Pape saint Léon II (Leo junior, Leone II) gouverne l'Église de Rome du 17 août 682 au 28 juin 683 (sépulture à Saint-Pierre le 3 juillet). Le Saint-Siège le présente comme le 80e pape de l'Église catholique, né en Sicile, successeur de saint Agathon.[1]
Son pontificat effectif dure moins d'un an, mais il reçoit une charge décisive : confirmer, traduire et diffuser les actes du sixième concile œcuménique, Constantinople III, qui condamne le monothélisme (l'erreur selon laquelle le Christ n'aurait qu'une seule volonté) et proclame dans le Christ deux volontés naturelles et deux opérations naturelles.[2][3]
Léon II est aussi le pape qui formule, avec une précision capitale, la faute d'Honorius I. Il confirme l'anathème conciliaire, mais l'explique en Occident comme une défaillance de vigilance apostolique : Honorius n'a pas purifié l'Église romaine par l'enseignement de la tradition et a laissé la foi immaculée être souillée.[4][5]
Le Liber Pontificalis garde enfin le portrait d'un pape érudit, bilingue grec-latin, excellent dans le chant et la psalmodie, ami des pauvres, bâtisseur d'une église près de Sainte-Bibiane et restaurateur de la dépendance de Ravenne envers le Siège apostolique.[6][7][8]
« Nous donnons notre assentiment à ce qui a été défini par elle, et Nous le confirmons par l'autorité du bienheureux Pierre. » — Léon II, lettre Regi regum à Constantin IV[9]
Pourquoi Léon II compte-t-il ?
Le pape de la réception, non de la préparation
Agathon avait préparé la réponse romaine : consultation de l'Occident, synode romain de 680, légats envoyés au concile, lettre dogmatique sur les deux volontés du Christ.[10] Léon II reçoit l'œuvre achevée. Son rôle n'est donc pas de rouvrir la discussion, mais de donner à la décision conciliaire sa réception romaine définitive.
Cette distinction évite deux erreurs. Il ne faut pas attribuer à Léon II la lettre d'Agathon ; il ne faut pas non plus le réduire à un greffier tardif. Dans l'Église ancienne, un concile œcuménique ne devient pas seulement un événement oriental : il doit être reçu, confirmé, traduit, envoyé, expliqué et inscrit dans la communion des Églises.
Un pontificat court placé dans une crise longue
La crise monothélite ne commence pas en 680. Elle remonte aux tentatives impériales d'apaisement après Chalcédoine, à l'Ecthèse d'Héraclius (lettre impériale de 638 qui imposait le monothélisme comme doctrine officielle), au Typos de Constant II (édit de 648 qui interdisait tout débat sur les volontés du Christ), au martyre de Martin I, à saint Maxime le Confesseur, aux prudences de Vitalien et aux pontificats de Donus puis Agathon.[11][12]
Léon II apparaît au terme de cette chaîne. La victoire doctrinale qu'il confirme a coûté des décennies de souffrance, d'exil, de silence forcé, de négociations et de fidélité romaine. Son bref règne est le moment où Rome dit officiellement : le concile a confessé la foi juste, et le Siège apostolique la confirme.
La clef catholique de l'affaire Honorius
Le nom de Léon II est inséparable de l'affaire Honorius. Le concile condamne Honorius avec les chefs monothélites ; Léon II confirme cette condamnation ; mais il en donne une formulation latine qui évite deux contresens : faire d'Honorius un pape définissant l'hérésie, ou nier la gravité réelle de sa faute.[13][14][15]
Pour l'apologétique catholique, cette nuance est décisive. Vatican I ne promet pas que tout pape, dans toute lettre ou prudence pastorale, soit impeccable ou toujours clair. L'assistance promise à Pierre concerne l'Église dans la confession de la foi, et les actes définitoires dans leurs conditions propres. Léon II confirme précisément que la faute d'Honorius fut une négligence doctrinale grave, non une définition solennelle de l'erreur.
Les sources principales
Tableau des témoins
| Source | Date | Ce qu'elle apporte | Prudence |
|---|---|---|---|
| Saint-Siège | liste actuelle | 80e pape, Sicile, 17.VIII.682 (consécration) - 3.VII.683 (sépulture, fin de fiche ; mort le 28 juin) | Notice très brève |
| Liber Pontificalis | tradition romaine, éd. Duchesne | Portrait moral et culturel, réception du concile, Ravenne, reliques, éclipse, ordinations, sépulture | Source narrative principale, très condensée |
| Denzinger | numérotation DS (éd. Hünermann ; en français : Cerf, 1996) | Lettre Regi regum, confirmation de Constantinople III, condamnation d'Honorius | Référence doctrinale à citer précisément |
| Actes de Constantinople III | 680-681 | Définition des deux volontés, condamnations, demande de confirmation romaine | Source conciliaire majeure |
| New Advent / Catholic Encyclopedia | 1910 | Synthèse : délai de consécration, Espagne, Honorius, Ravenne, reliques, mémoire liturgique | Ancienne, mais riche et catholique |
| Treccani / Eugenio Susi | 2005 | Lecture critique : vacance, enjeux byzantins, Espagne, Ravenne, fiscalité, liturgie, fête | Meilleure synthèse moderne brève |
| Britannica | moderne | Résumé : chant, réception du concile, Honorius, Ravenne | Très synthétique |
Le Saint-Siège : les dates officielles
La fiche officielle du Vatican donne Léon II comme 80e pape, avec début du pontificat le 17 août 682 (consécration), fin le 3 juillet 683 (jour de la sépulture, qui clôt la fiche ; la mort est du 28 juin), et naissance en Sicile.[16] Ces trois données commandent le titre Ignispedia : Pape saint Léon II (682-683).
La même fiche conserve une trace de la difficulté chronologique : l'élection se situe après la mort d'Agathon, en 681, mais la consécration n'intervient que le 17 août 682.[17] Ce délai n'est pas un détail administratif. Il révèle encore la dépendance byzantine de l'élection pontificale.
Le Liber Pontificalis : un portrait exceptionnel
La notice du Liber Pontificalis est particulièrement riche pour un pontificat aussi bref. Elle dit que Léon, "le jeune", est Sicilien, fils de Paul, et qu'il siège dix mois et dix-sept jours.[18]
Surtout, elle dresse un portrait intellectuel et liturgique rare : homme très éloquent, suffisamment instruit dans les Écritures divines, formé aux langues grecque et latine, remarquable dans le chant et la psalmodie, subtil dans leur intelligence.[19]
« Homme très éloquent, suffisamment instruit dans les divines Écritures, formé à la langue grecque et latine, remarquable dans le chant et la psalmodie. » — Liber Pontificalis, notice de Léon II[20]
Treccani en tire une hypothèse prudente : Léon II avait probablement vécu depuis longtemps à Rome et pourrait avoir appartenu, peut-être même à un niveau élevé, à la schola cantorum du Latran. La source ne permet pas de reconstituer toute sa carrière, mais elle signale un pape parfaitement adapté à la réception d'actes conciliaires grecs.[21]
Le Denzinger : le centre doctrinal
Le Denzinger conserve les paragraphes majeurs de la lettre Regi regum à Constantin IV. Léon y constate que le concile universel a confessé en accord avec le synode romain : le Christ est l'un de la Trinité, existant à partir de deux natures et en deux natures, sans confusion ni division.[22]
Il affirme ensuite que le Siège apostolique reçoit avec vénération la définition de foi proclamée par Constantinople III, donne son assentiment et la confirme par l'autorité de Pierre.[23] Enfin, il anathématise les inventeurs de l'erreur monothélite et nomme aussi Honorius, en précisant la nature de son manquement.[24]
Avant le pontificat : un Sicilien formé à Rome
Origine sicilienne et père nommé Paul
Le Saint-Siège et le Liber Pontificalis s'accordent sur l'origine sicilienne de Léon II.[25][26] La notice romaine ajoute le nom de son père : Paul.[27] Les sources anciennes ne donnent ni sa date de naissance certaine, ni son enfance, ni l'ensemble de sa carrière ecclésiastique.
La Sicile n'est pas un détail secondaire au VIIe siècle. Elle appartient au monde byzantin, parle largement grec, et fournit à Rome plusieurs papes capables de servir d'intermédiaires entre l'ancienne capitale apostolique et l'Empire d'Orient. Agathon était déjà Sicilien ; Léon II poursuit cette ligne.[28][29]
Grec et latin : une compétence politique et doctrinale
La maîtrise du grec et du latin est ici plus qu'une qualité culturelle. Les actes de Constantinople III sont rédigés en grec ; les Églises d'Occident doivent les recevoir en latin. Le pontificat de Léon II exige donc un pape capable de comprendre la matière doctrinale et de la faire passer d'une langue ecclésiale à l'autre.
Treccani souligne que cette érudition et cette connaissance du grec expliquent probablement pourquoi Léon fut un candidat approprié pour continuer l'œuvre d'Agathon.[30] Le Liber Pontificalis dit explicitement qu'il traduisit avec soin en latin la sainte sixième synode.[31]
Chant, psalmodie et formation liturgique
La notice insiste aussi sur le chant et la psalmodie. Britannica résume Léon II comme un pape qui promut la musique d'Église et fut un chanteur accompli.[32] Cette mémoire n'est pas décorative. Dans la Rome du haut Moyen Âge, l'orthodoxie se transmet aussi par la liturgie : psaumes, lectures, offices, processions, translations de reliques.
Léon II n'est donc pas seulement le pape des actes conciliaires. Il est un pape de la parole chantée, de la traduction, de la psalmodie et de la mise en ordre liturgique de la foi reçue.
L'élection retardée par Constantinople
Élu en 681, consacré en 682
Agathon meurt le 10 janvier 681.[33] New Advent indique que Léon fut élu quelques jours après, mais qu'il ne fut consacré qu'après un délai d'un an et sept mois, le 17 août 682.[34] Treccani parle d'une élection en janvier 681 et d'une consécration dix-huit mois plus tard, lorsque Constantin IV envoya à Rome la iussio (l'ordre écrit de l'empereur) nécessaire à la ratification.[35]
Ce délai montre que la papauté vit encore sous le régime byzantin. L'élection romaine ne suffit pas immédiatement : il faut la confirmation impériale. Le contraste est fort avec la grandeur doctrinale du Siège de Pierre : Rome confirme la foi du concile, mais son évêque attend encore la ratification politique de Constantinople.
Le concile continue pendant la vacance romaine
La nouvelle de la mort d'Agathon et de l'élection de Léon arrive à Constantinople le 10 mars 681, pendant une phase cruciale du concile ouvert le 7 novembre 680.[36] À ce moment, le patriarche Georges de Constantinople adhère aux thèses du synode romain, bientôt suivi par la majorité de l'assemblée.[37]
Treccani note que cette situation favorise les manœuvres de la cour et du clergé byzantins : la ratification du nouveau pape peut être subordonnée à l'achèvement du débat conciliaire.[38] La condamnation d'Honorius intervient donc dans un contexte où Rome est représentée par ses légats, mais où son nouveau pape n'est pas encore consacré.
La confirmation arrive avec les actes
Les actes conciliaires, officiellement adressés à Agathon, sont finalement transmis à Léon II par la délégation pontificale revenue de Constantinople. Treccani situe leur arrivée à Rome entre mai et juin 682, avec les lettres impériales et la reconnaissance de l'élection de Léon.[39]
Léon peut alors être consacré le 17 août 682. Il devient pape non au début de la discussion, mais au moment exact où il faut transformer le résultat doctrinal en réception occidentale.
Recevoir Constantinople III
Ce que le concile définit
Constantinople III répond à une question christologique précise : le Christ a-t-il une seule volonté ou deux volontés ? La réponse catholique est que le Verbe incarné est une seule personne divine en deux natures, divine et humaine ; il possède donc deux volontés naturelles et deux opérations naturelles, sans division de personne et sans opposition pécheresse.[40][41]
La définition protège la réalité de l'Incarnation. Si Jésus n'avait pas une vraie volonté humaine, son obéissance humaine au Père, sa prière à Gethsémani et son sacrifice libre seraient vidés d'une partie de leur vérité. Le monothélisme prétendait souvent protéger l'unité du Christ ; il menaçait en réalité la plénitude de son humanité.
« Nous proclamons de la même manière en lui, selon l'enseignement des saints Pères, deux volontés ou vouloirs naturels et deux activités naturelles, sans division, sans changement, sans partage et sans confusion. » — Constantinople III, définition de foi[42]
Léon II confirme par l'autorité de Pierre
Dans Regi regum, Léon II ne reçoit pas le concile comme une information extérieure. Il engage le Siège apostolique : parce que le concile a proclamé dans toute sa plénitude la juste définition de foi reçue par le Siège de Pierre, le pape donne son assentiment et confirme ce qui a été défini.[43]
Cette phrase est centrale pour une encyclopédie catholique. Elle montre que la réception romaine n'est pas un simple tampon administratif. Léon II comprend son ministère comme celui du vénérable Siège apostolique, parlant par l'autorité du bienheureux Pierre.[44]
Traduire pour l'Occident
Le Liber Pontificalis précise que Léon II traduisit très soigneusement en latin la sainte sixième synode.[45] Treccani confirme qu'il entreprit la révision et la traduction latine des actes, puis les transmit aux Églises et royaumes d'Occident.[46]
La traduction est ici un acte pastoral. Un concile grec non compris par les Latins resterait fragile. Léon II rend la définition accessible aux évêques occidentaux, afin qu'ils la signent, la prêchent et l'intègrent à la discipline ecclésiale.
L'Espagne wisigothique
New Advent souligne que les lettres envoyées par Léon II au roi, aux évêques et aux grands d'Espagne ont été conservées. Il y explique ce que le concile a accompli et demande aux évêques de souscrire à ses décrets.[47]
Le résultat se voit au XIVe concile de Tolède, réuni du 14 au 20 novembre 684, sous le pontificat de Benoît II mais en exécution du mandat de Léon II.[48][49] L'Espagne devient ainsi l'un des premiers grands espaces occidentaux de réception de Constantinople III.
Léon II et Honorius
Le fait : Honorius est condamné
Il faut dire le fait sans l'édulcorer. Constantinople III rejette les lettres de Sergius, Cyrus et Honorius comme contraires aux enseignements apostoliques et dommageables pour les âmes.[50] Le concile décide aussi de bannir Honorius de la sainte Église de Dieu et de le frapper d'anathème.[51]
Léon II confirme cette condamnation. Il ne supprime pas le nom d'Honorius. Il ne prétend pas que le concile aurait dépassé ses droits. Il inclut Honorius dans la liste de ceux qu'il anathématise dans sa lettre à Constantin IV.[52]
La précision latine de Léon II
La précision décisive vient de la formule de Léon. Honorius est condamné parce qu'il n'a pas purifié l'Église apostolique par l'enseignement de la tradition apostolique, mais a tenté de subvertir la foi immaculée par une trahison impie.[53]
« Honorius [...] n'a pas purifié cette Église apostolique par l'enseignement de la tradition apostolique, mais a tenté de subvertir la foi immaculée en une trahison impie. » — Léon II, Regi regum[54]
New Advent résume cette nuance : Léon veut montrer que la condamnation d'Honorius ne porte pas sur un enseignement hérétique solennel, mais sur le fait de n'avoir pas été assez actif pour s'opposer à l'erreur.[55] Treccani insiste de même : Léon impute à Honorius la non-opposition au monothélisme, non une adhésion directe à ses thèses.[56]
Pourquoi cette distinction importe
L'affaire Honorius est souvent utilisée contre l'infaillibilité pontificale. La réponse catholique ne consiste pas à nier les documents, mais à lire exactement leur portée. Honorius a écrit des lettres privées et ambiguës à Sergius ; il a cherché une paix mal formulée ; il n'a pas gardé l'Église romaine par une confession claire.[57]
Léon II montre que l'Église peut condamner une faute grave d'un pape sans nier la primauté romaine. La même lettre qui nomme Honorius confirme aussi le concile par l'autorité de Pierre. La lucidité sur la faute d'un pontife ne détruit pas la doctrine catholique ; elle l'affine.
La leçon spirituelle
La faute d'Honorius et la confirmation de Léon II donnent une leçon sobre : dans certaines crises, le silence pastoral devient dangereux. Une formule de paix qui laisse l'erreur respirer peut produire plus de blessures qu'une définition exigeante.
Léon II n'est pas un polémiste brutal. Il reçoit le concile, traduit les actes, diffuse les décrets et précise les responsabilités. Sa fermeté est ordonnée à l'unité catholique : une unité dans la vérité, non une paix par brouillard doctrinal.
Ravenne revient sous l'ordination romaine
Une crise héritée de Constant II
Ravenne avait reçu de l'empereur Constant II un privilège d'autocephalie (d'indépendance envers Rome) en 666, au profit de l'archevêque Maurus. Cette prétention libérait l'Église ravennate de la juridiction directe du pape, dans une ville qui était aussi le siège de l'exarque byzantin.[58][59]
Donus et Agathon avaient déjà vu reculer cette autocephalie. Léon II en obtient la solution plus juridique. Le Liber Pontificalis affirme qu'en son temps, par un ordre écrit (divalis iussio) de Constantin IV, l'Église de Ravenne fut restituée sous l'ordination du Siège apostolique.[60]
L'accord avec l'archevêque Théodore
La règle est claire : à la mort d'un archevêque de Ravenne, l'élu devra venir à Rome pour être ordonné selon l'ancienne coutume.[61] Treccani précise que l'archevêque Théodore restitue le décret de Constant II et accepte que ses successeurs soient consacrés par le pape à Rome.[62]
En échange, Léon II supprime certains paiements liés au pallium et aux offices, et accepte un aménagement pratique : l'archevêque ne devra pas rester à Rome plus de huit jours, et pourra envoyer chaque année un délégué pour l'hommage dû au Siège apostolique.[63][64]
Autorité et conciliation
Ce dossier montre la méthode de Léon II. Il ne cède pas sur le principe : Ravenne revient sous la consécration romaine. Mais il allège les charges financières et les contraintes humiliantes. La primauté romaine n'est pas présentée comme une fiscalité ; elle est rétablie comme un ordre ecclésial.
Le lien avec Constantinople III est profond. Au même moment où Rome et Constantinople retrouvent l'unité doctrinale, Ravenne cesse d'être le symbole d'une autocephalie italienne soutenue par l'Empire contre Rome. La victoire doctrinale et la pacification juridictionnelle avancent ensemble.
Charité, reliques et églises romaines
Ami des pauvres
Le Liber Pontificalis dit que Léon II aimait la pauvreté et se souciait des indigents non seulement par la piété de l'esprit, mais aussi par le travail concret de son zèle.[65] Treccani y voit le signe probable d'un soutien aux œuvres de charité exercées par les communautés monastiques et les diaconies romaines.[66]
Cette mention doit rester dans l'article. Le pape des définitions christologiques n'est pas séparé des pauvres. Dans une Rome appauvrie, encore byzantine, traversée par les maladies, les tensions et les charges fiscales, la charité est un acte de gouvernement.
Une église près de Sainte-Bibiane
La notice pontificale affirme que Léon II construisit à Rome, près de Sainte-Bibiane, une église dédiée au bienheureux apôtre Paul le 22 février 683. Il y déposa les corps des saints Simplice, Faustin, Béatrice et d'autres martyrs.[67]
New Advent explique que Léon craignait peut-être de nouvelles ravages lombards dans les catacombes, ce qui l'aurait poussé à transférer de nombreuses reliques de martyrs dans une église bâtie pour les recevoir.[68] Treccani précise que les restes monumentaux de cet oratoire furent vus par Antonio Bosio, qui transcrivit une épigraphe rappelant la dédicace pontificale.[69]
Saint-Georges au Vélabre
Une addition tardive au Liber Pontificalis attribue aussi à Léon II la construction d'une église en l'honneur de saint Sébastien et de saint Georges près du Velum aureum (le « Voile d'or », nom ancien du quartier où s'élève Saint-Georges au Vélabre).[70] Treccani estime que cette addition tardive vient probablement d'une source digne de foi, tout en gardant la prudence nécessaire.[71]
Ce dossier complète le portrait liturgique de Léon II : chant, psalmodie, reliques, martyrs, églises, traduction conciliaire. Sa réception de la foi ne reste pas seulement dans les archives ; elle passe dans les lieux, les offices et la mémoire matérielle de Rome.
Éclipse, ordinations et mort
L'éclipse du Jeudi saint
Le Liber Pontificalis rapporte qu'au temps de Léon II, le 16 avril, en l'indiction XI (la onzième année du cycle fiscal de quinze ans), la lune souffrit une éclipse après la Cène du Seigneur ; presque toute la nuit, elle eut un aspect sanglant, puis commença à redevenir claire après le chant du coq.[72]
Vérification calendaire à confirmer : selon le comput julien, Pâques 683 tombe le 19 avril, ce qui fait du 16 avril un jeudi — le Jeudi saint.[73] Ce rapprochement n'est pas une preuve astronomique : le Liber ne livre ici qu'une mémoire pontificale, et les notices romaines enregistrent signes célestes, ordinations et travaux comme autant de repères du pontificat.[74]
Les dernières ordinations
Le 27 juin 683, Léon II accomplit une ordination : neuf prêtres, trois diacres et vingt-trois évêques selon le Liber Pontificalis.[75] Treccani donne vingt-deux évêques, ce qui signale une petite divergence de tradition ou de lecture.[76] Le Liber (XXIII) fait foi comme source primaire ; la leçon de Treccani est notée comme variante.
Le chiffre exact doit donc être rapporté avec la source. Ce qui importe surtout est la proximité de l'événement avec sa mort. Léon II continue de pourvoir l'Église jusqu'aux derniers jours.
Mort et sépulture à Saint-Pierre
Léon II meurt le 28 juin 683, date donnée par la Catholic Encyclopedia.[77] Le Liber Pontificalis ne consigne que sa sépulture : il fut enseveli auprès du bienheureux apôtre Pierre le cinquième jour avant les nones de juillet, c'est-à-dire le 3 juillet.[78] Le Saint-Siège clôt la fiche du pontificat à cette date du 3 juillet 683.[79]
Treccani note que le 3 juillet deviendra le jour associé à sa fête, tandis que le 28 juin, parfois attribué à Léon II au Moyen Âge, concernait en réalité la translation à Saint-Pierre des reliques de Léon le Grand sous Serge I. Cette fête du 3 juillet, accueillie ensuite par le Martyrologe, a disparu — selon Treccani (2005 : « nelle recentissime riforme ») — du calendrier de l'Église universelle et du Propre romain ; elle ne figure plus au calendrier universel en vigueur depuis la réforme de 1969 (le 3 juillet étant la fête de saint Thomas), tandis que Léon II demeure inscrit au Martyrologe romain au 28 juin.[80][81]
Chronologie
| Date | Événement | Importance |
|---|---|---|
| 10 janvier 681 | Mort d'Agathon | Ouverture de la succession |
| Janvier 681 | Élection de Léon II selon Treccani | Le pape élu attend la ratification impériale |
| 10 mars 681 | Nouvelle de l'élection reçue à Constantinople | Le concile est dans sa phase décisive |
| 16 septembre 681 | Définition de Constantinople III | Deux volontés et deux opérations naturelles du Christ |
| Mai-juin 682 | Retour des légats avec les actes et la reconnaissance impériale | Préparation de la consécration |
| 17 août 682 | Consécration de Léon II | Début effectif du pontificat |
| Septembre-décembre 682 | Lettres vers l'Espagne et l'Occident | Diffusion des actes conciliaires |
| 6 janvier 683 | Anastase et Léonce souscrivent la foi conciliaire[82] | Réception de deux anciens proches du camp de Macaire |
| 22 février 683 | Dédicace de l'église Saint-Paul près de Sainte-Bibiane | Translation de reliques de martyrs |
| 16 avril 683 | Éclipse lunaire rapportée par le Liber Pontificalis | Repère cosmique dans la notice romaine |
| Mai 683 | Lettre à Constantin IV selon Treccani | Approbation du concile et relation apaisée avec l'empereur |
| 27 juin 683 | Dernières ordinations | Prêtres, diacres et évêques pour divers lieux |
| 28 juin 683 | Mort de Léon II | Catholic Encyclopedia ; Treccani : quelques jours après les ordinations du 27 juin |
| 3 juillet 683 | Sépulture à Saint-Pierre | Liber (V non. iul.) ; date de clôture de la fiche du Saint-Siège — le gouvernement s'achève à la mort |
| 14-20 novembre 684 | XIVe concile de Tolède | Réception espagnole de Constantinople III |
Héritage spirituel et doctrinal
La foi traduite
Léon II rappelle qu'une vérité définie doit être traduite pour être reçue. Il ne suffit pas que Constantinople III ait raison en grec ; il faut que l'Occident comprenne, signe, prêche et transmette la définition. La traduction latine des actes devient donc un service apostolique.
Cette leçon vaut largement au-delà du VIIe siècle. Dans l'Église, la doctrine n'est pas une formule morte. Elle doit passer dans la langue réelle des fidèles, dans les lettres aux évêques, dans les conciles locaux, dans la liturgie et dans la formation.
La charité de la précision
La précision de Léon II sur Honorius est une forme de charité. Elle ne minimise pas la faute ; elle refuse aussi de l'exagérer. Elle nomme le point exact : ne pas garder l'Église apostolique par l'enseignement de la tradition.
Une Église qui ne sait plus distinguer faute personnelle, ambiguïté pastorale, hérésie formelle et définition doctrinale devient incapable de juger justement. Léon II donne un modèle de jugement : ferme, documenté, proportionné.
Le pape du chant et de Pierre
Le portrait du Liber Pontificalis unit deux traits rarement mis ensemble : le chant et la primauté. Léon II est excellent dans la psalmodie, mais il confirme aussi le concile par l'autorité de Pierre.[83][84]
Cette union est belle. La foi catholique n'est pas seulement un tribunal doctrinal ; elle est une parole chantée, une Écriture priée, une communion reçue, une charité envers les pauvres, une mémoire des martyrs déposée dans les églises de Rome. Léon II est l'un de ces papes brefs dont la densité tient à l'unité de ces gestes.
Pour aller plus loin
- Pape saint Agathon — prédécesseur de Léon II, pape du synode romain de 680 et de la lettre dogmatique à Constantinople III.
- Concile de Constantinople III (680-681) — définition des deux volontés et deux opérations du Christ.
- Pape Honorius I — dossier de la condamnation posthume et de son usage dans les débats sur l'infaillibilité pontificale.
- Pape saint Martin I — martyr romain de la résistance au Typos impérial.
- Pape Donus — seuil immédiat avant Agathon et la demande impériale de 678.
- Pape saint Vitalien — contexte de Ravenne, Constantinople et l'Italie byzantine.
- L'ancienne basilique Saint-Pierre — lieu de sépulture pontificale et centre de la mémoire romaine.
Notes et sources
Notes et références
Saint-Siège, fiche officielle "Leo II" (fiche très brève, données de liste) : 80e pape de l'Église catholique, début du pontificat I.681, 17.VIII.682 (élection puis consécration), fin 3.VII.683, naissance en Sicile. Rang, dates et lieu vérifiés sur la fiche le 4 octobre 2026. URL : https://www.vatican.va/content/vatican/en/holy-father/leone-ii.html.
1 16 17 25 79Léon II, lettre Regi regum à l'empereur Constantin IV, vers août 682, Denzinger, numérotation DS (éd. Hünermann), §561 : accord du concile universel avec le synode romain de 680 et confession du Christ en deux natures (Migne, PL 96, lettre 3, col. 404B-408B d'après Denzinger).
2 22Léon II, Regi regum, Denzinger, numérotation DS (éd. Hünermann), §562 : assentiment du Siège apostolique à la définition de Constantinople III et confirmation par l'autorité du bienheureux Pierre (Migne, PL 96, lettre 3, d'après Denzinger) : « his, quae definita sunt ab ea, consentit, et beati Petri auctoritate confirmat » (d'où « par elle » : la sainte synode).
3 9 23 43 44 84Léon II, Regi regum, Denzinger, numérotation DS (éd. Hünermann), §563 : anathème contre les inventeurs de l'erreur, dont Honorius, qui n'a pas purifié l'Église apostolique par l'enseignement de la tradition apostolique et a laissé la foi immaculée être souillée (Migne, PL 96, lettre 3, d'après Denzinger ; formule corroborée en session par McClintock & Strong, Cyclopedia, art. « Monothelism », d'après Mansi) : « et Honorium, qui hanc apostolicam Ecclesiam non apostolicae traditionis doctrina lustravit, sed profana proditione immaculatam fidem subvertere conatus est ».
4 15 24 52 53 54Horace Mann, "Pope St. Leo II", The Catholic Encyclopedia, vol. 9, Robert Appleton Company, New York, 1910 ; transcription New Advent relue le 4 octobre 2026 : élection quelques jours après Agathon puis consécration après un an et sept mois (17 août 682), confirmation du concile, lettres conservées au roi, évêques et grands d'Espagne, condamnation d'Honorius « non parce qu'il enseigna l'hérésie, mais parce qu'il ne fut pas assez actif à s'y opposer », révocation de l'édit de Constans et régime du pallium, reliques transférées par crainte des Lombards, mémoire au Martyrologe le 28 juin. New Advent date la mort au 28 juin (jour du Martyrologe) ; l'article distingue ici la mort (28 juin) de la sépulture (3 juillet selon le Liber), date à laquelle le Saint-Siège clôt sa fiche. URL : https://www.newadvent.org/cathen/09157a.htm.
5 34 47 48 55 63 68 77Liber Pontificalis, notice "Leo iunior", éd. Louis Duchesne, Le Liber pontificalis, t. I, Paris, 1886, p. 359 (notice brève qui s'ouvre à cette page ; Treccani cite en bibliographie Duchesne, t. I, pp. 359-369). Texte latin relu mot à mot en session le 4 octobre 2026 sur https://fontistoriche.org/papa-leone-ii/ (page « Voce dal Liber Pontificalis (ed. Duchesne) », lettres confirmées une à une) : « LEO iunior, natione Sicula, de patre Paulo, sedit mens. X dies XVII. Vir eloquentissimus, in divinis Scripturis sufficienter instructus, greca latinaque lingua eruditus, cantelena ac psalmodia praecipuus [...] paupertatis amator et erga inopem provisione [...] sollicitus. » URL : https://fontistoriche.org/papa-leone-ii/.
6 18 19 20 26 27 65 83Liber Pontificalis, notice "Leo iunior", éd. Duchesne, t. I, p. 359. Latin vérifié le 4 octobre 2026 via Fontistoriche : « Huius temporibus percurrente divale iussione clementissimi principis restituta est ecclesia Ravennas sub ordinatione sedis apostolicae, ut defenctus archiepiscopo, qui electus fuerit, iuxta antiquam consuetudinem in civitate Romana veniat ordinandus » ; « typum autocephaliae [...] ad amputanda scandala sedis apostolice restituerunt ».
7 60 61Liber Pontificalis, notice "Leo iunior", éd. Duchesne, t. I, p. 359. Latin vérifié le 4 octobre 2026 via Fontistoriche : « Hic fecit ecclesiam in urbe Roma iuxta sancta Viviana, ubi et corpora sanctorum Simplici, Faustini, Beatricis atque aliorum martyrum recondidit, et ad nomen beati Pauli apostoli dedicavit sub die XXII mens. februar. »
8 67Voir l'article Ignispedia Pape saint Agathon (678-681), prédécesseur de Léon II : synode romain de 680, lettre dogmatique, légats au concile et mort avant la définition finale.
10 28 33Voir l'article Ignispedia Pape saint Martin I (649-655), pape du Latran de 649 et martyr de la résistance au Typos impérial.
11Voir l'article Ignispedia Pape Donus (676-678), destinataire initial de la demande impériale de 678 et seuil immédiat avant Agathon.
12 58Constantinople III, 13e session (28 mars 681), Denzinger, Enchiridion Symbolorum, numérotation DS (éd. Hünermann), §§550-552 : rejet des lettres de Sergius, Cyrus et Honorius comme contraires aux enseignements apostoliques et dommageables pour les âmes (numérotation DS de l'éd. Hünermann).
13 50Constantinople III, Denzinger, numérotation DS (éd. Hünermann), §552 (13e session, bloc §§550-552 « Condanna dei monoteliti e del papa Onorio I ») : anathème contre Honorius, jadis pape de l'ancienne Rome, pour sa lettre à Sergius (numérotation DS de l'éd. Hünermann).
14 51Eugenio Susi, "LEONE II", Treccani, 2005, 2e paragraphe, relu le 4 octobre 2026 : origine sicilienne comme Agathon, résidence ancienne probable à Rome, citations du Liber (« vir eloquentissimus... », « cantelena ac psalmodia praecipuus... », p. 359), d'où l'hypothèse — présentée comme telle — d'un lien avec la schola cantorum latéranienne, voire à sa tête.
21 29 30Liber Pontificalis, notice "Leo iunior", éd. Duchesne, t. I, p. 359. Latin vérifié le 4 octobre 2026 via Fontistoriche : « Hic suscepit sanctam sextam synodum [...] in qua et condemnati sunt Cyrus, Sergius, Honorius, Pyrros, Paulus et Petrus [...] quam et studiosissime in latino translatavit. »
31 45Encyclopaedia Britannica, "Saint Leo II" : pape de 682 à 683, Sicilien, réception de Constantinople III, condamnation du monothélisme et d'Honorius, retour de Ravenne sous juridiction papale, promoteur de la musique d'Église. Page directe encore bloquée par un contrôle anti-robot le 4 octobre 2026 (page « Just a moment », sans lecture possible) ; seuls l'extrait officiel indexé (« born, Sicily — died July 3, 683 [...] pope from 682 to 683. He promoted church music (he was an accomplished singer) ») et ce seul fait — le chant — sont utilisés dans le corps. Noter que Britannica date la mort au 3 juillet (jour de la sépulture selon le Liber) quand la Catholic Encyclopedia et Treccani placent la mort vers le 28 juin. URL : https://www.britannica.com/biography/Saint-Leo-II.
32Eugenio Susi, "LEONE II, papa, santo", Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 64, Istituto dell'Enciclopedia Italiana Treccani, 2005, 1er paragraphe, relu le 4 octobre 2026 : « Eletto nel gennaio del 681 [...], fu consacrato pontefice soltanto diciotto mesi più tardi, quando l'imperatore [...] Costantino IV Pogonato inviò a Roma la iussio necessaria alla ratifica dell'elezione. » URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/leone-ii-papa-santo_%28Dizionario-Biografico%29/.
35Eugenio Susi, "LEONE II", Treccani, 2005, 3e paragraphe, relu le 4 octobre 2026 : arrivée à Constantinople le 10 mars 681 de la nouvelle de la mort d'Agathon et de l'élection de Léon II, en pleine phase cruciale du concile ouvert le 7 novembre 680 ; adhésion du patriarche Georges puis de la majorité ; condamnation des écrits d'Honorius imposée pendant la vacance romaine, les légats ne pouvant défendre le prestige de Rome.
36 37 38Eugenio Susi, "LEONE II", Treccani, 2005, 4e paragraphe, relu le 4 octobre 2026 : concile clos le 16 septembre 681, actes adressés à Agathon transmis à Léon II par la délégation partie après le 13 décembre 681 et arrivée à Rome entre mai et juin 682, avec lettres impériales et reconnaissance de l'élection ; consécration le 17 août 682.
39Constantinople III, 18e session, 16 septembre 681, Denzinger, numérotation DS (éd. Hünermann), §553 (bloc §§553-559 « Definitio de duabus in Christo voluntatibus et operationibus ») : réception de la relation d'Agathon et du synode romain de 125 évêques, conformes à Chalcédoine, au Tome de Léon et aux Pères (numérotation DS de l'éd. Hünermann).
40Constantinople III, Denzinger, numérotation DS (éd. Hünermann), §556 (18e session, bloc §§553-559) : deux volontés ou vouloirs naturels et deux activités naturelles dans le Christ, sans division, changement, partage ni confusion (numérotation DS de l'éd. Hünermann).
41 42Eugenio Susi, "LEONE II", Treccani, 2005, 5e paragraphe, relu le 4 octobre 2026 : révision et traduction latine des actes, transmises et faites souscrire aux évêques et souverains d'Occident — d'après les lettres papales envoyées entre septembre et décembre 682 aux sièges épiscopaux et aux responsables du royaume wisigoth d'Espagne.
46XIVe concile de Tolède, 14-20 novembre 684, Denzinger, numérotation DS (éd. Hünermann), §564 (De proprietatibus utriusque in Christo naturae) : réception occidentale de Constantinople III et confession des propriétés des deux natures dans le Christ (numérotation DS de l'éd. Hünermann, qui place ce concile sous Benoît II, 26 juin 684 – 8 mai 685).
49Eugenio Susi, "LEONE II", Treccani, 2005, 5e-6e paragraphes, relus le 4 octobre 2026 : à Honorius est imputée uniquement la non-opposition au monothélisme, non l'adhésion à ses thèses ; ferme rappel de la centralité de Rome et du vicaire de Pierre comme garant de l'orthodoxie ; mêmes concepts dans la lettre à Constantin IV de mai 683.
56Voir l'article Ignispedia Pape Honorius I (625-638), qui traite les lettres à Sergius, la condamnation de Constantinople III et les débats sur l'infaillibilité pontificale.
57Judith Herrin et Jinty Nelson dir., Ravenna: Its Role in Earlier Medieval Change and Exchange, Institute of Historical Research / University of London Press, 2016, p. 205-209 : privilège d'autocephalie de Ravenne sous Constant II, recul progressif sous Donus, Agathon et Léon II, rôle de Constantin IV et de l'archevêque Théodore. Téléchargement encore bloqué par une protection anti-robot le 4 octobre 2026 (page « Making sure you're not a bot », pages non relues une à une) ; le seul fait porté par cette note — le privilège de 666 — est corroboré ce jour par Treccani, relu en intégralité (privilège de Constant II du 1er mars 666 en faveur de l'archevêque Maurus). URL : https://library.oapen.org/bitstream/handle/20.500.12657/39388/9781909646728.pdf.
59Eugenio Susi, "LEONE II", Treccani, 2005, 7e paragraphe, relu le 4 octobre 2026 : fin de l'autocéphalie de Ravenne — privilège de Constant II du 1er mars 666 en faveur de l'archevêque Maurus, révoqué par Constantin IV entre 682 et 683 ; accord avec l'archevêque Théodore (restitution du décret, consécrations futures à Rome, abolition des versements pour le pallium, visite annuelle par délégué).
62 64Eugenio Susi, "LEONE II", Treccani, 2005, 8e paragraphe, relu le 4 octobre 2026 : d'après le « paupertatis amator... » du Liber (p. 359), soutien probable aux œuvres de charité des communautés monastiques et des diaconies romaines.
66Eugenio Susi, "LEONE II", Treccani, 2005, 8e paragraphe, relu le 4 octobre 2026 : oratoire Saint-Paul près de Sainte-Bibiane sur l'Esquilin, dédié le 22 février 683, translation des martyrs Simplicio, Faustino et Beatrice depuis le cimetière de Generosa (VIe mille de la via Portuense), épigraphe vue et transcrite par Bosio ; Saint-Georges au Vélabre (dédicace peut-être le 23 avril 683) par addition tardive au Liber, probablement de source digne de foi.
69 71Liber Pontificalis, notice "Leo iunior", addition transmise après la notice principale, éd. Duchesne, t. I, p. 359. Latin vérifié le 4 octobre 2026 via Fontistoriche : « Huius almi pontificis iussu aecclesiam iuxta Velum aureum in honore beati Sebastiani edificata est, necnon in honore martiris Georgii. »
70Liber Pontificalis, notice "Leo iunior", éd. Duchesne, t. I, p. 359. Latin vérifié le 4 octobre 2026 via Fontistoriche : « Huius temporibus, die XVI mens. april. ind. XI. luna eclepse pertulit post Cena Domini; nocte pene tota in sanguineo vultu elaboravit et nisi post gallum cantum coepit paulatim delimpidare ».
72 74Comput julien recalculé le 4 octobre 2026 (algorithme de Meeus/Jones-Butcher : Pâques 683 = 19 avril ; 16 avril 683 = jeudi ; indiction byzantine d'avril 683 = XI, soit (683+3) mod 15). Vérification calendaire calculée, à confirmer sur une table de comput ; le Liber n'atteste que le récit de l'éclipse, pas le comput.
73Liber Pontificalis, notice "Leo iunior", éd. Duchesne, t. I, p. 359. Latin vérifié le 4 octobre 2026 via Fontistoriche : « Hic fecit ordinationem I per mens. iun. die XXVII, presbiteros VIIII, diaconos III; episcopos per diversa loca XXIII. Qui etiam sepultus est ad beatum Petrum apostolum sub die V non. iul. » (le XXIII tranche la divergence avec Treccani, qui donne vingt-deux évêques).
75 78Eugenio Susi, "LEONE II", Treccani, 2005, 9e paragraphe, relu le 4 octobre 2026 : « il 27 giugno 683 L. II consacrò nove presbiteri, tre diaconi e ben ventidue vescovi » — vingt-deux évêques contre XXIII dans le Liber (leçon primaire retenue par l'article) ; mort quelques jours plus tard, sépulture à Saint-Pierre le 3 juillet 683.
76Eugenio Susi, "LEONE II", Treccani, 2005, 9e-10e paragraphes, relus le 4 octobre 2026 : fête du 3 juillet accueillie ensuite par le Martyrologe, officialisée sous Pascal II lors de la translation des dépouilles des papes Léon I, II et IV ; 28 juin attribué par erreur au Moyen Âge (translation des reliques de Léon I sous Serge I) ; « Ma nelle recentissime riforme la festa di L. II è scomparsa dal calendario della Chiesa universale e anche dal Proprium romano » (texte italien exact, revérifié en session le 4 octobre 2026).
80Martyrologe romain : Léon II commémoré au 28 juin (« At Rome, Pope St. Leo II » au 28 juin ; fête au 3 juillet dans les calendriers antérieurs à 1970). Le calendrier universel en vigueur (réforme de 1969) donne le 3 juillet à saint Thomas, apôtre.
81Liber Pontificalis, notice "Leo iunior", éd. Duchesne, t. I, p. 359. Latin vérifié le 4 octobre 2026 via Fontistoriche : « Macarum, Stephanum, Polychronium et Anastasium, dum nollent a suo recedere proposito, per diversa monasteria sunt retrusi » ; « Anastasium presbiterum et Leontium diaconum [...] in die sanctum Theophaniae, exponentus [...] fidem suam iuxta quod et sancta synodus determinavit ».
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