Jean XI, fils de la « Senatrix et Patricia » Marozia — de père incertain : Albéric Iᵉʳ de Spolète selon Mann et une partie de l'historiographie, le pape Sergius III selon Liutprand de Crémone et le Liber Pontificalis —, gouverne l'Église de Rome de mars 931 à décembre 935 ou janvier 936. Le Saint-Siège le compte comme le 125ᵉ pape de l'Église catholique, successeur d'Étienne VII et prédécesseur de Léon VII. Élu à environ vingt-et-un ans par la seule volonté de sa mère, il meurt dans sa vingt-cinquième année sous l'autorité de son demi-frère Albéric II de Spolète.[1][2][3]
Le pontificat se divise nettement en deux phases. De mars 931 à décembre 932, Jean XI sert la politique italienne de Marozia : à l'été 932, le mariage de sa mère avec Hugues de Provence, roi d'Italie, est célébré dans le Castel Sant'Angelo — la New Catholic Encyclopedia écrit que Jean XI lui-même en fut témoin (witnessed the ceremony), détail que le récit de Liutprand ne précise pas.[4][5] Mais c'est aussi au cours de cette première phase qu'il accorde — à la demande de l'abbé saint Odon de Cluny — la bulle Convenit apostolico moderamini (mars 931, JL 3584), qui confirme les privilèges de Cluny et de ses maisons dépendantes et appuie l'extension de sa réforme sur l'Aquitaine, le nord de la France et l'Italie.[6][7][8]
À partir de décembre 932, tout bascule. Le demi-frère du pape, Albéric II, à peine âgé de vingt ans, fomente une révolte armée à Rome contre Hugues et contre sa propre mère. Le Castel Sant'Angelo est pris d'assaut ; Hugues s'enfuit et se réfugie à Pavie ; Marozia est emprisonnée dans le castel, où elle reste détenue — jusqu'à sa mort vers 937 selon la chronologie majoritaire (voir ci-dessous) ; et le pape Jean XI, d'abord retenu prisonnier, est ensuite confiné au palais du Latran pour le restant de son pontificat. Albéric II se fait acclamer Princeps Romanorum. Pendant les trois années qui suivent, Jean XI est « réduit à l'exercice de ses seules fonctions purement spirituelles », selon la formule de Kirsch — les confirmations métropolitaines majeures (palliums d'Artaud de Reims en 933 et de Théophylacte de Constantinople, daté de 935 par Kirsch) sont accordées sous la tutelle d'Albéric II.[9][10]
Quand il meurt, à 25 ans environ, en décembre 935 ou janvier 936, Jean XI laisse une papauté juridiquement intacte mais politiquement réduite à néant. Ses quatre successeurs immédiats — Léon VII, Étienne VIII, Marin II et Agapet II — sont élus du vivant d'Albéric II, sous sa domination ; son neveu Jean XII, fils d'Albéric II, ne sera élu qu'en décembre 955, après la mort d'Albéric II (954), en vertu du serment arraché par Albéric mourant aux nobles romains.[11][12] Mais la bulle de mars 931 à Cluny — accordée avant la captivité — peut se lire — lecture proposée par le présent article, non causalité établie — comme portant en germe le mouvement qui, un siècle et demi plus tard, ébranlera précisément le système romain qui l'avait fait élire : dans cette lecture, la réforme clunisienne, puis la réforme grégorienne, libéreront le siège de Pierre de la tutelle aristocratique dont Jean XI avait été l'instrument et la victime.
« Par les intrigues de sa mère, qui gouvernait alors Rome, il fut élevé sur la Chaire de Pierre, et resta entièrement sous l'influence de la Senatrix et Patricia de Rome. [...] Le pape, éprouvé par la chute de sa mère, devint alors presque entièrement soumis à son frère, n'étant libre que dans l'exercice de ses devoirs purement spirituels. Toute autre juridiction fut exercée par l'intermédiaire d'Albéric — dans les affaires séculières comme dans les affaires ecclésiastiques. » — Johann Peter Kirsch, « Pope John XI », Catholic Encyclopedia, vol. VIII, New York, Robert Appleton Company, 1910 (traduction de l'anglais, texte vérifié sur New Advent et Wikisource ; original en note[13])
Pourquoi Jean XI mérite-t-il un article ?
Le pape qui a signé la bulle de Cluny (mars 931)
La bulle Convenit apostolico moderamini accordée en mars 931 à l'abbé saint Odon de Cluny (927-942, JL 3584) constitue, dans l'historiographie monastique, un jalon juridique majeur de la congrégation clunisienne. D'après le texte du privilège, conservé et confirmé par le Bullarium Cluniacense, Jean XI y confirme les privilèges de Cluny elle-même — moyennant un cens de dix sous tous les cinq ans, en signe de protection du Saint-Siège — et de plusieurs de ses maisons dépendantes, à la demande d'Odon. Avant 931, Cluny était une abbaye bénédictine déjà réformée mais sans appui pontifical formel pour étendre sa réforme ; la bulle de Jean XI confirme son exemption et appuie l'autorité d'Odon sur les maisons rattachées ainsi que l'accueil à Cluny de moines venus d'autres monastères.[14][15][16]
Selon les biographies modernes d'Odon, l'historien-chroniqueur Flodoard de Reims († 966) salue Odon, dans ses Annales à l'année 942 (nécrologie de l'abbé, mort à Tours), comme « Domnus Odo venerabilis abbas, multorum restaurator monasteriorum sanctaeque regulae reparator, Turonis obiit, et sepultus est apud Sanctum Julianum » — « seigneur Odon, vénérable abbé, restaurateur de nombreux monastères et réparateur de la Sainte Règle, mourut à Tours et fut enseveli à Saint-Julien » (texte continu, sans lacune).[17] La portée du geste est immense. Un siècle et demi plus tard, la réforme clunisienne comptera près d'un millier d'établissements en Europe occidentale (à la fin du XIIIᵉ siècle)[18][19] ; elle aura formé les esprits qui, sous Léon IX (1049-1054) puis surtout sous saint Grégoire VII (1073-1085), conduiront la réforme grégorienne et la libération du Siège apostolique de la tutelle aristocratique romaine. C'est précisément la tutelle dont Jean XI fut le produit et la victime.
Le site officiel de l'abbaye de Cluny confirme ce privilège de 931 autorisant la prise en charge d'autres monastères, et la New Catholic Encyclopedia (R. Grégoire) en décrit de même la portée : unir plusieurs abbayes sous la supervision d'Odon et recevoir à Cluny des moines d'abbayes non encore réformées.[20][21]
Dans la lecture proposée ici — sans Cluny, pas de réforme grégorienne ; sans la réforme grégorienne, pas de liberté du Siège romain vis-à-vis des comtes Theophylacti et de leurs descendants —, c'est l'ironie historique la plus profonde du pontificat de Jean XI : le pape tenu par le clan Théophylacte signe, dès la première année de son pontificat, le document qui, dans cette lecture, ruinera, un siècle et demi plus tard, la dynastie qui l'a fait élire. Cette filiation reste une lecture d'auteur, non une causalité démontrée.
Le pape fils de sa mère, frère de son geôlier
Au-delà du seul cas de Cluny, Jean XI offre à l'histoire ecclésiale un cas-limite : celui d'un pape physiquement séquestré par sa propre famille pendant la majorité de son pontificat. Le Liber Pontificalis ne donne pour cette période qu'une notice très brève (origine, paternité, durée) ; Liutprand rapporte la prise du pouvoir par Albéric, et Flodoard signale que le pape est tenu en détention par son frère. Aucune de ces sources ne théorise une réduction au « strictement liturgique » : cette lecture est celle de l'historiographie moderne, à commencer par Kirsch.[22][23][24][25]
Cette configuration politique extrême pose une question de droit que la théologie catholique traite en deux temps. D'un côté, la fonction sacerdotale subsiste objectivement, indépendamment des conditions politiques dans lesquelles elle est exercée : c'est le principe sacramentaire augustinien (De baptismo contra donatistas) — le sacrement demeure intègre même si le ministre est indigne. Les synodes de Rome et de Ravenne (898) sous Jean IX l'avaient appliqué en condamnant le synode cadavérique d'Étienne VI, en brûlant ses actes et en interdisant les réordinations des clercs ordonnés par Formose.[26] De l'autre, ce principe ne couvre ni les actes de gouvernement extorqués par la contrainte ni un ministre « contraint » — cas qu'Augustin ne traite pas : le droit actuel distingue la violence extérieure à laquelle on ne peut résister en aucune manière, qui rend l'acte comme non avenu (can. 125 §1 du Code de 1983, texte contrôlé sur vatican.va), des actes posés par crainte grave, qui demeurent valides en principe sauf disposition contraire du droit (can. 125 §2 ; nullité prévue par exemple pour le mariage contracté sous la contrainte, can. 1103, ou la renonciation à un office arrachée par la crainte, can. 188) — d'où la réserve, au cas par cas, sur les actes de gouvernement obtenus sous la contrainte (concile du Latran de mars 1112 déclarant nulles les concessions extorquées à Pascal II). Le cas du couronnement d'Arnulf, donné pour déclaré nul à Ravenne comme imposé par les armes, reste une lecture transmise par l'historiographie, non revérifiée sur pièce ici (cf. l'article voisin Jean IX, qui porte la même réserve). Quand Jean XI accorde depuis le Latran les palliums d'Artaud de Reims ou de Théophylacte de Constantinople sous la tutelle d'Albéric, la validité sacramentelle de ses ordinations n'est pas en cause ; la liberté de ses actes de juridiction, elle, reste discutable au cas par cas.
Un pontificat qui révèle ce que la papauté fait quand elle ne peut plus rien faire
Le pontificat de Jean XI est l'un des plus humiliés de toute l'histoire pontificale ; il est aussi l'un des plus révélateurs sur la nature de la fonction. Comme l'écrit Mann dans ses Lives of the Popes (vol. IV, p. 188) à propos des deux successeurs immédiats de Jean X — Léon VI et Étienne VII —, ceux-ci sont « de simples ombres dont nous connaissons à peine les entrées et les sorties ».[27] Mais l'institution survit. Aucun acte du pontificat n'invalide une ordination ; aucun document n'enseigne une fausse doctrine ; aucune décision sacramentaire n'est annulée par la postérité. La crise est politique et disciplinaire, non doctrinale.
C'est cette résilience institutionnelle qui distingue le pontificat de Jean XI d'une véritable apostasie. Le pape — encore libre de ses mouvements avant décembre 932, captif ensuite — continue d'ordonner, de confirmer, d'accorder des privilèges — dont, et c'est l'essentiel, celui de mars 931, accordé avant la captivité, qui amorce la réforme dont hériteront ses successeurs. La papauté du saeculum obscurum n'est pas une papauté éteinte : elle est une papauté contenue par des forces extérieures, dont la fonction sacramentaire demeure opérante.
Origine, famille, paternité
Une enfance romaine dans le clan Théophylacte
Jean XI naît à Rome vers 910.[28][29] Sa mère Marozia (vers 890 – vers 937) appartient au clan Théophylacte, la famille la plus puissante de Rome au tournant du Xᵉ siècle. Son grand-père Théophylacte de Tusculum († vers 924-925) a été le « sénateur des Romains » et le « maître des forteresses » sous Sergius III ; sa grand-mère Théodora, « senatrix et vestaratrix », est décrite par les chroniqueurs hostiles comme exerçant « le pouvoir sur la cité de Rome comme un homme ».[30][31]
C'est dans ce milieu — héritier direct des grandes aristocraties romaines de l'Antiquité tardive transformées en factions féodales — que Jean XI grandit, aux côtés notamment de sa tante Théodora la Jeune. Le pape de ces années-là, Jean X (914-928), figure majeure de la lutte anti-sarrasine en Italie, sera déposé puis assassiné en 928 sur l'ordre de Marozia.[32]
La paternité contestée : Sergius III ou Albéric Iᵉʳ de Spolète ?
La question de la paternité de Jean XI a divisé l'historiographie depuis le Xᵉ siècle. Deux thèses s'affrontent.
Thèse 1 — Liutprand et le Liber Pontificalis : Jean XI serait le fils naturel du pape Sergius III (904-911) et de Marozia, alors âgée de quinze ans. Liutprand de Crémone, dans son Antapodosis (vers 958-962), livre II, chapitre 48, écrit explicitement que Sergius III est le père de Jean XI. Le Liber Pontificalis, dans la notice CXXVIII éditée par Louis Duchesne, ouvre la biographie par la formule lapidaire : « Johannes, natione Romanus ex patre Sergio papa » — « Jean, romain de naissance, fils du pape Sergius ».[33][34][35]
Thèse 2 — Mann et l'historiographie critique : Jean XI serait le fils légitime d'Albéric Iᵉʳ de Spolète (premier mari de Marozia, mort vers 924), donc le frère plein d'Albéric II. Horace K. Mann tient l'attribution à Sergius pour douteuse (« highly doubtful »), soulignant le parti pris polémique de Liutprand — un chroniqueur lombard hostile à toute la lignée romaine et favorable à la cause impériale d'Otton Iᵉʳ — et le fait que Flodoard de Reims, source plus neutre, qualifie Jean XI de « frère » d'Albéric II sans jamais évoquer la paternité de Sergius.[36][37] Les synthèses critiques modernes ajoutent un double argument ex silentio : ni Auxilius de Naples — adversaire déclaré de Sergius III dans la querelle formosienne — ni Eugenius Vulgarius, son contemporain exact, ne mentionnent cette paternité (pièce reprise par la notice anglophone moderne). En sens inverse, Duchesne tient le témoignage du Liber Pontificalis pour distinct de celui de Liutprand et « beaucoup plus autorisé ».[38]
Le débat moderne n'est pas tranché. Plusieurs éléments doivent être pesés :
| Argument | Pro-Sergius (Liutprand) | Pro-Albéric Iᵉʳ (Mann) |
|---|---|---|
| Source primaire la plus ancienne | Liber Pontificalis, contemporain | Flodoard, Annales, contemporain |
| Cohérence chronologique | Plausible (Marozia née v. 890, Sergius pape 904-911) | Plausible (mariage Marozia/Albéric Iᵉʳ vers 909) |
| Témoin direct | Aucun | Aucun |
| Biais documentable | Liutprand polémiste, hostile au clan Théophylacte | Flodoard chroniqueur ecclésiastique pondéré |
| Reçu par la tradition | Tradition romaine majoritaire (Liutprand, Liber Pontificalis) | Historiographie critique (de Muratori à Mann et Llewellyn) |
Pour les besoins de l'article, le seul fait certain est que Jean XI est le fils de Marozia, demi-frère utérin (sinon frère plein) d'Albéric II, et que sa généalogie immédiate — quelle qu'en soit la paternité biologique — le rattache doublement au cœur du pouvoir aristocratique romain du début du Xᵉ siècle.
Cardinal-prêtre de Santa Maria in Trastevere
Avant son élection pontificale, Jean est cardinal-prêtre du titulus de Santa Maria in Trastevere, basilique romaine située sur la rive droite du Tibre, dans le quartier transtévérin.[39][40] La basilique, l'une des plus anciennes de Rome (fondation traditionnellement attribuée au pape Callixte Iᵉʳ au IIIᵉ siècle), est l'un des titres cardinalices majeurs de l'Église romaine.
L'attribution d'un titre romain à un fils de Marozia n'a rien d'exceptionnel : depuis l'élection de Sergius III en 904, le contrôle de la curie romaine par le clan Théophylacte permettait de placer les jeunes membres de la famille dans les postes ecclésiastiques de carrière. La date exacte et l'auteur de cette promotion cardinalice sont toutefois inconnus : le dictionnaire des cardinaux de Miranda la situe à une date inconnue entre 928 et 929, et Étienne VII — mort en février 931 — n'a créé aucun cardinal connu, ce qui exclut la création « en mars 931 par Étienne VII » reprise sans source par certaines notices modernes.[41] Quand vient l'heure de l'élection pontificale de 931, Jean est donc, canoniquement, un cardinal-prêtre romain en titre — l'élection est régulière en la forme, quoique manipulée sur le fond.
L'élection de mars 931
Étienne VII (selon certaines numérotations Étienne VIII) meurt à Rome vers la fin février 931, après un pontificat de deux ans et trois mois. Le siège est vacant ; il faut un nouveau pape. Marozia, depuis la chute de Jean X en juin 928 et la mort de Léon VI en décembre 928, n'a laissé régner que deux papes éphémères — Léon VI puis Étienne VII — avant d'imposer son propre fils.
En mars 931, à environ vingt-et-un ans, Jean est consacré pape sous le nom de Jean XI.[42][43] L'élection est entièrement orchestrée par Marozia, qui « obtint la papauté pour son fils », selon la formule de la New Catholic Encyclopedia.[44] Aucune contestation publique ne semble s'élever — le clan Théophylacte est, à cette date, sans rival dans Rome. Le pape porte les ornements liturgiques, exerce les fonctions cultuelles habituelles, et signe les premiers diplômes pontificaux ; mais toutes les décisions politiques importantes émanent du palais maternel.
La première phase du pontificat (mars 931 — décembre 932)
Une mère reine, un fils pape
Pendant les vingt et un mois environ qui séparent l'élection du coup d'État (mars 931 — décembre 932), Jean XI gouverne Rome conjointement avec Marozia. Sa mère porte les titres officiels de Senatrix et Patricia, attestés dans plusieurs diplômes du temps.[45] Les décrets pontificaux sortent du Latran, mais les convocations, les nominations diocésaines et les alliances diplomatiques sont décidées au palais maternel sur l'Aventin.
Cette double souveraineté mère/fils compte parmi les interventions les plus directes d'une femme laïque sur la décision papale — sa propre grand-mère Théodora avait déjà orchestré l'élection de Jean X. Les historiens du XIXᵉ et du XXᵉ siècle — Ferdinand Gregorovius, Philip Schaff, Horace K. Mann — ont vu dans cette configuration le type même de ce que des théologiens protestants allemands du XIXᵉ siècle ont nommé la « pornocratie », terme polémique qu'il faut manier avec précaution : le mot, frappé d'un puissant scandale moral, désigne moins une décadence sexuelle universelle de l'épiscopat romain qu'un régime politique précis dans lequel quelques familles aristocratiques romaines — Théophylacte, Crescentii, Tusculani — contrôlent l'accès au siège de Pierre.[46]
Le privilège accordé à saint Odon de Cluny (mars 931)
L'acte le plus important de cette première phase — et probablement du pontificat tout entier — est le privilège accordé en mars 931 à l'abbé Odon de Cluny.
Odon, deuxième abbé de Cluny (927-942), avait reçu sa charge dans une abbaye encore modeste mais déjà engagée dans la réforme bénédictine initiée par son fondateur Bernon († 927). Le but d'Odon était d'étendre la réforme au-delà de Cluny, en intégrant à son obédience d'autres maisons monastiques qui souhaitaient se réformer. Mais sans autorisation pontificale, une telle extension juridictionnelle se heurtait à la propriété privée des seigneurs laïcs qui possédaient les abbayes et à l'autorité des évêques diocésains sur les maisons religieuses de leur ressort.
La bulle de mars 931 (Convenit apostolico moderamini, JL 3584), sollicitée par Odon et accordée par Jean XI, fait sauter ces deux verrous. Selon les termes recueillis par les historiens monastiques modernes, le document :
- Confirme l'exemption canonique de Cluny vis-à-vis de l'autorité épiscopale ordinaire ;
- Confirme l'autorité d'Odon sur les abbayes rattachées à Cluny, dont plusieurs maisons dépendantes nommément visées ;
- Permet à Cluny de recevoir des moines venant d'autres maisons, « parce que la plupart des autres maisons s'écartent de leur intention première » ;
- Garantit la libre élection de l'abbé de Cluny par sa communauté, à l'exclusion de toute intervention laïque.[47][48][49]
C'est, en germe, un fondement juridique décisif de la congrégation clunisienne.
La portée du geste se mesure à long terme : le réseau clunisien, encore modeste sous Odon, s'étend génération après génération jusqu'à compter près d'un millier d'établissements à la fin du XIIIᵉ siècle, sur l'ensemble de l'Europe occidentale.[50][51] C'est à ce réseau que l'historiographie rattache souvent la formation d'Hildebrand — le futur saint Grégoire VII —, attribution discutée, et c'est lui qui fournira au XIᵉ siècle les cadres de la réforme grégorienne. La bulle de Jean XI à Cluny est, dans cette perspective historique large, l'un des actes pontificaux marquants du Moyen Âge central.
Le mariage de Marozia et Hugues d'Italie au Castel Sant'Angelo (été 932)
Au printemps ou à l'été 932, Marozia — veuve de son deuxième mari Guy de Toscane (mort en 929) — épouse en troisièmes noces le roi d'Italie Hugues de Provence (vers 880 – 10 avril 948, roi d'Italie depuis 926). L'objectif politique est clair : faire d'Hugues, par sa reconnaissance comme empereur d'Occident par son beau-fils le pape Jean XI, le successeur de la dignité impériale restée vacante depuis la mort de Bérenger Iᵉʳ en 924.[52][53]
Le mariage a lieu dans le Castel Sant'Angelo — l'ancien mausolée d'Hadrien, reconverti en forteresse et résidence des Théophylacte — et Liutprand de Crémone le rapporte dans son Antapodosis (livre III, éd. Becker, MGH).[54] La New Catholic Encyclopedia précise que Jean XI lui-même, fils de la mariée, fut témoin de la cérémonie (witnessed the ceremony) ; Liutprand ne nomme pas l'officiant, et l'idée d'une bénédiction par le pape reste donc une tradition rapportée.[55]
L'événement est doublement scandaleux pour la conscience canonique de l'époque :
- Hugues passerait pour le demi-frère de Guy de Toscane, deuxième mari de Marozia (tous deux donnés pour fils de Berthe de Lorraine), ce qui placerait le mariage dans un degré canoniquement prohibé d'affinité. Or Hugues, selon Liutprand, niait toute parenté — allant jusqu'à interdire à Lambert de Toscane de se dire son demi-frère —, négation qui, dans son argumentation, écartait l'empêchement.[56]
- Le pape aurait assisté lui-même au remariage de sa mère, configuration sans précédent dans l'histoire romaine — sous la réserve formulée ci-dessus.
La population de Rome est ulcérée. Liutprand de Crémone et Benoît du Soracte rapportent l'hostilité des Romains à l'égard d'un étranger lombard-bourguignon comme Hugues prenant le contrôle du Castel Sant'Angelo ; Flodoard, plus sobre, note pour 933 la détention du pape par son frère.[57][58][59] La fronde populaire offre à Albéric II l'occasion qu'il cherchait.
Le coup d'État d'Albéric II (décembre 932)
La révolte du Castel Sant'Angelo
Quelques mois après le mariage — selon les sources convergentes, en décembre 932 —, Albéric II, demi-frère du pape, alors âgé d'environ vingt ou vingt-et-un ans, lève contre Hugues et contre sa propre mère une émeute populaire armée. Deux récits divergent sur le déclencheur :
- Selon Liutprand de Crémone (Antapodosis) : pendant un banquet officiel au Castel Sant'Angelo, Albéric II versait l'eau cérémonielle sur les mains d'Hugues comme l'imposait le protocole italien. Il en renversa accidentellement. Hugues le gifla publiquement, ce qu'Albéric prit comme une humiliation insupportable. Il quitta la table, ameuta la foule romaine sur le mépris des Romains dont les étrangers transalpins se rendaient coupables, et précipita la révolte.[60][61]
- Selon Benoît du Soracte : Albéric aurait découvert un complot d'Hugues visant à le faire aveugler — pratique politique courante au Xᵉ siècle pour éliminer un rival sans avoir à le tuer. L'attaque préventive était donc justifiée par la défense de la vie.[62]
Les deux récits ne sont pas exclusifs : la gifle peut avoir révélé à Albéric une hostilité plus profonde qui s'accordait avec un projet d'aveuglement. Quelle qu'en soit la cause exacte, la foule romaine — ralliée à Albéric — prend d'assaut le Castel Sant'Angelo.
Marozia jetée en prison, Hugues en fuite
L'assaut populaire est victorieux. Hugues, surpris dans le castel, s'échappe par une corde lancée depuis la fenêtre haute (selon Liutprand) et se réfugie en hâte à Pavie, en Italie du Nord, où il conserve son royaume d'Italie.[63][64]
Marozia, emprisonnée dans le castel par son propre fils, y reste détenue plusieurs années selon la plupart des sources. Sa date de mort exacte est incertaine : la chronologie majoritaire la situe vers 937 ; Schaff envisage une mort dans un couvent.[65]
Le pape captif du Latran
Jean XI, présent au castel pendant l'assaut, est lui aussi emprisonné dans un premier temps avec sa mère. Mais Albéric II, comprenant l'intérêt politique de conserver une papauté formellement en place et entièrement subordonnée, relâche son demi-frère après quelques jours et le confine au palais du Latran, résidence canonique des papes. Selon Kirsch, le pape devient alors « presque entièrement soumis à son frère, n'étant libre que dans l'exercice de ses fonctions purement spirituelles ».[66][67][68]
Cette assignation à résidence durera jusqu'à la mort du pape. Pendant toute cette période :
- Aucun diplôme pontifical important n'est signé sans l'aval d'Albéric ;
- Les palliums étrangers (Reims en 933, Constantinople en 935 selon Kirsch) sont accordés sous la tutelle d'Albéric ;
- Les fonctions strictement liturgiques — messe, ordinations, confirmations, consécrations d'huiles — sont maintenues.[69][70]
Albéric II, lui, prend le titre de Princeps Romanorum (« Prince des Romains »), attesté dans les diplômes du temps — dont une bulle de Léon VII pour Subiaco (936).[71]
Le pontificat sous tutelle (933-935)
Le pallium à Artaud de Reims (933)
Le premier acte ecclésiastique notable de la phase Albéric II du pontificat est l'octroi, en 933, du pallium — symbole de la juridiction métropolitaine — à Artaud (parfois orthographié Artold), nouvel archevêque de Reims.[72][73][74]
Le contexte rémois est lourd. Depuis 925, le siège de Reims était occupé canoniquement par un enfant, Hugues de Vermandois (alors âgé de cinq ans), fils du puissant comte Herbert II de Vermandois, propriétaire territorial dominant du nord-est de la France. Cette nomination dynastique — typique du Xᵉ siècle franc — était un scandale canonique rééditant la pratique régulière de placer les sièges épiscopaux comme propriétés patrimoniales des grandes familles. En 931, le roi de France Raoul (Rodolphe) avait décidé de mettre fin à cette situation en imposant Artaud, un moine de Saint-Remi de Reims, comme archevêque alternatif.[75]
L'octroi du pallium par Jean XI en 933 confirme canoniquement la nomination d'Artaud contre celle du jeune Hugues de Vermandois — décision lourde de conséquences diplomatiques pour le royaume franc. Kirsch précise que le pallium fut donné « à l'instance d'Albéric » (at the instance of Alberic) ; on peut y lire un intérêt politique pour Albéric II : appuyer le roi Raoul contre les Vermandois.[76]
La suite donnera raison à la fragilité canonique du Xᵉ siècle : en 940, Herbert II de Vermandois, allié à Hugues le Grand, chassera Artaud de Reims par les armes et rétablira son fils Hugues de Vermandois sur le siège métropolitain. C'est le pape Étienne VIII qui, en 942, renouvellera le pallium à Hugues (cf. l'article voisin) — preuve de la précarité des décisions canoniques que la papauté du saeculum obscurum peut imposer dans le royaume franc.[77]
Le pallium à Théophylacte de Constantinople (935)
L'autre grand pallium du pontificat est celui accordé au patriarche de Constantinople Théophylactus. L'affaire est plus délicate encore que celle de Reims.
En 931-932, l'empereur byzantin Romain Iᵉʳ Lécapène (920-944) avait fait déposer le patriarche Tryphon (928-931) pour placer sur le siège constantinopolitain son propre fils Théophylactus, alors âgé de seize ans et installé le 2 février 933. Cette nomination dynastique — comparable point par point à celle de Hugues de Vermandois à Reims — avait suscité une vive opposition au sein du clergé byzantin. Pour la valider canoniquement, l'empereur Romain avait sollicité la confirmation du Siège romain et le pallium pontifical comme signe d'unité avec l'Église latine.[78]
La datation de la réponse romaine est discutée. Selon Kirsch, le pallium ne fut accordé qu'en 935, « à l'instance d'Albéric » (at the instance of Alberic).[79] La notice anglophone, suivant l'Oxford Dictionary of Byzantium, rapporte au contraire un soutien obtenu de Jean XI dès 933, et la New Catholic Encyclopedia note des relations cordiales avec l'empereur byzantin.[80][81] En l'état des sources, aucune « résistance initiale » du pape, ni aucun calcul documenté de Marozia ou d'Albéric sur ce dossier, ne sont établis : ces lectures restent des hypothèses, retirées ici.
Tout passe par Albéric II
Au-delà de ces deux dossiers majeurs, la quasi-totalité des décisions ecclésiastiques de l'époque s'effectue par l'intermédiaire d'Albéric II. Le pape signe ; le prince décide.
Cette dépendance est décrite par Kirsch en ces termes :
« Le pape, éprouvé par la chute de sa mère, devint alors presque entièrement soumis à son frère, n'étant libre que dans l'exercice de ses devoirs purement spirituels. Toute autre juridiction fut exercée par l'intermédiaire d'Albéric — dans les affaires séculières comme dans les affaires ecclésiastiques. C'est à l'instance d'Albéric que le pallium fut donné à Théophylacte, patriarche de Constantinople (935), ainsi qu'à Artaud, archevêque de Reims (933). » (traduction ; original en note[82]) — Johann Peter Kirsch, « Pope John XI », Catholic Encyclopedia[83]
La nuance — « dans les affaires séculières comme dans les affaires ecclésiastiques » — est capitale. L'historiographie ancienne tendait à présenter la captivité du pape comme politique uniquement, en laissant intacts les actes proprement religieux. La lecture de Kirsch est plus exigeante : les confirmations épiscopales elles-mêmes — alors largement négociées avec les pouvoirs locaux, comme le montrent les cas de Reims et de Constantinople — sont dictées par Albéric II. Seul l'exercice de la juridiction est entravé de fait : Albéric contrôle les diplômes et les confirmations, sans que la juridiction elle-même change de titulaire — ce qui laisse ouverte, au cas par cas, la question de la validité des actes ainsi obtenus (voir ci-dessus, « Le principe ecclésiologique »).
La permanence de la fonction sacramentaire
Le pape réduit aux actes « purement spirituels »
La formule est celle de Kirsch (Catholic Encyclopedia, 1910) : Jean XI fut « réduit à l'exercice de ses seules fonctions purement spirituelles ».[84] La Britannica de 1911, elle, parle d'un pape « gardé prisonnier virtuel au Latran » (kept a virtual prisoner in the Lateran).[85] Cette formule désigne un noyau ecclésial irréductible que ni Marozia ni Albéric ne peuvent confisquer :
- La célébration de la messe pontificale et des grands offices liturgiques de la basilique du Latran ;
- Les ordinations sacerdotales et épiscopales individuelles dans la ville de Rome ;
- Les consécrations d'huiles, de chrême, d'églises ;
- Les bénédictions canoniques ;
- Les actes sacramentaires ordinaires d'un évêque résidentiel sur son diocèse de Rome.
Cette persistance du sacré sous la captivité politique relève d'une distinction théologique fondamentale entre le pouvoir d'ordre (potestas ordinis) et le pouvoir de juridiction (potestas iurisdictionis). Le premier — qui confère la capacité d'agir dans la personne du Christ par les sacrements — est inaliénable une fois reçu par la consécration épiscopale. Le second — qui règle l'autorité de gouvernement — voit ici son exercice entravé de fait par la contrainte politique, sans changer de titulaire. Albéric II peut paralyser l'exercice de la iurisdictio de son frère ; il ne peut atteindre la potestas ordinis — ni garantir par lui-même la validité des actes de gouvernement obtenus sous la contrainte.
Cluny poursuit son expansion sur la base du privilège de 931
Pendant les trois années de captivité, le réseau clunisien continue de fonctionner sur la base du privilège de mars 931. Saint Odon poursuit ses réformes monastiques en Aquitaine, en France du Nord, et bientôt en Italie centrale.[86][87]
Odon viendra en personne à Rome dès 936 — quelques mois après la mort de Jean XI — pour soutenir la réforme romaine avec l'appui d'Albéric II lui-même. Il réformera dans la Ville plusieurs monastères, avec Saint-Paul-hors-les-Murs pour base romaine.[88][89] Cette alliance paradoxale entre Albéric II — geôlier du pape — et saint Odon de Cluny — bénéficiaire de la bulle accordée par ce même pape — montre que la réforme religieuse opère, dans le Xᵉ siècle romain, par-dessus ou à côté de la papauté politiquement captive, plutôt que contre elle.
C'est l'un des traits les plus instructifs du saeculum obscurum : la vitalité spirituelle de l'Église se maintient et progresse, malgré et autour de la paralysie politique du siège pontifical.
Le principe ecclésiologique : la fonction subsiste sous la contrainte
Le cas de Jean XI fournit à la théologie sacramentaire un argument a fortiori d'une grande portée. Si la validité des sacrements administrés par un pape physiquement captif et politiquement instrumentalisé ne fait aucun doute dans la tradition catholique — et ce point n'a jamais été contesté ni à Rome, ni à Constantinople, ni dans les royaumes francs —, c'est que la fonction sacerdotale repose sur un principe plus profond que les conditions historiques de son exercice.
C'est le principe augustinien que les synodes de Rome et de Ravenne (898) sous Jean IX avaient appliqué contre les exigences de réordination soulevées après le synode cadavérique : les actes du synode d'Étienne VI furent brûlés et les réordinations interdites.[90] Selon une lecture théologique — présentée ici comme opinion, non comme doctrine définie — ce principe, sauf à le retourner contre tout l'épiscopat catholique, ne se limite pas aux seules ordinations mais s'étend à tous les actes sacramentaires du pape, même contraint, même captif, même instrumentalisé. Son extension aux actes de juridiction reste en revanche discutée, pour les raisons dites plus haut (actes extorqués : Latran 1112 ; cas allégué du couronnement d'Arnulf à Ravenne) : sur ce point, l'article suit la même réserve que l'article voisin Jean IX.
Jean XI n'a pas formulé ce principe ; il en a été l'occasion historique dans une situation extrême.
Mort et postérité
Une mort obscure entre décembre 935 et janvier 936
Jean XI meurt à Rome dans le palais du Latran où il était confiné depuis trois ans. Les sources médiévales sont d'une brièveté frappante sur les circonstances : aucune anecdote sur sa fin n'est rapportée, aucune cause de mort précise n'est notée par Liutprand ou par Flodoard, aucune suspicion d'empoisonnement n'est documentée.[91][92] La date exacte est elle-même incertaine : les listes usuelles (Kelly, Duchesne, notices modernes) situent la mort en décembre 935, tandis que la liste officielle du Saint-Siège donne janvier 936 — Kirsch (Catholic Encyclopedia) indique « d. 936 » sans préciser le mois.[93][94][95]
À sa mort, Jean XI avait environ 25 ans. Il avait régné quatre ans et neuf à dix mois, dont les vingt et un premiers mois seulement avant le coup d'État — sous l'influence directe de Marozia, non dans une liberté réelle (voir ci-dessus).
Sa sépulture est incertaine : la New Catholic Encyclopedia indique Saint-Jean-de-Latran[96], tandis que l'ancienne basilique Saint-Pierre du Vatican est parfois avancée sans source contemporaine établie. Aucune des deux hypothèses ne s'appuie sur une source du Xᵉ siècle : ni le Liber Pontificalis, ni les chroniques du temps ne mentionnent une cérémonie funéraire ni un lieu d'inhumation — pauvreté documentaire générale de la période. Saint-Pierre ne doit donc pas être présenté comme la sépulture reçue. (Contrôle sur pièce du 5 octobre 2026 — scan Duchesne 1892, t. II : la notice p. 243 ne mentionne ni funérailles ni lieu d'inhumation, et sa note (p. 243-244) ne contient ni Panvinio ni tombe devant le Latran : cette dernière hypothèse ne s'y trouve pas.)
Léon VII et les quatre successeurs élus du vivant d'Albéric II
Début janvier 936 (le 3 selon la Catholic Encyclopedia ; cf. l'article voisin), Léon VII succède à Jean XI — un choix imposé par Albéric II, maître de Rome.[97][98] Léon VII (936-939), prêtre du titre de Saint-Sixte et probablement moine bénédictin — l'article voisin met en garde contre la confusion entre le titre presbytéral et l'attachement monastique —, est un homme proche du courant de réforme monastique soutenu par Albéric et par Odon de Cluny. Son pontificat sera consacré à la réforme monastique romaine — il invitera lui-même Odon à venir en personne à Rome — sous le contrôle politique étroit du Princeps.
Les trois papes suivants — Étienne VIII (939-942), Marin II (942-946) et Agapet II (946-955) — sont élus du vivant d'Albéric II, sous sa domination, qui tient Rome jusqu'à sa mort en 954. Après lui, Jean XII (955-964), propre fils d'Albéric II et donc neveu du pape Jean XI, est élu le 16 décembre 955 en vertu du serment arraché par Albéric mourant à l'aristocratie romaine, selon lequel Octavien (futur Jean XII) devait être élu pape à la prochaine vacance. Élu en 955 à l'âge de dix-huit ans, Jean XII sera, avec Marozia et son oncle Jean XI, l'une des trois figures emblématiques du saeculum obscurum.[99][100]
Le pontificat de Jean XII et la fin de la mainmise théophylacte
C'est sous Jean XII que la dynastie Théophylacti atteindra son point culminant et commencera à s'effondrer. En 962, c'est Jean XII qui couronnera empereur Otton Iᵉʳ de Germanie dans la basilique Saint-Pierre, restaurant ainsi le Saint-Empire romain germanique. Mais l'arrivée d'Otton à Rome marquera aussi le début de la fin pour la mainmise du clan Théophylacte : Otton fera déposer Jean XII par un synode romain en 963, et la papauté commencera la longue marche vers la réforme grégorienne qui culminera un siècle plus tard.
L'ironie historique est complète — toujours dans la lecture proposée ici. Le privilège de mars 931 à Cluny, signé par Jean XI sous l'influence de sa mère — non dans une liberté pleine et entière —, aurait, dans cette lecture, formé pendant plus d'un siècle les hommes qui, à partir de Léon IX (1049-1054), achèveront de libérer le Siège apostolique de la tutelle aristocratique romaine. Le clan qui avait fait élire Jean XI sera vaincu par les héritiers spirituels du privilège accordé avant la captivité.
Une chronologie du pontificat
Le pontificat de Jean XI tient en quatre ans et neuf à dix mois (mars 931 – décembre 935 ou janvier 936), mais il est traversé par une rupture politique qui le coupe nettement en deux. Les vingt et un mois environ (mars 931 — décembre 932) sont gouvernés par Marozia : Jean XI accorde la bulle de mars 931 à Cluny, le mariage maternel est célébré au Castel Sant'Angelo, et les premiers diplômes pontificaux sortent comme exécution des décisions arrêtées au palais aventin. Les trois années suivantes (décembre 932 — décembre 935 ou janvier 936) basculent dans la captivité au Latran sous la tutelle d'Albéric II : le pape se voit retirer toute initiative politique.
La frise ci-dessous récapitule, repère par repère, les treize moments décisifs identifiables dans les sources contemporaines — de la naissance vers 910 à la succession de Léon VII en janvier 936, en passant par la bulle clunisienne de mars 931, le mariage Marozia-Hugues de l'été 932, le coup d'État de décembre 932 et les deux palliums accordés sous la tutelle d'Albéric (933 et 935 selon Kirsch).
- Vers 910Naissance de JeanRome, clan Théophylacte
Jean naît à Rome, fils de Marozia ; paternité contestée entre Albéric Iᵉʳ de Spolète (Mann, Flodoard) et le pape Sergius III (Liutprand, Liber Pontificalis).
- 928 ou 929 – mars 931Cardinal-prêtre de Santa Maria in TrastevereCarrière ecclésiastique romaine
Le jeune Jean reçoit le titre de la basilique transtévérine, l'un des titres cardinalices majeurs de Rome — à une date inconnue entre 928 et 929, d'un créateur inconnu (Miranda).[101]
- Juin 928Marozia fait déposer Jean XMort du pape précédent
Marozia et Guy de Toscane attaquent le Latran, tuent le frère du pape Pierre, emprisonnent Jean X qui meurt peu après en cellule.
- Février 931Mort d'Étienne VIIVacance du Siège romain
Le pape Étienne VII, dernier prédécesseur direct, meurt après deux ans et trois mois de pontificat.
- Mars 931Élection de Jean XIPape à 21 ans
Jean est élu pape sur orchestration directe de sa mère Marozia, dans une Rome entièrement contrôlée par le clan Théophylacte.
- Mars 931Privilège à saint Odon de ClunyActe fondateur clunisien
Jean XI accorde à Odon le droit d'unir plusieurs abbayes sous Cluny et de recevoir des moines d'autres maisons. C'est l'acte juridique fondateur de la congrégation clunisienne.
- Été 932Mariage de Marozia et Hugues d'ItalieAu Castel Sant'Angelo
Le mariage de Marozia avec le roi d'Italie Hugues de Provence, demi-frère de son défunt second mari, est célébré au Castel Sant'Angelo ; la New Catholic Encyclopedia rapporte que Jean XI lui-même fut témoin de la cérémonie (witnessed the ceremony), sans parler de bénédiction ; Liutprand ne nomme pas l'officiant.
- Décembre 932Coup d'État d'Albéric IIRenversement de Marozia
Albéric II, demi-frère du pape, soulève la foule romaine. Hugues s'enfuit par une corde, Marozia est emprisonnée au Castel Sant'Angelo, Jean XI est confiné au Latran.
- 932-954Albéric II « Princeps Romanorum »Vingt-deux ans de pouvoir
Albéric II prend le titre de « Prince et sénateur de tous les Romains », attesté notamment dans une bulle de Léon VII pour Subiaco (936).
- 933Pallium à Artaud de ReimsContre Hugues de Vermandois
Sous la tutelle d'Albéric II, Jean XI confirme la nomination de l'archevêque Artaud contre la candidature dynastique du jeune Hugues de Vermandois.
- 933 ou 935Pallium à Théophylacte de ConstantinopleDatation discutée
Jean XI accorde le pallium au patriarche byzantin Théophylactus, fils de l'empereur Romain Iᵉʳ Lécapène — en 935 selon Kirsch, dès 933 selon la notice anglophone (Oxford Dictionary of Byzantium).
- Décembre 935 – janvier 936Mort de Jean XISépulture incertaine (Latran ou Saint-Pierre)
Jean XI meurt au palais du Latran à environ 25 ans, après 4 ans et 9 à 10 mois de pontificat, dont 3 ans de captivité.
- 3 janvier 936Élection de Léon VIIChoix imposé par Albéric II
Léon VII inaugure la série des quatre papes consécutifs élus du vivant d'Albéric II ; après la mort du Princeps (954), Jean XII (955-964), neveu de Jean XI et fils d'Albéric, sera élu en décembre 955 en vertu du serment imposé par son père mourant.
Le clan Théophylacte et la série des papes sous influence (904-964)
Pour mesurer l'emprise dynastique que le clan Théophylacte a exercée sur le Siège apostolique entre 904 et 964, il suffit de relever la continuité familiale des pontificats de la période :
| Pape | Pontificat | Relation au clan Théophylacte | Mode d'accession |
|---|---|---|---|
| Sergius III | 904 – 14 avril 911 | Donné par Liutprand pour amant de Marozia | Élection violente sous protection de Théophylacte |
| Anastase III | 911 – 913 | Sous influence Théophylacte | Continuité |
| Lando | 913 – 914 | Sous influence Théophylacte | Continuité |
| Jean X | 914 – juin 928 | Accusé par Liutprand d'être l'amant de Théodora (accusation rejetée par l'historiographie moderne) | Élection orchestrée par Théodora |
| Léon VI | mai/juin – décembre 928 | Sous l'influence de Marozia | Choisi par Marozia |
| Étienne VII | décembre 928 – février 931 | Sous l'influence de Marozia | Choisi par Marozia |
| Jean XI | mars 931 – déc. 935 ou janv. 936 | Fils de Marozia | Élu par Marozia |
| Léon VII | janvier 936 – juillet 939 | Élu sous la domination d'Albéric II | Choisi par Albéric II |
| Étienne VIII | juillet 939 – octobre 942 | Élu sous la domination d'Albéric II | Choisi par Albéric II |
| Marin II | octobre 942 – mai 946 | Élu sous la domination d'Albéric II | Choisi par Albéric II |
| Agapet II | mai 946 – décembre 955 | Élu sous la domination d'Albéric II | Choisi par Albéric II |
| Jean XII | décembre 955 – mai 964 | Fils d'Albéric II et neveu de Jean XI | Élu sur serment imposé par Albéric II mourant |
Sources : Mann, Lives of the Popes in the Early Middle Ages, vol. IV ; Duchesne, Liber Pontificalis, vol. II.[102][103][104]
Sur soixante ans (904-964), douze papes se succèdent — dont deux fils (Jean XI, Jean XII) du clan Théophylacte, un pape donné par Liutprand pour amant de Marozia (Sergius III) et un pape accusé par le même d'être l'amant de Théodora (Jean X, accusation rejetée par l'historiographie moderne). Cette mainmise dynastique sur le Siège apostolique prendra fin avec la mort d'Albéric II en 954 et la déposition de Jean XII par Otton Iᵉʳ en 963 ; la réforme grégorienne, un siècle plus tard, en tirera les conséquences canoniques durables.
Sources et bibliographie principales
La documentation contemporaine sur Jean XI est réduite — symptôme général du Xᵉ siècle romain, marqué par la crise documentaire que Léon VI et Jean IX illustrent déjà. Les sources primaires sont au nombre de cinq :
-
Sources primaires médiévales : Liber Pontificalis, notice CXXVIII (Jean XI), édition critique Louis Duchesne, Le Liber Pontificalis : texte, introduction et commentaire, vol. II, Paris, Ernest Thorin, 1892, p. 243 (notice extrêmement abrégée : origine, paternité, durée du pontificat — sans mention de sépulture)[105] ; Liutprand de Crémone, Antapodosis sive Res per Europam gestae, composé vers 958-962, livre II ch. 48 (paternité de Sergius III), livre III ch. 43-44 (mariages de Marozia, fuite d'Hugues et coup d'État d'Albéric II ; Liutprand ne nomme pas l'officiant du mariage) — édition critique Joseph Becker dans les Monumenta Germaniae Historica, Scriptores rerum Germanicarum in usum scholarum, Hanovre, 1915[106] ; Flodoard de Reims, Annales, sub anno 933 et 934, édition Ph. Lauer, Paris, 1905 (mention du pallium accordé à Artaud) ; Benoît du Soracte, Chronicon, milieu Xᵉ siècle, édition Giuseppe Zucchetti, Il Chronicon di Benedetto monaco di San Andrea del Soratte, Rome, 1920 (version concurrente du coup d'État d'Albéric II).
-
Regestes pontificaux : Philipp Jaffé, Regesta Pontificum Romanorum ab condita Ecclesia ad annum post Christum natum MCXCVIII, 2ᵉ éd. Wattenbach-Loewenfeld, vol. I, Leipzig, Veit, 1885, JL 3584 pour la bulle Convenit apostolico moderamini à Cluny (mars 931)[107].
-
Synthèses historiographiques classiques : Horace K. Mann, Lives of the Popes in the Early Middle Ages, vol. IV (The Popes in the Days of Feudal Anarchy, 891-999), Londres, Kegan Paul, 1910, p. 191-204 pour Jean XI (chapitre vérifié sur archive.org le 4 octobre 2026)[108] ; Ferdinand Gregorovius, Geschichte der Stadt Rom im Mittelalter, vol. III, Stuttgart, J. G. Cotta, 1869, p. 286-302 (le récit Jean XI a été vérifié dans l'édition Cotta 1860, pp. 307-320 ; la pagination de l'édition 1869 citée reste à contrôler sur pièce) ; Johannes Haller, Das Papsttum : Idee und Wirklichkeit, vol. II, Stuttgart, 1939.
-
Synthèses contemporaines : J. N. D. Kelly et Michael J. Walsh, Oxford Dictionary of Popes, 2ᵉ éd., Oxford University Press, 2010, entrée « John XI » ; Peter Llewellyn, Rome in the Dark Ages, Londres, Faber & Faber, 1971 ; Peter Partner, The Lands of St Peter : The Papal State in the Middle Ages and the Early Renaissance, Berkeley, University of California Press, 1972.
-
Articles encyclopédiques de référence : Johann Peter Kirsch, « Pope John XI », Catholic Encyclopedia, vol. VIII, New York, Robert Appleton Company, 1910[109] ; « John XI », Encyclopædia Britannica, 11ᵉ éd., Cambridge University Press, 1911[110] ; « Pope John XI », Wikipedia (version anglaise, consultée le 4 juin 2026)[111].
Pour aller plus loin
- Pape Sergius III (904-911) — Le pape que Liutprand et le Liber Pontificalis donnent pour père biologique de Jean XI, fondateur du clan papal Théophylacte au début du Xᵉ siècle.
- Pape Jean X (914-928) — Le grand prédécesseur lointain de Jean XI, déposé et assassiné par Marozia en 928 pour libérer le Siège romain au profit de ses fils.
- Pape Léon VI (928) — Le bref pontificat de transition entre la chute de Jean X et l'avènement direct de la lignée de Marozia.
- Pape Jean IX (898-900) — Le pape qui, en 898, avait fait inscrire dans le droit canon le principe sacramentaire augustinien — le même principe qui garantit la validité des actes de Jean XI sous contrainte politique.
- Saint Odon de Cluny (878-942) — L'abbé bénéficiaire du privilège fondateur de mars 931, restaurateur de la Règle bénédictine et figure-pivot de la réforme monastique du Xᵉ siècle.
- L'abbaye de Cluny et la réforme clunisienne — Le mouvement monastique qui transformera l'Europe occidentale et fournira, un siècle et demi plus tard, les cadres de la réforme grégorienne.
- Le saeculum obscurum (904-964) — Le « siècle obscur » de la papauté dont Jean XI est l'un des cas les plus emblématiques.
- Marozia, Senatrix et Patricia de Rome (v. 890-v. 937) — La mère du pape, figure dominante du clan Théophylacte et orchestratrice de plusieurs élections pontificales.
- Albéric II de Spolète, Princeps Romanorum (vers 911-954) — Le demi-frère et geôlier du pape, qui dominera Rome pendant vingt-deux ans après le coup d'État de décembre 932.
- Pape Jean XII (955-964) — Le neveu de Jean XI, fils d'Albéric II, dernier grand pape du saeculum obscurum et celui qui couronnera empereur Otton Iᵉʳ en 962.
- La réforme grégorienne (XIᵉ siècle) — Le grand mouvement de libération du Siège apostolique dont le privilège clunisien de Jean XI passe, dans la lecture proposée par le présent article, pour l'une des lointaines amorces.
Notes et références
Johann Peter Kirsch, « Pope John XI », Catholic Encyclopedia, vol. VIII, New York, Robert Appleton Company, 1910, en ligne sur New Advent : https://www.newadvent.org/cathen/08426a.htm (consulté le 4 juin 2026 ; texte identique sur Wikisource). Texte de référence : « Through the intrigues of his mother, who ruled at that time in Rome, he was raised to the Chair of Peter, and was completely under the influence of the Senatrix et Patricia of Rome [...] now became almost entirely subject to his brother, being only free in the exercise of his purely spiritual duties. All other jurisdiction was exercised through Alberic. This was not only the case in secular, but also in ecclesiastical affairs. It was at the instance of Alberic that the pallium was given to Theophylactus, Patriarch of Constantinople (935), and also to Artold, Archbishop of Reims (933). » Pour Mann, voir Lives of the Popes in the Early Middle Ages, vol. IV, Londres, Kegan Paul, 1910, p. 191-204 (chapitre vérifié sur le scan archive.org popesearlymid04mannuoft, 2ᵉ éd., le 4 octobre 2026 : ouverture du chapitre « JOHN XI. A.D. 931-936 », Flodoard le donnant toujours pour « the brother of Alberic II and the son of Marozia », supposition d'un fils d'Albéric Iᵉʳ (marié vers 905) âgé d'environ vingt-cinq ans à l'avènement, élection « about the month of March 931 » avec le titre de S. Maria in Trastevere, et décès « either towards the close of 935 (Duchesne, December) or in the beginning of 936 (January, Jaffe) » p. 204).
1 9 11 13 25 36 66 69 72 76 79 82 83 84 91 95 97 99 102 108 109Liste officielle des papes, Saint-Siège : https://www.vatican.va/content/vatican/en/holy-father/giovanni-xi0.html, entrée « Joannes XI », 125ᵉ position dans la succession apostolique, fin du pontificat en janvier 936 (page recontrôlée sur vatican.va le 5 octobre 2026 : « 125th Pope... Beginning Pontificate III.931, End Pontificate I.936 »). Sur le mois de la mort, les références divergent : décembre 935 pour les listes usuelles (Kelly, Duchesne, notices modernes) ; janvier 936 pour la liste officielle, tandis que Kirsch (Catholic Encyclopedia, vérifié sur New Advent) indique « d. 936 » sans mois. D'où la fourchette « décembre 935 ou janvier 936 » retenue dans cet article.
2 93« Pope John XI », Wikipedia (version anglaise, pages consultées le 4 octobre 2026) : https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_John_XI. Notice de synthèse moderne croisant Mann, Kelly, Duchesne et les sources primaires — utilisée ici comme index, jamais comme autorité. Pontificat de mars 931 à décembre 935 ; naissance vers 910 ; mère Marozia ; titre cardinalice de Santa Maria in Trastevere ; chute en décembre 932 sous Albéric II ; confinement au palais du Latran ; pallium à Artaud de Reims (933) ; privilège à Cluny. Sur l'année de naissance, les références divergent entre 906 et 910 : Mann (vol. IV, scan popesearlymid04mannuoft contrôlé le 4 octobre 2026), supposant un fils de Marozia et d'Albéric Iᵉʳ mariés vers 905, lui donne environ vingt-cinq ans à son avènement de 931 — soit vers 906 — et Miranda donne ca. 901/906 ; la Britannica de 1911 (21 ans en 931) et la notice anglophone (Born 910) retiennent vers 910, date conventionnelle conservée dans le corps de l'article. La notice ne mentionne aucune sépulture : l'hypothèse Saint-Pierre ne s'y trouve pas et reste sans source contemporaine établie — les deux lieux (Latran d'après la NCE, Saint-Pierre d'après certaines notices modernes) sont donc présentés comme hypothèses. Sur le pallium à Théophylactus, la notice rapporte, via l'Oxford Dictionary of Byzantium, un soutien obtenu de Jean XI dès l'installation du 2 février 933 — datation discutée face à Kirsch (935) : l'article expose les deux.
3 29 35 39 43 73 78 80 94 111Liutprand de Crémone, Antapodosis sive Res per Europam gestae, composé vers 958-962, particulièrement livre II ch. 48 (paternité du pape Sergius III sur Jean XI), livre III ch. 43-44 (mariages de Marozia, fuite d'Hugues et révolte d'Albéric II — passage où Schaff situe ces épisodes ; Liutprand ne nomme pas l'officiant du mariage). Édition critique de référence : Joseph Becker (éd.), Liudprandi Cremonensis Antapodosis, dans Monumenta Germaniae Historica, Scriptores rerum Germanicarum in usum scholarum, vol. 41, Hanovre, Hahn, 1915, réimpression 1977. Traduction anglaise : F. A. Wright (trad.), The Works of Liudprand of Cremona, Londres, Routledge, 1930. Le renvoi au livre II, ch. 48 (paternité de Sergius III) est recoupé par Kirsch (Catholic Encyclopedia), par Jaffé (renvois « L. II. c. 48, L. III. c. 43 » sous l'année 931, vérifiés le 4 octobre 2026) et par Mann (« Antapod., ii. 48 », « iii. 43-44 », vérifiés le 4 octobre 2026) ; l'édition Becker elle-même reste à contrôler sur pièce. Liutprand est un évêque lombard du Xᵉ siècle, partisan déclaré de l'empereur Otton Iᵉʳ ; son hostilité au clan Théophylacte et à la papauté romaine de la période rend son témoignage à la fois précieux (témoin presque contemporain) et tendancieux (parti pris polémique).
4 23 31 33 54 56 57 60 63 106« John XI, Pope », Encyclopedia.com, d'après la New Catholic Encyclopedia (1967-2003) : https://www.encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/john-xi-pope. Pontificat de mars 931 à janvier 936. Texte exact : « As a result of the Roman revolt (932) led by Alberic, King Hugh sought refuge in Pavia. [...] John XI became Alberic's prisoner and exercised spiritual duties only. » La notice écrit aussi que Marozia « obtained the papacy for her son John, a youth in his early twenties » — formule propre à cette encyclopédie, non aux chroniqueurs médiévaux —, que Jean XI « witnessed the ceremony » du mariage de 932 (sans parler de bénédiction), et que « John was buried in St. John Lateran » — d'où la sépulture au Latran retenue comme hypothèse principale dans cet article. Cite comme bibliographie : Jaffé, Duchesne, Mann (vol. IV, p. 191-204), Haller, Seppelt, Schwaiger, Aubert, Benericetti et Kelly. Notice vérifiée sur encyclopedia.com le 4 octobre 2026 (pontificat « March 931 to Jan. 936 », « witnessed the ceremony », sépulture, bibliographie Jaffé 1:454-455 et Duchesne 2:243). Corroboration indépendante : Miranda (The Cardinals of the Holy Roman Church, notice Jean XI, contrôlée le 4 octobre 2026) écrit que « Probably, Pope John XI officiated at the wedding, although that was against contemporary canons because Hugues was the brother-in-law of his bride » — tradition que Liutprand ne confirme ni n'infirme, faute de nommer l'officiant.
5 44 55 64 68 81 96Philipp Jaffé, Regesta Pontificum Romanorum ab condita Ecclesia ad annum post Christum natum MCXCVIII, 2ᵉ éd. F. Kaltenbrunner, P. Ewald, S. Loewenfeld & W. Wattenbach, vol. I (A S. Petro ad annum MCXLIII), Leipzig, Veit, 1885, JL 3584 (J. 2744 ; cf. Regesta Imperii RI II,5 n. 105 ; Bernard-Bruel I 372 n° 391 ; Zimmermann PUU 64) pour la bulle Convenit apostolico moderamini à Cluny (mars 931). Entrée contrôlée sur pièce le 5 octobre 2026 sur le scan de l'édition 1885 (archive.org, identifiant regestapontificu01cath) : entrée placée sous l'année 931, ouverture p. 454 (en-tête « 454 STEPHANUS VII. 929—931 »), texte « 3584 (2744) Monasterii Cluniacensis libertatem bonaque, petente Odone abbate, confirmat, et privilegia instituit ea lege, "ut dentur per quinquennium decem solidi" », avec renvois à Liutprand II,48 et III,43 et incipit « Convenit apostolico moderamini » ; la fourchette I, p. 454-455 reste celle des renvois reçus de Kirsch et de la NCE. La datation du pallium à Théophylactus est discutée : Kirsch (935) contre la notice anglophone (933, via l'Oxford Dictionary of Byzantium) — l'article expose les deux. Contenu de la bulle de mars 931 confirmé par le texte conservé du privilège (Bullarium Cluniacense : « dix sous à verser à Rome tous les cinq ans, en signe de protection ») — et recoupé par la Catholic Encyclopedia (art. « St. Odo » : pouvoir d'unir des abbayes sous l'autorité d'Odon, de recevoir à Cluny des moines d'abbayes non réformées ; réforme en Aquitaine, dans le nord de la France et en Italie) et par le site officiel de l'abbaye de Cluny (privilège de 931 de prendre en charge tout autre monastère).
6 14 47 107« Saint Odo of Cluny », Encyclopædia Britannica : https://www.britannica.com/biography/Saint-Odo-of-Cluny (consulté le 4 juin 2026). Confirme la portée juridique du privilège : exemption canonique, droit d'unir des maisons sous l'autorité d'Odon, droit de recevoir des moines d'autres abbayes, libre élection abbatiale.
7 15 18 48 50 86 88« History of the Abbey of Cluny », site officiel de l'abbaye de Cluny : https://www.cluny-abbaye.fr/en/discover/history-of-the-abbey-of-cluny (consulté le 4 juin 2026 ; page recontrôlée le 5 octobre 2026 : « extended its influence across Europe to the point that nearly a thousand establishments were attributed to it at the end of the 13th century »). Synthèse de la chronologie clunisienne : charte de fondation de Guillaume le Pieux du 11 septembre 910, abbatiat de Bernon (910-926), abbatiat d'Odon (927-942), privilège de Jean XI en 931, expansion progressive du réseau — près d'un millier d'établissements à la fin du XIIIᵉ siècle.
8 16 19 20 49 51« John XI », Encyclopædia Britannica, 11ᵉ éd., Cambridge University Press, 1911, version sur Wikisource : https://en.wikisource.org/wiki/1911_Encyclop%C3%A6dia_Britannica/John_XI_(pope). Texte : « JOHN XI., pope from 931 to 935, was the son of Marozia and the reputed son of Sergius III. Through the influence of his mother he was chosen to succeed Stephen VII. at the early age of twenty-one. He was the mere exponent of the purposes of his mother, until her son Alberic succeeded in 933 in overthrowing their authority. The pope was kept a virtual prisoner in the Lateran, where he is said to have died in 935, in which year Leo VII. was consecrated his successor. » Version britannique consultée également sur britannica.com (consulté le 4 juin 2026) ; texte vérifié mot à mot sur Wikisource le 4 octobre 2026.
10 28 42 67 70 85 110« Alberic II of Spoleto », Wikipedia (pages consultées le 4 octobre 2026) : https://en.wikipedia.org/wiki/Alberic_II_of_Spoleto — notice de synthèse utilisée comme index, jamais comme autorité. Biographie d'Albéric II (vers 911-954), fils de Marozia et Albéric Iᵉʳ de Spolète. Détaille le coup d'État de décembre 932, la version Liutprand (incident de l'eau au banquet, gifle d'Hugues) et la version Benoît du Soracte (complot d'aveuglement). La phrase « After being initially imprisoned ... All other jurisdiction was exercised through Alberic II » figure en réalité sur la notice « Pope John XI » (reprise sans attribution de Kirsch) et a été retirée d'ici ; l'encadré qui citait la notice « Alberic II of Spoleto » pour le mécontentement des Romains a été supprimé, le fond étant reporté sur Liutprand, Benoît du Soracte et Flodoard dans le corps. Quatre pontificats sont élus du vivant d'Albéric II (Léon VII, Étienne VIII, Marin II, Agapet II) ; Jean XII, élu le 16 décembre 955 après la mort d'Albéric (954) en vertu du serment imposé par celui-ci aux nobles romains (cf. Catholic Encyclopedia, art. « Pope John XII » (Kirsch), recoupé sur New Advent le 5 octobre 2026 : serment de 954 à Saint-Pierre, Octavien âgé de dix-huit ans élu le 16 décembre 955, Otton couronné empereur le 2 février 962, Jean XII déposé par le synode le 4 décembre 963 ; art. « States of the Church »), est compté à part : l'article dit « élus du vivant d'Albéric II, sous sa domination », non « nommés ». L'ancienne mention d'une reconnaissance du titre par Constantin VII dans la Patrologia Graeca, sans référence exacte vérifiable, a été retirée ; le titre de Princeps Romanorum est attesté par les diplômes du temps, dont une bulle de Léon VII pour Subiaco (936).
12 53 58 61 62 71 98 100Flodoard de Reims, Annales, à l'année 942 (nécrologie d'Odon, mort à Tours) : « Domnus Odo venerabilis abbas, multorum restaurator monasteriorum sanctaeque regulae reparator, Turonis obiit, et sepultus est apud Sanctum Julianum » — « le seigneur Odon, vénérable abbé, restaurateur de nombreux monastères et réparateur de la Sainte Règle, mourut à Tours et fut enseveli à Saint-Julien » (texte continu, sans lacune : le « [...] » d'une version antérieure de cette note provenait d'un simple retour à la ligne). Texte des Annales 942 contrôlé sur pièce le 5 octobre 2026 sur le scan Lauer 1905 (archive.org, identifiant lesannalesdeflod00floduoft, p. 86 : entrée s.a. 942, phrase continue « Domnus Odo venerabilis abbas, multorum restaurator monasteriorum sanctaeque regulae reparator, Turonis obiit, et sepultus est apud Sanctum Julianum »), et confirmé mot à mot par la citation qu'en donne Edward Roberts, Flodoard of Rheims and the Writing of History in the Tenth Century, Cambridge University Press (Annales, s.a. 942, p. 86) ; l'entrée de l'année 942 est traduite en anglais par B. S. Bachrach et S. Fanning, The Annals of Flodoard of Reims, 919-966, 2004.
17« Odo of Cluny », Wikipedia (pages consultées le 4 octobre 2026) : https://en.wikipedia.org/wiki/Odo_of_Cluny — notice de synthèse utilisée comme index, jamais comme autorité. Les formulations anglaises « went further », « swerve » et « By March 931 ... Holy Rule » ne s'y trouvent pas : le fond (privilège de 931, union de plusieurs abbayes sous la supervision d'Odon, accueil à Cluny de moines d'abbayes non réformées) relève de la New Catholic Encyclopedia (R. Grégoire) et du texte du privilège conservé (Bullarium Cluniacense).
21 87 89Louis Duchesne (éd.), Le Liber Pontificalis : texte, introduction et commentaire, vol. II, Paris, Ernest Thorin (Bibliothèque des Écoles françaises d'Athènes et de Rome), 1892, notice CXXVIII (Jean XI), p. 243. Notice très abrégée pour cette période, signe de la crise documentaire romaine du Xᵉ siècle. Ouverture lapidaire : « Johannes, natione Romanus ex patre Sergio papa » — formule qui constitue la base scripturaire de la thèse Sergius sur la paternité de Jean XI, et que Kirsch (Catholic Encyclopedia, vérifié sur New Advent) cite littéralement avec le renvoi « Liber Pont., éd. Duchesne, II, 243 ». Notice (ouverture, durée « sedit ann. IIII mens. X » — quatre ans et dix mois) et note contrôlées sur pièce le 5 octobre 2026 sur le scan Duchesne 1892 (archive.org, identifiant duchesne02) : notice p. 243 sans mention de sépulture ; note p. 243-244 (témoignage « distinct de celui de Liutprand et beaucoup plus autorisé », âge de Marozia, Flodoard « historien absolument contemporain »), sans Panvinio ni tombe. Dans sa note sur cette notice, Duchesne tient ce témoignage pour « distinct de celui de Liutprand et beaucoup plus autorisé », cite Antapodosis II, 48 (« Harum Marotia ex papa Sergio [...] Iohannem [...] nefario genuit adulterio ; ex Alberico autem marchione Albericum ») et ajoute que l'âge de Marozia — remariée en troisièmes noces en 932 — « ne permet pas de reporter trop haut la naissance de Jean XI » ; il conclut que la maternité de Marozia résulte, outre Liutprand, de Flodoard, « historien absolument contemporain ».
22 34 38 92 103 105Flodoard de Reims († 966), Annales, édition critique Philippe Lauer, Les Annales de Flodoard, publiées d'après les manuscrits avec une introduction et des notes, Paris, Picard, 1905 (Collection de textes pour servir à l'étude et à l'enseignement de l'histoire, n° 39). Chroniqueur ecclésiastique de Reims contemporain des événements, Flodoard mentionne Jean XI et son demi-frère Albéric II sans jamais évoquer la paternité de Sergius III, ce qui constitue l'argument a silentio majeur en faveur de la thèse Albéric Iᵉʳ retenue par Mann. Flodoard est également la source principale pour la politique rémoise d'Artaud et le pallium de 933 — entrée sub anno 933 vérifiée sur le scan Lauer 1905 (archive.org) le 4 octobre 2026 (« Roma redeuntes pallium Artoldo praesuli deferunt, nuntiantque Johannem papam... sub custodia detineri a fratre suo, nomine Albrico »), et recoupée par la traduction anglaise Bachrach-Fanning.
24 37 59Saint Augustin d'Hippone, De baptismo contra donatistas, livre IV, éd. M. Petschenig, CSEL 51 (Vienne, 1908) — attribution du volume confirmée par la bibliographie (De baptismo : CSEL 51, p. 145-375) ; aucune pagination exacte n'est alléguée ici ; trad. anglaise NPNF consultable (On Baptism, Book IV, New Advent, Fathers). Texte fondateur du principe sacramentaire occidental : le sacrement demeure intègre, même si le ministre est indigne — sans traiter le cas d'un ministre « contraint » ni celui des actes de gouvernement. Appliqué par les synodes de Rome et de Ravenne (898) sous Jean IX — qui confirmèrent la réhabilitation de Formose, condamnèrent le synode cadavérique d'Étienne VI, en brûlèrent les actes et interdirent les réordinations (cf. Catholic Encyclopedia, art. « Pope Formosus » et « Pope John IX », contrôlé sur New Advent le 5 octobre 2026). Limites rappelées dans le corps : distinction du droit actuel entre violence irrésistible (can. 125 §1 : acte tenu pour non avenu) et crainte grave (can. 125 §2 : validité de principe, nullité seulement si le droit le prévoit — cf. can. 1103, 188 ; textes contrôlés sur vatican.va le 5 octobre 2026) ; concile du Latran, mars 1112, concessions de Pascal II ; cas allégué du couronnement d'Arnulf à Ravenne (cf. l'article voisin, même réserve). L'extension du principe augustinien aux actes juridictionnels d'un pape contraint reste une opinion théologique, non une doctrine définie.
26 90Horace K. Mann, The Lives of the Popes in the Early Middle Ages, vol. IV (The Popes in the Days of Feudal Anarchy, 891-999), Londres, Kegan Paul, Trench, Trübner & Co., 1910, p. 188, à propos des deux successeurs immédiats de Jean X — Léon VI et Étienne VII, dont l'article voisin Léon VI reprend la formule : « de simples ombres dont nous connaissons à peine les entrées et les sorties » (« mere shadows of whom we barely know their exits and their entrances », vérifié sur archive.org le 4 octobre 2026). Portée limitée à ces deux pontificats, non à toute la série des papes du saeculum obscurum.
27« Marozia », Wikipedia (pages consultées le 4 octobre 2026) : https://en.wikipedia.org/wiki/Marozia — notice de synthèse utilisée comme index, jamais comme autorité. Biographie de Marozia (vers 890-vers 937), fille de Théophylacte de Tusculum et Théodora ; mariages successifs avec Albéric Iᵉʳ de Spolète (909, mort 924), Guy de Toscane (mort 929), Hugues d'Italie (932) ; titres officiels de Senatrix et Patricia ; coup d'État du fils Albéric II en décembre 932 ; emprisonnement au Castel Sant'Angelo ; mort vers 937 selon la chronologie majoritaire. Les précisions « the couple were married inside Castel Sant'Angelo by her Papal son » et « vers 945 » ne s'y trouvent pas et ont été retirées du corps de l'article.
30 45 52 65« Pope John X », Catholic Encyclopedia, vol. VIII, New York, Robert Appleton Company, 1910, en ligne sur New Advent : https://www.newadvent.org/cathen/08423a.htm ; et « Pope John X », Wikipedia (consulté le 4 juin 2026) : https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_John_X. Jean X (914-928), évêque de Bologne puis archevêque de Ravenne, élu pape en 914. Politique anti-sarrasine et alliances italiennes. Déposé en juin 928 par Marozia et Guy de Toscane lors d'une attaque du palais du Latran ; son frère Pierre est tué sous ses yeux ; il meurt en prison peu après — selon Liutprand étouffé sous un oreiller (Antapodosis III, 43, comme dans l'article voisin), selon Flodoard de causes naturelles aggravées par la détention (Annales, MGS III, p. 378). Cette double tradition documentaire encadre l'ambiguïté caractéristique des sources du Xᵉ siècle.
32Salvador Miranda, « Giovanni (ca. 901/906-936) », The Cardinals of the Holy Roman Church, Biographical Dictionary : http://cardinals.fiu.edu/biosunknowndate928-929.htm (page contrôlée le 4 octobre 2026) : « Presbyter cardinalis of the title of S. Maria in Trastevere at an unknown date between 928 and 929. He was imposed as pope by his mother. » Miranda précise par ailleurs qu'Étienne VII (929-931) n'a créé aucun cardinal connu (« No names of new bishops, priests or deacons cardinalis are found in his pontificate », page consistories-x, contrôlée le 4 octobre 2026) : la création « en mars 931 par Étienne VII » qu'affiche l'infobox de la notice anglophone moderne est chronologiquement impossible — Étienne VII meurt en février 931 et Jean est élu pape en mars 931. La mention « Giovanni † (928 Appointed – Mar 931 Elected, Pope) » de Catholic-Hierarchy (https://www.catholic-hierarchy.org/diocese/d1m31.html) reprend la fourchette 928 sans en sourcer l'année exacte ni le créateur.
40 41 101« Saeculum obscurum », Wikipedia (consulté le 4 juin 2026) : https://en.wikipedia.org/wiki/Saeculum_obscurum. Période 904-964 dominée par les familles Théophylacte, Théodora, Marozia et leurs descendants directs (Albéric II, Jean XI, Jean XII). Caractérisée par des méthodes d'élection problématiques et un contrôle aristocratique romain plus que par une immoralité cléricale universelle. Le pontificat de Jean XI (931-936) occupe le cœur de cette période et en constitue l'un des cas-limites : pape physiquement confiné, fonction sacramentaire pourtant maintenue, papauté politiquement réduite à néant mais juridiquement intacte.
46 104« Artald of Reims », Academic Dictionaries and Encyclopedias (Wikipedia anglais), reprise sur en-academic.com : https://en-academic.com/dic.nsf/enwiki/6591327 (consulté le 4 juin 2026) — notice de synthèse utilisée comme index. Artaud (parfois Artold), moine de Saint-Remi, nommé archevêque de Reims par le roi Raoul en 931 contre la candidature dynastique d'Hugues de Vermandois (5 ans en 925) ; pallium pontifical accordé par Jean XI en 933, à l'instance d'Albéric selon Kirsch ; chassé de Reims en 940 par Herbert II de Vermandois et Hugues le Grand ; pallium renouvelé à Hugues de Vermandois par Étienne VIII en 942 (cf. l'article voisin pape-etienne-viii) ; Artaud rétabli en 946 par Louis IV d'Outremer, confirmé par le synode d'Ingelheim (ouvert le 7 juin 948). Source primaire : Flodoard, Annales, années 931-946.
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