La virginité perpétuelle de Marie

Marie est demeurée vierge avant, pendant et après la naissance de Jésus. Ce dogme catholique, tenu par l'Église ancienne et maintenu jusque par Luther, Calvin et Zwingli, répond par l'histoire et la philologie à l'objection des « frères de Jésus ».

Ignispedia

La virginité perpétuelle de Marie est l'un des quatre dogmes mariaux professés par l'Église catholique, avec la maternité divine (Concile d'Éphèse 431), l'Immaculée Conception (Pie IX, 1854) et l'Assomption (Pie XII, 1950). Selon la formule classique, Marie est demeurée vierge avant, pendant et après l'enfantement de Jésus (virgo ante partum, in partu et post partum). Le terme grec consacré par la tradition est aei parthenos (« toujours vierge »).

Cette doctrine, professée par l'Église catholique et l'Église orthodoxe depuis l'époque patristique, a été maintenue intégralement par les trois principaux Réformateurs (Luther, Calvin, Zwingli). Contestée dès le IVᵉ siècle (Helvidius vers 383, Antidicomarianites réfutés par Épiphane), elle n'est plus remise en cause, à l'époque moderne, que par une partie du protestantisme. Comme le note Matthieu Lavagna dans Soyez rationnel, devenez catholique ! (MDN Productions, 2023) :

« Le dogme de la virginité perpétuelle a été professé unanimement par les chrétiens à travers les siècles. Même les réformateurs protestants (Luther, Calvin et Zwingli) n'ont jamais remis en cause cette thèse. » — Matthieu Lavagna, Soyez rationnel, devenez catholique !, MDN Productions, 2023, p. 361[1]

La formule dogmatique : virgo ante partum, in partu et post partum

L'Église confesse trois moments distincts de la virginité de Marie :

Infographie originale Ignispedia créée par IA — les trois moments du dogme marial : ante partum, in partu et post partum.
  • Virginité ante partum (avant l'enfantement) — Marie a conçu Jésus virginalement, par l'opération du Saint-Esprit (Lc 1, 35), sans intervention masculine. C'est le point sur lequel s'accordent tous les chrétiens qui reçoivent le témoignage des Évangiles de l'enfance, protestants évangéliques compris, car il y est explicitement attesté (Mt 1, 18-25 ; Lc 1, 26-38).

  • Virginité in partu (pendant l'enfantement) — Marie a enfanté Jésus sans corruption de son intégrité virginale ; sa naissance a été « miraculeuse » et préservatrice de la virginité corporelle, comme l'enseigne le concile du Latran de 649 (Denzinger § 503) et le Catéchisme § 499.

  • Virginité post partum (après l'enfantement) — Marie n'a pas eu d'autres enfants après Jésus, et n'a pas connu Joseph charnellement par la suite. C'est ici que se concentrent les objections protestantes contemporaines.

Fondements scripturaires

Matthieu 1, 25 — l'analyse du heōs hou

Infographie originale Ignispedia créée par IA — quatre figures bibliques lues par les Pères comme annonçant Marie toujours vierge : porte fermée, jardin clos, buisson ardent et arche d'alliance.

Le verset le plus discuté est Matthieu 1, 25 :

« Mais [Joseph] ne la connut point jusqu'à ce qu'elle eût enfanté un fils, et il lui donna le nom de Jésus. » — Matthieu 1, 25 (Bible Crampon)

L'objection protestante consiste à conclure : « Joseph ne la connut pas jusqu'à... donc il la connut après. » L'exégèse catholique répond par l'analyse philologique. Le grec porte :

« καὶ οὐκ ἐγίνωσκεν αὐτὴν ἕως οὗ ἔτεκεν υἱόν » (« kai ouk eginōsken autēn heōs hou eteken huion »)

Infographie originale Ignispedia créée par IA — le heōs hou de Matthieu 1,25 indique l'état avant la naissance sans annoncer le contraire après.

La particule grecque heōs hou (« jusqu'à ce que ») n'implique pas nécessairement un changement d'état après l'événement mentionné — elle décrit seulement l'état antérieur[2]. Des exemples scripturaires identiques confirment cette polysémie :

  • 2 Samuel 6, 23 : « Mikhal, fille de Saül, n'eut pas d'enfant jusqu'à sa mort » — Mikhal n'a évidemment pas eu d'enfant après sa mort
  • Matthieu 28, 20 : « Je suis avec vous jusqu'à la fin du monde » — Jésus ne cesse évidemment pas d'être avec son Église après la fin du monde
  • Genèse 8, 7 : « [Noé] lâcha le corbeau, qui sortit, allant et revenant, jusqu'à ce que les eaux fussent séchées au-dessus de la terre » (Bible Crampon) — le corbeau va et vient pendant toute la période décrite, sans que le texte dise ce qui suit

Le sens grammatical est donc : « Joseph s'est abstenu de toute relation avec Marie pendant la grossesse miraculeuse » — sans information sur la suite.

Le « fils premier-né » (Lc 2, 7) implique-t-il d'autres enfants ?

Une seconde objection scripturaire s'appuie sur Luc 2, 7 — « elle mit au monde son fils premier-né » — et sur la leçon longue de Matthieu 1, 25. Si Jésus est « premier-né » (en grec prōtotokos), n'est-ce pas qu'un cadet a suivi ?

L'argument repose sur un contresens juridique. Dans la Loi de Moïse, premier-né n'est pas une donnée statistique sur la fratrie : c'est un statut sacré, défini par la formule « tout premier-né, tout ce qui ouvre le sein maternel » (Ex 13, 2 ; cf. Nb 3, 12-13). L'enfant qui « ouvre le sein » est consacré à Dieu et soumis au rachat (pidyon ha-ben) dès son premier mois — donc avant qu'une éventuelle naissance ultérieure soit même concevable. C'est précisément ce rite que Luc rapporte pour Jésus : « comme il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur » (Lc 2, 22-23). Le titre désigne le premier enfant, qu'il ait ou non des cadets[3].

Le titre de prōtotokos donné à Jésus est donc exactement celui qu'attend la Loi pour l'enfant consacré présenté au Temple : loin de contredire la virginité perpétuelle, il la confirme dans l'ordre du rite.

Luc 1, 34 — le vœu de virginité de Marie

À l'Annonciation, lorsque l'ange Gabriel annonce qu'elle enfantera un fils, Marie répond :

« Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme ? » — Luc 1, 34 (Bible Crampon)

Or Marie est déjà fiancée à Joseph (Lc 1, 27). Une fiancée juive, dans le contexte du Iᵉʳ siècle, savait parfaitement comment naissent les enfants. Sa question n'a de sens que si elle a un vœu de virginité antérieur à son mariage — engagement de chasteté que Joseph aurait accepté, et qui n'aurait été défait ni par les fiançailles ni par les noces. L'exégèse patristique — saint Augustin (De sancta virginitate IV, 4), saint Grégoire de Nysse (De virginitate 14) — interprète cette parole comme révélant un vœu de virginité présent et perpétuel[4].

Ézéchiel 44, 1-3 — la porte fermée à jamais

La typologie mariale lit dans Ézéchiel 44, 1-3 une figure prophétique :

« Le Seigneur me ramena à la porte extérieure du sanctuaire, à celle qui regarde l'orient. Elle était fermée. Et le Seigneur me dit : "Cette porte sera fermée ; elle ne sera point ouverte, et personne n'entrera par elle, car le Seigneur, le Dieu d'Israël, est entré par là, et elle sera fermée." » — Ézéchiel 44, 1-3[5]

La tradition chrétienne lit dans cette porte close — par laquelle seul le Seigneur peut passer — la figure du corps virginal de Marie, traversé par le Verbe incarné sans atteinte à l'intégrité.

Cantique 4, 12 — le jardin clos et la fontaine scellée

« Tu es un jardin clos, ma sœur fiancée, une source fermée, une fontaine scellée. » — Cantique des Cantiques 4, 12[6]

La liturgie mariale catholique applique depuis le IIIᵉ siècle (Origène, Homélies sur le Cantique) ces images au corps virginal de Marie, jardin clos d'où jaillit la fontaine du Verbe.

L'objection des « frères de Jésus »

Le problème textuel

Infographie originale Ignispedia créée par IA — trois indices convergents contre l'identification automatique des « frères » de Jésus à des enfants biologiques de Marie.

Trois passages du Nouveau Testament mentionnent les « frères » (en grec adelphoi) de Jésus :

  • Matthieu 13, 55-56 : « N'est-il pas le fils du charpentier ? Sa mère ne s'appelle-t-elle pas Marie ? Et ses frères Jacques, Joseph, Simon et Jude ? Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes parmi nous ? »
  • Marc 6, 3 : « N'est-il pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Et ses sœurs ne sont-elles pas ici parmi nous ? »
  • Galates 1, 19 : « Je ne vis pas d'autre apôtre, sinon Jacques, le frère du Seigneur. »

Les protestants évangéliques en concluent que Marie a eu d'autres enfants après Jésus. L'Église catholique répond par trois arguments convergents.

Argument philologique : adelphos en sémantique sémitique

L'hébreu et l'araméen — langues maternelles de Jésus et des apôtres — n'ont pas de mot distinct pour « cousin ». Le terme aḥim (frère) désigne aussi bien le frère germain que le demi-frère, le cousin, le neveu ou le parent proche[7]. Quand le Nouveau Testament en grec utilise adelphos, il calque ce trait sémitique.

Exemple décisif : Genèse 13, 8 utilise adelphoi (LXX) pour désigner Abraham et Lot, qui est son neveu :

« Abraham dit à Lot : "Qu'il n'y ait point, je te prie, de querelle entre moi et toi, ni entre mes bergers et tes bergers, car nous sommes frères [adelphoi]." » — Genèse 13, 8 (LXX)

Le Nouveau Testament reproduit cet usage. La langue grecque dispose pourtant du mot anepsios (cousin, utilisé en Col 4, 10 pour Marc cousin de Barnabas), mais les évangélistes — qui traduisent du sémitique — gardent adelphos dans le sens élargi.

Marie de Cléophas, mère des « frères »

Le rapprochement de quatre versets identifie nommément les « frères » de Jésus comme fils d'une autre Marie. Lus ensemble, ils forment une chaîne d'identification serrée :

RéférenceCe que dit le texteCe qu'elle établit
Matthieu 13, 55« ses frères Jacques, Joseph, Simon et Jude »Nomme les quatre « frères » de Jésus
Matthieu 27, 56« Marie, mère de Jacques et de Joseph »Jacques et Joseph ont pour mère une autre Marie
Matthieu 28, 1« Marie de Magdala et l'autre Marie »Distingue cette Marie de la Vierge
Jean 19, 25« la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas »Cette Marie est « sœur » (parente) de la Vierge

Marie « femme de Cléophas » est donc la mère de Jacques et de Joseph (les « frères » de Jésus), et elle est désignée comme « sœur » de la Vierge Marie — au sens sémitique élargi (probablement belle-sœur ou cousine).

L'historien ecclésiastique Hégésippe (vers 110-180), témoin du IIᵉ siècle, est cité par Eusèbe de Césarée dans son Histoire ecclésiastique III, 11 (vers 313) :

« Hégésippe raconte que Cléophas était frère de Joseph. » — Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique III, 11, 2 (vers 313)[8]

Cléophas étant le frère de saint Joseph, ses fils sont donc cousins de Jésus au sens occidental, mais légitimement appelés « frères » en sémitique.

Argument du confiement à Jean (Jean 19, 26-27)

Au pied de la croix, Jésus mourant confie sa mère à l'apôtre Jean :

« Jésus, voyant sa mère, et près d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : "Femme, voici votre fils." Puis il dit au disciple : "Voici votre mère." Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. » — Jean 19, 26-27

Si Jésus avait eu des frères germains, ce geste serait incompréhensible. La loi juive faisait obligation aux frères de prendre en charge leur mère veuve. Jésus aurait violé une coutume sacrée d'Israël en confiant Marie à un étranger plutôt qu'à ses frères biologiques. Comme l'écrit Lavagna :

« Sur la croix, Jésus ordonne donc à Jean de prendre soin de Marie. C'eût été impensable si Marie avait eu d'autres enfants, car ce sont eux qui, selon la coutume juive, auraient pris leur mère en charge. Pourquoi Jésus aurait-il confié Marie à saint Jean avant de mourir ? Chez les Hébreux, des fils n'auraient jamais abandonné leur mère ainsi ! Nous n'avons aucune raison de penser que Jésus aurait rompu avec cette tradition. » — Matthieu Lavagna, op. cit., p. 362[9]

Cet argument fut adopté par Luther lui-même dans ses Sermons sur Jean (1539, voir infra).

Témoignages patristiques

L'Église des premiers siècles confesse la virginité perpétuelle. Hormis Tertullien (qui, dans son De carne Christi, 23, nie la virginité in partu par souci anti-docète), aucun Père ne la conteste.

Origène — Commentaire sur Jean (vers 248)

Le grand exégète alexandrin Origène (vers 185-253) écrit :

« Car si Marie, ainsi que le déclarent ceux qui célèbrent légitimement ses louanges, n'eut pas d'autre fils que Jésus alors que Celui-ci dit à Sa mère : "Femme, voici ton fils" et non pas : "Voici cet autre fils", alors Jésus dit virtuellement à Marie : "Voici Jésus que tu as porté". » — Origène, Commentaire sur l'Évangile de Jean, livre I, § 6 (vers 248)[10]

Saint Hilaire de Poitiers — Commentaire sur Matthieu (vers 355)

Hilaire (315-367), évêque de Poitiers et docteur de l'Église, formule l'argument du confiement à Jean :

« S'ils [les "frères du Seigneur"] avaient été les fils de Marie et non ceux du précédent mariage de Joseph, elle n'aurait jamais été confiée au moment de la Passion à l'apôtre Jean comme sa mère, le Seigneur disant à chacun : "Femme, voici ton fils", et à Jean : "Voici ta mère" — au moment où il léguait l'amour filial à un disciple comme consolation de sa désolation. » — Saint Hilaire de Poitiers, Commentaire sur Matthieu 1, 1 (vers 355)[11]

Saint Basile le Grand — Homélie sur la Nativité du Christ (attribuée, vers 375)

« Ceux qui aiment le Christ n'admettent pas d'entendre dire que la Mère de Dieu ait cessé d'être vierge à quelque moment que ce soit. » — Homélie In Sanctam Christi Generationem, attribuée à saint Basile le Grand, § 5 (vers 375)[12]

Saint Ambroise de Milan — Lettre 63 aux chrétiens de Verceil (vers 396)

« Imitez, saintes mères, celle qui, dans son fils unique, donna un aussi grand exemple de la vertu maternelle ; car vous n'avez pas d'enfants plus agréables et la Vierge n'a pas non plus recherché la consolation de pouvoir porter un autre fils. » — Saint Ambroise de Milan, Lettre 63, § 111, à l'Église de Verceil (vers 396)[13]

Saint Jérôme — De perpetua virginitate beatae Mariae adversus Helvidium (383)

Infographie originale Ignispedia créée par IA — continuité du consensus patristique et maintien du dogme chez les principaux Réformateurs.

L'ouvrage de référence patristique est dû à saint Jérôme (vers 347-420), traducteur de la Vulgate. Vers 383, l'hérétique laïque Helvidius publie à Rome un opuscule contestant la virginité post partum — soutenant que les « frères de Jésus » étaient des enfants de Marie. Jérôme lui répond par un traité au titre lapidaire : De perpetua virginitate beatae Mariae adversus Helvidium (« De la perpétuelle virginité de la bienheureuse Marie contre Helvidius »)[14].

Jérôme y développe trois arguments principaux :

  1. Adelphos en grec néotestamentaire calque le sémite aḥ — donc inclut cousin
  2. Joseph est le gardien légal, non le mari biologique de Marie
  3. Les « frères » nommés en Mt 13, 55 sont fils de Marie de Cléophas

Le traité est édité par Migne, Patrologia Latina 23, col. 183-206. Il restera la référence classique de toute la tradition latine jusqu'à Vatican II.

Saint Épiphane de Salamine — Panarion 78 (vers 376)

Épiphane (315-403), évêque de Salamine en Chypre, consacre le livre 78 de son Panarion (« la boîte à pharmacie », encyclopédie hérésiologique) à réfuter les Antidicomarianites — qui niaient la virginité post partum. Saint Augustin résume cette hérésie ainsi :

« Les hérétiques nommés Antidicomarianites sont ceux qui contredisent la perpétuelle virginité de Marie et affirment qu'après que le Christ soit né, elle s'unit à son époux. » — Saint Augustin, Des hérésies 56 (vers 428)[15]

Saint Augustin — Sermon 186 (vers 411)

La formule synthétique de la tradition latine est due à Augustin :

« Virgo concipiens, virgo pariens, virgo gravida, virgo feta, virgo perpetua. » (« Vierge en concevant, vierge en enfantant, vierge en portant, vierge en nourrissant, vierge à jamais. ») — Saint Augustin, Sermon 186, § 1 (vers 411-417, PL 38, 999)[16]

Saint Cyrille d'Alexandrie — Contre ceux qui ne veulent pas confesser que la Sainte Vierge est Mère de Dieu (vers 430)

« Le Verbe lui-même, en s'incarnant dans le sein de la Bienheureuse Vierge Marie, a acquis Son propre temple à partir de la substance de la Vierge dont est issu un homme dans son apparence pendant qu'intérieurement Il était le vrai Dieu. Par conséquent, Il a préservé la virginité de sa mère, même après l'enfantement. » — Saint Cyrille d'Alexandrie, Contra eos qui Theotocon nolunt confiteri, § 4 (vers 430)[17]

Saint Jean Damascène — Deuxième homélie sur la Dormition (VIIIᵉ siècle)

Le dernier des Pères grecs, Jean Damascène (vers 676-749), confesse dans sa Deuxième homélie sur la Dormition de la Mère de Dieu (texte grec : Patrologia Graeca 96 ; trad. fr. P. Voulet, Sources Chrétiennes n° 80) la virginité perpétuelle centrée sur le titre aei parthenos :

« Il fallait que Celle qui avait conservé sans tache sa virginité dans l'enfantement, conservât son corps sans corruption même après la mort. » — Saint Jean Damascène, Homélie sur la Dormition[18]

Le consensus oublié des Réformateurs

Fait historique peu connu : les trois Réformateurs majeurs — Luther, Calvin, Zwingli — ont maintenu sans la moindre hésitation la virginité perpétuelle de Marie. Comme l'observe Lavagna :

« Est-il vraiment rationnel de penser que l'Esprit Saint ait pu laisser son Église dans un tel égarement pendant dix-neuf siècles ? Nous ne le pensons pas. Si les protestants désirent se rapprocher de ce en quoi croyaient les premiers chrétiens, ils devraient eux aussi adhérer à cette doctrine, ce que firent d'ailleurs leurs propres réformateurs. » — Matthieu Lavagna, op. cit., p. 365[19]

L'objection la plus sérieuse vient de l'exégèse historico-critique : le prêtre catholique John P. Meier, après un examen détaillé des passages sur les « frères » de Jésus, conclut que « l'opinion la plus probable est que les frères et sœurs de Jésus étaient de vrais frères et sœurs »[20]. C'est à cette lecture au sens obvie — et non à une caricature — que répondent les trois arguments exposés plus haut (sémantique sémitique élargie, Marie de Cléophas, confiement à Jean).

Martin Luther — Sermons sur Jean (1539)

Dans ses Sermons sur l'Évangile de Jean, chap. I à IV (1539, WA 46), Luther affirme sans ambiguïté :

« Christ, notre Sauveur, est le fruit réel et naturel du sein virginal de Marie. Cela fut sans la coopération d'un homme, et elle resta vierge après cela. [...] Christ fut le seul fils de Marie, et la Vierge Marie ne porta pas d'enfant en dehors de Lui. [...] Je suis incliné à m'accorder avec ceux qui déclarent que "frères" signifie ici réellement "cousins", pour l'Écriture Sainte et les Juifs appellent toujours cousins les frères. » — Martin Luther, Sermons sur Jean, chap. I-IV, 1539 (WA 46, 663)[21]

Et dans son Sermon de Noël 1532 :

« C'est avec certitude la croyance commune des chrétiens que Marie est demeurée vierge après la naissance de Jésus. » — Martin Luther, Sermon de Noël, WA 11, 320 (1532)[22]

Ulrich Zwingli — Eine Predigt von der ewig reinen Magd Maria (septembre 1522)

Le réformateur de Zurich consacre un sermon entier à la virginité perpétuelle :

« Je crois avec tout mon cœur, en accord avec la parole du saint Évangile, que cette vierge pure porta pour nous le Fils de Dieu et qu'elle resta, dans l'enfantement et après celui-ci, une pure et sans tache vierge, pour l'éternité. » — Ulrich Zwingli, Eine Predigt von der ewig reinen Magd Maria, septembre 1522[23]

Jean Calvin — Commentaire sur Matthieu (1555)

Calvin commente Matthieu 1, 25 ainsi :

« Certains ont voulu suggérer de ce passage [Mt 1, 25] que la Vierge Marie a eu d'autres enfants que le Fils de Dieu, et que Joseph aurait habité avec elle après ; mais cela est trop fou et téméraire. Car l'évangéliste n'a pas voulu rapporter ce qui s'est passé ensuite ; il a seulement voulu démontrer l'obéissance de Joseph et montrer aussi que Joseph a été dûment certifié que c'est Dieu qui avait envoyé son fils Jésus. » — Jean Calvin, Commentaire sur l'Évangile selon saint Matthieu, 1555, ad Mt 1, 25[24]

Heinrich Bullinger — Die Marienpredigt (1539)

Le successeur de Zwingli à Zurich n'hésite pas à parler de la « pure et immaculée Vierge Marie »[25].

John Wesley — Lettre à un catholique romain (18 juillet 1749)

Le fondateur du méthodisme acquiesce :

« Je crois [...] qu'il [Jésus-Christ] est né de la Vierge bénie, qui, aussi bien après qu'avant qu'elle l'ait porté, resta une vierge pure et sans tache. » — John Wesley, Lettre à un catholique romain, 18 juillet 1749[26]

Le diagnostic de Jaroslav Pelikan

L'historien protestant Jaroslav Pelikan (Yale, 1923-2006), grand spécialiste de Luther et de l'histoire des doctrines, observe avec lucidité :

« Luther [...] n'a jamais envisagé la possibilité que Marie ait pu avoir d'autres enfants que Jésus. Ceci est cohérent avec son acceptation permanente de l'idée de la virginité perpétuelle de Marie. » — Jaroslav Pelikan, Luther's Works, vol. 22, p. 214-215[27]

En résumé, les fondateurs mêmes du protestantisme ont tenu, sans la moindre réserve, la virginité perpétuelle — alors qu'ils combattaient par ailleurs vigoureusement Rome :

RéformateurDate et œuvrePosition sur la virginité perpétuelle
Martin LutherSermon de Noël (1532) ; Sermons sur Jean (1539)Marie « resta vierge » après la naissance ; « frères » = cousins
Ulrich ZwingliSermon sur la pure éternelle Vierge Marie (1522)Vierge « dans l'enfantement et après celui-ci, pour l'éternité »
Jean CalvinCommentaire sur Matthieu (1555)L'idée d'autres enfants est « folle et téméraire »
Heinrich BullingerDie Marienpredigt (1539)« pure et immaculée Vierge Marie »
John WesleyLettre à un catholique romain (1749)Vierge « aussi bien après qu'avant » l'enfantement

Le rejet de la virginité post partum n'est donc pas un acquis de la Réforme : c'est une nouveauté du protestantisme évangélique tardif, postérieure à 1800.

Définition magistérielle

Le synode du Latran (649)

Infographie originale Ignispedia créée par IA — les principaux jalons magistériels de la confession de Marie toujours vierge.

C'est le synode romain du Latran d'octobre 649, convoqué par le pape Martin Iᵉʳ (saint et martyr), qui confesse la virginité perpétuelle comme foi reçue des Pères. Le canon 3 énonce :

« Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, que Marie sainte, toujours vierge et immaculée, est Mère de Dieu, en tant qu'elle a conçu proprement et véritablement du Saint-Esprit, sans semence d'homme, et l'a enfanté sans corruption, sa virginité demeurant non moins inaltérée après l'enfantement : qu'il soit condamné. » — Concile du Latran, canon 3, octobre 649 (Denzinger § 503)[28]

Le IIᵉ concile de Constantinople (553)

Déjà avant le Latran, le Vᵉ concile œcuménique (Constantinople II, 553) avait dans son anathème 2 désigné Marie comme « sancta gloriosa semper virgo et Dei genetrix » (« sainte glorieuse toujours vierge et Mère de Dieu »)[29].

Vatican II — Lumen Gentium 57 (1964)

La Constitution dogmatique sur l'Église de Vatican II reprend la doctrine (§ 57, « La Sainte Vierge et l'enfance de Jésus ») :

« Cette union de la Mère avec son Fils dans l'œuvre du salut est manifeste dès l'heure de la conception virginale du Christ jusqu'à sa mort ; [...] lors de la Nativité ensuite, quand la Mère de Dieu présenta dans la joie aux pasteurs et aux mages son Fils premier-né, dont la naissance était non la perte mais la consécration de son intégrité virginale. » — Vatican II, Lumen Gentium 57, 21 novembre 1964[30]

La formule traditionnelle qui résume cette foi — aei parthenos en grec, semper virgo en latin (« toujours vierge ») — est celle que reprendront le Catéchisme et la liturgie.

Catéchisme de l'Église catholique §§ 499-510

Le CEC § 499 consolide l'enseignement :

« L'approfondissement de sa foi en la maternité virginale a conduit l'Église à confesser la virginité réelle et perpétuelle de Marie même dans l'enfantement du Fils de Dieu fait homme. En effet la naissance du Christ "n'a pas diminué mais consacré l'intégrité virginale" de sa mère (LG 57). »[31]

Et le § 500 répond directement à l'objection des « frères » :

« À cela on objecte parfois que l'Écriture mentionne des frères et sœurs de Jésus. L'Église a toujours compris ces passages comme ne désignant pas d'autres enfants de la Vierge Marie : en effet Jacques et Joseph, "frères de Jésus" (Mt 13, 55), sont les fils d'une Marie disciple du Christ (cf. Mt 27, 56) qui est désignée de manière significative comme "l'autre Marie" (Mt 28, 1). »[32]

Approfondissements

L'analogie typologique de l'Arche d'alliance

La typologie patristique présente Marie comme la nouvelle Arche d'alliance. L'Arche ancienne (Ex 25, 10-22) était faite en bois d'acacia — bois imputrescible, rendu en grec par la Septante par « bois incorruptibles » (xyla asêpta, Ex 25, 5). De même, le corps virginal de Marie demeure incorruptible, sanctuaire vivant du Verbe incarné. C'est cette typologie qui sous-tendra le dogme de l'Assomption (Pie XII, 1950).

Brant Pitre — Jesus and the Jewish Roots of Mary (Image Books 2018)

L'exégète biblique américain Brant Pitre (Augustine Institute, Denver), dans Jesus and the Jewish Roots of Mary: Unveiling the Mother of the Messiah (Image Books, New York, 2018, 224 p., ISBN 978-0-525-57273-4), soutient que toute la mariologie catholique trouve ses racines dans le typologisme juif du Second Temple :

  • L'Arche d'alliance imputrescible préfigure le corps virginal préservé
  • La « porte du sanctuaire fermée à jamais » (Ez 44) préfigure l'intégrité corporelle
  • Le « jardin clos, fontaine scellée » (Ct 4, 12) — hortus conclusus, fons signatus — préfigure le sein de Marie
  • La Sagesse incréée habite le sanctuaire (Si 24)

Pitre soutient que l'exégèse mariale catholique n'est pas une « surinterprétation » médiévale, mais l'application cohérente du midrash typologique juif du Iᵉʳ siècle[33].

Joseph Blinzler — Die Brüder und Schwestern Jesu (1967)

L'étude exégétique de référence sur la question des « frères » de Jésus est l'ouvrage de l'exégète allemand Joseph Blinzler (1910-1970) : Die Brüder und Schwestern Jesu (« Les frères et sœurs de Jésus »), Katholisches Bibelwerk, Stuttgart, 1967, 158 p. Blinzler analyse philologiquement les 49 occurrences de adelphos dans le NT et conclut que la sémantique sémitique élargie est la lecture la plus cohérente avec l'ensemble du témoignage scripturaire[34].

René Laurentin — Court traité de théologie mariale (Lethielleux 1968)

L'œuvre du grand mariologue français René Laurentin (1917-2017), Court traité de théologie mariale (Lethielleux, Paris, 1968 ; rééd. 5ᵉ éd. revue 1995), reste la synthèse francophone de référence. Voir aussi son Les Évangiles de l'enfance du Christ : vérité de Noël au-delà des mythes (Desclée, Paris, 1982, 614 p.)[35].

Tim Staples — Behold Your Mother (Catholic Answers Press 2014)

L'apologiste américain Tim Staples (Catholic Answers, San Diego), ancien pasteur protestant baptiste devenu catholique, signe avec Behold Your Mother: A Biblical and Historical Defense of the Marian Doctrines (Catholic Answers Press, El Cajon, 2014, 367 p., ISBN 978-1-941663-00-4) la défense systématique apologétique contemporaine la plus rigoureuse de la mariologie catholique[36].

La position orthodoxe — un consensus quasi constant

L'Église orthodoxe tient unanimement la virginité perpétuelle (aei parthenos). Le Concile in Trullo (Constantinople, 691-692) — dit aussi Quinisexte — confirme la doctrine, ainsi que toute la patristique grecque (Grégoire de Nazianze, Grégoire de Nysse, Jean Damascène). Ce consensus catholique-orthodoxe quasi constant est l'argument œcuménique le plus puissant en faveur du dogme : contesté dès le IVᵉ siècle (Helvidius vers 383, Antidicomarianites réfutés par Épiphane), il n'est plus remis en cause, à l'époque moderne, que par une partie du protestantisme[37].

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Matthieu Lavagna, Soyez rationnel, devenez catholique !, MDN Productions (diffusion Salvator), avril 2023, partie III « Catholicisme », chapitre « La virginité perpétuelle n'a aucun sens, Jésus avait des frères ! », p. 361, ISBN 978-2-491255-51-0.

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  2. Sur ἕως οὗ en Mt 1, 25, voir la note de la New American Bible (éd. révisée) ad loc. : « The Greek word translated "until" does not imply normal marital conduct after Jesus' birth, nor does it exclude it ». Voir aussi Raymond E. Brown, The Birth of the Messiah, Doubleday, New York, 1993, p. 150 (commentaire de Mt 1, 18-25).

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  3. Sur la valeur juridique et cultuelle de prōtotokos (« premier-né »), terme désignant « ce qui ouvre le sein maternel » consacré à Dieu (Ex 13, 2 ; Nb 3, 12-13 ; Lc 2, 22-23), indépendamment de toute naissance ultérieure, voir Brant Pitre, Jesus and the Jewish Roots of Mary: Unveiling the Mother of the Messiah, Image Books, New York, 2018. Voir aussi John McHugh, The Mother of Jesus in the New Testament, Darton, Longman & Todd, Londres, 1975, p. 15-17.

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  4. Saint Augustin, De sancta virginitate IV, 4 (PL 40, 398). Saint Grégoire de Nysse, De virginitate 14 (vers 371). Voir aussi Joseph A. Fitzmyer S.J., The Gospel According to Luke I-IX, Anchor Bible 28, Doubleday, New York, 1981, p. 343-344 (commentaire de Lc 1, 34), et René Laurentin, Court traité de théologie mariale, Lethielleux, Paris, 1968, p. 86-91.

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  5. Ézéchiel 44, 1-3 (Bible Crampon). Typologie mariale développée par saint Ambroise dans De Institutione Virginis 8, 52 (vers 391) et par saint Jérôme dans son Commentaire sur Ézéchiel (vers 410-414).

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  6. Cantique des Cantiques 4, 12 (Bible Crampon). Application mariale : Origène, Commentarii in Canticum Canticorum, prologue, Sources Chrétiennes n° 375, Cerf, Paris, 1991. Voir aussi saint Bernard de Clairvaux, Sermons sur le Cantique 51-52 (vers 1140).

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  7. Joseph Blinzler (1910-1970), exégète catholique allemand, Die Brüder und Schwestern Jesu, Stuttgarter Bibelstudien n° 21, Katholisches Bibelwerk, Stuttgart, 1967, 158 p. L'étude analyse les 49 occurrences néotestamentaires de adelphos et conclut à un usage majoritairement sémitique élargi. Voir aussi John P. Meier, A Marginal Jew: Rethinking the Historical Jesus, vol. I, Doubleday, New York, 1991, p. 318-332 (examen des passages sur les « frères » de Jésus, de conclusion opposée).

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  8. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique III, 11, 1-2, rédigée vers 313. Édition critique : Sources Chrétiennes n° 31, Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, Livres I-IV, Gustave Bardy, Cerf, Paris, 1952. Hégésippe (vers 110-180), historien ecclésiastique du IIᵉ siècle, y est cité comme témoin de la tradition palestinienne.

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  9. Matthieu Lavagna, Soyez rationnel, devenez catholique !, op. cit., p. 362.

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  10. Origène, Commentarii in Evangelium Joannis, livre I, § 6, vers 248. Édition critique : Sources Chrétiennes n° 120 bis, Origène, Commentaire sur saint Jean, t. I (Livres I-V), Cécile Blanc, Cerf, Paris, 1996.

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  11. Saint Hilaire de Poitiers (315-367), Commentarius in Matthaeum 1, 1 (numérotation de l'édition bénédictine, citée par J. B. Lightfoot, St Paul's Epistle to the Galatians, Macmillan, Londres, 1865, §15). Édition critique : Sources Chrétiennes n° 254, Hilaire de Poitiers, Sur Matthieu, Jean Doignon, Cerf, Paris, 1978. Traduction anglaise : Fathers of the Church 125, Catholic University of America Press, Washington, 2012, p. 45-46.

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  12. Homélie d'authenticité discutée, attribuée à saint Basile le Grand (vers 329-379), Homilia in Sanctam Christi Generationem (« Homélie sur la sainte Nativité du Christ »), § 5, vers 375. Patrologia Graeca 31, col. 1457-1476. Édition critique : Sources Chrétiennes n° 596, Basile de Césarée, Homélies sur l'origine de l'homme et autres, Cerf, Paris, 2018.

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  13. Saint Ambroise de Milan, Epistola 63, § 111, adressée aux chrétiens de Verceil, vers 396. Patrologia Latina 16, col. 1240-1287. Édition critique : Corpus Scriptorum Ecclesiasticorum Latinorum (CSEL) 82/2.

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  14. Saint Jérôme (vers 347-420), De perpetua virginitate beatae Mariae adversus Helvidium, rédigé à Rome en 383. Patrologia Latina 23, col. 183-206. Traduction française : Pierre de Labriolle, dans Œuvres de saint Jérôme, Cerf, Paris, 1991. Helvidius (IVᵉ siècle) était un laïque romain, contestant à Rome la virginité post partum dans un opuscule perdu vers 383.

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  15. Saint Augustin, De haeresibus ad Quodvultdeum 56, rédigé entre 428 et 430. Patrologia Latina 42, col. 21-50.

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  16. Saint Augustin, Sermo 186, In Nativitate Domini 3, § 1, prêché à Hippone vers 411-417. Patrologia Latina 38, col. 999-1000. Citation reprise dans le Catéchisme de l'Église catholique § 510.

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  17. Saint Cyrille d'Alexandrie (vers 376-444), Contra eos qui Theotocon nolunt confiteri (« Contre ceux qui ne veulent pas confesser que la Sainte Vierge est Mère de Dieu »), § 4, vers 430. Patrologia Graeca 76, col. 255-292.

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  18. Saint Jean Damascène (vers 676-749), Deuxième homélie sur la Dormition de la Mère de Dieu (série des « Il convenait que… »). Texte grec : Patrologia Graeca 96. Traduction française : P. Voulet, Jean Damascène, Homélies sur la Nativité et la Dormition, Sources Chrétiennes n° 80, Cerf, Paris, 1961.

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  19. Matthieu Lavagna, op. cit., p. 365.

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  20. John P. Meier, prêtre catholique et exégète historico-critique, A Marginal Jew: Rethinking the Historical Jesus, vol. I, Doubleday, New York, 1991, p. 318-332 (conclusion p. 331-332).

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  21. Martin Luther, Auslegung des ersten und zweiten Kapitels Johannis in Predigten (Sermons sur Jean 1-4), prêchés à Wittenberg en 1538-1539. Texte critique : D. Martin Luthers Werke (Weimarer Ausgabe, WA), vol. 46, p. 663-668. Citation reprise dans Lavagna, op. cit., p. 362.

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  22. Martin Luther, Predigt am Weihnachtstag 1532 (Sermon de Noël 1532). Texte critique : WA 11, p. 320. Voir aussi Lavagna, op. cit., p. 363.

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  23. Ulrich Zwingli, Eine Predigt von der ewig reinen Magd Maria (« Sermon sur la pure éternelle vierge Marie »), prêché à Zurich en septembre 1522. Texte critique : Huldreich Zwinglis sämtliche Werke, vol. I, Corpus Reformatorum 88, Berlin/Zurich, 1905, p. 385-428. Cité dans Lavagna, op. cit., p. 364.

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  24. Jean Calvin, Commentaires sur la Concordance ou Harmonie des trois Évangélistes, ad Matthieu 1, 25, première édition latine Commentarii in Harmoniam ex tribus Evangelistis, Robert Estienne, Genève, 1555 ; édition française 1561. Cité dans Lavagna, op. cit., p. 361-362.

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  25. Heinrich Bullinger (1504-1575), successeur de Zwingli à Zurich, Die Marienpredigt (« Sermon sur Marie »), 1539. Texte cité par Trent Horn, The Case for Catholicism, Ignatius Press, San Francisco, 2017, p. 336.

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  26. John Wesley (1703-1791), fondateur du méthodisme, Letter to a Roman Catholic, écrite de Dublin, 18 juillet 1749 (datation portée par l'édition originale). Texte intégral dans The Works of John Wesley, vol. X, Thomas Jackson (éd.), Wesleyan Conference Office, Londres, 1872, p. 80-86 ; voir aussi l'édition de Londres, 1755 (texte numérisé sur archive.org). Passage exact (§ 6) : « being conceived by the singular Operation of the Holy Ghost, and born of the blessed Virgin Mary, who as well after as before she brought him forth, continued a pure and unspotted Virgin » — profession de virginité perpétuelle, non de l'Immaculée Conception.

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  27. Jaroslav Pelikan (1923-2006), historien des doctrines, professeur émérite à Yale, Luther's Works, American Edition, vol. 22 (Sermons on the Gospel of St. John, Chapters 1-4), Concordia Publishing House, Saint-Louis (Missouri), 1957, p. 214-215.

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  28. Synode du Latran, octobre 649, canon 3. Convoqué par le pape Martin Iᵉʳ (saint et martyr, 590-655) contre l'hérésie monothélite. Texte latin dans Heinrich Denzinger et Peter Hünermann, Enchiridion Symbolorum, 44ᵉ éd., Herder, Fribourg-en-Brisgau, 2014, § 503, ISBN 978-3-451-37804-1. Bien que non œcuménique stricto sensu, ce synode romain est cité par les conciles ultérieurs comme témoin de la foi.

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  29. IIᵉ concile de Constantinople (Vᵉ concile œcuménique), anathème 2, 553. Texte dans Denzinger § 422 (« sancta gloriosa semper virgo et Dei genetrix »). Présidé par les patriarches Eutychius de Constantinople, Apollinaire d'Alexandrie, Domnos d'Antioche et Eustochius de Jérusalem, sous l'empereur Justinien.

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  30. Vatican II, Constitution dogmatique Lumen Gentium sur l'Église, chapitre VIII De Beata Maria Virgine Deipara in mysterio Christi et Ecclesiae, § 57, promulguée le 21 novembre 1964 par le pape Paul VI. Texte officiel français sur vatican.va.

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  31. Catéchisme de l'Église catholique, § 499. Texte officiel français sur vatican.va. Cite Lumen Gentium 57 et les Denzinger §§ 291, 294, 427, 442, 503, 571, 1880.

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  32. Catéchisme de l'Église catholique, § 500. Réponse magistérielle directe à l'objection des « frères de Jésus », fondée sur la lecture croisée de Mt 13, 55 ; Mt 27, 56 et Mt 28, 1.

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  33. Brant Pitre, Jesus and the Jewish Roots of Mary: Unveiling the Mother of the Messiah, Image Books (Penguin Random House), New York, 2018, 224 p., ISBN 978-0-525-57273-4. Pitre, professeur d'Écriture sainte à l'Augustine Institute (Denver, Colorado), prolonge ici son travail de 2011 sur les racines juives de l'Eucharistie. Préface de Scott Hahn.

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  34. Joseph Blinzler, Die Brüder und Schwestern Jesu, op. cit. Voir aussi son Der Prozess Jesu (Pustet, Ratisbonne, 1969, 4ᵉ éd.) sur le procès de Jésus.

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  35. René Laurentin (1917-2017), prêtre du diocèse de Paris, docteur en théologie et en lettres, professeur émérite à l'Université catholique de l'Ouest. Court traité de théologie mariale, Lethielleux, Paris, 1968 ; 5ᵉ éd. revue 1995, 240 p. Les Évangiles de l'enfance du Christ : vérité de Noël au-delà des mythes, Desclée de Brouwer, Paris, 1982, 614 p. Voir aussi Marie, Cerf, Paris, 1989.

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  36. Tim Staples, Behold Your Mother: A Biblical and Historical Defense of the Marian Doctrines, Catholic Answers Press, El Cajon (Californie), 2014, 367 p., ISBN 978-1-941663-00-4. Staples, ancien pasteur baptiste et ministre de l'Assembly of God, devenu catholique en 1988, est apologiste sénior à Catholic Answers.

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  37. Sur l'unanimité orthodoxe de la doctrine de la virginité perpétuelle, voir Vladimir Lossky, Essai sur la théologie mystique de l'Église d'Orient, Cerf, Paris, 1944 (rééd. 2005, 245 p.), chapitre IX sur la Théotokos. Voir aussi Jaroslav Pelikan, Mary Through the Centuries: Her Place in the History of Culture, Yale University Press, New Haven, 1996, 246 p., ISBN 978-0-300-07661-9. Le Concile in Trullo (Quinisexte, 691-692) réaffirme dans son canon 79 l'enseignement de l'Église sur la virginité parfaite de la Théotokos.

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