Pape Honorius I (625-638)

Honorius I, pape de 625 à 638, fut un grand bâtisseur de la Rome chrétienne et un acteur de la mission anglaise, mais son nom reste lié à la crise monothélite et à sa condamnation posthume par Constantinople III.

Ignispedia

Pape Honorius I gouverne l'Église de Rome du 27 octobre 625 au 12 octobre 638. Le Saint-Siège le présente comme le 70e pape de l'Église catholique, originaire de Campanie, successeur de Boniface V et prédécesseur de Séverin.[1]

Son pontificat est l'un des plus contrastés du VIIe siècle. D'un côté, le Liber Pontificalis garde le souvenir d'un pape énergique, formateur du clergé, grand restaurateur de sanctuaires romains, bâtisseur de Sainte-Agnès-hors-les-Murs et de Saint-Pancrace, protecteur du patrimoine de Saint-Pierre, et acteur de la mission anglaise.[2] De l'autre, son nom reste lié à la plus grave controverse historique invoquée contre la papauté : ses lettres au patriarche Sergius de Constantinople furent jugées ambiguës dans la crise monothélite — la doctrine d'une seule volonté dans le Christ —, puis condamnées après sa mort par le troisième concile de Constantinople.[3]

L'article doit donc éviter deux erreurs opposées. Il ne faut pas réduire Honorius à "un pape hérétique", comme si son pontificat n'avait été qu'une note de polémique. Mais il ne faut pas non plus gommer la condamnation conciliaire, ni la diluer dans une défense trop facile. La position catholique sérieuse tient les deux faits : Honorius a réellement failli dans un dossier doctrinal grave ; cette faute ne correspond pas à une définition ex cathedra engageant l'infaillibilité pontificale telle que Vatican I la définira plus tard.[4][5]

Saint-Pierre de Rome — la basilique dont Honorius restaura la confession, les portes et la couverture de bronze. Image Wikimedia Commons (CC0).

« Woe is me, if I cover over with silence the truth which I am bidden to give to the exchangers, i.e., to teach to the Christian people and imbue it therewith. » — Agathon, lettre lue à Constantinople III, contre la tentation de cacher la vérité par silence (« Malheur à moi si je couvre de silence la vérité qu'il m'est ordonné de remettre aux changeurs, c'est-à-dire d'enseigner au peuple chrétien. »)[6]

Pourquoi Honorius I compte-t-il ?

Un pape secondaire en apparence, mais pas dans l'histoire

Le dossier d'Honorius est loin d'être mince. Il touche à quatre réalités majeures : la Rome monumentale, la mission anglo-saxonne, la discipline de l'unité liturgique, et la crise christologique qui conduira à la définition des deux volontés naturelles du Christ.[7][8][9][10]

Dans la continuité de Deusdedit et de Boniface V, la notice que le Liber Pontificalis consacre à Honorius prend une ampleur très concrète : travaux de Saint-Pierre, basilique de Sainte-Agnès, fondations de sanctuaires, dons d'argent, processions hebdomadaires, ordinations nombreuses. La papauté n'est pas seulement une autorité doctrinale : elle administre des lieux, forme un clergé, entretient les tombes des martyrs et façonne la mémoire urbaine de Rome.[11][12][13]

Le successeur immédiat de Boniface V

Boniface V meurt en octobre 625. Honorius est consacré le 27 octobre 625 selon Duchesne (Jaffé et Mann donnent le 3 novembre), sans la longue vacance qui avait précédé Boniface.[14][15][16] Treccani relève expressément qu'il fut consacré en 625 « sans la confirmation de l'empereur Héraclius ».[17] Lue à la lumière du dossier de Boniface V — la confirmation pontificale désormais confiée à l'exarque —, on peut y voir le signe que cette réforme commence à produire ses effets.[18]

Cette rapidité est importante. Après les lenteurs de 604-619, la succession de 625 donne à Rome une continuité plus stable. Honorius hérite d'une papauté encore byzantine, mais moins paralysée par les délais de Constantinople.

Le cas-test de l'infaillibilité pontificale

Le cas Honorius devient, surtout au XIXe siècle, un argument central dans les débats sur l'infaillibilité. La question est simple : si un pape a été condamné par un concile œcuménique, la doctrine de Vatican I est-elle détruite ? La réponse catholique classique est non, mais elle doit être précise.[19]

Vatican I ne dit pas que tout pape est impeccable, inspiré dans ses lettres privées, infaillible dans toute formule disciplinaire, ni protégé contre toute négligence. Il définit une assistance divine dans un acte très déterminé : lorsque le pontife romain parle ex cathedra, comme pasteur et docteur de tous les chrétiens, en définissant une doctrine de foi ou de mœurs à tenir par l'Église universelle.[20]

Honorius n'a pas fait cela. Il a répondu à Sergius dans une correspondance particulière, en cherchant à calmer une dispute de vocabulaire, mais avec une formule qui a servi l'erreur au lieu de l'éteindre.[21][22]

Les sources principales

Tableau des témoins

SourceDateCe qu'elle apportePrudence
Saint-Siègenotice actuelle70e pape, dates 27.X.625 - 12.X.638, origine campanienneTrès bref
Liber Pontificalistradition romaineOrigine, père Petronius, formation du clergé, restaurations, sanctuaires, ordinations, sépultureTrès favorable ; ne traite pas la crise doctrinale en détail
Bède le Vénérabledébut VIIIe siècleLettres et pallia envoyés à Paulin d'York et Honorius de Cantorbéry ; lettre aux Scots sur Pâques et PelageSource anglaise, orientée vers la mission
Lettres à Sergius633-634Noyau de la controverse monothéliteDeux lettres selon Treccani (633 et 634) ; Chapman situe la question soulevée par Sergius vers 634
Constantinople III680-681Définition des deux volontés du Christ ; condamnation posthume d'HonoriusConcile œcuménique, réception romaine par Léon II
Léon II682-683Confirmation romaine de Constantinople III et qualification de la faute d'HonoriusDistingue la négligence doctrinale de l'acte définitoire
New Advent / Catholic Encyclopedia1910Dossier détaillé sur la "question Honorius" et Vatican ISource ancienne mais catholique et très documentée
Treccaninotice moderneSynthèse : noble campanien, mission, patrimoine, lettres à Sergius, condamnationNotice courte

Le Saint-Siège et la chronologie officielle

La fiche actuelle du Vatican donne Honorius I comme 70e pape, avec début du pontificat au 27 octobre 625, fin au 12 octobre 638, et naissance en Campanie.[23] Le Liber Pontificalis donne un pontificat de douze ans, onze mois et dix-sept jours, ce qui correspond à l'ordre de grandeur de la chronologie officielle.[24]

Son successeur n'est pas immédiatement consacré. Séverin devra attendre la confirmation impériale, dans un climat rendu très difficile par la controverse monothélite et par les tensions avec Constantinople.[25] La rapidité de 625 ne supprime donc pas définitivement la dépendance byzantine ; elle marque seulement une amélioration relative.

Le Liber Pontificalis : Honorius bâtisseur

La notice pontificale commence par deux traits : Honorius est Campanien, fils du consul Petronius, et il "fit beaucoup de bonnes choses" en son temps.[26] Elle insiste ensuite sur un point rarement mis au premier plan par les polémiques modernes : il instruisit le clergé.

« Hic temporibus suis multa bona fecit. Hic erudivit clerum. » — Liber Pontificalis, notice d'Honorius I[27]

La suite est presque un inventaire de chantier : argent pour la confession de saint Pierre, portes majeures de la basilique, grands chandeliers, restauration de la couverture de Saint-Pierre avec des tuiles de bronze prises, avec l'accord d'Héraclius, à un monument antique de Rome ; construction de Sainte-Agnès-hors-les-Murs ; Saint-Apollinaire près de Saint-Pierre ; Saint-Cyriaque sur la voie d'Ostie ; Saints-Quatre-Couronnés ; Saint-Séverin près de Tivoli ; cimetière des saints Marcellin et Pierre ; Saint-Pancrace sur la voie Aurélienne ; Sainte-Lucie ; Saint-Adrien ; monastère des saints André et Barthélemy près du Latran.[28]

Bède : le pape de la mission anglaise

Bède conserve plusieurs gestes d'Honorius envers l'Église anglo-saxonne. En 634, il envoie le pallium à Paulin, évêque missionnaire lié à la conversion de la Northumbrie, et écrit au roi Edwin pour l'encourager à persévérer dans la foi.[29] Il envoie aussi le pallium à Honorius de Cantorbéry, successeur de Justus, avec une disposition pratique : lorsque l'un des deux métropolitains, Cantorbéry ou York, mourra, l'autre pourra consacrer son successeur, afin d'éviter les retards dus à la distance avec Rome.[30]

Ce détail est typique de la papauté missionnaire. Rome ne gouverne pas l'Angleterre par microgestion. Elle donne des signes de communion, règle les problèmes concrets de distance, et protège la continuité épiscopale.

Constantinople III : le jugement posthume

Le troisième concile de Constantinople s'ouvre en 680, plus de quarante ans après la mort d'Honorius. Il reçoit la lettre dogmatique d'Agathon, condamne le monothélisme, et définit que le Christ possède deux volontés naturelles et deux opérations naturelles, divine et humaine, sans opposition ni division.[31]

Dans sa treizième session, le concile examine aussi les lettres de Sergius à Honorius et d'Honorius à Sergius, les rejette comme étrangères aux dogmes apostoliques, puis prononce l'anathème contre Honorius avec les chefs monothélites.[32] C'est le fait dur du dossier ; il doit être cité, non contourné.

Avant le pontificat : un Campanien dans la Rome byzantine

Origine et milieu familial

Le Liber Pontificalis dit Honorius Campanien, fils de Petronius consul.[33] La Campanie ne désigne pas nécessairement la région administrative moderne ; dans les notices pontificales, elle peut couvrir un espace plus large autour de Rome et du Latium méridional. Le Vatican retient simplement "Campania" comme lieu de naissance.[34]

La mention d'un père consul signale un milieu élevé. Treccani le qualifie de noble campanien.[35] Il ne faut pas en déduire une biographie détaillée que les sources ne donnent pas, mais cela aide à comprendre le profil du pape : Honorius connaît le langage de l'administration, des patrimoines, des chantiers, et de la relation avec l'Empire.

Une papauté encore dans l'orbite d'Héraclius

Honorius est consacré sous l'empereur Héraclius. Celui-ci vient de traverser une crise immense : guerre contre les Perses, reprise de la Vraie Croix, fragilisation des provinces orientales, puis irruption islamique à la fin du règne.[36] Rome reste dans l'espace impérial byzantin, même si l'Italie vit avec l'exarque de Ravenne, les Lombards et une distance croissante avec Constantinople.

Cette dépendance explique plusieurs dossiers du pontificat : la récupération de matériaux antiques avec permission impériale, les relations avec le patriarche Sergius, la réception de la politique religieuse d'Héraclius, et la tension qui éclatera après Honorius autour de Séverin et du monothélisme.[37][38]

Le pape qui forme son clergé

Le Liber Pontificalis dit brièvement : "il instruisit le clergé".[39] Cette phrase mérite d'être prise au sérieux. Dans les articles voisins, Deusdedit et Boniface V apparaissent déjà comme des papes attentifs au clergé romain. Honorius prolonge cette ligne, mais avec une dimension plus active : former, organiser, embellir les lieux où le clergé célèbre, chanter les litanies, relier les sanctuaires par des processions.[40][41]

Un pontificat ne se résume donc pas à une correspondance malheureuse. Avant d'être le nom d'une objection, Honorius est un évêque de Rome qui gouverne une ville, un clergé et un réseau de sanctuaires.

Rome monumentale : Saint-Pierre, Sainte-Agnès et les martyrs

La confession de saint Pierre

Honorius restaure et enrichit la basilique de Saint-Pierre. Le Liber Pontificalis dit qu'il renouvelle le trésor ou l'aménagement de Saint-Pierre, revêt la confession de l'apôtre d'argent pur, fait revêtir d'argent les grandes portes d'entrée de l'église, donne de grands chandeliers d'argent et une table d'argent pour Saint-André.[42]

Ces détails ne sont pas de la décoration mondaine. Dans la Rome du VIIe siècle, la confession de Pierre est le cœur visible de l'autorité apostolique. Revêtir le tombeau, l'éclairer, honorer l'entrée de la basilique, c'est dire au peuple que l'Église de Rome vit autour du martyre de Pierre.

Les tuiles de bronze et la mémoire antique

La notice affirme aussi qu'Honorius couvrit Saint-Pierre de tuiles de bronze prises à un temple de Rome, avec l'autorisation d'Héraclius.[43] Le geste est chargé de sens. Les matériaux d'un monument païen ou impérial sont réorientés vers la basilique apostolique. La vieille Rome sert la Rome chrétienne.

Sainte-Agnès-hors-les-Murs

Sainte-Agnès-hors-les-Murs — le grand chantier d'Honorius sur la voie Nomentane : tombeau orné d'argent et abside en mosaïque. Image Wikimedia Commons (CC BY 4.0).

Le chantier le plus important est Sainte-Agnès-hors-les-Murs, sur la voie Nomentane, au troisième mille depuis Rome. Le Liber Pontificalis dit qu'Honorius la fit "depuis le sol" près du lieu où repose la martyre, qu'il orna son tombeau d'argent, plaça au-dessus un ciborium de bronze doré, donna des vases d'or et fit l'abside en mosaïque.[44]

La basilique conserve encore aujourd'hui une célèbre mosaïque absidale où sainte Agnès se tient en vêtement impérial, entourée de papes donateurs, dont Honorius. Pour l'article, c'est l'image historique la plus importante : elle montre le pape comme bâtisseur, mais sous le signe d'une jeune martyre romaine.

« Il fit l'abside de cette basilique en mosaïque. » — Liber Pontificalis, sur Sainte-Agnès-hors-les-Murs[45]

Un réseau de sanctuaires martyriaux

Honorius ne se limite pas à Sainte-Agnès. La notice nomme Saint-Apollinaire dans le portique de Saint-Pierre, Saint-Cyriaque sur la voie d'Ostie, les Saints-Quatre-Couronnés, Saint-Séverin près de Tibur, le cimetière des saints Marcellin et Pierre sur la voie Labicane, Saint-Pancrace sur la voie Aurélienne, Sainte-Lucie près de Saint-Sylvestre, Saint-Adrien, et un monastère des saints André et Barthélemy près du Latran.[46]

LieuType d'interventionSens ecclésial
Saint-PierreArgent, portes, chandeliers, couvertureCentre apostolique
Sainte-AgnèsBasilique, tombeau, ciborium, mosaïqueMémoire des vierges martyres
Saint-PancraceBasilique, tombeau, ciborium, arcs, chandeliersMartyr adolescent de la voie Aurélienne
Saints-Quatre-CouronnésÉglise dédiée et dotéeMémoire des martyrs artisans/soldats
Saint-ApollinaireBasilique près de Saint-PierreProcession hebdomadaire vers l'apôtre
Saints André et BarthélemyMonastère près du LatranVie régulière au cœur pontifical

La procession du samedi

Honorius établit aussi qu'une litanie parte chaque samedi de Saint-Apollinaire vers Saint-Pierre, avec hymnes et cantiques, et que tout le peuple y accoure.[47] Le détail est précieux : il montre une Rome chrétienne en mouvement, où la liturgie relie les lieux saints et forme le peuple par la marche, le chant et la mémoire des apôtres.

Cette procession fait écho au souci liturgique déjà visible chez Deusdedit et Boniface V. L'Église antique n'enseigne pas seulement par textes ; elle enseigne aussi par le calendrier, la topographie sacrée, les stations, les litanies et le chant.

Honorius et l'Angleterre chrétienne

Paulin, York et la Northumbrie

Bède rapporte qu'Honorius, apprenant la conversion des Northumbriens avec le roi Edwin par la prédication de Paulin, envoie le pallium à Paulin et une lettre d'exhortation au roi.[48] Le pallium n'est pas un simple ornement : il signifie une mission métropolitaine, une responsabilité ecclésiale et une communion avec le Siège romain.

L'Angleterre reste alors une terre de mission récente. Grégoire le Grand a envoyé Augustin en 597 ; Boniface V a soutenu Justus, Edwin et Æthelburh ; Honorius accompagne l'étape suivante, celle de l'organisation durable entre Cantorbéry, York et les royaumes anglo-saxons.[49][50][51]

Honorius de Cantorbéry

Après la mort de Justus, Honorius de Cantorbéry est consacré par Paulin à Lincoln. Bède précise que le pape Honorius lui envoie également le pallium et reprend la même disposition : lorsque l'un des métropolitains mourra, l'autre pourra consacrer son successeur.[52]

La raison donnée est très concrète : les provinces sont vastes et éloignées de Rome. L'autorité pontificale se montre ici souple et missionnaire. Elle ne prétend pas rendre chaque succession dépendante d'un long voyage italien ; elle donne une règle pour que l'Église locale ne soit pas paralysée.

Bède rapporte que, dans sa lettre au roi Edwin, Honorius écrit avoir envoyé deux pallia aux deux métropolitains, Honorius et Paulin (texte de l'édition Fordham : « We have sent two pails to the two metropolitans, Honorius and Paulinus » — coquille « pails » pour « palls » dans cette édition).[53]

Pâques, les Scots et Pelage

Bède dit encore qu'Honorius écrivit aux Scots au sujet de l'observance de Pâques et de l'hérésie pélagienne.[54] Il ne s'agit pas d'un détail folklorique. Le calcul de Pâques est, dans l'Antiquité chrétienne, un signe d'unité avec l'Église universelle. La question avait déjà opposé Augustin de Cantorbéry à des évêques bretons ; elle reviendra jusqu'au synode de Whitby en 664.

Cantorbéry — siège du métropolitain Honorius, destinataire du pallium pontifical en 634, avec la règle de consécration réciproque entre Cantorbéry et York. Image Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0).

Honorius s'inscrit donc dans la ligne romaine : l'unité catholique n'est pas seulement doctrinale au sens abstrait, mais liturgique, pascale, concrète. Célébrer la Résurrection avec l'Église universelle manifeste une communion réelle.

La crise monothélite

De Chalcédoine au monothélisme

Le concile de Chalcédoine avait confessé le Christ en deux natures, sans confusion ni division. Au VIIe siècle, la crise monophysite ou miaphysite — ceux qui ne confessent au Christ qu'une seule nature, contre Chalcédoine — n'est pas close dans l'Orient impérial. Pour tenter une formule d'union, certains proposent de parler d'une seule "énergie" ou d'une seule "volonté" dans le Christ.[55]

L'intention politique est compréhensible : réconcilier des provinces divisées, stabiliser l'Empire, éviter que le langage chalcédonien ne soit perçu comme divisant le Christ. Mais la solution est dangereuse. Si le Christ n'a pas de volonté humaine véritable, son humanité n'est pas complète ; et si son humanité n'est pas complète, notre salut est atteint dans son centre.

Sergius écrit à Honorius

Le patriarche Sergius de Constantinople écrit à Honorius pour exposer la difficulté. Il affirme vouloir éviter les expressions conflictuelles, notamment "une opération" ou "deux opérations", mais le dossier glisse vers la question d'une seule volonté.[56]

Honorius répond avec une intention pacificatrice : éviter que l'on dispute sur des termes pouvant scandaliser les simples. Mais sa lettre contient la formule la plus problématique du dossier, lorsqu'il parle d'une seule volonté du Christ, probablement pour exclure l'idée de deux volontés opposées.[57]

Le problème est là : dire que le Christ n'a pas deux volontés contraires est vrai ; dire sans précision qu'il a "une seule volonté" devient faux ou au moins dangereusement équivoque dans le contexte du débat. Une formule pastorale imprécise, dans une crise doctrinale, peut produire un désastre.

Le silence comme fausse paix

Le défaut d'Honorius n'est pas seulement une expression malheureuse. C'est une méthode : au lieu de clarifier la foi, il conseille de faire taire une controverse terminologique. Dans certains cas, le silence apaise ; dans un dossier christologique où une hérésie naissante cherche précisément une formule officielle, le silence peut devenir une complicité matérielle.

La lettre d'Agathon à Constantinople III donnera la clé spirituelle inverse : un pasteur ne doit pas cacher la vérité qui lui est confiée.[58] L'Église apprendra de ce contraste. Face à une erreur qui touche l'Incarnation, la paix ne peut pas être achetée par l'ambiguïté.

« Malheur à moi si je couvre de silence la vérité qu'il m'est ordonné de remettre aux changeurs, c'est-à-dire d'enseigner au peuple chrétien. » — Agathon, lettre à l'empereur, lue à Constantinople III (traduction du passage « Woe is me, if I cover over with silence the truth which I am bidden to give to the exchangers, i.e., to teach to the Christian people and imbue it therewith »)[59]

Ce que le concile définira

Constantinople III proclame que le Christ a deux volontés naturelles et deux opérations naturelles, divine et humaine, sans opposition. Sa volonté humaine suit la volonté divine ; elle n'est pas supprimée par l'union au Verbe.[60]

Le Christ en gloire — icône du VIe siècle du Sinaï : une seule personne divine en deux natures, fondement de la définition des deux volontés à Constantinople III. Image Wikimedia Commons (domaine public).

Cette définition protège deux vérités à la fois. Le Christ est une seule personne divine, non deux sujets. Mais il est aussi vrai homme, doté d'une âme humaine, d'une intelligence humaine et d'une volonté humaine. Gethsémani devient alors un texte capital : "non pas ma volonté, mais la tienne" ne révèle pas une opposition pécheresse, mais l'obéissance parfaite d'une volonté humaine pleinement assumée.[61]

QuestionRéponse catholique
Le Christ est-il une ou deux personnes ?Une seule personne divine, le Verbe incarné
A-t-il une vraie nature humaine ?Oui, complète, avec âme raisonnable
A-t-il une volonté humaine ?Oui, sinon l'humanité assumée serait mutilée
Cette volonté humaine s'oppose-t-elle à Dieu ?Non, elle suit librement la volonté divine
Pourquoi Honorius est-il en cause ?Parce que sa formule a favorisé la confusion au lieu de la corriger

La condamnation d'Honorius

La treizième session de Constantinople III

Le 28 mars 681, dans la treizième session, les Pères du concile réexaminent les lettres de Sergius et d'Honorius. Ils déclarent ces documents étrangers aux dogmes apostoliques et aux Pères, les rejettent, puis définissent qu'Honorius doit être expulsé de la sainte Église de Dieu et anathématisé avec les autres noms du dossier.[62]

« Nous définissons qu'Honorius, autrefois pape de l'ancienne Rome, soit expulsé de la sainte Église de Dieu et anathématisé, à cause de ce que nous avons trouvé écrit par lui à Sergius : en tout, il a suivi son sentiment et confirmé ses doctrines impies. » — Constantinople III, session XIII (traduction du passage « with these we define that there shall be expelled from the holy Church of God and anathematized Honorius who was some time Pope of Old Rome, because of what we found written by him to Sergius, that in all respects he followed his view and confirmed his impious doctrines »)[63]

La phrase est dure. Elle explique pourquoi l'affaire est devenue une arme polémique. Elle oblige aussi les catholiques à une honnêteté totale : l'Église a reçu un concile qui a condamné un pape défunt. La défense catholique ne consiste pas à nier ce fait.

Léon II confirme, mais précise la faute

Le pape Léon II donne en 682-683 la confirmation romaine du concile, par laquelle Rome le reçoit au nombre des conciles œcuméniques. Il y écrit qu'Honorius « n'a pas cherché à sanctifier cette Église apostolique par l'enseignement de la tradition apostolique, mais a permis, par une trahison profane, que sa pureté soit souillée ».[64][65] Aux évêques espagnols, il précise le sens de cette faute : Honorius « n'a pas, comme il convenait à l'autorité apostolique, éteint dès le commencement le feu de l'enseignement hérétique, mais l'a nourri par sa négligence » (traduction du passage « With Honorius, who did not, as became the Apostolic authority, extinguish the flame of heretical teaching in its first beginning, but fostered it by his negligence »).[66]

Cette précision ne blanchit pas Honorius. Elle aggrave même la responsabilité pastorale : un pape peut pécher gravement par insuffisance de vigilance doctrinale. Mais elle situe la faute au bon endroit : il n'a pas défini solennellement l'hérésie pour l'Église universelle ; il a laissé une formule dangereuse servir une erreur.

Pourquoi cela ne détruit pas Vatican I

L'infaillibilité pontificale ne couvre pas toutes les paroles d'un pape. Elle n'est pas une inspiration permanente. Elle ne transforme pas chaque lettre, audience, entretien, décision prudente ou réponse privée en dogme. Elle protège l'Église lorsque le pape définit, comme pasteur universel, une doctrine de foi ou de mœurs à tenir par tous.[67]

Honorius n'a pas promulgué un symbole de foi, n'a pas convoqué l'Église universelle à tenir le monothélisme, n'a pas exercé l'acte définitoire que Vatican I vise. Son cas montre au contraire pourquoi la définition de Vatican I est strictement encadrée. Elle ne canonise ni l'imprudence, ni les lettres privées, ni les silences coupables.[68][69]

Ce que l'affaire enseigne à l'Église

Le cas Honorius enseigne trois choses. D'abord, la papauté est réelle, mais elle n'est pas magique : un pape doit travailler, discerner, corriger, parler à temps. Ensuite, l'Église peut juger sévèrement une faute pontificale sans nier la succession de Pierre. Enfin, la vérité christologique est trop précieuse pour être sacrifiée à une diplomatie d'apaisement.

Dans une encyclopédie catholique, il faut tenir cette ligne sans peur. La foi n'a pas besoin d'une histoire nettoyée. Elle a besoin d'une histoire lue dans la vérité.

Mort, sépulture et succession

Les dernières années

Honorius meurt le 12 octobre 638 selon le Saint-Siège.[70] Le Liber Pontificalis donne sa sépulture à Saint-Pierre le quatrième jour des ides d'octobre, ce qui correspond au 12 octobre.[71]

La notice pontificale attribue à Honorius trois ordinations, avec treize prêtres, onze diacres et quatre-vingt-un évêques pour divers lieux.[72] Ce chiffre épiscopal est élevé et souligne l'activité ordinaire d'un pape gouvernant un réseau ecclésial large.

Une vacance longue avant Séverin

Après Honorius, le siège reste vacant longtemps : le Liber Pontificalis donne un an, sept mois et dix-sept jours.[73] Le contexte doctrinal pèse lourd. Séverin devra affronter la pression impériale autour de l'Ecthèse, document monothélite d'Héraclius publié peu après la mort d'Honorius.[74]

Le contraste avec 625 est fort. Honorius avait bénéficié d'une succession rapide ; son successeur subit de nouveau les lenteurs et tensions de l'Empire. Le pontificat d'Honorius est donc une charnière : il commence dans la consolidation post-Boniface V et finit dans la crise monothélite.

Que retenir d'Honorius I ?

Un pontificat réel, pas une note de bas de page

Honorius mérite mieux qu'une ligne polémique. Il a restauré Saint-Pierre, construit Sainte-Agnès, honoré des martyrs, organisé des processions, formé son clergé, soutenu la mission anglaise et ordonné de nombreux évêques.[75][76]

Il mérite aussi mieux qu'une défense embarrassée. Sa faute dans le dossier Sergius est grave, parce qu'elle touche au cœur de la confession du Christ. La postérité catholique doit pouvoir dire les deux : pape légitime et pasteur actif ; pape fautif et condamné après sa mort.

La leçon spirituelle : parler quand la foi est en jeu

Le point spirituel le plus utile n'est pas l'indignation facile. C'est l'avertissement. Un pasteur peut vouloir la paix et produire la confusion. Une formule peut sembler prudente et devenir un instrument d'erreur. Une vérité tue au mauvais moment peut coûter plus cher qu'une controverse clarifiée.

L'Église ne sort pas affaiblie de cette lucidité. Constantinople III confesse avec force les deux volontés du Christ ; Léon II reçoit le concile ; la définition de Vatican I, douze siècles plus tard, évite précisément de confondre l'assistance promise à Pierre avec une infaillibilité diffuse de toutes les paroles papales.

Pour aller plus loin

Notes et sources

Notes et références

  1. Saint-Siège, fiche officielle "Honorius I" : 70e pape de l'Église catholique, début du pontificat 27.X.625, fin 12.X.638, naissance en Campanie. URL : https://www.vatican.va/content/vatican/en/holy-father/onorio-i.html (page relue et contenu revérifié mot à mot le 4 octobre 2026 : mentions « 70th Pope of the Catholic Church », « Beginning Pontificate 27.X.625 », « End Pontificate 12.X.638 », « Birth Campania ») ; cf. aussi John Chapman, Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius I".

    1 14 23 34 70
  2. Liber Pontificalis, notice "Honorius", éd. Louis Duchesne, Le Liber pontificalis, t. I, Paris, 1886, p. 323-324 ; texte latin consulté via Fontistoriche, "Papa Onorio I" : origine campanienne, père Petronius consul, formation du clergé, restaurations de Saint-Pierre, Sainte-Agnès-hors-les-Murs, Saint-Apollinaire, Saint-Cyriaque, Saints-Quatre-Couronnés, Saint-Pancrace, Sainte-Lucie, Saint-Adrien, monastère d'Honorius, ordinations, sépulture. URL : https://fontistoriche.org/papa-onorio-i/ (consulté le 3 octobre 2026 ; page donnant le texte du Liber Pontificalis selon l'édition Duchesne ; texte latin relu et chiffres revérifiés mot à mot le 4 octobre 2026 sur la page : incipit « HONORIUS, natione Campanus, ex patre Petronio consule », « sedit ann. XII mens. XI dies XVII », « Fecit autem ordinationes III, presbiteros XIII, diaconos XI ; episcopos per diversa loca LXXXI », sépulture « sub die IIII id. octob. », « cessavit episcopatus ann. I mens. VII dies XVII »).

    2 7 11 24 26 27 28 33 37 39 42 43 44 45 46 47 71 72 73 75
  3. Troisième concile de Constantinople, session XIII, 28 mars 681 (date confirmée par Chapman : « In the thirteenth session, 28 March ») : rejet des lettres de Sergius et d'Honorius comme étrangères aux dogmes apostoliques (« quite foreign to the apostolic dogmas ») ; anathème contre Sergius, Cyrus, Pyrrhus, Paul, Peter, Theodore de Pharan et Honorius. Texte anglais EWTN / Nicene and Post-Nicene Fathers, passage « anathematized Honorius who was some time Pope of Old Rome, because of what we found written by him to Sergius » (revérifié le 4 octobre 2026). URL : https://www.ewtn.com/catholicism/library/third-council-of-constantinople-11564 (consulté le 3 octobre 2026 ; même page unique de compilation EWTN que les deux autres renvois conciliaires — voir ici la section « The Sentence against the Monothelites, Session XIII »).

    3 22 32 62 63
  4. Concile Vatican I, constitution dogmatique Pastor aeternus, 18 juillet 1870, chap. 4 : définition de l'infaillibilité du pontife romain lorsqu'il parle ex cathedra, comme pasteur et docteur de tous les chrétiens, en définissant une doctrine de foi ou de mœurs à tenir par l'Église universelle. URL : https://www.vatican.va/content/pius-ix/la/documents/constitutio-dogmatica-pastor-aeternus-18-iulii-1870.html (consulté le 3 octobre 2026 ; texte latin avec la définition « ex Cathedra » vérifié à date).

    4 20 67 69
  5. John Chapman, "Pope Honorius I", The Catholic Encyclopedia, vol. 7, New York, Robert Appleton Company, 1910 ; transcription New Advent : dossier complet sur les lettres d'Honorius à Sergius, la controverse monothélite, Constantinople III, Léon II, et l'usage de l'affaire Honorius dans les débats sur l'infaillibilité pontificale. URL : https://www.newadvent.org/cathen/07452b.htm (page relue et passages revérifiés mot à mot le 4 octobre 2026 : incipit « Pope (625-12 October, 638), a Campanian, consecrated 27 October (Duchesne) or 3 November (Jaffé, Mann) », « The Monothelite question was raised about 634 in a letter to this pope from the Patriarch of Constantinople, Sergius », et « In the thirteenth session, 28 March »).

    5 15 19 21 25 36 38 56 57 65 68 74
  6. Pape Agathon, lettre à l'empereur Constantin IV, lue à Constantinople III, dans les actes du sixième concile œcuménique : confession romaine des deux volontés et avertissement contre le silence devant la vérité ; traduction anglaise EWTN / Nicene and Post-Nicene Fathers, passage « Woe is me, if I cover over with silence the truth which I am bidden to give to the exchangers, i.e., to teach to the Christian people and imbue it therewith » (texte vérifié sur New Advent, NPNF 2e série, vol. XIV, « The Letter of Pope Agatho », le 4 octobre 2026). URL : https://www.ewtn.com/catholicism/library/third-council-of-constantinople-11564 (consulté le 3 octobre 2026, passage revérifié le 4 octobre 2026 ; EWTN compile l'intégralité des actes sur cette page unique — voir ici la section « The Letter of Pope Agatho to the Emperor », intitulé du corps « THE LETTER OF POPE AGATHO »).

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  7. Bède le Vénérable, Historia ecclesiastica gentis Anglorum, II, 17 : Honorius I envoie le pallium à Paulin et une lettre d'exhortation à Edwin ; il prévoit deux pallia pour les métropolitains Honorius et Paulin afin que l'un puisse consacrer le successeur de l'autre. Traduction Fordham Sourcebook. URL : https://sourcebooks.web.fordham.edu/basis/bede-book2.asp (consulté le 3 octobre 2026 ; chapitre intitulé « Edwin receives letters of exhortation from Pope Honorius, who also sends Paulinus the pall. [A.D. 634] », avec le passage « We have sent two pails [palls] to the two metropolitans, Honorius and Paulinus »).

    8 29 48 49 53 76
  8. Bède le Vénérable, Historia ecclesiastica gentis Anglorum, II, 19 : Honorius I puis Jean IV écrivent aux Scots sur l'observance de Pâques et sur l'hérésie pélagienne ; source importante pour l'unité liturgique romaine dans les îles britanniques. Traduction Fordham Sourcebook. URL : https://sourcebooks.web.fordham.edu/basis/bede-book2.asp (consulté le 3 octobre 2026 ; chapitre intitulé « How the aforesaid Honorius first, and afterwards John, wrote letters to the nation of the Scots, concerning the observance of Easter, and the Pelagian heresy. [A.D. 634] »).

    9 54
  9. Troisième concile de Constantinople, définition de foi, 680-681 : le Christ est confessé en deux natures, avec deux volontés naturelles et deux opérations naturelles, sans opposition, sa volonté humaine suivant et se soumettant à sa volonté divine ; Denzinger-Schönmetzer n° 553-559 (ouverture « Definition of the Two Wills of Christ », n° 553 : « COUNCIL OF CONSTANTINOPLE III 680-681 — Ecumenical VI (against the Monothelites) », fourchette 553-559 revérifiée le 4 octobre 2026 sur la table Denzinger en ligne (https://www.clerus.org/bibliaclerusonline/en/dww.htm, du n° 553 à la clôture n° 559)) ; texte anglais EWTN. URL : https://www.ewtn.com/catholicism/library/third-council-of-constantinople-11564 (consulté le 3 octobre 2026 ; même page unique de compilation EWTN — voir ici la section « The Definition of Faith »).

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  10. Voir l'article Ignispedia Pape saint Deusdedit : retour du clergé séculier romain, Éleuthère, crise de l'Italie byzantine et transition vers Boniface V.

    12 40
  11. Voir l'article Ignispedia Pape Boniface V : vacance après Deusdedit, réforme de confirmation par l'exarque, mission anglaise et transition vers Honorius I.

    13 16 18 41 51
  12. Treccani, "Onorio I", Dizionario di Storia : noble campanien, consacré en 625 sans confirmation personnelle d'Héraclius, christianisation des Lombards et des Anglo-Saxons, accroissement du patrimoine ecclésiastique, deux lettres à Sergius en 633 et 634 condamnées pour leurs ambiguïtés monothélites par Constantinople III. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/onorio-i_%28Dizionario-di-Storia%29/ (page relue et texte revérifié mot à mot le 4 octobre 2026 : « Nobile campano, fu consacrato nel 625 senza la conferma dell'imperatore Eraclio [...] Si ricordano due sue lettere (633 e 634) a Sergio, patriarca di Costantinopoli »).

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  13. Bède le Vénérable, Historia ecclesiastica gentis Anglorum, II, 18 : Honorius de Cantorbéry, consacré par Paulin à Lincoln, reçoit le pallium et une lettre du pape Honorius reprenant la règle de consécration réciproque entre métropolitains. Traduction Fordham Sourcebook. URL : https://sourcebooks.web.fordham.edu/basis/bede-book2.asp (consulté le 3 octobre 2026 ; chapitre intitulé « Honorius who succeeded Justus in the bishopric of Canterbury, receives the pall and letters from Pope Honorius. [A.D. 634] »).

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  14. Léon II, lettre de confirmation romaine du troisième concile de Constantinople, 682-683 — confirmation par laquelle Rome reçoit le concile au nombre des conciles œcuméniques, sans que cette lettre soit à elle seule le fondement de son œcuménicité : anathème contre les inventeurs de l'erreur nouvelle et contre Honorius, « who did not attempt to sanctify this Apostolic Church with the teaching of Apostolic tradition, but by profane treachery permitted its purity to be polluted » ; formule exacte citée et discutée par John Chapman, Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius I" (qui écrit : « his letter of confirmation, by which the council gets its ecumenical rank »). Seconde formule léonine citée par Chapman (lettre aux évêques espagnols) : « With Honorius, who did not, as became the Apostolic authority, extinguish the flame of heretical teaching in its first beginning, but fostered it by his negligence. » URL : https://www.newadvent.org/cathen/07452b.htm (passages Chapman relus et vérifiés mot à mot le 4 octobre 2026 sur New Advent).

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