Wycliffisme

L'école hérétique issue de John Wyclif après 1384 : lollards et pauvres prêtres, Douze Conclusions affichées à Westminster (1395), Bible anglaise clandestine, répression de Sawtrey à Oldcastle (1401-1417), greffe hussite à Prague et condamnation posthume à Constance (45 articles, 4 mai 1415).

Ignispedia

Le wycliffisme est le nom donné à l'école hérétique née de l'enseignement du théologien d'Oxford John Wyclif (vers 1328 – 31 décembre 1384) : négation de la transsubstantiation, Église réduite aux seuls prédestinés, dépouillement du clergé de ses biens temporels, Bible anglaise lue hors de tout contrôle ecclésial. Wyclif meurt dans son presbytère de Lutterworth avant d'avoir été solennellement jugé ; ce sont ses disciples, les lollards, qui portent sa doctrine dans toute l'Angleterre pendant un demi-siècle, jusqu'aux bûchers du règne d'Henri V et à la condamnation posthume du concile de Constance (4 mai 1415)[1].

Cet article raconte le mouvement, pas l'homme : la vie de Wyclif, ses écrits et la genèse de sa pensée sont traités dans l'article John Wycliffe (v. 1328-1384), auquel on renvoie pour tout ce qui précède 1384. Ici, on suit ce qui vient après : comment une théologie d'universitaire devient une hérésie populaire, comment l'Angleterre la réprime, comment la Bohême la recueille — et pourquoi l'Église l'a jugée incompatible avec la foi catholique[2].

Le dossier est exemplaire à plus d'un titre : première hérésie savante née dans une université médiévale puis diffusée en langue vulgaire, premier usage systématique de l'Écriture traduite comme arme contre l'Église qui la transmet, première répression organisée par un État moderne naissant (le statut De heretico comburendo de 1401). Et matrice directe de l'hussitisme bohémien, donc, à un siècle de distance, d'une partie des questions que posera Luther[3].

L'homme derrière le mouvement : John Wyclif en bref

On ne comprend le wycliffisme sans Wyclif — mais on ne le réduit pas à lui. Rappel bref ; le détail appartient à l'article John Wycliffe[4].

Un docteur d'Oxford au service de la Couronne

Né dans le Yorkshire vers 1328, formé à Oxford (Merton, Balliol, Queen's), docteur en théologie en 1372, recteur de Lutterworth à partir de 1374, Wyclif met d'abord sa science au service de la Couronne : en 1374 il fait partie de l'ambassade de Bruges qui négocie avec les envoyés pontificaux la question des provisions et des tributs anglais vers Avignon[5]. Philosophe réaliste — les universaux existent vraiment, comme idées en Dieu —, il en tire une théorie du dominium : tout pouvoir, toute propriété ne se possèdent légitimement qu'en état de grâce, et le clergé pécheur doit être dépouillé de ses biens temporels par le bras séculier[6].

C'est cette théorie, exposée dans le De civili dominio (1376), qui fait de lui l'homme de Jean de Gand, duc de Lancastre, et l'ennemi de l'épiscopat anglais : dès 1377, le pape Grégoire XI fait censurer dix-huit à dix-neuf de ses propositions par cinq bulles datées du 22 mai[7]. Convoqué à Saint-Paul de Londres en février 1377 puis à Lambeth en 1378, Wyclif est chaque fois sauvé par la protection royale — la seconde fois par l'intervention de la princesse Jeanne de Kent, mère du jeune Richard II[8].

Le tournant eucharistique (1380-1381)

Jusque-là, Wyclif attaquait la richesse et le pouvoir du clergé — terrain où beaucoup d'orthodoxes le suivaient. Vers 1380, il franchit une ligne que nul catholique ne peut franchir avec lui : il nie la transsubstantiation, définie par le IVe concile du Latran (1215). Selon sa théorie dite de la rémanence, le pain demeure vrai pain après la consécration tout en étant sacramentellement le corps du Christ — le Christ n'y est donc pas présent en sa substance propre[9]. Un conseil de docteurs d'Oxford condamne cet enseignement dès 1381 ; le concile ecclésiastique de Blackfriars, en mai 1382 — resté dans l'histoire comme le « concile du tremblement de terre », un séisme ayant secoué Londres pendant les débats — condamne vingt-quatre propositions wycliffites, dont dix comme hérétiques[10].

Wyclif se retire alors à Lutterworth, où il écrit sans relâche (Trialogus, sermons anglais) jusqu'à sa mort, le 31 décembre 1384, des suites d'une attaque qui l'avait paralysé[11]. Il meurt sans avoir été solennellement condamné comme hérétique : c'est ce jugement posthume, et la lutte contre ses disciples, qui font le wycliffisme proprement dit.

Le corpus wycliffite : les textes qui ont fait l'hérésie

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Le wycliffisme n'est pas une rumeur : c'est une bibliothèque. Les lollards colportent des manuscrits précis, et c'est cette circulation d'écrits qui permet à l'hérésie de survivre à son fondateur pendant cinquante ans[12].

Les traités latins du maître

L'ossature savante est latine : le De civili dominio (1376) pour le dépouillement du clergé, le De ecclesia pour l'Église des prédestinés, le De veritate sacrae scripturae (1378) pour l'autorité souveraine de l'Écriture, le De eucharistia puis le Trialogus (1382-1383) — dialogue entre la Vérité, le Mensonge et la Sagesse — pour la somme finale de sa théologie[13]. Ces traités, édités au XIXe siècle par la Wyclif Society, sont les textes mêmes sur lesquels travailleront les censeurs de Constance : les 45 articles de 1415 en sont extraits proposition par proposition[14].

« La sainte Écriture est la loi du Christ, et tout chrétien est tenu de la croire explicitement. » — John Wyclif, De veritate sacrae scripturae, 1378, ch. 1 (traduction Ignispedia)[15]

Les sermons anglais et la Bible en langue vulgaire

À côté du latin des écoles, Wyclif produit en ses dernières années un volumineux corpus en moyen anglais : quelque trois cents sermons destinés aux prédicateurs itinérants, et l'impulsion décisive d'une traduction complète de la Bible à partir de la Vulgate — l'entreprise collective de ses proches puis de Jean Purvey, achevée après sa mort[16]. L'originalité wycliffite n'est pas de traduire — les Vaudois de Lyon faisaient lire l'Évangile en provençal dès le XIIe siècle — mais de faire de la lecture vernaculaire incontrôlée la norme de la foi contre le magistère : chacun, muni du texte, devient juge de l'Église[17].

La doctrine condamnée : ce que le wycliffisme professe

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Les propositions wycliffites forment un système, pas une collection de boutades. Cinq thèses portent l'ensemble — et chacune sera frappée par Constance[18].

Le dominium fondé sur la grâce

Thèse-mère politique : nul ne possède légitimement autorité ou biens s'il est en état de péché mortel, car tout dominium humain dérive du dominium divin et ne subsiste que dans la grâce[19]. Corollaire pratique : le roi peut et doit confisquer les biens d'un clergé indigne, et le peuple peut refuser la dîme aux mauvais prêtres. Sous couleur de réforme, c'est l'ordre social chrétien tout entier qui devient conditionnel : nul ne sachant avec certitude qui est en grâce, nulle propriété, nulle juridiction n'est jamais assurée[20].

L'Église invisible des seuls prédestinés

L'Église véritable, pour Wyclif, n'est pas le corps visible gouverné par le pape et les évêques : c'est la congregatio praedestinatorum, l'assemblée des seuls prédestinés, connue de Dieu seul[21]. Dès lors, « le pape n'est pas le vicaire immédiat et proche du Christ » (Papa non est immediatus et proximus vicarius Christi) — la proposition 37 de Constance —, et un prélat en péché mortel n'est plus ni pape, ni évêque, ni prêtre devant Dieu[22]. La visibilité de l'Église, sa hiérarchie, sa continuité apostolique : balayées d'un trait de la grâce supposée.

L'Écriture seule contre la Tradition

Wyclif fait de la Bible, lue sans le magistère, le juge souverain et suffisant de toute doctrine et de toute autorité : ce que l'Écriture ne dit pas expressément, l'Église n'a pas le droit de l'imposer[23]. Indulgences, ordres religieux, culte des images, prières pour les morts, célibat ecclésiastique : tout ce qui ne se lit pas dans le texte tombe. C'est la première formulation médiévale articulée de ce que la Réforme appellera, un siècle et demi plus tard, l'Écriture seule — avec le même présupposé : que le texte s'interprète lui-même, sans l'Église qui l'a écrit, compilé et transmis[24].

La rémanence eucharistique

Le point théologiquement décisif : après la consécration, le pain demeure pain — il est à la fois vrai pain et, sacramentellement, corps du Christ. Le Christ n'est donc pas présent en sa substance propre, comme le définit Latran IV (1215) puis Constance[25]. Pour les contemporains, c'est le scandale majeur : comme le note la Catholic Encyclopedia, « cette négation ouverte d'une doctrine qui touchait chaque chrétien au cœur » fit perdre à Wyclif une grande part de sa popularité, bien au-delà des cercles cléricaux[26].

« Cette négation ouverte d'une doctrine qui touchait chaque chrétien au cœur, et la réaction qui suivit la révolte des paysans, firent perdre à Wyclif une grande part de sa popularité. » — Catholic Encyclopedia, article « John Wyclif » (traduction Ignispedia)[27]

Le rejet des ordres, des vœux et des sacrements reçus d'indignes

Moines et frères mendiants sont des « sectes privées » contraires à la règle du Christ ; la confession auriculaire est inutile, la contrition suffisant — surtout si le confesseur est en péché ; les excommunications fulminées par un clergé indigne ne lient pas ; les dîmes et offrandes aux mauvais prêtres sont un péché pour le donateur[28]. Chaque fidèle devient ainsi juge de ses pasteurs, et chaque sacrement dépend, dans son efficacité perçue, de l'état moral du ministre — contre la doctrine constante que le ministre indigne confère validement les sacrements, le Christ agissant par lui (ex opere operato)[29].

Trois vagues de condamnation : le tableau d'ensemble

VagueAutorité et dateObjetEffet immédiat
Les bulles pontificalesGrégoire XI, 5 bulles du 22 mai 137718-19 propositions (biens d'Église, dominium)Procès manqués de Saint-Paul (1377) et Lambeth (1378)
Le concile anglaisBlackfriars, mai 1382 (archevêque Courtenay)24 propositions : 10 hérétiques, 14 erronéesExpulsion des wycliffites d'Oxford, retraite de Wyclif
Le concile œcuméniqueConstance, session 8, 4 mai 141545 articles ; mémoire de l'hérésiarqueAnathème posthume, exhumation ordonnée (exécutée 1428)

Entre la deuxième et la troisième vague s'insère tout le wycliffisme militant : les lollards, leurs Conclusions, leurs bûchers — et la Bible anglaise qui les nourrit[30].

Les lollards : visages d'un mouvement clandestin

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Wyclif mort, son école aurait pu mourir avec lui : Oxford se purge, Courtenay veille, et le maître n'a désigné aucun successeur. C'est au contraire l'expansion : des prédicateurs itinérants portent la doctrine dans les comtés, des chevaliers la protègent à la cour, des artisans et des femmes la lisent dans des conventicules. La Catholic Encyclopedia résume : le meilleur exposé du lollardisme, au moins à ses débuts, se trouve dans les douze « Conclusions » présentées au Parlement et affichées aux portes de Westminster et de Saint-Paul en 1395[31].

« Le meilleur résumé du lollardisme, au moins dans ses premières étapes, se trouve probablement dans les douze "Conclusions" qui furent présentées au Parlement et affichées aux portes de l'abbaye de Westminster et de Saint-Paul en 1395. » — Catholic Encyclopedia, article « Lollards » (traduction Ignispedia)[32]

D'où vient le nom : ivraie ou marmottement ?

Le mot même est une insulte dont l'étymologie se discute : soit le latin lolium, l'ivraie que l'ennemi sème dans le champ du père de famille (Mt 13, 25) — les hérétiques comme mauvaise herbe —, soit le moyen-néerlandais lollen, « marmotter » des prières, sobriquet déjà collé aux béghards mendiants du continent[33]. Les deux sens conviennent aux adversaires : une secte qui marmonne l'Écriture en anglais et qu'il faut arracher comme l'ivraie. Les wycliffites, eux, s'appellent « vrais hommes », « chrétiens », ou « pauvres prêtres »[34]. À noter pour éviter toute confusion : les lollards continentaux, homonymes rhénans des béghards, n'ont aucun rapport avec les lollards anglais — voir l'article Béguins et béghards hétérodoxes[35].

Les « pauvres prêtres » : une prédication itinérante

Dès 1380-1382, Wyclif envoie — ou inspire — des prédicateurs sans paroisse ni bénéfice, vêtus de longues robes de bure rousse, qui parcourent les foires et les marchés, Bible anglaise en main : Nicolas Hereford, Jean Aston, Laurent Bedeman, puis une génération d'anonymes[36]. Ils prêchent en anglais, entendent les confessions, marient et enterrent hors de tout cadre paroissial. Leur force est leur mobilité ; leur faiblesse, l'absence de formation : la doctrine savante du maître se simplifie en slogans — « tout prêtre en péché n'est pas prêtre », « l'hostie consacrée n'est que pain » — que les évêques n'auront aucun mal à faire condamner[37].

Des chevaliers à la cour aux artisans des villes

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Le lollardisme n'est pas un mouvement de miséreux. À la cour de Richard II, une poignée de chevaliers lollards — dont sire Lewis Clifford, qui ne se rétractera qu'en 1402 — protègent les prédicateurs, font circuler les manuscrits et portent au Parlement, en 1395 puis en 1410, des projets de confiscation des biens ecclésiastiques : le dominium wycliffite traduit en proposition de loi[38]. En dessous d'eux, la base est artisanale et marchande : tailleurs, forgerons, maçons, petits marchands de Londres, Bristol, Leicester et Norwich — des laïcs alphabétisés capables de lire la Bible anglaise et de la commenter entre eux[39]. Les femmes y tiennent une place remarquée : elles hébergent les conventicules, cachent les livres, et certaines prêchent — ce que les tribunaux relèveront avec une sévérité particulière, comme au procès de la Norwichienne Margery Baxter à Norwich en 1429[40].

Conventicules et « écoles » : une Église parallèle

Serrés par la répression après 1401, les lollards s'organisent en conventicules domestiques : une dizaine de fidèles autour d'un lecteur qui commente un cahier d'Évangile, apprend par cœur les Conclusions, recopie les sermons[41]. Les historiens parlent de « lollard schools » : non des bâtiments, mais des réseaux de lecture clandestine où un artisan sait par cœur de longs passages du Nouveau Testament anglais[42]. C'est cette Église invisible et domestique — insaisissable parce que sans clergé, sans lieu, sans registre — qui survivra aux bûchers et que les enquêteurs d'Henri V puis d'Henri VI traqueront village par village[43].

Les Douze Conclusions de 1395 : le manifeste affiché

En janvier 1395, profitant d'un Parlement réuni à Westminster, les lollards placardent sur les portes de l'abbaye et de la cathédrale Saint-Paul un manifeste en anglais : les Douze Conclusions, adressées au Parlement et au roi[44]. Le geste est calculé — afficher à la porte de l'église comme on affiche une thèse — et le scandale immense : pour la première fois, l'hérésie savante parle la langue du peuple, en public, au cœur du pouvoir[45].

N°ConclusionPortée
1L'Église d'Angleterre, « dotée » de biens temporels à l'exemple de Rome sa marâtre, a perdu sa légitimitéContre la dotation et le temporel des clercs
2Les ordinations d'évêques et de prêtres au rituel romain ne sont pas fondées dans l'ÉcritureContre la hiérarchie visible
3Le célibat imposé au clergé provoque la luxure contre natureContre la discipline ecclésiastique
4L'eucharistie après la consécration reste pain matériel ; la transsubstantiation mène à l'idolâtrieNégation frontale de Latran IV
5Exorcismes, bénédictions d'objets et consécrations relèvent de la nécromancie plus que de la théologieContre les sacramentaux
6Les clercs qui cumulent charges spirituelles et offices temporels doivent en être déchargés par le ParlementContre le cumul du spirituel et du temporel
7Prières pour les morts, pèlerinages, images et offrandes : un commerce qui ne repose sur rien d'ÉcrituraireContre suffrages et dévotions
8Pèlerinages, images et croix adorées mènent à l'idolâtrie et détournent l'aumône des pauvresContre le culte des images
9La confession auriculaire faite aux prêtres exalte leur orgueil et ouvre la porte aux abusContre le sacrement de pénitence
10Guerres, croisades et peines de mort pour la foi contredisent la douceur du ChristPacifisme évangélique radical
11Vœux de continence des religieuses et veuves consacrées : ils multiplient les chutes, jusqu'à l'avortement clandestin que le texte dénonceContre les vœux religieux
12La multiplication des métiers et arts de luxe au service de l'Église dévore les pauvresContre la richesse ecclésiale

« Quand l'Église d'Angleterre commença à délirer après les biens temporels […] la foi de l'Église, depuis cette dotation, a diminué. » — Douze Conclusions, 1re conclusion (texte anglais, traduction Ignispedia)[46]

Le Parlement ne suit pas — Richard II, d'abord accommodant, laisse l'archevêque Courtenay faire condamner le texte, et dix-huit propositions lollardes sont censurées à Londres en 1396[47]. Mais le manifeste a rempli son office : toute l'Angleterre sait désormais ce que professe la secte, et la Couronne sait qu'elle doit choisir son camp[48].

La répression : du bûcher de Sawtrey à la révolte d'Oldcastle

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Avec l'avènement d'Henri IV (1399) et de l'archevêque Thomas Arundel (1396), la tolérance prend fin : l'hérésie devient crime d'État, et l'Angleterre se dote du premier arsenal répressif systématique de son histoire[49].

De heretico comburendo (1401) : l'hérésie devient crime capital

Au Parlement de 1401, à la demande du clergé, Henri IV promulgue le statut De heretico comburendo : l'hérétique obstiné, livré par l'évêque au bras séculier, sera brûlé publiquement[50]. Le premier à en faire les frais est le prêtre Guillaume Sawtrey, condamné par la convocation de Cantorbéry : il monte sur le bûcher à Saint-Paul de Londres en mars 1401, quelques jours à peine après le vote du statut[51]. Suivront, entre autres, le tailleur Jean Badby d'Evesham, brûlé en 1410 pour avoir nié la présence réelle malgré les exhortations du prince de Galles lui-même, le futur Henri V, présent au supplice[52].

Les Constitutions d'Arundel (1407-1409) : verrouiller Oxford et la langue

Arundel frappe ensuite à la racine intellectuelle : ses Constitutions provinciales, arrêtées à Oxford en 1407 et publiées en 1409, interdisent de traduire l'Écriture en anglais sans autorisation épiscopale, de prêcher hors paroisse sans licence, et de disputer publiquement les articles condamnés[53]. Oxford, foyer de l'infection, est placée sous tutelle : visites, serments, censure préalable des livres. C'est le premier dispositif moderne de contrôle de l'imprimé avant l'imprimerie — appliqué au manuscrit[54].

Oldcastle : quand l'hérésie prend les armes (1413-1417)

Le chef du lollardisme sous Henri V est un grand seigneur : sire Jean Oldcastle, lord Cobham par son mariage, vétéran des guerres galloises et ami du roi[55]. Sa lollardie est notoire depuis des années, mais son rang le protège — jusqu'en 1413 : arrêté, jugé, condamné comme hérétique, il s'évade de la Tour et organise, dans la nuit du 9 au 10 janvier 1414, un rassemblement armé à Fickett's Field, près de Londres. Henri V, prévenu, disperse les conjurés en personne[56]. Oldcastle s'enfuit au pays de Galles, est repris en 1417, puis pendu et brûlé à Saint-Gilles de Londres en décembre 1417[57]. La même année 1414, le Parlement vote le Suppression of Heresy Act : juges de paix et officiers royaux doivent désormais traquer l'hérésie d'office, et les seigneurs qui protègent des hérétiques encourent la confiscation[58].

  1. 1377 — bulles et procès manqués
    Grégoire XI censure, Londres absout

    Cinq bulles du 22 mai contre 18-19 propositions ; procès de Saint-Paul (février 1377) dispersé par l'escorte de Jean de Gand, puis de Lambeth (1378) interrompu par la princesse Jeanne.

  2. 1382 — Blackfriars
    Le « concile du tremblement de terre »

    L'archevêque Courtenay fait condamner 24 propositions (10 hérétiques, 14 erronées) ; les wycliffites sont chassés d'Oxford, Wyclif se retire à Lutterworth.

  3. 1384 — Lutterworth
    Mort de Wyclif

    Frappé de paralysie, le docteur meurt le 31 décembre 1384 sans avoir été solennellement jugé comme hérétique.

  4. 1395 — Westminster
    Les Douze Conclusions affichées

    Manifeste anglais placardé à l'abbaye et à Saint-Paul ; condamnation londonienne de 18 propositions en 1396.

  5. 1401 — Londres
    De heretico comburendo et Sawtrey

    Premier statut anglais du bûcher pour hérésie ; Guillaume Sawtrey brûlé à Saint-Paul en mars 1401.

  6. 1407-1409 — Oxford
    Constitutions d'Arundel

    Traduction et prédication en anglais placées sous licence épiscopale ; Oxford mise sous tutelle.

  7. 1410-1417 — Smithfield et Saint-Gilles
    Badby, Oldcastle, la fin militaire

    Badby brûlé en 1410 ; révolte d'Oldcastle écrasée en janvier 1414 (Suppression of Heresy Act) ; Oldcastle exécuté en décembre 1417.

  8. 1415-1428 — Constance et Lutterworth
    Le jugement posthume

    45 articles anathématisés le 4 mai 1415 (Denzinger 1151-1195) ; en 1428, l'évêque Fleming de Lincoln fait exhumer et brûler les ossements de Wyclif, dont les cendres sont jetées dans la Swift.

Une répression efficace — et ses limites

La répression atteint son but politique : après 1417, il n'y a plus de parti lollard, plus de prédication publique, plus de bills au Parlement[59]. Mais elle ne parvient jamais à extirper les conventicules : les procès de Norwich (1428-1431, dont le bûcher de Guillaume White en septembre 1428), les abjurations recueillies sous Henri VI et jusqu'aux enquêtes des années 1480-1510 montrent une braise qui couve sous la cendre — braise sur laquelle souffleront, un siècle plus tard, les premiers prédicateurs de la Réforme anglaise[60]. Sur la lecture catholique de ces rigueurs — ni angélisme, ni légende noire — voir les articles Comment répondre à l'objection de l'Inquisition et Les hérétiques et la légende noire de l'Inquisition.

La Bible des lollards : le livre interdit qui circule

Début de Jean, fin du XIVe siècle. Glasgow, MS Hunter 191, f. 2v. Wikimedia Commons, domaine public.

L'arme la plus durable du wycliffisme n'est ni un sermon ni un manifeste : c'est un livre. La Bible anglaise dite « de Wyclif » — première traduction complète en moyen anglais d'après la Vulgate — est l'œuvre collective lancée sous son impulsion : un Nouveau Testament d'une littéralité rugueuse attribué à Wyclif lui-même et à ses proches (vers 1380), un Ancien Testament poussé par Nicolas Hereford jusqu'au milieu de Baruch (3, 20) avant que la condamnation de Blackfriars (1382) ne l'oblige à fuir à Rome, puis une révision idiomatique et fluide de l'ensemble, attribuée à Jean Purvey et achevée vers 1388, après la mort du maître[61].

On en conserve quelque 250 manuscrits, complets ou partiels — chiffre immense pour une œuvre interdite, qui en fait l'un des best-sellers manuscrits du Moyen Âge anglais[62]. Leur usage est clandestin : lus à voix haute dans les conventicules, prêtés de village en village, cachés dans les faux fonds des coffres, ils portent souvent les marques de leurs lecteurs — notes marginales, passages soulignés, calendriers de lecture[63]. Posséder une Bible anglaise devient, après 1409, un indice d'hérésie à lui seul : plusieurs condamnés de Norwich et de Coventry le paieront de leur liberté ou de leur vie[64].

« Jean Purvey buvait abondamment à ses instructions, lui qui logeait sous le toit de Wyclif. » — Henri Knighton, Chronicon, fin du XIVe siècle, à propos du traducteur (traduction Ignispedia)[65]

L'histoire détaillée de la traduction — les deux versions, Hereford et Purvey, l'édition Forshall-Madden de 1850 — appartient à l'article John Wycliffe ; ici l'essentiel est ailleurs : jamais avant les lollards une hérésie n'avait mis entre toutes les mains, dans la langue de tous, le texte même dont elle tirait son autorité contre l'Église[66].

De l'Angleterre à la Bohême : la greffe hussite

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Le wycliffisme aurait pu s'éteindre en insurrection manquée. Il renaît à Prague — par un mariage, des manuscrits et un copiste de génie[67].

Le pont Anne de Bohême

En 1382, Richard II épouse Anne de Bohême, sœur du futur empereur Sigismond : entre les deux cours s'établit un va-et-vient d'étudiants, de chapelains et de livres[68]. Vers 1401-1402, le maître pragois Jérôme de Prague rapporte de son séjour à Oxford des copies des traités de Wyclif — Trialogus, De ecclesia, De veritate — qui enflamment l'université de Prague[69]. Dès 1403, quarante-cinq propositions tirées de Wyclif y sont officiellement proscrites : signe que le danger est déjà jugé sérieux, avant même l'entrée en scène publique de Jan Hus[70].

Hus, copiste et héritier

Jan Hus (v. 1370 – 1415), recteur de l'université de Prague et prédicateur de la chapelle de Bethléem, traduit en tchèque le Trialogus, recopie de sa main plusieurs traités et reprend à son compte l'ecclésiologie wycliffite — l'Église des prédestinés, le prélat indigne déchu de son office — en y ajoutant sa propre véhémence contre les indulgences et la simonie[71]. L'affaire wycliffite devient l'affaire hussite : condamné à Rome dès 1413, Hus est cité à Constance où il rejoint, le 6 juillet 1415, le maître anglais dans la condamnation — à neuf semaines d'intervalle[72]. Le récit complet appartient aux articles L'hussitisme et Jan Hus : on n'y revient pas ici, sauf pour fixer la filiation — sans Wyclif, pas de Hus ; sans Hus, pas de guerres hussites[73].

Le jugement de l'Église : Constance frappe quarante-cinq articles

Le concile de Constance — dont l'histoire générale est racontée dans l'article dédié — traite le dossier wycliffite dès sa 8e session, le 4 mai 1415 : après examen des traités saisis, il anathématise 45 articles extraits de l'œuvre de Wyclif, reproduits depuis dans le Denzinger sous les numéros 1151 à 1195[74]. Le décret frappe aussi la mémoire de l'hérésiarque et ordonne l'exhumation de ses restes — sentence que l'évêque Richard Fleming de Lincoln fera exécuter en 1428 : les ossements, brûlés à Lutterworth, seront jetés dans la Swift, affluent de l'Avon[75].

Huit familles d'erreurs, parmi les 45 articles, disent l'essentiel du système :

Famille (art. de Constance)Thèse wycliffiteRéponse catholique
Eucharistie (art. 1-2)Le pain demeure après la consécration ; l'hostie n'est pas le corps du Christ en sa substanceLatran IV (1215) puis Constance : transsubstantiation ; « ceci est mon corps » (1 Co 11, 24)
Papauté (art. 37, 41)Le pape n'est pas le vicaire immédiat du Christ ; nul n'est pape s'il n'est prédestinéMt 16, 18-19 : la promesse est faite à Pierre et à sa fonction, non à sa sainteté personnelle
Prélats indignes (art. 6, 15-19)Prêtres et évêques en péché mortel ne consacrent, n'ordonnent ni n'absolvent validementLe ministre indigne confère validement (ex opere operato) ; « faites ce qu'ils disent » (Mt 23, 3)
Biens d'Église (art. 10-12, 32)Le clergé ne peut rien posséder ; le prince doit le dépouiller1 Co 9, 13-14 : « le Seigneur a ordonné à ceux qui annoncent l'Évangile de vivre de l'Évangile »
Confession (art. 7)La contrition suffit ; la confession au prêtre est inutileJn 20, 22-23 : « ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis » ; Jc 5, 16
Ordres religieux (art. 25-26)Les ordres mendiants et monastiques sont des sectes diaboliquesLes conseils évangéliques (Mt 19, 21) fondent la vie religieuse ; les fruits de sainteté
Excommunication et censures (art. 21-24)Les censures d'un clergé indigne ne lient pasMt 18, 17-18 : « tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel »
Prières pour les morts, indulgences (art. 42-45)Prier pour les morts et accorder des indulgences : superstition et commerce2 M 12, 44-45 : Judas Maccabée fait offrir un sacrifice pour les morts ; pouvoir des clés

« Le saint concile déclare, définit et statue que [Wyclif] fut un hérétique notoire […] et anathématise sa mémoire, ordonnant que son corps et ses ossements, s'ils peuvent être discernés des corps des fidèles, soient exhumés et jetés loin de la sépulture ecclésiastique. » — Concile de Constance, 8e session, 4 mai 1415, décret contre Wyclif (traduction Ignispedia)[76]

Le regard catholique : discerner sans caricaturer

Une part de vrai qu'il faut reconnaître

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Le wycliffisme naît d'un scandale réel : l'Église d'Avignon et du Grand Schisme (1378-1417) offre trop souvent le spectacle de prélats mondains, cumulards et simoniaques — et ce sont des saints, une Catherine de Sienne, qui le dénoncent avec autant de véhémence que Wyclif, sans rompre[77]. Le désir d'Écriture, la soif d'une prédication en langue comprise, le refus du faste : tout cela est évangélique dans son principe. L'Église l'a reconnu en actes : la Bible en langue vulgaire dûment approuvée existait avant comme après (et existe aujourd'hui dans toutes les langues), et le concile de Trente comme Vatican II rappelleront l'obligation de nourrir le peuple de l'Écriture[78].

Pourquoi la condamnation était inévitable

Mais du vrai partiel, Wyclif fait un système faux. Trois ruptures le rendent incompatible avec la foi catholique : rompre la succession visible en réduisant l'Église aux prédestinés invisibles, c'est contredire la promesse du Christ d'être avec son Église « tous les jours jusqu'à la fin du monde » (Mt 28, 20) et l'ordre de l'« écouter » (Lc 10, 16)[79] ; nier la présence substantielle au sacrement de l'unité, c'est contredire la parole la plus explicite — « ma chair est vraie nourriture » (Jn 6, 55) — et dix siècles d'adoration[80] ; conditionner toute autorité à la grâce supposée du détenteur, c'est livrer l'Église et la cité au jugement privé de chacun, c'est-à-dire à l'anarchie spirituelle — la vieille erreur donatiste, déjà tranchée par saint Augustin au IVe siècle[81].

Ce que le catholique retient — avec charité

Le chrétien ne se réjouit d'aucun bûcher : chaque Sawtrey, chaque Badby, chaque Oldcastle est une âme que l'Église aurait voulu ramener, et les lenteurs, les duretés, les calculs politiques mêlés à la répression appartiennent aussi au dossier — sans que la contrainte légitime, quand l'hérésie menaçait la paix du royaume, soit jugée avec les lunettes d'aujourd'hui[82]. Il retient surtout la leçon : une réforme qui commence par retrancher — l'autel, le pape, le confessionnal, le cloître — finit par appauvrir ceux qu'elle prétendait enrichir. Les conventicules lollards, Bible en main mais sans autel ni prêtre, en sont la démonstration par un siècle d'histoire : on peut garder le Livre en perdant l'Église — mais on ne garde pas longtemps le sens du Livre sans l'Église qui l'a donné[83].

« Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n'est pas en nous. » — 1 Jn 1, 8 : contre la prétention — commune aux wycliffites radicaux comme aux Spirituels d'alors — d'un état de perfection qui affranchirait de l'obéissance et des moyens de la grâce[84].

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Vie, doctrine, condamnations d'Oxford (1381) et de Blackfriars (1382, vingt-quatre propositions), perte de popularité après la négation eucharistique : « John Wyclif », The Catholic Encyclopedia (miroir Studylight : http://www.studylight.org/encyclopedias/eng/tce/j/john-wyclif.html).

    1 8 11 26 27
  2. Douze Conclusions de 1395 comme meilleur résumé du premier lollardisme, Oldcastle sous Henri V : « Lollards », The Catholic Encyclopedia (miroir Studylight : http://www.studylight.org/encyclopedias/eng/tce/l/lollards.html).

    2 31 32 34 45
  3. Première hérésie savante universitaire diffusée en vernaculaire, matrice de l'hussitisme : M. Lambert, Medieval Heresy, cité, ch. 12-13.

    3
  4. Biographie complète, genèse doctrinale et histoire de la traduction renvoyées à l'article voisin : voir l'article John Wycliffe (v. 1328-1384).

    4
  5. Ambassade de Bruges (1374), provisions pontificales, Sermon sur la montagne comme règle suffisante : P. Schaff, History of the Christian Church, t. VI, § sur Wyclif (CCEL : https://ccel.org/ccel/schaff/hcc6/hcc6.iii.vi.iv.html).

    5
  6. Dominium fondé sur la grâce, dépouillement du clergé indigne par le bras séculier : J. Wyclif, De civili dominio, l. I (1376), éd. R. L. Poole, Londres, Wyclif Society, 1885.

    6 19
  7. Cinq bulles de Grégoire XI du 22 mai 1377 contre 18 propositions (Oxford, Cantorbéry, le roi) : « John Wyclif », art. cité ; H. C. Lea, A History of the Inquisition of the Middle Ages, t. 2, New York, 1888, ch. sur l'Angleterre.

    7
  8. Rémanence, pain demeurant vrai pain, refus de la transsubstantiation : J. Wyclif, De eucharistia puis Trialogus, l. IV ; condamnation d'Oxford (1381) : « John Wyclif », art. cité.

    9 25
  9. « Concile du tremblement de terre », mai 1382, Courtenay archevêque, 24 propositions dont 10 hérétiques : « John Wyclif », art. cité ; P. Schaff, History, t. VI, cité.

    10
  10. Bibliothèque lollarde, sermons anglais, réseaux de manuscrits, « écoles » de lecture : A. Hudson, The Premature Reformation : Wycliffite Texts and Lollard History, Oxford, Clarendon Press, 1988.

    12 30 37 42
  11. Trialogus (1382-1383), somme finale en dialogue, traduite en tchèque par Hus : éd. G. Lechler, Oxford, 1869 ; voir l'article Jan Hus.

    13
  12. 45 articles, session 8 du 4 mai 1415 : H. Denzinger, Enchiridion Symbolorum, éd. française numérisée 1957, §§ 1151-1195 ; voir l'article sur le concile de Constance.

    14 18 74
  13. L'Écriture loi du Christ crue explicitement, juge de toute autorité : J. Wyclif, De veritate sacrae scripturae (1378), ch. 1, éd. R. Buddensieg, Leipzig, 1904.

    15 23
  14. Sermons anglais (~300), impulsion de la traduction complète, Hereford puis Purvey : « John Wycliffe », Christianity Today / Christian History ; « Wycliffe's Bible », Wikipedia (d'après Forshall-Madden).

    16
  15. L'Écriture vernaculaire comme norme contre le magistère, antécédent médiéval de l'Écriture seule : G. Leff, Heresy in the Later Middle Ages, Manchester, 1967, t. 2, ch. sur Wyclif.

    17 24 66
  16. Le dominium conditionnel rend toute propriété et juridiction incertaines : G. Leff, Heresy in the Later Middle Ages, cité ; M. Wilks, « Reformatio regni », Studies in Church History.

    20
  17. Église des seuls prédestinés, congregatio praedestinatorum : J. Wyclif, De ecclesia, éd. J. Loserth, Londres, Wyclif Society, 1886.

    21
  18. Papa non est immediatus et proximus vicarius Christi, art. 37 de Constance : Denzinger, n. 1187 (numérotation interne) ; §§ 1151-1195.

    22
  19. Ordres comme « sectes privées », confession déclarée inutile, censures nulles, dîmes refusées : art. 7, 21-26 de Constance, Denzinger, §§ 1151-1195 ; « Lollards », art. cité.

    28
  20. Validité des sacrements conférés par l'indigne, ex opere operato, contre le donatisme : saint Augustin, Contra litteras Petiliani, II ; saint Thomas, Somme théologique, IIIa, q. 64, a. 5.

    29
  21. Lolium (ivraie, Mt 13, 25) ou lollen (marmotter) : « Lollards », art. cité ; sur les homonymes continentaux, voir l'article Béguins et béghards hétérodoxes.

    33
  22. Lollards continentaux sans rapport avec les wyclifites anglais : voir l'article Béguins et béghards hétérodoxes ; « Lollards », art. cité.

    35
  23. Pauvres prêtres itinérants, Hereford, Aston, Bedeman, robes rousses, mariages et enterrements hors paroisse : « Lollards », art. cité ; K. B. McFarlane, John Wycliffe and the Beginnings of English Nonconformity, Londres, 1952.

    36
  24. Chevaliers lollards (Clifford, rétractation 1402), bills de confiscation de 1395 et 1410 : K. B. McFarlane, Lancastrian Kings and Lollard Knights, Oxford, 1972.

    38
  25. Base artisanale et marchande (Londres, Bristol, Leicester, Norwich), laïcs alphabétisés : K. B. McFarlane, John Wycliffe, cité ; M. Lambert, Medieval Heresy, Oxford, Blackwell, 2002, ch. 13.

    39 48
  26. Femmes hôtesses et lectrices, prédication féminine, procès de Margery Baxter à Norwich (1429) : N. Tanner (éd.), Heresy Trials in the Diocese of Norwich, 1428-1431, Londres, Royal Historical Society, 1977.

    40
  27. Conventicules domestiques, lecteurs, cahiers d'Évangile : A. Hudson, The Premature Reformation, cité ; J. A. F. Thomson, The Later Lollards, 1414-1520, Oxford, 1965.

    41
  28. Insaisissabilité du réseau domestique, traque sous Henri V et Henri VI : H. C. Lea, A History of the Inquisition, t. 3, cité.

    43 59
  29. Texte anglais des XII Conclusions (Westminster et Saint-Paul, janvier 1395), 1re conclusion sur la « dotation » : Twelve Conclusions of the Lollards, Fordham Medieval Sourcebook (d'après Arnold, Select English Works of Wyclif, t. 3).

    44 46
  30. Censure londonienne de 18 propositions (1396), Courtenay : « Lollards », art. cité ; H. C. Lea, t. 2, cité.

    47
  31. Henri IV (1399), Arundel à Cantorbéry (1396), fin de la tolérance : « Lollards », art. cité.

    49
  32. De heretico comburendo, Parlement de 1401, bûcher pour l'obstiné livré au bras séculier : « De heretico comburendo », Wikipedia (d'après les Statutes of the Realm).

    50
  33. Guillaume Sawtrey, convocation de Cantorbéry, bûcher à Saint-Paul (mars 1401) : « Lollards », art. cité ; « De heretico comburendo », cité.

    51
  34. Jean Badby, tailleur d'Evesham, bûcher de 1410, présence du prince de Galles : « Lollards », art. cité ; « Lollardy », Wikipedia.

    52
  35. Constitutions d'Oxford (1407, publiées 1409), licence de traduire et de prêcher, tutelle d'Oxford : « Lollards », art. cité ; H. C. Lea, t. 3, cité.

    53 54 64
  36. Oldcastle lord Cobham, vétéran gallois, condamné 1413, évasion de la Tour : « Lollards », art. cité ; « John Oldcastle », Wikipedia.

    55 57
  37. Fickett's Field (9-10 janvier 1414), Henri V dispersant les conjurés, exécution de décembre 1417 : « John Oldcastle », Wikipedia ; « Lollards », art. cité.

    56
  38. Suppression of Heresy Act (2 Hen. V, 1414), traque d'office, confiscation contre les protecteurs : « Suppression of Heresy Act 1414 », Wikipedia (d'après les Statutes).

    58
  39. Norwich 1428-1431 (White, septembre 1428), abjurations sous Henri VI, enquêtes jusqu'aux années 1510 : N. Tanner, Heresy Trials, cité ; J. A. F. Thomson, The Later Lollards, cité.

    60
  40. Nouveau Testament de la première version (vers 1380), Hereford traduisant l'Ancien Testament jusqu'à Ba 3, 20 avant l'interruption de 1382 et la fuite à Rome, révision d'ensemble de Purvey (~1388), Forshall-Madden 1850 : « Wycliffe's Bible », Wikipedia ; P. Schaff, History, t. VI, cité.

    61
  41. Quelque 250 manuscrits conservés, best-seller manuscrit : « Wycliffe's Bible », Wikipedia (d'après Deanesly, Hudson).

    62
  42. Lecture à voix haute, prêts, cachettes, marginalia de lecteurs : A. Hudson, The Premature Reformation, cité ; M. Deanesly, The Lollard Bible, Cambridge, 1920.

    63
  43. Purvey « buvant » aux instructions de Wyclif sous son toit : H. Knighton, Chronicon, éd. J. R. Lumby, Londres, Rolls Series, 1889-1895, s.a. 1382.

    65
  44. Mariage, manuscrits, copiste : la greffe pragoise : M. Lambert, Medieval Heresy, cité ; « Jan Hus », The Catholic Encyclopedia.

    67
  45. Richard II et Anne de Bohême (1382), va-et-vient des cours : « Anne of Bohemia », Wikipedia ; M. Lambert, cité.

    68
  46. Jérôme de Prague rapportant Trialogus, De ecclesia, De veritate d'Oxford (1401-1402) : « Jerome of Prague », Wikipedia ; « Jan Hus », art. cité.

    69
  47. 45 propositions proscrites à Prague (1403) : « Jan Hus », art. cité ; voir l'article Jan Hus.

    70
  48. Hus traduisant le Trialogus, Bethléem, indulgences et simonie : voir l'article Jan Hus ; « Jan Hus », art. cité.

    71
  49. Rome 1413, Constance, bûcher du 6 juillet 1415 : voir les articles Jan Hus et sur le concile de Constance.

    72
  50. Sans Wyclif pas de Hus, sans Hus pas de guerres hussites : M. Lambert, cité ; voir l'article L'hussitisme.

    73
  51. Fleming de Lincoln exécutant la sentence (1428), cendres dans la Swift : « John Wyclif », art. cité ; « Richard Fleming », Wikipedia.

    75
  52. Anathème de la mémoire, exhumation et dispersion des ossements : Constance, session 8, 4 mai 1415, décret contre Wyclif (résumé : Denzinger, introduction aux §§ 1151-1195).

    76
  53. Catherine de Sienne dénonçant sans rompre, directrice des papes d'Avignon et de Rome : voir l'article sur sainte Catherine de Sienne ; loi générale rappelée dans l'article Béguins et béghards hétérodoxes.

    77
  54. Écriture en langue comprise, devoir de l'Église : Vatican II, Dei Verbum, nn. 22 et 25 ; Trente, session 4 (Vulgate) et catéchisme.

    78
  55. Mt 28, 20 (assistance jusqu'à la fin) ; Lc 10, 16 (« qui vous écoute m'écoute ») : fondement de l'Église visible magistrante.

    79
  56. Jn 6, 55 (« ma chair est vraie nourriture ») ; discours du Pain de vie : fondement de la présence substantielle.

    80
  57. Donatisme tranché par Augustin, ministre indigne et validité : saint Augustin, Contra Cresconium ; voir la note augustinienne ci-dessus.

    81
  58. Lecture équilibrée des rigueurs, ni angélisme ni légende noire : voir les articles Comment répondre à l'objection de l'Inquisition et Les hérétiques et la légende noire de l'Inquisition.

    82
  59. Le Livre sans l'Église, démonstration lollarde : réflexion propre à la ligne Ignispedia, appuyée sur A. Hudson et J. A. F. Thomson, cités.

    83
  60. 1 Jn 1, 8 contre l'impeccabilité professée par les radicaux : voir aussi l'article L'hérésie du Libre-Esprit.

    84