La basilique Saint-Paul-hors-les-Murs (consacrée en 324 selon la tradition romaine)

Saint-Paul-hors-les-Murs, basilique papale majeure élevée par Constantin sur la tombe de l'apôtre des nations et consacrée en 324 selon la tradition romaine : agrandie par Théodose, anéantie en une nuit par l'incendie de 1823, reconstruite à l'identique et reconsacrée par Pie IX en 1854.

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La basilique papale Saint-Paul-hors-les-Murs — San Paolo fuori le Mura en italien — est l'une des quatre basiliques papales majeures de Rome, avec Saint-Pierre du Vatican, Saint-Jean-de-Latran et Sainte-Marie-Majeure. Elle s'élève sur la Via Ostiense, à environ deux kilomètres au sud des murs d'Aurélien — d'où le qualificatif « hors les murs » — au-dessus du lieu où la tradition romaine, sans interruption depuis l'Antiquité, situe la sépulture de saint Paul, décapité à Rome sous l'empereur Néron vers l'an 67.

Fondée par l'empereur Constantin au lendemain de l'édit de Milan de 313, consacrée le 18 novembre 324 par le pape Sylvestre Ier selon la tradition romaine, agrandie entre 384 et 395 par Valentinien II, Théodose Ier et Arcadius[1], puis achevée sous Honorius, en une immense basilique à cinq nefs, Saint-Paul fut, pendant mille quatre cent trente-cinq ans — selon le comput de la Catholic Encyclopedia (1911), qui compte depuis environ 388, en pleine élévation de la grande basilique théodosienne (384-395), et non depuis la première consécration de 324[2] —, le sanctuaire chrétien le mieux conservé de Rome dans son état antique. Cet équilibre fragile vola en éclats dans la nuit du 15 au 16 juillet 1823 : selon le récit de la Catholic Encyclopedia (1911) — la page vaticane ne précisant pas l'origine du sinistre —, un ouvrier travaillant au plomb du toit déclencha un incendie qui ravagea la nef en quelques heures.

La basilique fut reconstruite à l'identique par les architectes Pasquale Belli, Luigi Poletti et Giuseppe Valadier, grâce à un élan de générosité catholique mondial : le tsar Nicolas Ier envoya les blocs de malachite et de lapis-lazuli des autels du transept ; le vice-roi d'Égypte Méhémet Ali offrit les colonnes d'albâtre. Le bienheureux Pie IX la reconsacra solennellement le 10 décembre 1854 — deux jours après la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception (8 décembre 1854, bulle Ineffabilis Deus)[3].

Saint-Paul abrite trois trésors uniques : le sarcophage de l'apôtre, dont de tout petits fragments osseux, expertisés en aveugle au carbone 14, ont résulté appartenir à une personne ayant vécu entre le Iᵉʳ et le IIᵉ siècle, selon l'annonce de Benoît XVI le 28 juin 2009[4] ; le ciborium gothique d'Arnolfo di Cambio (1285), préservé en grande partie car le transept tint bon[5][6] ; et la frise des médaillons de tous les papes, entreprise au Vᵉ siècle sous saint Léon le Grand et toujours prolongée à chaque nouveau pontificat[7] — chaîne d'or qui relie sans rupture la basilique d'aujourd'hui à l'apôtre des nations.

Pourquoi « hors les murs » ? Le sens d'un nom

Une sépulture, pas un palais

La grande nef centrale, reconstruite à l'identique après l'incendie de 1823. Quatre-vingts colonnes monolithiques de granite séparent les cinq nefs. Photo : Wikimedia Commons.

À la différence de Saint-Jean-de-Latran, qui est née de la donation d'un palais impérial, ou de Sainte-Marie-Majeure, qui couronne le sommet de l'Esquilin, Saint-Paul est une basilique funéraire. Elle marque l'endroit précis où, selon la tradition romaine la plus ancienne, saint Paul fut enseveli après son martyre sous Néron, vers l'an 67. C'est cette tombe — la memoria apostoli, « la mémoire de l'apôtre » — qui a fixé son emplacement dans la campagne romaine et imposé son nom.[8]

Comme l'écrivait le prêtre Caïus dès le tournant du IIIᵉ siècle, dans un passage célèbre conservé par Eusèbe de Césarée : « Je puis te montrer les trophées des apôtres : si tu veux aller au Vatican ou sur la Voie d'Ostie, tu trouveras les trophées des fondateurs de cette Église. »[9] Le Vatican pour Pierre, la Voie d'Ostie pour Paul : la topographie chrétienne romaine est fixée bien avant Constantin.

Une basilique de campagne

À l'époque romaine, la sépulture des morts à l'intérieur des murs d'une ville était interdite par les lois sacrées et le droit civil. Les grandes voies qui sortaient de Rome — la Via Appia, la Via Ostiense, la Via Aurelia — étaient bordées de tombes et de monuments funéraires. Saint Paul, exécuté hors la ville, fut donc inhumé en pleine campagne, sur le bord de la Via Ostiense — à l'emplacement qui se trouve aujourd'hui à environ deux kilomètres des murs d'Aurélien (enceinte élevée sous l'empereur Aurélien dans les années 270, deux siècles après le martyre).[10]

La basilique élevée plus tard sur cette tombe se trouva ainsi à l'extérieur du pomerium sacré — l'enceinte religieuse qui délimitait la ville — et de l'enceinte fortifiée — d'où son nom italien et latin : Sancti Pauli extra muros, San Paolo fuori le Mura, « Saint-Paul-hors-les-Murs ». Cette désignation n'est pas un simple repère géographique : elle dit la fidélité à la mémoire du martyre, qui interdit de déplacer la basilique vers un site plus commode à l'intérieur des murs.

Une primauté de mémoire apostolique

Saint-Paul ne dispute pas au Latran sa dignité de cathédrale ni à Saint-Pierre sa proximité avec le tombeau du « prince des apôtres ». Sa grandeur est d'un autre ordre : elle est la maison de l'apôtre des nations, le sanctuaire de celui qui a porté l'Évangile aux Gentils. Son prestige rejaillit sur toute la chrétienté universelle — partout où l'Évangile a été annoncé aux non-juifs, Saint-Paul-hors-les-Murs est, indirectement, le sanctuaire d'origine.

La fondation constantinienne (IVᵉ siècle)

De la cella memoriae à la première basilique

Avant Constantin, le tombeau de Paul n'était pas dépourvu de monument. Une cella memoriae — petit édifice funéraire chrétien — y avait été élevée dès la fin du IIᵉ siècle, voire plus tôt, selon les pratiques romaines de vénération des défunts illustres.[11] Le quartier alentour, peu après, vit se développer la catacombe de Commodille, l'une des nécropoles chrétiennes de Rome.

C'est ce sanctuaire primitif que Constantin, après sa victoire du pont Milvius (28 octobre 312) et l'édit de Milan (313) qui rendit la liberté au culte chrétien, décida de transformer en monument public. Le Liber Pontificalis, recueil officiel des vies des papes rédigé à partir du VIᵉ siècle, attribue explicitement à l'empereur la construction d'une première basilique sur la tombe de l'apôtre — comme il en avait fait élever une sur le tombeau de Pierre au Vatican.[12] Le geste rejoint l'article voisin sur l'ancienne basilique Saint-Pierre : Constantin dote l'Église romaine d'un réseau cohérent de sanctuaires sur les tombes de ses fondateurs.

La consécration par Sylvestre Ier, 18 novembre 324

La basilique au XVIIIᵉ siècle, dans son état médiéval encore intact, gravée par Giuseppe Vasi. C'est cet édifice de quatorze siècles que l'incendie de 1823 allait anéantir. Source : Giuseppe Vasi, Delle Magnificenze di Roma antica e moderna, planche 100ii (XVIIIᵉ siècle), domaine public.

La tradition romaine fixe au 18 novembre 324 la consécration de la basilique constantinienne par le pape Sylvestre Ier (314-335), la même année — voire le même jour selon certaines sources — que celle de l'ancienne basilique Saint-Pierre du Vatican.[13] Les deux grands sanctuaires des apôtres reçurent ainsi simultanément leur dédicace, fondant un double pèlerinage apostolique qui marqua toute l'histoire spirituelle de Rome.

L'édifice constantinien était modeste comparé à la basilique impériale qui allait le remplacer soixante ans plus tard : nef unique probablement, plan simple, mais déjà tourné vers l'ouest — abside à l'ouest selon l'usage des grandes basiliques constantiniennes de Rome, comme l'ancienne Saint-Pierre[14] — pour préserver l'orientation de la memoria sur la tombe.[15] Aucune trace architecturale n'en subsiste : la basilique de Théodose, puis l'incendie de 1823, ont effacé toute mémoire matérielle de l'œuvre de Sylvestre.

La basilique des trois empereurs (384-395)

Le sanctuaire constantinien devint vite trop étroit pour la foule des pèlerins. Entre 384 et 395, trois empereurs en exercice — Valentinien II, Théodose Ier et Arcadius — firent élever sur la tombe de Paul une basilique gigantesque, comparable aux plus grandes constructions civiles de l'empire.[16][17] Les travaux commencèrent par démolir l'édifice de Constantin. La nouvelle basilique fut conçue à cinq nefs, longue d'environ cent trente mètres, large de soixante-cinq[18][19], et précédée d'un atrium à colonnes.

L'œuvre se poursuivit sous Honorius (395-423), qui en acheva la construction et la décoration ; l'édifice fut consacré par le pape Sirice vers 390-391 — datation débattue : l'historien André Chastagnol retient 391, la notice italienne 390, tandis que d'autres notices placent la consécration vers 402 sous Innocent Ier —, avant l'achèvement complet de la décoration intérieure.[20][21] Pour la première fois, un édifice chrétien rivalisait en majesté avec les grands monuments du paganisme romain. Cette basilique théodosienne, complétée sous saint Léon le Grand au Vᵉ siècle, demeurera pratiquement intacte pendant quatorze siècles, jusqu'à la nuit du 15 juillet 1823.

Une basilique pour l'apôtre des nations

Le choix de bâtir si grand pour Paul, à un moment où Rome traversait des crises politiques majeures, dit la place qu'occupait l'apôtre des nations dans la conscience chrétienne. Paul est celui qui a porté l'Évangile aux Gentils, qui a inauguré la mission universelle, qui a écrit la majeure partie du Nouveau Testament. Sa basilique devait être à la mesure de l'universalité de son apostolat. Cette logique théologique se lit déjà dans le plan en croix latine à cinq nefs, qui reproduit l'image d'une mer de fidèles venus de toutes les nations.

L'ornement de la basilique antique

La mosaïque de l'arc triomphal (Vᵉ siècle)

Au-dessus de l'autel, séparant la nef des absides, l'arc triomphal de la basilique théodosienne reçut au Vᵉ siècle une mosaïque monumentale dont la composition est restée, à travers toutes les restaurations, sensiblement la même. Au centre, le Christ bénissant en buste, entouré de deux anges et des vingt-quatre Vieillards de l'Apocalypse offrant leurs couronnes ; en bas, les figures des apôtres Pierre et Paul.[22] Cette iconographie de l'Apocalypse fait du sanctuaire une image visible de la liturgie céleste — c'est l'idée que la liturgie de la terre, célébrée au pied de l'arc, prolonge mystérieusement l'éternelle louange des élus.

La mosaïque, restaurée après l'incendie de 1823 par des artistes vénitiens, conserve la composition originelle attribuée à l'impératrice Galla Placidia (vers 440), fille de Théodose et grande mécène de l'Église romaine.[23]

La frise des médaillons des papes

La grande frise des médaillons : chaque pape, depuis saint Pierre, y reçoit son portrait en mosaïque sur fond d'or, dans un médaillon de 137 cm de diamètre. Photo : Wikimedia Commons.

C'est ici qu'apparaît la signature visuelle la plus singulière de la basilique : la frise continue des médaillons de tous les papes, qui court au-dessus des colonnes des nefs et fait le tour du transept. L'initiative en revient à saint Léon le Grand (440-461), qui décida au Vᵉ siècle de représenter dans la basilique l'ensemble des successeurs de Pierre — non comme un hommage personnel à chacun, mais comme une catéchèse en images de la primauté romaine et de la succession apostolique ininterrompue.[24]

Les portraits originaux étaient des fresques ; après l'incendie de 1823, Pie IX décida en 1847 de les refaire en mosaïque sur fond d'or, dans des médaillons circulaires d'environ 137 cm de diamètre, visibles à treize mètres au-dessus du sol.[25] La série comptait, à la présentation du médaillon de Léon XIV le 14 janvier 2026, 267 portraits — un par pape, de saint Pierre à Léon XIV, élu le 8 mai 2025 comme 267ᵉ successeur de Pierre (François étant le 266ᵉ)[26][27] — et continue d'être prolongée à chaque nouvelle élection : le compte change donc à chaque pontificat. C'est la seule galerie au monde à donner ainsi à voir, d'un seul regard et sans interruption, deux mille ans de papauté.

« La très antique tradition de Saint-Paul-hors-les-Murs, de représenter tous les papes en une longue suite de médaillons, est l'une des plus belles signatures visuelles de la continuité apostolique. Chaque nouveau pape vient s'ajouter, à la place qui lui revient, à une chaîne d'or qui remonte jusqu'à Pierre. » — Présentation officielle de la basilique, vatican.va[28]

Une légende populaire — que la basilique dément selon le site documentaire Essence of Rome — veut qu'il ne reste qu'un nombre limité de médaillons vides, et que le pape qui occupera la dernière place sera le dernier pape de l'histoire avant le retour du Christ. La réalité est simple : la frise est complétée progressivement, et de nouvelles séries de niches sont ouvertes à mesure que la place vient à manquer.[29]

La mosaïque de l'abside (1220)

La mosaïque de l'abside : le Christ en majesté trône entre les apôtres Pierre, Paul et André, et l'évangéliste Luc. Aux pieds du Christ, une petite figure agenouillée représente le pape Honorius III, commanditaire de l'œuvre (1216-1227). Photo : Wikimedia Commons.

L'abside de la basilique fut décorée au début du XIIIᵉ siècle d'une mosaïque colossale — l'une des plus vastes de Rome — commandée par le pape Honorius III (1216-1227) et exécutée par des mosaïstes vénitiens sous son pontificat.[30][31] Le Christ y trône en majesté au centre, plus grand que nature, entouré des apôtres Pierre, Paul et André, et de l'évangéliste Luc. À ses pieds, minuscule, un personnage agenouillé représente Honorius III lui-même, le commanditaire ; sur la droite, deux saints intercèdent en faveur d'un autre fidèle représenté à plus petite échelle.

Restaurée après 1823 par des artistes vénitiens — les mosaïques originales ayant en grande partie résisté au feu —, cette abside demeure l'un des sommets de l'art byzantin tardif en Italie. L'iconographie du Christ en majesté entre ces quatre figures est une profession de foi en pierre : la basilique de Paul ne s'isole pas dans le culte d'un seul saint ; elle s'inscrit dans la communion de toute l'Église, autour du Christ unique.

L'abbaye et la fortification médiévale

Les bénédictins, gardiens du tombeau

À l'aube du VIIIᵉ siècle, le pape Grégoire II (715-731) installa près de la basilique un monastère bénédictin chargé d'assurer la garde du tombeau et la célébration ininterrompue de la liturgie.[32] L'abbaye, qui devait fournir prêtres et chantres à la basilique, prit une importance considérable et devint, au Moyen Âge, l'un des grands centres monastiques romains.

En 936, le grand réformateur saint Odon de Cluny vint à Rome à la demande du patrice Albéric II pour réformer la vie monastique romaine. Odon désigna Baudouin du Mont-Cassin comme abbé de Saint-Paul, rattachant l'abbaye à la tradition cassinaise. Plus tard, saint Grégoire VII (1073-1085), avant son pontificat, fut lui-même abbé du monastère — preuve du prestige attaché à cette charge.[33]

L'abbaye, membre de la congrégation bénédictine sublaco-cassinaise, forme avec la basilique un complexe extraterritorial régi par un archiprêtre (motu proprio du 30 mai 2005) et demeure active sous la direction de son abbé ; ses moines, héritiers de cette tradition millénaire, assurent la liturgie quotidienne de la basilique et la garde spirituelle du sanctuaire.[34][35]

La cité forte de Joannispolis (IXᵉ siècle)

Le tournant du IXᵉ siècle plongea Rome dans la terreur des raids sarrasins. En 846, une flotte arabe remonta le Tibre, pilla les basiliques extra-muros de Saint-Pierre et de Saint-Paul, qui n'étaient pas protégées par les enceintes de la ville. Le sacrilège frappa toute la chrétienté d'effroi.[36]

En réponse, le pape Jean VIII (872-882) fit construire autour de la basilique, du monastère et du village voisin un puissant rempart fortifié, créant une véritable petite ville à laquelle on donna son nom : Joannispolis, la « ville de Jean ».[37] Cette enceinte, encore mentionnée au XIIIᵉ siècle, transforma Saint-Paul en une citadelle religieuse capable de résister aux incursions. Au-delà de sa fonction militaire, Joannispolis dit l'attachement viscéral des papes à ce sanctuaire qu'ils ne pouvaient laisser sans défense, fût-il à deux heures de marche de Rome.

Les bronzes byzantins de Pantaleone (1070)

Au XIᵉ siècle — vers 1070 selon la notice française —, sous le pontificat d'Alexandre II et alors que le futur saint Grégoire VII était encore abbé du Mont-Cassin, un riche marchand amalfitain établi à Constantinople, Pantaléon d'Amalfi, offrit à Saint-Paul une porte de bronze monumentale.[38][39] La porte, composée de cinquante-quatre panneaux damasquinés d'argent représentant des scènes du Christ, des apôtres et des saints, fut exécutée par les meilleurs artistes byzantins de la capitale impériale. Très endommagée par l'incendie de 1823, elle est aujourd'hui conservée comme relique précieuse à l'intérieur de la basilique, après restauration.

Les chefs-d'œuvre médiévaux conservés

Le ciborium d'Arnolfo di Cambio (1285)

Le ciborium d'Arnolfo di Cambio (1285), porté par quatre colonnes antiques de porphyre. Aux angles, les statues de saint Paul, saint Pierre, saint Timothée et saint Benoît. L'œuvre fut préservée en grande partie lors de l'incendie de 1823. Photo : Wikimedia Commons.

Au-dessus de l'autel papal s'élève le ciborium gothique — sorte de baldaquin de pierre ajouré abritant l'autel — exécuté en 1285 par le sculpteur florentin Arnolfo di Cambio et son associé Pierre, comme l'atteste l'inscription gravée au pied de l'œuvre : « Hoc opus fecit Arnulfus cum suo socio Petro ».[40] L'ensemble s'appuie sur quatre colonnes antiques de porphyre rouge, surmontées de chapiteaux foliacés finement sculptés.

Aux quatre angles se dressent les statues de saint Paul et saint Pierre — les deux apôtres fondateurs de l'Église romaine —, de saint Timothée, disciple de Paul et destinataire de deux de ses épîtres, et de saint Benoît, patron des moines qui desservent la basilique. C'est l'une des premières œuvres importantes du jeune Arnolfo di Cambio, futur architecte de Santa Maria del Fiore à Florence, et un jalon majeur de la première Renaissance gothique en Italie centrale.

Fait extraordinaire : lors de l'incendie de 1823, le transept tint bon, préservant en grande partie le ciborium et plusieurs mosaïques ; l'abside, l'arc triomphal, le cloître et le candélabre furent eux aussi sauvés[41][42], sauvegardant ainsi le chef-d'œuvre d'Arnolfo pour les siècles à venir. Aujourd'hui, le ciborium s'élève au cœur de la basilique reconstruite comme un témoin vivant du sanctuaire médiéval.

Le candélabre pascal des Vassalletto (vers 1170)

Sur le côté gauche du chœur se dresse une colonne torse de marbre blanc, haute de cinq mètres soixante, ornée de figures de saints, d'apôtres, d'anges et d'épisodes de la vie du Christ. C'est le candélabre pascal, exécuté en 1170 par les sculpteurs romains Nicola d'Angelo et Pietro Vassalletto, sur lequel on plante chaque année, à la veillée pascale, le grand cierge symbole du Christ ressuscité.[43][44] L'œuvre, par sa qualité plastique et son ambition iconographique, est l'un des sommets de la sculpture romane romaine.

Le cloître des Vassalletto (1205-1241)

Le cloître attenant à la basilique, élevé entre 1205 et 1241 par la dynastie romaine des marbriers Vassalletto. Ses colonnettes torses incrustées de mosaïques cosmatesques en font l'un des plus beaux ensembles cloîtrés de Rome. Photo : Wikimedia Commons.

À côté de la basilique s'ouvre un cloître médiéval d'une rare élégance, élevé entre 1205 et 1241 par la même dynastie de marbriers romains, les Vassalletto, qui œuvrèrent simultanément au cloître de Saint-Jean-de-Latran.[45][46] Les galeries reposent sur des colonnettes géminées dont certaines sont torses, incrustées de mosaïques d'or et de verre coloré — le style dit cosmatesque, propre à l'art roman romain.

Ce cloître échappa aussi en grande partie à l'incendie : on y respire encore le silence et la pureté géométrique de la Rome médiévale. Aujourd'hui, il abrite un petit musée lapidaire rassemblant des fragments épigraphiques et architecturaux remontés à la surface après la catastrophe de 1823.

Le tombeau de saint Paul

Une mémoire ininterrompue

Le tombeau de saint Paul repose directement sous l'autel papal, dans la confession — partie souterraine accessible depuis la nef centrale. Sa mémoire est attestée sans interruption depuis le tournant du IIIᵉ siècle : le prêtre Caïus, cité par Eusèbe, parlait déjà du « trophée » de Paul « sur la Voie d'Ostie ».[47] Pendant deux mille ans, aucune génération chrétienne n'a perdu la trace de ce lieu, qui a toujours été l'orientation matérielle de la basilique : c'est sur lui que le maître-autel est aligné, et c'est sur lui que se rabattent les regards des pèlerins.

Les fouilles de 2002-2006

Au début du XXIᵉ siècle, à l'occasion de travaux préparatoires à l'Année paulinienne, une équipe d'archéologues du Vatican, menée par Giorgio Filippi, archéologue des Musées du Vatican, fut autorisée à expertiser le sarcophage de marbre situé sous l'autel.[48] Le sarcophage, qui jusque-là n'avait jamais été ouvert depuis l'Antiquité, porte sur une plaque de marbre l'inscription PAULO APOSTOLO MART — « à Paul apôtre martyr ».[49]

Les analyses s'étalèrent de 2002 à 2006[50]. À travers une toute petite ouverture pratiquée dans le sarcophage, une sonde spéciale fut introduite, qui révéla la présence de tissus de lin pourpre mêlés de fils d'or pur, d'un tissu bleu avec filaments de lin, de grains d'encens rouge et de substances protéinées et calcaires.[51] La présence de la pourpre et de l'or atteste qu'on avait affaire à la sépulture d'un personnage tenu pour considérable.

L'annonce de Benoît XVI, 28 juin 2009

À la clôture de l'Année paulinienne — qui célébrait le bimillénaire de la naissance de saint Paul, ouverte par Benoît XVI le 28 juin 2008 —, lors des premières vêpres de la fête des saints Pierre et Paul, le 28 juin 2009, dans cette même basilique, le pape Benoît XVI annonça les résultats des analyses devant l'assemblée recueillie :

« Dans le sarcophage, qui n'a jamais été ouvert pendant tous ces siècles, a été pratiquée une toute petite ouverture pour introduire une sonde spéciale, à travers laquelle ont été relevées des traces d'un précieux tissu de lin de couleur pourpre, mêlé de fils d'or pur, et d'un tissu de couleur bleue avec des filaments de lin. On a également relevé la présence de grains d'encens rouge et de substances protéinées et calcaires. En outre, de tout petits fragments d'os, soumis à l'examen du carbone 14 par des experts ignorant leur provenance, ont résulté appartenir à une personne ayant vécu entre le Iᵉʳ et le IIᵉ siècle. » — Benoît XVI, homélie aux premières vêpres de la fête des saints Pierre et Paul, basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, 28 juin 2009[52]

Le pape conclut sobrement que ces analyses « semblent confirmer la tradition unanime et incontestée qu'il s'agit de la dépouille mortelle de l'apôtre Paul ».[53] Aucun élément ne contredit la tradition ; les indices convergent, sans constituer une preuve absolue. Pour la première fois depuis l'Antiquité, l'Église disposait ainsi d'éléments scientifiques modernes — datation au carbone 14, analyse des résidus, étude des tissus — qui semblent confirmer ce que la tradition avait toujours tenu.

📖 Voir aussi : Le sens des reliques dans la foi catholique — qui replace cette convergence d'indices dans la tradition millénaire de vénération des corps saints.

L'incendie du 15 juillet 1823

Une catastrophe en une nuit

Les ruines de la basilique au lendemain de l'incendie du 15 juillet 1823. Une basilique de quatorze siècles, préservée des sacs barbares et des séismes, fut anéantie en une nuit par l'imprudence d'un ouvrier travaillant au plomb du toit. Source : gravure d'époque, Wikimedia Commons.

Dans la nuit du 15 au 16 juillet 1823, alors que le pape Pie VII, mourant, agonisait au Quirinal, un incendie d'une violence inouïe ravagea la basilique. La cause — selon le récit de la Catholic Encyclopedia (1911), la page vaticane ne précisant pas l'origine du sinistre — en était, paradoxalement, un travail de conservation : un ouvrier réparait la couverture de plomb d'une partie du toit lorsqu'un foyer mal éteint, ou une étincelle, embrasa la charpente de bois sec.[54] En quelques heures, les flammes gagnèrent toute la nef. Le plomb fondu coulait des combles ; les colonnes de marbre éclataient sous la chaleur ; le plafond à caissons s'effondra. Au matin, la grande basilique théodosienne n'était plus qu'un champ de pierres calcinées.

« La basilique avait préservé son caractère primitif pendant mille quatre cent trente-cinq ans. » — Catholic Encyclopedia, article « St. Paul-Without-The-Walls », 1911[55]

Le transept tint bon, préservant en grande partie le ciborium d'Arnolfo di Cambio et plusieurs mosaïques ; l'abside avec sa mosaïque, l'arc triomphal, le cloître des Vassalletto et le candélabre pascal furent eux aussi sauvés.[56][57] En revanche, le splendide cycle de fresques de la nef centrale, œuvre de Pietro Cavallini, fut irrémédiablement détruit, et le campanile trecentesco, resté indemne des flammes, dut être abattu.[58] Les portes byzantines de Pantaléon, sérieusement abîmées, furent sauvées et conservées comme reliques.

L'émotion mondiale

La nouvelle de l'incendie suscita, dans toute l'Europe et au-delà, une émotion unique. Saint-Paul-hors-les-Murs n'était pas seulement un sanctuaire catholique : c'était l'un des plus anciens monuments visibles du christianisme antique, à peu près intact depuis Théodose. Sa destruction était une perte pour l'humanité entière. Pie VII, à l'agonie, ne fut pas informé de la catastrophe — son entourage redoutait qu'elle ne hâte sa fin. Le pape mourut le 20 août 1823, sans avoir su.

Son successeur, Léon XII (1823-1829), élu le 28 septembre, fit aussitôt de la reconstruction de Saint-Paul l'une des priorités majeures de son pontificat. Le 25 janvier 1825, il publia la lettre Ad plurimas easque gravissimas, adressée à l'ensemble du monde catholique, appelant chaque diocèse à contribuer à la reconstruction.[59]

La reconstruction (1825-1854)

Les architectes et le parti pris de l'identique

Trois architectes se succédèrent à la tête du chantier. Giuseppe Valadier, le grand architecte néoclassique de Pie VII, donna les premiers plans. Pasquale Belli dirigea la phase initiale jusqu'à sa mort en 1833. Luigi Poletti prit alors le relais et conduisit l'œuvre jusqu'à son propre décès en 1869.[60][61]

Le parti pris fondamental — discuté à l'époque, mais finalement retenu — fut de reconstruire la basilique à l'identique : mêmes proportions, même plan à cinq nefs, même longueur de cent trente et un mètres, mêmes quatre-vingts colonnes monolithiques séparant les nefs. Loin d'être un acte d'archaïsme, ce choix exprimait une fidélité à la mémoire des lieux : la basilique de Théodose et de Léon le Grand devait renaître, autant que possible, dans la forme qu'elle avait portée pendant quatorze siècles.

Les dons internationaux

La reconstruction fut financée par un élan de générosité catholique mondial sans précédent depuis les croisades :

  • Le tsar Nicolas Ier de Russie (1796-1855) — pourtant orthodoxe et tsar d'un empire qui réprimait alors la résistance polonaise — envoya à Rome les blocs de malachite et de lapis-lazuli qui ornent aujourd'hui les autels des transepts.[62][63]
  • Le vice-roi d'Égypte Méhémet Ali (1769-1849) — souverain musulman et grand modernisateur du Caire — offrit des colonnes d'albâtre, et le roi Fouad Ier d'Égypte, au XXᵉ siècle, les colonnes et les fenêtres d'albâtre très fin qui filtrent une lumière dorée caractéristique.[64][65]
  • À l'appel de Léon XII, les fidèles du monde entier répondirent par des dons — la longue liste de leurs noms est gravée le long des murs de l'abside.[66]

Cet œcuménisme de la générosité — un tsar orthodoxe, un souverain musulman, une France redevenue catholique après la Révolution — manifeste à quel point Saint-Paul-hors-les-Murs débordait son rôle de sanctuaire confessionnel : il était reconnu comme un patrimoine universel.

La consécration solennelle de Pie IX, 10 décembre 1854

Le 5 octobre 1840, le pape Grégoire XVI consacra l'autel papal et le transept reconstruits, sous le ciborium d'Arnolfo enfin réinstallé.[67][68] Mais c'est le 10 décembre 1854 que le bienheureux Pie IX, en présence de très nombreux cardinaux et évêques venus du monde entier — cinquante cardinaux et cent quatre-vingt-cinq évêques selon la notice anglophone —, présida la consécration solennelle de la basilique entièrement reconstruite[69][70]. La date n'était pas anodine : deux jours plus tôt, le 8 décembre 1854, le même pape avait proclamé le dogme de l'Immaculée Conception par la bulle Ineffabilis Deus. Saint-Paul rendait ainsi grâce, dans la lumière de Marie immaculée, pour sa propre résurrection.

Saint-Paul dans la vie de l'Église

Les vœux solennels de la Compagnie de Jésus (22 avril 1541)

C'est dans la basilique antique, alors encore dans son état médiéval, que se déroula l'un des actes fondateurs de la Compagnie de Jésus. Le 17 avril 1541, Ignace de Loyola venait d'être élu, à l'unanimité moins sa propre voix, premier supérieur général de l'ordre nouveau-né. Le vendredi 22 avril 1541, vendredi de l'octave de Pâques, les six compagnons romains — Ignace, Lainez, Salmerón, Bobadilla, Codure et Brouet — se rendirent ensemble à Saint-Paul-hors-les-Murs et y prononcèrent leurs vœux solennels devant l'autel de Notre-Dame, dans la chapelle des reliques de l'apôtre Paul.[71][72] Ce jour-là, ils signèrent la Formula Instituti de 1540, charte fondatrice de la Compagnie. Le choix de Saint-Paul n'est pas fortuit : c'est sous le patronage de l'apôtre des nations qu'Ignace plaça l'œuvre missionnaire universelle qu'il voulait fonder.

Le détail est développé dans l'article voisin sur la fondation de la Compagnie de Jésus.

L'annonce du concile Vatican II (25 janvier 1959)

Le 25 janvier 1959, fête de la Conversion de saint Paul, le pape saint Jean XXIII (canonisé en 2014), élu trois mois plus tôt, présidait à Saint-Paul-hors-les-Murs la traditionnelle célébration de clôture de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens. Devant un consistoire de cardinaux qui ne s'attendait à rien d'inhabituel, le pape annonça soudain sa décision de convoquer un concile œcuménique — le futur concile Vatican II.[73]

« Devant vous, vénérables frères et fils bien-aimés, nous prononçons, certes en tremblant un peu d'émotion, mais en même temps avec une humble fermeté de propos, le nom et la proposition d'une double célébration : un Synode diocésain pour Rome, et un Concile œcuménique pour l'Église universelle. » — saint Jean XXIII, allocution à Saint-Paul-hors-les-Murs, 25 janvier 1959[74]

Le lieu choisi fut hautement symbolique. Annoncer en la basilique de Paul, « l'apôtre des nations », un concile pour l'aggiornamento de l'Église dans le monde moderne, c'était inscrire dès l'origine le futur Vatican II sous la double bannière du dialogue universel et de la fidélité apostolique. Pour le détail, voir l'article sur le concile Vatican II.

L'Année paulinienne (2008-2009) et le Jubilé 2025

La porte sainte de Saint-Paul-hors-les-Murs, l'une des quatre portes saintes ouvertes lors des années jubilaires à Rome. Elle a été solennellement ouverte le 5 janvier 2025 par le cardinal James M. Harvey, archiprêtre de la basilique, pour le Jubilé ordinaire de 2025. Photo : Wikimedia Commons.

À l'occasion du bimillénaire de la naissance de saint Paul — situé par les historiens entre 6 av. J.-C. et 10 ap. J.-C. —, le pape Benoît XVI proclama, du 28 juin 2008 au 29 juin 2009, une Année paulinienne qui fit de Saint-Paul-hors-les-Murs le centre du pèlerinage catholique mondial. C'est dans le cadre de cette année que furent menées les analyses du sarcophage et annoncés les résultats du carbone 14 (cf. supra).

Lors du Jubilé ordinaire de 2025 — ouvert le 24 décembre 2024 par le pape François avec la porte sainte de Saint-Pierre —, la porte sainte de Saint-Paul-hors-les-Murs fut ouverte solennellement le 5 janvier 2025 par le cardinal James M. Harvey, archiprêtre de la basilique : le pèlerinage à Saint-Paul, joint aux conditions habituelles (confession, communion, prière aux intentions du Souverain Pontife), permet de gagner l'indulgence plénière du Jubilé.[75][76]

Une basilique extraterritoriale (1929)

Lors des accords du Latran du 11 février 1929 entre le Saint-Siège et le royaume d'Italie — qui mirent fin à la Question romaine ouverte par la prise de Rome en 1870 —, Saint-Paul-hors-les-Murs fut placée, comme Saint-Jean-de-Latran et Sainte-Marie-Majeure, sous le régime d'extraterritorialité : elle est désormais propriété du Saint-Siège, soumise à la juridiction du Vatican et non à celle de la République italienne, même si elle se trouve physiquement sur le territoire de la ville de Rome.[77]

La chaîne de Paul et le pèlerinage des sept églises

La relique de la chaîne romaine

La basilique conserve, dans une châsse précieuse, la chaîne par laquelle, selon la tradition, saint Paul fut lié au soldat romain qui le gardait durant sa captivité à Rome, en attente de son jugement.[78] La présence de cette relique relie matériellement la basilique au récit des Actes des Apôtres et aux Épîtres pauliniennes elles-mêmes : « je suis enchaîné, comme un malfaiteur, mais la parole de Dieu n'est pas enchaînée » (2 Tm 2, 9). Cette chaîne, vénérée comme l'un des trésors christo-pauliniens du sanctuaire, est exposée à la dévotion des pèlerins.

Le pèlerinage des sept églises

Saint-Paul-hors-les-Murs est l'une des sept églises du pèlerinage des Sept Églises de Rome, codifié par saint Philippe Néri au XVIᵉ siècle (Saint-Pierre, Saint-Paul-hors-les-Murs, Saint-Jean-de-Latran, Sainte-Marie-Majeure, Saint-Sébastien-hors-les-Murs, Sainte-Croix-de-Jérusalem et Saint-Laurent-hors-les-Murs).[79] Ce circuit de prière, marche de plus de vingt kilomètres dans la ville et la campagne romaine, demeure aujourd'hui une pratique vivante, particulièrement pendant le Jubilé.

Que dit aujourd'hui Saint-Paul à l'Église ?

Une basilique de la mémoire fragile

Saint-Paul-hors-les-Murs porte, plus qu'aucune autre basilique de Rome, le poids et la grâce d'une mémoire fragile. Sa première basilique de Constantin disparut sous Théodose ; la basilique théodosienne, pourtant si solide qu'elle traversa les invasions barbares, les séismes et les sacs sarrasins, s'effondra en une nuit sous l'imprudence d'un seul homme. Si l'incendie de 1823 nous a privés du monument antique, il a aussi rendu l'Église attentive à ce qu'elle possédait : Saint-Paul n'aurait peut-être jamais été restauré avec autant de soin si sa perte n'avait été rendue palpable.

Une basilique de l'universalité

Plus que les autres basiliques romaines, Saint-Paul porte une vocation catholique au sens étymologique — kath' holou, « selon le tout », universelle. Le tsar de toutes les Russies a envoyé sa malachite ; le vice-roi d'Égypte ses albâtres ; les cardinaux et les évêques du monde entier y ont consacré l'édifice reconstruit. C'est à Saint-Paul que la Compagnie de Jésus a prononcé ses vœux missionnaires ; c'est à Saint-Paul que Vatican II a été annoncé. L'apôtre des nations protège, par le souvenir de son tombeau, le mouvement universel de l'évangélisation.

Une basilique du Christ et de l'Apôtre

Au cœur de la basilique, sur l'arc triomphal, le Christ bénissant trône entre Pierre et Paul. Dans l'abside, le Christ en majesté trône entre Pierre, Paul, André et Luc. Sous l'autel, le tombeau de Paul. Au-dessus de l'autel, le ciborium d'Arnolfo avec ses statues de Paul, Pierre, Timothée et Benoît. Partout, le Christ et son apôtre : pas une seule fois Paul n'apparaît seul, comme un héros isolé. Toute la basilique répète à voix haute la phrase qu'écrivait Paul lui-même : « Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20). La grandeur de l'apôtre n'est jamais qu'une transparence à celle du Maître.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Basilique papale Saint-Paul-hors-les-murs, page officielle « Histoire » sur vatican.va (page d'histoire de la basilique éditée par les services du Vatican) : cella memoriae du IIᵉ-IIIᵉ siècle, fouilles ordonnées par l'empereur Constantin, basilique consacrée par le pape Sylvestre en 324 (le 18 novembre selon la tradition romaine reprise par Wikipédia), agrandissement de 384-395 en cinq nefs avec quadriportique, abbaye bénédictine établie par Grégoire II (715-731). URL : vatican.va/various/basiliche/san_paolo/fr/basilica/storia.htm.

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  2. Catholic Encyclopedia (New Advent), article « St. Paul-Without-The-Walls » (1911), section sur l'incendie : feu déclenché par un ouvrier réparant le plomb de la couverture dans la nuit du 15 au 16 juillet 1823 ; basilique « qui avait préservé son caractère primitif pendant mille quatre cent trente-cinq ans » (chiffre donné en toutes lettres : 1823 moins 1435 = 388, soit une année de référence en pleine construction théodosienne, 384-395 selon la page vaticane) ; contributions internationales pour la reconstruction (matériaux d'Égypte et de Russie en particulier).

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  3. Basilique papale Saint-Paul-hors-les-murs, page officielle « L'incendie » sur vatican.va : reconstruction à l'identique avec réutilisation des éléments épargnés ; appel international de Léon XII aux fidèles ; dons de malachite et lapis-lazuli du tsar Nicolas Ier ; albâtre d'Égypte du roi Fouad Ier et du vice-roi Méhémet Ali ; architectes Valadier, Belli et Luigi Poletti ; consécration de l'autel de la Confession et du transept par Grégoire XVI en 1840 ; reconsécration par Pie IX le 10 décembre 1854 — la page vaticane l'atteste mot pour mot : « Le 10 décembre 1854, le pape Pie IX (1846-1876) consacre la "nouvelle" Basilique en présence des très nombreux cardinaux et évêques, venus du monde entier, à Rome, pour la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception » (les notices anglaises qui avancent 1855 sont erronées) ; ajout du portique à 150 colonnes en 1928. URL : vatican.va/various/basiliche/san_paolo/fr/basilica/incendio.htm.

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  4. Benoît XVI, homélie aux premières vêpres de la solennité des saints Pierre et Paul pour la clôture de l'Année paulinienne, basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, 28 juin 2009. Texte officiel sur vatican.va/content/benedict-xvi/fr/homilies/2009/documents/hf_ben-xvi_hom_20090628_chius-anno-paolino.html. Le pape révèle les résultats des analyses archéologiques (2002-2006) menées par une équipe vaticane dirigée par l'archéologue des Musées du Vatican Giorgio Filippi (cf. National Geographic, « St. Paul's Tomb Unearthed in Rome » : « the archaeologist of the Vatican Museum, who directed the excavations ») : sondage du sarcophage marbre, présence de tissus de lin pourpre avec fils d'or pur, tissu bleu à filaments de lin, grains d'encens rouge, substances protéinées et calcaires, datation au carbone 14 de fragments osseux à l'aveugle révélant un individu du Iᵉʳ-IIᵉ siècle. Texte original italien (vatican.va, page italienne de la même homélie) : « nel sarcofago, che non è stato mai aperto in tanti secoli, è stata praticata una piccolissima perforazione per introdurre una speciale sonda, mediante la quale sono state rilevate tracce di un prezioso tessuto di lino colorato di porpora, laminato con oro zecchino e di un tessuto di colore azzurro con filamenti di lino. È stata anche rilevata la presenza di grani di incenso rosso e di sostanze proteiche e calcaree. Inoltre, piccolissimi frammenti ossei, sottoposti all'esame del carbonio 14 da parte di esperti ignari della loro provenienza, sono risultati appartenere a persona vissuta tra il I e il II secolo. Ciò sembra confermare l'unanime e incontrastata tradizione che si tratti dei resti mortali dell'apostolo Paolo. »

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  5. Wikipédia (italien), article « Basilica di San Paolo fuori le mura » : ciborium « realizzato nel 1285 da Arnolfo di Cambio » pour l'abbé Bartolomeo, en collaboration avec un « socius Petrus » (inscription « Hoc opus fecit Arnulfus cum suo socio Petro »), baldaquin gothique sur quatre colonnes de porphyre rouge ; lors de l'incendie de 1823, le transept tint bon, « preservando in buona parte il ciborio di Arnolfo di Cambio ed alcuni mosaici », et « si salvarono anche l'abside, l'arco trionfale, il chiostro e il candelabro ». (L'ancienne notice Web Gallery of Art, « Ciborium by Arnolfo di Cambio, 1285 », n'est plus accessible depuis la réorganisation du site en 2019-2020.)

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  6. Basilique papale Saint-Paul-hors-les-murs, page officielle « Le Vᵉ siècle » sur vatican.va : Léon le Grand (440-461) initie la longue série des médaillons des papes, « portraiturés dans de grands médaillons de mosaïque » formant « une haute frise tout autour du transept et de la nef » ; restauration de la couverture incendiée ; mosaïque de l'arc triomphal restaurée en 1853 par des artistes vénitiens, dans la composition originale (Christ bénissant, deux anges, vingt-quatre Vieillards de l'Apocalypse, Pierre et Paul). URL : vatican.va/various/basiliche/san_paolo/fr/basilica/v_secolo.htm.

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  7. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, livre II, ch. 25, 7. Citation du prêtre romain Caïus (vers 200, sous le pape Zéphyrin) : « Mais moi, je puis te montrer les trophées des apôtres. Si tu veux aller au Vatican ou sur la Voie d'Ostie, tu y trouveras les trophées de ceux qui ont fondé cette Église. » Libellé contrôlé contre la traduction Grapin (Histoire ecclésiastique, Textes et documents, 1905 : « Je puis montrer les trophées des apôtres. Va au Vatican ou sur la voie d'Ostie ; tu trouveras les trophées des fondateurs de cette Église ») : sens identique, et le « si tu veux aller » retenu dans le corps suit le grec (ἐὰν ἐθελήσῃς ἀπελθεῖν). Édition critique : Sources Chrétiennes 31, Cerf, 1952 ; texte grec dans la Patrologia Graeca 20, col. 209.

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  8. Encyclopaedia Britannica, article « Aurelian » : l'empereur ordonna la construction d'une nouvelle enceinte autour de Rome, qui porte encore son nom ; Hendrik W. Dey, The Aurelian Wall and the Refashioning of Imperial Rome, AD 271-855, Cambridge University Press, 2011 : construction dans les années 270.

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  9. Liber Pontificalis, vie de Sylvestre Ier (314-335), édition critique par Louis Duchesne, Le Liber Pontificalis, texte, introduction et commentaire, Paris, Ernest Thorin, 1886, tome I, p. 178 : énumération des dons constantiniens à la basilique apostolique « Pauli Apostoli » sur la Voie d'Ostie (revenus annuels, mobilier liturgique, ornements précieux).

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  10. Encyclopaedia Britannica, article « Old Saint Peter's Basilica » : église à cinq nefs avec transept absidé à l'extrémité ouest (« with apsed transept at the west end »), commencée entre 326 et 333 sur l'ordre de Constantin — l'abside à l'ouest est l'usage des grandes basiliques constantiniennes de Rome, non une exception.

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  11. Catholic Encyclopedia (New Advent), article « St. Paul-Without-The-Walls » (1911) par Umberto Benigni : cella memoriae du IIᵉ-IIIᵉ siècle, basilique de Constantin transformée en monument par Théodose à partir de 386, travaux non achevés avant le pontificat de Léon le Grand ; restaurations de Grégoire II ; abbaye réformée par Odon de Cluny sous Albéric II (la Catholic Encyclopedia donne 937, les pages vaticanes 936, date retenue dans le corps) ; saint Grégoire VII comme abbé du monastère ; porte de bronze de Pantaleone d'Amalfi. L'article ne nomme pas Sirice.

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  12. Wikipédia (français), article « Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs » : datation de la consécration constantinienne au 18 novembre 324 par Sylvestre Ier ; agrandissement de 386 par Valentinien II, Théodose et Honorius (la page vaticane donne 384-395, fourchette retenue dans le corps) ; mosaïque de l'arc triomphal attribuée à Galla Placidia (vers 440) ; reconstruction après l'incendie du 15 juillet 1823 sous Léon XII et Pie IX ; consécration par Pie IX le 10 décembre 1854 ; régime d'extraterritorialité de 1929 ; dimensions 131,66 × 65 × 29,70 mètres ; mosaïque de l'abside de 1218-1227 sous Honorius III ; porte de Pantaléon d'Amalfi vers 1070 (54 panneaux) ; candélabre pascal des Vassalletto (5,60 m) ; inscription du sarcophage PAULO APOSTOLO MART.

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  13. Wikipédia (italien), article « Basilica di San Paolo fuori le mura », section Descrizione : basilique « lunga 131 m, larga 65 m, alta 29,70 m » (citant le guide L. Zeppegno, 1996, p. 45) ; édifice théodosien « a cinque navate, con 80 colonne » ; consécration par le pape Sirice en 390 ; porte byzantine du XIᵉ siècle « divisa in 54 pannelli » ; médaillons actuels au nombre de 267 (« i tondi sono 267 ») ; ciborium d'Arnolfo di Cambio réalisé en 1285 pour l'abbé Bartolomeo (citant Fagiolo-Madonna (dir.), 1985, p. 72) ; candélabre du cierge pascal de Pietro Vassalletto et Nicolò D'Angelo « nell'anno 1170 » ; mosaïque de l'abside réalisée sous Honorius III (1216-1227) avec des artisans de Saint-Marc de Venise.

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  14. André Chastagnol, Aspects de l'antiquité tardive, L'Erma di Bretschneider, 1994, p. 321 : la basilique nouvelle, achevée sous Honorius en 395, « est consacré[e] par le pape Sirice en 391 » et désignée alors comme la « basilique des trois Empereurs » (repris par Wikipédia en français). La Catholic Encyclopedia (1911), elle, ne nomme aucun consécrateur et place l'achèvement général sous Léon le Grand ; l'édition anglaise actuelle de Wikipedia avance prudemment une consécration « probably around 402 by Pope Innocent I ».

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  15. EWTN Vatican (d'après Vatican Media / Vatican News), « Mosaic bearing Pope Leo XIV's portrait readied for St. Paul Outside the Walls », 16 janvier 2026 : médaillon de Léon XIV — le 267ᵉ portrait de la frise — présenté au pape le 14 janvier 2026, à la demande du cardinal James M. Harvey, archiprêtre de la basilique ; réalisé par l'Atelier de mosaïque de la Fabrique de Saint-Pierre (plus de 15 000 tesselles, émaux de verre et or), médaillon de 137 cm de diamètre (54 pouces) destiné à la nef droite, à côté de François, à environ 13 mètres de hauteur (43 pieds), d'après une esquisse peinte du maître Rodolfo Papa conservée à la Fabrique de Saint-Pierre. Texte repris par Papal Artifacts, « The Mosaic Medallion of Pope Leo XIV for St. Paul Outside the Walls », 6 mai 2026. URL : papalartifacts.com/the-mosaic-medallion-of-pope-leo-xiv-for-st-paul-outside-the-walls. La refonte des portraits en mosaïque sur fond d'or après l'incendie de 1823 fut entreprise sous Pie IX en 1847 (cathédrale St James de Seattle, pages du pèlerinage paulinien : « These mosaic portraits were begun by Pope Pius IX in 1847 ») ; un médaillon est ajouté à chaque élection pontificale.

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  16. Essence of Rome, « The eerie legend of the portraits in Saint Paul Outside Walls », article documentaire en ligne sur la légende populaire d'un nombre limité de médaillons restants annonçant la fin des temps : selon ce site, qui relaie sur ce point la position de la basilique, il n'y a pas de nombre fixé de places restantes — de nouvelles séries de niches sont simplement ouvertes au fur et à mesure ; la frise comptait en janvier 2026 267 portraits, de saint Pierre à Léon XIV (266ᵉ : François ; 267ᵉ : Léon XIV, médaillon présenté le 14 janvier 2026).

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  17. Catholic Encyclopedia (New Advent), article « St. Paul-Without-The-Walls » (1911), section médiévale : raids sarrasins de 846 sur les basiliques extra-muros de Rome ; fortification de la basilique, du monastère et du village par Jean VIII (872-882) constituant la cité de Joannispolis, encore mentionnée au XIIIᵉ siècle ; saint Odon de Cluny envoyé par Albéric II pour réformer le monastère (937 selon la Catholic Encyclopedia, 936 selon les pages vaticanes, date retenue dans le corps), plaçant Baudouin du Mont-Cassin comme abbé ; saint Grégoire VII comme abbé avant son pontificat.

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  18. L'abbaye figure sur le site officiel de la Congrégation sublaco-cassinaise OSB (benedettinisublacensicassinesi.org, page « Abbazia di San Paolo Fuori le Mura ») : l'ancienne « Congregazione Benedettina Cassinese » (attestée pour Saint-Paul dans le bulletin de la Salle de presse du Saint-Siège du 7 septembre 2000) a pris sa dénomination actuelle sublaco-cassinaise. La page officielle de la basilique sur vatican.va (rubrique « L'Abbaye bénédictine ») confirme l'origine : « C'est le pape Grégoire II (715-731) qui établit de façon stable la communauté bénédictine qui perdure jusqu'à aujourd'hui » (la présence monastique y est dite remonter à Grégoire le Grand, 590-604), réformée par Odon de Cluny en 936. La page « Les origines » du même site précise le régime actuel : « vaste complexe extraterritorial (Motu proprio du pape Benoît XVI, 30 mai 2005), régi par un archiprêtre », l'abbaye demeurant « active sous la direction de son abbé ». URL : vatican.va/various/basiliche/san_paolo/fr/basilica/abbazia.htm.

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  19. Wikipedia (anglais), article « Basilica of Saint Paul Outside the Walls » : agrandissement à partir de 386 sous Valentinien II, Théodose et Honorius ; consécration sous le pape Sirice vers 390 (achèvement de la décoration sous Innocent Ier vers 402) ; encyclique Ad plurimas de Léon XII en 1825 ; chantier de reconstruction supervisé par Luigi Poletti jusqu'à sa mort en 1869 ; consécration partielle du transept par Grégoire XVI le 5 octobre 1840 ; reconsécration complète par Pie IX en 1854 devant cinquante cardinaux et 185 évêques ; cloître des Vassalletto (1205-1241) ; ciborium d'Arnolfo di Cambio (1285) ; porte de bronze de Pantaleone d'Amalfi en 1070.

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  20. National Geographic News, « St. Paul's Tomb Unearthed in Rome », décembre 2006 (compte rendu des fouilles menées par Giorgio Filippi, archéologue des Musées du Vatican) : travaux commencés en 2002, sarcophage de pierre dégagé sous le maître-autel, plaque de marbre portant l'inscription « Paulo Apostolo Mart » (« à Paul apôtre martyr »).

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  21. Planet-Terre (École Normale Supérieure de Lyon), Cyril Langlois, « Malachite, lapis-lazuli, albâtre… : la minéralogie s'invite dans la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, Rome (Italie) », mars 2024 : blocs de malachite et lapis-lazuli des autels du transept offerts par le tsar Nicolas Ier de Russie (1796-1855) ; colonnes d'albâtre offertes par le vice-roi d'Égypte Méhémet Ali (1769-1849) ; reconstruction à l'identique de 1823 à 1831, intérieur redécoré avec ces matériaux précieux.

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  22. Juan Alfonso de Polanco, Chronicon Societatis Iesu, vol. I, Madrid, MHSI, 1894, p. 99-101 : description détaillée de la cérémonie du 22 avril 1541 à la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs. Élection d'Ignace comme premier prévôt général à l'unanimité moins une voix le 17 avril 1541, après son refus initial ; vœux solennels prononcés devant l'autel de Notre-Dame dans la chapelle des reliques de l'apôtre ; signature du Formula Instituti approuvé en 1540 par la bulle Regimini militantis Ecclesiae de Paul III. Document original conservé aux archives romaines de la Compagnie (ARSI). Récit corroboré par la Catholic Encyclopedia (1911), article « St. Ignatius Loyola » : « In April, 1541, Ignatius was, in spite of his reluctance, elected the first general, and on 22 April he and his companions made their profession in St. Paul Outside the Walls. »

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  23. National Catholic Reporter, « April 22, Mary, Mother of the Society of Jesus » : « On Friday of Easter week, April 22, 1541, […] he celebrated Mass with the first companions at Our Lady's altar in the basilica of St. Paul Outside-the-Walls in Rome, during which all pronounced their [vows]. » Le 22 avril 1541 tombait un vendredi (Pâques cette année-là : le 17 avril) : la profession eut donc lieu le vendredi de l'octave de Pâques, et non un dimanche. URL : ncronline.org/blogs/ncr-today/april-22-mary-mother-society-jesus.

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  24. Saint Jean XXIII, allocution au consistoire extraordinaire dans la salle du Chapitre de la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, 25 janvier 1959, à l'issue de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens. Texte intégral dans Acta Apostolicae Sedis, 51 (1959), p. 65-69 — l'annonce figure p. 68 : « Venerabili Fratelli e Diletti Figli Nostri ! Pronunciamo innanzi a voi, certo tremando un poco di commozione, ma insieme con umile risolutezza di proposito, il nome e la proposta della duplice celebrazione : di un Sinodo Diocesano per l'Urbe, e di un Concilio Ecumenico per la Chiesa universale. » — et sur vatican.va. Annonce simultanée d'un synode diocésain pour Rome et d'un concile œcuménique pour l'Église universelle, qui deviendra le concile Vatican II (1962-1965). Jean XXIII a été canonisé le 27 avril 2014 par le pape François, en même temps que Jean-Paul II.

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  25. Iubilaeum 2025, page officielle « Basilica of Saint Paul Outside the Walls » pour le Jubilé ordinaire de 2025 (ouvert le 24 décembre 2024 par le pape François) : « the present monumental basilica […] contains the chain, which, according to tradition, bound the Apostle Paul to the Roman Soldier who was guarding him while he was imprisoned awaiting trial » ; le site jubilaire propose parmi ses itinéraires romains « The Seven Churches Pilgrimage » (Saint-Pierre, Saint-Paul, Latran, Sainte-Marie-Majeure, Saint-Sébastien, Sainte-Croix-de-Jérusalem, Saint-Laurent-hors-les-Murs). L'indulgence plénière du Jubilé s'obtient par le pèlerinage à l'une des basiliques papales de Rome — dont Saint-Paul-hors-les-Murs — joint aux conditions habituelles (confession, communion, prière aux intentions du Souverain Pontife), selon les normes de la Pénitencerie apostolique pour le Jubilé 2025. URL : iubilaeum2025.va/en/pellegrinaggio/cammini-giubilari-dentro-roma/basiliche-papali/Basilica-San-Paolo-fuori-le-Mura.html.

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  26. EWTN Vatican, « American Cardinal Opens Final Jubilee Holy Door in Rome », 5 janvier 2025 : le cardinal James M. Harvey, archiprêtre de la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, ouvre la cinquième et dernière porte sainte du Jubilé 2025. URL : ewtnvatican.com/articles/american-cardinal-opens-final-jubilee-holy-door-in-rome-4175. Voir aussi Catholic News Service (relayé par Catholic Review, « Grow in hope, share it with others, cardinal says as he opens Holy Door ») : messe du 5 janvier 2025 après l'ouverture de la porte sainte par le cardinal Harvey. Le pape François, lui, avait ouvert la porte sainte de Saint-Pierre le 24 décembre 2024.

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