Pape Adéodat II (Adeodatus, parfois Deusdedit II) gouverne l'Église de Rome du 11 avril 672 au 16 juin 676. Le Saint-Siège le présente comme le 77e pape de l'Église catholique, né à Rome, successeur de Vitalien et prédécesseur de Donus.[1]
Son pontificat est l'un des plus sobres de toute la série romaine du VIIe siècle. Les sources conservées ne livrent ni grand traité, ni concile romain célèbre, ni lettre dogmatique comparable à celles de Martin I ou d'Agathon. Pourtant, ce silence n'autorise pas à le réduire à une parenthèse. Adéodat II se situe exactement entre deux moments décisifs : la longue tension monothélite qui a conduit au martyre de Martin I, puis la victoire doctrinale de Constantinople III (680-681), convoqué par l'empereur Constantin IV — avec les légats d'Agathon ; Agathon meurt le 10 janvier 681, avant la conclusion du concile.[2]
Le Liber Pontificalis donne de lui un portrait pastoral très net : un homme très doux, très bienveillant, accueillant du plus grand au plus petit, compatissant envers les pèlerins ou étrangers, et soucieux d'améliorer la roga, c'est-à-dire la distribution ou solde destinée au clergé.[3] Cette mémoire est cohérente avec son profil de moine romain : Adéodat gouverne moins par gestes spectaculaires que par restauration, protection, discipline et charité institutionnelle.
« Il fut d'une telle grandeur, très doux et très bienveillant, qu'il recevait volontiers tout homme, du plus grand jusqu'au plus petit. » « Tante magnitudinis fuit, mitissimus ac benignissimus, ut omnem hominem a maiore usque ad minimum libenter susciperet. » — Liber Pontificalis, 79, § 1 (éd. Duchesne, t. I, p. 346-347)[4]
Pourquoi Adéodat II compte-t-il ?
Un pape discret, mais placé à un nœud historique
Adéodat II n'est pas un grand personnage narratif. Son importance vient de sa position. Il reçoit l'Église romaine après Vitalien — mort le 27 janvier 672, Adéodat étant consacré le 11 avril — et il la transmet à Donus, puis à Agathon, au moment où Constantin IV se prépare à sortir l'Empire de l'impasse monothélite.[5][6]
Le paradoxe est fort : le pape qui précède de peu le VIe concile œcuménique ne joue, d'après nos sources, aucun rôle directement visible dans la liquidation finale du monothélisme. Britannica note même qu'il ne joue aucun rôle connu dans les événements politiques du temps (« no known role »), tout en défendant l'orthodoxie sur la question.[7]
Ce retrait n'est pas forcément une faiblesse. Rome sortait d'une génération traumatique : l'Ecthèse, exposé de foi imposé par Héraclius en 638 qui n'admettait qu'une seule volonté dans le Christ ; le Typos, édit par lequel Constant II en 648 interdit toute discussion sur les volontés et les opérations du Christ ; la condamnation de l'Ecthèse au concile romain du Latran en 649 ; puis, dans un cadre impérial toujours pesant — marqué notamment par l'autocéphalie que l'empereur Constant II avait accordée à l'Église de Ravenne vers 666, la soustrayant à la juridiction de Rome jusqu'à sa révocation sous Léon II (682-683)[8] —, les pontificats d'Eugène I et de Vitalien, dont Adéodat suit la ligne selon Treccani.[9][10] Dans ce contexte, un pontificat qui maintient la ligne anti-monothélite, protège des monastères et répare des sanctuaires appartient à la continuité catholique.
Le pape moine de Saint-Érasme
Adéodat II est l'un des papes explicitement issus d'un milieu monastique. New Advent le présente comme moine du cloître romain de Saint-Érasme sur le mont Cælius.[11] Le Liber Pontificalis ajoute que ce monastère est le lieu où le très saint homme semble avoir grandi ou été formé.[12]
Treccani nuance cette donnée avec précision. La même notice du Liber Pontificalis dit ensuite qu'Adéodat institua dans ce monastère un abbé et une congrégation. Il faut donc comprendre soit qu'une communauté ancienne, peut-être grecque, avait disparu et qu'il l'a restaurée ; soit que Saint-Érasme a été élevé par lui d'un simple établissement religieux à un vrai monastère organisé avec abbé et communauté.[13]
Cette nuance est importante : elle évite d'écrire une biographie trop sûre à partir d'une phrase obscure. Le fait solide est que Saint-Érasme du Cælius est le centre de sa mémoire personnelle et pastorale.
Un pape de protection monastique
Les deux seuls actes pontificaux connus par Treccani sont des actes monastiques : un privilège de confirmation pour le monastère de Saint-Pierre de Canterbury, demandé par l'abbé Hadrien, et un privilège d'exemption pour le monastère de Saint-Martin de Tours, transmis en deux rédactions discordantes.[14]
Ce point donne sa couleur au pontificat. Adéodat ne fonde pas un grand système canonique ; il protège des maisons religieuses précises. Canterbury est lié à la mission anglaise que Vitalien avait relancée par Théodore de Tarse et Hadrien. Tours est lié à la mémoire de saint Martin, grand foyer monastique et liturgique de la Gaule.[15][16]
Les sources principales
Tableau des témoins
| Source | Date | Ce qu'elle apporte | Prudence |
|---|---|---|---|
| Saint-Siège | liste actuelle | 77e pape, Rome, 11.IV.672 - 16.VI.676 | Notice officielle très brève |
| Liber Pontificalis | tradition romaine, éd. Duchesne | Origine, père Jovinien (« Iobiano »), vertus, Mezezius, raid sarrasin, restaurations, Saint-Érasme, orages, ordinations, sépulture | Source principale, très condensée |
| New Advent / Catholic Encyclopedia | 1907 | Moine de Saint-Érasme, discipline monastique, anti-monothélisme, lettres conservées pour Canterbury et Tours | Synthèse ancienne, dépendante des sources pontificales |
| Treccani / Girolamo Arnaldi | 1960 | Lecture critique : Saint-Érasme, monothélisme, synodique de Constantin I, deux actes connus, culte contesté | Source moderne principale |
| Britannica | mise à jour moderne | Premier pape qui semble dater des actes par année de pontificat ; prudence sur son rôle politique | Notice courte |
| Prosopography of the Byzantine Empire | moderne | Fiche biographique : Romain, moine, Cælius, restaurations, sépulture | Résumé utile du Liber Pontificalis |
Le Saint-Siège et les dates
La fiche actuelle du Saint-Siège (page « Adeodatus II ») le présente comme « 77th Pope of the Catholic Church » — 77e pape de l'Église catholique —, né à Rome (« Birth Rome »), avec « Beginning Pontificate 11.IV.672 » et « End Pontificate 16.VI.676 ».[17] Treccani donne lui aussi la mort au 16 juin 676 (« Morì il 16 giugno 676 »).[18] Le calcul du Liber conforte cette date : partant de la consécration du 11 avril 672, quatre ans, deux mois et cinq jours conduisent exactement au 16 juin 676. Le Liber Pontificalis donne « sedit ann. IIII mens. II dies V » — quatre ans, deux mois et cinq jours (LP 79, § 1) — et place la sépulture « sub die VI kal. Iulias », soit le 26 juin selon le comput romain, à Saint-Pierre ; la prosopographie byzantine confirme l'ensevelissement à Saint-Pierre le 26 juin 676.[19][20][21]
New Advent résume simplement le règne par 672-676.[22] Mais Britannica, McClintock-Strong, la fiche Fontistoriche et la prosopographie byzantine donnent la mort au 17 juin 676.[23][24][25] McClintock-Strong donne aussi une durée de quatre ans, deux mois et six jours, contre cinq dans le Liber.[26] Le 16 juin s'impose pourtant : outre le Saint-Siège et Treccani, c'est la date que donne le calcul interne du Liber lui-même — quatre ans, deux mois et cinq jours à partir du 11 avril 672 conduisent exactement au 16 juin 676. La prosopographie byzantine illustre l'embarras des sources secondaires : elle date la mort au 17 juin tout en reprenant la durée de cinq jours du Liber, qui conduit au 16.[27] Pour l'article, l'infobox et le corps retiennent donc le 16 juin 676, date officielle actuelle du Saint-Siège, la variante usuelle du 17 juin restant signalée ici.
Le Liber Pontificalis : la source narrative principale
La notice du Liber Pontificalis est brève mais riche. Elle présente Adéodat comme Romain, fils de Jovinien (le texte porte « de patre Iobiano »), issu des moines, puis insiste sur ses vertus : douceur, bienveillance, accueil universel, compassion envers les pèlerins ou étrangers, amélioration de la roga.[28]
Elle raconte ensuite les événements siciliens liés à Mezezius, le raid sarrasin contre Syracuse, la restauration de l'église Saint-Pierre sur la voie Portuensis, les travaux à Saint-Érasme du Cælius, les pluies et tonnerres extraordinaires après sa mort, les litanies quotidiennes, puis les ordinations : quatorze prêtres, deux diacres et quarante-six évêques.[29][30][31][32][33]
« Il restaura et dédia, comme il convenait, l'église du bienheureux Pierre qui est sur la voie Portuensis, près du pont Meruli. » « Hic ecclesiam beati Petri qui est via Portuense, iuxta ponte Meruli, ut decuit restauravit atque dedicavit. » — Liber Pontificalis, 79, § 4 (éd. Duchesne, t. I, p. 346-347)[34]
Treccani : une biographie courte, mais critique
La notice de Girolamo Arnaldi dans le Dizionario Biografico degli Italiani est particulièrement utile parce qu'elle refuse les simplifications. Elle rappelle qu'Adéodat est romain, fils de Jovinien, de provenance monastique, et que son lien avec Saint-Érasme demande une lecture prudente : le pape y aurait grandi, mais il y aurait aussi institué abbé et congrégation.[35]
Treccani confirme aussi sa fermeté anti-monothélite. Adéodat, réglant sa conduite comme ses prédécesseurs, rejette la synodique du patriarche Constantin I de Constantinople, devenu patriarche le 2 septembre 675. En représailles, son nom n'est pas inscrit dans les diptyques de l'Église constantinopolitaine.[36]
Avant le pontificat : un moine romain du Cælius
Romain, fils de Jovinien
Le Liber Pontificalis dit simplement : "Adeodatus, natione Romanus, ex monachis, de patre Iobiano".[37] Cette formule donne les trois éléments sûrs : Rome, la filiation Jovinien (forme « Iobiano » du texte, normalisée en Iovinianus par les notices modernes), le monde monastique.
Elle ne donne pas sa date de naissance. La date vers 621, souvent reprise dans des synthèses modernes, vient de reconstructions secondaires ; elle ne doit pas porter plus de poids que les sources anciennes ne lui en donnent. L'article peut donc affirmer son origine romaine, mais non reconstruire sa jeunesse en détail.
Saint-Érasme sur le mont Cælius
Le monastère Saint-Érasme du Cælius se trouvait dans un quartier romain chargé d'histoire chrétienne et monastique. Le Liber Pontificalis affirme qu'Adéodat y avait grandi ou mûri, puis qu'il y fit de nouveaux bâtiments, acquit des casalia, c'est-à-dire des fonds rustiques (fermes et terres), et institua de son vivant un abbé et une congrégation.[38]
Treccani signale qu'une ancienne épigraphe grecque, aujourd'hui perdue mais connue par des transcriptions, attribuait des fonds rustiques au monastère. L'identification de ces fonds avec les casalia donnés par Adéodat est vraisemblable, mais non prouvée avec certitude.[39]
Ce détail montre une Rome encore très méditerranéenne. Un pape romain, dans un monastère probablement marqué par des présences grecques, gouverne au moment où l'Empire byzantin, Constantinople, Syracuse, Ravenne, Canterbury et Tours se croisent dans les mêmes années.
L'élection de 672
Après la mort de Vitalien
Vitalien meurt le 27 janvier 672.[40] Adéodat est consacré le 11 avril. L'intervalle de plus de deux mois reste typique de l'époque byzantine de la papauté : l'élection romaine doit composer avec la confirmation impériale ou exarchale.
Treccani donne les deux bornes — Vitalien mort le 27 janvier 672, Adéodat consacré le 11 avril[41] — soit plus de deux mois d'intervalle, délai ordinaire quand l'élection romaine devait composer avec la confirmation impériale. Le contexte impérial est complexe : Constantin IV vient de succéder effectivement à Constant II, assassiné à Syracuse en 668, et doit encore stabiliser l'Empire après l'usurpation sicilienne de Mezezius.[42]
Une papauté encore dans le cadre byzantin
Adéodat n'est pas un souverain indépendant. Comme ses prédécesseurs immédiats, il vit dans une Rome encore inscrite dans l'Empire d'Orient. L'exarchat de Ravenne, les troupes d'Italie, la Sicile, la Sardaigne, l'Afrique byzantine et Constantinople apparaissent encore dans la notice pontificale.[43]
Cette dépendance politique ne contredit pas la primauté spirituelle romaine ; elle en montre la condition historique. Le pape est successeur de Pierre, mais il doit gouverner dans une ville où l'ordre public dépend encore des circuits impériaux.
La fermeté contre le monothélisme
La crise héritée des prédécesseurs
Le monothélisme enseignait, sous des formes diverses, que le Christ n'avait qu'une seule volonté. Rome avait déjà refusé cette réduction parce qu'elle menaçait l'intégrité de l'humanité assumée par le Verbe. Si le Christ n'a pas de volonté humaine véritable, il n'assume pas pleinement notre nature ; et si cette nature n'est pas pleinement assumée, elle n'est pas pleinement guérie.[44]
Adéodat reçoit cette crise après une longue chaîne : les papes Séverin et Jean IV refusent l'Ecthèse, Maxime le Confesseur soulève l'opposition en Afrique et en Italie, Martin I condamne l'Ecthèse au Latran de 649, et ses successeurs maintiennent la doctrine romaine jusqu'à Vitalien, dont Adéodat suit la ligne.[45][46]
Le refus de la synodique de Constantin I
Treccani donne le fait doctrinal le plus net du pontificat : Adéodat rejette la synodique du patriarche Constantin I — la lettre officielle par laquelle un patriarche nouvellement élu expose sa foi et demande la communion —, monté sur le siège de Constantinople le 2 septembre 675. La conséquence est diplomatiquement lourde : par représailles, le nom du pape n'est pas inscrit dans les diptyques de Constantinople.[47]
Les diptyques ne sont pas un détail décoratif. Être nommé dans les diptyques liturgiques signifie une communion publique. Vitalien avait obtenu cette inscription comme signe de détente. Adéodat, lui, accepte la rupture symbolique plutôt que de recevoir une formulation doctrinale insuffisante.
« Il se maintint sur une ligne d'intransigeance envers le monothélisme. » — Treccani, notice d'Adéodat II[48]
Une fidélité sans victoire visible
Adéodat ne voit pas la définition de Constantinople III. Il meurt en 676 ; le concile ne se réunit qu'en 680-681.[49] Mais son refus de la synodique prépare le terrain en gardant Rome sur la même ligne que Martin, Eugène et bientôt Agathon.
Le point spirituel est simple : toutes les fidélités ne reçoivent pas leur victoire de leur vivant. Adéodat garde la confession romaine dans une période où l'Empire cherche encore une sortie politique à une crise doctrinale. Agathon et Léon II récolteront ce que cette continuité aura conservé.
Mezezius, Syracuse et le premier raid sarrasin
L'usurpation sicilienne
Le Liber Pontificalis (LP 79, § 2) — notre seule source narrative détaillée — rapporte qu'au temps d'Adéodat, Mezezius se trouvait en Sicile avec l'armée orientale, usurpa le pouvoir et s'empara du règne. L'armée d'Italie — un corps embarqué en Istrie, un autre en Campanie —, rejointe par des troupes de Sardaigne et d'Afrique, convergea ensuite vers Syracuse ; avec l'aide de Dieu, Mezezius fut tué, et plusieurs de ses juges furent mutilés et conduits à Constantinople avec sa tête.[50]
L'épisode appartient à la suite directe de l'assassinat de Constant II à Syracuse en 668.[51] La tradition byzantine (Théophane le Confesseur) donne une version divergente : Constantin IV mène lui-même une expédition en Sicile et fait exécuter Mezezius, tandis que le Liber attribue la répression aux troupes loyalistes d'Italie et d'Afrique et l'envoi de la tête à Constantinople.[52] Le sens politique reste clair dans les deux cas : l'Occident impérial devient, pendant quelques mois, un foyer possible de rupture du pouvoir constantinopolitain.
Les Sarrasins à Syracuse
La notice pontificale (LP 79, § 3) place sous Adéodat la venue des Sarrasins en Sicile : ils occupèrent Syracuse, tuèrent de nombreux habitants réfugiés dans les camps ou les montagnes, puis emportèrent un très grand butin et le bronze venu de Rome, avant de retourner à Alexandrie.[53] Mais la Catholic Encyclopedia (art. « Sicily ») date cette tentative sarrasine de 669, juste après l'assassinat de Constant II à Syracuse — soit avant le pontificat d'Adéodat (672-676).[54] Il y a donc un décalage : le Liber rattache à la mémoire d'Adéodat un raid que la datation externe place trois ans avant son avènement.
Ce passage reste remarquable : c'est par lui que la première grande pression arabo-musulmane sur la Sicile byzantine entre dans la mémoire pontificale. Pour Rome, l'événement a aussi une mémoire matérielle : selon le Liber, une partie du bronze venu de Rome aboutit à Syracuse, puis dans le butin emporté vers Alexandrie.[55]
| Épisode | Date approximative | Lieu | Sens pour le pontificat |
|---|---|---|---|
| Mort de Vitalien | 27 janvier 672 | Rome | Ouverture de la vacance avant Adéodat |
| Consécration d'Adéodat II | 11 avril 672 | Rome | Confirmation dans le cadre byzantin |
| Mezezius usurpe le pouvoir | après 668, mémoire sous Adéodat | Syracuse | Fragilité impériale en Sicile |
| Raid sarrasin | 669 selon la CE (mémoire du Liber placée sous Adéodat) | Syracuse / Alexandrie | Entrée de la menace musulmane dans la mémoire pontificale, avec décalage de datation |
| Rejet de la synodique | après 2 septembre 675 | Rome / Constantinople | Fermeté contre le monothélisme |
| Mort d'Adéodat | 16 juin 676 (variante : 17 juin) | Rome | Transition vers Donus et Agathon |
Restaurations romaines et Saint-Érasme
Saint-Pierre sur la voie Portuensis
Le Liber Pontificalis attribue à Adéodat la restauration et la dédicace de l'église du bienheureux Pierre sur la voie Portuensis, près du pont Meruli.[56] Ce sanctuaire n'a pas la célébrité de la basilique vaticane, mais il montre le travail ordinaire des papes du VIIe siècle : réparer, dédier, maintenir des lieux de culte dans une Rome affaiblie.
Ce geste rejoint les articles voisins sur Boniface IV, Deusdedit, Boniface V, Honorius I et Vitalien : les papes de cette période ne gouvernent pas seulement par lettres doctrinales. Ils reconstruisent des églises, entretiennent des basiliques, assurent les distributions au clergé et donnent à la ville une armature liturgique.
Saint-Érasme agrandi et organisé
Le second chantier est plus personnel. Adéodat augmente de nombreux bâtiments au monastère Saint-Érasme du Cælius, acquiert des casalia, puis y institue un abbé et une congrégation.[57] C'est le geste le plus intime de son pontificat : le pape revient vers le lieu de sa formation ou de sa mémoire monastique pour lui donner une stabilité durable.
Cette action aide à comprendre pourquoi New Advent parle de perfectionnement de la discipline monastique.[58] La discipline n'est pas ici une abstraction morale. Elle devient bâtiments, abbé, communauté, revenus ruraux, protection pontificale et insertion dans la mémoire romaine.
La roga du clergé
La notice dit aussi qu'Adéodat augmenta la roga pour tous.[59] Dans les notices pontificales, la roga désigne une distribution ou rémunération ecclésiastique. Ce détail correspond à son portrait de pasteur accueillant et à la situation matérielle du clergé romain.
Un pape du VIIe siècle doit veiller aux prêtres, diacres, clercs, pauvres, pèlerins et monastères. La charité institutionnelle n'est pas opposée à la doctrine ; elle en est l'une des formes concrètes, surtout dans une ville qui a subi famines, guerres, pressions fiscales, séismes, maladies et spoliations.
Les privilèges pour Canterbury et Tours
Saint-Pierre de Canterbury
Treccani affirme qu'un des deux seuls actes connus du pontificat est un privilège de confirmation pour le monastère de Saint-Pierre de Canterbury, demandé par l'abbé Hadrien.[60] Hadrien n'est pas un inconnu : choisi avec Théodore de Tarse sous Vitalien — Théodore consacré à Rome en 668, arrivé à Canterbury en 669 —, il devient abbé de Saint-Pierre de Canterbury, grande figure scolaire et monastique.[61][62]
Ce privilège relie Adéodat à l'expansion romaine en Angleterre. Vitalien avait envoyé les hommes ; Adéodat confirme juridiquement une maison monastique où leur œuvre porte du fruit. Le passage d'un pape à l'autre manifeste une continuité missionnaire.
Saint-Martin de Tours
Le second acte connu est un privilège d'exemption pour le monastère de Saint-Martin de Tours. Treccani précise que le texte est conservé en deux rédactions discordantes.[63] Il faut donc rester sobre : l'acte est important pour l'histoire des exemptions monastiques, mais son dossier textuel exige prudence.
New Advent résume plus largement que seules les lettres concernant les abbayes de Saint-Pierre de Canterbury et Saint-Martin de Tours ont été conservées.[64] Pour un pontificat dont la documentation est très pauvre, ces deux traces sont précieuses : elles montrent une papauté attentive aux monastères au-delà de l'Italie.
Pluies, tonnerres et litanies après sa mort
Des phénomènes météorologiques extrêmes
Le Liber Pontificalis rapporte qu'après la mort d'Adéodat, il y eut des pluies et des tonnerres d'une violence telle qu'aucune génération humaine n'en gardait mémoire. Des hommes et des bêtes périrent frappés par la foudre.[65]
La notice ajoute que les litanies quotidiennes obtinrent la miséricorde du Seigneur, permettant aux hommes de battre le grain et de le rentrer dans les greniers. Les pluies furent si abondantes que des légumes repoussèrent et parvinrent à maturité, ce qui étonna les hommes.[66]
Lire ces signes comme une mémoire romaine
L'article ne doit pas transformer ces phénomènes en chronique météorologique moderne. Le Liber Pontificalis écrit depuis une culture où les catastrophes naturelles, les litanies et la vie agricole sont lues dans une grammaire religieuse. La question n'est pas de ridiculiser cette lecture, mais de comprendre comment Rome se souvient d'un pontificat : après un pape doux et restaurateur, la ville prie pour traverser des pluies destructrices.
« Si le Seigneur n'avait pas été apaisé par les litanies qui se faisaient chaque jour, les hommes n'auraient pu battre le grain ni le déposer dans les greniers. » « Et nisi per letanias quas cotidie fiebant Dominus est propitiatus ut potuissent homines triturare vel in horreis frumenta recondere. » — Liber Pontificalis, 79, § 5 (éd. Duchesne, t. I, p. 346-347)[67]
Mort, sépulture et ordinations
Quatorze prêtres, deux diacres, quarante-six évêques
Le Liber — notre seule source sur ce point (LP 79, § final : « presbiteros XIIII, diaconos II, episcopos per diversa loca XLVI ») — attribue à Adéodat une ordination au mois de décembre (« per mens. decem. ») : quatorze prêtres, deux diacres et quarante-six évêques pour divers lieux.[68] Ces chiffres sont essentiels dans un article sur un pape bref et peu documenté.
Ils montrent que le pontificat n'est pas immobile. Même sans grands textes conservés, Adéodat maintient la succession apostolique, pourvoit les Églises et organise le clergé romain.
Sépulture à Saint-Pierre
Adéodat est enseveli auprès du bienheureux apôtre Pierre.[69] Cette sépulture le rattache à la continuité romaine la plus forte : un pape moine, discret, peu documenté, finit dans la basilique qui porte la mémoire du premier apôtre.
Après sa mort, la vacance dure quatre mois et quinze jours selon le Liber (« cessavit episcopatus mens. IIII dies XV »).[70] Son successeur, Donus, gouvernera brièvement de 676 à 678, juste avant Agathon.[71]
Sainteté, nom et réception
Adéodat II, Deusdedit II ou Adéodat ?
Le nom pose une difficulté de classement. Le prédécesseur de 615-618 est appelé Deusdedit, mais aussi Adéodat I dans certaines listes. Adéodat II peut donc être nommé simplement Adeodatus, Adeodatus II ou Deusdedit II selon les conventions.[72][73]
Il est important de le distinguer de Pape saint Deusdedit, qui correspond à Adéodat I.
Faut-il l'appeler saint ?
New Advent intitule sa notice "Pope St. Adeodatus", et certains catalogues le placent parmi les saints.[74] Mais Treccani précise que les Bollandistes rejettent cette tradition, et Britannica ajoute que certains hagiographes lui donnent le titre de saint et une fête au 26 juin, tandis que les Bollandistes refusent de lui reconnaître un culte propre.[75][76]
La formulation la plus rigoureuse est donc : Adéodat II est appelé saint par certains catalogues et notices anciennes, mais son culte liturgique est contesté par les Bollandistes. L'article ne doit ni effacer la tradition hagiographique, ni lui donner une solidité qu'elle n'a pas.
Héritage spirituel
La douceur comme gouvernement
La source la plus proche insiste sur sa douceur et sa bienveillance. Dans une période où les papes voisins affrontent exils, controverses doctrinales, empereurs, exarques, usurpateurs, raids et schismes, cette insistance n'est pas faible. Elle donne une autre figure de l'autorité pontificale : recevoir tout homme, du plus grand au plus petit.
La douceur d'Adéodat n'est pas mollesse, puisqu'il refuse la synodique monothélite. Elle est plutôt une manière de gouverner sans durcir le cœur. Il peut être accueillant envers les personnes et intransigeant sur la foi.
Une fidélité monastique au service de Pierre
Son héritage tient dans cette synthèse : moine de Saint-Érasme, pape de Saint-Pierre, protecteur de Canterbury et Tours, restaurateur d'églises, gardien anti-monothélite, pasteur du clergé romain. Le pontificat n'a pas l'éclat d'une grande victoire conciliaire, mais il garde l'Église dans la continuité nécessaire pour qu'une victoire soit possible.
Pour aller plus loin
- Pape saint Vitalien — prédécesseur immédiat, pape de la détente prudente avec Constantinople et de Théodore de Tarse.
- Pape saint Deusdedit — Adéodat I, à distinguer soigneusement d'Adéodat II.
- Pape Donus — successeur d'Adéodat II, au seuil de la réconciliation doctrinale avec Constantinople.
- Pape saint Agathon — pape de Constantinople III, où la question monothélite sera tranchée.
- Concile de Constantinople III (680-681) — définition des deux volontés et deux opérations du Christ.
- La conversion des Anglo-Saxons — contexte de Canterbury, Théodore de Tarse et Hadrien.
Notes et sources
Notes et références
Saint-Siège, fiche officielle « Adeodatus II » (page anglaise, vérifiée en direct le 4 octobre 2026 — HTTP 200) : « 77th Pope of the Catholic Church — Beginning Pontificate 11.IV.672 — End Pontificate 16.VI.676 — Birth Rome », soit 77e pape de l'Église catholique, né à Rome, pontificat du 11 avril 672 au 16 juin 676. URL : https://www.vatican.va/content/vatican/en/holy-father/adeodato-ii.html.
1 17Concile de Constantinople III (680-681), convoqué par l'empereur Constantin IV : définit deux volontés naturelles et deux opérations naturelles dans le Christ (EWTN, décret : « two natural wills and two natural operations »). Les légats du pape Agathon y président ; Agathon — mort le 10 janvier 681 — ne voit pas la conclusion du concile (septembre 681), confirmée sous Léon II (Catholic Encyclopedia, « Pope St. Agatho » : « the Sixth Ecumenical Council, held at Constantinople in 680, at which the papal legates presided » ; « Before the decrees of the council arrived in Rome for the approval of the pope, Agatho had died »). URLs : https://www.ewtn.com/catholicism/library/third-council-of-constantinople-11564, https://www.encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/monothelitism et https://studylight.org/encyclopedias/eng/tce/p/pope-st-agatho.html.
2 6 44 49Liber Pontificalis, notice "Adeodatus", éd. Louis Duchesne, Le Liber pontificalis, t. I, Paris, 1886, p. 346-347 ; texte latin via Fontistoriche (collationné en direct le 4 octobre 2026 — citations conformes au texte intégral) : "natione Romanus, ex monachis, de patre Iobiano", durée du pontificat, douceur, bienveillance, accueil de tous, compassion envers les pèlerins ou étrangers, augmentation de la roga. Référence exacte : LP 79, § 1 ; latin : « ADEODATUS, natione Romanus, ex monachis, de patre Iobiano, sedit ann. IIII mens. II dies V. Tante magnitudinis fuit, mitissimus ac benignissimus, ut omnem hominem a maiore usque ad minimum libenter susciperet… Sed et rogam omnibus ampliavit ». URL : https://fontistoriche.org/papa-adeodato-ii/.
3 4 19 28 37 59Girolamo Arnaldi, "ADEODATO II, papa", Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 1, Istituto dell'Enciclopedia Italiana Treccani, 1960 (vérifié en direct le 4 octobre 2026 — HTTP 200, texte intégral) : Adéodat II, aussi appelé simplement Adeodatus si Deusdedit est compté comme Adéodat I ; Romain, fils de Jovinien, provenance monastique, successeur de Vitalien (mort le 27 janvier 672), consacré le 11 avril ; « Morì il 16 giugno 676 e fu sepolto in S. Pietro ». URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/papa-adeodato-ii_%28Dizionario-Biografico%29/.
5 18 40 41 73Encyclopaedia Britannica, "Adeodatus II" (page actuelle, vérifiée le 4 octobre 2026) : pape 672-676, mort le 17 juin 676 ; « the first pontiff to date events in terms of his reign » ; « Adeodatus played no known role in the political events of the day or in the liquidation of monothelitism (a heresy teaching that Christ had only one will), although he did defend orthodoxy on the issue » ; restaurations d'églises, protection de Saint-Pierre et Saint-Paul de Canterbury, amélioration de Saint-Érasme. Formule exacte sur le culte : « Some hagiographers style him "Saint" and give him June 26 as a feast day, but the Bollandists, who edit and publish the Acta Sanctorum, insist that he had no cult and therefore is not entitled to a feast day ». URL : https://www.britannica.com/biography/Adeodatus-II.
7 23 76Catholic Encyclopedia (1913), « Ravenna » : différends entre le pape Vitalien et l'archevêque Maurus (648-671), qui « sought and obtained the privilege of autonomy from the Emperor Constans II » et exhorta jusque sur son lit de mort son clergé à ne pas se soumettre au joug de Rome. Catholic Encyclopedia, « Pope Saint Leo II » : les archevêques de Ravenne désiraient être « autocephalous, i.e. free from the direct jurisdiction of the pope » ; Léon II « obtained from Constantine Pogonatus the revocation of the edict of Constans ». L'octroi impérial est daté de 666 ; l'archevêque Théodore se rallie à Agathon en 680, puis renonce formellement à l'autocéphalie en 682, Constantin IV révoquant alors l'édit de Constant sous Léon II. URLs : https://www.newadvent.org/cathen/12662b.htm, https://www.newadvent.org/cathen/09157a.htm et https://en.wikipedia.org/wiki/Theodorus_(archbishop_of_Ravenna).
8Ecthèse (638) : édit d'Héraclius, rédigé par Serge, qui n'admet qu'une seule volonté dans le Christ (Harnack, History of Dogma, IV, via ccel.org) ; refusée par les papes Séverin et Jean IV, combattue par Maxime en Afrique et en Italie (Britannica 1911, « Monothelites »). Typos (648) : édit de Constant II qui supprime l'Ecthèse et interdit toute discussion sur l'unité ou la dualité de l'énergie ou de la volonté du Christ (McClintock-Strong, « Monothelism », avec renvoi à Mansi, 10:992, 1029). Ecthèse condamnée au concile romain du Latran en 649.
9 45Girolamo Arnaldi, "ADEODATO II, papa", Treccani, 1960 (vérifié en direct le 4 octobre 2026 — HTTP 200, texte intégral ; verbatim : « Si mantenne su di una linea di intransigenza nei confronti del monotelismo e, regolandosi allo stesso modo dei suoi predecessori, respinse la sinodica del patriarca Costantino I (assunto al patriarcato il 2 sett. 675), con la conseguenza che, per rappresaglia, il nome di A. non fu iscritto nei dittici della Chiesa costantinopolitana ») : ligne d'intransigeance contre le monothélisme ; refus de la synodique du patriarche Constantin I de Constantinople, élu le 2 septembre 675 ; non-inscription du nom d'Adéodat dans les diptyques de Constantinople par représailles.
10 36 46 47 48Thomas J. Shahan, "Pope St. Adeodatus", The Catholic Encyclopedia, vol. 1, Robert Appleton Company, New York, 1907 ; transcription New Advent : règne 672-676, moine du cloître romain de Saint-Érasme sur le Cælius, discipline monastique, répression du monothélisme, lettres conservées pour les abbayes de Saint-Pierre de Canterbury et de Saint-Martin de Tours. Sources citées par la notice : Liber Pont., éd. Duchesne, I, 346-347 ; Jaffé, Reg. RR. Pont., I, 237 ; Mansi, Coll. Conc., XI, 101. URL : https://www.newadvent.org/cathen/01142a.htm.
11 15 22 58 64 72 74Liber Pontificalis, notice "Adeodatus", éd. Duchesne, t. I, p. 346-347 (collationné en direct le 4 octobre 2026 — citations conformes au texte intégral Fontistoriche) ; restauration et dédicace de l'église Saint-Pierre sur la voie Portuensis près du pont Meruli ; nouveaux bâtiments au monastère Saint-Érasme du Cælius, acquisition de casalia, institution d'un abbé et d'une congrégation. Référence exacte : LP 79, § 4 ; latin : « Hic ecclesiam beati Petri qui est via Portuense, iuxta ponte Meruli, ut decuit restauravit atque dedicavit. Sed et in monasterio sancti Herasmi situm in Celiomonte… multa nova edificia augmentavit ; sed et casalia conquisivit et in vita sua abbatem vel congregationem ibidem instituit ».
12 31 34 38 56 57Girolamo Arnaldi, "ADEODATO II, papa", Treccani, 1960 : discussion critique du passage "concrevisse visus est" sur Saint-Érasme ; hypothèse d'une communauté, peut-être grecque, disparue puis restaurée ; ou élévation de Saint-Érasme au rang de monastère avec abbé et congrégation ; prudence sur l'identification des fonds ruraux avec les casalia du Liber Pontificalis.
13 35 39Girolamo Arnaldi, "ADEODATO II, papa", Treccani, 1960 : deux seuls actes connus du pontificat, privilège de confirmation pour le monastère de Saint-Pierre de Canterbury à la demande de l'abbé Hadrien, privilège d'exemption pour Saint-Martin de Tours, conservé en deux rédactions discordantes. Cote des lettres : Jaffé-Löwenfeld, Regesta Pont. Rom., I, Leipzig, 1885, p. 237 (cote donnée par Treccani et par New Advent) ; Mansi, Coll. Conc., XI, 101 (cité par New Advent) ; textes dans Labbe, Concilia, 6, 523 (cité par McClintock-Strong).
14 16 60 62 63Liber Pontificalis, notice "Adeodatus", éd. Duchesne, t. I, p. 346-347 (collationné en direct le 4 octobre 2026 — citations conformes au texte intégral Fontistoriche) ; une ordination au mois de décembre, quatorze prêtres, deux diacres, quarante-six évêques, sépulture à Saint-Pierre le sixième jour avant les calendes de juillet, vacance de quatre mois et quinze jours. Référence exacte : LP 79, § final ; latin : « Fecit autem ordinationem I per mens. decem., presbiteros XIIII, diaconos II, episcopos per diversa loca XLVI. Qui etiam sepultus est ad beatum Petrum Apostolum, sub die VI kal. Iulias. Et cessavit episcopatus mens. IIII dies XV ».
20 33 68 69 70Prosopography of the Byzantine Empire, "Adeodatos 3" (PmbZ No. 83), King's College London : évêque de Rome du 11 avril 672 au 17 juin 676, Romain, fils de Jovinien (« son of Iovianus (Iobianos) » dans la notice), moine ; durée « four years two months five days » (Lib. Pont. 79.1) ; moine de Saint-Érasme du Cælius, agrandissements (79.4, avec citation latine) ; restauration de Saint-Pierre sur la voie Portuensis (79.4) ; sépulture à Saint-Pierre le 26 juin 676 (79.6) ; résumé fondé sur le Liber Pontificalis (Duchesne). URL : https://pbe.kcl.ac.uk/data/D00/F63.htm.
21 25 27McClintock-Strong, Cyclopedia of Biblical, Theological and Ecclesiastical Literature, « Adeodatus » : Romain, fils de Jovinien, succède à Vitalien le 11 avril 672 ; gouverne quatre ans, deux mois et six jours ; meurt le 17 juin 676 ; « Nothing remains to us of Pope Adeodatus but his letters (Labbe, Concilia, 6, 523) ». URL : https://www.studylight.org/encyclopedias/eng/mse/a/adeodatus.html.
24 26Liber Pontificalis, notice "Adeodatus", éd. Duchesne, t. I, p. 346-347 (texte Fontistoriche vérifié en direct le 4 octobre 2026 — HTTP 200 ; citations collationnées sur Duchesne : 'Ilistriae', 'intartizavit', 'intartae', 'Saraceni') ; Mezezius en Sicile avec l'armée orientale, usurpation du pouvoir, expédition de l'armée d'Italie — un corps embarqué en Istrie, un autre en Campanie —, rejointe par des troupes de Sardaigne et d'Afrique, vers Syracuse, mort de Mezezius et envoi de sa tête à Constantinople. Référence exacte : LP 79, § 2 ; latin : « Huius temporibus Mezezius, qui erat in Sicilia cum exercitu Orientali, intartizavit et arripuit regnum. Et perrexit exercitus Italiae per partes Ilistriae, alii per partes Campaniae, necnon et alii per partes Sardiniae Africae… truncati perducti sunt Constantinopolim simul et caput eiusdem intartae ».
29 43 50Liber Pontificalis, notice "Adeodatus", éd. Duchesne, t. I, p. 346-347 (collationné en direct le 4 octobre 2026 — citations conformes au texte intégral Fontistoriche) ; venue des Sarrasins en Sicile, prise de Syracuse, massacres parmi les réfugiés, butin et bronze emportés vers Alexandrie. Référence exacte : LP 79, § 3 ; latin : « Postmodum venientes Saraceni Siciliam, obtinuerunt praedictam civitatem et multam occisione in populo qui in castris seu montanis confugerant fecerunt, et praeda nimia vel aere qui ibidem a civitate Romana navigatum fuerat secum abstollentes Alexandriam reuersi sunt ».
30 53 55Liber Pontificalis, notice "Adeodatus", éd. Duchesne, t. I, p. 346-347 (collationné en direct le 4 octobre 2026 — citations conformes au texte intégral Fontistoriche) ; pluies et tonnerres extraordinaires après la mort du pape, morts par la foudre, litanies quotidiennes, grain battu et rentré aux greniers, légumes repoussés jusqu'à maturité. Référence exacte : LP 79, § 5 ; latin : « Post cuius transitum tantae pluviae et tonitrua fuerunt quales nulla aetas hominum memoratur… Et nisi per letanias quas cotidie fiebant Dominus est propitiatus ut potuissent homines triturare vel in horreis frumenta recondere… et ad maturitatem devenerunt ».
32 65 66 67Sur Mezezius (Mizizios) : Théophane le Confesseur rapporte que Constantin IV, fils de Constant II, mena lui-même une expédition en Sicile et fit exécuter Mizizios et les meurtriers de son père, tandis que le Liber Pontificalis attribue la répression aux troupes loyalistes d'Italie et d'Afrique et l'envoi de la tête à Constantinople (synthèse encyclopédique moderne). URL : https://encyclopedia.thefreedictionary.com/Mizizios.
42 52Catholic Encyclopedia (1913), « Sicily » : la tentative sarrasine contre la Sicile a lieu en 669, après l'assassinat de l'empereur Constant II à Syracuse. URL : https://en.wikisource.org/wiki/Catholic_Encyclopedia_(1913)/Sicily.
51 54Encyclopaedia Britannica, « Saint Theodore of Canterbury » : nommé par le pape Vitalien, consacré en 668, parti de Rome avec Adrian, arrivé à Canterbury en 669 où Théodore fit d'Adrian l'abbé. URL : https://www.britannica.com/biography/saint-theodore-of-canterbury.
61Saint-Siège, fiche officielle « Donus » (page anglaise, vérifiée en direct le 4 octobre 2026 — HTTP 200) : « 78th Pope of the Catholic Church — Beginning Pontificate 2.XI.676 — End Pontificate 11.IV.678 — Birth Rome », soit 78e pape, du 2 novembre 676 au 11 avril 678. URL : https://www.vatican.va/content/vatican/en/holy-father/dono.html.
71Girolamo Arnaldi, "ADEODATO II, papa", Treccani, 1960 : le nom d'Adéodat apparaît dans certains catalogues de saints, mais les Bollandistes rejettent cette tradition. Lieu bollandiste cité par Treccani : Acta Sanctorum Iunii, t. V, Anvers, 1709, p. 155.
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