Pape saint Serge I (Sergius I) gouverne l'Église de Rome du 15 décembre 687 au 7 septembre 701 selon la chronologie actuelle du Saint-Siège. La tradition liturgique retient sa mort le 8 septembre, jour de sa fête, et le classe parmi les grands papes du tournant entre la Rome byzantine et la papauté médiévale.[1][2]
Son pontificat tient ensemble quatre dossiers rarement réunis chez un pape dit "secondaire" : une élection romaine presque schismatique, le refus du concile in Trullo face à Justinien II, l'enracinement de la mission anglo-saxonne et frisonne, et l'entrée durable de l'Agnus Dei dans la messe romaine.[3][4][5]
Serge I n'est pas un pape de grands traités doctrinaux conservés. Il est un pasteur de seuil : Syrien par origine, formé en Sicile, prêtre romain de Sainte-Susanne, musicien liturgique, défenseur de la discipline de Rome contre une pression impériale venue de Constantinople, et protecteur des missions du Nord.[6][7]
« Il choisissait de mourir plutôt que de consentir aux erreurs de nouveautés. » — Liber Pontificalis, Vie de Serge I (LXXXVI, §5), éd. Duchesne, t. I, p. 373 (traduction)[8]
Pourquoi Serge I compte-t-il ?
Un pape peu connu, mais un vrai pontificat-charnière
Serge I compte parmi les papes les moins connus du grand public. Pourtant, son pontificat touche une ligne majeure de l'histoire catholique : la papauté romaine n'est plus seulement l'évêché prestigieux d'une capitale impériale déchue ; elle devient une autorité capable de tenir tête à l'empereur, d'ordonner la mission vers les peuples du Nord, et de donner au rite romain des gestes qui traverseront les siècles.[9][10]
Le contexte immédiat est celui des papes siciliens et orientaux de la fin du VIIe siècle : Agathon, Léon II, Jean V, Conon, puis Serge. Ces hommes ne sont pas des "agents byzantins" au sens simpliste. Ils sont souvent des clercs orientaux ou siciliens intégrés à Rome, capables de parler grec, de comprendre Constantinople, mais aussi de défendre la tradition romaine quand Constantinople veut l'absorber.[11][12]
L'homme qui stabilise une élection déchirée
À la mort de Conon, en septembre 687, Rome se divise. L'archidiacre Paschal cherche l'appui de l'exarque Jean Platyn par promesse d'argent ; un autre groupe soutient l'archiprêtre Théodore ; les deux factions occupent des espaces distincts du Latran. Le clergé et le peuple finissent par écarter les deux prétendants et choisissent Serge, alors prêtre respecté.[13][14]
Cette scène montre la fragilité du gouvernement pontifical avant la stabilisation médiévale. Il n'y a pas encore conclave. L'élection dépend du clergé, du peuple, de l'armée romaine, et de l'exarque byzantin. Mais le résultat est significatif : Rome ne choisit ni le candidat de l'argent ni le candidat d'une faction, elle choisit un prêtre de consensus.
Le pape du refus de Trullo
En 692, Justinien II réunit le concile dit in Trullo ou Quinisexte. L'objectif oriental est de compléter les cinquième et sixième conciles œcuméniques par des canons disciplinaires. Mais plusieurs canons reprennent ou imposent des usages byzantins contre la discipline romaine, notamment sur le mariage des clercs, le rang de Constantinople, le jeûne du samedi ou les représentations du Christ sous forme d'agneau.[15][16]
Serge refuse de signer. L'empereur tente alors de le faire arrêter et transférer à Constantinople. La milice de Ravenne, celle de la Pentapole (les cinq cités byzantines de la côte adriatique) et le peuple romain protègent le pape. L'envoyé impérial Zacharie finit par se cacher, selon le récit ancien, jusque sous le lit pontifical, avant d'être expulsé de Rome.[17][18]
Le pape de l'Agnus Dei
Le Liber Pontificalis attribue à Serge I une décision liturgique appelée à devenir universellement familière : pendant la fraction du Corps du Seigneur, clergé et peuple chanteront l'Agnus Dei, "Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde, prends pitié de nous".[19][20]
Ce geste ne doit pas être lu comme une simple "innovation de rubrique". Dans le contexte de Trullo, il peut être compris comme une réponse romaine profonde au canon 82, qui demandait de ne plus représenter le Christ sous la forme symbolique de l'agneau. Rome ne nie pas la valeur de l'image humaine du Christ ; elle garde en même temps la puissance biblique et eucharistique du symbole de l'Agneau.[21][22]
Les sources principales
Tableau des témoins
| Source | Date | Ce qu'elle apporte | Prudence |
|---|---|---|---|
| Saint-Siège | liste actuelle | 84e pape, dates 15.XII.687 - 7.IX.701, origine syrienne | Notice très brève |
| Liber Pontificalis | tradition romaine, éd. Duchesne | Origine, formation, élection, refus de Trullo, travaux, Agnus Dei, processions, ordinations, sépulture | Source romaine, très favorable au pape |
| Prosopography of the Byzantine Empire | moderne | Synthèse critique de la notice ancienne, avec citations latines et références au Liber Pontificalis | Outil prosopographique, pas récit spirituel |
| New Advent / Catholic Encyclopedia | 1912 | Vue d'ensemble catholique : élection, Angleterre, Trullo, Aquilée, liturgie | Ancienne, mais structurée et utile |
| Treccani | moderne | Synthèse italienne : pacification électorale, refus de Trullo, troupes de Ravenne et Pentapole, Frisons, fête | Brève |
| Bède le Vénérable | début VIIIe siècle | Baptême de Caedwalla à Rome ; contexte missionnaire anglais | Source anglaise, spirituelle et narrative |
| Canons de Trullo | 692 | Texte des canons qui expliquent le refus romain | Concile non reçu comme œcuménique en Occident |
| Britannica | moderne | Synthèse claire : importance du pontificat, Trullo, missions, Agnus Dei, Candlemas | Source secondaire générale |
Le Saint-Siège : les bornes officielles
La fiche actuelle du Vatican présente Serge I comme 84e pape de l'Église catholique, avec début du pontificat le 15 décembre 687, fin le 7 septembre 701, et naissance en Syrie.[23] Le titre Ignispedia doit donc intégrer les dates : Pape saint Serge I (687-701).
La tradition hagiographique retient le 8 septembre 701 pour sa mort : New Advent donne cette date comme décès,[24] le Martyrologe romain y commémore sa sépulture auprès de Saint-Pierre,[25] et Treccani fixe sa fête au 8 septembre.[26] L'écart d'un jour avec la fiche vaticane (fin du pontificat au 7 septembre) ne doit pas être dramatisé : l'article distingue la borne officielle actuelle et la fête traditionnelle.
Le Liber Pontificalis : la source romaine centrale
La notice du Liber Pontificalis est la colonne vertébrale de l'article. Elle le dit Syrien, de la région d'Antioche, issu d'un père nommé Tibère, et situé à Palerme en Sicile. La Prosopography of the Byzantine Empire cite la formule latine : Serge est "Syrien, de la région d'Antioche, né de son père Tibère à Panormus en Sicile".[27]
Le même dossier le montre entrant dans le clergé romain sous Adéodat II, puis confié au premier chantre pour sa formation, devenu acolyte, montant par les ordres, et finalement ordonné prêtre du titre de Sainte-Susanne par Léon II.[28]
« Confié au premier des chantres pour être instruit. » — Liber Pontificalis, notice de Serge I[29]
Les sources anglaises : Bède et la mémoire missionnaire
Bède donne à Serge une place remarquable dans la mémoire anglaise. Il rapporte que Caedwalla, roi des Saxons de l'Ouest, quitte son royaume pour recevoir le baptême à Rome, au seuil des apôtres. Arrivé sous Serge, il est baptisé le Samedi saint de 689, reçoit le nom de Pierre, tombe malade dans ses vêtements blancs et meurt le 20 avril.[30]
Le récit de Bède n'est pas une chronique administrative. C'est une théologie de la royauté convertie : un roi guerrier dépose sa couronne, vient à Rome, reçoit l'eau du baptême auprès de Pierre, puis meurt comme un nouveau-né dans la foi. Serge y apparaît comme père baptismal, non seulement comme chef institutionnel.
« Serge le pape ordonna qu'il fût appelé Pierre, lui-même étant son père lorsqu'il se releva, né de nouveau, de la fontaine baptismale. » — Épitaphe de Caedwalla rapportée par Bède le Vénérable, Histoire ecclésiastique, V, 7 (trad. Sellar)[31]
Avant le pontificat : un Syrien formé entre Sicile et Rome
Antioche, Palerme et la Rome grecque
L'origine de Serge résume la Méditerranée chrétienne du VIIe siècle. Les sources le disent Syrien d'Antioche, mais le rattachent aussi à Panormus, c'est-à-dire Palerme. La meilleure formulation est donc prudente : Serge appartient à une famille syrienne liée à Antioche, installée ou passée par la Sicile byzantine avant son insertion dans le clergé romain.[32][33]
Cette géographie n'est pas marginale. Après les conquêtes musulmanes, de nombreux chrétiens d'Orient circulent vers la Sicile et Rome. La papauté du VIIe siècle devient plus grecque, plus syrienne, plus sicilienne, tout en restant romaine. Serge est un exemple clair de cette catholicité concrète : les provinces blessées de l'Orient chrétien donnent à Rome des pasteurs capables de servir l'Église universelle.
Le chant comme formation ecclésiale
Le Liber Pontificalis insiste sur la formation musicale de Serge. Il est confié au responsable des chantres, non seulement pour chanter, mais pour apprendre la discipline liturgique romaine.[34] Cette donnée éclaire son pontificat : l'homme qui introduit l'Agnus Dei et organise des processions mariales n'est pas un administrateur indifférent au culte. Il a été formé par la prière chantée de Rome.
La liturgie, dans cette période, n'est pas un décor. Elle est une façon de tenir la foi lorsque les formules doctrinales, les canons disciplinaires et les pressions impériales troublent l'Église. Serge sait que ce que le peuple chante finit par former ce que le peuple croit.
Sainte-Susanne et les cimetières romains
Serge est ordonné prêtre du titre de Sainte-Susanne, appelé aussi "Duas Domos" (« les Deux Maisons », nom antique du lieu), par Léon II.[35] Pendant son presbytérat, il se distingue aussi par la célébration de messes dans les cimetières, c'est-à-dire près de la mémoire des martyrs.[36]
Ce détail prépare le portrait du pape : Serge n'est pas seulement un homme d'Orient ; il est devenu prêtre romain par les titres, les cimetières, les sanctuaires, les chantres et les martyrs. Son gouvernement ultérieur de Rome, ses restaurations et ses processions prolongent cette immersion dans la ville sacrée.
L'élection de 687 : Paschal, Théodore et Serge
Une succession dangereusement divisée
Conon meurt après un pontificat bref. La succession s'ouvre dans un climat d'ambition et de rivalité. Paschal, archidiacre, promet une forte somme à l'exarque pour obtenir le siège ; Théodore, archiprêtre, rassemble un autre parti ; chacun occupe une zone du palais ou du Latran. La situation pourrait produire un schisme romain durable.[37][38]
Le Liber Pontificalis, résumé par la Prosopography of the Byzantine Empire, donne le ressort décisif : les factions se tournent finalement vers Serge, vénérable prêtre, comme candidat commun. Il est conduit à l'oratoire de Saint-Césaire, puis au palais du Latran, où il est acclamé.[39]
Le prix extorqué par l'exarque
Le dossier n'est pas pur de toute violence politique. L'exarque Jean Platyn exige de Serge les cent livres d'or promises par Paschal avant de permettre la consécration.[40] Britannica souligne que Serge paie à contrecœur, ce qui montre moins une simonie personnelle qu'une extorsion impériale dans un moment où l'exarque tient encore un pouvoir de blocage.[41]
Il faut donc éviter deux lectures. Serge n'est pas un candidat acheté au départ, comme Paschal ; mais son élection n'est pas non plus un épisode idéal. Elle se fait dans une Rome où l'autorité byzantine peut encore monnayer la paix ecclésiale. Cette humiliation rend son refus ultérieur de Justinien II plus significatif.
Une acclamation romaine plutôt qu'une victoire de parti
Serge est consacré le 15 décembre 687.[42][43] Théodore cède ; Paschal refuse de se soumettre : privé de l'archidiaconat pour des pratiques de magie — incantations et sorts — il est enfermé dans un monastère selon le Liber Pontificalis, où il meurt impénitent cinq ans plus tard.[44] Britannica résume le même épisode en disant qu'il mourut en prison cinq ans après.[45]
Le fait majeur est que Serge sort de la crise comme pape de pacification. Treccani le présente précisément comme celui qui apaise les factions en lutte autour de Paschal et Théodore.[46] Cette première victoire prépare la suite : pour résister à l'empereur, il faudra d'abord ne pas être prisonnier d'un parti romain.
| Acteur de l'élection | Position en 687 | Issue |
|---|---|---|
| Paschal, archidiacre | Recherche l'appui de l'exarque par promesse d'argent | Écarté ; refuse ensuite de se soumettre |
| Théodore, archiprêtre | Soutenu par une autre faction romaine | Cède devant le choix de Serge |
| Jean Platyn, exarque | Arbitre impérial intéressé | Extorque l'or avant la consécration |
| Serge, prêtre de Sainte-Susanne | Candidat de consensus du clergé et du peuple | Consacré pape le 15 décembre 687 |
Serge I face au concile in Trullo
Pourquoi Trullo pose problème à Rome
Le concile in Trullo, tenu en 692 sous Justinien II, prétend compléter les conciles de Constantinople II et III par des canons disciplinaires. New Advent rappelle qu'il se réunit dans la même salle à coupole que le sixième concile, d'où son nom, et qu'il adopte 102 canons.[47]
Le problème n'est pas que Rome refuserait toute discipline orientale par orgueil latin. Le problème est que plusieurs canons transforment des usages orientaux en normes imposées à toute l'Église, parfois contre la discipline reçue à Rome. New Advent cite notamment l'attitude hostile envers les usages occidentaux, le dossier du célibat, la reprise du rang de Constantinople, et la condamnation de détails disciplinaires occidentaux.[48]
Les canons les plus sensibles
Le canon 13 défend, contre la pratique romaine, le maintien des unions conjugales des prêtres et diacres mariés avant l'ordination, et condamne ceux qui voudraient séparer un clerc de son épouse.[49] Le canon 36 renouvelle le rang de Constantinople après Rome, dans la ligne du canon 28 de Chalcédoine, que Rome avait contesté.[50] Le canon 55 condamne le jeûne du samedi pendant le Carême, usage romain.[51] Le canon 82 demande de représenter le Christ sous forme humaine plutôt que sous le symbole de l'agneau.[52]
Ces points ne sont pas tous de même nature. Certains relèvent de discipline, d'autres touchent aux rapports entre sièges patriarcaux, d'autres à l'iconographie biblique. Mais leur accumulation donne l'impression d'une discipline byzantine posée comme norme universelle sans réception romaine.
"Mourir plutôt que consentir"
Le Liber Pontificalis dit que Serge refuse de souscrire les actes parce que certains chapitres sont ajoutés contre le rite ecclésiastique. La Prosopography of the Byzantine Empire cite l'expression forte : il préfère mourir plutôt que consentir aux erreurs de nouveautés.[53]
Cette phrase est capitale pour un article catholique. Elle ne signifie pas que toute nouveauté disciplinaire serait mauvaise ; Rome elle-même développe sa liturgie. Elle signifie qu'un pape ne peut pas signer un texte qui prétend imposer à l'Église romaine des canons non reçus, hostiles ou contraires à sa tradition légitime.
Le Liber Pontificalis résume son attitude en substance : plutôt mourir que de consentir à des nouveautés erronées.[54]
Zacharie sous le lit du pape
Justinian II ne se contente pas d'une demande de signature. Après une première mission visant deux collaborateurs du pape, il envoie le protospathaire Zacharie (officier supérieur de la garde impériale byzantine) pour prendre Serge et le conduire à Constantinople. Les troupes de Ravenne et de la Pentapole se soulèvent en faveur du pape et marchent sur Rome.[55]
Le récit ancien devient presque théâtral : Zacharie, paniqué, se cache sous le lit du pape ; Serge lui promet la vie sauve, sort calmer les troupes et le peuple, mais Zacharie est expulsé de la ville sous les injures.[56] L'épisode montre un basculement politique : l'Italie byzantine n'obéit plus automatiquement à Constantinople lorsque l'empereur touche au pape.
Une papauté missionnaire : Angleterre, Frise et Francs
Caedwalla : un roi baptisé Pierre
En 689, Caedwalla, roi des Saxons de l'Ouest, vient à Rome recevoir le baptême. Bède raconte qu'il avait gouverné deux ans, puis quitté sa couronne pour le Seigneur et le royaume éternel. Il veut être baptisé auprès du tombeau des apôtres, espérant recevoir l'entrée du ciel par le baptême et quitter bientôt la chair pour la joie éternelle.[57]
Serge le baptise le Samedi saint, lui donne le nom de Pierre, puis le fait ensevelir dans la basilique de l'apôtre après sa mort rapide, le 20 avril. L'épitaphe conservée par Bède présente le roi comme un pèlerin venu des extrémités de la terre pour voir le siège de Pierre et recevoir les eaux de vie.[58]
Cette scène est l'une des plus belles du pontificat. La papauté n'y apparaît pas comme une puissance politique, mais comme la fontaine baptismale de peuples encore jeunes dans la foi.
Willibrord et la Frise
Serge consacre aussi Willibrord, missionnaire anglo-saxon, comme évêque pour les Frisons, lui donne le nom de Clément, et le renvoie vers sa mission.[59][60] Britannica situe l'acte en 695, à la demande ou dans le contexte du pouvoir franc de Pépin II de Herstal.[61]
Ce geste relie Rome, l'Angleterre chrétienne, les Francs et les peuples frisons. Il prolonge l'élan missionnaire amorcé par Grégoire le Grand et par les successeurs qui ont soutenu Cantorbéry. Serge n'évangélise pas lui-même les rivages du Nord ; il donne à la mission son mandat apostolique.
Wilfrid, Aldhelm et la communion anglaise
New Advent attribue à Serge plusieurs interventions anglaises : ordre de restaurer Wilfrid dans son siège, faveur envers Aldhelm de Malmesbury ; Mann ajoute qu'on lui attribue même d'avoir cherché à s'assurer Bède comme conseiller (« is credited with endeavouring to secure the Venerable Bede as his adviser »).[62] Ces attributions demandent prudence dans le détail, mais elles confirment une orientation générale : Serge garde un lien actif avec l'Église anglo-saxonne.
Le point important n'est pas de transformer chaque mention en dossier développé. Il est de voir que Rome est devenue, pour les Anglais, un centre vivant : on y vient pour le baptême, on y reçoit le pallium ou l'ordination missionnaire, on y cherche arbitrage et communion.
La fin du schisme des Trois Chapitres
Un conflit hérité de Constantinople II
Le schisme des Trois Chapitres naît après la condamnation, au deuxième concile de Constantinople en 553, de certains écrits associés à Théodore de Mopsueste, Théodoret de Cyr et Ibas d'Édesse. Une partie de l'Italie du Nord, notamment autour d'Aquilée, refuse cette réception, craignant une trahison de Chalcédoine.[63]
Au temps de Serge, il ne reste plus que des traces de ce schisme. Mais ces traces comptent : tant qu'Aquilée résiste, l'unité doctrinale de l'Italie demeure blessée.
Aquilée revient à l'unité
En 698, un synode réuni à Pavie sous l'autorité du roi lombard Cunincpert se prononce en faveur de la condamnation des Trois Chapitres, et ses actes sont envoyés à Rome pour l'approbation du pape.[64] C'est dans ce cadre que le Liber Pontificalis attribue à Serge la persuasion de l'archevêque d'Aquilée et de son clergé, amenés à accepter les doctrines du cinquième concile œcuménique ; Paul Diacre confirme que le dossier se clôt dans ce contexte.[65]
Treccani résume le résultat : Serge réussit à faire cesser complètement, en Italie du Nord, le schisme issu de la controverse des Trois Chapitres.[66] Ce succès est discret, mais immense. Il achève une fracture née plus de cent trente ans auparavant.
Une leçon de continuité catholique
La résolution du schisme d'Aquilée montre une autre facette de Serge. Face à Trullo, il résiste à Constantinople ; face à Aquilée, il fait recevoir Constantinople II. Il n'est donc pas "anti-oriental". Il accepte un concile œcuménique reçu par l'Église ; il refuse un synode disciplinaire oriental non reçu par Rome et porteur de canons problématiques.
Cette distinction est essentielle. La fidélité catholique n'est ni soumission politique à l'Empire, ni provincialisme latin. Elle discerne ce qui appartient à la foi de l'Église universelle et ce qui prétend imposer un usage local comme norme absolue.
Serge I et la liturgie romaine
L'Agnus Dei pendant la fraction
La décision liturgique la plus célèbre de Serge concerne l'Agnus Dei. Le Liber Pontificalis déclare qu'il établit que, au temps de la fraction du Corps du Seigneur, le clergé et le peuple chantent : "Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde, prends pitié de nous".[67][68]
Ce chant se situe au moment précis où le pain eucharistique est rompu. Il met donc sur les lèvres de l'Église la parole de Jean-Baptiste : le Christ est l'Agneau qui porte le péché du monde. La liturgie romaine ne se contente pas de raconter la rédemption ; elle la chante au moment où le sacrifice sacramentel est distribué.
« Pendant la fraction du Corps du Seigneur, le clergé et le peuple chanteront : Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde, prends pitié de nous. » — Liber Pontificalis, décision attribuée à Serge I[69]
Une réponse possible au canon 82
Le canon 82 de Trullo ne nie pas le Christ : il demande que l'image humaine du Christ remplace la représentation symbolique de l'agneau. Le texte affirme vouloir passer des types et ombres à la vérité accomplie.[70]
Mais Rome pouvait y voir un appauvrissement biblique. L'Agneau n'est pas un simple symbole inférieur : il est enraciné dans l'Exode, Isaïe, Jean-Baptiste, l'Apocalypse et l'Eucharistie. La Catholic Encyclopedia rapporte l'interprétation de Duchesne : il n'est pas interdit de voir, dans le décret de Serge sur l'Agnus Dei, une protestation contre le canon 82 de Trullo.[71]
Les processions mariales
Le Liber Pontificalis attribue encore à Serge l'organisation de processions et litanies pour quatre fêtes liées à la Vierge : l'Annonciation, la Dormition ou Assomption, la Nativité de Marie, et l'Hypapante, c'est-à-dire la Présentation du Seigneur ou Chandeleur.[72]
Ces processions traduisent une rencontre entre Orient et Occident. Plusieurs de ces fêtes ont une forte origine orientale ; Serge, pape syrien formé à Rome, les inscrit dans la piété urbaine romaine. Le même homme refuse une pression canonique byzantine, mais accueille des richesses liturgiques de l'Orient quand elles nourrissent la foi.
| Apport liturgique attribué à Serge I | Moment ou fête | Sens théologique |
|---|---|---|
| Chant de l'Agnus Dei | Fraction eucharistique | Le Christ est l'Agneau immolé qui enlève les péchés du monde |
| Procession de l'Annonciation | 25 mars | Incarnation du Verbe dans le sein de Marie |
| Procession de la Dormition/Assomption | 15 août | Gloire de la Mère de Dieu unie à son Fils |
| Procession de la Nativité de Marie | 8 septembre | Aurore de l'économie du salut |
| Procession de l'Hypapante/Chandeleur | 2 février | Rencontre du Christ, lumière des nations, avec son Temple |
Églises, reliques et Rome sacrée
Le crucifix retrouvé à Saint-Pierre
Le Liber Pontificalis rapporte que Serge découvre dans le trésor de Saint-Pierre un crucifix richement orné de pierres précieuses. Il devient ensuite objet de vénération lors de la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix dans l'église du Sauveur.[73]
Cette découverte appartient au monde spirituel de la Rome ancienne : trésors, reliques, croix, processions, basiliques. Elle montre une papauté qui administre non seulement des textes et des conflits, mais la mémoire visible du salut dans la ville.
Restaurations et ornements
Serge répare et orne plusieurs églises : Saint-Pierre, Saint-Paul, Saints-Côme-et-Damien, Sainte-Susanne, Sainte-Euphémie, Sainte-Aure à Ostie, l'oratoire de Saint-André sur la voie Labicane, et le titre de Saint-Laurent in Lucina.[74]
Ces travaux ne sont pas anecdotiques. Dans la Rome du VIIe siècle, les basiliques sont les points d'ancrage de la catéchèse populaire. Les restaurer, les enrichir, les relier par des processions, c'est maintenir l'Église visible dans une ville politiquement affaiblie.
Ordinations et sépulture
La Prosopography of the Byzantine Empire, suivant le Liber Pontificalis (86, 16), compte parmi les évêques ordonnés par Serge : Damien de Ravenne, Bertoaldus de Bretagne et Clément-Willibrord pour les Frisons.[75] Sur Bertoaldus, la prudence moderne s'impose : il s'agit de Berhtwald, archevêque de Cantorbéry — la Bretagne en question est l'Angleterre insulaire, non la Bretagne continentale. D'après Bède (Histoire ecclésiastique, V, 8), il fut consacré le 29 juin 693 par Godwin, archevêque de Lyon, puis vint à Rome recevoir le pallium des mains de Serge.[76] Serge meurt en 701 et est enseveli à Saint-Pierre le 8 septembre selon la notice ancienne.[77]
Sa sépulture auprès de Pierre referme symboliquement son itinéraire : Syrien d'origine, formé en Sicile, prêtre romain, pape résistant à l'empereur, il repose près de l'apôtre dont il a défendu le siège.
Que retenir de Serge I ?
Un pape oriental qui défend Rome
Serge I corrige une lecture trop simple de l'histoire. Être Syrien, grec de culture ou formé en Sicile ne signifie pas dépendre politiquement de Constantinople. Au contraire, Serge est précisément l'un des papes qui oppose le refus le plus clair à une ingérence impériale orientale.[78][79]
Il montre que la romanité catholique n'est pas ethnique. Rome peut recevoir un Syrien et lui confier le siège de Pierre ; ce Syrien peut devenir l'un des grands défenseurs de la tradition romaine.
Une résistance sans haine de l'Orient
Serge refuse Trullo, mais il ne rejette pas l'Orient chrétien. Il reçoit des fêtes orientales, développe les processions mariales, porte une culture liturgique marquée par la Méditerranée grecque, et contribue à fermer le schisme des Trois Chapitres en faisant recevoir Constantinople II.[80][81]
Sa position est donc catholique au sens fort : accueillir ce qui nourrit la foi, refuser ce qui blesse la discipline légitime ou prétend subordonner Rome à une logique impériale.
La leçon spirituelle : chanter la vérité quand il faut résister
Le trait le plus profond du pontificat est peut-être là : Serge résiste par un refus juridique, mais aussi par la liturgie. Face à un canon qui marginalise le symbole de l'Agneau, il met l'Agneau sur les lèvres du peuple au cœur de la messe. Face à l'empereur qui veut transporter le pape à Constantinople, il reste à Rome, protégé par son peuple. Face aux missions lointaines, il donne le baptême, le nom de Pierre et l'ordination apostolique.
Un pontificat apparemment dispersé révèle alors une unité : garder la foi visible. Dans le chant, dans les processions, dans les sanctuaires, dans les missions, dans la discipline, Serge veut que la confession catholique ne soit pas avalée par la politique.
Pour aller plus loin
- Pape Conon — prédécesseur immédiat, dont la mort ouvre la crise électorale de 687.
- Pape Jean VI — successeur de Serge I, encore confronté à la pression byzantine.
- Pape saint Léon II — pape qui ordonna Serge prêtre de Sainte-Susanne.
- Pape Jean V — autre pape syrien de la Rome byzantine, légat à Constantinople III.
- Concile de Constantinople III (680-681) — concile que Trullo prétendait compléter par des canons disciplinaires.
- Pape saint Grégoire le Grand — point de départ de la mission romaine vers les Anglo-Saxons.
Notes et sources
Notes et références
Saint-Siège, fiche officielle "Sergius I" : 84e pape de l'Église catholique, début du pontificat 15.XII.687, fin 7.IX.701, naissance en Syrie (fiche ouverte et vérifiée le 4 octobre 2026 : mêmes bornes). L'écart d'un jour avec le 8 septembre — mort et fête selon New Advent, le Martyrologe et Treccani — est maintenu et sourcé comme tel, sans être dramatisé. URL : https://www.vatican.va/content/vatican/en/holy-father/sergio-i.html.
1 23 42Horace Mann, "Pope St. Sergius I", The Catholic Encyclopedia, vol. 13, New York, Robert Appleton Company, 1912 ; transcription New Advent : élection après Conon, Paschal et Théodore, origine antiochienne, éducation en Sicile, relations avec l'Angleterre, refus de Trullo, Aquilée, Agnus Dei et processions. URL : https://www.newadvent.org/cathen/13728b.htm.
2 10 13 24 37 43 59 62Prosopography of the Byzantine Empire, "Sergios 30" : synthèse prosopographique de Serge I, floruit fin VIIe-début VIIIe siècle, sources principales dans le Liber Pontificalis éd. Duchesne et Paul Diacre. URL : https://pbe.kcl.ac.uk/data/D67/F87.htm.
3 6Thomas Shahan, "Council in Trullo", The Catholic Encyclopedia, vol. 4, New York, Robert Appleton Company, 1908 ; transcription New Advent : concile de 692 sous Justinien II, 102 canons, non-reconnaissance occidentale, attitude hostile envers certains usages latins, dossier du célibat, rang de Constantinople, réception orientale. URL : https://www.newadvent.org/cathen/04311b.htm.
4 15 47 48 63Bède le Vénérable, Historia ecclesiastica gentis Anglorum, V, 7 ; traduction A. M. Sellar, 1907, Sacred Texts : Caedwalla quitte son royaume, vient à Rome, est baptisé par Serge le Samedi saint 689, reçoit le nom de Pierre, meurt le 20 avril et reçoit une épitaphe par ordre du pape. URL : https://sacred-texts.com/chr/bede/hist124.htm (page vérifiée : résout 200, chapitre VII). La phrase citée appartient aux vers de l'épitaphe (« The epitaph was this », Sellar : « Sergius the Pope bade him be called Peter, himself his father, when he rose born anew from the font »), non au récit de Bède lui-même.
5 30 31 57 58Treccani, "Sèrgio I papa, santo", Enciclopedia on line : prêtre d'origine syrienne, mort à Rome en 701, pacificateur de l'élection contestée, refus de Trullo, intervention des troupes de Ravenne et de la Pentapole, fin du schisme des Trois Chapitres, rapports avec Pépin II et mission des Frisons, fête le 8 septembre (texte vérifié en ligne : "Festa, 8 settembre"). URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/sergio-i-papa-santo/.
7 18 26 46 66 79Liber Pontificalis, Vie de Serge I (LXXXVI, §5) : "nullatenus adquievit, pro eo quod quaedam capitula extra ritum ecclesiasticum fuerant in eis adnexa" ; "eos ut invalidos respuit atque abiecit, eligens ante mori quam novitatum erroribus consentire" — éd. L. Duchesne, Le Liber pontificalis. Texte, introduction et commentaire, t. I, Paris, 1886, p. 373 (latin et page vérifiés le 4 octobre 2026 sur l'exemplaire numérisé du t. I, archive.org/details/duchesne01 : en-tête de page « LXXXVI. SERGIUS (687-701). 373 », formule « eligens ante mori quam novitatum erroribus consentire »). Synthèse et contexte : Prosopography of the Byzantine Empire, "Sergios 30", § sur le concile in Trullo (refus de souscrire les actes de 692 ; mission de Zacharie, soulèvement des troupes de Ravenne et Pentapole, Zacharie caché sous le lit du pape).
8 17 53 54 55 56 78Encyclopaedia Britannica, "Saint Sergius I" : né à Palerme selon la notice, parenté syrienne, pontificat 687-701, importance du VIIe siècle, élection irrégulière mais canonique, Trullo, missions anglo-saxonnes et frisonnes, Aquilée, Agnus Dei et procession de la Chandeleur. URL : https://www.britannica.com/biography/Saint-Sergius-I.
9 33 41 45 61Voir l'article Ignispedia Pape Jean V (685-686), autre pape syrien de la Rome byzantine, légat d'Agathon à Constantinople III.
11Voir l'article Ignispedia Pape saint Léon II (682-683), pape sicilien qui ordonna Serge prêtre du titre de Sainte-Susanne selon le Liber Pontificalis.
12Prosopography of the Byzantine Empire, "Sergios 30", §§ élection : dispute entre Paschal et Théodore, choix de Serge comme candidat de compromis, oratoire de Saint-Césaire, palais du Latran, paiement de cent livres d'or à l'exarque Jean avant la consécration.
14 38 39 40Canons du concile in Trullo, EWTN / Nicene and Post-Nicene Fathers, texte des canons : canon 1 sur la réception des conciles antérieurs, canon 2 sur les canons reçus, et série de canons disciplinaires expliquant les tensions avec Rome. URL : https://www.ewtn.com/catholicism/library/canons-of-the-council-in-trullo-11565.
16Prosopography of the Byzantine Empire, "Sergios 30", § liturgie : introduction du chant de l'Agnus Dei pendant la fraction à la messe ; décret de processions et litanies pour l'Annonciation, la Dormition, la Nativité de Marie et l'Hypapante.
19 67 72 80Catholic Encyclopedia, "Agnus Dei (in Liturgy)" : citation du Liber Pontificalis attribuant à Serge I l'ordre de chanter "Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis" pendant la fraction ; mention de l'interprétation de Duchesne reliant ce décret au canon 82 de Trullo. URL : https://www.newadvent.org/cathen/01221a.htm.
20 22 68 69 71Concile in Trullo, canon 82, EWTN : le concile demande que le Christ soit représenté sous forme humaine plutôt que sous la figure symbolique de l'agneau, afin que soit manifestée "la conversation dans la chair", la passion et la mort salutaire du Verbe incarné.
21 52 70Martyrologium Romanum, éd. typique 2004, au 8 septembre : la notice commémore la sépulture du pape Serge I auprès de Saint-Pierre. Version anglaise (Boston Catholic Journal, mois de septembre : "At Rome, near Saint Peter's, the burial of Pope Saint Sergius I, of Syrian lineage, who dedicated great effort to the evangelization of the Saxons and Frisians and resolved many controversies and disputes, choosing death rather than agreement with errors"). Le texte latin de l'édition typique n'ayant pu être vérifié ici, l'anglais est donné comme traduction de travail et non comme citation littérale du latin. URL : http://www.boston-catholic-journal.com/2004-roman-martyrology-pdf-files/2004-roman-martyrology-september-complete.pdf.
25Prosopography of the Byzantine Empire, "Sergios 30", §§ origine et carrière : citation du Liber Pontificalis 86.1, "Sergius, natione Syrus, Antiochiae regionis, ortus ex patre Tiberio in Panormo Siciliae" ; entrée dans le clergé romain sous Adéodat, formation par le premier chantre, acolyte, prêtre de Sainte-Susanne ordonné par Léon II.
27 28 29 32 34 35 36Liber Pontificalis, Vie de Serge I (LXXXVI), éd. Duchesne, t. I : Paschal, privé de l'archidiaconat « pro aliquas incantationes [...] et sortes », « et in monasterio retrusus, post quinquennium, prae cordis duritia, inpenitens defunctus est » — enfermé dans un monastère, mort impénitent cinq ans après (texte vérifié sur l'exemplaire numérisé du t. I).
44Concile in Trullo, canon 13, EWTN : norme orientale sur les prêtres et diacres mariés avant l'ordination, et condamnation de la séparation imposée aux clercs mariés ; point majeur de tension avec la discipline romaine.
49Concile in Trullo, canon 36, EWTN : renouvellement du rang de Constantinople après Rome, dans la ligne du canon 28 de Chalcédoine, historiquement contesté par Rome.
50Concile in Trullo, canon 55, EWTN : condamnation de l'usage romain du jeûne le samedi pendant le Carême.
51Prosopography of the Byzantine Empire, "Sergios 30", §§ missions et ordinations : ordinations de Damien de Ravenne, Bertwald de Bretagne/Angleterre et Clément-Willibrord des Frisons ; sépulture de Serge à Saint-Pierre le 8 septembre 701.
60 75 77Vera von Falkenhausen, « SERGIO I, papa, santo », Enciclopedia dei Papi, Treccani, 2000 : dix ans après 688, « per ordine del re longobardo Cuniperto, furono inviati al papa, perché li approvasse, gli atti del sinodo pavese, che si era pronunziato a favore della condanna dei Tre Capitoli », clôturant ainsi le schisme (texte vérifié en ligne le 4 octobre 2026). URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/santo-sergio-i_(Enciclopedia-dei-Papi)/.
64Prosopography of the Byzantine Empire, "Sergios 30", § Aquilée : par ses avertissements et enseignements, Serge persuade l'archevêque d'Aquilée et son clergé d'accepter la doctrine du cinquième concile œcuménique ; rapprochement avec Paul Diacre, Historia Langobardorum, VI, 14 (chapitre vérifié : ch. XIV du livre VI, synode d'Aquilée, dans l'édition Bethmann-Waitz citée par la PBE).
65 81Prosopography of the Byzantine Empire, "Sergios 30", §§ travaux et reliques : découverte d'un crucifix précieux dans le trésor de Saint-Pierre ; ornements et réparations à Saint-Pierre, Saint-Paul, Saints-Côme-et-Damien, Sainte-Susanne, Sainte-Euphémie, Sainte-Aure d'Ostie, Saint-André sur la voie Labicane et Saint-Laurent in Lucina.
73 74Bède le Vénérable, Historia ecclesiastica gentis Anglorum, V, 8 ; Dictionary of National Biography, « Brihtwald » : élu archevêque de Cantorbéry, consacré par Godwin, archevêque de Lyon, le 29 juin 693, d'après Bède ; lettres du pape Serge en sa faveur citées par Guillaume de Malmesbury. Pallium reçu de Serge à Rome : synthèses modernes concordantes.
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