Isaac (vers 1896-1716 av. J.-C.)

Deuxième des patriarches, fils miraculeux d'Abraham et de Sara, Isaac traverse la Genèse comme le fils de la promesse : offert sur le mont Moriah, époux de Rébecca, père d'Ésaü et de Jacob, et grande figure du Christ.

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Isaac est, selon l'Écriture reçue par l'Église, le deuxième des trois patriarches : le fils miraculeux d'Abraham et de Sara, né quand son père a cent ans et sa mère quatre-vingt-dix ans, et le père de Jacob et d'Ésaü. Son histoire tient en huit chapitres de la Genèse (Gn 21 à 28, puis 35), resserrés autour de trois scènes que toute la tradition a retenues : l'enfant du rire promis à des parents stériles, le sacrifice du mont Moriah où son père lève le couteau sur lui, et la bénédiction transmise à Jacob les yeux éteints.

L'Église le tient pour une personne réelle, nommée par Dieu lui-même quand il dit à Moïse : « Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob » (Ex 3, 6). Le Nouveau Testament fait de lui bien plus qu'un chaînon généalogique : saint Paul y voit la preuve que les chrétiens sont « comme Isaac, enfants de la promesse » (Ga 4, 28), et l'épître aux Hébreux lit dans le sacrifice du Moriah une figure de la résurrection et du Christ offert. L'article présente d'abord le récit tel que l'Église le reçoit, sa place dans le canon, son auteur traditionnel et ses témoins anciens, puis sa théologie, son accomplissement dans le Christ, sa présence dans la liturgie, et enfin le débat avec l'exégèse historico-critique moderne.

Isaac dans le canon des Écritures

Le cycle d'Isaac : huit chapitres au cœur de la Genèse

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Le récit d'Isaac se trouve dans la Genèse, premier des cinq livres du Pentateuque (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome), elle-même ouverture de tout l'Ancien Testament chrétien[1]. La Genèse porte en hébreu le nom de Bereshit (« Au commencement »), son premier mot, et en grec celui de Genesis (« origine, naissance ») donné par la Septante, la traduction grecque réalisée à Alexandrie au IIIe siècle av. J.-C.[2]. Après l'histoire des origines (Gn 1 à 11, d'Adam et Ève à Babel), puis le long cycle d'Abraham (Gn 12 à 25), le chapitre 21 fait entrer l'histoire sainte dans son troisième acte, celui du fils de la promesse, avant le quatrième, celui de Jacob et de Joseph[3].

Le cycle d'Isaac couvre Gn 21 à 28, avec un épilogue en Gn 35 : naissance et sevrage, renvoi d'Ismaël, sacrifice du Moriah, mort de Sara, mariage avec Rébecca, oracle de Guérar et querelle des puits, vol de la bénédiction, départ de Jacob, puis mort à Hébron[4]. C'est le cycle le plus bref des trois patriarches : huit chapitres contre quatorze pour Abraham et vingt-deux pour Jacob et Joseph réunis. Cette brièveté n'est pas un effacement : Isaac est le patriarche le moins raconté et le plus cité comme repère, celui par qui la promesse passe sans s'arrêter, le chaînon tranquille entre le père fondateur et le père des douze tribus[5].

Son nom hébreu, Yitzhaq, signifie « il rit » ou « qu'on rie » : Abraham rit d'émerveillement quand Dieu lui promet un fils à cent ans (Gn 17, 17), Sara rit d'incrédulité sous la tente de Mambré quand les trois hôtes renouvellent la promesse (Gn 18, 12), et Sara rit de louange quand l'enfant naît : « Dieu m'a donné de quoi rire, et tous ceux qui l'apprendront riront avec moi » (Gn 21, 6)[6]. Trois rires, trois âges de la foi : l'étonnement, le doute, puis la joie. Saint Augustin y voit la raison même du nom : l'enfant s'appelle rire parce que ses deux parents ont ri, le père d'admiration joyeuse, la mère d'abord d'incrédulité puis de louange confirmée[7].

Les autres mentions d'Isaac dans la Bible

Isaac n'est pas cantonné à la Genèse : une vingtaine de livres bibliques le nomment, ce qui interdit de traiter Gn 21 à 35 comme une pièce rapportée tardive. Le tableau ci-dessous rassemble les principales mentions hors Genèse[8].

Livre bibliquePassageCe que le texte apporte sur Isaac
ExodeEx 3, 6.15-16Dieu se présente à Moïse comme « le Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob »
1 Chroniques1 Ch 1, 28.34Généalogie officielle : « Fils d'Abraham : Isaac et Ismaël », puis « Isaac engendra Ésaü et Israël »
PsaumesPs 105, 9-10L'alliance conclue avec Abraham est « confirmée à Isaac comme une loi, à Jacob comme une alliance éternelle »
IsaïeIs 41, 8Israël, « descendance d'Abraham mon ami », suppose Isaac comme chaînon de l'élection
JérémieJr 33, 26Dieu promet de ne pas rejeter « la descendance de Jacob et de David », héritiers de la promesse faite à Isaac
AmosAm 7, 9.16Le prophète appelle le royaume du Nord « maison d'Isaac » : le nom du patriarche désigné Israël lui-même
MichéeMi 7, 20« Tu accorderas à Jacob la fidélité, à Abraham la faveur promise », avec Isaac entre les deux
Ben SiraSi 44, 22« À Isaac, à cause d'Abraham son père, il renouvela » la bénédiction et l'alliance
1 Maccabees1 M 2, 52Mattathias cite Abraham éprouvé et trouvé fidèle, dans la lignée du Moriah
MatthieuMt 1, 2 ; Mt 8, 11 ; Mt 22, 32Généalogie de Jésus ouverte par « Abraham engendra Isaac » ; Isaac assis au festin du Royaume ; Dieu « Dieu des vivants »
LucLc 3, 34Généalogie ascendante de Jésus : « fils de Jacob, fils d'Isaac, fils d'Abraham »
ActesAc 7, 8Étienne devant le Sanhédrin : Dieu « donna à Abraham l'alliance de la circoncision, et ainsi il engendra Isaac »
RomainsRm 9, 7-9« C'est en Isaac qu'une postérité te sera assurée » : les enfants de la promesse, non de la chair
GalatesGa 4, 21-31Allégorie d'Agar et de Sara : « vous, frères, comme Isaac, vous êtes enfants de la promesse »
HébreuxHe 11, 17-20L'offrande d'Isaac « en parabole » de la résurrection, puis la bénédiction de Jacob et d'Ésaü
JacquesJc 2, 21-23Abraham justifié quand il « offrit son fils Isaac sur l'autel », appelé « ami de Dieu »

Deux traits frappent dans cette traversée. D'abord, les prophètes ne parlent jamais d'Isaac comme d'un ancêtre lointain et légendaire : Amos l'utilise comme nom vivant du peuple (« maison d'Isaac »), et le Siracide résume toute sa théologie en une ligne, la bénédiction renouvelee « à cause d'Abraham son père »[9]. Ensuite, le Nouveau Testament fait d'Isaac le nœud de sa propre argumentation : Paul, Jacques et l'auteur de l'épître aux Hébreux ne l'utilisent pas comme une illustration décorative, mais comme la preuve scripturaire de leurs thèses les plus décisives sur la grâce, la foi et le Christ[10].

Le récit de la Genèse, étape par étape

Un enfant du miracle : le rire de Sara

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Isaac naît à Bersabée ou à Hébron, d'Abraham âge de cent ans et de Sara âgée de quatre-vingt-dix ans, stérile depuis toujours[11]. La Genèse souligne par trois fois l'impossibilité naturelle : Sara est stérile (Gn 11, 30), « le temps des femmes » ne compte plus pour elle (Gn 18, 11), et Abraham lui-même considérait son corps comme déjà marqué par la mort, selon le commentaire qu'en donne saint Paul (Rm 4, 19)[12]. L'enfant ne vient donc ni du vouloir de la chair ni d'un aménagement humain : après l'épisode d'Agar et d'Ismaël, né de l'impatience des hommes treize ans plus tôt (Gn 16, 16), Isaac est le fils du pur don[13].

Le récit met en scène le rire en trois temps. Abraham rit le premier, « tombant face contre terre », quand Dieu lui annonce qu'un fils naîtra de Sara centenaire : rire d'étonnement adorant, que Dieu ne reprend pas et qu'il scelle en imposant le nom de l'enfant, Yitzhaq (Gn 17, 17)[14]. Sara rit la deuxième fois, « en elle-même », sous la tente de Mambré, quand l'hôte divin renouvelle la promesse : rire d'incrédulité, que le Seigneur relève aussitôt : « Y a-t-il rien d'impossible à Dieu ? » (Gn 18, 12-14)[15]. Et Sara rit la troisième fois, publiquement, quand l'enfant est né et circoncis le huitième jour selon l'alliance :

« Dieu m'a donné de quoi rire, et tous ceux qui l'apprendront riront avec moi. Qui aurait dit à Abraham que Sara allaiterait des enfants ? Et pourtant je lui ai donné un fils dans sa vieillesse. »

  • Sara, Livre de la Genèse 21, 6-7, traduction liturgique[16]

Au sevrage de l'enfant, un second rire éclate, celui d'Ismaël qui « s'amusait » aux dépens de son petit frère, et Sara exige le renvoi de la servante et de son fils : « car le fils de cette servante ne doit pas hériter avec mon fils Isaac » (Gn 21, 8-10)[17]. Abraham en est affligé, mais Dieu confirme : « C'est en Isaac qu'une postérité te sera assurée », tout en promettant de faire aussi d'Ismaël une grande nation parce qu'il est sa descendance (Gn 21, 12-13)[18]. Saint Paul lira dans ce renvoi l'image des deux alliances : l'enfant de la servante né selon la chair, l'enfant de la femme libre en vertu de la promesse (Ga 4, 22-23)[19].

Le mont Moriah : l'épreuve suprême

Caravage, Le Sacrifice d'Isaac, vers 1603, Galerie des Offices. Wikimedia Commons, domaine public.

Aucune scène de la Genèse n'à autant marqué la mémoire de l'Église que le chapitre 22 : Dieu demande à Abraham de lui offrir Isaac en holocauste « au pays de Moriah, sur une montagne que je t'indiquerai » (Gn 22, 2)[20]. Le texte insiste sur l'identité de la victime par trois degrés qui montent comme une lame : « ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac »[21]. L'épreuve vise le point exact où la promesse semblait le plus assurée : si Isaac meurt, que devient « c'est en Isaac qu'une postérité te sera assurée » ?

Abraham part dès l'aube avec l'enfant, deux serviteurs et le bois fendu pour l'holocauste. Le troisième jour, il aperçoit le lieu de loin, laisse les serviteurs avec cette parole étonnante : « Moi et l'enfant, nous irons jusque-là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous » (Gn 22, 5)[22]. Isaac porte lui-même le bois, son père porte le feu et le couteau, et sur le chemin monte la question de l'enfant, la plus poignante de tout l'Ancien Testament, suivie de la réponse qui contient déjà tout l'Évangile :

« Voici le feu et le bois, mais où est l'agneau pour l'holocauste ? Abraham répondit : Dieu pourvoira lui-même à l'agneau pour l'holocauste, mon fils. »

  • Livre de la Genèse 22, 7-8, traduction liturgique[23]

Sur le sommet, Abraham bâtit l'autel, dispose le bois, lie Isaac et lève le couteau. L'ange du Seigneur l'arrête : « Ne porte pas la main sur l'enfant. Maintenant je sais que tu crains Dieu : tu ne m'as pas refusé ton fils, ton unique » (Gn 22, 10-12)[24]. Un bélier, pris par les cornes dans un buisson, est offert à la place de l'enfant, et Abraham nomme le lieu « Yahvé voit », ou « Yahvé pourvoit », d'où le dicton : « Sur la montagne, Yahvé est vu » (Gn 22, 13-14)[25]. Alors retentit pour la troisième fois la promesse, mais cette fois scellée par un serment divin, le seul de tout le cycle patriarcal : « Je le jure par moi-même [...] parce que tu as fait cela, je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta postérité aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, et en ta postérité se béniront toutes les nations de la terre » (Gn 22, 15-18)[26].

La tradition juive appelle ce chapitre la Aqedah, la « ligature » d'Isaac, et le relit chaque année au second jour de la fête de Roch Hachana, le nouvel an juif, comme le prescrit le Talmud de Babylone[27]. Josèphe, écrivant pour des lecteurs romains à la fin du Ier siècle, précise qu'Isaac avait alors vingt-cinq ans et qu'il consentit librement, jugeant indigne de refuser l'ordre de Dieu et de son père : le sacrifice n'est pas celui d'un petit enfant passif, mais d'un jeune homme qui s'offre[28]. L'épître aux Hébreux donne la clé théologique : Abraham « pensait que Dieu peut même ressusciter les morts », et « c'est en figure qu'il recouvra son fils » :

« C'est par la foi qu'Abraham, mis à l'épreuve, a offert Isaac. Il offrait son fils unique, alors qu'il avait reçu les promesses et qu'on lui avait dit : C'est en Isaac qu'une postérité te sera assurée. Il pensait en effet que Dieu peut même ressusciter les morts. Aussi, en figure, il recouvra son fils. »

Saint Jacques s'appuie sur la même scène pour montrer que la foi sans les œuvres est morte : « Abraham, notre père, ne fut-il pas justifié par les œuvres quand il offrit son fils Isaac sur l'autel ? [...] Et il reçut le nom d'ami de Dieu » (Jc 2, 21-23)[30]. Paul et Jacques ne se contredisent pas : l'un contemple la foi qui saisit la promesse avant l'épreuve (Rm 4), l'autre la foi qui s'achève dans l'obéissance sur la montagne (Jc 2)[31].

Rébecca : le mariage providentiel

Bernardo Strozzi, Rébecca et Éliézer au puits, 1630-1644, Dresde. Wikimedia Commons, domaine public.

Sara meurt à cent vingt-sept ans à Hébron, et Abraham achète aux Hittites la caverne de Macpéla pour l'y ensevelir : première propriété juridique d'Israël en Canaan (Gn 23)[32]. Abraham, vieux et « avancé en âge », fait alors jurer à son intendant Éliézer, la main sous sa cuisse, de ne pas prendre pour Isaac une Cananéenne, mais une femme de sa parenté restée en Mésopotamie (Gn 24, 1-4)[33]. Saint Augustin voit dans ce geste étrange une prophétie : la cuisse d'Abraham, d'où sortira la chair destinée au Christ, annonce déjà que le Seigneur viendrait dans la chair issue de cette lignée[34].

La scène du puits, au chapitre 24, est l'une des plus ciselées de la Genèse : Éliézer demande un signe, Rébecca, petite-fille de Nahor, puise pour lui et pour ses dix chameaux, reçoit l'anneau et les bracelets, et consent à suivre l'envoyé sans délai (Gn 24, 10-28)[35]. Isaac, âge de quarante ans, accueillait alors sa mère perdue trois ans plus tôt[36]. Le texte dit sobrement : « Isaac introduisit Rébecca dans la tente de Sara, sa mère ; il la prit pour femme, il l'aima, et il se consola de la mort de sa mère » (Gn 24, 67)[37]. Jamais Isaac n'aura d'autre épouse ni de concubine, trait unique parmi les patriarches, que saint Augustin relève : le patriarche « se contenta des jumeaux nés d'un seul enfantement », sans qu'il faille pour autant le préférer à son père, dont la foi et l'obéissance furent plus grandes[38].

Les puits du Néguev : l'homme de paix

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Le chapitre 26 est le seul du cycle où Isaac occupe seul le devant de la scène, sans son père ni ses fils : trois tableaux, une famine, un oracle, des puits creusés puis abandonnés, et une alliance finale[39]. Une famine frappe le pays, « outre la première famine qui eut lieu du temps d'Abraham », et Isaac descend à Guérar, chez Abimélek, roi des Philistins. Dieu lui apparaît et lui renouvelle l'oracle paternel, avec une consigne propre : ne pas descendre en Égypte, rester dans le pays, et la promesse sera confirmée par serment :

« Ne descends pas en Égypte, demeure dans le pays que je t'indiquerai. Séjourne dans ce pays, je serai avec toi et je te bénirai : car c'est à toi et à ta postérité que je donnerai tout ce pays, et je tiendrai le serment que j'ai fait à Abraham, ton père. Je rendrai ta postérité aussi nombreuse que les étoiles du ciel, et en ta postérité se béniront toutes les nations de la terre, parce qu'Abraham a obéi à ma voix. »

  • Oracle du Seigneur à Isaac, Livre de la Genèse 26, 2-5, traduction liturgique[40]

Comme son père avant lui, Isaac présente Rébecca comme sa sœur aux gens de Guérar, par crainte d'être tué à cause de sa beauté ; Abimélek découvre la vérité et protège le couple sous peine de mort (Gn 26, 6-11)[41]. Le récit reprend presque trait pour trait les deux épisodes d'Abraham avec Pharaon (Gn 12, 10-20) et avec Abimélek lui-même (Gn 20) : l'exégèse moderne y voit l'un de ses arguments favoris pour distinguer des sources, on y reviendra en fin d'article[42].

Isaac sème dans le pays et récolte au centuple, devient très riche en troupeaux et en serviteurs, et les Philistins le jalousent : ils comblent un à un les puits creusés par les serviteurs d'Abraham, puis Abimélek lui demande de s'éloigner « car tu es devenu beaucoup plus puissant que nous » (Gn 26, 12-16)[43]. Isaac se retire dans l'oued de Guérar et recreuse les puits paternels, puis en creuse de nouveaux : les bergers de Guérar contestent les deux premiers, Eseq (« contestation ») et Sitna (« opposition »), et Isaac les leur abandonne sans combattre ; le troisième, Rehoboth (« le large »), reste incontesté, et Isaac y lit un signe : « Maintenant le Seigneur nous a mis au large, et nous prospérerons dans le pays » (Gn 26, 17-22)[44]. À Bersabée, Dieu lui apparaît une seconde fois : « Je suis le Dieu d'Abraham, ton père, ne crains pas, je suis avec toi » ; Isaac bâtit un autel, invoque le Nom, et creuse un nouveau puits (Gn 26, 23-25)[45]. Abimélek vient alors en personne, avec son général Pikol, demander une alliance : « Nous avons bien vu que le Seigneur est avec toi », et ils prêtent serment l'un à l'autre ; le lieu reçoit le nom de Bersabée, « le puits du serment » (Gn 26, 26-33)[46].

Le portrait qui s'en dégage est unique dans la Genèse : ni le fougueux Abraham qui taille en pièces les rois coalisés (Gn 14), ni le retors Jacob qui marchande le droit d'aînesse, mais un homme qui cède plutôt que de se battre, recreuse plutôt que de saisir, et laisse Dieu lui faire place. Les Pères y ont vu l'image de la douceur évangélique : celui qui ne conteste pas les puits contestés préfigure celui qui tend la joue et ne résiste pas au méchant[47].

Ésaü et Jacob : la bénédiction transmise

Rébecca était stérile, comme Sara avant elle : Isaac, qui l'a épousée à quarante ans, « implora le Seigneur pour sa femme », et le Seigneur exauça son intercession ; les jumeaux naissent quand Isaac a soixante ans, soit vingt ans d'attente (Gn 25, 20-21.26)[48]. Pendant la grossesse, les enfants « s'entrechoquaient » dans son sein ; Rébecca consulte le Seigneur, qui répond par l'oracle qui gouvernera tout le cycle :

« Deux nations sont dans ton sein, deux peuples issus de toi se sépareront ; un peuple l'emportera sur un peuple, et l'aîné servira le cadet. »

  • Oracle du Seigneur à Rébecca, Livre de la Genèse 25, 23, traduction liturgique[49]
Jacob Jordaens, Isaac bénissant Jacob. Wikimedia Commons, domaine public.

Le premier-né, roux et velu, est appelé Ésaü, l'homme des champs, chasseur, préféré de son père « car il aimait le gibier » ; le second, qui tient le talon de son frère, est appelé Jacob, préférée de sa mère (Gn 25, 24-28)[50]. Ésaü, rentrant épuisé, vend son droit d'aînesse pour un plat de lentilles, « méprisant » ainsi son privilège : le texte ne l'excuse pas, et l'épître aux Hébreux le citera comme l'exemple du profanateur qui, « pour un seul plat, céda son droit d'aînesse » (He 12, 16)[51]. Saint Augustin lit dans l'oracle du sein maternel un grand mystère de la grâce, développe par saint Paul : les enfants « n'ayant encore rien fait, ni bien ni mal », le cadet est choisi sans mérite préalable et l'aîné écarté, image des deux peuples, les Juifs issus de l'aîné et les chrétiens issus du cadet[52].

Devenu vieux, les yeux éteints, Isaac veut bénir Ésaü avant de mourir et lui demande un plat de gibier ; Rébecca, qui a entendu, déguise Jacob avec des peaux de chevreau, et Isaac, trompé par ses mains et sa voix, donne au cadet la bénédiction de l'aîné : « Vois, l'odeur de mon fils est comme l'odeur d'un champ que le Seigneur a béni. Que Dieu te donne la rosée du ciel et les graisses de la terre, froment et vin nouveau en abondance. Que des peuples te servent, que des nations se prosternent devant toi, sois le maître de tes frères » (Gn 27, 1-29)[53]. Quand Ésaü revient et que la supercherie éclate, Isaac « tremble d'un tremblement extrême », mais confirme au lieu de maudire : « Je l'ai béni, et béni il restera » (Gn 27, 33)[54]. À Ésaü en larmes il ne reste qu'une bénédiction seconde, faite d'épée et de servitude, avec une promesse de bris du joug (Gn 27, 38-40)[55]. Saint Augustin voit dans cette bénédiction extorquée une proclamation du Christ à toutes les nations : la rosée du ciel, c'est la parole divine ; le froment et le vin, le sacrement du corps et du sang ; et Isaac qui confirme au lieu de maudire montre que tout s'est fait par inspiration d'en haut, non par ruse terrestre[56].

Ésaü jure de tuer Jacob après le deuil de son père ; Rébecca fait fuir Jacob chez Laban, en Mésopotamie, et Isaac, avant le départ, bénit une seconde fois son fils, cette fois en pleine connaissance : il lui transmet solennellement « la bénédiction d'Abraham » et l'envoie prendre femme dans la parenté, hors de Canaan (Gn 27, 41 - 28, 5)[57]. Ésaü, comprenant que les Cananéennes déplaisent à son père, épouse une fille d'Ismaël par-dessus ses autres femmes (Gn 28, 6-9)[58]. Les deux frères se reconcilieront vingt ans plus tard à Penuel, avant de se retrouver une dernière fois pour ensevelir ensemble leur père (Gn 33 ; 35, 29)[59].

La mort à Hébron

Isaac meurt à Mambré, c'est-à-dire Hébron, « vieux et rassasié de jours », à cent quatre-vingts ans, et Ésaü et Jacob l'ensevelissent dans la caverne de Macpéla, auprès d'Abraham, de Sara et de Rébecca, comme Jacob le rappellera sur son lit de mort en demandant à y être porte à son tour (Gn 35, 27-29 ; 49, 29-31)[60]. Quatre couples y dorment : Abraham et Sara, Isaac et Rébecca, Jacob et Léa, en attendant Joseph, dont les ossements remontes d'Égypte seront déposés à Sichem (Jos 24, 32)[61]. Le lieu, acheté par Abraham et toujours identifiable à Hébron, ancre le cycle patriarcal dans une géographie vérifiable : la foi d'Israël ne flotte pas dans un passé mythique, elle possède un tombeau[62].

L'auteur et la datation traditionnels : Moïse

Autrement dit : qui a écrit ce récit, et quand vivait Isaac ? La réponse reçue par l'Église est simple à énoncer et solide à défendre : le Pentateuque, Genèse comprise, est l'œuvre de Moïse rédigée au second millénaire av. J.-C., et Isaac est un homme du Bronze moyen. Cette position n'est pas un folklore pieux : elle s'appuie sur des témoins juifs, patristiques et magistériels explicites, sur des arguments internes au texte, et sur une chronologie cohérente. L'exégèse moderne propose autre chose, on l'exposera loyalement en fin d'article, avec ses limites.

Ce que tient la tradition juive et ecclésiale

Le Talmud de Babylone attribue expressément à Moïse « son livre », c'est-à-dire le Pentateuque, ainsi que la section de Balaam et le livre de Job (Baba Bathra 14b-15a)[63]. Flavius Josèphe, au Ier siècle, tient la même attribution : les Juifs ne reconnaissent que vingt-deux livres divins, dont « cinq appartiennent à Moïse », écrits avec une certitude telle qu'aucun Juif n'oserait y ajouter ni en retrancher (Contre Apion, livre I)[64]. Philon d'Alexandrie, contemporain du Christ, commente la Genèse comme l'œuvre du législateur et présente Abraham et Isaac au monde grec dans son traité De Abrahamo[65].

Les Pères ne doutent pas davantage : pour saint Augustin, qui retrace toute l'histoire sainte d'Adam à David dans les livres XV à XVII de La Cité de Dieu, Moïse est l'auteur du Pentateuque et Isaac un homme réel dont la vie se calcule en années[66]. Le Magistère moderne l'a confirmé à trois reprises. En 1906, la Commission biblique pontificale répond que les arguments accumulés par les critiques contre l'authenticité mosaïque du Pentateuque ne suffisent pas à écarter l'attribution traditionnelle, qu'elle maintient en substance (De Mosaica authentia Pentateuchi, 27 juin 1906)[67]. En 1943, Pie XII ouvre la porte aux études des genres littéraires et des sources, mais sans abandonner l'historicité de substance ni l'inspiration intégrale (Divino Afflante Spiritu)[68]. En 1965, Vatican II enseigne que Dieu est l'auteur des Écritures et qu'elles « enseignent fermement, fidèlement et sans erreur la vérité que Dieu a voulu voir consignée » (Dei Verbum, § 11), et que les livres de l'Ancien Testament, « bien qu'ils contiennent de l'imparfait et du caduc », gardent une valeur impérissable comme préparation et figure du Nouveau (§§ 14-16)[69]. Le Catéchisme résume : pour rassembler l'humanité dispersée, « Dieu choisit Abram », et « le peuple issu d'Abraham sera le dépositaire de la promesse faite aux patriarches » (§§ 59-60)[70].

Les arguments internes du texte

Le Pentateuque lui-même présente Moïse comme écrivain : il écrit le récit de la victoire sur Amalec « dans le livre » (Ex 17, 14), il met par écrit « toutes les paroles du Seigneur » au Sinaï (Ex 24, 4), il consigne les étapes de l'Exode (Nb 33, 2), et il remet « cette Loi » aux prêtres lévites (Dt 31, 9)[71]. Le Nouveau Testament confirme l'attribution sans hésiter : Jésus parle du « livre de Moïse » à propos du buisson ardent (Mc 12, 26), déclare que « c'est de moi que Moïse a écrit » (Jn 5, 46), et Étienne résume devant le Sanhédrin l'histoire d'Abraham et d'Isaac comme des faits, non comme des paraboles (Ac 7, 2-8)[72]. L'objection tirée des récits à la troisième personne ne prouve rien : les historiens antiques, de César à Josèphe, parlent couramment d'eux-mêmes à la troisième personne, et le dernier chapitre du Deutéronome, qui raconte la mort de Moïse, peut être un ajout de Josué ou d'un scribe sans invalider l'ensemble, comme l'admettaient déjà les rabbins[73].

Le texte de la Genèse porte en outre des marques d'ancienneté que les rédacteurs tardifs n'auraient pas inventées : prix des esclaves, dots, coutumes d'adoption par la servante, traités d'alliance et serments « la main sous la cuisse », dont les parallèles du Bronze moyen (archives de Mari, tablettes de Nuzi) éclairent le cadre sans l'épuiser, on y reviendra[74].

La chronologie reçue : trois computations

A quel siècle placer Isaac ? Trois grandes computations traditionnelles, juive, chrétienne et grecque, divergent sur les millésimes mais convergent sur l'ordre de grandeur : le Bronze moyen, deuxième tiers du IIe millénaire. Le tableau ci-dessous les résume, avec les âges donnés par le texte lui-même, qui sont cohérents entre eux[75].

Repere de la vie d'IsaacÂge bibliqueComputation d'UssherComputation du Seder Olam
Naissance (Gn 21, 5)Abraham 100 ans1896 av. J.-C.An 2048 depuis Adam
Mariage avec Rébecca (Gn 25, 20)Isaac 40 ans1856 av. J.-C.An 2088 depuis Adam
Naissance des jumeaux (Gn 25, 26)Isaac 60 ans1836 av. J.-C.An 2108 depuis Adam
Mort d'Abraham (Gn 25, 7)Isaac 75 ans1821 av. J.-C.An 2123 depuis Adam
Mort d'Isaac (Gn 35, 28)Isaac 180 ans1716 av. J.-C.An 2228 depuis Adam
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James Ussher, archevêque anglican d'Armagh, publie ses Annales en 1650-1654 et fixe la création à 4004 av. J.-C. : Abraham naît en 1996, Isaac en 1896 quand son père a cent ans, et meurt en 1716 à cent quatre-vingts ans[76]. Le Seder Olam Rabba, chronique rabbinique du IIe siècle attribuée à Rabbi Yossé ben Halafta, compte 1948 ans d'Adam à Abraham : Isaac naît donc l'an 2048 et meurt l'an 2228 de son comput[77]. La Septante, avec ses généalogies allongées, repousse l'ensemble de plus d'un millénaire vers le passé[78]. Saint Augustin, de son côté, vérifie la cohérence interne : Isaac épouse Rébecca à quarante ans, « la cent quarantième année de la vie de son père », trois ans après la mort de sa mère ; Abraham meurt à cent soixante-quinze ans en laissant Isaac âge de soixante-quinze ans[79]. L'écart entre ces systèmes montre qu'il ne faut dogmatiser aucun millésime : ce qui est reçu, c'est l'ordre de grandeur, le Bronze moyen, et la cohérence interne des âges donnés par le texte[80].

Les témoins anciens du récit

La Septante : Isaac en grec trois siècles avant le Christ

La traduction grecque du Pentateuque, réalisée à Alexandrie au IIIe siècle av. J.-C., prouve que le cycle d'Isaac circulait déjà sous sa forme achevée à cette date : on ne traduit que ce qui existe[81]. Les traducteurs rendent Yitzhaq par Isaak sans hésiter, et leur choix du mot Genesis pour intituler le livre a fixé pour deux millénaires la lecture du cycle comme récit des origines[82]. Fait notable : la Septante allonge les chiffres des généalogies de Gn 5 et 11, signe que les nombres bibliques étaient déjà reçus comme une chronologie à scruter, non comme une poésie à admirer de loin[83].

Les Jubilés et Qoumran : Isaac avant notre ère

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Le Livre des Jubilés, composé au IIe siècle av. J.-C., réécrit l'histoire d'Isaac en la distribuant selon des cycles de jubilés de quarante-neuf ans : la naissance et la circoncision au chapitre 16, l'épreuve du Moriah aux chapitres 17 et 18, où c'est l'ange accusateur Mastema qui réclame l'épreuve, et les dernières bénédictions et la mort à cent quatre-vingts ans au chapitre 36[84]. L'ouvrage suppose le récit de la Genèse connu de ses lecteurs jusque dans le détail, et le vénère assez pour le recomputer sans le contredire. A Qoumran, des fragments araméens (4Q225, dit Pseudo-Jubilés) reprennent eux aussi l'épreuve du Moriah, et l'Apocryphe de la Genèse (1QapGen, IIe-Ier siècle av. J.-C.) développe le cycle d'Abraham dont Isaac est l'héritier désigné[85]. Plus tardif, le Testament d'Isaac, écrit copte du cycle des trois patriarches, met en scène les adieux du patriarche mourant à Jacob : témoin tardif, mais témoin de la continuité de sa mémoire[86]. Ces témoins interdisent de faire naître le cycle d'Isaac à l'époque perse tardive ou hellénistique : il est déjà ancien quand ils écrivent.

Philon et Josèphe : Isaac devant le monde gréco-romain

Philon d'Alexandrie, juif de langue grecque contemporain du Christ, consacré à Abraham tout un traité, le De Abrahamo, où le patriarche et son fils sont presentes au monde grec comme les modèles du sage qui quitte la Chaldée des astres pour le Dieu unique[87]. L'allégorie n'abolit pas l'histoire chez Philon : le départ réel fonde la lecture spirituelle.

Flavius Josèphe, dans le livre I de ses Antiquités judaïques (vers 93-94), raconte Isaac longuement en s'appuyant sur la Genèse : naissance miraculeuse, sacrifice du Moriah où le jeune homme de vingt-cinq ans consent librement, mariage avec Rébecca, querelle des puits, bénédiction de Jacob[88]. Écrivant pour des lecteurs romains cultivés, Josèphe traite Isaac en personnage d'histoire, datable et situable, jamais en mythe édifiant[89].

Le Nouveau Testament, premier témoin de l'historicité

Le témoin le plus décisif reste le Nouveau Testament lui-même : Jésus, Étienne, Paul, Jacques et l'auteur de l'épître aux Hébreux parlent d'Isaac comme d'un homme qui a vécu, et en tirent des doctrines qui s'effondreraient s'il n'avait pas existe. Jésus se dit le Dieu « d'Abraham, d'Isaac et de Jacob », Dieu non des morts mais des vivants (Mt 22, 32) ; Étienne résume la circoncision d'Isaac en faits devant le Sanhédrin (Ac 7, 8) ; Paul date la promesse et fonde sur Isaac toute sa doctrine de l'élection gratuite (Rm 9, 7-13 ; Ga 4, 28)[90]. On ne fonde ni une généalogie (Mt 1, 2 ; Lc 3, 34), ni une doctrine de la justification, ni une théologie du sacerdoce sur un personnage dont on saurait qu'il n'a jamais vécu[91].

  1. IIIe siècle av. J.-C.
    La Septante traduit la Genèse

    Le Pentateuque est rendu en grec à Alexandrie : le cycle d'Isaac circule déjà sous forme achevée.

  2. IIe siècle av. J.-C.
    Le Livre des Jubilés recompute Isaac

    Chronologie en jubilés de 49 ans : naissance au chapitre 16, Moriah aux chapitres 17 et 18.

  3. IIe-Ier siècle av. J.-C.
    Qoumran recopie l'épreuve du Moriah

    Les fragments araméens 4Q225 et l'Apocryphe de la Genèse attestent le cycle patriarcal.

  4. Vers 20-50
    Philon présente les patriarches au monde grec

    Le philosophe juif d'Alexandrie fait d'Abraham et d'Isaac les modèles du sage.

  5. Vers 93-94
    Josèphe publie les Antiquités judaïques

    Le livre I raconte Isaac en historien, pour des lecteurs romains.

  6. Vers 413-426
    Augustin et la Cité de Dieu

    Les chapitres 31 à 37 du livre XVI retracent la vie d'Isaac, du rire à la bénédiction.

  7. 1650-1654
    Ussher publie ses Annales

    La chronologie biblique reçoit sa computation classique : Isaac vers 1896-1716 av. J.-C.

  8. 1943
    Divino Afflante Spiritu

    Pie XII ouvre l'étude des genres littéraires sans abandonner l'historicité de substance.

  9. 1965
    Dei Verbum

    Le concile Vatican II confirme l'inerrance des Écritures et la valeur des livres de l'Ancien Testament.

La théologie d'Isaac : le fils de la promesse

L'enfant impossible : quand Dieu donne sans mesure

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Isaac est le premier enfant de la Bible né contre toute attente biologique, et non le dernier : la stérilité de Sara annonce celle de Rébecca, puis celle de Rachel, d'Anne, d'Élisabeth, jusqu'à la virginité de Marie. Le schéma est constant et théologique : quand l'homme ne peut plus rien, Dieu commence[92]. Isaac, né « non du vouloir de la chair ni du vouloir de l'homme », préfigure ainsi le mode d'agir divin que saint Jean réservera aux enfants de Dieu (Jn 1, 13)[93]. C'est pourquoi Paul peut écrire : « C'est en Isaac qu'une postérité te sera assurée, c'est-à-dire : ce ne sont pas les enfants de la chair qui sont enfants de Dieu, ce sont les enfants de la promesse qui sont comptés comme postérité » :

« Ce ne sont pas les enfants de la chair qui sont enfants de Dieu, ce sont les enfants de la promesse qui sont comptés comme postérité. Car voici ce que dit la promesse : Je reviendrai à cette même époque, et Sara aura un fils. »

Et aux Galates, l'apôtre en tire la charte d'identité des chrétiens : Ismaël, né de la servante selon la chair, persécutait Isaac, né selon l'Esprit ; de même, conclut Paul, « vous, frères, comme Isaac, vous êtes enfants de la promesse » (Ga 4, 28-29)[95]. L'Église ne se rattache donc pas à Abraham par le sang, mais à Isaac par la promesse : elle est le peuple né du rire de Sara, non des calculs des hommes[96].

La douceur et la paix : le patriarche qui cède

Entre le père qui guerroie et le fils qui ruse, Isaac incarne la troisième voie, celle de la douceur qui désarme. Il ne conteste ni les puits comblés ni les puits volés, il s'éloigne, recreuse, et laisse à Dieu le soin de lui faire place ; et c'est Abimélek qui finit par venir à lui pour demander alliance[97]. Les Pères y ont lu par avancé la béatitude des doux, qui posséderont la terre (Mt 5, 5), et l'agneau qui ne résiste pas : Isaac porte le bois sans protester, comme plus tard un autre fils portera le bois de la croix[98]. Sa vie entière tient dans un verset que le Seigneur lui adresse à Bersabée et qui résume sa vocation : « Ne crains pas, je suis avec toi » (Gn 26, 24)[99].

Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob

Dieu ne se présente jamais à Moïse comme le Dieu d'Abraham seul : la formule complète revient plus de vingt fois dans l'Écriture, « le Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob » (Ex 3, 6.15 ; Mt 22, 32)[100]. Isaac y occupe la place centrale, le chaînon sans lequel la promesse ne passerait pas du fondateur à la nation. Quand Jésus cite cette formule aux Sadduceens qui nient la résurrection, il en tire la preuve de la vie éternelle des patriarches : Dieu « n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants » ; Abraham, Isaac et Jacob vivent donc devant lui (Mt 22, 31-32)[101]. Le Siracide, deux siècles avant le Christ, disait déjà l'essentiel : « À Isaac, à cause d'Abraham son père, il renouvela » la bénédiction et l'alliance (Si 44, 22)[102].

L'accomplissement chrétien : Isaac figure du Christ

L'Église ne voit pas en Isaac un simple ancêtre du Messie selon la chair : elle y voit son image annoncée, l'une des plus nettes de tout l'Ancien Testament avec l'Agneau pascal et le Serviteur souffrant[103]. Quatre traits du récit trouvent leur « oui » dans le Christ.

Le fils unique offert

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Le rapprochement commence dans les mots mêmes : « ton fils, ton unique, celui que tu aimes » (Gn 22, 2) annonce « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique » (Jn 3, 16)[104]. Isaac porte lui-même le bois de son sacrifice (Gn 22, 6) comme Jésus portera lui-même sa croix (Jn 19, 17) ; le bélier offert à sa place, « la tête embarrassée dans les ronces », annonce le crucifié couronné d'épines. Saint Augustin, qui commente longuement la scène au livre XVI de La Cité de Dieu, l'écrit sans détour :

« Isaac portant lui-même le bois sur lequel il devait être placé est la figure du Christ portant lui-même sa croix. Et le bélier offert à la place d'Isaac, la tête embarrassée dans les ronces, à qui le comparer, sinon à Jésus couronné d'épines avant d'être offert en sacrifice ? »

  • Saint Augustin, La Cité de Dieu, XVI, 32, traduit de l'anglais[105]

Origène, un siècle et demi plus tôt, avait consacré toute son homélie VIII sur la Genèse à ce même chapitre 22, y lisant déjà le mystère du Père qui n'épargne pas son Fils (Sources Chrétiennes 7bis)[106]. La différence avec le Calvaire demeure entière et l'Église la maintient : Isaac est épargné, le Christ va jusqu'au bout ; la figure s'achève en se dépassant, comme une ombre que la lumière dissipe en l'accomplissant[107].

Le troisième jour et la résurrection en parabole

Abraham marche trois jours vers le Moriah, et c'est « le troisième jour » qu'il aperçoit le lieu (Gn 22, 4) : Isaac est comme mort pendant trois jours dans le dessein de son père, puis rendu vivant[108]. L'épître aux Hébreux nomme ce mystère : Abraham « pensait que Dieu peut même ressusciter les morts », et « c'est en figure qu'il recouvra son fils » (He 11, 19)[109]. La tradition y entend l'annonce du troisième jour de Pâques, quand le Père rendra à la vie le Fils réellement offert : ce qu'Abraham a cru sans le voir, Dieu l'a accompli en le montrant[110].

Moriah et le Temple : le lieu du sacrifice

Le « pays de Moriah » où Isaac fut lié (Gn 22, 2) réapparaît une seule fois dans toute la Bible : c'est là, « sur le mont Moriah », que Salomon bâtit la maison du Seigneur (2 Ch 3, 1)[111]. Le lieu où le fils fut épargné devient le lieu où Israël offrira tous ses sacrifices, jusqu'au jour où le véritable Agneau y sera offert à son tour, à quelques pas de là, hors les murs. Le Christ lui-même désigne son corps ressuscité comme le Temple définitif (Jn 2, 19-21) : la montagne du Moriah portait déjà, sans le savoir, le plan du sanctuaire à venir[112].

En ta postérité seront bénies toutes les nations

Le serment du Moriah s'achève sur une promesse universelle : « en ta postérité se béniront toutes les nations de la terre » (Gn 22, 18)[113]. Saint Pierre, le jour de la Pentecôte, cite ce verset aux Juifs de Jérusalem et l'applique à Jésus : Dieu « a ressuscité son Serviteur et l'a envoyé pour vous bénir » (Ac 3, 25-26)[114] :

« Vous êtes les fils des prophètes et de l'alliance que Dieu a conclue avec vos pères quand il disait à Abraham : En ta postérité seront bénies toutes les familles de la terre. C'est pour vous d'abord que Dieu a ressuscité son Serviteur, et il l'a envoyé pour vous bénir. »

Saint Paul fait de même : la promesse « en toi seront bénies toutes les nations » (Gn 12, 3 ; 22, 18) visait le Christ, unique « postérité » au singulier, et c'est par la foi en lui que « la bénédiction d'Abraham parvient aux païens » (Ga 3, 8.14-16)[116]. Isaac, l'enfant par qui la postérité fut sauvée sur la montagne, est ainsi le premier maillon visible de la chaîne qui mène aux baptisés de toutes les nations[117].

Isaac dans la liturgie et la prière de l'Église

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Isaac n'est pas seulement lu : il est célébré. Quatre lieux liturgiques en témoignent, juifs et chrétiens.

La Vigile pascale. Chaque année, dans la nuit de Pâques, l'Église proclame le chapitre 22 de la Genèse comme deuxième lecture de l'Ancien Testament : au moment où les catéchumènes descendent dans l'eau du baptême, l'assemblée entend le récit du fils offert puis rendu, figure du Christ mort puis ressuscité dans lequel ils sont plongés[118].

Roch Hachana. La Synagogue, qui a gardé la mémoire d'Isaac sans reconnaître son accomplissement, relit la Aqedah au second jour du nouvel an juif, en demandant à Dieu de se souvenir, en faveur d'Israël, du mérite de la ligature d'Isaac : le Talmud de Babylone fixe cette lecture (Meguilla 31a), et le son du shofar qui l'accompagne rappelle le bélier du Moriah[119].

Le dimanche des Ancêtres. Les Églises d'Orient célèbrent, deux dimanches avant Noël, le « dimanche des saints Ancêtres », où sont commémorés tous les patriarches de l'Ancien Testament, Abraham, Isaac et Jacob en tête : l'humanité qui attendait le Christ est honorée au seuil de sa venue[120].

La bénédiction nuptiale. Le Rituel romain du mariage fait dire au prêtre sur les époux : « Que le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob soit avec vous » (Deus Abraham, Deus Isaac, et Deus Jacob sit vobiscum), comme le relève la Catholic Encyclopedia à l'article « Abraham » (section liturgie)[121]. Isaac, l'époux d'une seule épouse, bénit ainsi chaque mariage chrétien : le patriarche de la fidélité conjugale est devenu le patron céleste des noces[122].

Ce que propose l'exégèse moderne, et ses limites

Reste la question que tout lecteur moderne se pose : que vaut ce récit face à la critique historique ? L'article l'aborde en dernier, comme il se doit : la foi de l'Église ne naît pas de la critique, mais elle n'a pas à la craindre. Voici loyalement ce que propose une partie de l'exégèse contemporaine, puis pourquoi la lecture traditionnelle reste défendable.

L'hypothèse documentaire et ses présupposés

Depuis Julius Wellhausen (Prolégomènes à l'histoire d'Israël, 1878), une partie de l'exégèse divise le Pentateuque en quatre sources enchevêtrées (yahviste, élohiste, deutéronomiste, sacerdotale), rédigées entre le Xe et le Ve siècle av. J.-C., et relègue Moïse au rang de figure légendaire[123]. Le cycle d'Isaac sert de cas d'école : les trois récits de la « femme-sœur » (Gn 12 avec Pharaon, Gn 20 avec Abimélek, Gn 26 avec Abimélek) seraient trois variantes d'une même légende, réparties entre sources[124]. Hermann Gunkel (La Genèse, 1901) y voyait des « sagas » populaires transmises oralement pendant des siècles avant leur mise par écrit[125].

Cette reconstruction, pour impressionnante qu'elle soit, repose sur des présupposés qu'elle ne démontre pas. D'abord, elle décide d'avance que le merveilleux est impossible : tout oracle, toute naissance miraculeuse, toute intervention divine étant exclus par principe, il ne reste qu'à dater les textes le plus tard possible[126]. Ensuite, elle raisonne en cercle : on date les sources par leur théologie supposée, puis on utilise cette datation pour prouver l'évolution de la théologie[127]. Enfin, ses critères stylistiques (noms divins, doublets, vocabulaire) se sont révélés réversibles : Umberto Cassuto a montré, avec une minutie devenue classique (Commentaire de la Genèse, 1961-1964), que les variations de noms divins suivent le propos théologique du passage, non le découpage des sources[128].

Le cas des trois « femme-sœur » l'illustre. Les récits diffèrent précisément là où des variantes copiées se ressembleraient : Pharaon en Égypte contre Abimélek à Guérar, stérilité de Sara frappée puis levée, dot offerte puis bétail multiplié, mensonge d'Abraham puis d'Isaac dans une famine différente[129]. Surtout, « Abimélek » signifie « mon père est roi » : c'est un titre dynastique philistin, comme « Pharaon » en Égypte ou « Agag » chez les Amalécites, et non un prénom : rien n'interdit que deux rois de Guérar, à trois générations d'intervalle, portent le même titre[130]. Deux voyageurs riches, deux épouses très belles, deux rois païens tentés : la récurrence est vraisemblable dans le monde des semi-nomades, et Gordon Wenham, dans son grand commentaire (Genesis 16-50, Word Biblical Commentary, 1994), montre que les trois récits forment une composition littéraire voulue, qui progresse en gravité au lieu de se répéter[131].

Patriarches : mythe ou histoire ?

Stèle de Mérenptah, Musée égyptien du Caire. Photo : Alyssa Bivins, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 ; image non modifiée.

Un cran plus loin, Thomas Thompson (L'historicité des récits patriarcaux, 1974) et John Van Seters (Abraham dans l'histoire et la tradition, 1975) ont soutenu que les patriarches n'ont jamais existé : leurs récits seraient des fictions composées à l'époque monarchique ou exilique pour légitimer la possession de Canaan[132]. On allègue des anachronismes : les chameaux domestiqués, les Philistins de Guérar, les « Araméens », Édom déjà constitué[133].

Chacun de ces anachronismes supposés s'est affaibli à l'examen. Les chameaux : la Genèse n'en fait jamais des caravanes de commerce avant Joseph, et la domestication ponctuelle du dromadaire au IIe millénaire est attestée[134]. Les Philistins de Guérar : le texte les présente comme un petit royaume côtier du Bronze moyen, sans les chars de fer ni la pentapole de l'époque des Juges ; rien n'interdit une avant-garde égéenne précoce, et le titre « Abimélek » plaide pour une mémoire locale précise plutôt qu'une projection tardive[135]. Édom : Ésaü « père d'Édom » (Gn 36) n'exige pas un royaume constitué, seulement une parenté tribale dont les généalogies gardent le souvenir[136]. Surtout, l'argument du silence (« l'archéologie n'a pas trouvé Isaac ») ne prouve rien : l'archéologie ne trouve jamais les semi-nomades, qui ne bâtissent pas en pierre, et elle a confirmé tout ce qu'elle peut confirmer, le cadre : prix, dots, contrats, adoption par la servante, serments, dont les tablettes de Mari et de Nuzi offrent les parallèles au IIe millénaire[137]. Kenneth Kitchen (De la fiabilité de l'Ancien Testament, 2003) a systématisé la démonstration : les coutumes juridiques du cycle patriarcal s'ajustent au Bronze moyen et à lui seul, non à l'époque perse où l'on voudrait les faire naître[138]. Le Père Roland de Vaux, dominicain, membre de l'Académie des inscriptions, concluait de même dans son Histoire ancienne d'Israël (1971-1973) : le cadre patriarcal est historiquement consistant[139].

Deux témoins internes confirment l'ancienneté de la mémoire d'Isaac. Amos, au VIIIe siècle, appelle déjà le royaume du Nord « maison d'Isaac » (Am 7, 9) : le patriarche est alors un ancêtre national évident, non une invention récente[140]. Et la stèle de Mérenptah (vers 1207 av. J.-C.), qui nomme « Israël » parmi les peuples de Canaan, prouve l'ancienneté du peuple dont Isaac est le chaînon central, sans nommer Isaac lui-même, soyons précis[141].

Pourquoi la lecture traditionnelle reste défendable

Rien n'oblige donc le lecteur à choisir entre sa raison et sa foi. La Commission biblique pontificale, après 1906, a précisé la méthode catholique : accueillir tout ce que l'étude des genres littéraires et de l'histoire apporte de solide, sans jamais convertir une hypothèse en verdict ni sacrifier l'historicité de substance (L'interprétation de la Bible dans l'Église, 1993)[142]. Vatican II l'a scellé : les Écritures enseignent « sans erreur la vérité que Dieu a voulu voir consignée » (Dei Verbum, § 11), et les livres de l'Ancien Testament demeurent Parole de Dieu, préparation et figure du Nouveau (§§ 14-16)[143].

La position catholique tient en trois affirmations sobres. Un, le Pentateuque vient substantiellement de Moïse, avec les retouches et compléments que la tradition elle-même admettait déjà (la mort de Moïse racontée au dernier chapitre du Deutéronome)[144]. Deux, Isaac est une personne réelle du Bronze moyen, fils d'Abraham et père de Jacob, et les millésimes exacts restent libres : Ussher, Seder Olam et Septante divergent, l'ordre de grandeur converge[145]. Trois, le récit est raconté pour être cru et pour annoncer le Christ : l'historicité fonde la typologie, et la typologie accomplit l'histoire, sans que l'une dissolve l'autre[146]. Comme l'écrivait saint Augustin en refermant le dossier d'Isaac : tout, dans la bénédiction extorquée comme dans le sacrifice interrompu, s'est fait « par inspiration d'en haut » : et c'est pourquoi l'Église, vingt siècles plus tard, y reconnaît encore son Seigneur[147].

Pour aller plus loin

  • Abraham : le père des croyants, l'appel, l'alliance et le sacrifice du Moriah vu de son côté
  • Jacob : le fils d'Isaac, la bénédiction reçue, la lutte de Penuel et les douze tribus
  • Moïse : l'auteur reçu du Pentateuque, le buisson ardent et le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob
  • Joseph : le petit-fils d'Isaac, vendu puis élevé en Égypte
  • Adam et Ève : des origines à Babel, avant l'appel d'Abraham
  • David : le roi selon le cœur de Dieu, héritier de la promesse faite aux patriarches
  • Les figures du Christ dans l'Ancien Testament : l'Agneau, le Temple et la postérité bénie

Notes et références

Notes et références

  1. Concile de Trente, IVe session, décret sur les livres saints et les traditions, 8 avril 1546 : la Genèse figure au premier rang des livres reçus comme sacrés et canoniques.

    1
  2. La Genèse doit son titre grec, Genesis, à la traduction réalisée à Alexandrie au IIIe siècle av. J.-C. ; en hébreu, le livre s'appelle Bereshit, « Au commencement », son premier mot.

    2
  3. Après Gn 1 à 11 (les origines) et Gn 12 à 25 (Abraham), le cycle d'Isaac (Gn 21 à 28, puis 35) précède celui de Jacob et Joseph (Gn 29 à 50).

    3
  4. Gn 21 (naissance), Gn 22 (Moriah), Gn 23 (mort de Sara), Gn 24 (Rébecca), Gn 25 (les jumeaux), Gn 26 (Guérar), Gn 27 à 28 (bénédiction et départ de Jacob), Gn 35 (mort d'Isaac).

    4
  5. Huit chapitres, contre quatorze pour Abraham (Gn 12 à 25) et vingt-deux pour Jacob et Joseph réunis (Gn 29 à 50).

    5
  6. Gn 17, 17 ; Gn 18, 12 ; Gn 21, 6, traduction liturgique.

    6
  7. Saint Augustin, La Cité de Dieu, XVI, 31 : Isaac, né selon la promesse, tire son nom du rire de ses deux parents, le père riant d'admiration joyeuse, la mère d'abord incrédule puis comblée (texte consulté en anglais sur newadvent.org/fathers/120116.htm).

    7
  8. Tableau établi d'après la Bible de Jérusalem : Exode, Chroniques, Psaumes, Isaïe, Jérémie, Amos, Michée, Ben Sira, Maccabées, Matthieu, Luc, Actes, Romains, Galates, Hébreux, Jacques.

    8
  9. Ben Sira 44, 22, Bible de Jérusalem.

    9
  10. Rm 9 ; Ga 4 ; He 11 ; Jc 2 : voir les notes rm-9-8-9, ga-4-28, he-11-17-19 et jc-2-21-23.

    10
  11. Gn 21, 5 (Abraham père à cent ans) ; Gn 17, 17 (Sara mère à quatre-vingt-dix ans), traduction liturgique.

    11
  12. Gn 11, 30 ; Gn 18, 11 ; Rm 4, 19, traduction liturgique.

    12
  13. Gn 16, 16 (Ismaël naît quand Abraham a quatre-vingt-six ans) ; Ga 4, 22-23, traduction liturgique.

    13
  14. Gn 17, 15-19, traduction liturgique : Dieu lui-même impose à l'enfant le nom de Yitzhaq.

    14
  15. Gn 18, 10-15, traduction liturgique.

    15
  16. Gn 21, 6-7, traduction liturgique.

    16
  17. Gn 21, 8-10, traduction liturgique.

    17
  18. Gn 21, 12-13, traduction liturgique ; cf. Rm 9, 7.

    18
  19. Ga 4, 22-23, traduction liturgique.

    19
  20. Gn 22, 2, traduction liturgique. Le nom de Moriah ne réapparaît qu'une fois dans toute la Bible, en 2 Ch 3, 1.

    20
  21. Gn 22, 2, traduction liturgique.

    21
  22. Gn 22, 5, traduction liturgique.

    22
  23. Gn 22, 7-8, traduction liturgique.

    23
  24. Gn 22, 10-12, traduction liturgique.

    24
  25. Gn 22, 13-14, traduction liturgique.

    25
  26. Gn 22, 15-18, traduction liturgique : seul serment divin de tout le cycle patriarcal.

    26
  27. Talmud de Babylone, Meguilla 31a : la Aqedah (Gn 22) se lit au second jour de Roch Hachana.

    27
  28. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, I, XIII, 2 (traduction Whiston) : Isaac, âgé de vingt-cinq ans, consent librement au sacrifice.

    28
  29. He 11, 17-19, traduction liturgique.

    29
  30. Jc 2, 21-23, traduction liturgique.

    30
  31. Rm 4 (la foi qui saisit la promesse) et Jc 2 (la foi achevée dans l'obéissance) portent sur deux moments distincts du même itinéraire.

    31
  32. Gn 23, traduction liturgique : achat à Éphron le Hittite pour quatre cents sicles d'argent.

    32
  33. Gn 24, 1-4, traduction liturgique.

    33
  34. Saint Augustin, La Cité de Dieu, XVI, 33 : le serment « la main sous la cuisse » annonce que le Seigneur viendrait dans la chair issue de cette lignée (newadvent.org/fathers/120116.htm).

    34
  35. Gn 24, 10-28, traduction liturgique.

    35
  36. Gn 25, 20 (mariage à quarante ans) ; Sara morte à cent vingt-sept ans (Gn 23, 1), trois ans plus tôt.

    36
  37. Gn 24, 67, traduction liturgique.

    37
  38. Saint Augustin, La Cité de Dieu, XVI, 36 : Isaac « se contenta des jumeaux nés d'un seul enfantement », sans qu'il faille le préférer à Abraham, dont la foi et l'obéissance furent plus grandes (newadvent.org/fathers/120116.htm).

    38
  39. Gn 26 : famine et oracle (1-6), Rébecca prise pour la sœur (7-11), richesse et jalousie (12-16), querelle des puits (17-22), théophanie de Bersabée (23-25), alliance (26-33).

    39
  40. Gn 26, 2-5, traduction liturgique.

    40
  41. Gn 26, 6-11 ; cf. Gn 12, 10-20 et Gn 20, traduction liturgique.

    41
  42. Voir ci-dessous la section « L'hypothèse documentaire », notes wellhausen, doublets-ecole et wenham-composition.

    42
  43. Gn 26, 12-16, traduction liturgique.

    43
  44. Gn 26, 17-22, traduction liturgique : Ések (« contestation »), Sitna (« opposition »), Rehoboth (« le large »).

    44
  45. Gn 26, 23-25, traduction liturgique.

    45
  46. Gn 26, 26-33, traduction liturgique. « Bersabée » signifie « le puits du serment ».

    46
  47. Lecture constante des Pères : Isaac préfigure la douceur évangélique (Mt 5, 5) ; cf. Augustin, Cité de Dieu, XVI, 36-37.

    47
  48. Gn 25, 20-21.26, traduction liturgique : quarante ans au mariage, soixante à la naissance des jumeaux, soit vingt ans d'attente.

    48
  49. Gn 25, 23, traduction liturgique.

    49
  50. Gn 25, 24-28, traduction liturgique.

    50
  51. Gn 25, 29-34, traduction liturgique ; cf. He 12, 16 (« pour un seul plat, il céda son droit d'aînesse »).

    51
  52. Saint Augustin, La Cité de Dieu, XVI, 35 : l'oracle des jumeaux, rapproché de Rm 9, 11-13, montre que le choix de Dieu précède tout mérite (newadvent.org/fathers/120116.htm).

    52
  53. Gn 27, 1-29 (paroles : 27, 27-29), traduction liturgique.

    53
  54. Gn 27, 30-33, traduction liturgique : « Je l'ai béni, et béni il restera ».

    54
  55. Gn 27, 38-40, traduction liturgique : bénédiction seconde, épée, servitude et bris du joug.

    55
  56. Saint Augustin, La Cité de Dieu, XVI, 37 : la bénédiction d'Isaac, rosée du ciel, froment et vin, est une proclamation du Christ à toutes les nations, accomplie par inspiration d'en haut (newadvent.org/fathers/120116.htm).

    56
  57. Gn 27, 41 à 28, 5, traduction liturgique : fuite chez Laban et transmission solennelle de la « bénédiction d'Abraham ».

    57
  58. Gn 28, 6-9, traduction liturgique : Ésaü épouse Mahalath, fille d'Ismaël, par-dessus ses autres femmes.

    58
  59. Gn 33 (rencontre de Penuel) ; Gn 35, 29 (Ésaü et Jacob ensevelissent ensemble leur père).

    59
  60. Gn 35, 27-29, traduction liturgique : mort à Mambré-Hébron, à cent quatre-vingts ans.

    60
  61. Gn 49, 29-31 (dernières volontés de Jacob) ; cf. Gn 25, 9 (Abraham) et Jos 24, 32 (ossements de Joseph à Sichem).

    61
  62. La caverne de Macpéla, à Hébron, demeure un lieu identifié et vénéré : la foi d'Israël possède un tombeau.

    62
  63. Talmud de Babylone, Baba Bathra 14b-15a : Moïse écrivit « son livre » (le Pentateuque), la section de Balaam et le livre de Job.

    63
  64. Flavius Josèphe, Contre Apion, I : vingt-deux livres divins, dont cinq de Moïse, reçus sans qu'on ose y ajouter ni en retrancher.

    64
  65. Philon d'Alexandrie, De Abrahamo : Abraham (et son fils Isaac) présentés au monde grec comme modèles du sage.

    65
  66. Saint Augustin, La Cité de Dieu, XV à XVII : l'histoire sainte d'Adam à David, Moïse tenu pour l'auteur du Pentateuque.

    66
  67. Commission biblique pontificale, De Mosaica authentia Pentateuchi, 27 juin 1906 : l'authenticité mosaïque substantielle du Pentateuque est maintenue.

    67
  68. Pie XII, encyclique Divino Afflante Spiritu, 30 septembre 1943 : étude des genres littéraires, inspiration intégrale et historicité de substance maintenues.

    68
  69. Concile Vatican II, constitution Dei Verbum, 18 novembre 1965, § 11 (inerrance) et §§ 14-16 (valeur permanente de l'Ancien Testament).

    69
  70. Catéchisme de l'Église catholique, §§ 59-60 : Dieu choisit Abraham ; Israël, dépositaire de la promesse faite aux patriarches.

    70
  71. Ex 17, 14 ; Ex 24, 4 ; Nb 33, 2 ; Dt 31, 9, traduction liturgique : Moïse met par écrit.

    71
  72. Mc 12, 26 (« le livre de Moïse ») ; Jn 5, 46 (« c'est de moi que Moïse a écrit ») ; Ac 7, 2-8, traduction liturgique.

    72
  73. César (Guerre des Gaules) et Josèphe parlent d'eux-mêmes à la troisième personne ; Dt 34 (mort de Moïse) est attribué à Josué par la tradition rabbinique.

    73
  74. Archives de Mari (XVIIIe siècle) et tablettes de Nuzi (XVe-XIVe siècle) : dots, adoptions par la servante, serments ; cf. notes kitchen-2003 et devaux-histoire.

    74
  75. Synthèse des trois computations et des âges bibliques : Gn 21, 5 ; Gn 25, 7.20.26 ; Gn 35, 28.

    75
  76. James Ussher, Annales Veteris Testamenti, Londres, 1650-1654 : création en 4004, Abraham en 1996, Isaac de 1896 à 1716 av. J.-C.

    76
  77. Seder Olam Rabba, chap. 1 (chronique rabbinique, IIe siècle) : 1948 ans d'Adam à Abraham, Isaac l'an 2048 puis 2228.

    77
  78. Septante, Gn 5 et 11 : chiffres allongés par rapport à l'hébreu massorétique.

    78
  79. Saint Augustin, La Cité de Dieu, XVI, 33-34 : quarante ans au mariage (cent quarantième année d'Abraham), soixante-quinze ans à la mort de son père (newadvent.org/fathers/120116.htm).

    79
  80. Aucun millésime n'est dogmatisé par l'Église : l'ordre de grandeur (Bronze moyen) et la cohérence interne sont reçus.

    80
  81. Traduction du Pentateuque à Alexandrie au IIIe siècle av. J.-C. (tradition de la Lettre d'Aristée) : le cycle d'Isaac circule déjà sous forme achevée.

    81
  82. Le titre grec Genesis, conservé par la Vulgate latine puis les Bibles modernes.

    82
  83. Allongements chiffrés de la Septante en Gn 5 et 11 : les nombres sont reçus comme une chronologie à scruter.

    83
  84. Livre des Jubilés, ch. 16 (naissance), ch. 17-18 (sacrifice, ange Mastema), ch. 36 (mort à cent quatre-vingts ans), IIe siècle av. J.-C.

    84
  85. 4Q225 (dit Pseudo-Jubilés, fragments araméens) : épreuve du Moriah ; 1QapGen (Apocryphe de la Genèse, IIe-Ier siècle) : cycle d'Abraham.

    85
  86. Testament d'Isaac, cycle copte des trois patriarches (Abraham, Isaac, Jacob), Antiquité tardive : adieux du patriarche mourant.

    86
  87. Philon, De Abrahamo : voir note philon-abrahamo.

    87
  88. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, I (vers 93-94) : naissance, sacrifice, mariage, puits et bénédiction d'Isaac.

    88
  89. Josèphe écrit en historien pour des lecteurs romains, sans allégoriser le cycle patriarcal.

    89
  90. Mt 22, 32 ; Ac 7, 8 ; Rm 9, 7-13 ; Ga 4, 28, traduction liturgique.

    90
  91. Mt 1, 2 ; Lc 3, 34 (généalogies) ; Jc 2, 21-23 (justification par les œuvres).

    91
  92. Sara, Rébecca (Gn 25, 21), Rachel (Gn 29, 31), Anne (1 S 1), Élisabeth (Lc 1, 7), jusqu'à Marie (Lc 1, 34-35).

    92
  93. Jn 1, 13, traduction liturgique.

    93
  94. Rm 9, 8-9, traduction liturgique.

    94
  95. Ga 4, 28-29, traduction liturgique.

    95
  96. L'Église, peuple de la promesse et non du sang : Rm 9, 6-8 ; Ga 3, 7.29, traduction liturgique.

    96
  97. Gn 26, 17-22 (puits abandonnés sans combat) ; Gn 26, 26-33 (Abimélek vient demander alliance).

    97
  98. Mt 5, 5 (les doux posséderont la terre) ; Is 53, 7 (l'agneau muet), accompli en Mt 26-27.

    98
  99. Gn 26, 24, traduction liturgique.

    99
  100. Ex 3, 6.15 ; Mt 22, 32, traduction liturgique : « le Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob ».

    100
  101. Mt 22, 31-32, traduction liturgique : Dieu « n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants ».

    101
  102. Si 44, 22, Bible de Jérusalem : voir note si-44-22.

    102
  103. He 11, 17-20 ; Ga 4, 28 ; Jc 2, 21-23 ; Augustin, Cité de Dieu, XVI, 31-37, traduction liturgique.

    103
  104. Gn 22, 2 et Jn 3, 16 ; Gn 22, 6 et Jn 19, 17, traduction liturgique.

    104
  105. Texte original anglais (trad. Dods, éd. Schaff, newadvent.org/fathers/120116.htm, livre XVI, ch. 32) : « Moreover, Isaac carrying the wood... For Christ... carried His own cross... And the ram... caught by the horns in the thicket... to whom can we compare this but to Jesus crowned with Jewish thorns before He was offered up in sacrifice ? » ; traduction française de l'article.

    105
  106. Origène, Homélies sur la Genèse, VIII (sur Gn 22), éd. L. Doutreleau, Sources Chrétiennes 7bis, Cerf, 1977.

    106
  107. Isaac épargné (Gn 22, 12) ; le Christ non épargné (Rm 8, 32 : « Dieu n'a pas épargné son propre Fils »).

    107
  108. Gn 22, 4, traduction liturgique : « le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit le lieu de loin ».

    108
  109. He 11, 19 (« en parabole »), traduction liturgique ; voir note he-11-17-19.

    109
  110. 1 Co 15, 3-4, traduction liturgique : « ressuscité le troisième jour, selon les Écritures ».

    110
  111. 2 Ch 3, 1, traduction liturgique : Salomon bâtit la maison du Seigneur « sur le mont Moriah ».

    111
  112. Jn 2, 19-21, traduction liturgique : « le sanctuaire dont il parlait, c'était son corps ».

    112
  113. Gn 22, 15-18, traduction liturgique ; voir note serment-moriah.

    113
  114. Ac 3, 25-26, traduction liturgique : Pierre applique Gn 22, 18 à Jésus ressuscité.

    114
  115. Ac 3, 25-26, traduction liturgique.

    115
  116. Ga 3, 8.14-16, traduction liturgique : la « postérité » au singulier, c'est le Christ.

    116
  117. Ga 3, 29, traduction liturgique : « si vous êtes au Christ, vous êtes la descendance d'Abraham ».

    117
  118. Missel romain, Vigile pascale : Gn 22 parmi les lectures de l'Ancien Testament (deuxième lecture).

    118
  119. Talmud de Babylone, Meguilla 31a ; le shofar rappelle le bélier du Moriah.

    119
  120. Calendrier byzantin : dimanche des saints Ancêtres, deux dimanches avant la Nativité.

    120
  121. Rituale Romanum, De sacramento matrimonii (« Deus Abraham, Deus Isaac, et Deus Jacob sit vobiscum ») ; Catholic Encyclopedia (1907-1912), article « Abraham », section liturgie (newadvent.org/cathen/01051a.htm).

    121
  122. Isaac, époux d'une seule épouse : Gn 24, 67 ; Augustin, Cité de Dieu, XVI, 36.

    122
  123. Julius Wellhausen, Prolegomena zur Geschichte Israels, Berlin, 1878 : quatre sources (J, E, D, P) du Xe au Ve siècle.

    123
  124. Gn 12, 10-20 ; Gn 20 ; Gn 26, 6-11, traduction liturgique.

    124
  125. Hermann Gunkel, Genesis übersetzt und erklärt, Göttingen, 1901 : les récits patriarcaux comme « sagas » populaires.

    125
  126. L'exclusion méthodologique du surnaturel fonctionne comme présupposé, non comme résultat démontré.

    126
  127. Les sources sont datées par leur théologie supposée, puis cette datation prouve l'évolution de la théologie.

    127
  128. Umberto Cassuto, Commentary on the Book of Genesis, Magnes Press, Jérusalem, 1961-1964 : les noms divins suivent le propos théologique.

    128
  129. Pharaon en Égypte contre Abimélek à Guérar ; dots, troupeaux et famines distincts ; voir notes femme-soeur et richesse-jalousie.

    129
  130. « Abimélek » : « mon père est roi » ; titre dynastique, comme « Pharaon » (Égypte) et « Agag » (1 S 15, 8).

    130
  131. Gordon Wenham, Genesis 16-50, Word Biblical Commentary, 1994 : les trois récits forment une composition littéraire progressive.

    131
  132. Thomas Thompson, The Historicity of the Patriarchal Narratives, de Gruyter, 1974 ; John Van Seters, Abraham in History and Tradition, Yale, 1975.

    132
  133. Chameaux domestiqués, Philistins, Araméens, Édom constitué : voir les quatre notes suivantes.

    133
  134. Gn 24 (dot de Rébecca) et Gn 37 (caravane ismaélite) : usages ponctuels, jamais de commerce caravanier avant Joseph.

    134
  135. Gn 26 : petit royaume de Guérar sans pentapole ni fer ; le titre « Abimélek » plaide pour une mémoire locale précise.

    135
  136. Gn 36 : Ésaü « père d'Édom » suppose une parenté tribale, non un royaume constitué.

    136
  137. Les semi-nomades ne laissent pas de ruines ; Mari et Nuzi confirment le cadre juridique (voir note coutumes-anciennes).

    137
  138. Kenneth Kitchen, On the Reliability of the Old Testament, Eerdmans, 2003 : les coutumes juridiques du cycle s'ajustent au Bronze moyen.

    138
  139. Roland de Vaux, Histoire ancienne d'Israël, Gabalda, 1971-1973 : consistance historique du cadre patriarcal.

    139
  140. Am 7, 9.16 (« maison d'Isaac »), VIIIe siècle av. J.-C., traduction liturgique.

    140
  141. Stèle de Mérenptah, vers 1207 av. J.-C. (Musée égyptien du Caire) : « Israël » parmi les peuples de Canaan ; Isaac n'y est pas nommé.

    141
  142. Commission biblique pontificale, L'interprétation de la Bible dans l'Église, 1993 : méthodes historiques accueillies, historicité de substance maintenue.

    142
  143. Dei Verbum, §§ 11 et 14-16 ; voir note dei-verbum.

    143
  144. Pentateuque substantiellement mosaïque, retouches admises (Dt 34) ; voir notes baba-bathra, cbp-1906 et troisieme-personne.

    144
  145. Ussher (1896-1716), Seder Olam (an 2048-2228), Septante (chiffres allongés) ; voir notes ussher-isaac, seder-olam, septante-chrono.

    145
  146. L'historicité fonde la figure (He 11, 17-19) ; la figure accomplit l'histoire (Ga 4, 28).

    146
  147. Saint Augustin, La Cité de Dieu, XVI, 37 : la bénédiction confirmée montre que tout s'est fait « par inspiration d'en haut » (newadvent.org/fathers/120116.htm).

    147