Pape Martin V (1417-1431)

Oddone Colonna, élu au concile de Constance le 11 novembre 1417 : le pape qui mit fin au Grand Schisme d'Occident, ramena la papauté à Rome, releva la Ville en ruines et reconquit les États pontificaux, tout en contenant le conciliarisme.

Ignispedia

Martin V (Martinus V), né Oddone Colonna à Genazzano, dans la Campagne de Rome, en 1368 selon la Catholic Encyclopedia (1910) — 1369 selon Concetta Bianca (Dizionario Biografico, d'après un acte de Boniface IX du 25 janvier 1391) —, et mort à Rome le 20 février 1431, fut pape du 11 novembre 1417 à sa mort. Issu de la grande maison romaine des Colonna — qui avait déjà donné vingt-sept cardinaux à l'Église sans qu'aucun fût monté sur le trône de Pierre —, il fut élu au concile de Constance pour mettre fin à la plus longue déchirure que l'Occident chrétien eût connue.[1]

Son élection clôt le Grand Schisme d'Occident (1378-1417), ces quarante années pendant lesquelles deux puis trois prétendants rivaux se disputèrent la papauté, déchirant la chrétienté latine en obédiences ennemies. En portant à l'unanimité un cardinal romain sur le Siège apostolique, le 11 novembre 1417, le concile rendit à l'Église ce qui lui manquait depuis une génération : une tête visible universellement reconnue.[2][3]

Mais l'unité retrouvée n'était qu'un commencement. Martin V hérita d'une Rome en ruines, d'États pontificaux démembrés par les condottieri, et d'une assemblée conciliaire grisée par sa victoire, tentée de placer désormais le concile au-dessus du pape. Tout son pontificat fut un patient travail de restauration : relever la Ville, reconquérir le patrimoine de saint Pierre, et contenir le conciliarisme sans rouvrir la plaie du schisme.[4]

Martin V en trois actes — le pape élu à Constance qui met fin au Grand Schisme, relève une Rome en ruines et fonde la Renaissance romaine, puis contient la prétention du concile à dominer le pape. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'histoire a fixé son souvenir dans la formule gravée sur son tombeau du Latran : Temporum suorum felicitas, « le bonheur de son temps ».[5] Après quarante ans de division, le simple fait qu'un pape unique gouvernât de nouveau l'Église depuis Rome parut à ses contemporains une félicité. Martin V reste — vérifié le 4 octobre 2026, sous le pontificat de Léon XIV — le dernier pape à avoir porté le nom de Martin : les listes encyclopédiques d'usage — décompte donné ici en relais, non d'après une liste numérotée du Saint-Siège — n'en comptent que trois effectifs, Martin Iᵉʳ, Martin IV et Martin V — les papes Marinus Iᵉʳ et Marinus II ayant été jadis comptés, par confusion des noms Marinus et Martinus, comme Martin II et III, d'où le saut de numérotation.[6][7]

Pourquoi Martin V compte-t-il ?

Le pape qui mit fin au Grand Schisme d'Occident

Aucun pontificat du XVe siècle ne pèse plus lourd dans l'histoire de l'unité de l'Église. Depuis 1378, l'Occident vivait l'inimaginable : deux files de papes — l'une à Rome, l'autre à Avignon — chacune se disant la seule légitime, chacune excommuniant l'autre, et derrière elles des royaumes entiers répartis en obédiences rivales.[8] Le concile de Pise (1409) avait aggravé la confusion en ajoutant un troisième prétendant. L'élection d'Oddone Colonna, le 11 novembre 1417, referma la déchirure : pour la première fois depuis une génération, un seul homme était reconnu pape par l'ensemble de la chrétienté latine.[9][10]

Le restaurateur de Rome et des États pontificaux

Le pape rentre dans une Rome méconnaissable. L'absence prolongée des papes — d'abord à Avignon, puis pendant le schisme — avait livré la Ville à l'abandon, à la famine et aux factions. « La Ville était quasiment en ruines ; la famine et la maladie avaient décimé ses habitants » (traduction), écrit la Catholic Encyclopedia.[11] Martin V entreprit de tout relever : églises, palais, ponts, fortifications. En appelant à Rome les maîtres de l'école toscane, il posa, selon la Catholic Encyclopedia, le fondement de la Renaissance romaine — « thus laid the foundation for the Roman Renaissance ».[12][13]

Le pape qui contint le conciliarisme

Constance avait sauvé l'Église, mais au prix d'une idée dangereuse : que le concile général serait supérieur au pape et pourrait le juger. Martin V accepta loyalement l'héritage légitime du concile, mais s'opposa fermement et avec succès (traduction) à la tentative de substituer un gouvernement « constitutionnel » au gouvernement monarchique de l'Église.[14] C'est lui qui, sans brutalité, désamorça la crise conciliariste avant qu'elle n'éclate à Bâle.

Oddone Colonna avant le trône

Une grande famille romaine : les Colonna

Oddone Colonna naît à Genazzano, dans la Campagne de Rome — en 1368 selon la Catholic Encyclopedia (1910), entre le 25 janvier 1369 et le 25 janvier 1370 selon Concetta Bianca (Dizionario Biografico, d'après un acte de Boniface IX du 25 janvier 1391 le donnant dans sa 22ᵉ année) —, fils d'Agapito Colonna, seigneur de Genazzano, et de Caterina Conti.[15][16] Il appartient à l'une des deux grandes maisons romaines — les Colonna et leurs rivaux Orsini — dont les querelles séculaires structurent la vie politique de la Ville. La famille Colonna avait déjà donné vingt-sept cardinaux à l'Église, mais Oddone serait le premier à monter sur le trône de Pierre.[17][18] Ce poids familial sera tout au long de son règne une force — il lui donnera des soutiens fidèles dans une Italie hostile — et une tentation : celle du népotisme.

Études de droit et carrière à la curie

Destiné jeune à l'Église, Oddone fait des études de droit — à Pérouse selon la Catholic Encyclopedia (1910), à Pavie selon la notice anglophone actuelle — avant d'entrer au service de la curie.[19][20] Il y gravit les degrés ordinaires d'un grand clerc romain : protonotaire apostolique sous Urbain VI, puis chargé de missions sous Boniface IX.[21] Le protonotaire apostolique était un haut clerc de la chancellerie du pape — en langage simple, l'un des notaires chargés de rédiger et d'authentifier ses actes les plus solennels. Sa formation de canoniste — sa « grande connaissance du droit canonique », soulignée par la Catholic Encyclopedia — le préparera à arbitrer les questions juridiques redoutables que posera la sortie du schisme.[22]

Cardinal-diacre de San Giorgio in Velabro (1405)

Le 12 juin 1405, le pape romain Innocent VII crée Oddone Colonna cardinal-diacre en consistoire ; il reçoit le titre de San Giorgio in Velabro le 12 juillet 1405 — date donnée par le seul répertoire-relais des cardinaux créés par Innocent VII : Eubel (Hierarchia, XXIX) et Miranda n'enregistrent, eux, que la création en consistoire du 12 juin.[23][24][25] Le consistoire désignait la réunion solennelle où le pape, entouré des cardinaux, proclamait la création de nouveaux cardinaux ; être cardinal-diacre, c'était entrer au Sacré Collège par le rang des diacres, avec pour attache une église de Rome — ici San Giorgio in Velabro, antique église du quartier du Vélabre, près du Tibre. La promotion d'un Colonna au Sacré Collège, en pleine tourmente du schisme, n'avait rien d'anodin : elle ancrait un puissant lignage romain dans l'obédience romaine. Pour un homme appelé à devenir pape, ce titre cardinalice sera la base de toute la suite.

Dans la tourmente du schisme : Pise et Jean XXIII

Le parcours du futur Martin V porte la marque des compromis de son temps. Comme une grande partie des cardinaux, Oddone Colonna abandonna le pape romain Grégoire XII, jugé incapable de mettre fin au schisme, pour rejoindre le concile de Pise (1409), qui prétendit déposer les deux prétendants existants et en élire un troisième, Alexandre V.[26][27] Oddone se rallia ensuite à son successeur, l'antipape Jean XXIII (Baldassarre Cossa), ce qui lui valut d'être excommunié par Grégoire XII en 1411.[28]

Loin d'être une tache cachée, cet itinéraire éclaire la gravité de la crise : les meilleurs esprits de l'Église, de bonne foi, ne savaient plus où était le pape légitime. C'est précisément cette incertitude générale que le concile de Constance allait trancher — et que l'élection d'un homme comme Oddone Colonna, qui avait connu de l'intérieur toutes les obédiences, pouvait apaiser.

L'élection de Constance (1417)

Le schisme à résoudre

Trois obédiences, un seul pape — Rome, Avignon et Pise : le concile de Constance résorbe les trois lignes rivales du schisme par renonciation, déposition et élection unanime de Martin V le 11 novembre 1417. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le concile de Constance (1414-1418) n'avait qu'un but premier : refaire l'unité. Pour cela, il fallait écarter les trois prétendants : obtenir la renonciation du pape romain Grégoire XII, la déposition de l'antipape pisan Jean XXIII et de l'antipape avignonnais Benoît XIII, puis procéder à une élection neuve et incontestable.[29] Le dossier de fond appartient à l'article consacré au concile de Constance ; ce qui regarde Martin V, c'est l'aboutissement : l'homme que cette mécanique délicate porta sur le trône.

Le tableau ci-dessous résume comment le concile désamorça, une à une, les trois lignes rivales avant de pouvoir élire un pape unique :[30]

ObédiencePrétendant en 1417Issue à Constance
Rome (ligne légitime)Grégoire XIIRenonciation volontaire, lue le 4 juillet 1415
PiseJean XXIII (Baldassarre Cossa)Déposé le 29 mai 1415, après sa fuite de Constance
AvignonBenoît XIII (Pedro de Luna)Déposé le 26 juillet 1417 ; il refuse de céder et se retire à Peñíscola

Une fois les trois sièges ainsi vacants ou neutralisés, la voie était libre pour une élection neuve — celle d'Oddone Colonna.

Le conclave inédit des cinq nations

Le conclave des cinq nations — procédure exceptionnelle de 1417 : aux vingt-trois cardinaux s'ajoutent trente députés, six pour chacune des cinq nations du concile, afin d'obtenir une élection acceptée par toute la chrétienté latine. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'élection de 1417 fut unique dans l'histoire. Pour garantir que le nouveau pape serait accepté de tous, on n'autorisa pas les seuls cardinaux à voter. Au collège des vingt-trois cardinaux furent adjoints trente députés, six pour chacune des cinq nations du concile — Italie, Germanie, France, Espagne et Angleterre.[31][32][33] Jamais un pape ne fut élu de cette manière, et jamais plus il ne le serait : c'était une procédure d'exception, née de la nécessité de réconcilier toute la chrétienté.

Le 11 novembre 1417 : Oddone Colonna élu

Après un conclave de trois jours, le 11 novembre 1417 — jour de la saint Martin de Tours —, le cardinal Oddone Colonna fut élu pape à l'unanimité par les représentants des cinq nations.[34][35]

« Au concile de Constance, après un conclave de trois jours, il fut élu pape à l'unanimité le 11 novembre 1417 par les représentants des cinq nations. » — Catholic Encyclopedia, article Pope Martin V[36]

Le choix d'un Romain n'était pas indifférent. Après des décennies où les papes avaient été français et résidé à Avignon, élire un Colonna, c'était renvoyer la papauté vers Rome, vers son siège propre et vers l'évêque que la tradition lie à la Ville éternelle.

D'un sous-diacre à un pape en quatre jours

Détail révélateur de l'époque : l'élu n'était encore que sous-diacre — c'est-à-dire pas encore prêtre : le sous-diaconat n'était alors que le premier des ordres majeurs. Il fallut, en quatre jours, lui conférer tous les degrés qui lui manquaient. Il fut ordonné diacre le 12 novembre, prêtre le 13, consacré évêque le 14, puis couronné pape le 21 novembre 1417, dans la grande cour du palais épiscopal de Constance.[37][38] Cette ascension fulgurante rappelle qu'au Moyen Âge tardif le cardinalat était souvent une dignité plus administrative que sacerdotale.

Pourquoi le nom de Martin

Oddone Colonna prit le nom de Martin en l'honneur de saint Martin de Tours, dont la fête tombait précisément le jour de son élection, le 11 novembre.[39] Il devenait ainsi Martin V — le numéro tenant compte, comme pour son prédécesseur Martin IV, de l'ancienne confusion entre les papes Marin et Martin du IXᵉ et Xᵉ siècle.

La fin du schisme et le retour à Rome

Le long voyage de Constance à Rome (1418-1420)

Le pape ne se hâta pas vers Rome. Il quitta Constance le 16 mai 1418, mais l'Italie était en pleine guerre, et Rome elle-même tenue par des aventuriers.[40] Martin V séjourna longuement à Florence, négociant avec les puissances et les condottieri qui occupaient le patrimoine de saint Pierre. Ce n'est que le 28 septembre 1420 qu'il put enfin entrer dans Rome.[41]

Une ville en ruines

Le spectacle qui l'attendait était désolant. Plus d'un siècle après le départ des papes pour Avignon, et après les déchirements du schisme, Rome n'était plus qu'une bourgade décrépite parmi des ruines antiques.

« La Ville était quasiment en ruines ; la famine et la maladie avaient décimé ses habitants. » — Catholic Encyclopedia, article Pope Martin V (traduction de l'anglais)[42]

Le pape « se mit aussitôt à l'œuvre, établissant l'ordre et restaurant les églises, palais, ponts et autres édifices publics délabrés ».[43] La tâche était immense : il s'agissait de refaire une capitale en même temps qu'un État.

Le fondateur de la Renaissance romaine

C'est ici que Martin V touche à l'histoire de l'art autant qu'à celle de l'Église. En faisant venir à Rome les grands maîtres de l'école toscane, il lança un mouvement de reconstruction et de commande artistique : la Catholic Encyclopedia y voit le fondement posé de la Renaissance romaine — « thus laid the foundation for the Roman Renaissance » — et Pastor décrit ce même relèvement dans le livre II de son Histoire des papes (« Martin V, 1417-1431 » : entrée à Rome, restauration de Saint-Pierre et du Latran, peintres appelés, encouragement aux arts).[44][45] La papauté, redevenue romaine et stable, pouvait recommencer à être mécène. De ce sol relevé par Martin V naîtra, au cours du siècle, la Rome des grands papes bâtisseurs.

La reconquête des États pontificaux

Les condottieri et la soumission de Bologne

La reconquête du patrimoine de saint Pierre (1420-1429) — Martin V soumet Bologne, brise le condottiere Braccio da Montone à la bataille de L'Aquila (juin 1424), et récupère une à une Pérouse, Assise, Todi et les cités révoltées. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'unité spirituelle retrouvée n'avait pas rendu au pape ses terres. Les États pontificaux, abandonnés pendant le schisme, étaient aux mains de seigneurs de guerre — les fameux condottieri. Le plus redoutable était Braccio da Montone, maître d'une grande partie de l'Ombrie. Par une diplomatie habile, Martin V obtint d'abord qu'en juillet 1420 Braccio contraignît Bologne à se soumettre au pape.[46] Le pape jouait les forces les unes contre les autres pour rétablir, pièce à pièce, l'autorité romaine.

La bataille de L'Aquila (juin 1424)

L'affrontement décisif eut lieu dans le royaume de Naples, où Braccio da Montone assiégeait la ville de L'Aquila. Les forces fidèles au pape et à la reine de Naples y livrèrent bataille le 2 juin 1424 — date au jour près reprise des notices biographiques (Martin V, Braccio da Montone, guerre de L'Aquila), la Catholic Encyclopedia n'enregistrant, elle, que juin 1424 : Braccio fut vaincu et mourut de ses blessures quelques jours plus tard.[47] La mort du grand condottiere délivra les États pontificaux de leur plus dangereux adversaire.

Le retour des cités

La victoire produisit ses fruits. Après la mort de Braccio, en juin 1424, des villes entières — Pérouse, Assise, Todi, Jesi — « se soumirent librement au territoire pontifical ».[48] Bologne se révolta encore en 1428, mais rentra dans l'obéissance dès l'année suivante.[49] À la fin du règne, le patrimoine de saint Pierre était, pour l'essentiel, reconstitué — assise temporelle indispensable à l'indépendance du pape.

Le reproche du népotisme Colonna

Cette reconquête eut un prix discuté : Martin V combla ses parents Colonna de charges civiles et ecclésiastiques.[50] La Catholic Encyclopedia relève le grief mais le nuance avec finesse :

« Cette pratique perd un peu de son odieux : car, lorsqu'il vint à Rome, il était un souverain sans terres et ne pouvait chercher d'appui qu'auprès de ses proches. » — Catholic Encyclopedia, article Pope Martin V[51]

Le népotisme de Martin V ne fut donc pas pure avidité : dans une Rome hostile, s'appuyer sur les siens fut d'abord une nécessité de gouvernement. Le jugement reste cependant réservé, car cette dépendance familiale annonce les dérives népotistes des papes de la Renaissance.

Le pape face au conciliarisme

Frequens et l'obligation des conciles

Pape ou concile ? — l'enjeu doctrinal du pontificat : Martin V applique loyalement le décret Frequens (conciles réguliers) mais s'oppose « fermement et avec succès » à la tentative de substituer au gouvernement monarchique de l'Église un gouvernement « constitutionnel ». Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Avant d'élire le pape, le concile de Constance avait voté, le 9 octobre 1417, le décret Frequens, qui imposait la tenue régulière de conciles généraux : le premier cinq ans après Constance, le suivant sept ans plus tard, puis un tous les dix ans.[52][53] L'intention était de faire du concile une institution permanente, garde-fou contre les hérésies et les schismes. Martin V, élu sous ce régime, devait composer avec lui sans s'y laisser enchaîner.

Le concile de Pavie-Sienne (1423-1424)

Fidèle à Frequens, le pape convoqua un concile à Pavie en avril 1423. La peste l'obligea à le transférer à Sienne en juin.[54] L'assemblée, peu suivie et travaillée par les thèses conciliaristes, n'aboutit à rien. Martin V y mit fin le 26 février 1424, mais dut s'engager, pour respecter Frequens, à convoquer un nouveau concile à Bâle dans les sept ans.[55] Il avait gagné du temps sans céder sur le fond.

La primauté du Siège apostolique réaffirmée

Sur le principe, Martin V fut intraitable. Il « s'opposa fermement et avec succès » (traduction) à la prétention de certains cardinaux de soumettre le pape au concile et de transformer la monarchie pontificale en régime « constitutionnel ».[56] Là où Constance avait flirté avec la supériorité du concile, Martin V réaffirma la primauté du Siège apostolique — sans condamner le concile lui-même, dont il tenait sa propre légitimité.

La convocation de Bâle (1431)

Tenu par sa promesse, Martin V convoqua le concile de Bâle au début de 1431. Prudent, il désigna pour le présider le cardinal Giuliano Cesarini, avec le pouvoir de le transférer et, si nécessaire, de le suspendre.[57] Le pape mourut quelques jours après cette convocation : ce serait à son successeur Eugène IV d'affronter la crise conciliariste de Bâle, qui faillit rouvrir le schisme.

Hérésie, croisade et unité chrétienne

Les guerres hussites et les croisades de Bohême

Le concile de Constance avait condamné les doctrines de Jan Hus, livré au bras séculier — c'est-à-dire remis au pouvoir civil, selon la procédure du temps — et brûlé en 1415 : ce drame, et l'homme qu'il fut, appartiennent au dossier Jan Hus (v. 1372-1415). Sa mort embrasa la Bohême, où ses partisans, les hussites, prirent les armes. Dès le 1er mars 1420, Martin V publia une bulle appelant tous les chrétiens à s'unir dans une croisade contre « les wyclifites, les hussites et autres hérétiques » — elle fut lue à la diète impériale réunie à Breslau le 17 mars.[58][59] Plusieurs expéditions furent lancées contre la Bohême tout au long du règne ; militairement, elles échouèrent devant la résistance hussite.[60]

Face à ce dossier douloureux, deux choses sont vraies ensemble : l'Église du temps, convaincue de garder le dépôt de la foi, crut devoir répondre par les armes à une révolte qu'elle jugeait hérétique — et ces guerres entre chrétiens firent couler le sang des deux côtés sans ramener l'unité, car la force ne convertit pas les cœurs. La voie qui finirait par porter des fruits fut celle de la négociation : sous Eugène IV, le concile de Bâle rouvrit le dialogue avec les hussites modérés, jusqu'aux compactats de Bâle (1433), acceptés à la diète d'Iglau le 5 juillet 1436.[61]

Les négociations avec les Grecs

Martin V renoua aussi le fil de l'unité avec l'Orient. Il « négocia avec Constantinople en vue d'une réunion de l'Église grecque avec l'Église latine ».[62] Ces pourparlers n'aboutirent pas de son vivant, mais ils préparèrent la grande tentative qui se nouerait sous Eugène IV au concile de Florence (1439), où l'union des Églises serait — brièvement — proclamée.

Les bulles en faveur des Juifs

Martin V : 1417-1431 — une frise visuelle du pontificat : élection à Constance, retour à Rome, victoire de L'Aquila, concile de Pavie-Sienne, convocation de Bâle et mort au Latran. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Un aspect moins connu de son pontificat mérite d'être relevé : sa politique de protection des Juifs. Dans l'agitation provoquée par le mouvement hussite, les Juifs, inquiets, obtinrent — par l'intermédiaire de l'empereur Sigismond — plusieurs bulles (1418 et 1422) confirmant leurs anciens privilèges et exhortant les frères à un langage modéré envers eux.[63] La bulle de 1422, reprenant la formule de la bulle Sicut Judaeis, rappela aux chrétiens que le christianisme est issu du judaïsme et avertit les frères de ne pas inciter à la violence.[64] Ces actes prolongent une tradition pontificale de protection juridique, qui interdisait de contraindre les Juifs à la foi tout en maintenant les restrictions canoniques de l'époque. Dans les dernières années de son pontificat, Martin V rapporta toutefois plusieurs de ces dispositions, au motif qu'elles auraient été obtenues sur de faux prétextes.[65]

La mort et la mémoire (1431)

Une mort soudaine

La dalle de bronze de Martin V au Latran, attribuée à Simone Ghini d'après un dessin du cercle de Donatello. Photo Wikimedia Commons : Sailko, Simone ghini, lastra tombale di martino V, 1443, CC BY 3.0.

Martin V mourut à Rome, le 20 février 1431 — la Britannica de 1911 précise qu'il fut emporté par une attaque d'apoplexie (« carried off by apoplexy ») —, à l'âge d'environ soixante-trois ans, après treize ans de pontificat.[66][67] Il laissait une Église réunifiée, une Rome en voie de relèvement, des États pontificaux largement reconquis — mais aussi un concile qui s'ouvrait à Bâle et qui allait mettre à l'épreuve tout ce qu'il avait défendu.

Le tombeau du Latran et « Temporum suorum felicitas »

Le pape avait voulu reposer à l'archibasilique du Latran, cathédrale de Rome, sous une simple plaque de bronze.[68] Ses proches firent davantage : ils commandèrent au sculpteur Simone Ghini, sur un dessin venu du cercle de Donatello, une remarquable dalle de bronze, posée au sol de la confession.[69] L'épitaphe qui l'accompagne dit en deux mots le jugement des contemporains :

« Martin pape V, le bonheur de son temps. » — épitaphe du tombeau de Martin V au Latran : « Martinus Papa V, temporum suorum felicitas »[70]

Après quarante ans de schisme, qu'un seul pape gouvernât de nouveau l'Église depuis Rome avait suffi à faire de son règne, aux yeux de son siècle, une félicité.

Le jugement de l'histoire

Les historiens portent sur Martin V un jugement nuancé mais favorable. La Catholic Encyclopedia loue ses « manières simples et sans prétention », son « caractère sans tache », sa « grande connaissance du droit canonique », le fait qu'il n'était « lié à aucun parti » : il « semblait l'homme qu'il fallait pour gouverner l'Église, qui venait de traverser la période la plus critique de son histoire — le Grand Schisme d'Occident ».[71]

« De mœurs simples et sans prétention, d'un caractère sans tache, doté d'une grande connaissance du droit canonique, lié à aucun parti, il semblait l'homme qu'il fallait pour gouverner l'Église. » — Catholic Encyclopedia, article Pope Martin V[72]

La critique principale est celle que la Catholic Encyclopedia formule elle-même : Martin V laissa le soin des affaires temporelles détourner son attention du devoir, plus important, de réformer la cour pontificale et le clergé — une « négligence » que, ajoute aussitôt la même Encyclopedia, l'état désastreux de Rome et des États pontificaux à son avènement atténue.[73] Pape politique et bâtisseur plus que réformateur, Martin V aura, à tout le moins, rendu à l'Église ce qui lui était le plus nécessaire : l'unité et un centre romain.

Chronologie de la vie de Martin V

  1. 1368 ou 1369
    Naissance à Genazzano
    Oddone Colonna

    Il naît dans la Campagne de Rome, fils d'Agapito Colonna, dans l'une des grandes familles romaines.

  2. 12 juin 1405
    Créé cardinal-diacre
    par Innocent VII ; titre reçu le 12 juillet (relais)

    Créé en consistoire le 12 juin 1405, il reçoit le titre de San Giorgio in Velabro le 12 juillet (date de relais) ; il est le premier Colonna appelé à devenir pape.

  3. 1409-1411
    Le concile de Pise et Jean XXIII
    dans la tourmente du schisme

    Il quitte Grégoire XII pour Pise, se rallie à l'antipape Jean XXIII, et est excommunié par Grégoire XII.

  4. 11 novembre 1417
    Élection au concile de Constance
    fin du Grand Schisme

    Élu pape à l'unanimité par les cardinaux et les députés des cinq nations, le jour de la saint Martin.

  5. 12-21 novembre 1417
    Ordinations et couronnement
    sous-diacre devenu pape

    Encore sous-diacre, il est ordonné diacre, prêtre, consacré évêque, puis couronné pape le 21 novembre.

  6. 28 septembre 1420
    Entrée à Rome
    une ville en ruines

    Après un long séjour à Florence, il entre enfin dans Rome dévastée et entreprend de la relever.

  7. 2 juin 1424
    Bataille de L'Aquila
    mort de Braccio da Montone

    Victoire des forces fidèles au pape — 2 juin selon les notices biographiques, la Catholic Encyclopedia ne retenant que juin 1424 — et mort de Braccio da Montone ; les États pontificaux sont délivrés de leur plus dangereux adversaire.

  8. 1423-1424
    Concile de Pavie-Sienne
    le conciliarisme contenu

    Convoqué pour respecter Frequens, le concile échoue ; Martin V le dissout et promet Bâle pour dans sept ans.

  9. 20 février 1431
    Mort à Rome
    sépulture au Latran

    Il meurt à Rome le 20 février 1431 — la Britannica de 1911 parle d'une attaque d'apoplexie — peu après avoir convoqué le concile de Bâle ; son tombeau porte l'épitaphe « le bonheur de son temps ».

Sources et bibliographie

Sources de référence

  • Catholic Encyclopedia (New Advent), « Pope Martin V » (1910) — le cadre factuel classique : famille Colonna, carrière, élection unanime des cinq nations, retour à Rome en ruines, reconquête des États pontificaux, népotisme, conciliarisme, et le jugement d'ensemble sur le personnage.[74]
  • Encyclopædia Britannica, 11ᵉ éd. (1911), « Martin V » — notice classique : fin du schisme, restauration romaine, croisade contre les hussites, mort par apoplexie le 20 février 1431.[75]- Enciclopedia dei Papi (Treccani), « Martino V » — synthèse savante italienne de référence sur la biographie et le pontificat, recommandée pour l'approfondissement.[76]
  • Ludwig von Pastor, Histoire des papes depuis la fin du Moyen Âge, tome I, livre II (« Martin V, 1417-1431 ») : retour à Rome, relèvement de la Ville, mécénat et encouragement aux arts.[77]
  • Mandell Creighton, A History of the Papacy from the Great Schism to the Sack of Rome, vol. II (« The Council of Constance, 1414-1418 ») — récit détaillé du concile et du chapitre « The Council of Constance and the Election of Martin V ».[78]

Sur des points particuliers

QuestionSource d'appui
Famille, études, cardinalat (1405), itinéraire dans le schisme, croisade hussite (1420)Notice biographique de référence sur Martin V[79]
Bulles de protection des Juifs (1418 et 1422) : confirmation des privilèges et modération des frères, puis révocation partielle en fin de pontificatJewish Encyclopedia, « Popes, The », § Martin V[80]
Tombeau de bronze au Latran (Simone Ghini / cercle de Donatello) et épitapheNotices sur l'archibasilique du Latran et le monument funéraire de Martin V[81]
Convocation de Bâle et présidence de CesariniNotice encyclopédique catholique sur Martin V[82]

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Catholic Encyclopedia, « Pope Martin V », vol. IX, Robert Appleton Company, New York, 1910, repris par New Advent (page unique, texte anglais intégral vérifié mot à mot le 4 octobre 2026 — verbatims : « The influential family of the Colonnas had already given twenty-seven cardinals to the church, but Martin V was the first to ascend the papal throne. » ; « The city was wellnigh in ruins, famine and sickness had decimated its inhabitants » ; « thus laid the foundation for the Roman Renaissance » ; « to substitute constitutional for monarchial government in the Church […] was firmly and successfully opposed by Martin V ») : Oddone Colonna né à Genazzano dans la Campagne de Rome en 1368 ; famille Colonna ayant déjà donné vingt-sept cardinaux à l'Église, lui étant le premier à monter sur le trône pontifical ; études et carrière à la curie, protonotaire apostolique ; abandon de Grégoire XII, participation au concile de Pise et aux élections d'Alexandre V et de Jean XXIII ; au concile de Constance, « after a conclave of three days, unanimously elected pope on 11 November 1417 by the representatives of the five nations (Germany, France, Italy, Spain and England) » ; encore sous-diacre, ordonné diacre le 12, prêtre le 13, consacré évêque le 14, couronné pape le 21 novembre 1417 ; nom de Martin en l'honneur du saint de Tours dont la fête tombait le jour de l'élection ; départ de Constance le 16 mai 1418, entrée à Rome le 28 septembre 1420, « the city was wellnigh in ruins, famine and sickness had decimated its inhabitants » ; restauration des églises, palais, ponts et édifices publics, appel des maîtres de l'école toscane et fondation de la Renaissance romaine ; Braccio da Montone contraint Bologne à se soumettre en juillet 1420, après sa mort (juin 1424) Pérouse, Assise, Todi et Jesi se soumettent, révolte de Bologne en 1428 et retour l'année suivante ; népotisme Colonna que sa situation de « landless ruler » atténue ; opposition « firmly and successfully » à la substitution d'un gouvernement « constitutional for monarchial » dans l'Église ; concile de Pavie (avril 1423), transféré à Sienne (juin), dissous le 26 février 1424, promesse d'un concile à Bâle dans les sept ans ; négociations avec Constantinople pour la réunion de l'Église grecque avec la latine ; croisades contre les hussites ; caractère « simple and unassuming manners and stainless character », « great knowledge of canon law », « pledged to no party », « seemed the right man to rule the Church which had passed through the most critical period in its history — the so called Western Schism » ; sur la réforme : « Though Martin V allowed adjustment of the temporal affairs of the Church to draw his attention from the more important duty of reforming the papal court and the clergy, still the sorry condition of Rome and of the Papal States at his accession palliate this neglect » ; mort à Rome le 20 février 1431. URL : https://www.newadvent.org/cathen/09725a.htm.

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  2. Sur la mécanique conciliaire (renonciation de Grégoire XII, déposition de Jean XXIII et de Benoît XIII, collège électoral de 23 cardinaux et 30 députés des cinq nations, décret Frequens du 9 octobre 1417), voir l'article Ignispedia Le concile de Constance (1414-1418) et ses sources : James F. Loughlin, « Council of Constance », The Catholic Encyclopedia, New Advent, section « Election of Martin V » ; N. Tanner (éd.), Decrees of the Ecumenical Councils, « Council of Constance », session 39, 9 octobre 1417 (décret Frequens).

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  3. Tombeau de Martin V à l'archibasilique du Latran — d'après les notices sur San Giovanni in Laterano et le monument funéraire de Martin V : dalle de bronze coulée (réalisée vers 1443), attribuée à Simone Ghini sur un dessin issu du cercle de Donatello, posée au sol de la confession ; Martin V avait souhaité une simple plaque de bronze ; inscription « Martinus Papa V, temporum suorum felicitas » (« Martin pape V, le bonheur de son temps »). Sources : page « San Giovanni in Laterano » du relevé Churches of Rome, qui transcrit le monument sur place : « His bronze tomb, c. 1443, is by Simone Ghini, a pupil of Donatello. The inscription describes Martin V as "temporum suorum felicitas", "the joy of his times" » (http://www.churches-of-rome.info/CoR_Info/SGL%20003/Basilica/Pages/18o97534.html, consulté le 4 octobre 2026) ; l'attribution à Simone Ghini, sur un dessin du cercle de Donatello, est celle retenue par l'historiographie de la sculpture florentine du Quattrocento.

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  4. Saut de numérotation Martin/Marinus (interprétation reçue, donnée ici en relais encyclopédique, vérifiée le 4 octobre 2026) : « Because of the similarity of the names Marinus and Martinus, Marinus I and Marinus II were, in some sources, mistakenly called Martinus II and Martinus III » — Marinus II, évêque de Rome du 30 octobre 942 à mai 946, « was also erroneously called Pope Martin III (Latin: Martinus III) », d'où le passage direct de Martin Iᵉʳ à Martin IV. Les listes d'usage ne comptent dès lors que trois papes du nom de Martin. URL (relais) : https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Marinus_II.

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  5. « Pope Martin V », notice biographique encyclopédique de référence (consultée comme relais bibliographique le 4 octobre 2026) : naissance à Genazzano, rendue « January/February 1369 » par la notice d'après Concetta Bianca (Dizionario Biografico degli Italiani) — Bianca elle-même, contrôlée mot à mot le 4 octobre 2026 sur Treccani, écrit : « nacque a Genazzano [...] tra il 25 genn. 1369 e il 25 genn. 1370, come si deduce dal documento » de Boniface IX du 25 janvier 1391 (concession du prieuré de S. Maria di Bevagna, Oddone « in vicesimo secundo etatis sue constitutus ») ; la Catholic Encyclopedia, au contraire, donne 1368 (« Born at Genazzano in the Campagna di Roma, 1368 », contrôlé le 4 octobre 2026 sur New Advent) — ; fils d'Agapito Colonna, seigneur de Genazzano, et de Caterina Conti ; études de droit à Pavie (la Catholic Encyclopedia, au contraire, donne l'université de Pérouse ; les pages qui donnent Pavie, dont FromRome, recopient cette notice) ; protonotaire apostolique sous Urbain VI ; créé cardinal-diacre de San Giorgio in Velabro par Innocent VII le 12 juin 1405 ; participation au concile de Pise (1409) en faveur d'Alexandre V, ralliement à Jean XXIII, excommunication par Grégoire XII en 1411 ; élu le 11 novembre 1417, ordonné prêtre le 13 et consacré évêque le 14 novembre ; entrée à Rome le 28 septembre 1420 ; bataille de L'Aquila (2 juin 1424) et mort de Braccio da Montone ; bulle du 1er mars 1420 appelant à la croisade contre wyclifites, hussites et autres hérétiques ; bulles confirmant les privilèges des Juifs (1418, 1420, 1421, 1422) ; mort le 20 février 1431 d'une attaque d'apoplexie, inhumé à l'archibasilique du Latran ; dernier pape à porter le nom de Martin. Décompte et nom vérifiés le 4 octobre 2026 sur la liste des papes (« List of popes », à jour sous Léon XIV — relais encyclopédique : la rubrique du Saint-Siège, vatican.va, liste les papes sans numérotation) : Martin V y figure sous le numéro 206 (11 novembre 1417 – 20 février 1431) et la liste ne compte que trois papes du nom de Martin — Martin Iᵉʳ, Martin IV et Martin V. Les autres données de cette notice ont été recoupées avec la Catholic Encyclopedia (New Advent), qui les confirme — à l'exception de la date précise de la bataille de L'Aquila (2 juin 1424), que la Catholic Encyclopedia ne détaille pas (elle n'enregistre que la mort de Braccio en juin 1424) : elle est ici donnée d'après cette notice-relais, corroborée le 4 octobre 2026 par les notices encyclopédiques consacrées à Braccio da Montone et à la guerre de L'Aquila (bataille du 2 juin 1424, Braccio blessé à mort, mort le 5 juin). URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Martin_V.

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  6. Ludwig von Pastor, The History of the Popes, from the Close of the Middle Ages, vol. I, trad. F. I. Antrobus, Londres, John Hodges, 1891 (éd. allemande Geschichte der Päpste, Fribourg, 1886) — le tome I couvre 1305-1458 (Avignon, schisme, Pise et Constance, puis Martin V et Eugène IV) et son livre II s'intitule « Martin V, 1417-1431 » (contrôlé le 5 octobre 2026 sur le texte intégral numérisé : « 1420 Martin V. enters Rome — deplorable condition of the city », « The Pope devotes himself to the work of restoration », « He restores St. Peter's and St. John Lateran », « Enlists the services of the most celebrated painters », « Lends encouragement to art ») : Pastor documente donc le relèvement de Rome et le mécénat, sans employer la formule de « point de départ de la Renaissance romaine », qui est celle de la seule Catholic Encyclopedia. Exemplaire numérisé : https://archive.org/details/historyofpopesf01past.

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  7. Concetta Bianca, « Martino V », Enciclopedia dei Papi, Istituto della Enciclopedia Italiana (Treccani), Rome, 2000 — notice biographique savante de référence : Oddone Colonna, naissance à Genazzano — 1368 selon la Catholic Encyclopedia, janvier-février 1369 selon Bianca elle-même (Dizionario Biografico degli Italiani, 2008, d'après un acte de Boniface IX du 25 janvier 1391 ; la Hierarchia Catholica d'Eubel, prosopographie des nominations, ne donne pour sa part aucune date de naissance) —, famille Colonna, carrière curiale, itinéraire dans le schisme, élection à Constance le 11 novembre 1417, retour à Rome et restauration de l'autorité pontificale, mort le 20 février 1431. Synthèse italienne recommandée pour l'approfondissement, concordante avec la Catholic Encyclopedia et Britannica. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/papa-martino-v_(Enciclopedia-dei-Papi)/.

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  8. Konrad Eubel, Hierarchia Catholica Medii Aevi, vol. I (1198-1431), 2ᵉ éd., Libraria Regensbergiana, Münster, 1913 — répertoire prosopographique de référence du Sacré Collège médiéval : il enregistre la création d'Oddone Colonna comme cardinal-diacre de San Giorgio in Velabro par Innocent VII le 12 juin 1405, ainsi que son élection au souverain pontificat sous le nom de Martin V en 1417 (contrôlé le 4 octobre 2026 sur le texte intégral : XXIX, 9 — « Oddo de Columna Romanus, protonot. apost. = diac. s. Georgii [...] postea Martinus pp. V » ; index : « Oddo de Columna [...] prom. 1405 Junii 12 » ; XXXV — « Constantiae electus 1417 Nov. 11 et consecr. ac coron. 21, obiit Romae 1431 Febr. 20 »). Exemplaire numérisé : https://archive.org/details/hierarchiacathol01eubeuoft.

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  9. Salvador Miranda, The Cardinals of the Holy Roman Church, « Consistory of June 12, 1405 » (contrôlé le 4 octobre 2026) : « COLONNA, Oddone (1368-1431) [...] Created cardinal deacon of S. Giorgio in Velabro in the consistory of June 12, 1405 » — soit la seule création en consistoire ; la réception du titre au 12 juillet 1405 n'est, elle, donnée que par le répertoire-relais « Cardinals created by Innocent VII » : « cardinal-deacon of S. Giorgio in Velabro (received the title on 12 July 1405) » — ni Eubel (XXIX : cardinaux « ab ipso die 12 Junii 1405 creati », vérifié le 5 octobre 2026 sur le texte intégral) ni la notice Miranda sur Colonna (consistoire du 12 juin 1405, vérifiée le 5 octobre 2026) ne portent cette date de réception. URLs : http://cardinals.fiu.edu/bios1405.htm ; https://en.wikipedia.org/wiki/Cardinals_created_by_Innocent_VII.

    25
  10. Karl Joseph von Hefele et Henri Leclercq, Histoire des conciles d'après les documents originaux, tome VII, Letouzey et Ané, Paris, 1916 — étude classique du concile de Constance : déroulement des sessions, organisation par nations, mécanique de sortie du schisme et procédure exceptionnelle de l'élection de 1417 associant aux vingt-trois cardinaux trente députés (six par nation).

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  11. Mandell Creighton, A History of the Papacy from the Great Schism to the Sack of Rome, vol. II — « The Council of Constance, 1414-1418 », Longmans, Green & Co., Londres, nouvelle éd. 1897 — chapitres « The Council of Constance and the Election of Martin V » (1417) et « Martin V and the Reformation at Constance — End of the Council » (1417-1418) : condamnation de Jan Hus (1415), procédure électorale du collège élargi aux députés des nations, élection unanime d'Oddone Colonna le 11 novembre 1417. Exemplaire numérisé : https://archive.org/details/historyofpapacyd01crei.

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  12. Norman P. Tanner (éd.), Decrees of the Ecumenical Councils, Sheed & Ward / Georgetown University Press, Londres-Washington, 1990, t. I, « Council of Constance », session 39, 9 octobre 1417 — texte du décret Frequens imposant la tenue régulière de conciles généraux (le premier cinq ans après Constance, le suivant sept ans plus tard, puis un tous les dix ans), édité d'après les actes conciliaires.

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  13. Catholic Answers Encyclopedia, « Pope Martin V » (reprise de la Catholic Encyclopedia) : convocation du concile de Bâle peu avant sa mort, avec nomination du cardinal Giuliano Cesarini comme président, doté du pouvoir de transférer et, si nécessaire, de suspendre le concile ; mort le 20 février 1431. URL : https://www.catholic.com/encyclopedia/pope-martin-v.

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  14. Catholic Encyclopedia, « Hussites », New Advent — texte anglais intégral vérifié mot à mot le 4 octobre 2026 (passages : « On 1 March, 1420, Pope Martin V issued a Bull inviting all Christians to unite in a crusade for the extermination of Wycliffites, Hussites, and other heretics. This Bull was read to the imperial diet assembled at Breslau on 17 March » ; sur l'issue négociée : « Compactata of Basle », accord de 1433 avec les hussites modérés, « solemnly accepted » par les représentants de Bohême à la diète d'Iglau le 5 juillet 1436). URL : http://www.newadvent.org/cathen/07585a.htm.

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  15. Bulles de Martin V en faveur des Juifs — Jewish Encyclopedia, art. « Popes, The », § « Martin V » (texte anglais vérifié mot à mot le 4 octobre 2026) : « The excitement of the Church during the Hussite movement rendered the Jews apprehensive, and through Emperor Sigismund, who was heavily indebted to them, they obtained from Pope Martin V. (1417-31; elected by the Council of Constance after the Great Schism) various bulls (1418 and 1422) in which their former privileges were confirmed and in which he exhorted the friars to use moderate language. In the last years of his pontificate, however, he repealed several of his ordinances, charging that they had been obtained under false pretenses (Stern, l.c. i. 21-43). » La bulle de 1422 rappelant que le christianisme dérive du judaïsme et mettant les frères en garde contre l'incitation à la violence est relevée de façon concordante par l'historiographie courante, et Martin V (1422) figure dans la chaîne des réaffirmations de Sicut Judaeis (bulle de protection attestée depuis Calixte II, v. 1120, et réémise par de nombreux papes médiévaux). Les dates précises au jour précédemment citées (25 novembre 1420, 23 février 1421) n'ont été retrouvées dans aucune de ces sources et ont été retirées. URL : http://jewishencyclopedia.com/articles/12273-popes-the.

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  16. Encyclopædia Britannica, 11ᵉ éd. (1911), « Martin V » — notice classique, texte anglais intégral vérifié mot à mot le 4 octobre 2026 (passage : « Martin V. himself endeavoured to effect a reformation in certain points, but he was carried off by apoplexy (Feb. 20, 1431), just as he had designated the young and brilliant Cardinal Giuliano Cesarini to preside in his place over the council of Basel ») : fin du Grand Schisme, restauration de Rome, croisade ordonnée contre les hussites de Bohême, tentatives de réforme, mort par apoplexie le 20 février 1431 après avoir désigné Cesarini pour présider à sa place le concile de Bâle. URL : https://theodora.com/encyclopedia/m/martin_v.html.

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