Pape Jean IV (Ioannes IV) gouverne l'Église de Rome du 24 décembre 640 au 12 octobre 642. Le Saint-Siège le présente comme le 72e pape de l'Église catholique, né en Dalmatie, successeur de Séverin et prédécesseur de Théodore I.[1]
Son pontificat est bref, mais il prolonge exactement la crise ouverte sous Honorius I et Séverin : l'Empire byzantin cherche encore à imposer l'Ecthèse d'Héraclius, profession monothélite qui parle d'une seule volonté dans le Christ. Jean IV réunit un synode romain contre le monothélisme en janvier 641, écrit à l'empereur Constantin III pour demander le retrait de l'Ecthèse, et défend Honorius contre l'usage que le patriarche Pyrrhus faisait de ses lettres.[2][3]
Jean IV est aussi le pape dalmate qui envoie l'abbé Martin en Dalmatie et en Istrie avec de l'argent pour racheter des captifs, puis fait transporter à Rome les reliques de martyrs locaux. La chapelle Saint-Venance du baptistère du Latran, achevée avec son successeur Théodore I, conserve ainsi la mémoire d'une papauté qui défend à la fois la foi du Christ vrai homme et les communautés chrétiennes blessées de l'Adriatique.[4][5]
Héraclius, peu avant sa mort, aurait pris ses distances avec l'Ecthèse : selon le dossier transmis par saint Maxime le Confesseur et rapporté par Treccani, l'empereur affirmait que ce texte avait été préparé par le patriarche Sergius et qu'il avait seulement consenti à le signer.[6]
Pourquoi Jean IV compte-t-il ?
Le pape qui transforme le refus de Séverin en position romaine explicite
Séverin avait refusé de souscrire l'Ecthèse, mais son pontificat effectif n'avait duré qu'un peu plus de deux mois. Jean IV reprend immédiatement le dossier avec plus de moyens : il n'est plus seulement l'élu d'une Église sous pression ; il est le pape consacré qui donne à la résistance romaine une forme synodale et épistolaire.[7][8]
Treccani situe l'élection de Jean IV en août 640 et sa consécration le 24 décembre suivant.[9] Ce délai relativement bref, comparé à la longue attente de Séverin, fait supposer à Horace K. Mann que la confirmation pontificale passait désormais plus directement par l'exarque de Ravenne, le gouverneur byzantin résidant à Ravenne[10] ; mais il ne signifie pas que Rome soit docile. Treccani précise que l'exarque Isaac aurait influencé cette élection, espérant que le fils d'un fonctionnaire byzantin se montrerait malléable sur le monothélisme.[11] Le résultat fut inverse.
Un pontificat court, mais très concentré
Le Liber Pontificalis donne à Jean IV un pontificat d'un an, neuf mois et dix-neuf jours, et conserve surtout trois gestes : l'envoi d'argent en Dalmatie et Istrie par l'abbé Martin, la construction d'une chapelle pour les reliques des martyrs, et les ordinations de prêtres, diacres et évêques.[12]
Ce sont peu de lignes, mais elles touchent trois dimensions majeures de la papauté du VIIe siècle : la charité envers les captifs, la mémoire des martyrs, et la défense doctrinale contre l'Empire. Jean IV n'est donc pas un simple nom entre Séverin et Théodore ; il est l'un des maillons qui conduisent à Martin I et au concile du Latran de 649.
Un pape dalmate au cœur de Rome
L'origine dalmate de Jean IV n'est pas un décor. Elle explique son attention à la côte adriatique, aux captifs, aux reliques de Salone et d'Istrie, et à la mémoire des martyrs que Rome recueille lorsque les Églises locales sont fragilisées.[13][14]
Cette origine illustre aussi la composition de la Rome byzantine. Le pape est évêque de Rome, mais l'Église romaine du VIIe siècle est traversée par des Grecs, des Syriens, des Dalmates, des fonctionnaires impériaux, des moines, des réfugiés et des communautés venues de l'Adriatique. La catholicité n'est pas encore une idée abstraite : elle se voit dans les personnes, les reliques, les langues et les itinéraires.
Les sources principales
Tableau des témoins
| Source | Date | Ce qu'elle apporte | Prudence |
|---|---|---|---|
| Saint-Siège | liste actuelle | 72e pape, élu en août 640, consacré le 24.XII.640, mort le 12.X.642, origine dalmate | Notice très brève |
| Liber Pontificalis | tradition romaine, éd. Duchesne | Père Venantius, origine dalmate, durée, mission de Martin, reliques, chapelle, ordinations, sépulture | Ne développe pas le dossier monothélite |
| Bède le Vénérable | début VIIIe siècle | Lettre envoyée comme pape élu aux clercs irlandais sur Pâques et le pélagianisme | Source anglaise, transmise dans un contexte insulaire |
| Lettre de Jean IV à Constantin III | février-mars 641 | Défense d'Honorius et demande de retrait de l'Ecthèse | Texte conservé dans la tradition des actes conciliaires et collections patristiques |
| Treccani / Luigi Andrea Berto | notice moderne | Synthèse critique : élection, synode, Héraclius, Pyrrhus, Dalmatie, abbé Martin | Source moderne la plus précise pour la chronologie |
| New Catholic Encyclopedia | synthèse moderne | Mansi, PL, Jaffé, Hefele-Leclercq, Kelly ; synode de 641 et lettre à Pyrrhus | Synthèse courte, à croiser |
| Chapelle Saint-Venance du Latran | patrimoine actuel | Témoignage monumental de la translation des reliques dalmates | Présentation actuelle du lieu par l'archibasilique |
| Džino, Brill 2021 | étude récente | Relit la mission de Martin comme possible geste anti-monothélite occidental | Interprétation savante, à recevoir comme une hypothèse |
Le Saint-Siège et la chronologie officielle
La fiche actuelle du Vatican donne Jean IV comme 72e pape, né en Dalmatie, avec la mention « … VIII, 24.XII.640 » : le mois d'août pour l'élection et le 24 décembre 640 pour la consécration, qui ouvre le pontificat, clos le 12 octobre 642.[15][16]
Le Liber Pontificalis donne une durée de un an, neuf mois et dix-neuf jours. Il note aussi une vacance d'un mois et treize jours après sa mort, avant la consécration de Théodore I.[17] Cette chronologie place Jean IV au cœur exact d'une transition : Héraclius meurt le 11 février 641 ; Constantin III règne très brièvement ; l'Empire entre dans une crise dynastique pendant que Rome cherche à faire retirer l'Ecthèse.[18]
Le Liber Pontificalis : noyau biographique
La notice romaine commence par une formule dense : Jean est Dalmate, fils de Venantius, scholasticus.[19] Le mot désigne ici un homme lié au droit et à l'administration, probablement dans l'environnement byzantin. Treccani en déduit que Venantius avait fait partie de l'administration impériale et pouvait aider l'exarque surtout en matière juridique.[20]
« Jean, de nation dalmate, fils de Venantius le scholasticus. » — Liber Pontificalis, notice de Jean IV (texte latin en note)[21]
Le même texte donne l'essentiel de son œuvre romaine : l'envoi de grandes sommes d'argent par le saint et fidèle abbé Martin pour racheter les captifs, puis la construction d'une église ou chapelle près du baptistère du Latran, destinée aux martyrs Venance, Anastase, Maur et beaucoup d'autres, dont les reliques avaient été rapportées de Dalmatie et d'Istrie.[22]
Bède : la lettre aux Irlandais
Bède conserve une lettre envoyée alors que Jean IV était encore élu, non encore consacré. Les clercs irlandais avaient adressé des questions à Séverin ; sa mort les laissa sans réponse ; les responsables de l'Église romaine ouvrirent donc le dossier et répondirent.[23]
Le texte corrige deux points : le calcul de Pâques, qui doit se tenir entre la quinzième et la vingt-et-unième lune selon la règle nicéenne, et le danger d'une résurgence pélagienne. Bède cite le début de la lettre, où figurent Hilarius l'archiprêtre, Jean le diacre encore seulement élu, Jean le primicier (le chef de la chancellerie de l'Église romaine) et un autre Jean, conseiller de la même Église romaine.[24]
Treccani : le dossier doctrinal
La notice de Luigi Andrea Berto éclaire le centre du pontificat. En janvier 641, Jean IV organise un synode qui condamne le monothélisme comme hérésie. La condamnation ne vise pas explicitement tous les promoteurs de la doctrine, ce qui évite une rupture immédiate avec Constantinople, mais la ligne romaine devient nette.[25]
Treccani signale aussi un fragment attribué à Héraclius, conservé dans le dossier de saint Maxime le Confesseur : l'empereur y prend ses distances avec l'Ecthèse, affirmant que Sergius l'avait préparée et qu'il avait seulement consenti à la signer. Le texte complet n'est pas conservé et son envoi effectif à Jean IV reste discuté ; il montre au moins que, dans le dossier anti-monothélite, les adversaires de l'Ecthèse pouvaient invoquer un retrait impérial tardif.[26]
Avant le pontificat : un archidiacre dalmate
Fils de Venantius, scholasticus
Le père de Jean IV s'appelait Venantius. Le Liber Pontificalis lui donne le titre de scholasticus, qu'Horace K. Mann (The Catholic Encyclopedia, vol. 8, 1910) rend par « advocate », c'est-à-dire « avocat » ou juriste, et que Treccani décrit comme un fonctionnaire d'administration juridique lié à l'exarque.[27][28]
Nous ne possédons pas de biographie de Venantius, ni d'acte administratif qui permette de le situer précisément. Mais le titre aide à comprendre pourquoi l'élection de Jean IV pouvait paraître acceptable à l'appareil byzantin : le nouveau pape venait d'un monde dalmate et impérial, non d'une opposition romaine anti-byzantine par principe.
Archidiacre de l'Église romaine
Horace K. Mann (The Catholic Encyclopedia, vol. 8, 1910) rapporte que Jean IV était archidiacre de l'Église romaine au moment de son élection.[29] La charge n'est pas secondaire. Dans la Rome pontificale, l'archidiacre touche à l'administration, aux biens, aux pauvres, au clergé, et aux rouages très concrets du gouvernement ecclésial.
Ce profil correspond au pontificat. Jean IV n'est pas présenté comme un moine visionnaire ou un grand théologien spéculatif ; il agit en administrateur ferme : répondre aux Irlandais, convoquer un synode, écrire à l'empereur, envoyer un abbé avec de l'argent, organiser une translation de reliques, doter une chapelle.
Rome après Séverin
Le prédécesseur immédiat, Séverin, avait été élu vers octobre 638, mais consacré seulement le 28 mai 640 après une longue crise de confirmation impériale et le pillage du Latran.[30] Jean IV hérite donc d'un Saint-Siège blessé, matériellement et doctrinalement.
La première nécessité est de sortir de l'ambiguïté. Les lettres d'Honorius ont laissé un vocabulaire dangereux ; Séverin a refusé de signer l'Ecthèse ; Jean IV doit désormais dire, écrire et organiser la position romaine. La séquence est claire : les lettres ambiguës d'Honorius créent le problème, Séverin oppose le refus, Jean IV apporte la clarification.
L'Ecthèse et la condamnation du monothélisme
Le problème en langage simple
Le monothélisme affirme qu'il n'y aurait qu'une seule volonté dans le Christ. L'idée semble protéger l'unité de Jésus : un seul Christ, donc une seule volonté. Mais elle finit par mutiler son humanité. Si le Christ n'a pas de volonté humaine véritable, il n'assume pas pleinement l'homme, et l'obéissance de Gethsémani devient incompréhensible.
La foi catholique confessera donc que l'unique personne du Verbe incarné possède deux natures, divine et humaine, et que chacune a sa volonté naturelle et son opération naturelle. La volonté humaine du Christ n'est pas rebelle ; elle suit librement la volonté divine.[31]
Le synode de janvier 641
Treccani rapporte qu'en janvier 641, peu après sa consécration, Jean IV réunit un synode qui établit que le monothélisme était une hérésie.[32] La New Catholic Encyclopedia donne la même ligne : au début de 641, Jean assemble un synode qui condamne le monothélisme, avec renvoi aux actes conciliaires édités par Mansi.[33]
Ce synode est le geste central du pontificat. Séverin avait pu résister personnellement ; Jean IV engage l'Église romaine dans une position formelle. La prudence diplomatique demeure, car il ne lance pas encore une rupture ouverte avec Constantinople. Mais le contenu doctrinal est clair : l'Ecthèse n'est pas recevable.
Héraclius recule trop tard
Héraclius meurt le 11 février 641. Selon le fragment conservé par saint Maxime le Confesseur et cité par Treccani, il aurait affirmé avant sa mort que l'Ecthèse n'était pas vraiment son œuvre, mais celle de Sergius de Constantinople, et qu'il avait seulement consenti à la signer.[34]
La valeur exacte de ce fragment est discutée. Treccani précise qu'on n'a pas le texte complet de l'édit et qu'on n'est pas certain qu'Héraclius l'ait réellement envoyé à Jean IV.[35][36] Cette pièce ne peut donc pas être tenue pour une certitude. Mais elle a une valeur historique : même du côté impérial, l'Ecthèse apparaît vite comme un texte dont il faut se dégager.
Pyrrhus utilise Honorius
Après Sergius, le patriarche Pyrrhus de Constantinople cherche à faire accepter l'Ecthèse en Occident. Son argument est redoutable : Honorius, pape de Rome, aurait lui-même accepté une formule compatible avec le monothélisme.[37]
Jean IV voit le danger. Si l'on rattache Honorius à l'Ecthèse, l'erreur impériale peut se présenter comme reçue par Rome. Il écrit alors à Constantin III, fils d'Héraclius, pour défendre le sens orthodoxe possible des lettres d'Honorius et demander que l'Ecthèse soit retirée des lieux où elle était affichée, puis détruite.[38]
La défense d'Honorius
Ce que Jean IV veut sauver
Jean IV ne nie pas que les lettres d'Honorius soient devenues un problème. Il conteste l'interprétation de Pyrrhus : Honorius n'aurait pas enseigné le monothélisme comme doctrine, mais voulu dire qu'il n'y a pas dans le Christ deux volontés contraires, comme il y en a chez l'homme blessé par le péché.[39][40]
Cette défense est importante, mais limitée. Elle précède la condamnation posthume d'Honorius par Constantinople III en 681. Elle représente donc la première tentative romaine de lire Honorius de la manière la plus orthodoxe possible, non le jugement définitif de l'Église sur sa responsabilité.
Une distinction théologique juste, mais insuffisante pour absoudre tout
Jean IV pointe une vraie distinction : il faut différencier deux volontés naturelles et deux volontés contraires. Le Christ a bien une volonté humaine et une volonté divine ; mais sa volonté humaine n'est jamais en guerre contre Dieu. Elle n'est pas marquée par la concupiscence ni par la loi du péché dont saint Paul parle en Romains 7.[41]
Cette distinction permet de comprendre comment Honorius a pu employer une formule d'unité sans vouloir nier l'humanité du Christ. Mais l'histoire montrera que la formule était trop dangereuse. Le troisième concile de Constantinople, dans sa XIIIe session (28 mars 681), anathématise Honorius pour avoir suivi en tout l'opinion de Sergius et confirmé ses dogmes[42] ; la faute de négligence — ne pas avoir, comme il convenait à l'autorité apostolique, éteint dès le début la flamme de l'enseignement hérétique — est la qualification retenue par le pape Léon II dans sa lettre aux évêques d'Espagne ; au roi wisigoth Erwig, il écrit en termes voisins qu'Honorius laissa souiller la règle sans tache de la tradition apostolique[43]. Ces lettres n'étaient pas des définitions dogmatiques : elles n'engagent pas l'infaillibilité, qui ne couvre que l'acte où le pape définit une doctrine pour l'Église universelle. Voir l'article Pape Honorius I[44].
La leçon catholique
La défense de Jean IV n'est pas une dissimulation. Elle manifeste une loi de charité ecclésiale : avant de charger un prédécesseur, on cherche le sens le moins mauvais de ses paroles. Mais cette charité ne suffit pas à remplacer la vérité dogmatique. Quand l'ambiguïté devient arme hérétique, elle doit être corrigée.
Jean IV occupe donc une place délicate : il défend Honorius contre une récupération monothélite, tout en condamnant le monothélisme que cette récupération favorisait. C'est exactement la ligne catholique : protéger la justice envers les personnes sans sacrifier la vérité du Christ.
| Formule | Sens possible | Problème | Réponse catholique |
|---|---|---|---|
| "Une seule volonté" | Pas de contradiction pécheresse dans le Christ | Peut nier la volonté humaine naturelle | À rejeter comme formule doctrinale |
| "Deux volontés contraires" | Conflit intérieur comme chez l'homme pécheur | Ne convient pas au Christ sans péché | À exclure également |
| "Deux volontés naturelles" | Volonté divine et volonté humaine réelle | Demande une précision technique | Définition de Constantinople III |
| "La volonté humaine suit la volonté divine" | Obéissance parfaite du Christ | Aucun conflit de personne | Formule catholique équilibrée |
La lettre aux Irlandais : Pâques et pélagianisme
Une réponse envoyée comme pape élu
Bède raconte que des écrits envoyés à Séverin par des clercs irlandais restèrent sans réponse à cause de sa mort. Jean IV, encore élu, participa avec d'autres responsables romains à la réponse.[45]
La lettre est précieuse parce qu'elle montre Jean IV avant même sa consécration. Il agit déjà comme gardien de l'unité ecclésiale : la foi du Christ, le calendrier pascal et le refus du pélagianisme ne sont pas des options locales, mais des points de communion.
Le calcul de Pâques
Rome reproche à certains Irlandais de vouloir célébrer Pâques le quatorzième jour de la lune, avec les Hébreux, comme le formule la lettre elle-même (texte latin en note). Bède résume la correction : le dimanche de Pâques doit être trouvé entre la quinzième et la vingt-et-unième lune, conformément à Nicée.[46]
Ce débat peut sembler technique. Il ne l'est pas pour l'Antiquité chrétienne. Célébrer Pâques avec l'Église universelle signifie confesser ensemble la Résurrection. Le calendrier devient un acte de communion.
Le pélagianisme comme danger récurrent
Bède cite aussi l'avertissement contre le pélagianisme. La lettre romaine parle du "poison" de cette hérésie qui reprendrait chez certains ; elle rappelle que l'erreur est condamnée depuis longtemps et qu'elle est anathématisée quotidiennement par Rome.[47]
Le point doctrinal est simple : l'homme ne peut pas vivre sans péché par son seul libre arbitre, sans la grâce de Dieu. La lettre vise surtout l'idée blasphématoire selon laquelle l'homme pourrait être sans péché par lui-même, alors que, selon ses propres termes, seul le Christ, médiateur entre Dieu et les hommes, a été conçu et est né sans péché (texte latin en note).[48] Le Christ est sans péché par lui-même ; Marie, sa Mère, en a été préservée par une grâce singulière, en prévision de ses mérites : c'est le dogme de l'Immaculée Conception, défini en 1854 (CEC 491-493).
« Le poison de l'hérésie pélagienne recommence à pousser parmi vous. » — Lettre romaine conservée par Bède, II, 19[49]
Une Rome doctrinale, pas seulement administrative
Cette lettre complète le dossier monothélite. Jean IV défend la volonté humaine réelle du Christ contre l'Ecthèse ; il défend aussi la nécessité de la grâce contre le pélagianisme. Dans les deux cas, l'homme est sauvé par le Christ total : vrai Dieu, vrai homme, médiateur sans péché, source de la grâce.
Il n'y a donc pas deux Jean IV : un pape byzantin occupé par l'Orient et un pape latin occupé par les îles. Le même pontife veille à ce que les extrémités de la chrétienté ne se séparent pas de la règle de foi reçue.
Dalmatie, Istrie et captifs
L'envoi de l'abbé Martin
Le Liber Pontificalis rapporte que Jean IV envoya dans toute la Dalmatie et l'Istrie de nombreuses sommes d'argent par le très saint et fidèle abbé Martin, pour racheter les captifs enlevés par des peuples ennemis.[50] Horace K. Mann (The Catholic Encyclopedia, vol. 8, 1910) identifie ces troubles aux invasions slaves et souligne que Jean IV porte attention à sa terre d'origine.[51]
Le geste est très concret. Le pape ne se contente pas d'une prière générale pour les chrétiens de l'Adriatique ; il envoie un homme de confiance avec de l'argent. Dans la Rome antique tardive, le rachat des captifs est l'une des œuvres de miséricorde les plus urgentes : il rend à des familles des hommes, des femmes et des enfants menacés de servitude.
Les reliques des martyrs
Le Liber Pontificalis ajoute que Jean IV ordonna de faire venir à Rome les reliques de martyrs dalmates et istriens : Venance, Anastase, Maur et beaucoup d'autres (formule latine en note).[52] Le texte ancien ne nomme Martin que pour le rachat des captifs ; c'est l'historiographie récente qui relie Martin à ce transfert de reliques.[53] La basilique Saint-Jean-de-Latran explique aujourd'hui que la chapelle Saint-Venance fut conçue pour recevoir les reliques des martyrs dalmates Venance et Domnius, et qu'elle demeure particulièrement vénérée par les Slaves et les Croates.[54]
Ce transfert ne doit pas être lu comme un abandon des Églises locales. Il manifeste une communion de mémoire. Quand des régions sont fragilisées, Rome recueille leurs martyrs et les place près du baptistère du Latran, au cœur de l'initiation chrétienne.
Une interprétation récente : plus qu'une mission de sauvetage ?
L'historien Danijel Džino a proposé en 2021 de relire la mission de Martin comme un geste de dissidence papale face à Constantinople et une offensive politique contre le monothélisme en Occident, plutôt que comme une mission de sauvetage de reliques devant un danger qui, selon lui, n'existait pas (résumé anglais en note).[55]
Cette thèse reste une hypothèse savante, non une certitude. Le fait établi reste la mission de Martin, l'argent pour les captifs, les reliques et la chapelle. L'interprétation de Džino aide cependant à comprendre que, dans ce siècle, charité, reliques, territoire et doctrine ne sont jamais complètement séparés.
| Geste de Jean IV | Source ancienne | Sens immédiat | Lecture possible |
|---|---|---|---|
| Envoi d'argent par Martin | Liber Pontificalis | Rachat des captifs | Charité pastorale envers la Dalmatie et l'Istrie |
| Translation de reliques | Liber Pontificalis | Mémoire des martyrs locaux | Communion entre Rome et les Églises adriatiques |
| Chapelle Saint-Venance | Liber Pontificalis + Latran | Lieu liturgique près du baptistère | Rome recueille la sainteté des provinces |
| Contexte anti-Ecthèse | Treccani + Džino | Opposition au monothélisme | Possible affirmation occidentale contre Constantinople |
La chapelle Saint-Venance du Latran
Un monument de mémoire dalmate
La chapelle Saint-Venance se trouve près du baptistère constantinien du Latran. Le Liber Pontificalis la situe près des fonts baptismaux du Latran (formule latine en note) et de l'oratoire de saint Jean l'Évangéliste.[56] La page officielle de l'archibasilique précise qu'elle fut réalisée par Jean IV et Théodore I pour recevoir les reliques des martyrs dalmates, et que les néophytes y reçoivent la confirmation.[57]
Le lieu est donc théologiquement puissant. Les reliques de martyrs dalmates ne sont pas placées dans un recoin décoratif ; elles entourent le passage baptismal. Le chrétien nouvellement baptisé entre dans l'Église en présence des témoins qui ont confessé le Christ jusqu'au sang.
Le programme de la mosaïque
La mosaïque absidale place le Sauveur au centre. Sous lui, l'Église est représentée par la Vierge en prière, saint Pierre, saint Jean-Baptiste, saint Domnius et Jean IV d'un côté ; saint Paul, saint Jean l'Évangéliste, saint Venance et Théodore de l'autre.[58]
Le programme visuel unit plusieurs plans : le Christ, les apôtres, la Vierge, les martyrs, les papes bâtisseurs, les villes de Bethléem et Jérusalem qui rappellent la naissance et la Pâque.
Une co-construction avec Théodore I
La chapelle est liée à Jean IV et à son successeur Théodore I.[59] Ce détail correspond au passage de témoin dans le dossier monothélite. Jean IV condamne l'erreur et défend Honorius ; Théodore poursuivra la résistance contre le patriarche Paul de Constantinople ; Martin I ira jusqu'au concile du Latran de 649 et au martyre en exil.[60]
Le monument du Latran n'est donc pas seulement un souvenir dalmate. Il est le seuil visible d'une décennie de résistance romaine.
Mort et héritage
Mort et sépulture
Jean IV meurt le 12 octobre 642 et est enterré à Saint-Pierre.[61][62] Le Liber Pontificalis note deux ordinations au mois de décembre : dix-huit prêtres, cinq diacres et dix-huit évêques pour divers lieux.[63]
Son successeur, Théodore I, arrive dans un dossier encore ouvert. L'Ecthèse n'a pas réglé l'unité orientale ; le Typos (« modèle » en grec), le décret de l'empereur Constant II, tentera bientôt d'interdire à la fois la formule de l'unique volonté (monothélite) et celle des deux volontés (dyothélite) ; Martin I condamnera les deux au Latran en 649.[64]
Le sens d'un pape "secondaire"
Jean IV passe souvent pour un pape de transition, mais son pontificat éclaire quatre réalités majeures. Il montre d'abord que Rome ne reçoit pas passivement une formule christologique impériale. Il montre ensuite comment l'Église corrige une ambiguïté pontificale sans nier la succession de Pierre. Il montre encore que l'unité catholique touche les calendriers, les îles, les provinces adriatiques et les captifs. Il montre enfin que les reliques des martyrs sont une mémoire vivante de communion.
Il serait exagéré d'en faire un grand docteur. Il serait injuste d'en faire une simple transition. Jean IV est un pape bref, administrateur, dalmate, romain, anti-monothélite, charitable envers les captifs, et assez lucide pour comprendre qu'une phrase ambiguë d'Honorius pouvait devenir l'alibi d'une hérésie.
Pour aller plus loin
- Pape Honorius I — prédécesseur indirect, au cœur de l'affaire monothélite.
- Pape Séverin — le pape qui refuse l'Ecthèse avant Jean IV.
- Pape Théodore I — successeur de Jean IV et continuateur de la résistance romaine.
- Pape saint Martin I — pape martyr du Latran de 649.
- Concile de Constantinople III (680-681) — définition des deux volontés du Christ et condamnation définitive du monothélisme.
- Les hérésies des premiers siècles — cadre général des grandes crises christologiques.
Notes et références
Saint-Siège, fiche officielle "John IV" : 72e pape de l'Église catholique, mention « … VIII, 24.XII.640 » (mois d'août de l'élection, consécration le 24 décembre 640), fin 12.X.642, naissance en Dalmatie. URL : https://www.vatican.va/content/vatican/en/holy-father/giovanni-iv.html (consulté le 4 octobre 2026 ; page donnant « 72nd Pope of the Catholic Church », « Beginning Pontificate ... VIII, 24.XII.640 », « End Pontificate 12.X.642 », « Birth Dalmatia »).
1 15 61Luigi Andrea Berto, "Giovanni IV", Enciclopedia dei Papi, Istituto della Enciclopedia Italiana Treccani : origine dalmate, père Venantius scholasticus, élection en août 640, consécration le 24 décembre, synode de janvier 641 contre le monothélisme, lettre à Constantin III, lettre aux Irlandais, mission de l'abbé Martin, reliques dalmates et mort le 12 octobre 642. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/giovanni-iv_%28Enciclopedia-dei-Papi%29/ (consulté le 4 octobre 2026 ; notice « GIOVANNI IV di Luigi Andrea Berto », Enciclopedia dei Papi, 2000 : élection en août 640, consécration le 24 décembre, synode de janvier 641, mort d'Héraclius le 11 février 641, lettre à Constantin III de février-mars 641, exarque Isaac, mission de l'abbé Martin chez Slaves et Avares, mort le 12 octobre 642).
2 8 9 11 16 18 20 25 28 32 35 37 38H. G. J. Beck, "John IV, Pope", New Catholic Encyclopedia, notice reproduite par Encyclopedia.com : pontificat d'août 640 au 12 octobre 642, fils de Venantius, synode de 641 contre le monothélisme, rejet de l'Ecthèse, défense d'Honorius par distinction entre volonté unique non conflictuelle et volonté humaine pécheresse divisée. URL : https://www.encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/john-iv-pope (consulté le 4 octobre 2026 ; notice « JOHN IV, POPE » : « Pontificate: August 640 to Oct. 12, 642 », synode début 641 contre le monothélisme, rejet de l'Ecthèse, lettre à Constantin III, bibliographie Jaffé, Duchesne 1:330, PL 80:601-608, Hefele-Leclercq, Mann, Kelly).
3 33 40 41Liber Pontificalis, notice de Jean IV, éd. Louis Duchesne, Le Liber pontificalis, t. I, Paris, 1886, p. 330 ; texte latin consulté via Fontistoriche, "Papa Giovanni IV" : origine dalmate, père Venantius scolasticus, mission de Martin en Dalmatie et Istrie, rachat des captifs, reliques des martyrs, chapelle près du baptistère du Latran, ordinations, sépulture à Saint-Pierre. Textes originaux : ouverture « IOHANNES, natione Dalmata, ex patre Venantio scolastico » ; transfert des reliques « adduci praeceperat » ; situation de la chapelle « iuxta fontem Lateranensem », soit les fonts baptismaux. URL : https://fontistoriche.org/papa-giovanni-iv/ (consulté le 4 octobre 2026 ; page donnant le texte du Liber Pontificalis selon l'édition Duchesne ; texte latin relu et chiffres revérifiés mot à mot à date : incipit « IOHANNES, natione Dalmata, ex patre Venantio scolastico », « sedit ann. I mens. VIIII dies XVIIII », mission de Martin « propter redemptionem captivorum », reliques « adduci praeceperat », « iuxta fontem Lateranensem », ordinations « presbiteros XVIII, diaconos V ; episcopos ... XVIII », sépulture « sepultus est ad beatum Petrum apostolum, sub die IIII id. octob. », « cessavit episcopatus mens. I die XIII »).
4 12 13 17 19 21 22 50 52 56 62 63Archibasilique Saint-Jean-de-Latran, "The Chapel of Saint Venantius" : chapelle réalisée par Jean IV et Théodore I, conçue pour les reliques des martyrs dalmates Venance et Domnius, programme de la mosaïque avec le Sauveur, la Vierge, Pierre, Paul, Jean-Baptiste, Jean l'Évangéliste, Domnius, Venance, Jean IV et Théodore. URL : https://www.basilicasangiovanni.va/en/san-giovanni-in-laterano/battistero/la-cappella-di-san-venanzio.html (consulté le 4 octobre 2026 ; page donnant « realized by Popes John IV (640-642) and Theodore (642-649) », chapelle conçue pour les reliques des martyrs dalmates Venance et Domnius, particulièrement vénérée par Slaves et Croates, confirmation des néophytes, programme de la mosaïque conforme à l'article).
5 14 54 57 58 59Luigi Andrea Berto, "Giovanni IV", Enciclopedia dei Papi, Istituto della Enciclopedia Italiana Treccani : peu avant sa mort (11 février 641), Héraclius aurait écrit à Jean IV pour prendre ses distances avec l'Ecthèse, affirmant qu'elle avait été préparée par le patriarche Sergius et qu'il avait seulement consenti à la signer (en italien chez Berto : "L'Ecthèsis non è mia…"). Berto précise qu'on ne dispose que d'un fragment cité dans les actes du procès de saint Maxime le Confesseur, que le texte complet manque et que l'envoi effectif à Jean IV reste incertain ; un second fragment, présenté comme copie d'un édit d'Héraclius à Jean IV (manuscrit des IXe-Xe siècles), a été publié par S. Rizou-Couroupos en 1987. Références données par la bibliographie de Treccani : S. Maximus Confessor, Acta, in Patrologia Graeca, t. XC, col. 125 ; S. Rizou-Couroupos, "Un nouveau fragment de la Keleusis d'Héraclius au pape Jean IV", in Texte und Textkritik (J. Dummer éd.), Berlin, 1987 (Texte und Untersuchungen, 133). Texte grec non vérifié directement : aucune formule française n'est donc présentée comme citation littérale d'Héraclius. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/giovanni-iv_%28Enciclopedia-dei-Papi%29/ (fragment relu le 4 octobre 2026 sur la notice Berto : « L'Ecthèsis non è mia... », avec renvoi à S. Maximus Confessor, Acta, PG XC, col. 125, et au second fragment Rizou-Couroupos 1987).
6 26 34 36Voir l'article Ignispedia Pape Séverin : refus de l'Ecthèse d'Héraclius, pressions byzantines, pillage du Latran, consécration en 640 et transition vers Jean IV.
7 30 60Horace K. Mann, "Pope John IV", The Catholic Encyclopedia, vol. 8, New York, Robert Appleton Company, 1910 ; transcription New Advent : origine dalmate, père Venantius scholasticus, archidiacre de l'Église romaine, mission de l'abbé Martin, reliques dalmates, lettre aux Irlandais, condamnation du monothélisme et défense d'Honorius. La phrase sur l'exarque est bien de Mann : "As John's consecration followed very soon after his election, it is supposed that the papal elections were now confirmed by the exarchs resident at Ravenna." En revanche, le nom de l'exarque Isaac et son espoir de malléabilité viennent de Berto (Treccani) : « l'esarca Isacio avesse influenzato l'elezione... auspicando che il figlio di un funzionario bizantino si dimostrasse malleabile ». URL : https://www.newadvent.org/cathen/08422b.htm (consulté le 4 octobre 2026 ; article « Pope John IV », vol. 8, 1910 : Dalmate, fils du scholasticus Venantius, mort le 12 octobre 642, archidiacre, mission de l'abbé Martin, lettre aux Irlandais comme pape élu, condamnation du monothélisme).
10 27 29 39 51Bède le Vénérable, Historia ecclesiastica gentis Anglorum, II, 19 : lettre envoyée aux Scots/Irlandais par Hilarius archiprêtre, Jean diacre et élu, Jean primicier et Jean conseiller, sur la computation pascale, la règle de Nicée et la résurgence du pélagianisme ; traduction Fordham Sourcebook. Textes originaux : grief pascal « XIIII luna cum Hebreis celebrare nitentes » (vouloir célébrer Pâques le quatorzième jour de la lune avec les Hébreux) ; avertissement « uirus Pelagianae hereseos apud uos denuo reuiuescit » ; formule christologique « qui sine peccato est conceptus et partus ». URL : https://sourcebooks.web.fordham.edu/basis/bede-book2.asp (consulté le 4 octobre 2026 ; chapitre XIX : Jean « being yet but pope elect », Pâques « between the fifteenth moon and the twenty-first », « the poison of the Pelagian heresy again springs up among you », « John, the deacon, and elect in the name of God »).
23 24 45 46 47 48 49Troisième concile de Constantinople, définition de foi, 680-681 : le Christ est confessé en deux natures, avec deux volontés naturelles et deux opérations naturelles, sans opposition, sa volonté humaine suivant la volonté divine ; Denzinger-Schönmetzer n° 553-559 ; texte anglais EWTN, section « The Definition of Faith ». URL : https://www.ewtn.com/catholicism/library/third-council-of-constantinople-11564. Voir aussi l'article Ignispedia Concile de Constantinople III (680-681).
31 64Troisième concile de Constantinople, session XIII, 28 mars 681 : les lettres de Sergius et d'Honorius sont rejetées comme étrangères aux dogmes apostoliques ; Honorius est anathématisé avec les chefs monothélites, pour avoir suivi en tout l'opinion de Sergius et confirmé ses dogmes. Texte anglais EWTN, section « The Sentence against the Monothelites, Session XIII ». URL : https://www.ewtn.com/catholicism/library/third-council-of-constantinople-11564.
42Léon II, lettres de confirmation du troisième concile de Constantinople, 682-683. La qualification de négligence figure dans la lettre aux évêques d'Espagne : Honorius "n'a pas, comme il convenait à l'autorité apostolique, éteint dès le début la flamme de l'enseignement hérétique, mais l'a entretenue par sa négligence" (latin transmis : "…Honorio, qui flammam haeretici dogmatis non, ut decuit apostolicam auctoritatem [var. dignitatem] incipientem extinxit, sed neglegendo confovit") ; formule voisine dans la lettre au roi wisigoth Erwig, où Honorius "laissa souiller la règle sans tache de la tradition apostolique". Textes anglais et analyse dans John Chapman, "Pope Honorius I", The Catholic Encyclopedia, vol. 7, 1910, transcription New Advent. URL : https://www.newadvent.org/cathen/07452b.htm.
43Sur les textes : XIIIe session de Constantinople III (28 mars 681) et lettres de confirmation de Léon II (voir les deux notes précédentes) ; John Chapman, "Pope Honorius I", The Catholic Encyclopedia, vol. 7, 1910, transcription New Advent. URL : https://www.newadvent.org/cathen/07452b.htm. Voir aussi l'article Ignispedia Pape Honorius I : lettres à Sergius, ambiguïté doctrinale, défense de Jean IV, condamnation posthume et distinction avec l'infaillibilité pontificale.
44Danijel Džino, "The mission of Abbot Martin in Dalmatia and Istria 641 or 642: a new interpretation", dans Danijel Džino et Ryan W. Strickler (dir.), Dissidence and persecution in Byzantium: from Constantine to Michael Psellos, Byzantina Australiensia 26, Brill, Leiden-Boston, 2021, p. 70-91 : relecture de la mission de Martin comme dissidence papale face à Constantinople et offensive politique contre le monothélisme en Occident, plutôt que comme sauvetage de reliques devant un danger inexistant. Résumé de l'auteur : « see it as papal dissidence against Constantinople and a part of political offensive against the Monothelitism in the West, rather than a mission to save the relics from non-existing danger ». DOI : https://doi.org/10.1163/9789004472952_005 (référence vérifiée le 4 octobre 2026 : chapitre 3, p. 70-91, sommaire Brill de Dissidence and Persecution in Byzantium ; résumé conforme sur la page Macquarie de l'auteur).
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