Pape saint Vitalien (657-672)

Vitalien, pape de 657 à 672, rouvre prudemment les relations avec Constantinople après la crise monothélite, reçoit Constant II à Rome et envoie Théodore de Tarse organiser l'Église anglaise.

Ignispedia

Pape saint Vitalien (Vitalianus) gouverne l'Église de Rome du 30 juillet 657 au 27 janvier 672. Le Saint-Siège le présente comme le 76e pape de l'Église catholique, né à Segni, successeur de saint Eugène I et prédécesseur d'Adéodat II.[1]

Son pontificat se situe dans un moment extrêmement délicat. Rome sort de quinze années de conflit ouvert avec Constantinople : Séverin a refusé l'Ecthèse, Jean IV a combattu le monothélisme, Théodore I a préparé la résistance, Martin I a été arrêté, jugé et laissé mourir en exil, puis Eugène I a refusé une lettre trop obscure du patriarche Pierre. Vitalien hérite donc d'une Église romaine fidèle, mais politiquement exposée.[2][3]

Sa ligne n'est ni une capitulation ni une répétition pure de Martin I. Il rouvre les relations avec l'empereur Constant II et le patriarche Pierre de Constantinople, obtient la confirmation des privilèges romains et voit même son nom inscrit dans les diptyques byzantins ; mais cette détente reste construite sur une réserve dogmatique, car le monothélisme n'est pas encore condamné par le VIe concile œcuménique.[4][5]

« Il conserva de toute manière la règle ecclésiastique et la vigueur, comme c'était l'usage. » — Liber Pontificalis, notice de Vitalien[6]

Pourquoi Vitalien compte-t-il ?

Le pape de la détente après le martyre de Martin I

Vitalien n'est pas un pape de rupture spectaculaire. Il est le pape d'une détente risquée. Après le sort infligé à Martin I, continuer la guerre frontale contre l'empereur pouvait exposer Rome à un nouvel enlèvement ou à une paralysie complète. Mais accepter une communion ambiguë pouvait donner l'impression que Rome renonçait à la confession des deux volontés du Christ.[7][8]

Sa politique tient dans cette tension : renouer sans renier. Treccani résume bien le mouvement : l'initiative de Vitalien produit le premier rapprochement prudent entre Rome et Byzance après la rupture provoquée par le Typos de Constant II et la condamnation solennelle des positions monothélites par Martin I.[9]

Le pape qui reçoit l'empereur Constant II à Rome (663)

En juillet 663, Constant II arrive à Rome. L'événement frappe les contemporains : aucun empereur ne s'était rendu dans l'ancienne capitale depuis Valentinien III au Ve siècle, selon Treccani.[10] Vitalien va à sa rencontre avec le clergé, l'accueille selon le cérémonial, le conduit à Saint-Pierre, puis le reçoit au Latran.[11]

La visite a pourtant un envers brutal. Après les cérémonies, l'empereur fait retirer les bronzes des monuments de Rome, y compris les plaques de bronze du toit de Sainte-Marie aux Martyrs, l'ancien Pantheon. Le Liber Pontificalis conserve cette mémoire amère : les douze jours romains commencent en pèlerinage impérial et se terminent en spoliation.[12][13]

Le pape de Théodore de Tarse et d'Hadrien

Vitalien joue aussi un rôle décisif dans l'histoire anglaise. Après la mort de l'archevêque Deusdedit de Canterbury et la mort à Rome du prêtre Wighard, il cherche un homme capable de stabiliser l'Église anglo-saxonne. Le choix finit par tomber sur Théodore de Tarse, moine cilicien savant, grec et latin, accompagné de l'abbé africain Hadrien.[14][15]

Ce choix porte des fruits immenses. Bède rapporte que Théodore est le premier archevêque auquel toute l'Église anglaise obéit, qu'il visite les peuples des Angles, enseigne la vraie règle de vie et le calcul pascal canonique, et qu'avec Hadrien il fait naître une école où l'on apprend l'Écriture, la poésie ecclésiastique, l'astronomie, l'arithmétique et les langues.[16]

« Ce fut le premier archevêque auquel toute l'Église des Anglais obéit. » — Bède le Vénérable, sur Théodore de Tarse envoyé par Vitalien[17]

Les sources principales

Tableau des témoins

SourceDateCe qu'elle apportePrudence
Saint-Siègeliste actuelle76e pape, Segni, dates 30.VII.657 - 27.I.672Notice très brève
Liber Pontificalistradition romaine, éd. DuchesneOrigine, père Anastasius, synodique, dons impériaux, visite de Constant II, spoliations, ordinations, sépultureSource romaine principale, centrée presque uniquement sur l'empereur
Catholic Encyclopedia / New Advent1912Synthèse : diplomatie avec Constantinople, diptyques, Constant II, Angleterre, Ravenne, appel de Jean de LappaAncienne, mais riche et catholique
Treccani / Umberto Longo2020Lecture moderne : compromis, ambiguïtés, séjour italien de Constant II, autocephalie de RavenneTrès utile pour ne pas simplifier la politique de Vitalien
Bède le Vénérabledébut VIIIe siècleDésignation de Théodore de Tarse, rôle d'Hadrien, mission anglaise, fruits scolaires et liturgiquesSource anglaise, admirative de Théodore
Études récentes sur Bède et ThéodoreXXIe siècleRéinterprétation de Théodore comme choix doctrinal anti-monothélite et spécialiste du computHypothèses savantes, à présenter comme compléments
Études sur RavenneXXIe siècleContexte juridique et politique de l'autocephalie ravennateDossier technique, parfois opaque dans les sources anciennes

Le Saint-Siège et la chronologie

La fiche actuelle du Vatican donne Vitalien comme 76e pape, avec début du pontificat le 30 juillet 657, fin le 27 janvier 672, et naissance à Segni.[18] Ces dates correspondent au noyau transmis par les notices anciennes : Eugène I meurt le 2 juin 657 ; la vacance dure environ deux mois ; Vitalien est consacré le 30 juillet.[19][20]

Le titre retenu est donc Pape saint Vitalien (657-672). La sainteté est attestée liturgiquement : le Martyrologium Romanum inscrit saint Vitalien, pape, au 27 janvier.[21] Fontistoriche donne en complément la fiche (Segni, 30 juillet 657, 27 janvier 672) avec le texte latin de la notice du Liber Pontificalis.[22]

Le Liber Pontificalis : Rome regarde surtout l'empereur

Le Liber Pontificalis donne le renseignement biographique de base : Vitalien est originaire de Segni, dans la province de Campanie, fils d'Anastasius. Il siège quatorze ans et six mois selon cette notice, envoie ses représentants avec une synodique vers la ville impériale, reçoit le renouvellement des privilèges de l'Église romaine, puis un Évangéliaire d'or orné de pierres précieuses offert à saint Pierre.[23]

La même notice contient une phrase très importante, courte mais dense : Vitalien conserve la règle ecclésiastique et la vigueur de l'Église. Dans un pontificat souvent décrit comme diplomatique, cette phrase empêche de réduire Vitalien à un simple accommodement politique.[24]

Le reste du récit est dominé par Constant II : itinéraire impérial, entrée à Rome, processions, dons, banquet au Latran, spoliation des bronzes, départ vers Naples, oppression fiscale en Sicile, Calabre, Afrique et Sardaigne, puis assassinat de l'empereur à Syracuse.[25][26]

Treccani : la politique d'équilibre

La notice d'Umberto Longo pour Treccani est la meilleure synthèse moderne brève. Elle insiste sur le caractère ambigu mais réel du rapprochement avec Constantinople. Vitalien veut éviter que la controverse doctrinale n'explose de nouveau, car Rome doit garder un lien avec Byzance dans la lutte contre les Lombards ; mais l'empereur Constant II, lui, reste une figure ambivalente, capable de pèlerinage, de don et de spoliation dans la même visite.[27][28]

Treccani note aussi un silence significatif du Liber Pontificalis : la notice romaine ne raconte pas la crise de l'autocephalie de Ravenne ni les liens, pourtant décisifs, entre Vitalien et la jeune Église anglo-saxonne.[29] Ces silences obligent l'article à croiser les sources : sans Bède, Vitalien paraît presque seulement le pape de Constant II ; sans Ravenne, on manque l'une des plus graves blessures juridictionnelles de son pontificat.

Avant le pontificat : Segni et les silences biographiques

Une origine connue, une vie inconnue

Nous ne savons presque rien de Vitalien avant son élection. New Advent le dit explicitement : sa date de naissance est inconnue et rien n'est connu de sa vie avant son élévation au Saint-Siège.[30] Le Liber Pontificalis donne seulement l'origine et le père : Segni, Anastasius.[31]

Cette sobriété est typique des papes du VIIe siècle. Les sources ne racontent pas une enfance, une formation ou une carrière complète ; elles s'intéressent au moment où l'homme devient évêque de Rome et doit tenir ensemble la foi, l'Empire, les pauvres, les ordinations et les Églises lointaines.

Segni dans la Campanie romaine

Segni, cité latine du Latium méridional actuel, est dite dans le Liber Pontificalis de « provincia Campania » : cette « Campanie » désigne la Campagne romaine ancienne, non la Campanie moderne. Le détail n'est pas seulement géographique : Vitalien n'est ni un Grec de cour, ni un diplomate oriental connu, mais un Italien issu du territoire romain. Il arrive pourtant à un pontificat où les dossiers majeurs seront grecs, byzantins, ravennates et anglais.[32][33]

Cette tension explique une partie de son importance. Vitalien est un pape local par origine et méditerranéen par mission. Sous lui, Rome parle à Constantinople, reçoit un empereur, arbitre la Crète, affronte Ravenne et envoie un moine de Tarse en Angleterre.

657 : renouer avec Constantinople sans refermer le dossier doctrinal

La synodique de Vitalien

Une fois consacré, Vitalien envoie sa lettre synodique à Constantinople par les apocrisiaires romains. Treccani souligne qu'il l'adresse non seulement au patriarche Pierre, mais aussi à l'empereur Constant II, rétablissant l'ancienne coutume de notifier à la cour impériale la consécration du nouveau pape.[34]

Cette décision est très différente de la ligne de Martin I, qui avait été consacré sans attendre la confirmation impériale. Mais la différence tient au contexte : Martin devait rompre le silence imposé par le Typos ; Vitalien doit empêcher que Rome, après l'exil de Martin et la mort d'Eugène, reste isolée au point de perdre toute capacité d'action.

Les privilèges romains confirmés

Le résultat immédiat est positif. L'empereur confirme les privilèges de l'Église romaine et envoie à saint Pierre un Évangéliaire d'or, orné de grandes pierres blanches selon le Liber Pontificalis.[35] New Advent rapporte la même scène : un codex des Évangiles dans une couverture d'or richement ornée de pierres précieuses.[36]

Le geste est politique et liturgique à la fois. Offrir les Évangiles à saint Pierre, après avoir fait mourir Martin en exil, revient à dire publiquement que Constantinople veut rouvrir une relation sacrée avec Rome. Mais le don ne règle pas encore la question de fond : le Christ a-t-il deux volontés naturelles et deux opérations naturelles ?

Les diptyques de Constantinople

Vitalien obtient un signe rare : son nom est inscrit dans les diptyques de l'Église de Constantinople. New Advent précise qu'il est le seul pape ainsi inscrit entre Honorius I et le VIe concile œcuménique ; Treccani note que c'est la première fois depuis Honorius et la seule jusqu'à Agathon.[37][38]

Ce fait est un bon résumé de son pontificat. Vitalien rouvre une communion visible, mais sur une base encore fragile. Le patriarche Pierre répond de manière assez positive pour permettre la reprise des relations ; il ne donne pourtant pas une clarification définitive sur le monothélisme.[39]

ÉtapeActeurFaitSens
30 juillet 657VitalienConsécration après deux mois de vacanceRetour à une procédure plus régulière
657VitalienSynodique envoyée à Constant II et au patriarche PierreReprise diplomatique avec Byzance
657Constant IIConfirmation des privilèges romainsDétente officielle après Martin I
657ConstantinopleNom de Vitalien aux diptyquesCommunion visible mais doctrinalement prudente
680-681Constantinople IIICondamnation du monothélismeLa question sera tranchée après Vitalien

Constant II à Rome en 663

Un empereur pèlerin accueilli par le pape

Le 5 juillet 663, Constant II arrive à Rome. Le Liber Pontificalis raconte que Vitalien sort à sa rencontre avec son clergé au sixième mille de la ville, puis le reçoit et l'accompagne à Saint-Pierre pour la prière et l'offrande.[40]

La visite dure douze jours. L'empereur va à Saint-Pierre, à Sainte-Marie, au Latran ; il offre un pallium tissé d'or sur l'autel de l'apôtre ; il assiste à la messe célébrée par le pape ; il prend part à un banquet au Latran, dans la basilique de Vigile ; puis le pape et l'empereur prennent congé l'un de l'autre après la messe dominicale.[41][42]

Le premier empereur à Rome depuis deux siècles

Treccani souligne que l'arrivée de Constant II a dû provoquer une impression immense : l'empereur est le premier à venir à Rome depuis Valentinien III.[43] Le récit peut donc se lire comme la naissance d'un cérémonial médiéval de l'empereur pèlerin : le souverain vient honorer les tombeaux apostoliques, recevoir l'accueil du pape, se montrer dans les basiliques.

Mais ce cérémonial n'efface pas la mémoire récente. Le même Constant II est l'empereur du Typos, de l'arrestation de Martin I et de la politique qui a brisé les anti-monothélites. Pour Vitalien, l'accueil n'est pas naïveté : c'est un geste de gouvernement dans une Italie encore byzantine, sous pression lombarde.[44]

Les bronzes de Rome arrachés

La visite bascule dans l'amertume. Le Liber Pontificalis écrit qu'après douze jours dans la ville, Constant II fait enlever tout ce qui était en bronze pour l'ornement de Rome, et découvre même les tuiles de bronze de Sainte-Marie aux Martyrs, l'ancien Pantheon, pour les envoyer à la ville impériale.[45]

Treccani insiste sur la contradiction : l'empereur visite les basiliques, assiste aux cérémonies, fait des dons, puis ordonne à son armée de dépouiller les vieux monuments, sans épargner le toit de Sainte-Marie ad Martyres.[46]

« Il fit enlever tout ce qui était en bronze pour l'ornement de la ville. » — Liber Pontificalis, sur le départ de Constant II de Rome[47]

De Rome à Syracuse : oppression et assassinat

Après Rome, Constant II gagne Naples, puis Reggio, puis la Sicile. Le Liber Pontificalis affirme qu'à Syracuse il impose aux populations de Calabre, Sicile, Afrique et Sardaigne des charges si lourdes qu'on n'en avait jamais vues, séparant même femmes et maris, enfants et parents, et emportant les vases sacrés et ornements des églises.[48]

L'empereur est assassiné dans un bain à Syracuse le 15 juillet 668 selon la notice romaine.[49] New Advent ajoute que Vitalien soutient ensuite le fils de Constant, Constantin IV Pogonat, contre un usurpateur, ce qui aide le nouvel empereur à accéder au trône.[50]

Après Constant II : Constantin IV et l'horizon de Constantinople III

Un nouvel empereur moins violent

New Advent note que Constantin IV n'a pas l'intention d'employer la force pour maintenir le Typos de son père. Vitalien peut donc adopter une position plus décidée contre le monothélisme et tenter de ramener l'empereur à l'orthodoxie.[51]

Il ne faut pas exagérer son succès. New Advent précise que Vitalien ne parvient pas à gagner pleinement Constantin IV à l'orthodoxie pendant son pontificat, et que le patriarche Théodore de Constantinople retirera même son nom des diptyques.[52]

Vitalien ne voit pas la victoire doctrinale

Le monothélisme ne sera supprimé qu'au VIe concile œcuménique, Constantinople III, en 680-681, sous le pape Agathon puis Léon II.[53] Vitalien meurt en 672, huit ans avant la session décisive. Son rôle est donc préparatoire : maintenir un lien assez réel pour qu'un règlement soit possible, mais sans donner à l'ambiguïté le dernier mot.

Cette nuance est importante. Vitalien ne doit pas être présenté comme l'homme qui règle le monothélisme. Il est plutôt celui qui, après le martyre de Martin, garde Rome dans le jeu impérial sans rompre la continuité doctrinale qui mènera à Agathon.

Une stratégie catholique de patience

La sainteté de Vitalien se lit moins dans une phrase héroïque que dans une patience ecclésiale. Martin I manifeste la fidélité par le refus public et le martyre ; Eugène I par le refus d'une lettre obscure ; Vitalien par la conservation d'un équilibre qui empêche Rome de disparaître diplomatiquement.

Cette forme de prudence n'est pas tiédeur si elle garde la règle de la foi. Le Liber Pontificalis ne dit pas que Vitalien a changé la doctrine ; il dit qu'il a conservé la règle ecclésiastique. C'est la clef de lecture la plus juste.[54]

Ravenne : une blessure juridictionnelle grave

Maurus cherche l'autocephalie

L'une des crises les plus importantes du pontificat de Vitalien concerne Ravenne. New Advent rapporte que l'archevêque Maurus cherche à se libérer de la dépendance directe envers Rome et à rendre son siège autocephale. Quand Vitalien le somme de justifier ses positions théologiques, Maurus refuse, se déclare indépendant et va jusqu'à excommunier le pape après avoir été lui-même excommunié.[55]

La crise dépasse un conflit personnel. Ravenne est le siège de l'exarque, la grande base byzantine d'Italie ; son archevêque se trouve au carrefour de la politique impériale, des richesses ecclésiastiques et des communications entre Rome et Constantinople.

Le décret de Constant II en 666

Constant II prend parti pour Ravenne. New Advent indique qu'il publie un édit retirant l'archevêque de Ravenne de la juridiction patriarcale de Rome et ordonnant qu'il reçoive le pallium de l'empereur.[56] Treccani date cette concession du 1er mars 666 et la décrit comme une autocephalie accordée à Maurus.[57]

Les études récentes sur Ravenne montrent la logique politique de cette décision. Ravenne veut que son statut ecclésiastique corresponde à son rôle de capitale administrative byzantine en Italie ; l'empereur utilise l'Église ravennate comme relais impérial en Occident ; Maurus contribue financièrement aux campagnes siciliennes de Constant II grâce aux ressources de son Église.[58]

Une indépendance brève mais significative

Le successeur de Maurus, Reparatus, est consacré en 671 par trois de ses suffragants et reçoit le pallium de l'empereur.[59] Cette situation ne durera pas. L'indépendance de Ravenne sera supprimée sous Léon II, quand Constantin IV révoquera l'édit de Constant et confirmera les anciens droits du Siège romain.[60][61]

Pour Vitalien, l'épisode reste une défaite partielle. Il montre le prix de la politique de compromis : la même cour impériale qui peut confirmer les privilèges de Rome peut aussi soutenir Ravenne contre Rome. L'article doit donc éviter une lecture trop douce de la détente byzantine.

DossierPosition de RomePosition impérialeRésultat sous Vitalien
ConstantinopleReprendre les relations sans trancher immédiatementDétente avec réserve doctrinaleNom de Vitalien aux diptyques
Rome 663Accueil cérémoniel de Constant IIPèlerinage impérial et spoliationPaix visible, blessure matérielle
RavenneMaintenir la juridiction romaineSoutenir l'autonomie ravennateAutocephalie accordée en 666
AngleterreEnvoyer un archevêque capable et romainDossier occidental indirectThéodore et Hadrien transforment l'Église anglaise
CrèteRecevoir l'appel de Jean de LappaPressions locales orientalesSynode romain et réhabilitation de Jean

L'Angleterre : Théodore de Tarse, Hadrien et l'unité romaine

De Whitby à la vacance de Canterbury

L'Angleterre sort du synode de Whitby : le roi Oswiu de Northumbrie a choisi la pratique romaine pour la date de Pâques et la tonsure.[62] Mais il faut un archevêque capable d'organiser l'Église anglaise. Le prêtre Wighard, envoyé à Rome pour être consacré après la mort de Deusdedit, meurt de la peste dans la ville.[63]

Vitalien répond au roi Oswiu en promettant d'envoyer un évêque convenable dès que possible. Bède raconte alors la recherche : Hadrien, abbé africain près de Naples, est pressenti ; il se juge indigne ; il propose d'abord Andrew, empêché par la maladie ; puis il présente Théodore, moine de Tarse, âgé de soixante-six ans, instruit dans les lettres profanes et divines, grec et latin.[64]

Théodore ordonné par Vitalien

Bède donne une date précise : Théodore est ordonné par le pape Vitalien le 26 mars 668, un dimanche, puis envoyé en Bretagne avec Hadrien le 27 mai 668 (l'arrivée en Angleterre, elle, date de 669).[65] Ce détail fait de Vitalien l'un des papes les plus importants pour l'Église anglaise primitive.

Théodore n'est pas un simple administrateur. Les études récentes le présentent comme un savant oriental, probablement lié aux milieux anti-monothélites de Rome et versé dans le comput pascal, qu'il transmet à l'école de Canterbury.[66][67] Le choix de Vitalien devient alors plus intéressant : envoyer un Grec de Tarse en Angleterre, ce n'est pas céder à Constantinople ; c'est utiliser la richesse de l'Orient catholique pour fortifier une Église occidentale.

Hadrien : compagnon, garant, maître

Bède explique que Hadrien accompagne Théodore pour plusieurs raisons : il connaît la route par la Gaule, dispose d'hommes, et doit l'aider dans l'enseignement. Bède ajoute aussi qu'il doit veiller à ce que Théodore n'introduise rien de contraire à la vraie foi selon une coutume grecque.[68]

Les historiens discutent ce dernier motif. Sihong Lin suggère que Bède projette peut-être une inquiétude propre, car les papes avaient travaillé avec des moines grecs anti-monothélites depuis des décennies ; Vitalien aurait plutôt choisi Théodore parce qu'il était loyal à Rome et utile à une Église anglaise directement liée à la papauté.[69]

Les fruits anglais

Une fois arrivé en 669, Théodore visite l'île, enseigne le bon ordre de vie et la célébration canonique de Pâques, corrige les défauts, ordonne des évêques et unifie l'obéissance de l'Église anglaise. Bède parle d'un temps heureux : les élèves affluent vers Théodore et Hadrien, et certains savent le grec et le latin comme leur propre langue.[70]

Cette mission donne au pontificat de Vitalien son fruit le plus lumineux. À Rome, il doit composer avec un empereur ambigu ; en Angleterre, il envoie deux maîtres qui transforment une Église jeune en centre d'étude, de liturgie et de discipline.

« Avec les livres de l'Écriture, ils enseignaient aussi la poésie ecclésiastique, l'astronomie et l'arithmétique. » — Bède le Vénérable, sur l'école de Théodore et Hadrien[71]

Jean de Lappa : Rome juge au-delà de l'Italie

Un évêque crétois fait appel au pape

New Advent (Kirsch, 1912) rapporte, seul des témoins croisés ici, un autre dossier, important pour comprendre l'autorité romaine sous Vitalien. Jean de Lappa, évêque en Crète, est déposé par un synode présidé par le métropolitain Paulus. Il fait appel au pape, est emprisonné pour cela, s'échappe et vient à Rome.[72][73]

Vitalien tient alors un synode en décembre 667 pour examiner l'affaire, en s'appuyant sur les actes du synode crétois. Il déclare Jean innocent.[74]

Lettres à Paulus, Syracuse et un officier impérial

Vitalien écrit ensuite au métropolitain Paulus pour demander la restauration de Jean dans son diocèse, la restitution des monastères injustement pris, et la déposition de deux diacres mariés après leur consécration. Il écrit aussi à un officier impérial et à l'évêque Georges de Syracuse, qui avait soutenu l'évêque déposé.[75]

Ce dossier montre que la primauté romaine n'est pas seulement une idée occidentale. Un évêque crétois peut chercher justice à Rome ; Rome tient synode ; Rome demande réparation à un métropolitain oriental. Même dans un pontificat diplomatiquement prudent, le Siège romain agit comme instance d'appel.

Gouvernement romain, ordinations et mort

Vingt-deux prêtres, un diacre, quatre-vingt-dix-sept évêques

Le Liber Pontificalis attribue à Vitalien quatre ordinations : vingt-deux prêtres, un diacre et quatre-vingt-dix-sept évêques pour divers lieux.[76] Le chiffre des évêques est élevé ; il signale la continuité gouvernementale d'un pontificat de quinze ans.

La mention est sèche, mais importante. Pendant que les sources racontent surtout l'empereur, Ravenne et l'Angleterre, Rome continue d'ordonner, de maintenir la succession apostolique et d'assurer la vie ordinaire des Églises.

Mort et sépulture à Saint-Pierre

Vitalien meurt le 27 janvier 672 et est enseveli près du bienheureux apôtre Pierre, selon le Liber Pontificalis.[77] Le Saint-Siège retient la même date de fin de pontificat.[78]

La vacance dure deux mois et treize jours selon la notice romaine.[79] Son successeur est Adéodat II (parfois appelé Deusdedit II dans les listes anciennes, à ne pas confondre avec saint Deusdedit, pape de 615 à 618).

Héritage doctrinal et spirituel

Un pontificat de prudence sous pression

Vitalien oblige à penser une forme de fidélité moins simple que le martyre. Martin I est plus immédiatement lisible : il condamne, refuse, souffre, meurt. Vitalien, lui, négocie, reçoit, temporise, juge, envoie, excommunie, supporte une défaite à Ravenne et prépare indirectement une victoire doctrinale qui ne viendra qu'après lui.

Cette prudence n'est catholique que si elle conserve la règle de la foi. Le Liber Pontificalis donne précisément cette clef : Vitalien conserve la règle ecclésiastique et la vigueur. Il ne règle pas tout ; il empêche que le pont romain avec Constantinople soit détruit avant que l'Église puisse trancher au concile.[80][81]

Une papauté méditerranéenne

Son pontificat montre une Rome à la fois faible et centrale. Faible, parce qu'un empereur peut encore dépouiller ses monuments, soutenir Ravenne contre elle et peser sur l'Italie. Centrale, parce qu'un évêque crétois vient y chercher justice, parce que Constantinople inscrit son nom aux diptyques, parce que l'Angleterre demande un archevêque, et parce que Ravenne ne peut s'autonomiser qu'en l'affrontant.

Vitalien n'est donc pas un pape mineur au sens historique. Il est un pape de charnière : entre Martin I et Constantinople III, entre Rome byzantine et Rome médiévale, entre l'Italie impériale et l'Angleterre romaine.

Pour aller plus loin

  • Pape saint Eugène I — prédécesseur de Vitalien, dernier pape avant la détente avec Constantinople.
  • Pape saint Martin I — pape martyr du Latran de 649, arrêté sous Constant II.
  • Pape Théodore I — préparateur de la résistance romaine au monothélisme.
  • Pape Séverin — premier refus romain de l'Ecthèse après Honorius.
  • Concile de Constantinople III (680-681) — définition des deux volontés et deux opérations du Christ.
  • La conversion des Anglo-Saxons — contexte missionnaire de Théodore de Tarse et de Canterbury.
  • Basilique Sainte-Marie-Majeure — basilique romaine centrale dans les tensions du VIIe siècle.

Notes et références

  1. Saint-Siège, fiche officielle "Vitalian" : 76e pape de l'Église catholique, début du pontificat 30.VII.657, fin 27.I.672, naissance Segni. URL : https://www.vatican.va/content/vatican/en/holy-father/vitaliano.html.

    1 18 32 78
  2. Voir l'article Ignispedia Pape saint Eugène I : succession pendant l'exil de Martin I, lettre obscure de Pierre de Constantinople, refus romain à Sainte-Marie-Majeure et maintien de la ligne anti-monothélite.

    2
  3. Johann Peter Kirsch, "Pope St. Vitalian", The Catholic Encyclopedia, vol. 15, Robert Appleton Company, New York, 1912 ; transcription New Advent : origine, pontificat 657-672, synodique à Constantinople, diptyques, visite de Constant II, Constantin IV, mission anglaise, Ravenne, appel de Jean de Lappa. URL : https://www.newadvent.org/cathen/15484b.htm.

    3 5 7 15 20 30 36 37 39 42 50 51 52 55 56 59 60 62 63 72 74 75
  4. Umberto Longo, "VITALIANO, papa, santo", Treccani, 2020 : synodique envoyée à Pierre de Constantinople et à Constant II, reprise prudente des rapports après le Typos et Martin I, absence de traitement doctrinal direct dans les lettres, logique de compromis et nécessité de ne pas couper les ponts avec Byzance face aux Lombards.

    4 8 9 27 34 44
  5. Liber Pontificalis, notice "Vitalianus", éd. Duchesne, t. I, p. 343 : "Hic regulam ecclesiasticam atque vigorem, ut mos erat, omni modo conservavit" ; traduction française dans le corps.

    6 24 54 80
  6. Umberto Longo, "VITALIANO, papa, santo", Treccani, 2020 : venue de Constant II à Rome en juillet 663 — « era la prima volta che un imperatore veniva a Roma dal tempo di Valentiniano III (450) » — cérémonial d'accueil par Vitalien au sixième mille de la voie Appienne et séjour de douze jours.

    10 28 43
  7. Liber Pontificalis, notice "Vitalianus", éd. Duchesne, t. I, p. 343-344 : arrivée de Constant II à Rome le 5 juillet, accueil par le pape et le clergé au sixième mille, prières et dons à Saint-Pierre et Sainte-Marie, pallium d'or offert sur l'autel, messe, banquet au Latran et congé mutuel.

    11 25 40 41
  8. Liber Pontificalis, notice "Vitalianus", éd. Duchesne, t. I, p. 344 : après douze jours à Rome, Constant II fait déposer les bronzes qui ornaient la ville et enlève les tuiles de bronze de Sainte-Marie aux Martyrs pour les envoyer à Constantinople.

    12 45 47
  9. Umberto Longo, "VITALIANO, papa, santo", Treccani, 2020 : visites impériales des basiliques, dons, banquet au Latran, puis ordre de dépouiller les monuments de leurs bronzes, y compris le toit de Sainte-Marie ad Martyres, ancien Pantheon.

    13 46
  10. Bède le Vénérable, Historia ecclesiastica gentis Anglorum, IV, 1 : mort de Wighard à Rome, recherche d'un archevêque, Hadrien l'Africain, choix de Théodore de Tarse, ordination par le pape Vitalien le 26 mars 668 et envoi avec Hadrien le 27 mai de la même année 668 (l'arrivée en Angleterre date de 669, voir IV, 2). Texte anglais Fordham Sourcebook : https://sourcebooks.web.fordham.edu/source/710bede-ecchist-4-1-3-hadrian.asp.

    14 64 65 68
  11. Bède le Vénérable, Historia ecclesiastica gentis Anglorum, IV, 2 et V, 20 : Théodore arrive en 669, visite l'île, enseigne la règle de vie et le comput pascal, devient le premier archevêque obéi par toute l'Église anglaise ; Théodore et Hadrien enseignent l'Écriture, la poésie ecclésiastique, l'astronomie, l'arithmétique, le grec et le latin.

    16 17 70 71
  12. Umberto Longo, "VITALIANO, papa, santo", Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 99, Istituto della Enciclopedia Italiana Treccani, 2020 : origine à Segni, père Anastasio, absence de données antérieures à l'élévation au pontificat, mort d'Eugène I le 2 juin 657 et consécration de Vitalien le 30 juillet 657. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/vitaliano-papa-santo_%28Dizionario-Biografico%29/.

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  13. Martyrologium Romanum, éd. 2004, 27 janvier, n° 6 (référence donnée sous réserve de contrôle sur l'édition officielle latine) : texte anglais cité d'après une transcription en ligne du martyrologe de 2004 — "At Rome, near Saint Peter's, the repose of Saint Vitalian, pope, who showed particular zeal for the salvation of the English people" (traduction française de l'article : « À Rome, près de Saint-Pierre, le repos de saint Vitalien, pape, qui montra un zèle particulier pour le salut du peuple anglais »). Transcription consultée : http://www.boston-catholic-journal.com/2004-roman-martyrology-pdf-files/2004-roman-martyrology-january-complete.pdf.

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  14. Fontistoriche, "Papa Vitaliano" : fiche (naissance à Segni, mort à Rome le 27 janvier 672, élection le 30 juillet 657, pontificat 657-672, prédécesseur Eugène I, successeur Adéodat II) et texte latin de la notice "Vitalianus" du Liber Pontificalis (origine à Segni, père Anastasius, synodique, privilèges confirmés, visite de Constant II, spoliations, ordinations, sépulture à Saint-Pierre). URL : https://fontistoriche.org/papa-vitaliano/.

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  15. Liber Pontificalis, notice "Vitalianus", éd. Louis Duchesne, Le Liber pontificalis, t. I, Paris, 1886, p. 343-344 ; texte latin consulté via Fontistoriche : origine à Segni, père Anastasius, durée du pontificat, envoi de la synodique à la ville impériale, renouvellement des privilèges de l'Église romaine et don d'un Évangéliaire d'or orné de gemmes. URL : https://fontistoriche.org/papa-vitaliano/.

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  16. Liber Pontificalis, notice "Vitalianus", éd. Duchesne, t. I, p. 344 : départ de Rome, résidence à Syracuse, charges imposées à la Calabre, Sicile, Afrique et Sardaigne, spoliation des vases sacrés et assassinat de Constant II dans un bain le 15 juillet.

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  17. Umberto Longo, "VITALIANO, papa, santo", Treccani, 2020 : le Liber Pontificalis se concentre sur les rapports avec l'empereur et tait l'autocephalie de Ravenne ainsi que les rapports de Vitalien avec l'Église anglo-saxonne.

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  18. Umberto Longo, "VITALIANO, papa, santo", Treccani, 2020 : inscription du nom de Vitalien dans les diptyques de Constantinople — « era la prima volta dai tempi di papa Onorio (625-638) e sarebbe stata l'unica fino a papa Agatone (678-681) ».

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  19. Voir l'article Ignispedia Concile de Constantinople III (680-681), qui définit contre le monothélisme deux volontés naturelles et deux opérations naturelles dans l'unique personne du Christ.

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  20. Umberto Longo, "VITALIANO, papa, santo", Treccani, 2020 : concession par Constant II, le 1er mars 666, de l'autocephalie de l'Église de Ravenne à l'archevêque Maurus.

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  21. Veronica Ortenberg West-Harling, "The church of Ravenna, Constantinople and Rome in the seventh century", in Ravenna: Its Role in Earlier Medieval Change and Exchange, dir. Judith Herrin et Jinty Nelson, University of London Press, 2016, p. 204-207 : contexte politique et juridique de l'autocephalie de Ravenne, rôle de Maurus, financement ravennate des campagnes siciliennes de Constant II, obtention du privilège de 666. URL : https://library.oapen.org/bitstream/handle/20.500.12657/39388/9781909646728.pdf.

    58
  22. Veronica Ortenberg West-Harling, "The church of Ravenna, Constantinople and Rome in the seventh century", in Ravenna: Its Role in Earlier Medieval Change and Exchange, 2016, p. 208-209 : évolution vers la fin de l'autocephalie sous Constantin IV et Léon II, restitution du décret et soumission de l'Église de Ravenne au pontife romain.

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  23. Sihong Lin, "Bede, the Papacy, and the Emperors of Constantinople", The English Historical Review, vol. 136, n° 580, 2021, p. 465-497 : réinterprétation de la nomination de Théodore de Tarse par Vitalien dans le contexte des réseaux anti-monothélites, du rapport à Constant II et du rôle d'Hadrien ; l'inquiétude prêtée par Bède à Vitalien sur les coutumes grecques de Théodore y est lue comme un préjugé propre de l'historien plutôt qu'un fait. URL : https://academic.oup.com/ehr/article/136/580/465/6337261. Texte intégral consulté via White Rose eprints : https://eprints.whiterose.ac.uk/id/eprint/178003/.

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  24. Tobit Loevenich et Immo Warntjes, "Theodore of Tarsus and the Study of Computus at the Canterbury School", Anglo-Saxon England 50, Cambridge University Press (impression décembre 2021), p. 29-59 : Théodore, formé en Orient ou dans le milieu grec d'Italie, introduit à Canterbury l'enseignement du comput pascal. URL : https://www.cambridge.org/core/journals/anglo-saxon-england/article/theodore-of-tarsus-and-the-study-of-computus-at-the-canterbury-school/7945E73A455D1BEAD5D37E2545563110.

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  25. Dossier Jean de Lappa connu par la seule synthèse de Kirsch (1912), d'après les lettres conservées (Mansi, Conc. Coll., XI) : ni le Liber Pontificalis (notice brève, centrée sur l'empereur) ni Longo/Treccani (2020), qui ignore Lappa, ne le recoupent.

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  26. Liber Pontificalis, notice "Vitalianus", éd. Duchesne, t. I, p. 344 : quatre ordinations, vingt-deux prêtres, un diacre, quatre-vingt-dix-sept évêques, sépulture à Saint-Pierre le sixième jour avant les calendes de février, vacance de deux mois et treize jours.

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