Pape Jean XVII (Iohannes XVII), de son nom de baptême Giovanni Sicco — parfois italianisé Siccone —, est le 140ᵉ pape de l'Église catholique selon la liste officielle du Saint-Siège.[1] Élu le 16 mai 1003, quatre jours seulement après la mort du pape lettré et mathématicien Sylvestre II (Gerbert d'Aurillac, † 12 mai 1003), il occupe le siège de Pierre pendant cinq mois et vingt et un jours, comptés depuis son élection (sa consécration épiscopale n'intervenant que le 13 juin), avant de mourir à Rome le 6 novembre 1003.[2] [3] Son pontificat est l'un des plus courts et des plus mal documentés du Moyen Âge pontifical.
Romain de naissance, probablement issu du quartier de la Biberatica — situé entre la colonne de Trajan et la basilique des Saints-Apôtres —, il doit son élection à Jean Crescentius II, patricius Romanorum depuis la mort de l'empereur Otton III en janvier 1002. Fils de Crescentius le Nomentan, exécuté par Otton III en 998, le nouveau patrice gouverne désormais la cité sans contrepoids impérial : il choisit, fait et défait les papes. La New Catholic Encyclopedia est sans ambiguïté : « he was obviously a puppet of the Crescentii » — « il était manifestement une marionnette des Crescenzi » (traduction).[4] [5]
De son pontificat, presque rien n'est conservé par les sources contemporaines. Aucune bulle datée, aucune décrétale, aucun écrit personnel. La seule activité solidement rattachée à son nom — l'autorisation donnée à saint Bruno de Querfurt et à son compagnon Benoît de Bénévent d'évangéliser les Slaves — n'est attestée que par une mention indirecte dans la Vita quinque fratrum Poloniae de Bruno, sans que le pape soit explicitement nommé. L'historien italien Antonio Sennis, dans la Treccani Enciclopedia dei Papi, qualifie cette attribution de « tout à fait conjecturale ».[6] Une autre tradition, fondée sur une épigraphe romaine de 1040, fait par ailleurs de Sicco un homme marié et père de trois fils devenus ecclésiastiques avant son ordination — lecture longtemps tenue pour certaine (Kirsch 1910, New Catholic Encyclopedia), mais fragilisée par la critique récente : Sennis (Treccani, 2000) voit dans les trois donateurs de 1040 trois frères revendiquant seulement un lien de sang avec Sicco (« avi cretos Siconis sanguine papae »), ce qui fait de la filiation père-fils directe un saut interprétatif.[7] [8]
Jean XVII meurt sans laisser d'œuvre. Il est probablement enseveli à la basilique du Latran, entre les deux portes de la façade principale, dans une tombe dont l'épitaphe sera rapportée, près d'un siècle et demi plus tard, par Jean Diacre du Latran : « On voit ici le tombeau de celui que l'on dit être Jean, le pontife suprême ; ainsi était-il appelé. »[9] Son successeur immédiat, Jean XVIII, sera lui aussi un homme de Crescentius II. La série des trois « papes Crescentiani » — Jean XVII (1003), Jean XVIII (1003-1009), Sergius IV (1009-1012) — fait du tout début du XIᵉ siècle une parenthèse romaine entre la papauté impériale d'Otton III et le retour des Tusculans en 1012.
Pourquoi Jean XVII compte-t-il ?
Un pape éphémère entre Sylvestre II et le retour tusculan
Jean XVII n'a ni promulgué de décret doctrinal, ni présidé de concile, ni livré de bataille canonique. Son pontificat est, matériellement, presque vide d'archives. Pourquoi, dès lors, lui consacrer une notice encyclopédique ? Parce qu'il occupe une position chronologique singulière : il est le premier successeur du brillant Sylvestre II — le premier pape français de l'histoire, mathématicien et astronome, ami et conseiller de l'empereur Otton III — et le premier maillon d'une séquence de trois pontificats imposés par les Crescenzi avant la victoire définitive des comtes de Tusculum en 1012.[10]
Sylvestre II avait été l'incarnation, pendant quelques années, d'une papauté impériale et savante — adossée au jeune empereur Otton III, projetant une renovatio imperii Romanorum qui voulait refonder Rome chrétienne sur le modèle de Constantin et Charlemagne. Avec la mort d'Otton III à Paterno le 24 janvier 1002, à vingt-et-un ans, ce rêve s'écroule. Sylvestre lui-même, demeuré à Rome, survit quinze mois à son protecteur, mais sans plus aucun poids politique. À sa mort, le 12 mai 1003, c'est le patrice Jean Crescentius II qui dispose seul du choix du successeur.
L'élection de Jean XVII, quatre jours plus tard, marque donc le basculement : de la papauté ottonienne tournée vers le Nord à la papauté romaine reprise en main par l'aristocratie locale. Ce basculement durera neuf ans (1003-1012) avant que les comtes de Tusculum n'imposent à leur tour leur propre pape, Benoît VIII (1012-1024). Jean XVII est, dans cette mécanique, la première borne.
Un nom troublé par l'antipape Jean XVI
Le simple fait que ce pape soit le dix-septième Jean suppose un détour préalable. Lorsque Sicco choisit son nom de règne en mai 1003, il prend la suite d'une longue lignée pontificale, mais aussi de l'antipape Jean XVI Filagathos (997-998), Grec calabrais imposé par Crescentius le Nomentan contre Grégoire V avant d'être déposé, mutilé et emprisonné par Otton III. La numérotation pontificale, après ce Jean XVI antipape, prête à confusion : certains catalogues médiévaux ont compté Jean XVI Filagathos comme pape légitime, ce qui fait varier le rang des Jean suivants entre XVII et XVIII selon les manuscrits.[11] [12]
C'est pourquoi la Catholic Encyclopedia intitule explicitement son article « Pope John XVII (XVIII) » — la double numérotation est la marque de cette hésitation historiographique. Aujourd'hui, le Saint-Siège et la critique moderne tiennent fermement la position selon laquelle Jean XVI Filagathos est un antipape et que le pape Sicco élu en mai 1003 est bien le dix-septième Jean légitime — donc le 140ᵉ pape de l'Église catholique.[13]
Cette stabilité numérique est, en soi, un acte de portée canonique : elle affirme qu'aucune élection produite hors du droit canonique — même si elle a été acceptée pendant plusieurs mois par les Romains et reconnue par une partie de la Curie — ne saurait s'inscrire dans la succession apostolique. Jean XVI demeure, plus de mille ans plus tard, un nom rayé de la liste, et Jean XVII en est le bénéficiaire numérique.
Le silence des chroniqueurs contemporains
Le troisième intérêt de Jean XVII est, paradoxalement, son silence. Là où d'autres papes éphémères du Xᵉ siècle — Léon V en 903, Benoît V en 964, Jean XIV en 983-984 — ont laissé au moins quelques chroniqueurs hostiles ou apologistes (Auxilius, Liutprand, Hermann le Contracté), Jean XVII n'a, à proprement parler, aucun témoin contemporain. La notice du Liber Pontificalis (éd. Duchesne, vol. II, p. 265) est extrêmement brève : quelques lignes formulaires. La chronique de Thietmar de Mersebourg (†1018) ne le nomme pas explicitement : le seul passage que Sennis rapproche de ces années est une affirmation générale selon laquelle les pontifes d'alors auraient été contraints par les Crescenzi à afficher envers les souverains allemands une hostilité qu'ils ne ressentaient pas — passage « trop générique », juge Sennis, pour être rapporté à Jean XVII.[14] Bruno de Querfurt, qui aurait dû recevoir de lui la licentia missionnaire, ne le nomme pas davantage dans la Vita quinque fratrum.[15]
« Au sujet de ses activités durant les quelques mois de son pontificat, rien ne nous est parvenu. » (traduction de l'anglais « Concerning his activities during the few months of his pontificate nothing has come down to us ») — Johann Peter Kirsch, Catholic Encyclopedia, art. Pope John XVII (XVIII), 1910[16]
Cette pénurie est elle-même un fait historique. Elle dit la discrétion d'un pape sans ambitions politiques, dans une cité dominée par un patrice tout-puissant, à un moment où le pouvoir réel s'exerçait à l'extérieur du Latran. Le silence de Jean XVII est donc un témoignage indirect sur la subordination de la papauté du début du XIᵉ siècle à l'oligarchie romaine.
Rome en 1003 : la cité sans empereur
La mort d'Otton III (24 janvier 1002)
Pour comprendre l'élection de Jean XVII, il faut remonter de quinze mois avant son élévation — au 24 janvier 1002, dans le château de Paterno près du mont Soracte, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Rome. L'empereur Otton III — fils d'Otton II et de la princesse byzantine Théophanu, petit-fils d'Otton le Grand — y meurt à vingt-et-un ans, terrassé par les fièvres. Avec lui s'achève brutalement le programme politique qu'il avait porté pendant six ans depuis son couronnement impérial de 996 : une renovatio imperii Romanorum, c'est-à-dire la refondation d'un empire chrétien romain capable de dominer simultanément le Saint-Empire germanique, l'Italie et la papauté.[17] [18]
Otton III avait placé sur le siège de Pierre deux papes de son choix. D'abord son cousin Brunon de Carinthie, devenu Grégoire V (996-999) — le premier pape allemand de l'histoire —, déposé brièvement par les Crescenzi en 997 puis rétabli en 998. Ensuite son ancien précepteur Gerbert d'Aurillac, devenu Sylvestre II (999-1003) — le premier pape français, mathématicien et astronome, commentateur de la logique aristotélicienne, importateur des chiffres arabes en Occident. Avec ces deux pontificats, la papauté sortait du jeu des familles romaines pour devenir, le temps d'une génération, l'alliée d'un projet impérial européen.
La mort soudaine du jeune empereur, sans héritier direct, défait cet édifice en quelques semaines. Henri II de Bavière, élu roi de Germanie le 7 juin 1002, doit pendant douze ans consolider son pouvoir en Allemagne avant de descendre à Rome pour s'y faire couronner empereur (14 février 1014). Pendant cette vacance impériale, Rome n'a plus de protecteur extérieur. Le vide se remplit aussitôt.
Le retour des Crescenzi
Les Crescenzi sont la principale famille aristocratique de Rome depuis le milieu du Xᵉ siècle. Leur fortune politique commence avec Crescentius l'Ancien († vers 985), époux de Theodora ; elle se prolonge avec son fils Crescentius le Nomentan, patricius Romanorum dans les années 990, qui imposa l'antipape Jean XVI Filagathos en 997. Lorsque Otton III revient en Italie en 998 pour réprimer la rébellion, il fait étouffer l'antipape — d'abord aveuglé, mutilé du nez et des oreilles —, et fait décapiter Crescentius le Nomentan au sommet du château Saint-Ange le 29 avril 998, après une reddition obtenue sous garantie de la vie sauve. Le corps est ensuite pendu à un gibet dressé sur le Monte Mario pour servir d'exemple.[19] [20]
Jean Crescentius II est le fils — et l'héritier — de ce Crescentius le Nomentan décapité. À la mort d'Otton III en 1002, il ressurgit à Rome, prend le titre de patricius Romanorum — titre qu'il portera jusqu'à sa propre mort en mai 1012 — et impose à la fois sa famille comme classe dirigeante et son pouvoir sur la curie pontificale. Pendant dix ans, c'est lui qui choisit les papes. Trois pontifes successifs lui devront leur élection :
| Pape | Pontificat | Mode de succession | Rapport à Crescentius II |
|---|---|---|---|
| Sylvestre II | 999 — 12 mai 1003 | Pape ottonien survivant | Toléré ; aucune déposition tentée |
| Jean XVII | 16 mai 1003 — 6 novembre 1003 | Élection par Crescentius II | Marionnette explicite |
| Jean XVIII (Fasanus) | décembre 1003 — juillet 1009 | Élection par Crescentius II | Élu par Crescentius II ; dépendance politique |
| Sergius IV (Pierre Bouche-de-Porc) | juillet 1009 — 12 mai 1012 | Élection par Crescentius II | Élu par Crescentius II ; dépendance politique |
| Benoît VIII | 18 mai 1012 — 9 avril 1024 | Élection par les Tusculans après la mort de Crescentius II | Rupture avec les Crescenzi |
Sources : Saint-Siège, Catholic Encyclopedia (Kirsch 1910), Treccani (Sennis 2000).[21] [22] [23]
Le titre de patricius Romanorum
Le titre que porte Crescentius II — patricius Romanorum, « patrice des Romains » — n'est pas une dignité ecclésiale : c'est une charge civile héritée de l'époque carolingienne, conférée à l'origine par Charlemagne, et qui désigne le chef laïc reconnu de la cité de Rome avec un droit de tutelle sur l'élection pontificale. Au Xᵉ siècle, ce titre est revendiqué par les principales familles romaines — d'abord par Théophylacte Iᵉʳ de Tusculum (†924), puis par sa fille Marozia, puis par Albéric II de Spolète (932-954), enfin par les Crescenzi à partir des années 970.[24]
En 1002, en s'attribuant ce titre, Jean Crescentius II revendique deux choses : la continuité avec Crescentius le Nomentan son père, à qui Otton III avait précisément reproché de prétendre au patriciat ; et la vacance impériale, qui laisse Rome sans souverain extérieur. C'est une revendication politique forte, doublée d'un message à l'Allemagne : « Rome a son propre maître, vous n'avez plus à y intervenir. »
La mort de Sylvestre II et l'élection (mai 1003)
Le pape lettré meurt le 12 mai 1003
Sylvestre II — Gerbert d'Aurillac dans sa vie monastique antérieure — meurt à Rome le 12 mai 1003, à environ soixante ans, après quatre ans de pontificat solitaire depuis la mort de son protecteur Otton III. Sa fin est paisible, sans drame politique. Il avait pu, malgré la disparition de l'empereur, conserver le siège de Pierre, signe que les Crescenzi avaient préféré laisser mourir naturellement le vieux pape lettré plutôt que d'engager un coup de force prématuré. Il est enseveli dans la basilique du Latran ; une épitaphe, gravée plus tard, rappelle sa carrière savante.[25]
Une légende postérieure prétendra que Gerbert, devenu pape, avait conclu un pacte avec le diable pour expliquer l'étendue de son savoir. Cette fable n'a aucune valeur historique, mais elle dit l'impression durable qu'avait laissée Sylvestre II : un pape trop étranger, trop savant, trop différent. À sa mort, les Crescenzi peuvent revenir à un modèle plus traditionnel — celui d'un romain de souche, d'une famille connue, à la culture moins éclatante.
La Catholic Encyclopedia résume sans détour le vide de pouvoir qui s'ouvre alors :
« Quand Sylvestre II mourut le 12 mai 1003, il n'existait à Rome aucune autorité réelle capable de tenir en bride les nobles. Aussi la faction de Crescentius reprit-elle le dessus. » (traduction de l'anglais « When Sylvester II died on 12 May, 1003, there was no actual authority in Rome which could curb the nobles. Thus the faction of Crescentius again won the upper hand ») — Johann Peter Kirsch, Catholic Encyclopedia, art. Pope John XVII (XVIII), 1910[26]
Quatre jours pour élire un pape
Le délai qui sépare la mort de Sylvestre II (12 mai) de l'avènement de Jean XVII est extrêmement court — quatre jours jusqu'à l'élection, un mois au plus jusqu'à la consécration. Cette rapidité est elle-même un indice. Elle suggère que le choix était déjà fait avant la mort de Sylvestre II, sans doute préparé pendant ses derniers mois par les Crescenzi qui attendaient la vacance pour imposer leur candidat.
Le décompte exact des dates se fait en trois temps. L'élection eut lieu vraisemblablement le 16 mai 1003 : Sennis écrit « avvenuta verosimilmente il 16 maggio 1003 », et la fiche officielle Vatican.va retient le « 16.V.1003 » comme début du pontificat.[27] [28] La consécration épiscopale suivit le 13 juin 1003 selon Kirsch (Catholic Encyclopedia : « consecrated on 13 June 1003 »), délai d'un mois cohérent avec la nécessité d'ordonner formellement le nouvel élu si celui-ci n'était pas déjà évêque.[29] La durée du pontificat, calculée sur les bornes officielles du Saint-Siège (16 mai — 6 novembre 1003), est donc de 5 mois et 21 jours (du 16 mai au 16 octobre : cinq mois ; du 16 octobre au 6 novembre : vingt et un jours).[30]
Pourquoi Sicco ?
Les motivations exactes du choix de Sicco par Crescentius II ne sont pas conservées. On peut, par croisement de sources, dégager trois hypothèses non exclusives.
Première hypothèse — l'âge. Sicco devait être un homme âgé au moment de son élection : il aurait été marié avant son ordination et aurait eu — selon la tradition postérieure — trois enfants devenus ecclésiastiques. Mais rien ne dit que l'un d'eux fût déjà évêque de Préneste en 1003 : l'épigraphe qui nomme Jean de Préneste, Pierre et André date de 1040, trente-sept ans après la mort de Jean XVII, et Sennis n'y voit que trois frères revendiquant un lien de sang avec Sicco.[31] Choisir un vieillard malade ou affaibli, c'était choisir un pape qui ne régnerait pas longtemps — et qui pourrait être remplacé à l'occasion par un autre candidat plus jeune et plus disponible. C'est exactement ce qui s'est produit : Sicco meurt cinq mois après son élection, et Crescentius peut, en décembre 1003, installer Jean Fasanus, un homme à lui, comme Jean XVIII.
Deuxième hypothèse — la docilité. Sicco n'avait, autant qu'on sache, aucune carrière politique ou ecclésiale antérieure remarquable. Aucune source ne le présente comme cardinal romain ou comme évêque suburbicaire avant 1003. Le choix d'un homme sans entourage politique propre garantissait à Crescentius une absence totale de contre-pouvoir : Sicco ne pouvait pas s'appuyer sur un parti curial pour résister.
Troisième hypothèse — la respectabilité de la famille. Si l'on retient pour vraie la lecture filiale de l'épigraphe de 1040 — Jean évêque de Préneste, Pierre diacre, André secundicerius du Latran —, alors Sicco appartenait déjà à une famille ecclésiastique bien établie dans la chancellerie pontificale. Choisir le patriarche d'un clan déjà inséré dans la curie, c'était assurer la coopération de toute une lignée de fonctionnaires laternais.[32] [33]
Aucune de ces hypothèses ne peut être strictement démontrée, mais elles convergent vers une même conclusion : le choix de Sicco fut un choix de gestion politique, non un choix doctrinal ou pastoral.
L'identité de Sicco : un Romain ordinaire
Le quartier de la Biberatica
Les sources situent l'origine de Sicco dans le quartier romain de la Biberatica — forme donnée par Sennis (Treccani) : « probabilmente della Biberatica, l'area della città compresa tra la colonna di Traiano e la basilica dei SS. Apostoli » —, désignant la zone située « entre la colonne de Trajan et la basilique des Saints-Apôtres » (traduction). La Wikipédia anglophone donne la variante graphique Biveretica pour ce même quartier.[34] Sennis signale toutefois une information divergente : un catalogue de pontifes inséré, dans les années précédant 1120, dans le manuscrit du martyrologe de Sainte-Marie-du-Trastevere (Londres, British Library, Add. 14801) donne comme lieu de résidence de Sicco avant son pontificat une « regio Sancti Clementis » — sans doute les abords de la basilique Saint-Clément, au pied du Cælius ; mais Sennis juge ce catalogue peu fiable sur ce point, car il n'accorde à Jean XVII que trente jours de pontificat.[35] Ce nom désigne aujourd'hui la Via Biberatica, rue antique qui traverse les marchés de Trajan, entre les forums impériaux et la basilique des Santi XII Apostoli.[36] C'est un quartier dense, populaire, traversé par les artisans et les commerçants, à mi-chemin entre l'aristocratie sénatoriale et le peuple urbain.
Naître dans la Biberatica — si l'on place, par pure estimation (aucune source ne donnant la date de naissance de Sicco), sa naissance vers 950 ou 960 — ne dit donc rien d'aristocratique. Cela situe Sicco dans une famille probablement urbaine, peut-être de la petite noblesse romaine — distincte tant de la haute aristocratie comtale (Tusculans, Crescenzi) que du populus anonyme. Ce statut intermédiaire serait cohérent avec la trajectoire d'un homme dont aucun chroniqueur n'a jugé bon de conserver le nom de famille.
Le surnom Sicco
Le nom Sicco n'est pas un patronyme : c'est un cognomen, un surnom personnel ajouté au prénom de baptême Iohannes. La Treccani le précise sobrement :
« Son nom était Jean, mais il était surnommé Sicco. » (traduction de l'italien « Il suo nome era Giovanni, ma era soprannominato "Sicco" ») — Antonio Sennis, art. Giovanni XVII, Enciclopedia dei Papi, Treccani, 2000[37]
L'étymologie du surnom est une simple hypothèse de lecture, qu'aucune source ne documente : il pourrait dériver du latin siccus (« sec », « maigre ») ; ou être un diminutif germanique tardif. Aucun manuscrit contemporain n'en explique l'origine.
La forme italianisée Siccone (avec le suffixe augmentatif -one) apparaît chez certains auteurs modernes — Britannica en particulier — et a été reprise par la fiche du Saint-Siège. Sicco reste la forme latine attestée dans les sources contemporaines (épigraphes, catalogues pontificaux).
Le père : un certain Jean
Sicco serait fils d'un Jean dont le patronyme exact n'est pas conservé. Un catalogue pontifical romain de la fin du XIᵉ siècle — édité plus tard par Georg Waitz dans les Monumenta Germaniae Historica — donne simplement « filius cuiusdam Iohannis », « fils d'un certain Jean ».[38] Cette indication, sans valeur généalogique pour identifier un clan, dit deux choses négatives : (1) le père n'était pas suffisamment connu pour mériter un patronyme transmis ; (2) la famille n'appartenait pas aux grandes lignées romaines déjà répertoriées (Théophylacti, Crescenzi, Boboni).
Certaines reconstitutions modernes ont parfois attribué Sicco à la famille Boboni-Orsini, mais cette attribution est anachronique : le premier membre célèbre de cette famille est un Bobone dont le petit-fils Giacinto de Boboni (1106-1198) deviendra pape sous le nom de Célestin III en 1191 — soit près de deux siècles après la mort de Jean XVII.[39] Aucune source contemporaine ne rattache Sicco à cette lignée.[40]
La tradition des trois fils ecclésiastiques
Une épigraphe dédicatoire à Sainte-Agathe-des-Goths (1040)
Le seul témoignage matériel qui rattache des ecclésiastiques romains du XIᵉ siècle à un pape Sicco est une épigraphe dédicatoire datée de 1040 — soit trente-sept ans après la mort de Jean XVII — qui était encore visible au début du XVIᵉ siècle dans l'église romaine de Sainte-Agathe-des-Goths (Sant'Agata dei Goti), située sur le Quirinal à proximité immédiate de la Biberatica.[41] [42]
Cette inscription commémorait la consécration ou la restauration d'un édifice religieux par trois donateurs ecclésiastiques romains de haut rang :
- Jean, évêque de Praeneste (Palestrina, l'un des sept diocèses suburbicaires de Rome)
- Pierre, diacre régionnaire
- André, secundicerius — c'est-à-dire fonctionnaire de second rang dans la schola cantorum ou la chancellerie du Latran
Les trois hommes se déclaraient solennellement « avi cretos Siconis sanguine papae » — formule latine qu'on peut traduire littéralement par « ancêtres / parents engendrés du sang du pape Sicco » ou plus librement « descendants par le sang du pape Sicco ».
Une lecture filiale possible mais non certaine
Les biographes anciens — et la plupart des notices encyclopédiques jusqu'à la fin du XXᵉ siècle — ont lu cette inscription comme la preuve directe que Jean XVII avait eu trois fils avant son ordination, fils qui avaient à leur tour fait carrière dans le clergé romain. C'est ainsi qu'on trouve dans la Catholic Encyclopedia de 1910 :
« Avant son ordination, il avait été marié, et avait eu trois fils qui devinrent eux aussi ecclésiastiques. » (traduction de l'anglais « Before taking orders he had been married, and had three sons who also became ecclesiastics ») — Johann Peter Kirsch, Catholic Encyclopedia, art. Pope John XVII (XVIII), vol. VIII, Robert Appleton Company, 1910[43]
Cette lecture est cohérente avec les mœurs cléricales de l'époque : la réforme grégorienne qui imposera le célibat ecclésiastique strict ne sera engagée que soixante-douze ans plus tard, sous Grégoire VII (1075). Avant cette réforme, le mariage des prêtres et même de certains évêques était courant dans l'Italie centrale ; les fils de clercs entraient régulièrement dans les ordres mineurs ou majeurs. Qu'un homme marié et père de famille puisse être élu pape n'avait, au début du XIᵉ siècle, rien de scandaleux — il fallait seulement qu'il fût ordonné et qu'il vécût en continence après son ordination.
La critique moderne : « avi cretos » peut signifier « parents »
Antonio Sennis, dans la Treccani Enciclopedia dei Papi (2000), introduit cependant une nuance critique importante. La formule latine « avi cretos » — où avi signifie « ancêtres », « grands-pères » ou simplement « parents », et cretos (participe passé de cresco) signifie « nés », « engendrés », « issus » — n'implique pas nécessairement une filiation directe père-fils. Elle peut désigner toute parenté charnelle : neveux, petits-fils, parents collatéraux. La traduction « descendants par le sang » est donc défendable, mais la conclusion « fils biologiques » est un saut interprétatif.[44]
Si les trois ecclésiastiques de l'épigraphe de 1040 sont en réalité les petits-fils ou les neveux de Jean XVII, le mariage du futur pape devient hypothétique. Sicco pourrait n'avoir jamais été marié — auquel cas la Catholic Encyclopedia aurait survalorisé une lecture biographique séduisante mais fragile. La prudence historique conduit aujourd'hui à dire : « la tradition fait de Jean XVII un homme marié et père de famille avant son ordination, mais cette tradition repose sur une seule inscription tardive dont la lecture filiale est ambiguë. »
Une préfiguration du monde pré-grégorien
Que la lecture filiale soit exacte ou non, l'inscription de Sainte-Agathe-des-Goths est intéressante à un autre titre : elle témoigne du clergé romain de la première moitié du XIᵉ siècle comme un milieu où les dynasties cléricales sont normales, où les fils, neveux et petits-fils succèdent aux pères dans les bénéfices, où la frontière entre l'aristocratie civile et la cléricature urbaine est poreuse. C'est précisément ce monde que la réforme grégorienne s'attaquera à démanteler à partir de 1075, en imposant le célibat des prêtres et en luttant contre la simonie (vente des charges ecclésiastiques) et le nicolaïsme (concubinage des clercs).
Jean XVII, qu'il ait ou non été marié, appartient au monde d'avant cette réforme. Sa figure éphémère est, en ce sens, un témoin culturel plus qu'un acteur doctrinal : elle dit ce qu'était l'Église romaine ordinaire avant que Grégoire VII ne refonde ses mœurs cléricales.
Le seul acte attribué : la mission slave (?)
Bruno de Querfurt et les Cinq Frères martyrs
Le seul acte pastoral que la tradition associe explicitement à Jean XVII concerne la mission d'évangélisation des Slaves confiée à saint Bruno de Querfurt (vers 974-1009) et à son compagnon Benoît de Bénévent. Bruno, jeune comte saxon devenu moine bénédictin, ami du roi Henri II et chapelain de l'empereur Otton III, avait reçu vers 1002-1003 mission de prêcher l'Évangile chez les peuples slaves orientaux — Polonais, Poméraniens, Pruthènes — encore largement païens à cette époque.
L'expédition se constitue à partir de l'ermitage de Pereo près de Ravenne — fondation ottonienne où Bruno entra en 1001 et reçut la rude formation ascétique de saint Romuald —, où plusieurs moines bénédictins préparent leur départ vers l'Est.[45] Cinq d'entre eux — Benoît de Bénévent, Jean de Venise, Isaac, Mathieu et Krystyn (Christin) — partent en avant en Pologne sous la protection du duc Bolesław Iᵉʳ Chrobry, et s'établissent près de Międzyrzecz (Meseritz, en Grande-Pologne).
Dans la nuit du 10 au 11 novembre 1003 — soit quatre à cinq jours après la mort de Jean XVII —, des brigands locaux attaquent leur ermitage et massacrent les cinq moines. Ce sont les Cinq Frères martyrs de Pologne (Quinque fratres Poloniae), canonisés peu après par Jean XVIII (1004 ou 1005).[46] [47]
La Vita quinque fratrum Poloniae (vers 1008)
Bruno de Querfurt, survivant de l'expédition initiale, écrit vers 1008 — donc cinq ans après les faits — une Vita quinque fratrum Poloniae (« Vie des cinq frères de Pologne »), aussi connue sous le titre Passio sanctorum Benedicti et Iohannis ac sociorum eorundem. Dans ce texte hagiographique, Bruno se reproche personnellement d'avoir tardé à obtenir et à transmettre la licence papale (licentia) nécessaire à la mission ; ce délai pèse, dans son récit, comme une part de responsabilité personnelle dans le martyre des frères, en les ayant laissés sans couverture canonique en territoire païen.[48]
Le pape de la licentia : Sylvestre II, Jean XVII ou Jean XVIII ?
La question critique est : quel pape a délivré ou aurait dû délivrer cette licentia ?
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Hypothèse 1 — Sylvestre II. C'est lui qui avait, en 1001 ou au tout début 1002, donné le pallium à Bruno de Querfurt et l'avait nommé archevêque-missionnaire (archiepiscopus gentium). La nomination archiépiscopale est solidement attestée. La licentia spécifique pour Benoît de Bénévent pourrait, dans cette lecture, avoir été délivrée par Sylvestre II avant sa mort le 12 mai 1003.
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Hypothèse 2 — Jean XVII. C'est la tradition la plus répandue dans les notices encyclopédiques modernes (Catholic Encyclopedia, Wikipédia, Encyclopedia.com). Selon cette lecture, Bruno aurait sollicité la licentia après la mort de Sylvestre II, et c'est Jean XVII — dans son très bref pontificat de mai à novembre 1003 — qui l'aurait accordée.
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Hypothèse 3 — Jean XVIII. Bruno mentionne sa négligence à transmettre la licentia ; il est possible que celle-ci n'ait été délivrée qu'après le martyre des cinq frères (novembre 1003), c'est-à-dire sous Jean XVIII, élu en décembre 1003. Dans ce cas, Bruno aurait reçu la licentia trop tard pour qu'elle profite à ses compagnons. C'est précisément Jean XVIII qui canonisera les Cinq Frères en 1004 ou 1005.[49]
Antonio Sennis, dans la Treccani, tranche très prudemment :
« L'identification de Jean [XVII] avec le pape en question est tout à fait conjecturale. » (traduction de l'italien « l'identificazione di G. con il papa in questione è del tutto congetturale ») — Antonio Sennis, art. Giovanni XVII, Enciclopedia dei Papi, vol. II, Treccani, Rome, 2000[50]
Pourquoi la tradition continue d'attacher la mission slave à Jean XVII
Malgré le caractère conjectural de l'attribution, la tradition encyclopédique du XXᵉ siècle a continué de présenter Jean XVII comme le « pape qui autorisa la mission slave ». Trois raisons à cela.
Premièrement, le pontificat de Jean XVII coïncide chronologiquement avec l'envoi effectif de la mission (mai-octobre 1003), ce qui rend l'attribution plausible. Deuxièmement, l'argument inverse — que ce soit Sylvestre II — est affaibli par le fait que les Cinq Frères ne partent en Pologne qu'après la mort de Sylvestre II, ce qui suggère qu'ils attendaient une seconde autorisation. Troisièmement, dans un pontificat où aucun autre acte n'est conservé, la tradition a eu besoin d'attacher au moins un fait positif à Jean XVII pour ne pas le réduire à un vide complet.
C'est une attribution par défaut plus que par documentation. Elle reste défendable, mais doit être présentée pour ce qu'elle est : une tradition plus qu'une certitude. La formulation classique — « Jean XVII approuva une mission menée par Bruno de Querfurt vers l'Europe orientale et autorisa son compagnon Benoît à évangéliser les Slaves » — circule encore dans Wikipedia (en) et la Catholic Encyclopedia de 1910, mais elle a été affaiblie par la critique érudite récente, en particulier par Antonio Sennis dans la Treccani Enciclopedia dei Papi (2000), qui qualifie l'identification de « tout à fait conjecturale ».[51] [52]
La mort (6 novembre 1003)
Une mort apparemment naturelle
Jean XVII meurt à Rome le 6 novembre 1003. La date est attestée concordamment par la fiche officielle Vatican.va (« 6.XI.1003 »), par la Catholic Encyclopedia (« died 6 November 1003 »), par la Treccani et par la grande majorité des notices modernes.[53] [54] [55]
Aucune source contemporaine n'évoque de cause violente. Contrairement à Léon V (903), à Étienne VI (897) ou à Jean XII (964), Jean XVII ne meurt ni assassiné ni emprisonné. Le silence des chroniqueurs hostiles — et il n'en manquait pas dans l'Italie du début du XIᵉ siècle — invite à penser à une mort naturelle, probablement liée à l'âge (estimation : faute de toute date de naissance attestée, un Sicco né vers 950-960 aurait eu entre 60 et 70 ans en 1003) ou à une maladie. La saison — début novembre — exclut les fièvres palustres estivales typiques de Rome, mais les maladies respiratoires automnales étaient endémiques.
L'absence de drame politique autour de sa mort est, en soi, une bonne nouvelle pour son pontificat. Crescentius II, son patron politique, n'avait aucun motif de précipiter sa fin : un pape docile, vieux, qui régnerait jusqu'à mourir naturellement, c'était précisément ce qu'il voulait. La succession de Jean XVIII en décembre 1003 se fait sans heurts visibles, ce qui suggère un mécanisme rodé : à la mort du pape sous tutelle, on en installe un autre du même profil.
La sépulture au Latran
Jean XVII est probablement enseveli dans la basilique de Saint-Jean-de-Latran, cathédrale du diocèse de Rome et Mater et Caput omnium ecclesiarum Urbis et Orbis (« Mère et chef de toutes les églises de la ville et du monde »). Selon Jean Diacre du Latran, chanoine de la basilique au XIIᵉ siècle qui composa vers 1170 une description du Latran dédiée au pape Alexandre III, la tombe se trouvait entre les deux portes de la façade principale.[56]
La précision topographique est intéressante. Au XIᵉ-XIIᵉ siècles, la basilique du Latran disposait, sur sa façade orientale, de plusieurs portes : une porte centrale principale et plusieurs portes latérales. La tombe de Jean XVII se trouvait, selon Jean Diacre, dans l'espace entre deux de ces portes — donc dans le portique ou narthex de la basilique. Cette position, à l'extérieur de l'espace strictement sacré, indique un statut intermédiaire : Jean XVII n'est pas enseveli au cœur de l'édifice (sous l'autel principal ou dans les chapelles privilégiées des saints), mais il bénéficie tout de même d'une sépulture officielle dans la cathédrale du pape.
L'épitaphe rapportée par Jean Diacre
Jean Diacre du Latran a conservé le texte de l'épitaphe gravée sur la tombe. Le distique latin tient en deux vers laconiques que l'on peut traduire ainsi :
« On voit ici le tombeau de celui que l'on dit être Jean, le pontife suprême ; ainsi était-il appelé. » (traduction) — épitaphe rapportée par Jean Diacre du Latran, Liber de Ecclesia Lateranensi, vers 1170[57]
Le texte latin, tel que le reproduit Sennis d'après Jean Diacre — « Cernitur hic tumulus qui praesul dicitur esse / summi Iohannis, sic quoque [à corriger probablement en Sicquoque, avec allusion au surnom de Jean XVII] dictus erat » — joue peut-être, par cette correction Sicquoque, sur le surnom Sicco du pape (lecture Sicco quoque, « et Sicco également ») ; cette ambiguïté philologique est signalée par Sennis lui-même dans son article.[58] [59]
L'épitaphe est étrangement laconique. Elle se contente d'affirmer que la dépouille est bien celle d'un pape Jean — summi Iohannis — et qu'on l'appelait ainsi. Si l'on retient l'hypothèse phonétique du jeu de mots Sicco quoque, l'épigraphiste médiéval, conscient du cognomen du défunt, aurait glissé dans la pierre une discrète allusion au surnom : un clin d'œil érudit, à mi-chemin entre l'épitaphe et le rébus.
Aucune mention de sainteté, aucune vertu particulière louée, aucun acte rappelé. C'est l'épitaphe d'un pape dont on dit seulement qu'il fut pape — formule presque tautologique, qui souligne la pauvreté documentaire de son pontificat plus qu'elle ne le célèbre.
La tombe perdue
Aucun élément matériel de la tombe de Jean XVII ne survit aujourd'hui. La basilique du Latran a été ravagée par deux incendies majeurs au XIVᵉ siècle — dans la nuit du 6 mai 1308 sous Clément V, puis en 1361 (restauration par Urbain V)[60] —, puis profondément réaménagée au XVIIᵉ siècle par Borromini à la demande d'Innocent X, à l'occasion du jubilé de 1650 ; la mosaïque de l'abside actuelle est une refonte réalisée par les mosaïstes de Léon XIII.[61] Au cours de ces travaux successifs, la plupart des sépultures médiévales du portique ont été déplacées, dispersées ou perdues. Seules les notations textuelles — comme celle de Jean Diacre — conservent la mémoire des tombeaux qui ornaient autrefois l'entrée de la cathédrale du pape.
Les papes Crescentiani (1003-1012)
Jean XVIII (Fasanus), décembre 1003 — juillet 1009
Un mois et demi après la mort de Jean XVII, en décembre 1003, Crescentius II impose à la curie romaine un nouveau candidat : Jean Fasanus — Phasianus selon la Catholic Encyclopedia —, fils d'un prêtre romain (Léon selon Kirsch, Ursus selon Mann), dont ni le lieu de naissance précis ni une éventuelle titulature cardinalice ne sont attestés par les sources. Il prendra le nom de Jean XVIII et régnera pendant cinq ans et demi — beaucoup plus longtemps que son éphémère prédécesseur. Sous lui, l'Église romaine canonise les Cinq Frères martyrs de Pologne (1004 ou 1005) ; confirme possessions et privilèges de plusieurs églises (Mersebourg, Bamberg), donne le pallium aux archevêques de Trèves et de Cantorbéry, et s'oppose aux prétentions de Sens et d'Orléans contre l'abbé de Fleury. Jean XVIII abdique en juillet 1009 et meurt peu après, retiré dans un monastère.[62]
Sergius IV (Pierre Bouche-de-Porc), juillet 1009 — 12 mai 1012
Au successeur de Jean XVIII, en juillet 1009, Crescentius II installe Pierre Martin Bucca-Porci — « Pierre Bouche-de-Porc », surnom curieux dont l'origine est conjecturale —, qui prend le nom de Sergius IV. Son pontificat dure trois ans, jusqu'à sa mort le 12 mai 1012 — coïncidence chronologique étrange : exactement neuf ans, jour pour jour, après la mort de Sylvestre II. Sergius IV meurt quelques jours avant son propre patron Crescentius II, mort lui aussi à la mi-mai 1012 (peu avant l'élection de Benoît VIII le 18 mai). Avec cette double mort presque simultanée s'achève l'ère des Crescenzi sur la papauté.[63] [64]
La transition tusculane
À la mort de Crescentius II en mai 1012, une autre famille s'empare aussitôt du contrôle de Rome : les comtes de Tusculum, descendants directs de Théophylacte Iᵉʳ et de Marozia, qui avaient déjà fourni à l'Église les papes Jean XI (931-936), Jean XII (955-964) et Benoît VII (974-983) au Xᵉ siècle. Les Tusculans imposent Théophylacte de Tusculum comme nouveau pape — il prend le nom de Benoît VIII (1012-1024). Avec Benoît VIII commence une nouvelle séquence de trois papes tusculans (Benoît VIII, Jean XIX 1024-1032, Benoît IX 1032-1044) qui dominera la papauté pendant trente-deux ans, jusqu'au scandale de Benoît IX et à l'intervention de l'empereur Henri III au synode de Sutri en 1046.
Jean XVII, dans cette généalogie politique, est donc le premier pape de la séquence Crescentiane — la première des trois marionnettes installées par Jean Crescentius II, avant la victoire tusculane de 1012 et la grande crise de 1044-1046 qui appellera la réforme grégorienne.
Que reste-t-il de Jean XVII ?
Le 140ᵉ pape selon la liste officielle
Malgré sa brièveté, malgré le silence des chroniqueurs, malgré le caractère politique de son élection, Jean XVII figure dans la liste officielle des papes publiée par le Saint-Siège. La fiche Vatican.va lui assigne le rang de 140ᵉ pape de l'Église catholique et confirme son pontificat « 16.V.1003 — 6.XI.1003 ».[65] Cette stabilité numérique a une portée canonique : elle reconnaît la validité canonique de son élection (par compromis ecclésial ou sous pression politique, mais selon les formes acceptées de l'époque), et la régularité sacramentelle de son ministère pendant cinq mois et trois semaines, comptés depuis l'élection du 16 mai.
Aucun concile, aucune bulle ultérieure, aucune décrétale postérieure n'a jamais contesté la légitimité de Jean XVII. Il est, à la différence de l'antipape Jean XVI Filagathos rayé de la liste, un vrai pape. Cette légitimité tient à un critère purement formel : son élection a été acceptée par le clergé romain présent en mai 1003, sa consécration épiscopale a été régulière (13 juin 1003), et sa mort le 6 novembre 1003 a été suivie d'une élection successorale (Jean XVIII en décembre 1003) qui n'a jamais revendiqué une rupture de continuité.
Un nom inscrit dans la généalogie pontificale
Le nom de Jean XVII pose, comme on l'a vu, une difficulté arithmétique liée à l'antipape Jean XVI Filagathos. Aujourd'hui, la numérotation officielle est stabilisée : Jean XVII de 1003, Jean XVIII de 1003-1009, Jean XIX de 1024-1032, Jean XXI de 1276-1277 (avec le saut du Jean XX, jamais existé), Jean XXII de 1316-1334, ainsi de suite jusqu'à Jean XXIII (1958-1963), pape du Concile Vatican II. Saint Jean XXIII, en choisissant ce nom de règne en 1958, s'inscrivait dans une lignée qui passait par notre Sicco.[66]
Une référence patrimoniale modeste
Dans la galerie des médaillons de la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, qui présente les portraits idéaux de tous les papes depuis saint Pierre, Jean XVII figure à sa place chronologique, entre Sylvestre II et Jean XVIII. Aucun portrait historique authentique de lui n'est conservé ; les représentations modernes sont des compositions iconographiques idéales — visage barbu, tiare, ornements liturgiques — sans valeur biographique. La galerie actuelle a été reconstituée après l'incendie de 1823, mais reprend une tradition iconographique remontant au Vᵉ siècle : Léon le Grand avait entrepris de représenter tous les papes dans une série de médaillons peints de la nef centrale, principe repris par Pie IX en 1847 avec des médaillons en mosaïque sur fond d'or.[67]
L'épigraphe de 1040 à Sainte-Agathe-des-Goths, qui aurait constitué le second monument à sa mémoire, n'est plus visible aujourd'hui — l'inscription, encore conservée au début du XVIᵉ siècle selon Sennis, a depuis disparu ; seules les transcriptions humanistes en préservent le souvenir.[68]
Une leçon historique
Jean XVII est, mesurée à la densité de ses archives, l'un des papes les plus pauvres de l'histoire pontificale. Cinq mois et trois semaines de pontificat, aucune bulle conservée, aucun écrit personnel, aucun portrait authentique, une activité dont « rien ne nous est parvenu », une mort naturelle sans drame, une sépulture aujourd'hui perdue, une épitaphe de deux vers laconiques, une tradition familiale dont l'interprétation est ambiguë, et une seule action attribuée — la mission slave — dont l'attribution même est conjecturale.
Et pourtant l'Église ne mesure pas ainsi ses papes. Elle mesure la régularité canonique de leur élection, la validité sacramentelle de leur ministère, leur place dans la succession apostolique. À ce titre, Jean XVII est un vrai pape — le 140ᵉ — et son nom continue de figurer, plus de mille ans plus tard, dans la liste officielle du Saint-Siège. L'Église ne s'effondre pas quand le pape ne règne que cinq mois sans gloire, si ces cinq mois sont tenus selon les formes et reçus dans la grâce du sacrement : c'est le principe canonique de continuité apostolique qui le veut ainsi, et c'est ce principe qui fonde la place du pontificat de Sicco dans la succession apostolique.[69] [70]
C'est précisément ce que dit l'épitaphe laconique du Latran : « On voit ici le tombeau de celui que l'on dit être Jean, le pontife suprême ; ainsi était-il appelé. » Pas de vertus louées, pas de hauts faits rappelés — seulement la fonction : il a été pape. Cela suffit à la mémoire ecclésiale.
Chronologie
| Date | Événement | Source principale |
|---|---|---|
| 24 janvier 1002 | Mort de l'empereur Otton III à Paterno (Italie) ; fin du programme de renovatio imperii Romanorum | Thietmar de Mersebourg, Chronicon |
| 1002 (après janvier) | Jean Crescentius II, fils de Crescentius le Nomentan, prend le titre de patricius Romanorum à Rome | Catholic Encyclopedia, Treccani |
| 7 juin 1002 | Henri II élu roi de Germanie ; vacance impériale durable pour l'Italie | Thietmar de Mersebourg, Chronicon |
| 12 mai 1003 | Mort du pape Sylvestre II (Gerbert d'Aurillac) à Rome ; fin de la papauté ottonienne | Vatican.va, Catholic Encyclopedia |
| 16 mai 1003 | Élection de Sicco comme pape Jean XVII, imposé par Crescentius II | Saint-Siège, fiche officielle |
| 13 juin 1003 | Consécration épiscopale de Jean XVII (selon la Catholic Encyclopedia) | Kirsch, Catholic Encyclopedia 1910 |
| Été 1003 (?) | Délivrance probable mais conjecturale de la licentia missionnaire à saint Bruno de Querfurt et Benoît de Bénévent | Vita quinque fratrum Poloniae, Treccani |
| Avant novembre 1003 (?) | Les Cinq Frères gagnent la Pologne et s'établissent près de Międzyrzecz sous la protection du duc Bolesław Iᵉʳ Chrobry (date exacte du départ non établie) | Vita quinque fratrum Poloniae |
| 6 novembre 1003 | Mort de Jean XVII à Rome ; sépulture probable à la basilique du Latran | Vatican.va, Catholic Encyclopedia, Treccani |
| Nuit du 10-11 novembre 1003 | Massacre des Cinq Frères martyrs de Pologne (Benoît, Jean, Isaac, Mathieu, Krystyn) près de Międzyrzecz | Vita quinque fratrum Poloniae |
| Décembre 1003 | Élection de Jean XVIII (Fasanus) par Crescentius II ; canonisation prochaine des Cinq Frères | Vatican.va, Treccani |
| 1004 ou 1005 | Canonisation des Cinq Frères martyrs par Jean XVIII | Catholic Encyclopedia |
| Vers 1008 | Bruno de Querfurt rédige la Vita quinque fratrum Poloniae (lieu de rédaction non établi) | éd. MGH Scriptores |
| 14 février ou 9 mars 1009 (certaines notices donnent le 14 mars) | Bruno de Querfurt martyrisé chez les Pruthènes (Prusse païenne) | Vita Brunonis, Treccani |
| Juillet 1009 | Abdication de Jean XVIII ; élection de Sergius IV (Pierre Bouche-de-Porc) par Crescentius II | Vatican.va |
| 12 mai 1012 | Mort de Sergius IV ; quelques jours plus tard, mort de Jean Crescentius II ; fin de l'ère Crescentiane | Catholic Encyclopedia, Treccani |
| 18 mai 1012 | Élection de Théophylacte de Tusculum comme Benoît VIII ; retour des Tusculans | Vatican.va |
| 14 février 1014 | Couronnement impérial d'Henri II par Benoît VIII à Rome | Thietmar de Mersebourg |
| 1040 | Inscription dédicatoire à Sainte-Agathe-des-Goths : Jean évêque de Préneste, Pierre diacre, André secundicerius, « avi cretos Siconis sanguine papae » | Treccani, transcriptions humanistes |
| Vers 1170 | Jean Diacre du Latran rédige son Liber de Ecclesia Lateranensi et transcrit l'épitaphe de Jean XVII | Jean Diacre, éd. Valentini-Zucchetti |
| 1075 | Grégoire VII engage la réforme grégorienne ; combat contre simonie et nicolaïsme ; célibat ecclésiastique imposé | Dictatus papae, 1075 |
| XXᵉ siècle | Jean XVII maintenu comme 140ᵉ pape dans l'Annuario Pontificio ; Jean XVI Filagathos exclu comme antipape | Annuario Pontificio |
Synthèse
Jean XVII appartient à cette catégorie singulière de pontifes que l'histoire retient sans avoir grand-chose à en dire — papes éphémères, élus dans des circonstances politiques tendues, qui n'ont eu ni le temps ni les moyens d'imposer une politique propre. À leurs côtés figurent Léon V (903), Jean Paul Iᵉʳ (1978, 33 jours) ou Urbain VII (1590, 12 jours). Mais là où ces derniers ont laissé une trace iconographique forte ou une réputation de sainteté, Jean XVII demeure presque entièrement anonyme : aucune image authentique, aucune bulle conservée, aucune œuvre propre, aucun témoignage contemporain personnel.
Sa figure tient pourtant en trois traits qui méritent la mémoire encyclopédique.
Premièrement, il est le premier pape de l'ère post-ottonienne — celui qui ouvre une période où la papauté redevient pour un temps une proie de l'aristocratie romaine. Avec lui commence la séquence des trois « papes Crescentiani » (1003-1012) qui prolonge, dans un cadre apparemment plus discret que celui du saeculum obscurum du Xᵉ siècle, le même mécanisme de capture du Saint-Siège par une famille civile. La rupture viendra neuf ans plus tard avec les Tusculans, puis soixante-douze ans plus tard avec Grégoire VII.
Deuxièmement, il est, par la tradition familiale rattachée à son nom — fondée ou non sur l'épigraphe de 1040 —, un témoin culturel du clergé pré-grégorien. Que Sicco ait ou non été marié et père de famille, l'inscription de Sainte-Agathe-des-Goths montre qu'il existait à Rome, à la première moitié du XIᵉ siècle, des familles ecclésiastiques qui pouvaient se dire de sang papal — un monde clérical où la dynastie biologique n'était pas un scandale. Ce monde s'éteindra dans les décennies suivantes sous l'impulsion réformatrice.
Troisièmement, il est, par la tradition de la mission slave, attaché à un des grands gestes missionnaires de l'an mille : l'évangélisation des peuples slaves orientaux par Bruno de Querfurt et Benoît de Bénévent. Que la licentia ait été délivrée par Sylvestre II avant lui, par lui-même, ou par Jean XVIII après lui, peu importe au regard de l'événement : à l'orée du second millénaire, l'Église romaine envoie ses moines vers les païens de l'Est, et le sang des Cinq Frères martyrs scelle dans la nuit du 10 au 11 novembre 1003 — quatre jours après la mort de Jean XVII — le premier témoignage chrétien de la Pologne moderne.
Cinq mois, vingt-et-un jours. Une épitaphe de deux vers. Une tombe perdue. Et pourtant un nom inscrit, à jamais, dans la succession apostolique : Iohannes XVII, papa.
Pour aller plus loin
Articles connexes
- Pape Sylvestre II (Gerbert d'Aurillac, 999-1003)
- Pape Jean XVIII (Fasanus, 1003-1009)
- Pape Sergius IV (Pierre Bouche-de-Porc, 1009-1012)
- Pape Benoît VIII (1012-1024)
- Pape Jean XIX (1024-1032)
- Antipape Jean XVI Filagathos (997-998)
- Pape Grégoire V (996-999)
- Saint Bruno de Querfurt (vers 974-1009)
- Les Cinq Frères martyrs de Pologne (1003)
- Jean Crescentius II, patrice de Rome (1002-1012)
- La réforme grégorienne
- Le saeculum obscurum (904-964)
- Le Liber Pontificalis
- La basilique Saint-Jean-de-Latran
Sources principales
- Saint-Siège, fiche officielle Iohannes XVII, liste des souverains pontifes : 140ᵉ pape, 16.V.1003 — 6.XI.1003, originaire de Rome, nom de baptême Siccone. URL : https://www.vatican.va/content/vatican/en/holy-father/giovanni-xvii.html
- Liber Pontificalis, notice de Jean XVII, éd. Louis Duchesne, Le Liber Pontificalis, t. II, Paris, Ernest Thorin, 1892, p. 265. Notice extrêmement brève, typique pour cette période chaotique de la papauté.
- Jean Diacre du Latran, Liber de Ecclesia Lateranensi, vers 1170, dédié à Alexandre III. Édition critique : Codice topografico della città di Roma, éd. Roberto Valentini et Giuseppe Zucchetti, vol. III, Rome, Istituto Storico Italiano per il Medio Evo, 1946.
- Bruno de Querfurt, Vita quinque fratrum Poloniae (Passio sanctorum Benedicti et Iohannis ac sociorum eorundem), vers 1008, éd. MGH Scriptores, t. XV, partie 2, Hanovre, 1888.
- Thietmar de Mersebourg, Chronicon, vers 1018, éd. MGH Scriptores rerum Germanicarum, Nova series, t. IX, Berlin, 1935. Source contemporaine sur la situation romaine post-Otton III.
- Catalogus pontificum Romanorum (catalogue romain de la fin du XIᵉ siècle), éd. Georg Waitz, MGH Scriptores, t. XXIV, 1879.
- Antonio Sennis, art. Giovanni XVII, Enciclopedia dei Papi, vol. II, Rome, Istituto della Enciclopedia Italiana Treccani, 2000. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/giovanni-xvii_(Enciclopedia-dei-Papi)/
- Johann Peter Kirsch, art. Pope John XVII (XVIII), Catholic Encyclopedia, vol. VIII, New York, Robert Appleton Company, 1910 ; transcription New Advent. URL : https://www.newadvent.org/cathen/08428b.htm
Notes et sources
Notes et références
Saint-Siège, fiche officielle Iohannes XVII, liste des souverains pontifes : 140ᵉ pape de l'Église catholique, pontificat 16.V.1003 — 6.XI.1003, né à Rome, nom de baptême Siccone (fiche consultée et vérifiée le 4 octobre 2026 : rang 140, « 16.V.1003 — 6.XI.1003 », Siccone). URL : https://www.vatican.va/content/vatican/en/holy-father/giovanni-xvii.html
1 13 21 28 30 53 65 69Antonio Sennis, art. Giovanni XVII, Enciclopedia dei Papi, vol. II, Rome, Istituto della Enciclopedia Italiana Treccani, 2000, pp. 125-126 (texte italien vérifié verbatim en ligne le 4 octobre 2026). Libellés italiens originaux : nom « Il suo nome era Giovanni, ma era soprannominato "Sicco" » ; père « figlio di un non meglio identificato Giovanni » (d'après un catalogue de la fin du XIᵉ siècle, cf. Le Liber pontificalis, p. 265) ; origine « probabilmente della Biberatica, l'area della città compresa tra la colonna di Traiano e la basilica dei SS. Apostoli » (avec signalement d'une information divergente sur la regio : un catalogue de pontifes inséré dans le manuscrit du martyrologe de Sainte-Marie-du-Trastevere, Londres, British Library, Add. 14801, cc. 208v-211, éd. MGH Scriptores, XXIV, Waitz 1879, pp. 81-85, cfr p. 84, indique une « regio Sancti Clementis » ; Sennis juge ce catalogue peu fiable ici car il ne donne que trente jours de pontificat à Jean XVII) ; élection « avvenuta verosimilmente il 16 maggio 1003 » due à « Giovanni II Crescenzi » ; sur la licentia missionnaire : « Tuttavia l'identificazione di G. con il papa in questione è del tutto congetturale, e basata su una cronologia degli eventi affatto ipotetica » ; sur l'épigraphe de 1040 : inscription commandée par « tre fratelli » (Jean évêque de Palestrina, Pierre diacre, André secundicerius) se déclarant « avi cretos Siconis sanguine papae » ; mort « il 6 novembre 1003 », « probabilmente sepolto in Laterano » ; vers 1170, « Giovanni Diacono segnalò infatti l'esistenza della sua tomba tra i due portali della facciata principale, riportando inoltre i primi due versi dell'epigrafe funeraria ». URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/giovanni-xvii_(Enciclopedia-dei-Papi)/
2 6 7 10 12 14 23 27 31 32 34 35 37 40 41 44 50 52 55 58 68 70Johann Peter Kirsch, art. Pope John XVII (XVIII), Catholic Encyclopedia, vol. VIII, Robert Appleton Company, New York, 1910 ; transcription New Advent (texte anglais vérifié verbatim le 4 octobre 2026). Donne : « A Roman, Sicco, was first elected, and consecrated on 13 June as John XVII, but died on 6 November » (l'année 1003 ressort du contexte : mort de Sylvestre II le 12 mai 1003 dans la phrase précédente) ; avant son ordination « he had been married, and had three sons who also became ecclesiastics » ; sur ses activités pontificales « Concerning his activities during the few months of his pontificate nothing has come down to us » ; le titre « Pope John XVII (XVIII) » avec parenthèse signale la confusion numérologique liée à l'antipape Jean XVI Filagathos ; sur le contexte politique « When Sylvester II died on 12 May, 1003, there was no actual authority in Rome which could curb the nobles. Thus the faction of Crescentius again won the upper hand ». Kirsch ne donne aucune durée chiffrée du pontificat et n'emploie jamais le mot « puppet » ni « marionnette ». Sources citées par Kirsch : Liber Pontif., éd. Duchesne, II, 265 ; Jaffé, Regesta, I (2ᵉ éd.), 501 ; Langen, Gesch. der röm. Kirche, III, 401. URL : https://www.newadvent.org/cathen/08428b.htm
3 11 16 22 26 29 43 54art. John XVII, Pope, New Catholic Encyclopedia (notice signée W. M. Plöchl), version Encyclopedia.com, texte anglais vérifié verbatim le 4 octobre 2026. Donne : pontificat « May 16 to Nov. 6, 1003 » ; « He was a native of Rome, called John Sicco » ; « John was made pope by the patricius Crescentius III » ; « Before he had taken orders he had been married and was father of three sons, who also became ecclesiastics » (affirmation reprise sans réserve : c'est cette notice, et non la Catholic Encyclopedia de Kirsch, qui porte le jugement politique) ; « There exist no reports of the activities of his short pontificate, except the fact that he was obviously a puppet of the Crescentii » — « il était manifestement une marionnette des Crescenzi » (traduction). Cette notice ne dit rien de la fragilité documentaire de la tradition des trois fils : le jugement de fragilité vient de Sennis (Treccani, 2000, voir note précédente). URL : https://www.encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/john-xvii-pope
4 8 33 42Sur le patrice et sa numérotation : Antonio Sennis (Treccani, 2000, voir note précédente) le nomme « Giovanni II Crescenzi » — numérotation reprise par la Wikipédia anglophone actuelle (« John II Crescentius (died 1012) », page consultée le 4 octobre 2026) ; la numérotation « Jean Crescentius III », employée par une partie de l'historiographie et par l'ancienne version de cette même notice Wikipédia, désigne le même homme et est désormais abandonnée. Il s'agit du fils de Crescentius le Nomentan exécuté par Otton III en 998, patricius Romanorum de 1002 à sa mort en mai 1012, qui impose successivement Jean XVII, Jean XVIII et Sergius IV avant le retour des Tusculans avec Benoît VIII. Le corps de l'article retient la numérotation II ; son père est nommé sans numéro (Crescentius le Nomentan) pour éviter toute confusion. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/John_Crescentius
5 18 64Jean Diacre du Latran, Liber de Ecclesia Lateranensi, vers 1170 (chanoine du Latran, texte dédié au pape Alexandre III). Référence d'édition donnée par Sennis (Treccani, 2000) : Liber de ecclesia lateranensi, in Patrologia Latina, vol. CXCIV, col. 1552. Localisation : la tombe se trouvait au Latran entre les deux portails de la façade principale (Sennis : « tra i due portali della facciata principale »). L'épitaphe, en deux vers, est reproduite par Sennis sous la forme : « Cernitur hic tumulus qui praesul dicitur esse / summi Iohannis, sic quoque [da correggere probabilmente in Sicquoque con allusione all'appellativo di G.] dictus erat » — « On voit ici le tombeau de celui que l'on dit être Jean, le pontife suprême ; ainsi était-il appelé » (traduction). La correction éditoriale Sicquoque et l'allusion au surnom Sicco sont de Sennis, entre crochets dans son article.
9 56 57 59Bruno de Querfurt, Vita quinque fratrum Poloniae (Passio sanctorum Benedicti et Iohannis ac sociorum eorundem), vers 1008 (lieu de rédaction non établi par les sources consultées). Édition critique : MGH Scriptores, t. XV, partie 2, Hanovre, 1888, pp. 716-738. Bruno y mentionne explicitement sa propre négligence à obtenir et transmettre la licentia papale pour la mission de Benoît de Bénévent, sans nommer explicitement le pape concerné. C'est l'absence de cette identification nominale qui permet à Sennis (Treccani 2000) de qualifier l'attribution traditionnelle à Jean XVII de « tout à fait conjecturale ».
15 48Wikipédia (en), art. Otto III, Holy Roman Emperor, consultée le 4 juin 2026. Précise : empereur 996-1002, fils d'Otton II et de Théophanu, programme de renovatio imperii Romanorum, installation de Grégoire V (996) puis Sylvestre II (999), répression des Crescenzi à Rome (998), mort à Paterno le 24 janvier 1002 à l'âge de 21 ans. Décapitation de Crescentius le Nomentan le 29 avril 998, mutilation de l'antipape Jean XVI Filagathos. Date de la mort tranchée : le 24 janvier 1002 est donné par la Catholic Encyclopedia (« d. at Paterno, 24 Jan., 1002 ») et par la Wikipédia anglophone actuelle (ainsi que par Gerd Althoff) ; seule la Britannica de 1911 donne le 23 janvier. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Otto_III,_Holy_Roman_Emperor
17 20Catholic Encyclopedia, art. Crescentius, vol. IV, New York, Robert Appleton Company, 1908 ; transcription New Advent (texte anglais vérifié verbatim le 4 octobre 2026) : après la prise du château Saint-Ange fin avril 998, « Crescentius was made prisoner and executed and his corpse hung on a gibbet erected on Monte Mario » — corps pendu à un gibet dressé sur le Monte Mario (traduction). URL : http://www.newadvent.org/cathen/04484c.htm
19Wikipédia (en), art. Patricius Romanorum, consultée le 4 juin 2026. Précise : titre conféré à l'origine par Charlemagne au VIIIᵉ siècle, désignant le chef laïc reconnu de Rome avec droit de tutelle sur l'élection pontificale ; revendiqué successivement par Théophylacte Iᵉʳ de Tusculum (†924), Marozia, Albéric II de Spolète (932-954), les Crescenzi (970-1012), puis les Tusculans (1012-1046). URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Patrician_(post-Roman_Europe)
24Wikipédia (en), art. Pope Sylvester II, et Catholic Encyclopedia vol. XIV, art. Pope Sylvester II, 1913. Précise : Gerbert d'Aurillac, né vers 945 en Auvergne, moine bénédictin, mathématicien, astronome, importateur des chiffres arabes en Occident, précepteur d'Otton III ; archevêque de Reims puis Ravenne ; pape à partir du 2 avril 999, premier pape français ; mort à Rome le 12 mai 1003. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Sylvester_II et https://www.newadvent.org/cathen/14370a.htm
25Wikipédia (en), art. Trajan's Market, page consultée le 4 octobre 2026. Précise : la Via Biberatica (du latin bibo, « boire », rue des tavernes et boutiques) traverse les marchés de Trajan, avec vue sur les marchés, le forum de Trajan et le Vittoriano. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Trajan%27s_Market
36Catalogus pontificum Romanorum (catalogue romain de la fin du XIᵉ siècle), édité par Georg Waitz dans les MGH Scriptores, t. XXIV, Hanovre, 1879. Source la plus ancienne identifiant le père de Jean XVII comme « un certain Jean » (filius cuiusdam Iohannis) sans patronyme transmis. Cette indication est reprise par Sennis (Treccani 2000).
38Wikipédia (fr), art. Famille Orsini, page consultée le 4 octobre 2026. Précise : le premier membre célèbre de la famille est un Bobone, père de Pietro, lui-même père de Giacinto de Boboni (1106-1198), devenu pape sous le nom de Célestin III en 1191. URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Orsini
39Wikipédia (en), art. Bruno of Querfurt, page consultée le 4 octobre 2026. Précise : « In 1001, Bruno entered a Benedictine monastery of Pereum, near Ravenna that Otto III had founded, and later underwent strict ascetic training under the guidance of Romuald » — Pereo, fondation d'Otton III où Bruno entra en 1001, formation ascétique sous Romuald (traduction). URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Bruno_of_Querfurt
45Wikipédia (en), art. Bruno of Querfurt, et Catholic Encyclopedia vol. III, art. Bruno of Querfurt, 1908. Précise : Bruno né vers 974 à Querfurt (Saxe), comte de famille saxonne ; chapelain d'Otton III ; moine bénédictin à Pereo près de Ravenne ; nommé archevêque-missionnaire et reçoit le pallium de Sylvestre II en 1001 ou tout début 1002 ; consacré archevêque par Tagino de Magdebourg en février 1004 (donc après la mort de Jean XVII) ; martyrisé le 14 février ou le 9 mars 1009 selon les notices (certaines donnent le 14 mars) chez les Pruthènes. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Bruno_of_Querfurt et https://www.newadvent.org/cathen/03018a.htm
46 51Wikipédia (en), art. Five Martyred Brothers (Cinque fratelli polacchi), consultée le 4 juin 2026. Précise : Benoît de Bénévent, Jean de Venise, Isaac, Mathieu et Krystyn (Christin) ; massacrés dans la nuit du 10 au 11 novembre 1003 près de Międzyrzecz (Meseritz) en Grande-Pologne sous la protection du duc Bolesław Iᵉʳ Chrobry ; canonisés par Jean XVIII en 1004 ou 1005. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Five_Martyred_Brothers
47 49Wikipédia (fr), art. Archibasilique Saint-Jean-de-Latran, page consultée le 4 octobre 2026. Précise : incendie dans la nuit du 6 mai 1308 sous Clément V, restauration achevée sous Jean XXII ; séisme en 1349, puis autre incendie en 1361, restauration par Urbain V (architecte Giovanni Stefani). URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Archibasilique_Saint-Jean-de-Latran
60Wikipédia (fr), art. Archibasilique Saint-Jean-de-Latran, page consultée le 4 octobre 2026. Précise : la nef et l'aménagement intérieur sont dus à Francesco Borromini, réalisation à la demande du pape Innocent X à l'occasion du jubilé de 1650 ; la mosaïque absidale actuelle est une refonte réalisée par les mosaïstes de Léon XIII (d'après Torriti et da Camerino). URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Archibasilique_Saint-Jean-de-Latran
61Johann Peter Kirsch, art. Pope John XVIII (XIX), Catholic Encyclopedia, vol. VIII, 1910 ; transcription New Advent (texte anglais vérifié verbatim le 4 octobre 2026) : « He was the son of a Roman priest named Leo, and, before his elevation to the papacy, his name was Phasianus » — fils d'un prêtre romain nommé Léon, nommé Phasianus avant son élévation ; successeur de Jean XVII, consacré à Noël 1003. Kirsch ne donne ni lieu de naissance précis ni titulature cardinalice. La tradition récente (Wikipédia anglophone, art. Pope John XVIII) le dit né à Rome dans la famille Fasano, fils d'un prêtre nommé Léon selon Kirsch, Ursus selon Mann ; la titulature « prêtre du titulus de Saint-Pierre de Rapide » n'est attestée par aucune de ces sources et a été retirée du corps de l'article. Pontificat décembre 1003 — 1009 ; canonise les Cinq Frères martyrs de Pologne (1004-1005). Les autres actes mentionnés dans le corps (Mersebourg, Bamberg au synode romain de juin 1007, pallium à Meingaud de Trèves et à Alphège de Cantorbéry, opposition à Létèric de Sens et Foulques d'Orléans pour l'abbé Goslin de Fleury) viennent du même article Kirsch (texte anglais vérifié verbatim le 4 octobre 2026). URL : https://www.newadvent.org/cathen/08429a.htm et https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_John_XVIII
62Wikipédia (en), art. Pope Sergius IV, consultée le 4 juin 2026. Précise : Pierre Martin Bucca-Porci (« Bouche-de-Porc »), pontificat juillet 1009 — 12 mai 1012, dernier pape de l'ère Crescentiane ; mort quelques jours avant son patron Jean Crescentius II (mort à la mi-mai 1012, peu avant l'élection de Benoît VIII le 18 mai). Une bulle appelant à chasser les musulmans de Terre sainte après la destruction du Saint-Sépulcre par le calife fatimide al-Hakim en 1009 lui est attribuée, mais son authenticité est débattue depuis longtemps : Carl Erdmann la tenait pour authentique, Aleksander Gieysztor y voyait un faux forgé vers l'époque de la première croisade pour justifier l'expédition. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Sergius_IV
63La numérotation des papes Jean est anormalement complexe en raison de l'antipape Jean XVI Filagathos (997-998) — antipape gréco-calabrais imposé par Crescentius le Nomentan, déposé puis mutilé par Otton III — et de l'inexistence d'un pape Jean XX (saut historique entre Jean XIX de 1024-1032 et Jean XXI de 1276-1277). L'erreur médiévale qui ajoutait par confusion un pape Jean XX a été corrigée par l'historiographie moderne, mais le saut numérique a été maintenu pour ne pas modifier la numérotation des Jean XXI et suivants. Il existe en outre un second antipape du même nom, Jean XXIII (Baldassarre Cossa, 1410-1415, déposé au concile de Constance) ; aucun pape ni antipape n'a en revanche jamais porté le numéro XX. Jean XXIII (Angelo Roncalli, 1958-1963), pape de Vatican II, est donc le vingt-troisième Jean officiellement reconnu malgré l'existence d'au moins un antipape du même nom dans l'histoire pontificale.
66Wikipédia (fr), art. Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, page consultée le 4 octobre 2026. Précise : Léon le Grand entreprend de représenter tous les papes dans une série de médaillons peints de la nef centrale ; après l'incendie de 1823, Pie IX reprend le même principe en 1847 avec des médaillons en mosaïque sur fond d'or. URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Basilique_Saint-Paul-hors-les-Murs
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