Saint Paul (Saulus, puis Paulus), né à Tarse vers l'an 5-10 et mort martyr à Rome vers 64-67, est avec saint Pierre l'une des deux colonnes de l'Église des origines. Persécuteur des premiers chrétiens, saisi par le Christ ressuscité sur le chemin de Damas, il devient l'« Apôtre des nations » et porte l'Évangile de Jérusalem jusqu'au cœur de l'Empire romain[1][2].
Il n'a connu Jésus ni en Galilée ni au tombeau vide, et pourtant nul, après les Douze, n'a marqué la foi chrétienne aussi profondément. Ses treize lettres forment près du quart du Nouveau Testament et constituent le premier grand corpus théologique de l'Église : justification par la foi, primauté du Christ, doctrine du Corps du Christ, hymne à la charité[3][4].
Cet article traite Paul comme Écriture Sainte reçue par l'Église : sa place dans le canon, l'attribution et la datation traditionnelles de ses lettres, les témoins anciens, le plan de chaque épître, sa théologie, son usage liturgique, puis le débat historico-critique en fin d'article. Sa biographie détaillée, sa spiritualité et son culte relèvent de l'article voisin saint Paul.
« Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi. »
- Saint Paul, Épître aux Galates 2, 20[5]
La place de Paul dans le Nouveau Testament
Le premier théologien du Nouveau Testament
Paul est le premier auteur chrétien dont nous ayons les écrits. Sa première lettre, aux Thessaloniciens, date des environs de l'an 50, soit une vingtaine d'années avant la rédaction des premiers Évangiles. Quand il écrit, l'Église n'a ni credo formulé ni Nouveau Testament relié : elle a la prédication des apôtres, les Écritures d'Israël et l'Eucharistie. Les lettres de Paul sont donc le premier effort pour penser la foi au Christ ressuscité avec les catégories de l'Écriture, et l'Église les a reçues non comme des essais privés mais comme Parole de Dieu : dès la fin du premier siècle, la seconde épître de Pierre range déjà « toutes les lettres » de Paul parmi « les autres Écritures »[6].
Treize lettres, près du quart du Nouveau Testament
Le canon reçu par l'Église catholique attribue à Paul treize épîtres, rangées non par ordre chronologique mais par longueur décroissante : d'abord les neuf lettres adressées à sept Églises (Romains, Corinthiens, Galates, Éphésiens, Philippiens, Colossiens, Thessaloniciens), puis les quatre lettres adressées à des personnes (Timothée, Tite, Philémon)[7]. Avec les Actes, qui racontent sa mission des chapitres 9 à 28, Paul occupe plus du quart du Nouveau Testament, davantage que n'importe quel autre auteur sacré[8].
Saul de Tarse, pharisien persécuteur
Un Juif de la diaspora, citoyen romain
Saul naît à Tarse, capitale cultivée de la Cilicie, dans une famille juive de la tribu de Benjamin, attachée à la langue hébraïque et à l'observance pharisienne[9]. Il porte dès sa naissance un privilège rare : la citoyenneté romaine, héritée de son père, qui le protégera deux fois, à Philippes puis à Jérusalem, et lui ouvrira la route de Rome par l'appel à César[10][11]. Monté à Jérusalem, il étudie « aux pieds de Gamaliel », le grand docteur cité avec respect par les Actes eux-mêmes, et se forme à une lecture intégrale et zélée de la Loi[12].
« Circoncis le huitième jour, de la race d'Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu fils d'Hébreux ; pour la Loi, pharisien ; pour le zèle, persécuteur de l'Église ; pour la justice selon la Loi, irréprochable. »
- Saint Paul, Épître aux Philippiens 3, 5-6[13]
Le persécuteur des premiers chrétiens
Ce zèle tourne d'abord contre l'Église naissante. Saul garde les vêtements des lapidateurs d'Étienne, ravage l'Église maison par maison et se fait donner des lettres pour traquer les disciples jusqu'à Damas[14]. Loin d'être un détail biographique, cette violence passée fonde toute sa théologie de la grâce : celui qui se dit « le premier des pécheurs » et « l'avorton » des apôtres n'a rien reçu par mérite, tout par miséricorde[15][16]. Sa vie détaillée, sa conversion intérieure et sa sainteté sont traitées dans l'article saint Paul : ici, c'est l'Apôtre des Écritures qui nous occupe.
Le chemin de Damas et l'appel de l'Apôtre
Vers 33-36, sur la route de Damas où il allait arrêter les disciples, Saul est terrassé par une lumière venue du ciel : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » À sa question « Qui es-tu, Seigneur ? », la réponse fonde toute l'ecclésiologie paulinienne : « Je suis Jésus, celui que tu persécutes » : frapper les chrétiens, c'est frapper le Christ lui-même, car l'Église est son Corps[17]. Baptisé par Ananie, Saul passe aussitôt de persécuteur à prédicateur, au scandale des deux camps[18].
Paul ne présente jamais Damas comme une simple conversion morale mais comme un appel apostolique, mis sur le même plan que les apparitions du Ressuscité à Pierre, aux Douze et à Jacques : « et en tout dernier lieu, il m'est aussi apparu, à moi l'avorton »[19]. C'est sur cette apparition qu'il fonde son titre d'apôtre, contesté par certains à Corinthe : « Ne suis-je pas apôtre ? N'ai-je pas vu Jésus notre Seigneur ? »[20]. Après un retrait en Arabie puis un premier séjour de quinze jours auprès de Pierre à Jérusalem, il évangélise la Syrie et la Cilicie pendant une dizaine d'années, presque inconnu des Églises de Judée « de visage », mais déjà réputé : « celui qui nous persécutait annonce maintenant la foi »[21].
Paul dans les Actes des Apôtres
Barnabé et l'entrée dans la mission
C'est Barnabé, le lévite chypriote, qui va chercher Saul à Tarse et l'introduit dans l'Église d'Antioche, où les disciples reçoivent pour la première fois le nom de « chrétiens »[22]. Envoyés par cette Église, Barnabé et Saul accomplissent le premier voyage (vers 45-48) : Chypre, puis le sud de l'Asie Mineure, avec la fondation d'Églises et la première lapidation de Paul à Lystres[23]. La brouille ultérieure des deux hommes au sujet de Marc n'empêche pas Paul de rappeler Marc avec tendresse à la fin de sa vie[24].
Le concile de Jérusalem et l'incident d'Antioche
Face aux judaïsants qui exigent la circoncision des païens convertis, Paul monte à Jérusalem avec Barnabé et Tite : c'est le concile de Jérusalem (vers 49-50), où Pierre, Jacques et Jean lui tendent « la main en signe de communion », partageant les missions : à Pierre les circoncis, à Paul les nations[25]. Le dossier complet du concile est traité dans l'article concile de Jérusalem. Restait une zone de friction, que Paul raconte sans fard : à Antioche, il « résista en face » à Pierre lui-même, dont l'attitude fluctuante envers les tables communes risquait de faire croire que la Loi s'ajoute au Christ pour être sauvé[26]. Loin d'affaiblir l'autorité de Pierre, l'épisode montre deux apôtres dont la communion survit à une correction publique, pour garder pur l'Évangile de la grâce.
Les grands voyages missionnaires
De 49 à 57, Paul accomplit deux immenses périples qui portent l'Évangile en Europe pour la première fois.
| Voyage | Dates | Itinéraire | Fruits majeurs |
|---|---|---|---|
| Premier, avec Barnabé | Vers 45-48 | Antioche, Chypre, Asie Mineure du Sud | Fondations, lapidation de Lystres[27] |
| Deuxième, avec Silas puis Timothée | Vers 49-52 | Asie, Macédoine, Athènes, Corinthe (18 mois) | Philippes, Thessalonique, discours de l'Aréopage, Corinthe[28][29] |
| Troisième | Vers 53-57 | Galatie, Éphèse (2 à 3 ans), Macédoine, Grèce | École de Tyrannos, adieux de Milet, collecte pour Jérusalem[30] |
À Corinthe, le proconsul Gallion refuse de condamner Paul et le renvoie : l'anecdote, datée avec précision par la lettre de l'empereur Claude aux Delphiens gravée dans la pierre, qui nomme Gallion proconsul d'Achaïe au temps de la vingt-sixième acclamation impériale, soit en 51-52, constitue le repère chronologique le plus solide de la vie de l'Apôtre et permet de dater ses premières lettres[31][32]. À Éphèse, sa prédication quotidienne dans l'école de Tyrannos fait refluer la magie et l'orfèvrerie d'Artémis, jusqu'à l'émeute de Démétrios[33].
L'arrestation à Jérusalem et la captivité à Rome
Monté à Jérusalem avec la collecte des Églises païennes, Paul est arrêté au Temple sur une fausse accusation, échappe à la flagellation en invoquant sa citoyenneté romaine, puis, devant le gouverneur Festus, en appelle à César : comme citoyen, il sera jugé à Rome[34][35][36]. Le récit des Actes s'achève sur deux années de résidence surveillée à Rome (vers 60-62), où Paul « annonce le règne de Dieu en toute assurance et sans entrave »[37]. Luc s'arrête là, sans raconter ni procès ni martyre : la tradition la plus ancienne, portée par Clément de Rome, suppose une libération, une ultime mission jusqu'en Espagne comme Paul l'avait projeté, puis un retour à Rome et la couronne du martyre sous Néron[38][39].
- Vers 5-10Naissance à Tarse
- Vers 33-36Le chemin de Damas
- Vers 45-48Premier voyage avec Barnabé
Chypre et Asie Mineure du Sud : premières fondations, première lapidation[43].
- Vers 49-50Le concile de Jérusalem
Pierre, Jacques et Jean reconnaissent sa mission vers les nations[44].
- Vers 50-52Corinthe et les premières lettres
Dix-huit mois à Corinthe, devant Gallion ; 1 et 2 Thessaloniciens[45].
- Vers 53-57Éphèse et les grandes épîtres
Deux à trois ans d'enseignement ; Galates, Corinthiens, Romains[46].
- Vers 60-62Première captivité romaine
Résidence surveillée ; lettres de captivité : Philippiens, Philémon, Colossiens, Éphésiens[47].
- Vers 64-67Martyre sous Néron
Le corpus paulinien, Écriture reçue
Treize épîtres dans un ordre voulu
Le Nouveau Testament range les lettres de Paul par longueur décroissante, des grandes lettres aux Églises jusqu'au billet personnel à Philémon. La datation traditionnelle, calée sur la chronologie des Actes et le repère de Gallion, s'établit ainsi :
| Épître | Lieu et date traditionnels | Occasion et cœur du message |
|---|---|---|
| 1 Thessaloniciens | Corinthe, vers 50-51 | Première lettre chrétienne conservée : tenir dans la tribulation, veiller dans l'attente du Seigneur[50] |
| 2 Thessaloniciens | Corinthe, vers 51 | Corriger la fièvre apocalyptique : le Jour n'est pas déjà là, travailler en attendant[51] |
| Galates | Antioche ou Éphèse, vers 48-55 | Manifeste de la liberté : la circoncision n'ajoute rien au Christ[52] |
| 1 Corinthiens | Éphèse, vers 55-56 | Relever une Église divisée : unité, Eucharistie, résurrection, hymne à la charité[53] |
| 2 Corinthiens | Macédoine, vers 56-57 | Défense du ministère apostolique dans la faiblesse : le trésor dans des vases d'argile[54] |
| Romains | Corinthe, vers 57 | La charte de l'Évangile : justification par la foi, Adam et Christ, Israël et les nations[55] |
| Philippiens | Rome, vers 60-62 | Joie dans les chaînes : l'hymne du Christ abaissé puis exalté[56] |
| Philémon | Rome, vers 60-62 | Un esclave en fuite rendu comme « frère bien-aimé » : l'Évangile dénoue les chaînes sociales[57] |
| Colossiens | Rome, vers 60-62 | La primauté absolue du Christ contre tout syncrétisme[58] |
| Éphésiens | Rome, vers 60-62 | L'Église Corps du Christ et le dessein de réunir toutes choses en lui[59] |
| 1 Timothée | Macédoine, vers 62-65 | Ordonner l'Église d'Éphèse : épiscopes, diacres, saine doctrine[60] |
| Tite | Nicopolis, vers 62-65 | Organiser les Églises de Crète : presbytres en chaque ville[61] |
| 2 Timothée | Rome, vers 66-67 | Testament du martyr : « j'ai combattu le bon combat », transmettre le dépôt[62] |
Pourquoi l'épître aux Hébreux n'y figure pas
L'épître aux Hébreux, anonyme, suit immédiatement les lettres de Paul dans nos Bibles, ce qui a entretenu l'idée d'une quatorzième lettre paulinienne, défendue en Orient par Clément d'Alexandrie et Origène. Mais la tradition latine, avec Tertullien puis Jérôme, l'a constamment distinguée du corpus. Jérôme, dans sa notice sur l'Apôtre, énumère avec précision : « neuf lettres à sept Églises », puis « à ses disciples : deux à Timothée, une à Tite, une à Philémon », soit treize épîtres de Paul, et il traite les Hébreux à part[63]. L'Église, en recevant l'Hébreux dans le canon sans le mettre au compte de Paul, montre son discernement : elle ne baptise pas paulinien tout écrit apostolique, ce qui renforce d'autant le crédit des treize lettres qu'elle lui attribue.
L'attribution traditionnelle et les témoins anciens
Ce que Paul dit de lui-même
Les lettres portent leurs propres marques d'authenticité, que la tradition n'a jamais cessé de relever. Paul nomme ses co-expéditeurs (Silvain et Timothée dès 1 Thessaloniciens), son secrétaire (Tertius, qui salue lui-même les Romains au chapitre 16), et sa propre main pour la salutation finale, signature antifraude explicite : « La salutation est de ma main à moi, Paul. C'est le signe dans toutes mes lettres »[64][65][66]. Les détails matériels concordent avec les Actes : Phébé de Cenchrées porte la lettre aux Romains, Gaïus héberge Paul à Corinthe, les collectes, les compagnons et les procès se recoupent sans couture[67].
Les témoins les plus proches
Aucun écrit du Nouveau Testament n'est cité aussi tôt ni aussi largement que les lettres de Paul. Le plus ancien témoin, Clément de Rome, écrit aux Corinthiens vers 96, une trentaine d'années après le martyre, et résume la course de l'Apôtre en une phrase restée célèbre :
« Après avoir enseigné la justice au monde entier et être parvenu jusqu'à l'extrémité de l'Occident, il rendit témoignage devant les préfets, et c'est ainsi qu'il quitta ce monde pour aller au lieu saint. »
- Clément de Rome, Lettre aux Corinthiens, 5, 7[68]
L'Espagne visée par Paul en Rm 15 devient ici « l'extrémité de l'Occident » : trente ans après les faits, Rome se souvient que le projet annoncé dans l'épître s'est accompli, et que l'Apôtre a scellé sa prédication par le martyre :
| Témoin | Date et lieu | Ce qu'il atteste |
|---|---|---|
| Clément de Rome | Vers 96, Rome | Cite Paul, raconte sa course « jusqu'à l'extrémité de l'Occident » et son martyre sous les préfets[69] |
| Ignace d'Antioche | Vers 107, en route vers Rome | « Je ne vous ordonne pas comme Pierre et Paul » : les deux apôtres font déjà autorité ensemble[70] |
| Polycarpe de Smyrne | Vers 110-140 | Rappelle que « le bienheureux Paul » a enseigné aux Philippiens et leur a écrit des lettres[71] |
| Marcion | Vers 140, Rome | Son canon tronqué retient dix lettres de Paul : même l'hérétique témoigne du recueil déjà formé[72] |
| Fragment de Muratori | Vers 170-200, Rome | Liste les lettres aux sept Églises puis les particulières : le corpus des treize est en place[73] |
| Irénée de Lyon | Vers 180 | Cite abondamment Romains, Corinthiens et Galates comme Écritures apostoliques[74] |
| Tertullien | Vers 200, Carthage | Les Églises apostoliques « lisent » les lettres de Paul avec les Évangiles[75] |
| Eusèbe de Césarée | Vers 325 | Range les quatorze (avec Hébreux) parmi les écrits reconnus et raconte le martyre sous Néron[76] |
Dès la fin du premier siècle, donc, les lettres circulent, sont citées comme autorité et lues dans les assemblées. La seconde épître de Pierre, elle-même Écriture, suppose déjà un recueil « de toutes les lettres » de Paul que des ignorants « tordent » comme « les autres Écritures » : vers 60-65 au plus tard selon la datation traditionnelle, le corpus paulinien est traité au même rang que la Bible[77]. Le fragment de Muratori le confirme à sa manière : il note que les lettres de Paul « déclarent elles-mêmes d'où et pour quelle cause elles ont été envoyées », preuve qu'à Rome, vers 170, on les lisait déjà comme un recueil ordonné, sept Églises d'abord, puis les particuliers[78].
Le papyrus Chester Beatty et les grands codex
La papyrologie confirme cette ancienneté. Le papyrus Chester Beatty II (P46), copié vers l'an 200, conserve sur quatre-vingt-six feuillets un recueil qui alignait déjà Romains, Hébreux, Corinthiens, Éphésiens, Galates, Philippiens, Colossiens et la première aux Thessaloniciens : la collection paulinienne circulait sous forme de codex un siècle et demi après la mort de l'Apôtre, avec un ordre très proche de celui de nos Bibles[79]. Au IVe siècle, les grands codex Vaticanus et Sinaiticus donnent au corpus sa forme définitive, avec les listes de Rome (382) et de Carthage (397) qui fixent le canon reçu par l'Église catholique[80]. Aucune lettre apocryphe attribuée à Paul (troisième aux Corinthiens, aux Laodicéens, correspondance avec Sénèque, Actes de Paul) n'a jamais franchi ce discernement : l'Église a su dire non aux faux pauliniens, ce qui rend son oui aux treize d'autant plus pesé[81].
Les grandes lettres : plan et théologie
Les Thessaloniciens : veiller dans l'attente
Premiers écrits chrétiens conservés, les deux lettres aux Thessaloniciens répondent à une Église jeune, persécutée, inquiète du sort des morts avant le retour du Seigneur. Paul déploie en trois mouvements : action de grâce pour une foi devenue modèle dans toute la Macédoine, défense de son ministère désintéressé, puis instruction sur la parousie : les morts ressusciteront d'abord, les vivants seront emportés avec eux, donc « consolez-vous les uns les autres » plutôt que de fixer des dates[82]. La seconde corrige ceux qui déclaraient le Jour déjà arrivé, parfois sous couvert d'une fausse lettre de Paul : travailler de ses mains en attendant, et reconnaître sa vraie signature[83].
« Car lui-même, le Seigneur, au signal donné par la voix de l'archange et la trompette de Dieu, descendra du ciel, et les morts unis au Christ ressusciteront d'abord. »
- Saint Paul, Première aux Thessaloniciens 4, 16[84]
Galates : la liberté contre les judaïsants
Le ton le plus véhément du corpus : des missionnaires judaïsants veulent imposer la circoncision aux païens convertis de Galatie, et Paul y voit la ruine de l'Évangile. Trois mouvements : défense de son apostolat reçu directement du Christ (ni de Pierre ni de Jérusalem), démonstration scripturaire (Abraham justifié par la foi avant la Loi, la Loi simple pédagogue conduisant au Christ), puis vie dans l'Esprit : liberté, charité, fruit de l'Esprit contre œuvres de la chair[85][86].
« Pour la liberté, le Christ nous a libérés. Tenez donc ferme, et ne vous laissez pas remettre sous le joug de l'esclavage. »
- Saint Paul, Épître aux Galates 5, 1[87]
Corinthiens : l'Église déchirée et relevée
Corinthe, port cosmopolite et païen, donne à Paul sa correspondance la plus concrète. La première lettre traite dans l'ordre : les partis (« moi, je suis à Paul, moi à Apollos »), un cas d'inceste toléré, les procès entre frères, le mariage et le célibat, les viandes sacrifiées aux idoles, la tenue des assemblées, les charismes, puis le sommet : l'hymne à la charité et la grande démonstration de la résurrection des morts, sans laquelle « vaine est notre foi »[88][89]. Au passage, Paul transmet ce qu'il a lui-même « reçu » sur la Cène, avec les paroles de l'institution : le plus ancien récit eucharistique du Nouveau Testament, antérieur aux Évangiles écrits[90]. La seconde lettre, écrite dans l'épreuve, défend son ministère attaqué : cris, fausses accusations, « écharde dans la chair » reçue pour ne pas s'enorgueillir, et paradoxe final où la force du Christ éclate dans la faiblesse de l'apôtre[91].
« L'amour prend patience, l'amour rend service, l'amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d'orgueil. »
- Saint Paul, Première aux Corinthiens 13, 4[92]
« Si le Christ n'est pas ressuscité, vide alors est notre message, vide aussi votre foi. »
- Saint Paul, Première aux Corinthiens 15, 14[93]
Romains : la charte de l'Évangile
Écrite à Corinthe vers 57 à une Église qu'il n'a pas fondée et veut visiter en route vers l'Espagne, l'épître aux Romains est la présentation systématique de l'Évangile : Paul s'y montre tout entier, sans polémique locale à éteindre[94]. Plan en quatre mouvements : tous coupables, Juifs et païens, nul ne se justifie par la Loi ; justification gratuite par la foi au Christ, comme Abraham avant la circoncision ; vie nouvelle du baptisé, libéré du péché et conduit par l'Esprit ; puis le mystère d'Israël : l'endurcissement partiel jusqu'à l'entrée des nations, car « tout Israël sera sauvé » et les dons de Dieu sont sans repentance[95][96]. La lettre s'achève en exhortation concrète et en salutations où défile tout un réseau d'Églises domestiques.
« Tous ont péché, tous sont privés de la gloire de Dieu, et lui, gratuitement, les fait devenir justes par sa grâce, en vertu de la rédemption accomplie dans le Christ Jésus. »
- Saint Paul, Épître aux Romains 3, 23-24[97]
« J'en suis certain : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les principautés, ni le présent ni l'avenir, ni les puissances, ni les hauteurs ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur. »
- Saint Paul, Épître aux Romains 8, 38-39[98]
Les lettres de captivité : le Christ au centre
De sa première captivité romaine (vers 60-62), Paul écrit quatre lettres où le Christ occupe toute la lumière. Aux Philippiens, sa communauté la plus aimée, il confie sa joie jusque dans les chaînes et cite l'hymne du Christ qui « s'est abaissé lui-même » jusqu'à la mort de la croix, avant que Dieu ne l'exalte : sommet christologique du corpus[99]. À Philémon, il renvoie l'esclave en fuite Onésime non plus comme esclave mais comme « frère bien-aimé », sans abolir le droit par décret, en convertissant les cœurs : la méthode évangélique des transformations sociales[100]. Aux Colossiens, il proclame la primauté cosmique du Christ, « image du Dieu invisible, premier-né de toute créature », contre les syncrétismes qui rabattent le Seigneur au rang des puissances[101]. Aux Éphésiens, il déploie le dessein de réunir « toutes choses sous un seul chef, le Christ », et l'Église son Corps, bâtie sur le fondement des apôtres[102].
« Lui qui était de condition divine ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu. Mais il s'est anéanti lui-même en prenant condition d'esclave, devenu semblable aux hommes. »
- Saint Paul, Épître aux Philippiens 2, 6-7[103]
Les Pastorales : transmettre à Timothée et à Tite
Dernières du corpus, les lettres à Timothée et à Tite organisent la transmission : Paul, qui se sait près du départ, confie à ses fils spirituels le « dépôt » intact. Première à Timothée et lettre à Tite : choisir épiscopes et diacres, établir des presbytres « de ville en ville », garder la saine doctrine contre les mythes, prier pour tous les hommes[104][105]. La seconde à Timothée est son testament : abandonné de presque tous dans sa prison romaine, il relit sa vie comme une libation déjà versée et lègue la couronne promise « à tous ceux qui auront aimé sa manifestation »[106].
« Je suis déjà offert en libation, le moment de mon départ est venu. J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi. »
- Saint Paul, Deuxième à Timothée 4, 6-7[107]
La théologie de Paul en synthèse
Cinq axes portent tout l'édifice, et chacun traverse l'ensemble des lettres :
| Axe | Contenu | Lieux majeurs |
|---|---|---|
| Le Christ primauté | Mort et ressuscité, image du Dieu invisible, Seigneur à qui tout genou fléchit | Ph 2, Col 1, 1 Co 15[108][109] |
| La justification gratuite | Le pécheur déclaré juste par la foi, sans les œuvres de la Loi, à l'exemple d'Abraham | Ga 2-3, Rm 3-5[110][111] |
| Le Corps du Christ | Baptisés incorporés, charismes divers, charité comme lien : l'Église est le Christ en plénitude | 1 Co 12-13, Rm 12, Ep 4[112][113] |
| Israël et les nations | Endurcissement partiel d'Israël pour le salut des païens, puis « tout Israël sera sauvé » | Rm 9-11[114] |
| L'attente vigilante | Parousie certaine, date inconnue : veiller, travailler, consoler, prier sans cesse | 1-2 Th, 1 Co 7 et 15[115][116] |
Augustin y a puisé sa doctrine de la grâce contre Pélage, Chrysostome ses plus beaux panégyriques, Thomas d'Aquin ses commentaires pauliniens, Luther lui-même son point de départ avant la rupture : nul auteur sacré n'a été autant commenté, et le concile de Trente a tranché à partir de Paul le décret sur la justification, en écartant à la fois le salut sans la grâce et la foi sans les œuvres[117][118][119].
À lui seul, Chrysostome a prêché en chaire, homélie par homélie, l'ensemble du corpus paulinien, et ses commentaires sur Romains restent le modèle de la lecture patristique : Paul expliqué par celui que l'Église surnomme « Bouche d'or », dans la langue même où l'Apôtre avait écrit.
L'accomplissement des Écritures selon Paul
Paul, pharisien devenu apôtre, lit les Écritures d'Israël comme une promesse dont le Christ est l'accomplissement, et il en administre la preuve aux Juifs comme aux païens. Quatre démonstrations reviennent sans cesse : Abraham, justifié par la foi avant la circoncision et avant la Loi, devient le père de tous les croyants, incirconcis compris[120] ; Adam, par qui le péché est entré, trouve son vis-à-vis dans le Christ, « dernier Adam » et « esprit qui donne la vie », par qui la grâce surabonde[121] ; la Pâque, avec l'agneau immolé, s'accomplit dans le Christ immolé dont les chrétiens mangent le pain sans levain de la pureté[122] ; la Loi, sainte et bonne, reste un pédagogue provisoire qui enfermait sous le péché pour conduire au Christ, non un régime définitif du salut[123]. C'est toute la lecture chrétienne de l'Ancien Testament, reçue par l'Église et confirmée par le concile Vatican II, qui voit dans le Nouveau la lumière cachée de l'Ancien[124].
L'usage liturgique de l'héritage paulinien
L'Église ne commente pas seulement Paul : elle le prie. Chaque dimanche, la deuxième lecture de la messe est presque toujours tirée de ses lettres, et le lectionnaire de semaine y puise abondamment : aucun auteur ne nourrit autant la table de la Parole après les Évangiles[125]. Deux fêtes rythment l'année : le 25 janvier, Conversion de saint Paul, qui célèbre Damas comme le modèle de tout retournement de la grâce ; le 29 juin, Pierre et Paul ensemble, les deux colonnes de Rome, avec une octave et une solennité de premier rang[126]. Paul est patron des théologiens, des missionnaires et de la presse catholique, et son nom ouvre la grande année jubilaire que Benoît XVI lui a consacrée en 2008-2009 pour le bimillénaire de sa naissance[127]. Sa tombe, sous le maître-autel de Saint-Paul-hors-les-Murs, reste l'un des pèlerinages romains majeurs, avec la commémoration du martyre sous Néron traitée dans l'article des persécutions de Néron.
Ce que propose l'exégèse moderne, et ses limites
Une partie de l'exégèse contemporaine propose de ne retenir comme certainement authentiques que sept lettres (Romains, 1 et 2 Corinthiens, Galates, Philippiens, 1 Thessaloniciens, Philémon) et d'attribuer les six autres à des disciples : Éphésiens, Colossiens, 2 Thessaloniciens et surtout les Pastorales. Cette hypothèse, née avec l'école de Tübingen au XIXe siècle, mérite examen loyal, puis réponse.
Objection 1 : Le vocabulaire des Pastorales, trop différent pour être de Paul
Les Pastorales emploieraient un vocabulaire en partie inédit (les manuels comptent environ 175 mots absents du reste du corpus) et un style plus posé, ecclésial, moins fougueux. Réponse : un homme écrit différemment à soixante ans, en prison, à des fils spirituels chargés d'Églises, qu'à trente-cinq ans à des communautés en crise ; surtout, Paul dictait par secrétaires (Tertius nommé en Rm 16, 22) et cosignait avec Silvain ou Timothée, ce qui explique les variations de plume sans changer d'auteur[128][129]. La stylométrie mesure des écarts, elle ne prouve pas une autre main.
Objection 2 : L'Église des Pastorales suppose le IIe siècle
Épiscopes, presbytres et diacres organisés, « saine doctrine » contre les mythes : on y lit l'Église du IIe siècle, pas celle de Paul. Réponse : les Actes montrent déjà Paul établissant des presbytres « en chaque Église » dès le premier voyage, et l'épître aux Philippiens salue « épiscopes et diacres » vers 60 : la structure existe de son vivant[130][131]. L'objection date les institutions par postulat, puis déclare Paul trop précoce : raisonnement circulaire.
Objection 3 : La seconde aux Thessaloniciens se contredit elle-même
Elle annoncerait le Jour comme imminent puis lointain, et dénoncerait une fausse lettre : preuve, dit-on, d'un faussaire qui se trahit. Réponse : le texte distingue le Jour du Seigneur, pas encore venu et précédé de signes, d'une fausse alerte locale déclarant qu'il serait « déjà là » : aucune contradiction, mais une mise au point pastorale, scellée par la salutation autographe revendiquée[132].
Objection 4 : Éphésiens et Colossiens, trop contemplatifs pour le Paul de l'urgence
Leur christologie cosmique et leur ecclésiologie apaisée sentiraient l'école, non l'Apôtre. Réponse : un prisonnier romain médite autrement qu'un missionnaire harcelé, et Colossiens répond à un syncrétisme local précis, non à une gnose du IIe siècle dont il ne montre aucun trait caractérisé[133]. Surtout, Philémon, admise authentique par tous, voyage avec Colossiens et nomme les mêmes compagnons : séparer les deux exige de couper artificiellement un même courrier[134].
Objection 5 : Les Actes idéaliseraient Paul, contredit par ses lettres
On oppose le Paul des Actes, bon citoyen conciliant, au Paul des lettres, polémiste tranchant. Réponse : les deux sources se recoupent sur l'essentiel (Damas, Barnabé, Jérusalem, voyages, arrestation, Rome) et sur les détails (compagnons, collectes, citoyenneté), avec des divergences de perspective normales entre un historien et un correspondant[135][136]. Surtout, les Actes rapportent aussi les côtés rudes (lapidations, querelles, prisons) : l'idéalisation supposée est introuvable dans le texte.
Les limites de méthode à garder en mémoire
Au-delà des réponses point par point, cinq fragilités reviennent dans ces reconstructions : elles traitent la Tradition (Clément, Muratori, Irénée) comme suspecte par principe tout en accueillant sans preuve l'hypothèse d'une école posthume ; elles datent les institutions ecclésiales par des modèles, puis excluent Paul de ce qu'elles ont vieilli ; elles confondent possibilité littéraire (un disciple aurait pu écrire au nom du maître) et preuve historique ; elles usent de l'argument du silence (Actes muets sur la mort de Paul, donc légende du martyre) contre des témoignages positifs convergents (Clément, Eusèbe, Tacite, la tombe de la voie d'Ostie)[137][138][139] ; elles présupposent parfois que prophétie datée et miracle raconté sont impossibles, ce qui n'est plus de l'histoire mais de la philosophie. L'Église, pour sa part, laisse les exégètes débattre librement des questions non tranchées, mais sa lecture liturgique et canonique continue de recevoir les treize lettres comme l'héritage de l'Apôtre : la présomption raisonnable reste l'authenticité, et c'est à l'hypothèse contraire de faire ses preuves, non l'inverse[140].
Pour aller plus loin
- La biographie, la spiritualité et le culte : saint Paul.
- Le compagnon de la première heure : Barnabé ; les fils spirituels : Timothée, Tite ; le premier martyr : Étienne.
- La figure jumelle : saint Pierre apôtre ; le concile : concile de Jérusalem.
- La tombe et le martyre : Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, persécutions de Néron.
- Les autres figures du Nouveau Testament : la Vierge Marie, saint Jean-Baptiste, saint Joseph.
- Benoît XVI, année Saint-Paul 2008-2009 : catéchèses du mercredi sur l'Apôtre[141].
- Augustin, De l'Esprit et de la lettre (412) : le grand commentaire de Rm 7-8 contre Pélage[142].
Notes et références
Ac 9, 1-19, trad. AELF : le chemin de Damas, Ananie, le baptême, « vase d'élection » (9, 15).
1 17 18 41Ph 3, 4-8, trad. AELF : Benjamin, pharisien, citoyen ; Ac 22, 28 pour la citoyenneté de naissance.
2 9 13 40Rm 3, 21-28, trad. AELF : la justification par la foi.
3 55 95 97 1111 Co 12, 31 - 13, 13, trad. AELF : l'hymne à la charité.
4 53 88 92 112Ga 2, 20, trad. AELF.
52 P 3, 15-16, trad. AELF : « toutes les lettres » de Paul et « les autres Écritures ».
6 77Saint Jérôme, Des hommes illustres (De viris illustribus), ch. V, 392 : « neuf lettres à sept Églises », plus deux à Timothée, une à Tite, une à Philémon, soit treize épîtres de Paul ; Hébreux traité à part.
7 63Ac 28, 16-31, trad. AELF : deux années à Rome, prédication « sans entrave ».
8 37 47Ac 16, 1-3 et 16, 37-38, trad. AELF : Timothée circoncis, citoyenneté invoquée à Philippes.
10Ac 25, 10-12, trad. AELF : « J'en appelle à César ».
11 36Ac 22, 3 et 22, 25-29, trad. AELF : élevé aux pieds de Gamaliel, citoyen romain de naissance.
12Ac 7, 58 - 8, 3, trad. AELF : Étienne lapidé, Saul gardien des vêtements, l'Église ravagée.
141 Tm 1, 15, trad. AELF : « le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, dont je suis, moi, le premier ».
151 Co 15, 3-11 et 15, 14, trad. AELF : le kérygme reçu, les apparitions du Ressuscité, Paul « l'avorton ».
16 19 89 931 Co 9, 1-5, trad. AELF : « N'ai-je pas vu Jésus notre Seigneur ? » et le droit des apôtres.
20Ga 1, 11-24, trad. AELF : l'Évangile reçu par révélation, l'Arabie, les quinze jours chez Pierre.
21 42 85Ac 11, 25-26, trad. AELF : Barnabé cherche Saul à Tarse, un an à Antioche, le nom de chrétiens.
22Ac 13, 1 - 14, 28, trad. AELF : premier voyage, presbytres établis en chaque Église (14, 23).
23 27 43 1302 Tm 4, 6-8 et 4, 11, trad. AELF : la libation versée, le bon combat, Marc à rappeler.
24 48 62 106 107Ga 2, 1-10, trad. AELF : la montée à Jérusalem, la main de communion, le partage des missions.
25 44 135Ga 2, 11-14, trad. AELF : la résistance à Pierre en face, à Antioche.
26Ac 17, 1-34, trad. AELF : Thessalonique, Bérée, discours de l'Aréopage.
28Ac 18, 1-18, trad. AELF : Corinthe dix-huit mois, Gallion proconsul, Aquilas et Priscille.
29 32 45Ac 19, 1 - 20, 38, trad. AELF : Éphèse deux ans, école de Tyrannos, émeute de Démétrios, adieux de Milet.
30 33 46Lettre de l'empereur Claude aux Delphiens, gravée à Delphes : Gallion, « mon ami et proconsul d'Achaïe », au temps de la 26e acclamation impériale, soit 51-52 ; cf. Ac 18, 12-17.
31Ac 21, 27-36, trad. AELF : l'arrestation au Temple.
34Ac 22, 25-29, trad. AELF : la citoyenneté romaine épargne la flagellation.
35Rm 15, 19-28, trad. AELF : de Jérusalem à l'Illyrie, le projet de l'Espagne.
38 94Clément de Rome, Lettre aux Corinthiens, 5, 4-7, vers 96, trad. Sources Chrétiennes n. 167 : Paul héraut en Orient et en Occident, « allé jusqu'à l'extrémité de l'Occident », martyr sous les préfets.
39 68 69 137Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, II, 22 et II, 25, vers 325, trad. Sources Chrétiennes : le séjour romain, la persécution de Néron, Pierre et Paul couronnés du martyre.
49 76 1381 Th 4, 13-18 et 4, 16, trad. AELF : l'instruction sur la parousie.
50 82 84 1152 Th 2, 1-12 ; 3, 6-12 et 3, 17, trad. AELF : le Jour non encore venu, le travail, la salutation autographe.
51 66 83 116 132Ga 3, 6-29 ; 5, 1-25, trad. AELF : Abraham, la Loi pédagogue, la liberté, le fruit de l'Esprit.
52 86 87 110 120 1232 Co 4, 7-12 ; 12, 7-10, trad. AELF : le trésor dans des vases d'argile, l'écharde dans la chair.
54 91Ph 2, 5-11, trad. AELF : l'hymne du Christ abaissé et exalté.
56 99 103 108Phm 10-17, trad. AELF : Onésime, « frère bien-aimé ».
57 100 134Col 1, 15-20, trad. AELF : l'hymne de la primauté du Christ.
58 101 109 133Ep 1, 3-14 ; 2, 8-10 ; 2, 19-22, trad. AELF : bénédiction, grâce, fondement des apôtres.
59 102 1131 Tm 1, 12-16 ; 3, 1-13, trad. AELF : Paul « premier des pécheurs », épiscopes et diacres.
60 104Tt 1, 5-9 ; 3, 12, trad. AELF : presbytres de ville en ville, rendez-vous à Nicopolis.
61 1051 Th 1, 1, trad. AELF : Paul, Silvain et Timothée co-expéditeurs.
64 129Rm 16, 1-2 et 16, 22-23, trad. AELF : Phébé porteuse, Tertius secrétaire, Gaïus l'hôte.
65 67 128Ignace d'Antioche, Lettre aux Romains, 4, 3, vers 107, trad. Sources Chrétiennes n. 10 : « Je ne vous ordonne pas comme Pierre et Paul ».
70Saint Polycarpe de Smyrne, Lettre aux Philippiens, 3, 2 et 9, 1, vers 110-140, trad. Sources Chrétiennes n. 10 : « le bienheureux Paul » a enseigné et écrit.
71Marcion, canon vers 140 : dix lettres pauliniennes et Luc expurgé ; témoin du recueil déjà formé, même chez l'hérétique.
72Fragment de Muratori, liste romaine vers 170-200 (manuscrit latin du VIIIe siècle, bibliothèque ambrosienne) : les lettres de Paul aux sept Églises puis aux particuliers, qui « déclarent elles-mêmes d'où et pour quelle cause elles ont été envoyées ».
73 78Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies, III, vers 180, trad. Sources Chrétiennes : citations de Romains, Corinthiens, Galates comme Écritures.
74Tertullien, De la prescription des hérétiques, 36, vers 200 : les chaires apostoliques où « on lit » les lettres des apôtres.
75Papyrus Chester Beatty II (P46), copié vers 200 : quatre-vingt-six feuillets conservés d'un codex qui alignait Romains, Hébreux, Corinthiens, Éphésiens, Galates, Philippiens, Colossiens et 1 Thessaloniciens.
79Listes de Rome (382, sous Damase) et de Carthage (397) : le canon catholique du Nouveau Testament, 27 livres.
80Actes de Paul, 3 Corinthiens, Laodicéens, correspondance Paul, Sénèque : aucun n'a été retenu par les listes de Rome (382) ni de Carthage (397).
811 Co 11, 23-25, trad. AELF : « J'ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur » : les paroles de l'institution eucharistique.
90Rm 9, 1 - 11, 36, trad. AELF : Israël, la jalousie des nations, « tout Israël sera sauvé » (11, 26).
96 114Rm 8, 31-39, trad. AELF : l'hymne de l'amour inséparable.
98Saint Augustin, De l'Esprit et de la lettre (De spiritu et littera), 412 : commentaire de Rm 7, 8 sur la grâce contre Pélage.
117 142Saint Jean Chrysostome, 7 Panégyriques de saint Paul (De laudibus sancti Pauli), fin IVe siècle.
118Concile de Trente, décret sur la justification (De iustificatione), session VI, 13 janvier 1547.
119Rm 5, 12-21, trad. AELF : Adam et le Christ.
1211 Co 5, 7-8, trad. AELF : « Notre agneau pascal a été immolé : c'est le Christ ».
122Concile Vatican II, constitution Dei Verbum, 18 novembre 1965 : n. 11 sur l'inerrance, n. 14-16 sur l'Ancien Testament accompli dans le Nouveau.
124 140Lectionnaire romain : la deuxième lecture dominicale du temps ordinaire suit les lettres pauliniennes en lecture semi-continue.
125Calendrier romain général : Conversion de saint Paul le 25 janvier, saints Pierre et Paul le 29 juin, solennité.
126Benoît XVI, année Saint-Paul, 29 juin 2008 au 29 juin 2009, pour le bimillénaire de la naissance de l'Apôtre : cycle de catéchèses du mercredi sur Paul en 2008-2009.
127 141Ph 1, 1, trad. AELF : salutation « aux épiscopes et aux diacres ».
131Ac 15, 1-35, trad. AELF : l'assemblée de Jérusalem.
136Tacite, Annales, XV, 44 : l'incendie de Rome (64) et le supplice des chrétiens sous Néron.
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