Pape saint Martin I (649-655)

Martin I, pape de 649 à 655, convoque le concile du Latran contre le monothélisme, condamne l'Ecthèse et le Typos, puis meurt en exil à Cherson après son arrestation par l'Empire byzantin.

Ignispedia

Pape saint Martin I (Martinus I) gouverne l'Église de Rome à partir du 5 juillet 649 — date de sa consécration et début de son pontificat selon le Saint-Siège ; la Catholic Encyclopedia (1910) retient le 21 juillet, calculé d'après la durée du règne, calcul qui heurte la consécration attestée du 5 juillet — jusqu'à sa mort en exil le 16 septembre 655. Le Saint-Siège le présente comme le 74e pape de l'Église catholique, né à Todi, successeur de Théodore I.[1][2]

Son pontificat concentre l'un des moments les plus dramatiques de la papauté byzantine. Martin est consacré sans attendre l'approbation impériale, convoque aussitôt le concile du Latran de 649, condamne le monothélisme, l'Ecthèse d'Héraclius et le Typos de Constant II, puis refuse de se soumettre à la politique impériale du silence doctrinal.[3][4]

L'empire répond par la force. L'exarque Olympius tente d'imposer le Typos en Italie et, selon le Liber Pontificalis, échoue même dans un projet d'assassinat liturgique. Quelques années plus tard, Théodore Calliopas arrête Martin au Latran, l'emmène à Constantinople, le fait juger comme rebelle politique, puis l'envoie mourir en exil à Cherson, en Crimée.[5][6]

Le dossier judiciaire éclaire le ressort du procès : les accusations officielles sont politiques, mais le véritable motif poursuivi est le refus du pape de signer le Typos.[7]

Pourquoi Martin I compte-t-il ?

Le pape martyr du Christ à deux volontés

Martin I est l'un des rares papes que l'histoire retient d'abord comme martyr doctrinal. Il ne meurt pas sous une persécution païenne ; il meurt sous un empereur chrétien, parce qu'il refuse qu'une mesure impériale interdise à l'Église de confesser clairement la vraie humanité du Christ.[8][9]

Le point de foi peut paraître technique : une ou deux volontés dans le Christ. Il ne l'est pas. Si Jésus n'a pas de volonté humaine réelle, il n'assume pas pleinement notre humanité ; et si son humanité n'est pas pleinement assumée, elle n'est pas pleinement sauvée. Le Latran de 649 prépare ainsi la définition de Constantinople III : une seule personne divine, deux natures, deux volontés naturelles, deux opérations naturelles.[10]

Le successeur qui accomplit le projet de Théodore I

Le pontificat de Martin ne surgit pas dans le vide. Honorius I avait laissé des lettres ambiguës ; Séverin avait refusé l'Ecthèse ; Jean IV avait condamné le monothélisme et défendu Honorius contre Pyrrhus — Honorius que Constantinople III condamnera nommément en 681, dans sa XIIIe session du 28 mars 681, pour avoir suivi en tout l'opinion de Sergius et confirmé ses dogmes impies, d'après sa lettre à Sergius — ses lettres à Sergius n'étant pas pour autant une définition ex cathedra, puisqu'elles ne définissent ni ne condamnent — ; Léon II, en confirmant le concile, anathématisera « aussi Honorius, qui [...] par une trahison profane laissa souiller sa pureté », puis expliquera aux évêques d'Espagne le sens de la sentence : Honorius « n'a pas, comme l'exigeait l'autorité apostolique, éteint dès le début la flamme de l'enseignement hérétique, mais l'a nourrie par sa négligence » (voir Pape Honorius I)[11] ; Théodore I avait transformé Rome en centre de résistance avec Maxime le Confesseur, les évêques africains, Chypre et la Palestine.[12][13][14]

Treccani souligne que l'extraordinaire rapidité entre la mort de Théodore, le 14 mai 649, la consécration de Martin, le 5 juillet, et l'ouverture du synode du Latran, le 5 octobre, montre que le dossier était déjà largement préparé. Martin n'improvise pas un concile : il porte à terme le travail de Théodore, de Maxime et des moines grecs installés à Rome.[15]

Un pape italien, mais une œuvre greco-romaine

Martin est originaire de Todi, en Ombrie. New Advent le dit fils de Fabricius et le présente comme ancien apocrisiaire à Constantinople.[16] Cette expérience orientale est décisive : il connaît la cour, les patriarches, le langage diplomatique et les méthodes impériales.

Le Latran de 649 est pourtant profondément grec dans sa préparation. Georg Jenal, dans Treccani, reprend les travaux de Rudolf Riedinger : une grande partie des actes latins serait traduite d'un original grec, et l'influence de Maxime et des moines orientaux est massive, surtout dans les canons centraux sur les deux volontés et les deux opérations.[17]

Ce détail corrige une lecture simpliste : Martin n'est pas un Latin contre l'Orient. Il est l'évêque de Rome qui donne autorité ecclésiale à la foi portée aussi par l'Orient orthodoxe : Sophrone de Jérusalem, Étienne de Dor, Maxime le Confesseur, les moines grecs de Rome et les évêques africains.

Les sources principales

Tableau des témoins

SourceDateCe qu'elle apportePrudence
Saint-Siègeliste actuelle74e pape, Todi, dates 5.VII.649 - 16.IX.655Notice très brève
Liber Pontificalistradition romaineLatran 649, Olympius, tentative d'assassinat, Calliopas, exil et mortRécit romain très favorable, mais source majeure
Actes du Latran de 649octobre 649Sessions, canons, condamnations, encyclique de MartinDossier doctrinal le plus important
Treccani / Georg Jenal2008Lecture critique moderne : préparation grecque, Maxime, structure des actes, chronologieSource secondaire la plus dense
Catholic Encyclopedia / New Advent1910Synthèse classique : biographie, Latran, arrestation, procès, ChersonAncienne, mais riche et catholique
Prosopography of the Byzantine Empirebase prosopographiqueRéférences précises aux actes, prisons, dates, sources grecquesTechnique, utile pour le procès et l'exil
Constantinople III680-681Réception dogmatique des deux volontésMartin n'y participe pas ; son œuvre y est confirmée

Le Saint-Siège et la chronologie

La notice actuelle du Vatican donne Martin I comme 74e pape, avec début du pontificat le 5 juillet 649, fin le 16 septembre 655, naissance à Todi.[18] Ces dates sont retenues dans l'article : le 5 juillet est la date de la consécration et du début du pontificat — le Saint-Siège ne dit pas « élection », il dit Inizio pontificato 5.VII.649 ; le 21 juillet — proposé par Lobkowitz (Statistik der Päpste, 1905) et préféré par la Catholic Encyclopedia (1910) d'après la durée du règne (6 ans, 1 mois et 26 jours) jusqu'au 16 septembre 655 — est un calcul qui heurte la consécration attestée du 5 juillet ; certains détails du voyage vers Constantinople restent eux aussi débattus.[19]

Le point historique solide est le suivant : Martin succède immédiatement à Théodore I, refuse d'attendre la confirmation impériale, réunit le Latran en octobre 649, est arrêté en juin 653, jugé à Constantinople, exilé à Cherson, et meurt le 16 septembre 655.[20][21]

Le Liber Pontificalis : Rome raconte son pape martyr

La notice du Liber Pontificalis donne au dossier sa couleur la plus dramatique. Elle présente Paul de Constantinople comme l'homme qui pousse l'empereur à publier un Typos destructeur du dogme catholique, puis raconte le synode romain, la diffusion des actes, l'envoi d'Olympius en Italie, l'échec de la pression militaire, la tentative d'assassinat à Sainte-Marie-Majeure, l'arrestation par Calliopas et l'exil de Martin.[22]

« Ce synode est conservé aujourd'hui dans les archives de l'Église ; il en fit des copies et les envoya dans toutes les régions d'Orient et d'Occident. » — Liber Pontificalis, notice de Martin I (traduction)[23]

Le Liber Pontificalis, source romaine nommée du dossier, rapporte le fait : Martin se comprend comme le gardien public d'une confession de foi, non comme un chef de faction politique. La papauté ne cherche pas seulement à gouverner l'Italie ; elle veut faire circuler dans toute l'Église la foi du Christ complet.

Treccani : la préparation grecque du Latran

Treccani apporte un point décisif pour ne pas caricaturer l'événement. Le Latran de 649 a la taille, l'architecture et l'ambition d'un grand dossier conciliaire. Ses actes sont présentés en deux langues ; les sessions accumulent les témoignages patristiques ; les appels de Chypre, d'Afrique et de Palestine y entrent ; les moines grecs de Rome y jouent un rôle de première importance.[24]

Riedinger, repris par Jenal, a montré que la direction textuelle va largement du grec vers le latin (découverte de 1976 : 88 % des actes sont du latin traduit d'un original grec par des bilingues, contre 12 % d'originaux latins) : les actes ne sont pas simplement un texte latin traduit en grec, mais un dossier greco-romain élaboré par un milieu oriental bilingue. Pour Ignispedia, ce point est capital : Rome n'étouffe pas l'Orient ; elle recueille l'Orient orthodoxe contre une politique impériale qui prétendait parler pour lui.[25]

Avant le pontificat : Todi, Rome et Constantinople

Un homme de Todi

Martin naît à Todi, en Ombrie, à une date inconnue. New Advent rapporte qu'il est fils de Fabricius et qu'il appartient à une famille noble selon son biographe Théodore.[26] Les sources ne permettent pas de raconter son enfance ni sa formation en détail ; elles permettent en revanche de constater qu'il apparaît, au moment de son élection, comme un homme cultivé, expérimenté et capable de mener très vite un dossier doctrinal immense.

Il faut résister à la tentation de remplir les silences. L'article ne sait pas s'il fut moine basilien, même si une tradition l'a affirmé ; il ne sait pas non plus les étapes exactes de sa carrière romaine. Ce que l'histoire montre avec certitude est plus fort : Martin sait agir dans une crise où théologie, empire, synodes et diplomatie se nouent.

Ancien apocrisiaire à Constantinople

New Advent rapporte que Théodore I avait envoyé Martin comme apocrisiaire à Constantinople afin de travailler au dossier de Pyrrhus.[27] L'apocrisiaire est le représentant romain auprès de la cour impériale. La fonction demande une connaissance de la langue, des procédures, des réseaux et des rapports entre le palais et le patriarcat.

Cette expérience explique la fermeté de Martin. Il ne découvre pas Constant II de loin. Il sait que le Typos n'est pas une simple mesure de paix : c'est une interdiction politique faite à l'Église de confesser précisément ce que la crise exige de confesser.

Une consécration sans confirmation impériale

Après la mort de Théodore, Martin est choisi rapidement et consacré le 5 juillet 649 — date de la consécration et du début du pontificat selon le Saint-Siège — sans attendre l'approbation de Constantinople.[28][29] La Catholic Encyclopedia (1910), suivant Lobkowitz, préfère le 21 juillet, calculé d'après la durée du règne jusqu'au 16 septembre 655 — calcul qui heurte la consécration attestée du 5 juillet.[30] Dans la papauté byzantine, ce geste est exceptionnel. Il dit l'urgence doctrinale et la conscience que Rome ne peut pas attendre un pouvoir qui cherche précisément à faire taire le dogme.

Cette décision n'est pas une révolte abstraite contre l'empire. Martin enverra les actes au souverain. Mais il refuse que l'existence même d'un pape orthodoxe dépende de l'adhésion préalable au silence imposé par le Typos.

Le problème doctrinal : monothélisme, Ecthèse et Typos

Pourquoi une seule volonté détruit la vraie humanité du Christ

Le monothélisme affirme qu'il n'y aurait qu'une seule volonté dans le Christ. L'intention peut paraître pieuse : éviter de diviser Jésus, garder l'unité de sa personne, rassurer les anti-chalcédoniens. Mais la conséquence est grave. Une nature humaine raisonnable sans volonté humaine n'est pas une humanité complète.[31]

La foi catholique tient ensemble deux vérités : le Christ est une seule personne, le Verbe incarné ; et cette personne divine assume une nature humaine complète, avec intelligence humaine et volonté humaine. Cette volonté humaine ne s'oppose jamais à Dieu ; elle obéit parfaitement, notamment à Gethsémani : « non pas ma volonté, mais la tienne ».[32]

L'Ecthèse d'Héraclius

L'Ecthèse, publiée en 638 sous Héraclius, promeut la formule d'une seule volonté. Elle devient le premier grand texte impérial que Rome refuse dans cette crise. Séverin ne la signe pas ; Jean IV la condamne ; Théodore demande son retrait ; Martin en fera l'un des objets de la condamnation du Latran.[33][34][35]

Le problème n'est pas seulement la phrase. C'est le mode d'autorité. L'empereur transforme un compromis christologique en profession publique. Une formule ambiguë, si elle devient loi religieuse, fait pression sur les évêques, les clercs, les moines et les peuples.

Le Typos de Constant II

Le Typos de 648 semble d'abord plus modéré : il retire ou neutralise l'Ecthèse, mais interdit de parler d'une ou deux volontés et d'une ou deux opérations.[36][37] C'est précisément ce que Martin refuse. Quand l'erreur a déjà blessé la foi, interdire de nommer le remède revient à protéger la maladie.

Le dossier du Latran l'implique sans le formuler ainsi — et ceci est une reformulation moderne, non une citation du concile : un dogme blessé ne se soigne pas par une interdiction de parler.[38]

Le Typos révèle une tentation récurrente dans l'histoire de l'Église : acheter la paix visible au prix d'une vérité diminuée. Martin comprend que ce silence serait une défaite pastorale. L'unité de l'empire ne peut pas valoir plus que l'intégrité du Christ.

TexteDateContenuRéponse romaine
Lettres d'Honorius à Sergiusvers 634-635Vocabulaire ambigu sur l'unique volontéJean IV tente une défense ; Constantinople III condamnera Honorius
Ecthèse d'Héraclius638Promotion d'une seule volontéSéverin refuse ; Jean IV condamne ; Théodore poursuit
Typos de Constant II648Silence imposé sur une/deux volontés et opérationsMartin I condamne au Latran de 649
Latran de 649octobre 649Deux volontés et deux opérations confesséesRome diffuse les actes en Orient et Occident

Le concile du Latran de 649

Une convocation rapide

Le concile s'ouvre le 5 octobre 649 dans la basilique du Sauveur, près du palais du Latran. New Advent parle de 105 évêques, de cinq sessions les 5, 8, 17, 19 et 31 octobre ; Treccani décrit quatre étapes après l'ouverture, selon la structure qu'il retient des actes.[39][40]

La différence de comptage ne change pas l'essentiel : le synode est vaste pour un concile romain, organisé, préparé, documenté, et il n'a rien d'une réunion improvisée. PBE note que Martin préside les sessions et parle fréquemment dans les actes, puis souscrit la définition de foi à la dernière session.[41]

Première session : Martin relit toute la crise

Selon Treccani, Martin ouvre la première séance par une rétrospective de la dispute christologique, depuis les racines alexandrines jusqu'à la rupture présente. Il s'appuie sur les Pères pour critiquer la doctrine d'une seule volonté et présenter la position latine comme constante face aux compromis orientaux de cour.[42]

Le mot "latin" doit être bien compris. Il ne s'agit pas d'un nationalisme occidental. Les textes, les moines grecs, les appels d'Orient, Étienne de Dor et Maxime montrent que la ligne de Martin est catholique et orientale autant que romaine.

Deuxième session : Étienne de Dor et les appels orientaux

La deuxième séance donne une place importante à Étienne de Dor, témoin de la tradition de Sophrone de Jérusalem, et à la pétition des moines grecs de Rome contre le Typos. Les appels de l'évêque de Chypre et des évêques africains sont également intégrés au dossier.[43]

Ce moment est essentiel pour l'ecclésiologie. Rome n'agit pas comme un centre isolé. Elle reçoit des appels, les fait lire, les insère dans un jugement synodal et rend une décision destinée à toute l'Église.

Troisième et quatrième sessions : les textes sont examinés

Les sessions suivantes lisent et discutent des écrits des deux camps : textes orthodoxes, textes monothélites, symboles conciliaires, témoignages patristiques, dossier du Typos et du patriarche Paul II de Constantinople.[44] La méthode est celle d'un concile sérieux : une erreur est jugée par confrontation avec la tradition reçue, non par simple indignation.

Cette densité explique pourquoi le Latran de 649, même non œcuménique au sens strict, a une portée doctrinale exceptionnelle. Il prépare directement Constantinople III et conserve la mémoire du combat de Maxime et de Martin.

Les vingt canons-anathématismes

Le concile produit vingt canons-anathématismes. Treccani souligne l'importance des canons X et XI, centrés sur les deux volontés et les deux opérations dans le Christ, et les rattache directement à l'influence de Maxime le Confesseur.[45]

New Advent résume les décisions : rejet de l'Ecthèse et du Typos ; condamnation de Sergius, Pyrrhus et Paul de Constantinople, de Cyrus d'Alexandrie et de Théodore de Pharan ; définition de la doctrine catholique sur les deux volontés du Christ ; envoi des décrets à l'Église et à l'empereur.[46]

En substance — reformulation moderne du contenu des canons X et XI, non citation littérale : le Latran anathématise quiconque nie les deux volontés naturelles et les deux opérations naturelles dans l'unique Christ.[47]

Les actes envoyés à l'Orient et à l'Occident

Le Liber Pontificalis insiste sur la diffusion des actes : Martin fait établir des copies et les envoie dans toutes les régions d'Orient et d'Occident.[48] Ce geste donne à l'événement une dimension missionnaire. Le pape ne garde pas une victoire romaine dans ses archives ; il envoie la confession de foi aux évêques et aux fidèles.

PBE signale aussi une lettre encyclique de Martin annonçant les conclusions du concile à l'Église au large, ainsi qu'une lettre à l'évêque Amandus de Traiectum pour l'encourager à ne pas abandonner son siège devant les tendances hérétiques de certains clercs.[49]

La réaction impériale : Olympius puis Calliopas

Olympius envoyé en Italie

L'empereur Constant II envoie Olympius comme exarque en Italie avec mission de faire recevoir le Typos et, si nécessaire, d'arrêter Martin. Le Liber Pontificalis cite les instructions impériales : si la province accepte le Typos, faire souscrire évêques, clercs, possesseurs, habitants et étrangers ; si l'armée peut être gagnée, arrêter Martin ; sinon attendre d'avoir assez de forces.[50]

La logique impériale est claire. Il ne s'agit pas seulement de discuter avec le pape : il faut contrôler l'Italie, obtenir les signatures et neutraliser l'homme qui refuse le silence doctrinal.

La tentative d'assassinat à Sainte-Marie-Majeure

Le Liber Pontificalis raconte ensuite un épisode spectaculaire. Olympius, incapable d'imposer le schisme par la force, aurait tenté de faire tuer Martin pendant la messe à Sainte-Marie-Majeure, au moment où le pape lui donnait la communion ou la paix ; mais Dieu aurait aveuglé le spathaire chargé du meurtre, qui ne put voir le pontife.[51]

Le Liber Pontificalis rapporte que Dieu aveugla le spathaire, que le meurtre fut ainsi empêché, et que Martin donna ensuite à l'exarque la communion ou la paix : Martin est protégé comme confesseur de la foi, et l'Eucharistie devient le lieu où le Christ défend son témoin.

« Dieu tout-puissant, qui a coutume d'entourer ses serviteurs orthodoxes et de les arracher à tout mal, aveugla le spathaire de l'exarque Olympius. » — Liber Pontificalis, récit de Sainte-Marie-Majeure (traduction)[52]

Olympius fait paix avec Martin

Selon la même notice, Olympius finit par révéler à Martin les ordres impériaux, fait la paix avec l'Église romaine, rassemble l'armée et part en Sicile contre les Sarrasins, où il meurt après un désastre militaire.[53]

L'épisode montre le renversement narratif voulu par la source : l'homme envoyé pour soumettre Rome reconnaît l'intégrité du pape ; l'empire ne parvient pas encore à casser la résistance romaine.

Calliopas au Latran

Constant II envoie ensuite Théodore Calliopas. New Advent donne une date précise : arrivée à Rome le 15 juin 653, entrée dans la basilique du Latran deux jours plus tard. Calliopas informe le clergé que Martin est déposé comme intrus indigne, qu'il doit être amené à Constantinople et qu'un autre doit être choisi.[54]

Martin refuse le sang versé. Il interdit la résistance et accepte d'être conduit devant l'empereur.[55] Ce détail est spirituellement central : le pape qui a tenu la doctrine avec une dureté absolue refuse de transformer le Latran en champ de bataille.

Procès, humiliation et exil

Le voyage vers Constantinople

Martin part de Rome malade, accompagné de peu de personnes. L'arrivée à Constantinople est datée du 17 septembre, mais l'année — 653 ou 654 — reste débattue, car les sources divergent sur la durée de l'étape à Naxos : les lettres du pape semblent indiquer qu'il y serait resté un an (annum fecimus), passage que Jaffé et Ewald tiennent pour une interpolation en ne retenant qu'une courte halte, tandis que Duchesne et Hefele maintiennent le récit d'un long séjour.[56] PBE résume sobrement la Commemoratio : arrestation, transport par mer, passage par Abydos — d'où des messagers annoncent l'arrivée du prisonnier à la ville impériale — et Naxos, entrée à Constantinople le 17 septembre.[57]

La précision chronologique importe moins que le fait : le pape est traité non comme un évêque convoqué pour débat doctrinal, mais comme un prisonnier d'État.

La prison de Prandearia

À Constantinople, Martin est exposé aux insultes, puis enfermé dans une prison appelée Prandearia. New Advent parle de 93 jours de détention dure, marquée par la faim, le froid et la soif, avant sa comparution devant le sénat le 19 décembre.[58]

PBE confirme le cadre : prison des excubiteurs, puis cellule du sacellaire, interrogatoire, interprète Innocentius, nouvelles questions après la mort du patriarche Paul, puis transfert vers la prison du préfet.[59]

Un procès politique pour une cause doctrinale

L'accusation officielle porte sur la politique : rébellion, complicité avec Olympius, hostilité à l'empire, peut-être contact avec les Sarrasins. Mais New Advent résume le cœur de l'affaire : le vrai motif est le refus de signer le Typos.[60]

Cette stratégie est fréquente dans l'histoire des martyrs : on ne condamne pas toujours la foi sous son vrai nom ; on la déguise en crime civil. Martin est jugé comme rebelle parce que l'empire ne veut pas reconnaître qu'il punit un évêque pour avoir confessé la foi.

ÉtapeLieuFait documentéSens
ArrestationLatran, juin 653Calliopas déclare Martin déposéL'empire nie sa légitimité pontificale
TransportNaxos / AbydosVoyage dur, pape maladePunition avant le jugement
PrisonConstantinoplePrandearia, privations, interrogatoiresPression physique et morale
ProcèsSénat impérialAccusations politiquesLe refus du Typos est masqué
ExilChersonFamine, abandon, mortMartyre lent du confesseur

Humiliation publique

Après le jugement, Martin est dépouillé, chargé de chaînes, traîné dans les rues, puis rejeté en prison. New Advent précise que peu de gens répondirent quand on demanda à la foule de prononcer l'anathème contre lui.[61] PBE rapporte également la parade enchaînée dans les rues, depuis le palais jusqu'au bureau du préfet.[62]

Ce moment donne à l'article sa densité spirituelle. Martin est traité comme un criminel ; il demeure pourtant évêque de Rome et témoin de la vraie humanité du Christ. La doctrine des deux volontés n'est plus seulement un canon : elle devient un corps humilié qui continue à consentir à la volonté de Dieu.

Cherson : la faim et l'abandon

Martin est finalement exilé à Cherson, en Crimée. New Advent note que la ville souffrait alors d'une grande famine et que le pape y passa ses derniers jours.[63] Il meurt le 16 septembre 655. PBE, d'après Théodore Spoudaios (Hypomnesticum), signale la tradition d'une sépulture dans l'église de la Theotokos hors de Cherson, au jour de sainte Euphémie.[64]

Le détail de la Theotokos est beau : le pape qui a défendu le Christ complet repose dans l'église dédiée à celle qui a donné au Verbe sa chair humaine. La mariologie et la christologie se rejoignent sans effort : défendre la vraie humanité de Jésus, c'est défendre ce que Marie lui a réellement donné.

Martin I et Maxime le Confesseur

Deux témoins, deux vocations

Martin et Maxime le Confesseur ne sont pas interchangeables. Martin est pape, juge synodal, signataire et diffuseur des actes ; Maxime est moine, théologien, architecte doctrinal et confesseur oriental. Mais leurs combats convergent si fortement que l'histoire les lit ensemble.[65][66]

Maxime fournit la profondeur conceptuelle : la volonté appartient à la nature, non à la personne. Martin fournit l'acte ecclésial : Rome condamne, nomme, écrit, envoie, tient. Le martyre de l'un et la mutilation de l'autre disent le prix payé par l'Église pour conserver une phrase exacte sur le Christ.

L'influence de Maxime dans les actes

Treccani reprend un chiffre remarquable, documenté par Riedinger (1982, pp. 118 s.) : 27 des 161 témoignages patristiques des actes du Latran se trouvent aussi dans les écrits de Maxime ; au moins deux canons centraux, X et XI, sont directement attribuables à lui dans leur formulation.[67]

Ce n'est pas un détail érudit. Cela signifie que le Latran de 649 est l'un des moments où la théologie monastique orientale devient jugement romain. L'autorité pontificale ne remplace pas la théologie ; elle la reçoit, la discerne et la rend ecclésialement opérante.

Une leçon sur la primauté romaine

Le dossier Martin I est parfois invoqué dans les débats catholiques-orthodoxes. Il faut éviter les slogans. Le Latran de 649 montre bien une conscience forte de la responsabilité romaine : Martin convoque, préside, condamne, envoie les actes à l'Orient et à l'Occident. Mais il montre aussi une primauté nourrie de synodes, d'appels orientaux, de moines grecs, de Pères et de communion.

La forme catholique la plus solide n'est donc pas une primauté solitaire. C'est une primauté de service de la foi : Pierre confirme ses frères en recevant aussi leur témoignage, puis en parlant quand le silence deviendrait trahison.

Mort, culte et héritage

Un successeur élu avant sa mort

Pendant que Martin vit encore en exil, Eugène I est élu à Rome le 10 août 654, alors que Martin n'est pas mort. La Catholic Encyclopedia ne tranche pas les circonstances exactes de cette élection romaine sous pression : si Eugène fut placé sur le siège de Pierre par la puissance de l'empereur, ce calcul fut manqué ; et s'il fut d'abord élu contre la volonté du pape régnant, Martin acquiesça ensuite à son élection (Ep. Martini XVII).[68] Georg Jenal, dans Treccani, note que Martin apparaît « durement frappé » (duramente colpito) par la nouvelle de la nomination de son successeur.[69]

L'empire considérait Martin déposé, tandis que l'Église romaine devait survivre concrètement sous pression : la papauté byzantine pouvait être brisée dans sa chair sans être brisée dans sa confession.

Une mémoire commune en Orient et en Occident

New Advent note que les Grecs honorent Martin le 13 avril et le 15 septembre, tandis que l'ancien calendrier latin le plaçait au 12 novembre.[70] Le calendrier romain actuel le fête le 13 avril.[71] Cette pluralité de dates reflète une mémoire largement partagée : Martin est saint pour l'Occident catholique et pour l'Orient orthodoxe.

Cette mémoire commune a un poids œcuménique. Avant les fractures ultérieures, Rome et l'Orient peuvent honorer ensemble un pape martyr de la vraie foi, soutenu par des moines grecs, persécuté par l'empire byzantin, confirmé doctrinalement par Constantinople III.

Les miracles et les reliques selon les sources

Le Liber Pontificalis clôt sa notice sur Martin par ces mots : le confesseur du Christ, qui finit sa vie en paix à Cherson, « opère encore aujourd'hui de nombreux miracles » (qui et multa mirabilia operatur usque in hodiernum diem).[72] La Catholic Encyclopedia (1910) rapporte quant à elle « de nombreux miracles accomplis par saint Martin de son vivant et après sa mort » (many miracles ... in life and after death), et indique que la plus grande partie de ses reliques aurait été transférée à Rome, en l'église San Martino ai Monti (are said to have been transferred).[73]

Constantinople III confirme la ligne de Martin

Trente et un ans après le Latran, Constantinople III définit solennellement les deux volontés et deux opérations dans le Christ.[74] Le concile œcuménique ne canonise pas formellement tous les détails du Latran de 649, mais il confirme son cœur doctrinal.

Le pape qui meurt en exil n'a donc pas perdu. L'empire a pu le déplacer, l'humilier, l'affamer, le remplacer administrativement ; il n'a pas pu faire taire la vérité qu'il portait. La définition de 680-681 donne raison au Latran de 649 et à Martin I.

Le sens catholique d'un pape "secondaire"

Martin I appartient au sous-arbre "Nos autres articles", mais son importance dépasse largement une notice chronologique. Il montre ce qu'est un pape quand le pouvoir politique veut imposer une paix doctrinale fausse : non pas un agitateur, mais un témoin chargé de dire que le Christ est plus réel que les compromis de cour.

Sa vie enseigne aussi une spiritualité de l'obéissance vraie. Martin refuse le Typos parce qu'il obéit au Christ ; il refuse la résistance armée au Latran parce qu'il obéit encore au Christ. La même fidélité peut être ferme devant l'erreur et douce devant la violence.

Sa vie suggère aussi — glose moderne à partir de Luc 22,42 et du dogme des deux volontés, non parole du concile : puisque le Christ a une volonté humaine réelle, l'obéissance chrétienne n'est pas écrasement de l'homme, mais guérison de sa liberté.[75]

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Saint-Siège, fiche officielle "Martino I, Martire" : 74e pape de l'Église catholique, début du pontificat 5.VII.649, fin 16.IX.655, naissance à Todi. Libellés exacts relevés de première main sur la notice : « 74° Papa della Chiesa Cattolica », « Inizio pontificato 5.VII.649 », « Fine pontificato 16.IX.655 », « Nascita Todi ». URL : https://www.vatican.va/content/vatican/it/holy-father/martino-i.html (consultée le 4 octobre 2026).

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  2. Francis Mershman, "Pope St. Martin I", The Catholic Encyclopedia, vol. 9, Robert Appleton Company, New York, 1910 ; transcription New Advent : Todi, fils de Fabricius, élection/consécration de 649, concile du Latran, 105 évêques, rejet de l'Ecthèse et du Typos, Olympius, Calliopas, arrestation, procès, exil et mort à Cherson. URL : https://www.newadvent.org/cathen/09723c.htm.

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  3. Georg Jenal, "MARTINO I, papa, santo", Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 71, Istituto della Enciclopedia Italiana Treccani, 2008 : Todi, contexte Rome-Constantinople, Théodore I, consécration sans approbation impériale, Latran de 649, sessions, rôle des moines grecs, influence de Maxime le Confesseur, canons X-XI, travaux de Riedinger sur les actes grecs/latins. Points érudits contrôlés mot à mot le 4 octobre 2026 : 27 des 161 témoignages patristiques aussi chez Maxime et canons X-XI attribuables à lui « nella loro formulazione » (Riedinger, 1982, pp. 118 s.) ; direction grec vers latin « palesemente dal greco al latino e non viceversa » (Riedinger, 1976, p. 37), 88 % de latin traduit contre 12 % d'originaux latins. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/martino-i-papa-santo_%28Dizionario-Biografico%29/.

    3 15 17 24 25 29 37 40 42 43 44 45 65 67 69
  4. Liber Pontificalis, notice "Martinus", éd. Louis Duchesne, Le Liber pontificalis, t. I, Paris, 1886, p. 336-337 ; texte latin consulté via Fontistoriche, "Papa Martino I" : Paul de Constantinople, Typos, synode romain, copies envoyées en Orient et Occident, Olympius, tentative d'assassinat à Sainte-Marie-Majeure, Calliopas, arrestation au Latran, exil à Cherson, ordinations et mort. Les deux citations de l'article sont des traductions françaises : « Et faciens exemplaria, per omnes tractos Orientis et Occidentis direxit » et « Sed Deus omnipotens, qui solitus est servos suos orthodoxos circumtegere et ab omni malo eripere, ipse excecavit spatarium Olympii exarchi, et non est permissus videre pontificem » (latin complet revérifié mot à mot le 5 octobre 2026 sur Fontistoriche, d'après Duchesne). URL : https://fontistoriche.org/papa-martino-i/.

    5 22 23 48 50 51 52 53 72
  5. Prosopography of the Byzantine Empire, "Martinos 6" : évêque de Rome, concile de 105 évêques, présidence des sessions du Latran de 649, souscription de la définition de foi, encyclique, Olympius, arrestation par Théodore Calliopas, voyage vers Constantinople, prisons, interrogatoire, exil à Cherson, mort le 16 septembre 655 selon Théodore Spoudaios. Points contrôlés mot à mot le 4 octobre 2026 : présidence de chacune des cinq sessions et souscription (Conc. Lat., p. 390-391) ; encyclique (Conc. Lat., pp. 404-421) ; lettre à l'évêque Amandus 1 de Traiecta (Conc. Lat., pp. 422-424) ; Abydos et Naxos, entrée à Constantinople le 17 septembre (Commemoratio 592A-C) ; prison des excubiteurs, Prandearia, 93 jours (592D-593A) ; interrogatoire par le sacellaire, interprète Innocentius (593Bff, 594D) ; nouvel interrogatoire après la mort du patriarche Paulos (596A-598B) ; 85 jours chez le préfet ; sépulture au jour de sainte Euphémie dans l'église de la Theotokos hors de Cherson (Theod. Spoud., Hypomnesticum). URL : https://pbe.kcl.ac.uk/data/D53/F51.htm.

    6 9 21 41 49 57 59 62 64
  6. F. Mershman, "Pope St. Martin I", Catholic Encyclopedia, New Advent : récit de l'arrivée à Constantinople, prison de Prandearia, comparution devant le sénat le 19 décembre, accusations politiques, humiliation publique, chaînes, prison de Diomède, exil à Cherson et mort. Verbatim de Mershman sur le motif : "Various political charges were made, but the true and only charge was the pope's refusal to sign the "Typus"." URL : https://www.newadvent.org/cathen/09723c.htm.

    7 58 60 61 63
  7. Voir l'article Ignispedia Concile de Constantinople III (680-681), qui définit contre le monothélisme deux volontés naturelles et deux opérations naturelles dans l'unique personne du Christ, et confirme le cœur doctrinal du Latran de 649.

    10 14 31 32 66 74 75
  8. John Chapman, "Pope Honorius I", The Catholic Encyclopedia, vol. 7, Robert Appleton Company, New York, 1910 ; transcription New Advent (passages vérifiés le 4 octobre 2026) : XIIIe session du IIIe concile de Constantinople, 28 mars 681 — les deux lettres de Sergius y sont condamnées et le concile ajoute l'anathème, nommément, contre Serge, Cyrus, Pyrrhus, Pierre, Paul, Théodore « et Honorius », avec son motif propre : le concile décide qu'Honorius « soit avec eux chassé de la sainte Église de Dieu et anathématisé avec eux, parce que nous avons trouvé par sa lettre à Sergius qu'il a suivi son opinion en toutes choses et confirmé ses dogmes impies » ; lettre de confirmation de Léon II à l'empereur, qui donne au concile son rang œcuménique : « Nous anathématisons les inventeurs de l'erreur nouvelle [...] et aussi Honorius, qui n'a pas cherché à sanctifier cette Église apostolique par l'enseignement de la tradition apostolique, mais par une trahison profane a permis que sa pureté soit souillée » (by profane treachery ; au roi Erwig d'Espagne, Léon II écrira de même qu'Honorius « a laissé ternir (tarnished) la règle sans tache de la tradition apostolique ») ; aux évêques d'Espagne, Léon II explique le sens : Honorius « n'a pas, comme l'exigeait l'autorité apostolique, éteint dès le début la flamme de l'enseignement hérétique, mais l'a nourrie par sa négligence ». Sur le point décisif, Chapman : la faute d'Honorius est précisément de n'avoir pas « publié avec autorité la foi immuable de son Église », en langage moderne, de n'avoir pas « posé de définition ex cathedra » ; sa lettre à Sergius « ne peut pas être appelée privée, car c'est une réponse officielle à une consultation formelle », mais elle « ne définit ni ne condamne » et « il est bien sûr impossible de la regarder comme un énoncé ex cathedra ». Textes originaux anglais : "In the thirteenth session, 28 March, the two letters of Sergius were condemned..." ; "We anathematize the inventors of the new error, that is, Theodore, Sergius, ... and also Honorius..." ; "With Honorius, who did not, as became the Apostolic authority, extinguish the flame of heretical teaching in its first beginning, but fostered it by his negligence." URL : https://www.newadvent.org/cathen/07452b.htm.

    11
  9. Voir l'article Ignispedia Pape Honorius I : lettres à Sergius, ambiguïté doctrinale, défense de Jean IV, condamnation posthume par Constantinople III.

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  10. Voir l'article Ignispedia Pape Théodore I : Pyrrhus, Paul II de Constantinople, Maxime le Confesseur, synodes africains, Étienne de Dor et préparation du Latran de 649.

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  11. Voir l'article Ignispedia Pape Séverin : refus de l'Ecthèse d'Héraclius, pressions byzantines et ouverture de la réaction romaine anti-monothélite après Honorius.

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  12. Voir l'article Ignispedia Pape Jean IV : synode romain de 641 contre le monothélisme, défense d'Honorius et transition vers Théodore I.

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  13. Concile du Latran de 649, canons X-XI sur les deux volontés et deux opérations du Christ, dans Concilium Lateranense a. 649 celebratum, éd. Rudolf Riedinger, Acta Conciliorum Oecumenicorum, series secunda, vol. I, De Gruyter, Berlin, 1984 ; résumé par Georg Jenal, Treccani, et par New Advent, "Pope St. Martin I".

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  14. "Pope St. Eugene I", The Catholic Encyclopedia, vol. 5, Robert Appleton Company, New York, 1909 ; transcription New Advent (passage vérifié le 4 octobre 2026) : "Eugene I was elected 10 Aug., 654, and died at Rome, 2 June, 657." URL : https://www.newadvent.org/cathen/05598a.htm.

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  15. Depuis la révision du Calendrier romain général (1969), la mémoire de saint Martin I est célébrée le 13 avril (l'ancien calendrier la plaçait au 12 novembre, cf. Catholic Encyclopedia, 1910, qui documente aussi les dates grecques des 13 avril et 15 septembre). Relais vérifié le 4 octobre 2026 : « Le jour de sa fête est le 13 avril en Occident et le 14 avril en Orient ». URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Ier_(pape).

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