Pape Jean XIII (965-972)

Pape romain de l'âge ottonien, Jean XIII stabilisa Rome après la crise de Jean XII, organisa Magdebourg pour la mission slave et bénit l'alliance d'Otton II avec Théophano.

Ignispedia

Pape Jean XIII (Ioannes XIII) gouverne l'Église de Rome du 1er octobre 965 au 6 septembre 972. Le Saint-Siège le compte comme le 133e pape de l'Église catholique, né à Rome, successeur de Léon VIII et prédécesseur de Benoît VI.[1] Son pontificat appartient à la première papauté ottonienne : après les violences de Jean XII, de Léon VIII et de Benoît V, Rome doit être stabilisée sous l'œil de l'empereur Otton I.

Jean XIII est choisi en présence des légats impériaux Liudprand de Crémone et Otgar de Spire. Il n'est pourtant pas un simple fonctionnaire allemand posé sur Rome : il est évêque de Narni, formé au Latran, ancien bibliothécaire romain, et membre d'un puissant milieu aristocratique apparenté aux familles qui dominent Rome depuis Théodora, Marozia et Albéric II.[2][3] Sa personne concentre donc le compromis de 965 : un pape acceptable pour l'Empire, mais assez romain pour ne pas répéter l'échec brutal de Léon VIII.

Son pontificat est bref mais dense. Il connaît une révolte romaine presque immédiate : le 16 décembre 965, le pape est malmené, enfermé au château Saint-Ange, puis détenu dans un lieu fortifié de la Campagne romaine (la Campagna du Latium, à ne pas confondre avec la Campanie de Naples). Après son refuge auprès de Pandulf de Capoue, il est revenu à Rome le 14 novembre 966, avec l'appui de ce prince et l'approche d'Otton, il préside ensuite une série d'actes durables : synodes de Rome et de Ravenne, élévation de Magdebourg pour la mission vers les Slaves, consolidation de Capoue et Bénévent, couronnement impérial du jeune Otton II le jour de Noël 967, puis mariage d'Otton II avec la princesse byzantine Théophano le 14 avril 972.[4][5][6]

Jean XIII mérite donc plus qu'une notice de catalogue. Il est le pape qui transforme la tutelle ottonienne en système plus stable : Rome reste dépendante de l'empereur, mais l'Église romaine reprend une activité internationale réelle, depuis l'Angleterre et la France jusqu'à la Bohême, à la Pologne[7], à l'Allemagne orientale et à l'Italie méridionale.[8][9] Son pontificat montre une papauté humiliée politiquement, mais encore capable de décider, d'arbitrer, de consacrer et d'organiser la mission.

« En présence des envoyés impériaux Liudprand, évêque de Crémone, et Otgar, évêque de Spire, […] Jean, évêque de Narni, fut élu pape. » — Johann Peter Kirsch, Catholic Encyclopedia (traduction maison de l'anglais)[10]

Pourquoi Jean XIII compte-t-il ?

Le premier pape après la tempête de 963-965

Jean XIII arrive après trois années de crise presque ininterrompue. Jean XII, pape légitime mais gravement scandaleux, est déposé par un synode impérial en décembre 963 ; Léon VIII est élu sous pression d'Otton alors que Jean XII vit encore ; Benoît V est élu par les Romains après la mort de Jean XII, puis déposé et envoyé à Hambourg ; Léon VIII meurt en mars 965.[11][12][13][14]

Le choix de Jean XIII ne peut donc pas être lu comme une élection ordinaire. La vacance dure plusieurs mois. Les Romains demandent d'abord à Otton le retour de Benoît V, mais celui-ci meurt à Hambourg le 4 juillet 965. L'empereur envoie alors à Rome Liudprand de Crémone et Otgar de Spire pour encadrer l'élection d'un nouveau pape.[15][16]

Le résultat est un compromis plus intelligent que l'imposition de Léon VIII. Jean XIII a l'appui impérial, mais il appartient aussi au monde romain. Treccani insiste sur ce point : l'expérience de Léon VIII avait sans doute montré que Rome se gouvernait mieux avec la collaboration de son groupe dirigeant qu'en le traitant comme un ennemi.[17]

Un pape romain, mais pas prisonnier de Rome

Le paradoxe de Jean XIII est net. Il naît dans l'aristocratie romaine, il a été formé au Latran, il a parcouru les degrés du clergé romain, il a été bibliothécaire et évêque de Narni. Mais son élection dépend de la présence impériale, et son retour après l'exil dépend de l'intervention d'Otton.[18]

Ce mélange explique sa force et sa fragilité. Sa force : il connaît Rome, ses familles, ses offices, ses réseaux et les dossiers ecclésiastiques. Sa fragilité : une partie de la noblesse le juge trop lié à l'Empire, trop autoritaire, trop favorable à sa propre famille. La révolte de décembre 965 naît précisément de cette tension.[19][20]

Un pontificat d'organisation plus que de doctrine

Jean XIII ne laisse pas une grande somme doctrinale ni un acte dogmatique comparable aux conciles anciens. Son importance est institutionnelle. Il organise des sièges, confirme des synodes, accorde des privilèges, traite des questions de droit ecclésiastique et insère la papauté dans la reconstruction ottonienne de l'Europe chrétienne.[21][22]

Tous les papes ne sont pas des docteurs, des saints ou des martyrs. Jean XIII compte parmi les papes d'organisation : après la crise de 963-965, il fait inscrire la reprise en main dans des structures durables — synodes datés, métropoles érigées, privilèges confirmés.

Les sources principales et leurs limites

Saint-Siège, encyclopédies et actes pontificaux

La fiche officielle du Saint-Siège donne les repères minimaux : 133e pape, début du pontificat le 1er octobre 965, fin le 6 septembre 972, naissance à Rome.[23] La Catholic Encyclopedia de Johann Peter Kirsch fournit le récit classique : élection sous légats impériaux, origine familiale, révolte romaine, captivité dans la Campagne romaine (la Campagna), refuge à Capoue, retour de novembre 966, synodes, Magdebourg, Otton II et Théophano.[24]

La New Catholic Encyclopedia résume le même dossier en insistant sur l'opposition nobiliaire à l'élection impériale, la captivité, le retour avec l'appui d'Otton, la réforme clunisienne, Ravenne, Magdebourg et la sépulture à Saint-Paul-hors-les-Murs.[25] Treccani, surtout dans le Dizionario Biografico degli Italiani, est plus précis sur la carrière romaine de Jean avant l'élection, ses ambiguïtés sous Jean XII et Léon VIII, la sociologie de la révolte romaine, les synodes de 967 et les négociations byzantines.[26]

SourceNatureApport principalPrudence
Saint-SiègeListe officielleRang, dates, origine romaineNotice très minimale
Catholic EncyclopediaSynthèse catholique ancienneRécit clair du pontificat et bibliographie classiqueDépend de Mann/Kirsch, sans toutes les nuances récentes
New Catholic EncyclopediaSynthèse moderneArrestation, réforme, Ravenne, Magdebourg, ThéophanoTrès courte
Treccani DBISynthèse historienne italienneCarrière latérane, clans romains, synodes, diplomatieDemande une lecture critique des termes politiques
Jaffé / regestes pontificauxRépertoires chronologiques (chaque acte résumé, avec renvoi au texte intégral)Instrument cité par Mann pour les lettres de chaque pape : Regesta Pontificum Romanorum, 2e éd., Leipzig, 1885Non dépouillés acte par acte pour cet article : aucun acte original n'y est cité directement
LiudprandTémoin ottonienContexte impérial et diplomatie byzantineSource engagée au service d'Otton

Liudprand de Crémone : un témoin utile, mais non neutre

Liudprand est omniprésent dans le dossier. Il avait été témoin et interprète des événements de 963-964 ; il est envoyé à Rome pour l'élection de Jean XIII ; il porte ensuite la parole ottonienne à Constantinople en 968. Sa notice dans la Catholic Encyclopedia rappelle qu'après la mort de Léon VIII, Liudprand retourna à Rome avec Otgar de Spire pour conduire l'élection du nouveau pape, occasion où Jean XIII fut choisi.[27]

Mais Liudprand n'est pas un chroniqueur neutre. Les articles voisins sur Jean XII, Léon VIII et Benoît V montrent déjà qu'il écrit pour défendre l'intervention d'Otton. Il faut donc l'utiliser comme témoin de première main pour le milieu impérial, non comme arbitre final de la légitimité romaine.[28]

Ce que l'on ne sait pas

On ne connaît pas la date de naissance de Jean XIII. Les notices modernes le disent né à Rome, sans donner de date : on ne peut donc écrire aucune datation, même approximative.[29][30] On ne possède pas non plus de portrait spirituel intime comparable à celui d'un saint abbé ou d'un docteur.

La généalogie demande aussi prudence. Kirsch rattache Jean à la famille de l'aînée Théodora, par le mariage de la jeune Théodora avec le consul Jean ; Pauler, plus précis, distingue deux liens successifs : le frère du pape, Benoît, avait épousé Stéphanie de Palestrina, nièce du sénateur Théophylacte — d'où la parenté avec le milieu théophylactien —, tandis que l'alliance avec les Crescenzi ne vint que du mariage du neveu du pape, Benoît, avec Théodoranda, fille de Crescenzio de Caballo Marmoreo, en mai 967.[31][32] Il faut donc retenir le fait solide — haute aristocratie romaine, parenté théophylactienne puis alliance crescentienne — sans fondre les deux parentés en une seule origine.

Origines et carrière avant l'élection

Un clerc formé au Latran

Treccani donne le renseignement le plus précieux sur la formation de Jean : il reçoit son éducation religieuse au Latran, il est très cultivé, et il parcourt à Rome tous les degrés de la dignité sacerdotale, depuis l'ordre d'ostiarius (le portier, le premier des ordres mineurs) jusqu'au diaconat, avant de devenir évêque de Narni.[33] Cette progression est importante : contrairement à Léon VIII, promu en quelques jours pendant la crise de 963, Jean XIII n'est pas un laïc brusquement installé sur le siège de Rome.

Son profil est celui d'un homme d'appareil ecclésiastique : formé dans les institutions romaines, habitué aux actes, aux archives, aux synodes et aux équilibres entre familles. En 961, il est documenté comme évêque de Narni, et Jean XII lui confie la charge de bibliothécaire romain.[34]

Évêque de Narni et bibliothécaire romain

Narni n'est pas un siège lointain coupé de Rome. La ville se situe en Ombrie, dans une zone directement liée aux routes entre Rome et l'Italie centrale. Être évêque de Narni donne à Jean une expérience épiscopale réelle sans l'éloigner des affaires romaines.

La fonction de bibliothécaire romain est encore plus révélatrice. Dans la Rome du Xe siècle, les archives, les privilèges et les formules de chancellerie sont un instrument de gouvernement. Un pape qui a été bibliothécaire connaît les titres, les droits, les donations, les documents impériaux et les dossiers ecclésiastiques. Cela explique son activité ultérieure : confirmations de privilèges, décisions de synodes, organisation de métropoles, lettres à des Églises étrangères.[35][36]

Un rôle ambigu sous Jean XII

Le futur Jean XIII apparaît dans le dossier de 963 avant son élection. Treccani rapporte qu'au printemps 963, il fait partie d'une légation de Jean XII auprès d'Otton, avec la mission, selon Liudprand, de tromper l'empereur sur les intentions politiques du pape. Puis, au synode impérial de novembre 963, il apparaît comme témoin d'accusation contre Jean XII.[37]

Le fait est délicat. Il montre que Jean n'est pas un adversaire simple de l'Empire, mais il montre aussi qu'il a survécu au retour de Jean XII sans sanction majeure. Treccani en tire une conclusion sociologique : il appartenait à un milieu aristocratique assez puissant pour être protégé malgré son attitude hostile envers Jean XII.[38]

Pour l'historien catholique, cela empêche d'écrire une hagiographie facile. Jean XIII n'est pas un pur réformateur surgissant contre les factions. Il est un homme de la Rome aristocratique, assez habile pour traverser les retournements, puis assez compétent pour devenir le candidat de stabilisation après Léon VIII.

L'élection du 1er octobre 965

Une vacance longue et politiquement chargée

Léon VIII meurt en mars 965. Les Romains demandent alors à Otton le retour de Benoît V, exilé à Hambourg depuis sa déposition de 964. Mais Benoît meurt le 4 juillet 965. La possibilité d'un retour du pape exilé disparaît, et la vacance se prolonge.[39][40]

Cette vacance de plus de six mois dit l'ampleur du problème. Rome ne peut pas choisir librement sans tenir compte de l'empereur ; l'empereur ne peut pas simplement imposer un homme détesté par Rome sans risquer une nouvelle explosion. L'élection de Jean XIII est donc un acte de réparation politique autant qu'un acte ecclésial.

Les légats d'Otton : Liudprand et Otgar

Otton envoie deux représentants : Liudprand, évêque de Crémone, et Otgar, évêque de Spire. La Catholic Encyclopedia les nomme explicitement comme présents à l'élection.[41] Leur présence signifie que l'empereur ne laisse pas Rome décider seule. Mais elle signifie aussi que l'élection est menée par des évêques, non par une pure occupation militaire.

« Le candidat de l'empereur, Jean, évêque de Narni, fut élu pape et couronné le 1er octobre 965 sous le nom de Jean XIII. » — Johann Peter Kirsch, Catholic Encyclopedia (traduction maison de l'anglais)[42]

Treccani nuance fortement l'idée d'une nomination purement impériale : Jean XIII ne fut pas choisi exclusivement par la volonté de l'empereur, même si les légats impériaux firent sentir leur influence. C'est la formule clé du pontificat : influence impériale réelle, mais réception romaine nécessaire.[43]

Pourquoi Jean, et pas un autre ?

Jean présente quatre avantages. Il est romain ; il appartient à la haute société locale ; il n'est pas moralement discrédité comme Jean XII ; il n'est pas canoniquement problématique comme Léon VIII pendant la première phase de sa carrière pontificale. En outre, son épiscopat à Narni et sa charge de bibliothécaire lui donnent une compétence ecclésiale réelle.[44][45]

Ce choix répond donc à la question de 965 : comment donner à Otton un pape fiable sans humilier Rome une seconde fois ? La réponse est Jean XIII. Le fait que la révolte éclate quand même trois mois plus tard montre que le compromis était fragile, mais non absurde.

La révolte romaine de décembre 965

Arrestation au château Saint-Ange

Le 16 décembre 965, à peine trois mois après son élection, Jean XIII est attaqué par une coalition romaine. Treccani nomme plusieurs acteurs : Pierre, préfet de la ville nommé par l'empereur ; Étienne, vestiaire (le vestararius, administrateur du trésor et du vestiaire pontifical) ; Roffred, comte de la Campagne romaine (le comes Campaniae, c'est-à-dire du territoire du Latium autour de Rome, non de la Campanie napolitaine) ; les consuls et les décarques, c'est-à-dire des chefs du peuple romain.[46] La révolte n'est donc pas un simple mouvement de foule ; elle implique des fonctions urbaines et aristocratiques.

La Catholic Encyclopedia rapporte que les nobles hostiles au pape, parce qu'il était le candidat impérial et qu'il cherchait à contenir leurs empiétements, s'emparèrent de sa personne en décembre 965, l'enfermèrent au château Saint-Ange, puis le transférèrent dans une place fortifiée de la Campagne romaine (la Campagna du Latium).[47]

« Ils l'enfermèrent au château Saint-Ange, puis le transportèrent dans un lieu fortifié de la Campagna [la Campagne romaine]. » — Johann Peter Kirsch, Catholic Encyclopedia (traduction maison de l'anglais)[48]

Les griefs : arrogance, famille, pouvoir romain

Treccani précise que les griefs documentés portent surtout sur l'arrogance envers la Curie et la faveur accordée à ses proches.[49] Cette précision compte. Les opposants ne contestent pas d'abord sa doctrine, ni même le transfert de Narni à Rome. Ils contestent son style de gouvernement et sa redistribution du pouvoir.

Le pontificat de Jean XIII se situe donc au croisement de trois conflits : Rome contre l'Empire, familles romaines entre elles, et pape contre curie locale. C'est un théâtre très concret, loin d'une vision abstraite de la papauté. Les institutions sacrées fonctionnent au milieu de familles, d'offices, d'honneurs, de rancunes et de calculs.

Un signe paradoxal de légitimité

Treccani signale un détail important : pendant les onze mois d'exil, aucune tentative d'élire un autre pape n'eut lieu à Rome, alors même que le transfert de Jean de Narni à Rome aurait pu fournir un prétexte canonique.[50] Le fait est capital pour la réception.

Les Romains se révoltent contre Jean, mais ils ne le remplacent pas. Ils l'humilient, le neutralisent, le déplacent ; ils ne construisent pas une succession concurrente. Cela distingue son cas de celui de Léon VIII et Benoît V. En 965-966, il y a violence contre le pape, mais pas schisme pontifical complet.

Captivité en Campagne romaine, refuge à Capoue et retour du 14 novembre 966

La fuite vers Pandulf de Capoue

Après sa captivité dans la Campagne romaine, où il était confié à la surveillance du comte Roffred, Jean XIII finit par s'échapper. La Catholic Encyclopedia dit qu'il trouva accueil et protection auprès du prince Pandulf de Capoue, en Campanie méridionale — un autre territoire que le lieu de sa détention.[51] Treccani précise qu'après l'assassinat de Roffred par Jean de Crescenzio de Caballo Marmoreo, le pape put se réfugier au début de l'été 966 auprès de Pandulf.[52]

Ce refuge aura une conséquence institutionnelle : en gratitude pour la protection reçue, Jean élèvera Capoue au rang de métropole ecclésiastique et nommera archevêque le frère de Pandulf, également nommé Jean.[53][54] La décision peut être lue comme récompense politique, mais aussi comme organisation réelle de l'Église méridionale.

Le rôle de l'approche impériale

Jean ne revient pas seulement parce qu'il a fui. Il revient parce que l'empereur approche. Quand Otton entreprend une nouvelle expédition italienne en 966, les Romains prennent peur et permettent au pape de revenir dans la ville le 14 novembre 966.[55]

Treccani décrit un retour solennel : Jean célèbre une messe à Saint-Pierre, reprend possession du Latran, bénit le peuple en fête, qui implore son pardon, tandis que des banquets sont organisés.[56] L'image est presque liturgique : la cité qui avait expulsé le pape le reçoit de nouveau comme pasteur. Mais l'arrière-plan reste politique : sans Otton, le retour aurait probablement été impossible.

La vengeance d'Otton et la dureté du pape

La répression est sévère. Kirsch rapporte que l'empereur arrive en décembre et rend une justice dure : plusieurs conspirateurs sont pendus, d'autres bannis.[57] Treccani donne des détails plus crus : consuls envoyés en exil au-delà des Alpes, douze décarques pendus, préfet Pierre remis au pape, humilié publiquement, suspendu par les cheveux à la statue équestre de Constantin, promené nu à rebours sur un âne, puis emprisonné avant l'exil en Allemagne.[58]

Il faut l'écrire sans complaisance. Jean XIII n'est pas seulement une victime pieuse. Il participe à une culture politique dure, où l'humiliation corporelle et publique est un langage de pouvoir. Le catholicisme n'a rien à gagner à adoucir artificiellement le Xe siècle. Il suffit de distinguer : la fonction pontificale reste sacrée ; certains comportements politiques des papes ne sont pas exemplaires.

Les synodes de Rome et de Ravenne

Rome, janvier 967 : un synode dont le détail échappe

La Catholic Encyclopedia mentionne un synode tenu à Saint-Pierre le 11 janvier 967, mais ajoute que les résultats en sont inconnus.[59] Treccani relie ce rassemblement à un document d'Otton pour l'abbaye de Subiaco, émis à Rome le 11 janvier 967 (cote donnée par Pauler : Die Urkunden, n. 336), en présence de l'empereur, du pape, de l'archevêque de Ravenne, d'évêques italiens et ultramontains, de Pandulf et de dignitaires ecclésiastiques et laïcs.[60]

Le point sûr est donc l'existence d'un grand rassemblement ecclésial et politique autour du pape et de l'empereur. Plusieurs questions semblent avoir été renvoyées à Ravenne, parce que le synode romain ne pouvait pas tout traiter.[61]

Ravenne, avril 967 : droit ecclésiastique et politique impériale

Jean XIII accompagne Otton à Ravenne, où un synode s'ouvre vers la mi-avril dans l'église du monastère de San Severo in Classe (l'église Saint-Sévère de Classe, près de Ravenne). Treccani indique qu'il dura au moins jusqu'au 25 avril 967 et traita à la fois des questions de droit ecclésiastique et des grands projets politiques et ecclésiaux de l'Empire.[62]

La Catholic Encyclopedia résume ses effets : confirmation de l'élévation de Magdebourg en métropole, décisions de litiges, privilèges accordés à des églises et monastères, restitution de Ravenne et de son territoire au pape comme partie des États ecclésiastiques.[63]

Arold de Salzbourg et la discipline

Le synode de Ravenne s'occupe notamment d'Arold, archevêque de Salzbourg, excommunié et aveuglé, qui continuait malgré l'interdit à célébrer la messe et à porter le pallium (la bande de laine blanche, insigne des archevêques métropolitains). Treccani rapporte que le 25 avril, le concile le condamna, ainsi que ceux qui le soutenaient (Pauler renvoie aux actes : Zimmermann, Papsturkunden, 1988, n. 351).[64]

Ce détail montre que le pontificat ne se résume pas à l'axe Rome-Otton. Jean XIII traite aussi de discipline épiscopale : un archevêque privé de communion ne peut pas continuer à agir comme si rien n'était. L'ordre ecclésial, même dans une époque politiquement violente, garde ses normes.

Ravenne et les États pontificaux

Le synode de Ravenne a aussi une dimension territoriale. En échange de la collaboration pontificale, Otton restitue à l'Église romaine des territoires de l'Exarchat qui, malgré le Privilegium Ottonianum de 962, n'étaient pas réellement entrés en possession du pape. Treccani cite notamment le territoire urbain de Ravenne, la région de Comacchio et la comté de Ferrara ; mais l'empereur garde en pratique une forme d'administration par l'impératrice Adélaïde.[65]

Le geste est typique de l'équilibre ottonien : l'empereur rend au pape, mais il encadre ce qu'il rend. La papauté récupère des droits ; l'Empire garde la main. Jean XIII avance, mais dans un espace surveillé.

Magdebourg et la mission vers les Slaves

Un projet ancien d'Otton

La décision majeure du synode de Ravenne est l'approbation de l'érection de Magdebourg en archevêché missionnaire pour l'évangélisation des Slaves. Jean XII avait déjà approuvé le projet en 962, mais l'opposition de l'archevêque de Mayence et de l'évêque de Halberstadt avait retardé sa réalisation.[66][67]

Jean XIII approuve le projet à Ravenne le 20 avril, sous condition du consentement de l'archevêque de Mayence et de l'évêque de Halberstadt. Après la mort des deux opposants, Guillaume de Mayence et Bernard de Halberstadt, en 968, la fondation peut être mise en route entre février et mars 968.[68][69]

Adalbert, premier archevêque

En octobre 968, Adalbert, déjà évêque après sa mission en Russie, se présente à Rome avec les lettres de consentement nécessaires. Le 18 octobre 968, Jean XIII lui confère à Rome la dignité archiépiscopale et accorde de nombreux privilèges à son Église.[70] L'intronisation à Magdebourg, elle, a lieu à Noël 968 : Adalbert y prend possession de son siège comme premier archevêque et consacre ensuite les premiers évêques de Merseburg, Meissen et Zeitz.[71]

On distingue donc la concession romaine du 18 octobre 968 et l'intronisation à Magdebourg à Noël 968, suivie de l'organisation des suffragants (les évêques placés sous l'autorité du nouveau métropolitain) : Jean XIII est le pape qui met en œuvre la fondation de Magdebourg.

Une géographie missionnaire

Magdebourg devient une tête de pont pour l'évangélisation des Slaves occidentaux. La New Catholic Encyclopedia dit que Magdebourg et ses suffragants devinrent le quartier général de la conversion des Slaves.[72] Il faut mesurer la portée de cette décision : la frontière orientale de la chrétienté latine n'est pas seulement militaire ; elle est épiscopale, monastique, liturgique et missionnaire.

SiègeRôle dans le projetÉtat sous Jean XIII
MagdebourgMétropole missionnaire voulue par OttonApprouvée et organisée sous Jean XIII
MerseburgSuffragant pour les régions slavesPremière organisation liée à Adalbert
MeissenSiège saxon orientalMentionné dans la création des premiers évêchés
ZeitzSiège missionnaireConsacré dans le même ensemble

L'évangélisation ne doit pas être confondue avec une pure expansion impériale. Elle est mêlée à la conquête, certes, mais elle apporte aussi l'épiscopat, les sacrements, l'écriture latine, la vie monastique et l'intégration progressive de peuples entiers dans la chrétienté. Jean XIII est l'un des papes qui donnent forme canonique à cette transition.

Capoue, Bénévent et l'Italie méridionale

Capoue récompensée pour l'accueil du pape

Jean XIII élève Capoue au rang de métropole ecclésiastique au début de son pontificat, en gratitude envers Pandulf qui l'avait accueilli pendant son exil.[73][74] Cette décision lie directement une faveur politique à une structure ecclésiale.

Il serait naïf d'ignorer la dimension de récompense. Mais il serait aussi trop court d'y voir seulement du népotisme politique. L'Italie méridionale est un espace stratégique entre Lombards, Byzantins, Sarrasins, Rome et Empire. Organiser des métropoles y a un poids pastoral et diplomatique réel.

Bénévent métropole en 969

Au synode romain de 969, Bénévent reçoit à son tour la dignité métropolitaine.[75] Cette élévation complète l'appui romain à la principauté lombarde méridionale et renforce l'organisation ecclésiale du Sud.

Capoue et Bénévent forment ainsi un diptyque. Les deux villes sont politiquement importantes, proches de Pandulf et du réseau ottonien, et situées dans une région où Rome doit composer avec la puissance byzantine et les réalités lombardes.

L'équilibre avec Byzance

L'Italie du Sud est aussi le lieu où s'affrontent l'Empire ottonien et l'Empire byzantin. Les négociations autour du mariage d'Otton II avec une princesse de Constantinople ne peuvent pas être séparées de cette géographie. Les Byzantins cherchent à limiter les prétentions ottoniennes sur Capoue et Bénévent ; Otton cherche la reconnaissance de sa dignité impériale par l'Orient.[76]

Jean XIII travaille donc dans une zone très tendue. Sa politique méridionale n'est pas seulement locale ; elle touche à la grande question du Xe siècle : comment l'Empire d'Occident restauré par Otton peut-il coexister avec l'Empire romain d'Orient ?

Otton II et Théophano

Le couronnement du 25 décembre 967

Le jour de Noël 967, le jeune Otton II, âgé d'environ douze ou treize ans, vient à Rome et reçoit de Jean XIII la couronne impériale comme coempereur auprès de son père.[77][78] L'acte prépare la continuité dynastique ottonienne. Il évite qu'à la mort d'Otton I, l'Empire doive rouvrir une crise de légitimité.

Ce couronnement confirme aussi le rôle romain : même dans une papauté dépendante, la couronne impériale passe par l'autel de Pierre. L'empereur protège Rome ; Rome sacralise l'empereur. Cette réciprocité est puissante, mais dangereuse si l'une des deux parties absorbe l'autre.

Les négociations byzantines

Jean XIII favorise les négociations avec Constantinople pour un mariage entre Otton II et une princesse byzantine. La première cible, selon Treccani, est Anna Porphyrogénète, fille de Romain II. Les tensions avec Nicéphore Phocas retardent l'accord ; la situation change après l'assassinat de Nicéphore et l'avènement de Jean I Tzimiskès, qui envoie sa parente Théophano.[79]

Liudprand de Crémone, envoyé à Constantinople en 968, témoigne des humiliations diplomatiques subies par les Ottoniens. Sa Relatio de legatione Constantinopolitana est un texte violent contre les Byzantins, mais il révèle l'enjeu : faire reconnaître à l'Orient la dignité impériale de l'Occident ottonien.[80]

Le mariage du 14 avril 972

Le 14 avril 972, à Rome, Jean XIII couronne Théophano impératrice et bénit son mariage avec Otton II.[81][82] L'acte est l'un des sommets diplomatiques du pontificat. Il unit dynastiquement la maison ottonienne à une princesse venue de l'Orient impérial.

La portée dépasse la famille. Le mariage donne à Otton II un prestige byzantin ; il apaise une partie des tensions autour de l'Italie méridionale ; il inscrit Rome comme lieu rituel où l'Occident germanique et l'Orient byzantin peuvent se rencontrer. Jean XIII n'est pas le maître de ce jeu, mais il en est le médiateur sacramentel.

« Le mariage eut lieu à Rome et fut béni par le pape lui-même le 14 avril 972. » — Johann Peter Kirsch, Catholic Encyclopedia (traduction maison de l'anglais)[83]

L'activité internationale du pape

Angleterre et France

La Catholic Encyclopedia rapporte que Jean XIII confirma des décrets de synodes tenus en Angleterre et en France.[84] La notice ne détaille pas ces synodes, mais le fait est significatif : malgré la domination ottonienne, la papauté reste consultée au-delà de l'espace impérial.

Dans la même logique, la New Catholic Encyclopedia souligne que le pape et l'empereur encouragent l'extension de la réforme clunisienne.[85] Jean XIII appartient donc à une papauté qui commence à retrouver un rôle de validation internationale des réformes ecclésiales.

Cluny et les privilèges monastiques

Jean XIII accorde des privilèges à des églises et monastères, spécialement à Cluny selon Kirsch.[86] Le détail prolonge une ligne déjà visible chez Jean XI, Léon VII, Marin II et Agapet II : dans un siècle politiquement abîmé, les papes protègent les foyers monastiques qui porteront la réforme.

Cluny n'est pas un détail pieux. L'abbaye bourguignonne devient au XIe siècle l'un des grands moteurs de la purification liturgique, monastique et ecclésiale. Chaque privilège pontifical qui la protège contre les pouvoirs locaux contribue à rendre possible la réforme future.

Le projet d'un siège à Prague

Kirsch signale que le plan du duc bohémien Boleslav II de fonder un siège à Prague fut approuvé par Jean XIII, mais dut être différé.[87] Ce point rattache le pontificat aux débuts de l'organisation ecclésiale de la Bohême.

Là encore, le pape agit moins comme écrivain doctrinal que comme architecte de structures. Il confirme, retarde, organise, autorise. C'est la part discrète mais décisive du gouvernement romain : donner forme canonique à la croissance de l'Église dans les peuples nouvellement christianisés.

Mort, sépulture et succession

La mort du 6 septembre 972

Jean XIII meurt à Rome le 6 septembre 972.[88][89] Sa mort intervient quelques mois après le mariage de Théophano et Otton II. Le grand acte diplomatique de son pontificat est donc presque son dernier acte visible.

La New Catholic Encyclopedia indique qu'il est enseveli à Saint-Paul-hors-les-Murs.[90] Ce lieu convient à son pontificat : une basilique apostolique hors de la ville dense, liée à la mission paulinienne, et située dans cette Rome où l'Église survit aux violences internes en gardant ses lieux sacrés.

Benoît VI et la poursuite de la papauté ottonienne

Son successeur est Benoît VI, élu fin 972 et dont le pontificat commence en janvier 973, avec sa consécration le 19 janvier.[91][92] La stabilité ne dure pas longtemps : la mort d'Otton I en 973 ouvrira de nouvelles tensions romaines, et Benoît VI sera lui-même saisi par la faction de Crescentius et du diacre Boniface, détenu au château Saint-Ange, puis étranglé en 974 pour empêcher sa libération par Sicco, l'envoyé d'Otton II.[93] Le détail appartient à l'article voisin Benoît VI.

La séquence rappelle que Jean XIII n'a pas définitivement pacifié Rome. Il a stabilisé une phase, non guéri le système. La papauté ottonienne reste vulnérable aux familles romaines dès que l'empereur s'éloigne ou meurt.

Que révèle Jean XIII ?

Une papauté protégée, donc dépendante

Jean XIII montre que l'aide impériale peut sauver un pape sans libérer pleinement l'Église. Otton lui permet d'être élu, de revenir à Rome, de punir les révoltés et d'organiser de grands synodes. Mais cette protection a un prix : le pape doit gouverner dans l'orbite impériale, soutenir Magdebourg, couronner Otton II, participer à la stratégie byzantine.

Il ne faut pas caricaturer Otton. Son action met fin à une partie du chaos romain et rend possible une reprise institutionnelle. Mais la réforme grégorienne montrera un siècle plus tard que l'Église ne peut pas vivre durablement sous la garantie politique d'un prince, même chrétien.

Une papauté internationale malgré Rome

L'autre leçon est positive. Malgré l'exil, la révolte et la dépendance, Jean XIII agit sur une carte large : Rome, Ravenne, Capoue, Bénévent, Magdebourg, Meissen, Merseburg, Zeitz, Prague, Cluny, Angleterre, France, Constantinople. Le pape n'est pas seulement un évêque de ville pris dans ses clans ; il reste le centre visible d'une communion européenne.

Cette tension est l'une des marques du catholicisme médiéval. Le Siège romain peut être politiquement humilié à l'intérieur, tout en demeurant recherché à l'extérieur comme arbitre, source de privilèges et point de communion.

La réforme naît aussi de ces humiliations

Jean XIII n'est pas encore Grégoire VII. Il ne revendique pas la pleine libertas Ecclesiae (la liberté de l'Église face aux pouvoirs laïcs) contre l'Empire. Mais son pontificat prépare indirectement la question. À force de dépendre de protecteurs laïcs pour survivre aux factions romaines, l'Église comprend qu'elle a besoin d'une réforme plus profonde : liberté des élections, lutte contre la simonie, discipline du clergé, purification des rapports avec les princes.

Dans ce sens, Jean XIII est un pape de transition. Il n'est pas grand par un traité, une canonisation ou une définition dogmatique ; il est important parce qu'il rend visible le passage du saeculum obscurum romain à l'âge ottonien, puis, en creux, à la future réforme grégorienne.

Chronologie

  1. Mars 965
    Mort de Léon VIII
    Fin du pape imposé puis reçu après la crise de 963-964

    La mort de Léon VIII laisse Rome sans pape, mais le souvenir de Benoît V exilé à Hambourg reste vivant.

  2. 4 juillet 965
    Mort de Benoît V à Hambourg
    La demande romaine de le rappeler devient impossible

    Les Romains avaient demandé son retour ; sa mort permet à Otton d'encadrer une nouvelle élection.

  3. 1er octobre 965
    Élection de Jean XIII
    Évêque de Narni, candidat acceptable pour l'Empire et Rome

    L'élection se déroule en présence des légats impériaux Liudprand de Crémone et Otgar de Spire.

  4. 16 décembre 965
    Révolte romaine
    Le pape est arrêté, enfermé au château Saint-Ange puis exilé

    Les nobles romains rejettent son gouvernement et sa proximité avec l'Empire.

  5. 14 novembre 966
    Retour solennel à Rome
    Jean XIII reprend Saint-Pierre et le Latran

    Le retour se fait avec l'appui de Pandulf de Capoue et l'approche d'Otton I.

  6. Avril 967
    Synode de Ravenne
    Magdebourg, Ravenne, discipline ecclésiastique

    Jean XIII et Otton règlent ensemble plusieurs dossiers de droit ecclésiastique et d'organisation missionnaire.

  7. 25 décembre 967
    Couronnement d'Otton II
    Le jeune fils d'Otton I devient coempereur

    La continuité dynastique ottonienne reçoit sa sanction liturgique à Rome.

  8. 968
    Organisation de Magdebourg
    Adalbert devient le premier archevêque

    La nouvelle métropole structure la mission latine vers les Slaves occidentaux.

  9. 14 avril 972
    Mariage d'Otton II et Théophano
    Alliance dynastique avec Byzance

    Jean XIII couronne Théophano impératrice et bénit son mariage avec Otton II.

  10. 6 septembre 972
    Mort de Jean XIII
    Sépulture à Saint-Paul-hors-les-Murs

    Le pontificat s'achève quelques mois après son grand acte diplomatique oriental.

Pour aller plus loin

  • Pape Agapet II (946-955) — le pape de la Rome d'Albéric II avant Jean XII.
  • Pape Jean XII (vers 937-964) — le pape scandaleux dont la crise ouvre l'âge ottonien.
  • Pape Léon VIII (963-965) — le prédécesseur immédiat, imposé puis reçu dans la crise.
  • Pape Benoît V (964-965) — le pape romain déposé par Otton et mort en exil à Hambourg.
  • Le saeculum obscurum (904-964) — le contexte de domination aristocratique romaine.
  • La réforme grégorienne — la réponse ultérieure à la domination laïque sur les élections ecclésiastiques.
  • Cluny — le grand foyer monastique protégé par les privilèges pontificaux.

Notes et références

  1. Saint-Siège, fiche officielle "John XIII" (consultée le 4 octobre 2026) : 133e pape de l'Église catholique, début du pontificat le 1.X.965, fin le 6.IX.972, naissance à Rome. Convention de comptage : la liste actuelle du Saint-Siège fiche Léon VIII comme 131e pape et Benoît V comme 132e pape (aucun antipape intercalé en 963-965), d'où Jean XIII 133e. URL : https://www.vatican.va/content/vatican/en/holy-father/giovanni-xiii.html.

    1 23 29 88
  2. Johann Peter Kirsch, "Pope John XIII", The Catholic Encyclopedia, vol. 8, Robert Appleton Company, New York, 1910, repris par New Advent : élection le 1er octobre 965 en présence de Liudprand et Otgar ; origine familiale romaine ; arrestation en décembre 965 ; refuge auprès de Pandulf de Capoue ; retour à Rome le 14 novembre 966 ; synode de Rome, synode de Ravenne, Magdebourg, couronnement d'Otton II, mariage avec Théophano, privilèges à Cluny et approbation du projet de Prague. URL : https://www.newadvent.org/cathen/08427a.htm.

    2 4 9 13 16 19 21 24 31 35 41 45 47 51 54 55 57 59 63 66 69 71 73 75 77 81 84 86 87 89
  3. Roland Pauler, "Giovanni XIII, papa", Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 55, Istituto dell'Enciclopedia Italiana, 2001, Treccani : formation religieuse au Latran, culture, degrés ecclésiastiques, évêque de Narni documenté en 961, bibliothécaire romain, rôle ambigu en 963, élection du 1er octobre 965 après longue vacance, révolte du 16 décembre 965, exil, refuge auprès de Pandulf, retour du 14 novembre 966, répression, synodes de 967, Magdebourg, Ravenne, négociations byzantines et mariage de Théophano. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/papa-giovanni-xiii_%28Dizionario-Biografico%29/.

    3 6 8 14 15 17 18 20 26 32 33 34 36 37 38 39 43 44 46 49 50 52 53 56 58 60 61 62 64 65 67 68 70 74 76 79 82
  4. S. McKenna, "John XIII, Pope", New Catholic Encyclopedia, repris par Encyclopedia.com : pontificat du 1er octobre 965 au 6 septembre 972 ; né à Rome, sans date (un simple « b. Rome ») ; évêque de Narni ; opposition des nobles romains, captivité dans la Campagna, retour avec l'appui d'Otton ; réforme clunisienne ; synode de Ravenne ; couronnement d'Otton II ; mariage avec Théophano ; Magdebourg et sépulture à Saint-Paul-hors-les-Murs. URL : https://www.encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/john-xiii-pope.

    5 22 25 30 72 78 85 90
  5. Roland Pauler, "Giovanni XIII, papa", Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 55, Treccani (édition en ligne, sans pagination) : « dai più vari regni europei, fossero l'Inghilterra, la Francia o la Polonia, giungevano continuamente postulanti che richiedevano consigli e giudizi su questioni ecclesiastiche, o anche privilegi. » La mention de la Pologne vaut pour ces requêtes et privilèges ; Pauler ne documente en revanche aucun acte précis pour un statut de Jordan de Poznań en 968, qui n'est donc pas allégué ici. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/papa-giovanni-xiii_%28Dizionario-Biografico%29/.

    7
  6. Johann Peter Kirsch, "Pope John XIII", The Catholic Encyclopedia, vol. 8, Robert Appleton Company, New York, 1910, repris par New Advent. Original anglais : "In presence of the imperial envoys, Liutprand, Bishop of Cremona, and Otgar, Bishop of Speyer, the emperor's candidate, John, Bishop of Narni, was elected pope, and crowned on 1 October, 965, as John XIII." Les citations du corps sont une traduction maison (Liutprand rendu Liudprand selon l'usage français). URL : https://www.newadvent.org/cathen/08427a.htm.

    10 42
  7. Voir l'article Ignispedia Pape Léon VIII (963-965), sections sur l'élection contestée de décembre 963, la déposition de Benoît V, le rôle de Liudprand et la réception ultérieure de Léon VIII.

    11 28
  8. Voir l'article Ignispedia Pape Benoît V (964-965), sections sur l'élection de mai 964, la déposition par Otton, l'exil à Hambourg et la mort du 4 juillet 965.

    12 40
  9. S. Vailhé, "Liutprand of Cremona", The Catholic Encyclopedia, vol. 9, Robert Appleton Company, New York, 1910, repris par New Advent : Liudprand accompagne les interventions d'Otton dans les affaires du Saint-Siège, retourne à Rome après la mort de Léon VIII avec Otgar de Spire pour conduire l'élection de Jean XIII, puis part en 968 à Constantinople pour négocier le mariage d'Otton II. URL : https://www.newadvent.org/cathen/09313a.htm.

    27 80
  10. Johann Peter Kirsch, "Pope John XIII", The Catholic Encyclopedia, vol. 8, Robert Appleton Company, New York, 1910, repris par New Advent. Original anglais : "They shut him up in the Castle of Sant' Angelo, and subsequently removed him to a fortified place in Campagna." La citation du corps est une traduction maison. « Campagna » désigne ici la Campagne romaine (le Latium autour de Rome, où Pauler situe l'exil sous la surveillance du comte Roffred : « esiliato nella Campagna »), non la Campanie napolitaine où se trouve Capoue. URL : https://www.newadvent.org/cathen/08427a.htm.

    48
  11. Johann Peter Kirsch, "Pope John XIII", The Catholic Encyclopedia, vol. 8, Robert Appleton Company, New York, 1910, repris par New Advent. Original anglais : "The marriage took place at Rome, and was blessed by the pope himself on 14 April, 972." La citation du corps est une traduction maison. URL : https://www.newadvent.org/cathen/08427a.htm.

    83
  12. Saint-Siège, fiche officielle "Benoît VI" : 134e pape de l'Église catholique, début du pontificat indiqué comme décembre 972 ou 19 janvier 973, fin en juillet 974, naissance à Rome. URL : https://www.vatican.va/content/vatican/fr/holy-father/benedetto-vi.html.

    91
  13. Horace K. Mann, "Pope Benedict VI", The Catholic Encyclopedia, vol. 2, Robert Appleton Company, New York, 1907, repris par New Advent : cardinal-diacre de Saint-Théodore, élu après Jean XIII vers la fin de 972, consécration le 19 janvier 973 après attente du consentement impérial ; Mann rapporte aussi la fin tragique : saisie par la faction de Crescentius, détention au château Saint-Ange, puis étranglement après moins de deux mois pour empêcher sa libération par Sicco, l'envoyé d'Otton II. URL : https://www.newadvent.org/cathen/02428c.htm.

    92 93