Pape Séverin (640)

Pape très bref mais décisif, Séverin refuse l'Ecthèse d'Héraclius, document monothélite imposé par l'Empire, et tient la foi catholique sur les deux volontés du Christ.

Ignispedia

Pape Séverin (Severinus) est élu évêque de Rome vers octobre 638, mais il n'est consacré que le 28 mai 640 et meurt le 2 août 640. Le Saint-Siège le présente comme le 71e pape de l'Église catholique, d'origine romaine, successeur d'Honorius I et prédécesseur de Jean IV.[1]

Son pontificat effectif ne dure qu'un peu plus de deux mois. Son importance tient pourtant à ce qui se joue avant même sa consécration : l'empereur Héraclius veut faire accepter à Rome l'Ecthèse, édit publié en 638 qui affirme une seule volonté dans le Christ. Séverin refuse de signer cette profession monothélite ; la confirmation impériale de son élection est retardée pendant plus d'un an et demi.[2][3]

Le dossier est donc bref, mais décisif. Après les ambiguïtés d'Honorius dans la controverse monothélite, Séverin manifeste la réaction romaine : la paix avec Constantinople ne peut pas être achetée au prix d'une formule qui diminue l'humanité véritable du Christ. Dans le Christ, confessera la foi catholique, il y a deux natures, et donc aussi deux volontés naturelles et deux opérations naturelles, divine et humaine.[4][5]

« Fuit autem sanctus, benignus super omnes homines, amator pauperum, largus, mitissimus » — Liber Pontificalis, notice de Séverin (LXXIII), portrait cité par Treccani ; soit en français : Séverin fut saint, bienveillant plus que tous les hommes, ami des pauvres, généreux, très doux.[6]

Pourquoi Séverin compte-t-il ?

Un pontificat de deux mois, une résistance de vingt mois

Un article sur Séverin doit éviter le contresens le plus facile : mesurer son importance au seul nombre de jours de pontificat. Officiellement consacré le 28 mai 640, il meurt le 2 août suivant ; mais l'épreuve centrale commence dès son élection, vers la mi-octobre 638, quelques jours après la mort d'Honorius I.[7][8]

Pendant cette longue attente, Rome n'a pas encore un pape consacré, mais elle a déjà un élu qui refuse de livrer la foi de Chalcédoine à une formule impériale. C'est cette période qui donne sa substance à l'article : Séverin est moins le pape d'une administration longue que le témoin d'un seuil doctrinal.

Le premier successeur d'Honorius face au monothélisme

La transition avec Honorius est essentielle. Honorius avait répondu au patriarche Sergius de Constantinople dans un langage ambigu, en cherchant à éviter les disputes sur les "opérations" du Christ ; ses lettres seront plus tard condamnées par Constantinople III.[9]

Séverin arrive précisément après cette fragilité. L'Ecthèse d'Héraclius tente de transformer la formule d'une seule volonté en profession impériale. La réaction romaine change alors de ton : il ne s'agit plus seulement de calmer un vocabulaire technique ; il faut refuser un texte qui touche le mystère même de l'Incarnation.[10][11]

Un épisode où doctrine et politique sont indissociables

L'affaire Séverin n'est pas une querelle de théologiens hors sol. Rome dépend encore de l'Empire byzantin pour la confirmation pontificale ; l'exarque de Ravenne représente l'autorité impériale en Italie ; le palais du Latran conserve un trésor ecclésiastique ; les troupes romaines attendent des soldes. Dans ce cadre, une formule christologique devient immédiatement une affaire de pouvoir, d'argent, de violence et de gouvernement.[12][13]

Les sources principales

Tableau des témoins

SourceDateCe qu'elle apportePrudence
Saint-Siègeliste actuelle71e pape, origine romaine, pontificat du 28 mai au 2 août 640Notice très brève
Liber Pontificalistradition romaine, éd. DuchesneOrigine, père Avienus, siège vacant, violence au Latran, restauration de la mosaïque de Saint-Pierre, sépultureSource principale, rédigée du point de vue romain
Treccani / Eugenio Susi2018Synthèse critique moderne : Ecthèse, apocrisiaires, Maurice, Isaac, authenticité douteuse de certaines lettresSource secondaire la plus précise
Catholic Encyclopedia / New Advent1912Récit catholique classique : refus de signer l'Ecthèse, tact des envoyés, confession des deux volontésAncienne, mais utile et bien sourcée
Prosopography of the Byzantine Empirebase prosopographiqueConfirmation du dossier Liber Pontificalis : Rome, père Avienus, Maurice, Latran, consécration, mosaïqueRésumé prosopographique, non narratif
Horace K. Mann1912Récit développé de la séquence Honorius-Séverin et du pillage du LatranÀ croiser avec Treccani
Lateran 649 / Constantinople III649 puis 680-681Contexte doctrinal : condamnation du monothélisme, Ecthèse et deux volontés du ChristSéverin n'a pas mené ces conciles ; ils éclairent sa position

Le Saint-Siège et la chronologie officielle

La fiche actuelle du Vatican est très brève : elle retient le rang (71e pape), l'origine romaine et les dates (début : X.638 et 28.V.640 ; fin : 2.VIII.640), sans commentaire.[14] Le récit de la succession ouverte dès octobre 638 — élection aussitôt envoyée à Constantinople pour confirmation — vient de Treccani et de New Advent, non de la fiche vaticane.[15][16]

New Advent donne la même ligne générale : consécration le 28 mai 640, mort le 2 août, élection envoyée très vite à Constantinople pour confirmation dès octobre 638.[17] L'article retient donc le titre sobre Pape Séverin (640) : sa période de gouvernement consacré tient dans une seule année, même si l'élection et la vacance s'étendent depuis 638.

Le Liber Pontificalis : le noyau romain

La source narrative centrale reste le Liber Pontificalis, édité par Louis Duchesne. La Prosopography of the Byzantine Empire résume son premier renseignement : Séverin est Romain, fils d'Avienus — "natione Romanus, ex patre Abieno".[18]

La même notice conserve trois faits majeurs : pendant que Séverin est encore élu mais non consacré, ses partisans résistent aux tentatives du chartulaire Maurice, l'officier impérial à la tête des troupes byzantines de Rome, d'entrer au palais pontifical ; il est finalement consacré le 28 mai 640 ; il renouvelle la mosaïque absidale de Saint-Pierre, puis meurt et est enterré le 2 août 640.[19]

Treccani : lire les silences sans les remplir

La notice d'Eugenio Susi pour le Dizionario Biografico degli Italiani est particulièrement utile parce qu'elle distingue les faits certains des reconstructions fragiles. Elle confirme l'élection vers la mi-octobre 638, la publication de l'Ecthèse la même année, les pressions exercées sur les apocrisiaires romains, les représentants du pape auprès de l'empereur à Constantinople, la crise du Latran, puis la consécration de Séverin le 28 mai 640.[20]

Elle invite aussi à ne pas grossir ce que les sources ne prouvent pas. On ne sait pas exactement quand Séverin prit connaissance de l'Ecthèse ; l'idée d'un synode romain anti-Ecthèse sous Séverin, transmise par un passage beaucoup plus tardif du Liber diurnus, paraît peu sûre et convient plutôt au pontificat de Jean IV ; les lettres attribuées à Séverin pour les sièges d'Oderzo et d'Altino sont elles aussi incertaines.[21]

Avant le pontificat : un Romain de famille probablement élevée

Fils d'Avienus

Le Liber Pontificalis donne seulement le nom du père : Avienus.[22] Treccani note que ce nom peut suggérer un lien avec l'aristocratie romaine, sans permettre de reconstruire une généalogie certaine.[23] La prudence s'impose : Séverin n'est pas documenté comme un grand administrateur avant l'élection, et sa date de naissance demeure inconnue.

Cette pauvreté biographique n'est pas exceptionnelle pour les papes du VIIe siècle. Les sources s'intéressent moins à l'enfance du pape qu'à sa fonction, à son rapport à l'Empire, à ses ordinations, à ses dons aux basiliques et aux crises doctrinales qu'il traverse.

Rome après Honorius

Honorius meurt le 12 octobre 638.[24] Séverin est élu vers la mi-octobre, selon Treccani, donc très vite après la vacance.[25] Mais la rapidité de l'élection ne produit pas la rapidité de la consécration.

L'Italie romaine reste byzantine. Depuis les pontificats de Deusdedit, Boniface V et Honorius I, l'Église de Rome vit sous une double contrainte : autorité spirituelle locale très forte, mais dépendance politique concrète envers Constantinople et Ravenne.[26][27][28] Séverin va en éprouver la forme la plus brutale.

L'Ecthèse : le document que Rome ne devait pas signer

Le problème doctrinal en langage simple

Le monothélisme affirme qu'il n'y aurait qu'une seule volonté dans le Christ. L'intention apparente est d'éviter de diviser Jésus en deux sujets opposés. Mais la foi catholique voit le danger : si le Verbe incarné n'a pas de volonté humaine réelle, alors il n'assume pas pleinement notre humanité. Or ce qui n'est pas assumé n'est pas guéri.

La doctrine catholique confessera donc que le Christ possède deux natures, divine et humaine, et que chacune possède sa volonté naturelle et son opération naturelle, sans opposition, sans division de personne, parce que l'unique personne du Verbe agit réellement dans les deux natures.[29]

Héraclius et Sergius

L'Ecthèse paraît en 638, dans le contexte des efforts de l'empereur Héraclius et du patriarche Sergius de Constantinople pour stabiliser religieusement un Empire oriental déchiré par les suites de Chalcédoine. Treccani décrit ce document comme un édit rédigé en forme de profession de foi, affirmant l'existence d'une seule volonté dans l'unique personne du Verbe incarné et menaçant de sanctions ceux qui s'en écarteraient.[30]

Cette forme impériale change tout. Une erreur théologique ne circule plus seulement dans une lettre de patriarche ; elle devient un texte que l'administration peut exiger, transmettre, faire signer et défendre par pression politique.

Les apocrisiaires romains à Constantinople

Les envoyés romains partent à Constantinople pour obtenir la ratification impériale de l'élection. Au lieu d'une confirmation simple, on leur impose une condition : s'engager formellement à faire souscrire l'Ecthèse au pape élu.[31]

Treccani souligne leur attitude diplomatique : ils s'en tiennent au mandat reçu, sans prendre eux-mêmes position doctrinale à la place du pape, mais ils subissent de fortes pressions pour obtenir au moins une reconnaissance romaine du texte.[32] New Advent formule la même ligne en langage plus apologétique : les envoyés refusent de signer des documents hérétiques, dénoncent la violence en matière de foi, mais agissent avec tact et finissent par obtenir la confirmation impériale.[33]

« Les envoyés refusèrent de signer des documents hérétiques et déplorèrent la violence dans les choses de la foi. » — Catholic Encyclopedia, notice de Séverin[34]

La réserve de Séverin

Il serait imprudent d'inventer une grande lettre doctrinale de Séverin que nous n'avons pas. Treccani note qu'on ne connaît pas les temps et circonstances exacts dans lesquels il prit connaissance de l'Ecthèse, ni s'il y eut, comme le prétendait Cyrus d'Alexandrie, un moment d'attitude favorable.[35]

Ce qui demeure certain, c'est le résultat : Séverin n'a pas reconnu formellement l'Ecthèse. Consacré le 28 mai 640, il meurt deux mois plus tard sans avoir souscrit l'édit ; son successeur Jean IV traitera explicitement le dossier.[36][37]

Le Latran assiégé et pillé

Maurice excite les troupes romaines

Le moment le plus violent du dossier se joue à Rome. Le chartulaire Maurice, officier impérial à la tête des troupes byzantines stationnées dans la ville, suscite le ressentiment de ses hommes contre le clergé romain et le pape élu. Il leur fait croire que l'argent envoyé par l'empereur pour payer l'armée aurait été caché dans le vestiarium du Latran, où se trouvaient aussi de nombreuses richesses accumulées par les pontifes précédents.[38]

Le récit de Mann donne la logique de cette manipulation : pourquoi tant de trésors seraient-ils conservés au Latran, alors que les soldats ne reçoivent pas les donatifs envoyés par l'empereur ?[39] L'accusation transforme un conflit doctrinal en colère sociale.

Trois jours de résistance

Selon Treccani, les hommes armés de l'Urbs, du plus jeune au plus vieux, assiègent l'épiscopium du Latran, où Séverin s'est retranché avec la curie et un groupe de fidèles. Après trois jours d'affrontements, Maurice parvient à entrer dans le palais avec un certain nombre de juges, fait sceller le vestiaire et le met sous séquestre en attendant l'arrivée de l'exarque Isaac.[40]

Cette scène est rare par sa clarté. Le pape élu n'est pas encore consacré ; il ne gouverne pas depuis une sécurité abstraite ; il est physiquement assiégé dans le palais pontifical, au cœur de Rome, parce qu'un document doctrinal impérial bloque sa reconnaissance.

Isaac et le trésor pontifical

L'exarque Isaac arrive bientôt à Rome. Treccani rapporte qu'il exile les principaux membres du clergé et s'empare du trésor pontifical ; une partie est envoyée "à la ville royale", c'est-à-dire Constantinople, auprès de l'empereur Héraclius.[41] New Advent résume plus brièvement : Isaac pille le palais du Latran pour forcer Séverin à céder, mais tout est vain, Séverin demeure ferme.[42]

Le Liber Pontificalis présente cette confiscation comme une spoliation de biens destinés à saint Pierre, aux aumônes, au rachat des captifs et aux besoins de l'Église.[43] Quoi qu'il en soit du détail financier, l'enjeu symbolique est net : le pouvoir impérial touche au cœur matériel de l'Église romaine pour obtenir une conformité doctrinale.

ActeurFonctionAction dans la criseLecture
HéracliusEmpereur byzantinPublie l'Ecthèse et retarde la ratificationPouvoir impérial cherchant l'unité religieuse par édit
Apocrisiaires romainsEnvoyés à ConstantinopleNégocient la confirmation sans signer à la place du papeDiplomatie romaine sous pression
MauriceChartulaire / commandant localExcite les troupes, force l'entrée du Latran, scelle le vestiaireViolence administrative et militaire
IsaacExarque de RavenneExile des clercs, saisit le trésor pontificalIntervention impériale directe en Italie
SéverinPape éluRésiste à la souscription de l'EcthèsePrimauté doctrinale de la foi sur la contrainte politique

Le bref pontificat de 640

La confirmation finalement obtenue

Au début de 640, Héraclius finit par ratifier l'élection. Treccani précise que les apocrisiaires purent alors revenir à Rome, en se réservant de soumettre le texte de l'Ecthèse au nouveau pape.[44] Séverin est consacré le 28 mai 640.[45][46]

Cette issue est paradoxale. Constantinople obtient la reprise de la procédure, mais non la signature doctrinale recherchée. Rome reçoit son pape, mais après une vacance qui a coûté très cher au Latran et au clergé.

La profession des deux volontés

New Advent affirme que Séverin se mit aussitôt à déclarer que, comme il y a deux natures dans le Christ, il y a aussi deux volontés et deux opérations naturelles.[47] Treccani est plus prudent sur les actes précis de Séverin, mais confirme qu'aucune reconnaissance formelle de l'Ecthèse ne semble avoir eu lieu pendant ses deux mois de pontificat.[48]

La synthèse juste est donc la suivante : Séverin appartient pleinement à la réaction romaine anti-monothélite ; il ne faut pas lui attribuer sans preuve le synode ou les lettres qui relèvent probablement de Jean IV ; mais il faut reconnaître que son refus de signer ouvre la séquence romaine qui mènera à Jean IV, Théodore I, Martin I et au concile du Latran de 649.[49]

La mosaïque de Saint-Pierre

Le Liber Pontificalis attribue à Séverin une œuvre matérielle : il renouvelle la mosaïque de l'abside de l'ancienne basilique Saint-Pierre.[50][51] Le geste peut sembler mince ; il est pourtant symbolique.

Dans une Rome dont le palais pontifical vient d'être pillé, Séverin laisse une trace non dans un trésor récupéré, mais dans l'abside de la basilique apostolique. Restaurer l'image sacrée au-dessus de l'autel de Saint-Pierre, c'est affirmer que le centre de Rome n'est pas l'argent du vestiaire, mais la confession de foi reçue des apôtres.

Mort et sépulture

Séverin meurt le 2 août 640 et est enterré à Saint-Pierre.[52][53] La Catholic Encyclopedia note elle aussi sa sépulture dans l'église dont il avait fait restaurer l'abside.[54]

Son successeur, Jean IV, sera dalmate et gouvernera de 640 à 642. Il reprendra le dossier de l'Ecthèse plus explicitement, notamment par une défense d'Honorius contre l'interprétation qui lui attribuait une profession hérétique formelle.[55]

Héritage

Une résistance sans manifeste conservé

Séverin ne nous laisse ni grand traité, ni concile certain, ni correspondance abondante. Son héritage est plus pauvre en textes, mais pas en signification : il montre que l'Église de Rome ne se laisse pas réduire à une chancellerie impériale.

Cette sobriété est importante pour l'encyclopédie. Il serait tentant de romancer Séverin en héros théologien prononçant des discours que les sources ne conservent pas. L'article doit faire mieux : montrer la force exacte des faits documentés. Un pape élu refuse de garantir une profession doctrinale dangereuse ; l'empire retarde sa consécration ; le Latran est pillé ; le pape finit consacré sans avoir signé ; il meurt après avoir restauré Saint-Pierre.

De Séverin à Martin I

La ligne qui part de Séverin conduit jusqu'à Martin I. Jean IV reprend la question ; Théodore I résiste à Paul de Constantinople ; Martin I convoque le concile du Latran de 649, condamne l'Ecthèse et le Typos, puis paie cette résistance par l'arrestation, l'exil et la mort.[56]

Séverin n'est donc pas un épisode isolé. Il est le premier verrou romain après Honorius. Son refus prépare une décennie de résistance où la papauté, encore politiquement faible, devient doctrinalement plus ferme.

Le sens catholique d'un pape "secondaire"

Pourquoi consacrer un article à un pape qui gouverne deux mois ? Parce qu'il montre une loi profonde de l'histoire de l'Église : certaines fidélités ne durent pas longtemps, mais elles empêchent une dérive de devenir norme.

Séverin n'a pas réformé l'Occident. Il n'a pas fondé une basilique majeure. Il n'a pas présidé un concile œcuménique. Mais il a refusé que la confession du Christ vrai Dieu et vrai homme soit pliée par un édit impérial ambigu. Pour un article Ignispedia, c'est assez pour qu'il sorte de la simple liste chronologique.

Pour aller plus loin

  • Pape Honorius I — le prédécesseur de Séverin, au cœur de la controverse monothélite.
  • Constantinople III — concile qui définira les deux volontés et deux opérations du Christ.
  • Les hérésies des premiers siècles — cadre général des crises christologiques.
  • Pape saint Martin I — héritier de la résistance romaine anti-monothélite.

Notes et références

  1. Saint-Siège, fiche officielle Severinus, liste des papes : 71e pape, origine romaine (« Herkunft römisch »), début « X.638, 28.V.640 », fin « 2.VIII.640 ». Page vérifiée le 4 octobre 2026 : https://www.vatican.va/content/vatican/de/holy-father/severino.html.

    1 14 45 52
  2. Eugenio Susi, "SEVERINO, papa", Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 92, Istituto della Enciclopedia Italiana Treccani, 2018 (notice ouverte et vérifiée : https://www.treccani.it/enciclopedia/papa-severino_(Dizionario-Biografico)/). Notice : naissance probablement à Rome, fils d'Avienus, élection vers la mi-octobre 638, crise doctrinale et politique liée à l'Ecthèse, consécration le 28 mai 640, mort le 2 août 640.

    2 7 10 15 20 25
  3. Horace K. Mann, "Pope Severinus", The Catholic Encyclopedia, vol. 13, Robert Appleton Company, New York, 1912 ; transcription New Advent. Notice : consécration 28 mai 640, mort 2 août 640, refus de signer l'Ecthèse, pillage du Latran, tact des envoyés romains, confession des deux volontés et deux opérations. https://www.newadvent.org/cathen/13742c.htm.

    3 4 8 11 16 17 33 34 37 42 46 47 54
  4. Voir l'article Ignispedia Constantinople III : définition des deux volontés naturelles et deux opérations naturelles du Christ, contre le monothélisme.

    5 29
  5. Eugenio Susi, "SEVERINO, papa", Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 92, Treccani, 2018 (notice ouverte et vérifiée : https://www.treccani.it/enciclopedia/papa-severino_(Dizionario-Biografico)/), citant le Liber Pontificalis, éd. L. Duchesne, 1955, p. 329 : « sanctus, benignus super omnes homines, amator pauperum, largus, mitissimus » ; portrait contrôlé mot à mot dans Duchesne, Le Liber pontificalis, vol. I, Paris, 1886, p. 329 (notice LXXIII : « Fuit autem sanctus, benignus super omnes homines, amator pauperum, largus, mitissimus »).

    6 51
  6. Voir l'article Ignispedia Pape Honorius I : lettres à Sergius, ambiguïté doctrinale, condamnation posthume par Constantinople III et distinction avec l'infaillibilité pontificale.

    9 24 28
  7. Eugenio Susi, "SEVERINO, papa", Treccani, 2018 : récit du Liber Pontificalis sur Maurice, les troupes byzantines de Rome, le siège de l'épiscopium du Latran, le vestiarium scellé et la venue de l'exarque Isaac.

    12 38 40
  8. Prosopography of the Byzantine Empire, « Severinus 1 », King's College London (page ouverte et vérifiée : https://pbe.kcl.ac.uk/data/D68/F86.htm) : résumé prosopographique fondé sur le Liber Pontificalis, « ed. L. Duchesne, Le liber pontificalis. Texte, introduction et commentaire, 2 vols. (Paris, 1886-92); re-issued with 3rd vol. by C. Vogel, (Paris, 1955-57) » ; « natione Romanus, ex patre Abieno » (LP LXXIII, éd. Duchesne, vol. I, Paris, 1886, p. 328), élection fin 638 après Honorius (12 octobre 638), chartularius Maurice au Latran, consécration 28 mai 640, mosaïque absidale de Saint-Pierre, mort et sépulture le 2 août 640.

    13 18 19 22 50 53
  9. Eugenio Susi, "SEVERINO, papa", Treccani, 2018 : le synode anti-Ecthèse attribué à Séverin par le Liber diurnus est peu fiable et plus probablement identifiable avec celui de Jean IV ; l'authenticité des lettres aux évêques d'Oderzo et d'Altino est également incertaine.

    21 49
  10. Eugenio Susi, "SEVERINO, papa", Treccani, 2018 : Avienus peut indiquer un lien avec l'aristocratie romaine, mais la date et les circonstances de naissance restent difficiles à préciser.

    23
  11. Voir l'article Ignispedia Pape saint Deusdedit : clergé romain, Rome byzantine, crise de l'exarchat et fragilité politique italienne au début du VIIe siècle.

    26
  12. Voir l'article Ignispedia Pape Boniface V : confirmation pontificale, rôle de l'exarque de Ravenne, asile ecclésial et mission anglaise.

    27
  13. Eugenio Susi, "SEVERINO, papa", Treccani, 2018 : l'Ecthèse d'Héraclius, publiée en 638, est décrite comme un édit en forme de profession de foi, affirmant une seule volonté dans l'unique personne du Verbe incarné et menaçant de sanctions ceux qui s'en écartent.

    30
  14. Eugenio Susi, "SEVERINO, papa", Treccani, 2018 : les apocrisiaires romains envoyés à Constantinople pour obtenir la ratification impériale se voient imposer comme condition l'engagement de faire souscrire l'Ecthèse au pape élu ; ils subissent de fortes pressions pendant plusieurs mois.

    31 32
  15. Eugenio Susi, "SEVERINO, papa", Treccani, 2018 : l'auteur signale qu'on ignore quand et comment Séverin connut l'Ecthèse, et qu'on ne peut préciser l'attitude exacte qu'il aurait eue selon la lettre de Cyrus d'Alexandrie à Sergius.

    35
  16. Eugenio Susi, "SEVERINO, papa", Treccani, 2018 : Héraclius ratifie finalement l'élection au début de 640 ; Séverin est consacré le 28 mai, meurt le 2 août, et ne semble avoir procédé à aucune reconnaissance formelle de l'Ecthèse.

    36 44 48
  17. Horace K. Mann, The Lives of the Popes in the Early Middle Ages, vol. I, part I, Kegan Paul, Trench, Trübner & Co., Londres, 1912, section "Severinus", p. 346 sqq. ; récit du rôle de Maurice, des troupes romaines, du trésor du Latran et de l'intervention d'Isaac, fondé notamment sur le Liber Pontificalis.

    39 43
  18. Eugenio Susi, "SEVERINO, papa", Treccani, 2018 : Isaac arrive à Rome, exile les plus hauts membres du clergé et s'empare du trésor pontifical ; une partie est envoyée à Héraclius à Constantinople.

    41
  19. Horace K. Mann, "Pope John IV", The Catholic Encyclopedia, vol. 8, Robert Appleton Company, New York, 1910 ; transcription New Advent : pontificat (640-642), natif de Dalmatie, apologie d'Honorius adressée à Constantin III contre l'accusation de monothélisme. https://www.newadvent.org/cathen/08422b.htm.

    55
  20. Horace K. Mann, "Pope St. Martin I", The Catholic Encyclopedia, transcription New Advent : concile du Latran (5 sessions, 5-31 octobre 649), rejet de l'Ecthèse d'Héraclius et du Typos de Constant II, vingt canons sur les deux volontés du Christ ; arrestation par l'exarque Théodore Calliopas (juin 653), transfert prisonnier à Constantinople, exil à Cherson, mort le 16 septembre 655. https://www.newadvent.org/cathen/09723c.htm.

    56