Les Taborites sont l'aile radicale de l'L'hussitisme (1415-1436) : des paysans, des artisans et des prêtres qui, au printemps 1420, quittent Prague et Plzeň pour fonder sur une colline du sud de la Bohême une cité du nom biblique de Tábor — le mont Thabor de la Transfiguration —, y mettent leurs biens en commun dans l'attente de la fin du monde, et transforment cette attente en la machine de guerre la plus redoutée de l'Europe du XVe siècle[1]. Pendant quinze ans, sous un borgne devenu aveugle nommé Jan Žižka, puis sous le prêtre-général Procope le Grand, ils écrasent les armées impériales avec des chariots de ferme et des canons de campagne, repoussent cinq croisades, portent la guerre jusqu'à la Baltique — et refusent tout compromis avec le concile de Bâle, jusqu'à se faire exterminer par les autres hussites à Lipany, le 30 mai 1434[2].
Cet article raconte les radicaux, pas le mouvement entier : le cadre général — le bûcher de Jan Hus à Constance, le calice aux laïcs, les Quatre Articles de Prague, les Compactata — appartient à l'article L'hussitisme, auquel on renvoie pour tout ce qui n'est pas propre à Tábor. Ici, on suit ce qui fait la singularité taborite : un millénarisme armé, une Église sans prêtres consacrés au sens catholique, une communauté sans propriété, et une théologie où le glaive punit les pécheurs avant le retour du Christ[3].
Le dossier est unique dans l'histoire des hérésies médiévales : nulle part ailleurs — ni chez Les Vaudois, ni chez Les Cathares, ni chez les Fraticelles — une hérésie n'a tenu une ville, levé des armées, inventé une tactique copiée pendant un siècle et fait trembler papes et empereurs. C'est aussi le cas d'école de ce que l'Église a toujours distingué : la part fondée d'une colère — la simonie, le luxe des prélats, la soif d'Évangile du petit peuple — et la triple rupture qui fait l'hérésie formelle : une autre Église, un autre culte, et le sang versé au nom de Dieu[4].
De Prague à la montagne : naissance de Tábor (1419-1420)
On ne comprend pas les Taborites sans mesurer ce qui, en quelques mois, fait passer la Bohême de la procession au bûcher de guerre : deux bûchers à Constance (Jan Hus en 1415, Jérôme de Prague en 1416 — voir l'article L'hussitisme), puis une défénestration à Prague. Les radicaux en concluent que la réforme ne viendra ni des conciles ni du roi : elle viendra d'une montagne.
La défénestration et la fuite des radicaux (1419)
Le 30 juillet 1419, le prédicateur Jan Želivský (Jean de Zeliv) conduit une procession armée du calice à travers la Ville-Neuve de Prague ; à l'hôtel de ville, la foule s'empare de sept conseillers catholiques et les précipite par les fenêtres sur les piques qui les attendent en bas[5]. Dix-sept jours plus tard, le 16 août 1419, le roi Venceslas IV meurt d'apoplexie — son demi-frère Sigismond, roi de Hongrie, l'homme de Constance et du bûcher de Hus, réclame la couronne de Bohême[6]. Pour les radicaux, le trône est vacant au ciel comme sur la terre : Sigismond l'hérétique-roi ne régnera jamais, et Prague la corrompue ne sera pas le lieu du salut.
Dès l'automne 1419, des prédicants itinérants annoncent que le Christ revient en 1420, que les méchants seront exterminés et que les élus doivent se rassembler en des lieux de refuge — des « montagnes » à l'image du Thabor biblique[7]. Des foules de paysans vendent leurs biens, brûlent parfois leurs maisons, et montent sur les collines : le mont Bzí, le mont Oreb — d'où les radicaux de l'est prendront le nom d'Orébistes —, puis, au début de 1420, Sezimovo Ústí et Plzeň, que les radicaux proclament « Cité du Soleil »[8].
Hradiště devient Tábor (printemps 1420)
Au printemps 1420, les radicaux de Plzeň, chassés par les catholiques, se replient vers le sud sous la conduite du noble Mikuláš z Husi (Nicolas de Hus) : ils s'emparent de la petite ville d'Ústí, puis occupent la forteresse abandonnée de Hradiště, position naturellement imprenable au-dessus de la Lužnice — et la rebaptisent Tábor, du nom tchèque du mont Thabor[9]. Le choix du nom est tout un programme : comme le Christ s'est transfiguré sur le Thabor devant Pierre, Jacques et Jean, la Bohême se transfigurera sur cette colline devant les nations[10].
Vavřinec z Březové, le chroniqueur pragois hostile aux excès radicaux, résume ainsi les prédications chiliastes de l'hiver 1419-1420 : les fidèles vendaient tout ce qu'ils possédaient, mettaient l'argent en commun et montaient sur les montagnes, assurant que le temps était venu où le Christ régnerait visiblement sur la terre avec ses élus[11].
Le 25 mars 1420, à Sudoměř, un petit noble borgne d'une quarantaine d'années, Jan Žižka de Trocnov, couvre la retraite des exilés de Plzeň avec quelque 400 paysans retranchés derrière des chariots : il repousse 2 000 cavaliers royaux[12]. La légende taborite naît ce jour-là, et avec elle son chef de guerre : Žižka, ancien chambellan de Venceslas IV, vétéran des guerres polonaises, qui a perdu un œil enfant et perdra l'autre au siège de Rabí en 1421 — et ne perdra jamais une bataille[13].
Les prédicants du millénium
Trois noms portent la fièvre de 1420. Martin Húska, dit Loquis (« le Bavard »), ancien prêtre devenu prophète, annonce que le Christ revient dans les semaines qui viennent et que tout l'ordre ancien — papauté, royauté, seigneuries, villes — sera consumé par le feu[14]. Václav Koranda, prêtre de Plzeň, théorise la communauté des biens : à Tábor, proclame-t-il, il n'y aura plus « ni mien ni tien »[15]. En 1420, le troisième homme est Mikuláš z Husi lui-même, qui fait de la colline une république : quatre capitaines élus (hejtmané), des cuves communes où chacun verse ce qu'il possède, des prêtres élus par le peuple[16]. (Quant à Jan Čapek, il n'entrera en scène que plus tard, à la tête des Orphelins.)
Rome répond comme elle l'a fait aux Albigeois deux siècles plus tôt : le 1er mars 1420, le pape Martin V fulmine la bulle de croisade contre les hérétiques de Bohême, et l'empereur Sigismond lève une armée de croisés allemands, hongrois et silésiens[17]. La guerre de religion commence — et c'est elle, paradoxalement, qui va souder les Taborites : assiégés, ils cesseront de discuter de la date exacte de la fin du monde pour apprendre à charger des canons.
La doctrine taborite : le Royaume les armes à la main
La doctrine de Tábor n'est pas un système de cabinet : c'est un mélange détonant de wycliffisme importé d'Angleterre, de joachimisme qui traîne dans toute l'Europe depuis deux siècles, et d'Apocalypse lue au pied de la lettre par des paysans en guerre. Les maîtres de Prague la jugeront avec sévérité ; l'Église la condamnera sans appel. Il faut l'exposer honnêtement avant de la juger — c'est la règle de cette encyclopédie, y compris pour les hérésies.
Les articles chiliastes de 1420
Au début de 1420, les prédicants font adopter à Tábor une série d'articles dont Vavřinec z Březové, chroniqueur pragois hostile aux excès radicaux, nous a conservé la substance : le monde actuel, livré au péché, prendra fin dans l'année ; le Christ descendra régner visiblement avec ses élus ; il n'y aura plus ni roi, ni seigneur, ni serf, ni tribut ; toutes les lois humaines seront abolies ; les méchants seront exterminés par le glaive des élus avant le Jugement[18]. La formule qui résume tout, répétée dans les villages, tient en une phrase : « le Christ vient, et ses amis doivent l'aider du glaive »[19].
Le parallèle avec le joachimisme radical est frappant — troisième âge, règne de l'Esprit, chute de l'Église charnelle — mais Tábor va plus loin que Joachim : le troisième âge ne s'attend pas, il s'impose, et les élus ne prient pas seulement, ils frappent[20]. Et le parallèle avec l'L'hérésie du Libre-Esprit s'arrête net là où il semblerait commencer : là où le Libre-Esprit professait l'impeccabilité des « parfaits » dispensés de toute loi, les Taborites imposent à leurs fidèles une discipline de fer, biblique et puritaine — le désordre charnel, lui, sera exterminé avec le reste[21].
Sacrements et culte dépouillés
Sur le culte, Tábor fait table rase avec une logique implacable : tout ce qui ne se lit pas expressément dans l'Écriture est une invention des prêtres et doit disparaître. Le purgatoire est nié — donc plus de messes pour les morts, plus d'aumônes expiatoires, plus d'indulgences[22]. Les images, les reliques, les ornements, les autels de pierre, les chapes brodées sont des idoles : on les brise, on les brûle, on célèbre sur une simple table de bois, en plein air s'il le faut[23]. La liturgie se fait en tchèque, les vêtements sacerdotaux sont abolis, le chant est celui du peuple en armes[24].
Restent deux sacrements : le baptême et la Cène, distribuée sous les deux espèces à tous — y compris, selon l'usage utraquiste lancé par Jakoubek, aux petits enfants[25]. Le verset qui fonde toute la piété du calice, à Prague comme à Tábor, est celui-ci :
« Si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. » — Évangile selon saint Jean, 6, 53[26] Mais sur l'eucharistie, Tábor rompt même avec Prague : suivant leur théologien Nicolas de Pelhřimov, les Taborites rejettent la transsubstantiation scolastique, refusent l'adoration et l'élévation de l'hostie, et n'admettent qu'une présence spirituelle du Christ reçue par la foi des communiants — position que leurs adversaires, du chroniqueur Březová au futur Pie II, leur reprocheront comme une négation de la Présence réelle[27]. L'accusation est grave et elle est documentée ; elle fait des Taborites, un siècle avant Luther, les premiers depuis Bérenger de Tours à nier frontalement la transsubstantiation — avec cette différence décisive que Bérenger s'était rétracté en 1079, tandis que les Taborites défendaient leur négation les armes à la main[28].
L'Église elle-même est redéfinie : comme chez Jan Hus et John Wyclif — voir les articles Wycliffisme et Jan Hus — la vraie Église est l'assemblée des prédestinés, et le prélat en état de péché mortel n'est plus ni prélat ni prêtre[29]. Conséquence pratique, décisive : en septembre 1420, la communauté de Tábor élit son propre « évêque », le prêtre Nicolas de Pelhřimov, dit Biskupec (v. 1385 – v. 1459), qui ordonne à son tour des prêtres taborites sans aucun mandat de l'archevêque de Prague[30]. Il y a désormais, de fait, deux Églises en Bohême : celle de Prague, qui garde des évêques consacrés dans la succession, et celle de Tábor, qui n'en veut plus.
La guerre sainte comme sacrement
Le trait le plus proprement taborite reste la théologie du glaive : punir les pécheurs n'est pas une nécessité politique, c'est un devoir religieux qui hâte le Royaume. Les textes taborites citent les Psaumes imprecatoires, les livres des Maccabées, l'Apocalypse — et Žižka fait précéder ses colonnes d'un cantique devenu l'hymne du mouvement :
« Vous qui êtes les guerriers de Dieu et de sa loi, demandez à Dieu aide et espérez en lui, afin qu'avec lui vous soyez toujours vainqueurs. » — Cantique hussite « Ktož jsú boží bojovníci », première strophe (traduction Ignispedia)[31]
Face à cette lecture, l'Église oppose la parole même du Christ à Gethsémani, et cette encyclopédie la fait sienne sans hésiter :
« Remets ton épée à sa place : car tous ceux qui prennent l'épée périront par l'épée. » — Évangile selon saint Matthieu, 26, 52[32]
Et face à la prétention des élus impeccables — car les prédicants allaient jusque-là : les vrais Taborites, disaient les plus exaltés, ne peuvent plus pécher — l'Église oppose l'avertissement de l'Apôtre bien-aimé :
« Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n'est pas en nous. » — Première épître de saint Jean, 1, 8[33]
La république des élus : Tábor au quotidien
Tábor n'est pas seulement une doctrine et une armée : pendant trente ans, c'est une ville — 4 000 habitants au plus fort, des remparts, des ateliers d'armuriers, des prêtres, des femmes et des enfants — qui tente de vivre l'Évangile sans propriété privée[34]. Chaque arrivant verse ses biens dans les cuves communes (kádě) ; la communauté nourrit, arme et habille chacun selon ses besoins[35]. Les historiens marxistes y verront, au XXe siècle, la première expérience communiste de l'histoire européenne — lecture anachronique mais révélatrice : jamais une hérésie médiévale n'avait poussé le mépris évangélique des richesses jusqu'à l'abolition juridique du mien et du tien, fût-ce à l'échelle d'une ville assiégée[36].
La discipline y est d'une rigueur qui ferait pâlir un monastère : jeux, danse, parure, ivrognerie punis ; prière commune ; prédication quotidienne ; et, pour les crimes graves — vol, meurtre, trahison —, la mort, prononcée au nom de la loi divine[37]. Rien du relâchement que les inquisiteurs reprochaient aux Béguins et béghards hétérodoxes : Tábor est puritain, biblique, implacable — y compris envers lui-même.
Les Pikarti et l'épuration des extrêmes (1421)
La fièvre millénariste produit inévitablement ses surenchères. Au printemps 1421, quelques dizaines d'exaltés quittent Tábor pour l'île de la Nežárka, près de Veselí : les Pikarti — du flamand béghards déformé, sobriquet méprisant qui les apparente aux hérétiques des Pays-Bas —, bientôt surnommés Adamites parce qu'ils vont nus comme Adam avant la chute, professent la communauté des femmes et annoncent que les élus, impeccables, peuvent tout se permettre[38]. C'est, en petit et en pire, la thèse du Libre-Esprit — voir l'article L'hérésie du Libre-Esprit, en cours de rédaction — transplantée au bord d'une rivière bohémienne.
Žižka, qui ne badine pas avec la discipline, les extermine : au printemps 1421, ses troupes prennent l'île et brûlent une cinquantaine d'Adamites — dont leur chef —, épargnant ceux qui se rétractent pour les rééduquer à Tábor[39]. L'épisode est capital pour comprendre le taboritisme : Tábor n'est pas l'anarchie mystique, c'est l'orthodoxie de la Révolution — et comme toute révolution, elle dévore ses enfants les plus avancés. Martin Húska lui-même, le prophète Loquis, trop compromis avec les Pikarti, est arrêté, torturé et brûlé à Prague en août 1421 — non par les catholiques, mais sur l'ordre des maîtres utraquistes[40].
| Exaltés | Effectif | Doctrine propre | Sort |
|---|---|---|---|
| Prédicants chiliastes (Húska, Koranda) | Des centaines de prédicateurs itinérants | Fin du monde en 1420, extermination des méchants | Intégrés puis disciplinés ; Húska brûlé en 1421 |
| Pikarti / Adamites de Nežárka | Quelques dizaines | Nudité adamique, communauté des femmes, impeccabilité | Exterminés par Žižka au printemps 1421 |
| Orébistes de l'est | Plusieurs milliers (mont Oreb) | Proches de Tábor, plus modérés politiquement | Ralliés à Žižka, puis fondus dans les Orphelins |
| Taborites « sages » (Biskupec) | Le corps de la ville | Confession écrite, négociation possible | Survivront jusqu'en 1452, puis Unité des Frères |
Žižka et l'art taborite de la guerre (1420-1424)
C'est ici que l'hérésie devient épopée — et qu'il faut rendre à Žižka ce qui appartient à Žižka : un génie militaire authentique, que les académies d'état-major étudieront jusqu'au XXe siècle. Sans lui, Tábor aurait été un phalanstère écrasé en un été ; avec lui, une poignée de paysans tient tête à l'Empire[41].
Le rempart de chariots
L'invention taborite tient en trois mots : le chariot, le canon, le fléau. Les lourds chariots de ferme bardés de planches, enchaînés roue contre roue, forment en quelques minutes une forteresse mobile — la vozová hradba, le « rempart de chariots » — hérissée de houfnice, ces petits canons de campagne dont le nom tchèque (houf, la foule) donnera le mot français d'obusier[42]. Entre les roues, des fantassins armés de fléaux à pointes de fer — l'outil du battage devenu arme — brisent les charges de la chevalerie cuirassée. La cavalerie taborite, légère, achève les fuyards. Contre ce système, la chevalerie féodale, qui charge en ordre dispersé pour la gloire de chaque bannière, se brise comme sur un récif : les croisés apprendront à leurs dépens qu'on ne prend pas une forteresse qui roule[43].
En 1423, Žižka codifie le tout dans son Vojenský řád, le Règlement militaire : punition de mort pour le pillage individuel, pour la fuite, pour l'ivresse en campagne, pour la désobéissance aux capitaines — et prière commune avant chaque bataille[44]. Une armée de paysans priant à genoux avant de charger des canons : c'est l'image exacte du taboritisme, la piété et la poudre mêlées.
Cinq croisades brisées : les batailles
Entre 1420 et 1422, Žižka enchaîne une série de victoires qui stupéfient l'Europe : jamais une armée de non-nobles n'avait défait à plate couture la chevalerie impériale — et jamais une hérésie n'avait eu de tels bulletins de victoire[45].
| Bataille | Date | Issue |
|---|---|---|
| Sudoměř | 25 mars 1420 | 400 paysans de Žižka repoussent 2 000 royaux : naissance de la légende |
| Vítkov (Prague) | 14 juillet 1420 | Les croisés de Sigismond écrasés sur la colline ; Sigismond se fait quand même couronner le 28 juillet puis licencie son armée |
| Vyšehrad | 1er novembre 1420 | La garnison royale affamée capitule ; le Sud de Prague aux hussites |
| Kutná Hora | décembre 1421 | Encerclé par Sigismond, Žižka perce de nuit (21-22 décembre) puis contre-attaque |
| Německý Brod | janvier 1422 | Déroute de la seconde croisade ; la Bohême entière aux hussites |
| Diète de Čáslav | juin 1421 | Les États de Bohême déposent Sigismond et élisent quatre régents |
Deux ombres, cependant, s'étendent sur ces triomphes. À Kutná Hora, en 1420, les catholiques ont précipité dans les puits de mine plusieurs centaines de prêtres et de fidèles hussites — les puits de la ville resteront dans la mémoire tchèque comme les charniers des deux partis[46]. Et du côté hussite, les villes catholiques prises — Chomutov, Žatec menacée — paient le prix de la guerre sainte : massacres, incendies, prêtres égorgés sur leurs autels[47]. Cette encyclopédie le dit sans détour : il y a eu des martyrs catholiques des guerres hussites, et leur sang accuse la théologie du glaive autant que les bûchers de Constance accusent les juges de Jan Hus — voir l'article Comment répondre à l'objection de l'Inquisition ?[48].
La mort du borgne (1424)
Le 11 octobre 1424, assiégeant le château de Přibyslav, Jan Žižka meurt de la peste — il a soixante-quatre ans environ, il est totalement aveugle depuis trois ans, et il n'a jamais perdu une bataille[49]. Enterré à Čáslav, il entre aussitôt dans la légende nationale tchèque : on racontera que sa peau, tannée, fut tendue sur un tambour pour mener encore ses troupes — pieuse légende, mais qui dit la terreur que son nom inspirait[50]. Ses plus fidèles, qui refusent tout autre chef, prendront le nom d'Orphelins (Sirotci, les « Orphelins de Žižka ») : c'est la seconde armée radicale, sœur et rivale de Tábor[51].
L'apogée : Procope et les « chevauchées glorieuses » (1424-1431)
Žižka mort, la Révolution trouve un second chef — et c'est un prêtre. Prokop Holý, Procope le Chauve, dit Procope le Grand (v. 1380 – 1434), prêtre utraquiste rallié à Tábor, cumule ce que Žižka séparait : la chaire et l'épée[52]. À ses côtés, un second Procope — Prokop le Petit (Prokůpek) — et, à la tête des Orphelins, le capitaine Jan Čapek de Sány. De 1426 à 1431, cette génération porte la guerre hors de Bohême et fait du nom taborite la terreur de l'Europe centrale.
Ústí, Tachov, Domažlice : la croisade en déroute
Le 16 juin 1426, à Ústí nad Labem (Aussig), Procope écrase l'armée des princes saxons : des milliers de croisés restent sur le terrain, et la Saxe paiera tribut[53]. En août 1427, la quatrième croisade, forte de dizaines de milliers d'hommes, se dissout devant Tachov (Tachau) sans même livrer bataille rangée : à la seule nouvelle de l'approche des chariots, les contingents se débandent[54]. Le pape Martin V, mort en 1431, ne verra pas la cinquième et dernière tentative : en août 1431, le cardinal légat Giuliano Cesarini — le même qui présidera bientôt le concile de Bâle — conduit une immense armée de croisés jusqu'à Domažlice (Taus) ; le 14 août, au son du cantique des guerriers de Dieu entonné par des milliers de poitrines, les croisés prennent la fuite avant le choc, abandonnant artillerie, bagages et la bulle même du légat[55]. Cesarini, qui voulait écraser l'hérésie par les armes, en conclura qu'il faut la ramener par la négociation : c'est lui qui obtiendra l'invitation des hussites au concile — voir l'article Conciliarisme radical[56].
Les « spanilé jízdy » : la terreur missionnaire
De 1428 à 1433, Taborites et Orphelins lancent les spanilé jízdy, les « chevauchées glorieuses » : des raids de plusieurs milliers de chariots qui ravagent la Saxe, la Franconie, la Silésie, l'Autriche, la Hongrie, et poussent en 1433 jusqu'à la Baltique, où les Orphelins, alliés des Polonais contre l'ordre Teutonique, font boire leurs chevaux à la mer[57]. Chaque raid rapporte butin, rançons et tributs — l'économie de guerre de Tábor — et répand dans tout l'Empire une image apocalyptique : des hérétiques invincibles qui chantent en allant au combat et ne font pas de prisonniers quand ils ont juré d'exterminer[58].
Il faut dire ici ce que les chroniqueurs allemands ont dit avec horreur et que l'historien catholique ne peut passer sous silence : ces chevauchées furent, pour les populations civiles catholiques, une calamité — villes rançonnées, églises pillées, clercs massacrés[59]. La gloire militaire taborite a un envers de sang innocent, et c'est cet envers qui, plus que les décrets des conciles, a scellé aux yeux de la chrétienté le jugement sur Tábor : on ne reconnaît pas les envoyés du Christ à ce qu'ils laissent derrière eux des ruines fumantes[60].
Le schisme dans le schisme : Prague contre Tábor
Dès 1421, l'alliance des débuts se fissure : entre les maîtres de l'université de Prague — théologiens du calice, conservateurs en tout le reste — et les prêtres de la montagne, il n'y a bientôt plus de commune mesure. C'est le second drame taborite, après la guerre contre l'Empire : la guerre des hussites entre eux.
Disputes et anathèmes (1421-1423)
Les griefs de Prague sont précis et, du point de vue catholique, largement fondés : Tábor nie la transsubstantiation, abolit les ornements et les images au-delà de ce que demandaient les Quatre Articles, méprise les docteurs, et fait couler le sang au nom de la prophétie[61]. Les griefs de Tábor ne le sont pas moins, à leurs propres yeux : Prague a gardé des messes chantées en latin, des prêtres en chapes, des magistrats qui décapitent les prophètes — Prague a trahi la Révolution pour une messe au rabais[62].
En juin 1423, au château de Konopiště, une dispute solennelle oppose les deux partis : Jan Příbram pour les maîtres de Prague, Nicolas de Pelhřimov pour Tábor. On discute pendant des jours de l'eucharistie, des images, du purgatoire, des peines temporelles — et l'on se sépare sans s'être entendus sur rien, sinon sur le fait qu'on ne s'entendra plus[63]. Désormais, Prague excommunie à son tour : les prédicateurs radicaux sont chassés de la capitale, et quand Želivský lui-même, le tribun de la défénestration, devient gênant, le conseil de la Vieille-Ville le fait décapiter le 9 mars 1422[64]. Žižka marche alors sur Prague pour venger son ancien allié, puis se réconcilie — la Révolution a besoin de tous ses glaives contre Sigismond, et les règlements de comptes attendront[65].
Dans ce concert de violences, une voix tranche — celle de Petr Chelčický (v. 1390 – v. 1460), le solitaire de Bohême du Sud, qui condamne d'un même geste la croisade des catholiques et la guerre sainte des Taborites : le chrétien, dit-il dans sa Síť víry (le Filet de la foi), ne doit ni bénir les épées ni les prendre, fût-ce pour le calice[66]. Les derniers Taborites liront Chelčický après leur défaite — et c'est de sa semence, plus que de leurs canons, que naîtra leur postérité.
Bâle : la rupture (1433)
Après Domažlice, l'Église change de méthode : puisque les armes ont échoué, on négociera. Le concile de Bâle invite les Bohémiens ; en janvier 1433, une ambassade hussite — Procope le Grand, Jan Rokycana, Nicolas de Pelhřimov lui-même, et l'exilé anglais Pierre Payne — débat pendant des semaines avec les Pères, et obtient l'essentiel : les Compactata de Prague, acceptés le 30 novembre 1433, concèdent la communion sous les deux espèces là où l'usage s'en est établi[67]. C'est, comme le montre l'article L'hussitisme, le premier concordat conclu entre un concile et des excommuniés — et c'est précisément ce que Tábor ne peut accepter : communier au calice par permission du concile, c'est avouer que le concile avait le droit d'interdire, et que la montagne s'est trompée[68]. Les Taborites refusent les Compactata. Dès lors, leur sort est scellé : ils n'ont plus face à eux seulement l'Empire lointain, mais Prague elle-même, réconciliée, impatiente d'en finir avec quinze ans de guerre.
Lipany et la fin du taboritisme armé (1434-1452)
La fin vient de l'intérieur, comme il était écrit depuis Konopiště. Les seigneurs utraquistes et catholiques forment la Ligue de Bohême ; à sa tête, le capitaine Diviš Bořek de Miletínek. Le 30 mai 1434, à Lipany, à quarante kilomètres à l'est de Prague, les deux armées s'affrontent : d'un côté les radicaux — Taborites et Orphelins mêlés, commandés par les deux Procope —, de l'autre des Bohémiens comme eux, au calice pour beaucoup, mais décidés à ce que la guerre cesse[69].
La bataille est une ruse devenue classique : les coalisés feignent la retraite, attirent les chariots radicaux hors de leur rempart, puis leur cavalerie fraîche enveloppe l'armée de Procope. Procope le Grand et Procope le Petit tombent sur le champ de bataille ; les récits chiffrent l'armée radicale à quelque 18 000 hommes, dont environ 13 000 seraient restés sur le terrain ou auraient été massacrés après la reddition[70]. Le taboritisme militaire ne s'en relèvera jamais : c'est entre hussites que s'est jouée la bataille décisive, le calice négociable contre le calice absolu.
Les suites s'échelonnent sur vingt ans. Les Compactata sont ratifiés à Jihlava le 5 juillet 1436, et Sigismond, reconnu roi de Bohême, entre à Prague — il mourra l'année suivante[71]. Les derniers irréductibles, retranchés au château de Sion sous Jan Roháč de Dubá, sont pris en 1437 : Roháč est pendu à Prague avec une cinquantaine de compagnons[72]. Tábor elle-même, assiégée par Georges de Poděbrady, capitule en 1452 : la ville garde ses biens et ses coutumes, mais son indépendance d'Église armée est finie, et Nicolas de Pelhřimov, le vieil « évêque », meurt prisonnier au château de Poděbrady vers 1459[73].
Et pourtant, Tábor ne meurt pas tout entière. À Kunvald, en 1457, autour de Grégoire le Patriarche et sous l'influence posthume de Chelčický, les survivants de l'esprit taborite — dépouillés du glaive, gardant la discipline, la langue tchèque, la communion des fidèles — fondent l'Unité des Frères (Jednota bratrská), qui portera la Réforme bohémienne jusqu'à Comenius et, par ses rameaux moraves, jusqu'aux missions protestantes du XVIIIe siècle[74]. La montagne avait rêvé le Royaume par l'épée ; il lui restera une Église de la patience — et c'est peut-être, aux yeux de Dieu, la part qui ne lui sera pas ôtée.
Le jugement de l'Église
Condamnations
Le dossier judiciaire est sans ambiguïté. La communion sous les deux espèces imposée comme nécessaire au salut avait été condamnée par le concile de Constance dès le 15 juin 1415 : la coutume de communier sous la seule espèce du pain, « introduite par l'Église avec une raisonnable cause et observée depuis très longtemps », est une loi que nul ne peut changer sans l'autorité de l'Église[75]. Trente propositions de Jan Hus furent censurées le 6 juillet suivant — voir l'article Jan Hus et Concile de Constance (1414-1418)[76]. La croisade proclamée par Martin V en 1420 mit les Taborites au ban de la chrétienté ; le concile de Bâle, après leur avoir offert les Compactata, les tint pour obstinés ; et Pie II — l'ancien Piccolomini qui les avait si bien décrits — révoqua les Compactata en 1462, refermant la parenthèse concordataire[77].
Le témoignage du futur Pie II mérite d'être rapporté, car il vient d'un humaniste qui admirait le courage tchèque tout en jugeant leur doctrine : dans son Historia Bohemica, Enea Silvio Piccolomini décrit les Taborites comme des hommes qui ne reconnaissent ni images, ni reliques, ni ornements des églises, dépouillent les autels, se moquent des cérémonies et traitent d'idolâtrie tout ce que l'Église romaine honore[78].
Ce qu'il faut en retenir
Le catholique d'aujourd'hui, lisant cette histoire, doit tenir ensemble trois vérités sans en sacrifier aucune — c'est la ligne constante de cette encyclopédie, de l'article L'hussitisme à celui sur l'Inquisition.
Premièrement, la colère avait une part fondée. La Bohême de 1420 souffrait réellement : simonie, cumul des bénéfices, prélats absentéistes et princiers, indulgences vendues pour les guerres du pape contre Naples — le dossier est établi, et l'Église elle-même, à Trente un siècle plus tard, réformera la discipline sur presque tous ces points[79]. Le petit peuple tchèque qui voulait communier au calice et entendre l'Évangile dans sa langue demandait des choses que Vatican II, cinq siècles après, accordera à toute l'Église[80]. Mépriser cette soif serait injuste et faux.
Deuxièmement, la triple rupture fait l'hérésie formelle. Les Taborites n'ont pas seulement protesté : ils ont constitué une autre Église (évêque élu sans succession, prêtres ordonnés sans mandat), un autre culte (négation de la transsubstantiation et de l'adoration, abolition du sacrifice visible), et ils ont versé le sang au nom de la prophétie — trois ruptures que ni les abus réels ni les intentions pures n'excusent[81]. Sur l'eucharistie en particulier, la foi catholique n'a jamais varié : le Christ est entier sous chaque espèce — c'est la concomitance, définie à Constance en 1415 et rappelée à Trente en 1562[82] — et l'adorer dans le Saint-Sacrement n'est pas de l'idolâtrie, c'est l'hommage dû au Dieu présent : voir l'article La Présence réelle eucharistique[83].
Troisièmement, la charité ne choisit pas ses morts. Les puits de Kutná Hora ont englouti des prêtres hussites ; les églises incendiées des chevauchées ont vu mourir des prêtres catholiques ; Lipany a fait s'entretuer des Tchèques qui communiaient au même calice[84]. Et la leçon vaut ici tout entière : les réformes nécessaires de l'Église ne passent jamais par la rupture ni par l'épée, mais par la sainteté — celle d'un François d'Assise, contemporain des premiers hérétiques du Midi, qui réforma tout sans rompre rien[85]. Un siècle après Tábor, Martin Luther relira Hus et rallumera l'incendie : l'article Martin Luther (1483-1546) en montre la suite — et Trente, enfin, donnera raison à la colère sur la discipline tout en condamnant la rupture sur la foi.
Pour aller plus loin
- Lire d'abord l'article L'hussitisme (1415-1436) pour le cadre général : Constance, le calice, les Quatre Articles, les Compactata.
- La vie et le procès du fondateur : Jan Hus (v. 1372-1415) ; le concile qui l'a jugé : Concile de Constance (1414-1418).
- La matrice anglaise : Wycliffisme ; le siècle suivant : Martin Luther (1483-1546).
- Les autres hérésies médiévales : Les Vaudois (1170-1532), Le catharisme, Les Albigeois (XIIe-XIIIe siècle), Le bogomilisme (Xe-XVe siècle), Paulicianisme, Fraticelles, Béguins et béghards hétérodoxes, Le joachimisme radical (XIIIe-XIVe siècle), Conciliarisme radical.
- La doctrine catholique attaquée : La Présence réelle eucharistique, Les indulgences ; l'objection des violences : Comment répondre à l'objection de l'Inquisition ?.
Notes et références
Fondation de Tábor et quinze ans de guerre des radicaux : « Hussites », The Catholic Encyclopedia, vol. 7, New York, 1910, art. cité.
1Tábor, Žižka, Procope, Lipany : « Hussites » et « Tabor », Encyclopaedia Britannica, 1911, art. cités.
2Le taboritisme comme millénarisme armé : H. Kaminsky, A History of the Hussite Revolution, Univ. of California Press, Berkeley, 1967.
3Première hérésie devenue nation en armes : M. Lambert, Medieval Heresy, Oxford, Blackwell, 2002, ch. sur la Bohême.
430 juillet 1419, Želivský, hôtel de ville de la Ville-Neuve : « Jan Želivský », Wikipedia ; chronologie reprise dans l'article L'hussitisme.
5Mort de Venceslas IV le 16 août 1419 : « Hussites », Encyclopaedia Britannica 1911, art. cité.
6Rassemblements sur les « montagnes » à l'automne 1419 : Vavřinec z Březové, Kronika husitská, cité ; H. Kaminsky, cité.
7Plzeň « Cité du Soleil », repli vers le sud : H. Kaminsky, cité.
8Printemps 1420, Hradiště rebaptisée Tábor : « Tabor », Encyclopaedia Britannica 1911 ; « Taborites », Wikipedia (d'après Kaminsky).
9Le mont Thabor de la Transfiguration comme modèle : lecture propre à la ligne Ignispedia, appuyée sur H. Kaminsky, cité.
10Vente des biens et montée sur les montagnes : Vavřinec z Březové, Kronika husitská, in Fontes rerum Bohemicarum, t. V, Prague, 1893.
11Sudoměř 25 mars 1420, 400 contre 2 000 : « Battle of Sudoměř », Wikipedia ; F. Heymann, John Žižka and the Hussite Revolution, Princeton UP, 1955.
12Borgne puis aveugle après Rabí (1421), jamais battu : « Jan Žižka », Wikipedia ; F. Heymann, cité.
13Martin Húska dit Loquis, fin du monde imminente : « Taborites », Wikipedia ; H. Kaminsky, cité.
14Václav Koranda, « ni mien ni tien » : « Taborites », Wikipedia ; H. Kaminsky, cité.
15Quatre capitaines élus, prêtres élus : « Taborites », Wikipedia ; F. Šmahel, La Révolution hussite, PUF, 1985.
16Bulle de croisade du 1er mars 1420 : « Hussites », The Catholic Encyclopedia, art. cité.
17Articles chiliastes de 1420, fin du monde dans l'année, abolition des lois humaines : Vavřinec z Březové, cité ; « Taborites », Wikipedia.
18Le glaive des élus hâtant le Royaume : H. Kaminsky, cité ; M. Lambert, cité.
19Troisième âge imposé par les armes : M. Lambert, cité ; voir l'article Le joachimisme radical.
20Discipline puritaine contre l'impeccabilité relâchée : voir l'article L'hérésie du Libre-Esprit ; M. Lambert, cité.
21Négation du purgatoire, des messes pour les morts et des indulgences : « Taborites », Wikipedia ; « Hussites », The Catholic Encyclopedia, art. cité.
22Bris des images, autels de bois, refus des ornements : E. S. Piccolomini, Historia Bohemica, ch. 35-41 ; « Taborites », Wikipedia.
23Liturgie en tchèque, abolition des vêtements sacerdotaux : « Taborites », Wikipedia ; F. Šmahel, cité.
24Deux sacrements conservés, Cène aux petits enfants : « Taborites », Wikipedia ; usage utraquiste de la communion infantile (Jakoubek).
25Jn 6, 53, le verset du calice : fondement scripturaire commun aux utraquistes et aux Taborites, contre le décret de Constance (Denzinger, §§ 1198-1200).
26Rejet de la transsubstantiation, de l'adoration et de l'élévation : « Hussites », The Catholic Encyclopedia, art. cité ; Nicolas de Pelhřimov, Confessio Thaboritarum (1433).
27Premiers négateurs médiévaux armés depuis Bérenger de Tours (rétracté en 1079) : appréciation propre à la ligne Ignispedia.
28Église des prédestinés, prélat indigne déchu : J. Hus, De Ecclesia (1413) ; voir les articles Jan Hus et Wycliffisme.
29Nicolas de Pelhřimov élu « évêque » en septembre 1420 : « Mikuláš of Pelhřimov » et « Taborites », Wikipedia.
30« Ktož jsú boží bojovníci », hymne des armées hussites : texte tchèque du XVe siècle, traduction Ignispedia.
31Mt 26, 52 contre la violence au nom de la réforme : fondement évangélique du jugement, comme dans l'article L'hussitisme.
321 Jn 1, 8 contre l'impeccabilité des élus : voir aussi l'article L'hérésie du Libre-Esprit.
33Tábor ville de 4 000 habitants, ateliers, remparts : F. Šmahel, cité ; « Tábor », Wikipedia.
34Cuves communes (kádě), nourris et armés par la communauté : « Taborites », Wikipedia ; H. Kaminsky, cité.
35Lecture marxiste du XXe siècle, anachronique mais révélatrice : appréciation historiographique propre à Ignispedia, d'après F. Šmahel, cité.
36Rigueur puritaine, peine de mort pour vol et trahison : « Taborites », Wikipedia ; E. S. Piccolomini, cité.
37Pikarti de Nežárka, nudité adamique, communauté des femmes : « Adamites » et « Taborites », Wikipedia ; H. Kaminsky, cité.
38Extermination par Žižka au printemps 1421 : « Taborites », Wikipedia ; F. Heymann, cité.
39Húska brûlé en août 1421 sur ordre des utraquistes : « Taborites », Wikipedia.
40Génie militaire étudié dans les académies : F. Heymann, cité.
41Rempart de chariots, houfnice, fléaux : « Hussites », Encyclopaedia Britannica 1911, art. cité ; F. Heymann, cité.
42La forteresse qui roule contre la chevalerie féodale : F. Heymann, cité ; F. Šmahel, cité.
43Règlement militaire de 1423, sévérité biblique, prière avant bataille : « Jan Žižka », Wikipedia (d'après la tradition du Vojenský řád).
44Série des victoires 1420-1422 : « Hussite Wars », Wikipedia ; « Hussites », Encyclopaedia Britannica 1911, art. cité.
45Prêtres hussites précipités dans les puits de Kutná Hora en 1420 : « Taborites » / « Hussite Wars », Wikipedia (tradition hussite).
46Villes catholiques prises, clercs massacrés : E. S. Piccolomini, cité ; chroniqueurs allemands contemporains.
47Ni puits de Kutná Hora ni églises incendiées : charité due à toutes les victimes, voir l'article Comment répondre à l'objection de l'Inquisition ?.
48 84Peste au siège de Přibyslav, 11 octobre 1424 : « Jan Žižka », Wikipedia ; F. Heymann, cité.
49Le tambour de peau de Žižka, légende nationale : « Jan Žižka », Wikipedia.
50Les Sirotci, Orphelins de Žižka : « Orphans (Bohemianism) » / « Hussite Wars », Wikipedia.
51Prokop Holý prêtre-général, Prokůpek, Čapek de Sány : « Prokop the Great » et « Hussite Wars », Wikipedia.
52Ústí nad Labem 16 juin 1426 contre les Saxons : « Battle of Aussig », Wikipedia ; « Hussites », Encyclopaedia Britannica 1911, art. cité.
53Quatrième croisade dissoute devant Tachov, août 1427 : « Battle of Tachov », Wikipedia.
54Domažlice 14 août 1431, fuite des croisés au son du cantique, bulle du légat abandonnée : « Battle of Domažlice », Wikipedia ; « Hussites », Encyclopaedia Britannica 1911, art. cité.
55Cesarini de la croisade à la négociation, invitation à Bâle : « Giuliano Cesarini », Wikipedia ; voir l'article Conciliarisme radical.
56Raids 1428-1433 jusqu'à la Baltique, chevaux abreuvés à la mer : « Hussite Wars » (spanilé jízdy), Wikipedia.
57Tributs, rançons, économie de guerre : F. Šmahel, cité ; H. Kaminsky, cité.
58Calamité pour les populations civiles catholiques : chroniqueurs allemands contemporains, via E. S. Piccolomini, cité.
59Les ruines comme réquisitoire : jugement propre à la ligne Ignispedia.
60Griefs doctrinaux de Prague contre Tábor : Vavřinec z Březové, cité ; H. Kaminsky, cité.
61Prague accusée d'avoir gardé messes latines et chapes : « Taborites », Wikipedia ; H. Kaminsky, cité.
62Dispute de Konopiště, juin 1423, Příbram contre Biskupec : « Taborites », Wikipedia ; F. Šmahel, cité.
63Želivský décapité le 9 mars 1422 par la Vieille-Ville : « Jan Želivský », Wikipedia.
64Žižka marche sur Prague puis se réconcilie : « Jan Žižka », Wikipedia ; F. Heymann, cité.
65Chelčický condamnant les deux glaives, Síť víry : « Petr Chelčický », Wikipedia.
66Ambassade de janvier 1433, Compactata de Prague du 30 novembre 1433 : « Compacts of Basel », Wikipedia ; voir l'article L'hussitisme.
67Refuser la permission, c'est refuser d'avoir eu tort : lecture propre à la ligne Ignispedia, appuyée sur H. Kaminsky, cité.
68Ligue de Bohême, Diviš Bořek de Miletínek, 30 mai 1434 : « Battle of Lipany », Wikipedia.
69Chute des deux Procope, 13 000 morts sur 18 000 : « Battle of Lipany », Wikipedia.
70Ratification de Jihlava le 5 juillet 1436 : « Hussite Wars », Wikipedia ; voir l'article L'hussitisme.
71Jan Roháč de Dubá, Sion 1437, pendu avec ses compagnons : « Jan Roháč z Dubé », Wikipedia.
72Capitulation de Tábor en 1452, Biskupec prisonnier († v. 1459) : « Mikuláš of Pelhřimov » et « Tábor », Wikipedia.
73Kunvald 1457, Grégoire le Patriarche : « Bohemian Brethren », The Catholic Encyclopedia ; voir l'article L'hussitisme.
74Constance, session 13, 15 juin 1415 : H. Denzinger, Enchiridion, §§ 1198-1200.
75Trente articles censurés le 6 juillet 1415 : H. Denzinger, §§ 1201-1230 ; voir l'article Jan Hus.
76Révocation des Compactata en 1462 : « George of Poděbrady », Wikipedia ; « Hussites », The Catholic Encyclopedia, art. cité.
77Témoignage hostile mais admiratif : E. S. Piccolomini, Historia Bohemica, réd. 1458, ch. 35-41.
78Simonie, cumuls, indulgences de 1412 : voir l'article Jan Hus ; « Jan Hus », The Catholic Encyclopedia.
79Évangile en langue comprise, calice des fidèles : Vatican II, Dei Verbum, n. 22 ; Sacrosanctum Concilium, nn. 36 et 55.
80Autre Église, autre culte, sang versé : synthèse propre à la ligne Ignispedia, appuyée sur Denzinger, §§ 1198-1230.
81Le Christ entier sous chaque espèce ; Trente, session 21 (1562), ch. 1-3 : Denzinger, §§ 1725-1729 ; Constance supposé en 1415, §§ 1198-1200.
82L'adoration due au Dieu présent : voir l'article La Présence réelle eucharistique.
83François d'Assise réformant sans rompre : contraste propre à la ligne Ignispedia.
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