Pape saint Benoît II (684-685)

Pape romain formé à la schola cantorum, Benoît II gouverne de 684 à 685, poursuit la réception de Constantinople III, traite le dossier de Tolède et obtient une réforme qui abrège les vacances pontificales.

Ignispedia

Pape saint Benoît II (Benedictus iunior, Benedetto II) gouverne l'Église de Rome du 26 juin 684 au 8 mai 685. Le Saint-Siège le présente comme le 81e pape de l'Église catholique, né à Rome, successeur de saint Léon II.[1]

Son pontificat dure moins de onze mois, mais il se situe à un moment précis : la victoire doctrinale de Constantinople III doit encore être reçue dans l'Occident latin, la condamnation du monothélisme produit des répliques en Espagne, et la papauté reste ralentie par l'autorisation impériale byzantine avant chaque consécration.[2][3]

Benoît II n'est pas un pape de grands traités conservés. Il est plutôt le pape d'une consolidation courte et dense : il confirme la mission vers l'Espagne lancée par Léon II, tente encore de ramener Macaire d'Antioche à la foi catholique, reçoit de Constantin IV des ordonnances destinées à abréger les longues vacances pontificales, restaure des églises romaines, enrichit les autels et soutient les organismes caritatifs romains dits monasteria diaconiae, dont sa biographie pontificale offre la première mention.[4][5]

Le Liber Pontificalis garde surtout de lui un portrait spirituel remarquable : Romain, fils de Jean, serviteur de l'Église dès l'enfance, formé aux Écritures et au chant, pauvre de cœur, humble, doux, compatissant, généreux de la main.[6]

« Il servit l'Église dès le début de son âge, et se montra dans les divines Écritures et le chant, depuis l'enfance jusqu'à la dignité sacerdotale, comme il convenait à un homme digne de son nom. » — Liber Pontificalis, notice de Benoît II[7]

Pourquoi Benoît II compte-t-il ?

Le retour d'un pape romain après deux Siciliens

Agathon et Léon II, ses deux prédécesseurs immédiats, étaient Siciliens. Leur origine n'est pas anecdotique : elle correspondait à une Rome encore fortement liée au monde grec et byzantin, au moment où il fallait négocier avec Constantinople et recevoir un concile réuni en Orient.[8][9]

Benoît II, lui, est présenté par les sources comme Romain. Treccani explique cette élection comme « sans nul doute la conséquence de la plus grande sécurité qui animait le clergé citadin de l'Urbs après le rétablissement de la paix religieuse avec l'Orient » par la condamnation du monothélisme : le clergé romain choisit un homme issu de son propre cursus, formé depuis l'enfance dans l'Église romaine.[10]

Son élection ne se réduit donc pas à un simple changement de nom. Elle marque une inflexion : Rome sort de la phase la plus aiguë de la crise christologique et remet au premier plan un pape façonné par ses propres institutions liturgiques.

Un pontificat bref au lendemain de Constantinople III

Constantinople III avait défini, le 16 septembre 681, que le Christ possède deux volontés naturelles et deux opérations naturelles, contre le monothélisme.[11] Agathon avait préparé la confession romaine ; Léon II avait confirmé le concile et fait traduire ses actes ; Benoît II reçoit le moment où cette réception doit se poursuivre dans les Églises occidentales.[12]

Cette place explique presque tout son pontificat. Il ne rouvre pas la controverse, mais il en gère les suites : l'Espagne doit souscrire, l'archevêque Julien de Tolède formule ses propres réponses, Macaire d'Antioche reste obstiné, et Rome cherche à ne pas transformer l'unité retrouvée en nouveau conflit occidental.[13][14]

Le pape qui abrège les vacances pontificales

La longue vacance précédant Benoît II est un fait massif. Léon II meurt dans les derniers jours de juin 683 et est enseveli le 3 juillet ; Benoît n'est consacré que le 26 juin 684, presque un an plus tard.[15][16] La raison n'est pas seulement locale : l'élection romaine doit encore obtenir l'autorisation impériale.

Benoît II obtient alors de Constantin IV des ordonnances permettant que l'élu au Siège apostolique soit ordonné sans délai, la confirmation pouvant passer par l'exarque d'Italie à Ravenne.[17][18] Cette réforme ne rend pas encore la papauté totalement indépendante de l'Empire, mais elle réduit un blocage concret qui avait paralysé Rome après Agathon et Léon II.

Les sources principales

Tableau des témoins

SourceDateCe qu'elle apportePrudence
Saint-Siègeliste actuelle81e pape, Rome, 26.VI.684 - 8.V.685Notice officielle très brève
Liber Pontificalisnotice contemporaine ou procheOrigine romaine, père Jean, formation, vertus, restaurations, ordonnances impériales, signes célestes, Vésuve, dons, ordinations, sépultureSource narrative principale, très condensée
Treccani / Ottorino Bertolini2000Analyse du contexte romain, vacances pontificales, relations avec Constantin IV, Espagne, Tolède, Macaire, diaconiesMeilleure synthèse moderne accessible
New Advent / Catholic Encyclopedia1907Résumé biographique, réforme de la confirmation impériale, Espagne, Macaire, Wilfrid, restaurationsAncienne, mais catholique et utile
Vatican Newscalendrier liturgiqueMémoire du 8 maiNotice calendaire courte

Le Saint-Siège et les dates officielles

La fiche actuelle du Vatican donne Benoît II comme 81e pape, avec début du pontificat le 26 juin 684, fin le 8 mai 685, et naissance à Rome.[19] Ces données fixent le titre de l'article : Pape saint Benoît II (684-685). Les dates entre parenthèses sont ici celles du pontificat, non celles de la vie : la date de naissance est inconnue — c'est la convention de la série des articles pontificaux Ignispedia (Léon II 682-683, Agathon 678-681), les dates de vie n'étant données que lorsqu'elles sont connues.

La date de naissance vers 635 n'est qu'une estimation moderne : la fiche Fontistoriche l'affiche (« Roma, 635 »), mais le texte même du Liber Pontificalis ne donne que l'origine romaine et le père nommé Jean, et la Catholic Encyclopedia (1907) déclare la date de naissance inconnue.[20][21] Les données sûres restent donc : origine romaine, père Jean, formation ecclésiale dès l'enfance, mort le 8 mai 685.

Le Liber Pontificalis : un portrait de clerc romain

La notice pontificale l'appelle Benedictus iunior, le "jeune Benoît", probablement pour le distinguer de Benoît I. Elle donne une durée de dix mois et douze jours, cohérente avec le pontificat officiel de juin 684 à mai 685.[22]

Le portrait insiste sur trois traits : formation dans les Écritures, chant liturgique, vertus pastorales. Benoît II avait servi l'Église "depuis le commencement de son âge", avait étudié dès l'enfance la cantilène et les divines Écritures, puis s'était montré digne du sacerdoce.[23]

Treccani souligne que ces traits caractérisent les hommes issus de familles romaines qui avaient parcouru toute la carrière du clergé urbain depuis l'enfance, notamment dans la schola cantorum.[24]

Treccani : le contexte politique de la courte biographie

La notice d'Ottorino Bertolini est décisive parce qu'elle replace chaque fait dans son contexte. Elle explique pourquoi la longue vacance avant Benoît II tenait à la situation religieuse née de Constantinople III et de la condamnation d'Honorius : l'empereur pouvait retarder l'autorisation tant qu'il voulait être certain des sentiments du clergé romain et de l'élu.[25]

Elle montre aussi que les divales iussiones de Constantin IV ne sont pas un détail technique. En les envoyant au clergé, au peuple et à l'armée de Rome, mais directement par l'intermédiaire de Benoît II, l'empereur reconnaît dans l'évêque de Rome l'autorité la plus qualifiée pour servir de lien entre le pouvoir impérial et la ville.[26]

Avant le pontificat : un Romain de la schola cantorum

Romain, fils de Jean

Le Liber Pontificalis donne la formule simple : Benedictus iunior, natione Romanus, de patre Iohanne.[27] Benoît II est donc Romain, fils de Jean. Les sources ne donnent ni sa mère, ni le quartier précis de sa famille, ni une biographie complète avant son élection.

Ce silence ne rend pas le personnage vide. Au contraire, le peu que la notice conserve est très parlant : il n'est pas présenté comme un aristocrate, un moine venu de loin ou un diplomate byzantin, mais comme un clerc élevé dans les institutions mêmes de l'Église romaine.

La schola cantorum

New Advent dit qu'il fut envoyé jeune à la schola cantorum et s'y distingua par sa connaissance des Écritures et par son chant.[28] Treccani reprend l'idée en la reliant à la formation régulière du clergé romain : la schola cantorum n'est pas seulement une école musicale, mais un lieu où l'on apprend à servir la liturgie de Rome avec l'Écriture, la voix, la mémoire et la discipline.

Ce point le rapproche de Léon II, lui aussi loué pour le chant et la psalmodie.[29] Mais la nuance est différente : Léon II est le Sicilien bilingue qui traduit le concile grec ; Benoît II est le Romain dont l'autorité vient de la continuité locale du clergé de l'Urbs.

Écriture, chant et gouvernement

Pour un lecteur moderne, le chant peut sembler secondaire. Dans la Rome du VIIe siècle, il ne l'est pas. Le pape gouverne une Église où la foi est proclamée par les lectures, chantée dans les offices, gardée par les basiliques, transmise par les processions et mémorisée autour des tombes des martyrs.

Le portrait de Benoît II unit donc liturgie et gouvernement. L'homme formé à chanter la foi catholique devient celui qui doit la faire recevoir après Constantinople III. Ce n'est pas un hasard si le Liber Pontificalis loue à la fois son savoir biblique, sa cantilène, son humilité et sa main généreuse.

L'élection et la longue vacance

Presque un an entre Léon II et Benoît II

Léon II meurt fin juin 683 et est enseveli le 3 juillet 683.[30][31] Benoît II est élu en 683, mais sa consécration n'intervient que le 26 juin 684.[32] Treccani souligne que cette situation reproduit, sous une forme un peu moins longue, la vacance qui avait précédé Léon II après la mort d'Agathon.[33]

La cause immédiate tient au régime byzantin : l'élection pontificale doit être annoncée au souverain, et l'élu ne peut être consacré qu'après autorisation. Après la condamnation du monothélisme et d'Honorius, l'empereur a intérêt à s'assurer que le nouvel élu romain ne trouble pas la fragile paix doctrinale.[34]

Le corps électoral romain

Treccani note que les ordonnances de Constantin IV sont adressées au clergé, au populus et au felicissimus exercitus de la ville de Rome : les trois composantes du corps électoral, ecclésiastique, civil et militaire.[35]

Cette donnée rappelle que la papauté du VIIe siècle n'est pas encore élue par un conclave de cardinaux au sens médiéval tardif. Rome est une ville impériale, avec son clergé, son peuple, ses forces armées, ses fonctionnaires et son lien avec l'exarque de Ravenne. Le pape est successeur de Pierre, mais son élection se déroule dans une réalité civique et byzantine très concrète.

La réforme obtenue de Constantin IV

Le Liber Pontificalis affirme que Benoît II reçut des ordonnances impériales permettant que celui qui serait élu au Siège apostolique soit aussitôt ordonné pontife sans délai.[36] New Advent résume : la mesure abolit peut-être la confirmation impériale directe, ou la rendit disponible par l'exarque en Italie.[37]

« Il concéda que la personne élue au Siège apostolique fût ordonnée pontife aussitôt, sans retard. » — Liber Pontificalis, notice de Benoît II[38]

Treccani donne l'interprétation la plus précise : Constantin IV restaure la délégation à l'exarque d'Italie, résidant à Ravenne, pour délivrer les futures autorisations, et rétablit aussi l'ancienne tradition romaine de conduire immédiatement l'élu en procession au palais du Latran.[39]

Avant Benoît IIMesure reçue sous Benoît IIEffet concret
Autorisation impériale attendue depuis ConstantinoplePouvoir de confirmation délégué à l'exarque d'ItalieVacances pontificales potentiellement plus courtes
Élu bloqué avant la consécrationOrdination sans retard selon la notice pontificaleMoins de paralysie pastorale
Rome dépendante d'un échange lent avec l'OrientRavenne devient relais administratifMaintien du cadre byzantin, mais avec allègement
Incertitude après les crises doctrinalesReconnaissance du pape comme interlocuteur majeurStabilisation des rapports Rome-Constantinople

Constantin IV, Rome et les cheveux des princes

Les ordonnances impériales

Le Liber Pontificalis décrit les ordonnances comme venant du très clément prince Constantin, adressées au clergé vénérable, au peuple et à l'armée très heureuse de la cité romaine.[40] La formule est impériale, mais elle reconnaît Rome comme communauté organisée autour de son évêque.

La portée historique est double. D'un côté, Rome reste dans l'orbite de l'Empire : l'empereur peut encore légiférer sur les modalités de reconnaissance du pape. De l'autre, l'empereur traite désormais avec une ville dont le pape, le clergé et l'armée ont montré leur capacité d'action pendant la crise monothélite.[41]

Les mèches de Justinien et Héraclius

La notice ajoute un geste étrange pour un lecteur moderne : Benoît II, avec le clergé et l'armée, reçoit les mèches de cheveux des fils de Constantin IV, Justinien et Héraclius, envoyées par l'empereur avec une autre ordonnance.[42]

« Il reçut, avec le clergé et l'armée, les mèches des cheveux de Justinien et d'Héraclius, fils du très clément prince. » — Liber Pontificalis, notice de Benoît II[43]

Treccani explique la valeur symbolique de ce geste : l'envoi et l'accueil des mèches ont « sans nul doute, pour Constantin IV, valeur de symbole de l'union restaurée de Rome avec Byzance », et, selon les usages du temps, « valeur symbolique d'offrande et d'acceptation d'un autre lien direct », par lequel « les fils du souverain régnant devenaient dès lors les fils adoptifs d'une Rome incarnée par son évêque », son clergé, ses officiers et ses soldats s'engageant comme alliés et protecteurs des jeunes princes.[44]

Une union restaurée, mais non servile

La comparaison avec l'icône de Phocas reçue par Grégoire le Grand en 603 est proposée par Treccani lui-même. En 603, Rome reconnaissait l'avènement d'un nouveau souverain ; sous Benoît II, le geste de Constantin IV, « sans précédent dans l'histoire des rapports constitutionnels entre les empereurs byzantins et l'antique capitale de l'Empire », révèle une relation moins strictement servile : Rome demeure dans l'Empire, mais les papes, le clergé et les forces romaines ont acquis une consistance propre.[45]

Benoît II apparaît donc comme une figure de transition. Il ne rompt pas avec Byzance. Il reçoit au contraire un signe d'union. Mais cette union passe par Rome et par le pape, non par une simple administration municipale.

Recevoir Constantinople III en Occident

Continuité avec Léon II

Léon II avait chargé le notaire régional Pierre d'aller en Espagne faire souscrire les décisions de Constantinople III par les évêques du royaume wisigoth. Il lui avait remis des lettres pour le roi Ervig, pour le comte Simplicius, pour l'archevêque de Tolède Quiricus, pour tous les évêques du royaume, ainsi qu'une partie des actes traduits du grec en latin.[46]

Benoît II intervient avant même sa consécration. Treccani le qualifie alors de prêtre, élu au nom de Dieu du Saint-Siège apostolique : il confirme à Pierre sa mission et lui ordonne de partir.[47]

Cette donnée est importante : Benoît commence à servir le Siège romain dans un dossier dogmatique capital avant même d'avoir reçu la consécration pontificale. Le gouvernement de fait du pape élu répond à une urgence doctrinale.

Tolède et l'autonomie wisigothique

La mission romaine rencontre une Espagne ecclésiale très forte. Quiricus de Tolède était mort depuis janvier 680 ; son successeur Julien de Tolède est l'un des évêques les plus instruits du royaume et jouit déjà d'une autorité considérable depuis le XIIe concile de Tolède.[48]

Le XIVe concile de Tolède, réuni du 14 au 20 novembre 684, reçoit les actes de Constantinople III, mais le fait selon une procédure propre. Les évêques wisigoths approuvent aussi l'Apologeticum fidei de Julien, lui donnant un honneur comparable à celui des lettres décrétales.[49][50]

Deux lectures simplificatrices seraient fausses. L'Espagne ne refuse pas Constantinople III ; elle le reçoit. Mais elle ne le reçoit pas comme une province passive : elle affirme une compétence théologique propre, autour de Tolède.

Les tensions autour de Julien de Tolède

Julien envoie à Benoît II un premier Apologeticum fidei. Puis, dans un second Apologeticum connu par les actes du XVe concile de Tolède en 688, le ton devient plus rude : Julien s'érige en maître du pape en grammaire comme en exégèse, reprochant à « cet homme » d'avoir passé des expressions « lues en hâte et distraitement », et supposant que le pape, « par lecture inattentive, avait mal compris le texte ».[51]

Benoît II meurt le 8 mai 685 ; on ignore si la première réponse de Julien lui parvient de son vivant. Rome ne contre-attaque pas sous ses successeurs immédiats Jean V, Conon et Serge I. Treccani lit ce silence comme « certainement suggéré à Rome par le propos délibéré de ne pas donner corps à un pénible conflit avec l'Église wisigothique », qui aurait pu fissurer la solidarité occidentale contre l'erreur orientale.[52]

ActeurPositionEnjeu
Léon IIEnvoie les actes et lettres vers l'EspagneFaire souscrire Constantinople III
Benoît II éluConfirme la mission du notaire PierreContinuité romaine malgré la vacance
Julien de TolèdeRédige un Apologeticum fideiRecevoir le concile en affirmant Tolède
XIVe concile de TolèdeRatification des actes et de l'ApologeticumRéception occidentale autonome
Rome après Benoît IISilence prudentÉviter un conflit intra-occidental

Macaire d'Antioche : la conversion refusée

Un patriarche condamné envoyé à Rome

Macaire d'Antioche avait été l'un des grands résistants monothélites au concile. Condamné avec d'autres, il est envoyé à Rome par Constantin IV afin d'être placé sous les soins spirituels de Léon II, puis de Benoît II.[53]

Le dossier est pastoral et doctrinal. Il ne s'agit pas seulement de garder un prisonnier ; il s'agit de tenter de ramener un ancien patriarche à la confession catholique des deux volontés du Christ.

Quarante jours de méditation

Treccani rapporte que Benoît II trouve Macaire toujours obstiné. Il lui accorde quarante jours de réflexion et le fait visiter quotidiennement par un conseiller nommé Boniface, afin de l'instruire et de le récupérer à l'unité restaurée de la foi dyothélite.[54]

Le chiffre de quarante jours donne au geste une couleur spirituelle : temps d'épreuve, de conversion, de patience ecclésiale. Benoît II n'est pas seulement le gardien d'une condamnation ; il tente une guérison.

L'échec d'une pastorale patiente

La tentative échoue, comme elle avait déjà échoué sous Léon II.[55] Tous les dossiers doctrinaux ne finissent pas par une réconciliation visible. L'Église peut donner du temps, instruire, visiter, supplier, et néanmoins rencontrer une obstination.

La leçon spirituelle est nette : Benoît II unit fermeté dogmatique et patience envers la personne. Il ne relativise pas Constantinople III ; il ne réduit pas non plus Macaire à un nom dans une liste d'anathèmes.

Restaurations et dons aux églises romaines

Saint-Pierre et Saint-Laurent in Lucina

Le Liber Pontificalis attribue à Benoît II des restaurations dans l'église du bienheureux apôtre Pierre et dans l'église du martyr saint Laurent appelée in Lucina.[56] Treccani confirme que son activité dans le domaine de l'édilité sacrée fut notable, notamment pour la basilique Saint-Pierre.[57]

« Il restaura l'église du bienheureux apôtre Pierre, ainsi que celle du bienheureux martyr Laurent, appelée Lucina. » — Liber Pontificalis, notice de Benoît II[58]

Le pontificat est court, mais les gestes sont concrets. Dans la Rome du haut Moyen Âge, restaurer une basilique n'est pas un embellissement secondaire : c'est maintenir le lieu où se forme la mémoire apostolique, où se célèbre la liturgie, où les pèlerins viennent prier, où la ville comprend son identité chrétienne.

Saint-Valentin et Sainte-Marie ad Martyres

La notice pontificale mentionne aussi l'église de Saint-Valentin sur la voie Flaminia, où Benoît II fait réaliser un riche revêtement d'autel, avec clous, éléments d'orfèvrerie et bordure précieuse.[59]

Elle ajoute un autre don à Sainte-Marie ad Martyres, c'est-à-dire le Panthéon consacré à la Vierge et aux martyrs depuis Boniface IV : un revêtement de pourpre avec croix, ornements et clous d'or, entouré d'une très belle bordure de soie.[60]

Ces détails textiles et liturgiques sont précieux. Ils disent comment un pape pauvre de cœur peut se montrer généreux envers les autels : la pauvreté personnelle n'est pas le mépris de la beauté sacrée.

Calices et ornements

Benoît II fait aussi fabriquer deux calices d'or ministériels, pesant chacun une livre.[61] Ce type de note, typique du Liber Pontificalis, n'est pas un inventaire froid : il garde la mémoire matérielle de la liturgie romaine.

Dans son cas, l'inventaire confirme son portrait moral. Le pape généreux envers les pauvres est aussi généreux envers la célébration. Il donne aux personnes et aux autels, aux diaconies et aux églises, à la miséricorde et à la splendeur du culte.

Pauvres, diaconies et clergé romain

Paupertatis amator

Le Liber Pontificalis appelle Benoît II paupertatis amator, ami de la pauvreté, puis le décrit comme humble, doux, compatissant envers tous et d'une main très large.[62]

« Ami de la pauvreté, humble, doux, compatissant envers tous et d'une main très large. » — Liber Pontificalis, notice de Benoît II[63]

Ce portrait ne doit pas être réduit à une formule hagiographique. Il est confirmé par ses actes financiers : au moment de sa mort, il laisse trente livres d'or au clergé, aux monastères, aux diaconies et aux mansionarii, les gardiens ou desservants laïcs des édifices de culte.[64]

La première mention des monasteria diaconiae

Treccani note que l'expression monasteria diaconiae apparaît ici pour la première fois dans la biographie pontificale : « premier témoignage de la sollicitude aussitôt portée par les papes vers ce type d'organismes caritatifs et assistanciels ». Ces organismes, inspirés de modèles orientaux, sont des monastères confiés à des moines, souvent de provenance grecque ou orientale, chargés des activités caritatives désignées par le terme diaconia, au sens originaire de « service ».[65]

Le détail est important pour l'histoire de Rome. Il ne prouve pas que les diaconies naissent sous Benoît II : il atteste que, de son temps, ces organismes se constituent dans la ville et que la papauté s'y intéresse déjà. Benoît II étend à ces monasteria diaconiae le legs de trente livres d'or qu'il laisse au clergé, aux mansionarii et aux monastères.[66]

La promotion du clergé à Pâques

Le Liber Pontificalis rapporte qu'à la sainte Pâque, Benoît II augmenta les honneurs du clergé dans ses divers ordres.[67] Treccani situe ce geste à Pâques 685, le 26 mars, peu avant la maladie qui allait l'emporter.[68]

Cette action prolonge son identité. Lui-même est un produit du clergé romain formé depuis l'enfance ; devenu pape, il soutient et honore les divers ordres du même clergé.

Wilfrid d'York et les dossiers occidentaux

Une cause héritée d'Agathon

New Advent rappelle que Benoît II fait partie des papes qui soutiennent la cause de saint Wilfrid d'York, renvoyant à Eddius, Vita Wilfridi.[69] L'affaire remonte à Agathon, qui avait examiné à Rome la contestation de Wilfrid après sa déposition et la division de son diocèse.[70]

Rome et l'Angleterre missionnaire

Ce dossier manifeste la continuité romaine envers l'Église anglaise, depuis Grégoire le Grand jusqu'à Vitalien, Théodore de Tarse, Hadrien et Agathon.[71][72] Même un pontificat très bref garde un lien avec les Églises lointaines.

Pour Benoît II, l'enjeu n'est pas de gouverner l'Angleterre au quotidien. Il est de confirmer une décision romaine antérieure et de maintenir la valeur de l'appel au Siège apostolique dans un conflit épiscopal complexe.

Signes célestes, Vésuve et mémoire romaine

Une étoile entre Noël et la Théophanie

La notice pontificale rapporte qu'au temps de Benoît II apparut une étoile la nuit, près des vigiles, pendant plusieurs jours de ciel serein, entre Noël du Seigneur et la Théophanie, obscurcie comme la lune sous un nuage.[73]

Elle ajoute qu'en février, après la fête de saint Valentin, une étoile apparut en plein jour depuis l'occident vers midi, puis déclina vers l'Orient.[74]

Ces détails ne doivent pas être transformés en démonstration astronomique forcée. Ils montrent la manière dont le Liber Pontificalis enregistre les événements extraordinaires : signes célestes, éruptions, ordinations, travaux, maladies et décès forment les repères d'une mémoire religieuse.

L'éruption du Vésuve

Le même texte rapporte qu'en mars, le mont Vésuve en Campanie entra en éruption pendant plusieurs jours, au point que les lieux voisins furent dévastés par la poussière et la cendre.[75]

L'événement rappelle la vulnérabilité de l'Italie byzantine. Rome n'est pas seulement occupée par des débats dogmatiques ; elle vit dans un territoire soumis aux épidémies, aux volcans, aux famines, aux raids, aux charges fiscales et aux incertitudes politiques.

Mort, sépulture et culte

Maladie après Pâques

Après avoir honoré le clergé à Pâques, Benoît II tombe rapidement malade et meurt peu après.[76] Treccani situe sa maladie juste après la Pâque de 685 et confirme la mort le 8 mai.[77]

Son pontificat effectif aura donc duré moins d'un an depuis la consécration, mais près de deux ans si l'on compte le temps écoulé depuis l'élection.[78]

Douze évêques ordonnés

Le Liber Pontificalis rapporte que Benoît II ordonna douze évêques pour divers lieux.[79] Le chiffre est modeste comparé à certains prédécesseurs, mais il rappelle que même un pontificat court continue de pourvoir les Églises.

Il n'y a là rien de spectaculaire. La succession apostolique se maintient par ces gestes ordinaires : ordonner, envoyer, soutenir, restaurer, donner, instruire.

Sépulture à Saint-Pierre et mémoire du 8 mai

Benoît II est enseveli auprès du bienheureux apôtre Pierre le huitième jour avant les ides de mai, c'est-à-dire le 8 mai.[80] Le Saint-Siège donne la même date comme fin du pontificat.[81]

Il faut distinguer cette date de mort et de sépulture de la date de fête, qui varie selon les calendriers. Treccani note que son nom fut inséré au Martyrologe romain au 8 mai, dans la ligne de traditions manuscrites issues d'additions au Martyrologe d'Adon de Vienne, et Vatican News le porte au calendrier du 8 mai comme San Benedetto II, Papa.[82][83] Mais la New Catholic Encyclopedia donne sa fête au 7 mai (« Feast: May 7 »), comme le père Joseph Brusher S. J. dans Popes Through the Ages (« his feast is kept on May 7 ») et plusieurs calendriers catholiques en ligne, dont le saint du jour du 7 mai de Nobility.org ; Wikipedia en anglais et sa liste des saints orthodoxes reprennent la même date.[84] La mémoire liturgique de Benoît II se célèbre donc le 7 ou le 8 mai selon les calendriers, sur une mort attestée au 8 mai 685.

Chronologie

DateÉvénementImportance
Fin juin 683Mort de Léon II (sépulture le 3 juillet)Début d'une longue vacance
683Élection de Benoît IIClerc romain choisi après deux papes siciliens
Avant juin 684Benoît, encore élu, confirme la mission du notaire Pierre vers l'EspagneContinuité de la réception de Constantinople III
26 juin 684Consécration de Benoît IIDébut officiel du pontificat
14-20 novembre 684XIVe concile de TolèdeRéception wisigothique de Constantinople III
Fin 684 / début 685Réception des ordonnances de Constantin IVRéforme pratique de la confirmation pontificale
Noël-Théophanie 684/685Étoile nocturne rapportée par le Liber PontificalisMémoire des signes célestes
Février 685Étoile diurne après la fête de saint ValentinDeuxième signe céleste de la notice
Mars 685Éruption du VésuveVulnérabilité de l'Italie du temps
26 mars 685Pâques ; honneurs donnés au clergéDernier geste majeur envers le clergé romain
8 mai 685Mort et sépulture à Saint-PierreMémoire liturgique (8 mai au Martyrologe romain, 7 mai dans d'autres calendriers)

Héritage spirituel et doctrinal

Une sainteté sans éclat spectaculaire

Benoît II n'a pas la stature narrative de Martin I, ni le rôle dogmatique d'Agathon, ni la fonction décisive de Léon II dans la confirmation de Constantinople III. Sa sainteté est plus discrète : servir l'Église dès l'enfance, chanter la foi, connaître les Écritures, rester humble, soutenir les pauvres, restaurer les églises, donner aux diaconies.

Cette discrétion est précieuse pour une encyclopédie catholique. Tous les saints papes ne sont pas des héros dramatiques. Certains sont des hommes de continuité, qui reçoivent un héritage fragile et l'empêchent de se perdre.

La vérité reçue doit être administrée

Après une grande définition doctrinale, il reste un travail moins visible : traduire les actes, les envoyer, les faire souscrire, répondre aux susceptibilités locales, corriger les opposants, éviter les conflits inutiles, conserver l'unité des Églises. Benoît II appartient à ce travail.

Sa place après Léon II montre que l'orthodoxie n'est pas seulement un texte conciliaire. Elle doit devenir réception ecclésiale, discipline, communion, prudence diplomatique, patience envers les résistants et fermeté tranquille.

Rome chante, gouverne et sert

Le portrait le plus beau de Benoît II tient peut-être dans l'union de trois gestes : il a été formé à chanter la foi ; il obtient une réforme qui abrège les vacances du Siège apostolique ; il laisse son or aux clercs, monastères, diaconies et gardiens d'églises.

Chant, gouvernement, charité : ce sont trois dimensions d'un même service. La papauté romaine ne tient pas seulement par des définitions ; elle tient aussi par des voix qui prient, des institutions qui fonctionnent et des pauvres qui ne sont pas oubliés.

Pour aller plus loin

  • Pape saint Léon II — prédécesseur immédiat, confirmateur de Constantinople III et de la condamnation d'Honorius.
  • Pape saint Agathon — pape du synode romain de 680 et de la lettre dogmatique reçue par Constantinople III.
  • Concile de Constantinople III (680-681) — définition des deux volontés et deux opérations naturelles du Christ.
  • Pape Honorius I — dossier de la condamnation posthume dans la crise monothélite.
  • Pape saint Martin I — pape martyr de la résistance au Typos impérial.
  • Pape saint Vitalien — contexte de la papauté byzantine, de l'Angleterre et de Ravenne.
  • L'ancienne basilique Saint-Pierre — lieu de sépulture de Benoît II et mémoire pontificale romaine.

Notes et sources

Notes et références

  1. Saint-Siège, fiche officielle "Benoît II" (revérifiée le 3 octobre 2026) : 81e pape de l'Église catholique, début du pontificat 26.VI.684, fin 8.V.685, naissance à Rome. URL : https://www.vatican.va/content/vatican/fr/holy-father/benedetto-ii.html.

    1 16 19 32 81
  2. Ottorino Bertolini, "Benedetto II", Treccani, 2000 (consulté le 3 octobre 2026 ; texte intégral revérifié le 4 octobre 2026) : consécration de Benoît II le 26 juin 684, « quando stava per compiersi un anno intero dalla sepoltura (3 luglio 683) di Leone II » ; longues vacances dues à l'autorisation impériale dans le contexte de Constantinople III et de la condamnation d'Honorius. Sur la fin de Léon II : Treccani (E. Susi, « Leone II », Enciclopedia dei Papi, 2000, texte intégral revérifié le 4 octobre 2026) relate que le 27 juin 683 Léon II ordonna neuf prêtres, trois diacres et vingt-deux évêques — « Questo fu presumibilmente il suo ultimo atto ufficiale » —, que « la morte lo colse a distanza di qualche giorno » (fin juin 683) et qu'il « fu sepolto in S. Pietro il 3 luglio del 683 », date retenue par le Saint-Siège comme fin du pontificat (fiche vaticane « Leone II » vérifiée le 4 octobre 2026 : fin « 3.VII.683 ») ; la fête médiévale du 28 juin parfois rattachée à tort à Léon II est celle de la translation des restes de saint Léon I sous Serge I, non la date de sa mort (« Nel corso del Medioevo a questo papa venne erroneamente attribuita la festa del 28 giugno »).

    2 15 25 31 33 34
  3. Horace Mann, "Pope St. Benedict II", The Catholic Encyclopedia, vol. 2, Robert Appleton Company, New York, 1907 ; transcription New Advent : naissance inconnue, mort le 8 mai 685, Romain fils de Jean, schola cantorum, Écritures, chant, humilité, pauvres, consécration le 26 juin 684, réforme de la confirmation impériale, Espagne, Macaire, Wilfrid, restaurations et sépulture (texte intégral revérifié le 3 octobre 2026 ; l'article donne « Date of birth unknown », ce qui confirme le statut d'estimation du « vers 635 »). URL : https://www.newadvent.org/cathen/02427d.htm. Corroboré par la NCE (page vérifiée le 4 octobre 2026 : « Benedict's directive of 683-684 that Wilfrid of York be restored to the See of York [...] was partially honored in 686 »).

    3 21 28 37 69
  4. Liber Pontificalis, notice "Benedictus iunior", éd. Duchesne, t. I, p. 363-365 : « Hic ecclesiam beati Petri apostoli sed et beati Laurenti martyris qui appellatur Lucinae restauravit » ; Saint-Valentin voie Flaminia : « fecit coopertorium super altare cum clavos in fistellis et in circuitu palergium chrisoclavum pretiosissimum » ; Sainte-Marie ad Martyres et Saint-Laurent : revêtements de pourpre, de soie et d'or ; « Fecit autem et calices aureos ministeriales II, pensantes singuli libras singulas ». Latin cité d'après la transcription Fontistoriche (3 octobre 2026), vérifiée mot à mot sur l'édition Duchesne, t. I, p. 363-365 (numérisation archive.org du t. I, 1886, relue le 4 octobre 2026).

    4 56 58 59 60 61
  5. Ottorino Bertolini, "Benedetto II", Treccani, 2000 (texte intégral revérifié le 4 octobre 2026) : Benoît II comme paupertatis amator et manu largissima, promotion des ordres cléricaux à Pâques 685 « (26 marzo) », legs de « 30 libbre d'oro » ; « Nella biografia di B. l'espressione [monasteria diaconiae] compare per la prima volta: prima testimonianza delle premure subito rivolte dai papi a questo tipo di organismi caritativo-assistenziali, che a Roma si sarebbero successivamente sviluppati ». La date pascale est confirmée par Duchesne lui-même en note : « Le 26 mars 685 » (t. I, p. 364, n. 6, relue le 4 octobre 2026) — le comput julien donne indépendamment le 26 mars 685, un dimanche.

    5 65 68
  6. Liber Pontificalis, notice "Benedictus iunior", éd. Duchesne, t. I, p. 363-365 ; portrait et durée (« sedit mens. X dies XII ») : « Hic ab ineunte aetate sua ecclesiae militavit, atque sic se in divinis Scripturis et cantilena a puerili etate et in presbiterii dignitate exhibuit ut decet virum suo nomine dignum » ; vertus : « paupertatis amator, humilis, mansuetus et omnibus conpatientiam habens atque manu largissima ». Latin cité d'après la transcription Fontistoriche (3 octobre 2026), vérifiée mot à mot sur l'édition Duchesne, t. I, p. 363-365 (numérisation archive.org du t. I, 1886, relue le 4 octobre 2026).

    6 7 22 23 62 63
  7. Voir l'article Ignispedia Pape saint Agathon (678-681), prédécesseur indirect de Benoît II : synode romain de 680, lettre dogmatique à Constantin IV et rôle décisif dans Constantinople III.

    8 70 72
  8. Voir l'article Ignispedia Pape saint Léon II (682-683), prédécesseur immédiat de Benoît II : confirmation de Constantinople III, traduction des actes, condamnation nuancée d'Honorius, Ravenne et mission vers l'Espagne.

    9 12 29 30
  9. Ottorino Bertolini, "BENEDETTO II, santo", Enciclopedia dei Papi, Istituto dell'Enciclopedia Italiana Treccani, 2000 (texte intégral revérifié le 4 octobre 2026) : Benoît II, fils de Jean, famille romaine, carrière dans le clergé urbain depuis la schola cantorum ; « L'elezione di B., dopo i pontificati di Agatone e di Leone II entrambi di famiglie siciliane [...], fu senza dubbio conseguenza della maggior sicurezza che animava il clero cittadino dell'Urbe dopo il ristabilimento della pace religiosa con l'Oriente ». URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/santo-benedetto-ii_%28Enciclopedia-dei-Papi%29/.

    10 24
  10. Constantinople III (VIe concile œcuménique), XVIIIe et dernière session, 16 septembre 681 : définition des deux volontés naturelles et des deux opérations naturelles du Christ contre le monothélisme. Texte : Denzinger, Enchiridion Symbolorum (ancienne numérotation, éd. 1957 : bloc conciliaire 289-292, définition proprement dite nn. 291 — les deux volontés — et 292 — les deux opérations : « nous proclamons en lui deux volontés naturelles [...] et deux opérations naturelles » ; texte anglais Deferrari relu le 4 octobre 2026 : n. 291 « And so we proclaim two natural wills in Him, and two natural operations... ») ; actes : Mansi, Sacrorum conciliorum, t. XI, col. 635 et suiv. Voir aussi l'article Ignispedia Concile de Constantinople III (680-681).

    11
  11. Ottorino Bertolini, "Benedetto II", Treccani, 2000 (consulté le 3 octobre 2026) : mission du notaire régional Pierre vers l'Espagne avec lettres de Léon II et actes traduits ; Benoît II encore prêtre élu confirme son départ.

    13 46 47 48
  12. Ottorino Bertolini, "Benedetto II", Treccani, 2000 (consulté le 3 octobre 2026 ; passage vérifié : « Gli concesse quaranta giorni di meditazione […] lo fece quotidianamente visitare da un suo consigliere, Bonifacio ») : Macaire d'Antioche envoyé à Rome, obstination monothélite, quarante jours de méditation accordés par Benoît II, visites quotidiennes du conseiller Boniface, échec de la tentative de récupération.

    14 53 54 55
  13. Liber Pontificalis, notice "Benedictus iunior", éd. Duchesne, t. I, p. 363-365 : « Hic suscepit divales iussiones clementissimi Constantini magni principis ad venerabilem clerum et populum atque felicissimum exercitum Romane civitatis, per quas concessit ut persona qui electus fuerit in sedem apostolicam e vestigio absque tarditate pontifex ordinetur » ; cheveux des princes : « Hic una cum clero et exercitu suscepit mallones capillorum domni Iustiniani et Heraclii filiorum clementissimi principis ». Latin cité d'après la transcription Fontistoriche (3 octobre 2026), vérifiée mot à mot sur l'édition Duchesne, t. I, p. 363-365 (numérisation archive.org du t. I, 1886, relue le 4 octobre 2026).

    17 36 38 40 42 43
  14. Ottorino Bertolini, "Benedetto II", Treccani, 2000 (consulté le 3 octobre 2026) : divales iussiones de Constantin IV, délégation à l'exarque d'Italie pour les futures autorisations, restauration de la tradition d'installation au Latran, destinataires clergé-peuple-armée de Rome.

    18 26 35 39 41
  15. Liber Pontificalis, notice "Benedictus iunior", éd. Louis Duchesne, Le Liber pontificalis, t. I, Paris, 1886, p. 363-365 ; texte latin cité d'après la transcription Fontistoriche (consultée le 3 octobre 2026) : « BENEDICTUS iunior, natione Romanus, de patre Iohanne, sedit mens. X dies XII ». La fiche Fontistoriche affiche par ailleurs « Roma, 635 — Roma, 8 maggio 685 », estimation moderne sans appui dans le texte pontifical. URL : https://fontistoriche.org/papa-benedetto-ii/.

    20 27
  16. Ottorino Bertolini, "Benedetto II", Treccani, 2000 (texte intégral revérifié le 4 octobre 2026) : envoi à Rome des mèches de cheveux des princes Justinien et Héraclius ; « Costantino IV attribuiva senza dubbio all'invio delle ciocche [...] il valore di simbolo della ristabilita unione di Roma con Bisanzio » ; « i figli del sovrano regnante diventavano da allora i figli adottivi di una Roma impersonata dal suo vescovo, dal suo clero, ufficiali e soldati » ; parallèle avec l'icône de Phocas reçue par Grégoire I le 25 avril 603, et geste « senza precedenti nella storia dei rapporti costituzionali fra gli imperatori bizantini e l'antica capitale dell'Impero ».

    44 45
  17. Ottorino Bertolini, "Benedetto II", Treccani, 2000 (consulté le 3 octobre 2026) : procédure de réception espagnole, rôle de Julien de Tolède, approbation de l'Apologeticum fidei au XIVe concile de Tolède comme texte doté d'honneur et révérence comparables aux décrétales.

    49
  18. XIVe concile de Tolède, 14-20 novembre 684 (ouverture le 14 novembre, clôture le 20 novembre) : les actes se lisent dans Mansi, Sacrorum conciliorum nova et amplissima collectio, t. XI, Florence, 1765, col. 1085-1092 (cote donnée par la bibliographie de Treccani, revérifiée le 4 octobre 2026 ; la NCE renvoie aux col. 1086-1092 pour les actes). Précision : le Denzinger ne donne pas de numéro propre au XIVe concile de Tolède ; ses nn. 294-295 (ancienne numérotation ; texte anglais Deferrari relu le 4 octobre 2026 : n. 294, premier chapitre du Liber responsionis, « Will begot will... » ; n. 295, second chapitre, les trois substances) portent sur le Liber responsionis (Apologia, second Apologeticum) de Julien — pièce datée de 685 dans l'en-tête de l'édition (« Council of Toledo XV 685 »), approuvée au XVe concile de Tolède (mai 688 selon Treccani) — avec en note le rappel de la réception espagnole de Constantinople III.

    50
  19. Ottorino Bertolini, "Benedetto II", Treccani, 2000 (texte intégral revérifié le 4 octobre 2026) : second Apologeticum de Julien connu par les actes du XVe concile de Tolède (688) ; Julien « si erigeva a maestro di B. in fatto così di grammatica come di esegetica », reprochant à « quell'uomo » d'avoir passé des expressions « nel leggere in fretta e distrattamente », et supposant « che il papa, per la lettura disattenta, avesse frainteso il testo » ; absence de contre-réplique romaine sous Benoît II, Jean V, Conon et Serge I : « Fu silenzio certo suggerito a Roma dal deliberato proposito di non dar corpo ad un penoso conflitto con la Chiesa visigota ».

    51 52
  20. Ottorino Bertolini, "Benedetto II", Treccani, 2000 (consulté le 3 octobre 2026) : activité d'édilité sacrée, restaurations à Saint-Pierre, dons à Saint-Laurent in Lucina, Saint-Valentin sur la voie Flaminia et Sainte-Marie ad Martyres.

    57
  21. Liber Pontificalis, notice "Benedictus iunior", éd. Duchesne, t. I, p. 363-365 : « Qui e vestigio infirmitati incidit et post dies defunctus est. Hic dimisit omni clero, monasteriis diaconiae et mansionariis auri libras XXX. Fecit autem episcopos per diversa loca numero XII. Qui etiam sepultus est ad beatum Petrum apostolum, sub die VIII idus maias. Et cessavit episcopatus mens. II dies XV. » Latin cité d'après la transcription Fontistoriche (3 octobre 2026), vérifiée mot à mot sur l'édition Duchesne, t. I, p. 363-365 (numérisation archive.org du t. I, 1886, relue le 4 octobre 2026). Variante d'apparat : un manuscrit (D) porte « numero XVI » pour les évêques ordonnés au lieu de « numero XII » (leçon retenue par Duchesne).

    64 66 76 79 80
  22. Liber Pontificalis, notice "Benedictus iunior", éd. Duchesne, t. I, p. 363-365 : « Huius temporibus apparuit stella noctu, iuxta vigilias, per dies, caelum serenum, inter Domini et Theophania, omni modo obumbrata, veluti luna sub nube » ; étoile diurne de février après la Saint-Valentin ; « mons Bevius qui est in Campania mense martio eructuavit per dies » (le Vésuve) ; « Clerum videlicet diversis ordinibus in diem sanctum Paschae honoribus ampliavit ». Latin cité d'après la transcription Fontistoriche (3 octobre 2026), vérifiée sur l'édition Duchesne, t. I, p. 363-364 (numérisation archive.org du t. I, 1886, relue le 4 octobre 2026) : le texte édité porte bien « mons Bevius », les manuscrits donnant les variantes Bebius (A D), Brevius, Boctus, Huius (C*), Beveus et Bebeus — la leçon « Bevius » n'est donc pas une coquille, et les formes « Besuvius » ou « Vesuvius » ne figurent ni dans le texte ni dans l'apparat.

    67 73 74 75
  23. Voir l'article Ignispedia Pape saint Vitalien (657-672), contexte de la papauté byzantine, des diptyques de Constantinople, de Théodore de Tarse, de l'Angleterre et de Ravenne.

    71
  24. Ottorino Bertolini, "Benedetto II", Treccani, 2000 (consulté le 3 octobre 2026 ; passage vérifié : mort « l'8 maggio 685 ») : maladie après Pâques 685, mort le 8 mai 685, sépulture à Saint-Pierre, pontificat inférieur à un an depuis la consécration.

    77 78
  25. Ottorino Bertolini, "Benedetto II", Treccani, 2000 (consulté le 3 octobre 2026 ; passage vérifié) : insertion du nom de Benoît II au Martyrologium Romanum, Cité du Vatican, 1956, p. 110, au 8 mai, dans la ligne des additions au Martyrologe d'Adon de Vienne.

    82
  26. Vatican News, « San Benedetto II, Papa », saint du jour du 8 mai (page vérifiée le 4 octobre 2026 : titre et date « 08 maggio » confirmés, URL « /05/08/san-benedetto-ii--papa » ; la page calendaire ne donne pas de notice biographique). URL : https://www.vaticannews.va/it/santo-del-giorno/05/08/san-benedetto-ii--papa.html.

    83
  27. Fête au 7 mai : New Catholic Encyclopedia, « Benedict II, Pope, St. » (« Feast: May 7 » ; URL : https://www.encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/benedict-ii-pope-st) ; Joseph Brusher S. J., Popes Through the Ages (« his feast is kept on May 7 », passage repris sur http://stsmarthaandmary.org/popes/St.%20Benedict%20II.htm) ; saint du jour du 7 mai sur Nobility.org (« May 7 – The Pope who adopted two princes : Pope St. Benedict II » ; URL : https://nobility.org/2026/05/may-7-pope-adopted-two-princes/). Wikipedia en anglais (« Pope Benedict II », infobox : « Feast day 7 May ») et sa « List of Eastern Orthodox saints » (entrée « Benedict II of Rome », 7 mai) reprennent la même date. À l'inverse, la liste des saints latins d'orthodoxengland.org.uk le porte au 8 mai (« May 8 Benedict II May 8 + 685 » ; URL : http://www.orthodoxengland.org.uk/stdmay.htm), comme le Martyrologe romain et Vatican News. D'où la nuance retenue : mort et sépulture attestées au 8 mai 685, fête au 7 ou au 8 mai selon les calendriers. Possible racine textuelle de la divergence : dans l'apparat de Duchesne (t. I, p. 364, relue le 4 octobre 2026), un manuscrit (C²) porte « nones » de mai (7 mai) au lieu de « VIII ides » (8 mai) pour la sépulture — la leçon éditée reste le 8 mai.

    84