L'archibasilique Saint-Jean-de-Latran est la cathédrale de Rome, c'est-à-dire l'église propre du pape en tant qu'évêque de Rome. Bien que la basilique Saint-Pierre du Vatican soit plus grande, plus célèbre et plus visitée, c'est le Latran — et non Saint-Pierre — qui occupe le premier rang dans la hiérarchie des sanctuaires catholiques. Elle porte un titre que nul autre édifice ne revendique : « mère et tête de toutes les églises de la Ville et du monde ».
Élevée au IVᵉ siècle par l'empereur Constantin au lendemain de la liberté rendue à l'Église, elle fut la première grande basilique chrétienne d'Occident[1] : non plus une maison de prière clandestine, mais un monument public, somptueux, voulu par le pouvoir impérial lui-même. Consacrée selon la tradition le 9 novembre 324 par le pape Sylvestre Ier, elle fut d'abord dédiée au Très-Saint-Sauveur, avant de recevoir au fil des siècles le double patronage de saint Jean-Baptiste et de saint Jean l'Évangéliste qui lui a donné son nom usuel.
Pendant mille ans, du IVᵉ au XIVᵉ siècle, le Latran fut le cœur du gouvernement de l'Église : les papes y résidaient dans le palais du Latran voisin, y tenaient leurs conciles — cinq conciles œcuméniques portent le nom de Latran — et y étaient intronisés. Ce n'est qu'au retour de l'exil d'Avignon, au XIVᵉ siècle, que la résidence pontificale glissa définitivement vers le Vatican, le Latran étant alors en ruine après deux incendies dévastateurs.
Reconstruite et transfigurée à l'époque baroque par Francesco Borromini (1646-1649), dotée d'une façade monumentale par Alessandro Galilei (1735), la basilique conserve sous ses fastes modernes la mémoire de la plus vénérable des églises de la chrétienté. Sa fête de Dédicace, le 9 novembre, célébrée par toute l'Église latine, n'honore pas seulement un édifice de pierre : elle rappelle que tout temple bâti de main d'homme est l'image de l'Église elle-même, « édifice spirituel » fait de « pierres vivantes ».
Pourquoi le Latran est-il « la mère de toutes les églises » ?
Une inscription sur le mur de façade
Sur le mur de façade de la basilique, entre les portails principaux, une plaque porte l'inscription latine qui résume tout : Saint-Jean-de-Latran est « la mère et la tête de toutes les églises de la Ville et du monde ».[2]
« La très sainte église du Latran, mère et tête de toutes les églises de la Ville et du monde. » — Plaque du mur de façade de Saint-Jean-de-Latran[3]
La grande inscription qui court sur la frise de la façade, elle, est d'une autre nature : c'est la dédicace de Clément XII, sous qui la façade fut achevée — « Clemens XII Pont Max Anno V Christo Salvatori In Hon SS Ioan Bapt et Evang », soit : le souverain pontife Clément XII, en l'an V de son pontificat (1735), [dédie cet édifice] au Christ Sauveur, en l'honneur des saints Jean-Baptiste et Jean l'Évangéliste.[4]
La formule n'est pas un superlatif décoratif. Elle exprime une primauté de dignité : parce que le pape est l'évêque de Rome, sa cathédrale est, par dignité, la première de toutes.[5]
La cathédrale du pape, et non Saint-Pierre
C'est le point que la plupart des visiteurs ignorent. La cathédrale d'un diocèse est l'église qui abrite la cathèdre — le siège — de l'évêque. Or l'évêque de Rome, c'est le pape. Sa cathèdre se trouve non pas au Vatican, mais au Latran, dans l'abside de Saint-Jean.[6] Saint-Pierre est la basilique du tombeau de l'apôtre et le lieu des grandes cérémonies pontificales ; le Latran est la cathédrale proprement dite, le siège épiscopal de Rome.
Cette primauté de rang s'exprime dans le nom même du maître-autel — l'autel dit « papal » —, autel propre de la cathédrale de l'évêque de Rome.[7] Chaque année, à la fête de la Dédicace, l'attention de l'Église universelle se tourne vers ce sanctuaire comme vers le foyer de sa communion.
Une primauté de dignité, non de beauté ni de taille
Le Latran n'est ni la plus vaste des basiliques romaines ni la plus richement ornée. Sa grandeur est d'ordre historique et symbolique : elle fut la première, elle est la cathédrale du successeur de Pierre, elle a vu naître cinq conciles œcuméniques. La liturgie elle-même la qualifie de « première en date et en dignité de toutes les églises d'Occident ».[8] Comprendre le Latran, c'est comprendre que dans l'Église la dignité ne se mesure pas à la dimension des pierres, mais à la place qu'un lieu occupe dans l'histoire du salut.
La fondation constantinienne au IVᵉ siècle
Le domaine des Laterani et la Domus Faustae
Le nom de « Latran » vient d'une grande famille romaine, les Laterani, qui possédaient sur la colline du Cælius un vaste domaine. L'un d'eux, Plautius Lateranus, consul désigné, vit ses biens confisqués sous Néron pour avoir trempé dans une conspiration.[9] Le domaine passa ensuite dans le patrimoine impérial, et finit par appartenir à Fausta, épouse de Constantin — d'où l'autre nom du palais, la Domus Faustae, la « maison de Fausta ».[10]
C'est dans cette résidence que se tint, dès 313, un concile romain réuni contre les donatistes : preuve que le lieu était déjà, au tout début du règne chrétien de Constantin, un centre de la vie de l'Église romaine.[11]
La donation de Constantin et la première basilique d'Occident
Au lendemain de sa victoire du pont Milvius (312) et de l'édit de Milan (313) qui rendit la liberté au culte chrétien, Constantin offrit à l'Église de Rome le domaine du Latran pour y bâtir une église digne de la foi désormais reconnue.[12] Le chantier s'ouvrit dès 312-313, en partie sur l'emplacement d'une caserne de la garde impériale à cheval, les Equites singulares, dissoute parce qu'elle avait combattu pour le rival vaincu de Constantin, Maxence.[13]
L'édifice constantinien était immense pour l'époque : une basilique à cinq vaisseaux, longue d'environ cent mètres, capable d'accueillir des milliers de fidèles.[14] Pour la première fois, le christianisme sortait des maisons privées et des cimetières pour s'afficher dans un monument public de marbre et d'or. Le geste de Constantin n'est pas qu'architectural : il inaugure une ère nouvelle, celle d'une Église libre de bâtir au grand jour. C'est ce basculement que développe l'article sur Constantin et la liberté de l'Église.
La consécration par le pape Sylvestre, le 9 novembre 324
La tradition fixe au 9 novembre 324 la consécration de la basilique par le pape Sylvestre Ier (314-335) — Benoît XVI, en 2008, parlait prudemment d'une dédicace célébrée par Sylvestre « vers 324 ».[15] L'église fut dédiée au Très-Saint-Sauveur — Basilica Salvatoris — et c'est sous ce vocable qu'elle fut d'abord connue.[16] Cette date est restée si importante qu'elle est devenue la fête liturgique de la Dédicace, célébrée chaque 9 novembre par toute l'Église latine.
À côté de la basilique, Constantin fit élever un baptistère octogonal, soutenu par huit colonnes de porphyre, qui demeure le plus ancien de Rome et a servi de modèle à d'innombrables baptistères chrétiens.[17] Une légende tenace voulut que Constantin lui-même y eût été baptisé par Sylvestre ; en réalité l'empereur reçut le baptême à la fin de sa vie, près de Nicomédie, des mains d'Eusèbe.[18]
Du « Saint-Sauveur » aux deux saints Jean
L'église ne prit que progressivement le nom sous lequel on la connaît aujourd'hui. Établi avec certitude : l'adjonction des deux Jean est postérieure au VIᵉ siècle (Benoît XVI, Angélus du 9 novembre 2008). Une chronologie courante rattache le patronage de saint Jean-Baptiste au Xᵉ siècle, sous Serge III — en lien avec le baptistère voisin qui lui était dédié —, puis celui de saint Jean l'Évangéliste au XIIᵉ siècle, sous Lucius II ; mais ces attributions pontificales précises restent une hypothèse, qu'aucun acte identifié ne vient établir — la Catholic Encyclopedia (1913) rapporte pour sa part la dédicace johannique au monastère bénédictin voisin, sans nommer aucun pape.[19] De là vient le nom complet, qui dit toute la sédimentation de l'histoire : « archibasilique du Très-Saint-Sauveur et des saints Jean-Baptiste et Jean-l'Évangéliste au Latran ».[20]
Mille ans de résidence pontificale
Le palais du Latran, premier « Vatican »
Accolé à la basilique, le palais du Latran fut, du IVᵉ siècle jusqu'au XIVᵉ, la résidence officielle des papes et le siège du gouvernement de l'Église.[21] C'est là, et non au Vatican, que se prenaient les grandes décisions, que se recevaient les ambassades, que se réunissaient les synodes. Sous Innocent III (1198-1216), au sommet du Moyen Âge pontifical, le palais connut sa plus grande splendeur.[22]
Le complexe du Latran fut ainsi, pendant un millénaire, ce que le Vatican est devenu ensuite : le centre nerveux de la catholicité. Cette continuité explique pourquoi le Latran reste aujourd'hui encore, en droit, la cathédrale de Rome, même si le pape vit désormais au Vatican.
Le baptistère, le Sancta Sanctorum et la Scala Santa
Le Latran ne se réduit pas à la basilique : il forme un ensemble de sanctuaires d'une densité spirituelle exceptionnelle. À côté du baptistère constantinien se dresse la chapelle du Sancta Sanctorum — le « Saint des Saints » —, ancienne chapelle privée des papes, qui abrite une image du Christ tenue pour acheiropoïète, c'est-à-dire « non faite de main d'homme ».[23][24]
On y accède par la célèbre Scala Santa, l'« Escalier saint », vénéré comme l'escalier que Jésus aurait gravi dans le prétoire de Pilate, et que la tradition dit rapporté de Jérusalem par sainte Hélène, mère de Constantin.[25] Les pèlerins le gravissent encore aujourd'hui à genoux. Ce foisonnement de reliques et de dévotions faisait du Latran, bien avant que Saint-Pierre ne prenne le relais, le premier but de pèlerinage de Rome.
Les cinq conciles du Latran
Cinq conciles œcuméniques se sont tenus dans la basilique ou le palais, au point que le mot « Latran » désigne aujourd'hui presque autant une série de conciles qu'un édifice. Chacun a marqué l'histoire de la discipline et du dogme catholiques.
- 1123Latran ICalixte II
Premier concile œcuménique tenu en Occident. Il ratifie le Concordat de Worms (1122) et clôt la Querelle des Investitures — le long conflit entre papes et empereurs pour savoir qui nomme les évêques et les abbés —, fixant les rapports entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel.[26]
- 1139Latran IIInnocent II
Il rend juridiquement invalide le mariage des clercs majeurs, étape décisive de la discipline du célibat sacerdotal en Occident.[27]
- 1179Latran IIIAlexandre III
Il fixe les règles de l'élection pontificale en exigeant la majorité des deux tiers du collège des cardinaux, règle toujours en vigueur.[28]
- 1215Latran IVInnocent III
Le plus important des conciles médiévaux : il définit le terme de transsubstantiation — le pain et le vin consacrés devenus vraiment le Corps et le Sang du Christ —, impose la confession et la communion annuelles, et proclame la foi au Dieu créateur de toute chose visible et invisible.[29]
- 1512-1517Latran VJules II et Léon X
Dernier concile d'avant la Réforme. Il affirme contre les averroïstes — des philosophes qui, à la suite d'Averroès, niaient que l'âme de chacun survive à la mort — l'immortalité de l'âme humaine et tente une réforme de l'Église qui restera inaboutie.[30]
Pour le détail de chacun, voir les articles consacrés au premier, au deuxième, au troisième, au quatrième et au cinquième concile du Latran.
Destructions, exil et renaissances
Les sacs barbares et le séisme de 896
La longue vie du Latran fut une succession d'épreuves et de relèvements. La basilique souffrit des sacs de Rome par les Wisigoths d'Alaric (410) puis par les Vandales de Genséric (455), qui dépouillèrent ses trésors.[31] Plus grave encore, un violent tremblement de terre en 896 ruina presque entièrement l'édifice constantinien, qui dut être largement reconstruit.[32]
Les deux incendies de 1308 et 1361
Le coup le plus dur vint du feu. En 1308, un premier incendie ravagea la basilique ; un second, en 1361 dans la chronologie la plus courante, acheva de la dévaster.[33] Les papes, qui finançaient les reconstructions depuis Avignon, ne purent jamais lui rendre sa splendeur première. C'est de cette époque de ruines et de relèvements laborieux que datent une partie des structures recouvertes plus tard par le décor baroque.
L'exil d'Avignon et le glissement vers le Vatican
Le destin du Latran bascula avec le départ des papes pour la France. À partir de 1309, durant la papauté d'Avignon, la résidence pontificale fut transférée hors de Rome ; le palais et la basilique du Latran, privés de leurs hôtes et frappés par les incendies, tombèrent en décrépitude.[34] Lorsque la papauté revint à Rome, elle s'installa au Vatican, près du tombeau de Pierre, dans un palais en meilleur état.
Le Latran ne fut jamais abandonné en droit — il resta la cathédrale de Rome —, mais il cessa d'être la résidence des papes. Ce déplacement explique le paradoxe actuel : la cathédrale du pape n'est pas là où le pape habite.
Les premières reconstructions
Plusieurs papes s'attachèrent à relever la basilique meurtrie : Serge III au Xᵉ siècle, Martin V au début du XVᵉ après le retour d'Avignon, firent restaurer murs et pavements.[35] Mais il fallut attendre l'âge baroque, et un projet d'ensemble, pour rendre au Latran une majesté à la hauteur de son rang.
La métamorphose baroque
Borromini et le jubilé de 1650
En vue du jubilé de 1650, le pape Innocent X confia à Francesco Borromini, l'un des génies du baroque romain, la rénovation complète de la nef.[36] L'architecte se trouvait devant un défi : moderniser un vaisseau médiéval menaçant ruine sans détruire l'antique plafond à caissons. Sa solution fut magistrale. Il enveloppa les anciennes colonnes dans douze grands piliers rythmés de pilastres, créant une nef puissante et unifiée, et ménagea dans ces piliers de grandes niches destinées à recevoir des statues.[37]
Borromini respecta scrupuleusement les éléments les plus vénérables : il conserva le plafond du XVIᵉ siècle et reçut consigne de ne pas toucher à la mosaïque de l'abside.[38] Le résultat est l'un des plus beaux intérieurs baroques de Rome, où la rigueur d'un esprit géométrique s'allie au respect d'un héritage millénaire.
Les statues colossales des apôtres
Les niches creusées par Borromini reçurent, entre 1704 et 1718, douze statues colossales des apôtres, sculptées par les premiers artistes du baroque romain d'après les dessins de Carlo Maratta.[39] Plus grandes que nature, drapées dans des gestes amples et théâtraux, elles bordent la nef comme une haie d'honneur menant le fidèle vers l'autel papal. Chaque apôtre tient l'attribut de son martyre ou de sa mission, formant une catéchèse de pierre sur les fondements apostoliques de l'Église.
La façade d'Alessandro Galilei (1735)
La façade actuelle, qui domine la place, est l'œuvre de l'architecte florentin Alessandro Galilei, achevée en 1735 sous le pape Clément XII.[40] En travertin, elle déploie un ordre colossal de pilastres et de colonnes, couronné d'un attique que surmontent quinze statues monumentales : au centre le Christ Sauveur, entouré de saint Jean-Baptiste et de saint Jean l'Évangéliste, et de part et d'autre les docteurs de l'Église.[41] Le programme sculpté redit le triple patronage de la basilique et proclame, du haut de la façade, le rôle d'enseignement de l'Église romaine.
La mosaïque de l'abside : de Torriti à Léon XIII
Le décor le plus précieux du Latran est la mosaïque de l'abside. Le pape Nicolas IV la fit exécuter en 1291 par le mosaïste Jacopo Torriti, autour d'un motif ancien — le Christ en buste apparaissant dans le ciel, une croix gemmée d'où jaillissent les fleuves du paradis, la colombe de l'Esprit.[42] En 1878, le pape Léon XIII fit détruire l'abside antique pour agrandir le chœur — devenu le cadre des ordinations et des autres fonctions pontificales de la cathédrale de Rome — ; les mosaïques originales furent préservées avec le plus grand soin et remontées au fond de la nouvelle abside, plus profonde.[43] La composition, héritière des plus anciennes absides romaines, demeure l'un des sommets de l'art chrétien médiéval.
Les trésors de l'archibasilique
Le ciborium gothique et les chefs de Pierre et Paul
Au-dessus de l'autel papal s'élève un grand ciborium gothique du XIVᵉ siècle, dais de pierre ajouré qui abrite, dans sa partie haute, le plus célèbre trésor du Latran : les reliques vénérées comme les chefs — les têtes — de saint Pierre et de saint Paul.[44] Ces reliques, placées dans ce reliquaire sous le pape Urbain V, en 1370, font de la basilique un haut lieu de la dévotion aux deux apôtres fondateurs de l'Église de Rome.[45]
L'autel papal de bois
L'autel papal recèle une autre relique insigne. La tradition veut qu'il enferme une table de bois sur laquelle saint Pierre lui-même aurait célébré l'eucharistie durant son séjour à Rome ; cette relique aurait été préservée à travers les persécutions, puis apportée au Latran par Constantin et Sylvestre depuis l'église Sainte-Pudentienne.[46] Que l'on prenne ou non la tradition à la lettre, elle dit la conviction profonde qui anime ce lieu : la chaîne ininterrompue qui relie le pape d'aujourd'hui au premier des apôtres.
Le cloître des Vassalletto
Sur le flanc de la basilique s'ouvre un cloître d'une rare élégance, élevé dans le premier tiers du XIIIᵉ siècle (datation usuelle : vers 1222-1232) par les Vassalletto, dynastie de marbriers romains.[47] Ses galeries reposent sur des colonnettes géminées, certaines droites, d'autres torses, incrustées de mosaïques d'or et de verre coloré — le style dit cosmatesque, propre à l'art roman romain. Carré de trente-six mètres de côté selon les guides, c'est le plus vaste cloître de Rome, et l'un des plus beaux ensembles médiévaux conservés de la ville.[48]
L'obélisque égyptien
Au centre de la place, devant la façade, se dresse l'obélisque du Latran, le plus haut obélisque égyptien encore debout au monde : taillé dans le granit rouge d'Assouan pour le pharaon Thoutmôsis III, il s'élève à 32,18 mètres, et à 45,70 mètres avec son socle et la croix qui le couronne, pour un poids d'environ 455 tonnes.[49] Retrouvé brisé en trois morceaux, restauré par l'architecte Domenico Fontana, il fut redressé sur ordre du pape Sixte V en 1588 — un an avant le Flaminio de la place du Peuple (1589), qui est, lui, le dernier des obélisques antiques redressés à Rome sous Sixte V —, surmonté de la croix qui consacre l'antique monument païen au triomphe du Christ.[50]
Que célèbre la fête de la Dédicace, le 9 novembre ?
Une fête de l'Église universelle
Le 9 novembre, anniversaire traditionnel de la consécration — datée de 324 —, l'Église latine célèbre la Dédicace de la basilique du Latran non comme une fête locale romaine, mais comme une fête de toute l'Église.[51][52] Le rang exceptionnel de cette mémoire — qui l'emporte même sur le dimanche ordinaire quand elle tombe ce jour-là — s'explique par le sens qu'elle porte : honorer la cathédrale du pape, c'est manifester la communion de tous les fidèles avec le siège de Pierre, « principe et fondement visible » de l'unité de l'Église.[53]
La pierre et le peuple : un édifice qui parle de l'Église
La liturgie de la Dédicace ne s'arrête pas aux pierres. Elle voit dans tout édifice consacré le signe de l'Église vivante, ce temple spirituel que Dieu construit avec des âmes. La préface de la messe le dit dans une formule limpide :
« Tu veux habiter une maison de prière, afin que ta grâce toujours offerte fasse de nous le temple de l'Esprit Saint. » — Préface de la Dédicace d'une église[54]
L'image vient directement de la première lettre de saint Pierre, qui appelle les chrétiens à devenir les matériaux mêmes du sanctuaire véritable :
« Approchez-vous du Seigneur Jésus : il est la pierre vivante… Vous aussi, comme pierres vivantes, entrez dans la construction de la demeure spirituelle. » — Première lettre de saint Pierre 2, 4-5
Pourquoi cette fête nous concerne
Célébrer la dédicace du Latran, c'est donc se rappeler une double vérité. D'une part, l'Église n'est pas une réalité purement intérieure ou invisible : elle a un centre visible, une cathédrale, un évêque qui est le pape, une histoire inscrite dans la pierre depuis Constantin. D'autre part, ce sanctuaire de marbre n'est lui-même qu'une image : la véritable « maison de Dieu », c'est le peuple des baptisés, appelés à former ensemble « la demeure éternelle de sa gloire ».[55] La basilique la plus ancienne de la chrétienté renvoie ainsi chaque fidèle à sa propre vocation : être lui-même une pierre vivante du Temple que Dieu bâtit à travers les siècles.
Pour aller plus loin
- Constantin et la liberté de l'Église — le contexte de la fondation : l'empereur qui rendit le culte chrétien libre et bâtit les premières basiliques.
- L'édit de Milan (313) — la décision qui ouvrit l'ère des grandes constructions chrétiennes.
- La construction de l'ancienne basilique Saint-Pierre — l'autre grande basilique constantinienne, sur le tombeau de l'apôtre Pierre.
- La papauté d'Avignon — l'exil qui scella le déclin du Latran comme résidence pontificale.
- Le quatrième concile du Latran (1215) — le plus important des cinq conciles tenus au Latran.
Notes et références
liturgie.catholique.fr, « Fête de la Dédicace de la basilique du Latran, 9 novembre » (Conférence des évêques de France — Service national de la pastorale liturgique, https://liturgie.catholique.fr/fete-de-la-dedicace-de-la-basilique-du-latran/, page vérifiée en séance) : la basilique « première en date et en dignité de toutes les églises d'Occident » ; le ministère du pape « principe et fondement visible » de l'unité (extrait du Missel romain) ; « pierres vivantes », « demeure éternelle de sa gloire » (prière d'ouverture) et « tu veux habiter une maison de prière… le temple de l'Esprit Saint » (préface de la Dédicace) ; portée universelle de la fête.
1 6 8 51 53 54 55Plaque apposée sur le mur de façade de l'archibasilique, entre les portails principaux : « Sacrosancta Lateranensis ecclesia omnium urbis et orbis ecclesiarum mater et caput » (« La très sainte église du Latran, mère et tête de toutes les églises de la Ville et du monde ») — formule citée par Benoît XVI, Angélus du 9 novembre 2008 (vatican.va), et attestée sur les murs mêmes par la Catholic Encyclopedia (1913). À ne pas confondre avec la grande inscription de la frise du fronton, qui est la dédicace de Clément XII (voir note [^facade-galilei]).
2 3Concours de 1731 sous Clément XII (second : Luigi Vanvitelli), remporté par le Florentin Alessandro Galilei ; façade de travertin bâtie en 1732-1735, ordre colossal de pilastres et colonnes surmonté de quinze statues (le Christ Sauveur au centre, les deux saint Jean, les docteurs de l'Église) — programme qui redit le triple patronage. Sources : catalogue RIBApix du Royal Institute of British Architects, réf. RIBA84309 (« San Giovanni in Laterano, Rome: elevation of the entrance facade » : « The entrance front was designed by Alessandro Galilei and completed in 1735 » ; nef rebâtie par Borromini en 1646-1649) et inscription dédicatoire de la façade elle-même — « Clemens XII Pont Max Anno V Christo Salvatori In Hon SS Ioan Bapt et Evang » — l'an V de Clément XII (élu en juillet 1730) fixant l'achèvement en 1735.
4 40 41Catholic Encyclopedia (1913), « Saint John Lateran » (texte vérifié sur Wikisource) : Plautius Lateranus confisqué sous Néron, palais passé à Constantin par Fausta (Domus Faustae), donation à l'Église du temps de Miltiade (la CE écrit « pas plus tard que vers 311 » — conjecture ancienne ; Constantin ne prenant Rome qu'en octobre 312, la donation se place nécessairement entre fin 312 et 313, à temps pour le concile contre les donatistes de 313), résidence des papes et cathédrale de Rome, titre « Omnium urbis et orbis ecclesiarum mater et caput » lisible sur ses murs ; dédicace primitive Basilica Salvatoris ; l'auteur estime qu'il s'agit de l'adaptation d'une grande salle du palais plutôt que d'une basilique neuve (citant saint Jérôme, Ep. lxxiii).
5 9 10 11 16 20 21La Catholic Encyclopedia (1913), qui décrit longuement le maître-autel du Latran (autel de bois enchâssé, baldaquino gothique de 1369, chefs des apôtres), ne réserve sa célébration au seul pape dans aucun passage : l'affirmation d'une réserve pontificale exclusive, parfois rapportée au XXᵉ siècle, n'ayant été retrouvée dans aucun texte du droit liturgique en vigueur, elle n'est pas reprise ici ; seul est conservé le nom coutumier d'« autel papal », qui dit le lien de cet autel à la cathédrale du pape.
7Benoît XVI, Angélus du 9 novembre 2008, place Saint-Pierre (vatican.va) : Constantin donne au pape Miltiade l'ancien domaine des Laterani et y fait édifier la basilique, le baptistère et le patriarcat, résidence des papes jusqu'à la période d'Avignon ; « la dédicace de la basilique fut célébrée par le pape Sylvestre vers 324 » et l'église fut dédiée au Très Saint Sauveur ; les titres de saint Jean-Baptiste et de saint Jean l'Évangéliste ne furent ajoutés qu'« après le VIᵉ siècle » ; la fête, d'abord propre à Rome, fut étendue en 1565 à toutes les Églises de rite romain.
12 15 52Liber Pontificalis, Vie de Sylvestre Ier (ch. XXXIV), éd. L. Duchesne, t. I : fondation constantinienne (« basilicam Constantinianam ») et liste des donations, dont le fastidium d'argent au Sauveur ; R. Krautheimer, Corpus Basilicarum Christianarum Romae, t. V, Cité du Vatican, 1977, monographie « S. Giovanni in Laterano », pp. 1-92 (relevé archéologique de référence) ; A. Claridge, Rome: An Oxford Archaeological Guide, Oxford University Press, 1998, section du Latran (pp. 319-324) (terrain, caserne et basilique constantinienne). Datation du chantier : R. Krautheimer, « The Constantinian Basilica », Dumbarton Oaks Papers 21 (1967) — commencée en 312/313, achevée avant 320. La localisation sur la caserne des Equites singulares, troupe de Maxence dissoute après 312, relève de l'archéologie moderne, non du Liber Pontificalis.
13R. Krautheimer, Corpus Basilicarum Christianarum Romae, t. V, Cité du Vatican, 1977, monographie « S. Giovanni in Laterano », pp. 1-92 : plan à cinq vaisseaux de la basilique constantinienne ; dimensions usuelles des guides (environ 100 m de long). La Catholic Encyclopedia (1913) avouait encore « we have no reliable information » sur les dimensions de l'église primitive.
14Catholic Encyclopedia (1913), « Saint John Lateran » : le baptistère détaché, octogonal, à huit colonnes de porphyre, fondation attribuée à Constantin (tradition jugée fondée), restaurations de Sixte III (inscription sur l'architrave) et d'Hilaire (461-468) ; en revanche « no foundation » pour un baptême de Constantin par Sylvestre en ce lieu : l'empereur fut baptisé à la fin de sa vie par Eusèbe, dans le diocèse de Nicomédie (citant Funk, Manual of Church History, 1910, et Duchesne, Liber Pontificalis, I).
17 18Les attributions pontificales précises (Serge III au Xᵉ siècle pour saint Jean-Baptiste, Lucius II au XIIᵉ pour saint Jean l'Évangéliste) sont celles de la chronologie encyclopédique courante, sans acte pontifical identifié : la version anglaise de Wikipédia les donne sans aucune citation (et place même Lucius II au XIIIᵉ siècle, alors qu'il régna en 1144-1145) ; la Catholic Encyclopedia (1913) attribue la dédicace à saint Jean au monastère bénédictin voisin, sans nommer aucun pape. Établi en revanche : le vocable primitif du Sauveur et l'adjonction postérieure des deux Jean — « après le VIᵉ siècle » selon Benoît XVI, Angélus du 9 novembre 2008 (vatican.va).
19Catholic Encyclopedia (1913), « Saint John Lateran » : trésors pillés par les Vandales, restauration par Léon le Grand vers 460 puis par Hadrien Ier, séisme de 896, reconstruction sur les mêmes dimensions, Clément V et Jean XXII, nouvel incendie en 1360, Urbain V ; palais résidence des papes « about a thousand years », Sergius III restaurateur au Xᵉ siècle après un incendie, embellissements d'Innocent III, départ pour Avignon, grands travaux de Martin V (dont le pavement aux colonnes, armes des Colonna) ; le palais subit deux incendies, en 1307 et 1361.
22 31 34 35Catholic Encyclopedia (1913), « Saint John Lateran » : les chefs des apôtres Pierre et Paul furent conservés au Sancta Sanctorum, chapelle privée du palais du Latran, jusqu'à la préparation du reliquaire du maître-autel destiné à les recevoir.
23Portail officiel du patrimoine culturel de Rome (Roma Capitale, 060608.it), « Santuario della Scala Santa e Cappella del Sancta Sanctorum » : l'objet le plus ancien et le plus vénéré du Sancta Sanctorum est l'image du Saint Sauveur dite « Acheropita » (« non faite de main d'homme »), peinte sur bois — le Sauveur trônant, bénissant de la main droite et tenant le Livre dans la main gauche ; la légende veut que saint Luc l'ait commencée et qu'un ange l'ait achevée.
24Encyclopaedia Britannica, « Scala Santa » : le grand escalier du palais, identifié par la piété populaire, à partir des VIIIᵉ-IXᵉ siècles, comme l'escalier apporté de Jérusalem par sainte Hélène, mère de Constantin, depuis le prétoire de Pilate ; la tradition catholique y vénère les marches gravies par le Christ lors de sa Passion.
25Catholic Encyclopedia (1913), « Lateran Councils » : Latran I, convoqué en décembre 1122 aussitôt après le Concordat de Worms — l'accord entre le pape Calixte II et l'empereur Henri V qui clôt la Querelle des Investitures.
26Catholic Encyclopedia (1913), « Lateran Councils » : Latran II (1139), sous Innocent II — canons disciplinaires imposant le célibat ecclésiastique, reçus comme rendant nuls les mariages contractés par les clercs majeurs.
27Catholic Encyclopedia (1913), « Lateran Councils » : Latran III (1179), sous Alexandre III — l'élection du pape est réservée aux cardinaux, à la majorité des deux tiers.
28Catholic Encyclopedia (1913), « Lateran Councils » : Latran IV (1215), sous Innocent III — le canon 1 Firmiter donne le premier emploi officiel du mot « transsubstantiation » pour l'eucharistie, et le canon 21 Omnis utriusque sexus impose à tout fidèle la confession et la communion au moins une fois l'an.
29Catholic Encyclopedia (1913), « Lateran Councils » : Latran V (1512-1517) — la bulle Apostolici regiminis (8ᵉ session, 19 décembre 1513) définit l'immortalité de l'âme individuelle contre les thèses averroïsantes alors défendues autour de Pietro Pomponazzi (cf. Stanford Encyclopedia of Philosophy, « Pietro Pomponazzi »).
30Catholic Encyclopedia (1913), « Saint John Lateran » : en 896, l'édifice fut presque entièrement détruit par un tremblement de terre — « ab altari usque ad portas cecidit » (« il s'effondra de l'autel jusqu'aux portes ») — puis reconstruit en respectant l'essentiel des lignes anciennes.
32Premier incendie en 1308 (la Catholic Encyclopedia (1913) donne 1307 pour l'incendie du palais) ; second incendie daté de 1361 dans la chronologie la plus courante, mais de 1360 pour la basilique selon la Catholic Encyclopedia (1913) et de 1362 selon la version anglaise de Wikipédia : l'année exacte varie selon les auteurs. Dans tous les cas, les papes financèrent les reconstructions depuis Avignon, sans rendre au Latran sa splendeur première.
33Catholic Encyclopedia (1913), « Saint John Lateran » : restauration sous Innocent X avec Borromini pour architecte — colonnes antiques enrobées d'énormes pilastres ; chronologie usuelle de l'histoire de l'art : chantier 1646-1649 en vue du jubilé de 1650, douze piliers à niches, conservation du plafond et de la mosaïque de l'abside. Le plafond conservé est celui du XVIᵉ siècle (et non du XIVᵉ) : plafond à caissons de bois doré commandé en 1562 par Pie IV, dessiné par Daniele da Volterra et Pirro Ligorio, exécuté par l'ébéniste Flaminio Boulanger (1562-1567) — que Borromini aurait voulu remplacer et dut conserver. Sources : portail officiel du patrimoine culturel de Rome (Roma Capitale, 060608.it, « Basilica di San Giovanni in Laterano » : plafond du XVIᵉ siècle, « perhaps designed by Pirro Ligorio », que Borromini voulait éliminer) et Bridgeman Images, photo Jemolo (« The ceiling is probably realized by Pirro Ligorio (1510-1583), 1562-1567 »).
36 37 38Commande annoncée en 1702 par Clément XI et le cardinal Benedetto Pamphili, archiprêtres de l'archibasilique : douze sculptures colossales des apôtres (saint Paul prenant la place de Judas, et non saint Matthias) pour les niches de Borromini, restées vides pendant des décennies. Exécution 1704-1718 d'après les dessins de Carlo Maratta, peintre favori du pape — à l'exception de Pierre Le Gros le Jeune, qui refusa le dessin imposé —, datation statue par statue établie sur archives (première mise en chantier 1704, dernière achevée 1715-1718). Source archivistique nommée : Michael Conforti, « The Lateran Apostles », thèse de doctorat inédite (Harvard University, 1977), résumée dans « Planning the Lateran Apostles », in H. A. Millon (éd.), Studies in Italian Art and Architecture 15th through 18th Centuries, Rome, 1980 (Memoirs of the American Academy in Rome, 35), pp. 243-260 — repris par la synthèse encyclopédique de référence (annonce de 1702, liste des sculpteurs — Monnot, Moratti, Ottoni, Mazzuoli, Le Gros, de' Rossi, Rusconi — et datation statue par statue).
39Encyclopaedia Britannica, "San Giovanni in Laterano" / "Basilica of St. John Lateran" : mosaïque de l'abside exécutée en 1291 par Jacopo Torriti à l'initiative du pape Nicolas IV, statut de cathédrale de Rome et de plus ancienne des basiliques majeures.
42Catholic Encyclopedia (1913), « Saint John Lateran » : l'abside antique, avec ses mosaïques, survécut jusqu'en 1878, date de sa destruction pour agrandir le chœur ; les mosaïques originales furent préservées avec le plus grand soin et remontées au fond de la nouvelle abside — Christ entouré de neuf anges (Vᵉ, voire IVᵉ siècle), croix gemmée à la colombe, fleuves du paradis, saints du VIᵉ siècle retouchés au XIIIᵉ, signatures de Torriti et Camerino encore lisibles.
43Catholic Encyclopedia (1913), « Saint John Lateran » : au-dessus du maître-autel, baldaquino gothique sur quatre colonnes de marbre, décoré de peintures de Barna de Sienne, daté de 1369 ; dans sa partie haute sont conservées les têtes des apôtres Pierre et Paul, trésor de la basilique, auparavant gardées au Sancta Sanctorum.
44La mise en place des chefs dans le ciborium est attribuée au pontificat d'Urbain V, en 1370 : D. Mondini, « Furtum Sacrilegum: The Holy Heads of Peter and Paul and Their Reliquaries in the Lateran », ch. 17 (pp. 345-378) in L. E. Bosman, I. P. Haynes, P. Liverani (éd.), The Basilica of Saint John Lateran to 1600, Cambridge University Press, 2020, avec les Constitutiones Lateranensis Ecclesiae promulguées sous Urbain V en 1370 sur la garde des chefs (citées d'après Cancellieri, Memorie). Le jour exact du transfert (2 mars selon la chronologie courante) n'a pas été confirmé par une source primaire : seule l'année 1370 est retenue ici.
45Catholic Encyclopedia (1913), « Saint John Lateran » : le maître-autel, seul parmi tous les autels du monde catholique à être de bois et non de pierre, est la table sur laquelle saint Pierre aurait célébré pendant son séjour à Rome — conservée durant les persécutions puis apportée par Constantin et Sylvestre depuis Sainte-Pudentienne (une parcelle y fut laissée), aujourd'hui enchâssée dans un autel de pierre revêtu de marbre, le bois restant visible.
46Catholic Encyclopedia (1913), « Saint John Lateran » : le cloître, seul vestige du monastère, aux colonnes de marbre incrusté, « of a style intermediate between the Romanesque proper and the Gothic », œuvre de Vassellectus et des Cosmati, daté du début du XIIIᵉ siècle ; P. C. Claussen – D. Senekovic, S. Giovanni in Laterano, Corpus Cosmatorum, vol. 2, 2, Franz Steiner Verlag, Stuttgart, 2008 (monographie de référence : datation usuelle vers 1222-1232, avec variantes 1215-1232 ou 1222-1230 selon les auteurs ; carré d'environ 36 m de côté selon les guides).
47 48Obélisque de Thoutmôsis III en granit rouge d'Assouan, plus haut obélisque égyptien encore debout : 32,18 m (45,70 m avec socle et croix), environ 455 tonnes — mesures concordantes des relevés usuels ; référence épigraphique et historique : E. Iversen, Obelisks in Exile, t. I (The Obelisks of Rome), G.E.C. Gad, Copenhague, 1968, pp. 55-64 (obélisque du Latran).
49Retrouvé brisé en trois morceaux, restauré par Domenico Fontana et redressé sur ordre de Sixte V en 1588 sur la place du Latran (l'année 1588 est concordante ; le jour exact parfois avancé n'a pas été confirmé par une source primaire et n'est pas retenu ici). Le Flaminio de la place du Peuple ne fut relevé qu'en 1589 — par le même Fontana, sur ordre du même Sixte V — : c'est lui, et non le Latran, le dernier des obélisques antiques redressés à Rome sous Sixte V (Pleiades, « Flaminio Obelisk » : érigé place du Peuple en 1589 ; exposition Piranesi du Wellesley College).
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