saint François et de saint Dominique.
Que retenir d'Honorius III ?
Un pape de transition décisif
Honorius III est l'un de ces pontifes que l'histoire range au second plan, entre deux géants — Innocent III avant lui, Grégoire IX après. Pourtant, son bilan est immense : trois ordres religieux confirmés — Dominicains et Franciscains, déjà mendiants, et ermites du Carmel, dont le statut mendiant ne se précisera qu'en 1247 —, un empereur couronné, l'un des premiers codes officiels de droit canonique, une paix patiemment tissée d'un bout à l'autre de la chrétienté.[86][87][88] Il fut le pape qui sut recueillir et stabiliser les forces nouvelles surgies sous son prédécesseur.
La leçon spirituelle : la fécondité de la douceur
Le point spirituel le plus juste de ce pontificat tient à sa méthode. Là où Innocent III avait gouverné par la force, Honorius gouverna par la patience et la bonté — quitte à être trompé par Frédéric II. Mais cette douceur ne fut pas stérile : c'est elle qui sut accueillir les charismes déconcertants de François et de Dominique, là où une Église plus méfiante les aurait étouffés. L'histoire retient souvent les papes qui frappent ; elle devrait davantage retenir ceux qui, comme Honorius III, savent reconnaître et bénir ce que l'Esprit fait naître. La vraie fécondité, parfois, n'est pas dans le coup d'éclat, mais dans l'humble assentiment donné à plus grand que soi.
Pour aller plus loin
- Pape Innocent III — le prédécesseur d'Honorius III, le pape le plus puissant du Moyen Âge.
- Saint François d'Assise — dont Honorius III confirme la Règle par Solet annuere en 1223.
- Saint Dominique — fondateur de l'Ordre des Prêcheurs, confirmé par Religiosam vitam en 1216.
- Pape Honorius II — autre pape du même nom, à ne pas confondre.
- Pape Honorius I — encore un autre Honorius, dont le cas posthume fut très différent.
- Concile de Latran IV (1215) — le grand concile d'Innocent III qui lance la croisade reprise par Honorius III.
- Les croisades — pour la cinquième croisade et la perte de Damiette.
Notes et sources
Notes et références
Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius III", vol. 7, New York, Robert Appleton Company, 1910 ; transcription New Advent : Cencio Savelli, chanoine de Sainte-Marie-Majeure, camérier (1188), cardinal-diacre de Sainte-Lucie in Silice (1193), cardinal-prêtre des Saints-Jean-et-Paul, précepteur de Frédéric II (1197), Liber Censuum, élection par compromis du 18 juillet 1216, consécration le 24 juillet, couronnement le 31 août, prise de possession du Latran le 3 septembre, gouvernement par la douceur, cinquième croisade, couronnement de Frédéric II, ordres mendiants, Compilatio quinta, canonisations, écrits, mort le 18 mars 1227. La séquence élective (consécration à Pérouse le 24 juillet 1216, couronnement à Rome le 31 août, prise de possession du Latran le 3 septembre) est confirmée par "Pope Honorius III", Wikipedia. URL : https://www.newadvent.org/cathen/07457a.htm et https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Honorius_III.
1 6 14 16 21 22 28 30 31 32 43 44 48 50 51 52 55 56 57 59 63 66 68 72 73 77 86"Pope Honorius III", Wikipedia (encyclopédie en ligne, consultée en 2026) : naissance de Cencio vers 1150 à Rome, traditionnellement donné pour fils d'Aimeric, de la famille Savelli (appartenance contestée, voir note suivante) ; carrière de chanoine et de camérier ; cardinalat (1193) ; vice-chancelier (1194-1198) ; élection du 18 juillet 1216 ; mort le 18 mars 1227 ; successeur Grégoire IX ; sépulture à Sainte-Marie-Majeure. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Honorius_III.
2 19 23Bulle Religiosam vitam, 22 décembre 1216 : confirmation universelle de l'Ordre des Prêcheurs (Dominicains) par Honorius III, plaçant l'ordre sous la protection du Saint-Siège et lui assignant la règle de saint Augustin ; l'ordre, alors implanté dans le Midi toulousain avec une approbation locale de l'évêque de Toulouse en 1215, dans le contexte de la croisade albigeoise, l'essor vers Paris, Bologne et Rome datant de l'envoi de 1217 (Bologne en 1218). Source : "Religiosam vitam", Wikipedia ; Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius III". URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Religiosam_vitam.
3 11 33 34 35Bulle Solet annuere, 29 novembre 1223 : confirmation par Honorius III de la Regula bullata de saint François d'Assise (règle définitive des frères mineurs, après les rédactions de 1209 et 1221), révisée à l'ermitage de Fonte Colombo avec le concours du cardinal Ugolino, futur Grégoire IX. La bulle reprend intégralement le texte de la Règle avant de la confirmer. Véritable incipit (inscriptio + arenga) : « Honorius episcopus servus servorum Dei dilectis filiis, fratri Francisco et aliis fratribus de Ordine Fratrum Minorum, salutem et apostolicam benedictionem : Solet annuere Sedes Apostolica piis votis et honestis petentium desideriis favorem benivolum impertiri… ». Texte établi d'après Kajetan Esser, O.F.M., Gli Scritti di S. Francesco d'Assisi : nova edizione critica e versione italiana, Edizioni Messaggero Padova, 1982 (réimpr. 1995), p. 462-469 (transcription bilingue latin-anglais). Sources : "Solet annuere (Honorius III.)", Wikipedia (de) — bulle du 29 novembre 1223 confirmant la règle, troisième et définitive après celles de 1209 et 1221. URL : https://de.wikipedia.org/wiki/Solet_annuere_(Honorius_III.).
4 12 36 38 39Bulle Ut vivendi normam, 30 janvier 1226 : approbation par Honorius III de la règle des ermites du mont Carmel (Ordre du Carmel), donnée par saint Albert de Jérusalem. Source : Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius III", New Advent. URL : https://www.newadvent.org/cathen/07457a.htm. Statut mendiant précisé après coup : le 1er octobre 1247, Innocent IV adapte la règle aux conditions occidentales (décret Quae honorem) et lui donne son approbation définitive. Sources : site officiel de l'Ordre du Carmel (ocarm.org) ; Constitutions de l'Ordre du Carmel (1995).
5 13 40 41 88Couronnement impérial, passages exacts de la Catholic Encyclopedia : « Hoping to hasten the departure of Frederick for the Holy Land, he crowned him emperor at Rome on 22 November, 1220 » ; « he reluctantly approved the election of Frederick's son Henry as King of the Romans, which practically united the Sicilian kingdom and the empire in one person ». Source : Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius III", New Advent ; Larousse. URL : https://www.newadvent.org/cathen/07457a.htm.
7 45 47Compilatio quinta : recueil des décrétales d'Honorius III mis en chantier dès 1217, réalisé par le canoniste Tancrède de Bologne, promulgué vers le 2 mai 1226 par la bulle Novae causarum et envoyé à l'Université de Bologne ; comme la Compilatio tertia d'Innocent III (1210), c'est un recueil officiel — « the fifth compilation is, like the third, an official code, compiled by order of Honorius III (1216-1227) » (Catholic Encyclopedia, "Papal Decretals"). La tertia, autorisée par Innocent III en 1210 (Petrus Beneventanus), précède donc la quinta comme recueil officiel. Sources : "Quinque compilationes antiquae" et "Decretal", Wikipedia ; Catholic Encyclopedia, "Papal Decretals" et "Pope Honorius III". URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Quinque_compilationes_antiquae.
8 70 71 87"The Grimoire of Pope Honorius", Wikipedia : grimoire de magie attribué faussement à Honorius III, première édition française connue de 1629 (XVIIᵉ siècle), édition attestée en 1670, soit quelque quatre cents ans après la mort du pape (1227) ; l'ouvrage prétend remonter au XIIIᵉ siècle ; anachronismes (renvoi à l'Heptameron de 1531 et à des textes médiévaux inexistants), datation paléographique des manuscrits aux XVIIᵉ-XVIIIᵉ siècles, fausses dates sur les éditions imprimées ; aucune preuve historique d'une autorisation pontificale. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/The_Grimoire_of_Pope_Honorius.
9 18 78 79 81 82 83 85Saint François d'Assise, Regula bullata (Règle de 1223), chapitre I. Latin : « Regula et vita Minorum Fratrum haec est, scilicet Domini nostri Jesu Christi sanctum Evangelium observare vivendo in obedientia, sine proprio et in castitate. » Traduction française citée dans l'article : « La règle et la vie des frères mineurs est celle-ci : observer le saint Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ en vivant dans l'obéissance, sans rien en propre et dans la chasteté. » Texte confirmé par la bulle Solet annuere du 29 novembre 1223. Source : "Règle de saint François", Wikipédia (fr). URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A8gle_de_saint_Fran%C3%A7ois.
10 37« he deserved the gratitude of the world as the great pacificator of his age. Knowing that the crusade was impossible as long as the Christian princes were at war with one another, he began his pontificate by striving to establish peace throughout Europe » (Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius III"). Source : New Advent. URL : https://www.newadvent.org/cathen/07457a.htm.
15 17Contestation de l'appartenance aux Savelli : « Recent revisionist argumentation has suggested that he might not have been a Savelli. The argument is based on the undeniable fact that there is no contemporary document that calls him Cencio Savelli. » ("Pope Honorius III", Wikipedia, avec renvois à Renato Lefevre, « Un papa Savelli (Onorio III) che non fu Savelli », Strenna dei Romanisti 52 (1991), p. 283-290, et Gualtiero Sirtoli, « Onorio III: il permanere di un dubbio sulla sua appartenenza al lignaggio Savelli », Frate Francesco 71 (2005), p. 415-431). La même source précise toutefois qu'il n'existe pas non plus de preuve certaine du contraire (« But there is no certain proof that Honorius III did not belong to the Savelli family »), les patronymes n'étant pas d'usage courant aux XIIᵉ-XIIIᵉ siècles. L'attribution aux Savelli reste donc traditionnelle mais douteuse, sans certitude dans un sens ni dans l'autre.
20Mosaïque absidiale de Saint-Paul-hors-les-Murs, datée de 1220 : « Apse mosaic (1220). Christ flanked by the Apostles Peter, Paul, and Andrew and Saint Luke » ; « Detail of the apse mosaic: Pope Honorius III, who commissioned it » ("Basilica of Saint Paul Outside the Walls", Wikipedia). La notice du fichier source précise : « Detail of the apse mosaic of the Basilica of Saint Paul Outside the Walls (1220) […] Pope Honorius III ordered the mosaic and […] is represented near Christ's feet » (Wikimedia Commons, File:Portrait of Honorius III - Apse Mosaic of the Basilica of Saint Paul Outside the Walls - Roma - Italy.jpg). URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Basilica_of_Saint_Paul_Outside_the_Walls.
24Cencio Savelli (futur Honorius III), Liber Censuum Romanae Ecclesiae, registre des revenus, donations, privilèges et contrats de l'Église romaine, commencé sous Clément III et achevé en 1192 ; source majeure pour l'histoire économique et administrative de la papauté médiévale. Sources : Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius III", New Advent (commencé sous Clément III, achevé en 1192) ; "Pope Honorius III", Wikipedia (même date, 1192). URL : https://www.newadvent.org/cathen/07457a.htm et https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Honorius_III.
25 26Précepteur du futur Frédéric II : en 1197, le cardinal Cencio Savelli devient le tuteur du jeune Frédéric, orphelin confié par l'impératrice Constance à la tutelle d'Innocent III. Sources : Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius III", New Advent (tuteur du futur Frédéric II en 1197) ; "Pope Honorius III", Wikipedia (même date, 1197). URL : https://www.newadvent.org/cathen/07457a.htm et https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Honorius_III.
27Élection par compromis du 18 juillet 1216 à Pérouse : après la mort d'Innocent III (16 juillet 1216), dix-neuf cardinaux délèguent le choix du pape à Ugolino d'Ostie (futur Grégoire IX) et Guido de Préneste, qui désignent Cencio Savelli ; acceptation à contrecœur et prise du nom d'Honorius III. Source : Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius III", New Advent. URL : https://www.newadvent.org/cathen/07457a.htm.
29Bulle Exhibita nobis, 7 mars 1219 : approbation de la congrégation du Val des Écoliers, fondée par quatre maîtres en théologie de l'Université de Paris ayant renoncé à leurs chaires pour la vie religieuse. Source : Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius III", New Advent. URL : https://www.newadvent.org/cathen/07457a.htm.
42Larousse, Encyclopédie — Honorius III (Cencio Savelli), notice biographique : pontificat de 1216 à 1227, croisade de 1217-1221 soldée par la perte de Damiette, couronnement de Frédéric II empereur en 1220. URL : https://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Honorius_III/111534.
46Délais successifs accordés à Frédéric II, passage exact de la Catholic Encyclopedia : « Frederick promised to set sail for the Holy Land on 24 June, 1219. He then obtained permission to postpone his departure repeatedly, first till 29 September, 1219, then successively till 21 March, 1220, 1 May, 1220, August, 1221, June, 1225, and finally, at the meeting of the pope and the emperor at San Germano on 25 July, 1225, till August, 1227. » Source : Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius III", New Advent. URL : https://www.newadvent.org/cathen/07457a.htm.
49Cinquième croisade, passages exacts de la Catholic Encyclopedia : « the pope and the cardinals were to contribute the tenth part, and all other ecclesiastics the twentieth part, of their income for three years » ; « Andrew II of Hungary and, somewhat later, a fleet of crusaders from the region along the Lower Rhine finally departed for the Holy Land, took Damietta and a few other places in Egypt ; but lack of unity among the Christians, also rivalry between the leaders and the papal legate Pelagius […] resulted in failure ». Perte de Damiette le 8 septembre 1221 : "Fifth Crusade" et "Battle of Mansurah (1221)", Wikipedia. Source CE : https://www.newadvent.org/cathen/07457a.htm.
53 54Angleterre, passages exacts de la Catholic Encyclopedia : « On 19 January, 1217, he wrote to William, Earl of Pembroke, who was the young king's guardian and the regent of England, to prepare for war against Prince Louis and the faithless English barons » ; « Henry III was acknowledged the undisputed King of England on 11 September, 1217 » ; « actually, however, England was ruled by Honorius III through Pandulf, who had meanwhile succeeded Gualo as papal legate in England » ; « he as well as the barons and the people acknowledged the pope as the suzerain of the kingdom ». Source : Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius III", New Advent. URL : https://www.newadvent.org/cathen/07457a.htm.
58 60 61Espagne et Portugal, passages exacts de la Catholic Encyclopedia : « In Spain he effected a lasting peace between King Ferdinand III and Alfonso IX of Leon, undertook a crusade against the Moors (1218-1219), and protected the boy-king Jaime of Aragon » ; « In Portugal he defended Archbishop Estevao […] against the excommunicated King Alfonso II (1220-1223) ». Source : Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius III", New Advent. URL : https://www.newadvent.org/cathen/07457a.htm.
62 64Couronnement de Pierre de Courtenay : « He was consecrated emperor at the Basilica of Saint Lawrence outside the Walls in Rome by Pope Honorius III on 9 April 1217 » ("Peter II of Courtenay", Wikipedia ; même date dans "Latin Emperor" et "Crusading for the Latin Empire"). La Catholic Encyclopedia (1910) donnait encore le 12 avril 1217. Protection de ses successeurs Robert et du roi Démétrius de Thessalonique, médiation entre Grecs et Latins à Chypre : Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius III". URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Peter_II_of_Courtenay et https://www.newadvent.org/cathen/07457a.htm.
65Marges de la chrétienté, passages exacts de la Catholic Encyclopedia : « In Bohemia he safeguarded the rights of the Church against the encroachments of King Ottocar, through his legate Gregorius de Crescentio in 1223 » ; « In Hungary he protected King Andrew II against his rebellious son Bela IV by threatening the latter with excommunication » ; « For Denmark he effected in 1224 the liberation of its King Waldemar from the captivity in which he was held by Count Henry of Schwerin » ; « In Sweden he protected the rights of the Church […] and urged celibacy upon the clergy » ; « He also assisted Bishop Christian of Prussia […] and […] called upon the ecclesiastical provinces […] in 1222 to prepare a crusade against them ». Source : Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius III", New Advent. URL : https://www.newadvent.org/cathen/07457a.htm.
67 69Bulle Super Specula Domini : Honorius III ordonne que de jeunes clercs doués étudient la théologie dans des écoles reconnues pour revenir enseigner dans leurs diocèses ; exigence d'une formation théologique sérieuse du clergé, refus de confirmer des élus épiscopaux jugés ignorants, privilèges aux universités de Paris et Bologne. Source : Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius III", New Advent. URL : https://www.newadvent.org/cathen/07457a.htm.
74Canonisations, passage exact de la Catholic Encyclopedia : « It is remarkable that four out the six or seven saints that were canonized by Honorius III were English or Irish. On 17 May, 1218, he canonized William, Archbishop of Bourges (d. 1209); on 18 February, 1220, Hugh, Bishop of Lincoln (d. 1200); on 21 January, 1224, William, Abbot of Roschild in Denmark (d. 1203); on 18 March, 1226, William, Archbishop of York (d. 1154). » La source ne nomme pas les deux ou trois autres saints du total de « six or seven » : le tableau ci-dessus ne prétend donc recenser que les quatre cas détaillés. La même source signale le comité d'enquête sur les miracles de Maurice de Carnoët (jamais formellement canonisé selon elle) et la canonisation probable de Raynier d'Aquila. Source : Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius III", New Advent. URL : https://www.newadvent.org/cathen/07457a.htm.
75 76Distinction des deux textes : le Liber Juratus Honorii (Livre juré d'Honorius) est un grimoire médiéval attribué à un certain Honorius de Thèbes — « a medieval grimoire purportedly written by Honorius of Thebes » ("Sworn Book of Honorius", Wikipedia) — sans lien avec le Grimoire du pape Honorius, dont la première impression connue date de 1629 : « Honorius of Thebes Is Not Pope Honorius […] These are not the same textual identities ». URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Sworn_Book_of_Honorius.
80Arthur Edward Waite, The Book of Ceremonial Magic, Londres, William Rider & Son, 1911, § 4 « The Grimoire of Honorius » : Waite y qualifie l'ouvrage d'imposture malveillante destinée à tromper les ignorants et les prêtres crédules en feignant la sanction du Siège apostolique pour des opérations de magie infernale et de nécromancie. Texte original anglais (vérifié sur la numérisation Archive.org) : « …it is a malicious and somewhat clever imposture, which was undeniably calculated to deceive ignorant persons of its period who may have been magically inclined, more especially ignorant priests, since it pretends to convey the express sanction of the Apostolical Seat for the operations of Infernal Magic and Necromancy. ». Source : https://archive.org/details/a.-e.-waite-the-book-of-ceremonial-magic (citation également retranscrite dans "The Grimoire of Pope Honorius", Wikipedia : https://en.wikipedia.org/wiki/The_Grimoire_of_Pope_Honorius).
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