L'hussitisme (1415-1436)

Le mouvement né du bûcher de Jan Hus à Constance (1415) : le calice aux laïcs, les Quatre Articles de Prague (1420), Žižka et les guerres hussites, Lipany (1434) et les Compactata de Jihlava (1436) — première Église du calice reconnue par un concile.

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L'hussitisme est le mouvement religieux, national et militaire né en Bohême de la condamnation et du bûcher de Jan Hus, brûlé vif au concile de Constance le 6 juillet 1415 : en vingt ans, il fait d'un royaume d'Europe centrale le théâtre de la première grande guerre de religion de la chrétienté médiévale tardive, repousse cinq croisades, invente une tactique militaire imité pendant un siècle — et obtient de l'Église, par les Compactata de 1436, une concession sans précédent : la communion sous les deux espèces pour tout un royaume[1].

Cet article raconte le mouvement, pas l'homme : la vie de Hus, sa doctrine personnelle et son procès sont traités dans l'article Jan Hus (v. 1370-1415), auquel on renvoie pour tout ce qui précède le bûcher. Ici, on suit ce qui vient après : comment une exécution fait naître une Église du calice, comment Prague rédige son programme en quatre articles, comment un borgne nommé Žižka écrase les armées impériales avec des chariots de paysans — et pourquoi l'Église, tout en reconnaissant la part fondée de la colère bohémienne, a jugé la doctrine hussite incompatible avec la foi catholique[2].

Le dossier est exemplaire à plus d'un titre : première hérésie qui devient une nation en armes, premier schisme eucharistique de l'Occident médiéval autour du calice des laïcs, première négociation conciliaire qui se termine par un concordat avec des hérétiques — et matrice directe, à un siècle de distance, de la Réforme : acculé à Leipzig en 1519, Martin Luther reconnaîtra publiquement que ses thèses rejoignent celles de Hus[3].

Le fil du drame : du bûcher à la guerre (1415-1419)

On ne comprend pas l'hussitisme sans mesurer le choc que le bûcher de Constance produit en Bohême : un prédicateur national, muni d'un sauf-conduit impérial, brûlé par un concile étranger. L'indignation fait le reste — et elle est d'abord tchèque avant d'être théologique.

Le bûcher de Hus et la protestation des 452 seigneurs (1415)

Le 6 juillet 1415, à la quinzième session du concile de Constance, en présence de l'empereur Sigismond, trente propositions tirées surtout du De Ecclesia de Hus sont lues publiquement, l'homme est déclaré hérétique obstiné, dégradé du sacerdoce — on lui rase la tonsure en dérision — puis abandonné au bras séculier, qui l'envoie au bûcher le jour même[4].

« Ce saint concile de Constance, voyant que l'Église de Dieu n'a plus rien qu'elle puisse faire, abandonne Jean Hus au jugement de l'autorité séculière et décrète qu'il doit être abandonné au tribunal séculier. » — Concile de Constance, 15e session, 6 juillet 1415 (traduction Ignispedia)[5]

Le détail du procès et des trente articles appartient à l'article Jan Hus : on n'y revient pas ici, sauf pour fixer le point de départ — sans Constance, pas d'hussitisme. La nouvelle parvient à Prague en quelques semaines et y provoque une explosion : en septembre 1415, 452 seigneurs bohémiens et moraves apposent leurs sceaux à une protestation solennelle adressée au concile, dénonçant l'exécution d'un « homme bon, juste et catholique » et promettant de défendre la libre prédication de l'Évangile sur leurs terres[6]. C'est le premier acte collectif du mouvement : la noblesse du royaume fait corps avec l'université et le peuple de Prague contre le concile.

Jérôme de Prague, le second bûcher (1416)

Le concile, loin de céder, frappe une seconde fois. Jérôme de Prague (v. 1379 – 1416), brillant philosophe, ami et lieutenant de Hus, venu à Constance pour le défendre, s'y rétracte d'abord sous la pression, puis rétracte sa rétractation avec un courage qui impressionne jusqu'à ses juges — l'humaniste Poggio Bracciolini (1380-1459), présent à Constance, en laissera un portrait admiratif dans sa lettre latine à Leonardo Bruni, écrite le jour même de la sentence, le 30 mai 1416[7]. Condamné à son tour, il est brûlé vif le 30 mai 1416[8]. Pour les Bohémiens, la preuve est faite : Constance ne juge pas des erreurs, elle assassine une nation. Les deux bûchers, à dix mois d'intervalle, scellent l'unité du camp hussite — modérés et radicaux communient désormais dans le même martyrologe.

Jakoubek et le calice : naissance de l'utraquisme (1414-1417)

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Pendant que Hus meurt à Constance, son successeur intellectuel à Prague invente le signe de ralliement du mouvement. Jakoubek de Stříbro (en latin Jacobellus von Mies, vers 1372 – 1429), maître de l'université et prédicateur, se convainc, Bible en main, que la communion sous les deux espèces — le pain et le vin — est un commandement du Christ lui-même : « Buvez-en tous » (Mt 26, 27), « si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous » (Jn 6, 53)[9]. Dès 1414, il commence à distribuer le calice aux laïcs dans plusieurs églises de Prague — Hus lui-même, encore vivant à Constance, n'avait jamais prêché cette pratique[10].

Le concile réagit avec une netteté dogmatique qui fera date : à sa treizième session, le 15 juin 1415, il définit que la coutume de communier les laïcs sous la seule espèce du pain, « introduite par l'Église et les saints Pères avec une raisonnable cause, et observée depuis très longtemps », doit être tenue pour une loi que nul ne peut changer sans l'autorité de l'Église — et il interdit la communion sous les deux espèces sans autorisation[11]. C'est ce décret, plus encore que les trente articles contre Hus, qui transforme un différend bohémien en schisme eucharistique : Prague communie désormais au calice contre Constance, et le calice peint sur les étendards, les armes et les vêtements devient l'uniforme visible du parti — d'où ses noms : Calixtins (du latin calix, le calice) ou Utraquistes (de sub utraque specie, « sous les deux espèces »)[12].

Les Quatre Articles de Prague : le programme hussite

À l'été 1420, assiégés par la première croisade, les Hussites se donnent ce qu'aucune hérésie médiévale n'avait possédé avant eux : un programme écrit, voté, promulgué en trois langues — une véritable charte religieuse et nationale.

Les quatre demandes (juillet 1420)

Rédigés sous l'influence décisive de Jakoubek et adoptés en juillet 1420, promulgués en latin, en tchèque et en allemand, les Quatre Articles de Prague tiennent sur une page et disent tout[13] :

ArticleContenuPortée
1. La Parole libreLa parole de Dieu doit être prêchée librement par les prêtres du Seigneur dans tout le royaumeLiberté de prédication hors contrôle épiscopal
2. Le caliceLe sacrement du corps et du sang du Christ doit être donné sous les deux espèces aux laïcs, selon l'institution du ChristUtraquisme obligatoire : le cœur du programme
3. La pauvreté du clergéLes prêtres et les moines doivent être dépouillés de la domination séculière sur les biens temporelsSécularisation des biens d'Église au profit de la noblesse et des villes
4. Le châtiment des péchés publicsTous les péchés mortels publics, en particulier la simonie, doivent être punis par les autorités, clercs comme laïcsDiscipline morale confiée au bras séculier
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Le génie politique du texte est de souder trois Bohême en une seule : l'université et le peuple de Prague y trouvent le calice et la Parole (articles 1-2), la noblesse y trouve les biens du clergé (article 3), et tout le monde y trouve la réforme des mœurs (article 4)[14]. L'archevêque de Prague lui-même, Conrad de Vechta, s'y rallie le 21 avril 1421 : il adopte les articles, ordonne des prêtres utraquistes et invite l'ancien clergé à se conformer — l'hérésie a désormais un archevêque[15].

Ce que les articles gardent de catholique — et ce qu'ils rompent

Il faut le dire honnêtement : pris un par un, les Quatre Articles ne sont pas tous faux du même degré. Demander que l'Évangile soit prêché, que le clergé vive pauvrement et que la simonie soit punie, c'est demander ce que des saints — une Catherine de Sienne — demandaient au même moment sans rompre[16]. La rupture tient à deux déplacements : qui décide et ce qui devient obligatoire. La prédication « libre » soustrait le prédicateur à l'évêque ; la pauvreté cléricale est imposée par le prince qui s'enrichit des confiscations ; et surtout le calice, d'usage libre qu'il était dans l'Église ancienne, devient nécessaire au salut — Jakoubek enseigne que sans le calice, pas de vie en soi[17]. C'est cette nécessité affirmée contre le décret de Constance qui fait de l'utraquisme une hérésie formelle, non une simple coutume locale : on ne discute plus d'un rite, on oppose à l'Église un article de foi[18].

La doctrine hussite : ce que l'Église a condamné

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Derrière le calice visible, le hussitisme porte toute l'ecclésiologie wycliffite transmise par Hus : c'est elle que Constance a frappée dans les trente articles, et c'est elle qui rend le mouvement incompatible avec la foi catholique — même quand sa colère contre les abus était juste.

L'Église des prédestinés et le prélat indigne

Le cœur du système, hérité de Wyclif via le De Ecclesia de Hus, tient en deux thèses : la vraie Église n'est que l'assemblée invisible des prédestinés (universitas praedestinatorum), et nul prélat en état de péché mortel n'exerce légitimement son office — ses censures ne lient pas, son autorité n'oblige pas[19]. Corollaire pratique : l'obéissance n'est due que sous condition — on n'obéit au pape, à l'évêque, au concile que pour autant que leur commandement soit conforme à « la loi du Christ », dont chaque fidèle, Bible en main, se fait juge[20].

La réponse catholique tient en deux paroles du Christ : « Qui vous écoute m'écoute » (Lc 10, 16) fonde une Église visible et magistrante qu'on écoute avant de la juger ; et « Faites ce qu'ils vous disent » (Mt 23, 3), dit des pharisiens assis dans la chaire de Moïse, sépare la validité du ministère de la dignité du ministre — c'est la doctrine augustinienne contre le donatisme, que saint Augustin avait tranchée au IVe siècle et que saint Thomas reprend pour les sacrements conférés par l'indigne : ils sont valides ex opere operato, par l'œuvre accomplie, non par la sainteté de l'instrument[21]. Conditionner toute autorité à la grâce supposée du détenteur, c'est livrer l'Église au jugement privé de chacun — et, politiquement, livrer le royaume à la guerre civile, comme la suite le montra.

L'Écriture seule contre le magistère

Comme le wycliffisme anglais dont il procède, le hussitisme fait de l'Écriture en langue vulgaire, lue et interprétée par chacun, la norme suprême contre le magistère : la « loi du Christ » alléguée contre le pape, c'est la Bible lue sans l'Église[22]. Hus et Jakoubek ne nient pas la Tradition en théorie, mais en pratique tout décret, toute coutume, toute définition qui contredit leur lecture — Constance sur le calice, Rome sur les indulgences — est balayé d'un verset. C'est l'antécédent médiéval direct de l'Écriture seule de la Réforme, et l'Église y oppose ce qu'elle opposera à Luther : l'Écriture ne s'interprète pas contre celle qui l'a reçue, gardée et canonisée — « l'Église du Dieu vivant, colonne et soutien de la vérité » (1 Tm 3, 15)[23].

Le calice aux laïcs : le point de rupture sacramentelle

Sur le fond, la doctrine catholique de la concomitance répondait déjà à l'argument du calice : le Christ ressuscité est indivisible, et il est reçu tout entier sous chaque espèce — chair, sang, âme et divinité sous le seul pain comme sous le seul vin. Le concile de Trente le définira solennellement un siècle plus tard (session 21, 1562), mais Constance l'avait déjà supposé en 1415 : communier sous une seule espèce, ce n'est être privé d'aucune grâce nécessaire au salut[24]. L'usage ancien du calice des laïcs — réel au premier millénaire — avait été restreint pour des causes que l'Église juge raisonnables (danger de renversement, irreverence, hérésies niant la concomitance), et seule l'autorité de l'Église peut régler un rite qu'elle a institué[25]. En érigeant le calice en nécessité de salut, Jakoubek transformait une question disciplinaire en dogme nouveau — et c'est ce dogme nouveau, non le vin lui-même, que l'Église a condamné. Pour l'exposé complet de la doctrine eucharistique et sa défense, voir La présence réelle eucharistique.

Thèse hussiteFormulation du mouvementRéponse catholique
Église invisibleLa vraie Église = les seuls prédestinés ; le pape indigne n'est pas vicaire du ChristMt 28, 20 (assistance jusqu'à la fin) ; Lc 10, 16 (écouter l'Église visible)
Obéissance conditionnelleOn n'obéit que si le commandement est conforme à la loi du Christ jugée par chacunMt 23, 3 ; Rm 13 ; saint Augustin contre le donatisme
Ministre indigneLe prêtre en péché mortel ne consacre ni n'absout validementValidité ex opere operato ; IIIa, q. 64
Calice nécessairePas de salut sans communion sous les deux espècesConcomitance : le Christ entier sous chaque espèce ; Constance 1415, Trente sess. 21
Écriture contre magistèreLa Bible vernaculaire juge le pape et le concile1 Tm 3, 15 : l'Église colonne de la vérité ; 2 P 1, 20
Dépouillement du clergéLe bras séculier confisque les biens des clercs indignes1 Co 9, 13-14 : vivre de l'Évangile ; distinction des deux glaives
Censures nullesExcommunications d'un clergé indigne sans effetMt 18, 17-18 : lier et délier ; pouvoir des clés

« Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n'est pas en nous. » — 1 Jn 1, 8 : contre la prétention, commune aux radicaux hussites comme aux Spirituels d'alors, d'une réforme qui affranchirait de l'obéissance et des moyens ordonnés de la grâce[26].

Les guerres hussites (1419-1434) : quand une hérésie devient une armée

De 1419 à 1434, la Bohême vit ce qu'aucun royaume chrétien n'avait vu depuis les croisades albigeoises — mais en sens inverse : cette fois, ce sont les hérétiques qui gagnent les batailles, et les croisés qui fuient. Quinze ans de guerre qui mêlent foi, nation tchèque contre Allemands, noblesse avide des biens d'Église et génie d'un chef borgne.

La défenestration et la mort du roi (1419)

Le 30 juillet 1419, une procession hussite conduite par le prédicateur radical Jan Želivský marche sur l'hôtel de ville de la Ville-Neuve de Prague pour exiger la libération de prisonniers utraquistes ; une pierre lancée d'une fenêtre blesse un participant, la foule fait irruption et précipite sept conseillers municipaux par les fenêtres — ils sont achevés à coups de piques dans la rue[27]. C'est la première défenestration de Prague : le signal de la révolution. Dix-sept jours plus tard, le 16 août 1419, le roi Venceslas IV, qui avait jusque-là protégé les Hussites par calcul contre son frère Sigismond, meurt d'apoplexie — pour les radicaux, c'est Dieu qui libère le trône ; pour Sigismond, héritier légitime, c'est l'heure de reprendre son royaume[28].

Žižka et les forteresses de chariots

L'homme qui transforme l'émeute en armée invincible s'appelle Jan Žižka de Trocnov (vers 1360 – 1424) : petit noble du sud de la Bohême, vétéran — il aurait combattu les Teutoniques —, borgne d'un œil perdu au combat, bientôt aveugle des deux après le siège de Rabí vers 1421, et pourtant jamais battu[29]. Son invention est paysanne et géniale : le vozová hradba, la forteresse de chariots — des chars de ferme bardés et enchaînés en carré, garnis d'arbalétriers, de couleuvriniers et de fléaux à fer, contre lesquels se brise la chevalerie lourde des croisés ; puis, au signal, la contre-charge des fantassins armés de fléaux[30]. Avec des paysans et des artisans, Žižka invente l'artillerie de campagne et l'infanterie disciplinée un siècle avant leur triomphe en Europe — son règlement militaire, d'une sévérité biblique, punit l'indiscipline comme un péché[31].

Vitkov, Kutná Hora : cinq croisades repoussées

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Le pape Martin V — élu à Constance pour refermer le Grand Schisme — fait prêcher la croisade, et Sigismond entre en Bohême à la tête d'une armée impériale. Le 14 juillet 1420, sur la colline du Vitkov qui domine Prague, les troupes de Žižka écrasent l'avant-garde des croisés : Sigismond, qui s'était fait couronner roi de Bohême dans la cathédrale le 28 juillet, doit dissoudre son armée et quitter la ville[32]. En juin 1421, la diète de Čáslav le dépose solennellement et confie le royaume à quatre régents — la Bohême hussite se gouverne sans roi ni archevêque romain[33].

Quatre autres croisades suivront jusqu'en 1431 — Kutná Hora (décembre 1421), où Žižka encerclé perce les lignes impériales en plein hiver ; Německý Brod (janvier 1422) ; les campagnes de 1427 ; et enfin Domažlice (août 1431), où les croisés, entendant au loin le choral de guerre hussite « Ktož jsú boží bojovníci » (« Vous qui êtes les guerriers de Dieu »), prennent la fuite avant même le combat[34]. Entre-temps, les armées hussites portent la guerre hors des frontières — les fameuses « chevauchées » (spanilé jízdy) en Saxe, en Franconie, en Hongrie et jusqu'en Pologne — sous Procope le Grand (Prokop Holý, le « Chauve »), prêtre devenu général après la mort de Žižka, le 11 octobre 1424 près de Přibyslav[35]. À sa mort, ses vétérans prennent le nom d'Orphelins (Sirotci) : orphelins de leur père de guerre.

Lipany (1434) : les modérés écrasent les radicaux

La guerre finit comme finissent les révolutions : les modérés s'allient à l'ancien ennemi pour écraser les radicaux. Les Utraquistes de Prague et de la noblesse, las de quinze ans de guerre et des excès millénaristes des radicaux, négocient avec le concile de Bâle — et se retournent contre les Taborites et les Orphelins. Le 30 mai 1434, à Lipany, à quarante kilomètres à l'est de Prague, l'armée de la « Ligue de Bohême » conduite par Diviš Bořek de Miletínek anéantit les radicaux : Procope le Grand et Procope le Petit tombent sur le champ de bataille, et le taboritisme militaire ne s'en relèvera jamais[36]. Le récit complet de l'aile radicale — Tábor la communauté des élus, le millénium les armes à la main, le refus de tout compromis — appartient à l'article Taborites : on n'y entre pas ici, sauf pour fixer la leçon — c'est entre hussites que se joue la bataille décisive, modérés contre radicaux, calice négociable contre calice absolu.

Bâle et les Compactata : la paix sans l'unité (1433-1436)

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Épuisés par Lipany, les vainqueurs modérés obtiennent à la table des négociations ce que les armes seules n'avaient jamais donné à une hérésie : un concordat signé avec un concile œcuménique.

L'ambassade de janvier 1433

Le 4 janvier 1433, une ambassade bohémienne entre solennellement à Bâle, où siège le concile : Procope le Grand lui-même, Jean de Rokycana le chef théologique des Utraquistes, Nicolas de Pelhřimov l'évêque taborite, et un Anglais passé aux Hussites, Pierre Payne — le « Hussite anglais », ancien oxfordien qui incarne la filiation vivante entre le wycliffisme et Prague[37]. Les débats durent des mois : les Bohémiens exigent les Quatre Articles comme un droit, les Pères les concèdent comme une tolérance. Le texte qui en sort, les Compactata, autorise la communion sous les deux espèces là où l'usage s'en est établi, maintient l'autorité de l'Église sur le reste, et promet l'oubli des injures[38]. L'assemblée de Prague les accepte le 30 novembre 1433 — les Taborites refusent de s'y soumettre, d'où Lipany six mois plus tard.

Jihlava 1436 : Sigismond reconnu, le calice toléré

Après Lipany, plus rien ne s'oppose à la paix : à la diète de Jihlava, le 5 juillet 1436, les États de Bohême et de Moravie ratifient solennellement les Compactata, reconnaissent Sigismond comme roi de Bohême, et reçoivent en échange la communion sous les deux espèces, les offices en langue tchèque et l'absolution des censures[39]. Le même Sigismond qui avait livré Hus au bûcher vingt et un ans plus tôt règne désormais, à soixante-huit ans, sur un royaume officiellement calixtin et officiellement réconcilié — il mourra l'année suivante, en 1437. C'est un événement sans précédent dans l'histoire de l'Église médiévale : jamais un concile n'avait composé avec une hérésie condamnée au point de lui reconnaître un rite propre pour tout un royaume[40]. La contrepartie catholique n'est pas mince pour autant : l'unité visible est restaurée, le roi légitime est reconnu, et les radicaux — les seuls irréconciliables — ont été vaincus par les modérés eux-mêmes.

Postérité : rois utraquistes et Frères tchèques

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L'hussitisme ne meurt pas en 1436 : il devient une Église nationale tolérée, un roi, puis une libre Église — avant que la Contre-Réforme ne referme le dossier deux siècles plus tard.

Georges de Poděbrady, le roi hussite (1458-1471)

En 1458, les États de Bohême portent sur le trône un grand seigneur utraquiste, Georges de Poděbrady : premier et seul roi hussite de l'histoire, il gouverne en prince de la paix — son projet d'alliance des princes chrétiens contre les Turcs, porté jusqu'à Rome et Paris, passe pour le premier plan d'organisation pacifique de l'Europe[41]. Mais Rome ne ratifie jamais durablement le compromis : en 1462, Pie II révoque les Compactata, et en 1466 Paul II excommunie Georges et délie ses sujets du serment — le royaume retombe dans la guerre jusqu'à la mort du roi en 1471[42]. La leçon est claire : la tolérance de Jihlava tenait à un équilibre politique, non à une adhésion doctrinale de Rome.

L'Unitas Fratrum (1457) et la paix de Kutná Hora (1485)

Dès 1457, des Hussites déçus par les guerres menées au nom de Dieu se retirent à Kunvald, en Bohême orientale, autour de Grégoire dit le Patriarche : ils fondent l'Unitas Fratrum, l'« Unité des Frères » — discipline apostolique, refus du serment et des armes, Église libre hors de l'État[43]. C'est d'eux que naîtra, deux siècles et un exil plus tard, l'Église morave des Frères. En 1485, la paix religieuse de Kutná Hora, conclue sous Vladislas II Jagellon, fige l'équilibre : catholiques et utraquistes se reconnaissent mutuellement pour trente et un ans — en fait pour plus d'un siècle — et la Bohême devient le seul royaume d'Europe où deux confessions coexistent légalement avant les traités westphaliens[44].

De la Montagne-Blanche à Luther : l'héritage revendiqué

L'épilogue est tragique : après la révolte des États et la Montagne-Blanche (8 novembre 1620), Ferdinand II restaure le catholicisme par la contrainte, bannit le calice et dissout l'Église utraquiste — l'hussitisme comme institution meurt là où il était né, à Prague[45]. Mais son ombre portée traverse le siècle : lors de la dispute de Leipzig (juin-juillet 1519), acculé par Johann Eck qui l'accuse de professer « un hussitisme déguisé », Luther finit par assumer la filiation au lieu de s'en défendre[46] :

« Nous sommes tous hussites sans le savoir. » — Martin Luther, propos de 1520 rapportés après la dispute de Leipzig (traduction Ignispedia)[47]

Par ce mot, la Réforme du XVIe siècle reconnaît elle-même sa dette envers la Bohême du XVe : sans Wyclif pas de Hus, sans Hus pas de guerres hussites — et sans les guerres hussites, pas de précédent d'une Église du calice arrachant sa liberté les armes à la main[48].

Le regard catholique : discerner sans caricaturer

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Un siècle de polémique a fait de l'hussitisme tantôt une croisade de la liberté contre Rome, tantôt une jacquerie sanguinaire. Le regard catholique ne retient ni l'hagiographie protestante ni la légende noire : il discerne.

Une part de vrai qu'il faut reconnaître

Comme pour le wycliffisme anglais, le hussitisme naît d'un scandale réel : le Grand Schisme (1378-1417) a offert aux chrétiens le spectacle de deux puis trois papes concurrents ; la simonie, le cumul des bénéfices, le trafic des indulgences — celui-là même que Hus dénonce à Prague en 1412 contre les bulles de Jean XXIII — sont des abus documentés par l'historiographie ecclésiale elle-même[49]. La soif de l'Écriture en langue comprise, le désir d'une communion plus pleine, le refus du faste épiscopal : tout cela est évangélique dans son principe, et l'Église l'a reconnu en actes — Vatican II rappellera le devoir de nourrir le peuple de l'Écriture (Dei Verbum, nn. 22 et 25), et la communion sous les deux espèces, librement autorisée aujourd'hui dans les circonstances prévues par l'Église, n'a plus rien d'incompatible avec la foi[50]. L'Église n'a jamais rétracté la condamnation de Constance, mais saint Jean-Paul II, le 17 décembre 1999, a exprimé son « profond regret pour la mort cruelle » infligée à Hus et reconnu en lui un réformateur de l'Église d'une grande droiture morale — voir l'article Jan Hus pour le dossier complet[51].

Pourquoi la condamnation était inévitable

Mais du vrai partiel, le hussitisme fait un système faux — et un système armé. Trois ruptures le rendent incompatible avec la foi catholique : rompre l'Église visible en la réduisant aux prédestinés et en subordonnant toute obéissance au jugement privé, c'est contredire la promesse — « je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde » (Mt 28, 20) ; ériger le calice en nécessité de salut contre le décret d'un concile, c'est opposer un dogme nouveau à l'autorité que le Christ a donnée à son Église de régler les rites ; livrer les biens d'Église et la punition des péchés au bras séculier, c'est confondre les deux glaives et faire de la réforme un pillage — la noblesse bohémienne, première signataire des Quatre Articles, ne s'y est pas trompée[52]. Et quand la doctrine prend les armes — défenestration, guerre civile, chevauchées dévastatrices, millénarisme de Tábor —, l'Église, chargée de la paix des peuples comme de la vérité, ne peut que juger avec l'Évangile : « Tous ceux qui prennent l'épée périront par l'épée » (Mt 26, 52)[53].

Ce que le catholique retient — avec charité

Le chrétien ne se réjouit d'aucun bûcher — ni de Constance en 1415, ni des bûchers hussites allumés contre les catholiques restés fidèles : chaque victime est une âme que l'Église aurait voulu ramener[54]. Il retient surtout la double leçon du dossier : une réforme qui commence par retrancher — l'évêque, le concile, l'autel sous une seule espèce — finit par appauvrir ceux qu'elle prétendait enrichir, comme le montre un siècle d'Église utraquiste sans cesse déchirée entre Prague et Tábor ; et une Église qui tolère trop longtemps la simonie et le faste prépare elle-même les Hus de demain — c'est la leçon que le concile de Trente, un siècle plus tard, tirera en réformant pour de bon la discipline du clergé[55].

« La vérité triomphe » — Veritas vincit, devise de Jan Hus, devenue devise nationale tchèque : le catholique y entend une autre promesse — non que toute révolte au nom de la vérité triomphe, mais que la Vérité elle-même, qui est le Christ, triomphe en son Église malgré les fautes de ses pasteurs et les violences de ses enfants[56].

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Mouvement né du bûcher de Hus, calice, guerres, Compactata : « Hussites », The Catholic Encyclopedia (miroir Studylight : https://www.studylight.org/encyclopedias/eng/tce/h/hussites.html).

    1
  2. Guerres hussites 1419-1434, Žižka, croisades, Lipany, Compactata : « Hussites », Encyclopaedia Britannica, 11e éd., 1911 (miroir Studylight : https://www.studylight.org/encyclopedias/eng/bri/h/hussites.html).

    2
  3. Filiation Wyclif-Hus-Luther reconnue par Luther lui-même après Leipzig : R. Bainton, Here I Stand, cité ; voir l'article Jan Hus.

    3
  4. Trente propositions lues publiquement, surtout du De Ecclesia, session 15 en présence de l'empereur : « Council of Constance », The Catholic Encyclopedia (Wikisource).

    4
  5. Abandon au bras séculier, session 15, 6 juillet 1415 : Concile de Constance, session 15 (résumé : « Council of Constance », Wikipedia ; formule anglaise citée : « This holy synod of Constance […] relinquishes Jan Hus to the judgment of the secular authority »).

    5
  6. 452 sceaux, septembre 1415, défense de la libre prédication : « Hussites », The Catholic Encyclopedia, art. cité.

    6
  7. Rétractation puis rétractation de la rétractation ; témoignage oculaire de Poggio Bracciolini, lettre latine à Leonardo Bruni, Constance, 30 mai 1416 (trad. anglaise : M. Whitcomb, A Literary Source-book of the Italian Renaissance) : « Jerome of Prague », Encyclopaedia Britannica, 11e éd., 1911 ; « Jerome of Prague », The Catholic Encyclopedia ; P. Schaff, History of the Christian Church, t. VI.

    7
  8. Second bûcher, 30 mai 1416 : « Jerome of Prague », art. cité ; « Hussites », Encyclopaedia Britannica 1911, art. cité.

    8
  9. Mt 26, 27 et Jn 6, 53 comme fondements scripturaires du calice laïc : « Hussites », The Catholic Encyclopedia, art. cité.

    9
  10. Hus lui-même n'a jamais prêché l'utraquisme : « Hussites », art. cité ; voir l'article Jan Hus.

    10
  11. Coutume du pain seul tenue pour loi, interdiction du calice sans autorité : H. Denzinger, Enchiridion Symbolorum, §§ 1198-1200 (Constance, session 13, 15 juin 1415).

    11 25
  12. Calixtins (calix) et Utraquistes (sub utraque specie), calice sur drapeaux et vêtements : « Hussites », art. cité (les Calixtins « ainsi nommés d'après le calice qui décorait leurs drapeaux »).

    12
  13. Adoptés en juillet 1420, promulgués en latin, tchèque et allemand : « Hussites », The Catholic Encyclopedia, art. cité ; « Utraquist », Encyclopaedia Britannica.

    13
  14. Soudure des trois Bohême (université, noblesse, peuple) autour du programme : lecture propre à la ligne Ignispedia, appuyée sur M. Lambert, Medieval Heresy, Oxford, Blackwell, 2002, ch. sur la Bohême.

    14
  15. Conrad de Vechta adopte les articles le 21 avril 1421 et ordonne un clergé utraquiste : « Hussites », The Catholic Encyclopedia, art. cité.

    15
  16. Catherine de Sienne dénonçant sans rompre : voir l'article sur sainte Catherine de Sienne ; loi générale rappelée dans l'article Béguins et béghards hétérodoxes.

    16
  17. Le calice déclaré nécessaire au salut par Jakoubek, d'après Jn 6, 53 : « Hussites », art. cité.

    17
  18. La nécessité affirmée contre le décret de 1415 fait l'hérésie formelle : H. Denzinger, §§ 1198-1200, cités ; « Hussites », art. cité.

    18
  19. Église des prédestinés et prélat indigne déchu de son office : J. Hus, De Ecclesia (1413) ; trente articles de la session 15, H. Denzinger, §§ 1201-1230 ; voir l'article Jan Hus.

    19
  20. Obéissance limitée à la conformité avec la loi divine : De Ecclesia, cité ; art. condamnés, Denzinger, §§ 1201-1230.

    20
  21. Validité des sacrements conférés par l'indigne, ex opere operato, contre le donatisme : saint Augustin, Contra litteras Petiliani, II ; saint Thomas, Somme théologique, IIIa, q. 64, a. 5.

    21
  22. L'Écriture vernaculaire comme norme contre le magistère, antécédent de l'Écriture seule : G. Leff, Heresy in the Later Middle Ages, Manchester, 1967, t. 2 ; M. Lambert, Medieval Heresy, cité.

    22
  23. 1 Tm 3, 15, l'Église colonne et soutien de la vérité : fondement de l'interprétation authentique contre le jugement privé.

    23
  24. Le Christ entier sous chaque espèce ; Trente, session 21 (1562), ch. 1-3 : Denzinger, §§ 1725-1729 ; Constance supposé en 1415, §§ 1198-1200.

    24
  25. 1 Jn 1, 8 contre l'impeccabilité professée par les radicaux : voir aussi l'article L'hérésie du Libre-Esprit.

    26
  26. 30 juillet 1419, Želivský, hôtel de ville de la Ville-Neuve, sept conseillers précipités : « Jan Želivský », Wikipedia ; chronologie des guerres hussites (World History Encyclopedia).

    27
  27. Mort de Venceslas IV le 16 août 1419, Sigismond héritier : « Hussites », Encyclopaedia Britannica 1911, art. cité.

    28
  28. Petit noble de Trocnov, borgne puis aveugle après Rabí (v. 1421), jamais battu : « Jan Žižka », Wikipedia ; F. Heymann, John Žižka and the Hussite Revolution, Princeton, 1955.

    29
  29. Forteresse de chariots, artillerie de campagne, fléaux : « Hussites », Encyclopaedia Britannica 1911, art. cité ; F. Heymann, cité.

    30
  30. Règlement militaire d'une sévérité biblique : « Jan Žižka », Wikipedia (d'après Heymann et la tradition du Vojenský řád).

    31
  31. Vitkov 14 juillet 1420, couronnement de Sigismond le 28 juillet puis dissolution de l'armée : « Hussites », Encyclopaedia Britannica 1911, art. cité.

    32
  32. Diète de Čáslav, juin 1421, déposition de Sigismond, quatre régents : « Hussite Wars », Wikipedia ; « Hussites », Encyclopaedia Britannica 1911, art. cité.

    33
  33. Cinq croisades 1420-1431, Kutná Hora (déc. 1421), Německý Brod (janv. 1422), Domažlice (août 1431) et la fuite devant le choral : « Hussite Wars », Wikipedia ; « Hussites », Encyclopaedia Britannica 1911, art. cité.

    34
  34. Procope le Grand prêtre-général, mort de Žižka le 11 octobre 1424 près de Přibyslav, Orphelins (Sirotci), chevauchées : « Prokop the Great » et « Hussite Wars », Wikipedia ; « Hussites », Encyclopaedia Britannica 1911, art. cité.

    35
  35. Ligue de Bohême, Diviš Bořek de Miletínek, 30 mai 1434, chute des deux Procope : « Battle of Lipany », Wikipedia ; « Hussites », Wikipedia (d'après la Britannica).

    36
  36. Ambassade du 4 janvier 1433, Procope, Rokycana, Nicolas de Pelhřimov, Pierre Payne le « Hussite anglais » : « Hussites », Encyclopaedia Britannica 1911, art. cité.

    37
  37. Communion sous les deux espèces là où l'usage est établi, acceptation de Prague le 30 novembre 1433 : « Compacts of Basel », Wikipedia ; « Hussites », Encyclopaedia Britannica 1911, art. cité.

    38
  38. Ratification de Jihlava le 5 juillet 1436, Sigismond reconnu roi : « History of the Czech lands » (Unionpedia, d'après Wikipedia) ; « Hussite Wars » (FactMonster).

    39
  39. Premier concordat d'un concile avec une hérésie condamnée : appréciation propre à la ligne Ignispedia, appuyée sur « Hussites », art. cité.

    40
  40. Georges de Poděbrady élu en 1458, projet d'alliance contre les Turcs : « George of Poděbrady », Wikipedia.

    41
  41. Pie II révoque en 1462, Paul II excommunie en 1466, guerre jusqu'en 1471 : « George of Poděbrady », Wikipedia ; « Hussites », The Catholic Encyclopedia, art. cité.

    42
  42. Kunvald 1457, Grégoire le Patriarche, discipline apostolique : « Bohemian Brethren », The Catholic Encyclopedia ; « Unitas Fratrum » (MDPI Religions 2021, d'après Halama, Říčan).

    43
  43. Paix religieuse de Kutná Hora (mars 1485) sous Vladislas II, coexistence légale : « Peace of Kutná Hora », Wikipedia ; « Bohemian Reformation », Wikipedia.

    44
  44. Montagne-Blanche 8 novembre 1620, restauration catholique sous Ferdinand II : « Battle of White Mountain », Wikipedia.

    45
  45. Eck accusant Luther d'hussitisme déguisé, Leipzig juin-juillet 1519 : voir l'article Jan Hus ; R. Bainton, Here I Stand, chap. V.

    46
  46. Reconnaissance par Luther de sa dette envers Hus après Leipzig : R. Bainton, Here I Stand : A Life of Martin Luther, Abingdon-Cokesbury Press, New York, 1950, chap. V (mot rapporté : « nous sommes tous hussites sans le savoir »).

    47
  47. Sans Wyclif pas de Hus, sans Hus pas de guerres hussites : M. Lambert, Medieval Heresy, cité ; voir les articles Wycliffisme et Jan Hus.

    48
  48. Schisme, simonie, indulgences de 1412 : voir l'article Jan Hus ; « Jan Hus », The Catholic Encyclopedia.

    49
  49. Écriture en langue comprise, devoir de l'Église : Vatican II, Dei Verbum, nn. 22 et 25.

    50
  50. Regret exprimé par Jean-Paul II le 17 décembre 1999 : voir l'article Jan Hus.

    51
  51. Les trois ruptures (Église visible, calice dogmatisé, glaives confondus) : synthèse propre à la ligne Ignispedia, appuyée sur Denzinger, §§ 1198-1230.

    52
  52. Mt 26, 52 contre la violence au nom de la réforme : fondement évangélique du jugement porté sur les guerres de religion.

    53
  53. Ni bûchers de Constance ni bûchers hussites : charité due à toutes les victimes, voir les articles Comment répondre à l'objection de l'Inquisition et Les hérétiques et la légende noire de l'Inquisition.

    54
  54. Trente réformant la discipline un siècle plus tard : Concile de Trente, décrets de réforme (sessions 6-7, 1547 ; session 25, 1563).

    55
  55. Veritas vincit, devise de Hus et devise nationale tchèque : voir l'article Jan Hus.

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