Pape Grégoire V (Gregorius V), né Bruno de Carinthie vers 969-972[1][2] et mort à Rome en 999, gouverne l'Église du 3 mai 996 à février ou mars 999. Le Saint-Siège le compte comme le 138ᵉ pape de l'Église catholique et donne pour nom séculier Brunone dei duchi di Carinzia.[3] Son pontificat bref appartient au moment où la papauté sort du saeculum obscurum romain — le « siècle obscur » où les grandes familles de Rome faisaient et défaisaient les papes — pour entrer dans une tutelle ottonienne plus européenne, plus savante, mais encore politiquement violente.
Il est célèbre comme le premier pape allemand ou, plus exactement, le premier pape issu du monde germanique impérial. Cousin et chapelain du jeune Otton III, il est désigné par lui après la mort de Jean XV, élu par le clergé et le peuple romains, puis consacré au début de mai 996.[4] Moins de trois semaines plus tard, le 21 mai 996, il couronne Otton III empereur à Rome.[5]
Son pontificat se joue pourtant moins dans la gloire du couronnement que dans la crise qui suit. Dès l'automne 996, Crescentius Nomentanus chasse Grégoire de Rome ; l'ancien conseiller byzantin Jean Philagathos, archevêque de Plaisance, accepte l'élection schismatique et prend le nom de Jean XVI. La restauration de Grégoire par Otton III en 998 se paie d'une répression terrible : mutilation et déposition de l'antipape, décapitation de Crescentius, reprise brutale de Rome.[6][7]
Ce pape de vingt-trois à trente ans n'est donc pas une simple fiche de catalogue. Il réunit trois enjeux majeurs : l'emprise impériale sur Rome, la défense canonique de l'autorité pontificale dans les affaires de Reims, de France et d'Allemagne, et la question morale d'une papauté capable de corriger les rois tout en dépendant militairement de l'empereur.
« This first German pope was consecrated 3 May, 996. » — Horace K. Mann, The Catholic Encyclopedia, vol. 6, New York, Robert Appleton Company, 1909 (traduction : « Premier pape allemand, il fut consacré le 3 mai 996. »)[8]
Pourquoi Grégoire V compte-t-il ?
Le premier pape germanique
La nouveauté la plus visible est son origine. Les papes précédents du Xᵉ siècle sont presque tous romains, italiens ou liés aux factions de Rome. Grégoire V vient du monde impérial transalpin : il appartient à la famille des Saliens par son père Otton de Worms, duc de Carinthie et marquis de Vérone ; il est apparenté à Otton III ; il a été formé dans la sphère de la chapelle impériale.[9][10]
Le fait ne signifie pas que l'Église devienne « allemande ». Il signifie que le Siège apostolique, après les violences de Jean XII, Léon VIII, Benoît V, Jean XIII et Benoît VI, est désormais inséré dans un système ottonien où l'empereur prétend garantir l'ordre de Rome. Grégoire V est un pape romain par sa charge, universel par sa mission, mais étranger à la vieille aristocratie locale par son origine et son réseau.
Un pontificat très court, mais très dense
Grégoire V ne règne pas trois ans pleins. Il est consacré le 3 mai 996 ; il meurt en février ou mars 999 : Mann retient le 4 février, la chronologie moderne la plus courante le 18 février, et Treccani recense au total le 4, le 11, le 12 ou le 18 février, voire le 12 mars (voir « Mort et sépulture »).[11][12][13][14][15] Dans cet intervalle minuscule se concentrent pourtant des dossiers européens : couronnement impérial, conflit de Reims, mariage royal français, discipline des métropoles allemandes, privilèges de Cluny et de Reichenau, affaire de Canterbury, justice romaine, schisme de Jean XVI.
| Dossier | Date principale | Enjeu | Résultat |
|---|---|---|---|
| Élection de Bruno | avril-mai 996 | Choix impérial puis élection romaine | Grégoire V est consacré à Rome |
| Couronnement d'Otton III | 21 mai 996 | Restauration impériale ottonienne | Otton devient empereur à Saint-Pierre |
| Reims | 996-998 | Arnulf contre Gerbert d'Aurillac | Arnulf est rétabli ; Gerbert reçoit Ravenne |
| Robert II et Berthe | 997-999 | Mariage consanguin du roi de France | Menace d'excommunication et pénitence |
| Crescentius et Jean XVI | 996-998 | Révolte romaine et antipape | Schisme brisé par Otton III et Grégoire V |
| Privilèges monastiques | 997-999 | Cluny, Reichenau, Farfa, Lorsch | Exemptions, confirmations, liturgie romanisée |
Lue ligne par ligne, cette matrice montre une seule trajectoire : un pape choisi par l'empereur, sacré à Rome, déposé par les Crescenzi, restauré par l'empereur, qui gouverne pourtant l'Église de Rome aux confins de la Bourgogne, de la France et de la Saxe.
Le pape de la transition vers l'an mil
Le pontificat se situe à la veille de l'an mil, mais il ne faut pas y projeter une panique apocalyptique simpliste. L'enjeu réel est institutionnel. Qui gouverne Rome ? Le peuple et le clergé romains ? Les grandes familles comme les Crescenzi ? L'empereur ottonien ? Le pape lui-même ? Grégoire V donne une réponse imparfaite mais décisive : le pape est élu dans l'Église de Rome, mais il s'appuie sur l'empereur pour résister à la noblesse romaine.
Cette solution prépare autant la grandeur que les crises du XIᵉ siècle. D'un côté, elle sauve Rome d'une captation aristocratique locale. De l'autre, elle habitue l'Empire à intervenir dans les affaires pontificales. Un siècle plus tard, la querelle des Investitures naîtra précisément de cette ambiguïté : l'autorité temporelle peut-elle protéger l'Église sans finir par la posséder ?
Le schéma qui synthétise ce parcours — chapelain impérial à Worms, élection romaine, couronnement d'Otton III, exil sous Crescentius, schisme de Jean XVI, restauration impériale, mort à Rome — montre une seule courbe : la papauté sortant des familles romaines pour entrer dans la tutelle ottonienne. Cette courbe portera, un siècle plus tard, la grande réforme de Grégoire VII.
Les sources principales
Saint-Siège, Treccani, Mann
La fiche officielle du Saint-Siège fournit les repères minimaux : rang, dates, nom séculier et origine.[16] Elle est utile pour la réception actuelle de l'Église, mais ne raconte presque rien.
La source moderne la plus dense en accès direct est la notice de Wolfgang Huschner dans le Dizionario Biografico degli Italiani de Treccani. Elle donne le cadre familial, la formation à Worms, les étapes de l'élection, les synodes, les privilèges, l'affaire Jean XVI, les décisions contre Robert II et Giselher de Magdebourg, et les incertitudes sur la mort.[17] La Catholic Encyclopedia de Horace K. Mann donne une synthèse catholique plus ancienne, très lisible, avec le même noyau narratif.[18]
Chroniques, regestes et dossiers pontificaux
Mann renvoie aux sources médiévales : Liber Pontificalis, bulles conservées dans la Patrologia Latina, chroniques de Thietmar de Mersebourg, Léon d'Ostie, annales de Hildesheim et Quedlinbourg, vies de saints Adalbert, Abbon de Fleury et Nil de Rossano.[19] Treccani renvoie de son côté aux Regesta Imperii de Böhmer-Zimmermann et à Richer de Reims édité dans les Monumenta Germaniae Historica.[20]
Le dossier est donc meilleur que celui de beaucoup de papes obscurs du Xᵉ siècle. On n'a pas seulement une liste de noms : on suit les actes, les déplacements, les synodes, les lettres et les intérêts contradictoires entre Rome, Pavie, Ravenne, Aix-la-Chapelle, Reims, Canterbury, Farfa et Cluny.
Prudence sur les récits de violence
Les épisodes de 998 sont attestés, mais leur lecture demande prudence. Les sources médiévales décrivent la mutilation de Jean XVI, la procession d'humiliation et l'exécution de Crescentius. Treccani attribue à Grégoire V l'initiative de la mutilation de Jean Philagathos, pour éliminer un concurrent potentiel.[21] Mann, plus ancien et plus apologétique, rapporte les faits avec moins d'analyse politique.[22]
L'article doit donc éviter deux excès : transformer Grégoire V en pur adolescent manipulé par Otton, ou en pape sanguinaire. Il est un pontife très jeune, formé dans une culture canonique réelle, mais plongé dans une Rome où le pouvoir se défend par la force. La sainteté de l'Église ne consiste pas à nier ces ombres ; elle consiste à comprendre comment la Providence fait passer l'autorité apostolique au milieu d'instruments humains parfois rudes.
Origines : Bruno de Worms et la maison ottonienne
Une famille liée au pouvoir impérial
Bruno est fils du comte Otton de Worms, duc de Carinthie et marquis de Vérone par périodes, et parent proche d'Otton III.[23] Cette généalogie le place au centre de l'aristocratie impériale. Son frère Conrad succède comme duc de Carinthie ; son neveu Conrad sera élu roi de Germanie en 1024 et couronné empereur en 1027.[24]
Ce détail explique la confiance d'Otton III. Le jeune empereur ne choisit pas un inconnu : il désigne un parent, un chapelain, un homme de sa maison, capable de parler aux milieux impériaux et de comprendre le programme de rénovation romaine qu'Otton porte déjà en germe.
Formation à Worms
Treccani situe la formation de Bruno dans l'école cathédrale de Worms, sous l'épiscopat d'Ildebaldo (Hildebold), qui est aussi chancelier d'Otton II et d'Otton III pour les régions au nord des Alpes.[25] Le futur pape n'est donc pas un simple prince placé à Rome. Il reçoit une culture cléricale sérieuse, enracinée dans les écoles épiscopales de l'Empire.
La même notice précise qu'il pouvait passer, parmi ses contemporains transalpins, pour un homme cultivé, capable de lire et méditer les Pères de l'Église, surtout saint Grégoire le Grand.[26] Le choix du nom « Grégoire » n'est donc pas seulement un numéro de liste : il exprime une référence spirituelle. Bruno veut se placer sous le patronage du grand pape romain, pasteur, liturgiste, docteur et gouvernant.
« Capable de lire et méditer les Pères de l'Église, surtout Grégoire I. » — Wolfgang Huschner, Treccani, traduction française[27]
Chapelain impérial
Sous Otton III, Bruno entre dans la chapelle impériale.[28] Au Xᵉ siècle, cette chapelle n'est pas seulement un groupe liturgique. Elle est une pépinière de gouvernement : on y forme des clercs qui savent écrire, administrer, négocier, juger, accompagner l'empereur et produire des actes.
Cette formation donne à Grégoire V un profil différent de plusieurs papes romains précédents. Il arrive à Rome avec une vraie culture de chancellerie et de synode. On le verra dans ses actes : il confirme, suspend, convoque, menace, restaure, donne des palliums, arbitre des conflits. Son pontificat est court, mais pas inactif.
L'élection de 996
Les Romains demandent un candidat à Otton III
Au printemps 996, Jean XV meurt alors qu'Otton III descend en Italie. Une ambassade romaine rejoint l'empereur à Ravenne pour l'informer de la vacance.[29] Selon Mann, les Romains demandent à Otton de nommer celui qu'il voudrait les voir élire.[30] La formule est capitale : elle ne supprime pas totalement l'élection romaine, mais elle manifeste la dépendance politique de Rome envers l'empereur.
Otton désigne Bruno, son parent et chapelain. Il le fait accompagner à Rome par l'archevêque Willigis de Mayence et l'évêque Hildebold de Worms.[31] Le candidat impérial est ensuite accueilli, élu par le clergé et le peuple, puis consacré au début de mai sous le nom de Grégoire V.[32]
Une élection romaine sous patronage impérial
Il faut tenir les deux éléments ensemble. Si l'on dit seulement « Otton nomme le pape », on écrase le fait ecclésial de l'élection par le clergé et le peuple de Rome. Si l'on dit seulement « Rome élit librement », on gomme la pression politique. Grégoire V est élu dans une procédure hybride : canonique dans sa forme romaine, impériale dans son impulsion.
Cette ambiguïté est une constante de la papauté ottonienne. Elle sort de la domination des clans romains en acceptant un protecteur plus puissant ; mais ce protecteur choisit désormais les candidats. La liberté de l'Église est sauvée contre Crescentius, mais diminuée devant l'Empire.
Le couronnement du 21 mai 996
Le premier grand acte de Grégoire V est le couronnement d'Otton III, le 21 mai 996, jour de l'Ascension.[33][34] L'âge des deux hommes frappe : le pape a environ vingt-cinq ans ; l'empereur en a quinze.[35] Ils incarnent une tentative juvénile de renouvellement chrétien de l'Empire.
Le lendemain, à l'intercession du pape, Otton III fait grâce à Crescentius Nomentanus, seigneur de la ville, qui avait été condamné à l'exil.[36] Ce geste de clémence deviendra tragique. Crescentius sera précisément celui qui chassera Grégoire de Rome quelques mois plus tard.
Gouverner avec Otton III
Le synode de Saint-Pierre en mai 996
Pendant le séjour romain d'Otton III, un synode se tient à Saint-Pierre sous la présidence du pape et de l'empereur.[37] Deux dossiers dominent : le schisme de Reims et le retour de saint Adalbert de Prague dans son siège. Reims est alors l'une des grandes affaires ecclésiastiques de l'Occident franc : Arnulf, archevêque carolingien, a été déposé ; Gerbert d'Aurillac, futur Sylvestre II, occupe la place avec l'appui des Capétiens.
Le choix de Grégoire V est juridique. Même si Otton III et Robert II favorisent Gerbert, le pape se prononce en faveur d'Arnulf, dont la déposition locale lui paraît canoniquement contestable.[38] Ce point est important : Grégoire n'est pas simplement le commis d'Otton. Sur Reims, il défend la procédure pontificale contre les intérêts politiques de ses alliés.
Erluin de Cambrai et la discipline épiscopale
Le même contexte permet à Grégoire V de consacrer Erluin de Cambrai, dont la confirmation avait été bloquée par le schisme de Reims.[39] L'affaire paraît secondaire, mais elle révèle le rôle concret de Rome : débloquer des situations locales quand un conflit métropolitain empêche l'ordre ecclésial normal.
La papauté médiévale n'est pas seulement une idée abstraite de primauté. Elle est un tribunal, un recours, un centre de confirmation. Grégoire V, malgré son exil prochain, agit déjà comme tel.
Privilèges et intercessions croisées
Durant ces semaines, pape et empereur accordent plusieurs privilèges à des destinataires italiens et transalpins. Treccani remarque qu'ils apparaissent tour à tour comme intercesseurs dans les documents de l'autre.[40] Cette réciprocité exprime l'idéal ottonien : l'empire sert l'Église, l'Église sacre et oriente l'empire.
L'idéal est beau ; la pratique est fragile. Quand l'empereur quitte l'Italie en août 996, il confie au marquis Hugues de Toscane et à Conrad de Spolète et Camerino le soin de soutenir militairement le pape.[41] La nécessité même de cette protection montre que Rome n'est pas pacifiée.
L'exil de Grégoire V
Crescentius reprend Rome
À l'automne 996, les Romains, menés par Crescentius Nomentanus, chassent Grégoire V de la ville.[42] Le pape tente deux fois de rentrer par la force ; les deux tentatives échouent. Il se replie alors à Spolète.[43]
Crescentius n'est pas un simple bandit. Il représente la prétention de l'aristocratie romaine à gouverner la cité et à tenir le pape dans son orbite. Le conflit n'oppose donc pas seulement un pape à un rebelle : il oppose deux modèles de Rome, la Rome impériale ottonienne et la Rome nobiliaire locale.
Abbon de Fleury et le dossier de Reims
À Spolète, Grégoire reçoit Abbon de Fleury, envoyé par Robert II de France pour discuter le schisme de Reims.[44] Abbon est l'un des grands abbés savants de son temps. Sa présence montre que, même en exil, le pape reste le centre du règlement canonique.
Grégoire remet à Abbon le pallium (bande de laine blanche portée sur les épaules, insigne de l'archevêque en communion avec Rome) destiné à Arnulf et le charge d'obtenir du roi Robert la restitution de son siège.[45] C'est une décision courageuse, parce qu'elle contrarie les intérêts de Gerbert d'Aurillac, protégé de Robert et proche d'Otton. Le pape choisit ici la régularité canonique plutôt que l'opportunité politique immédiate.
Ravenne et Pavie
À la fin de 996, Grégoire se rend à Ravenne pour obtenir l'appui de l'archevêque Jean et des évêques suffragants.[46] De là, il passe à Pavie, où il préside au début de février 997 un synode auquel participent notamment les archevêques de Milan et de Ravenne, plusieurs suffragants et l'évêque de Pavie.[47]
Le choix de Pavie est politique et ecclésiologique. Hors de Rome, le pape rassemble l'Italie du Nord pour montrer qu'il n'est pas réduit à son exil. La ville de Rome lui est fermée ; l'autorité du Siège apostolique continue.
Le synode de Pavie de 997
Robert II et Berthe de Bourgogne
Le synode de Pavie intime à Robert II de France de se justifier, sous peine d'excommunication, pour son mariage avec Berthe de Bourgogne, jugé incestueux en raison de la parenté de sang et de la parenté spirituelle.[48][49] L'affaire est un cas classique de discipline matrimoniale médiévale : le roi n'est pas au-dessus des canons.
La sévérité de Grégoire V ne relève pas d'une obsession juridique froide. Le mariage des princes engage la paix des royaumes, la succession, la légitimité dynastique et le témoignage public de l'Église. En rappelant Robert à l'ordre, un pape exilé affirme que l'autorité spirituelle ne dépend pas de la force militaire dont il dispose à Rome.
Arnulf, Gerbert et les évêques français
Le synode traite aussi le dossier de Reims. Grégoire V y suspend les évêques français qui avaient suivi la ligne favorable à Gerbert et défend le rétablissement d'Arnulf.[50][51] Cette décision n'est pas un jugement sur le génie intellectuel de Gerbert. L'ancien maître de Reims est l'un des esprits les plus brillants du Xᵉ siècle et deviendra pape sous le nom de Sylvestre II. Mais Grégoire estime que sa position sur le siège de Reims repose sur une procédure irrégulière.
La grandeur catholique de ce dossier tient précisément à cette distinction : l'intelligence d'un homme ne suffit pas à légitimer une usurpation de siège. Le pape défend l'ordre canonique même contre un savant remarquable, même contre l'intérêt du roi de France et même contre les préférences de l'empereur.
Magdebourg, Naples et les élections pontificales
Le synode excommunie aussi l'archevêque de Naples pour son élection irrégulière ; il convoque Giselher de Magdebourg à Rome pour répondre de son transfert contesté de Mersebourg à Magdebourg ; il renouvelle enfin la norme du pape Symmaque interdisant toute décision sur la succession d'un pape tant que celui-ci est vivant.[52]
Ce dernier point est particulièrement significatif. Dans une Rome habituée aux factions, rappeler qu'on ne prépare pas la succession d'un pape vivant, c'est défendre la dignité de la charge contre les calculs de clans. Grégoire V, chassé par une faction romaine, sait exactement ce que cette règle veut empêcher.
Jean XVI : un antipape entre Rome, Byzance et l'Empire
Jean Philagathos de Rossano
Pendant que Grégoire séjourne en Italie du Nord, Crescentius et un envoyé byzantin nommé Léon poussent Jean Philagathos, archevêque de Plaisance, à accepter une élection pontificale contre Grégoire V.[53] Philagathos est un Italo-Grec de Rossano, ancien conseiller de l'impératrice Théophano et personnage bien introduit à la cour ottonienne.[54]
Son acceptation, en février-mars 997, ouvre un schisme.[55] Le choix du nom Jean XVI le présente comme pape, mais l'Église le retiendra comme antipape. La crise est d'autant plus grave que Philagathos n'est pas un aventurier inculte : il connaît la cour, les Byzantins, les Ottoniens et l'Italie méridionale.
L'arrière-plan byzantin
L'intervention d'un envoyé byzantin dans l'affaire n'est pas un détail exotique. Otton III cherche alors une alliance matrimoniale avec Constantinople ; l'Italie du Sud reste byzantine par plusieurs points ; les milieux italo-grecs jouent un rôle culturel et diplomatique important.[56]
L'antipape Jean XVI incarne donc une tentation géopolitique : utiliser Rome contre l'Empire germanique, ou du moins desserrer l'emprise ottonienne par un jeu romain-byzantin. Grégoire V, pape ottonien, devient l'obstacle à éliminer.
La demande d'intervention impériale
Après son expulsion, Grégoire intensifie ses rapports avec la cour impériale et demande à Otton III d'intervenir en Italie.[57] L'archevêque Landolf de Milan se rend à Aix-la-Chapelle en décembre 996 ; des légats papaux et impériaux circulent ; au printemps 997, la cour décide une nouvelle expédition italienne.[58]
La situation est théologiquement inconfortable mais historiquement claire. Le pape légitime doit appeler l'empereur pour recouvrer Rome. La liberté apostolique est défendue par une force temporelle qui, en même temps, la rend dépendante.
La restauration de 998
Otton III redescend en Italie
En décembre 997, Otton III franchit les Alpes et rencontre Grégoire V à Pavie. Ils y célèbrent Noël et consultent ensemble sur les mesures à prendre contre Crescentius et Jean XVI.[59] Le cortège réunit des acteurs majeurs : le père du pape, le duc de Bavière, les marquis de Meissen et de Toscane, des évêques italiens et transalpins, Odilon de Cluny et Gerbert d'Aurillac.[60]
En février 998, l'armée impériale marche sur Rome. Jean XVI fuit ; Crescentius s'enferme au Castel Sant'Angelo.[61] Le pape et l'empereur entrent dans la ville sans résistance notable.
Le sort terrible de Jean XVI
Jean XVI est découvert dans une tour fortifiée près de Rome par un détachement des troupes impériales. Les sources rapportent qu'on lui arrache les yeux et qu'on lui coupe le nez, les oreilles et la langue ; il est ensuite ramené à Rome et formellement déposé lors d'un synode romain de mai 998 présidé par Grégoire V en présence d'Otton III.[62][63]
La scène d'humiliation publique qui suit est l'une des plus dures du Xᵉ siècle : l'antipape est promené dans les rues sur un âne, assis à l'envers, dans une mise en scène destinée à rendre visible sa déposition.[64] Les sensibilités modernes y voient immédiatement une cruauté. L'historien catholique ne doit pas l'édulcorer. Il doit seulement rappeler que cette violence appartient à un monde politique où la peine publique sert à briser symboliquement une prétention.
Nil de Rossano et la voix de la sainteté
La tradition hagiographique rapporte l'intervention de saint Nil de Rossano, compatriote italo-grec de Jean Philagathos, qui aurait reproché à Otton et à Grégoire la dureté du traitement infligé à l'antipape.[65] Mann mentionne les vies de saint Nil parmi les sources du pontificat.[66]
Ce point est spirituellement précieux. La légitimité de Grégoire V n'implique pas que toutes les mesures prises contre Jean XVI soient édifiantes. L'Église peut reconnaître le pape légitime et, en même temps, entendre dans la voix d'un saint moine un rappel évangélique : la justice sans miséricorde peut devenir vengeance.
« Le jugement sera sans miséricorde pour qui n'a pas fait miséricorde. » — Jacques 2,13, principe spirituel éclairant le dossier Jean XVI[67]
La mort de Crescentius
Crescentius résiste au Castel Sant'Angelo. Le 28 avril 998, après un siège prolongé, il tente en vain de se soumettre formellement ; il est pris, décapité, puis son corps est exposé, tandis que plusieurs de ses partisans sont pendus.[68] Otton III et Grégoire V sont d'accord sur le traitement à lui infliger.[69]
Ici encore, il faut regarder le fait en face. La papauté ne sort pas de la domination nobiliaire romaine par un débat paisible ; elle en sort par l'épée impériale. Ce n'est pas un modèle éternel de gouvernement chrétien, mais une phase rude de l'histoire du salut, où Dieu conserve son Église à travers des instruments imparfaits.
Le gouvernement après la restauration
Une activité plus intense à Rome
Après la reprise de Rome, l'activité du pape s'intensifie. Treccani le constate à partir du nombre de diplômes pontificaux et impériaux ainsi que de documents judiciaires conservés.[70] Grégoire V ne se contente pas de rentrer dans sa ville : il gouverne.
Il confirme des biens, tranche des conflits, agit avec Otton III dans des procédures judiciaires, soutient certaines institutions monastiques et ecclésiales. Cette phase corrige l'image d'un pape seulement exilé puis restauré. Les derniers mois de son pontificat sont administrativement féconds.
Cluny, Reichenau et les monastères
À Rome, le monastère de Cluny reçoit de Grégoire V, par intercession de l'empereur, une confirmation des biens, l'exemption et le droit de libre élection de l'abbé.[71] Des confirmations analogues concernent Saint-Ambroise de Milan, Lorsch, Reichenau, Montmajour, Besalú, Villeneuve-lès-Avignon et Saint-Maximin de Trèves.[72]
Cette politique monastique a une portée longue. Les privilèges d'exemption, surtout pour Cluny, participent à la construction d'un réseau monastique directement lié à Rome. C'est l'un des soubassements de la réforme du XIᵉ siècle : des monastères moins dépendants des seigneurs locaux, plus capables de porter la réforme liturgique et morale.
Reichenau et les signes liturgiques
En avril 998, Grégoire consacre l'abbé Alawich de Reichenau et lui accorde, à l'intercession d'Otton, le droit de porter sandales et dalmatique pendant l'office divin, à l'imitation des abbés romains.[73] Les futurs abbés de Reichenau auront aussi droit à une consécration pontificale.
Le détail paraît cérémoniel ; il ne l'est pas seulement. Dans le monde médiéval, les vêtements liturgiques expriment une hiérarchie de communion. Accorder à Reichenau des marques romaines, c'est romaniser symboliquement un grand monastère impérial.
Benevento, Ravenne et les métropoles
Au printemps 998, Grégoire confirme à l'archevêque Alfan de Bénévent la dignité métropolitaine, lui accorde le pallium et le droit de consacrer quatorze évêques dont les sièges sont listés précisément.[74] Il règle aussi le dossier de Ravenne en faveur de Gerbert d'Aurillac, désormais transféré sur ce siège après l'abandon de Reims.[75]
Ces décisions dessinent une papauté qui ne gouverne pas seulement Rome. Elle ordonne l'Italie méridionale, l'Italie du Nord, la Bourgogne, la France et l'Empire. Grégoire V est un pape bref, mais vraiment européen.
Robert II, Giselher et le concile général de 999
Le synode romain de janvier 999
En janvier 999, un synode se tient à Saint-Pierre sous la présidence de Grégoire V, en présence d'Otton III. Le pape le qualifie de concilium generale ; y participent les archevêques de Ravenne et de Capoue et vingt-six évêques.[76] La majorité vient de la province ecclésiastique de Rome et de l'Italie, mais on y trouve aussi des évêques de Bourgogne et des régions transalpines de l'Empire.[77]
Le mot « général » ne signifie pas ici concile œcuménique au sens ultérieur. Il désigne une assemblée large, où le pape traite des affaires de plusieurs royaumes et provinces.
Sept ans de pénitence pour Robert et Berthe
Le synode demande à Robert II de France de quitter immédiatement Berthe, sous peine d'excommunication, et impose aux deux époux sept ans de pénitence.[78] Il suspend aussi l'évêque Erchambald de Tours, qui avait célébré le mariage, ainsi que les évêques ayant participé à la cérémonie, jusqu'à comparution à Rome.[79]
La décision illustre une vérité médiévale souvent oubliée : la papauté n'intervient pas seulement dans les querelles de dogme ; elle protège aussi la vérité publique du mariage. Même le roi des Francs doit répondre devant l'Église quand son union contrevient aux canons.
Mersebourg et Magdebourg
Le même synode se prononce pour le rétablissement du diocèse de Mersebourg, supprimé en 981 sans décision synodale ou conciliaire suffisante.[80] Cette décision vise l'action de Giselher de Magdebourg, dont le transfert de Mersebourg à Magdebourg est contesté.
L'affaire touche la politique missionnaire de l'Empire vers l'Est, notamment la Pologne. Treccani souligne que Giselher défend les droits éminents accordés à Magdebourg sous Otton I, mais qu'il gêne les nouvelles orientations d'Otton III.[81] Grégoire V se trouve donc encore une fois au croisement du droit canonique et de la stratégie impériale.
Canterbury et l'Occident atlantique
Ælfric reçoit le pallium
Vers 997, l'archevêque Ælfric de Canterbury vient à Rome recevoir le pallium et consulter le pape sur la substitution de moines aux chanoines séculiers dans la cathédrale de Canterbury.[82] Mann rapporte que Grégoire V lui posa son propre pallium en signe d'honneur et lui recommanda d'installer dans son monastère des hommes de l'ordre que le bienheureux Grégoire avait autrefois commandé à Augustin d'y placer.[83]
« Il déposa son propre pallium sur Ælfric en signe d'honneur, et lui recommanda d'installer dans son monastère des hommes de l'ordre que le bienheureux Grégoire avait autrefois commandé à Augustin d'y placer. » — Horace K. Mann, Catholic Encyclopedia, traduction française[84]
Ce geste relie Grégoire V à son modèle, Grégoire le Grand. Le pape germanique de 996-999 se souvient que l'Angleterre chrétienne est née d'une mission romaine. Dans une vie dominée par l'Empire et les violences romaines, ce dossier anglais rappelle la mission propre de l'Église : non pas seulement arbitrer les pouvoirs, mais nourrir et réformer les Églises locales.
Une papauté de réseau
Canterbury, Reims, Cluny, Reichenau, Ravenne, Benevento, Aix-la-Chapelle : la carte du pontificat est étonnamment large. Grégoire V n'a pas le temps d'être un grand pape réformateur, mais il vit déjà dans une Église occidentale interconnectée, où Rome reçoit les appels, donne les palliums, confirme les biens et tranche les procédures.
Ce réseau annonce Sylvestre II. Le successeur de Grégoire, Gerbert d'Aurillac, portera encore plus explicitement la dimension intellectuelle et européenne de la papauté ottonienne. Mais Grégoire V en a posé plusieurs conditions.
Mort et sépulture
Une mort précoce et discutée
Grégoire V meurt très jeune. Treccani recense les variantes données par les sources : 4, 11, 12 et 18 février, et 12 mars 999.[85] La notice allemande NDB retient le 18 février 999[86], comme Schaff[87] ; le miroir Universalium de la notice Britannica, seul texte accessible en lecture directe, donne de même « died Feb. 18?, 999 »[88]. Le Saint-Siège indique la fin du pontificat en février ou mars 999.[89]
Des sources, notamment la Vita de Nil, ont évoqué une mort violente, mais Treccani précise qu'aucune preuve ne permet de l'établir.[90] La notice allemande NDB parle de même de rumeurs indémontrables sur sa mort précoce.[91] En l'absence de preuve, aucune cause certaine ne peut donc être établie.[92]
Près de Grégoire le Grand
Otton III fait ensevelir Grégoire V à Saint-Pierre, près de la tombe de saint Grégoire le Grand.[93] Le détail est beau, car il correspond au nom choisi par Bruno et à l'inspiration que Treccani lui attribue. Le jeune pape germanique repose auprès du vieux pape romain dont il avait médité l'œuvre.
Le symbole est presque une leçon d'Ignispedia : la papauté n'est pas une ethnie, une famille, une ville ou un parti. Un Carinthien formé à Worms peut devenir successeur de Pierre, choisir le nom d'un Romain du VIe siècle, gouverner les Francs, les Anglais, les Lombards, les Allemands et les Italiens, puis mourir à Rome comme évêque de l'Église universelle.
« Otton III le fit ensevelir à Saint-Pierre, près de la tombe de Grégoire I. » — Wolfgang Huschner, Treccani, traduction française[94]
Bilan catholique
Une autorité réelle, mais dépendante
Grégoire V défend avec vigueur la compétence romaine : Reims ne se règle pas sans le pape ; Robert II ne peut pas violer les canons du mariage ; Giselher doit répondre de son transfert ; les élections pontificales ne doivent pas être préparées du vivant d'un pape ; les monastères peuvent être protégés par exemption romaine.
Mais cette autorité dépend matériellement d'Otton III. Sans l'empereur, Grégoire ne reprend pas Rome. Sans l'armée impériale, Crescentius et Jean XVI tiennent la ville. Le pontificat montre donc une papauté doctrinalement haute, juridiquement active, mais politiquement fragile.
Un avertissement avant la réforme grégorienne
Le pontificat annonce la grande question du XIᵉ siècle. L'Église a besoin d'être libre des familles romaines, de la simonie, des transferts irréguliers et des mariages royaux contraires aux canons. Mais si elle s'appuie trop sur l'empereur pour être libre, elle risque une autre servitude.
Grégoire V n'est pas encore Grégoire VII. Il ne formule pas le Dictatus papae, ne mène pas la querelle des Investitures, ne fait pas Canossa. Mais il appartient à la préhistoire directe de cette libération : son pontificat montre le problème avant que la réforme ne lui donne une réponse plus radicale.
Un pape imparfait dans une Église indestructible
Le lecteur catholique peut être troublé par la violence de 998. Il doit l'être. L'histoire de l'Église n'est pas un vitrail sans sang ni poussière. Mais le même dossier montre aussi une continuité étonnante : au milieu des factions, l'Église continue de juger selon les canons, de donner le pallium, de protéger les monastères, de rappeler les rois au mariage légitime, d'organiser les sièges et d'ensevelir son pasteur auprès des apôtres.
« Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'Enfer ne prévaudront pas contre elle. » — Évangile selon saint Matthieu 16,18, traduction liturgique[95]
C'est précisément ce qui rend ces papes secondaires utiles. Ils ne sont pas tous des saints éclatants ; ils montrent souvent, plus humblement, que l'institution voulue par le Christ traverse des siècles où ses gardiens sont jeunes, dépendants, parfois durs, mais où la mission apostolique ne disparaît pas.
Pour aller plus loin
- Pape Jean XIII (965-972) — pape romain de la première stabilisation ottonienne.
- Pape Benoît VI (973-974) — pape ottonien assassiné dans la crise des Crescenzi.
- Pape Léon VIII (963-965) — cas-limite de légitimité pontificale sous Otton I.
- Pape Benoît V (964-965) — pape romain déposé par Otton I et exilé à Hambourg.
- Pape Sylvestre II (999-1003) — ancien Gerbert d'Aurillac, successeur de Grégoire V.
- La réforme grégorienne — la réponse du XIᵉ siècle aux ambiguïtés entre Empire et papauté.
Notes et références
Horace K. Mann, "Pope Gregory V", The Catholic Encyclopedia, vol. 6, New York, Robert Appleton Company, 1909, transcrit par New Advent (transcription web non paginée ; référence imprimée : vol. 6) : « Born c. 970; died 4 February, 999. », élection de Bruno, couronnement d'Otton III, synodes, Reims, Crescentius, Jean XVI, Ælfric de Canterbury, privilèges et sépulture. URL : https://www.newadvent.org/cathen/06790a.htm. Texte original anglais sur la consécration : « This first German pope was consecrated 3 May, 996. » Sur Robert II : simple menace — « King Robert of France was threatened with excommunication if he did not put away Bertha ». Sur Jean XVI : ce sont les troupes impériales qui agissent — « The emperor's troops pursued the antipope, captured him, deprived him of his nose, ears, eyes, and tongue, and brought him back to Rome. There he was brought before Otto and the pope, and publicly degraded (998). » Sur le pallium d'Ælfric : « As a mark of special honour, Gregory put his own pallium on Aelfric, and bade him put into his monastery at Canterbury "men of that order which the Blessed Gregory commanded Augustine therein to place". » (la transcription New Advent porte « Aelfrie », coquille évidente pour Aelfric, le même article écrivant « Archbishop Aelfric » quelques lignes plus haut).
1 5 7 8 13 18 19 22 30 34 49 50 54 63 65 66 82 83 84Deutsche Biographie, notice "Gregor V." (articles NDB de Reinhard Elze, 1966, et ADB de Theodor Lindner, 1879, lus en intégralité) : « Gregor V. (Bruno) Papst, * um 969/72, † 18.2.999 Rom », sépulture « Rom, Sankt Peter », indexé « Bruno von Kärnten (Salier) », consacré pape « wohl am 3.5.996 », couronnement d'Otton III le 21 mai 996, « Der erste deutsche Papst ». URL : https://www.deutsche-biographie.de/sfz69937.html.
2 10 14 86 91Saint-Siège, fiche officielle « Gregorio V » (version italienne, lue en lecture directe) : « 138° Papa della Chiesa Cattolica », « Inizio pontificato 3.V.996 », « Fine pontificato ...II o III.999 », nom séculier « Brunone dei duchi di Carinzia », « Nascita Sassonia » (la version anglaise donne « 138th Pope of the Catholic Church » et « Bruno of Carinthia »). URL : https://www.vatican.va/content/vatican/it/holy-father/gregorio-v.html.
3 11 16 89Wolfgang Huschner, "GREGORIO V, papa", Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 59, Istituto dell'Enciclopedia Italiana Treccani, 2002 : famille de Bruno, formation à Worms, chapelle impériale, élection de 996, couronnement d'Otton III, synodes de 996, Pavie 997 et Rome 999, crise de Crescentius et Jean XVI, privilèges monastiques, mort et sépulture. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/papa-gregorio-v_%28Dizionario-Biografico%29/. Texte original italien sur la formation : « in grado di leggere e meditare i Padri della Chiesa e soprattutto Gregorio I ». Sur la filiation : « Al battesimo Bruno, era figlio del conte Ottone di Worms ». Sur Pavie 997 : « fu intimato a Roberto di Francia, pena la scomunica, di giustificarsi per il suo matrimonio incestuoso con Berta di Borgogna » (simple menace conditionnelle, pas de sentence prononcée). Sur Rome en janvier 999 : « pena la scomunica in caso di inadempienza » avec sept ans de pénitence infligés aux deux époux. Sur la mort : « Le fonti non sono concordi nel fissare la data del decesso e indicano 4, 11, 12 e 18 febbraio e 12 marzo 999 ». Sur le couronnement : « l'incoronazione imperiale di Ottone III che ebbe luogo, per mano di G. V, il 21 maggio 996, giorno dell'Ascensione ». Sur la sépulture : « Ottone III lo fece seppellire a S. Pietro, presso la tomba di Gregorio I ». Sur la mutilation de Jean XVI et son attribution : « Probabilmente non appena preso gli vennero cavati gli occhi e tagliati naso e lingua. L'iniziativa di questo atto deve essere attribuita a G. V, il quale in questo modo voleva ottenere l'eliminazione di Giovanni Filagato come potenziale concorrente » (page lue en lecture directe le 4 octobre 2026).
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15 51 87Encyclopaedia Britannica, 11ᵉ édition (1911), article « Otto III » (texte intégral lu en lecture directe via le miroir theodora.com) : « OTTO III. (980-1002), Roman emperor, son of the emperor Otto II. and Theophano [...] was born in July 980 ». Né en juillet 980, Otton III a donc quinze ans révolus (dans sa seizième année) lors du couronnement du 21 mai 996. URL du miroir : https://www.theodora.com/encyclopedia/o/otto_iii.html.
35Épître de Jacques 2,13, Bible liturgique française : principe spirituel sur la miséricorde dans le jugement. Cette citation n'est pas une source historique sur Jean XVI ; elle sert à éclairer théologiquement le contraste entre justice canonique et dureté punitive.
67Universalium, miroir de la notice Encyclopaedia Britannica « Gregory V », lu en lecture directe : « born 972, Carinthia ; died Feb. 18?, 999, Rome ; from 996 to 999, the first German pope ». URL du miroir : https://universalium.en-academic.com/122707/Gregory_V. La notice Britannica originale (https://www.britannica.com/biography/Gregory-V) n'est pas consultable directement (protection anti-robots, constatée le 4 octobre 2026) : elle n'est ni citée ni reprise comme appui, seules les lignes du miroir effectivement lu sont utilisées.
88Évangile selon saint Matthieu 16,18, traduction liturgique officielle de l'AELF, accessible sur aelf.org. Promesse christique fondatrice de la papauté, qui éclaire la permanence de l'Église à travers les siècles troublés du Xᵉ siècle. URL : https://www.aelf.org/bible/Mt/16.
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